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FACTEURS EXPLICATIFS DES POLITIQUES DE RÉÉVALUATION POSITIVE

D'ACTIFS
Le cas de la Suisse

Franck Missonier-Piera

Association Francophone de Comptabilité | « Comptabilité Contrôle Audit »

2003/2 Tome 9 | pages 59 à 80


ISSN 1262-2788
ISBN 2711734218
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Franck MlssoNtpn-PrsRA
FACTEURS EXPLICAT]FS DES POLITIQUES DE RÉÉ,VALUANON POSITWE DâCTIFS
LE CAS DE lASUISSE

Facteurs explicatifs
des politiques de ftêvafua-
tion positive d' actifs.
Le cas d,e la Swisse
Franck MtssoNlEn-PtrRA

Rêsmé Ahstracl :
Deteminanls of Upward Asseîs
Revalualionîfu Case ol Swûtzerlont
Cet article examine les facteurs susceptibles
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d'influer sur les réévaluations positives des This paper examines faoors lihely n ffio
entreprises suisses cotées. I-analyse empirique u1ruard assas retaluations by Swiss listed frzns.
suggère que cette pradque permet essentielle- The empirical analysis sugests that tbis practice
ment de réduire les coûts de I'endememenr en mainly mables thefrrn to reduce its debt costs b7
signalling alditional borrowing ca?acity as well
signalant une capacité d'emprunt supplémen-
as to reduce political costs muiledfrom the firm
taire, ainsi que de réduire les cotts politiques
labour force.
engendrés par I'importance des salariés dans
I'entreprise.

(orrespondonce: HEC - Lausanne


BFSH l,
1015 lausanne, Suisse
Té1. : +41 21 692 3363 - Fax : +41 21 692 3495
e-mail : franck.missonier-piera@hec.unil.ch

CoMI"rÂBù-rrÉ - CoNrRôLE - Auorr / Tome 9 - Volume 2 -novembre 2003 (p. 59 à 80)


Franck MtssoNIgn-Pnna
FACTEURS EXPLICAIIFS DES POLITIQUES DE RÉE,VAIUAIION POSITWE D'ACTIFS
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Introduction
Lobjet de cet anicle est d'examiner empiriquement les facteurs suscepdbles d'influencer la décision de
suivre une politique de réévaluation positive d'actifs des entreprises suisses cotées. Depuis déjà au
moins deux décennies, la littérature comptable regorge de recherches sur les relations entre les carac-
téristiques de la firme et ses politiques comptables. Toutefois, une investigation des politiques de
réévaluarion se singularise sur au moins deux points. D'une part, la réévaluation positive est une
pratique controversée dans la mesure oir elle remet fortement en quesdon le principe de l'évaluation
au coût historique '. D'autre part, contrairement aux autres choix de méthodes qui ne font qu'accélé-
rer ou retarder la prise en compte des bénéfices, les effets d'une réévaluation sur les états financiers
* routes choses égales par ailleurs - sont définitifs. Or, étant donné que le choix de réévaluer est à la
discrérion des dirigeants, on peut légidmement s'interroger sur les motivations d'une pratique qui n a
pas d'impact direct sur les cash-jlows de I'entreprise, hormis celui des cottts nécessaires à sa mise en
æuvre. Il esr cependant raisonnable de penser que ces coûts sont compensés ($(/'atts, 1977). En consé-
quence, il peut être intéressant de connaltre l'origine de ces compensations afin de comprendre les
raisons qui motivent les dirigeants à pratiquer des réévaluations positives.
Plusieurs facteurs explicatifs de la décision de réévaluer se dégagent de la littérature empirique:
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I)I-es réévaluarions positives permettraient d'éviter la violation des clauses des contrats de prêts
limitant le niveau d'endemement (Vhinred et Chan, 1992:' Brown et al., 1992; Cotter, 1999), tout
en amélioranr la capacité des firmes à recourir à de nouveaux emprunts en signalant un ratio d'endet-
remenr plus faible (Brown et al., 1992; Cotter et Zimmer, 1995 ; Black et al., 1998 ; Cotter, 1999 ;
Lin et Peasnell, 2000 ; Jaggi erTsui, 2001). Dans ce contexte, et du fait d'un financement exrerne plus
coûteux que les firmes composées principalement d'actifs-en-place, il semble que les dirigeants des
firmes dont les actifs sont principalement des opportunités d'investissement ont plus d'incitations que
les autres à pratiquer des réévaluations positives (\f'hittred et Chan, 1992; Brown et a1.,1992).

2)I-e.s réévaluations serviraient aussi d'oudl de dissuasion contre des OPA hostiles. En effet, dans
la mesure oir la réévaluation permet de rapprocher la valeur comptable de la firme de sa valeur écono-
mique, elle abaisse la probabilité de voir une offre sous-évaluée réussir (Brown et al., 1992; Easton r/
a1.,1993).
-l) En réduisant la rentabilité des fonds propres et celle des actifs, la réévaluation positive permet
de réduire les coûts politiques que les firmes supportent (Brown a al., 1992).
4)La réévaluation s'inrégrerait dans une politique globale de gestion des résultats, notamment à
I'occasion de la revente d'acdfs précédemment réévalués (Black et al., 1998).
5) Enfin, il est tout aussi probable que par cette pratique les dirigeants cherchent simplement à
donner une image fidèle de la réalité économique de leur entreprise. Ainsi, par exemple, ltboody et al.
(1999) au Royaume-Uni et Jaggi et Tsui (2001) à Hong Kong ont montré une association positive
entre les réévaluations positives d'actifs des firmes et leurs performances futures, suggérant de Ia sorte
que le choix des dirigeants résultait bien de la prise en compte d'une modification de la valeur des
actifs concernés.
Cet article se veur une contribution à la littérature existante en examinant les relations entre le
choix d'une politique de réévaluations positives d'actifs par les dirigeants des firmes suisses cotées et
les caracréristiques de leur entreprise. Les quelques trâvaux empiriques déjà recensés considèrent que

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Franck Mrsonnn-Puna
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la pratique des réévaluations d'actifs s'explique par la présence de clauses restrictives des contrats de
prêts, et concernent pour la plupart des entreprises évoluant dans un environnement de rype anglo-
saxon2. Le recours à un échantillon d'entreprises suisses est en ce sens pardculièrement intéressant,
dans la mesure oir, contrairement à la plupart des pays déjà étudiés, I'insertion de clauses restrictives
dans les contrats de prêts n'est pas d'usage courant (Cormier et a1.,2000), tout au moins en ce qui
concerne les dettes cotées3. La protection des créanciers repose sur d'autres mécanismes tels que le
recours à des institutions financières comme les banques. Dans ce contexte, on peut s'interroger sur le
rôle des politiques comptables en général des firmes suisses - et des réévaluations en particulier - dans
les relarions avec les créanciers. Il est en effet difficile de savoir si les réévaluations répondent plus à des
considérations contractuelles ou de signalisation.
Cet ardcle est organisé de la façon suivante. La première section présente I'environnement comp-
table suisse. La deuxième énonce les enjeux des réévaluations et développe les hypothèses. La troisième
présente la méthodologie. La quatrième discute des principaux résultats statistiques. La conclusion
clôt cene recherche.

Ë#rï"";î Les pratiques comptables en Suisse


Essentiellement d'origine légale, la réglementation comptable suisse peut être rattachée au modèle
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d'Europe conrinenrale. Les choix comptables des entreprises doivent être conformes aux règles légales
du Code fédéral des obligations a (CO). Ce dernier laissaat une très grande libené aux entreprises en
matière de publicarion d'information et ne stipulant que très peu de principes ou règles comptables, la
Suisse - bien qu elle soit l'un des pays les plus industrialisés - était encore il y a peu considérée comme
sous-développée d'un point de vue comptable (Ztind, 1993, p. 257). La situadon a pourrant bien
évolué depuis. En effet, le CO (datant de 1881) a connu en 1992 une révision d'importance. Les effons
du législateur ont alors principalement porté sur la volonté d'uniformiser la présentation des comptes
annuels pour lesquels le CO mentionne dorénavant un certain nombre de règles à respecter (art. 663
et 663a CO). En outre, depuis octobre 1996, les firmes cotées sur le Swiss Exchange Market (S\?X)
doivent - en plus du CO - se conformer aux Swiss GAAP RPC 5 (recommandations relatives à la
présenrarion des comptes). Elles ont toutefois la possibilité de présenter leurs comptes selon les IAS
(International Accounting Standards) ou les US GAAP Ceme réglementation n a fait qu'entériner une
situation de fait, dans la mesure oir les firmes cotées en Suisse publiaient déjà volontairement leurs
compres de groupes selon des normes reconnues ou plus conformes aux pratiques généralement
admises (Dumontier et aL, 1998) telles que justement les IAS, les Swiss GAAP RPC, les US GAAP ou
les directives européennes '. Ces faits expliquent certainement pourquoi la Suisse a peut-être la plus
grande proportion au monde d'entreprises recourant aux normes de I'IASB (Achleitner, 1998, p. 169).
Selon la plupan des référentiels comprables utilisés par les firmes suisses cotées, les réévaluations
positives d'actifs sont plus ou moins contraintes, mais généralement autorisées. Par exemple, selon
I'IAS 16, les réévaluations d'actifs sont autorisées bien que le traitement préférentiel reste le coût histo-
rique. Au niveau européen, la quatrième directive semble faire du coût historique son trairement
préférentiel (art.32), bien qu elle laisse aux États membres la liberté d'autoriser les réévaluations d'im-
mobilisations corporelles (art. 33). Au niveau de la normalisation propre à la Suisse, la Swiss GAAP
RPC no 5 autorise l'évaluation au coût historique ainsi qu à la juste valeur dans les compres consoli-
dés, sans manifester de préférence. Enûn, au niveau légal, le CO n autorise la réévaluation dans les
compres individuels que pour le cas particulier d'une perte de la moitié du capital-actions et des
réserves (an.670 CO), tout en le permettant dans les comptes consolidés.

