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Université Pierre et Marie Curie − Paris VI

Travaux dirigés no 2 − Géométrie affine dans Rn


L2 Mathématiques 2017-2018
2M270 "Algèbre linéaire 2 ; Espaces affines"

Exercice 1 Dans le plan R2 , on considère les points

a = (−4, 5), b = (−5, 2), c = (−1, 3), d = (−2, 4).



→ →
Vérifier que (a, ab, −
ac) forme un repère du plan. Calculer les coordonnées de d dans ce repère.
Rappels de cours
Un repère (cartésien) de Rn est un couple (O, B), ou O est un point de Rn et B = (e1 , . . . , en ) est une base de
Rn .
Solution
On calcule les coordonnées des vecteurs du repère :
( ) ( )

→ −1 −
→ 3
ab = , ac =
−3 −2

a

→ 5.
ad
d


ac
4.


ab c
3.

b 2.

1.

−5. −4. −3. −2. −1. 0

−1.



On montre ensuite que cette famille de vecteurs est libre. Soient λ1 , λ2 tels que λ1 ab + λ2 −

ac = 0. Alors :
{
−λ1 + 3λ2 = 0
−3λ1 − 2λ2 = 0

→ →
ce qui implique λ1 = 0 puis λ2 = 0. Donc la famille (ab, −ac) est libre. Cette famille a 2 éléments et R2 est de

→ − →
dimension 2 : c’est une
( base.
) Donc (a, ab, ac) forme un repère du plan.

→ −
→ →
. Il nous faut décomposer ce vecteur selon la base (ab, −
2
On a ad = d − a = ac). Cela revient à résoudre le
−1
système : { {
−λ1 + 3λ2 = 2 −λ1 + 3λ2 = 2
qui est équivalent à
−3λ1 − 2λ2 = −1 −11λ2 = −7

→ →
, λ1 = − . Les coordonnées de d dans le repère (a, ab, −
7 1
ce qui donne finalement λ2 = ac) sont donc
( ) 11 11
7 1
,− .
11 11

Exercice 2 Soit R2 le plan affine muni du repère canonique R0 = (O, e1 , e2 ), où O désigne le point (0, 0). Soient I
le point de coordonnées (1, 1) et r = r(I, π/4) la rotation de centre I et d’angle π/4.
1. Soit z = (x, y) un point de R2 , exprimer ses coordonnées (X, Y ) dans le repère R = (I, e1 , e2 ) en fonction de x
et y.

1
2. Exprimer les coordonnées (X ′ , Y ′ ) de z ′ = r(z) en fonction de X et Y , puis de x et y.
3. En déduire les coordonnées (x′ , y ′ ) de z ′ dans R0 .
4. Justifier que r est une application affine et préciser sa partie linéaire.
Rappels de cours
( )
cos θ − sin θ
— On rappelle que la matrice de rotation rθ d’angle θ et de centre O dans R est Mθ = 2
.
sin θ cos θ
( )
x
Si X = est un vecteur de R2 , alors son image par rθ est le vecteur de coordonnées
y
( )
x cos θ − y sin θ
Mθ X =
x sin θ + y cos θ

— Une application affine g : Rm → Rn est une application pouvant s’écrire sous la forme g = ta ◦ ⃗g où
u ∈ L(Rm , Rn ) et ta : x ∈ Rn 7→ x + a ∈ Rn , avec a ∈ Rn . Autrement dit :

∀x ∈ Rm , g(x) = a + ⃗g (x)

⃗g est l’application linéaire associée à g, et a est le vecteur de translation.


Cette décomposition est unique. Si ⃗g est une application affine pouvant se décomposer sous la forme
g = ta ◦ ⃗g et g = ta′ ◦ ⃗g ′ , alors :

∀x ∈ Rm , a + ⃗g (x) = a′ + ⃗g ′ (x)

puis, pour x = 0, on a a = a′ , puis ⃗g = ⃗g ′ .


