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Le 

Maroc (en arabe : ‫المغرب‬, al-Maġrib ; en berbère : ⵍⵎⵖⵔⵉⴱ 14, l-Meġrib), ou depuis 1957, en


forme longue le royaume du Maroc, autrefois appelé Empire chérifien, est un État
unitaire régionalisé situé en Afrique du Nord. Son régime politique est une monarchie
constitutionnelle. Sa capitale est Rabat et sa plus grande ville Casablanca.
Géographiquement, il est notamment caractérisé par des zones montagneuses ou désertiques et
est l'un des seuls pays — avec l'Espagne et la France — à comporter des rives sur la mer
Méditerranée d'un côté et l'océan Atlantique de l'autre. Sa population est de près de 34 millions
d'habitants (recensement de 2014) et sa superficie de 446 550 km215 (47,51 hab./km2), ou de
710 850 km2 en incluant le Sahara occidental16,17 — ex-« Sahara espagnol », considéré comme
un territoire non autonome par l'Organisation des Nations unies2 — dont il administre de
facto environ 80 % et qu'il revendique dans sa totalité, tout comme le Front Polisario. Sa culture
est berbéro-arabe depuis plusieurs siècles, et s'est étendue principalement au Maghreb et dans
le Sud de l'Espagne. Les Marocains sont essentiellement de confession musulmane.
Avec une présence d'hominidés datant d'environ 700 000 ans et habité dès la préhistoire par des
populations berbères, l'État marocain, en tant qu'entité distincte, est fondé en 789 par Idris Ier.
Par ailleurs, il fait partie de l'Organisation des Nations unies, de la Ligue arabe, de l'Union
africaine18, de l'Union du Maghreb arabe, de l'Organisation de la coopération islamique, de
l'Organisation internationale de la francophonie, du Groupe des 77, de l'Union pour la
Méditerranée et candidat à l’adhésion à la CEDEAO.
La constitution marocaine définit l'islam, l'arabité et l'amazighité comme « composantes
fondamentales » de l'identité du peuple marocain. L'islam y est défini comme religion d'État, État
qui garantit à tous le libre exercice des cultes.

Sommaire

 1Toponymie
 2Histoire
o 2.1Préhistoire et protohistoire
o 2.2Maroc antique
o 2.3De la conquête arabo-musulmane aux troubles anarchiques
o 2.4Dynastie idrisside (789-985)
o 2.5Les soulèvements zénètes (954-1059)
o 2.6Dynastie almoravide (1055-1147)
o 2.7Dynastie almohade (1147-1269)
o 2.8Dynastie des Mérinides (1269-1465)
o 2.9Dynastie idrisside, branche des Joutey (1465-1471)
o 2.10Wattassides (1472-1554)
o 2.11Dynastie des Saadiens (1554-1659)
o 2.12Dynastie des Alaouites (1666-présent)
 3Géographie
o 3.1Relief
o 3.2Climat
o 3.3Écosystème au Maroc
 4Organisation territoriale
o 4.1Subdivisions administratives
o 4.2Villes principales
 5Économie
o 5.1PIB par région
o 5.2Croissance commerciale
o 5.3Marché de l'emploi
o 5.4Secteur tertiaire
o 5.5Secteur secondaire
o 5.6Secteur primaire
 6Politique
o 6.1Droits de l'homme
o 6.2Organisations internationales et régionales
o 6.3Rangs internationaux
o 6.4Défis de l'indépendance à l'époque moderne
 7Démographie
o 7.1Ethnies
o 7.2Religion
o 7.3Langues
o 7.4Éducation
o 7.5Émigration
o 7.6Immigration
 8Armée et police
o 8.1Forces armées royales
o 8.2Forces auxiliaires marocaines
o 8.3Sûreté nationale
o 8.4Services de renseignements marocains
 9Culture
o 9.1Artisanat
o 9.2Caftan marocain
o 9.3Fantasia
o 9.4Autres lectures
o 9.5Médias
o 9.6Gastronomie
o 9.7Danse
o 9.8Musique
o 9.9Cinéma
o 9.10Littérature
o 9.11Sport
 10Patrimoine national
o 10.1Patrimoine naturel
o 10.2Patrimoine culturel
 11Monuments et sites remarquables du Maroc
 12Codes
 13Notes et références
 14Voir aussi
o 14.1Articles connexes
o 14.2Liens externes

Toponymie
Caravane saharienne au sud du Maroc.