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Franck Mtssoxten-PIrna
FACTEURS DOLTCAITFS DES POLnQUES DE RÉÉVALUAIION POSTTWE DâCTFS
62 LE CAS DE I"{ SUISSE

ffi Enieux et facteurs explicatifs


La réévaluation est une pratique qui permet de prendre en compte la variation de valeur des actifs dans
la détermination du montant enregistré dans les états financiers d'une entreprise. Historiquement, le
problème lié à la nécessité de réévaluer certains actifs prend sa source dans le débat relatif à la prise en
compte des effets des variations de prix. C'est d'ailleurs ainsi que certaines entreprises réévaluent leurs
actifs dans le cadre des normes relatives à la comptabilité d'inflation (Griffiths, 1990). Le débat quant
à la justification de cette pratique est vivace et demeure d'actualité. Selon le principe de prudence, les
entreprises ne devraient tenir compte que des événements susceptibles de réduire la valeur des actifs.
La réévaluation positive n'a donc pas lieu d'exister. De plus, elle coûte plus en frais directs qu'elle ne
rapporte en termes d'image à I'entreprise, les normes comptables devraient donc I'interdire
(Henderson et Goodwin, 1992). À I'inverse, on peut comprendre que l'entreprise cherche à respecter
le principe d'image fidèle et s'efforce de signaler ar.D( investisseurs la réalité de sa situation économique
et financière. Lorsqu il est clair que la valeur comptable d'un acdf s'éloigne rrop de sa valeur écono-
mique, les dirigeants devraient procéder à un ajustement, même si celui-ci consiste à augmenter la
valeur comptable des actifs.
D'une façon générale, et quel que soit le référentiel comptable adopté, une réévaluation positive se
comptabilise tout d'abord en mesurant l'écart enre la valeur économique des actifs (ou juste valeur)
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et leur valeur comptable. Une fois constaté, cet n écarr de réévaluation u est ajouté à la valeur nette
comptable des actifs concernés, ainsi qu'aux fonds propres de I'enreprise - comme < réserve de rééva-
luation ) - en contrepanie. Si les actifs réévalués sont amoftissables, la dépréciarion esr enregistrée en
charge durant les exercices ultérieurs. Lorsque l'écart est négatif, I'acdf est dévalué du même montant,
et la conrepartie est une charge de I'exercice courant.
La réévaluation positive engendre un certain nombre de coûrs directs. Il y a les honoraires des
professionnels que les entreprises utilisent parfois pour obtenir une estimation de la valeur écono-
mique des actifs concernés. Il y a aussi le coût résultant d'une facturation supérieure réclamée par le
réviseur pour le travail supplémentaire de vérification. Enfin, des coûts non mesurables résultent de la
perte de temps engendrée par les discussions et les négociations entre réviseurs et dirigeants sur la
nouvelle valeur des actifs à inscrire au bilan (Brown et aL,1992, p.37). Par aillçs6, des effets indirects
peuvent résulter de l'impact durable qu ont les réévaluations sur l'ensemble des états financiers de l'en-
treprise 7. En effet, les montants publiés peuvent affecter les décisions d'un certain nombre de parte-
naires dans leur relation avec l'entreprise concernée. Par exemple, en fonction des résultats publiés, les
employés peuvent ajuster leur demande salariale, l'É,tat peut établir une nouvelle réglementation plus
ou moins contraignante, les actionnaires peuvent accorder des primes aux dirigeants, etc.
Lenvironnement économique et institutionnel de la Suisse se caractérise cependant par le poids
prépondérant des créanciers financiers dans le financement externe des entreprises. Ces derniers sont
d'ailleurs considérés comme les principaux utilisateurs des états financiers. Il est donc raisonnable de
penser que dans le processus de décision des dirigeants d'entreprises suisses de réévaluer ou non les
actifs, I'une des principales considérations va êre de satisfaire les attentes des créanciers. Il est alors
possible de déterminer plusieurs facteurs susceptibles d'influencer le choix des dirigeants.

Lendettement
=lE.,=
Les créanciers utilisent I'information comptable pour analyser la situation financière d'une entreprise
afin d'apprécier le risque qu'ils prennent lors de l'octroi d'un crédit ou pour I'accord d'un prêt. Le coût

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Franck MtssoxtBn-PtBne
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du prêt est ajusté selon le risque perçu par les créanciers. Lune des craintes des créanciers provient du
risque de réduction et de dilution des garanties que leur offrent les actifs de la firme en cas de faillite.
Or, la probabilité que le prix de cession des actifs en cas de liquidation soit inférieur au montant des
demes est d'autant plus grande que l'endettement de la firme est important. Dans ce contexte, on peut
considérer que I'intérêt des dirigeants (agissant pour le compte des actionnaires) est de rassurer les
créanciers en choisissant des méthodes comptables qui réduisent le niveau d'endemement apparent. La
réévaluation posirive des actifs, en augmentant la valeur des fonds propres et des actifs, permet de
réduire le niveau d'endemement de la firme, que ce soit par rapport au montant des fonds propres ou
des actifs. En conséquence, on peur faire l'hypothèse suivante' :

Hl : Plus la ffrme est endettée, plus il est probable qu'elle suive u"e politique de réévalua-
tion positive d'actift.
On peut aussi s'interroger sur l'impact du niveau d'endenement en tant que tel sur les pratiques
des réévaluations. Il peut être pertinent de prendre en compte la nature de la deme (c'est-à-dire privée
as. publique), tout particulièrement dans une économie comme celle de la Suisse oir les banquiers sont
les principaux fournisseurs de capitaux externes des entreprises. En effet, les propriétés de gouver-
nance des contrats de prêts diftrent selon la neture de I'endettement (Lemke et Page, 1989;
Haubrich, 1989 ; Neave, 1991), notamment en termes de contrôle et de cofits de négociation. Les
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liens entre la banque et la ûrme sont par exemple plus imponants qu'avec les autres créanciers. Le flux
d'information que fournit l'entreprise à sa banque est plus imponant (cene dernière est contrainte au
secret bancaire), et la situation financière de I'entreprise est évaluée régulièrement. À I'inverse, pour les
autres créanciers, le coût de l'audit de I'entreprise émettrice peut être prohibitil On peut donc raison-
nablement penser que les dirigeants sont plus incités à rassurer les créanciers publics que privés du fait
d'une a.symétrie d'information plus grande. On peut alors émettre I'hypothèse suivante' :
H2: Plus la ûrme se tnance par dette privée, moins il est probable qu'elle suive une poli-
tique de réévaluation positive d'actifs.
Enfin, le terme de la dette peut avoir des conséquences sur les politiques comptables. On peut
raisonnablement considérer que les firmes sur le point de recourir au marché du crédit ont intérêt à
afficher une capacité d'emprunt suffisante afin de convaincre les créanciers potentiels d'accorder leur
prêt. Cene démarche peut se révéler d'autant plus peninente que le financement externe de I'entre-
prise repose essentiellement sur des prêts à court terme, dans la mesure où la fréquence des renouvel-
lements de crédit est plus élevée. Il peut en résulter que :

H3 : Plus I'endettement de la ffrme est à court teme, plus il est probable qu'elle suive une
politique de réevduation positive dactifs.

t:t:t;*ftiltli}Lesopportunitésdinvestissement

Selon Myers (1977), une firme est composée d'acdfs-en-place dont la valeur est facilement identi-
fiable, et d'opponunités d'investissement dont la valeur dépend d'investissements futurs discrétion-
naires. Les dirigeants des firmes dont les actifs sont principalement des opponunités d'investissement
connaissent ainsi mieux leur valeur que les investisseurs externes du fait d'un surcroît d'aqrmétrie d'in-
formation (iest-à-dire la valeur des actifs étant difficilement observable). Il est donc plus difficile de
contrôler leurs activités que celles des firmes composées principalement d'actifs-en-place. La présence

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Franck MtssoNtEn-Ptpna
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de ces oppornrnités d'investissement fait supporter deux types de risques aux créanciers. Le premier
provient d'un risque potendel de sous-investissement. En effet, par définition, les dirigeants choisi-
ront en temps opporrun s'il est pertinent de procéder à ces investissements (c'est-à-dire opponunités
d'investissement). Ils n'effectueront pas I'investissement si sa valeur acturlle nette - même positive -
est inftrieure au montant que I'entreprise doit rembourser à ses créai:,ciers, engendrant a-insi un
problème de sous-investissement. Le second risque résulte de la possibiliré qu ont les dirigeants-
actionnaires d'entreprendre des projets plus risqués que ceux pour lesquels les créanciers ont accordé
leur prêt (Galai et Masulis, 1976). Lexcédent de rémunération associé à l'augmentation du risque ne
profite toutefois qu aux actionnaires et non aux créanciers qui reçoivent une rémunération fixe. Or, la
capacité de subsdtuer des acdfs est d'autant plus grande que l'entreprise est composée d'opportunités
d'investissement. Pour ces raisons, les opportunités d'investissement sont considérées comme plus
risquées que les actifs-en-place par les créanciers. Les attentes des créanciers en termes de solidité
financière seront d'autant plus grandes que les actifs de la firme sont des opporunités d'investisse-
ment. En conséquence, on peut s'attendre à observer une association positive entre la présence
d'oppomrnités d'investissement er la réévaluation positive. On peut en déduire I'hypothèse suivante 'o :

H4 : Plus la firme est composée d'opportunités d'investissement, plus il est probable qu'elle
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suive une politique de réévaluation positive d'actifs.