L’application linéaire ⃗g vérifie les propriétés suivantes :
−−−−−→
∀x, y ∈ Rm , g(x)g(y) = ⃗g (−
→ et ∀x, ⃗v ∈ Rm , g(x + v) = g(x) + ⃗g (⃗v )
xy)

En effet, soit x, y ∈ Rm . Alors


−−−−−→
g(x)g(y) = g(y) − g(x) = ⃗g (y) + a − ⃗g (x) − a = ⃗g (y − x) = ⃗g (−

xy)

De plus, soit x, ⃗v ∈ Rm , et on pose y = x + ⃗v . Alors g(y) = g(x) + ⃗g (−


→ puis g(x + ⃗v ) = g(x) + ⃗g (⃗v ).
xy),

Solution
1. Soit z = (x, y) un point de R2 . Alors z = (x−1, y−1)+(1, 1), donc les coordonnées de z dans R = (I, e1 , e2 )
sont :
(X, Y ) = (x − 1, y − 1)
2. On a
√ √ 
( ′) ( ) 2 2 ( ) √ ( )
X X  √2 −  X 2 X −Y
= Mπ/4 = √ 2  Y =
Y′ Y 2 2 2 X +Y
√ ( 2 2
) √ ( )
2 (x − 1) − (y − 1) 2 x−y
= =
2 (x − 1) + (y − 1) 2 x+y−2

3. Puis, comme (x′ , y ′ ) = (X ′ + 1, Y ′ + 1), on en déduit que :


( ′) √ ( ) ( )
x 2 x−y 1√
= +
y′ 2 x+y 1− 2

4. L’application r peut s’écrire sous la forme τ(1,1−√2) ◦ rπ/4 où τ(1,1) : (x, y) ∈ R2 7→ (x, y) + (1, 1 − 2) et
π
rπ/4 est la rotation d’angle et de centre O. rπ/4 est la partie linéaire de r.
4

2
Solution
r(A)
3.

A
2.

rπ/4 (⃗v )
1.
I
⃗v
O
−1. 0 1. 2. 3.

−1.

Exercice 3 Montrer qu’une application affine est injective (resp. surjective, bijective) si et seulement si sa partie
linéaire est injective (resp surjective, bijective).
Solution
On se donne un repère d’origine O. Toute application affine f peut s’écrire x ∈ Rn 7→ f (x) = f (O) + f⃗(x) =
tf (O) ◦ f⃗(x) ∈ Rm , où f⃗ est la partie linéaire de f .
— Soient x, x′ ∈ Rn tels que f (x) = f (x′ ). Cette équation est équivalente à f⃗(x) = f⃗(x′ ). Autrement dit, on
a l’équivalence suivante :
f injective ⇔ f⃗ injective
— On suppose que f est surjective, et on considère y ∈ Rm . Il existe un point x ∈ Rn tel que f (x) = y.
⃗ un vecteur de Rn . Comme f est surjective, il existe un point x′ ∈ Rn tel que f (x′ ) = y + w.
Soit w ⃗
−→ −→
Autrement dit, f (x′ ) = f (x)+ w.⃗ Par ailleurs, comme f (x′ ) = f (x)+ f⃗(xx′ ), on en déduit que f⃗(xx′ ) = w.


Ainsi, f est surjective.
−−−−→
— On suppose que f⃗ est surjective, et soit y ∈ Rm . Alors y = f (O) + f (O)y. Comme f⃗ est surjective, il
−−−−→
existe un vecteur ⃗v tel que f⃗(⃗v ) = f (O)y. Puis, y = f (O) + f⃗(⃗v ) = f (O + ⃗v ). On peut conclure que y est
l’image de O + ⃗v par f et que f est surjective. On a ainsi démontré l’équivalence entre :

f surjective ⇔ f⃗ surjective

Exercice 4
1. Soit (O, e1 , . . . , en ) un repère de Rn . On note a0 = O, a1 = O + e1 , . . . , an = O + en . Montrer que pour tous
points b0 , b1 , . . . , bn , il existe une unique application linéaire Rn → Rn qui envoie les vecteurs −
a− → −−→
0 a1 , . . . , a0 an sur
−−→ −−→
les vecteurs b0 b1 , . . . , b0 bn . En déduire qu’il existe une unique application affine qui envoie les points a0 , . . . an
sur les points b0 , . . . , bn .
2. Soient A, B, C trois points non alignés du plan affine R2 . Montrer qu’il existe une application affine de R2 qui
envoie le triangle ABC sur un triangle équilatéral.
3. Soient A, B, C, D quatre points quelconques du plan affine R2 . A quelle condition existe-t-il une application
affine de R2 qui envoie le quadrilatère ABCD sur un carré ?
Solution
1. Existence. Soient (b0 , b1 , ..., bn ) des points de Rn . Comme (O, e1 , . . . , en ) est un repère de Rn , alors la
famille de vecteurs (−a− → −−→
0 a1 , ..., a0 a1 ) = (e1 , ..., en ) est une base de R . Il existe donc une unique application
n
−−→
linéaire f définie sur cette base par f (ei ) = b0 bi pour tout i ∈ {1, ..., n}. Soit f cette application.
Définissons maintenant g : Rn −→ Rn par g(x) = f (x) + b0 − f (a0 ). g est une application affine telle que
g(a0 ) = b0 et telle que, pour tout i ∈ {1, ..., n} :
−−−−−−−→ −−→
g(a0 )g(ai ) = f (−
a−→
0 a i ) = b0 bi

