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Chapitre.

2 : L’impôt sur le revenu

L’impôt sur le revenu se présente comme un impôt unique, à taux progressif, personnalisé et
différencié.
L’impôt sur le revenu est véritablement unique dans son titre, sa structure et son barème.
L’impôt sur le revenu est un impôt différencié vu que le revenu global n’est pas déterminé « en
bloc », en effet, l’évaluation des revenus qui participent à sa formation est effectuée en fonction
de chaque catégorie de revenus.
Il est général et global, c’est-à-dire qu’il concerne tous les revenus quel que soit leur nature et
quel que soit les activités qui les procurent exclusion faite des revenus exonérés.
L’impôt sur le revenu est un impôt personnalisé, car il est établi en tenant compte dans son
calcul d’éléments subjectifs propres à chaque contribuable. Ainsi, sont prises en considération
les charges de famille.
Cet impôt est progressif, car son barème est établi de telle sorte que le taux d’imposition est
d’autant plus important que les revenus sont élevés.

Section 1 : Les dispositions générales

§ 1 : Champ d’application

L’impôt sur le revenu (IR) s’applique au revenu global réalisé par les personnes physiques au
cours d’une année donnée.

A : Les revenus imposables

Le revenu auquel s’applique l’impôt est un revenu global. Celui-ci est, en effet, obtenu par la
sommation des revenus catégoriels suivants :
- Revenus professionnels ;
- Revenus salariaux et revenus assimilés ;
- Revenus et profits fonciers ;
- Revenus et profits des capitaux mobiliers ;
- Revenus agricoles.

B : Les personnes imposables

L’impôt sur le revenu ne concerne que les personnes physiques, mais le terme « personne
physique » couvre également certains groupements de personnes. En effet, les membres de
sociétés de personnes et autres groupements sont soumis à l’IR. Il s’agit des sociétés en nom
collectif, des sociétés en commandite simple et des sociétés en participation ne comprenant que
des personnes physiques et n’ayant pas opté pour l’impôt sur les sociétés.
Le résultat pouvant résulter de l’activité de ces groupements est considéré comme un revenu
professionnel du principal associé et doit s’ajouter par conséquent à ses autres revenus.
Les modalités d’imposition des bénéfices au nom du principal associé sont celles applicables
en matière de revenus professionnels. Si ces personnes morales dégagent un résultat déficitaire,
celui-ci doit être imputé sur les bénéfices professionnels réalisés par le principal associé.

C : Les personnes exonérées

Sont exonérés de l’impôt sur le revenu:


- Les ambassadeurs et agents diplomatiques, les consuls et agents consulaires de
nationalité étrangère, pour leurs revenus de source étrangère, dans la mesure où les pays
qu’ils représentent concèdent le même avantage aux ambassadeurs et agents
diplomatiques, consuls et agents consulaires marocains ;
- Les personnes résidentes pour les produits qui leur sont versés en contrepartie de l’usage
ou du droit à usage de droits d’auteur sur les œuvres littéraires, artistiques ou
scientifiques.

D : Territorialité de l’impôt

Sont assujettis à l’impôt sur le revenu :


- d’une part, les revenus et profits de source marocaine et étrangère, pour les personnes
physiques ayant leur domicile1 fiscal au Maroc,
- d’autre part, les revenus et profits de source marocaine pour les personnes physiques
qui n’ont pas leur domicile fiscal au Maroc.
- Enfin, les personnes ayant ou non leur domicile fiscal au Maroc pour leurs bénéfices ou
revenus dont le droit d’imposition est attribué au Maroc, en vertu des conventions
tendant à éviter la double imposition en matière d’impôt sur le revenu.

§ 2 : Lieu et période d’imposition

Le lieu d’imposition est celui du domicile fiscal du contribuable ou de son établissement


principal.
Le changement de résidence, du principal établissement ou du domicile fiscal, doit être signalé
à l’administration fiscale par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par remise contre
récépissé, dans les trente jours qui suivent celui du changement.
Les contribuables n’ayant pas de domicile fiscal au Maroc, sont tenus d’élire un domicile fiscal
au Maroc.
La période d’imposition : l’impôt est établi chaque année sur le revenu global acquis par le
contribuable au cours de l’année précédente ; à l’exception des revenus salariaux, pour lesquels
l’impôt est établi au cours de l’année d’acquisition, sous réserve de régularisation
éventuellement d’après le revenu global annuel.

1
Une personne physique a son domicile fiscal au Maroc lorsqu’elle a au Maroc son foyer permanent d’habitation,
le centre de ses intérêts économiques ou lorsque la durée continue ou discontinue de ses séjours, au Maroc dépasse
183 jours pour toute période de 365 jours.
Sont considérés comme ayant leur domicile fiscal au Maroc les agents de l’Etat qui exercent leurs fonctions ou
sont chargés de mission à l’étranger lorsqu’ils sont exonérés de l’impôt personnel sur le revenu dans le pays
étranger où ils résident.
§ 3 : Détermination du revenu global imposable et calcul de l’IR

Le revenu global est constitué par la somme des revenus catégoriels nets imposables, en opérant
par la suite, les déductions prévues en la matière.

A : Les revenus imposables

Le revenu global imposable est constitué par le ou les revenus nets d’une ou de plusieurs des
catégories de revenus (salariaux, fonciers, agricoles etc.….).
Chaque revenu de ces catégories est déterminé distinctement selon ses propres règles que nous
allons traiter plus loin.

1 : Revenu global imposable des personnes physiques membres des


groupements

Il s’agit des sociétés en nom collectif, en commandite simple et les sociétés de fait, lorsqu’elles
n’ont pas opté pour l’impôt sur les sociétés et donc lorsque leurs membres ne sont constitués
que de personnes physiques. Deux situations se présentent :
- Si le résultat est bénéficiaire, il est considéré comme un revenu professionnel et/ou
agricole (LF 2014) du principal associé et donc imposé en son nom.
- Si le résultat est déficitaire, il est imputé sur les autres revenus professionnels et/ou
agricoles (LF 2014) de l’associé principal (forfaitaire, simplifié ou réel).
Dans le cadre d’une indivision2 ou d’une association en participation3, chaque associé est
personnellement imposé dans la catégorie des revenus professionnels, au titre de sa quote-part
dans les bénéfices réalisés par ces groupements, à moins que ces bénéfices ne proviennent d’une
activité agricole ou d’un patrimoine foncier, auxquels cas la quote-part revenant à chaque
associé dans ces bénéfices est considérée, selon le cas comme revenu agricole ou comme
revenu foncier, entre les mains du bénéficiaire.

2 : Les cas particuliers de revenu global imposable


- Revenu du nouveau résident au Maroc : Le revenu global de l’année d’installation du
contribuable qui acquiert un domicile fiscal au Maroc comprend :
- Les revenus de source marocaine acquis entre le premier janvier et le 31 décembre de
la dite année.
- Les revenus de source étrangère acquis entre le jour de son installation au Maroc et le
31 décembre de la même année.
- Le revenu global imposable du contribuable qui cesse d’avoir son domicile fiscal au
Maroc, regroupe pour l’année de la cessation :
- Les revenus de source marocaine de l’année de la cessation du domicile fiscal au Maroc.
- Les revenus de source étrangère acquis à la date de la cessation.