2';3,, ,". La spécificité des actifs

Selon \filliamson (1988), il est nécessaire de s'intéresser simultanément aux caractéristiques des actifs
(tout particulièrement leur spécificité) et à leur mode de financement - comme les actions ou I'em-
prunt - qui sont considérés comme des structures de gouvernance. Les actions proposent une certaine
souplesse d'utilisation par rappom aux demes. En ef[èt, les actionnaires deviennent propriétaires d'une
partie de l'entreprise, et non exclusivement de l'actif Ênancé. Ils sont intégrés au sein de la firme pour
sa durée de vie (ou la durée de la possession du titre). En outre, les droits des acrionnaires sur les actifs
sont d'un rang inférieur à ceux des créanciers. Les actionnaires étant des créanciers résiduels, ils ont
une propension plus élevée à la négociation que ne l'ont les prêteurs de capitaux, notarnment lorsque
I'entreprise est en difficulté. Il devient rationnel pour eux de rechercher la poursuite des activités de
I'entreprise. Par comparaison, le financement par emprunt offre peu de souplesse. La dette a une
échéance au terme de laquelle son montant est dû. Le débiteur en assume Ênancièrement la charge.
S'il est dans I'incapacité de la supporter, le détenteur du titre va pouvoir exercer sa garantie sur I'actif
financé. Or, la valeur de récupération de la dette va dépendre du caractère redéployable de I'actif
concerné, c'est-à-dire de son degré de spécificité ". Par conséquent, les créanciers potentiels exigeront
des taux d'intérêt plus élevés afin de se protéger des risques encourus, dans la mesure oir en cas de
faillite de la firme ils pourront difficilement récupérer le montant de leur prêt par la revente des actifs
de l'enreprise. La spéciûcité des actifs accroît ainsi les coirts de transaction du financement par
emprunt, en augmentant le risque perçu par les créanciers. On peut donc faire I'hypothèse suivante :

H5 : Plus le degré de spécificité des actift de la firme est élevé, plus il est probable qu'elle
suive une politique de réévaluation positive d'actifr.

CourrarurÉ - CoNrRôLE - Auorr / Tome 9 - Volume 2 - novembre 2003 (p. 59 à 80)


Frmck MIssoNtsn-PnRa
FACTEURS DOLTCATIFS DES POLITIQUES DE RÉÉ,VALUAnON POSITWE DâCTIFS
LE CAS DE I.{ SUISSE 65

llriti4i',r., Les coûts politiques


Lintensité des coûts politiques est souvent associée à la taille de la firme (\Zatts et Zimmerman,
1936). Ces transfens de richesse de I'entreprise vers l'électorat prennent la forme de lois, règlements
ou toute autre intervention de l'État qui sont autant de coûts d'opportunité (c'est-à-dire renoncer à
des projets renrables). La visibilité des grandes entreprises, notarnment en termes de richesse dispo-
nible, anire plus facilement I'attention des élus polidques (et de l'électorat). Ces derniers semblent de
surcrolt s'arrêter au bénéfice de I'entreprise et non à sa valeur relative (Zimmerman, 1983). Ainsi, les
dirigeants des firmes de grande taille peuvent être enclins à pratiquer des réévaluations positives afin
de réduire les coûts politiques que leur entreprise supporte, dans la mesure oùr cela leur permet de
réduire la rentabilité des actifs et des fonds propres, ainsi que la plus-value potentielle résultant de la
revente des actifs. En conséquence, on peut faire l'hypothèse suivante :

H6 : Plus la teille de la ffrme est importante, plus il est probable qu'elle suive 'ne politique
de réévaluation positive d'actifr.
Lobjectif de maximisation de la richesse des employés se matérialise généralement par une
demande salariale associée aux rentes de la ûrme (Ashenfelter etJohnson, 1969). Ces rentes étant
considérées comme corrélées aux bénéfices de l'entreprise (Liberty et Zimmerman, 1986 ; Elias,
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1990), les employés portent un regard particulier aux résultats publiés. Or, I'augmentation de salaire
peur enrraîner des coûts d'opportunités importants pour les actionnaires. On peut donc considérer
qu ils ont une incitation particulière à réduire I'intensité des demandes salariales, en choisissant par
exemple une méthode comptable qui permet de publier des résultats plus faibles. Cette politique est
d'autant plus pertinente que les employés représentent une force de négociation au sein de la firme
(ex. : présence de syndicats). On peut alors faire I'hyporhèse selon laquelle :

H7: Plus la pression salariale de la trme est importante, plus il est probable qu'elle suive
une politique de réévaluation positive d'actifs.

2.5. I.a dilution du capital


La mise en place de contrats reliant la rémunération des dirigeanrs à divers indicateurs de performance
peut être un outil limitant leurs divergences d'intérêts avec les actionnaires de l'entreprise. La présence
de ces conrrars est d'aurant plus pertinente que le coût du contrôle de l'activité des dirigeants est
impomant, comme pour les Êrmes dont I'actionnariat est diffus - ou firmes managériales - compara-
tivemenr aux âutres ûrmes ('S?illiamson, 1964, 1967). Par ailleurs, les dirigeants des firmes managé-
riales jouissenr d'un pouvoir discrétionnaire important sur la gestion de I'entreprise, notalnment sur
la publication des informations relatives à la performance de l'entreprise (\?'illiamson, 1967, p. 13).
Inversemenr, les dirigeants des firmes non managériales sont plus facilement contrôlés. Il est alors fort
probable que les dirigeants de ces firmes managériales puissent plus aisément choisir des méthodes
comptables qui accroissent leur rémunéradon, ou tout au moins qui donnent une image flatteuse de
leur entreprise 12. La structure de I'actionnariat de la firme peut ainsi être un facteur d'influence des
choix comptables de ses dirigeants (Salamon et Smith, 1979, p. 319-20). On peut en déduire I'hypo-
thèse suivante (Dhaliwal et al., 1982) :

H8 : Plus I'actionnariat de la firme est dilué, moi.s il est probable qu'elle suive une politique
de réêvaluation positive dactifs.

CoMl'lAgtrffÉ, - CoNrRôLE - AttDrr / Tome 9 - Volume 2 -novembre 2003 (p. 59 à 80)


Franck MIssoNrrn-Ptrna
FACTEURS EXPLICAIIFS DES POLnQUES DE RÉÉVALUÂIrON POSTTWE DâCTIFS
66 LE CAS DE tA SUISSE

,, ,.2iô* ',' Variable de contrôle


La réévaluation positive réduisant le niveau d'endettement ainsi que la rentabilité de la firme (par une
réducdon des résultats lorsque les actifs sont a-mortissables et par un accroissement du dénominateur
des ratios de rentabilité), il est raisonnable de penser que les dirigeanm opèrent un arbitrage enûe ces
variables lors de la décision de pratiquer des réévaluations. Dans cette perspective, on peut supposer
que la réévaluation est plus probable pour les firmes dont la rentabilité avant réévaluation est déjà
importante, à tout le moins suffisante pour absorber l'ef[et d'une réévaluation positive sur des indica-
teurs de performance.

ffi Méthodologie
, 3i,I_i;j,;, Sélection de l'échantillon
Léchantillon est composé d'entreprises industrielles et commerciales cotées à la Bourse des valeurs
suisses (S\fX) en 1994-1995. À cette période, les entreprises jouissaient en effet d'une grande liberté
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d'application des politiques comptables qui a été fortement réduite le l"'octobre 1996, darc à partir de
laquelle les firmes cotées sur le SSfX devaient - en plus du CO - respecter les normes de la FER. La
publication des comptes selon les normes de |IASB '3 ou du FASB restait à la discrétion des entreprises.
En outre, la période tient compte de la dernière révision de 1992 du CO entrée en vigueur le l" juillet
1993.Les firmes retenues publient des comptes consolidés dans la mesure où le CO interdit les rééva-
luations dans les comptes individuels. Cette contrainte permet par ailleurs d'ignorer I'effet fiscd des
décisions comptables, étant donné qu une caractéristique imponante des pratiques comptables suisses
consiste à respecter le MassgeblichkeitErinzip qui suggère un lien étroit entre les règles comptables et
fiscales. Léchandllon final comprend 101 entreprises, qui représentent 64 o/o delacapitalisation bour-
sière totale du SWX et 96 o/o de toutes les entreprises indusrielles 'a. Les données onr été collectées
manuellement dans les rapports annuels de chacune des entreprises. Sur I'ensemble des entreprises de
l'étude, 80 firmes évaluaient leurs acdfs au coût historique et 21 admemaient pratiquer des réévaluations
positives. Parmi ces dernières, l1 firmes udlisaient les normes IAS sur un total de 45 dans l'échandllon.
Selon les informations publiées, les terrains et les immeubles hors exploitation font partie des actifs
immobilisés les plus fréquemment réévalués. Le moncant des réévaluations représentait en moyenne
29 o/o du total des actifs immobilisés des firmes concernées et 73 o/o des fonds propres (hors réévalua-
tion). Le choix de pratiquer des réévaluations n était donc pas anodin.