Donc g est une application affine qui envoie les points a0 , . . . an sur les points b0 , . . . , bn .
Unicité. Supposons maintenant que g1 et g2 soient des applications affines qui envoients les points
a0 , ..., an sur b0 , ..., bn . Alors ⃗g1 et ⃗g2 sont égales car égales sur la base (e1 , ..., en ). En évaluant en 0, on
conclut que g1 = g2 ce qui garantit l’unicité.

3
Solution
2. Soit O l’origine de R2 et (O, e1 , e2 ) un repère de R2 tel que le triangle (O, O + e1 , O + e2 ) soit équilateral.
−−→ −→
Comme la triangle ABC n’est pas plat, alors les vecteurs (AB, AC) forment une base de R2 . Définissons
−−→ −→
une application linéaire f sur cette base par f (AB) = e1 , f (AC) = e2 . Définissons maintenant l’ap-
plication affine g sur R2 par g(x) = f (x) + f (A) − O. Alors g envoie le triangle ABC sur le triangle
(O, O + e1 , O + e2 ) qui est équilateral.
Remarque : on peut appliquer directement le résultat de la question précédente en justifiant seulement
−−→ −→
que (A, AB, AC) est un repère de R2 .
3. Analyse. Supposons qu’une telle application existe, notons la g et EF GH le carré image de ABCD
−−→ −−→ −−→ −−→
– quitte à renuméroter les points. Alors (⃗g (AB), ⃗g (AD)) = (EF , EH) est une base de R2 donc ⃗g est
−−→ −−→
surjective donc bijective. En particulier, (AB, AD) est une base de R2 donc le quadrilatère ABCD n’est
−→ −−→ −−→
pas plat. De plus, on peut décomposer AC selon (AB, AD) : soient λ1 , λ2 tels que :
−→ −−→ −−→
AC = λ1 AB + λ2 AD.
−→ −−→
On a alors ⃗g (AC) = EG. En appliquant ⃗g , on obtient :
−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→
⃗g (AC) = EG = ⃗g (λ1 AB + λ2 AD) = λ1 EF + λ2 EH
−−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −→
et comme EG = EF +EH (car EF GH est un carré), on en déduit que λ1 = λ2 = 1. Donc AD = AB+AC :
ABCD est un parallélogramme.
Synthèse. Supposons maintenant que ABCD est un parallélogramme non plat. Soit (O, e1 , e2 ) le repère
canonique de R2 . Montrons qu’il existe une application affine qui envoie ABCD sur (O, O +e1 , O +e2 , O +
e1 + e2 , O + e2 ). D’après la question 1, il existe g affine qui envoie A, B, D sur (O, O + e1 , O + e2 ). Vérifions
−→ −−→ −−→
maintenant que g envoie C sur O + e1 + e2 . Comme ABCD est un parallélogramme, alors AC = AB + AD
−−−−−−→ −→ −−→
donc g(A)g(C) = ⃗g (AC) = e1 + e2 = EH donc g(C) = g(O + e1 + e2 ).
On a donc prouvé qu’il existe une application affine envoyant ABCD sur un carré si et seulement si
ABCD est un parallélogramme non plat.

Exercice 5 Soient A, B, C trois points non alignés du plan. On note


— A′ le barycentre de (B, 41 ) et (C, 34 ),
— B ′ le barycentre de (A, 52 ) et (C, 35 ),
— I l’intersection des droites (AA′ ) et (BB ′ ),
— C ′ l’intersection des droites (CI) et (AB).
Faire un dessin. Trouver deux réels α, β tels que C ′ soit le barycentre de (A, α) et (B, β).
Rappels de cours
— Soient A1 , . . . , An n points d’un espace affine (n > 1) et soient (α1 , . . . , αn ) n scalaires de tels que
α1 + . . . + αn = 1. Le barycentre de ces points (Ai )1≤i≤n affectés des coefficients (αi )1≤i≤n est l’unique
point G tel que
G = α1 A1 + . . . + αn An
— Dans le cas de deux points A1 , A2 , le barycentre de A1 , A2 affectés des coefficients α1 , α2 (avec α1 +α2 = 1)
est l’unique point G tel que
G = α1 A1 + α2 A2
−−→ α2 −−−→
Autrement dit, A1 G = A1 A2 .
α1 + α2

