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UNIVERSITE LOYOLA DU CONGO

FACULTE DE PHILOSOPHIE SAINT PIERRE CANISIUS


KIMWENZA
____________________________________________________

Kimwenza-Commune de Mont-Ngafula
B.P. 3724 KINSHSA-GOMBE
RD.CONGO

Travail Pratique de l’Histoire de l’Afrique et du Congo

THEME : PROBLEMATIQUE DE L’INSTABILITE DES


SYSTEMES POLITICO-ECONOMIQUES AFRICAINS

Auteur : Professeur :
BANGIRINAMA Joël Prof. Alain F. N’KISI
Premier Graduat

Année Académique 2019-2020


1

INTRODUCTION

Les systèmes politiques et économiques connaissent des moments de crise dans


plusieurs sociétés et Etats africains. Cette crise est souvent accompagnée de violences,
détournement et corruption de tout genre. Aujourd’hui, quand on parle de violence en
Afrique, nombreux sont ceux qui comprennent la violence sous l’angle politique en ne
pensant qu’aux coups d’Etats militaires qui s’accompagnent de la perte des vies humaines.
Par détournement et corruption, nous comprendrons la mauvaise orientation et gestion des
deniers publics.

Ainsi, étant une dimension importante d’une société, la politique recouvre tout ce qui a
trait au gouvernement d'une communauté ou d'un Etat : Elle englobe l'art et la manière de
gouverner , l'organisation des pouvoirs, des affaires publiques , les actions prévues ou mises
en œuvre par une institution, des organisation, des partis, un Etat, une entreprise, un
individu... en vue d'atteindre un objectif fixé auparavant. Une bonne politique favorise le
progrès économique d’un Etat.

Pour analyser les systèmes politiques et économiques en Afrique, il est nécessaire que
nous faisons nôtre la vision de l’Afrique selon le Professeur Mumbanza. Ainsi, pour lui,
l’Afrique est le continent des dictatures militaires et civiles, des monarchies présidentielles,
des coups d’Etats et des rébellions interminables ; elle est le continent où les mandats
politiques constituent la principale source d’enrichissement ; elle est le continent des réfugiés
politiques et des déplacés de guerres qui vivent dans les conditions effroyables. Elle est donc
le continent où le fonctionnement des services judiciaires laisse beaucoup à désirer. De suite,
l’Afrique est non seulement le grand réservoir des matières premières mais aussi le continent
du sous-équipement scientifique et technologique, ce qui prouve son incapacité à bénéficier de
la richesse de son sous-sol. C’est pour cela qu’elle est le continent où le secteur économique
est très malade et le restera longtemps1.

L’avenir de la situation politico-économique africaine ne peut pas évoluer


considérablement si nos leaders africains continuent de vivre dans la paresse, le manque de
vision et d’initiative, l’égoïsme, le complexe d’infériorité, les détournements et les gaspillages
qui sont des maux qui maintiennent les Africains dans la souffrance et la faillite de

1
J. E. Mumbanza, notes de cours d’histoire de l’Afrique et du Congo, ULC, 2018-2019, p. 5-10
2

l’économie depuis plus de cinq décennies des indépendances. La problématique n’est donc
pas de chercher les auteurs en dehors du continent mais de trouver le problème au cœur de
l’Afrique et des Africains.

Loin de se limiter à des spéculations, notre travail se propose d’aborder en long et en


large la crise politique en Afrique pour en dégager certaines causes et différents mode
d’accession au pouvoir. Et puis, nous verrons la manière dont on peut comprendre la situation
contrastée de l’économie africaine et en fin, notre travail donnera des pistes des solutions qui,
à base des aspirations et réalités en tant qu’Africain, pourraient aider l’Afrique à sortir de
l’instabilité qui la ronge vers un développement global.
3

I. LA CRISE POLITIQUE AFRICAINE

L’instabilité politique en Afrique n’a autres problèmes que purement historiques.


