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Rappels méthodologiques - cours du Professeur Sandrine Tisseyre

BREFS RAPPELS MÉTHODOLOGIQUES

I. La méthode du commentaire d’arrêt


II. La méthode du cas pratique
III. La méthode de la dissertation

I. Le commentaire d’arrêt

Traditionnellement, le commentaire d’arrêt comprend une introduction et le commentaire.


L’étudiant ne doit pas rédiger de conclusion.

Quel est l’objet de l’exercice ? Dans le commentaire d’arrêt, il est attendu de l’étudiant qu’il
explique la décision rendue par la juridiction. Dès lors, il ne faut pas se borner à répéter la
solution retenue (écueil de la paraphrase), ou prendre prétexte de l’arrêt pour traiter son thème et
non la solution retenue (écueil menant à de nombreux développements non pertinents, car dans
le thème, mais non rattachés à l’explication rigoureuse de la solution).

Comment éviter ces écueils ? Le commentaire d’arrêt débute par un travail d’exégèse. Cela
signifie que le commentaire repose sur une lecture attentive et pertinente de l’arrêt.

Cette exégèse se fait tant pour la fiche d’arrêt que pour l’exercice de commentaire (entièrement
rédigé).

Il suppose avant tout une lecture très attentive de l’arrêt, puis une identification précise de ses
éléments constitutifs : faits, exposé de la procédure, visa, attendu de principe, moyens du pourvoi,
dispositif, etc.
S’il s’agit d’un arrêt de la Cour de cassation, il est conseillé de relever la typologie  : cassation,
rejet ; d’où l’importance de la connaissance des cas d’ouverture : défaut de base légale, violation
de la loi, dénaturation, contrariété de motifs, défaut de réponse à conclusions. Cela vous guidera
pour déterminer la portée de la solution : tous les cas d’ouverture ou de rejet ne sont pas
identiques et ne possèdent pas la même valeur normative.

Si la lecture attentive vous permet de réaliser la fiche d’arrêt, qui constitue l’introduction du
commentaire, elle vous est également utile pour déterminer le plan que vous adopterez dans le
commentaire. A cet égard, il convient d’identifier l’attendu ou le passage de la décision dans
lequel se trouve la solution. Une fois celle-ci trouvée, il est important d’en comprendre le sens
général, puis de repérer dans cet attendu les quelques mots clefs qui sont cardinaux pour la
solution. Le risque ici est de ne pas les isoler et de penser que chacun des mots est important. Ce
travail de lecture et de sélection des éléments cardinaux de la décision s’apprend progressivement.

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Il ne faut pas se décourager : cet apprentissage suppose une lecture régulière et sérieuse des
décisions de justice dans les fiches de TD, notamment lorsqu’il faut réaliser les fiches d’arrêts.

Le plan découle de l’arrêt, car le plan du devoir de commentaire est celui de la décision
commentée, décision qu’il vous revient d’expliquer et d’analyser. S’agissant du plan du
commentaire, il ne vous est pas demandé de faire preuve d’originalité, mais de mettre en exergue
la décision rendue, par un découpage et des titres éclairants.

Comment se réalise matériellement ce commentaire ?

L’introduction est usuellement composée de six parties :

- Accroche (actualité, citation d’un éminent juriste…). Soignez la pertinence de cette accroche
et assurez-vous du lien avec la décision. Une technique pour élaborer une accroche pertinente
peut-être de vous demander pourquoi cette décision vous est donnée à commenter : est-elle
classique, nouvelle, audacieuse, relative à un contentieux qui fait l’objet de variations, la
première décision postérieure à une réforme, relative à un sujet d’actualité ? Ces éléments vous
permettront d’en déterminer l’intérêt et de réaliser une accroche pertinente. L’accroche ne
doit pas être longue, entre trois et six lignes sont généralement attendues.
- Exposé des faits
- Exposé de la procédure. Ici vous pouvez exposer les solutions retenues par les juridictions du
fond si vous les connaissez. Si la décision est un arrêt de la Cour de cassation, un exposé
(succinct) des critiques que le pourvoi adresse à la décision attaquée (si rejet), ou un exposé de
la solution de l’arrêt attaqué (si cassation).
- Problème de droit. Une attention particulière doit être portée par l’étudiant à la rédaction du
problème de droit. La Cour de cassation statue sur le droit et non sur le fait. Cela transparaît
dans la formulation du problème de droit. Il doit porter sur une notion juridique, sur
l’application d’une règle de droit, sur les critères d’une norme, sur l’interprétation d’une
exception à une règle, etc. Pour le dire autrement, il fait écho à l’idée que la règle de droit est
générale. Aussi la Cour de cassation ne tranche-t-elle pas en fait le litige qui oppose les parties
ce qui explique le renvoi à une juridiction du fond lorsqu’il y a cassation (sauf cas de cassation
avec substitution de motifs).
- Solution de la Cour de cassation. Si possible, il convient d’éviter de la recopier ; il est
préférable de la reformuler. Néanmoins, les mots cardinaux, à signification juridique précise,
ne doivent pas être remplacés par d’autres termes.
- Annonce du plan. Le plan est généralement lié à la solution de la Cour de cassation. Il
convient de trouver à la solution exposée une articulation qui fait l’objet du plan. L’étudiant ne
doit annoncer ici que son I et II. Cette annonce doit être formalisée.

