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Université Sultan Moulay Slimane ENSA de Béni-Mellal Département de

Mathématiques appliquées Année universitaire 2020/2021

Polynômes
Mostafa Jourhmane

α alpha β beta
γ gamma δ delta
 epsilon θ theta
λ lambda µ mu
ρ rho σ sigma
Les lettres grecques
Pour P ∈ C[X] de degré n ≥ 1
P (X) = λ(X − α1 )k1 (X − α2 )k2 ....(X − αm )km
avec les complexes α1 , α2 , ..., αm sont deux à deux distincts et les exposants k1 , k2 , ..., km sont des entiers
naturels non nuls (k1 + k2 + ... + km = n).

Pour P ∈ R[X] de degré n ≥ 1


P (X) = λ(X − α1 )k1 ....(X − αm )km (X 2 − s1 X + p1 )l1 ....(X 2 − sr X + pr )lr
avec les facteurs réels (X 2 −si X +pi ) sont deux à deux distincts avec s2i −4pi < 0 et les réels α1 , α2 , ..., αm
sont deux à deux dstincts et les exposants k1 , k2 , ..., km et l1 , ..., lr sont des entiers naturels non nuls
(k1 + k2 + ...km + 2(l1 + ..., lr ) = n).

Soient K = Q, R, C.

Définition
Un polynôme à coeffcients dans K est une expression de la forme
P (X) = an X n + an−1 X n−1 + ... + a2 X 2 + a1 X + a0
avec n ∈ N et {a0 , ..., an } ⊂ K.
les ai sont appelés les coefficients du polynôme.
- Si tous les coefficients ai sont nuls, P est le polynôme nul, il est noté 0.
- L’ensemble des
P polynômes est noté K[X] ou P[X].
Soit P (X) = ni=0 ai X i
- Le degré de P est le plus grand entier i tel que ai 6= 0, on le note degP .
- Un polynôme de la forme P = a0 avec a0 ∈ K, est appelé un polynôme constant. Si a0 6= 0, son degré
est 0.
- Le degré du polynôme nul est par convention −∞.

Exemples
- X 3 + 5X − 13 est de degré 3.
- X n − 1 est de degré n.
- ln(3) est un polynôme constant, de degré 0.

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Egalité

P (X) = an X n + an−1 X n−1 ... + a2 X 2 + a1 X + a0

Q(X) = bn X n + bn−1 X n−1 ... + b2 X 2 + b1 X + b0


- P = Q ssi ai = bi pour tout i.

Addition

(P + Q)(X) = (an + bn )X n + (an−1 + bn−1 )X n−1 ... + (a2 + b2 )X 2 + (a1 + b1 )X + (a0 + b0 )

Multiplication

P (X) = an X n + an−1 X n−1 ... + a2 X 2 + a1 X + a0

Q(X) = bm X m + bm−1 X m−1 ... + b2 X 2 + b1 X + b0


- P Q(X) = cr X r + cr−1 r−1 2
PX ... + c2 X + c1 X + c0
avec r = n + m, ck = i+j=k ai bj pour k ∈ [[0, r]].

Multiplication par un scalaire

Soit α ∈ K, αP est le polynôme dont le i-ème coefficient est αai .

Exemple

P = aX 3 + bX 2 + cX + d, Q = αX 2 + βX + γ.
P + Q = aX 3 + (b + α)X 2 + (c + β)X + d + γ.

P Q = aαX 5 + (aβ + bα)X 4 + (aγ + bβ + cα)X 3 + (bγ + cβ + dα)X 2 + (cγ + dβ)X + dγ.
- P = Q ssi a = 0, b = α, c = β et d = γ.

Proposition

- 0 + P = P, P + Q = Q + P , (P + Q) + R = P + (Q + R).
- 1.P = P, P.Q = Q.P , (P.Q).R = P.(Q.R).
- P.(Q + R) = P.Q + P.R.

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Proposition

deg(P.Q) = degP + degQ


deg(P + Q) ≤ max(degP, degQ)
Pn [X] = Rn [X] = {P ∈ R[X] | degP ≤ n}

Défintion
Soit P = an X n + an−1 X n−1 + ... + a1 X + a0 avec an 6= 0.
- ak X k est un monôme
- an X n est le terme dominant
- an est le coefficient dominant
- Si an = 1, P est un polynôme unitaire

Exemple

P (X) = (X − 1)(X n + X n−1 + ... + X + 1 = X n+1 − 1.


P (X) est un polynôme unitaire, de degré N + 1.

Division euclidienne
Soit A, B ∈ K[X]

Définition

B divise A s’il existe Q ∈ K[X] tel que A = BQ.


- on note B|A.
- A est multiple de B.
- A est divisible par B.