L’Afrique apparaît comme la « région du monde la plus affectée par les luttes armées ou les
crises politiques porteuses de germes de guerre 2 ». Certains historiens accusent les acteurs
politiques africains3 d’être la source des troubles qui hantent le continent. Nous devons
l’avouer, l’Afrique est habitée par un mal commun à tous les pays du continent : le problème
des institutions4. En effet, il ya un chemin à parcourir pour stabiliser le continent. Par la
moyenne d’une cinquantaine d’années après les indépendances, nous voyons que les
dirigeants commandent dans la logique où le plus fort a toujours raison. Ils veulent exiger des
partis uniques, mieux la dictature pour faire taire l’opposition. C’est cela qui engendre des
troubles partout quand un Président quelconque veut rester au pouvoir à tout prix.

I.1. Les causes de l’instabilité politique.


Depuis la lutte pour les indépendances, des politiciens promettaient aux peuples des
choses qu’ils feront pour eux une fois le Colon chassé. Les citoyens espéraient un grand
changement car, il nous semble, le Noir voulait se libérer de l’esclavage. A la déception,
durant les premières années des indépendances, beaucoup étaient ceux qui disaient qu’ils
étaient mieux traiter par le pouvoir colonial . Un petit groupe prenait toutes les richesses du
pays et les politiciens se disputaient pour des intérêts personnels. Par exemple, au Congo, les
militants pour l’indépendance avaient promis une mécanisation agricole, avec l’aide des
tracteurs, chose qui n’a pas été faite. Pour cette cause, « les espoirs nés de l’indépendance,
espoir immense d’une liberté et du mieux-être, étaient déçus. L’impôt n’a pas été supprimé,
pas de plein emploi ni d’africanisation des cadres »5.

En plus de cela, il y avait toujours la nécessité des Blancs pour gouverner les pays
africains, faute de manque des cadres formés, car ces derniers n’occupaient que des places
subalternes pendant la colonisation. Il y avait la carence des Africains qui pouvaient assurer
les grandes postes dans la politique. Ce refus n’a pas plu à certains groupes qui espéraient des

2
Anatole Ayissi, « Le défi de la sécurité régionale en Afrique après la guerre froide, vers la diplomatie
préventive et la sécurité collective », Travaux de recherche de l’UNIDIR, New York et Genève, no 27, 1994, cité
dans D. Bach et L. Sindjoun, « Ordre et désordre en Afrique », Polis, Revue camerounaise de science politique,
vol. 4, no 2, 1997, p. 3-18, www.polis.sciencespobordeaux.fr/vol4n2/intro.html.consulté le 04/05/2020 à 22h00
3
J.P.Mumbanza, Op.Cit., p.183
4
Ibid.
5
Alain Nkisi, notes de cours d’histoire de l’Afrique et du Congo, ULC, 2019-2020, p. 8
4

places6 dans le nouveau gouvernement. Ce qui a engendré des divisions au sein des clans,
ethnies et tribus, etc.

Pourtant, les groupes qui se sentaient marginaliser ou priver du pouvoir voyaient une
manière de discrimination car ceux qui étaient à la tête agissaient en faveur de leurs tribus ou
leurs régions, mais pas à toute la population. C’est cela qui a fait qu’au Congo, les réalités
politiques deviennent de plus en plus des préoccupations tribales, régionales ou ethniques
jusqu’aujourd’hui, soixante ans après. D’où certaines régions qui réclamaient leurs
indépendances.

Par ailleurs, il nous convient de mentionner le non-respect des écrits. La plupart des
politiciens africains, une fois arrivés au pouvoir, veulent se considérer comme des héritiers et
cherchent par tous les moyens de changer la constitution en leur faveur. Pour cette cause, les
partis politiques ou groupes mécontents exhortent le citoyens à des manifestations au cours
desquelles il ya les pertes de vies humaines, les démolitions de certaines infrastructures, les
incendies, etc., ce qui est un impact pour un développement durable. Tous ces troubles sont
dus par le fait que la manière d’accéder au pouvoir est injuste, raison pour laquelle ils veulent
s’éterniser au pouvoir.

