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I.H.E.

C
CES DE REVISION COMPTABLE
NORMES COMPTABLES

LES PLACEMENTS
( NCT 07 )

I. GENERALITES

La norme NCT 07 désigne par placement tout actif détenu par une entreprise dans le but
d’en tirer des revenus (sous forme d’intérêts, de dividendes, …), des gains en capital ou
d’autres bénéfices tels que ceux résultant de relations commerciales.

Cette norme distingue entre les placements à court terme et ceux à long terme :

1. Un placement à court terme est un placement qui, par nature, est réalisable à brève
échéance et que l’entreprise n’a pas l’intention de conserver plus d’une année.

Un placement à court terme présente les caractéristiques suivantes :

▪ Il doit être susceptible de réalisation rapide, c’est-à-dire que l’on doit prévoir que
le placement sera vendu facilement dans un délai d’un an, sans entraîner de frais
considérables ;

▪ Il doit être détenu avec l’intention d’être converti en liquidités dans un délai d’un
an. On considère qu’il y a intention lorsque l’objet de l’opération de placement est
de constituer une réserve de fonds en cas de besoin. Les liquidités que l’entreprise
ne nécessite pas immédiatement doivent être placées dans divers titres ou dans
d’autres biens afin de réaliser un meilleur revenu.

La période de détention d’un placement à court terme dépasse, dans certaines


circonstances, un an sans que l’intention de l’entreprise change.

2. Tout placement qui ne répond pas à cette définition est considéré comme étant à long
terme.

L’investissement dans des placements à long terme sert à augmenter le bénéfice :


- par l’encaissement de dividendes ou d’intérêts ;
- par l’augmentation de la valeur des titres ;
- ou indirectement, par la création de bonnes relations entre les sociétés qui
dépendent de l’influence et du contrôle qu’exerce la société qui investit.
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II. CLASSEMENT COMPTABLE

25. Participations et créances liées à des participations

251. Titres de participation (actions, certificats d’investissement si l’acquéreur est


titulaire d’actions antérieurement à l’émission et il y souscrit, parts sociales, …).
259. Versements restant à effectuer sur titres de participation non libérés.
Constituent des titres de participation les titres dont la possession durable est estimée
utile à l’activité de l’entreprise, notamment parce qu’elle permet d’exercer une influence
sur la société émettrice des titres ou d’en assurer le contrôle.
Il en résulte soit une prise de contrôle, soit une prise de participation :
Prise de contrôle : L’entreprise acheteuse des titres désire dans ce cas exercer une
influence déterminante sur la gestion de la société concernée par l’intermédiaire de
représentants dans les organes de gestion (administrateurs, …).
Prise de participation : L’entreprise recherche dans ce cas la création de liens durables
avec la société émettrice dans le but d’obtenir des avantages divers, particulièrement
d’ordre économique, par exemple des relations commerciales privilégiées. Cependant, la
prise de participation ne se traduit pas nécessairement par une influence directe sur la
gestion de la société émettrice, la fraction de capital détenue n’étant pas toujours
significative de l’objectif économique recherché.
256. Autres formes de participation (participation dans un groupement d’intérêt
économique, …).
257. Créances rattachées à des participations (créances nées à l’occasion de prêts
octroyés à des entreprises dans lesquelles le prêteur détient une participation, c’est-à-dire
titres de participation et autres formes de participation).
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26. Autres immobilisations financières

261. Titres immobilisés – droit de propriété (actions, …).


269. Versements restant à effectuer sur titres immobilisés non libérés.
262. Titres immobilisés – droit de créance (obligations, bons, …).
Il s’agit de titres, autres que les titres de participation, que l’entreprise a l’intention de
conserver durablement, c’est-à-dire qu’elle n’a pas l’intention ou la possibilité de
revendre. Ils sont représentatifs de parts de capital ou de placements à long terme. Il
s’agit le plus souvent de titres dont la détention durable est subie plutôt que voulue (par
l’effet de contraintes juridiques par exemple).
264. Prêts non courants (prêts participatifs, prêts aux associés, prêts au personnel, …).
------------------------------------------------------------------------------------------------------------

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295. Provisions pour dépréciation des participations et des créances liées à des
participations.
297. Provisions pour dépréciation des autres immobilisations financières.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
454. Dettes sur acquisitions de valeurs mobilières de placement.
455. Créances sur cessions de valeurs mobilières de placement.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

516. Echéances à moins d’un an sur prêts non courants.


518. Intérêts courus.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
52. Placements courants

523. Actions (cotées, non cotées).


529. Versements restant à effectuer sur valeurs mobilières de placement non libérées.
524. Autres titres conférant un droit de propriété.
525. Obligations et bons émis par la société et rachetés par elle.
526. Obligations.
527. Bons du Trésor et bons de caisse à court terme.
528. Autres placements courants et créances assimilées (intérêts courus sur obligations
et bons, dividendes à recevoir sur actions, …).
Les placements à court terme sont, par nature, rapidement réalisables et il est prévu de les
détenir pour un an au plus. Il s’agit, le plus souvent, de titres acquis en vue de réaliser un
gain à brève échéance.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
592. Provisions pour dépréciation des placements courants.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
627. Frais sur titres (achat, vente, garde).
653. Pertes sur créances liées à des participations.
656. Charges nettes (ou pertes) sur cessions de valeurs mobilières.
686. Dotations aux provisions pour dépréciation des immobilisations financières.
686. Dotations aux provisions pour dépréciation des placements et prêts courants.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
751. Produits des participations.
752. Produits des autres immobilisations financières.
754. Revenus des valeurs mobilières de placement.
757. Produits nets (gains) sur cessions de valeurs mobilières.
786. Reprises sur provisions pour dépréciation des immobilisations financières.
786. Reprises sur provisions pour dépréciation des placements et prêts courants.

