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Mécanique des Sols I Mr A.

BELHACENE

INTRODUCTION :

Quelque soit l’utilisation envisagée d’un sol, il est important de connaitre sa nature, sa
composition et répartition des grains de différentes tailles qui le composent. Les essais qui
conduisent à cette étude portent le nom d’ESSAIS D’IDENTIFICATION.

L’objectif de ce chapitre est d’introduire des paramètres d’état et d’identification menant à


la classification géotechnique des sols.

En particulier les paramètres d’état (caractéristiques physiques et mécaniques des sols)


serviront par la suite à expliquer le compactage des sols et à décrire leurs comportements
hydrauliques et mécaniques. Ces paramètres permettront également d’expliquer des
phénomènes tels que le tassement et la consolidation.

PROPRIETES CARACTERISTIQUES DES SOLS :

On a vu que le sol était un ensemble de 3 phases : solide, liquide, gaz. Aussi est-il important
de définir un certain nombre de caractéristiques physiques qui permettent de préciser
l’importance de ces différentes phases par rapport à l’ensemble. Ces caractéristiques seront
très utiles pour la description des échantillons remaniés et non remaniés ainsi que pour
l’évaluation des contraintes au sein des massifs. Les caractéristiques granulométriques et
l’état de consistance seront employés pour classer les sols dans le cadre de la classification
géotechnique.

DEFINITION :

En mécanique des sols, on entend par le vocable sol, tous les matériaux qui se trouvent à la
surface de l’écorce terrestre ex : Sables ; Graviers ; cailloux ; argiles etc…

COMPOSITION : un sol est un complexe de 03 phases :

►Une phase gazeuse généralement de l’air ►Air

►Une phase liquide (eau) ● SOL ► Eau

►Une phase solide (grains) ►Squelette solide (grains minéraux)

Phase gazeuse :

D’une façon générale, le gaz contenu dans les vides entre les particules est de l’air lorsque le
sol est sec ou un mélange d’air et de vapeur d’eau lorsque le sol est humide.

Phase liquide :

Les sols sont perméables et dans la plupart des cas ils ne sont pas saturés.

Il y a lieu de distinguer plusieurs catégories d’eau dans un sol à grains très fins :

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►L’eau structurelle ou de constitution : qui entre dans la composition des cristaux et fait
partie intégrante du solide.

►L’eau adsorbée ou liée : qui constitue un film visqueux autour de chaque grain, son role
est très important pour la cohésion. Elle n’est pas mobile et ne s’évacue qu’à des
températures très élevées (< 300°).

►L’eau interstitielle : qui peut être soit l’eau libre, soit l’eau capillaire ;

L’eau interstitielle est sous forme d’eau libre lorsque le sol est saturé et baigne
complètement dans une nappe, elle est libre de circuler entre les grains et est soumise aux
lois des écoulements hydrauliques.

L’eau interstitielle est sous forme d’eau capillaire qui est une partie de l’eau libre et qui
remonte par le phénomène de capillarité entre les grains et au-dessus de la nappe. L’eau
interstitielle s’évapore complètement si l’échantillon de sol est porté à une température
supérieure à 100 °C. (Voir figue 01 Chapitre I)

Phase solide :

►Les grains siliceux :

Il s’agit de grains de quartz (silice pratiquement pure), transparents, durs, de forme plus au
moins anguleuse, dont la dimension est en général supérieur à 2 μ. La silice étant
électriquement neutre, il ne se développe aucune de force de nature ionique.

►Les grains argileux :

Il s’agit de grains de petites tailles ( < 2μ) de composition chimique complexe, généralement
des Aluminos silicates hydratés.

Les particules argileuses sont caractérisées par une dimension très faible, une forme aplatie
(feuillets ou paillettes), une coquille d’eau adsorbée autour des particules (molécules d’eau
subissant de fortes attraction ioniques de la part des grains) , d’importance forces
d’attraction entre les particules (origine électrostatique) et un squelette dans lequel les vides
occupent souvent un vide bien supérieur à celui des grains siliceux (structure alvéolaire ou
en châteaux de cartes).