4
Solution
−−→ 1 −−→ −−→ 2 −→
Par construction, on a CA′ = CB et CB ′ = CA.
4 5
1 −−→ A
On va introduire un repère (C, ⃗e1 , ⃗e2 ) de R2 , avec ⃗e1 = CB et 5.
4
1 −→ −−→ −−→
⃗e2 = CA. Ainsi, CA′ = ⃗e1 et CB ′ = 2⃗e2 .
5 −−→ 4.
La droite (AA′ ) a pour vecteur directeur AA′ (1, −5) et pour équa- ′
C
tion y = −5x + 5.
−−→ 3.
La droite (BB ′ ) a pour vecteur directeur BB ′ (4, −2) et pour équa- ′
1 B
tion y = − x + 2. 2. I
2
Le point I est à l’intersection entre les droites (BB ′ ) et (AA′ ), ses
coordonnées (x, y) sont solution du système 1.

y = −5x + 5 C A

B
1
y = − x + 2 −1. 0 1. 2. 3. 4.
2
( ) −1.
2 5 5
On en déduit que I , . La droite (CI) a pour équation y = x.
3 3 2
−−→ 5
La droite (AB) a pour vecteur directeur AB(4, −5) équation y = − x + 5.
4
Ainsi, le point C(x′ , y ′ ), à l’intersection entre les droites (CI) et (AB) est solution du système


y ′ = 5 x′
2
 5
y ′ = − x′ + 5
4
( )
′ 4 ′ 10 −−→′ 4 5
On en déduit que x = , puis y = . On en déduit que AC ,− .
3 3 3 3
−−→ 1 −−→ −−→ 1 −−→ 1 −−→ 2 −−→ 1 −−→ − →
Ainsi, AC ′ = AB, puis AC ′ = AC ′ + C ′ B, soit C ′ A + C ′ B = 0 .
3 3 3 3 3
Conclusion : C ′ est le barycentre de (A, 32 ) et de (B, 13 )

Remarque : le repère introduit ne possède pas de propriété particulière (orthogonalité par exemple).

Exercice 6 La droite d’Euler. Dans un triangle ABC quelconque, l’orthocentre H, le centre du cercle circonscrit Ω
et le centre de gravité G sont alignés. Surprenant, non ?
−−→ −

Pour le démontrer, considérer le point M = 3G − 2Ω, montrer que AM = 2ΩI où I est le milieu du segment [B, C],
en déduire que M appartient à la hauteur issue de A et enfin conclure !
Solution


G
H
B

5
Solution
−→ −

Il est connu que AG = 23 AI (simple application de l’associativité des barycentres, voir l’exercice 2.3.4 page 36
−−→ −→ −→ −→
du polycopié). En utilisant la relation de Chasles, on montre donc que AM = 3AG − 2AΩ = 2ΩI.
Or Ω est le centre du cercle circonscrit, i.e. le point d’intersection des mediatrices, en en particulier de la
−−→ −−→
médiatrice passant par I. Ainsi AM ⊥ BC et M appartient donc à la hauteur issue de A.
On peut répéter un raisonnement similaire pour les sommets B et C, démontrant donc que M est l’orthocentre
H du triangle ABC.
−−→ − → −→ −−→ −→ −→ −→ −→ −−→ −→
Puis de l’équation AH = ΩI, on a AG + GH = 2ΩG + 2GI, et comme AG = 2GI, on en déduit que GH = 2ΩG.
Ainsi, on a M ∈ (GΩ).