I.2. Mode d’accession au pouvoir en Afrique


L’Afrique est caractérisée par des troubles sans non. Si l’on regarde de près, cinq
décennies se sont écoulées sans qu’il y ait des institutions politiques stables et un
développement remarquable dans tout le continent. C’est pourquoi le bilan d’après les
indépendances en Afrique se montre négatif. Le désordre continu est devenu une habitude
dans la vie politique en Afrique. Sur cela, nous remarquons qu’« une continuité relative ne
s’observe que là où les dictateurs ont réussi à bloquer les structures en leur faveur pendant des
décennies »7.

Depuis les indépendances, une instabilité politique se remarque dans tout le continent.
Elle se manifeste sous plusieurs formes : les mouvements de sécessions, les rebellions qui
sont partout en Afrique, des actions terroristes qui créent l’insécurité en vue de faire échouer
les institutions en place. Ainsi donc, les politiques, pour faire face à cela, s’engagent à la
chasse à l’homme et prennent des mesures drastiques pour renforcer leur sécurité personnelle.

6
Donald Horowitz, cité par Gazibo, Mamoudou in Introduction à la politique africaine. Montréal : Presses de
l’Université de Montréal, 2010. p.117-137. Web. http://books.openedition.org/pum/6371 consulté le05/07/2020 à
09h00.
7
J.P.Mumbanza, Op.Cit., p.181
5

Ces mesures ne favorisant pas les populations, les poussent à vivre dans une peur chronique.
Ce qu’il faut savoir, c’est que ces divisions et luttes armées internes ont vu le jour dès les
débuts des indépendances dans certains pays africains. Parmi les plus connus après le départ
du Colonisateur, nous retenons le mouvement de sécession des années 1960 dans le Katanga
en République Démocratique du Congo, le coup d’Etat de 1966 au Burundi, juste 3 ans après
l’indépendance pour ne citer que ceux-ci.

Ensuite, nous certifions que l’Afrique a été un champ de batailles où se forment les
rébellions et un abattoir pour tant des peuples. La République Démocratique du Congo est la
première à avoir connu des rébellions les plus meurtrières. L’on dénombre d’un million de
victimes de 1963 à 1965 et quatre millions de 1996 à 2003. C’est cette dernière qui a fait
participer plusieurs pays d’Afrique. A côté du Congo, le Rwanda a connu le génocide perpétré
en 1994 qui a tué près d’un million de mort, le Burundi a eu des crimes en 1972 et 1993 dont
des milliers ont perdu la vie, la Somalie, le Bénin en 1996 après les élections, le Tchad, le
Soudan, etc. font parties des pays qui ont été le plus menacés.

Du côté des Coups d’Etats, il est à noter que près des ¾ des pays africains ont été
touché. Dans le tableau des chronologies des principaux conflits d’Afrique subsaharienne, ,
nous soulignons que le Burundi, le Burkina Faso, le Nigeria, le Ghana, le Bénin, le Tchad, la
Centrafrique et l’Ouganda prennent les devants8. De suite, si l’on ajoute des tentatives ratées,
la liste serait longue. Mais tout cela a occasionné beaucoup de troubles.

Cependant, les conséquences de ces désordres sont très lourdes et emboitent la vision
vers une Afrique stable. La perte des vies humaines vient au premier plan ; ensuite, des
réfugiés sans nombre dans des Pays limitrophes et d’autres réfugiés politiques qui fuient
totalement le continent dont parmi lesquels figurent les cerveaux qui contribueraient au
développement. Leurs départs laissent un trou vide dans le pays. En plus de cela, nous ne
pouvons pas oublier de mentionner la destruction des infrastructures dont la plupart et les plus
solides sont l’héritage de la colonisation.