►Les grains d’origine organique :

Le squelette solide peut être également constituée de particules de matières organiques


(présence de terre végétale ou de l’humus) de forme et de dimensions très variables (tourbe
–vase)

Pour un sol organique la phase solide est composée d’une partie minérale et une partie
organique.

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CARACTERISTIQUES PHYSIQUES : définitions, notations :

En résumé, un sol consiste en une masse de particules solides séparées par des espaces ou
des vides. Une section à travers un sol grenu est schématisée par la figure (a).

Pour étudier les propriétés d’un sol donné, il est avantageux et nécessaire d’adopter une
forme idéalisée (modèle d’étude) représenté sur la figure ©.

a) Forme réelle b) Forme idéalisée

c) Forme idéalisée d’un sol (modèle d’étude)

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En se référant au modèle d’étude ou la forme idéalisée, on remarque que :

► Le sol a un volume total Vt ou V = Va + Vw + VS

►Le volume des grains solides est de VS

►Le volume restant étant = Vt – VS = Va + VW = VV = Volume des vides.

Numériquement, la composition de phases d’un sol peut être caractérisée par les volumes
relatifs des 3 phases, on parle de :

►% en volume de la phase solide ● s = (VS /Vt)×100 [%] ;

►% en volume de la phase gazeuse ● g= (Vg/Vt) ×100 [%] ; s [%] + g[%] +m[%]=100

►% en volume de la phase liquide ●m = (Vw /Vt)×100 [%] .

►Indice des vides (notation e) :

Par définition ●e= Volume des vides/ Volume des grains solides= VV /VS

0<e<

►La porosité notation (notation n) :

Par définition : ● n= Volume des vides / Volumes total = VV /Vt = e/(1+e)

Par inspection de la figure, on remarque que 0 ≤ n ≤ 1

Il faut noter que les 2 termes (porosité et indice des vides) sont utilisés pour décrire
numériquement la même quantité, voir, le volume relatif des vides dans le sol.

►Teneur en eau notation (notation w) :

C’est le rapport du poids ou masse d’eau contenue dans l’échantillon de sol au poids ou
masse du sol sec :

● w = pds ou masse d’eau/ pds ou masse de sol sec= WW/WS .

►Degré de saturation (notation Sr) :

Le degré de saturation représente le % d’occupation des vides par l’eau.

Le degré de saturation est Sr = Volume de l’eau/Volume des vides=( Vw/VV )×100 [%]

Les vides d’un sol (VV = Va + Vw) peuvent être soit remplis d’air ou d’eau ou d’air et d’eau
simultanément :

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●Si VV = Va le sol est sec présence d’air seulement Vw = 0 et ► Sr = 0 [%]

●Si VV = Va + Vw le sol est humide, partiellement saturé ou partiellement sec ► 0<Sr<100 %

●Si VV = Vw le sol est saturé ; les vides sont remplis par de l’eau et ►Sr= 100[%]

a) Sol sec (Sr=0) b) Sol saturé (Sr=1) c) Sol humide (0˂Sr˂1)

►Teneur en air (notation wa) : Par définition la teneur en air

wa = Volume d’air contenu dans le sol / Volume total du sol = Wa = Va / Vt

►Densité :

La densité d’un matériau est le rapport du poids ou masse d’un certain volume de ce
matériau au poids ou à la masse du même volume d’eau.

En mécanique des sols, la densité la plus importante est la densité des grains solides ou
densité spécifique notée GS.

En se référant aux notations précédentes ; GS = Ws /Vs.γw

Poids volumique de l’eau ; pds des grains solides ; volume des grains solides

Généralement :

●Les sables ont un GS moyen de 2.65

●Les argiles ont un GS moyen de 2.75

●Les sols organiques ont un 1.3 <GS < 2.7

►Poids volumiques et densités :

Poids par unité de volume. En mécanique des sols, les poids volumiques les plus importants
sont les suivants :

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●Poids volumique humide ou apparent notation γh :

γh =
é
é

. . . .
γh .

●Poids volumique saturé :

γsat=
é
Sr=100% = .