Exercice 7 Soient A, B, C, D quatre points deux à deux distincts de l’espace affine R3 . On note :
— D la droite passant par le milieu des segments [A, B] et [C, D],
— E la droite passant par le milieu des segments [A, C] et [B, D],
— F la droite passant par le milieu des segments [A, D] et [B, C].
Montrer que les trois droites D, E et F sont concourantes et que leur point d’intersection est l’iso-barycentre de
A, B, C, D. Faire un rapide dessin représentant cette situation.
Solution
Remarque : On note que si ABCD est un parallélogramme, la droite E n’est pas défini.
Soit I le milieu de [A, B] et J le milieu de [C, D]. Remarquons que I (resp. J) est l’iso-barycentre de A et B
(resp. de C et D). D est l’ensemble des barycentres des points I et J donc D contient donc l’iso-barycentre de
I et J, qui est aussi l’iso-barycentre de (A, B, C, D) par associativité des barycentres.
Pour bien s’en persuader, notons G l’iso-barycentre de I, J. G vérifie :
−→ −→ − →
GI + GJ = 0

De plus, comme I et J sont iso-barycentre de A, B et C, D respectivement on dispose des relations


−→ −→ − → −→ −→ − →
IA + IB = 0 et JC + JD = 0

En appliquant la relation de Chasles, on a


−→ −−→ −→ −−→ −−→ −→
GA + GB = 2GI et GC + GD = 2GJ

En injectant ces équations dans la première équation, on en déduit que


−→ −−→ −−→ −−→ − →
GA + GB + GC + GD = 0

Ainsi, G est l’isobarycentre de A, B, C, D. L’argument étant symmétrique pour E et F, les trois droites
contiennent l’iso-barycentre de A, B, C, D et sont concourantes.

D J C

L
H
F K
O
G B

A I
E

6
Exercice 8 On note S l’ensemble des solutions dans R4 du système :
{
x+y−t=1
.
y−z =2

Rappeler pourquoi que S est un sous-espace affine de R4 . Trouver un repère de S.


Rappels de cours
Une partie F ⊂ Rn est un sous-espace affine de Rn s’il existe un point x0 ∈ Rn et un sous-espace vectoriel F de
Rn tel que l’on ait F = x0 + F = {x0 + ⃗v |⃗v ∈ F }.


Le sous-espace vectoriel F de la définition est donné par F = {ab|a, b ∈ F }.
De plus, pour tout élément x ∈ F , on a F = x + F .
Solution
D’après le cours, pour montrer que S est un sous-espace affine, il suffit de montrer que S est non vide, i.e. que
le système admet au moins une solution. On vérifie par exemple que o = (−1, 2, 0, 0) est bien solution.

{ S, que nous noterons F . D’après le cours, cet


Trouvons maintenant une base de la direction du sous-espace affine
x+y−t=0
espace vectoriel est l’ensemble des solution système homogène qui peut également s’écrire sous
y−z =0
 
x ( )
y 
forme matricielle A   = 0 avec A = 1 1 0 −1 . Trouver une base de la direction F i.e. une base de
z  0 1 −1 0
t
l’espace des solutions du système homogène, revient à trouver
( une) base du noyau de la matrice A. En appliquant
A
l’algorithme du pivot de Gauss sur la matrice augmentée , on vérifie que les vecteurs u1 = (−1, 1, 1, 0) et
I4
u2 = (1, 0, 0, 1) forment une base de Ker A.
Ainsi, un repère de S est (o, B), où B = (u1 , u2 ).

Exercice 9
1. A quelle condition, deux équations

a1 x1 + · · · + an xn = b et a′1 x1 + · · · + a′n xn = b′

décrivent-elles deux hyperplans affines parallèles ?


2. A quelle condition deux systèmes d’équations
{ {
a1 x + b1 y + c1 z = 0 a′1 x + b′1 y + c′1 z = 0
et
a2 x + b2 y + c2 z = 0 a′2 x + b′2 y + c′2 z = 0

décrivent-ils des droites vectorielles de R3 ? la même droite vectorielle de R3 ?


3. A quelle condition deux systèmes d’équations
{ {
a1 x + b1 y + c1 z = d1 a′1 x + b′1 y + c′1 z = d′1
et
a2 x + b2 y + c2 z = d2 a′2 x + b′2 y + c′2 z = d′2

décrivent-ils des droites affines de R3 ? des droites affines parallèles de R3 ? la même droite affine de R3 ?
Rappels de cours
La proposition 2.4.6 stipule que : soient f1 , . . . , fp des formes linéaires sur Rn et c1 , . . . , cp ∈ R. Soit :

F = {x ∈ Rn |fi (x) = ci , ∀i ∈ {1, . . . , p}}

Alors si F ̸= ∅, alors F est un sous-espace affine de Rn , de direction l’espace vectoriel


p
F = {⃗u ∈ Rn |fi (⃗u) = 0, ∀i ∈ {1, . . . , p}} = Kerfi
i=1

Cette proposition permet de caractériser les sous-espaces affines sous formes de systèmes d’équations.
La définition 2.4.14 page 39 du polycopié définit deux sea comme parallèles lorsque leurs directions sont égales.

