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MEMOIRE DE PROJET DE FIN D’ETUDE POUR L’OBTENTION

DU DIPLOME D’INGENIEUR D’ETAT DE L’EHTP

Filière : Génie Hydraulique de l’Environnement et de la ville


Sous le thème :

Etude de conception et de dimensionnement


d’une station d’épuration de type « Boues
Activées » - Cas de Kénitra

Réalisé par : Encadré par :


Aimad-eddine ANEDDAME M. Ahmed CHALABI (CID)

Kaouthar MAHREZ M. Mohamed ALAOUI (CID)

M. Brahim LEKHLIF (EHTP)

Membres de Jury :
M. Ahmed CHALABI (CID)

M. Mohamed ALOUI (CID)

M. Brahim LEKHLIF (EHTP)

M. Youssef EL GHACHTOUL (EHTP)

Juin 2014
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Dédicace
Je dédie ce modeste travail
A mon très cher père, ma très chère mère pour l’éducation qu’ils m’ont
prodigué, avec tous les moyens et au prix de toutes les sacrifices qu’ils ont
consentis à mon égard, pour le sens du devoir qu’ils m’ont enseigné depuis
mon enfance.

A mes chers frères et sœurs pour leurs soutiens, leurs conseils et leurs
encouragements.
A toute ma famille.
A mes meilleurs amis, qu’ils gardent de bons souvenirs des moments
inoubliables qu’on a passés ensemble.
A tous ceux qui me sont chers, je dédie ce mémoire.

Kaouthar

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Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Dédicace
Je dédie ce modeste travail
A mes chers parents, pour tout l'amour qu'ils me portent, pour leurs
encouragements, conseils et soutien inconditionnel le long de mon parcours.
" A vous, ma mère et mon père, je dédie ce travail en témoignage de mon
amour infini et ma profonde gratitude".
A mon frère et ma sœur, j’offre une dédicace comblée d’amour et de
tendresse, en leur souhaitant un avenir radieux, plein de bonheur et de
succès.
A toute ma famille pour leur confiance et leur assistance.
A tous mes amis, en souvenir de tous les bons moments. En souvenir de tout
ce que nous avons vécu ensemble.
A tous ceux que j'aime et qui m'aiment, je dédie ce travail

Aimad-eddine

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Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Remerciements
Nous aimerions à exprimer, au terme de ce travail de fin d’étude, nos sincères
remerciements à toutes les personnes dont l’intervention, de près ou de loin au cours de ce
projet, a favorisé son aboutissement.

Notre grand merci va préalablement à notre chère école, l’Ecole Hassania des Travaux
Publics en la personne de son corps professoral et administratif pour tous les efforts qu’ils
ont déployés afin de nous donner une formation digne d’une école aussi prestigieuse.

Nos vifs remerciements vont aussi au bureau d’ingénieurs Conseils « CID » pour nous avoir
autorisés à effectuer notre stage de fin d’étude au sein de leurs locaux.

Notre profonde gratitude est exprimée envers Monsieur CHALABI Ahmed, chef de pôle
d’Assainissement et Eau Potable qui nous a accueillis dans son service et qui nous a parrainés
et encadrés durant toute la période de notre stage et ce, sans réserve aucune.

Nous tenons à remercier également Monsieur Alaoui Mohamed, chef de division de


l’Assainissement pour son accueil et son encadrement.

Nous remercions notre cher Professeur et encadrant interne M. Brahim LEKHLIF,


coordinateur de l’équipe de recherche Hydrogéologie, Traitement et Epuration de Eaux et
Changements Climatiques à l’école Hassania des Travaux Publics, pour nous avoir encadrés
de très près et pour tous les efforts qu’il a consentis et ses conseils précieux.

Nous tenons à remercier les membres de jury qui se sont libérés de leurs obligations pour
assister à la soutenance et juger notre travail.

Enfin, que tous ceux et celles qui ont contribué de près ou de loin à la réussite de ce travail,
trouvent ici l’expression de notre profonde reconnaissance et gratitude.

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Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Résumé
Le projet de fin d‘étude représente la dernière phase de la formation d’un élève ingénieur. Il
constitue une transition forte entre la vie académique et la vie professionnelle. C’est dans ce
sens que nous avons réalisé un stage de quatre mois au CID « Conseil, Ingénierie et
Développement », considéré comme l’un des grands bureaux d’ingénieurs Conseils au
Maroc.

Le présent rapport résume le travail effectué lors du stage d’étude concernant la conception
et le dimensionnement d’une station d’épuration de type « Boues activées ». L’objectif de
notre projet a été essentiellement l’élaboration d’un logiciel de conception et de
dimensionnement d’une station de ce type. Ceci passe obligatoirement par la maitrise des
équations, qui régissent chacun des ouvrages de la station, les paramètres principaux qui
influencent les rendements de ces ouvrages, ainsi que les données d’entrée et de sortie de
chaque ouvrage. Enfin, nous dimensionnons la station d’épuration de Kénitra grâce à notre
application développée.

Dans la première partie de notre travail de fin d’étude, nous avons présenté tout d’abord la
problématique de l’eau, ses défis et le traitement des eaux usées comme solution pour
améliorer leur qualité.

La suite du rapport s’est présentée sous forme des chapitres. Le premier chapitre traite les
différentes généralités des eaux usées, leurs types et caractéristiques. Ensuite, le plan
national d’assainissement comme étant une politique nationale de grande envergure pour la
gestion des eaux usées ainsi la réutilisation des eaux épurées dans d’autres secteurs socio-
économiques.

Le deuxième chapitre résume les différentes étapes du traitement des eaux usées en
décrivant le rôle de chaque étape. Puis, il présente le principe de fonctionnement des
principales techniques d’épuration qui existent qu’elles soient à « cultures fixées » ou à «
cultures libres ».

Le troisième chapitre a pour objectif de décrire techniquement le procédé d’épuration


« Boues Activées » qui a fait l’objectif de notre étude, en expliquant le rôle des différents
ouvrages pouvant exister dans une station de ce type.

Le quatrième chapitre énumère les différents critères intervenant dans la conception d’une
station d’épuration à boues activées moyenne charge pour arriver à éclaircir la base et la
méthode de dimensionnement de chaque ouvrage. Ceci nous a permis d’élaborer un
programme de dimensionnement des ouvrages d’une STEP à boues activées.

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Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Le cinquième chapitre regroupe les différentes étapes de la programmation de l’ensemble
des ouvrages d’épuration à « Boues Activées ». Le développement de notre outil
informatique s’est établi dans le langage Visual Basic 2010.

Le sixième chapitre présente le contexte général de la ville de Kénitra notamment sa


situation administrative et géographique, ses données physiques et ses principales activités
économiques. Par la suite, on parlera du programme global d’Assainissement liquide
encadrant le projet de la station d’épuration étudiée. A la fin, on donnera les différents
résultats de dimensionnement obtenus à travers la simulation de notre application. Ceci a
nécessité une base de données portant sur l’estimation de la population concernée, les
débits des eaux usées collectées, les charges polluantes ainsi que les objectifs de qualité
souhaités.

Le septième chapitre présente une estimation globale des coûts d’investissement de la


station d’épuration de la ville de Kénitra. Ceci en se référant à plusieurs stations d’épuration
du même type afin d’avoir des coûts unitaires d’investissement.

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Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Table des matières


INTRODUCTION GENERALE ............................................................................................................ 13
Chapitre I : Eaux usées au Maroc ......................................................................................................... 15
Généralités sur les eaux usées ................................................................................................. 15
1. Type des eaux usées ............................................................................................................... 15
2. Propriétés des eaux usées ..................................................................................................... 16
Epuration des eaux usées au Maroc ........................................................................................ 17
1. Stations d’épuration au Maroc.............................................................................................. 17
2. Présentation du PNA .............................................................................................................. 19
3. Cadre réglementaire ............................................................................................................... 20
4. Réutilisation des eaux usées ................................................................................................. 21
Chapitre II : Principaux procédés du traitement des eaux usées .................................................. 23
Prétraitement ............................................................................................................................... 24
1. Dégrillage................................................................................................................................... 24
2. Dessablage................................................................................................................................. 24
3. Déshuilage ................................................................................................................................. 25
Traitement primaire .................................................................................................................... 25
1. Décanteur primaire................................................................................................................. 25
Traitement secondaire ............................................................................................................... 26
1. Procédés à « cultures fixées » .............................................................................................. 26
2. Procédé à « cultures libres » ................................................................................................ 30
Traitement tertiaire ................................................................................................................ 33
Chapitre III : Procédé d’épuration « Boues Activées » ................................................................... 35
Historique...................................................................................................................................... 35
Description technique du procédé d’épuration « Boues Activées » ............................... 36
1. Filière eau .................................................................................................................................. 36
2. Filière boue ............................................................................................................................... 38
Chapitre IV : Conception et dimensionnement d’une station d’épuration par « Boues
Activées à Moyenne Charge »............................................................................................................... 47

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Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Dimensionnement de la filière eau .......................................................................................... 47
1. Dégrilleur .................................................................................................................................. 47
2. Dessableur-dégraisseur .......................................................................................................... 49
3. Décanteur primaire................................................................................................................. 53
4. Bassin d’aération...................................................................................................................... 56
5. Dégazeur ................................................................................................................................... 61
6. Décanteur secondaire (clarificateur) .................................................................................. 62
Dimensionnement de la filière boue ....................................................................................... 66
1. Epaississement gravitaire ....................................................................................................... 66
2. Aéroflottation........................................................................................................................... 67
3. Digesteur anaérobie................................................................................................................ 68
4. Filtre à bandes .......................................................................................................................... 70
5. Chaulage .................................................................................................................................... 70
Chapitre V : Présentation du modèle numérique de dimensionnement ..................................... 73
Présentation du Microsoft Visual Basic 2010 ........................................................................ 73
But du logiciel ............................................................................................................................... 73
Programmation des différentes interfaces de l’application ................................................. 74
1. Menu principal .......................................................................................................................... 75
2. Filière eau .................................................................................................................................. 75
3. Filière boue ............................................................................................................................... 82
Chapitre VI : Etude du cas de Kénitra ................................................................................................. 88
Données générales ...................................................................................................................... 88
1. Situation administrative et géographique ........................................................................... 88
2. Milieu physique ......................................................................................................................... 89
3. Population et Habitat .............................................................................................................. 92
4. Activités économiques ........................................................................................................... 94
Présentation du projet global.................................................................................................... 96
1. Contexte global ....................................................................................................................... 96
2. Programme de dépollution et de collecte des eaux usées des villes de Kénitra et de
Mehdya : ............................................................................................................................................ 98
3. Consistance de notre projet de fin d’étude : .................................................................. 100
Données de base ....................................................................................................................... 101

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Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
1. Estimation de la population ................................................................................................. 101
2. Estimation de la consommation journalière en eau potable ........................................ 103
3. Estimation des débits des eaux usées ............................................................................... 104
4. Estimation des charges polluantes DBO5, DCO et MES .............................................. 105
5. Récapitulatif ............................................................................................................................ 106
Objectifs de qualité ............................................................................................................... 107
1. Qualité du rejet...................................................................................................................... 107
2. Règles de conformité ............................................................................................................ 107
Résultats de simulation ............................................................................................................. 107
1. Filière eau ................................................................................................................................ 107
2. Filière boue ............................................................................................................................. 113
3. Tableau récapitulatif des résultats ..................................................................................... 115
Chapitre VII : Estimation des coûts d’investissement et d’exploitation ..................................... 119
Coût d’investissement .............................................................................................................. 119
Détermination du Coût d’investissement ............................................................................ 119
Conclusions et Recommandations ..................................................................................................... 121
Bibliographie ............................................................................................................................................ 122
Webographie........................................................................................................................................... 122
Annexe 1 : Fonctionnement d’une STEP à « Boues Activées » ................................................... 124
Annexe 2 : Résultats de calcul de la STEP de Kénitra ................................................................... 125
Annexe 3 : Tableau des normes de qualité des eaux destinées à l'irrigation ........................... 132
Annexe 4 : Implantation des ouvrages de la STEP de Kénitra ..................................................... 133

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Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Liste des figures


Figure 1 : Schéma d'épuration des eaux usées .................................................................................. 23
Figure 2 : Dégrilleur ................................................................................................................................. 24
Figure 3 : Dessableur circulaire............................................................................................................. 24
Figure 4 : Dessableur-déshuileur combiné ......................................................................................... 25
Figure 5 : Décanteur primaire ............................................................................................................... 25
Figure 6 : Principe de l'infiltration percolation sur sable ................................................................. 26
Figure 7 : Principe des filtres biologiques ........................................................................................... 27
Figure 8 : Principe du lit bactérien ....................................................................................................... 28
Figure 9 : lit bactérien à remplissage classique .................................................................................. 28
Figure 10 : lit bactérien à remplissage plastique ................................................................................ 29
Figure 11 : Principe des disques biologiques ...................................................................................... 29
Figure 12 : Présentation des bassins de lagunage .............................................................................. 30
Figure 13 : Principe du lagunage aéré .................................................................................................. 31
Figure 14 : Principe de Bioréacteur à Membranes............................................................................ 32
Figure 15 : Principe de "Boues Activées" ............................................................................................ 32
Figure 16 : Schématisation du principe d’épuration par boues activées ...................................... 36
Figure 17 : Schémas de fonctionnement du bassin d'aération ....................................................... 37
Figure 18 : Ouvrage de dégazage .......................................................................................................... 37
Figure 19 : Schéma de fonctionnement du clarificateur et de l'évacuation des boues ............. 38
Figure 20 : Epaississeur gravitaire ......................................................................................................... 40
Figure 21 : Aéroflottateur ...................................................................................................................... 40
Figure 22 : Séchage sous serre des boues .......................................................................................... 41
Figure 23 : Digesteur anaérobie............................................................................................................ 42
Figure 24 : Centrifugeuse ....................................................................................................................... 44
Figure 25 : Silo de stockage de la chaux et boues chaulées ........................................................... 45
Figure 26 : La courbe du %MVS ............................................................................................................ 58
Figure 27 : Décanteur à flux horizontal .............................................................................................. 63
Figure 28 : Décanteur à flux vertical.................................................................................................... 63
Figure 29 : Interface du Menu principal............................................................................................... 75
Figure 30 : Interface du Dégrilleur ....................................................................................................... 76
Figure 31 : Choix de la valeur de béta ................................................................................................ 76
Figure 32 : Interface du Dessableur circulaire ................................................................................... 77
Figure 33 : Interface du Dessableur rectangulaire ............................................................................ 78
Figure 34 : Interface du Décanteur primaire ..................................................................................... 79
Figure 35 : Interface du bassin d'aération ........................................................................................... 80
Figure 36 : Interface du Dégazeur ........................................................................................................ 81
Figure 37 : Interface du Clarificateur ................................................................................................... 82
Figure 38 : Boîte de dialogue ................................................................................................................. 82
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Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Figure 39 : Interface de l'Epaississeur gravitaire ................................................................................ 83
Figure 40 : Interface de l'Aéroflottateur ............................................................................................. 84
Figure 41 : Interface du Digesteur anaérobie .................................................................................... 85
Figure 42 : Interface du Filtre à bandes ............................................................................................... 85
Figure 43 : Interface du Chaulage ......................................................................................................... 86
Figure 44 : Situation de la ville de Kénitra .......................................................................................... 89
Figure 45 : Pluviométrie annuelle dans l’aire d’étude à la Station IRE 4776 ............................... 90
Figure 46 : Evolution temporelle des niveaux piézométriques de la nappe de la Mâamora -
Piézomètre N° IRE 1024/14 ................................................................................................................. 92
Figure 47 : Évolution démographique (Ville de Kénitra) ................................................................. 93
Figure 48 : Déversements directs des eaux usées ............................................................................ 97
Figure 49 : Travaux d’urgence période 2004-2011 .......................................................................... 97
Figure 50 : délestage du collecteur F ................................................................................................... 98
Figure 51 : Situation de la STEP de Kénitra........................................................................................ 99
Figure 52 : Composantes de la STEP de Kénitra ............................................................................ 100
Figure 53 : Evolution de la population de Kénitra .......................................................................... 102
Figure 54 : Dégrilleur ............................................................................................................................ 107
Figure 55 : Dessableur circulaire ........................................................................................................ 108
Figure 56 : Décanteur primaire ........................................................................................................... 109
Figure 57 : Bassin d'aération ................................................................................................................ 109
Figure 58 : Résultats de calcul du bassin d'aération ....................................................................... 110
Figure 59 : Système d'aération ............................................................................................................ 110
Figure 60 : Clarificateur ........................................................................................................................ 112
Figure 61 : Epaississeur gravitaire ....................................................................................................... 113
Figure 62 : Aéroflottateur .................................................................................................................... 113
Figure 63 : Digesteur anaérobie.......................................................................................................... 114
Figure 64 : Filtre à bandes .................................................................................................................... 114
Figure 65 : Graphe des ratios d'investissement ............................................................................... 120
Figure 66 : Schéma explicatif du procédé d'épuration "Boues Activées .................................... 124
Figure 67 : Interface de calcul du Dégrilleur .................................................................................... 125
Figure 68 : Interface de calcul du Dessableur circulaire ................................................................ 126
Figure 69 : Interface de calcul du Décanteur primaire .................................................................. 127
Figure 70 : Interface de calcul du Bassin d'aération ........................................................................ 127
Figure 71 : Interface de calcul du Dégazeur ..................................................................................... 128
Figure 72 : Interface de calcul du Clarificateur ................................................................................ 128
Figure 73 : Interface de calcul de l'Epaississeur gravitaire ............................................................. 129
Figure 74 : Interface de calcul de l'Aéroflottateur .......................................................................... 129
Figure 75 : Interface de calcul du Digesteur anaérobie ................................................................. 130
Figure 76 : Interface de calcul du Filtre à bandes ............................................................................ 130
Figure 77 : Interface de calcul du Chaulage ...................................................................................... 131

Projet de fin d’étude 2014 | 10


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Liste des tableaux


Tableau 1 : Capacité de traitement des STEP opérationnelles au Maroc ................................... 18
Tableau 2 : Des nouvelles STEPs construites .................................................................................... 19
Tableau 3 : Normes du rejet ................................................................................................................. 20
Tableau 4 : Classification du procédé d’épuration par boues activées selon le niveau de
charges ........................................................................................................................................................ 32
Tableau 5 : Critères de conception du Dégrilleur............................................................................ 47
Tableau 6 : Valeurs de béta .................................................................................................................... 49
Tableau 7 : Critères de conception d'un dessableur-déshuileur rectangulaire .......................... 50
Tableau 8 : Critères de conception d'un dessableur-déshuileur circulaire ................................. 51
Tableau 9 : Critères de conception du décanteur primaire ........................................................... 54
Tableau 10 : Critères de conception du bassin d'aération ............................................................. 56
Tableau 11 : Tableau du %MVS ............................................................................................................. 57
Tableau 12 : Critères du système d'aération ..................................................................................... 60
Tableau 13 : Critères de conception du dégazeur ........................................................................... 61
Tableau 14 : Critères de conception du clarificateur ...................................................................... 62
Tableau 15 : Valeurs de la charge volumique ..................................................................................... 63
Tableau 16 : Résultats de recensements-Population de Kénitra ................................................... 93
Tableau 17 : Résultats de recensements (1926-2004)-Population de Kénitra ......................... 101
Tableau 18 : Données fournies par CID ........................................................................................... 102
Tableau 19 : Estimation des populations des années 2025-2032 ................................................ 103
Tableau 20 : Taux de raccordement 2014-2035 ............................................................................. 103
Tableau 21 : Consommation journalière en eau potable 2014-2035 ......................................... 104
Tableau 22 : Taux de raccordement au réseau d'assainissement 2014-2035 ........................... 104
Tableau 23 : Débit moyen 2014-2035 ............................................................................................... 104
Tableau 24 : Débit maximal 2014-2035 ............................................................................................ 105
Tableau 25 : Tableau des concentrations ......................................................................................... 105
Tableau 26 : Tableau des charges ....................................................................................................... 106
Tableau 27 : Résultats finaux ............................................................................................................... 106
Tableau 28 : Qualité du rejet............................................................................................................... 107
Tableau 29 : Résultats de calcul du dégrilleur.................................................................................. 108
Tableau 30 : Résultats de calcul du dessableur circulaire ............................................................. 108
Tableau 31 : Résultats de calcul du décanteur primaire ................................................................ 109
Tableau 32 : Résultats de calcul du système d'aération................................................................. 111
Tableau 33 : Résultats de calcul du dégazeur .................................................................................. 111
Tableau 34 : Résultats de calcul du clarificateur ............................................................................. 112
Tableau 35 : Résultats de calcul de l'épaississeur gravitaire ......................................................... 113
Tableau 36 : Résultats de calcul de l'aéroflottateur ....................................................................... 114
Tableau 37 : Résultats de calcul du digesteur anaérobie ............................................................... 114
Projet de fin d’étude 2014 | 11
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Tableau 38 : Résultats de calcul du filtre à bandes ......................................................................... 115
Tableau 39 : Résultats de calcul du chaulage ................................................................................... 115
Tableau 40 : Tableau récapitulatif des résultats .............................................................................. 117
Tableau 41 : Tableau des coûts unitaires des STEP Boues Activées .......................................... 119
Tableau 42 : Tableau des coûts unitaires pour la moyenne charge ............................................ 120
Tableau 43 : Tableau des coûts ........................................................................................................... 120

Projet de fin d’étude 2014 | 12


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

INTRODUCTION GENERALE
L’eau a toujours été synonyme de vie et de croissance. Cet ‘or bleu’ est tout d’abord
essentiel à la survie de l’être humain, dont le corps en est lui-même constitué à plus de 60%.
L’eau est également indispensable à l’agriculture et à l’élevage, principales sources de
nourriture pour toute société. L’eau douce naturelle et potable se trouve en grande partie
contenue dans les icebergs et les glaciers, le reste se trouvant dans les lacs, fleuves et
réserves souterraines. Ces sources d’eaux douces cumulées ne représentent à peine que
2.5% des eaux terrestres. Pendant longtemps, nul ne s’est guère préoccupé de la manière de
s’approvisionner en eau de qualité, la nature ayant toujours suffi à fournir cette précieuse
ressource.