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Proposition

- A|A, 1|A, A|0


- Si A|B et B|A alors il existe λ ∈ K∗ tel que A = λB.
- Si A|B et B|C alors A|C.
- Si C|A et C|B alors C|(AU + BV ), pour tout U, V ∈ K[X].

Théorème (Division euclidienne)


Soient A, B ∈ K[X], avec B 6= 0
il existe des polynômes Q et R uniques tels que :

A = BQ + R et degR < degB.


- Q est le quotient et R le reste de la division euclidienne
- degR < degB ⇔ R = 0 ou 0 ≤ degR < degB.
- R = 0 ⇔ B|A.

Exemple
A = 2X 4 − X 3 − 2X 2 + 3X − 1 et B = X 2 − X + 1.
Q = 2X 2 + X − 3 et R = −X + 2
- A = BQ + R et degR < degB.

2X 4 − X3 − 2X 2 + 3X − 1 X2 − X + 1
−(2X 4 − 2X 3 + 2X 2 ) 2X 2 + X − 3
X3 − 4X 2 + 3X − 1
−(X 3 − X2 + X)
− 3X 2 + 2X − 1
−(−3X 2 + 3X − 3)
− X + 2

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Exemple

A = X 4 − 3X 3 + X + 1 et B = X 2 + 2

X4 − 3X 3 + X 1 X2 + 2
−(X 4 + 2X 2 ) X2 − 3X − 2
− 3X 3 − 2X 2 + X + 1
−(−3X 3 − 6X)
− 2X 2 + 7X + 1
−(−2X 2 − 4)
7X + 5
Q = X 2 − 3X − 2 et R = 7X + 5
Le plus grand commun diviseur (PGCD)
A, B ∈ K[X], avec A 6= 0 et B 6= 0.

Proposition
Il existe un unique polynôme unitaire de grand degré qui divise à la fois A et B.
On le note pgcd(A, B).

Remarque

- pgcd(A, B) est un polynôme unitaire


- Si A = BQ + R alors pgcd(A, B) =pgcd(B, R).

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Algorithme d’Euclide

A = BQ1 + R1 degR1 < degB

B = R1 Q2 + R2 degR2 < degR1

R1 = R2 Q3 + R3 degR3 < degR2

Rk−2 = Rk−1 Qk + Rk degRk < degRk−1

Rk−1 = Rk Qk+1 + 0

- Le pgcd est le dernier reste non nul R˜k (rendu unitaire)


- Divisions euclidiennes successives
- Le degré du reste diminue à chaque division
- L’algorithme se termine lorsque le reste est nul
- pgcd(A, B) =pgcd(B, R1 ) =pgcd(R1 , R2 ) = .... =pgcd(Rk , 0) = R˜k

Exemple

Calculer le pgcd de A = X 4 − 1 et B = X 3 − 1.
On applique l’algorithme d’Euclide

X 4 − 1 = (X 3 − 1)X + X − 1

X 3 − 1 = (X − 1)(X 2 + X + 1) + 0
Le pgcd(X 4 − 1, X 3 − 1) = X − 1.

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Exemple

pgcd de A = X 5 + X 4 + 2X 3 + X 2 + X + 2 et B = X 4 + 2X 3 + X 2 − 4.

X 5 + X 4 + 2X 3 + X 2 + X + 2 = (X 4 + 2X 3 + X 2 − 4)(X − 1) + 3X 3 + 2X 2 + 5X − 2

14 2
X 4 + 2X 3 + X 2 − 4 = (3X 3 + 2X 2 + 5X − 2)(3X + 4)/9 − (X + X + 2)
9

3X 3 + 2X 2 + 5X − 2 = (X 2 + X + 2)(3X − 1) + 0
Ainsi pgcd(A, B) = X 2 + X + 2.

Bezout Soit D =pgcd(A, B), il existe U, V ∈ K[X] tels que

AU + BV = D.

Exemple

pgcd(X 4 − 1, X 3 − 1) = X − 1

X 4 − 1 = (X 3 − 1)X + X − 1

X − 1 = (X 4 − 1).1 + (X 3 − 1)(−X)

U =1 et V = −X.

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On a bien AU + BV = D.

Défintion

A et B sont premiers entre eux si pgcd(A, B) = 1.


Si pgcd(A, B) = D alors A = DA0 et B = DB 0 avec pgcd(A0 , B 0 ) = 1.

Corollaire
A et B sont premiers entre eux ssi il existe deux polynômes U et V tels que AU + BV = 1.

Corollaire
Si C|A et C|B alors C|pgcd(A, B).

Corollaire (lemme de Gauss)


Si A|BC et pgcd(A, B) = 1 alors A|C.

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Racine

Soit P ∈ K[X] et α ∈ K.

Définition
α est une racine (ou un zéro) de P si P (α) = 0.

Proposition
P (α) = 0 ⇔ (X − α) divise P.