En fin, la plupart des leaders politiques et administratifs africains sont des hommes qui
font de leurs intérêts personnels une priorité et qui s’offrent mutuellement des pots de vin
pour se soutenir au détriment de la grande majorité qui souffrent. Tout compte fait, l’Afrique
doit continuer de vivre malgré les problèmes politiques qui l’emboitent. Pour un

8
Gazibo, Mamoudou. Introduction à la politique africaine. Montréal : Presses de l’Université de Montréal,
2010. p.117-137. Web. http://books.openedition.org/pum/6371 consulté le05/07/2020 à 09h00.
6

développement meilleur, il fallait que les intellectuels africains réfléchissent sur les vrais
problèmes de leur pays, l’instauration des lois qui redressent les dirigeants penchés dans le
mal ainsi que l’interprétation positive de ces lois en vue d’éclairer les politiciens. Ces derniers
pourront promouvoir l’éducation de la jeunesse, force et l‘avenir d’une nation, ainsi que les
classes paysannes et ouvrières en vue d’une bonne intégration économique. Car, selon le
rapport sur le développement humain 2006 du PNUD « L’insécurité liée aux conflits armés
demeure un des plus grands obstacles au développement humain. Il s’agit tant de la cause que
de la conséquence de la pauvreté de masse »9.

II. COMPREHENSION CONTRASTEE DE LA CRISE ECONOMIQUE DE


L’AFRIQUE

II.1. Bilan économique de l’Afrique postcoloniale


Lorsque nous parlons de l’économie de l’Afrique postcoloniale, nous faisons allusion
à l’économie moderne qui nous vient de l’Occident. Celle-ci est en lien avec
l’industrialisation. L’Afrique a donc quitté son économie traditionnelle pour la pratique de
l’économie moderne. Les multinationales qui œuvrent dans l’extraction minière ont toujours
voulu développer des secteurs visant les besoins des industries européennes. Ainsi, ces
dernières font de l’Afrique un marché de leurs produits finis.

Pourtant, les anciennes puissances coloniales utilisent tous les moyens possibles pour
garder leurs zones d’influences sur le progrès des pays africains. Nous devons l’avouer, ce qui
se poursuit actuellement, c’est la continuité des techniques mis en place pendant la
colonisation. Faute de maque d’industries de transformation, l’Afrique continue de donner ses
matières premières à des industries étrangères qui fixent des prix qu’ils veulent et à son tour,
l’Afrique s’appauvrit en achetant des produits manufacturés et alimentaires dont nous ne
savons pas le contenu. Jusqu’à maintenant, l’Afrique est incapable seul de nourrir sa
population alors que de vastes terres incultes restent inoccupées.

II.1.1. Secteur minier


Les multinationales qui s’occupent de l’exploitation des matières premières ont une
emprise totale sur le pouvoir politique. Ces exploiteurs corrompent les autorités locales en
leur donnant des sommes insignifiantes. Ils signent des accords qui vont indirectement
pousser le pays à perdre beaucoup de bénéfices sur ses propres richesses.

9
PNUD, Rapport mondial sur le développement humain 2005, p. 162.
7

Cependant, ce sont ces étrangers, soutenus par des gouvernements, qui créent des
troubles pour s’accaparer des richesses africaines. Par exemple, nous parlons du pétrole en
Lybie, l’Uranium, Cuivre et le diamant en République Démocratique du Congo qui ont été à
la base des troubles causées par les puissances qui les exploitent.

Les pays de l’Occident se sont toujours considérés comme ceux qui ont la dernière
parole sur les dirigeants africains. Ceux-ci doivent faire tout pour plaire à leurs maitres. Est-ce
cela que l’on peut appeler être leader ? Pas du tout. Un vrai leader est celui qui risque sa vie
pour le bien de son peuple. Telle sont les figures de Thomas Sankara et Nkwameh Nkrumah
qui ont pu résister à la pression européenne.

Ayant vu que l’extraction minière est la principale activité industrielle en Afrique, il


faut une formation « des cadres supérieurs qui pourront prendre une part active et déterminer
les quantités réelles produites et les revenus importants qui nous échappent dans ce
secteur »10.

Sans s’arrêter sur les secteurs miniers, d’autres secteurs qui nécessitent
l’industrialisation ont besoin des spécialistes éclairés qui peuvent guider les autres dans la
bonne marche vers le développement. Tels étaient les propos soutenus par les Professeur
Malu Wa Kalenga à l’époque de la République du Zaïre11.