2
L’indivision est une propriété de bien en commun. Une chose, qui peut être un bien déterminé (par exemple un
immeuble) ou une universalité (par exemple une succession), est dite en indivision lorsque, appartenant à plusieurs
personnes, le droit de chacune d’elles porte sur l’ensemble de cette chose et non pas sur une portion déterminée de
celle-ci.
3
L’association en participation est une société sans personnalité morale, raison sociale ou siège sociale. Elle n’a
pas également de patrimoine sociale ni d’existence à l’égard des tiers. Par rapport à ces derniers, chaque associé
contracte en son nom personnel. Il est seul engagé même dans le cas où il révèle le nom des autres associés sans
leurs accords.
3 : Les déductions sur le revenu global imposable

Sont admises en déduction du revenu global imposable :


- Déductions des dons : sont déductibles du revenu global imposable, les dons en nature ou en
argent effectués :
- aux habous publics, à l’entraide nationale et aux associations reconnues d’utilité
publique,
- aux établissements publics ayant pour mission essentielle de dispenser des soins de santé
ou d’assurer des actions dans les domaines culturels, d’enseignement ou de recherche,
- à l’Université Al Akhawayne d’Ifrane,
- à la ligue nationale de lutte contre les maladies cardio-vasculaires,
- à la Fondation Hassan II pour la lutte contre le cancer,
- à la Fondation Cheikh Zaid ibn soltan,
- à la Fondation Mohammed V pour la solidarité,
- au comité olympique national marocain et aux fédérations sportives régulièrement
constituées,
- à l’Agence pour la promotion et le développement économique et sociale des préfectures
du nord et du sud, ainsi que de l’orientale,
- à l’Agence spéciale Tanger Méditerranée,
- à l’Agence de développement social,
- à l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences,
- à l’office national des œuvres universitaires sociales et culturelles,
- aux associations de micro crédit,
- aux œuvres sociales des entreprises publiques et privées dans la limite de 2 pour mille
du chiffre d’affaires du donateur.
- Déduction des intérêts des prêts classiques ou du montant de la rémunération du contrat
« Mourabaha »4, ou du montant de la marge locative du contrat « Ijara Mountahia
Bitamlik »5 .Ce sont des prêts accordés aux contribuables par les institutions spécialisées ou
les établissements de crédit et organismes assimilés, dûment autorisés à effectuer ces
opérations, ainsi que par les œuvres sociales du secteur public, semi-public, et privé, et par les
entreprises en vue de l’acquisition ou de la construction de logements à usage d’habitation
principale. La déduction se fait dans la limite de 10 % du revenu global imposable.
- Déduction des cotisations de retraite : les primes et cotisations se rapportant aux contrats
individuels ou collectifs d’assurance retraite d’une durée égale au moins à huit ans souscrits
auprès des sociétés d’assurances au Maroc et dont les prestations sont servies aux
bénéficiaires après l’âge de cinquante ans révolus et ce dans la limite de 10 % du revenu
global imposable (LF 2015).
Cette déduction n’est pas cumulable avec celles des contribuables disposant de revenus
uniquement salariaux.
Le contribuable qui a des revenus salariaux et des revenus relevant d’autres catégories, a la
possibilité de déduire le montant des cotisations correspondant à son ou ses contrats

4
- pour les salariés : le remboursement en principal et intérêts des prêts ou de la « Mourabaha » doit être effectué
par l’employeur ou le débirentier qui effectue les retenues à la source sur les revenus salariaux.
- pour les autres contribuables : ils doivent produire à l’appui de leur déclaration annuelle, la copie certifiée
conforme du contrat de prêts ou de « Mourabaha » ainsi que les quittances de versements ou les avis de débit.
En cas de construction, la déduction est limitée à une durée de 7 ans à compter de la date de délivrance de
l’autorisation de construire. Au cas de non achèvement de la construction au-delà de cette période, la situation
fiscale est régularisée normalement.
5
Loi de Finances 2016.
d’assurance retraite, soit dans la limite de 50 % de son salaire net imposable reçu
régulièrement au cours de son activité, soit, dans la limite de 10 % (LF 2015), de son revenu
global imposable6.
Lorsqu’au terme du contrat d’assurance retraite, la rente est servie au bénéficiaire sous forme
de capital, celui-ci est imposé par voie de retenue à la source (aux taux de barème progressif),
après un abattement de 55 % et avec étalement sur une période maximum de quatre années.
Lorsque l’assuré procède au rachat de ses cotisations avant le terme du contrat et/ou avant l’âge
de cinquante ans, le montant du rachat est imposé par voie de retenue à la source sans
abattement et après étalement du montant racheté sur quatre années ou sur la période effective
du remboursement si celle-ci est inférieure à quatre ans.
- Les déficits réalisés pendant les quatre dernières années pour la catégorie des revenus
professionnels ou agricoles. Mais, il convient de préciser qu’il n’est pas permis d’imputer le
déficit d’une catégorie fiscale donnée (en l’occurrence les revenus professionnels et les revenus
agricoles) sur le revenu net positif des autres catégories composant le revenu global. En effet,
le déficit dégagé par l’activité professionnelle ou l’activité agricole d’un contribuable, ne peut
être déduit que des bénéfices réalisés par celui-ci, pendant les quatre années suivantes, au titre
de la même activité.

4. Calcul du revenu net global et du revenu imposable


Le calcul du revenu net global intervient avant celui du revenu imposable. Le revenu net global
de tous les revenus est obtenu comme suit :
Revenu net global = revenu brut global – charges sur revenu
Revenu imposable = revenu net global – abattements

B : Détermination de l’IR

Le calcul de l’IR à payer consiste à appliquer au revenu global imposable un barème


d’imposition et à procéder aux déductions sur impôt, s’il y a lieu.

Tranche de revenu Taux Somme à déduire


0- 30 000 0% 0
30 001- 50 000 10 % 3 000
50 001 – 60 000 20 % 8 000
60 001 – 80 000 30 % 14 000
80 001- 180 000 34 % 17 200
Plus de 180 000 38 % 24 400

C : Déductions opérées sur l’impôt

Il s’agit des déductions sociales accordées en fonction des personnes prises en charges et, s’il y
a lieu, de l’impôt retenu à la source et de l’impôt acquitté à l’étranger.

1 : Les déductions pour charges de famille

6
Le contribuable continue à bénéficier de ces mêmes avantages en cas de transfert de ses cotisations ou primes
d’un organisme à un autre (Loi de Finances 2018).
L’impôt calculé d’après le barème est diminué d’une somme de 360 DH par personne à charge,
dans la limite de 2 160 DH soit un total de six déductions.
Sont considérés à la charge du contribuable :
- le conjoint abstraction faite de ses revenus,
- les enfants du contribuable ainsi que les enfants légalement recueillis par lui à son propre
foyer lorsque le revenu global annuel de chaque enfant n’excède pas la tranche exonérée
du barème du calcul de l’IR et que leur âge ne dépasse pas 27 ans (Loi de finances
2013),
- sans conditions d’âge lorsqu’ils sont atteints d’une infirmité avec impossibilité de
subvenir à leurs besoins.
Tout changement de situation de famille au cours d’un mois est pris en compte à compter
du premier mois suivant celui du changement.

2 : L’impôt retenu à la source

L’IR calculé est diminué des différents prélèvements opérés à la source sur les revenus du
contribuable lorsque ces prélèvements sont imputables sur l’IR découlant de la déclaration
annuelle. Cela signifie que les prélèvements opérés à des taux libératoires ne peuvent donner
lieu à aucune déduction sur l’impôt calculé.

3 : L’impôt étranger
Les contribuables résidant au Maroc et titulaires de pensions de source étrangère peuvent
bénéficier d’une réduction égale à 80 % du montant de l’impôt dû au titre de leur pension
7
correspondant aux sommes transférées à titre définitif en dirhams non convertibles.

§ 4 : Paiement de l’impôt

A partir du 1er janvier 2016, L’impôt sur le revenu afférent aux revenus professionnels
et/ou agricoles déterminés selon le régime du résultat net réel ou celui du résultat net
simplifié, ainsi que le montant de la cotisation minimale, sont versés spontanément auprès
du receveur de l’administration fiscale, du lieu du domicile fiscal ou du principal
établissement du contribuable concerné.
La loi de finances 2016 a prévu également le changement du délai de dépôt de déclaration
des titulaires de revenus professionnels et/ou agricoles déterminés selon le régime du
résultat net réel ou celui du résultat net simplifié, qui devient désormais avant le 1er Mai de
chaque année.
Par ailleurs, l’impôt dû par les contribuables dont le revenu professionnel est déterminé
selon le régime forfaitaire demeure recouvré par voie de rôle. La déclaration doit être
déposée avant le 1er Mars.

