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FACULTE DES SCIENCES JURIDIQUES ECONOMIQUES

ET SOCIALES, AIN SEBAA

Cours : Droit Bancaire

Sciences Juridiques.
Droit Privé
Semestre 6
2020/2021

BEL-AMIN SAMIR
Enseignant chercheur à la FSJES Ain Sebaa
Troisième chapitre : La responsabilité bancaire

Généralement, la responsabilité d’une personne est engagée lorsque, par son action,
elle porte préjudice à une autre personne.

Certes le banquier est considéré comme étant un commerçant dont le rôle est
primordial dans la vie économique, cependant son commerce est dangereux dans la mesure où
il pourrait susciter sa responsabilité civile (section 1), pénale et disciplinaire (section2).

Section 1 : La responsabilité civile du banquier

En matière de responsabilité civile, deux cas sont envisagés. Le premier est celui ou
les personnes concernées ont préalablement conclu entre elles un contrat (sous-section 1). Or,
le second est celui ou les personnes n’ont conclu aucun accord préalable, elles sont alors les
acteurs d’un événement (sous-section 2).

La situation du banquier n’échappe pas à cette classification. Ainsi la responsabilité


civile bancaire n’a rien de particulier. Elle n’est qu’une illustration du régime général de la
responsabilité civile.

Quoiqu’il en soit, la responsabilité civile de la banque ne peut être engagée que dans la
mesure où le client, ou un tiers, démontre la réunion des trois conditions classiques :
l’existence d’une faute commise par le banquier ; l’existence d’un préjudice souffert ; un lien
de causalité entre la faute et le préjudice.

Sous-section 1 : La responsabilité contractuelle

Conformément aux règles de droit commun, la mise en œuvre de la responsabilité


contractuelle du banquier nécessite que soient réunies un certain nombre de conditions. En
premier lieu il faut qu’il ait un contrat conclu entre le banquier et son client (§1). Ensuite, le
préjudice subi doit résulter d’une inexécution du contrat ou d’une exécution défectueuse (§2).
Mais le banquier dispose toujours des moyens pour limiter de sa responsabilité, cette
limitation n’étant pas absolue (§3).

§1 : La qualité de client en banque comme élément essentiel de la responsabilité


contractuelle

D’emblée, il faut avancer qu’il existe deux catégories de situations qui permettent de
qualifier des personnes de « clients » d’une banque. Il y a tout d’abord des opérations
ponctuelles qui font l’objet d’un contrat, mais qui ne se situent pas dans le cadre de relations
continues et habituelles. Ceci est notamment l’exemple, d’une personne physique qui effectue
une opération de change manuel dans une agence bancaire, ne sachant que cette personne
n’est titulaire d’aucun compte dans cet établissement. On parle lors, de clients occasionnels.

Il y a également les personnes qui choisissent une banque pour effectuer chez elle
toutes les opérations de banque. Dans ce cas, le compte bancaire matérialise les relations
d’affaires entre la banque et le client.

Hormis ces situations, existent des circonstances où la personne est potentielle, c’est
en fait un « prospect ». Dans ce cas, il est considéré juridiquement comme un tiers. Ceci est
notamment le cas des personnes qui demandent l’ouverture d’un compte (avant la
confirmation par la banque).

Ceci étant, seul le « client » d’une banque, c’est-à-dire la personne qui a conclu un
contrat avec une banque peut engager la responsabilité contractuelle de la banque à l’occasion
de l’exécution du contrat.

Dans le cas de l’opération de change manuel (contrat ponctuel), le champ de la


responsabilité contractuelle est limité à l’exécution de ce contrat.

En revanche, lorsqu’il y a des relations d’affaires permanentes et continues entre un


établissement de crédit et son client, le champ de la responsabilité contractuelle de la banque
peut être élargi.

§2 : L’inexécution ou l’exécution défectueuse du contrat

Deux cas peuvent se présenter. Le premier est celui où il s’agit de l’inexécution, ou de


la mauvaise exécution, d’une opération courante (A). Le second quant à lui est celui où
l’inexécution ou la mauvaise exécution concerne une opération de crédit (B).

A- Le cas des opérations courantes


Lorsqu’un client donne un ordre à sa banque : ordre de paiement, ordre
d’encaissement, ordre de transfert, la banque est tenue d’exécuter cet ordre dans les conditions
et délais impartis.