7
Solution
1. Chaque équation décrit un hyperplan affine si au moins un scalaire ak (respectivement a′k ) est non nul.
Dans cette hypothèse, ces deux hyperplans sont parallèles si et seulement s’il existe λ ∈ R tel que ∀k,
ak = λa′k .
 
a1 a2
2. Chaque système définit une droite vectorielle si et seulement si le rang de la matrice  b1 b2  (respec-
c1 c2
′ ′ ′
tivement la matrice  peuplée des a , b et c ) est de rang 2. Ou autrement dit, si et seulement si la famille
ak
(a1 , a2 ) où ak =  bk , k ∈ {1, 2} est libre (respectivement la famille (a′1 , a′2 )).
ck
Dans cette hypothèse, ces systèmes décrivent la même droite vectorielle si et seulement Vect(a1 , a2 ) =
Vect(a′1 , a′2 ), ou autrement dit, si et seulement s’il existe λ1 , µ1 , λ2 , µ2 ∈ R tels que a′1 = λ1 a1 + µ1 a2 et
a′2 = λ2 a1 + µ2 a2 .
 
ak
 bk 
3. Les deux premières interrogations ont les mêmes réponses qu’à la question précédente. Posons bk =   
ck 
dk
pour k ∈ {1, 2} (et bk ′ de manière similaire). Les deux systèmes décrivent la même droite affine si et
seulement si Vect(b1 , b2 ) = Vect(b1 ′ , b2 ′ ).

Exercice 10
1. Dans R2 , donner l’équation de la droite affine D passant par le point M0 = (x0 , y0 ) et de direction D = Ru, où
u = (a, b) ̸= 0.
2. Dans R3
, donner
   du plan affine P passant par le point M0 = (x0 , y0 , z0 ) et de direction P = Ru ⊕ Rv,
l’équation
1 a
où u = 2 et v =  b  sont linéairement indépendants.
3 c
3. Dans R3 , donner les équations de la droite affine D passant par le point M0 = (x0 , y0 , z0 ) et de direction
D = Ru, où u est le vecteur ci-dessus.
Solution
1. On peut commencer par proposer une solution intuitive.
−−−→ −−−→
M (x, y) ∈ D ⇔ M0 M et ⃗u sont colinéaires ⇔ det(M0 M , ⃗u) = 0

x − x0 a
⇔ = 0 ⇔ −bx + ay = −bx0 + ay0
y − y0 b

D a pour équation −bx + ay = −bx0 + ay0 . On va retrouver ce résultat en utilisant le cours sur les espaces
affines. D est un espace affine de dimension 1 dans R2 . Il est donc donné par une équation. Il nous faut
donc trouver une forme linéaire f et un réel c tels que D = {x|f (x) = c}. La direction de D est le noyau
de f :
D = {x|f (x) = 0} = Ker f
On cherche une forme linéaire f qui s’annule sur D = Vect((a, b)). On introduit (e∗1 , e∗2 ) la base duale de la
base canonique (e1 , e2 ) de R2 et on cherche f sous la forme f = λ1 e∗1 + λ2 e∗2 . Or, f ((a, b)) = λ1 a + λ2 b = 0.
On peut prendre par exemple λ1 = −b et λ2 = a, et poser f = −be∗1 + ae∗2 .
Le choix de c est alors imposé par le fait que M0 ∈ D i.e. on doit avoir f (M0 ) = c. Finalement, D est
donnée par l’équation f (x) = f (M0 ).
Autrement dit, si x = (x1 , x2 ) ∈ D, x vérifie −bx1 + ax2 = −bx0 + ay0 .
2. Ici, P est un espace affine de dimension 2 dans R3 . Il est donc donné par une équation linéaire de la forme
f (x) = c. f doit être choisie telle que Ker f = P .
On note (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 , et (e∗1 , e∗2 , e∗3 ) sa base duale. Si l’on écrit f dans la base
duale : f = λ1 e∗1 + λ2 e∗2 + λ3 e∗3 , alors Ker f = P si et seulement si f (u) = f (v) = 0 (revoir exercice 13 du
TD 1) et (λ1 , λ2 , λ3 ) ̸= 0. Il nous suffit donc de trouver une solution non nulle du système :
{
λ1 + 2λ2 + 3λ3 = 0
aλ1 + bλ2 + cλ3 = 0