Le corps du commentaire doit, en principe, être structuré en deux parties divisées


en deux sous-parties.

Les parties sont matérialisées par I. et II ; les sous-parties par A. et B.

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Chaque partie et sous-partie doit être annoncée par un titre apparent. Le titre doit être bref
(environ six mots maximum), il doit être clair et faire sens lorsqu’il est lu isolément (pour cela il
convient d’éviter de prendre pour titre une phrase coupée en deux par des points de suspension) ;
il doit être enfin éclairant quant à la solution retenue.

Ex. de structure classique du commentaire d’arrêt.

I. Titre
Chapeau introductif : ce chapeau a pour objet d’annoncer les A. et B. comme l’annonce de plan introduit le
découpage I. et II.
A. Titre
Transition : quelques lignes (trois ou quatre) qui permettent d’articuler la pensée entre le A. et le B.
B. Titre
Transition : quelques lignes (trois ou quatre) qui permettent d’articuler la pensée entre le IB. (et même plus
généralement le I) et le II
II. Titre
Chapeau introductif : ce chapeau a pour objet d’annoncer les A. et B.
A. Titre
Transition : quelques lignes (trois ou quatre) qui permettent d’articuler la pensée entre le A. et le B.
B. Titre

Comment essayer de vérifier que le plan convient ? Chaque titre doit avoir un sens de manière
isolée. Les titres du IA et du IB doivent être liés au I (pas le dépasser, ni ne pas le couvrir
entièrement). Une même remarque vaut pour le IIA et IIB. Les titres du I et II ensemble doivent
refléter la solution de droit posée par la Cour de cassation, et donc répondre à la problématique
de droit formulée en introduction. Encore une fois, le plan du commentaire est celui de l’arrêt ; il
n’est pas attendu de plan original.

Traditionnellement, le plan du commentaire est construit en débutant par le IB et le IIA. Ces


parties forment le cœur du commentaire et doivent donc se trouver, dans celles-ci, le cœur de la
solution. Il est possible de procéder par scission, voir double scission, de l’attendu principal pour
effectuer le commentaire. Si l’arrêt répond à deux problèmes de droit, il est possible de consacrer
une partie à chacun.

L’arrêt doit être cité dans chaque sous-partie. Si cela n’est pas réalisé, il est aisé de voir que le
devoir n’est pas un commentaire, mais une récitation de cours ou une dissertation à partir de
l’arrêt. A cet égard, les propos de l’étudiant peuvent être exacts, toutefois le but de l’exercice n’est
pas respecté, ce qui explique que la note attribuée au devoir soit inférieure à la moyenne.
L’exercice n’est pas du tout le même que celui de la dissertation : l’étudiant met en exergue les
mécanismes de l’arrêt étudié et en tire des conséquences juridiques. L’étudiant ne doit pas non
plus verser dans la paraphrase, il est demandé à l’étudiant de « commenter », ce qui veut ici dire
analyser. La paraphrase conduit à « tourner en rond » sans faire progresser le raisonnement.

Pour éviter ces deux écueils, il convient d’énoncer, de repérer, les termes déterminants de la
solution. Il convient de les expliquer, et d’expliquer pourquoi ils mènent à cette solution. Vous le
remarquerez, et même si les efforts de pédagogie de la Cour de cassation sont indéniables, les

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arrêts sont souvent brefs et peu accessibles au profane. Commenter c’est mettre au jour le
raisonnement de la Cour, analyser les fondements juridiques et expliquer le bien-fondé en droit
de la solution retenue par la Cour. En fonction ensuite de l’expertise, le bien-fondé en droit peut-
être interrogé, mais cela suppose une maturité tant quant à l’exercice qu’eu égard au droit positif
appliqué. Cette étape vient généralement après la première année de droit. En somme,
commenter est se demander « pourquoi » la solution a été retenue et l’expliquer rigoureusement
et juridiquement.