●Poids volumique sec :

γd= = sr =0% γd = .

●Poids volumique déjaugé (cas des sols saturés) :

Quand un sol baigne dans un sol, on parle de poids volumique déjaugé. Il caractérise un sol
plongé dans une nappe d’eau et par conséquent soumis à la poussée d’Archimède.

γ' = γsat - γw
Poids volumique déjaugé= poids volumique saturé – poids volumique de l’eau

Poids effectif du sol = Poids du sol saturé – poids de l’eau déplacée

(le fait d’enlever l’effet mécanique de l’eau)

γ' = .
1
- γw =
●Poids volumique des grains solides :

γs= =

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●Poids volumique de l’eau :

γw=10 KN/m3 si g=10m/s2 à t=4°C, γw = 1g/cm3 varie légèrement avec la température


= 9.81 KN/m3 si g=9.81m/s2

=103 Kg/m3

Densités correspondantes :

●Densité humide :

► = Car ● γh= γw.

●Densité saturée

► = 1
car ● γsat= γw.

●Densité sèche :

► = car ● γd= γw.

●Densité déjaugée :

► = car ● γ’= γw.

●Densité des grains solides :

► GS =

Les sols se composent en général d’oxydes dont la silice (SIO2) et d’alumine (Al2O3) sont les
constituants essentiels (plus de 70%).

Les éléments Si et Al ayant des masses atomiques voisines (colonnes 13 et 14 de la


classification de Mendeliev), le poids volumiques des grains solides varie donc dans des
limites assez faibles :

25.5 KN/m3< γS <28.5

Donc : 2.55 < GS < 2.85

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Relations entre les paramètres pondéraux :

Soient Vt ou V : Le volume total de l’échantillon de sol

VS le volume occupé par les grains solides

VW Le volume occupé par l’eau ; Va le volume occupé par l’air

VV le volume des vides= VW + Va

Avec : ► V ou Vt = VS + VW + Va = VS + VV (1)

La section étant l’unité, les volumes sont représentés par les hauteurs respectives occupées
par chaque élément composant le sol.

De même, on appellera :

Ws poids des grains solides contenu dans le volume Vt

WW poids de l’eau et Wa étant le poids de l’air qui est toujours négligé.

Le poids total de l’échantillon est : ► Wt = W W + W S (2)

Les essais de laboratoire fournissent :

►La teneur en eau naturelle de l’échantillon de sol :

► w= (3)

A noter: Au laboratoire et par convention, WS sera le poids du sol après un passage à l’étuve
à 105°C, pendant 24 heures.

►Le poids volumique apparent ou humide :

► γh= (4)

Le volume de l’échantillon est expérimentalement obtenu par l’une des techniques


suivantes :

Pesée hydrostatique ; Immersion dans du mercure ; Utilisation d’un sable calibré ; Forme
régulière de l’échantillon (carotte cylindrique) ; Densitomètre à membrane.

►Poids spécifique des grains solides :

► γs= (5)

Obtenu par pycnomètre ou à l’aide de 3 ou 4 pesées au laboratoire


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►Calcul du poids spécifique sec :

γd= de l’équation (4), on aura γh= [1+ ]

► γh = γd(1+w) (6)

►Calcul de l’indice des vides :

e= = = c.à.d ► e= (7)

►Calcul de la porosité :

n= = En divisant par VS , on aura ► n= (8)

On peut également montrer que ► n= (9)

►Teneur en eau de saturation :

wsat = = Comme Va=0 wsat= ce qui nous donne


.

► wsat = γw [ - ] (10)

►Degré de saturation :

Sr= = × = par conséquent ► Sr = (11)

►Poids spécifique saturé :

L’équation (6) c.à.d γh = γd(1+w) donne ► γsat = γd(1+wsat) (12)

C'est-à-dire γsat = γd(1+Eq.10) Ce qui donne ► γsat = γd(1- ) + γw (13)

►Poids spécifique immergé : γ' = γsat - γw=(13)- γw

Nous aurons donc ► γ’ = γd(1- ) (14)

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Pour Gs=2.65 l’équation 14 devient γ’ = 0.62×γd