':'',,. lfi',.=t,. Mesure des variables


L'endcttemmt: le niveau d'endemement (noté DETTE) est mesuré par le total des dettes financières
sur le total du bilan (Brown et a1.,I992). La nature des prêts (publics ou privés) peut être mesurée par
le montant des demes cotées ou non cotées de long terme sur le total des acdfs de la firme (Daley et
Vigeland, 1983). Malmquist (1990) et Gupta (1995) ne tiennent compte que de la présence des
denes cotées (variable muene) dans le financement de la firme. Dans ce papier, elle est mesurée par le
ratio des dettes financières non obligataires sur le total des demes financières (noté PzuV).

CoMPTABILTÉ - CoNTRôII - AuDrr / Tome 9 - Volume 2 - novembre 2003 (p. 59 à 80)


Franck MtssoNtsn-PIna
FACTEURS EXPLICAIIFS DES POLITIQUES DE RIÉÉ,VALUAIION POSITIVE DACTIFS
LE CAS DE I"{ SUISSE 67
La fréquence des transactions à caractère financier correspond au ratio des denes tnancières à court
terme sur le total des dettes financières '5 (noté FREQ).
Les opportunités d'inuestissement: suivant Skinner (1993),I'ensemble des oppornrnités d'investisse-
ment (EOI) est mesuré par le Qde Tobin (1969), c'est-à-dire par le ratio de la valeur de marché de la
firme sur la valeur de remplacement des actifs en l'état. Dans tous les cas otr q * l on considère qu il
existe des opportunités d'investissement ou de désinvestissemenr proûtables 'u. L. Q de Tobin est
calculé en reprenant la démarche de Lindenberg et Ross (1981) ''.
La spécificité des actif : les études empiriques sur les coûts de transaction et le concept d'actif spéci-
fique sont nombreuses (Rindfleisch et Heide, 1997).Il n en demeure pas moins que rares sont celles
qui proposent des mesures directes de la spécificité des actifs. Quelques auteurs (Balalrishnan et Fox,
1993 ; Dumontier et Bah, 1996) considèrent comme pertinent le ratio [dépenses de REcD/
chiffre d'affaires] (noté AS). En effet, on considère que les actifs des firmes fonement engagées dans
des activités de recherche et développement sont peu liquides car difficilement évaluables par le
marché. Cette détnition correspond à celle de la spécificité des actifs.
Les co'ûx politiques : la plupart des études empiriques utilisent alternativement le total du bilan ou
du chiffre d'affaires comme mesure de [a taille de la firme (Bujadi et Richardson,IggT). Le chiffre
d'affaires (noté TAILLE) offre I'avantage de ne pas être influencé par le choix comptable testé par cette
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étude. A-ûn de limiter les effets d'une trop grande amplitude du fait de quelques valeurs extrêmes, le
logarithme décimal du chiffre d'affaires annuel serr de mesure. Les quelques études ayant examiné
I'impact des salariés sur le processus de décision comptable considèrent que le degré de syndicalisation
est une bonne mesure du pouvoir de négociation des employés (Liberty et Zimmerman, 1986 ;
Cullinan et Knoblett, 1994). Cette information n'étant pas disponible dans le cadre des entreprises
suisses, comme Depoers (2000), le ratio des dépenses salariales sur le chiffre d'affaires est utilisé pour
se substituer au pouvoir de pression des employés (noté PRES).

La stntcture de l'actionnaria,t: cette variable est susceptible de déterminer à la fois le comportement


des dirigeants et la nature des contrats de rémunération. IJhypothèse H8 suggère que les firmes mana-
gériales '' choisissent des méthodes comptables qui augmentent les résultats. La mesure utilisée pour
cette étude reprend celle de Hall (1993) et Dumontier et RafFournier (1998). La structure de I'ac-
tionnariat est mesurée par le pourcentage de droits de vote détenus par les principaux actionnaires
connus. Cette variable (notée DIL) est ainsi continue.
La uariable dz contrôle: la renmbilité de la firme est mesurée par le ratio du résultar net sur le total
des fonds propres (notée RFP). Le tableau I p"g. suivante reprend I'ensemble des mesures proposées
et le tableau 2 les statistiques descriptives.
Le modèle empirique est de la forme suivante :

Yi= s, + arDETT\l- a.2PkM+ a3FRQ+ aaEOI + u5AS + a6TAILLE + STPRES


-asDIL+ aeMP
I = 0.1.
)zreprésente le choix de la politique comptable : 0 si la firme ria pas opté pour une politique de
réévaluation positive (c'est-à-dire évaluation au coût historique exclusivement) et I sinon. Des tests
univariés sont effêctués afin de déterminer l'incidence des variables indépendantes prises isolément sur
la pratique de réévaluation des acdfs. Il est possible que certaines variables explicatives soient corrélées
entre elles. Ce problème peut être traité en ayant recours à une analyse multivariée.

CoMI'rABtrrrÉ, - Corsrnôrr, - Auon / Tome 9 - Volume 2 -novembre 2003 (p. 59 à 80)


Franck Mtssourrn-Ptrna
FACTEURS EXPLICATIFS DES POLITIQUES DE REÉVALUATTON POSTTWE DâCTTFS
68 LE CAS DE t,{ SIISSE

Tableau 1.
Variables explicatives
(+ : nÉÉvr.uanon posrrvE; -: pAs DE nÉÉvnuarcu)

EHorrnnnrur (signe attendu : +)


DETTE = lDettes financière/l'otal des actifs]
Nnrunr or I'ENDrnEMENT (signe attendu : -)
PRIV = [1 - (Dettes obligataire/lotal des dettes financières)]
FnÉeuencr DEs TnANsAcTroNs nNANcÈREs (signe attendu : +)
FREQ = [Dettes financières à court terme/Iotal des dettes financières]
EHsrMsu DEs opponfurunÉs o'rnwsrssrnarHr (signe attendu : +)
EOI=QdeTobin
DrenÉ oe spÉonorÉ Drs AcTrrs (signe aûendu : +)
AS = lDépenses de R&D /Total des actiïs]
Coûrs pourQurs (signe attendu : +)
TAILLE = Log [Chiffre d'affaires 1994-1995]
PRES = [Dépenses salariales / chiffre d'affaires]
Dnulon Du cÂprTAL (signe attendu : -)
p|1 [100 - pourcentage des droits de vote des principaux actionnaires connus]
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=
RflvnsurÉ DEs FoNDs rnorns (signe attendu : +)
RFP = lRésultat de I'exerciceÆotal des fonds propres]

ffiffiffi Résultats empiriques


Les comptes des entreprises testées ont été retraités afin de prendre en compte I'incidence de la rééva-
luation sur les mesures des variables indépendantes concernées. Le retraitement a consisté à détermi-
ner les valeurs existantes sans pratiquer de réévaluation positive (y' tableau 2 ci-contre).

4;'l-; Analyses univariées


Les analyses univariées ont pour but de comparer les valeurs des variables indépendantes en deux
groupes correspondant respectivement aux entreprises qui pratiquent des réévaluations positives et
à celles qui n en font pas. La différence des moyennes entre les deux groupes est testée par le test para-
métrique de Student (t-test) et le test non paramétrique de Mann-Vhitney (U-test). Le recours à un
test non paramétrique se jusdfie dans la mesure où a priori il ny a pas de raison de considérer une
forme particulière de la courbe de distribution des variables indépendantes. Les résultats sont présen-
tés dans le tableau 3 page70.
À la le.tute des résultats univariés, on peut noter que plusieurs des variables explicatives proposées
sont associées significativement au choix de pratiquer des réévaluations positives d'actifs. On observe
ainsi que la variable DETTE est associée positivement à la réévaluation 'e (au seuil de 5 o/o et 1 %o pour
le test de Student et de Mann-\(rhitney DETTE). Conformément à l'hypothèse Hl, ce résultat
suggère que les firmes qui réévaluent positivement leurs actifs sont plus endetées que les autres. Les
variables d'endettement privé et à coum terme (PRW et FRQ respectivement) n étant pas associées
significativement à ceme pratique comptable, il semble que seul le niveau d'endettement en tant que
tel influence la décision des dirigeants.