Ceci dit, si la banque commet une faute dans l’exécution d’un ordre, elle répond de sa
faute vis-à-vis de son client pour autant que la force majeure ne puisse être invoquée et que le
client lui-même n’ait pas commis de faute.
B- Le cas des opérations de crédit
Deux situations sont à distinguer à cet égard. La première est celle ou le refus
d’exécution par la banque d’une ouverture de crédit (I). La deuxième est celle relative à une
rupture brusque d’un crédit (II).

I- Le refus d’exécution d’une ouverture de crédit


Si la banque a donné son accord à un client pour lui consentir un crédit et que, sans
motif valable, elle n’exécute pas la convention, il est admis que sa responsabilité contractuelle
puisse être engagée pour non-exécution du contrat.

II- La rupture brusque d’un crédit


L’article 525 du Code de commerce a fixé des règles précises en la matière :
«l’ouverture de crédit est consentie pour une durée limitée, renouvelable ou non, ou illimitée.
L’ouverture de crédit à durée illimitée, expresse ou tacite, ne peut être résiliée ou réduite que
sur notification écrite et à l’expiration d’un délai fixé lors de l’ouverture de crédit, ce délai ne
peut être inférieur à 60 jours.

L’ouverture de crédit à durée limitée prend fin de plein droit au terme fixé sans que la
banque ait l’obligation d’en avertir le bénéficiaire.

Qu’elle soit à durée limitée ou illimitée, l’établissement bancaire peut mettre fin à
l’ouverture de crédit sans délai en cas de cessation notoire des paiements du bénéficiaire ou de
faute lourde commise à l’égard dudit établissement ou dans l’utilisation du crédit.

Le non-respect de ces dispositions par l’établissement bancaire peut engager sa


responsabilité pécuniaire ».

Il en découle deux obligations à la charge des établissements bancaires, si celles-ci


veulent éviter de voir leur responsabilité mise en jeu à l’occasion de la rupture d’un crédit : il
s’agit de l’obligation d’informer le client des délais de préavis, lors de l’octroi du concours et
la notification par écrit de la réduction ou de l’interruption du crédit.

A défaut de respecter les conditions fixées par la loi, la banque qui rompt un crédit
prend le risque de voir mettre en cause sa responsabilité contractuelle.

§3 : Limitation de la responsabilité du banquier

Pour un client, il est toujours tentant, en cas de litige, de chercher à faire condamner
son banquier à verser des dommages et intérêts au titre de la responsabilité contractuelle.
Les établissements bancaires se préservent contre de telles initiatives. Elles incluent
dans les contrats passés avec la clientèle des clauses limitant leur responsabilité.

La forme de ces clauses est loin d’être générale. En effet, la jurisprudence considère
que les clauses limitant la responsabilité d’une banque dans un contrat passé avec un client ne
sont efficaces qu’en cas de faute légère de la banque.

En revanche lorsque le banquier commet une faute lourde dans l’exécution du contrat,
la responsabilité de la banque est reconnue et la clause limitative de responsabilité n’a pas
d’effet.

Sous-section 2 : La responsabilité délictuelle du banquier

La responsabilité délictuelle bancaire est engagée, généralement, suivant les


dispositions classiques de droit commun (§1). Mais dans le cas d’une entreprise en difficulté,
les créanciers apparaissent comme les victimes du comportement de la banque et de ce fait, ils
cherchent à faire reconnaître la faute commise par celle-ci en vue d’obtenir le paiement de
dommages intérêts (§2).

§1 : La forme classique de la responsabilité délictuelle du banquier

Toutes les fois que le dommage causé par le banquier ne résulte pas d’un contrat entre
ce dernier et son client, on parle de la responsabilité délictuelle ou quasi-délictuelle.

A l’instar de la responsabilité contractuelle, la responsabilité délictuelle du banquier ne


peut être engagée qu’en l’existence d’un préjudice (B), un fait générateur de responsabilité
(A) et un lien de causalité entre le préjudice et le fait générateur (C).

A- Le fait générateur de la responsabilité


Conformément aux articles 77, 85, 86 et 88, la responsabilité du banquier peut donc
être de son fait personnel (I), du fait d'autrui (II) et du fait des choses (III) qu'il a sous sa
garde.

I- Le fait personnel du banquier


La responsabilité du fait personnel appelée encore, responsabilité délictuelle, est la
faute qui résulte de l'acte personnel de la banque. La banque de par son propre fait peut
engager sa responsabilité. Cette responsabilité délictuelle trouve son fondement dans l’article
77 du DOC.
La responsabilité du banquier s’accorde souvent avec une faute professionnelle
bancaire. Ainsi le banquier commet une faute chaque fois qu’il fait preuve de carence à ses
obligations de professionnel averti.