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III. COUT D’ENTREE

Le coût d’acquisition des placements comprend le prix pour lequel ils ont été acquis ou la
valeur déterminée par les termes du contrat d’acquisition (par exemple, valeur d’apport
lors d’une fusion). Les frais d’acquisition (commissions d’intermédiaires, honoraires,
droits et frais bancaires) sont exclus. Cependant, les honoraires d’étude et de conseil
relatifs à l’acquisition de placements à long terme peuvent être inclus. Les frais liés à la
détention des placements (par exemple, frais de garde des titres) ne constituent pas un
élément du coût de ceux-ci mais des charges de l’exercice de détention.

Lorsque le placement est payé par l’émission de titres, c’est la juste valeur des titres émis
et non leur valeur nominale qui constitue le coût d’acquisition du placement. Lorsque les
titres émis sont identiques à d’autres titres cotés, leur juste valeur correspond évidemment
au cours de bourse de ces derniers.

Si le placement est obtenu en échange d’un autre actif, son coût d’acquisition est
déterminé par référence à la juste valeur de l’actif cédé ou à celle du placement acquis si
celle-ci est plus facile à établir.

Exemple : La société A acquiert auprès de la société B une participation de 20% dans le


capital de la société C. Le placement est payé par l’émission de 10 000 actions A de
valeur nominale 10 DT et qui cotaient 15 DT au moment de l’opération.

Le coût d’acquisition des actions C sera de : 10 000 x 15 DT = 150 000 DT.

Achat d’actions subordonné à l’acquisition de droits de souscription : Le montant de


ces droits s’ajoute au coût d’entrée des titres.

Utilisation de droits à la souscription de nouvelles actions : Lorsque l’entreprise


souscrit à des actions nouvelles en utilisant les droits de souscription attachés à des
actions qu’elle détient, il semble possible, par souci de simplification, de maintenir
inchangé le coût des actions anciennes et d’enregistrer les actions nouvelles à leur prix
d’émission. Normalement, le coût d’entrée des actions nouvelles est constitué par leur
prix d’émission augmenté de la valeur théorique des droits de souscription utilisés. Le
coût des actions anciennes est réduit de cette valeur.

Exemple : Une société A détient 2 000 actions dans le capital d’une société B. Cette
dernière envisage d’augmenter son capital en numéraires. Une action nouvelle sera
émise, au prix de 11 DT, pour 2 actions anciennes.

A la date d’émission des droits préférentiels de souscription, l’action est cotée en bourse
pour 15 DT alors que le prix du droit est établi à 2 DT.

Ces 2 000 actions ont été acquises à 20 000 DT.

2 000 actions et 2 000 droits de souscription.

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Valeur marchande des actions : 2 000 x 15 DT = 30 000 DT
Valeur marchande des droits : 2 000 x 2 DT = 4 000 DT
Total = 34 000 DT

Valeur comptable des actions :

30 000
20 000 x = 17 650 DT ; soit pour une action : 8,825 DT.
34 000

Valeur comptable attribuée aux droits de souscription :

4 000
20 000 x = 2 350 DT ; soit pour un droit : 1,175 DT.
34 000

1. Réception des droits

Droits de souscription 2 350,000

Actions 2 350,000

2. Vente de 100 actions à 20 DT

Trésorerie (100 x 20) 2 000,000

Actions (100 x 8,825) 882,500

Gain sur cession d’actions 1117,500

3. Vente de 600 droits de souscription à 2 DT

Trésorerie (600 x 2) 1 200,000

Droits de souscriptions 705,000


Gain sur cession de
495,000
droits de souscription

4. Levée de 500 droits pour souscrire à 250 actions à 11 DT

Actions [250 x (11 + 2 x 1,175)] 3 337,500

Trésorerie 2 750,000

Droits de souscription 587,500

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5. Expiration de 900 droits de souscription

Perte de droits de souscription 1 057,500


Droits de souscription
1057,500
(900 x 1,175)

L’attribution gratuite de titres émis en représentation d’une augmentation de capital


réalisée par incorporation de réserves doit en principe rester sans influence sur
l’évaluation à l’actif (de la société détentrice) des titres de la société émettrice. Elle
modifie simplement le coût de revient moyen des titres anciens et nouveaux qui est
réputé égal au quotient de leur valeur globale par leur nombre.

Coût d’acquisition des obligations : Le coût d’acquisition des obligations doit être
diminué du montant des intérêts relatifs à la période antérieure à l’acquisition des titres.

Exemple : Le 30/04/2002, la société X a acheté 10 000 obligations de valeur nominale


10 DT, qu’elle a payées 115 000 DT. Les intérêts, calculés au taux de 8%, sont encaissés
le 31 juillet de chaque année. Les intérêts de 8 000 DT, reçus le 31/07/2002, s’analysent
ainsi :

- Période du 01/08/2001 au 30/04/2002 :


9
8 000 x = 6 000 DT
12
- Période du 01/05/2002 au 31/07/2002 :
3
8 000 x = 2 000 DT
12
Total = 8 000 DT

Ils seront donc comptabilisés de la façon suivante :

Banque 8 000

Intérets courus 6 000

Produits financiers 2 000

Le coût d’acquisition des obligations s’établira en définitive à :

115 000 – 6 000 = 109 000 DT.

Ou, en constatant dès l’acquisition un produit à recevoir :

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Obligations 109 000

Intérets courus 6 000

Banque 115 000

Et lors de l’encaissement du coupon :

Banque 8 000

Intérets courus 6 000

Produits financiers 2 000

La comptabilisation des placements en obligations est facilitée par le fait que, en bourse,
les obligations sont cotées pour leur valeur nue (au pied du coupon), c’est-à-dire hors
intérêts courus. Cette valeur s’exprime généralement en pourcentage de la valeur
nominale.

Exemple : Le 31/03/2002, une obligation de valeur nominale 100 DT cote 97%. Les
intérêts, calculés au taux de 9%, sont payés chaque année le 31 juillet.

L’investisseur qui acquiert cette obligation le 31/03/2002 paiera :


- Valeur nue 100 x 97% = 97 DT.
- Coupon en cours (intérêts du 1/08/2001 au 31/03/2002) = 100 x 9% x 8/12 = 6 DT.
- Soit au total : 97 + 6 = 103 DT.