CoMI'rABILrrE - Covrnôrr - Auorr / Tome 9 - Volume 2 -novembre 2003 $. 59 à 80)


Franck Mrssosrtn-Pnne
FACTEURS DOLICATIFS DES POLITIQUES DE RÉÉVATUAilON POSITWE DACTIFS
LE CAS DE LA SUISSE 69
Tableau 2.
Statistiques descriptives
Vnnnsus MoveruHe I MÉonHr EclRr wpr

DETTE Po = 0,28 Meo = 9,39 oo = 0,14

Fa = 0,33 $'i= v's t Mel= g,3g ue\= o,zt o€= 0,18 of = o'ts
PRIV lo = 0,72 Meo = 9,31 6o = 0,27

$, = 0,78 Me, = g,3g


FREQ !o = 0,35 Meo = 932 oo = 0.25

lrr = 0'37 Me r= 9,37 6t= 0'24


EOl '. Ih= 1,24 Meo = 1,96 oo = 0,52
, F', = 1'00 Me
r= 9,99 6t= 0'24
A5 , tb=0,02 Meo = g,gg oo = 0,04

: Pl = o,o1 Me, = g,gg oo = 0,02

TAILLE tro = 5,98 Meo = 5,91 oo = 0,60

: [, = 5,85 Me r= 5,74 oo = 0,67

PRES tto = 0,25 Meo=9,27 I oo=0,10


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Pr = 0'31 Me
r= 9,34 i oo = 0,08

DIL tto = 0,45 Meo= 9,45 oo= 0,24


= 0,55 Me 9,62 oo = 0,29
h r=
RFP th = 0,'l 4 Meo = 9,69 oo = 0,29

É? = 0,0: [h = 0,05 Mel= 9,96 Mel= g,1g


^a- ô ic ol= o'za
Les indices 0,1 distinguent respectivement les firmes qui ne pratiquent pas les réévaluations positives d'actifs de celles qui les pratiquent,
Lesexposantsca> et<hrsignifientquelavariableaétêcalculéerespectivementavecrêêvaluationethorsréêvaluation.

Contrairement à I'hypothèse H4, les firmes dont les acdfs sont composés principalement d'op-
portunités d'investissement (EOI) ont tendance à ne pas opter pour des réévaluations positives (rela-
tion significative au seuil de I o/o et 5o/o pour les tests de Srudent et Mann-'Vhit".y). Ce résultat peut
suggérer que la réévaluation d'actifs est moins fréquente pour les sociétés ayant peu d'actifs-en-place
étant donné que la réévaluation ne peut concerner que des actifs existants.
Les résultats concernant I'incidence des coûts politiques montrent une association positive entre la
taille de la firme (TAILLE) et un choix qui réduit les résultats de l'entreprise (ainsi que le niveau d'en-
dettement) comme le suggère l'hypothèse H6. Néanmoins, aucun des tests ne fait apparaître d'asso-
ciation significative. En revanche, comme le s'rggérait l'hypothèse H7,le poids des salariés dans I'en-
rreprise (PRES) semble inciter les dirigeants à pratiquer des réévaluations positives et réduire ainsi
leurs résultats comptables (association statistiquement significative au seuil de 1 7o pour les tests de
Student et de Mann-Vhitney). Dans un contexte suisse, il semble donc que la force de pression des
salariés, plus que la taille de la firme, soit un facteur politique suscepdble d'influer sur le processus de
décision comptable. Enfin, ni la variable mesurant la spécificité des actifs (AS), ni la dilution des
droits de vote de I'entreprise (DIL) ou encore la rentabilité des fonds propres (RFP) ne semblent avoir
une incidence significative sur le choix comptable des dirigeants.

CoÀasresurTÉ, - CoNrRôr.s - Auorr / Tome 9 - Volume 2 -novembre 2003 (p. 59 à 80)


Franck MtssoNtrn-Pnna.
FACTEURS EXPLICAIIFS DES POLITIQUES DE RÉÉVALUATION POSITI\,'E DâCTIFS
70 LE CAS DE T.{ SIIISSE

Tableau 3.
Résultats des tests univariés
VÆns[Es Ossenvaror{s ; MovrHHr RnHe Tem , Tesror NoRMAUTÉ

DETTE No=80 Fo = 0,28 Ro= 48,25 t = 2,36** Z = 0,82


Nt=21 [' = 0'37 &= 61,48 Z = 1,84*
No=80 t= 7_ 1 qO***
PRIV lla= 0'72 Ro = 5o'09 1,10
Nt=21 lrr = 0'78 Z = 0,61

FREQ No = 80 lto = 0,35 Ro = 50,24 r-n?A 7-i19


Nr=21 [r = 0'37
EOI , No=80 [o= 1,24 Ro=54,21 , t= 3,14*** Z = 1,86*"
, Nt =21 [r=1,00 Rr=38,76 i Z=2,15**
AS No=80 lo = 0,02 Ro = 50,74 t=0,54 ; Z=2,78***
Nt=21 [1=0,01 , Ât=52.00 Z=0]8 :

TAILLE No = 80 [o = 0,98 Ro = 52,66 Z = 0,87


Nt =21 [r = 5'85 & = 44,67 Z = 1,11

PRES , No=80 tro = 0,25 Ro = 47 ,13 t = 2,41*** Z = 0,95


Nt =21 Pj = o'31 & = 65,76 7- ) (O***
'
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No=80 f - 1 qf
DIL [o = 0,45 Âo = 48,86 Z = 0,99
Nt=21 rr -O(E & = 59,17
No=80 0,14 f - 1 10 7 _ ) Ê.1***
RFP [o= 'r0-
Jt,Ll
Nt=21 [r = 0,05 Z = 0,14
*, **, ***, statistiquement significatif au seuil de 10 o/o,5 o/o
et 1 % respectivement. Les valeurs de t et Z proviennent du test (respective-
ment du test de Student et de Mann-Whitney) de l'hypothèse qu'il n'y a pas de différence dans les variables explicatives selon la pratique
de réévaluation des entreprises. llindice 1 identifie les firmes qui pratiquent des réévaluations positives d'actifs, et l'indice 0 identifie les
firmes qui appliquent strictement le coût historique pour l'établissement de leurs états financiers. !t et R sont respectivement la moyenne
et le rano de chaoue sous-échantillon.

,i',{ill :i. Analyses multivariées


Linterprétation des résultats de l'analyse univariée doit tenir compte d'un risque potendel de multi-
colinéarité enûe les variables explicatives (tableau 4 p"g, suivanre). Si tel est le cas, une analyse univa-
riée mettant en évidence la signification statistique de plusieurs variables indépendantes n'apporte pas
systématiquement d'information pertinente pour expliquer un phénomène. Ce problème de multi-
colinéarité peut être partiellement résolu par l'analyse multivariée. Dans la mesure où la variable
dépendante est dichotomique, I'analyse repose sur la régression de modèles Logit Les résultats sont
présentés dans le ableau 5 p^g, suivante.

La spécification du modèle ne prend en compte que les variables significatives dans I'analyse univa-
riée. Par ailleurs, ces variables n apparaissent pas corrélées entre elles. Les résultats multivariés confir-
ment ceux obtenus par I'analyse univariée. Ainsi, le niveau d'endeftement (DETTE) est associé posi-
tivement à la réévaluation d'actifs (coefficient significarif au seuil de lo/o). Ce résultat est conforme à
ceux obtenus en Australie, au Royaume-Uni ou en Nouvelle-Zélande par la plupan des études précé-
dentes (\Thittred et Chan, 1992 ; Brown et aL, 1992; Coner et Zimmel 1995 ; Black et aL, 1998 ;

CoMI'[ABIurÉ - CoNrRôrr - Auorr / Tome 9 - Volume 2 - novembre 2003 b. 59 à 80)


Franck MIssoNtrn-Prpna
FACTEURS EXPLICAIIFS DES POLITIQUES DE Rf,ÉVALUATION POSiTTVE DACTIFS
LE CAS DE I.{ SUISSE 7L
Tableau 4.
Coefficient de corrélation de Pearson
DETTE i FREQ , PRIV ' EOl AS . TAILLE PRES i DIL i RFP

DEI-TE 1,00
FREQ ,18 1.00
PRIV -,01 ,47*** 1,00
E0l -.08 23*** -,02 1,00
AS ,17 ,10 , -,07 ,26*** 1,00
TAILLE -,23** n\ 16* .008 11 1,00
PRES ,03 -,09 ,03 -,08 i -,07 '1,00
,31
***
DIL ,13 ,17* ,04 ,03 ,06 , ,17* ,24***: 1,00
RFP ,006 ,13 ,07 ,17* i -,006 I -,006 ,05 | ',04 ' 1,00

*, **, ***, statistiquement significatif au seuil de 1 0 o/o,5 o/o eL 1 % respectivement.