Suite à la révolution industrielle et à l’intensification de l’agriculture en réponse aux besoins


d’une population croissante, la consommation mondiale d’eau douce n’a cessé d’augmenter
depuis le début du 20ème siècle. En l’espace d’un siècle, la population mondiale a triplé alors
que la consommation d’eau douce a été multipliée par six. Cette augmentation est liée au
degré de développement du pays : plus le niveau de vie de la population est élevé, plus la
consommation d’eau est importante.

À une consommation d’eau croissante correspondent des rejets d’eaux usées croissants,
avec pour conséquence une diminution conjointe de la quantité et la qualité des eaux douces
terrestres. Ce phénomène est aggravé par la diminution du pouvoir autoépurateur des cours
d’eau (curages, dragages, canalisations artificielles des rivières).

Face à cette problématique, l’épuration des eaux usées peut jouer un double rôle : Protéger
les ressources en eaux existantes et créer une nouvelle source d’approvisionnement en eau
grâce à la réutilisation. Ainsi, différents pays, soucieux de leur environnement, se sont dirigés
vers la construction des stations d’épuration et l’encouragement de la recherche dans ce
domaine pour améliorer davantage et de manière optimale les techniques de traitement
adoptées.

Le Maroc, étant concerné par le stress hydrique et la pollution des ressources en eau, a
adopté des stratégies nationales pour l’assainissement liquide et la dépollution. Par
conséquent, plusieurs stations ont été réalisées et d’autres sont en construction, ce qui a
donné beaucoup de dynamique à ce domaine duquel notre travail d’étude fait partie.

Projet de fin d’étude 2014 | 13


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre I :
Eaux usées
au Maroc

Projet de fin d’étude 2014 | 14


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre I : Eaux usées au Maroc


Ce premier chapitre a un aspect général. Il traite des informations sur les eaux usées, leurs
types et leurs propriétés caractéristiques. Ensuite, il présente l’état actuel de l’épuration au
Maroc, la réglementation des rejets des eaux usées et les normes qui y sont adoptées. Enfin,
il illustre la réutilisation de ces eaux traitées par les deux cas de Khouribga et Marrakech.

Généralités sur les eaux usées


1. Type des eaux usées
La pollution d’une eau dite usée peut résulter de nombreux facteurs : rejets domestiques
divers, ruissellement, infiltration, etc. Cette pollution peut être quantifiée par des
caractéristiques physiques (MES, odeur,…), chimiques (DCO, DBO5, Azote Kjeldahl, azote
minéral, teneur en phosphate, teneur en matières toxiques) et biologiques (bactéries, virus,
etc.).

En fait, on distingue trois grandes catégories d'eaux usées : les eaux domestiques, les eaux
industrielles et les eaux pluviales et de ruissellement.

 Eaux usées domestiques


Elles proviennent des différents usages domestiques de l'eau. Elles sont essentiellement
porteuses de pollution organique. Elles se répartissent en eaux ménagères, qui ont pour
origine les salles de bains et les cuisines, elles sont constituées de détergents, des graisses et
des débris organiques. Elles sont aussi les rejets des toilettes, chargés de diverses matières
organiques azotées et de germes fécaux.

La pollution journalière produite dépend de plusieurs paramètres (type d’activité, typologie


d’habitat, niveau de consommation, nature de réseaux,…). A titre d’indication, la pollution
spécifique générée par une activité domestique consommant par une personne en moyenne
80 l/hab/j est d’environ:

 De 30 à 40 grammes de matières en suspension ;


 De 25 à 35 grammes de DBO5 ;
 De 5 à 10 grammes de matières azotées ;
 2.5 à 4 grammes de phosphore ;
 Environ 108 CF/100 ml de CF.1

1
Selon le Schéma national de l’assainissement.
2
http://www.cieau.com/les-eaux-usees/les-origines-des-eaux-usees
Projet de fin d’étude 2014 | 15
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

 Eaux usées industrielles


Elles sont très différentes des eaux usées domestiques. Leurs caractéristiques varient en
fonction des secteurs d’activités (Agro-alimentaire, Textile, Chimie-parachimie, …..) et
d'une industrie à l'autre. En plus de matières organiques, azotées ou phosphorées, elles
peuvent contenir des produits toxiques, des solvants, des métaux lourds, des micropolluants
organiques et des hydrocarbures.

 Eaux pluviales et de ruissellement


Les eaux de pluie ne sont pas exemptes de pollutions. Elles sont au contact de l'air. Elles se
chargent d'impuretés (fumées industrielles, résidus de pesticides, etc.), puis, en ruisselant,
des résidus déposés sur les toits et les chaussées des villes (huiles de vidange, carburants,
résidus de pneus, métaux lourds...).2

2. Propriétés des eaux usées


L’analyse des eaux usées permet de connaître les substances indésirables qu’on doit éliminer
à priori lors d’un traitement d’épuration. La charge en agents polluants dans une eau peut
être évaluée à partir de certains paramètres.

a. La demande biochimique en oxygène, DBO


C’est la quantité d'oxygène nécessaire pour oxyder les matières organiques biodégradables
par voie biologique, c’est-à-dire une oxydation par des bactéries. Elle présente aussi un
indice de pollution de l'eau qui permet d'évaluer la fraction biodégradable de la charge
polluante carbonée des eaux usées. Elle est en général calculée au bout de 5 jours à 20°C
dans l’obscurité, dans ce cas on parle de DBO5.

b. La demande chimique en oxygène, DCO


C’est la consommation en oxygène par les oxydants chimiques forts pour oxyder les
substances organiques et minérales de l'eau. La demande chimique en oxygène (DCO)
permet d'évaluer la charge polluante des eaux usées.

c. Matières en suspension, MES


Ce sont des particules solides très fines et généralement visibles à l'œil nu. Théoriquement,
elles ne sont ni solubilisées, ni à l'état colloïdale. Elles déterminent la turbidité de l'eau. Aussi,
elles limitent la pénétration de la lumière dans l'eau, diminuent la teneur en oxygène dissous
et nuisent au développement de la vie aquatique.

2
http://www.cieau.com/les-eaux-usees/les-origines-des-eaux-usees
Projet de fin d’étude 2014 | 16
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
d. Matières azotées
Les formes de l'azote dans les eaux usées sont l'azote total (NTK), les nitrates (NO3-) et les
nitrites (NO2-). En plus de la toxicité de la forme ammoniacale et nitrique l'azote intervient
dans le phénomène de l'eutrophisation. Donc, sa caractérisation et sa quantification sont
primordiales pour les rejets liquides dans le milieu naturel.

e. Phosphore total (PT)


Le phosphore total est un bon indicateur de l’enrichissement des eaux de surface en
substances nutritives. Il est à noter qu’une concentration supérieure à 0,03 mg/l de
phosphore peut causer des problèmes d’eutrophisation.

Epuration des eaux usées au Maroc


1. Stations d’épuration au Maroc
Le secteur des eaux usées, responsable en grande partie de la pollution des eaux enregistre
des retards importants ; pratiquement toutes les grandes villes du pays et les grandes
industries rejettent leurs eaux usées dans les systèmes naturels, rivières, mers, océan sans
traitement. La qualité des eaux des rivières, barrages et nappes phréatiques s’est fortement
dégradée, limitant ainsi le potentiel réel en eau et aboutissant à des impacts sanitaires et
écologiques importants.

L’accroissement démographique, l’urbanisation accélérée, l’industrialisation et les


transformations techniques dans l’agriculture génèrent des rejets de matières polluantes qui
dégradent la qualité de l’eau. L’absence d’équipements de dépollution, souvent même le
manque d’infrastructures d’assainissement expliquent l’apparition de cas graves
d’environnement malsain qui menacent la santé des populations.

Face à cette problématique, l’épuration des eaux usées se présente comme la solution la plus
adéquate, pour d’une part participer à la dépollution du milieu naturel. Et d’autre part, pour
répondre à une partie des besoins en eau par le processus de réutilisation.

En effet, le Maroc dispose d’un potentiel d’eau usée estimé à 500 millions de m3 en 2000 et
qui atteindrait les 900 millions en 20203. Or, Le taux d’épuration des eaux usées au Maroc
ne dépasse pas actuellement les 30 %. Le coût varie de 1 à 3 DH le m3.

Selon le projet réalisé à la faculté de sciences d’El Jadida et qui porte sur la production des
boues des stations de traitement des eaux usées, le Maroc, comptait en 2005 environ 30
stations qui fonctionnent.

3
GESTION DURABLE DES RESSOURCES NATURELLES ET DE LA BIODIVERSITÉ AU MAROC,
PROSPECTIVE « MAROC 2030 ».
Projet de fin d’étude 2014 | 17
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Le tableau1 résume ces différentes stations avec leur localisation et le type de traitement y
adopté, leur année de mise en service, le nombre d’habitants y raccordés, le débit de chaque
station ainsi que la quantité d’eau traitée annuellement.

Actuellement, le nombre total des nouvelles stations d’épuration au Maroc s’élève à 90


stations. Elles se répartissent sur les grandes villes (Fès, Marrakech, Khouribga, Nador,
Agadir et Al Hoceima), les centres, les municipalités et les communes rurales.

Localisation et Année de Nombre


Débit Quantité d’eau
type de mise en d’habitants 3
(m /j) traitée par an
traitement service Raccordés
Boue activée AP
Nador 1978 100 000 1 000 3 650 000
Khouribga 1984 75 000 7 500 2 737 500
M’diq (T) 1991 3 000 300 109 500
Cabo Negro (T) 1982 22 000 2 200 803 000
Benguerir Ŕ OCP 1984 5 000 1 260 459 900
Beni Mellal 2004 110 000 11 890 4 339 850
Nouacer 1984 Aéroport 550 200 750
Nestlé El Jadida - Industrie 503 183 595
Hoceima 1996 84 000 8 356 3 050 000
Lagunage
Benslimane 1997 37 000 5 600 2 044 000
Boujaâd 1992 20 000 2 500 912 500
Bouznika 1981 12 000 1 400 511 000
Ouarzazate 1 1981 4 300 430 156 950
Ouarzazate 2 1989 4 300 430 156 950
Marrakech - 3 000 380 138 700
IAV- Hassan II - 1 400 85 31 025
Infiltration-
Percolation
Ben Sergao - 5 000 750 273 750
Draga 2000 8 000 1 000 365 000
Marrakech (T) 1991 750 225 82 125
Agadir 2003 350 000 43 000 15 695 000
Lit bactérien
Hattane- OCP - 3 600 375 136 875
Boujniba -OCP 1961 3 600 225 82 125
Youssoufia-OCP 1962 25 000 27 500 10 037 500
Total 875 350 35 901 095
T = secteur touristique. AP = aération prolongée. OCP : STEP relevant de l’Office
Chérifien des Phosphates.
Tableau 1 : Capacité de traitement des STEP opérationnelles au Maroc4

4
La production des boues des stations de traitement des eaux usées, un projet réalisé à la faculté de sciences
d’El Jadida.
Projet de fin d’étude 2014 | 18
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Dans le cadre du Programme National d’Assainissement Liquide et d’Epuration des Eaux
Usées (PNA), le Maroc vise à améliorer ce taux d’épuration, en prévoyant d’atteindre 300
stations de traitement des eaux usées (STEP) avec un niveau de traitement secondaire.

2. Présentation du PNA
Le PNA a été élaboré en 2005 conjointement par le Ministère de l’Intérieur et le Ministère
de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement. En plus de l’évaluation
globale des coûts de réalisation et de maintenance et la classification des différents centres
selon les priorités, il se fixe comme objectifs majeurs répondant aux dispositions du
millénaire du Sommet Mondial de Johannesburg, notamment :

 L’atteinte d’un taux de raccordement global au réseau d’assainissement de plus de


80% en milieu urbain ;
 Le rabattement de la pollution de 60% au moins, conformément aux objectifs arrêtés
dans le cadre de la stratégie nationale de protection de l’environnement.
Le potentiel en eau épurée pourrait permettre la création de petits projets d’irrigation,
d’une superficie globale de l’ordre de 60.000 hectares.
Le schéma de financement de ce plan, dont le coût s’élève à 43 milliards de dirhams est le
suivant :
 Le montant nécessaire pour la part de financement du programme assurée par les
usagers, via les tarifs, représente une participation à hauteur de 70% du programme.
45% (18.8 milliards de dirhams) seront préfinancés sur prêts auprès de bailleurs de
fonds internationaux, le reste sur fonds propres des opérateurs ;
 Le budget général de l’Etat et les Institutionnels devront supporter le complément de
financement de ce programme5.

Actuellement 100 stations sont opérationnelles et 18 en construction, en citant quelques


stations dans le tableau suivant6 :

Localisation Type de traitement Capacité (m3/j) Date de mise en service


Fès Boues activées 130 000 2014
Marrakech Boues activées 120 000 2011
Mixte lagunage aéré et
Oujda 40 000 2011
boues activées
Nador Boues activées 20 600 2010
Tableau 2 : Des nouvelles STEPs construites

5
GESTION DURABLE DES RESSOURCES NATURELLES ET DE LA BIODIVERSITÉ AU MAROC,
PROSPECTIVE « MAROC 2030 ».
6
Le journal de « La vie économique », un article publié en 18/10/2013.
Projet de fin d’étude 2014 | 19
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
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3. Cadre réglementaire
a. Réglementation du rejet des eaux usées
La loi n° 10-95 sur l’eau distingue une eau usée d’une eau polluée (art. 51 de la loi sur l’eau).

 Une eau est usée lorsqu’elle a fait l’objet d’une utilisation et sa composition a subi
une modification du fait de cette utilisation ;
 Si une eau est destinée à un usage et si la modification qu’elle a subie ne permet pas
cet usage, alors elle est polluée. Cette pollution peut également être due à un effet
biologique ou géologique.

Dans l’article 54 de La loi n° 10-95 sur l’eau, il est interdit :

 De rejeter des eaux usées … dans les oueds à sec, dans les puits, abreuvoirs et
lavoirs publics, forages, canaux ou galeries de captage des eaux. Seule est admise
l'évacuation des eaux résiduaires ou usées domestiques dans des puits filtrants
précédés d'une fosse septique ;
 D'effectuer tout épandage ou enfouissement d'effluents … susceptibles de polluer par
infiltration les eaux souterraines ou par ruissellement les eaux de surface ;
 De jeter, à l'intérieur des périmètres urbains, des centres délimités et des
agglomérations rurales dotées d’un plan de développement, toute eau usée …
nuisible à la santé publique en dehors des lieux indiqués à cet effet ou dans des
formes contraires à celles fixées par la présente loi et la réglementation en vigueur.
L’article 84 de la loi n° 10-95 sur l’eau précise que l'utilisation d'eaux usées à des fins
agricoles est interdite lorsque ces eaux ne correspondent pas aux normes fixées par voie
réglementaire (voir Annexe 3 : tableau des normes de qualité des eaux destinées à
l’irrigation)

b. Normes de rejets
Le traitement des eaux usées se fait selon des normes bien déterminées. Au Maroc, les
normes sont données par l’arrêté conjoint du ministre de l’intérieur, du ministre de
l’aménagement du territoire, de l’eau et de l’environnement et du ministre de l’industrie, du
commerce et de la mise à niveau de l’économie n° 1607-06 du 29 Joumada II 1427 (25 juillet
2006) portant fixation des valeurs limites spécifiques de rejet domestique et publiées dans le
bulletin Officiel n° 5448 du Jeudi 17 Août 2006.

Paramètres Normes marocaines


DBO5 <120 mg/l
DCO <250 mg/l
MES <150 mg/l
Tableau 3 : Normes du rejet

Projet de fin d’étude 2014 | 20


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

4. Réutilisation des eaux usées


Bien qu’aucune réglementation spécifique à la réutilisation des eaux usées épurées n’existe,
celle-ci est déjà une pratique courante au Maroc, notamment dans les villes intérieures. La
réutilisation des eaux épurées reste toutefois peu développée, en raison du nombre limité de
stations d'épuration au Maroc. Elle demeure encore à l'état de projets pilotes expérimentaux
essentiellement. La surface potentiellement irrigable par les eaux usées s'élève actuellement
64 000 ha environ et atteindrait 181 000 ha en 2020. Environ 70 % de ces surfaces seraient
localisées dans les bassins de Sebou, dans la Moulouya et dans le Bou Regreg et les Côtiers
Atlantiques de Casablanca7.

a. Cas de la station de Khouribga (usage industriel)


La capitale des phosphates Khouribga a été revigorée par le lancement du projet de la
station de traitement et d'épuration des eaux usées destiné à l'amélioration des conditions
sanitaires des populations, à la protection du milieu naturel et à l'économie de l'eau. Dotée
d'une enveloppe de 400 millions de dirhams, cette station permet la production de 5 millions
de m3 par an de ressources hydriques à utiliser dans le lavage des phosphates, soit
l'équivalent de la moitié des besoins en eau potable de la ville de Khouribga.8

b. Cas de la station de Marrakech (arrosage des golfs et des espaces


verts)
La réalisation du grand projet de traitement et de réutilisation des eaux usées de la ville de
Marrakech s’inscrit dans le cadre de la gestion intégrée des ressources en eau, la protection
de l’environnement, la rationalisation et l’économie des richesses naturelles. La deuxième
phase de la station d’épuration des eaux usées constitue la pièce maîtresse du projet de
réutilisation des eaux usées. Elle consiste en l’extension de la filière de traitement selon le
procédé des Boues activées pour atteindre le niveau d’épuration des eaux usées requis par
les normes internationales d’irrigation des espaces verts. Elle permet une mobilisation de 33
Millions de m3 d’eau traitée répondant aux normes et aux exigences de la réutilisation des
eaux épurées pour l’irrigation des espaces verts.9 Les promoteurs des golfs ont participé au
financement des infrastructures de mobilisation d’eau. Ils ont contribué, selon la superficie de
leurs projets et leurs besoins en eau, en moyenne à hauteur de 30 millions de DH par
projet. Soit une enveloppe totale de 486 millions de DH10.

7
GESTION DURABLE DES RESSOURCES NATURELLES ET DE LA BIODIVERSITÉ AU MAROC,
PROSPECTIVE « MAROC 2030 ».
8
http://www.albayane.press.ma/
9
http://www.radeema.ma/Portals/0/brochure%20raeema%20fr.pdf
10
http://www.leconomiste.com/article/890255-marrakech-qui-finance-la-station-depuration
Projet de fin d’étude 2014 | 21
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre II :
Principaux
procédés du
traitement des
eaux usées

Projet de fin d’étude 2014 | 22


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
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Chapitre II : Principaux procédés


du traitement des eaux usées
Une station d’épuration est une installation destinée à épurer les eaux usées domestiques ou
industrielles avant le rejet dans le milieu naturel. Le but du traitement est de séparer l’eau
des substances indésirables pour le milieu récepteur.

Elle est généralement installée à l’extrémité d’un réseau de collecte. Elle peut utiliser
plusieurs principes, physiques et biologiques. Le plus souvent, on utilise le processus
biologique qui fait intervenir des bactéries capables de dégrader les matières organiques. La
taille et le type des dispositifs dépendent du degré de pollution des eaux à traiter.

D’autre part, une station d’épuration est constituée d’une succession de dispositifs, conçus
pour extraire en différentes étapes les différents polluants contenus dans les eaux. La
succession des dispositifs est déterminée en fonction de la nature des eaux usées recueillies
sur le réseau et des types de pollutions à traiter, ainsi que des exigences en matière de
qualité vis-à-vis des eaux usées épurées.

En général, le schéma d’épuration se présente comme suit :

Figure 1 : Schéma d'épuration des eaux usées

Projet de fin d’étude 2014 | 23


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
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Prétraitement
Les prétraitements sont utilisés pour l’élimination des huiles, des sables et des matières
minérales qu'on peut récupérer par surnage.