On pourra également montrer que :

► γ' = γsat - γw= γ' = (γs - γw)(1-n) (15)

Relations entre e,w et GS :

●Cas d’un sol par ellement saturé :

w= = = =

► e= (16)

●Cas d’un sol saturé :

Sr = 100% Ce qui donne ► e = w×Gs (17)

Relation entre teneur en air wa , porosité n et degré de saturation Sr :

Wa= = = (en divisant par Vv) = = = n(1-Sr)

► wa = n(1-Sr) (18)

Relation entre densité sèche, teneur en air, teneur en eau et densité des grains solides :

On montre que (voir exercice de TD) :

► = (19)

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ESSAIS IDENTIFICATION ET CLASSIFICATION DES SOLS :

Il est habituel de classer les sols en les identifiant à l’aide de 3 essais relativement simples à
réaliser. C’est un moyen de dénomination pour avoir une idée sur le comportement probable
d’un sol donné à partir de sa description. Ces essais sont :

►ANALYSE GRANULOMETRIQUE.

►LIMITES D’ATTERBERG Wl ET Wp.

►EQUIVALENT DE SABLE.

ANALYSE GRANULOMETRIQUE :

Le squelette solide d’un sol est formé de particules de dimensions très variables pouvant aller
de quelques centimètres au micron.

L’étude granulométrique consiste à déterminer les proportions relatives pondérales des


différentes fractions granulométriques c'est-à-dire déterminer la distribution de ces particules
en mesurant par pesée l’importance relative des différentes dimensions des grains. Cette
analyse se fait par tamisage pour les sols ayant des grains de diamètre supérieur à 80µm et par
sédimentométrie pour les particules de dimensions inférieures.

Les résultats obtenus sont représentés sur une courbe appelée : COURBE
GRANULOMETRIQUE qui donne la répartition de la dimension moyenne des grains,
exprimée sous forme de pourcentage du poids total du matériau.

TAMISAGE :

L’analyse granulométrique d’un sol jusqu’au diamètre de 80 µm se fait en utilisant une série
de tamis comme montré sur les photos qui suivent.

Par définition : le diamètre d’un grain de sol est égal au côté de la maille carrée du plus petit
tamis par lequel il a pu passer lors de l’essai de tamisage (ouverture intérieure du plus petit
tamis le laissant passer).

On appelle tamisât le % en poids des grains qui passe au travers d’un tamis considéré et on
appelle refus le % qui refuse de passer au travers du tamis considéré, en d’autres termes, la
quantité de matériau retenue par un tamis ou passoire lors de l’essai de tamisage s’appelle
refus et celle qui passe tamisât ou passant voir figures.

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SEDIMENTOMETRIE :

Lorsque le tamisage n’est plus possible c.à.d lorsque les dimensions des particules sont
inférieures à 80 µm, on a recours à la sédimentométrie.

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L’essai consiste à laisser une suspension de sol se déposer au fond d’une éprouvette pleine
d’eau. Plus les grains sont fins, plus la vitesse de décantation est lente conformément à la loi
de Navier Stokes sur la vitesse de chute de billes sphériques dans l’eau. La mesure de la
densité de la suspension à des intervalles de temps variables permet de calculer la proportion
des grains de chaque diamètre.

Cette analyse est basée sur la mesure de la vitesse de chute ou vitesse de décantation des
grains dans un liquide visqueux. Les grains sont supposés être sphériques. La méthode est
basée sur la méthode de STOKES qui donne la vitesse de chute d’une particule supposée
sphérique décantant dans un liquide visqueux en fonction du diamètre de la particule.

En considérant l’équilibre de la particule solide dans le liquide visqueux (eau) sous l’effet des
forces suivantes :

Ps : Poids de la particule solide de diamètre d et de poids volumique γs.

Pa : Poussée d’ARCHIMEDE.

Fr : Force de frottement.

On démontre que :

18η

V : étant la vitesse de chute ou de décantation de la particule [m/s].

γs : poids volumique de la particule solide [kN/m3].

γw : Poids volumique de l’eau en [kN/m3].