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II. La dissertation

Quel est l’objet de l’exercice ? La dissertation est une réflexion argumentée sur un sujet proposé.

Quels sont les écueils et comment les éviter ? Contrairement à ce qui est souvent pensé par
l’étudiant, la dissertation est un exercice difficile. En effet, ce n’est pas une récitation de cours. Or,
beaucoup de dissertations se résument à des récitations de cours. La dissertation est un exercice
plus exigeant, car celui-ci demande de prendre de la hauteur sur le sujet, à partir du cours et des
connaissances, pour proposer une réflexion. Réaliser une dissertation suppose généralement
d’avoir lu au-delà du cours. A cet égard, vous trouverez dans les fiches de TD des lectures
proposées. Ces lectures sont en réalité indispensables à la réalisation de la dissertation. Elles
complètent le cours, vous offrent parfois des points de vue d’auteurs divergents, etc. Ce faisant,
ces lectures vous permettent d’aiguiser votre sens critique. Nous le verrons, et vos études vous le
démontreront, certaines règles juridiques sont claires et fermes, mais d’autres sont plus
imprécises, conjoncturelles ou encore guidées par des décisions politiques. Dès lors, le droit étant
une science sociale, il est possible de concevoir la pertinence d’une règle, au-delà de sa
normativité, eu égard à son bien-fondé au sein du système auquel elle participe (articulation avec
d’autres règles ou principes, conséquences techniques, difficultés de mise en oeuvre du fait de la
malléabilité des critères ou de l’absence de sanctions claires ou pertinentes, etc.). Les exemples
sont multiples et là encore votre aptitude à réaliser un devoir éclairé dépendra aussi de votre
degré de maturité et donc de votre avancement dans les études de droit.
Il est néanmoins important dès maintenant que vous saisissiez que la dissertation n’est pas une
récitation de cours. Le cours et les connaissances sont certes le support nécessaire à toute
dissertation, mais la réflexion induit, outre d’excellentes connaissances juridiques, un esprit
d’analyse et une réflexion étayée.

S’agissant de la structure du devoir :

La dissertation comprend une introduction et le corps du texte. La conclusion est facultative, et


doit être brève. La conclusion, si elle s’impose, doit être une synthèse en deux phrases de votre
démonstration. Elle ne doit pas se transformer en catalogue. Généralement, si votre
argumentation est limpide, étayée et construite, la conclusion est évidente.

L’introduction.

Il existe deux méthodes classiques d’introduction. La méthode dite en entonnoir (du général au
particulier) et la méthode dite « AD.LACHAIT ».

A = Accroche
D = Définition des termes du sujet
L = Limites du sujet
A = Auteur si le sujet est une citation.
C = Droit comparé (ou de droit international)
H = Historique
A = Apport théorique sur le sujet

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I = Intérêt du sujet = problème(s) juridique(s) que le sujet pose


T = Titres des parties, c’est-à-dire l’annonce de plan

La méthode entonnoir est en réalité très similaire : les étapes sont similaires bien qu’elles soient
dénommées différemment. Par ailleurs, la rubrique droit comparé ou auteur ne peut pas toujours
être remplie. Ceci n’est pas rédhibitoire, il convient d’y penser au cas où. L’aspect historique
participe de la contextualisation du sujet. Il ne s’agit pas toujours de réaliser de l’histoire au sens
strict. Il est avant tout attendu ici d’évoquer le contexte historique, mais aussi parfois social et
politique.

La méthode de la dissertation pourra vous être éventuellement exposée différemment par


d’autres enseignants. Cela n’est pas grave, si tant est que les attentes de l’exercice soient satisfaites.
Pour être schématique, et dans tous les cas, une bonne introduction doit répondre aux questions
suivantes :
- De quoi je parle exactement (définition et limite du sujet, auteur si c’est une citation) ?
- Pourquoi j’en parle (aspects de droit comparé, de droit international, historiques, sociaux,
politiques + l’intérêt du sujet) ?
- Comment j’en parle (vous devez ici proposer une réflexion qui se matérialise dans l’intérêt que vous
trouvez au sujet et le plan que vous avez choisi) ?

Le corps du devoir.

