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TRIBOLOGIE

CHAPITRE 2 : Détérioration de surface ATMANI

DETERIORATION DE SURFACE

2.1 Introduction

La tribologie est une science complexe qui englobe la mécanique des surfaces, l’étude du
frottement et de l’usure ainsi que la lubrification. Elle fait appel à la chimie, la science des
matériaux et la physique moléculaire. L’immense perte provoquée par l’usure des machines
et par le coût de l’énergie dissipée par frottement lui confère une importance économique
certaine.
Le développement de la tribologie repose surtout sur l’expérience dans laquelle sont mis en
jeu des systèmes tribologiques, constitués de couples tribologiques, des ensembles formés par
deux solides en mouvement relatif et frottant l’un contre l’autre. Le milieu constituant les
surfaces de contact, entre les deux surfaces, forme l’interface, où se combinent les
caractéristiques surfaciques des deux solides avec le milieu extérieur et donnant lieu à de
nouvelles caractéristiques propres à cette dernière.
Le choix des matériaux en contact mobile, leur traitement de surface, le choix des méthodes
de lubrification et des lubrifiants, constituent l’étude tribologique d’un mécanisme.

Le frottement transmet une force tangentielle à la surface de contact, dans un premier temps
les solides restent en immobilité relative, au-delà d’une certaine intensité de force, ils glissent.
Le glissement dissipe de l’énergie et use les surfaces. Selon les applications on cherche à
obtenir :
- Usure et frottement minimaux dans les paliers, engrenages, cames, glissières ;
- Usure minimale et frottement maximal dans les freins, embrayages, roues ;
- Usure maximale par les meules et les limes.
La lubrification a pour but de diminuer l’usure par la diminution du frottement, elle consiste à
interposer un troisième corps, fluide, poudre, ou autres entre les solides.

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2. Contact et surface

2.1 Structure d’une surface usinée


La surface d’un solide le sépare du
milieu ambiant. Elle est caractérisée
par sa structure physico-chimique et
par sa géométrie. Une surface usinée
est une zone complexe qui recouvre la
masse du solide comme une peau. Ses
propriétés, différentes de celles du
corps du solide, jouent un rôle
fondamental dans le comportement
tribologique d’un couple
cinématique.

On distingue quatre couches formant la surface d’une pièce métallique usinée :

 Le matériau de base au dessus duquel existe une zone rythmiquement sollicitée par les
contraintes extérieures et qui est en cours d’écrouissage ;
 En profondeur, une couche de métal est écrouie par les opérations de fabrication de la
pièce, que ce soit par formage, ou par enlèvement de copeaux. La structure cristalline
du métal de base y est fortement déformée. La couche est le siège de contraintes
résiduelles de compression.
 Sur la couche écrouie existe souvent une couche métallique amorphe, formée de
cristaux finement concassés, appelée couche de Beilby. Elle est produite par la fusion
du métal puis son auto-trempage par la masse froide voisine lors des opérations de
finition. Cette couche épaisse de quelques angströms, bouche les inégalités de
surface ;
 Les atomes à la surface extérieure possèdent des valences non saturées créant ainsi un
champ de forces électrostatiques qui peut s’exercer à plusieurs angströms de la
surface. Les gaz ou les liquides ambiants sont adsorbés et peuvent réagir avec le métal
pour former des oxydes ou y diffuser. L’adsorption d’huile ou de graisse joue un rôle
important en lubrification. La couche adsorbée est très tenace, elle isole le métal de
base de tout contact direct.

2.2 Défauts de surface


On sait que les côtes dimensionnelles des pièces sont sujettes à tolérances, mais les
surfaces proprement dites sont aussi affectées par des irrégularités qui jouent un grand rôle
dans le fonctionnement des mécanismes.
Les erreurs de forme ou erreurs macro-géométriques, dites de premier ordre,
proviennent des déformations de la pièce et de la machine-outil lors de l’usinage. Les
irrégularités du deuxième ordre consistent en ondulations régulières engendrées par des
vibrations de la pièce ou de la machine outil. A plus petite échelle, visible seulement à la
loupe ou au microscope, on rencontre la rugosité. Elle résulte de stries formées par l’avance
progressive de l’outil et d’aspérités se formant lors de l’arrachage de la matière par les outils.
Au-delà, on trouve encore la structure du grain des métaux.

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Erreurs de forme → 1ier ordre : planéité conicité, perpendicularité, etc.


2ième ordre : ondulations (vibrations) ;

Rugosité → 3ième ordre : stries (avance) ;


4ième ordre : aspérités (arrache) ;
5ième ordre : structure du grain ;

Matériau → 6ième ordre : structure cristalline.

Une surface réelle résulte de la superposition de la rugosité et des erreurs de forme (figure
ci-dessous)

Les rugosimètres permettent de mesurer la topographie de surface sur une certaine distance
normalisée. Un traitement mathématique convenable calcul les rugosités.