η: Viscosité du liquide =f(t) [Pa.s].

Pour t=20c° η=1.002.10-3 Pa.s

D étant le diamètre du grain solide en [m].

La méthode consiste à mesurer à différentes époques à l’aide d’un densimètre la densité de la


suspension du sol.

On opère sur une suspension initialement homogène, la chute ou la décantation des particules
détruit cette homogénéité et à l’instant donné t après le début de l’expérience, la densité de la
suspension n’est plus constante, elle varie en fonction de la profondeur. On mesure donc avec
un densimètre une densité moyenne qui est égale à la densité de la suspension à la profondeur
H du centre de gravité du bulbe du densimètre. Les particules qui, à l’instant initial étaient en
surface et qui, à l’instant t sont à la profondeur H, ont décanté avec une vitesse V = H/t

(vitesse expérimentale) qui est égale à celle donnée théoriquement par la loi de STOKES, on
aura ainsi :

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.ƞ.
► Déq=

H [m] et t[s].
On peut calculer à partir des mesures des densités le % y en poids de sol sec des particules de
dimensions inférieures ou égales à d. On montre que :

.
► Y [%] =100× .

V étant le volume de la suspension [m3]. ; WS le poids de sol sec contenu dans la


suspension [N].; r étant la densité de la suspension à l’instant t et à la profondeur H. A
l’instant t donc, on mesure la densité à la profondeur H, on peut donc calculer Déq et Y et on a
ainsi déterminé le % d’un ensemble de particules qui ont le même diamètre.

COURBE GRANULOMETRIQUE:

Afin de caractériser et d’identifier les particules des différentes dimensions, le Suédois


ATTERBERG a proposé la classification suivante :

DESIGNATIONS DIAMETRES
►Enrochements Plus de 200mm
►Cailloux 200mm à 20mm
►Graviers 20mm à 2mm
►Sable Gros 2mm à 0.2mm
►Sable fin 0.2mm à 0.02mm
►Limons 20µ à 2µ
►Argile 2µ à 0.2µ
►Ultrargile Moins de 0.2µ

En se basant sur cette classification et à partir de l’essai granulométrique (tamisage et


sédimentométrie), on peut exprimer la granularité par une courbe granulométrique qui donne
la répartition de la dimension moyenne des grains, exprimée sous forme de pourcentage du
poids total du matériau. Elle est tracée en diagramme semi-logarithmique avec :

●en abscisse, le logarithme de la dimension des ouvertures des tamis ;

●en ordonnée, le % en poids total des tamisas cumulés(ou des refus cumulés).

(Voir illustration sur la figure jointe).

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A partir de la courbe granulométrique, on peut définir un certain nombre de paramètres qui


sont :

Coefficient d’uniformité et coefficient de courbure d’une courbe granulométrique :

La forme de la courbe granulométrique permet de préciser le degré d’étalement de la


granulométrie ou encore son uniformité. Cette uniformité est exprimée par le coefficient
d’uniformité ou coefficient de HAZEN Cu défini par le rapport : ► Cu = d60 /d10

dy: étant la dimension du tamis correspondant à y% de passants.

Ce coefficient est donc immédiatement calculé à partir de la courbe granulométrique.

●Si Cu est inférieur à 2, on dit que la granulométrie est uniforme ou serrée,

●Si Cu est supérieur à 2, la granulométrie est étalée.

On définit également le coefficient de courbure : ● Cc =


.

On dit qu’un sol bien gradué si Cc est compris entre 1 et 3.

►La granulométrie permet une première division des sols en 2 grandes classes :

●Les matériaux pulvérulents : ayant un diamètre moyen supérieur à 20µ (cas des sables fins
ou gros, graviers, cailloux)

●Les matériaux cohérents : ayant un diamètre moyen inférieur à 20µ (cas des limons et
argiles)

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Il faut noter qu’on rencontre souvent des sols dont la courbe granulométrique recouvre les 2
domaines précédents. Les sols réels sont des mélanges de matériaux pulvérulents et cohérents.
Dans ce cas, on peut dire qu’il ya 2 types de sols :

►Sols fins : Si 50 % en poids ont un diamètre inférieur à 80µ (0.08mm).