Le corps du devoir doit, en principe, être structuré autour d’un plan en deux parties divisées en
deux sous-parties.
Chaque partie et sous-partie doit être annoncée par un titre apparent. Les titres doivent être
brefs, clairs, et éclairants sur la démonstration que vous nous proposez pour répondre à la
question que vous avez posée en introduction. Là encore les titres ne doivent pas être une phrase
coupée en deux par des points de suspension, par exemple. Si pris isolément, votre titre n’a aucun
sens, c’est qu’il ne convient pas. Pris ensemble, les titres et sous-titres doivent pouvoir résumer
votre pensée. Il est recommandé de ne pas traiter plus de deux idées par subdivision. En cas
d’idées multiples, vous pouvez multiplier les subdivisions (1. 2. mais il faut toujours penser à bien
les articuler). Vous n’êtes pas obligé de recourir formellement à la division 1. 2. Toutefois, le
découpage ou l’enchaînement des idées doit être clair dans votre esprit pour ne pas que les
arguments et idées se mélangent. A défaut votre démonstration manquera de rigueur. Vous
pouvez alors matérialiser les deux idées d’un découpage par le saut de ligne, et penser aussi à
réaliser une transition pour que le lecteur perçoive aisément l’articulation des propositions.

Ex. de structure classique de la dissertation.

I. Titre
Chapeau introductif : ce chapeau a pour objet d’annoncer les A. et B. comme l’annonce de plan
introduit le découpage I. et II.
A. Titre
Première idée : les arguments et fondements juridiques au soutien de l’idée
Eventuellement seconde idée : les arguments et fondements juridiques au soutien de l’idée
Transition : quelques lignes (trois ou quatre) qui permettent d’articuler la pensée entre le A. et le B.

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B. Titre
Première idée : les arguments et fondements juridiques au soutien de l’idée
Eventuellement seconde idée : les arguments et fondements juridiques au soutien de l’idée
Transition : quelques lignes (trois ou quatre) qui permettent d’articuler la pensée entre le IB. (et même plus
généralement le I) et le II
II. Titre
Chapeau introductif : ce chapeau a pour objet d’annoncer les A. et B.
A. Titre
Première idée : les arguments et fondements juridiques au soutien de l’idée
Eventuellement seconde idée : les arguments et fondements juridiques au soutien de l’idée
Transition : quelques lignes (trois ou quatre) qui permettent d’articuler la pensée entre le A. et le B.
B. Titre
Première idée : les arguments et fondements juridiques au soutien de l’idée
Eventuellement seconde idée : les arguments et fondements juridiques au soutien de l’idée

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III. Le cas pratique

Quel est l’objet de l’exercice ? L’exercice du cas pratique place en quelque sorte l’étudiant dans le
rôle du juriste, de l’avocat, du notaire, etc. Un client vient rencontrer un professionnel du droit,
car il est confronté à une difficulté. Il attend de ce professionnel du droit qu’il l’éclaire sur le droit
applicable et lui donne la solution concrète à son problème de fait.

Quel est l’écueil de l’exercice ? La principale difficulté tient à identifier le(s) problème(s) qui se
pose(nt). Parfois, le problème n’est pas clairement perçu, ou il n’est pas traité dans son intégralité.

Quelle est la méthode en quelques mots ? La méthodologie du cas pratique peut se résumer
facilement : respecter le syllogisme juridique. Il est fourni à l’étudiant les faits (la mineure) dans
l’énoncé du sujet. Il doit appliquer à ces faits les règles résultant de ses connaissances (la majeure)
pour en déduire la solution. Attention, l’application de la règle de droit aux faits suppose une
démonstration. Il ne faut pas se contenter d’affirmer. A cet égard, il convient en quelque sorte de
se placer dans la situation de l’avocat qui aurait à convaincre un juge de la prétention. Il ne suffit
dès lors pas d’affirmer que c’est ainsi, mais de démontrer rigoureusement l’application de la règle
pour emporter la conviction.

Les deux maîtres mots du raisonnement sont logique et clarté.


L’étudiant doit évidemment adapter son travail au type de cas qui lui est soumis : cas pratique
dirigé ou non dirigé.
- Cas pratique dirigé  : après la description des faits, l’auteur du sujet pose un certain nombre de
questions précises. L’étudiant doit alors répondre, dans l’ordre, aux questions posées. Il n’a pas à
se préoccuper de construire un plan, sauf si cela est expressément demandé dans l’énoncé.
- Cas pratique non dirigé : après l’énoncé des faits, l’auteur demande, de manière globale, d’analyser
la situation. Il appartient alors à l’étudiant de repérer dans l’énoncé les problèmes posés et d’y
répondre ensuite.

