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Source : http://christianengstrom.wordpress.

com/2011/03/09/an-alternative-to-
pharmaceutical-patents/

9 mars 2011

Une alternative aux brevets phramaceutiques


Sujets: Anglais, Culture libre, informations politiques - Christian Engström @ 13:40

Nous avons discuté hier des brevets phramaceutiques avec le groupe des Verts au Parlement
Européen, je republie donc les propositions du Parti Pirate ici. Ce texte est également
disponible en Suédois.

Les brevets pharmaceutiques sont dangereux.


Les brevets sur les médicaments ou les brevets pharmaceutiques
peuvent avoir de nombreux effets négatifs.

• Les brevets pharmaceutiques empêchent l'accès aux


médicaments à des centaines de milliers de personnes des
pays pauvres qui en ont besoin, même si ces médicaments
existent et qu'ils pourraient leur sauver la vie.

• Les brevets phramaceutiques faussent les priorités des


recherches pharmaceutiques, depuis qu'il est plus profitable
de traiter les maladies des gens ayant un niveau de vie aisé,
plutôt que de soigner les gens pauvres atteints de la malaria.

• Les brevets pharmaceutiques conduisent de plus en plus à une hausse du coût des
médicaments pour la Suède et l'Europe, en dehors de tout contrôle politique.

Les brevets pharmaceutiques sont-ils nécéssaires ?


En dépit de tout ces effets négatifs, beaucoup de gens défendent les brevets pharmaceutiques
et disent qu'il n'ont jamais été autant nécéssaires. Les recherches pharmaceutiques coutent très
cher, nous devons donc nous assurer qu'elles sont correctement financées. Dans le cas
contraire, nous ne pourrons obtenir aucun nouveau médicament dans le futur et ce sera encore
pire.

"Parce qu'il est très facile pour quiconque de copier une substance pharmaceutique qui a coûté
des millions dans la recherche afin d'être développée, nous devons malheureusement laisser
les grands groupes pharmaceutique avoir le monopole sur les nouveaux médicaments", c'est
ce que disent ceux qui défendent les brevets pharmaceutiques.

Mais ce n'est pas vrai.


La première partie de cette argumentation est évidemment légitime. D'une façon ou d'une
autre, nous devons être surs qu'il y ait de sérieux investissements dans la recherche
pharmaceutique.

Mais le fait que les brevets pharmaceutiques soient le seul système concevable pour obtenir
cet argent n'est simplement pas vrai.

Aujourd'hui, le gouvernement paie pour la recherche.


De nos jours, c'est déjà le secteur public (désormais appelé "gouvernement") qui paye pour
l'essentiel des médicaments utilisés en Europe, grâce à différents systèmes de Couverture
Médicale Universelle. (Voir, par exemple, page 37 de ce rapport de l'EFPIA [en cache], la
Fédération Européenne des Industries et Associations Pharmaceutiques.) C'est le
gouvernement qui paie pour les recherches pharmaceutiques aujourd'hui, en versant des
sommes élevées aux compagnies pharmaceutiques pour les brevets sur les médicaments.

image

Il n'existe donc aucune loi justifiable qui dit que les brevets sont le seul moyen d'obtenir la
création de nouveaux médicaments. Si "les gouvernements" des différents pays financent
directement la recherche et rendent gratuit l'accès aux résultats, ce serait au moins aussi
raisonnable que le modèle actuel ou le gouvernement crée et maintient un monopole privé
pour les compagnies pharmaceutiques.

La vraie question est de savoir quel est le modèle le plus efficace et le plus rentable pour le
financement de la recherche pharmaceutique. Personne ne prétend que la recherche
pharmaceutique est bon marché. Le coût moyen pour développer un médicament représente
un peu plus d'un milliard de dollars.

Cependant, considérant que "le gouvernement" représente déjà la plus grande partie des
revenus des compagnies pharmaceutiques, une première étape raisonnable serait de connaître
la part consacrée à la recherche dans ces revenus .

Heureusement, c'est très simple à faire, puisque tout les gros groupes pharmaceutiques ont
leur rapport annuels disponibles en ligne. A titre d'exemple, nous pouvons regarder les
données de Novartis (page 143), Pfizer ou encore AstraZeneca.

Environ 15% de leurs revenus sont utilisés dans la recherche. Les 85% restants sont utilisés à
d'autres finalités, selon leur propres données. Ces chiffres sont typiques pour ce type
d'industries.

La question est donc : est-ce que le système de brevets nous assure véritablement que l'argent
que nous dépensons dans les médicaments est vraiment utilisé pour la recherche
pharmaceutique? Une amélioration est elle possible, alors que les sociétés pharmaceutiques
admettent elles mêmes utiliser 85% de leur argent dans d'autres choses?

Si le gouvernement prenait 20% de ce qui est actuellement dépensé dans les médicaments et
l'allouait directement à la recherche pharmaceutique, il y aurait alors aujourd'hui plus d'argent
pour la recherche. Si les résultats étaient disponibles gratuitement, les groupes
pharmaceutiques seraient dans la possibilité de produire des médicaments modernes sans
investir, eux-mêmes, le moindre argent pour la recherche. Il ne resterait au gouvernement qu'à
payer pour les substances actuelles.