►Sols grenus : Si 50 % en poids ont un diamètre supérieur à 80µ.

INTERETS D’UNE COURBE GRANULOMETRIQUE :

●GRANULOMETRIE ET FILTRES

●GRANULOMETRIE ET APTITUDE D’UN SOL AU COMPACTAGE

●GRANULOMETRIE ET PERMEABILITE

●GRANULOMETRIE ET LIQUEFACTION (cas de séismes par exemple)

CARACTERISTIQUES ET ESSAIS PROPRES AUX SOLS FINS :

●LIMITES D’ATTERBERG :

Les propriétés des sols grenus dépendent avant tout de la dimension des grains solides et de
leur état de compacité (état lâche ou serré), leur comportement est analogue à celui des
agrégats dans le béton. Par contre, le comportement des sols fins est avant tout fonction de
leur composition minéralogique, de leur teneur en eau et de leur structure. En fonction de la
teneur en eau qu’il contient, un sol peut fin peut se présenter sous 4 états différents :

Etat liquide : le sol est gorgé d’eau, il ne résiste à aucun effort de cisaillement,

Etat plastique : le sol contient beaucoup moins d’eau, des tensions capillaires apparaissent qui
rapprochent les grains. Il présente une certaine résistance au cisaillement,

Etat solide avec retrait : la déformabilité du sol est beaucoup plus faible ; soumis à une
dessiccation, on peut observer un retrait appréciable,

Etat solide sans retrait : pas de retrait lors de la dessiccation.

Définitions :

Par définition les limites d’Atterberg sont des constantes physiques conventionnelles qui
marquent lev passage d’un état à un autre.

Limite de liquidité Wl : C’est la teneur en eau qui marque le passage de l’état liquide à l’état
plastique.

Limite de plasticité Wp : C’est la teneur en eau qui marque le passage de l’état plastique à
l’état solide avec retrait.

Limite de retrait WR : C’est la teneur en eau qui marque le passage de l’état solide avec retrait
à l’état solide sans retrait. Cette limite est toutefois très peu utilisée en pratique.
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Mesure de Wl et Wp : Les essais concernant les limites d’Atterberg sont effectués sur la
fraction de sol passant au tamis de 0.4 mm.

Détermination de WL : Coupelle de Casagrande :

On prélève environ 100g de sol étuvé auquel on ajoute une certaine quantité d’eau en
malaxant fortement de manière à obtenir une pate homogène et presque fluide. L’échantillon
ainsi obtenu est placé dans une coupelle (COUPELLE DE CASAGRANDE) puis séparé en
deux parties à l’aide d’un outil à rainure voir figure).

On soumet ensuite la coupelle à une série de chocs réguliers, la hauteur de chute étant égale à
10mm. Par définition, la limite de liquidité correspond à la teneur en eau pour laquelle la
rainure se referme sur environ 1cm pour 25 chocs imprimés à la coupelle.

Il existe une relation linéaire en échelle semi-logarithmique entre la teneur en eau et le


nombre de chocs lorsque ce dernier est compris entre 15 et 35.

En pratique, on réalise donc une série d’essais à différentes teneur en eau de telle sorte que la
rainure se referme sur 1 cm pour un nombre de chocs compris entre les limites données ci-
dessus. Pour chaque essai on détermine la teneur en eau. On trace la droite teneur en eau en
fonction du nombre de coups et la limite de liquidité est l’ordonnée du point d’abscisse N=25
voir figure suivante :
Chapitre II : Identification des Sols 2eme Année Génie Civil
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On peut également utiliser la formule approchée suivante :

WL = w.(N /2)0.121

N étant le nombre de chocs compris entre 15 et 35, w étant la teneur pour laquelle la rainure
s’est refermée sur 1cm.

Un seul essai est alors nécessaire pour déterminer WL , mais la précision est moindre.

Il faut également noter qu’il existe 2 types de coupelles, l’une à paroi lisse, l’autre à paroi
rugueuse. En effet, la fermeture de la rainure doit se produire par affaissement du sol et non
par glissement. Pour pallier une fermeture par glissement, on utilisera donc la coupelle
rugueuse.