Mais le coût d’acquisition de l’obligation ne sera en définitif que de 97 DT, puisque les
intérêts payés lors de l’achat seront récupérés lors de l’encaissement du coupon le 31
juillet 2002.

Comptabilisation des primes de remboursement : Certains placements sont


remboursables pour un montant supérieur à leur coût d’acquisition. C’est le cas en
particulier des obligations à prime de remboursement. Pour l’investisseur, cette prime
constitue un complément de revenu. Elle doit être répartie sur la période allant de
l’acquisition au remboursement, afin que le revenu du placement soit constant.

Exemple : Le 01/01/2002, une entreprise acquiert à l’émission 1000 obligations dont les
caractéristiques sont les suivantes :

- Valeur nominale : 100 DT


- Prix d’émission : 97 DT
- Prix de remboursement : 102 DT
- Taux d’intérêt : 8%
- Durée : 5 ans

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- Remboursement en totalité le 31/12/2006
- Intérêts payables chaque année à terme échu.

Le rendement effectif du placement est le taux « r » tel que :


8 000 8 000 8 000 8 000 110 000
97 000 = + + + +
(1+r) (1+r)² (1+r)3 (1+r)4 (1+r)5

Soit r = 9,1069 %

Le tableau suivant permet de déterminer les intérêts et la prime de remboursement à


comptabiliser sur la durée du placement :

Revenus Prime de
Intérêts
Exercice Flux (1) (1) x 9,1069 % remboursement
(3)
(2) (2) – (3)
2002 97 000 8 834 8 000 834

2003 97 834 8 910 8 000 910

2004 98 744 8 993 8 000 993

2005 99 737 9 083 8 000 1 083

2006 100 820 9 180 8 000 1 180

40 000 5 000

Les revenus de ce placement seront donc comptabilisés ainsi :


01/01/02
Obligations 97 000

Banque 97 000
31/12/02
Banque 8 000

Obligations – produits à recevoir 834


Produits financiers
8 834
(Intérets & PRO)
31/12/03
Banque 8 000

Obligations – produits à recevoir 910


Produits financiers
8 910
(Intérets & PRO)

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Etc.
31/12/06
Banque 8 000

Obligations – produits à recevoir 1 180


Produits financiers
9 180
(Intérets & PRO)

31/12/06
Banque 102 000

Obligations – produits à recevoir 5 000

Obligations 97 000

Comptabilisation des dividendes : La décision de l’assemblée générale statuant sur la


répartition des résultats de la société dans laquelle la participation est détenue permet à
l’entreprise d’estimer d’une façon fiable le montant des dividendes à recevoir.

Lorsque le prix d’acquisition des titres (actions, …) comprend la valeur des dividendes
afférents à l’exercice antérieur à celui de l’acquisition (ou à la période antérieure à celle
de l’acquisition), ces dividendes sont déduits du prix d’acquisition des titres. En effet, au
moment de l’achat des titres, le vendeur cède les droits attachés aux titres et notamment
le droit de percevoir les dividendes dont la valeur est incluse dans le prix des titres
(décision de distribution des dividendes antérieure à la date d’acquisition).

Titres non entièrement libérés : Les titres partiellement libérés sont comptabilisés pour
leur prix d’acquisition ou d’émission (valeur nominale plus prime d’émission
intégralement libérée). Ils sont présentés au bilan déduction faite de la partie non libérée.
Cette dernière est mentionnée dans les notes aux états financiers.

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IV. EVALUATION DES PLACEMENTS A LA CLOTURE

Trois méthodes sont prévues par la norme NCT 07 pour évaluer les placements à la
clôture de l’exercice :

▪ L’évaluation à la valeur la plus faible du coût d’acquisition et de la valeur d’usage ;


▪ L’évaluation à la valeur de marché ; et
▪ L’évaluation à la valeur la plus faible du coût d’acquisition et de la valeur de marché
(ou juste valeur).

Le choix de la méthode d’évaluation dépend de la nature du placement concerné. On


détermine une valeur d’estimation qui s’apprécie en fonction du marché et de l’utilité du
placement pour l’entreprise.

1. Les placements à long terme

La valeur d’un placement à long terme (titres de participation cotés ou non cotés, …) est
ce qu’un chef d’entreprise prudent et avisé accepterait de décaisser pour l’obtenir s’il
avait à l’acquérir ; c’est-à-dire sa valeur d’usage, laquelle est fonction de l’utilité que la
participation présente pour l’entreprise.

A condition que leur évolution ne provienne pas de circonstances accidentelles, les


éléments suivants peuvent notamment être pris en considération pour cette estimation :
- Valeur de marché (cours de bourse pour les titres cotés) ;
- Actif net (actif net comptable, actif net comptable corrigé, …) ;
- Rentabilité (capitalisation du bénéfice net réel, valeur actuelle des dividendes, valeur
actuelle des bénéfices futurs, …) ;
- Perspectives de rentabilité et perspectives de réalisation ;
- Conjoncture économique ;
- Motifs d’appréciation sur lesquels repose la transaction d’origine.

D’une manière générale, les entreprises doivent rassembler le maximum d’informations


afin de pouvoir procéder à une estimation correcte de la valeur des placements à long
terme à la date de clôture.

Parmi les précédents éléments d’appréciation de la valeur d’usage figurent les perspectives de
rentabilité et les perspectives de réalisation. Il doit, en effet, être tenu compte des risques et des
pertes intervenues au cours de l’exercice ou d’un exercice antérieur, même s’ils sont connus
entre la date de clôture de l’exercice et celle de l’établissement des comptes (prise en
considération des événements postérieurs à la clôture de l’exercice).

Les perspectives de redressement durable de la situation financière et de la rentabilité d’une


filiale (ou participation) ne peuvent être retenues pour justifier le maintien de sa valeur
comptable au-dessus de sa valeur intrinsèque que si elles sont fondées de façon sérieuse et
objective. Si elles ne se confirment pas au cours de la période suivante, il convient de constituer
une provision tenant compte de la situation nette à la clôture de l’exercice.