Cette faute consiste soit à omettre ce qu’on était tenu de faire, soit à faire ce dont on
était tenu de s’abstenir. C'est-à-dire toute faute, même légère, soit par commission, soit par
omission, engage la responsabilité du banquier.

Il y a un autre élément à évoquer ici c’est la volonté. La faute peut être commise
volontairement, c’est-à-dire accomplie avec l’intention de nuire. Comme elle peut être
commise sans l’intention de nuire, c’est-à-dire involontairement. En effet le banquier peut
avoir commis une faute, sans pour cela qu’il soit de mauvaise foi. Ainsi, on peut dire que dans
ce cas, la faute du banquier résultera d’une incompétence, d’une négligence mais pas d’une
mauvaise foi ou de la volonté de porter préjudice.

Ceci est notamment l’exemple de la fourniture de renseignement qui constitue un


usage bancaire courant. Les opérations de banque, tel l’escompte, les ouvertures de crédit, les
mouvements de comptes sont autant d’occasions utiles pour le banquier pour connaître la
situation financière et la solvabilité de ses clients. En mettant en plus à contribution ses
services d’études et surtout de renseignements, le banquier accumule des informations
précieuses au sujet de tiers auxquels il n’est lié par aucun lien juridique.

Ceci dit, il peut être constamment sollicité pour fournir des renseignements sur telle ou
telle affaire. Bien entendu l’usage ne lui interdit pas de satisfaire aux demandes qui lui sont
formulées. Mais, en raison d’éventuelles erreurs ou de fausses interprétations des données
communiquées, il verra sa responsabilité civile engagé sur la base de l’article 82 du DOC.

Les renseignements communiqués par le banquier peuvent profiter à celui qui les
sollicite mais elles peuvent également être défavorables à celui sur qui ils sont donnés. Ainsi,
la responsabilité du banquier peut être engagée sur le plan délictuel, en raison du caractère
confidentiel, inexact ou diffamatoire des renseignements fournis.

Ceci étant, toute information confidentielle ou qui pourrait nuire ou porter atteinte aux
intérêts du client tombe dans le champ du secret professionnel : les chiffres, la situation du
client, ses relations d’affaires, ses difficultés, etc. Ces informations ne peuvent être divulguées
sans le consentement du client même après la fin des relations avec la banque. Essayons
maintenant de voire clairement la responsabilité quasi-délictuelle.
A côté de la responsabilité civile délictuelle, existe une autre forme de responsabilité,
notamment la responsabilité quasi-délictuelle. Sur un plan terminologique, le délit civil est un
fait commis avec la volonté de causer un dommage (intentionnel) alors que le quasi-délit est
un fait dommageable non intentionnel.

II- Le fait d’autrui


La responsabilité du banquier peut également être le fait d'autrui. D’après l’Article 85
du DOC : « on est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait,
mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre ». Le
banquier est alors responsable des fautes commises par ses proposés (agents et employés)
dans l'exercice de leurs fonctions

Par ailleurs, la responsabilité du banquier revêt une caractéristique majeure de point de


vue de ses conséquences. Il s’agit d’une présomption de responsabilité. Conformément à
l’article 449 du DOC : « les présomptions sont des indices au moyen desquels la loi ou le juge
établit l’existence de certains faits inconnus ». A condition bien sûr de l’existence d’un lien de
préposition et l’existence d’une faute du préposé en rapport avec ses fonctions

Ceci dit, si la responsabilité du fait personnel est fondée sur la faute prouvée de
l’auteur du dommage, la responsabilité du fait d’autrui est fondée sur une présomption de
faute. Le banquier ne peut dégager sa responsabilité que s’il apporte la preuve contraire qu’il
n’a pas pu empêcher la réalisation du dommage. Il supporte en quelque sorte le risque d’avoir
mal choisi le préposé qu’il a embauché et de ce fait garantira les réparations de la victime.

III- La responsabilité du fait des choses


Le régime général de responsabilité du fait des choses est prévu par l’article 88 du
DOC qui pose le principe dans les termes suivants :

« Chacun doit répondre du dommage causé par les choses qu’il a sous sa garde lorsqu’il est
justifié que ces choses sont la cause directe du dommage, s’il ne démontre :

1- qu’il a fait tout ce qui était nécessaire afin d’empêcher le dommage

2- et que le dommage dépend, soit d’un cas fortuit, soit d’une force majeure, soit de la faute
de celui qui en est victime ».