Les différentes étapes d’un prétraitement sont les suivantes :

1. Dégrillage
Le dégrillage, premier poste de traitement,
permet de séparer et d’évacuer facilement
les matières volumineuses charriées par
l’eau brute, qui seraient susceptibles de
provoquer des obstructions ou nuire à
l’efficacité des traitements suivants.

Les dégrilleurs sont équipés d’un dispositif


de relevage et d’éjection automatique des
déchets. Les déchets de prétraitement sont
Figure 2 : Dégrilleur
traités sur des vis laveuses et compacteuses puis ensachés. Ceux-ci sont ensuite compactés,
stockés en benne, avant d’être envoyés en centre d’enfouissement technique ou en usine de
traitement des ordures ménagères.

2. Dessablage
Le but de ce dispositif est de piéger les particules
solides charriées par les eaux (les sables et
graviers) et les matières en suspension de
granulométrie comprise entre 200 et 500 afin
d’éviter les risques d’abrasion des équipements, le
colmatage des conduites et les dépôts dans les
ouvrages en aval. On en distingue des ouvrages
rectangulaires et d’autres circulaires.
Figure 3 : Dessableur circulaire
L’implantation d’un dessableur diminuera les difficultés d’exploitation des réseaux et la
quantité de sables rejetée dans le milieu.

Projet de fin d’étude 2014 | 24


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
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3. Déshuilage
Le déshuilage est basé sur le principe de
flottation afin de favoriser la remontée des corps
gras moins denses que l’eau. C’est une étape
indispensable pour assurer la protection du
réacteur biologique et favoriser notamment une
bonne aération superficielle. Les résidus huileux
sont récupérés par écrémage.

Dans la plupart des cas il est combiné avec le


dessablage de façon à récupérer le sable par
pompage et racler les graisses et les huiles à la Figure 4 : Dessableur-déshuileur
surface. combiné

Traitement primaire
Le traitement primaire élimine plus de la moitié des matières en suspension et constitue une
étape permettant l’élimination d’une partie non négligeable de matières organiques volatils.

La décantation classique est possible lorsque les eaux prétraitées séjournent en eaux calmes
dans le bassin de décantation primaire.

1. Décanteur primaire
Le décanteur primaire consiste en une séparation des
éléments liquides et des éléments solides sous l'effet de
la pesanteur. Les matières solides se déposent au fond
de l’ouvrage pour former « les boues primaires ». Ces
dernières sont récupérées au moyen d'un système de
raclage. Ce traitement permet d’éliminer 40 à 55 % des
matières en suspension et réduit d'environ 30 % de la
DBO5.

Figure 5 : Décanteur primaire

Projet de fin d’étude 2014 | 25


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Traitement secondaire
L’objectif de cette étape est l’élimination des matières en solution dans l'eau (matières
organiques, substances minérales) grâce à l’action de bactéries épuratrices. En effet, on
distingue deux grandes familles des techniques d’épuration :

1. Procédés à « cultures fixées »


Dans ces installations, la culture bactérienne repose sur un support (caillou, plastique, milieu
granulaire fin).

a. Cultures fixées sur support fin


i. Infiltration percolation sur sable

L'infiltration-percolation est une technique d'épuration des eaux usées qui consiste à faire
passer l'effluent à traiter à travers un sol hautement perméable (10 à 30 cm/jour). Elle est en
général réalisée au moyen de bassins d'infiltration remplis de sable, inondés à raison de
quelques centaines de litres par m2 et par jour, pendant plusieurs jours ou plusieurs
semaines.

Le fonctionnement du système est basé sur la succession de périodes d'inondation et de


dessiccation, ces dernières étant destinées à éviter la prolifération d'algues et à maintenir des
conditions aérobies dans le sol pour permettre l'oxydation de la matière organique et
entretenir une capacité d'infiltration élevée. 11

Figure 6 : Principe de l'infiltration percolation sur sable

11
« Etude d’un système d’infiltration-percolation » Nathalie RAHAINGOMANANA, 1993 Université de Paris
XII

Projet de fin d’étude 2014 | 26


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
ii. Filtres biologiques

La biofiltration vise à réaliser simultanément, dans le même ouvrage, la réaction


biologique de dégradation de la pollution par la biomasse épuratrice et la clarification
par filtration de l’effluent traité. Elle ne comporte donc pas de clarification finale par
décantation, mais nécessite une étape de décantation primaire en amont qui permet de
limiter la teneur des MES en entrée de manière à éviter les colmatages trop importants.

Figure 7 : Principe des filtres biologiques

Le biofiltre consistait en un matériau filtrant constitué de roche ou de scories, des différents


types de matériaux sont utilisés. Ces matériaux peuvent être inorganiques (sable, gravier,
géotextile, divers plastiques, billes de verre, etc.) ou organiques (tourbe, copeaux de bois,
morceaux de coque de noix de coco, compost, etc.).

b. Cultures fixées sur support grossier


i. Lit bactérien

L’épuration des eaux par lit bactérien est utilisée le plus souvent pour les eaux très chargées
provenant d’industries agroalimentaires. Elle consiste à traiter sur un support solide où
se développe une culture de micro-organismes épurateurs, le "film biologique" ou
"biofilm". Les eaux usées traversent le réacteur et, au contact du film biologique, les
matières organiques se dégradent.

Projet de fin d’étude 2014 | 27


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Décanteur
Primaire

Figure 8 : Principe du lit bactérien

Parmi les lits bactériens on distingue :

 Les lits à remplissage traditionnel : avec comme support des pouzzolanes (roches
volcaniques à structure alvéolaire), du coke métallurgique (coke en gros morceaux,
très résistant à la compression, où le " coke " est un combustible obtenu par
distillation de la houille en vase clos), de la silice.

Figure 9 : lit bactérien à remplissage classique

 Les lits bactériens à remplissage plastique : Ces lits permettent de minimiser les
risques de colmatage et la prolifération de bactéries filamenteuses.

Projet de fin d’étude 2014 | 28


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 10 : lit bactérien à remplissage plastique

ii. Disque biologique

C’est un procédé de traitement biologique à cultures fixées sur des disques minces en
plastique ou en métal, il est utilisé pour l’épuration des eaux usées domestiques.

Les microorganismes se développent naturellement sur les disques formant un biofilm


épurateur d’une épaisseur de 1 à 4mm. Cette épaisseur est principalement limitée par les
forces de cisaillement créées lors de la rotation des disques, ceci provoque un détachement
de la biomasse excédentaire qui est séparée par la suite de l’effluent au niveau du
clarificateur.

Figure 11 : Principe des disques biologiques

Projet de fin d’étude 2014 | 29


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
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2. Procédé à « cultures libres »


Dans ce cas la culture bactérienne est maintenue en suspension dans les eaux usées à traiter.
On peut distinguer deux types de techniques :

a. Techniques extensives
i. Lagunage naturel

Le lagunage naturel repose sur une culture bactérienne principalement de type aérobie.
Celle-ci est ensuite séparée par un mécanisme de sédimentation. L'épuration est assurée par
un long temps de séjour dans plusieurs bassins en série. En général, ces bassins sont disposés
selon la figure suivante :

Figure 12 : Présentation des bassins de lagunage

Le mécanisme de base est la photosynthèse. La tranche d'eau supérieure est exposée à la


lumière et cela permet l'apparition d'algues qui produisent l'oxygène nécessaire au
développement des bactéries aérobies. Ces dernières sont responsables de la dégradation de
la matière organique.12

Le traitement par lagunage naturel s’effectue sur trois types de bassins :

 Les bassins anaérobies :

Ces bassins sont en général situés en tête des stations juste après l’étage de prétraitement
afin d’assurer le traitement primaire. Comme leur nom l’indique, ces bassins sont dépourvus
d'oxygène en raison de la charge élevée des rejets qu’ils reçoivent et de leur profondeur. Ils
sont destinés à éliminer la matière en suspension et une partie de la DBO5.

 Les bassins facultatifs :

Ces bassins sont destinés à éliminer la DBO5, ils sont placés juste après les bassins
anaérobies. Les effluents sortant de ces derniers, partiellement épurés, séjournent pendant
un temps assez long dans les bassins facultatifs, ces bassins permettent d’obtenir un
abattement supérieur à 60% sur la DCO, DBO5et MES et un abattement d’environ 50% sur
l’azote et le phosphore.
12
Fiche 7 : Lagunage naturel, Fiche 8 : lagunage aéré, AERM - Procédés d'épuration des petites collectivités du
bassin Rhin-Meuse Ŕ Juillet 2007
Projet de fin d’étude 2014 | 30
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 Les bassins de maturation :

Les bassins de maturation sont placés en fin du procédé d’épuration par lagunage. Leur rôle
est d’assurer la désinfection des effluents et de les débarrasser des autres pollutions
(particulaire et organique).

ii. Lagunage aéré

Le lagunage aéré est une technique d'épuration biologique par culture libre avec un apport
artificiel d'oxygène. Dans l'étage d'aération, les eaux usées sont dégradées par des micro-
organismes qui consomment et assimilent les nutriments. Le principe de base est le même
que celui des boues activées, cependant, la densité bactérienne est faible en raison de la non
recirculation de la biomasse.

Figure 13 : Principe du lagunage aéré

b. Techniques intensives
i. Bioréacteurs à membranes

Le concept de l’utilisation conjointe des membranes et des boues activées a vu le jour à la fin
des années soixante. La technique a beaucoup évolué avec la nature des membranes utilisées
et son application s’est fortement développée depuis une dizaine d’années. En remplaçant le
clarificateur secondaire des boues activées classiques par une membrane de
microfiltration/ultrafiltration, il est possible d’augmenter fortement la concentration de la
boue ce qui conduit à des réacteurs plus petits et donc à une emprise au sol plus faible. Les
bioréacteurs à membrane (BAM) permettent, avec un faible temps de séjour hydraulique,
d’obtenir une eau épurée de très haute qualité, exempte de matières en suspension, de
bactéries pathogènes, voire de virus.13

13
« Les bioréacteurs à membrane pour le traitement des effluents urbains » www.cemagref.fr
Projet de fin d’étude 2014 | 31
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 14 : Principe de Bioréacteur à Membranes

ii. Boues activées

Les micro-organismes agglomérés en floc (boues activées) sont maintenus en suspension


dans un bassin d'aération. Les besoins en oxygène (métabolisme bactérien et respiration de
la biomasse) sont assurée par une injection d’air (ou d’oxygène) au sein du bassin.
Le bassin d’aération est suivi d’un décanteur (clarificateur) permettant de clarifier l’eau
traitée (séparation entre l’eau et la biomasse). Une partie de la biomasse est recyclée pour
maintenir l’activité biologique dans le bassin. L’autre partie est extraite (pour déconcentrer
le bassin et y maintenir la concentration optimale de biomasse) et envoyée soit en
valorisation soit en élimination (après éventuellement une étape de déshydratation).

Figure 15 : Principe de "Boues Activées"

Cette technique d’épuration comporte plusieurs procédés classés par niveau de charge. Le
tableau suivant résume ces procédés :

Type de procédé Moyenne charge Faible charge


Charge massique : Cm (kgDBO5/kgMVS) 0.15 à 0.3 0.035 à 0.15
Charge volumique : Cv (kgDBO5/m3.j) 0.5 à 1.5 Cv<0.4
Indice de boue : Im (ml/g) 170 à 200 Im<170
Age des boues : A (jour) 5 à 10j 10 à 20j
Rendement d’épuration : R (%) 80 à 90% 90% à 95%
Tableau 4 : Classification du procédé d’épuration par boues activées selon le niveau de
charges

Projet de fin d’étude 2014 | 32


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Traitement tertiaire
Lorsque les normes de rejet sont exigeantes, le schéma d’épuration doit comporter un étage
de traitement tertiaire pour affiner davantage la qualité des eaux usées épurées (Figure 1).
On procède de la sorte pour protéger le milieu récepteur selon son objectif de qualité ou
pour réutiliser les effluents épurés à des fins industrielles ou agricoles.

Parmi les méthodes utilisées dans cette phase sont :

 La désinfection :

Elle est utilisée quand le milieu récepteur est sensible et qu'il nécessite une élimination de la
pollution bactériologique, pour un milieu de culture ou de baignade par exemple. On trouve
également le traitement par Ultra-Violets qui agit directement sur les chaines moléculaires
des germes. Enfin la chloration permet une désinfection persistante tout au long du réseau
de distribution.

 Le traitement de l’azote et du phosphore :

Ces traitements complémentaires servent à limiter l'eutrophisation en éliminant l'azote et le


phosphore. Ces traitements vont être de plus en plus utilisés dans les stations d'épuration au
regard des nouvelles normes imposées.

Projet de fin d’étude 2014 | 33


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre III :
Procédé
d’épuration
« Boues
Activées »

Projet de fin d’étude 2014 | 34


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre III : Procédé d’épuration


« Boues Activées »
Historique
Le procédé d’épuration par les boues activées a été découvert en 1913 par Edward Ardern
et WT Lockett : deux ingénieurs chercheurs au département de Manchester Corporation
Rivers aux installations de Davyhulme au Royaume-Uni. Cette évolution a conduit sans
doute à l’une des plus importantes améliorations de la santé publique et de l'environnement
au cours du siècle.

En 1912, le docteur Gilbert Fowler de l'Université de Manchester, a mené des expériences à


la station expérimentale Laurent au Massachusetts impliquant l'aération des eaux usées dans
une bouteille qui avait été recouverte d'algues.

Ses collègues, Ardern et Lockett ont expérimenté ce traitement des eaux usées dans un
réacteur séquentiel. Les résultats étaient favorables donnant un effluent bien épuré.

Les affluents ont été aérés de façon continue pendant environ un mois, ce qui a mené à une
nitrification complète. En croyant que les boues ont été activées, et en les assimilant au
charbon actif, le processus a été appelé Boues activées.

Leurs résultats ont été publiés en 1914, et le premier système d’épuration par ce procédé à
grande échelle a été installé à Worcester deux ans plus tard. Après la première guerre
mondiale, cette nouvelle méthode de traitement s’est propagée rapidement, en particulier
aux Etats-Unis, le Danemark, l'Allemagne et le Canada.

À la fin des années 1930, le traitement des boues activées est devenu le processus le plus
utilisé dans le monde entier.

Au Maroc, la prise de conscience de la problématique des eaux usées n’est pas récente.
Depuis 1958, des dizaines de stations d'épuration des eaux usées (STEP) ont été construites
au Maroc, dont certaines adoptaient la technique des boues activées (à titre d’exemple :
Nador 1978 et Khouribga 1984, Beni Mellal 2004…). Néanmoins, en 1994 la grande majorité
de ces stations était hors service ou n'a pas été raccordée au réseau d’assainissement pour
des raisons diverses : inadaptation de la filière de traitement aux conditions locales,
défaut de conception des ouvrages, manque d'entretien, problèmes de gestion
(absence de budget, manque de cadres techniques compétents), et absence de
planification à court et à long terme. En 2005, seulement 30 STEP étaient opérationnelles.

Projet de fin d’étude 2014 | 35


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
D’après des données du ministère de l’eau et de l’environnement datées de 2013, environ
13% des STEP utilisent le procédé des boues activées contre 84% utilisant le lagunage
naturel.

Description technique du procédé


d’épuration « Boues Activées »
La technique de l’épuration par boues activées (figure 12) fait partie des procédés intensifs.
Elle comporte deux lignes de traitement :

 Une filière eau : Son but est d’éliminer la pollution organique biodégradable par
métabolisme bactérien ;
 Une filière boue : qui s’intéresse aux flocs bactériens résultant de l’activité biologique.

1. Filière eau
Les effluents liquides entrant dans la station d’épuration passent par une série d’étapes de
traitement faisant intervenir plusieurs dispositifs conçus pour extraire au fur et à mesure les
différents polluants contenus dans ces eaux. Ces étapes se résument par :

a. Bassin d’aération
Le bassin d'aération constitue le cœur même du procédé dans lequel s'effectue le
métabolisme bactérien à l'origine de l’épuration, selon l’équation suivante :

Figure 16 : Schématisation du principe d’épuration par boues activées


L’air est dispensé par des engins d’aération pour fournir à la fois l’oxygène pour maintenir
une bonne activité bactérienne permettant l’élimination de la pollution organique, et pour
assurer un brassage homogène afin d’éviter la formation de dépôts et éviter les zones
mortes pouvant générer des réactions d’anaérobiose.

Projet de fin d’étude 2014 | 36


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Les systèmes d’aération peuvent être des unités électromécaniques telles que les aérateurs
de surface (turbine ou brosse), ou les systèmes d’insufflation d'air (suppresseurs et diffuseurs
immergés).

Figure 17 : Schémas de fonctionnement du bassin d'aération

b. Dégazeur
Avant d’être acheminés vers les clarificateurs, les
effluents en provenance des bassins d’aération
sont repris dans des ouvrages de dégazage afin
d’éviter le risque de dégazage incontrôlé dans les
clarificateurs. Cette opération est indispensable
pour la désaération de l’effluent, car son absence
contribue à la mauvaise séparation de l’eau et de
la boue et elle génère surtout des mousses à la
surface des clarificateurs.

Figure 18 : Ouvrage de dégazage


c. Décantation secondaire (Clarificateur)
A l’arrivée de la liqueur mixte dans le clarificateur, la boue décante au fond de l’ouvrage où
un ensemble de trois conduites l’aspire par suçage. C’est alors par siphonage que cette boue
est envoyée dans une goulotte au centre de l’ouvrage puis vers le puits de recirculation.

A noter qu’aucune énergie n’est nécessaire à la mise en mouvement de la boue dans le


clarificateur. En effet, seul le fonctionnement de la recirculation ou de la déshydratation (en
se référant au traitement des boues) induira une baisse de niveau dans le puits de
recirculation et donc par conséquent dans la partie centrale du clarificateur.

Projet de fin d’étude 2014 | 37


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 19 : Schéma de fonctionnement du clarificateur et de l'évacuation des boues


 Recirculation des boues

Comme précédemment évoqué, la recirculation permet de maintenir une concentration


relativement constante dans le bassin d’aération, une optimisation de l’activité de la biomasse
et d’éviter un départ de boue ainsi qu’un temps de séjour trop long dans le clarificateur. En
effet, un séjour trop long de la boue dans le clarificateur risque de mener à de l’anaérobiose
(absence stricte d’O2).

 L’extraction des boues

Elle permet d’évacuer les boues en excès de la filière eau vers la filière boue. Son but est de
maintenir une concentration en boue activée constante. Elle est nécessaire dans le
mécanisme du traitement, car une insuffisance des extractions de boues va favoriser une
surcharge en boues du bassin d’aération et favoriser un défaut d’aération, ce qui va
nécessiter une augmentation du fonctionnement des aérateurs, d’où une surconsommation
d’énergie électrique.

2. Filière boue
À la sortie des filières de traitement des eaux, les boues contiennent environ 95-99% d’eau.
Cette dernière se présente normalement sous deux formes :

 eau libre : faiblement absorbée, peut être éliminée par déshydratation mécanique ;
 eau liée : attachée avec des bactéries ou d’autres particules, peut être éliminée par
séchage thermique (>105°C).

Projet de fin d’étude 2014 | 38


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Le traitement des boues consiste donc tout d’abord à diminuer leur teneur en eau et à
réduire de manière efficace leur charge polluante et fermentescible. Il s’agit de les préparer à
une étape ultime de valorisation ou d’élimination.

Il existe quatre principales techniques qui peuvent être complémentaires : l’épaississement, la


stabilisation (souvent associée à une hygiénisation), la déshydratation et le séchage.

a. Epaississement
L’épaississement est généralement la première étape du traitement des boues. C’est un
procédé simple, consommant peu d’énergie. Il sert principalement à réduire le volume des
boues brutes et constitue une étape préalable aux traitements suivants. Le taux de siccité
obtenu peut atteindre jusqu’à 10% de MS. Quelle que soit la technique utilisée, l’eau
récupérée doit être recyclée en tête de station.

Diverses méthodes sont utilisées pour épaissir les boues :

 Epaississement gravitaire : la décantation (ou sédimentation) ;


 Epaississement dynamique :
 la flottation ;
 la centrifugation ;
 un système de drainage (gilles et table d’égouttage) ;
 Etc.

i. Epaississement gravitaire

Cette technique est la plus utilisée pour la concentration des boues dans des appareils dits
épaississeurs. Elle est très répandue dans les grandes stations (10 000-100 000 EH). Une
hauteur de 3,5 à 4m est préconisée pour le bassin de décantation, en tenant compte du
volume de stockage, afin de faciliter le tassement de la boue. La siccité des boues à la sortie
de ce procédé varie de 2 à 10% selon la nature des boues traitées.