II.1.2. Secteur agricole


Dans le domaine de la production agricole, l’Afrique souffre beaucoup. On assiste à la
faiblesse de la production alimentaire qui n’arrive pas à satisfaire les besoins de la population.
Des spécialistes affirment que la production alimentaire en Afrique représente le tiers des
besoins12. Sur cela, nous comprenons qu’il faut tripler les efforts pour satisfaire nos besoins.

Toutefois, les Africains sont capables de subvenir à leurs besoins. Ce qui leur maque
c’est l’encadrement et l’organisation. L’Afrique est le continent où l’on trouve des déserts et
des steppes, des savanes, des forêts et des cours d’eau favorisant un climat diversifié et
favorable pour toute sorte de culture. Cela dit, la nécessité reste celle de reconvertir les
économies agricoles de nos pays pour faire face aux déséquilibres imminents qui nous
désagrègent. La paraisse l’improductivité de l’Afrique se montre par le fait que le taux de
consommation13 est visiblement supérieur au taux de production.
10
J. E. Mumbanza , Op.Cit., p.234
11
Idem, p. 237
12
Idem,p. 235
13
R. Dumont, Afrique noire développement agricole, Paris, P.U.F, 1962, p. 7
8

Ainsi, l’Africain doit faire un panorama de son histoire depuis les temps les plus
reculés jusqu’à nos jours, en insistant bien entendu, sur les points jugés importants. Il lui faut
une conscience pour s’extirper de sa situation merdique. Cette conscience est voulue dans
toutes ses perceptions possibles. D’une part, il faut éveiller l’esprit participatif du travail.
Chacun de nous doit penser la stabilité de l’Afrique. Oser le faire est donc synonyme de
mettre à côté tout ce qui entrave notre liberté à jouir des opportunités que nous offre notre
continent, nos pays, nos terres ou nos villages.

Pour se nourrir, l’Afrique n’a pas besoin des aliments importés, car chaque coin habitable
de l’Afrique a ses valeurs nutritives qui lui sont applicables. Selon la table de composition des
aliments à l’usage de l’Afrique que nous trouvons dans la Bibliothèque Saint Pierre Canisius,
nous nous rendons compte que l’alimentation de l’Afrique est composée essentiellement de :
- Céréales14 : mils, millets, blé, maïs, sorgho, … ;
- Racines, tubercules, et fruits à fécule 15 : Banane douce, igname, macabo, manioc,
patate douce, pomme de terre, … ;
- Légumineuses16 : acacia, arachide, fève, haricot, niébé, pistache, … ;
- Noix et graines17 : Abricot d’Aurifique, dattier, coton, …;
- Fruits18 : Abricot, avocat, cantaloup, Caroube, Cerise du Sénégal, citron, corossol,
datte du désert, Figue, Fraise, framboise, goyave, grenade, Jujube de Mauritanie,
mandarine, mangoustan, mangue, ananas, pomme-cannelle du Sénégal, prune de
Madagascar, etc.

Le secteur agricole ne peut être élevé que si les gouvernements africains arrivent à
comprendre que seuls les travaux productifs nous rendront autonome et nous redonneront de
l’estime et de la valeur. Pour cultiver la terre, nous n’avons pas besoin d’une expertise
extérieure pendant qu’il y a une multitude de faculté des sciences agrovétérinaire dans nos
pays.
De même, il faut une production dans tous les secteurs, qu’il soit énergie, industrie,
commerce, élevage, pêche, tourisme, culture et art, sport tout en privilégiant les plus urgents,
car il est possible de tout démarrer, mais pas à la même vitesse.

14
FAO, Table de composition des aliments à l’usage de l’Afrique, pp. 6-21
15
Idem, pp. 22-28
16
Ibid., pp. 28-37
17
Idem. pp. 38-47
18
Idem. pp.48-95
9

Pour en finir, nous pouvons dire que parler du développement sans évoquer une bonne
gestion des affaires serait vaine. Beaucoup de nos Etats africains ne possèdent pas des cadres
formés en la matière pour arriver à la maîtrise de ce qu’ils font. C’est sur cela qu’est
confrontée nos réalités économiques. Plusieurs de nos secteurs comme la douane, les services
des impôts, les cours des comptes ont été longtemps critiqués par leur manque de
transparence. Ce sont les dirigeants qui nomment leurs membres de familles, des amis, etc.
sans compétences, ce qui engendrent des détournements et corruption sous protection de ceux
qui les ont nommés.