Tableau 5.
Résultat des régressions LOGIT
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, vÆlcsLrs
(SIGNE
ATÏÏNDU'
Mooru

oETIE (+) 4,01


(4,82)**
EOI(+) -2,17
(4,11)* *

PRES (+) 6,95


(5,01)**
Constante - 2,27
(2,26)

26'du modèle 17,4***


%
Classification correcte 81 ,2 o/o

Classification narVe 65,9 o/o

Pseudo-R' 24,8 o/o

Nagelkerke
N 101

* , ** , *** niveau de signification au niveau de 10 70, 5 o/o,1 o/o.

Statistique deWald entre parenthèses, La variable dépendantey= 0 s'il n'ya pas de réévaluations positives, et 1 sinon.

Correr, 1999 ; Lin et Peasnell,2000). Toutefois, contrairement à ces études, il semble peu probable
que la réévaluarion en Suisse soit essentiellement dictée par le désir d'éviter la violation de clauses
restrictives limitant le niveau d'endeftement. Le faible recours à ce rype de protecdon en Suisse (tout
au moins pour les prêts publics) ne permet pas de considérer que ces clauses sont prises en compte
dans les choix comptables. Il semble donc que la réévaluation positive est utilisée pour signaler une
capacité d'emprunt supplémentaire afin de réduire le coût des ûnancements externes futurs.
Le signe du coefficienr de la variable EOI mesurant les opportunités d'investissement est opposé à
celui suggéré par I'hypothèse H4 (au seuil de l0 0/o). Ce résultat - conforme à I'analyse univariée -

CoMI'rÂBn"rrÉ - CoNrRôLE - Auorr / Tome 9 - Volume 2 - novembre 2003 (p. 59 à 80)


Franck Mtssoutrn-PrEna
FACTEURS EXPLICATIFS DES POLITIQUES DE R-EÉVATUATTON POSTTWE D'ACTTFS
72 LE CAS DE IA SUISSE

est contraire à ceux obtenus par


-Vhittred et Chan (1992) et Brown et al. (7992)
en Australie '0. En
rwanche, il corrobore le résultat de Lin et Peasnell (2000) pour le Royaume-Uni. Ce résultat peut s'ex-
pliquer d'une part par la volonté des dirigeants de ne pas détériorer davantage l'image de leur entreprise
auprès des investisseurs et créanciers potendels, étant donné leur classe de risque, en réduisant les résul-
tats futurs. En effet, les firmes dont les actifs sont principalement des opporrunités d'investissemenr onr
plus de difficulté que les autres à se financer parce qu'elles sont considérées comme plus risquées. Or, la
réévaluation positive réduit la rentabilité des actiÊ et des fonds propres. D'autre pm, pæ construction,
les ûrmes dont les actifs sont principalement des oppornrnités d'investissement ont peu d'actifs-en-place.
De ce point de vue, ces entreprises ont moins de possibilité ou de capacité que les autres à pratiquer des
réévaluations positives. Non seulement la réévaluation ne peut concerner que des actifs existants, mais
en outre les sociétés composées principalement d'actifs-en-place ont généralement les actifs les plus
anciens et donc ceux sur lesquels la réevaluation a le plus de chance d'avoir un effet imponant r'.
Enfin, le signe du coefficient de la variable PRES mesurant la pression des salariés est significatif
au seuil de 5 o/o. Le sens positif du signe est conforme à I'hypothès e H7 . Ce résultat suggère que la
pression des salariés fait supporter suffisamment de cofits politiques aux entreprises suisses pour que
celles-ci cherchent par leur choix comptable à réduire les bénéfices.
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..*$..,, Analyses complémentaires
Il est possible que les motivations des entreprises pratiquant des réévaluations positives diftrent selon
I'impact de la réévaluation sur les chiffres comptables publiés. Les analyses univariées et muldvariées
précédentes sont reproduites en disdnguant les entreprises (qui réévaluent positivement leurs actifs)
selon l'importance du montant des réévaluations, c'est-à-dire selon que leur ratio [réserve de réévalua-
tion/total des acdfs corporels] se situe au-dessus ou au-dessous de la médiane de ce sous-échantillon.

Il resson alors des résultats présentés en annexe que parmi les firmes réévaluant leurs actifs, celles
dont la réévaluation a Ie plus d'impact sur les états financiers ont moins d'opportunités d'investisse-
ment que les autres et plus d'endenement à court terme (associations significatives au seuil de 10 o/o
et 5 o/o respectivement). Par ailleurs, seul le coefficient de la variable FREQ (endetemenr à court
terme) est significatif lors de l'analyse muldvariée. Conformément à I'hypothèse H3, ces résultats
suggèrent que les firmes pratiquant des réévaluations positives (dont l'impact sur les états financiers
est important) sont sur le point de renouveler leur contrat de prêt ou de recourir à un nouvel emprunt.

Conclusion
Cet anicle examine les motivations économiques susceptibles d'influer sur la pratique des réévaluations
positives d'actifs des entreprises suisses cotées. Cet examen empirique dans un contexte suisse est parti-
culièrement intéressant dans la mesure oir il offre un environnement économique insdtutionnel qui se
rapproche par certains aspects de celui d'études précédentes. C'est le cas par exemple du recours
prononcé atu( emprunts bancaires dans le financement externe des entreprises d'Ausralie (Cotter,
1999) ou du Royaume-Uni (Lin et Peasnell, 2000). Par d'autres aspecm l'échantillon se distingue forte-
ment, tout spécialement lorsqu'on considère la faible fréquence du recours aux clauses restrictives

CoMrr BûxrÉ - CoNTRôLE - AuDrr / Tome 9 - Volume 2 -novembre 2003 (p. 59 à 80)
Franck MlssoNrcn-Ptme
FACTEURS EXPLICAIIFS DES POLITIQUES DE RÉÉVALUAIION POSITIVE DACTIFS
LE CAS DE T"{ SUISSE 73
(reposant sur des données comptables) dans les contrats de prêts. Cene étude contribue à la limérature
existante en proposant d'une parr un éclairage sur les motivations des réévaluations en Suisse, et d'autre
part elle offre I'opportunité de confronter les résultats antérieurs avec ceux de la présente étude, et ainsi
de chercher à idendfier un certain nombre de régularités (quel que soit le pays considérÔ.
Les résultats empiriques univariés et multivariés font ressortir que les firmes suisses réévaluant
positivement leurs actifs sont plus endettées, ont moins d'opportunités d'investissement (ou plus d'ac-
tifs-en-place) et supportent plus de pression salariale que les autres entreprises. Par ailleurs, les firmes
pour lesquelles l'impact des réévaluations sur les états financiers est le plus imponant ont une plus
grande part de prêt à court rerme que les autres firmes. Ces résultats suggèrent que la décision de
réévaluer semble être guidée essentiellement par une logique de signal, que ce soit pour signaler une
capacité d'emprunt supplémenraire, une rentabilité des acdfs ou des fonds propres suffisante étant
donné la classe de risque de l'entreprise ou pour réduire les coûts politiques qu elle supporte. Labsence
de signification des variables susceptibles de se substituer à la présence de contrats de rémunération
(DIL) et des clauses restrictives dans le contexte suisse (PRIV) renforce par ailleurs I'hypothèse d'un
objectif de signal.
Tourefois, les limites de ce rype d'érude qui sont autant de voies de développements fuurs
- -
peuvenr aussi expliquer l'absence de signification de certaines variables. Par exemple, I'approximation
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de la mesure de plusieurs variables peut être préjudiciable mais parfois inévitable en l'état actuel de la
recherche. C'est le cas notamment des opponunités d'investissement, de la spécificité des actifs ou
encore des coûts politiques. En outre, plusieurs hypothèses reposent sur.un certain degré de naleté
des partenaires de la firme (ex. : créanciers, actionnaires et salariés). En effet, on suppose implicite-
ment qu ils ne procèdent à aucun ajustement des états financiers en fonction des choix comptables de
l'entreprise (Dumontier et Raffournier, 1999). Enfin, cenaines hypothèses peuvent paraître simplifi-
carrices, comme celles des coûts politiques ou de I'endettement. Ainsi, pour ce qui concerne plus
particulièrement l'influence de l'endettement, le manque d'information sur la présence de clauses
restrictives dans les contrats de prêts ne permet pas de conclure à leur absence. De nombreux contrats
de prêts bancaires suisses contiennent de telles clauses. Cetre information étant privée, il est cependant
difficile de connaître la nature exacte des restrictions (ex. : recours à des ratios comptables, etc.) et par
conséquent de conclure quant à la nature des relations entre les firmes et leurs créanciers privés et
bancaires dans le processus de décision comptable. Ainsi, on ne sait pas si l'absence de signification de
la variable PRIV (endemement non obligataire) provient de I'absence de clauses restrictives fondées
sur des données comptables, si elle s'explique par des contracs qui prévoient ex ante les méthodes
comptables à appliquer (ex. : ratios à respecter hors réévaluations positives), ou si les coûts de renégo-
ciation des conrrars lors d'une défaillance technique sont relativement faibles dans le cas des dettes
bancaires en Suisse.