Ce procédé est peu coûteux (consommation énergétique de l’ordre de 1 à 7 kWh/tMS) et


d’exploitation simple mais de faible performance sur les boues biologiques (boues très
fermentescibles) avec une siccité seulement de 1,5-2,5%. De plus, la mise en place de
l’ouvrage nécessite une surface et un volume très importants. Le temps de séjour des boues
dans l’épaississeur est d’environ 48h. La performance est variable selon la nature des boues :
pour les boues primaire, 40-80kg de MS/m2/jour, et pour les boues biologiques : 25kg de
MS/m2/jour.

Projet de fin d’étude 2014 | 39


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Figure 20 : Epaississeur gravitaire

ii. Epaississement dynamique

 Aéroflottation :

Bien adaptée aux boues biologiques, la flottation


a l’avantage d’être un procédé rapide par
rapport à la décantation et réalisé dans des
installations compactes surtout avec les
matières en suspension (MES) de faible
décantabilité (siccité de 3,5-5%).

Le procédé est basé sur une séparation de


phases provoquée par une remontée à la
surface des boues sous l’effet de la pression de
fines bulles d’air. Les principaux inconvénients
Figure 21 : Aéroflottateur
de cette technique sont les coûts d’exploitation
élevés à cause d’une forte consommation énergétique (entre 60 à 100 kWh/tMS) et son
fonctionnement délicat. Ce procédé est donc réservé principalement aux grandes stations
(10 000 à 100 000 EH).

Projet de fin d’étude 2014 | 40


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
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 Centrifugation :

Cette technique consiste en une séparation, sous l’effet de la force centrifuge, des phases
liquide et solide en ajoutant aux boues un polymère en faible dose, permettant d’obtenir un
bon compactage (siccité de 4-6%).

Il s’agit d’un procédé rapide (il traite 66 à 100 m3 de boues par heure) et compact, mais très
consommateur d'énergie (150 à 300 kWh/tMS) et très sensible à la qualité des boues.

b. Lit de séchage
Le principe du lit de séchage est d’épandre des boues liquides sur une grande surface avec un
lit constitué de graviers et de sable. Il se pratique
soit à l’air libre soit en bâtiment fermé avec une
ventilation mécanique.

Cette technique présente l’inconvénient d’être


tributaire du climat, les temps de séchage sont
relativement longs et les coûts de main d’œuvre
élevés. Elle ne peut s’adapter qu’aux grandes
stations en raison des surfaces nécessaires.
Figure 22 : Séchage sous serre des boues
c. Stabilisation
La stabilisation consiste à réduire au maximum l’activité biologique de dégradation des boues
et plus particulièrement leur fermentation. Elle réduit fortement la nuisance olfactive, les
émissions de méthane, les risques de lixiviation, les populations bactériennes et la Demande
Biologique en Oxygène (DBO5).

i. Digestion aérobie

Ce procédé permet la dégradation par voie aérobie des éléments organiques fermentescibles
des boues. Il conduit à la formation d’un produit, appelé compost, riche en matières
humiques, mais également à des dégagements de gaz carbonique, d’ammoniaque, d’eau,
d’azote et de chaleur. Il nécessite un apport en oxygène, en eau et en matières organiques,
sources de carbone et d’azote, pour assurer une croissance suffisante des bactéries aérobies.
Les matières organiques sont dégradées en phases successives, ce qui permet de déterminer
le degré de maturation du produit.

ii. Digestion anaérobie : la méthanisation

La méthanisation est une fermentation de la matière organique des boues en l’absence


d’oxygène. Il existe trois types de fermentations liées à la température ambiante :

 la fermentation psychrophile (entre 15 et 20°C) : digestion froide et lente (plusieurs


semaines) mais ne nécessitant pas de chauffage.
Projet de fin d’étude 2014 | 41
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
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 la fermentation mésophile (entre 30 et 35°C) : procédé reposant sur l'activité des
entérobactéries (bactéries de l’intestin).
 la fermentation thermophile (entre 50 et 60°C) : seules les bactéries thermophiles
et les actinomycètes subsistent. Le temps de séjour est court, mais l'exploitation
s'avère délicate.

C’est la digestion mésophile qui est la plus répandue. La méthanisation correspond donc
essentiellement à une technique de stabilisation plus que d’hygiénisation (les principaux
micro-organismes pathogènes des boues étant des germes fécaux, les températures atteintes
n’ont aucun effet sur eux). Cette technique permet une réduction supplémentaire (jusqu’à la
moitié) du volume des boues, ce qui rend le stockage et le transport plus aisés et moins
onéreux.

La digestion anaérobie produit d’une part un digestat pouvant être valorisé en agriculture et,
d’autre part, du biogaz principalement constitué de méthane (environ 65 %) et de dioxyde de
carbone (environ 35%).

Depuis quelques dizaines d’années, la méthanisation est également considérée comme une
voie de valorisation énergétique efficace si le biogaz produit est récupéré et réutilisé.

Figure 23 : Digesteur anaérobie

d. Déshydratation
La déshydratation constitue une autre étape de réduction du volume des boues sur les
boues épaissies, stabilisées ou non, afin d’obtenir une siccité des boues plus poussée (en
moyenne comprise entre 20 et 30 % selon la nature des boues).

La déshydratation présente plusieurs avantages : elle facilite le stockage et réduit donc le


coût du transport, elle améliore la stabilisation (temps de séjour augmenté) et facilite une
utilisation en agriculture.

Projet de fin d’étude 2014 | 42


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Il existe plusieurs techniques de déshydratation mécanique :

 Filtres sous vide ;


 Filtres presses :
- Filtre à plateaux ;
- Filtre à plateaux membranes ;
- Filtre à bande ;
- Presse à vis.
 Centrifugeuse ;
 Autres procédés.

i. Filtre sous vide

Le système de filtration est constitué de cylindres rotatifs dont la partie inférieure est
immergée dans la suspension de boue. Le filtrat traverse les toiles qui recouvrent le cylindre
et un gâteau se forme à la surface de la toile. Ce gâteau est égoutté au cours de la rotation
puis décollé de la toile qui doit être régulièrement nettoyée, nécessitant l’arrêt de la
filtration. Parmi les différentes déclinaisons du procédé, le filtre à sortie de toile est celui qui
permet d’atteindre les meilleures performances grâce à un lavage en continu des toiles
filtrantes. Les tambours des filtres industriels développent une surface se situant entre 10 et
60 m², pour un diamètre et une longueur allant respectivement jusqu’à 3.5 et 6 m. La
filtration sous vide constituait le procédé traditionnel de déshydratation mais est en recul
actuellement au profit de la filtration sous pression ou de la centrifugation.

ii. Filtre-presse

Le filtre-presse est une technique de déshydratation qui consiste à exercer mécaniquement


une forte pression sur la boue. Cette dernière libère l’eau interstitielle au travers d’un filtre.
Il se forme alors, avec les solides retenus, un « gâteau » plus ou moins sec.

Ce système fonctionne en général de manière discontinue selon des cycles (remplissage,


filtration, dépose, lavage) qui peuvent durer plus ou moins longtemps en fonction de la
nature des suspensions de boues, de l’efficacité de l’alimentation et du conditionnement. La
qualité de la déshydratation se juge à la facilité de décollage du gâteau.

Il existe quatre techniques de filtres presse différentes : les filtres à bandes, les filtres à
plateaux, les filtres à membrane et les presses à vis.

Projet de fin d’étude 2014 | 43


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
 Filtre à bandes :

Son principe est la compression des boues entre deux bandes de toile. Une fois la toile
débarrassée de la boue, il faut la laver pour qu’elle conserve sa porosité. Ce système
nécessite l’addition de polymères dont la composition et la quantité doivent être
constamment adaptées à la qualité des boues.

 Filtre à plateaux :

Il est composé de chambres de filtration dans lesquelles la boue est comprimée par des
vérins hydrauliques jusqu’à formation d’un gâteau compact. L’alimentation en boues est
discontinue.

 Filtre à membrane :

C’est le perfectionnement du filtre-presse. Il permet tout d’abord d'éviter l'effet négatif du


débit de fuite sur les flocs en fin de montée en pression.

iii. Centrifugeuse

La centrifugeuse est le matériel qui a le plus évolué ces dernières années, ce qui lui a permis
de se rapprocher et parfois d’égaler les performances des filtres presses.

Il s’agit d’une séparation des phases liquide et solide, du fait de leur densité, par accélération
centrifuge dans un bol dans lequel tourne une vis. Cette vis racle et évacue la phase solide.
En général, la conception de la vis est adaptée à un type de boue précis. La compacité de
cette technologie permet de développer des unités mobiles de déshydratation, ce qui assure
une certaine flexibilité du procédé.

Figure 24 : Centrifugeuse

Projet de fin d’étude 2014 | 44


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
e. Chaulage
Le chaulage permet de stabiliser les boues en même temps qu'il les hygiénise. Ce procédé
intervient après la déshydratation et consiste à déverser de la chaux vive (CaO) ou éteinte
(Ca(OH)2) sur les boues, initiant une réaction chimique exothermique. Il permet également
une augmentation du pH des boues (supérieur à 12). Le chaulage est une opération
totalement maitrisable avec un coût d’investissement modeste.

Il permet également de supprimer les odeurs (stabilisation), d’augmenter encore plus la


siccité des boues (25-35%) et d’améliorer leur structure (plus granuleuse) pour faciliter le
transport ainsi que le stockage.

Il s’agit d’une opération finale du traitement des boues. La boue chaulée peut ensuite être
utilisée en agriculture ou envoyée en stockage, mais rarement incinérée.

Figure 25 : Silo de stockage de la chaux et boues chaulées

Projet de fin d’étude 2014 | 45


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre IV :
Conception et
dimensionnement
d’une station
d’épuration par
« Boues Activées à
Moyenne Charge »

Projet de fin d’étude 2014 | 46


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre IV : Conception et dimensionnement


d’une station d’épuration par « Boues
Activées à Moyenne Charge »
Le dimensionnement d’une station d’épuration à boues activées repose sur plusieurs
caractéristiques de l’effluent traité en respectant des critères bien définis. Il est effectué en
passant par plusieurs étapes bien définies en se basant sur des formules de calcul de chaque
ouvrage.

Dans cette étude, nous nous sommes basés sur l’approche dimensionnelle ATV A131. Cette
norme est bien détaillée dans le livre intitulé « Méthode de calcul d’une filière de
traitement » de A.G.SADOWSKI Responsable du laboratoire SHU-ENGEES. La feuille de
travail ATV « Abwassertechnische Vereinigung » a été élaborée par le comité spécialisé
« ATV-DVWK ». Elle publie des normes dans le domaine de l’assainissement, du traitement
des eaux usées et des déchets.

Dimensionnement de la filière eau


1. Dégrilleur
a. Données d’entrée
 Débit maximal : Qmax ;
 Les critères de conception résumés dans le tableau suivant :

Paramètres caractéristiques Nettoyage automatique Nettoyage manuel


Vitesse à travers la grille (m/s) 0.3-0.6 0.6-1.0
Epaisseur des barreaux (mm) 10 8-10
Espacement entre les barreaux (mm) 10-15 10-50
Angle des barreaux avec l’horizontale
60-80 75-85
(degrés)
Pertes de charges admissibles à
150 150
travers la grille (mm)
Tableau 5 : Critères de conception du Dégrilleur

b. Méthode de dimensionnement
Après avoir choisi la forme des barreaux, l’espacement entre barreaux, l’épaisseur des
barreaux, l’angle d’inclinaison et le type de nettoyage des barreaux, on déterminera par la
suite les différents paramètres donnés par les formules suivantes :

Projet de fin d’étude 2014 | 47


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
 Superficie ouverte :

Avec : C : est le coefficient de colmatage.

 Largeur ouverte des grilles :

 Nombre total des barreaux :

Avec :

 Largeur totale :

c. Vérification du dimensionnement
Une vérification sera nécessaire en calculant la vitesse de l’eau à travers la grille et la perte
de charge dans la grille. En fait, la vitesse doit être suffisante pour retenir les matières et la
perte de charge ne doit pas dépasser 150mm comme il est bien mentionné dans le tableau
ci-dessus. Cette dernière ne doit pas entrainer non plus un colmatage en profondeur des
barreaux ou un départ des matières avec l’effluent.

 Vitesse de l’eau à travers la grille :

Avec :

 Pertes de charges dans la grille :

D’après la formule de Kirshmer (dégrilleur propre) :

Projet de fin d’étude 2014 | 48


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

( ) ( )

Avec :

: Facteur de forme ;
Nb : Nombre total des barreaux ;
B : Epaisseur des barreaux ;
S : Espacement entre barreaux ;
E : Nombre d’espacement entre barreaux ;
: L’angle des barreaux avec l’horizontale ;
V : Vitesse de l’eau à travers la grille ;

Le facteur dépend de la forme des barreaux :

Forme de barre Valeur de


2.42

1.83

1.79

1.67

1.76

Tableau 6 : Valeurs de béta

2. Dessableur-dégraisseur
Dans cette partie, les calculs concernant le dimensionnement de l'ouvrage permettant la
séparation, des graisses et des sables, seront détaillés. Nous allons distinguer entre deux
types d’ouvrages :

 rectangulaire ;
 circulaire.

Projet de fin d’étude 2014 | 49


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

a. Dessableur-dégraisseur rectangulaire
i. Données d’entrée

 Le débit de conception Qmax ;


 Les critères de conception résumés dans le tableau suivant :
Critères de conception Gamme de valeurs
Profondeur 2 - 5m
Longueur 7.5 -20m
Largeur 4 - 7m
Largeur/profondeur 1 -5
Longueur/largeur 2.5 - 5
Vitesse d'écoulement 0.6 - 0.8 m/s
Temps de rétention au débit de pointe θdes 2 - 5 min
Tableau 7 : Critères de conception d'un dessableur-déshuileur rectangulaire

ii. Méthode du dimensionnement

On commence d’abord par fixer un temps de rétention au débit de pointe (θdes).

 Calcul de la surface de la chambre :

Avec :

Qdes : le débit entrant dans une chambre, où :

Vasc: la vitesse ascensionnelle.

 La lame d’eau moyenne dans la chambre :


La lame d’eau moyenne est calculée par la formule suivante :

Avec

Vdes : le volume de la chambre, où :

Projet de fin d’étude 2014 | 50


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
 La profondeur totale de la chambre ht :
La profondeur totale s’obtient en ajoutant une revanche à la lame moyenne :

 Les dimensions du bassin :


Les dimensions de l’ouvrage sont déterminées à partir de la valeur de la surface
en adoptant un rapport de la longueur sur la largeur choisi dans l’intervalle des
valeurs du tableau1.

iii. Vérification du dimensionnement

La vérification se porte sur le temps de rétention :

Avec : L et sont les dimensions du bassin du dessablage.

b. Dessableur-dégraisseur circulaire
i. Données d’entrée
 Débit de conception : Qmax ;
 Les critères de conception résumés dans le tableau suivant :
Tableau 8 : Critères de conception d'un dessableur-déshuileur circulaire
Paramètre Game de valeurs
Diamètre (m) : D 3Ŕ8
Profondeur (m) : h 3Ŕ5
5 Ŕ 10 pour Qmax
Temps de séjour (min) : Ts
15 Ŕ 20 pour Qmoy
15 Ŕ 30 pour Qmax
Vitesse ascensionnelle (m/h) : Vasc
6 Ŕ 10 pour Qmoy

ii. Méthode du dimensionnement

On fixe un temps de séjour, une vitesse ascensionnelle (pour le dimensionnement du


dégraisseur) et une charge hydraulique (pour le dimensionnement du dessableur), puis on
calcule les paramètres suivants:

 Calcul du volume :
On calcule d’abord le volume du dessableur-dégraisseur hors du cône des sables comme
suit :

Projet de fin d’étude 2014 | 51


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
 Calcul de la surface :

On calcule ensuite la surface de l’ouvrage :

 La profondeur h et le diamètre D :

 Le calcul du volume du cône :


Afin de calculer le volume total de l’ouvrage, on calcule le volume du cône de sable. Pour
cela, on calcule d’abord la profondeur h’ du cône :


( )

Alors le volume est donné par la relation suivante :

 Volume total :
Le volume total de l’ouvrage est donné par la relation suivante :

Projet de fin d’étude 2014 | 52


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 Dimensionnement de l’aéroflot :
Le calcul de la puissance totale et du débit d’air à introduire se base sur les valeurs
suivantes :
Puissance de l’aéroflot à installer : 15 à 30 w/m3
Débit d’air en fines bulles à introduire : 1à 2 Nm3/h.m2

Les formules de calcul sont les suivantes :

( )

 Estimation des quantités de sables et de graisses produites :


Les volumes de sables et des graisses produits sont calculés à la base des valeurs spécifiques
suivantes :

Volume des sables (l /1000m3) 20


Volume des graisses (l /1000m3) 14

iii. Vérification du calcul

Pour vérifier le dimensionnement, nous calculons d’abord :

 Le temps de rétention :

Puis nous vérifions que le rapport respecte la condition :

3. Décanteur primaire
a. Données d’entrée
 Débit moyen : Qmoy ;
 Débit maximal : Qmax ;
 Critères de conceptions résumés dans le tableau suivant ;

Projet de fin d’étude 2014 | 53


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Critères de conception Gamme de valeurs
Temps de rétention hydraulique : (min) 60 à 90
Vitesse ascensionnelle : Vmoy à Qmoy (m/h) 0.92 à 1.04
Vitesse ascensionnelle : Vmax à Qmax (m/h) 1.79 à 2.17
Débordement sur déversoir (m3/m.j) 125-500
Longueur (m) 10-100
Largeur (m) 3-24
Rapport longueur/largeur 1.5-7.5
Rendement de l’abattement de la DBO5 (%) 30%
Rendement de l’abattement de la MES (%) 40%
Tableau 9 : Critères de conception du décanteur primaire
Réf: Wastewater Treatment plants SYED R.QASIM

b. Méthode de dimensionnement :
 Superficie du décanteur :

 Dimensions du décanteur :
Ces dimensions se différent selon la forme du décanteur (rectangulaire ou circulaire) :

 Décanteur rectangulaire :
La largeur et la longueur du décanteur (L, l) se
déterminent à partir du rapport
longueur/largeur, déjà fixé en respectant
l’intervalle cité dans le tableau ci-dessus, et de la
surface du décanteur.

 Décanteur circulaire :
Le diamètre du décanteur D se détermine directement à partir
de la surface A.

 Le volume du décanteur :

Projet de fin d’étude 2014 | 54


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 La hauteur de l’eau dans le décanteur primaire est :

 La charge de DBO5 à la sortie du décanteur :

( ) ( ) ( )

Avec :

: Rendement de l’abattement de la DBO5 (%).

 La charge de MES à la sortie du décanteur :

( ) ( ) ( )

Avec :

: Rendement de l’abattement de la MES (%).

c. Vérification du dimensionnement
Afin de s’assurer de l’exactitude de nos calculs, nous déterminons les paramètres suivants :

 Temps de rétention :
 Décanteur rectangulaire :

 Décanteur circulaire :

( )

 Vitesse ascensionnelle :
 Décanteur rectangulaire :

 Décanteur circulaire :

( )

Projet de fin d’étude 2014 | 55


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( )

 Débordement sur déversoirs :

La vérification se porte sur le débordement uniquement dans le cas du décanteur circulaire.


La formule de calcul est la suivante :

Avec :

: Longueur du déversoir.

En effet, pour que notre calcul soit juste, il faut que ces paramètres vérifient bien la gamme
des valeurs mentionnée dans le tableau ci-dessus.

4. Bassin d’aération
a. Données d’entrée
 Débits de conception :
 Débit moyen Qmoy ;
 Débit maximal Qmax ;
 Caractéristiques de l’effluent :
 DBO5e à l’entrée du bassin d’aération;
 DBO5s à la sortie de la STEP;
 MESe à l’entrée à l’entrée du bassin d’aération ;
 Critères de conception résumés dans le tableau suivant :
Paramètres Gamme de valeurs
Age de boues A (j) 5-10
Indice de Mohlman IM (ml/g) 170-200
Concentration de MES dans le réacteur (g/l) 3
Profondeur du bassin (cas de l’insulfation d’air) (m) 4-5
Tableau 10 : Critères de conception du bassin d'aération

b. Méthode de dimensionnement
Le dimensionnement du bassin d’aération consiste à déterminer son volume biologique, le
besoin en oxygène et les caractéristiques du système d’aération.

 Le volume biologique :
Pour calculer le volume du réacteur nous allons utiliser les relations suivantes :

( ( )) ( )
Projet de fin d’étude 2014 | 56
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« Boues Activées »-Cas de Kénitra

( )

( )
Où :

Cm : la charge massique ;
Sa : concentration dans le réacteur ;
Le : Quantité de DBO5 traité par jour ( );
%MVS : Pourcentage de matières volatile dans les matières en suspension ;
Vbio : le volume du réacteur biologique ;
PB : production des boues en excès (kg MS) ;
Smin (kg/j) : Partie minérale des MES ;
Sdur (kg/j) : Partie non biodégradable des matières volatiles en suspensions (MVS).