7
Lorsque les revenus de source étrangère ont été soumis à un impôt sur le revenu dans le pays de la source avec
lequel le Maroc a conclu une convention tendant à éviter la double imposition en matière d’impôts sur le revenu,
c’est le montant ainsi imposé qui est retenu pour le calcul de l’impôt dont il est redevable au Maroc. Dans ce cas,
l’impôt étranger, dont le paiement est justifié par le contribuable, est déductible de l’impôt sur le revenu, dans la
limite de la fraction de cet impôt correspondant aux revenus étrangers.
Si ces revenus ont bénéficié d’une exonération dans le pays de la source avec lequel le Maroc a conclu une
convention tendant à éviter la double imposition prévoyant d’accorder un crédit d’impôt au titre de l’impôt qui
aurait été dû en l’absence d’exonération, celle-ci vaut paiement.
Pour les revenus salariaux, l’impôt correspondant est perçu par voie de retenue à la source,
opérée mensuellement ou à chaque occasion de paie de la part des employeurs et
débirentiers.

Section 2 : Les revenus professionnels

§ 1 : Champ d’application

A : Définition des revenus professionnels

Les revenus professionnels constituent la principale catégorie prise en considération pour


déterminer le revenu global soumis à l’impôt sur le revenu.
L’impôt est dû par les particuliers ou certaines sociétés de personnes qui exploitent les
entreprises ou exercent les professions ou activités ayant produit les bénéfices imposables.

Les revenus professionnels visés par l’IR sont :


* Les bénéfices réalisés par les personnes physiques et provenant de l’exercice :
- des professions commerciales, industrielles et artisanales,
- des professions de promoteur immobilier8, de lotisseur de terrains, ou de marchand de
biens,
- d’une profession libérale.
• Les revenus ayant un caractère répétitif et ne se rattachant pas aux autres catégories de
revenus soumis à l’IR. On peut citer notamment : les revenus du journaliste non salarié,
de l’écrivain, de l’artiste, de l’apiculteur, de l’éleveur de chevaux ou de chiens, de celui
du guide pour touristes.
• Sont enfin considérés comme revenus professionnels, les produits perçus par des
personnes physiques ou morales non résidentes, qui répondent aux critères d’imposition
à l’IR en contrepartie de travaux exécutés ou de services rendus pour le compte de
personnes physiques ou personnes morales résidentes.
Ces produits s’entendent :
- rémunérations pour l’assistance technique ou pour les prestations de personnel, mis à la
disposition d’entreprises domiciliées ou exerçant leurs activités au Maroc,
- redevances pour droit d’auteur,
- redevances pour concession de l’exploitation de brevet, dessins etc..,
- rémunérations pour l’organisation de tournées artistiques ou sportives,
- rémunérations pour la fourniture d’informations scientifiques, techniques etc…,
- droit de location et rémunérations analogues,
- intérêts de prêts et autres placements à revenus fixes à l’exclusion des intérêts des prêts
consentis à l’Etat ou garantis par lui,

- rémunérations pour le transport routier effectué au Maroc vers l’étranger pour la partie
des prix correspondant au trajet parcouru au Maroc,
- commissions et honoraires.

8
Promoteur immobilier : toute personne qui conçoit et édifie un ou plusieurs bâtiments en vue de les vendre en
totalité ou en partie.
Lotisseur : toute personne qui procède à la viabilisation des terrains destinés à la construction en vue de leur vente
en totalité ou par lot, quel que soit le mode d’acquisition de ces terrains.
B : Exonérations prévues en matière d’IR professionnel

Les exonérations en matière d’IR professionnel sont, à quelques différences près, similaires
à celles traitées au niveau de l’IS :

1 : Exonération totale
Les promoteurs immobiliers, personnes morales ou personnes physiques, pour leurs activités
et revenus afférents à la réalisation de logements sociaux (superficie couverte comprise entre
50 et 80 m² et prix de vente n’excédant 250 000 DH hors T.V.A). L’exonération est accordée
au vue d’un engagement, dans le cadre d’une convention à conclure avec l’Etat, assortie d’un
cahier des charges, à réaliser un programme de construction intégré de 500 logements réalisé
dans un délai maximum de 5 ans à partir de la date d’obtention de la première autorisation de
construire. Une convention avec l’Etat et un cahier de charges sont exigés, et l’exonération
concerne les conventions conclues au cours de la période allant du premier janvier 2010 au 31
décembre 2020 (LF 2013) ; Le bailleur, personne morale ou physique, qui acquiert au moins
25 logements sociaux, en vue de les affecter pendant une durée minimale de 8 ans à la location
à usage d’habitation principale, bénéficie pour une période maximum de 8 ans (LF 2015)
de : l’exonération de l’IS et de l’IR au titre de ses revenus professionnels afférents à ladite
location ; et de l’exonération de l’IS et de l’IR au titre de la plus-value réalisée en cas de cession
des logements précités au-delà de la période de 8 ans. L’opération d’acquisition de ce lot de
logements bénéficie d’un aux de TVA de 10 % et le loyer pratiqué ne peut excéder un montant
de 2000 DH (LF 2015).

- Les promoteurs immobiliers, personnes morales ou personnes physiques, pour leurs activités
et revenus afférents à la réalisation de logements à faible valeur immobilière, (superficie
couverte comprise entre 50 et 60 m² et prix de vente n’excédant 140 000 DH, T.V.A comprise).
L’exonération est accordée au vue d’un engagement, dans le cadre d’une convention à conclure
avec l’Etat, assortie d’un cahier des charges, à réaliser un programme de construction intégré
de 200 logements en milieu urbain et/ou 50 logements en milieu rural, réalisé dans un délai
maximum de 5 ans à partir de la date d’obtention de la première autorisation de construire. Une
convention avec l’Etat et un cahier de charges sont exigés, et l’exonération concerne les
conventions conclues au cours de la période allant du premier janvier 2010 au 31 décembre
2020 (LF 2013) ; Ces logements s’adressent, en tant qu’habitation principale, à des acquéreurs
non encore propriétaires (ou bien qui sont propriétaires dans l’indivision), et dont le revenu
mensuel ne dépasse pas 2 fois le SMIG. Le bailleur, personne morale ou physique, qui acquiert
au moins 20 logements à faible valeur immobilière, en vue de les affecter pendant une durée
minimale de 8 ans à la location à usage d’habitation principale, bénéficie pour une période
maximum de 8 ans (LF 2015) de : l’exonération de l’IS et de l’IR au titre de ses revenus
professionnels afférents à ladite location ; et de l’exonération de l’IS et de l’IR au titre de la
plus-value réalisée en cas de cession des logements précités au-delà de la période de 8 ans.
L’opération d’acquisition de ce lot de logements bénéficie d’un taux de TVA de 10 % et le
loyer pratiqué ne peut excéder un montant de 1000 DH (LF 2015).

2 : Exonération totale suivie d’une imposition permanente au taux réduit


Ces exonérations et imposition au taux réduit sont prévues pour :
- les entreprises hôtelières.
- Les entreprises qui exercent leurs activités dans les zones d’accélération industrielle.
a. Les entreprises qui exercent leurs activités dans les zones d’accélération
industrielle
Ces entreprises9 bénéficient :
- de l’exonération totale de l’impôt sur le revenu pendant une période de cinq exercices à
compter de celui auquel se rattache la première opération,
- et de l’imposition au taux réduit de 20 % au-delà de la période précitée.

b. Les entreprises hôtelières


Les entreprises hôtelières bénéficient d’une :
- exonération totale de l’impôt sur le revenu au titre de leurs établissements hôteliers créés
à compter du premier juillet 2000 pour la partie de la base imposable correspondant à
leur chiffre d’affaires réalisé en devises, quel qu’en soit le montant et ce, pendant une
période de 5 ans consécutifs courant, à compter de l’exercice au cours duquel la
première opération d’hébergement en devises a été réalisée,
- et de l’imposition au taux réduit de 20 % au-delà de la période précitée.