8
Solution
Faire L2 ← L2 − aL1 donne : {
λ1 + 2λ2 + 3λ3 = 0
λ2 (b − 2a) + λ3 (c − 3a) = 0
Alors λ3 = 2a − b, λ2 = c − 3a, λ1 = 3b − 2c est une solution non-nulle du système. En effet, si cette
solution est nulle, alors b = 2a et c = 3a ce qui est impossible car u et v sont linéairement indépendants.
Donc f = (3b − 2c)e∗1 + (c − 3a)e2∗ + (2a − b)e∗3 et finalement, P est donné par l’équation f (x) = f (M0 ).
Autrement dit, si x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ P, x vérifie (3b − 2c)x1 + (c − 3a)x2 + (2a − b)x3 = (3b − 2c)x0 + (c −
3a)y0 + (2a − b)z0 .
3. D est de dimension 1 dans R3 , elle est donc donnée par deux équations. Il nous faut tout d’abord trouver
f1 , f2 formes linéaires telles que D = Ker f1 ∩ Ker f2 . Pour obtenirdetelles formes
  linéaires, on complète
1 0
u en une base de R3 , par exemple en rajoutant les vecteurs v = 0 et w = 1. Soit (u∗ , v ∗ , w∗ ) la
0 0
base duale de (u, v, w). Alors Ru = Ker v ∗ ∩ Ker w∗ . En effet, par construction de (u∗ , v ∗ , w∗ ), u vérifie
v ∗ (u) = 0 et w∗ (u) = 0, donc u est un élément de Ker v ∗ ∩ Ker w∗ . Réciproquement, si x est un vecteur
de Ker v ∗ ∩ Ker w∗ , x pouvant s’écrit x = λ1 u + λ2 v + λ3 w, vérifirait v ∗ (x) = λ2 = 0 et w∗ (x) = λ3 = 0.
{
v ∗ (x) = v ∗ (M0 )
D est donnée par les équations .
w∗ (x) = w∗ (M0 )
Il nous reste donc seulement à explicier les coordonnées de v ∗ et w∗ dans la base duale canonique. Trouvons
l’expression pour v ∗ . Posons v = λ1 e∗1 + λ2 e∗2 + λ3 e∗3 . Il s’agit de résoudre le système :



v (u) = λ1 + 2λ2 + 3λ3 = 0
v ∗ (v) = λ1 = 1

 ∗
v (w) = λ2 = 0

1 2
qui a pour solution λ1 = 1, λ2 = 0, λ3 = − . Similairement, on trouve w∗ = e∗2 − e∗3 .
3 3
Remarque : on pouvait aussi construire la matrice de passage de la base canonique à la base (u, v, w),
calculer la transposée de son inverse et lire dans les colonnes les nouvelles coordonnées de la base duale
en vertu de la formule de changement de base duale.

Exercice 11 Soit F une partie de Rn vérifiant la propriété suivante :


Pour tous A, B ∈ F , la droite passant par A et B est incluse dans F.

Démontrer que F est un sous-espace affine de Rn .


Solution
Si F est un sous-espace affine de Rn de direction F , et A, B deux points de F, alors F peut être vu comme un
sous-espace vectoriel d’origine A, et contient donc la droite passant par A et de vecteur directeur B. Donc F
vérifie bien la propriété de l’énoncé.
Réciproquement, on suppose que F contienne toute droite passant par deux de ces points. Soit A un point de
F, et on va montrer que F pest un sous-espace vectoriel d’origine A.
— Soit B un point de F, différent de A. Comme la droite (AB) étant dans F, on en déduit que pour tout
−−→
λ ∈ R, A + λAB est dans F (stabilité par un produit).
−−→ −−→ −→
— Soit B, C deux points de F (A, B, C non alignés). Soit D le point défini par AD = AB + AC. On veut
montrer que D ∈ F . Pour cela, on considère le milieu I de [B, C]. Comme I est dans (BC), I est un point
de F.
Par ailleurs, I vérifie :
−→ 1 (−−→ −→)
AI = AB + AC
2
I est donc le milieu de [A, D]. Comme (AI) est une droite de F, D est aussi un élément de F.
Conclusion : F est un sous-espace affine de Rn .