Les paramètres Smin et Sdur sont donnés par les formules suivantes :

[ ] Où [ ] [ ] Et
( )

Pour déterminer %MVS, nous utilisons les valeurs de référence en fonction du rapport
MES/DBO5 suivant le tableau ci-dessous :

MES/DBO5 1.5 1.17 1 0.83 0.67


%MVS 60 65 68 70 75
Tableau 11 : Tableau du %MVS

Projet de fin d’étude 2014 | 57


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%MVS=f(MES/DBO5)
80

75

70
%MVS

65
%MVS
60 y = -17,259x + 85,446 Linear (%MVS)
55

50
0,5 1 1,5 2
MES/DBO5

Figure 26 : La courbe du %MVS

La présentation graphique de ces points montre qu’ils sont alignés, ainsi nous utiliserons
l’interpolation pour déterminer la valeur de %MVS correspondante à tout rapport
MES/DBO4.

 La charge massique Cm :

La détermination de la production des boues en excès, le volume biologique et la charge


massique nécessite une méthode faisant appel à un calcul itératif qui se base sur le principe
suivant :

 La première itération :
 Nous prenons comme valeur initiale de Cm, la plus petite valeur
correspondante à la moyenne charge (=0.15 Kg DBO5/KgMVS.j) ;
 Nous calculons premièrement la valeur de PB (production des boues) par
équation (1) ;
 Puis la valeur du volume biologique par l’équation (2) ;
 A la fin nous calculons la valeur de Cm par l’équation (3) (une sorte de
vérification).
 Les autres itérations :

Nous comparons la valeur initiale et finale de Cm :

 S’ils convergent à la même valeur nous la prenons comme valeur finale de


Cm ;
 S’il y a divergence, nous ajoutons 0.01 à la valeur initiale de Cm, et nous
continuons les itérations jusqu’à la convergence.

Projet de fin d’étude 2014 | 58


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Cet algorithme nous permet de déterminer la valeur finale de Cm, en fonction de l’âge des
boues, la concentration dans le réacteur et son rendement d’élimination de la DBO5.

Nous calculons par la suite, à la base de Cm trouvé :

 le volume biologique à partir de l’équation (3) ;


 la production des boues à partir de l’équation (2).
 La charge volumique Cv :

Cv est la masse de nourriture arrivant quotidiennement dans le bassin d'aération ramenée au


volume du bassin d'activation. Cv s’exprime donc par :

Avec :

: La concentration de la DBO5 à l’entrée du bassin d’aération (g/l) ;

V : Le volume du réacteur biologique total (m3) ;

: La charge de la DBO5 à l’entrée du bassin d’aération (kg DBO5/j).

 Taux de recirculation :

Avec :

Sr : concentration des boues recirculées en MES (g/l) ;


Indice de boue ;
Sa : concentration MES boue bassin d’aération (g/l).

 Débit recirculé Qr :

Le débit recirculé se calcule à partir du taux de recirculation et du débit moyen. La formule


de calcul est la suivante :

 Temps de rétention :

Le temps de séjour ou de rétention se calcule sur une journée donc son calcul se fait à partir
du débit moyen :

Projet de fin d’étude 2014 | 59


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 Besoins journalier en oxygène :

( ⁄ )

Avec :

a’ : besoin pour la synthèse de la biomasse ;


b’ : besoin pour la respiration ;
X : La masse de MVS dans le réacteur biologique (kg) = Sa * Vbio.

Les coefficients a’ et b’ dépendent des caractéristiques de l’effluent et de la charge massique


Cm.
Dans le cas de la moyenne charge, on prend les valeurs suivantes :

a’ 0,65
b’ (j-1) 0,085

 Capacité d’oxygénation nécessaire en pointe :

( )

 Dimensionnement des aérateurs (insufflation d’air)

 Puissance théorique absorbée :

Nous utilisons l’équation suivante :

Où :

- ASB : apport spécifique brut mesuré dans les conditions standards en KgO2/kw.abs ;

- CGT : Coefficient global de transfert.

Les valeurs d’ASB et CGT sont données dans le cas d’insufflation d’air (fines bulles), dans le
tableau suivant :

Système d’aération Hauteur d’eau max ASB CGT


Insufflation d’air (fines bulles) 3Ŕ8 2 Ŕ 3.4 0.55
Tableau 12 : Critères du système d'aération

 Puissance de brassage :

Nous utilisons la valeur spécifique suivante :

Projet de fin d’étude 2014 | 60


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Brassage (w/m3) = 15 Ŕ 25 w/m3

Donc :

 Calcul du débit d’air :

Où :

- He : hauteur du liquide au-dessus des diffuseurs ;

- Rdt : rendement en eau claire en fine bulle 3.8 à 6.8% par mètre d’eau

- O2g/m3 : quantité O2 par m3 dans les conditions normales, soit 300 gO2 par m3 d’air.

5. Dégazeur
a. Données d’entrée
 Le débit de conception : Q= Qmax ;
 Les critères de conception :

Paramètre Game de valeurs


Temps de rétention Tr < 5min
Vitesse ascensionnelle Vasc 60 Ŕ 90 m/h
Tableau 13 : Critères de conception du dégazeur

b. Méthode de dimensionnement
Après avoir fixé un temps de séjour et une vitesse ascensionnelle, on peut déterminer les
différents paramètres caractérisant les dimensions du dégazeur :

 Surface du dégazeur :

 Diamètre du bassin :

 Volume du bassin :

Projet de fin d’étude 2014 | 61


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 Profondeur du bassin :

6. Décanteur secondaire (clarificateur)


Le clarificateur dans un procédé de boues activées doit assurer une double fonction :

 Fonction de clarification : retenir le maximum de particules en suspension ;


 Fonction d’épaississement des boues afin de recirculer des boues plus concentrés que
celles se trouvant dans le réacteur biologique.

Il est dimensionné suivant :

 la surface de clarification ;
 la profondeur.

a. Données d’entrée
 Débit maximal : Qmax ;
 Débit moyen : Qmoy
 Critères de conception :

Critères de conception Gamme de valeurs


Indice de Mohlman Im (ml/g) 170 à 200
Concentration dans le réacteur Sa 1.5 à 3.5
Temps d’épaississement (h) 1.5 à 2
Temps de rétention hydraulique (h) 2à4
Tableau 14 : Critères de conception du clarificateur

b. Méthode de dimensionnement
Dans l’approche de l’ATV A131, on distingue entre un clarificateur à flux horizontal et celui
à flux vertical. Le premier se définit à partir du rapport diamètre (ou longueur)/profondeur
supérieur à 6, l’arrivée de la boue issue du réacteur biologique se fait dans la partie eau
clarifiée. La jupe clifford est faiblement immergée, au niveau du tiers supérieur de la
profondeur. En revanche, pour le deuxième, la profondeur d’immersion de la jupe clifford
est supérieure à la moitié du cheminement de l’eau clarifiée (ou au rayon/2 dans le cas d’un
clarificateur circulaire).

Projet de fin d’étude 2014 | 62


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Figure 27 : Décanteur à flux horizontal Figure 28 : Décanteur à flux vertical


 Surface de clarification :

L’approche de l’ATV A131 est basée sur la notion de charge volumique

Où :
Va : vitesse ascensionnelle (charge hydraulique) en (m/h) ;

Pour respecter une valeur de concentration en MES sur l’effluent de sortie d’environs 20
mg/l, l’ATV propose les valeurs de suivantes :

Type de clarificateur (l/ (m2.h)


A flux horizontal 500
A flux vertical 650
Tableau 15 : Valeurs de la charge volumique

Le calcul de la surface du clarificateur se fait suivant la relation suivante :

Avec :

 Calcul du diamètre du clarificateur :

Le calcul du diamètre du clarificateur se fait comme suit :

Projet de fin d’étude 2014 | 63


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Si le diamètre dépasse 45m, nous passons à deux clarificateurs.

Donc, nous divisons la surface sur le nombre de clarificateurs de chaque ligne, et nous
calculons le nouveau diamètre unitaire.

 Profondeur du clarificateur :

La profondeur du clarificateur selon l’approche allemande est la somme de quatre hauteurs


correspondant chacune à une fonction spécifique (eau claire, séparation, épaississement,
stockage).

Le calcul passe par la détermination du taux de recirculation, de la charge volumique de


boue et de la concentration du lit de boue. Ces paramètres sont donnés par les relations
suivantes :

 Taux de recirculation :

Avec :

Sr : concentration des boues recirculées en MES (g/l) ;


Indice de boue ;
Sa : concentration MES boue bassin d’aération (g/l).

 Charge volumique de boue :

Les valeurs typiques de sont déjà données par l’ATV A 131.

 Concentration du lit de boue :

Avec :

Te : temps d’épaississement des boues dans le clarificateur ;


IM : indice de boue.

Par conséquent, la hauteur totale au 2/3 de la distance à partir de l’axe de l’ouvrage est
donnée par :

Avec :

Projet de fin d’étude 2014 | 64


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: Zone d’eau clarifiée et ;

: Zone de séparation de sédimentation et de retour hydraulique, où :

( )
( )

Avec :

Vc : le volume corrigé en ml/l, donné par :

: Zone de concentration et de stockage, où :

( )

: Zone d’épaississement et de raclage, où :

( )

 Temps de rétention hydraulique :

Le temps de rétention Tr se calcule par l’équation suivante :

Avec :

V : volume total des deux lignes du clarificateur.

Projet de fin d’étude 2014 | 65


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Dimensionnement de la filière boue


1. Epaississement gravitaire
Les boues primaires qui sortent du décanteur primaire subissent un épaississeur statique
hersé (l’épaississeur gravitaire).

a. Données d’entrée
 La production de boues primaires :
Nous prenons le rendement de l’élimination par le décanteur primaire : 40%, la production
de boues se calcule alors comme suit :

( )

 Le fonctionnement d’un épaississeur est caractérisé par sa charge surfacique Cs qui


est la quantité de matières sèches reçues par m²/jour.
Soit : Cs=60kg MS/m²/jour.

 Siccité de la boue :
Pour un épaississeur statique gravitaire, on prend une Siccité de 8% ce qui équivaut à
80kg/m3.

 La profondeur de l’épaississeur est de 3m.

b. Méthode de dimensionnement
 Surface de l’épaississeur :
A l’entrée de l’épaississeur, la boue entrante est celle retenue du décanteur primaire que
nous appelons la boue primaire. Alors, la surface voulue est donnée par la formule suivante :

( )

 Volume de l’épaississeur :
Connaissons la profondeur de l’épaississeur qui est de 3m, le volume est calculé alors par
la relation suivante :

( )

 Diamètre de l’épaississeur :
Le diamètre est calculé par la formule usuelle :

Projet de fin d’étude 2014 | 66


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra

 Débit sortant de l’épaississeur :


Le débit sortant se calcule en fonction de la siccité de la boue :

( ⁄)

2. Aéroflottation
a. Données d’entrée
 La production des boues secondaires :
La boue produite par le clarificateur est donnée par la formule suivante :

( )

Avec :

: Partie non biodégradable des matières volatiles en suspension (MVS), soit :


( )

Où :

: Partie minérale des MES, soit :


( )

: Charge massique, exprimée en kgDBO5/kgMVS.j ;

DBO5 : Quantité de DBO5 éliminée, soit :

 Siccité de la boue :
Pour un épaississeur dynamique, par aéroflottation, on prend une siccité de 4% ce qui
équivaut à 40kg/m3.

 Les autres données sont les mêmes que l’épaississeur gravitaire.

Projet de fin d’étude 2014 | 67


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b. Méthode de dimensionnement
 Surface de l’aéroflottateur :
La surface est donnée par la formule suivante :

( )

 Le volume de l’aéroflottateur se calcule par la même formule que l’épaississeur


gravitaire.
 Débit sortant de l’aéroflottateur :
La relation de calcul est la suivante :

( ⁄)

c. Vérification de dimensionnement
 Charge hydraulique :

( ⁄ )

Pour que le dimensionnement de l’aéroflottateur soit vérifié, la charge hydraulique doit être
d’environ 0.05 m/h.

3. Digesteur anaérobie
a. Données d’entrée
 Le débit entrant dans le digesteur est la somme des deux débits sortant de
l’épaississeur et de l’aéroflottateur :

 Temps de séjour du digesteur Ts, nous prenons Ts=20jours.


 La quantité de matières sèches reçues par m3/jour, Cv=1.1kgMS/m3/j.

b. Méthode de dimensionnement
 Volume du digesteur :
Le volume est calculé par la formule suivante (m3) :

Projet de fin d’étude 2014 | 68


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 Charge à la sortie du digesteur :
La charge à la sortie du digesteur est calculée par la formule suivante (Kg MS/j):

 Quantité du méthane produit :

Le débit de gaz du méthane est donné par la formule suivante :

[ ]

Avec :

: Réfère au volume de CH4 produit pour chaque Kg de DBOu converti par procédé de
digestion anaérobie m3 CH4 produit/kg DBOu ;

: Débit de gaz (m3/j) ;

: Efficacité d’utilisation (0.60 à 0.90). Ce coefficient considère que la conversion est


incomplète, des essais au labo permettent de déterminer une valeur précise ;

: Débit de boue entrant (m3/j) ;

: Concentration de DBO5 de boue entrante (g/m3) ;

: Biomasse produite en (kg/j), lors de la digestion anaérobie ;

: Facteur de conversion de la biomasse en DBOu ;

La biomasse produite est donnée par la relation suivante :

( )

Avec :

: Temps de rétention cellulaire anaérobie dans le digesteur (puisque pas de recirculation


: );

: Coefficient du rendement (boue municipale : 0,04 Ŕ 0,1 g MV/g DBO5) ;

: Coefficient de dégradation endogène en (j-1), (boue municipale : 0,02 Ŕ 0,04 j-1).

Projet de fin d’étude 2014 | 69


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4. Filtre à bandes
a. Données d’entrée
 La charge de la boue à la sortie du digesteur Cbc ;
 La charge linéaire du filtre à bandes Cl= 150kg MS/h/m.

b. Méthode de dimensionnement
 Largeur du filtre bande :
La largeur du filtre à bandes est calculée par la formule suivante :

5. Chaulage
Ce procédé intervient après la déshydratation par filtre à bandes et consiste à déverser de la
chaux vive (CaO) sur les boues, initiant une réaction chimique exothermique.

Le but du calcul suivant est de déterminer la siccité immédiate, après 30’ et après 24 heures.

a. Données d’entrée
 Siccité immédiate Sf ;
 Siccité initiale à la sortie du filtre à bandes So ;
 Pureté de la chaux P: 92-94%.

b. Calcul des siccités


 Siccité immédiate :

% Chaux sur MS (Matières sèches) est donné par la formule suivante :

( )
[( ) ]

Avec :

Sf : la siccité immédiate à la sortie du malaxeur ;

So : la siccité initiale à la sortie de la machine de déshydratation ;

P : pureté de la chaux = 0.92 à 0.94 (soit 92% à 94% de CaO).

A noter que La siccité immédiate obtenue est due essentiellement à la liaison chimique de
Ca(OH) 2. Aussi, la siccité augmente en fonction du temps de contact.

Projet de fin d’étude 2014 | 70


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
 Siccité après contact de 30’ :

 Siccité après contact de 24h :

Nous pouvons déduire la quantité journalière de la chaux nécessaire pour l’étape du


chaulage à partir de la formule suivante :

( ⁄ )
( ) ( )

Avec

: La charge de la boue en MS (kg/j).

Or, on a la densité du CaO est : 3,35 g/cm³, soit 3.35 t/m3

Donc le volume du Silo de la chaux nécessaire pour 3 mois (90 jours) de stockage est :

( )
( )

Projet de fin d’étude 2014 | 71


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre V :
Présentation du
modèle
numérique de
dimensionnement

Projet de fin d’étude 2014 | 72


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre V : Présentation du modèle


numérique de dimensionnement
Ce chapitre a pour objectif d’énumérer les différentes étapes de la programmation de notre
application de calcul des principaux ouvrages d’épuration. Nous avons établi notre logiciel
dans le langage de programmation VB.10.

Présentation du Microsoft Visual Basic


2010
Microsoft Visual Studio est une suite de logiciels de développement pour Windows conçue
par Microsoft. La version utilisée s'appelle Visual Studio 2010.

Visual Studio est un ensemble


complet d'outils de développement
permettant de générer des
applications Web ASP.NET, des
Services Web XML, des applications bureautiques et des applications mobiles. Visual Basic,
Visual C++, Visual C# et Visual J# utilisent tous le même environnement de développement
intégré (IDE, Integrated Development Environment), qui leur permet de partager des outils
et facilite la création de solutions faisant appel à plusieurs langages. Par ailleurs, ces langages
permettent de mieux tirer parti des fonctionnalités du Framework .NET, qui fournit un
accès à des technologies clés simplifiant le développement d'applications Web ASP et de
Services Web XML grâce à Visual Web Developer.

But du logiciel
Le but de cet outil de dimensionnement simplifié est donc de donner aux utilisateurs un
logiciel qui non seulement permet mais aussi encourage la comparaison des variantes
fondamentalement différentes. Un outil qui a besoin d’une quantité limitée d'effort du côté
de l’ingénieur, et qui crée respectivement un temps minimal de dimensionnement. L'outil
doit, pour les conditions données, identifier la variante d’épuration la plus appropriée.
Approprié veux dire que la variante est définie conforme aux formules de calcul prédéfinis,
qui satisfait des critères de conception bien déterminés.

Projet de fin d’étude 2014 | 73


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Démarche :
Pour obtenir notre modèle numérique de calcul, nous avons suivi les étapes suivantes :

1. Dessiner l’interface présentant le dimensionnement de chaque ouvrage ;


2. Préciser les champs d’entrée (inputs) de chaque ouvrage et les différents paramètres
calculés (outputs) ;
3. Etablir le code de calcul en programmant les différents boutons de chaque interface ;
4. Vérifier notre application avec l’organisme d’accueil.

Programmation des différentes


interfaces de l’application
Dans l’interface de chaque ouvrage, nous avons mis les données nécessaires pour le calcul
comme données d’entrée. Ensuite, afin de calculer tous les paramètres caractérisant
l’ouvrage nous avons opté pour un seul bouton de calcul. La programmation de ce bouton
nécessite d’entrer toutes les formules de calcul citées dans les paragraphes précédents mais
tout en respectant le langage de programmation VB.Net.

A noter que pour chaque ouvrage, nous avons arrondi les résultats selon le type du
paramètre.

Nous avons programmé également 3 boutons liés à l’enregistrement des données :


Permet d’effectuer les calculs et de générer les résultats
permet d’effacer tous les champs de saisie afin de refaire le
dimensionnement
permet de revenir au menu principal pour choisir un autre ouvrage à
calculer
Enregistrer les données liées à un ouvrage (inputs et outputs) sous
forme d’un fichier d’extension : .CID

Ouvrir un fichier (.CID) préalablement enregistré afin de continuer les


calculs
Générer un rapport sous forme de document Word (.docx) pour
chaque ouvrage. Ces rapports sont enregistrés dans un dossier crée
sur le bureau de l’utilisateur
Avant de lancer l’application, une installation préalable sur l’ordinateur de l’utilisateur est
requise.
Projet de fin d’étude 2014 | 74
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

1. Menu principal
C’est la première interface de notre programme. Elle présente les deux filières de traitement
regroupant tous les ouvrages à dimensionner. Il s’agit d’un menu principal qui permet à
l’utilisateur de choisir l’ouvrage souhaité.

Figure 29 : Interface du Menu principal

2. Filière eau
a. Dégrilleur
L’interface du dégrilleur est composée de trois parties réservées successivement à : la saisie
des données d’entrée, l’affichage des résultats et la vérification du dimensionnement.

Après avoir saisi les données d’entrée dans leurs champs, l’utilisateur obtient tous les
résultats liés au dégrilleur en cliquant sur le bouton calculer.

Projet de fin d’étude 2014 | 75


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 30 : Interface du Dégrilleur

En cliquant sur le petit bouton une boite de dialogue s’affiche permettant à


l’utilisateur de modifier la valeur de béta en choisissant la forme des barreaux souhaitée.

Figure 31 : Choix de la valeur de béta

b. Dessableur circulaire
L’interface du dessableur comporte quatre parties. La première est relative à la saisie des
données d’entrée. Lors de la saisie, nous avons programmé l’affichage des messages

Projet de fin d’étude 2014 | 76


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
d’erreurs pour imposer à l’utilisateur de respecter les intervalles du temps de séjour et de la
vitesse ascensionnelle.

La deuxième partie est réservée aux résultats du dimensionnement géométrique et de


l’Aeroflot.

La troisième partie résume l’estimation des quantités de sables et de graisses.

Quant à la quatrième partie, elle a pour but de vérifier le dimensionnement en calculant le


temps de rétention et le rapport
V/S. Si les valeurs trouvées
n’appartiennent pas à leurs
intervalles caractéristiques, elles
prennent la couleur rouge avec
l’apparition d’un message d’erreur
incitant l’utilisateur à modifier ses
inputs.