3 : Imposition permanente au taux réduit

L’imposition permanente au taux réduit est accordée aux :


- entreprises minières exportatrices,
- entreprises exportatrices.

a. Les entreprises exportatrices de biens ou services


Ces entreprises bénéficient de l’imposition au taux réduit de 20 %.

b. Les entreprises minières exportatrices


Les entreprises minières exportatrices bénéficient d’une imposition au taux réduit de 20 %
à compter de l’exercice au cours duquel la première opération d’exportation a été réalisée.
Bénéficient également de cette réduction, les entreprises minières qui vendent leurs produits
à des entreprises qui les exportent après leur valorisation.

c. Les exploitants agricoles


Les exploitants agricoles imposables bénéficient de l’imposition permanente au taux réduit
de 20 %, de l’impôt sur le revenu (Loi de Finances 2020).

4 : L’imposition temporaire au taux réduit


Bénéficient de l’imposition temporaire au taux réduit de 20 % :
- les entreprises artisanales,
- les établissements privés d’enseignement ou de formation professionnelle ;
- les revenus salariaux perçus par les salariés des sociétés de « Casablanca Finance City »,
- les promoteurs immobiliers construisant des campus, cités et résidences universitaires.

a. Les entreprises artisanales


Les entreprises artisanales nouvelles dont la production est le résultat d’un travail
essentiellement manuel bénéficient d’une imposition temporaire au taux réduit de 20 %
pendant les 5 premiers exercices consécutifs suivant la date du début de leur exploitation,
et ce, quel que soit le lieu de leur implantation.

9
Loi de Finances 2020
b. Les établissements privés d’enseignement ou de formation professionnelle
Ces établissements bénéficient d’une imposition temporaire au taux réduit de 20 %
pendant les 5 premiers exercices consécutifs suivant la date du début de leur exploitation.

c. Les revenus salariaux perçus par les salariés des sociétés de « Casablanca Finance
City »
avant le premier janvier 2015, était en vigueur une imposition au taux libératoire de l’IR
de 20 % des revenus salariaux perçus par les salariés qui travaillent pour le compte de
sociétés de la Place Financière de Casablanca pour une durée maximale de 5 ans à compter
de la date de prise de fonction des dits salariés. A compter du premier janvier 2018, les
traitements, émoluments et salaires bruts susvisés sont soumis au taux libératoire de 20 %,
pour une période de 10 ans à compter de la date de prise de fonctions des salariés desdites
sociétés (Loi de Finances 2018).

d. Les promoteurs immobiliers construisant des campus, cités et résidences


universitaires
Bénéficient pour une période de cinq ans à compter de la date d’obtention du permis d’habiter,
du taux réduit de 20 % au titre des revenus provenant de la location des cités, résidences et
campus universitaires réalisés en conformité avec leur destination, les promoteurs immobiliers,
personnes morales qui réalisent pendant une période maximum de trois ans courant à compter
de la date de l’autorisation de construire, des opérations de construction de cités, résidences et
campus universitaires constitués d’au moins cinquante chambres dont la capacité
d’hébergement est au maximum de deux lits par chambre, dans le cadre d’une convention
conclue avec l’Etat, assortie d’un cahier de charges.

e. Les entreprises qui prennent des participations dans le capital des jeunes entreprises
innovantes en nouvelles technologies10
Les entreprises soumises à l’IR bénéficient d’une réduction d’impôt égale au montant de
l’impôt correspondant au montant de leur prise de participation dans le capital des entreprises
innovantes en nouvelles technologies.
Cette réduction est appliquée sur le montant de l’IR dû au titre de l’exercice au cours duquel a
eu lieu ladite participation, après imputation le cas échéant, du montant de l’impôt retenu à la
source sur les produits de placements à revenu fixe et sur les revenus des certificats de Sukuk
et avant l’imputation des acomptes provisionnels versés au cours de l’exercice (Loi de
Finances 2018).

C : Les régimes d’imposition à l’IR

Le résultat imposable dans le cadre des revenus professionnels est déterminé sur une base
réelle, qui tient compte de produits et de charges effectifs.

10
Le montant de la participation ouvrant droit à la réduction d’impôt est plafonné à 500.000 DH (Loi de
Finances 2020) par jeune entreprise innovante en nouvelles technologies ; le montant global de la réduction
d’impôt ne doit pas dépasser 30 % du montant de l’impôt dû au titre de l’exercice de la prise de décision ; les
titres doivent être conservés pendant une période minimale de 4 ans à compter de leur date d’acquisition.
Les revenus professionnels sont en principe déterminés dans le cadre du régime du résultat
net réel qui reste le régime général. Toutefois, les contribuables exerçant leur activité à titre
individuel ou dans le cadre d’une société de fait, peuvent opter, dans les conditions fixées
par la loi pour l’un des deux régimes du résultat net simplifié ou du bénéfice forfaitaire ou
de (l’auto-entrepreneur11).

Les seuils des trois régimes d’imposition se présentent comme suit :

Activités RNR RNS FORFAIT


Professions CA >2.000.000 1 M <CA ≤ 2 M 1 M <CA ≤ 2 M
commerciales,
industrielles,
artisanales ou
armateur de pêche.
Prestation de services CA >500.000 250.000 <CA≤ 0.5 M 250.000 <CA≤ 0.5 M
ou professions
libérales.

§ 2 : Régime du résultat net réel

L’exercice comptable des contribuables dont le revenu professionnel est déterminé d’après
le régime du résultat net réel doit être clôturé au 31 décembre de chaque année.
Le régime net réel est le régime du droit commun. Il est obligatoire lorsque certains critères
sont réunis. Après la présentation de ces critères, on présentera les modes de détermination
du résultat net réel.

A : Critères d’application du régime du résultat net réel

Le régime du RNR s’applique obligatoirement aux :


- Sociétés en nom collectif, sociétés en commandite simple et associations en
participation.
- Entreprises individuelles, sociétés de fait et indivisions, dont le chiffre d’affaires annuel
ou porté à l’année excède :
o 2 000 000 de dirhams s’il s’agit de professions commerciales, d’activités
industrielles ou artisanales ou d’armateur pour la pêche ;
o 500 000 DH pour les prestataires de service et les professions libérales.
Le régime du RNR s’applique également aux entreprises individuelles, sociétés de fait et
indivisions, dont le chiffre d’affaires annuel ou porté à l’année n’excède pas les seuils précités,
si elles n’ont pas opté pour le régime du résultat net simplifié ou celui du bénéfice forfaitaire.

B : Détermination du résultat net réel

Le résultat net réel de chaque exercice comptable est déterminé d’après l’excèdent des produits
sur les charges de l’exercice, engagées ou supportées pour les besoins de l’activité imposable,
11
Loi de Finances 2014.
en application de la législation ou la réglementation comptable en vigueur, rectifié sur l’état de
passage du résultat net comptable au résultat net fiscal, conformément à la réglementation
fiscale en vigueur.

Les produits imposables sont majorés de la variation des stocks des produits finis, semi- finis
et en cours. Les charges déductibles sont majorées de la variation des stocks des matières et
fournitures.
Le résultat fiscal est égal au résultat comptable augmenté des réintégrations des charges non
déductibles et diminué des produits non imposables.
Il y a lieu également de tenir compte des déficits sur exercices antérieurs dans la limite des
déficits des quatre exercices précédant l’exercice en cours.

C : Les produits imposables

Il s’agit des produits, plus-values, profits et gains qui englobent :


1 : Les produits d’exploitation
- Le chiffre d’affaires : comprenant les recettes et les créances acquises se rapportant aux
produits livrés, aux services rendus et aux travaux immobiliers réalisés ;
- Les autres produits d’exploitation : il s’agit de la variation des stocks de produits, des
immobilisations produites par l’entreprise pour elle-même, des subventions
d’exploitation, des reprises d’exploitation et des transferts de charges.