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Franck MrssoNtgn-Prena
FACTEURS EXPLICAIIFS DES POLITIQUES DE RÉÉVATUAIION POSITWE D'ACTIFS
74 LE CAS DE l"A. SUISSE

lloles actions sont édictés par les articles 662 à 673


du CO.
1. Les réglementations nationales sont rrès
diverses à ce sujer Par exemple, la pratique
5. Les Swiss GAAP RPC sont des normes
publiées par la Fondadon pour les recom-
des réévaluations positives est strictement
interdite en Allemagne, au Canada et aux
mandations relatives à la présentation des
comptes créée en 1984 (FER - Fachkomrnission
États-Unis. Elle est en revanche autorisée
(sous cenaines condidons) en Australie, en fiir Empfeblungen zur Rechnungsbgun@. La
FER est l'organisme suisse de normalisation
Belgique, en Espagne, en France, à Hong
comptable établi sur le modèle américain du
Kong, en Ialie, au Japon, en Nouvelle-
Télande, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni
FASB (Financial Accounting Standards
Board). Elle a pour but d'établir des recom-
(Raffournier et aL,1998, p.438).
mandations susceptibles d'améliorer la qudi-
2. D'un point de vue comprable, on peut classer té et la comparabilité des états financiers, et
les pays en deux groupes, selon qu ils se rap- d'harmoniser les pratiques comptables avec
prochent du modèle anglo-américain ou les normes internationales. Les normes de la
d'Europe condnentale. La plupart des érudes FER concernent essenriellement les comptes
sur les motivations économiques des réévalua- consolidés.
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tions sont intéressées à des entreprises des
se
6. Il convienr de norer que la Suisse ne faisant
pays du premier groupe, tels I'Australie
pas partie de I'Union européenne, la réf.:.:n-
flVhinred et Chan, 1992 ; Brown et aI,1992; ce aux directives européennes dans ies
Comer et Zimmer, 1995 ; Coûer, 1999),
comptes annuels des enmeprises se faisair se
Hong Kong (J"ggi er Tsui, 2001), la fait encore sur une base volontaire exch, .,ve-
Nouvelle-Zélande (Black et aI, 1998) ou le
ment.
Royaume-Uni (Lin et Peasnell, 2000). Seuls
Gaeremynck et Veugelers (1999) onr examiné
7. Ces effets sont paruilleurs d'autan' plus
importants que la valeur économiqr, des
le comportement d'entreprises du second
groupe de pays, mais pour des firmes non
actifs diverge de la valeur comptable, er :c la

cotées. Dans leur étude ces auteurs considè-


fréquence des réévaluations est faible. :tte
pratique ne peur en ourre s'applique; un
rent que la réévaluation esr un signal négatifi
actif isolé, elle doit comprendre tous l. .:dfs
Ils développent un modèle analytique suggé-
d'une même classe, ce qui accroît le r .art
rant que les firmes dont la performance est
de la valeur globale réévaluée.
faible ont plus d'intérêt que les autres à prati-
quer des réévaluations positives d'actifs. Leurs 8. La plupart des recherches comptabl :Èpo-
tests empiriques sur des entreprises belges non sent leur argumenration sur des co ,déra-
cotées semblent confirmer leurs analyses mais tions contractuelles dans la mesur cùr le
uniquement dans le cas d'industrie volatile. recours à I'endettement se matérialisc inéra-
lement par l'élaboration de conrrars ;j prêrt
3. La nature exacte de ces clauses na été obser- censés protéger les créanciers con:re dr
vée que dans quelques pays, tels l'Australie, le
divergences d'intérêts avec les actionnal
Canada, les É,tats-Unis, le Royaume-(Jni, etc.
(Smith et 'Varner, 1979). Le choix .s
Ilest très difficile d'obtenir le détail de tels
méthodes comprables servirait alors àér ia
contrats en Suisse.
violation de certaines clauses restrictiv. J-
4. Les règles et principes
comprables générale- qu'elles reposent sur des données )-
ment admis en Suisse pour les entreprises par tables). Un tel comporrement serair t 1r

CoMrrrÂBtrxrÉ - CoNrRôr-E - AuDrr / Tome 9 - Volume 2 - novembre 200-r, p. 59 à 80)


Franck MrssoNnn-Ptrna
FACTEURS EXPLICAIIFS DES POLITQUES DE REÉVALUATION POSITTVE DACTIFS
LE CAS DE IA SUISSE 75
plus pertinent que le niveau d'endeftement niveau d'endettement qui précisent les actifs
de la firme est important car elle est alors et les dettes susceptibles d'être exclus du cal-
proche des limites contractuelles à respecter cul du ratio. Les actifs généralement non rete-
(Begley, 1990). Or, de telles clauses ne sont nus sont les acdfs incorporels (goodwill
pas d'usage courant en Suisse, quand bien R6aD) et les actifs qui ne peuvent pas servir
même elles ne sont pas très explicites. Il est de sûreté aux dettes comme les actifs à
donc difficile de proposer une argumentation l'étranger ('\ùThimred et Chan, 1992 ; Brown
similaire dans le contexte suisse. et aL, 1992). Dans ces conditions, la valeur
de l'option de réévaluer est associée positive-
9. Ilest aussi généralement admis que, dans la
ment à la présence d'opponunités d'investis-
mesure oir les dettes privées (ex. : prêts ban-
sement.
caires) sont détenues par un plus petit
nombre de créanciers que les dettes 11. La spécificité d'un actif se définit comme le
publiques, les coûts de renégociation des caractère idiosyncrasique de ce dernier, et fait
contrats résultant de violation de clauses référence à la capacité avec laquelle un acdf
contractuelles devraient être plus faibles peut être redéploye à des activités autres (ou à
(Smith et '$?'arner, 1979 ; Beneish et Press, des utilisateurs autres) que celles prévues ini-
1993; Smith, 1993\. tialemenr. Ainsi, comparativement à un actif
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d'usage général, la valeur économique d'un
10. En outre, compte tenu de la prudence des
actif spécifique est bien moindre pour des
évaluations comptables, lorsque les acdfs
utilisations ou des utilisateurs qui s'éloignent
d'une firme sont principalement des oppor-
de ceux d'origine.
tunités d'investissement, les données comp-
tables sont de piètres indicateurs de la perfor- 12.La raison qui pousse les dirigeants à agir de
mance de la firme (Smith et'W'atts, 1991). la sorte est de convaincre les actionnaires
Par conséquent, on peut supposer que le actuels que les performances de la firme sont
recours à des contrats de prêts et de rémuné- satisfaisanres. Ils cenrenr de se prémunir ainsi
ration des dirigeants fondés sur des données contre les OPA (offres publiques d'achat) en
comptables est plus probable au sein des dissuadant ces mêmes acdonnaires de vendre
entreprises composées principalement d'ac- leurs dtres. On peut donc raisonnablement
tifs-en-place. Skinner (1993) en conclut que avancer que les dirigeants des firmes managé-
les dirigeants de ces entreprises ont plus d'in- ont tendance à choisir des méthodes
riales
citation que les autres à choisir des méthodes comptables qui accélèrent la prise en compte
comptables qui accélèrent la prise en compte des bénéfices. Ils satisfont ainsi les acdon-
des bénéfices afin de maximiser leur propre naires en place, dissuadent les OPA inami-
rémunération ou dans le but de respecter les cales, et conservent leur emploi. De plus, ils
clauses des contrats de prêts. Par ailleurs, en augmentent la valeur de leur capital humain
présence d'opportunités d'investissement, en développant une réputation relative à leur
certaines clauses contractuelles peuvent être compétence professionnelle (\Tilliamson,
fortement préjudiciables aux entreprises et 1964, p.30).
entraîner un problème de sous-investisse- 13. De surcroît, flAs 16 révisée en 1993 et
ment si elles doivent renoncer à des projets applicable aux exercices ouverts à partir du
rentables parce qu elles sont proches d'une 1" janvier 1995 devenait plus contraignante,
limite contractuelle autorisée. C'est le cas en demandant par exemple que les réévalua-
notamment pour les clauses limitant le tions se fassent à périodes régulières et que

CoMplernlrÉ - Covrnôrr - Aulrr / Tome 9 - Volume 2 -novembre 2003 (p. 59 à 80)