Figure 32 : Interface du Dessableur circulaire

c. Dessableur rectangulaire
Pour le dessableur rectangulaire, nous n’avons que trois parties réservées à la saisie des
données, l’affichage des résultats et la vérification du dimensionnement.

Projet de fin d’étude 2014 | 77


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
En fait, la troisième partie affiche des indications sur les intervalles de la vitesse
ascensionnelle, du rapport longueur/largeur et du temps de rétention pendant la phase de
saisie. Ensuite, elle informe l’utilisateur de la validité du dimensionnement. S’il n’est pas
correct, un message d’erreur s’affiche et les résultats erronés prennent une couleur rouge
avec une indication sur les intervalles à respecter.

Figure 33 : Interface du Dessableur rectangulaire

d. Décanteur primaire
Après avoir entré les données d’entrée de calcul du décanteur primaire, l’étape de calcul et
de vérification se fait selon le type du décanteur : rectangulaire ou circulaire.

 S’il est rectangulaire, nous aurons comme caractéristiques géométriques : la longueur et


la largeur. Dans ce cas, la vérification se portera uniquement sur le temps de rétention et
les vitesses ascensionnelles.
 S’il est circulaire, la caractéristique géométrique sera le diamètre et la vérification se
portera en plus sur le débordement.

A noter qu’il y a aussi une zone indiquant les intervalles caractéristiques du temps de
rétention, des vitesses ascensionnelles et du rapport L/l.

Projet de fin d’étude 2014 | 78


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 34 : Interface du Décanteur primaire

e. Bassin d’aération
Le bassin d’aération est l’ouvrage caractéristique du procédé « boues activées » puisqu’il
remplit la fonction principale du traitement. Son calcul portera ainsi sur sa géométrie, son
système d’aération et la biomasse séparée de l’eau traitée.

Par conséquent, nous avons divisé la partie réservée aux résultats en trois regroupements.

La charge massique Cm est un paramètre de base qui intervient dans plusieurs formules de
calcul et qui permet la vérification de dimensionnement :

 Si Cm appartient à l’intervalle correspondant à la moyenne charge, le


dimensionnement est correct ;
 Sinon, le champ de Cm devient rouge et un message d’erreur s’affiche pour inciter
l’utilisateur à refaire le dimensionnement.

L’algorithme de calcul de Cm nécessite la détermination du pourcentage de matières


volatiles dans les matières en suspension %MVS qui dépend du rapport MES/DBO5 selon le
tableau (N°11). Pour cela, nous avons intégré celui-ci dans le code du programme.

Il est à signaler que les valeurs de DBO5 et de MES à l'entrée dépendent de la variante de la
filière d'eau considérée :

 Variante avec décanteur primaire: les valeurs seront celles de la sortie du décanteur ;
 Variante sans décanteur primaire: les valeurs seront celles de l’entrée de la STEP.
Projet de fin d’étude 2014 | 79
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 35 : Interface du bassin d'aération

f. Dégazeur
Le calcul du dégazeur est très simple, il ne nécessite comme données d’entrée que le débit
maximal, la vitesse ascensionnelle et le temps de rétention. Comme dans les ouvrages
précédents, un message s’affiche pour montrer la gamme des valeurs à respecter pour la
vitesse ascensionnelle et le temps de rétention.

Projet de fin d’étude 2014 | 80


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 36 : Interface du Dégazeur

g. Clarificateur
La programmation du clarificateur se base sur le calcul de la profondeur de l'eau. Cette
dernière est divisée en quatre zones:

 Zone d'eau clarifiée ;


 Zone de séparation ;
 Zone de concentration et de stockage ;
 Zone d'épaississement et de raclage.

De ce fait, nous permettons à l'utilisateur de choisir les zones qu'il souhaite prendre en
considération dans le calcul du volume.

Dans le clarificateur, la vitesse ascensionnelle se diffère selon le type de flux : horizontal ou


vertical. D’autre part, si le diamètre du clarificateur dépasse 45m, le nombre de bassin
devient supérieur à 1 et dans ce cas on calcule le diamètre unitaire et la surface unitaire du
clarificateur.

Projet de fin d’étude 2014 | 81


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 37 : Interface du Clarificateur

3. Filière boue
La programmation de la filière boue ne nécessite généralement pas de vérification. Il suffit de
savoir le débit ou la charge entrée dans chaque ouvrage.

a. Epaississeur gravitaire
L'accès à l'interface de l'épaississeur gravitaire
nécessite le dimensionnement préalable du
décanteur primaire. La valeur de MES des boues
primaire est affectée directement à partir de la
charge MES sortie du décanteur.

Figure 38 : Boîte de dialogue

Projet de fin d’étude 2014 | 82


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 39 : Interface de l'Epaississeur gravitaire

b. Aéroflottateur
Tout comme l’épaississeur, L'accès à l'interface de l'aéroflottateur nécessite aussi un
dimensionnement préalable du bassin d'aération. Ceci revient au fait que les valeurs de la
charge massique et de la production des boues sont celles-ci obtenues dans le bassin
d’aération.

Projet de fin d’étude 2014 | 83


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Figure 40 : Interface de l'Aéroflottateur

c. Digesteur anaérobie
Après épaississement, les boues sont mélangées et ensuite acheminées vers le digesteur.
Ainsi, le débit entrant dans le digesteur est la somme des débits sortant de l'épaississeur
gravitaire et de l'aéroflottateur.

À noter que dans la variante sans décanteur primaire, le débit de l'épaississeur gravitaire est
pris égal à 0.

Projet de fin d’étude 2014 | 84


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 41 : Interface du Digesteur anaérobie

d. Filtre à bandes
La programmation du filtre à bandes se base uniquement sur la charge linéaire saisie par
l'utilisateur et sur la charge de la boue importée de la sortie du digesteur.

Figure 42 : Interface du Filtre à bandes

Projet de fin d’étude 2014 | 85


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra
e. Chaulage
Le chaulage augmente encore plus la siccité des boues et améliore leur structure. Pour cela,
son dimensionnement portera seulement sur le calcul des siccités.

Figure 43 : Interface du Chaulage

Projet de fin d’étude 2014 | 86


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre VI :
Etude du cas de
Kénitra

Projet de fin d’étude 2014 | 87


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre VI : Etude du cas de


Kénitra
Ce chapitre a pour objectif de présenter des informations générales sur la ville de Kénitra,
afin d’avoir une idée sur la région d’étude et les données nécessaires pour le
dimensionnement de la station d’épuration. De plus, le chapitre contient une présentation
globale du projet encadrant.

D’autre part, nous allons présenter les résultats de simulation de la station d’épuration de
Kénitra obtenus grâce à l’outil informatique développé lors de ce projet de fin d’étude. Ceci
en se basant sur les données de base de la ville et les objectifs de qualité souhaités.

Données générales
1. Situation administrative et géographique
La ville de Kénitra est située sur la côte atlantique, à 40 km au Nord de la ville de Rabat, sur
l’axe principal R.N.1 reliant les villes de Rabat et Tanger (figure 44).

La ville de Kénitra est délimitée par la boucle de l’oued Sebou au Nord ; la Merja de Fouarat
à l’Est, les Merjas d’El Alwi et de Sfassef au Nord-Est et la forêt de Maâmora au Sud et Sud-
Ouest. Elle fait partie de la région du Gharb. Cette ville a été fondée en 1912 par le maréchal
Lyautey et fut nommée Port-Lyautey entre 1932 et 1956.

Le Centre de Mehdya est situé lui aussi sur la côte Atlantique, à proximité d'une ancienne
casbah qui commandait le passage du Sebou.

La figure ci-après présente la localisation et la situation de la ville de Kénitra.

Projet de fin d’étude 2014 | 88


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 44 : Situation de la ville de Kénitra

2. Milieu physique
a. Relief
La topographie de l’aire de l’étude est régulière avec une faible pente dirigée vers le centre-
ville. Cette pente devient plus marquée au Sud vers la forêt de Maâmora.

Le centre de la ville est édifié en majorité en dessous de la cote 10 m NGM. A l’Ouest de


l’agglomération, vers les quartiers Haddada et Ouled Oujih, les côtes dépassent 60 m NGM.
Au Nord et au Nord-Est, deux zones basses de moins de 5 m NGM existent le long de la
boucle du Sebou et la Merja de Fouarat à l’Est. Une autre zone basse : Merja de Bir Rami,
assez allongée et orientée dans le sens Sud-Ouest Nord-Est, se trouve à l’Ouest de la ville.

b. Climat
Le climat de l’aire de l’étude est subhumide à semi-aride, influencé par l’océan, avec des
hivers tempérés et des étés chauds. Les températures sont clémentes et régulières. A la
station climatologique de Kénitra, les températures moyennes annuelles varient entre 10,5°C
et 25,7 °C avec une moyenne de 17,8°C.

Les mois les plus froids de l’année sont janvier et février, affichant un minimum moyen de
7°C.

Projet de fin d’étude 2014 | 89


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Les vents dominant viennent de l’ouest et le Chergui (vent chaud du Sud-Est) et soufflent
environ 35 jours/année.

c. Pluviométrie
La pluviométrie est caractérisée par une variabilité interannuelle accentuée. Les moyennes
annuelles varient entre 300mm et 900mm. Les précipitations annuelles des années sèches
peuvent ne représenter que le tiers ou le quart de celles des années normales. La
pluviométrie moyenne annuelle observée à Kénitra s’élève à 565 mm (figure 45). La
moyenne de jours pluvieux est de l’ordre de 80 jours.

1000

900

800

700
Pluviométrie (mm)

600

500

400

300

200

100

0
16

19

22

25

28

31

34

37

40

43

46

49

52

55

58

61

64

67

70

73

76
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

Années 19

Figure 45 : Pluviométrie annuelle dans l’aire d’étude à la Station IRE 4776


Deux saisons distinguent les précipitations dans l’aire d’étude : une sèche allant de mai à
septembre et une humide s’étalant sur les mois qui restent de l’année (octobre à avril).

d. Hydrologie et Hydrogéologie
i. Eaux de surface

L’oued Sebou traverse la ville de Kénitra. Ce cours d’eau prend sa source, sous l’appellation
d’oued Gigou, dans le Moyen Atlas à 2030 m d’altitude. Il sillonne une longueur d’environ
500 km avant d’atteindre son exutoire dans l’océan atlantique à Mehdya. Le Sebou draine un
bassin versant d’une superficie de 38 000 km2. Ce bassin produit près du tiers des eaux de
surface du Maroc. Les apports moyens annuels de Sebou sont évalués à 5 Milliards de mètre
cube par année.

Le débit de la rivière Sebou est influencé par plusieurs barrages : 10 grands barrages et 45
petits ou moyens (lacs collinaires). Ces ouvrages ont été érigés pour des raisons diverses :
irrigation (périmètres du Gharb et du Beht), alimentation en eau potable, production
d’énergie électrique, protection contre les inondations, contrôle des intrusions salines,
prélèvements au fil de l’eau etc. Suite à la réalisation de ces barrages, le débit de crue

Projet de fin d’étude 2014 | 90


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
maximum normal de Sebou est de l’ordre de 2200 m3/s. Ce débit est nettement inférieur au
débit de crue de 5000 m3/s observé en 1963.

L’oued Fouarat est un autre cours d’eau de l’aire d’étude. Il s’agit d’un affluent de l’oued
Sebou. Fouarat prend naissance dans la partie Sud de la forêt de Maâmora, près du centre El
Arjat. Long d’environ 30 km, il passe à proximité des quartiers situés à l’Est de la ville et
débouche dans l’oued de Sebou au Sud du quartier industriel.

ii. Eaux souterraines

La ville de Kénitra fait partie du bassin hydrogéologique du Gharb-Maâmora, Ce bassin est


constitué de deux nappes :

 La nappe du Gharb : d’une superficie de 4 000 km², elle comprend deux


systèmes aquifères (une nappe profonde et une nappe superficielle). Les
écoulements souterrains dans la plaine se font vers le Nord-Ouest en
direction du littoral Atlantique. La recharge de la nappe provient
essentiellement de :
 l’infiltration de l’eau de pluies dans une zone perméable de 300 km²,
située à l’Est de la plaine et dans la région Ouest des dunes côtières
(26 Mm3/an) ;
 la percolation à travers leurs lits des Oueds Ouergha et Sebou à l’Est
de la plaine (60 Mm3/an) ;
 des écoulements profonds en provenance de la nappe de Maâmora (40
Mm3/an).
 La nappe de Maâmora : d’une superficie d’environ 2000 km²; l’aquifère a une
épaisseur moyenne saturée de 30 m, et peut atteindre 70 m dans la zone de
transition vers le Gharb. Cette dernière est constituée uniquement par
l’infiltration des eaux de pluie (134 Mm3/an). Le niveau de la nappe est très
fluctuant, proche en général de la surface et affleurant par endroits. Le niveau
statique de la nappe se situe entre 5 et 30 m de profondeur.

Les eaux souterraines sont consacrées essentiellement à l’approvisionnement en eau potable


et industrielle d’une grande partie des centres, qu’ils soient urbains ou ruraux, et au
développement de la petite et moyenne hydraulique. Parmi les contraintes de ces eaux, il est
possible de citer :

 Une répartition spatiale inégale des précipitations et des ressources par rapport aux
points de consommation ;
 Une irrégularité saisonnière importante de l’offre (ressource) et de la demande (dans
le secteur agricole notamment) ;
 Une forte irrégularité interannuelle (succession d’années sèches et humides) ;
 La surexploitation et l’avancement du biseau salé ;
 La détérioration de la qualité induite par les rejets des eaux usées.

Projet de fin d’étude 2014 | 91


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
La variation temporelle du niveau de ces nappes est suivie régulièrement par un réseau
piézométrique géré par l’Agence du Bassin Hydraulique de Sebou. Les mesures, se font
mensuellement et montrent la sensibilité des nappes aux effets conjugués des années de
sécheresse et de la surexploitation de leurs ressources en eau. Pour la nappe de la
Maamoura, par exemple, la baisse des niveaux piézométriques est d’environ 8 m en 23 ans
(1980 - 2003), soit une décharge moyenne d’environ 0,34 m/an (voir figure 46).

Figure 46 : Evolution temporelle des niveaux piézométriques de la nappe de la


Mâamora - Piézomètre N° IRE 1024/14

3. Population et Habitat
a. Démographie
Ce volet est important pour les projections à retenir. Toutefois et pour approcher un
ensemble de ratios tels que la dotation de la population non branchée, la démographie
actuelle est évaluée. Pour ce faire, les résultats du dernier recensement (RGPH 2004) ont
été utilisés.

D’un peu moins de 10.000 habitants en 1926, la population de la ville de Kénitra a atteint
près de 360.000 habitants en 2004, soit 36 fois le nombre d’habitants 78 ans auparavant. Ce
qui dénote d’un accroissement démographique de grande ampleur, en comparaison avec les
taux d’accroissement moyens nationaux. Le tableau ci-dessous présente les résultats des
recensements et les taux d’accroissements constatés pour l’aire d’étude.

Le rythme d’accroissement de la ville de Kénitra a fléchi légèrement entre 1994 et 2004


pour atteindre 2,1 %. Ce taux reste élevé par rapport aux taux national et régional qui
s’établissent respectivement à 1,4 % et à 2,7 %.
Projet de fin d’étude 2014 | 92
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
L’accroissement démographique du Centre de Mehdya continue à se faire à un rythme très
fort. Le taux d’accroissement moyen annuel enregistré pour ce Centre entre 1994 et 2004
est de 10,7 %. Cet accroissement très élevé trouve une part de son explication dans l’afflux
migratoire à partir de Kénitra, en raison de l’importante activité halieutique de ce centre.

Années 1926 1936 1952 1960 1971 1982 1994 2004

Kénitra 9121 17 601 55 905 86 775 139 206 191 483 292 453 359142
Population
Mehdya 5 905 16 262

Taux Kénitra 5,89 % 5,66 % 5,64 % 4,39 % 2,9 % 3,6 % 2,1 %


d’accroissement Mehdya 10,7 %

Tableau 16 : Résultats de recensements-Population de Kénitra

L’histogramme ci-après (figure 47) présente l’évolution démographique dans l’aire d’étude
entre 1926 et 2004.

Figure 47 : Évolution démographique (Ville de Kénitra)

En termes de ménages, d’après les résultats du RGPH (2004), 74 562 ménages ont été
dénombrés à Kénitra et 3381 à Mehdya. Comparé à ceux recensés en 1994 : 54 158
ménages pour Kénitra et 1160 ménages pour Mehdya : l’accroissement est remarquable.
L’augmentation annuelle moyenne s’élève à 1700 ménages pour Kénitra et à 185 ménages
pour Mehdya. Ce dernier centre a vu tripler son nombre de ménages en 11 années.

En 2004, le nombre moyen de personnes par ménage s’élevait à 4,82 pour la ville de Kénitra
et à 4,81 pour le Centre de Mehdya.

Projet de fin d’étude 2014 | 93


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
b. Habitat
L’aire de l’étude connaît une dynamique de reconstruction et de développement de grande
ampleur. L’espace urbain de l’aire d’étude est bâti selon les types d’habitats suivants :

 Immeubles continus R+4 à R+8 au centre-ville ;


 Habitat continu R+1 à R+3 ;
 Immeubles discontinus à plusieurs niveaux ;
 Villas ;
 Industrielle de 1ère catégorie et 2ème catégorie ;
 Industrielle de 3ème catégorie ;
 Animation et de loisirs ;
 Installations ferroviaires ;
 Installations portuaires ;
 Agricole et d’habitat ;
 Non aedificandi.

La nomenclature adoptée est la même que celle qui a été utilisée par le plan d’aménagement
de la ville de Kénitra.

4. Activités économiques
L’aire métropolitaine de Kénitra dispose de grandes potentialités économiques et connaît de
ce fait une dynamique intense et soutenue. Plusieurs activités trouvent leurs place dans cette
aire : industrielle, agricole, portuaire et aéroportuaire, etc.

a. Activités industrielles
Le parc industriel dans l’aire d’étude est concentré dans la ville de Kénitra. Cette
agglomération comporte 150 entreprises avec des activités très diversifiées et utilisant des
matières premières provenant de l'arrière-pays : liège, conserves, produits agricoles,
boissons, tabacs, produits textiles, bonneterie, habillement, papiers, cartons, produits
chimiques et para-chimiques. Ces établissements sont répartis en 4 zones :

 Ancien quartier industriel : Cette zone est située au Nord-Est de la ville et


couvre 25 ha. Le tiers des établissements de l’aire d’étude sont établies dans
ce quartier. La capacité d’accueil de l’ancien quartier industriel est saturée et
ses possibilités d’extension réduites ;
 Zone industrielle Bir Rami : Elle est située au Sud-Ouest de la ville et couvre
une superficie de 104 ha équipée en 3 tranches. Les industries installées dans
cette zone sont principalement du secteur tertiaire.
 Route de Tanger : Cette zone est située à 6 km au Nord-Est de la ville. Elle
est constituée par un regroupement de plusieurs unités dispersées de part et
d’autre de la route.

Projet de fin d’étude 2014 | 94


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
 Zone d’activité de Saknia : Elle est située au Sud-Est de la ville sur une
superficie de 40 ha. Elle est divisée en 176 lots de 1500 m² en moyenne.

Pour ce classement de l’activité industrielle dans l’aire d’étude, l’agro-alimentaire vient en


tête de liste, elle représente près de 33 % des unités existantes, suivie des matériaux de
construction avec 27 % des unités. L’industrie du papier et du carton représentent en
ensemble : 11 % des activités.

Quant à la taille des établissements, les industries implantées à Kénitra sont de petite taille :
plus de 80 % des unités industrielles sont des petites et moyennes entreprises ; 50 % d’entre
elles ont moins de 10 employés, et 35 % comprennent entre 10 et 50 employés.

b. Activités agricoles
L’agriculture constitue un secteur très dynamique au voisinage de l’aire de l’étude. Cette
activité économique emploie une main d’œuvre importante et génère des entrées en devises
importantes.

Le climat et la qualité du sol ont favorisé le développement soutenu de cette activité. On


distingue 3 catégories d’agriculture :

 Irriguée en grande hydraulique, concentrée dans la zone d’action de l’ORMVA du


Gharb avec le périmètre du Gharb, orientée vers les cultures sucrières, le
maraîchage ;
 Intensive irriguée à partir de pompages privés avec des aménagements tels que des
abris serres, particulièrement sur la zone côtière;
 Bour, qui représente un potentiel important pour le pays, puisque la région fait partie
du «bour favorable», plus productif, qui reçoit plus de 400 mm de pluie par an.