Exemple 1 : Détermination de la limite de liquidité : méthode de la coupelle de Casagrande

Echantillon 1 Echantillon 2 Echantillon 3 Echantillon 4


Nombre de coups 23 35 18 19
Teneur en eau 35.2 34.5 38.26 37.30

On détermine graphiquement que la limite de liquidité WL, correspondant à un nombre de


coups égal à 25, est de 35.01%.

La limite de liquidité déterminée au pénétromètre a cône WL est par convention la teneur en


eau pondérale du sol pour laquelle le cône s’enfonce de 17 mm.

Exemple 2 : Détermination de la limite de liquidité : méthode du pénétromètre à cône

Echantillon 1 Echantillon 2 Echantillon 3 Echantillon 4


Enfoncement (mm) 14.17 11.72 19.15 15.55
Teneur en eau (%) 33.2 31.7 34.6 36.8

On détermine graphiquement que la limite de liquidité WL, correspondant à un enfoncement


du cône à 17 mm, est de 36 %.

Détermination de la limite de plasticité WP : Confection d’un rouleau

La détermination de WP se fait sur la même pate que celle utilisée pour la détermination de
WL. La teneur en eau est ramenée à une valeur plus faible par malaxage. On roule ensuite
l’échantillon de manière à obtenir un cylindre qu’on amincit progressivement. Par définition
la limite de plasticité WP est, par convention, la teneur en eau pour laquelle un rouleau de sol
de 3 mm diamètre et de 100 mm de longueur se fissure ou s’émiette voir figure :

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Grandeurs issues des limites d’Atterberg :

Indice de plasticité IP : Il marque l’étendue du domaine plastique et s’exprime par la relation

IP = WL - WP

Il caractérise la largeur de la zone ou le sol étudié a un comportement plastique. Un sol, dont


IP grand est très sensible aux conditions atmosphériques. Il précise aussi les risques de
déformation du matériau.

Indice de plasticité Ip 0 ↔ 5 5 ↔ 15 15 ↔ 40 40…………


Etat du sol non plastiques peu plastiques peu plastiques Très plastiques
►Etat du sol en fonction de l’indice de plasticité Ip.

Indice de consistance IC :

La comparaison de la teneur en eau naturelle w d’un sol et des limites d’Atterberg permet de
se faire une idée de l’état d’une argile qu’on peut caractériser par son indice de consistance :

● IC = =

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Ic ≤ 0 le sol a l’aspect de la boue (sa teneur en eau naturelle est supérieure à la limite de
liquidité).

IC ≥ 1 le sol est voisin de l’état solide.

Indice de consistance Ic Ic < 1 0 < Ic < 1 Ic < 0


Etat physique du sol Solide Plastique Liquide

Ic <0 0-0.25 0.25-0.5 0.5-0.75 0.75-1.0 Sup.1


Consistance Liquide Très molle Molle Ferme Très ferme Dure
►Etat du sol en fonction de l’indice de consistance.

Chapitre II : Identification des Sols 2eme Année Génie Civil


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●ESSAI D’EQIVALENT DE SABLE: Cas des sols grenus pollués de particules d’argile ou
de limon)

►L’essai d’équivalent de sable permet de déterminer dans un sol la proportion relative de sol
fin et de sol grenu. Cet essai est important, car la présence d’éléments fins peut modifier le
comportement de ces sols. En particulier la présence des particules argileuses dans le sable
d’un mortier ou béton, en abaissant l’adhérence pate de ciment/granulats, est défavorable à la
mise en œuvre et aux performances finales du béton ou mortier (microfissuration).

►Cet essai est destiné à déterminer la proportion relative de fines dans la fraction d’éléments
inférieures à 5 mm. Son domaine d’application s’étend aux sols faiblement plastiques pour
lesquels l’indice de plasticité est trop faible pour être significatif (Ip < 7).