I.2. La place du travail


Quand nous parlons de travail, nous parlons de la créativité multisectorielle. Un travail
imposant doit être fait dans les domaines routiers pour faciliter le transport des produits et
électricité pour alimenter afin d’éviter les arrêts de production, mais aussi épargner les
entreprises des coupures de courant qui conduisent la quasi-totalité des entreprises à acheter
les générateurs de secours.

Notre densité de population est une source indubitable de développement. Si les


conditions de santé sont réunies, si l’éducation est bien orientée vers la pratique de ce qu’on
apprend, c’est-à-dire fait asseoir une formation solide, c’est alors que cette population
représentera effectivement le premier instrument de développement. C’est cela investir dans
l’homme19.

Les gens se sont habitués à la paresse à telle point que même leur santé physique a
oublié qu’elle doit se ravitailler en faisant l’exercice physique. Le travail doit donc être
quelque chose qu’on inocule dans nos systèmes éducatifs. Il faut que chacun soit responsable
de l’avenir de l’Afrique, il faut que tous, sans distinction de caste, nous soyons productifs
dans nos milieu de vie et de travail. Tout le monde, sans exception. Que ceux qui sont rêveurs
soient le signes d’intelligence et de créativité dans leurs rêveries ; que les sanguins mettent
leurs forces dans l’action et dans l’accompagnement des travaux, que les colériques soient
agressifs au travail et ravivent l’espoir à ceux qui se sentent débordés par des émotions de
découragement. C’est un ainsi qu’on peut espérer une société travailleuse et respectueuse.

19
Banque Mondiale, « L’Afrique subsaharienne : De la crise à une croissance durable », Washington, D. C, pp.
76-106
10

III. POUR UNE CROISSANCE DURABLE DE L’AFRIQUE

III.1. Organisation politique et économique de l’Afrique

III.1.1. Sur le plan politique


Après plusieurs années sous domination, nous pouvons parler de la récupération d’une
véritable indépendance, chose qui est lointaine de la réalité. Nos leaders intellectuels semblent
se gager dans des chemins souvent douteux jusqu’au moment où les masses populaires non
instruits « comprennent à peine tout ce qui se passe dans cette grande comédie qu’est la
politique en Afrique »20. Cela demanderait certainement d’un renforcement de l’unité des
peuples africains. Pour lutter contre l’échec qui est souvent remarquable après des décennies
d’indépendance, nos politiques devront quitter la voie de l’incertitude pour embrasser le
chemin de la transparence car, ils agissent par ignorance et prennent des décisions sans tenir
compte des réalités présentes et l’expérience du passé21.

Cependant, nous devons l’avouer, nos Etats sont encore jeunes et sont en cours de
construction. Ceci dit, il est impératif d’affirmer qu’il ya un besoin fondamental des
spécialistes dans ce domaine important qu’est la politique. C’est à eux que revient le devoir de
construire des institutions solides qui incarnent une vraie indépendance des nations, signe de
liberté et d’égalité entre les citoyens. C’est cela qui aidera les citoyens à résister à l’influence
intérieur, voire extérieur.

En plus de ce qui vient d’être dit, toutes les autorités politiques devraient prendre
l’avenir de notre continent en main. De ce fait, l’« Afrique cessera d’être une terre des
dictatures pour devenir un champ fertile pour la démocratie, un champ fertilisé par ses propres
traditions et par les expériences étrangères »22.

Néanmoins, un pays ne peut pas être développé sans que toute la population soit
impliquée. C’est pourquoi il faut une véritable instruction et formation patriotique des chefs et
des citoyens. C’est cela qui est vu dans les débuts de certains leaders que l’on croit
encourageant. Ainsi, les Présidents Mobutu du Congo et Thomas Sankara du Burkina Faso
pour ne citer que ceux-ci sont l’exemple de ceux qui ont appelé leurs citoyens à faire un retour
aux champs et le travail manuel.