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Lorsque la date de clôture des comptes de la société mère est postérieure à celle de la filiale, les
pertes intervenues entre ces deux dates doivent être prises en considération pour évaluer la filiale
dans les comptes de la mère. Il est alors nécessaire d’établir une situation de la filiale à la date de
clôture des comptes de la mère.

Si la continuité de l’exploitation de la participation est totalement compromise, la valeur de la


participation doit être appréciée sur une base liquidative.

En cas d’abandon d’une branche d’activité, les pertes nettes à encourir de ce fait sur les exercices
postérieurs doivent être rattachées à l’exercice au cours duquel la décision (ou l’événement) à
l’origine de ces charges est intervenue.

Lorsque les pertes futures résultent d’événements postérieurs à la clôture, sans liens de causalité
avec les événements ou circonstances existant à cette date chez la filiale, elles ne doivent pas être
prises en compte. Toutefois, si elles sont significatives, elles doivent être mentionnées dans les
notes aux états financiers. Lorsque les pertes attendues résultent de conditions spécifiques
existant à la clôture ou traduisent une dégradation durable de la valeur de l’investissement, il
convient de les prendre en compte pour déterminer le montant de la provision à comptabiliser.

L’estimation par le cours de bourse n’est pas toujours significative de la valeur des
actions cotées. Le cours de bourse n’a de véritable signification que pour les sociétés non
contrôlées alors que, dans les sociétés contrôlées, il n’y a qu’un échange entre
minoritaires, la majorité ayant sa propre politique financière. Enfin, une action
minoritaire a moins de valeur qu’une action majoritaire. Si cet élément est pris en
considération, la valeur retenue est celles du cours moyen du dernier mois.

L’estimation des valeurs des placements à long terme à la date de clôture doit être
effectuée par catégorie de titres de même nature conférant les mêmes droits (pour chaque
société émettrice, il faut distinguer les placements à revenu fixe de ceux à revenu variable
et pour chacune de ces catégories, les titres conférant des droits différents : actions
ordinaires, actions à dividende prioritaire sans droit de vote, actions à droit de vote
double, certificats d’investissement, actions de jouissance, parts sociales, obligations
ordinaires, obligations convertibles …).

Les valeurs d’estimation sont ensuite comparées aux coûts d’acquisition, ce qui peut faire
apparaître des plus-values latentes ou des moins-values latentes. Seules les moins-values
latentes affectent le résultat de l’exercice ; elles doivent être comptabilisées sous
forme d’une provision pour dépréciation. Aucune compensation n’est pratiquée avec les
plus-values latentes des titres en hausse.

2. Les placements à court terme

La valeur d’estimation des placements à court terme à la date de clôture est fonction de
leur utilité pour l’entreprise, en l’espèce, la valeur probable de négociation. Celle-ci est
déterminée par catégorie de titres de même nature conférant les mêmes droits et diffère
selon que les titres sont cotés ou non.

Un titre est coté lorsqu’il est inscrit à la cote permanente de la Bourse des Valeurs
Mobilières de Tunis ou un autre marché financier étranger.

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La valeur probable de négociation des titres cotés (ou valeur de marché) est égale au
cours en bourse moyen pondéré des transactions qui ont eu lieu au cours du mois
qui précède la clôture de l’exercice. Le cas échéant, il doit également être tenu compte
de l’effet sur la valeur de marché de l’offre additionnelle qui serait occasionnée par la
mise en vente des titres à évaluer.

La baisse ou la hausse de la bourse a donc nécessairement une incidence sur la valeur


d’estimation des titres cotés à la date de clôture.

Pour les titres cotés seulement à l’étranger, le cours moyen du dernier mois s’entend des
cours étrangers auxquels s’applique le dernier cours de change à la date de clôture.

La valeur probable de négociation des titres non cotés (ou juste valeur) est déterminée en
retenant un ou plusieurs critères objectifs (ce qui suppose que l’entreprise dispose des
derniers comptes annuels et d’éléments sur les modalités de cession éventuelle) : prix
stipulés lors de transactions intervenues sur les titres considérés à des dates récentes,
valeur mathématique, rendement, importance des bénéfices, activité de la société,
ampleur et crédit de l’entreprise.

a. Titres cotés très liquides

A la date de clôture, les titres cotés très liquides sont comptabilisés à leur valeur de
marché (cours moyen en bourse du dernier mois) et les plus-values ou moins-values
dégagées sont portées en résultat. L’utilité de ces titres pour l’entreprise réside
fondamentalement dans la possibilité de leur transformation en espèces liquides (réserve
de liquidités ou équivalents de liquidités).

Les titres sont très liquides s’ils sont destinés à être cédés à très brève échéance et cotés
sur un marché liquide. Un marché est liquide s’il est un marché organisé (comme la
Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis) ayant une capacité d’absorber des transactions
ordinaires sans que les cours ne fluctuent sensiblement (ceci peut être assuré par la
présence d’établissements mainteneurs de marché).

Ainsi, le marché d’un titre présente une liquidité suffisante lorsque la vente des titres
détenus peut être réalisée à tout moment aux conditions constatées alors sur le marché.

D’une façon générale, des titres sont considérés comme étant très liquides lorsqu’ils
peuvent, compte tenu des volumes des transactions régulièrement traitées sur le marché,
être réalisés à très brève échéance sans incidence significative sur les cours (la plus-value
ou la moins-value est pratiquement certaine à la date de clôture).

b. Autres placements à court terme (Titres cotés non liquides et titres non cotés) :

Après avoir comparé, pour chaque catégorie de titres de même nature conférant les
mêmes droits, la valeur probable de négociation (valeur de marché ou juste valeur) et le
coût d’entrée, il en résulte des plus-values latentes ou des moins-values latentes.

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Les moins-values latentes font l’objet d’une provision pour dépréciation et les plus-
values latentes ne sont pas prises en compte en résultat. Il n’est pas possible de faire des
compensations entre les plus-values latentes des titres en hausse et les moins-values
latentes des titres en baisse.

