Vous êtes sur la page 1sur 1

Bertrand Tavernier, « 

the quiet man »

C’est avec une grande tristesse que la SRF a appris la disparition de Bertrand
Tavernier. Il représentait une figure chère, celle du cinéaste-grand cinéphile
dont on ne sait plus si l’idée première qui préside à la fabrication de ses films
est une idée de cinéma ou une idée de sujet - et en ces temps où « l’idée du
sujet semble terrasser toutes celles qui osent ne se reposer que sur les pieds de
cristal de l’art, c’est précieux. Etre un cinéaste français, c’est attaquer des
sujets propres au pays, souvent des sujets de « province » (« L’horloger de
Saint-Paul »), des sujets sociologiques (« L’appât »), ressortissant à la grande
manière du patron Renoir (« Un dimanche à la campagne »), ou à lh’istoire des
guerres. Le goût des grands sujets français s’accompagnaient chez lui d’une
promotion, a contrario, des « parias marginaux » de la culture étrangère  che
qui se logent violence, rebellion ou art caché : adapter Jim Thompson, filmer le
jazz comme une musique anti establishment, ou encore repêcher Cottafavi
oublié du cinéma présent. s Ses acteurs de prédilection, Noiret et ses manières
faussement bonhommes, Sabine Azéma abeille piquante, racontaient eux aussi
une certaine façon française. Films très français, et cinéphilie pourtant très
américaine, un faux paradoxe que les cinéphiles surent résoudre : aimer le
cinéma américain, c’est surtout ne pas l’imiter, mais. Il déploy sa cinéphilie
dans sa grande œuvre écrite, du très précieux dictionnaire du cinéma américain
où le,pointillisme des analyses s’accompagnait d’une souplesse des gouts (ainsi
le fameux et unique exerce de « rrévaluation » d’une ouvre), et le magnifique
Amis Américains. Lorsqu’on pense à lui, on pense au personnage secret de La
Princelle de Montpension, non pas le beauw ducs bondissantes, mais l’abbé qui
sait accomapgner l’a princesse de so obsitination et sa réserve.