A la première lecture, n’hésitez pas à surligner les pièges éventuels (dates, seuils, ancienneté..), ou
les erreurs juridiques lorsque c’est officiellement un non-juriste qui s’exprime (par exemple ne
qualifie pas correctement la situation juridique).

L’étudiant doit veiller à n’oublier aucune condition des mécanismes qu’il étudie, et chercher
d’abord une définition légale avant d’envisager une interprétation jurisprudentielle.

Il peut arriver (l’auteur du sujet le rédige parfois à cet effet) que plusieurs solutions soient
envisageables. Dans ce cas, il faut présenter successivement les différentes solutions, en les
justifiant, et en donnant éventuellement sa préférence. En revanche, l’étudiant ne doit rien
ajouter à l’énoncé, et donc ne rien inventer !

Lorsque des dates sont intégrées au sujet, il doit être particulièrement vigilant aux questions
(probables, mais pas systématiques) d’application de la loi dans le temps, de prescription de
l’action publique... Lorsqu’il n’y a pas de date, l’étudiant doit considérer que les faits se sont
déroulés sous l’empire des lois applicables au moment où il compose.

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Quelles sont les étapes du cas pratique ?

L’introduction.

Il faut être bref. Il ne sert à rien de recopier les faits in extenso. Vous devez sélectionner les faits
importants c’est-à-dire ceux qui sont pertinents pour résoudre le cas. Rédiger une introduction
suppose donc que vous ayez déjà un aperçu des problèmes que vous devrez aborder.

Le plan du cas pratique n’est donc pas scindé en deux parties deux sous-parties. Il contient autant
de parties que de questions posées. Forcer un plan en intégrant les questions au sein de deux
parties est souvent peu pertinent et donc déconseillé (manque de pertinence, et perte de temps).

Le corps du cas pratique.

La majeure. L’exposé du droit. La majeure est l’exposé du droit. C’est de là que tout raisonnement
juridique débute (en droit français - ce qui n’est pas nécessairement le cas dans d’autres droits ex.
common law).

A cet égard, vous devez respecter la hiérarchie des normes. S’il existe un texte, le raisonnement
part du texte - en la matière il convient également de respecter la hiérarchie : constitutionnel,
européen, législatif, réglementaire… Pour autant s’il n’existe pas de disposition constitutionnelle
ou européenne, il est inutile de mettre en valeur cette absence. Vous pouvez débuter par la source
légale, ce qui sous-entend qu’il n’y a pour vous aucune source écrite supérieure à la loi.

Soyez vigilant à l’usage de la jurisprudence. Celle-ci peut être utilisée de deux façons. Parfois la
jurisprudence peut être utilisée dans la majeure. Cela sera le cas si c’est un arrêt important (donc
souvent de la Cour de cassation), qui précise une notion, l’application d’une règle, prévoit une
atténuation à la règle légale, en précise l’application, etc.

En somme, si l’arrêt participe pleinement du champ normatif, car il ajoute au droit ou à la


compréhension du droit, sa place peut être dans la majeure, car il participe de l’énoncer du droit.
A cet égard, vous ne préciserez que la solution retenue par la Cour. Rappelez-vous que le Code
est un outil indispensable et formidable. La très grande majorité des arrêts importants sont cités
sous les articles. Il est donc inutile de tout connaître par cœur. Il convient néanmoins de connaître
son existence pour le rechercher. A défaut, vous perdrez du temps lors de l’examen et vous ne
finirez pas votre devoir.

La doctrine peut parfois être convoquée dans la majeure, lorsqu’il existe, par exemple, une
controverse sur l’application d’une règle. C’est toutefois peu fréquent.

La mineure. La mineure est une application du droit aux faits. Cette application procède d’une
démonstration rigoureuse.

La jurisprudence peut être ici utilisée pour mettre en exergue une analogie des faits. Ainsi, cela
renforce la démonstration de l’application de la règle de droit aux faits.

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Vous pouvez, si vous le souhaitez, ajouter une brève conclusion, qui ne doit pas dépasser deux
lignes et rien ajouter de plus à la démonstration. A défaut, cela signifie que la démonstration n’est
pas complète. Généralement, un cas pratique ne nécessite pas de conclusion générale, chaque
réponse se terminant par sa propre conclusion, précise et détaillée qui constitue la fin de la
mineure.

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