2 : Les produits financiers


Ce sont les intérêts et produits assimilés, acquis par le contribuable dans le cadre de son
activité professionnelle (produits des titres de participation, des tantièmes ordinaires, des
bons de liquidation, gains de change, écarts de conversion passif, intérêts courus et autres
produits financiers, reprises financières et transferts de charges).

3 : Les produits non courants


Sont imposés à ce titre :
- Les plus-values réalisées ou constatées par l’entreprise suite à la cession ou au retrait de
certains éléments corporels ou incorporels de l’actif immobilisé ;
- Les subventions d’équilibre et les subventions d’investissement ;
- Les autres produits non courants : ce sont les profits divers (découlant ou non de
l’activité courant, mais se caractérisant par leur seul aspect accidentel ou inattendu), les
produits accessoires (réalisés à l’occasion de la mise en œuvre de l’activité
professionnelle courante mais ne se rattachant pas directement à cette activité :
redevances, jetons de présence, tantièmes spéciaux, etc.).

4 : Les plus –values réalisées suite au décès d’un exploitant


Les plus-values résultant d’une cessation d’activité suite au décès de l’exploitant sont
imposables à l’IR lorsque l’activité en question n’est pas poursuivie par les héritiers.

5 : Revenus ayant un caractère répétitif


Les revenus ayant un caractère répétitif sont imposables à l’IR lorsqu’ils ne peuvent se
rattacher aux revenus agricoles, aux revenus salariaux, aux revenus fonciers ou aux revenus
des capitaux mobiliers.

D : Les charges et pertes déductibles


Comme nous l’avons vu en détail au niveau de l’IS, les charges déductibles de la base
imposable à l’IR sont constituées des éléments suivants :

1 : Les charges d’exploitation


- Les achats : ce sont les achats incorporés directement dans le prix d’achat ou le prix de
revient, y compris les emballages commerciaux non récupérables, la TVA non
déductible, les droits de douane, frais, assurance et transit en cas d’importation.
- Les autre charges externes : il s’agit notamment :
o des loyers,
o des dépenses d’entretien et de réparation,
o des primes d’assurance autres que celles versées sur contrats d’assurance
conclus au profit de la société sur la tête de ses dirigeants ou ses collaborateurs ;
o des autres services et travaux (travaux de sous-traitance, redevances de crédit
bail et autres redevances),
o des dépenses de transports et déplacements du personnel, déplacements des
administrateurs, gérants et associés et des frets et transports sur achats et ventes,
o des dépenses en cadeaux publicitaires qui sont déductibles si leur valeur unitaire
maximale ne dépasse pas 100 DH et portent soit le nom, le sigle de l’entreprise
ou la marque de fabrique des produits qu’elle fabrique ou dont elle fait le
commerce,
o des dons en argent ou en nature octroyés aux habous publics, à l’entraide
nationale et aux associations reconnues d’utilité publique ainsi que les dons
octroyés à certains établissements publics, fondations et agences. Sont
également déductibles les dons octroyés aux œuvres sociales des entreprises
publiques et privées et aux œuvres sociales des institutions qui sont autorisées
par la loi qui les institue à percevoir des dons, dans la limite de 2 pour mille du
chiffre d’affaires du donateur. De même pour les associations ayant conclu avec
l’Etat une convention de partenariat pour la réalisation de projets d’intérêt
général, dans la limite de 2 pour mille du chiffre d’affaires (Loi de Finances
2019). Cette mesure s’applique aux sociétés soumises à l’IS et aux entreprises
soumises à l’IR, au titre des revenus professionnels déterminés selon le régime
du RNR ou du RNS.
o
- Les autres charges d’exploitation : on peut citer les frais d’annonce et de publicité,
les frais de représentation et de voyage lorsqu’ils sont justifiés par la nature ou
l’importance de l’exploitation.
- Les charges du personnel : les frais de personnel et de main-d’œuvre accordés aux
employés du contribuable, à l’exclusion de tous prélèvements effectués par l’exploitant
d’une entreprise individuelle, ou les membres dirigeants des sociétés.
Les rémunérations des associés non dirigeants des sociétés ne peuvent être comprises
dans les charges déductibles que lorsqu’elles sont la contrepartie de services
effectivement rendus à la société, en leur qualité de salariés.
Pour ce qui est des charges sociales, la part incombant au salarié est exclue des frais
généraux et ne peut donc être prise en charge par l’entreprise.
- Les impôts et taxes : pour être déductibles, les impôts et taxes doivent être mis à la
charge de l’entreprise, mis en recouvrement au cours de l’exercice. Ne sont pas
déductibles les pénalités, les majorations et les amendes, L’IR sur salaire et l’impôt sur
le résultat de l’entreprise.
- Les dotations d’exploitation aux amortissements : les amortissements sont
déductibles dans la limite de ceux qui sont généralement admis d’après les usages de
chaque nature d’industrie, de commerce ou de profession.
Cet amortissement est déductible à partir de la date d’acquisition des biens. Toutefois,
lorsqu’il s’agit de biens meubles qui ne sont pas utilisés immédiatement, l’entreprise
peut différer leur amortissement jusqu’à la date de l’utilisation effective.
- Les dotations d’exploitation aux provisions : les provisions sont constituées en vue
de faire face soit à des charges ou des pertes non encore réalisées et que des événements
en cours rendent probables. Les charges et les pertes doivent être nettement précisées
quant à leur nature et susceptible d’une évaluation approximative quant à leur montant.
Les principales provisions déductibles sont les provisions pour dépréciation (des
immobilisations non amortissables, des stocks, des créances et des titres) et les
provisions pour risque et charge (procès ou litige en cours).
- Les stocks : les stocks sont évalués au coût d’achat ou au coût de production selon que
l’activité de l’entreprise est commerciale ou industrielle.
Les stocks sont évalués au cours du jour si le cours du jour est inférieur au coût d’achat.

2. Les charges financières


Les intérêts et autres frais financiers engagés dans l’intérêt de l’entreprise sont déductibles, à
condition que la dette ait été contractée pour les besoins et dans l’intérêt de l’entreprise, et soit
inscrite au bilan.

Les intérêts servis aux associés des sociétés en nom collectif et des sociétés en commandite
simple, à raison des sommes avancées par eux à la société pour les besoins de l’exploitation
sont déductibles à la condition que :
- le capital social soit entièrement libéré,
- le montant total des sommes rémunérées n’excède pas le capital social,
- le taux de rémunération ne dépasse pas le taux fixé par l’arrêté du ministre des finances.
Sont aussi déductibles :
- les pertes de change (écarts de conversion-actif, relatifs aux diminutions de créances
et à l’augmentation des dettes),
- les autres charges financières,
- les dotations financières.

3. Les charges non courantes


Sont notamment déductibles :
- les valeurs nettes d’amortissement des immobilisations cédées,
- les autres charges non courantes telles que les dons accordés à certains organismes,
- les dotations non courantes aux amortissements dégressifs,
- les pertes diverses ayant un lien direct avec l’exploitation et résultant d’événements
ayant entraîné une diminution de l’actif net.