9
Solution
D

C
−−→
AD
I
−→
AC
B

−−→
A AB

Exercice 12 Un exemple de projection/symétrie. Soit R2 le plan affine muni du repère canonique (O, e1 , e2 ), où O
désigne le point (0, 0). Soit D1 (resp. D2 ) la droite affine d’équation 3y − x = 1 (resp. x + 2y = 4) et soit p (resp. s) la
projection sur D1 (resp. la symétrie par rapport à D1 ) parallèlement à D2 .
1. Déterminer la direction D1 de D1 (resp. D2 de D2 ).
2. Montrer que D1 ∩ D2 = {I} pour un point I que l’on déterminera.
3. Déterminer un vecteur v1 (resp. v2 ) engendrant la droite vectorielle D1 (resp. D2 ) puis, notant C la base (v1 , v2 ),
écrire la matrice de passage P = MatB0 (C).
4. Soit R le repère (I, C) de l’espace affine R2 . Pour tout point M = (x, y) de R2 , exprimer les coordonnées (X, Y )
de M dans R en fonction de x et y.
5. Soient (X ′ , Y ′ ) les coordonnées de M ′ = p(M ), et (X ′′ , Y ′′ ) celles de M ′′ = s(M ), dans le repère R. Exprimer
(X ′ , Y ′ ) et (X ′′ , Y ′′ ) en fonction de X et Y .
6. Dans le repère R0 = (O, e1 , e2 ), déterminer les coordonnées (x′ , y ′ ) de M ′ et (x′′ , y ′′ ) de M ′′ .
Rappels de cours
Soit E un K-espace vectoriel, E1 , E2 deux sous-espaces vectoriels de E tels que E = E1 ⊕ E2 .
Tout vecteur x ∈ E peut s’écrire de manière unique sous la forme x = x1 + x2 , avec x1 ∈ E1 et x2 ∈ E2 .
— La projection sur E1 parallèlement à E2 est l’endomorphisme p : x ∈ E 7→ x1 ∈ E.
On note que p ◦ p = p.
— La symétrie par rapport à E1 parallèlement à E2 est l’endomorphisme s : x ∈ E 7→ x1 − x2 ∈ E.
On note que s ◦ s = IdE . Autrement dit, s est bijectif d’inverse s−1 = 1.
Solution
1. La direction D1 de D1 est donnée par D1 = {(x, y) ∈ R2 | 3y − x = 0} = Vect((3, 1))
De même, la direction D2 de D2 est donnée par D2 = {(x, y) ∈ R2 | x + 2y = 0} = Vect((2, −1)).
{
3y − x = 1
2. Soit (x, y) ∈ D1 ∩ D2 . Alors ses coordonnées sont solution du système .
x + 2y = 4
Ce système admet une unique solution I = (2, 1), ce qu’il fallait démontrer.
3. On peut par exemple prendre v1 = (3, 1) ∈ D1 et v2 = (2, −1)(∈ D2 . )
Alors la matrice de passage entre la
3 2
base canonique de R et la base (v1 , v2 ) est donnée par P =
2
.
1 −1
4. D’après le théorème 2.1.3 page 33 du polycopié, le lien entre les coordonnées (x, y) (dans la base canonique
de R2 ) et les coordonnées (X, Y ) dans le repère (I, v1 , v2 ) est donné par
( ) ( ) ( ) ( )
x X X x − I1
=P + I soit = P −1
y Y Y y − I2
. ( )
1 1 2
Or, P −1 = , et donc finalement
5 1 −3
( ) ( )
X 1 x + 2y − 4
=
Y 5 x − 3y + 1

10
( ) ( )Solution ( ′′ ) ( )
′ X′ X X X
5. Par définition, M = p(M ) = = et M ′′ = s(M ) = = .
Y′ 0 Y ′′ −Y
6. La projection du point (x, y) sur D1 parallèlement à D2 est donné par
( ′) ( ′ ) ( ) ( )
x 3X + 2Y ′ + 2 3X + 2 1 3x + 6y − 2
= = =
y′ X′ − Y ′ + 1 X +1 5 x + 2y + 1

La symétrie par rapport à D1 parallèlement à D2 est donné par :


( ′′ ) ( ′′ ) ( ) ( )
x 3X + 2Y ′′ + 2 3X − 2Y + 2 1 x + 12y − 4
= = =
y ′′ X ′′ − Y ′′ + 1 X +Y +1 5 2x − y + 2

On peut vérifier que I = (2, 1) est bien un point fixe de ces applications.

M ′′
3.
D2 M′
2.
v1
M
I
1.
v2
D1

−1. 0 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8.

−1.

11

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