Trois conditions sont nécessaires pour l'application de l'article 88. Il faudrait :


• L'existence d'une chose, les choses de toutes sortes et les plus diverses. Peu
importe que la chose soit atteinte ou non d'un vice interne ; il suffit que la chose objet du
dommage soit présente au moment du dommage.
• Un rapport de causalité doit avoir été constaté entre la chose et le dommage.
• La garde de la chose : la responsabilité n'est pas attachée aux choses elles-
mêmes, mais à leur garde.
B- Préjudice réparable

Il faut reconnaitre que les dommages ne sont pas tous réparables. Consciente de
l'impossibilité d'assurer la réparation de tous les dommages, la jurisprudence a, pour
l'essentiel, fixé les conditions auxquelles doit satisfaire un dommage pour fonder ou
contribuer à fonder un droit à réparation. Ces conditions sont relatives aux caractères du
dommage réparable et aux diverses sortes de dommages.

A propos des caractères du dommage, il faudrait que le dommage soit certain, direct,
l'existence d'un intérêt légitime. Quant aux sortes de dommage, on en distingue trois : le
dommage corporel (atteinte à l'intégrité physique), le dommage matériel (sur le patrimoine),
le dommage moral.

C- Le lien de causalité
La réparation du préjudice n'est pas subordonnée uniquement à la double existence
d'un dommage et d'un fait générateur de responsabilité. Encore faut-il que ce dommage se
rattache à ce fait générateur de responsabilité par un lien de cause à effet, par un lien de
causalité. Il faut que le fait générateur de responsabilité ait été la cause du dommage, sa cause
efficiente.

§2 : La responsabilité délictuelle du banquier suite au maintien du crédit à une entreprise en


situation irrémédiablement compromise

Les banques doivent être très vigilantes lorsqu’elles maintiennent ou augmentent des
concours à une entreprise dont elles savent qu’elle est en situation irrémédiablement
compromise. Vis-à-vis des créanciers de son client, le banquier risque de donner une image
fausse de celui-ci.

Pour retenir la faute de la banque, les tribunaux prennent en compte :

• L’existence de crédits disproportionnés par rapport à l’activité de l’entreprise ou par


rapport à ses capitaux permanents ;
• Le caractère irrémédiable des difficultés de l’entreprise.
• Les fautes commises par l’entreprise elle-même ainsi que les manœuvres qu’elle a pu
opérer sont autant d’éléments susceptibles d’écarter ou de limiter la responsabilité éventuelle
de la banque.
Sous-section 2 : La responsabilité pénale et disciplinaire du banquier

Toute activité économique peut toujours donner lieu à des comportements


répréhensibles qui sont sanctionnés par des dispositions pénales.

Cependant, la responsabilité de la banque n’est pas celle de l’auteur directe des


infractions, c’est plutôt sous l’angle de la complicité que la faute pénale de la banque est
envisagée (§1).

Par ailleurs à la suite d’actions du banquier jugées contraires, par les autorités
monétaires, aux dispositions de la réglementation bancaire, la responsabilité disciplinaire du
banquier pourrait être engagée (§2).

§1 : La responsabilité pénale du banquier

La responsabilité pénale du banquier peut résulter de l'accomplissement des délits qui


ont un rapport plus particulier avec l'activité financière. Cependant, le banquier ou ses
proposés sont poursuivis beaucoup plus en qualité de complice de leurs clients que comme
auteurs principaux.

Pour que cette responsabilité soit mise en cause, elle peut être engagée dans le cadre
de différentes opérations comme le secret professionnel (A) et la complicité de la banqueroute
(B).

A- Le secret professionnel
Dans l’exercice de son activité, le banquier est appelé à connaître et à détenir des
informations sur ses clients. Une bonne part de ces informations est soumise au secret
professionnel.

La banque est notamment un partenaire essentiel de l’entreprise, elle est également un


prestataire indispensable pour les particuliers.

Dans l’exercice de son activité, le banquier est appelé à connaître et à détenir des
informations sur ses clients. Une bonne part de ces informations est soumise au secret
professionnel.
C’est ainsi que l’article 180 de la loi bancaire 103-12 dispose que : « toutes les
personnes qui, à un titre quelconque, participent à l’administration, à la direction ou à la
gestion d’un établissement de crédit, d’un organisme assimilé ou qui sont employées par
ceux-ci, les membres du conseil national du crédit et de l'épargne, du comité des
établissements de crédit, de la commission de discipline des établissements de crédit, du
comité de coordination et de surveillance des risques systémiques, du conseil d'administration
et le personnel de la société gestionnaire, les personnes chargées, même exceptionnellement,
de travaux se rapportant au contrôle des établissements soumis à la surveillance de Bank Al-
Maghrib en vertu de la présente loi et, plus généralement, toute personne appelée, à un titre
quelconque, à connaître ou à exploiter des informations se rapportant à ces établissements,
sont strictement tenus au secret professionnel pour toutes les affaires dont ils ont à connaître,
à quelque titre que ce soit, dans les termes et sous peine des sanctions prévues à l’article 446
du code pénal.».