Les produits agricoles comprennent les agrumes, les cultures maraîchères et les cultures
industrielles, l’élevage et la production laitière.

c. Infrastructures portuaires et aéroportuaires


Le port de Kénitra est installé sur la rive gauche de l’oued Sebou, à 17 km de son
embouchure. Il comprend 870 m de quai continu, en rive gauche de l’oued, dont 600 m
équipés et 270 m en réserve (ancien quai Pinardier désaffecté).

Ce port de commerce est en déclin : Il souffre de l'instabilité et de la faible profondeur du


chenal d'accès.

Projet de fin d’étude 2014 | 95


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Présentation du projet global


1. Contexte global
La ville de Kénitra, chef-lieu de la région du Gharb Chrarda Beni Hssen, a vu ses
infrastructures de base se consolider grâce aux projets structurants lancés le Jeudi 20
Septembre 2012, par SM le Roi Mohammed VI, et destinés à l'amélioration du cadre de vie
de la population locale et à l'accompagnement du développement démographique et urbain
de la province.

Le Souverain a ainsi procédé au


lancement de la première
tranche du projet
d'aménagement des voies
structurantes de la ville et de la
1ère phase de la 3ème tranche
du programme de dépollution et
de collecte des eaux usées des
villes de Kénitra et de Mehdia.

Le programme global
d’Assainissement liquide qui s’étale sur la période 2004-2016 est estimé à 1 milliard 300
millions de dirhams.

Les études détaillées et approfondies de ce programme ont fait ressortir que le système
d’Assainissement liquide souffrait de plusieurs dysfonctionnements et d’insuffisances
hydrauliques. Ces anomalies sont liées à la saturation, à la dégradation et à l’envasement des
collecteurs principaux, à l’arrêt de fonctionnement des stations de pompage, aux
déversements directs des eaux usées dans l’Oued Sebou (comme le montre la figure N°48)
ainsi qu’aux rejets à ciel ouvert dans les quartiers périphériques dépourvus d’un réseau de
collecte ; ce qui présentait des risques sanitaires et d’hygiène consécutifs aux dégagements
des odeurs nauséabondes.

Projet de fin d’étude 2014 | 96


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 48 : Déversements directs des eaux usées

Pour faire face à cette situation, les travaux préconisés par le Schéma Directeur
d’Assainissement Liquide des villes de Kénitra et Mehdya ont été programmés par étapes en
vue d’améliorer en premier lieu la collecte et le drainage des eaux usées et d’éliminer les
points noirs précités.

Ces travaux ont eu des impacts positifs sur la vie quotidienne de la population. Ils ont permis
d’éliminer les odeurs nauséabondes, de mettre fin aux retours des eaux usées, d’améliorer
les conditions d’hygiène domestique des habitants et de remédier aux problèmes de santé
publique liés aux rejets intempestifs des eaux usées à ciel ouvert dans certains quartiers non
assainis.

Le montant des investissements précités, réalisés durant la période 2004-2011 a atteint 275
MDH.

Figure 49 : Travaux d’urgence période 2004-2011


Parmi les projets lancés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’envoi de la 1ère phase de la
3ème tranche des travaux destinés à la protection des habitants contre les inondations et le
délestage du collecteur F.

Projet de fin d’étude 2014 | 97


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 50 : délestage du collecteur F

Les travaux de la 4ème tranche du programme d’Assainissement liquide des villes de Kénitra
et de Mehdya étaient lancés en 2013. L’objet de cette tranche concerne le volet de
dépollution de la partie aval de l’Oued Sebou par la suppression des rejets directs des eaux
usées des villes de Kénitra, Mehdya et de la Commune rurale de Sidi Taîbi dans l’Oued.

2. Programme de dépollution et de collecte des eaux


usées des villes de Kénitra et de Mehdya
La quatrième tranche du programme d'assainissement consiste en l'interception de tous les
points de déversements directs des eaux usées dans le Sebou et leur acheminement vers la
station d'épuration via un ouvrage souterrain et trois stations de relevage. La station
d'épuration est de type boues activées avec une capacité de traitement de 50.000 m3/j devant
bénéficier à 660 000 habitants à l'horizon 2025 et 69.000 m3/j en 2035.

Projet de fin d’étude 2014 | 98


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 51 : Situation de la STEP de Kénitra

Au niveau de la station de la ville de Kénitra, on distingue deux grandes filières, une destinée
à la dépollution des eaux usées, et l’autre au traitement des boues. Le schéma suivant (voir la
figure 52) décrit la station de manière générale. Il présente les principales composantes du
projet :

 Une zone destinée aux ouvrages du traitement primaire ;


 Des réacteurs biologiques et des clarificateurs ;
 Une zone réservée pour la filtration et la désinfection ;
 Une installation pour la production de l’énergie électrique.

Projet de fin d’étude 2014 | 99


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 52 : Composantes de la STEP de Kénitra

3. Consistance de notre projet de fin d’étude


L’objectif de notre travail de fin d’étude est la conception et le dimensionnement de la
station d’épuration de Kénitra par le procédé « Boues Activées » mais à moyenne charge.
Ce choix a été basé sur plusieurs facteurs.

 Justification du choix du procédé d’épuration :

Compte tenu de l’importance de la charge polluante générée par les activités de la ville de
Kénitra, qui s’élève à environ 650 000 EH (EH 30gramme), seuls les procédés intensifs
peuvent répondre à la fois aux exigences de qualité fixées ci-dessous et aux contraintes
foncières. En outre, et de part la nature géotechnique des terrains disponibles pour
implanter les ouvrages d’épuration (terrains vaseux de faible portance), il devient
extrêmement difficile d’envisager des solutions de type : lits bactérien, qui de toute façon
reste comme procédé peu testé à l’échelle nationale.

Pour toutes ces considérations, le choix du procédé boues activées moyenne charge a été
retenu pour les besoins du présent projet de fin d’étude. Par souci d’optimisation, étant
donnée qu’aucune exigence n’a été imposée sur le traitement de l’azote, la filière moyenne
charge a été privilégiée pour réduire principalement la consommation énergétique en
favorisant la production de l’électricité à partir du biogaz.

Ainsi, la filière boue activée moyenne charge sera composée de l’amont vers l’aval des
ouvrages suivants :

Projet de fin d’étude 2014 | 100


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
 Filière eau :
 Dégrilleur ;
 Dessableur-dégraisseur ;
 Décanteur primaire,
 Bassin d’aération ;
 Dégazeur ;
 Clarificateur.
 Filière boue :
 Epaississeur gravitaire ;
 Aéroflottateur ;
 Digesteur anaérobie ;
 Filtre à bande ;
 Chaulage.

Alors, pour calculer cette filière nous avons commencé par une étude théorique détaillée
dans les paragraphes précédents. Il s’agit de la conception des principaux ouvrages de la
station en citant les différentes formules. Celles-ci permettent la détermination des différents
paramètres qui caractérisent chaque composante.

Ensuite, nous avons développé un outil numérique pour simplifier le dimensionnement des
différents ouvrages de la station en se basant sur le langage VB.Net. Pour finir, nous avons
effectué la simulation à partir des données de base de la ville de Kénitra. Les résultats des
simulations vont permettre de déterminer la conception finale de la station d’épuration ainsi
que les dimensions des différents ouvrages.

Données de base
L’analyse quantitative et qualitative des rejets de la ville de Kénitra et de ses
données démographiques permet de faire une prévision raisonnable et logique des quantités
des rejets d’eaux usées futures. Cette démarche vise le dimensionnement de la station
d’épuration pour des horizons futurs.

1. Estimation de la population
Pour mener à bien l’estimation de la population de Kénitra, on fait recours aux données des
recensements déjà effectués entre les années 1926 et 2004. (Voir tableau ci-dessous).

Année 1926 1936 1952 1960 1971 1982 1994 2004 2014
Population de
9121 17601 55905 86775 139206 191483 298358 375404 516 483
Kénitra
Tableau 17 : Résultats de recensements (1926-2004)-Population de Kénitra

Projet de fin d’étude 2014 | 101


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
La représentation graphique de ces données (Figure 53), nous permet de choisir la
méthode adéquate pour l’estimation de la population :

Evolution de la population de Kénitra


entre 1926 et 2004
400000
350000
300000
population

250000
200000
150000 Population
100000
50000
0
1920 1940 1960 1980 2000 2020
année

Figure 53 : Evolution de la population de Kénitra

On constate que la population de la ville de Kénitra a augmenté exponentiellement durant la


période comprise entre 1926 et 2004. Ceci s’explique par le grand développement
socio-économique et le réaménagement considérable qu’a connu la ville et qui favorise une
autre croissance démographique durant les années à venir. De ce fait, la méthode choisie
pour l’estimation future de la population est la méthode exponentielle.

La croissance exponentielle ou géométrique est caractérisée par l’équation suivante :

( )

Avec :

Pi : population à l’année ni ;
r : Taux d’accroissement.

Ainsi, connaissant la population de 2014, nous pouvons calculer les populations futures des
horizons de dimensionnement, en choisissant les taux d’accroissement suivants :

Population en 2014 516 483


Taux d’accroissement entre 2014 et 2025 2.3%
Taux d’accroissement entre 2025 et 2035 2.1%
Tableau 18 : Données fournies par CID

Projet de fin d’étude 2014 | 102


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Nous résumons dans le tableau suivant, les résultats d’estimation des populations pour les
horizons 2025 et 2035 :

Année 2014 2025 2035


Population 516483 663266 816480
Tableau 19 : Estimation des populations des années 2025-2032

2. Estimation de la consommation journalière en eau


potable
Cette estimation se base sur trois paramètres essentiels : le paramètre démographique, le
taux de raccordement au réseau de l’eau potable et la dotation unitaire.

a. Le taux de raccordement au réseau


Le taux de raccordement représente le rapport de la population raccordée au réseau
d’eau potable à la population totale. Pour la ville de Kénitra, le taux actuel s’élève à 95%, et il
connait une croissance au cours des années.

Nous avons opté pour les valeurs résumées dans le tableau suivant :

Année 2014 2025 2035


Taux de raccordement au réseau de l’AEP 95% 98% 100%
Tableau 20 : Taux de raccordement 2014-2035

b. La dotation unitaire nette globale


Nous avons évalué la dotation unitaire nette globale d la ville de Kénitra à 110 l/hab/j
(donnée fournie par CID).

Cette dotation englobe la dotation unitaire de la population, des administrations et de


l’industrie.

c. Consommation journalière en eau potable


La consommation journalière (m3/j) est calculée par l’équation suivante :

Avec :

: Taux de raccordement % ;
: Dotation unitaire nette globale (l/hab/j) ;
: Population à l’horizon du calcul.

Projet de fin d’étude 2014 | 103


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Les résultats de l’estimation sont résumés dans le tableau suivant :

Année 2014 2025 2035


Consommation journalière en eau
53972 71500 89813
potable (m3/j)
Tableau 21 : Consommation journalière en eau potable 2014-2035

3. Estimation des débits des eaux usées


L’eau potable consommée est ensuite rejetée au réseau d’assainissement suivant un
taux de restitution donné. Nous avons retenu pour la ville de Kénitra, un taux de
restitution de 80%.

D’autre part, il faut tenir compte du taux de raccordement au réseau d’assainissement dans
notre calcul du débit moyen.

Comme pour le taux de branchement au réseau AEP, le taux de raccordement au réseau


d’assainissement évolue aux cours des années, surtout avec les projets liés au grand
programme de l’assainissement liquide de la ville.

Le tableau suivant résume les valeurs adoptées :

Année 2014 2025 2035


Taux de raccordement au réseau
80% 85% 95%
d’assainissement %
Tableau 22 : Taux de raccordement au réseau d'assainissement 2014-2035

Le débit moyen des eaux usées collectées par le réseau s’exprime, ainsi, de la manière
suivante :

Avec :

: Débit moyen (m3/j) ;


: Consommation journalière en eau potable (m3/j) ;
: Taux de restitution (=0.8) ;
: Taux de raccordement au réseau d’assainissement.

Les résultats de calcul sont résumés dans le tableau suivant :

Année 2014 2025 2035


Débit moyen (m3/j) 34542 48620 68258
Tableau 23 : Débit moyen 2014-2035

Projet de fin d’étude 2014 | 104


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Le débit maximal des eaux usées se défini comme suit :

Avec :

: Débit maximal (m3/h) ;


: Débit moyen (m3/j) ;
: Coefficient de pointe horaire (égal à 2).

Les résultats de calcul sont résumés dans le tableau suivant :

Année 2014 2025 2035


Débit maximal (m3/h) 2879 4052 5688
Tableau 24 : Débit maximal 2014-2035

4. Estimation des charges polluantes DBO5, DCO et MES


Afin de calculer les charges polluantes moyennes contenues dans les eaux usées à l’entrée de
la STEP de Kénitra, nous allons utiliser les valeurs de concentration résumées dans le tableau
suivant :

Paramètre Concentration
[DBO5] 411 mg/l
[DCO] 1028 mg/l
[MES] 493 mg/l
Tableau 25 : Tableau des concentrations

Ainsi, le calcul de la charge polluante s’appuie sur les formules suivantes :

 La charge polluante en DBO5 (kg/j) :

( ) [ ]

 La charge polluante en DCO (kg/j) :

( ) [ ]

 La charge polluante en MES (kg/j) :

( ) [ ]

Projet de fin d’étude 2014 | 105


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Enfin, les résultats calculés sont résumés dans le tableau ci-dessous :

Année 2014 2025 2035


Débit moyen 34 542 48 620 68 258
charge polluante en DBO5 (kg/j) 14 197 20 000 28 054
charge polluante en DCO (kg/j) 35 510 50 000 70 169
charge polluante en MES (kg/j) 17 029 24 000 33 651
Tableau 26 : Tableau des charges

5. Récapitulatif
Les résultats obtenus, en termes de l’estimation de la population et des rejets de la ville de
Kénitra, font l’objet d’une base de données importante destinée essentiellement au calcul
des dimensions des ouvrages de la STEP à l’horizon de 2025.

Le récapitulatif de ces résultats est illustré dans le tableau suivant :

Paramètre/ Année 2025 2035


Population (hab) 663 266 816 480
Débit moyen (m3/j) 50 000* 68 500
Débit maximal (m3/h) 4 100* 5 700
Charge en DBO5 (kg/j) 20 000* 28 100
Charge en MES (kg/j) 24 000* 33 700
Tableau 27 : Résultats finaux
*A noter que nous avons majoré les résultats obtenus précédemment.

Pour l’horizon 2025 nous avons adopté une conception à deux lignes. Il est prévu d’ajouter
une autre ligne dans le cadre d’un projet d’extension à l’horizon 2035, pour cela les trois
lignes doivent être bien évidemment identiques. D’après le tableau récapitulatif précédent,
nous constatons que les charges et le débit de 2035 constituent 1.5 de ceux de 2025. Donc,
la conception choisie est bien adaptée pour le projet d'extension.

Projet de fin d’étude 2014 | 106


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Objectifs de qualité
1. Qualité du rejet
La station d’épuration devra garantir les qualités de rejet suivantes à la sortie du
clarificateur :

Concentrations maximales Rendements


Paramètres (mg/l) minimum Conformité
(%)
DBO5 30 85 % Echantillon
DCO 125 80 % moyen journalier
MES 35 - 24h
Tableau 28 : Qualité du rejet

2. Règles de conformité
Toutes les analyses sont réalisées sur un échantillon homogénéisé, non filtré ni décanté.

Pour les paramètres DBO, DCO et MES : les mesures sont effectuées sur des échantillons
moyens journaliers. Un échantillon est déclaré conforme si pour chacun des trois
paramètres ci-dessus, l’une au moins de 2 valeurs relatives à la concentration ou le
rendement est respectée.

Résultats de simulation
1. Filière eau
a. Dégrilleur
Le dimensionnement du dégrilleur se base sur les paramètres suivants:

- Vitesse de l’effluent : 0.6m/s ;


- Coefficient de colmatage C : 0.3 puis 0.7 ;
- Angle α de courbure 60° ;
- Profondeur d’écoulement : 0.8m ;
- Espace libre entre barreau : 10 mm ;
- Epaisseur des barreaux : 10 mm ;
- L’ouverture O est de : 0.5 ;
- Facteur de forme : 2.42 ; Figure 54 : Dégrilleur

Projet de fin d’étude 2014 | 107


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Les résultats de simulations sont résumés dans le tableau suivant :

Paramètres C=0.3 C=0.7


Nombre de dégrilleurs 6 4
Surface ouverte de la grille (m2) 1.05 0.68
Largeur ouverte (m) 1.3 0.8
Nombre total des barreaux 129 79
Largeur totale (m) 2.6 1.6
Tableau 29 : Résultats de calcul du dégrilleur

Pour la largeur de la grille, il faut adopter une grandeur commerciale selon le fournisseur.

b. Dessableur circulaire
Le dimensionnement du dessableur circulaire se
base sur les paramètres suivants :

- Temps de séjour : 5min ;


- Vitesse ascensionnelle : 15m/h ;
- Angle du cône : 60° ;
- Puissance volumique : 15 w/m3 ;
- Débit d’air aéroflot : 1.5 Nm3/h/m2 ;
- Estimation de la quantité de sables
produites : 20 l/1000m3 ;
- Estimation de la quantité de graisses
produites : 14 l/1000m3.
Figure 55 : Dessableur circulaire
Les résultats de la simulation sont résumés dans le tableau suivant :
Volume hors cône (m3) 166
Surface (m2) 133
Profondeur hors cône (m) 1.25
Caractéristiques
Diamètre (m) 13
géométriques
Profondeur du cône (m) 4
Volume du cône (m3) 177
Volume total (m3) 343
Puissance aéroflot (kw) 2
Aération
Débit d’air (m3/h) 200
Quantité de sables (m3/an) 365
Déchets produits
Quantité de graisses (m3/an) 256
Tableau 30 : Résultats de calcul du dessableur circulaire

Projet de fin d’étude 2014 | 108


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
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c. Décanteur primaire
Pour dimensionner le décanteur primaire, nous nous basons sur les paramètres suivants :

- Temps de rétention hydraulique : 90 min ;


- Vitesse ascensionnelle moyenne : 0.92
m/h ;
- Vitesse ascensionnelle maximale : 1.79
m/h ;
- Rapport Longueur/Largeur : 2 ;
- Nombre de ligne : 2 ;
- Rendement de l’abattement de (MES) :
40% ;
- Rendement de l’abattement de (DBO5) : Figure 56 : Décanteur primaire
30%.

Les résultats obtenus sont résumés dans le tableau ci-dessus :

Paramètres Circulaire Rectangulaire


Superficie (m²) 1 134 1152
Volume (m3) 1 718
Profondeur (m) 1.5
(MES) sortie (kg/j) 14 400
(DBO5) sortie (kg/j) 14 000
Longueur (m) 48
Largeur (m) 24
Diamètre (m) 38
Débordement (m3/m.j) 419
Tableau 31 : Résultats de calcul du décanteur primaire

d. Bassin d’aération
Le dimensionnement du bassin d’aération se base
sur les paramètres suivants :

- Age de boues : 5j ;
- Indice de boues, IM : 200ml/g;
- Concentration de MES dans le réacteur :
3g/l ;
- (DBO5) entrée : 14 000kg/j ;
- (DBO5) sortie : 1 500kg/j ;
- (MES) sortie : 14 400kg/j ;
- Profondeur du bassin : 4.5m ;
- Rapport Longueur/Largeur : 2 ; Figure 57 : Bassin d'aération

Projet de fin d’étude 2014 | 109


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
- Nombre de ligne : 2.

Les résultats de la simulation sont résumés dans le tableau suivant :

Volume biologique total (m3) 26 381


Volume unitaire (m3) 13 190
Caractéristiques Surface unitaire (m²) 2 888
géométriques
Longueur (m) 76
Largeur (m) 38
Charge massique
0.26
(kgDBO5/kgMVS.j)
Charge volumique
0.53
(kgDBO5/m3.j)
Production des boues en excès
15 829
(kg/j)
Caractéristiques
biologiques Temps de rétention (h) 6.5
Concentration des boues
6
recirculées Sr (g/l)
Taux de recirculation (%) 100

Débit recirculé (m3/j) 50 000


Figure 58 : Résultats de calcul du bassin d'aération

 Aération :

Les données d’entrée pour le calcul du système d’aération sont :

 Besoin métabolisme a’ : 0.65 ;


 Besoin respiration b’ : 0.085j-1 ;
 Quantité d’oxygène O2 par m3 : 300g/m3.

Figure 59 : Système d'aération

Projet de fin d’étude 2014 | 110


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« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Les résultats de la simulation liés au système d’aération sont résumés dans le tableau
suivant :

Besoin journalier en oxygène


17 823
(kg/j)
Besoin horaire en oxygène
1 136
(kg/h)
Aération Débit d’air (Nm3/h) 42
Puissance théorique absorbée
765
(kw)
Puissance du brassage (kw) 528
Tableau 32 : Résultats de calcul du système d'aération

e. Dégazeur
Le dimensionnement du dégazeur se base sur les paramètres suivants :

 Vitesse ascensionnelle, Va : 80m/h ;


 Temps de rétention : 1min.