V. CESSION DES PLACEMENTS ET DES DROITS


ATTACHES AUX ACTIONS

Le gain (ou la perte) réalisé à l’occasion de la cession d’un placement est enregistré en
produits (ou en charges) financiers de l’exercice en cours. Le résultat de cession
représente la différence entre le produit de la vente, net des frais de cession, et la valeur
comptable du placement.

Les frais inhérents à la cession sont ceux strictement nécessaires à la réalisation de


l’opération de cession elle-même (par exemple, commissions ou frais de courtage versés
à l’intermédiaire qui a prêté son concours pour la réalisation de la vente).

Les charges diverses exposées pour la préparation de la vente qui n’ont pas pour
contrepartie une augmentation de la vente du bien cédé constituent des frais non inhérents
à la cession (par exemple, honoraires d’expertise ou de conseil). Elles sont
comptabilisées dans les comptes de charges selon leur nature (622… honoraires, …).

Exemple : Une entreprise possède les titres suivants, considérés comme des placements à
court terme et comptabilisés au minimum du coût d’acquisition et de la valeur de
marché :

▪ 1 000 actions X acquises à 22 DT l’action ;


▪ 2 000 actions Y acquises à 15 DT l’action.

Au 31/12/2001, ces titres ont fait l’objet des provisions suivantes :

▪ Actions X : 5 000 DT ;
▪ Actions Y : 7 000 DT.

Le 20/04/2002, l’entreprise vend ses actions X au cours de 20 DT. Les frais de la


transaction s’élèvent à 300 DT. Le résultat de cession est de :

▪ Produit de la vente : (1 000 x 20) – 300 = 19 700 DT


▪ Valeur comptable brute : (1 000 x 22) = 22 000 DT
▪ Résultat de cession = 2 300 DT

La provision pour dépréciation, constituée en 2001, doit être reprise.

L’opération pourra être comptabilisée ainsi :

20/04/02

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Banque 19 700

Pertes sur cession de placements 2 300

Actions 22 000

Provisions pour dépréciation des actions 5.000

Reprises des provisions 5 000

Si au 31/12/2002, le cours de l’action Y est de 13 DT, la provision devra s’élever à 2 000


(15 – 13) = 4.000 DT ; d’où l’écriture d’ajustement :
31/12/02

Provisions pour dépréciation des actions 3 000

Reprises des provisions 3 000

1. Cessions partielles

Lorsque la cession ne porte que sur une partie d’un placement (ensemble de titres de
même nature conférant les mêmes droits), il faut déterminer la valeur comptable de la
partie cédée.

Si le placement a été acquis en plusieurs fois à des prix différents, on peut utiliser pour
cela l’une des deux méthodes comptables habituelles :

▪ Coût moyen pondéré (CMP) ;


▪ Premier entré – premier sorti (FIFO).

Il semble que la norme NCT 07 préfère la première solution puisqu’elle précise dans son
§ 21 que le coût d’entrée de la partie cédée se calcule sur la base d’une valeur comptable
moyenne ou, à défaut, en supposant que le premier entré soit le premier sorti.

Exemple : Soit une société A qui a acheté des actions de la société B dans les conditions
suivantes :
2000 : 10 000 actions au prix unitaire de 11 DT ;
2001 : 5 000 actions au prix unitaire de 11,5 DT ;
2002 : 5 000 actions au prix unitaire de 13 DT.

Elle cède 3 000 actions en 2003.


Si les 3000 actions sorties du patrimoine sont évaluées selon la règle FIFO, la valeur par
action cédée s’élève à 11 DT.

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Si les 3 000 actions sorties du patrimoine sont évaluées sur la base du prix moyen
pondéré, la valeur par action cédée s’élève à :

(10 000 x 11) + (5 000 x 11,5) + (5 000 x 13)


= 11,625 DT.
20 000

2. Cession des droits de souscription

La cession de droits de souscription attachés à des actions est à considérer comme


aboutissant à une réduction du coût d’entrée de ces actions pour la valeur théorique de
ces droits. Cette valeur est déterminée en appliquant au prix d’achat de l’action, le
rapport existant au jour de la négociation du droit entre, d’une part, le prix de cession de
ce droit et, d’autre part, le total formé par ce prix et la valeur de l’action ancienne « ex
droit ».

Exemple : La société M détient une participation dans la société F (cotée en bourse) de


2 400 actions acquises pour 240 000 DT.

La société F a décidé d’augmenter son capital de 50% (une action nouvelle pour deux
actions anciennes) au prix d’émission de 115 DT par action.

La société M a vendu la moitié de ses droits, pour un prix total de 67 200 DT, et a utilisé
l’autre moitié pour la souscription d’actions nouvelles.

Pendant la période de souscription à l’augmentation de capital, la cotation moyenne du


DPS s’élève à 30 DT et la cotation moyenne de l’action « ex DPS » s’élève à 150 DT.

1. Le coût d’acquisition des actions F (valeur comptable) s’élevant à 240 000 DT est
éclaté comme suit :
▪ Coût des DPS = 240 000 x 30 = 40 000 DT
150 + 30
d’où : coût d’un DPS = 16,667 DT.

▪ Coût des actions « ex DPS » =

240 000 x 150 = 200 000 DT


150 + 30

d’où : coût d’une action = 83,333 DT.

2. Résultat de cession des DPS :

Coût des DPS cédés (40 000 / 2) = 20 000 DT


Prix de cession des DPS = 67 200 DT
Plus-value de cession = 47 200 DT

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3. Ecritures comptables :

Trésorerie 67 200

Titres de participation 20 000

Plus-value de cession 47 200

(Cession des DPS)

Titres de participation 69 000

Trésorerie 69 000

(Souscription aux actions nouvelles)

3. Cession des droits d’attribution

La cession des droits d’attribution aboutit à une réduction du coût d’entrée des actions
anciennes ayant donné droit à la distribution gratuite d’actions et de droits d’attribution.
Cette réduction doit être calculée par rapport au prix moyen des actions multiplié par le
rapport existant à la date de la distribution entre un droit d’attribution et une action
nouvelle majorée des droits d’attribution nécessaires à sa souscription.