Preuve
Division euclidienne de P par (X − α).
- P = Q(X − α) + R où degR < deg (X − α) = 1.
- R est constant
- P (α) = 0 ⇔ R(α) = 0 ⇔ R = 0 ⇔ P = Q(X − α) ⇔ (X − α)|P .
CQFD

Définition
- α est une racine de multiplicité k de P si (X − α)k divise P , alors que (X − α)k+1 ne divise pas P .
- Lorsque k = 1, on parle d’une racine simple
- Lorsque k = 2 d’une racine double

Proposition
Il y a équivalence entre
- α est une racine de multiplicité k de P
- Il existe Q ∈ K[X] tel que P = (X − α)k Q avec Q(α) 6= 0.
- P (α) = P 0 (α) = ... = P (k−1) (α) = 0 et P (k) (α) 6= 0.

Théorème de d’Alembert-Gauss

- Tout polynôme à coefficients complexes de degré n ≥ 1 a au moins une racine dans C.

- Il admet exactement n racines si on compte chaque racine avec multiplicité.

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Exemple
P (X) = 3X 3 − 2X 2 + 6X − 4

Sur Q ou R.
P a une seule racine (qui est simple) α = 2/3, P (X) = 3(X − 2/3)(X 2 + 2)

Sur C
P a trois racines simples √ √
P (X) = 3(X − 2/3)(X − i 2)(X + i 2)

Proposition
P (X) = X n − 1 admet n racines distinctes.

Preuve
-D’Alembert-Gauss : P admet n racines comptées avec multiplicité
Montrer que ce sont des racines simples
Par l’absurde
Supposons que α ∈ C soit une racine de multiplicité ≥ 2
P (α) = 0 ⇒ αn − 1 = 0 ⇒ α 6= 0.
P 0 (α) = 0 ⇒ nαn−1 = 0 ⇒ α = 0.
Contradiction
Donc toute les racines sont simples
Ainsi les n racines sont distinctes.
CQFD

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Soit P ∈ K[X] de degré ≥ 1.

Définition
P est irréductible si pour tout Q ∈ K[X] divisant P , alors
- Soit Q ∈ K∗
- Soit il existe λ ∈ K∗ tel que Q = λP.

P est réductible : P = A.B avec A, B ∈ K[X] degA ≥ 1 et degB ≥ 1.

Exemples
X 2 − 1 = (X − 1)(X + 1) ∈ R[X] est réductible.
X 2 + 1 = (X − √ ∈ C[X] est réductible dans C[X], mais est irréductible dans R[X].
i)(X + i) √
X 2 − 2 = (X − 2)(X + 2) est réductible dans R[X], mais est irréductible dans Q[X].

Théorème

Tout polynôme non constant A ∈ K[X] s’écrit comme produit des polynômes irréductibles unitaires

A = λP1k1 P2k2 ...Prkr


où λ ∈ R∗ , r ∈ N∗ et ki ∈ N∗
Les Pi sont des polynômes irréductibles distincts
De plus, cette décomposition est unique à l’ordre près des facteurs.

Théorème

Les polynômes irréductibles de C[X] sont les polynômes de degré un

P = λ(X − α1 )k1 (X − α2 )k2 ...(X − αr )kr

où αi 6= αj pour i 6= j, ki est la multiplicité.

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Théorème
Les polynômes irréductibles de R[X] sont les polynômes de degré 1, ainsi que les polynômes de degré 2
ayant un descriminant ∆ < 0.

P = λ(X − α1 )k1 (X − α2 )k2 ...(X − αr )kr Ql11 ...Qlrr .

αi sont exactement les racines réelles distinctes, de multiplicité ki .


Les Qi dont des polynômes irréductibles de degré 2 : Qi = X 2 + βi X + γi avec ∆ = βi2 − 4γi < 0,
de multiplicité li .

Exemple
- P (X) = 2X 4 (X − 1)3 (X 2 + 1)2 (X 2 + X + 1) est déjà décomposé en facteurs irréductibles dans R[X].
- P (X) = 2X 4 (X − 1)3 (X − i)2 (X + i)2 (X − j)(X − j 2 ) dans C[X].

Exemple
P (X) = X 4 + 1

- Sur C P (X)√= (X 2 + i)(X 2 √− i) √ √


P (X) = (X − 22 (1 + i))(X + 22 (1 + i))(X − 2
2 (1 − i))(X + 2
2 (1 − i))

- Sur R
Pour un polynôme
√ à coefficients√réels, si α est racine
√ alors α aussi

P (X) = [(X − 2 (1 + i))(X − 2 (1 − i))][(X + 2 (1 + i))(X + 22 (1 − i))]
2 2 2
√ √
P (X) = [X 2 + 2X + 1][X 2 − 2X + 1].

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