Le mot « Maroc » est issu du berbère Ameṛṛuk, en tifinagh : « ⴰⵎⵕⵕⵓⴽ », étant le diminutif de


« Amurakuc », nom originel de « Marrakech », et lui-même issu du berbère « ⴰⵎⵓⵔ ⵏ ⵡⴰⴽⵓⵛ »
(amour n wakouch) qui signifie en berbère « terre/partie de Dieu », ou « terre sacrée »19,20. Le nom
arabe al-Maghrib (en arabe : ‫ )المغرب‬signifie « le couchant ». Pour les références historiques, les
historiens et les géographes arabes médiévaux ont évoqué le Maroc sous le terme al-Maghrib al-
Aqsa (en arabe : ‫المغرب األقصى‬, qui signifie « l'Occident le plus lointain ») pour le distinguer de
régions historiques voisines appelées al-Maghrib al-Awsat (en arabe : ‫المغرب األوسط‬, ce qui signifie
« le Moyen-Ouest ») et al-Maghrib al-Adna (en arabe : ‫المغرب األدنى‬, qui signifie « l'Occident le plus
proche »). Le nom anglais Morocco provient des
noms espagnol et portugais Marruecos et Marrocos. Ces derniers dérivent de « Marrakech »,
dénomination latine pour l'ancienne capitale almoravide et almohade ; le nom « Marrakech » est
encore directement employé par les Iraniens pour désigner le Maroc (en persan : ‫)مراکش‬.
En Turquie, le Maroc est en revanche appelé Fas, un nom dérivé de son autre capitale
historique : Fès.

Village typique du Haut Atlas.

Tamraght Plage.

Le nom français Maroc dérive, quant à lui, du nom portugais de Marrakech, Marrocos, prononcé


avec l'accent du Portugal Marrocosh (maʁɔkɔʃ), ville du centre du pays, fondée en 1062 et qui fut
la capitale de trois dynasties (celle des Almoravides, des Almohades et des Saadiens). De cette
prononciation dérivent
également Marruecos (en espagnol), Marocko (en suédois), Morocco (en anglais),
et Marokko (en allemand, norvégien et néerlandais), les Persans l’appelant eux Marakech.
Les Turcs l’appellent Fas, qui vient du nom de l’ancienne capitale du Maroc sous les
dynasties mérinide, wattasside et alaouite (avant 1912), Fès. Dans l’Antiquité,
les Grecs appelaient les habitants de la région les Maurusiens. À partir de cette appellation, la
région composée du Maroc et de l'Algérie occidentale fut connue sous le nom de Maurétanie (à
ne pas confondre avec la Mauritanie). La région fut par la suite divisée en deux provinces par
les Romains : la Maurétanie tingitane, avec Volubilis pour capitale (ancienne cité berbère d'Oulil),
et la Maurétanie césarienne, avec Cesarea (Tipaza) pour capitale (centre et ouest de l'Algérie).
Le Maroc était le pays où les Grecs anciens situaient le mythique jardin des Hespérides.
Le Maroc était connu sous le nom de royaume de Marrakech, sous les trois dynasties qui avaient
cette ville comme capitale. Puis, sous le nom de royaume de Fès, sous les dynasties qui
résidaient à Fès. Au XIXe siècle, les cartographes européens mentionnaient toujours un
« royaume de Maroc », en indiquant l'ancienne capitale « Maroc » (pour Marrakech). Sous la
dynastie des Alaouites, toujours au pouvoir, le pays est passé de l'appellation d'« Empire
chérifien » à celle de « royaume du Maroc » en 195721, le sultan Sidi Mohammed ben Youssef en
devenant le roi, en tant que Mohammed V. Il peut être aussi surnommé « Royaume chérifien »,
en référence au souverain alaouite, descendant du prophète de l'islam Mahomet, qualifié de
« chérif ».

Histoire
Article détaillé : Histoire du Maroc.