4. Le déficit reportable
Le déficit d’un exercice peut être déduit du bénéfice de l’exercice suivant. A défaut de
bénéfice ou en cas de bénéfice insuffisant pour que la déduction puisse être opérée en
totalité, le déficit ou le reliquat de déficit peut être déduit des bénéfices des exercices
suivants jusqu’au quatrième exercice qui suit l’exercice déficitaire.
Cette limitation du délai de déduction ne s’applique pas au déficit ou à la fraction du déficit
correspondant à des amortissements régulièrement comptabilisés et compris dans les
charges déductibles de l’exercice.
5. Les charges non déductibles
Il s’agit des amendes, pénalités et majorations de toute nature mises à la charge des
contribuables pour infractions aux dispositions légales ou réglementaires, notamment en
matière :
- d’assiette des impôts directs et indirects,
- du paiement tardif des dits impôts,
- de législation de travail,
- de réglementation de la circulation,
- de contrôle des changes,
- et de contrôle des prix.
Ne sont pas déductibles du résultat fiscal, le montant des achats, des travaux et des
prestations de services non justifiés par une facture régulière ou tout autre pièce probante
établie au nom du contribuable comportant les renseignements prévus en matière de
facturation.
- Les dépenses supérieures ou égales à 5.000 DH dont le règlement n’est pas justifié :
La Loi de Finances pour l’année 2019 prévoit que les dépenses afférentes aux achats de
matières et produits, aux autres charges externes, ainsi qu’aux autres charges d’exploitation,
dont le règlement n’est pas justifié par chèque barré non endossable, effet de commerce, moyen
magnétique de paiement, virement bancaire, procédé électronique ou par compensation, ne sont
admises en déduction du résultat fiscal que dans la limite de cinq mille dirhams (5.000) dirhams
par jour et par fournisseur et sans que le montant mensuel de ces charges dépassent cinquante
mille (50.000) dirhams par fournisseur.
Il a été également prévu qu’en ce qui concerne les immobilisations acquises et dont le règlement
n’est pas justifié par les moyens de paiement précités, les dotations aux amortissements relatives
à ces immobilisations ne sont pas déductibles du résultat fiscal. Cette mesure est applicable au
titre des exercices ouverts à compter du 1er janvier 2019.
Cette disposition n’est pas applicable aux opérations sur les animaux vivants et les produits
agricoles non transformés.
Elle n’est pas non plus applicable au paiement des impôts et taxes et des charges du personnel.

§ 3 : Régime du résultat net simplifié


Le régime du résultat net simplifié est applicable sur option formulée par les contribuables
intéressés, en respectant les conditions prévues par la loi.

A : Conditions d’application

1 : Conditions de chiffre d’affaires


Peuvent opter pour le régime du résultat net simplifié, les entreprises individuelles et les
sociétés de fait dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas certaines limites.
L’option pour le régime du résultat net simplifié peut être appliquée lorsque le chiffre
d’affaires annuel ou porté à l’année hors TVA est :
- Inférieur ou égal à 2 .000.000 DH s’il s’agit de professions commerciales, d’activités
industrielles ou artisanales, ou d’armateurs de pêche.
- Inférieur ou égal à 500.000 DH, s’il s’agit de professions libérales, ou de prestataires de
services.
L’option pour le régime du résultat net simplifié reste valable tant que le chiffre d’affaires
réalisé n’a pas dépassé pendant deux exercices consécutifs les limites prévues par la
profession.
En cas de dépassement de ces seuils pendant 2 années consécutives, l’entreprise est placée
sous le régime du résultat net réel à compter du premier janvier suivant la deuxième année
de dépassement.

2 : Pluralité d’activités régies par des seuils différents


Si une entreprise exerce plusieurs activités à la fois, elle reste soumise au régime du résultat
net simplifié tant que :
- Le chiffre d’affaires réalisé dans chacune des catégories de professions ou d’activités
ne dépasse pas la limite prévue pour chacune d’elles.
- Le chiffre d’affaires total réalisé dans les professions ou activités précitées ne dépasse
pas la limite correspondant à la catégorie de profession exercée à titre principal. Le
caractère principal d’une activité par rapport à une autre étant déterminé par le rapport
respectif de chaque activité à son seuil limite correspondant.

B : Détermination du résultat net simplifié

Le résultat net simplifié de chaque exercice comptable est déterminé d’après l’excédent des
produits sur les charges de l’exercice, engagées ou supportées pour les besoins de l’activité
imposable, en application de la législation et de la réglementation comptable en vigueur,
rectifiée sur l’état de passage du résultat net comptable au résultat net fiscal, à l’exclusion
des provisions et du déficit reportable.

La loi de finances pour l’année 2020 a institué un abattement de 25 % applicable à la base


imposable, correspondant au chiffre d’affaires réalisé par paiement mobile, par les
personnes physiques disposant de revenus professionnels déterminés selon le régime du
résultat net simplifié.

§ 4 : Régime du bénéfice forfaitaire


A : Conditions d’application du régime

Le régime du forfait est applicable pour les contribuables réalisant des chiffres d’affaires
modestes. Ce régime est applicable sur option formulée par les contribuables intéressés sous
certaines conditions.

1 : Seuils limites du forfait


L’option pour le bénéfice forfaitaire peut être appliquée lorsque le chiffre d’affaires annuel
ou porté à l’année TVA comprise entre :
- 1.000.000 dh et 2.000.000 dh pour les professions commerciales, industrielles ou
artisanales, et les armateurs de pêche.
- 250.000 DH et 500.000 dh pour les professions libérales, les prestataires de services.

L’option pour le régime du forfaitaire reste valable tant que le chiffre d’affaires réalisé n’a
pas dépassé pendant deux années consécutives les limites prévues ci-dessus.
Dans le cas contraire, le régime du résultat net réel est applicable en ce qui concerne les
revenus professionnels réalisés à compter du premier janvier de l’année suivant celles au
cours desquelles les dites limites ont été dépassées, sauf en cas d’option pour le régime du
résultat net simplifié, formulée dans les conditions réglementaires.

En cas de baisse du chiffre d’affaires en dessous des seuils fixés pour le régime du forfait,
l’entreprise ne peut se replacer sous ce régime que lorsque son chiffre d’affaires est resté en
dessous des dits seuils pendant 3 années consécutives.

2 : Pluralité d’activités régies par des seuils différents


L’entreprise reste soumise au régime du forfait si :
- aucun des seuils correspondant aux activités exercées n’est atteint ;
- le chiffre d’affaires de l’ensemble des activités exercées concurremment ne dépasse pas
le seuil qui correspond à l’activité principale.
Le caractère principal d’une activité par rapport à une autre étant déterminé par le rapport
respectif de chaque activité à son seuil correspondant.

3 : Passage du régime forfaitaire à celui du RNS


Aucune condition n’est exigée pour passer, sur option, du régime forfaitaire au régime net
simplifié. L’entreprise doit déposer sa demande d’option avant le premier Mai12 de l’année
dont les résultats seront déterminés d’après ce dernier régime.

4. Professions et activités exclues du régime forfaitaire


Sont exclues du régime du bénéfice forfaitaire certaines professions ou activités quel que
soit leur chiffre d’affaires annuel, il s’agit des professions et activités suivantes :
- médecin, chirurgien, vétérinaire, chirurgien-dentiste, radiologue, exploitant de clinique,
exploitant de laboratoire médical, kinésithérapeute, pharmacien,
- architecte, topographe, géomètre, entrepreneur de travaux topographiques,
- conseil juridique et fiscal, comptable, expert comptable, entrepreneur de travaux
informatiques,
- lotisseur et promoteur immobilier, marchand de biens immobiliers,
- assureur, courtier ou intermédiaire d’assurances, transitaire en douane, représentant de
commerce indépendant, administrateur de biens,
- éditeur, libraire, imprimeur,
- exploitant de cinéma, producteur de films cinématographiques,
- marchand en gros d’orfèvrerie, bijouterie et joaillerie, marchand en détail, bijouterie et
joaillerie,
- hôtelier, agent de voyages, loueur d’avions ou d’hélicoptères,
- exploitant d’école d’enseignement privé, exploitant d’auto-école,
- avocats et notaires.

12
Loi de Finances 2016.
B : Détermination du revenu professionnel imposable

Le bénéfice imposable est déterminé de manière forfaitaire dans le cadre du régime du


forfait. On distingue le bénéfice forfaitaire et le bénéfice minimum.

1. Détermination du bénéfice forfaitaire


Il est déterminé par application au chiffre d’affaires de chaque année civile, d’un coefficient
fixé pour chaque profession. Ce coefficient est fixé pour chaque branche d’activité ou de
profession conformément au tableau prévu par les dispositions régissant l’IR.
Ces coefficients représentent les marges nettes susceptibles d’être réalisées au titre de
l’exercice de certaines professions. Les coefficients sont très diversifiés. Ils peuvent être
faibles lorsque les activités concernées connaissent des charges importantes ou pratiquent
des prix réglementés. Les coefficients peuvent être élevés lorsqu’il s’agit de prestataires de
services, de professions libérales et en général, d’activités où les charges sont relativement
faibles par rapport au chiffre d’affaires.