20
J.E.Mumbanza, Op.Cit, p.12
21
Ibid.
22
J.E.Mumbanza, Op.Cit,p. 12
11

III.1.2. Sur le plan économique et industriel


Le sous-développement est connu comme un mal qui ronge l’Afrique. Sur cela, notre
continent africain doit prendre conscience que le progrès scientifique qui est la source du
développement lui est étrangère. Ce qui nous est demandé comme africain est de les adopter
pour en tirer profit. Ainsi, on supposera que « les Africains se préoccupent personnellement
du problème et qu’ils s’offrent dès maintenant des moyens de le faire au lieu de se contenter
des ˝bons conseils ̏ reçus des techniciens universels qui échangent leur ˝savoir ̏ contre
l’exploitation »23.

La production agricole, miniers et autres domaines souffre faute du manque


d’industries de transformation que la nouvelle technologie nous a imposé. Cette dernière est
survenue depuis que l’Afrique a ouvert ses portes, d’où la dépendance dans presque tous les
domaines. Depuis l’arrivée des colonisateurs, les Africains ont croisé les bras pensant que le
Blanc va faire tout pour lui. Mais leur départ a prouvé le contraire. Il suffirait seulement de
poursuivre les efforts fournis et d’impliquer d’autres secteurs pour un développement rapide.
Tout cela s’inscrit dans la tâche des Ministères de l’Agriculture et du développement rural 24.
Ceux-ci disposent de tous les moyens nécessaires pour amener le continent vers un progrès
remarquable. De toutes les façons, la tâche la plus importante consiste à la bonne organisation
de toutes les activités économiques dans leur différence. Cette organisation nécessitera la
participation des spécialistes, des scientifiques des économies modernes.

III.2. L’idéal d’une société africaine sans corruption


La formation de l’élite est à la base du développement d’une nation. Le niveau bas de
formation des décideurs africains est toujours à la base de l’instabilité dans presque tous les
domaines. En matière de décisions, on remarque que « parmi les facteurs endogènes qui
expliquent la révision ou l’inexécution des décisions politiques en Afrique […] sont prises
sans qu’on ait auparavant fait l’étude des fins à atteindre et des moyens à employer pour les
atteindre »25.

Ainsi, certains dirigeants pensent qu’il faut résoudre les problèmes de leurs pays en
faisant recours à l’étranger. Ils passent leurs temps à courir derrière les autres qui sont très
avancés en oubliant que les Occidentaux ne viendront pas résoudre nos problèmes. Cela
conduit au manque d’informations suffisantes pour une prise des décisions concernant la

23
Idem, p. 13
24
J.P.Mumbanza Op.Cit. p.13
25
M.NGASHA, M.SINONDA, M.NKUSO, op.cit.p111
12

situation socio-politique : d’où les décisions précoces. Certains prennent des décisions
symboliques pour gagner la doxa (l’opinion publique) ou satisfaire une partie ou certaines
catégories sociales. Ces décisions restent classées dans les bureaux parce que non seulement
qu’ils ne veulent pas l’exécution, mais aussi parce qu’ils n’y croient pas 26. C’est le cas de la
gratuité de l’éducation en République Démocratique du Congo qui reste une utopie.

Sur toute la planète, l’Afrique reste le continent qui possède un nombre important des
pays considérés comme les plus pauvres. L’indice du développement humain en a démontré.
Les revenus de plusieurs pays africains sont très faibles et même les conditions de vie sont
inhumaines pour certains. La consolidation des conditions de vie implique une bonne
organisation et des techniques. Mieux, c’est une question de prendre conscience de ce que
l’on fait pour le bien des autres. Tout prend l’origine dans la colonisation où les Maitres
réduisaient en esclavages les Noirs, ce qui continue aujourd’hui sans se soucier des autres.
D’où l’injustice sociale qui a besoin d’être combattu. Cela nécessite des institutions juridiques
indépendantes.