Exemple : La société H détient une participation dans la société S (non cotée en bourse)
de 2 400 actions acquises pour 240 000 DT.

La société S a décidé d’augmenter son capital de 50% par incorporation de réserves et


création de 10 000 actions nouvelles.

La société H a vendu la totalité de ses droits d’attribution pour un prix total de


72 000 DT.

La valeur mathématique de l’action S avant augmentation du capital s’élève à 280 DT.


Aucune transaction récente n’a eu lieu sur les actions S pouvant donner une indication
quant à leur juste valeur.

Etant donné l’indisponibilité d’informations sur la valeur de marché des actions S, la


détermination des proportions relatives de la valeur de l’action « ex droit » et de la
valeur du droit d’attribution se fera sur la base de la valeur mathématique.

1. Valeur mathématique de l’action après augmentation de capital :

20 000 x 280 = 186,667 DT


30 000

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2. Valeur du droit d’attribution :

Droit d’attribution = 280 – 186,667 = 93, 333 DT.

Vérification : Valeur mathématique de l’action après augmentation du capital = deux


droits d’attribution : 2 x 93,333 = 186,666 DT.

3. Le coût d’acquisition des actions S (valeur comptable) s’élevant à 240 000 DT est
éclaté comme suit :

▪ Coût des droits d’attribution =

240 000 x 93,333 = 80 000 DT.


280

▪ Coûts des actions ex-droit d’attribution =

240 000 – 80 000 = 160 000 DT.

4. Le prix de cession des droits d’attribution de 72 000 DT est analysé comme suit :

▪ Réduction de la valeur comptable des actions S = 80 000 DT (coût


d’acquisition des droits d’attribution) ;
▪ Moins-value de cession = 8 000 DT.

5. Ecritures comptables :

Trésorerie 72 000

Moins-value de cession 8 000

Titres de participation 80 000

Synthèse : Les § 19 et 20 de la norme NCT 07 affirment clairement le principe selon


lequel le prix de cession des droits préférentiels de souscription (DPS) et des droits
d’attribution (DA) couvre, en partie, le coût d’acquisition des droits (inclus dans la valeur
comptable du placement en actions). De ce fait, la cession de DPS ou DA doit se traduire
par une diminution de la valeur comptable du placement à hauteur du coût d’acquisition
des droits. La différence par rapport au prix de cession est portée en résultat.

L’éclatement du prix de cession des DPS ou DA entre le coût d’acquisition des droits
(inclus dans la valeur comptable du placement en actions), d’un côté, et la plus (ou
moins)-value de cession, de l’autre, se fait selon le processus suivant :
1. Déterminer les proportions valeur de l’action « ex droit », d’une part, et valeur du
droit (DPS ou DA), d’autre part, dans la valeur de l’action avant augmentation du
capital ;

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2. Eclater la valeur comptable des actions en coût d’acquisition des actions « ex droit »,
et coût d’acquisition des droits, en application des proportions déterminées
précédemment.

Pour la détermination des proportions relatives de la valeur de l’action « ex droit » et de


la valeur du droit (étape 1 ci-dessus), il doit être fait usage des informations disponibles.
Le § 20 cite, à titre indicatif, une méthode qui suppose la connaissance de la valeur de
l’action soit avant augmentation du capital, soit après augmentation du capital. Il va sans
dire que plus la méthode s’appuie sur le prix du marché, plus les calculs sont fiables.

VI. CHANGEMENTS DE CATEGORIE DES PLACEMENTS

Lorsqu’un placement ne répond plus à sa qualification initiale (placement à court terme


ou placement à long terme), il est nécessaire de le reclasser. Les deux catégories n’étant
pas évaluées selon les mêmes méthodes, se pose le problème du coût auquel le transfert
doit être effectué.

1. Transformation d’un placement à long terme en placement à court terme

Pour les entreprises qui comptabilisent leurs placements à court terme à la valeur la plus
faible du coût d’acquisition et de la juste valeur, le reclassement s’effectue à la valeur la
plus faible du coût d’acquisition et de la valeur comptable.

Pour celles qui comptabilisent leurs placements à court terme à la valeur de marché
(cours moyen en bourse du dernier mois pour les titres cotés très liquides), le transfert
s’effectue à la valeur de marché. La différence par rapport à la valeur comptable est
portée en résultat.

2. Transformation d’un placement à court terme en placement à long terme

Des règles énoncées par la norme NCT 07, il ressort que le transfert d’un placement à
court terme en placement à long terme s’effectue sans changement de valeur.

VII. INFORMATIONS A FOURNIR

Lorsque les placements détenus par l’entreprise sont significatifs, les informations
suivantes doivent être portées dans les notes aux états financiers (NCT 07, § 27) :

▪ Les règles de classification et méthodes d’évaluation des placements ;

▪ Un état des placements à long terme indiquant par catégorie ou nature de placement :
- Le coût d’acquisition ;
- Le pourcentage de détention, s’il y a lieu ;
- La provision constituée, le cas échéant ;

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▪ Un état détaillé des titres de participation détenus sur les sociétés filiales indiquant :
- Le pourcentage de détention ;
- Le coût d’acquisition ;
- La provision constituée, le cas échéant.

▪ Un état des placements à court terme indiquant par catégorie de placements de même
nature :
- Le coût d’acquisition ;
- La valeur de marché pour les placements évalués à la valeur de marché ;
- La juste valeur pour les autres placements à court terme ;

▪ Les montants significatifs inclus dans le résultat sur les placements au titre :
- Des dividendes, intérêts et revenus similaires des placements à court terme et
des placements à long terme ;
- Des profits et pertes de cession des placements.

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VIII. ETUDES DE CAS

Cas n°1 (révision comptable – septembre 2001)

La société « Les Conserveries Réunies » (cotée en bourse) est intéressée par l’acquisition
d’une partie des actions composant le capital de la société « STEM », son principal
fournisseur d’emballages en Tunisie, en vue de la contrôler ou d’exercer une influence
notable sur sa gestion. Elle entre en négociation avec Mr Ahmed qui détient 40% du
capital de la société « STEM ». Mr Ahmed propose d’apporter cette participation et de
recevoir, en contrepartie, un certain nombre d’actions à émettre par la société « Les
Conserveries Réunies ».