Les médicaments non brevetés sont peu coûteux.


Quelle incidence y aurait-il sur le prix des médicaments s'il n'y avait pas de brevets
pharmaceutiques? Pour répondre à cette question, nous pouvons observer l'expérience que
nous avons du brevet gratuit sur les médicaments génériques. Dans ce segment de marché,
nous avons déjà une situation ou différents fabriquants (privés) de médicaments sont en
concurrence les uns avec les autres, et le gouvernement achète les moins chers et meilleurs du
marché.

Et ça fonctionne !

Selon un rapport de l'Administration suédoise en charge de l'Alimentation et des Médicaments


[en cache] (pdf en suédois), le prix des médicaments chute en moyenne de 70% lorsque ils
deviennent libres de tout brevet (page 13 dans le pdf)

Dans le cas des médicaments génériques, nous sommes entrain de parler des molécules ayant
plus de 20 ans. Pour les nouvelles molécules, les compagnies pharmaceutiques ajoutent un
surcoût supplémentaire, tel que si les brevets pharmaceutiques étaient abolis, l'économie serait
sûrement supérieure à 70%. Mais soyons prudents et restons-en à ce chiffre.

Moitié moins cher, plus d'argent pour la recherche!


Le prix pour une substance baissera de 30% si nous nous débarassons des brevets. Ajouter à
cela 20% pour la recherche future, selon la proposition présentée ici, et nous avons réduit la
facture du gouvernement sur les médicaments de 50% par rapport à aujourd'hui. On a divisé
les coûts par deux tout en donnant plus d'argent pour la recherche pharmaceutique.

N'est-ce pas une bonne idée à explorer ?

Quels sont les arguments pour conserver les brevets pharmaceutiques et négliger les
économies et autres bénéfices d'une nouvelle approche ?

Résumé
Résumons les principaux points de la proposition :

En Europe, c'est déjà du gouvernement que provient la majeur partie des revenus de
l'industrie pharmaceutique, grâce à la CMU.
Les groupes pharmaceutiques dépensent 15% de leurs revenus dans la recherche, d'après
leurs propres chiffres. Les 85% restants sont dépensés dans d'autres domaines (principalement
marketing et profits).

Si le gouvernement prenait 20% de ce qu'il dépense dans les médicaments, et allouait cet
argent directement dans la recherche pharmaceutique, il y aurait plus d'argent pour la
recherche. Les groupes pharmaceutiques n'auraient plus à faire de la recherche eux-mêmes et
n'auraient donc plus besoin des brevets pharmaceutiques, puisqu'il n'y aurait plus de coûts de
recherche.

Sans les brevets le prix des médicaments est réduit d'au moins de 70% lorsqu'ils sont produits
dans un marché libre et concurrentiel, plutôt que par une industrie en situation de monopole.

Donc : comparé au système actuel, les coûts des gouvernements seraient de 20% (pour la
recherche) plus 30% (pour les substances). Un total représentant 50% des coûts actuels, et
encore plus d'argent pour la recherche.

Réaliste à l'échelle Européenne


Un contre-argument évident serait que ce n'est pas quelque chose que la Suède peut
raisonnablement faire seule. C'est vrai. Mais au niveau Européen, c'est tout à fait réalisable.

Si les gouvernements Européens le voulaient, ils pourraient facilement décider de se


débarasser des brevets pharmaceutiques, et donc allouer des fonds suffisants directement à la
recherche pharmaceutique. Que tel ou tel pays reconnaisse les brevets pharmaceutiques ou
pas, il revient entièrement au corps législatif d'en décider. Les gouvernements payent déjà la
plupart des projets de loi pharmaceutiques dans l'ensemble des pays Européens.

L'Europe est assez grande et assez riche, à la fois pour financer une partie substantielle de la
recherche pharmaceutique mondiale pour que personne ne l'accuse de sortir du cadre par
rapport aux autres mais également pour résister aux pressions diplomatiques qui pèseront sans
doutes sur nous le jour ou nous choisirons une voie plus libre.

Donc, pour revenir sur la question à 1 million de dollars :

Quels sont les arguments en faveur de la conservation des brevets pharmaceutiques, qui
rejettent le manque à gagner et les améliorations que cette voie nous offre?

La position du Parti Pirate


Le Parti Pirate s'est fixé comme objectif à long terme d'abolir les brevets pharmaceutiques.
Nous croyons que l'introduction d'un nouveau système devrait être faite au niveau Européen.

Nous invitons la Commission ainsi que les autres instances compétentes à étudier les effets
d'un système alternatif et différent comme celui que nous proposons ici, et de prendre des
initiatives pour inscrire la question dans l'agenda politique Européen afin d'en débattre.

Références
Recherches sur le financement des médicaments : quels enjeux? [en cache] par Dean Baker,
Centre de recherche Economique et Politique

L'excédentaire financier de l'industrie pharmaceutique par Marcia Angell, Ecole Médicale


d'Harvard
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Slides de présentation : .odt .ppt