Les résultats de la simulation sont résumés dans le tableau suivant :

Paramètres Résultats
Surface (m²) 28
Diamètre du bassin (m) 6
Volume du bassin (m3) 34
Profondeur du bassin (m) 1
Tableau 33 : Résultats de calcul du dégazeur

f. Clarificateur
Le dimensionnement du clarificateur se base sur les paramètres suivants :
 Concentration des boues dans l’aérateur, Sa : 3g/l ;
 Indice de Mohlman, IM : 200ml/g ;
 Temps d’épaississement des boues : 2h.
 A flux horizontal :
 Charge volumique de la boue : 500 l/m²/h ;
 Vitesse ascensionnelle : 0.83m/h.

Projet de fin d’étude 2014 | 111


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
 flux vertical :
 Charge volumique de la boue : 650 l/m²/h ;
 Vitesse ascensionnelle : 1.08m/h.

Figure 60 : Clarificateur

Les résultats de la simulation sont résumés dans le tableau suivant :

Paramètres Flux horizontal Flux vertical


Nombre de ligne 2 2
Zone d’eau clarifiée (m) 0.5 0.5
Zone de séparation (m) 2.1 2.7
Profondeur de la
Zone de stockage(m) 0.9 1.2
Zone d’épaississement (m) 1.6 2.1
Profondeur totale (m) 5.1 6.5
Temps de séjour hydraulique (h) 3.1 2.9
Surface totale du clarificateur (m²) 2 470 1 898
Volume total (m3) 12 597 12 337
Nombre de bassins dans chaque ligne 2 2
Diamètre unitaire (m) 28 24.5
Surface unitaire (m²) 1 235 949
Tableau 34 : Résultats de calcul du clarificateur

Projet de fin d’étude 2014 | 112


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

2. Filière boue

a. Epaississeur gravitaire
Le dimensionnement de l’épaississeur gravitaire se
base sur les paramètres suivants :

 (MES)e à la sortie du décanteur primaire : 9


600kg/j ;
 Hauteur de l’épaississeur : 3m ;
 Siccité de la boue à la sortie : 8% ;
 Charge surfacique de l’épaississeur, Cs :
60kg/m²/j.
Figure 61 : Epaississeur gravitaire
Les résultats de la simulation sont résumés dans
le tableau suivant :

Paramètres Résultats
(MES)b,e de la boue primaire (kg/j) 9 600
Surface de l’épaississeur (m²) 160
Volume (m3) 480
Diamètre (m) 14
Débit sortant de l’épaississeur (m3/j) 120
Tableau 35 : Résultats de calcul de l'épaississeur gravitaire

b. Aéroflottateur
Le dimensionnement de l’aéroflottateur se base sur les paramètres suivants :

 Siccité de la boue à la sortie : 4% ;


 Charge surfacique de l’aéroflottateur, Cs : 50kg/m²/j ;
 Charge massique, Cm : 0.26kgDBO5/kgMVS.j ;
 Production des boues en excès, Pb : 15 829kg/j.

Figure 62 : Aéroflottateur

Projet de fin d’étude 2014 | 113


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Les résultats de la simulation sont résumés dans le tableau suivant :

Paramètres Résultats
Surface de l’aéroflottateur (m²) 317
Débit sortant de l’aéroflottateur (m3/j) 396
Charge hydraulique (m/h) 0.05
Tableau 36 : Résultats de calcul de l'aéroflottateur

c. Digesteur anaérobie
Le dimensionnement du digesteur anaérobie se
base sur les paramètres suivants :

 Débit entrant dans le digesteur


(aéroflottateur+ épaississeur gravitaire) :
516m3/j ;
 Temps de séjour : 20j ;
 Hauteur du digesteur : 6m ;
 Charge volumique du digesteur :
3
1.1kgMVS/m /j ;
 Concentration de DBO5 de boue entrante :
45 000 g/m3 ; Figure 63 : Digesteur anaérobie
 Nombre de lignes : 2.

Les résultats de la simulation sont résumés dans le tableau suivant :

Paramètres Résultats
Volume du digesteur (m3) 5 160
Surface (m²) 860
Diamètre (m) 33
Charge de la boue à la sortie (kg MVS/j) 11 352
Débit de gaz CH4 (m3/j) 5 489
Tableau 37 : Résultats de calcul du digesteur anaérobie

d. Filtre à bandes
Le dimensionnement du filtre à bandes se base sur les
paramètres suivants :

 Charge de la boue à la sortie du digesteur :


11 351kgMVS/j ;
 Charge linéaire du filtre bande : 150kgMS/h/m ;
Figure 64 : Filtre à bandes
Projet de fin d’étude 2014 | 114
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Les résultats de la simulation sont résumés dans le tableau suivant :

Paramètres Résultats
Largeur du filtre bande (m) 3
Siccité à la sortie (%) 18
Tableau 38 : Résultats de calcul du filtre à bandes

e. Chaulage
Le dimensionnement du chaulage se base sur les paramètres suivants :

 Siccité immédiate à la sortie du malaxeur des boues chaulées : 27.5% ;


 Siccité initiale à la sortie du filtre bande : 18% ;
 Pureté de la chaux : 92%.

Les résultats de la simulation sont résumés dans le tableau suivant :

Paramètres Résultats
Pourcentage de la chaux sur MS, %Cao/MS 17.41
Siccité après contact de 24h, Sf24 (%) 30.1
Siccité après contact de 30’, Sf30’ (%) 28.4
La quantité journalière de la chaux (t/j) 1.98
Volume du silo de la chaux (m3) 53
Tableau 39 : Résultats de calcul du chaulage

3. Tableau récapitulatif des résultats


Le tableau suivant résume les différents résultats pour chaque ouvrage de la station en se
basant sur les données de base de de la ville de Kénitra et en respectant les objectifs de
qualité requis.

Il est à noter que nous avons pris pour la filière eau, un nombre de lignes égal à deux. Ceci
est dû au grand débit de conception et pour assurer un fonctionnement permanent de la
station au cas d’une panne au niveau d’un des ouvrages.

Ouvrages Paramètres caractéristiques Unité Résultats


Nombre de grilles - 4
Surface ouverte de la grille m² 0.68
Dégrilleur (avec
Largeur ouverte de la grille m 0.8
C=0.7)
Largeur total de la grille m 1.6
Nombre de barreaux - 79
Dessableur- Surface m² 133
déshuileur Profondeur hors cône m 1.25
Profondeur du cône m 4

Projet de fin d’étude 2014 | 115


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Diamètre m 13
Volume total m3 343
Puissance aéroflot Kw 2
Débit d’air m3/h 200
Quantité de sables m3/an 365
Quantité de graisses m3/an 256
Superficie m² 1134
Volume m3 1718
Diamètre m 38
Décanteur
profondeur m 1.5
primaire cirulaire
(MES) à la sortie Kg/j 14400
(DBO5) à la sortie Kg/j 14000
Débordement m3/m.j 419
Volume biologique total m3 26381
Volume unitaire m3 13190
Surface m² 2888
Longueur m 76
Largeur m 38
kgDBO5/kgM
Charge massique 0.26
VS.j
Bassin d’aération
Charge volumique kgDBO5/m3.j 0.53
Production des boues Kg/j 15829
Temps de rétention h 6.5
Concentration des boues
g/l 6
recirculées Sr
Taux de recirculation % 100
Besoin horaire en oxygène kg/h 1136
Débit d’air Nm3/h 42
Surface m² 28
Diamètre du bassin m 6
Dégazeur
Volume du bassin m3 34
Profondeur du bassin m 1
Profondeur totale m 6.5
Temps de rétention hydrique h 2.9
Clarificateur à Diamètre unitaire m 24.5
flux vertical Surface unitaire m² 949
Nombre de bassins dans chaque
- 2
ligne
Surface totale du clarificateur m² 1898

Projet de fin d’étude 2014 | 116


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Volume total m3 12337
Surface de l’épaississeur m² 160
Epaississeur Volume m3 480
gravitaire Diamètre m 14
Débit sortant de l’épaississeur m3/j 120
Surface de l’aéroflottateur m² 317
Aéroflottateur Débit sortant de l’aéroflottateur m3/j 396
Charge hydraulique m/h 0.05
Nombre de digesteur - 2
Volume du digesteur m3 5 610
Digesteur Surface m² 860
anaérobie Diamètre m 33
Charge de la boue à la sortie Kg MVS/j 11 352
Débit du gaz (CH4) m3/j 5 489
Largeur m 3
Filtre bande
Siccité à la sortie % 18
Pourcentage de la chaux sur MS,
% 17.41
%Cao/MS
Siccité après contact de 24h, Sf24 % 30.1
Chaulage Siccité après contact de 30’, Sf30’ % 28.4
La quantité journalière de la
t/j 1.98
chaux
Volume du silo de la chaux m3 53
Tableau 40 : Tableau récapitulatif des résultats

Projet de fin d’étude 2014 | 117


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre VII :
Estimation des
coûts
d’investissement

Projet de fin d’étude 2014 | 118


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Chapitre VII : Estimation des coûts


d’investissement et d’exploitation
L’objectif de ce chapitre est de déterminer les coûts d’investissement de la STEP de la ville
de Kénitra. Nous avons estimé ces coûts d’une façon sommaire en se référant à des données
de plusieurs stations de même type.

Coût d’investissement
Les dépenses d’investissement portent sur les éléments suivants :
 Les travaux d’aménagement des terrains ;
 Les voiries et les réseaux divers dans la station ;
 Les bâtiments de service et d’exploitation ;
 Le génie civil de la station ;
 Les clôtures et les plantations ;
 Les équipements hydrauliques, électromécaniques et électriques dans la station.

Détermination du Coût d’investissement


Les frais d’investissement à prendre en considération dépendent du nombre de population et
du niveau d’épuration souhaité. L’approche utilisée pour l’estimation de ce coût est basée
sur les données de plusieurs stations d’épuration du même type :

Débit Charge
Montant Equivalent Cout Cout
STEP BOUES TYPE moyen moyenne
travaux en Habitant à travaux/Eqh. travaux/Eqh.
ACTIVEES TRAITEMENT entrée DBO5
DH TTC 60g (DH/Eqh60) (DH/Eqh30)
(m3/j) (Kg/J)
Moyenne
FES 768 500 000 950 000 105 000 72 000 810,00 405,00
charge
Moyenne
KHOURIBGA 228 000 000 115 000 15 700 6 900 1980,00 990,00
charge
GRAND
Faible charge 324 000 000 111 670 18 700 6 700 2900,00 1450,00
NADOR
HOUCEIMA
(rehab et Faible charge 120 000 000 63 330 9 600 3 800 1890,00 945,00
dédoublement)
Moyenne
BEN GUERIR 118 000 000 56 000 3 360 2110,00 1055,00
charge
Tableau 41 : Tableau des coûts unitaires des STEP Boues Activées

Projet de fin d’étude 2014 | 119


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
Nous avons la charge polluante générée par les activités de la ville de Kénitra s’évalue à
650.000EH à 30grammes, soit 325.000EH à 60grammes.

Nous présentons les données des trois villes qui utilisent le même type de traitement (Fès,
Khouribga et Ben Guerir) :

Ville Equivalent habitant à 60g Coût d'investissement/Eqh. (DH/EH60g)


Fès 950000 810
Khouribga 115000 1980
Ben Guerir 56000 2110
Tableau 42 : Tableau des coûts unitaires pour la moyenne charge

2500
Coût unitaire/EH60g

2000

1500

1000 ratio
y = -0,0014x + 2168,2 Linear (ratio)
500

0
0 200000 400000 600000 800000 1000000
EH60g

Figure 65 : Graphe des ratios d'investissement

Nous retrouvons le ratio des coûts d’investissement, via l’interpolation, correspondant au


nombre d’habitation de la région (650 000 EH) à l’horizon de 2025.

Nous obtenons ainsi un coût unitaire de 1800 DH/EH60g, soit 900 DH/EH30g.

Le coût d’investissement comporte :

 le coût du génie civil qui représente 45% du coût total;


 le coût des équipements représentant 55% du coût total.
Le tableau suivant résume les résultats du calcul :

Coûts Valeurs
Investissement total (DH) 585 000 000
Génie civil (DH) 263 250 000
Equipement (DH) 321 750 000
Tableau 43 : Tableau des coûts

Projet de fin d’étude 2014 | 120


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Conclusions et Recommandations
Le procédé boues activées est considéré parmi les techniques d’épuration les plus utilisés au
Maroc grâce aux différents avantages qu’il présente :

 Bonne performance de l’ensemble des paramètres ;


 Réduction des gaz à effet de serre et de la consommation énergétique de la STEP
grâce à la production de l’énergie électrique à partir du biogaz ;
 Emprise foncière limitée.

Toutefois, une bonne conception est essentielle pour atteindre les objectifs du traitement,
surtout au niveau de la phase biologique (bassin d’aération et clarificateur).

C’est dans ce cadre où s’inscrit l’objectif de notre étude. En effet, notre travail consiste au
développement d’un outil informatique aidant à la conception et le dimensionnement d’une
station d’épuration de type boues activées à Moyenne charge.

Cet outil permet d’avoir de manière rapide plusieurs possibilités de dimensionnement, selon
les différents paramètres (Indice de Mohlman, l’âge de boue, les rendements..) ou type des
ouvrages (Dessableaur circulaire ou rectangulaire, calcul avec et sans décanteur primaire..).

Il permet donc de comparer plusieurs variantes de dimensionnement selon les performances


contractuelles à atteindre. Il permettra également en cas de changement des données de
base lors de la réalisation, de simuler rapidement le dimensionnement des différents
ouvrages et de proposer les solutions adéquates.

Or, pour améliorer sa performance, il serait souhaitable de poursuivre ce travail, en se


basant sur les résultats de suivi des stations d’épuration similaires réalisées au Maroc (Fès,
Marrakech).

Cette optimisation permettra de caler la biologie du modèle en cherchant les meilleures


corrélations entre les paramètres (Charge massique, rendement, âge de boue, concentration
dans le bioréacteur, Indice de Mohlman, Vitesse ascensionnelle..). Ces corrélations servent à
ajuster les formules empiriques pour rendre l’outil plus adapté à la réalité et au contexte
marocain.

A cet effet, ce travail nécessitera l’accès aux données d’exploitation de ces stations
d’épuration sur une période significative et suffisamment représentative.

Projet de fin d’étude 2014 | 121


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Bibliographie
 A.G.SADOWSKI, « Méthode de calcul d’une filière de traitement », SHU-ENGEES,
2002 ;
 M. Brahim LEKHLIF (2012-2013), Epuration des eaux usées, EHTP, Casablanca ;
 M. Lmahfoud ASMLAL (2012-2013), Epuration des eaux usées, EHTP, Casablanca ;
 M. Belmatriq (2013-2014) fin Page 15/122 ChI, II-1: « Gestion Intégrée des Ressources
hydriques », EHTP, Casablanca ;
 Mr Chaouni (2013-2014), chI, II-2 cadre réglementaire, LOI N° 10-95 SUR L’EAU;
 Abdellah LAOUINA Professeur à l’Université Mohamed V (Mars 2006), Rapport pour
le compte du Haut-Commissariat au Plan de « Gestion durable des ressources
naturelles et de la biodiversité au MAROC», Prospective ‘Maroc 2030’ ;
 Angélique LÉONARD (2002), Rapport de la thèse de Doctorat « Étude du séchage
convectif de boues de station d’épuration » à l’université de LIEGE ;
 Soumia AMIR (Mars 2005), Rapport de la thèse de Doctorat « Contribution à la
valorisation de boues de station d’épuration par compostage » à l’institut national
Polytechnique de TOULOUSE ;
 Metcalf & Eddy, wastewater engineering Treatment and Reuse, 4ème edition, 2003;
 Schéma national de l’assainissement liquide (1994), mission II, Maroc ;
 Mohammed MOUNTADAR et Omar ASSOBHEI (Juin 2006), Rapport du projet
« Production des boues des stations de traitement des eaux uséesau Maroc » ;
 Hafsa KAMARI et Anas BENCHIKH, Rapport du travail de fin d’études « Etude
technico-économique et Analyse multicritère pour le choix d’un procédé d’épuration
des eaux usées commun aux deux centres Mharza Sahel et Bir Jdid » ;

Webographie
 http://www.emse.fr/~brodhag/TRAITEME/fich16_1.htmv;
 www.hcp.ma/file/111439/;
 http://traitementdeseaux.fr/techniques-traitement/lagunage/;
 http://www.albayane.press.ma/;
 http://www.rak.ma/rak/Accueil/Actualit%C3%A9s/VISITEROYALE.aspx;
 http://www.leconomiste.com/article/890255-marrakech-qui-finance-la-station-
depuration;
 www.cemagref.fr;
 http://www.radeema.ma/Portals/0/brochure%20raeema%20fr.pdf;
 http://www.cieau.com/les-eaux-usees/les-origines-des-eaux-usees.

Projet de fin d’étude 2014 | 122


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Annexes

Projet de fin d’étude 2014 | 123


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Annexe 1 : Fonctionnement d’une


STEP à « Boues Activées »
Dégrillage Dessablage & Décanteur
Dégraissage primaire

Poste de relèvement

Clarificateur
(Décanteur Bassin de Boues
Dégazeur
secondaire) activées

Départ des
eaux épurées

Aéroflottateur Epaississeur
gravitaire

Filtre à Digesteur
bandes anaérobie
Silo à chaux

Figure 66 : Schéma explicatif du procédé d'épuration "Boues Activées

Projet de fin d’étude 2014 | 124


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Annexe 2 : Résultats de calcul de la


STEP de Kénitra

 Filière eau :
 Dégrilleur :
 Avec C=0.7 :

Figure 67 : Interface de calcul du Dégrilleur

Projet de fin d’étude 2014 | 125


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
 Dessableur circulaire :

Figure 68 : Interface de calcul du Dessableur circulaire

 Décanteur primaire :

Projet de fin d’étude 2014 | 126


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 69 : Interface de calcul du Décanteur primaire

 Bassin d’aération :

Figure 70 : Interface de calcul du Bassin d'aération

 Dégazeur :

Projet de fin d’étude 2014 | 127


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 71 : Interface de calcul du Dégazeur

 Décanteur secondaire (clarificateur) :

Figure 72 : Interface de calcul du Clarificateur

 Filière boue :
Projet de fin d’étude 2014 | 128
Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
 Epaississeur gravitaire :

Figure 73 : Interface de calcul de l'Epaississeur gravitaire


 Aéroflottateur :

Figure 74 : Interface de calcul de l'Aéroflottateur

 Digesteur anaérobie :

Projet de fin d’étude 2014 | 129


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Figure 75 : Interface de calcul du Digesteur anaérobie

 Filtre à bandes :

Figure 76 : Interface de calcul du Filtre à bandes

Projet de fin d’étude 2014 | 130


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra
 Chaulage :

Figure 77 : Interface de calcul du Chaulage

Projet de fin d’étude 2014 | 131


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Annexe 3 : Tableau des normes de


qualité des eaux destinées à
l'irrigation
Paramètres Valeurs limites
PARAMETRES BACTERIOLOGIQUES
1 Coliformes fécaux 100/5000ml*
2 Salmonelle Absence dans 51
3 Vibrion Cholérique Absence dans 450 ml
PARAMETRES PARASITOLOGIQUES
4 Parasites pathogènes Absence
5 Œufs, Kystes de parasites Absence
6 Larves d'Ankylostomides Absence
7 Fluococercaires de Schistosoma hoematobium Absence
PARAMETRES TOXIQUES
8 Mercure (Hg) en mg/l 0,001
9 Cadmium (Cd) en mg/l 0,01
10 Arsenic (As) ) en mg/l 0,1
11 Chrome total en mg/l 0,1
12 Plomb (Pb) en mg/l 5
13 Cuivre (Cu) en mg/l 0,2
14 Zinc (Zn) en mg/l 2
15 Sélénium (Se) en mg/l 0,02
16 Fluor (F) en mg/l 1
17 Cyanures (Cn) en mg/l 1
18 Phénoles en mg/l 3
19 Aluminium (Al) en mg/l 5
20 Barilyum (Be) en mg/l 0,1
21 Cobalt (Co) en mg/l 0,05
22 Fer (Fe) en mg/l 5
23 Lithium en mg/l 2,5
24 Manganèse (Mn) en mg/l 0,2
25 Molybdène (Mo) en mg/l 0,01
26 Nickel (Ni) en mg/l 0,2
27 Vanadium (V) en mg/l 0,1

Projet de fin d’étude 2014 | 132


Conception et Dimensionnement d’une STEP de type
« Boues Activées »-Cas de Kénitra

Annexe 4 : Implantation des


ouvrages de la STEP de Kénitra
Voici ci-après l’implantation des ouvrages faite sur Autocad. Elle montre les différents
ouvrages de la station ainsi que le nombre des composantes obtenu lors du
dimensionnement.

Projet de fin d’étude 2014 | 133