Franck MrssoNlBn-Ptrna
FACTEURS EXPLICATIFS DES POLIIQUES DE RÉ,É,VALUATION POSITWE DâCTTFS
76 LE CAS DE t"{, SI'ISSE

l'évaluation des actifs soit effectuée par un de remplacement des acdfs reprend celles de
professionnel. Lindenberg et Ross (1981) et de Skinner
14. Sur 170 rappons annuels demandés par (1993). La valeur de remplacement des actifs
courrier, 9 entreprises n'ont pas répondu, (VRA) est la somme du coût de remplace-
18 étaient des sociétés financières, 14 ne ment des acdfs corporels (CRAC) et de la
publiaient pas de comptes consolidés, valeur comptable des autres actifs, soit
3 n'étaient plus sur le S'\ù7X au moment de ffg - hs acdfr coqporels nets (AICN)1. I.a
détermination de CRAC s'obdent comme suit:
l'étude, 3 entreprises pratiquaient des rééva-
1) on esdme l'âg. moyen (AGE) des acdfs
luations négatives et 22 ne divulguaient pas
immobilisés corporels en divisant le montant
suffisamment d'information (ex. : méttrodes
de leurs amortissemenm cumulés (ACAC)
d'évaluation des acdfs non divulguées, paft
par I'amortissement de l'année en cours
des principaux actionnaires inconnue, etc.). (DOTA), soit sous l'hypothèse d'un amortis-
15. Lutilisation de cette mesure suppose que les sement linéaire : AGE = [ACAC/DOTA];
firmes cherchent à conserver le même niveau 2) on multiplie la valeur nette comptable des
d'endettement. actG immobilisés corporels (AICN pour rap-
16. Les opportunités d'investissement ne sont pel) par le rappon entre (a) le u déflateur
pas directement observables. Ainsi, le recours [def(n)] du PIB des investissements fixes non
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au Q de Tobin rt'est qu'une approximation , de l'année du dernier exercice er
résidentiels
des opportunités d'investissement. En effet, (b) le même n déflateur ' [def(âge)] mais
le modèle du Q de Tobin repose sur un cer- AGE années précédant ce dernier exercice,
tain nombre d'hypothèses telles que I'existen- soit : CRAC = [def(n)/de(â9.)] x AICN.
ce d'un marché sans imperfections (ex. : pas Ainsi VRA = CRAC + (TB-AICN).
d'asymétrie d'information), l'incapacité des 18. Selon les critères de Monsen et Downes
entreprises à agir sur les prix (Hayashi, 1982) (1965), une firme est managériale si aucun
et une absence de conflits entre dirigeants et acdonnaire ne détient plus de 5 o/o des droits
actionnaires. Or, par exemple, en présence de vote. Dans le cas contraire, on peut esti-
d'asymétrie d'informarion, le marché peut se mer que I'actionnaire est en mesure d'exercer
révéler incapable de valoriser les opponunités un contrôle efficace sur les activités des diri-
d'investissement d'une entreprise (t. geants. Certains auteurs utilisent une variable
connaissant pas leur existence). muette selon le type d'entreprise (Dhaliwal a
17. Tobin (1969) définit le ratio Qcomme quo- aL, 1982; Dhaliwal, 19SS). Les entreprises
tient de la valeur de marché de la firme sont actionnariales lorsqu un acdonnaire pos-
(VMF) sur la valeur de remplacement (VRA) sède plus de 10 7o du capital de la firme, ou
Qt = [ VMFI / VRAI ]. La valeur de
en l'étar : lorsqu un groupe d'actionnaires en détient
marché de la firme est définie comme la plus de 20 o/o. Les entreprises sont dites
somme de la valeur de marché des fonds managériales dans les autres cas.
propres (VMK) et de la valeur comptable des
19. Le niveau d'endettement mesuré par le ratio
denes [total du bilan (TB) - fonds propres
(FP)l : VMF = VMK + TB - FP. Selon des denes financières sur les fonds propres
Fontaine et Njiokou (1996, p. 7), l'écart donne des résulrats similaires.
entre la valeur de marché et la valeur comp- 20. Il convient routefois de noter que Coner et
table des emprunts est suffisamment faible Zimmer (1995) et Cotter (1999) démontrent
pour ne pas biaiser significativement les une absence de signification statistique du
mesures d'endenement. Le calcul de la valeur signe de cette variable.

CoMI'IABILTÉ - CoNrRôI-É - Auon / Tome 9 - Volume 2 -novembre 2003 (p. 59 à 80)


Franck Mtssomrn-Ptsnn
FACTEURS EXPLICAIIFS DES POLITQUES DE RÉÉVALUAIION POSITWE DACTIFS
LE CAS DE I.A SUISSE 77
2I.Par ailleurs, comme le constataient Gaver et Structure ,, Snategic Management Journal"
Gaver (1993), il semble qdil y ait une rela- r4(r), p. 3-16.
tion négative entre le montant des opportu- Brcrnv J. (1990), n Debt Covenants and
nités d'investissement et le recours à des don- Accounting Choice ,r, Jowrnal of Accounting
nées comptables dans les contrats de la firme. p. 125-139.
and Economics,12,
En conséquence, il est possible que cette asso-
BENetsH M.D. et PnEss E. (1993), n Debt
ciation suggère que les dirigeants des firmes
Covenants and Accounting Choice ,, Journal
composées principalement d'actifs-en-place
(et pour lesquelles il est plus probable que les
of Accounting and Economics, vol. 12, p. 125-
r39.
contrats reposent sur des données comp-
tables) préftrent des choix comptables qui Bracr E.L., SElr-Ens K.F. et Maxrv TS. (1998),
accélèrent la prise en compte des bénéfices, n Earnings Management Using Asset Sales :
ou tout au moins qui ne les réduisent pas An Internarional Study of Countries
comme avec la réévaluation positive. Des Allowing Noncurrent Asset Revaluation o,
tests complémentaires ont été effectués. Journal of Business Finance and Accounting,
Ils monrent une forte corrélation négative 25(9-10), novembre-décembre, p. 1287-
entre la variable EOI et I'intensité du capital r3r7.
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(variable généralement utilisée pour mesurer BnovN P, IzaN H.Y. er LoH A.L. (1992),
I'imponance des acrifs-en'place). Les résul- .., Fixed fuset Revaluations and Managerial
tats des analyses univariées et multivariées ne Incentives ,, AbAcus,28 (1), p.36-57.
sont pas substantiellement modifiés par Buyaot M.L. et RtcnanosoN A.J. 0997), * A
I'ajout de cette variable qui apparaît associée
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CoMI'[ABu-rrE - CoNrRôLÊ - AuDrr / Tome 9 - Volume 2 -novembre 2003 (p. 59 à 80)


Franck MISSoNIER-PTERA
FACTEURS EXPLICAIIFS DES POLITQUES DE RÉEVALUATION POSITNT, DâCTIFS
80 LE CAS DE tA SUISSE

Annexe
Résultats des tests univariés pour les firmes qui réévaluent leurs actifs

i
Vrruasus OssrnATor'rs i Movrrnr RANG . Tesrs Trst or ronrur -i

DilTE No = 10 Fn=0,42 Ro=12,80 : t=-1,13 Z- 1,0r


Nr=11 F,=O,3Z Rr=9,36 Z=-1,26
PRIV , No=10 lro = 0,76 Ro = 9,70 t=A,M Z = 0,8û
, Nl=l1 [r = 0,80 R, = 12,18 Z=-0,92
FREQ , Nq=10 lro = 0,25 Ro = 8,00 t = 2,M** Z = 0,69
, Nr=l'l [, = o'49 & = 13,73 Z= - 2,11**
EOI No = l0 [o='1,07 , Âo=13,40 t=-1,30 , 2=0,89
' Nr=11 pl =0,93
, Âr=8,82 Z= 1,69* i

AS No= 10 tro=0.02 I Ro=50,74 f = 0,54 7 - 1 A1*

Nr=11 [, = 0,01 Ât = 52,00 Z=-0,18


TAILLE No= l0 Ito= 5,64 . Ro = 10,00 f=1,35 t Z=0,70
Nr=11 [, = 6,03 Âr = 11,91 Z=-0,70 i

t=-0,56 :
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PRES No= 10 ,, -n?')
t g- v'tz D-
,,0 - 1,10 I 2=0,66
Nr=11 lr = 0'30 D_
,11
- 0,91 Z=-0,07 .

DIL No=10 I po=0,+9 Ro= 0,10 t = 0,81 7-n1R


Nr=l'l i p,=0.60 Rr= 1,82 Z=-0,63
RFP No=10 lto = 0,07 Âo = 10,40 t=-0,28 Z = 1,08
Nr=11 U1 = 0'04 8r = 1 1,55 Z=-0,42
*, **, ***, statistiquement significatif au seuil de 10 o/o,5 o/o et 1 o/o respectivement. Les valeurs de I et Z proviennent du test (respective-
ment du test de Student et de Mann-Whitney), de l'hypothèse qu'il n'y a pas de différence dans les variables explicatives selon la pratique
de réévaluation des entreprises. Uindice 1 identifie les firmes situées dans le sous-échantillon supêrieur à la médiane du montant des rééva-
luations sur le total des actifs corporels, et l'indice 0 identifie les firmes dans le sous-échantillon inférieur à la médiane. p et /q sont respec-
tivement la moyenne et le rang de chaque sous-échantillon.

Résultat des régressions LOGIT


pour les firmes qui réévaluent leurs actifs

Varulaus
MooÈlr
(srenr n
FREQ 6,63
(+) /? q7\* *
EOt -3,22
(+) (1,88)
Constante 0,96
19",1:)
1'du modèle 8,1 2** *
0/o
Classification correcte % 76,2
0/o
Classification nalVe 65,9
o/o
Pseudo-R' 43,2
Naglekerke
N 1

*, **, *** niveau de signification au niveau de 10 %, 5 o/o, 1 o/o

Statistioue de Wald entre oarenthèses.

ConrrarnrrÉ - Covrrôr"r - Auprr / Tome 9 - Volume 2 -novembre 2003 (p. 59 à 80)

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