Préhistoire et protohistoire
Les premières traces d'une présence d'hominidés sur le territoire marocain datent d'environ
700 000 ans. De cette période dite acheuléenne, on a retrouvé un certain nombre d'outils,
notamment dans la plaine de la Chaouïa et plus précisément à proximité immédiate de
l'actuelle agglomération casablancaise. Outre l'outillage, on a découvert un certain nombre de
fragments humains notamment dans les carrières Thomas, près de Casablanca (mandibules,
maxillaires et fragments crâniens d'Homo erectus)22.
De l'époque moustérienne (120 000 à 40 000 ans BP), le site le plus explicite est celui de Jbel
Irhoud situé à mi-chemin entre les villes de Marrakech et de Safi et où ont été découverts deux
crânes d'hominidés, des outils associés à l'industrie levalloiso-moustérienne ainsi que
d'importants restes d'animaux aujourd'hui disparus.

Extension de la culture ibéromaurisienne.

L'époque atérienne (60 à 40 000 ans BP23) a apporté son lot d'outils pédonculés retrouvés dans


de nombreuses grottes situées sur le littoral atlantique (Dar Soltane 2)24. Néanmoins cette
période a surtout été marquée par de profonds bouleversements climatiques ayant entraîné
une désertification sans précédent du territoire marocain ainsi que la raréfaction voire la
disparition d'un grand nombre d'espèces animales et végétales. Cette dynamique a cependant
été contrecarrée par le rempart naturel que constituent les chaînes de l'Atlas et du Rif, que ce
soit au Maroc ou dans le reste du Maghreb.
L'arrivée d'Homo sapiens au Maghreb avant l'Épipaléolithique a été démontrée puisque
les industries atériennes ne sont pas l'œuvre de l'homme de Néandertal, dont l'aire de répartition
est exclusivement eurasiatique, mais bel et bien d'Homo sapiens présentant des
caractéristiques archaïques. Les plus anciens restes d'Homo sapiens au monde ont été
découverts au Maroc à Djebel Irhoud en juin 2017 et datent de plus de 300 000 ans25.
Il y a environ 21 000 ans, la civilisation ibéromaurusienne voit le jour. Elle se caractérise par des
rites funéraires plutôt évolués et par un raffinement de l'outillage utilisé. Néanmoins, il n'est pas
encore question d'agriculture. La grotte de Taforalt dans la région d'Oujda correspond au plus
grand gisement de l'époque. Cette civilisation se maintient et se répand sur l'ensemble
du Maghreb avant de se métisser progressivement vers le neuvième millénaire avant notre ère
avec les populations capsiennes, ancêtres des Berbères modernes. Les premiers éléments
découverts correspondant à cette période (Néolithique) datent d'environ 6 000 ans. Ceux-ci
témoignent d'une sédentarisation déjà avancée ainsi que d'une maîtrise relative des techniques
agricoles.

Maroc antique
Articles détaillés : Liste des villes au Maroc fondées par les
Berbères, Maurétanie et Maurétanie tingitane.

Carte de la Maurétanie et de la Numidie, à la fin de l'époque de Jugurtha


 

Villes de l'Afrique romaine


 

Carte de la province romaine de Maurétanie tingitane avec ses routes et cités principales


 

Villes et voies de circulation en Maurétanie tingitane


 

Table de Peutinger : Colonnes d'Hercule

Ruines de Lixus.

Menhir du cromlech de M'zora, monument mégalithique unique en Afrique du Nord, dont le tumulus aurait


abrité selon la légende le corps du géant Antée vaincu par Hercule. Il s'agirait probablement du mausolée
d'un chef berbère de l'époque de l'âge du cuivre.

Buste de Juba II roi de Maurétanie.

Mosaïque romaine de Volubilis représentant Cupidon entre Bacchus et Ariane.

Papposilène endormi, sculpture de marbre de style gréco-romain de Volubilis.


Temple du Capitole à Volubilis.