Travail à faire :

1. Si la société « Les Conserveries Réunies » accepte la proposition de Mr Ahmed,


préciser les modalités juridiques de l’augmentation du capital projetée (selon les
dispositions de la loi n°93-2000 du 3 novembre 2000, portant promulgation du code
des sociétés commerciales).

2. Quel serait le coût d’entrée des actions STEM si l’assemblée générale extraordinaire
statuant sur l’augmentation du capital décide l’émission de 56 000 actions nouvelles
et si le cours en bourse d’une action de la société « Les Conserveries Réunies » au
moment de la réalisation de l’opération est de 15 DT ? Avant l’augmentation du
capital, les capitaux propres par action s’élèvent à 14 DT. Passer l’écriture comptable
relative à cette acquisition de placement par l’émission d’actions.

Solution :

1. Modalités juridiques de l’augmentation du capital

Les modalités juridiques à suivre pour la réalisation de l’augmentation du capital suite à


l’acquisition des titres STEM par l’émission d’actions nouvelles se résument comme
suit :

▪ Réunion du conseil d’administration pour arrêter l’ordre du jour et convoquer l’AGE


devant statuer sur cette augmentation du capital en nature, et établir un rapport sur
l’opération ;
▪ Visa CMF ;
▪ Désignation d’un commissaire aux apports par ordonnance sur requête du président
du tribunal de première instance du lieu du siège social parmi les experts judiciaires et
ce, à la demande du conseil d’administration. Le commissaire évalue sous sa
responsabilité la valeur de l’apport en nature. Son rapport doit indiquer la description
de l’apport en nature, sa consistance, son mode d’évaluation ainsi que l’intérêt qu’il
présente pour la société. Le rapport du commissaire aux apports doit être déposé au
siège de la société et mis à la disposition des intéressés qui peuvent en obtenir
communication 15 jours avant la date de l’AGE (article 173 du CSC) ;

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▪ Délibération de l’AGE sur l’évaluation de l’apport en nature (actions STEM). Si cette


approbation a lieu, elle déclare la réalisation de l’augmentation du capital. Si l’AGE
réduit l’évaluation de l’apport en nature, l’approbation expresse de l’apporteur, Mr
Ahmed, est requise. A défaut, l’augmentation du capital n’est pas réalisée.
Les actions d’apport doivent être intégralement libérées dés leur émission (article 306
du CSC).
▪ Accomplissement des formalités d’enregistrement, de dépôt et de publicité légale.

NB : La société « Les Conserveries Réunies » est cotée en bourse et peut être


considérée comme faisant appel public à l’épargne.

2. Evaluation et comptabilisation des actions STEM

Le § 6 de la norme NCT 07 prévoit que le coût des placements acquis par l’émission
de titres correspond à la juste valeur des titres émis et non à la valeur nominale. Il
s’ensuit que la valeur d’entrée des actions STEM est de : 56 000 x 15 = 840 000 DT,
d’où une prime d’apport de : 840 000 – 560 000 = 280 000 DT.

NB : Les honoraires d’étude et de conseil encourus à l’occasion de l’acquisition des


actions STEM (placement à long terme) peuvent être inclus dans le coût.

3. Ecriture comptable relative à l’augmentation du capital :

Débit : Titres de participation 840 000


Crédit : Capital social 560 000
Prime d’apport 280 000

NB : Les actions STEM sont considérées comme étant entièrement libérées.

Cas n°2

La CTP a décidé d’investir dans la société Mondial Services (MS). Voici les opérations
de placement qui ont été effectuées :

1. Le 5 avril 2000, la CTP a acquis 16 000 actions MS au prix total de 880 000 DT.
2. Le 30 juin 2000, la CTP a reçu 1 600 actions MS gratuites.
3. A cette même date, la CTP a acquis un autre lot de 2 400 actions MS au prix total de
140 000 DT.
4. Le 15 mars 2001, la CTP a reçu 20 000 droits préférentiels de souscription. Chaque
droit permet à son détenteur de souscrire à une action MS au prix de 50 DT (à libérer
en totalité à l’émission). Ces droits doivent être exercés avant le 15 avril 2001.
5. Le 25 mars 2001, la CTP a cédé 7 000 droits au prix unitaire de 1 DT et 5 000 actions
au prix unitaire de 55 DT (au comptant).
6. Le 10 avril 2001, la CTP a exercé les autres droits préférentiels de souscription.

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Travail à faire :

1. En tenant pour acquis que la CTP utilise la méthode du coût moyen, déterminer la
valeur comptable d’une action MS en main le 15 avril 2001.

2. Passer les écritures comptables requises en 2001 sachant que le cours moyen en
bourse d’une action MS durant décembre 2001 est de 51 DT et que la CTP a
l’intention de conserver durablement sa participation dans le capital de la société
Mondial Services pour exercer une influence notable sur sa gestion.

Solution

1. Valeur comptable d’une action MS le 15 avril 2001

Nombre Coût total Valeur


d’actions unitaire
Acquisition du 5 avril 2000 16 000 880 000 55
Actions gratuites reçues le 30 juin 2000 1 600
Total partiel 17 600 880 000 50
Acquisition du 30 juin 2000 2 400 140 000 58,333
Total partiel 20 000 1 020 000 51
Réception des droits de souscription
(1 020 000 x 1/(1 + 55) - 18 214,285
Total partiel 20 000 1 001 785,715 50,089
Cession du 25 mars 2001 - 5 000 - 250 445 50,089
Total partiel 15 000 751 340,715 50,089
Acquisition du 10 avril 2001
(13 000 x ( 50 + 18 214,285 / 20 000) 13 000 661 839,285 50,911
Total 28 000 1 413 180 50,471

2. Ecritures comptables de 2001

▪ Réception des droits de souscription (démembrement) :

Débit : Droits de souscription 18 214,285


Crédit : Actions 18 214,285

▪ Cession de 7 000 droits de souscription :

Débit : Trésorerie 7 000


Crédit : Droits de souscription 6 375
Gain / cession droits de souscription 625

▪ Cession de 5 000 actions :

Débit : Trésorerie 275 000


Crédit : Actions 250 445
Gain / cession actions 24 555

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▪ Souscription de 13 000 actions :

Débit : Actions 661 839,285


Crédit : Trésorerie 650 000
Droits de souscription 11 839,285

▪ Plus-value à ne pas comptabiliser : 28 000 x (51 – 50,471) = 14 812 DT.