III.3. Lutte contre l’impunité


En Afrique, être à la tête des autres est devenu comme un privilège. Pour la plupart de
nos dirigeants, l’accès à un poste engendre l’enrichissement sans cause au mépris des
citoyens. Les dirigeants utilisent les agents de sécurité pour réduire au silence la population.
Cette mauvaise gestion de nos Etats par les dirigeants est souvent due à la no-maîtrise des
techniques qu’il fallait ainsi que l’esprit égoïste de vouloir jouir seuls des richesses du
continent.

En effet, les conditions de la bonne gouvernance et d’une justice pour tous sont des
lignes qui peuvent guider la population africaine vers un engagement dans la bonne éducation
et la mise en place des institutions politiques strictes. Ainsi, nous remarquons que « les
détournements des fonds publics et la corruption se poursuivent à cause de l’impunité dont
jouissent les coupables. Ils agissent d’ailleurs assez souvent sous les ordres de ceux qui les
couvrent »27.

Toutefois, la population africaine doit chercher à se constituer des institutions


juridiques indépendantes pour éviter les abus du pouvoir et l’arbitraire. A la manière d’autres
continents, les africains ont besoin de la lutte syndicale stricte, la société civile, et des partis

26
Ibid.
27
J.P.Mumbanza, Op.Cit, p.15
13

politiques qui luttent pour le bien du peuple. Ainsi, on luttera contre l’ignorance qui est habité
par nos peuples par le biais de l’éducation et l’instruction en vue d’exhorter tout le monde à
participer dans l’amélioration et la promotion des bonnes conditions de vie.

CONCLUSION
Somme toute, nous venons de voir et comprendre les grandes lignes des problèmes qui
sont à la base de l’instabilité politique et économique en Afrique. Ces problèmes prennent
naissance dans la mauvaise gouvernance des institutions dont les dirigeants ne s’occupent que
des intérêts égoïstes en dépit de ceux qui les ont mis en place directement ou indirectement.

Il faut que nos sénats, assemblées nationales en collaboration avec les ministères de
finance, budget, économie, intérieur, justice, agriculture pêche et élevage, industrie et
transformation, plan, affaire sociale, affaires étrangères se rencontrent dans un congrès où ils
se réaliseront des pertes énormes de l’Afrique vis-à-vis de son manque de travail. Mais,
surtout évaluer si nous avons raison de continuer notre destinée dans la mendicité
intercontinentale. Il suffit de mettre des structures de production en place pour qu’il y ait une
autosuffisance alimentaire en Afrique.

Pour relever les défis, un long chemin reste à parcourir et des efforts doivent être
fournis. A coté des moyens nécessaires pour y arriver, un accent particulier doit être mis sur la
compétence, la volonté ou l’engagement, l’honnêteté28 et l’amour de la nation. Sans toutes ces
qualités ci-hauts citées, la gestion politique et économique restera déficiente et constituera une
des raisons fondamentales de l’instabilité politico-économique de l’Afrique car, il n’y aura
plus de la prudence et la prévision dans l’organisation des Etats Africains.

28
Idem, p.189
14

BIBLIOGRAPHIE

TABLE DES MATIERES


INTRODUCTION......................................................................................................................2

I. LA CRISE POLITIQUE AFRICAINE...................................................................................3

I.1. Les causes de l’instabilité politique..................................................................................3

I.2. Mode d’accession au pouvoir en Afrique.........................................................................4

II. COMPREHENSION CONTRASTEE DE LA CRISE ECONOMIQUE DE L’AFRIQUE..6

II.1. Bilan économique de l’Afrique postcoloniale.................................................................6

II.1.1. Secteur minier...........................................................................................................7

II.1.2. Secteur agricole.........................................................................................................7

I.2. La place du travail.............................................................................................................9

III. POUR UNE CROISSANCE DURABLE DE L’AFRIQUE..............................................10

III.1. Organisation politique et économique de l’Afrique.....................................................10

III.1.1. Sur le plan politique...............................................................................................10

III.1.2. Sur le plan économique et industriel.....................................................................11

III.2. L’idéal d’une société africaine sans corruption............................................................11

III.3. Lutte contre l’impunité.................................................................................................12

CONCLUSION.........................................................................................................................13

BIBLIOGRAPHIE....................................................................................................................14
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TABLE DES MATIERES........................................................................................................14

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