Lorsque le redevable exerce plusieurs activités relevant du régime du forfait, le bénéfice


forfaitaire imposable s’obtient par l’addition des différents bénéfices forfaitaires déterminés
pour chacune des activités concernées.

2. La Détermination du bénéfice minimum

La loi prévoit un seuil minimum pour la détermination du bénéfice annuel imposable des
contribuables relevant du régime du bénéfice forfaitaire.
Ainsi, le bénéfice annuel réalisé par toute entreprise ne peut être inférieur au montant de la
valeur locative annuelle normale et actuelle de chaque établissement du contribuable,
retenue pour le calcul de la taxe professionnelle, auquel est appliqué un coefficient allant
par fraction d’un demi point de 0,5 à 10 et ce, compte tenue de l’importance de
l’établissement, de l’achalandage et du niveau d’activité.
La fixation et l’actualisation de ces coefficients sont fonction des circonstances propres à
chaque contribuable. Elles tiennent compte de l’importance des moyens techniques et
humains déployés, du niveau de l’activité, de l’achalandage, de l’emplacement des locaux
ou des établissements de vente et de l’ancienneté des loyers pratiqués.

En cas de pluralité de professions exercées dans des établissements différents, le bénéfice


minimum à retenir est le résultat de la somme des valeurs locatives des divers
établissements, affectées des coefficients correspondants.
Pour les activités non patentables, le bénéfice minimum est supposé correspondre au
bénéfice forfaitaire.

Après le calcul du bénéfice forfaitaire et du bénéfice minimum, le contribuable est imposé


sur le terme le plus élevé sans recourir aux procédures de rectification de la base imposable.

3. Eléments additifs au bénéfice minimum ou au bénéfice forfaitaire


Au bénéfice minimum ou au bénéfice forfaitaire ainsi déterminés, il y a lieu d’ajouter :
- profits et plus-values : les profits et les plus-values résultant respectivement de la
cession ou du retrait d’éléments quelconques de l’actif, en cours ou en fin d’exploitation,
s’ajoutent au bénéfice forfaitaire ou au bénéfice minimum.
En ce qui concerne les éléments d’actif, le profit ou la plus-value est égal respectivement
à l’excédent du prix de cession ou de la valeur actuelle sur le prix de revient. Le prix de
revient étant préalablement diminué :
o de l’amortissement effectivement pratiqué sous le régime du résultat net réel ou
celui du résultat net simplifié si l’entreprise s’était trouvée antérieurement placée
sous l’un ou l’autre de ces régimes,
o d’un amortissement calculé pour la période d’imposition d’après le bénéfice
minimum ou le bénéfice forfaitaire, aux taux annuels suivants :
▪ 10 % pour le matériel, l’outillage et le mobilier,
▪ 20 % pour les véhicules.
- Primes, subventions et dons reçus : ces produits sont ajoutés en totalité au bénéfice
forfaitaire ou au bénéfice minimum de l’exercice de leur encaissement.

- Un abattement de 15 % sur la base imposable est accordé aux contribuables, qui


adhèrent aux centres de gestion de comptabilité agréés régis par la loi.

- Un abattement de 25 % sur la base imposable est accordé aux contribuables, sur la base
imposable correspondant au chiffre d’affaires réalisé par paiement mobile (Loi de
Finances 2020).

4. Conséquences fiscales en cas de changement de régime fiscal


Le changement de régime fiscal peut donner lieu à des régularisations :
- Passage du RNR au RNS ou au forfait : dans de tels cas, les provisions constituées en
franchises d’impôts, lors de l’exercice dont le résultat est déterminé d’après le RNR,
sont réintégrés au résultat du dit exercice.
De même, les déficits reportables sont annulés à compter de l’année de changement de
régime de détermination des résultats.
Dans le cas de passage du RNR ou du RNS au régime forfaitaire, les amortissements de
constructions constatés en comptabilité sont réintégrés au résultat du dernier exercice
relevant du RNS ou du RNR.
- Passage du forfait au RNS ou au RNR : dans ce cas, les éléments amortissables
affectés à l’exploitation font l’objet d’un inventaire au début de l’exercice et doivent
être inscrits au bilan d’ouverture de la première année d’application du RNR ou du RNS.
Cette inscription est faite à la valeur résiduelle des éléments amortissables. La valeur
résiduelle prend en compte les amortissements présumés avoir été pratiqués sous le
régime forfaitaire. Cette règle n’est pas valable aux constructions qui doivent être
inscrites au coût historique.

5. Obligations déclaratives
La loi de finances pour l’année 2014 avait prévu l’obligation pour tous les contribuables
soumis au régime du bénéfice forfaitaire, de tenir un registre visé par un responsable
relevant du service d’assiette et sur lequel sont enregistrées toutes les sommes versées,
au titre des achats et des ventes appuyés de pièces justificatives. Suite aux doléances des
contribuables concernés, ces dispositions ont été abrogées. Par ailleurs, et suite à ladite
abrogation, le contribuable exerçant son activité professionnelle dans le cadre du régime
de l’auto entrepreneur est également dispensé de la tenue dudit registre (LF 2015).

D’après la loi de finances 2015, les contribuables dont le revenu professionnel est
déterminé selon le régime du bénéfice forfaitaire, sont soumis à l’obligation prévue à
l’article 146 bis dudit code, à compter de l’année qui suit celle au cours de laquelle le
montant de l’impôt sur le revenu annuel émis en principal dépasse 5.000 DH. Ainsi, et
en vertu des dispositions dudit article, tout achat de biens ou service effectué par un
contribuable auprès d’un fournisseur soumis à la taxe professionnelle doit être justifié
par une facture régulière ou tout autre pièce probante établie au nom de l’intéressé.

Tout ce qui précède a été abrogé par la Loi de Finances 2020, qui précise que les
obligations comptables prévues ci-dessus ne s’appliquent pas aux contribuables soumis
à l’impôt sur le revenu au titre du revenu professionnel déterminé, selon le régime du
bénéfice forfaitaire. Autrement dit, les contribuables soumis au bénéfice forfaitaire sont
exclus des obligations comptables.

§4 : Régime de l’auto-entrepreneur

A. Détermination de la base imposable


Les personnes physiques exerçant une activité professionnelle à titre individuel en tant
qu’auto-entrepreneurs conformément à la législation et la réglementation en vigueur,
sont soumises à l’impôt sur le revenu en appliquant, au chiffre d’affaires annuel encaissé
un taux prévu par la réglementation.
Toutefois, les plus-values nettes résultant de la cession du retrait des biens corporels et
incorporels affectés à l’exercice de l’activité sont imposables selon les conditions
prévues par la loi.

B. Conditions d’application
Le régime de l’auto-entrepreneur est applicable sur option dans les conditions de fond
et de forme prévues par la loi :
1. Conditions de fond
L’option pour le régime de l’auto-entrepreneur est subordonnée aux conditions
suivantes :
- Le montant du chiffre d’affaires annuel encaissé ne doit pas dépasser les limites de :
❖ 500.000 DH, pour les activités commerciales, industrielles et artisanales,
❖ 200.000 DH, pour les prestataires de services.
2. Conditions de forme
- L’auto-entrepreneur est tenu d’adhérer au régime de sécurité sociale prévu par la
législation en vigueur.
- Il doit tenir, de manière régulière, un registre des achats et de ventes.