Le secret professionnel ne peut être opposé à certaines autorités, à savoir : l’autorité


judiciaire ; l’autorité monétaire (Bank Al Maghrib) et l’autorité administrative.

B- La complicité à la banqueroute

La banqueroute est une infraction qui vient apporter des sanctions pénales dans le
cadre des difficultés de l’entreprise. Elle peut être définie comme un délit commis par un
débiteur commerçant qui se trouve en état de cessation des paiements à la suite de certains
agissements.

Il découle de l’énumération retenue par l’article 754 du code de commerce que deux
types de personnes peuvent se voir appliquer les dispositions relatives à la banqueroute : les
dirigeants, de droit ou de fait, de l’entreprise individuelle el les dirigeants de l’entreprise à
forme sociale.

La complicité en matière de banqueroute est envisagée par l’article 755 du Code de


commerce.

Aux termes de l’article 755 alinéa 2 : « Encourent les mêmes peines, les complices de
banqueroute, même s’ils n’ont pas la qualité de dirigeants d’entreprise».

L’article 755 alinéa 3 de la loi précitée dispose que : « La peine prévue au premier
alinéa est portée au double lorsque le banqueroutier est dirigeant, de droit ou de fait, d’une
société dont les actions sont côtés à la bourse des valeurs.
Pour connaître les conditions de la complicité, il convient de faire application des
articles 128 et 129 du Code pénal. La complicité suppose, selon ces articles, la réunion de
conditions cumulatives : l’existence d’un fait principal punissable, c’est-à-dire d’une
banqueroute ; un acte de complicité : il s’agit soit d’une aide ou assistance, soit d’une
complicité par instigation ; la conscience de l’associé à la commission de l’infraction.

Lorsque ces conditions sont réunies, le complice encourt les mêmes peines que s’il
avait été lui-même l’auteur principal de l’infraction.

En conséquence, l’infraction de complicité pour banqueroute vise au premier chef les


établissements bancaires.

§2 : La responsabilité disciplinaire du banquier

Il faut rappeler en premier lieu que, le régime de la responsabilité disciplinaire a


pour objet d'assurer le respect par des obligations auxquelles il est tenu à l'égard du service.

C’est pour cela que la particularité de l'action disciplinaire demeure dans le fait que
les sanctions ne frappent pas la personne du fonctionnaire lui-même ni ses biens, mais sa
carrière et ses avantages statutaires.

Toute faute commise par un fonctionnaire dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice


de ses fonctions l’expose à une sanction disciplinaire, sans préjudice, le cas échéant, des
peines prévues par la loi.

Pour sa part, le banquier est loin de disposer en droit d’une liberté entière, il est tenu
par le respect de diverses règles et conditions dans et pour l’exercice de sa profession.

Dite une responsabilité disciplinaire du banquier, lorsqu’il s’agit d’une sanction des
règlements intérieurs de l’établissement bancaire, du non-respect des obligations ainsi que les
devoirs prévus par le législateur.

La loi bancaire confère aux autorités monétaires, un pouvoir disciplinaire pour


réprimer les actes du banquier dérogeant à la réglementation en vigueur.

L’organe chargé de contrôler la profession bancaire, est bel et bien Bank Al-Maghrib
qui est la seule susceptible de sanctionner les banques qui contreviennent au dispositif mis en
place pour contrôler leur gestion.
Chaque banquier est tenu par l’autocontrôle de son hiérarchique en premier lieu sous
le contrôle de l’audit interne en deuxième lieu et l’inspection générale de la banque. Le tout
sous le contrôle de l’inspection générale de Bank Al Maghrib.

La loi bancaire prévoit notamment dans ses articles 173 et suivant toute une gamme de
sanctions administratives et disciplinaires à savoir : le blâme, l’avertissement, l’interdiction de
faire certaines opérations ; voire, mise à pied, dégradation, licenciement, le retrait de
l’autorisation d’exercer en passant par les sanctions pécuniaires.

En effet, en période d’encadrement des crédits, les banques qui outrepassent les
plafonds autorisés risquent d’être sanctionnées d’un montant égal aux dépassements effectués
dans la distribution des crédits

Ces différentes sanctions varient selon la nature de la faute commise, comme elles
peuvent être appliquées par les autorités monétaires.

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