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2.3 Contacts des corps solides

2.3.1 Contact ponctuel ou linéique

Deux solides non-conformes se touchent apparemment en un point, ou selon une ligne de


contact. Si une force N est transmise de l’un à l’autre, on dit que la charge de contact est
ponctuelle dans le premier cas, linéique dans le second.
En réalité la pression est répartie selon un ellipsoïde (figure 2.3, a) tant que la déformation est
élastique la pression la plus élevée est concentrée au centre de la surface de contact pression
hertzienne po, appellation se rapportant au Physicien Henry HERTZ qui a fait l’étude du
contact non-conforme dans laquelle il a expliqué le comportement du matériau comprimé
sous la surface de contact. La contrainte de cisaillement maximale se trouve sous la surface
de contact à une profondeur c = 0,47a ; où a est le rayon du cercle de contact. Lorsque la
charge croît, les déformations et les contraintes augmentent, le métal entre en état de
plastification autour du point le plus sollicité.
Dans le second cas (Fig. 2.3), elle est linéique. La charge de contact se répartie le long de la
ligne de contact.

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2.3.2 Contacts surfaciques

Deux pièces conformes se touchent par une surface géométrique finie leur contact est dit
surfacique. L’aire A contenue dans le contour de contact apparent est appelée surface de
contact nominale ou apparente. La force normale d’appui étant N, on définit la pression de
contact nominale ou apparente par P :
N
P=
A

En agrandissant fortement la coupe de la surface de contact de deux surfaces (figure ci-


dessous), les surfaces présentent chacune des aspérités dont certaines touchent ponctuellement
la surface opposée (spot). L’aire de la surface de contact effective des aspérités est appelée
surface de contact réelle Ar. Elle est plus petite que la surface apparente la pression de contact
réelle Pr est beaucoup plus forte que la pression P.

Contact d’une aspérité


Une aspérité chargée par une force Ni subit
tout d’abord une déformation élastique, le
matériau subit ensuite une déformation
plastique et l’aspérité s’écrase en
agrandissant l’aire de contact. La surface
de contact de l’aspérité est :
Ni
A ri =
Pe
Où Pe : pression de plastification (aspérité complètement écrasée) ;
Pe 3Re (pour les métaux et une aspérité sphérique);
Et Re limite élastique du matériau.

En considérant l’ensemble de la surface apparente de contact, les pièces ne se touchent que


par les aspérités les plus élevées, les aspérités s’écrasent et les pièces se rapprochent au fur et
à mesure que la charge N augmente (la surface comprend des aspérités en déformation
plastique et d’autre en état de déformation élastique). L’augmentation de la surface de contact
réelle avec la charge est due à l’accroissement du nombre de points de contacts, Puisque :
N
N = Ni et l’aire de contact réelle Ar = P e
A charge égale les déformations sont plus petites pour un métal dur que pour un métal mou.

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3. Frottement à sec
3.1 Force de frottement
En appliquant une force tangentielle parallèle à la surface de contact, la pièce 2 ne bouge pas,
il existe donc une force F- appliquée par 1 à 2 qui s’oppose à T. ce phénomène qui s’oppose
au glissement relatif est le frottement.
«  Le frottement est un phénomène à la surface d’un corps qui empêche le glissement sur un
autre corps (frottement statique) ou qui dissipe de l’énergie mécanique en cas de glissement
(frottement dynamique) ».

Le frottement provoque l’élévation de température ponctuelle susceptible d’entraîner des


altérations ou des destructions superficielles irréversibles.
Le coefficient de frottement f est le rapport de la force tangentielle de frottement lorsque les
pièces glissent, à la force normale qui les appliquent l’une sur l’autre.
Le coefficient de frottement de glissement à sec est relativement élevé, sa valeur est accrue
par l’imperfection de réalisation pratique des surfaces.

Coefficient de frottement
L’angle de frottement  indique l’inclinaison de la résultante par rapport à la normale à la
surface, il définit le coefficient de frottement f du couple tribologique :

T
f= N  
T Où f : coefficient de frottement ;
ϕ=arctg et f =tg ϕ T : force tangentielle ;
N N : force normale au mouvement.
Les phénomènes qui s’opposent au glissement sont :
 Adhérence  (a): deux matériaux dont les surfaces sont absolument pures adhèrent l’un
à l’autre, il faut une certaine force de traction pour les séparer. Il existe des liaisons
appelées jonctions (jonctions adhésives) ; la présence d’électrons à la surface libre
crée un champ électrostatique. Etant donné que les surfaces sont toujours polluées par
des oxydes, de la vapeur d’eau adsorbée, par des résidus. Cette contamination
empêche l’adhérence ;

 Le labourage (b): un enfoncement il y a émergence de l’aspérité tout


statique d’aspérité dure dans un en déplaçant la matière ;
métal mou, au premier mouvement,

 La déformation (c): la déformation des aspérités moins dures sous l’effet de charge.

La force de frottement résultante est : F = Fadh + Flab + Fdéf + …

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