C. Modalités d’option
Les contribuables qui entendent opter pour le régime de l’auto-entrepreneur doivent
formuler leur demande, lors du dépôt de la déclaration d’existence, auprès de
l’organisme désigné, à cet effet, conformément à la législation et à la réglementation en
vigueur.
L’option pour le régime de l’auto-entrepreneur reste valable tant que le chiffre
d’affaires encaissé n’a pas dépassé pendant deux années consécutives les limites prévues
par la loi.
Dans le cas contraire, et sauf option pour le régime du RNS ou celui du bénéfice
forfaitaire, le régime du RNR est applicable en ce qui concerne les revenus
professionnelles réalisés à compter du 1er Janvier de l’année suivant les deux années au
cours desquelles lesdites limites ont été dépassées. Dans ce cas, le contribuable ne peut
plus bénéficier du régime de l’auto-entrepreneur.
L’option pour le régime de l’auto-entrepreneur, formulée par les contribuables dont les
professions ou activités relèvent à la fois de 2 limites de chiffres d’affaires prévues pour
le régime objet de leur option, n’est valable que :
- Lorsque le chiffre d’affaires encaissé dans chacune des catégories de professions ou
d’activités ne dépasse pas la limite prévue pour chacune d’elle.
- Ou lorsque le chiffre d’affaires total encaissé dans les professions ou activités précitées
ne dépasse pas la limite correspondant à la profession ou à l’activité exercée à titre
principal.

D. Exclusion du régime de l’auto-entrepreneur


Sont exclus de ce régime, les contribuables exerçant des professions libérales ou des
activités exclues du régime du BF, désignant les professions ou activités exclues du
régime du BF. Toutefois, certaines activités ou professions figurant dans ledit décret
peuvent être exercées par l’auto entrepreneur, notamment les entrepreneurs de travaux
divers, de travaux informatiques, etc (LF 2015).

E. Base de détermination de l’impôt


Les personnes physiques, exerçant à titre individuel en tant qu’auto-entrepreneurs
conformément à la législation et la réglementation en vigueur, sont soumises à l’IR, en
appliquant au CA encaissé l’un des taux suivants13 :
❖ 0,5 % sur le montant qui ne dépasse pas 500.000 DH pour les activités
commerciales, industrielles et artisanales ;
❖ 1 % sur le montant qui ne dépasse pas 200.000 DH pour les prestations de
services.
Les taux susvisés sont libératoires de l’IR.
Compte tenu de l’objet assigné à ce dispositif visant l’encouragement de l’auto emploi
et au vu de la nature des activités exercées et du niveau du chiffre d’affaires encaissé,
il convient de préciser que l’auto-entrepreneur est exonéré de la TVA, mais reste soumis
à la taxe professionnelle, après expiration du délai de l’exonération de 5 ans prévu pour
toute activité professionnelle nouvellement créée.

F. Déclaration du CA de l’auto-entrepreneur
Le contribuable dont l’impôt est déterminé selon le régime de l’auto-entrepreneur est tenu
de déclarer son chiffre d’affaires encaissé, selon l’option formulée, mensuellement ou
trimestriellement sur ou d’après l’imprimé modèle établi par l’organisme désigné à cet
effet conformément à la législation et à la réglementation en vigueur.
La déclaration et le versement mensuel ou trimestriel doivent être effectués auprès de
l’organisme concerné dans les délais suivants :
- Mensuellement, avant la fin du mois qui suit le mois au cours duquel le chiffre d’affaires
a été encaissé ;
- Trimestriellement, avant la fin du mois qui suit le trimestre au cours duquel le chiffre
d’affaires a été encaissé.
L’organisme prévu ci-dessus est tenu de verser à la caisse du receveur de l’administration
fiscale du lieu du domicile fiscal du contribuable concerné, le montant de l’impôt encaissé
auprès dudit contribuable, dans le mois qui suit celui au cours duquel l’encaissement de
13
Loi de finances 2019.
l’impôt a eu lieu, sans préjudice de l’application, le cas échéant, des sanctions pour paiement
tardif des impôts, droits et taxes prévues par la loi.

La loi de finances 2015 a prévu la possibilité pour les contribuables exerçant une activité
en tant qu’auto-entrepreneur d’effectuer auprès de l’organisme gestionnaire, par tout
procédé électronique ou tout moyen en tenant lieu, les versements prévus par le C.G.I. ces
télépaiements produisent les mêmes effets juridiques que les paiements prévus par le CGI.

La Loi de Finances 2020, a précisé que les obligations comptables ne s’appliquent pas aux
contribuables soumis à l’impôt sur le revenu au titre du revenu professionnel déterminé,
selon le régime de l’auto-entrepreneur. Autrement dit, les contribuables soumis au régime
de l’auto-entrepreneur sont exclus des obligations comptables

§ 5 : La cotisation minimale

La loi de finances a institué une cotisation minimale pour les contribuables assujettis à
l’IR (revenus professionnels soumis au régime du RNR ou du RNS).
La cotisation minimale constitue un minimum d’impôt payable par les contribuables,
chaque année avant le premier février et même en l’absence de bénéfices.

A : Calcul de la cotisation minimale

Elle est calculée sur la base des produits d’exploitation hors taxe. Par produits
d’exploitation, il faut entendre la somme :
- du chiffre d’affaires et des autres produits d’exploitation ;
- des produits financiers ;
- des subventions et dons reçus de l’Etat, des collectivités locales et des tiers figurant
parmi les produits d’exploitation ;
- les produits non courants : subventions d’équilibre et autres produits non courants y
compris les dégrèvements fiscaux au titre des impôts déductibles.

B : Taux de la cotisation minimale

Les taux retenus sont :


- 6 % pour les professions libérales et autres prestations de service : avocat, interprète,
notaire, adouls, huissiers de justice, architecte, métreur vérificateur, géomètre,
topographe, arpenteur, ingénieur, conseil et expert en toute matière, vétérinaire, ainsi
que pour les exploitants de clinique, maison de santé ou de traitement, exploitant de
laboratoires d’analyses médicales, médecins, médecins dentistes, masseurs
kinésithérapeutes, orthoptistes, orthophonistes, infirmiers, herboristes, sage- femme.
- Le taux normal de la cotisation minimale (Loi de Finances 2020) est fixé à 0.50 %.
- Toutefois, ce taux est porté à 0.60 % (Loi de Finances 2020), lorsqu’au-delà de la
période d’exonération de 3 ans, le résultat déclaré négatif par l’entreprise reste négatif,
pendant deux années consécutives.
- 0,25 % pour les opérations effectuées par les commerçants au titre de vente portant sur :
les produits pétroliers et le gaz, le beurre et l’huile, le sucre et le farine, l’eau et
l’électricité, ainsi que les médicaments.
- Cette mesure s’applique aux sociétés soumises à l’IR au titre des revenus professionnels
déterminés selon le régime du RNR ou du RNS.
La loi de Finances 2019 a réduit le taux de la cotisation minimale applicable au chiffre
d’affaires relatif aux ventes des médicaments à 0.25 %.
En matière d’IR, le minimum de la CM est de 1.500 DH.

C : Crédit de la cotisation minimale


La cotisation minimale n’est pas un impôt, mais constitue un acompte sur l’IR correspondant
aux revenus professionnels.
Avant la Loi de finances 2016, le CGI prévoyait que la CM acquittée au titre d’un exercice
déficitaire, ainsi que la partie de la CM qui excédait le montant de l’impôt acquitté au titre d’un
exercice donné, étaient imputées sur le montant de l’impôt qui excédait celui de la CM exigible
au titre des exercices suivants, jusqu’au 3ème exercice qui suit l’exercice déficitaire ou celui au
titre duquel le montant de la dite cotisation excède celui de l’impôt.
Pour consacrer le principe de minimum d’imposition acquis définitivement au trésor, la Loi de
Finances 2016 a modifié les dispositions en supprimant le mécanisme précité d’imputation de
la CM. Ainsi, la CM acquittée au titre des exercices antérieurs à 2016 n’ouvre plus droit à
l’imputation sur le montant de l’impôt qui excède la CM, dégagé au titre de l’exercice 2016 et
des exercices suivants.

D : Exonération de la cotisation minimale

La cotisation minimale n’est pas due par les contribuables pendant les 3 premiers exercices
comptables suivant la date du début de leur activité. Cette exonération n’est pas valable en cas
de reprise de la même activité après une cessation.