À partir du IIIe millénaire av. J.-C., se développe au Maroc la culture campaniforme. Dès lors, le
pays entre dans l'âge du bronze et on assiste à la diffusion d'une céramique noire spécifique dont
la présence est attestée dans un certain nombre de sépultures de la région rifaine.
Au XIe siècle av. J.-C., les hardis commerçants phéniciens, venus du Liban actuel, atteignent les
côtes marocaines et notamment le littoral atlantique. Ils fondent de nombreux comptoirs qui
serviront de bases à de nombreuses cités romaines puis arabes (dont les principaux furent Tingis
et Lixus, actuelles Tanger et Larache), ainsi que Thymiatéria (Mehdia), Chellah, près
de Rabat, Azama et Rusibis, et Cerné, localisée à Essaouira ou plus au sud à Dakhla. C'est à
cette période déjà que l'on date les toutes premières installations de populations juives au Maroc.
L'autonomie progressive de Carthage profite aux comptoirs fondés sur les côtes marocaines
dans la mesure où ils seront davantage mis en valeur du fait de la proximité relative avec la
nouvelle capitale africaine de la thalassocratie phénicienne originaire de Tyr. L'influence de
la civilisation carthaginoise se fait grandement sentir auprès des populations indigènes, dont
l'organisation se structure parallèlement. Ainsi, les tribus berbères se fédèrent progressivement,
fondant des États comme le royaume de Maurétanie (sous le règne de Baga), d'abord confiné au
nord de l'actuel Maroc, et dont les souverains portent le titre d'aguellid, à l'instar des rois
du royaume de Numidie. Le sud du pays est peuplé par les Gétules et les Éthiopiens
occidentaux, l'ouest par les Atlantes et l'est par les Numides du peuple des Massæsyles.
Les Maures sont les héritiers d'une culture très ancienne, atlanto-méditerranéenne, comme en
témoigne le cromlech de M'zora qui peut être mis en relation avec les monuments mégalithiques
comparables comme ceux de Ħaġar Qim à Malte et de Stonehenge en Grande-Bretagne. La
Maurétanie n'est pas inconnue de la mythologie grecque, qui y situe le fabuleux jardin
des Hespérides.
Du fait du soutien apporté par la Maurétanie à l'Empire romain lors de la destruction de Carthage,
il se nouera une étroite amitié entre les deux États (d'où l'éviction du roi numide Jugurtha, ennemi
des Romains). Le roi Bocchus se voit même décerner le titre d'Ami de Rome par le Sénat
romain et gagne l'estime du consul Caius Marius. Sous le règne de Juba II, la Maurétanie devient
un royaume vassal, réputé pour ses exportations de pourpre, de bois de cèdre et de produits
maritimes, assez riche pour produire sa propre monnaie d'or. Une brillante civilisation urbaine se
développe, influencée à la fois par l'héritage carthaginois et par les courants artistiques
provenant de la Grèce hellénistique et de l'Égypte lagide. Ces influences du bassin oriental
méditerranéen sont sans doute dues au mécénat de la propre épouse de Juba II, la
reine Cléopâtre Séléné, qui est la fille de Marc Antoine et de Cléopâtre VII. Juba, roi érudit, fait
explorer le Haut Atlas ainsi que Madère et les îles Canaries (nommées alors îles Fortunées), et
une partie du Sahara. Il n'hésite pas également à faire remonter sa généalogie jusqu'au demi-
dieu Hercule. L'opulence de la Maurétanie attise toutefois les convoitises de Rome, ce
dont Ptolémée, fils et successeur de Juba II, va tragiquement subir les conséquences.
Au cours d'un déplacement à Lyon en Gaule romaine, le dernier roi maurétanien est en effet
assassiné sur ordre de l'empereur Caligula. Ce meurtre entraîne deux années de troubles
(résistance menée contre les légions romaines par Aedemon, un esclave affranchi de Ptolémée),
puis une annexion de la Maurétanie (42 ap. J.-C.) à l'Empire romain que l'on désigne dès lors
sous le nom de Maurétanie tingitane pour la partie à l'ouest de la Moulouya, décrétée
officiellement province impériale de rang militaire par Claude Ier successeur de Caligula. Seul le nord-
ouest du Maroc actuel est effectivement sous domination romaine, le reste du territoire étant
contrôlé par des tribus indépendantes, notamment gétules comme celle des Autololes. Les
Romains fondent des colonies prospères à Volubilis (non loin de l'actuelle Meknès), ainsi
qu'à Banasa et à Thamusida dans la plaine du Gharb. Néanmoins la capitale administrative
demeure Tingis (future Tanger), siège du procurateur, le gouverneur de la province qui a le statut
de chevalier romain. Une grande autonomie est accordée aux tribus les plus loyales, notamment
aux Baquates (comme en témoignent les fameuses tables de Banasa), mais la constante
pression des peuplades méridionales puis les crises internes à l'Empire auront progressivement
raison de la Maurétanie tingitane. À la fin du IIIe siècle sous le règne de Dioclétien la province est
réduite à la région de Tingis et de Ceuta, à Sala (actuelle Salé) et aux Îles
Purpuraires de Mogador, puis rattachée au diocèse d'Hispanie et donc incluse dans la préfecture
des Gaules.