Cas n°3 (révision comptable – juin 2002)

Sur conseil d’une société de bourse, la société ABC a acheté, au début de 2001, un
portefeuille actions dans la société X cotée en bourse, dans l’optique de le céder dans un
horizon de 4 à 6 mois. Le coût de l’opération s’analyse comme suit :

▪ Prix des actions (1 200 actions à 48,320 DT) 57 984,000


▪ Commissions d’intermédiation 289,920
▪ TVA 52,185
▪ Taxe de transaction boursière 25,000
58 351,105

En réalité, la valeur boursière du titre a progressivement chuté depuis la date


d’acquisition, à l’image de l’ensemble des valeurs cotées en bourse. Au 31/12/2001, le
cours boursier s’élève à 35,400 DT.

Malgré les offres d’achat existantes sur les titres X, la société ABC a refusé de vendre
considérant le niveau jugé bas du cours boursier par rapport à la valeur intrinsèque des
actions société X. Une étude récente d’un analyste financier de renom a estimé que la
valeur intrinsèque se situe aux environs de 60 DT au 31/12/2001. Il prévoit que le cours
boursier augmenterait au cours de 2002, ce qui fut fait. Ainsi, au 10/06/2002, le cours
boursier est remonté à 45,200 DT l’action.

Comptablement, les titres X figurent au poste « Immobilisations financières » pour un


montant de 57 984 DT. Aucune autre régularisation n’a été, depuis, opérée.

Travail à faire :

Que pensez-vous du traitement effectué par la société concernant la classification, la


mesure initiale et l’évaluation de ce placement ; le cas échéant, quelles corrections
suggérez-vous ?

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Solution :

La question soulevée et le traitement qui est effectué par la société soulèvent 3 questions
fondamentales qu’il faudrait élucider par référence principalement aux normes IAS/IFRS
et accessoirement aux normes NCT (si celles-ci divergent des normes IAS/IFRS) :

1. Le classement de ce placement : s’agit-il d’un placement à LT ou d’un placement à


CT ?
2. La mesure initiale de ce placement : Doit-on ou non incorporer les frais (de
transaction boursière) ?
3. L’évaluation à la clôture de ce placement et la constatation ou non de la plus (ou
moins)- value potentielles ?

Sur la question 1 :

Le candidat doit évoquer essentiellement les critères de classification à savoir l’intention


de détention des titres et leur liquidité.

Au regard des éléments présentés dans le cas, le candidat doit normalement conclure à les
classer en placement à CT ou encore en liquidités et équivalents de liquidités (ou « Actifs
détenus à des fins de transaction » selon la terminologie IAS/IFRS). En conséquence, la
présentation faite par l’entreprise ABC est inappropriée.

Sur la question 2 :

- Les frais de transaction sont à inclure dans la valeur initiale des placements selon la
norme IAS 39 ;
- Ils sont exclus selon la norme NCT 07.

Sur la question 3 :

Le candidat doit normalement conclure que ce placement doit être évalué au 31/12/2001
pour sa valeur de marché à cette date. Toute différence par rapport au montant
initialement comptabilisé doit être portée en résultat.

Ainsi et en appliquant les normes IAS/IFRS, une perte de 15 871,110 DT doit être
imputée sur le résultat de 2001.

Cas n°4

En mars 2000, la société A avait acquis 3 000 actions (soit 25% du capital) de la société
B au cours de 150 DT.

En juin 2002, la société B a augmenté son capital par souscription de 2 000 actions
nouvelles (en numéraire) au cours de 120 DT et par attribution de 2 000 actions gratuites
(incorporation de réserves).

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La société A n’a pas souscrit à la totalité de sa quote-part et n’a pas non plus participé à
la totalité de son attribution d’actions gratuites. Elle a cédé 1 200 droits de souscription
au cours de 5 DT et 600 droits d’attribution au cours de 25 DT.

La valeur de l’action B avant augmentation du capital a été de 150 DT.

Travail à faire :

Déterminer les valeurs théoriques des droits de souscription et d’attribution et


comptabiliser les opérations sur titres B réalisées en juin 2002 chez la société A.

Solution :

1. Evaluation des droits de souscription et des droits d’attribution :

▪ Valeur de l’action B après augmentation du capital :

(12 000 x 150 + 2 000 x 120) / 16 000 = 127,500 DT

▪ 150 – DS – DA = 127,500

120 + 6 DS = 127,500 B DS = 1,250

06 DA = 127,500 B DA = 21,250

Vérification : 150 – 1,250 – 21,250 = 127,500

▪ Valeur théorique des droits de souscription cédés : 1 200 x 1,250 = 1 500 DT

▪ Valeur théorique des droits d’attribution cédés : 600 x 21,250 = 12 750 DT

2. Comptabilisation des opérations sur titres B réalisées en juin 2002

▪ Cession de 1 200 DS

Débit : Trésorerie 6 000


Crédit : Titres de participation 1 500
Plus-value de cession 4 500

▪ Cession de 600 DA

Débit : Trésorerie 15 000


Crédit : Titres de participation 12 750
Plus-value de cession 2 250

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▪ Souscription à l’augmentation du capital en numéraire (300 actions)

Débit : Titres de participation 36 000


Crédit Trésorerie 36 000

▪ Souscription à 400 actions gratuites

Aucune écriture
Inventaire des titres B : 3 000 + 300 + 400 = 3 700
Coût d’acquisition moyen : (3 000 x 150 – 1 500 – 12 750 + 300 x 120) / 3 700 =
127,500 DT

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