►L’essai consiste à placer l’échantillon de sol dans une éprouvette contenant de l’eau et une
solution lavante destinée à disperser les particules fines et à secouer l’ensemble. Il se forme
un dépôt solide au fond de l’éprouvette et un floculat (particules fines en suspension).On fait
les mesures visuellement ou à l’aide d’un piston, voir figure suivante.

►La valeur de l’équivalent de sable Es est le rapport multiplié par 100, de la hauteur de la
partie sableuse sédimentée h2 , à la hauteur totale du floculat et de la partie sableuse
sédimentée h1 .

● Esv(visuel)= 100.(h’2/h1) ● Es(piston)= 100.(h2/h1).

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Indice de densité ou densité relative :

Pour caractériser l’état de densité d’un dépôt de sol pulvérulent (type gravier ou sable), on est
amené à calculer son indice de densité (ID ou Dr) :

●ID = . 100

emin: Indice des vides dans l’état le plus compact, dense ou serré

emax : Indice des vides dans l’état le moins compact, le plus lâche.

e: Indice des vides naturel ou in-situ.

Le tableau suivant précise l’état de compacité des sols pulvérulents en fonction de leur indice
de densité.

ID 0-15 15-35 35-65 65-85 85-100


Etat de compacité du Très peu Peu Compacité Compact Très
sol grenu compact compact moyenne compact
Application :

●Un échantillon de sol a été prélevé par carottage d’un dépôt naturel. Le volume de la carotte
cylindrique était de 478ml ; la masse de l’échantillon était de 884g. Après passage à l’étuve
celle-ci est ramenée à 830g. Le volume de l’échantillon sec après un compactage serré dans
un récipient cylindrique gradué est de 418ml et son volume après avoir été versé d’une
manière lâche dans le même cylindre est de 616ml. La densité des grains solides de
l’échantillon est de Gs=2.67, on vous demande de déterminer son indice de densité et son
degré de saturation.

●Une couche de sable de 3.60m d’épaisseur a un indice de densité de ID1=0.28. L’indice des
vides maximal est de 0.92 et le minimal est de 0.39.

Par compactage en masse du matériau, on obtient un accroissement de l’indice de densité qui


atteint ID2=0.80. On demande calculer de combien s’est tassée, par compactage, la surface de
la couche de sable.

Classification des sols :


Un système de classification a pour objectif de regrouper les sols en des catégories ayant des
caractéristiques identiques ou rapprochées. La plus ancienne parait celle proposée par
Atterberg 1905, et adaptée par la suite dans la classification USCS (Unified Soil
Classification System). La classification française proposée par le Laboratoire Central des
Ponts et Chaussées (L.C.P.C) s’inspire de la classification U.S.C.S et ne diffère d’elle que
dans certains détails.
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La classification L.C.P.C est basée sur la courbe granulométrique, les limites d’Atterberg, la
teneur en matières organiques et sur des observations sur échantillons (couleur, odeur,….)

Cette classification comporte 8 classes pour les sols grenus, 8 pour les sols fins et 6 pour les
sols organiques comme montré sur le tableau joint ci-dessous.

L’abaque de la figure, appelé diagramme de plasticité de Casagrande sert à classer les sols
fins en fonction de Wl (limite de liquidité) et Ip (indice de plasticité=Wl-Wp).

Cette classification permet de classer le sol étudié en lui attribuant le symbole de la classe à
laquelle il appartient.

Le sol organique est connu par son odeur, sa couleur et par la présence de fibres noires. La
teneur en matière organique Mo est exprimée par le rapport du poids de la matière organique
sèche au poids total de la matière sèche.

Le test d’humidification mentionné dans la classification, permet d’estimer le degré de


décomposition des matières organiques dans le sol. L’essai consiste à comprimer l’échantillon
organique et d’observer le liquide qui en sort (couleur, nature).

Notons enfin qu’il existe de logiciels de classification (SOILCLASS) qui permettent d’une
manière très pratique de classer un sol à partir de sa courbe granulométrique et ses limites
d’Atterberg, selon le système U.S.C.S ou A.A.S.H.T.O, ainsi que de décrire ses propriétés
physique en vue de son utilisation dans les projets.

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Abaque de plasticité de Casagrande (sols fins)


A

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