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Section 2 

: le système d’exécution de la dépense


Les dépenses publiques sont une série de frais facturés par les services de l’administration publique
pour répondre aux besoins exprimés des citoyens et répondre aux besoins de la société. Les besoins
sont évalués au niveau national et à différents niveaux de l’administration territoriale.

Les dépenses sont le moyen par lequel les institutions publiques concrétisent leurs politiques et
programmes d'action dans le cadre de l'accomplissement des missions nationales, de la satisfaction
des besoins des populations et de la réalisation du développement et social.

Pour que l'EP s'acquitte de sa tâche, la personne responsable de l'exécution de la dépense doit
s'assurer qu'elle est utilisée correctement. La phase ordonnateur est l'étape la plus importante dans
l'exécution des dépenses. Appeler les responsables à mieux gérer et planifier ces dépenses afin
d'atteindre l'objectif avec efficacité et efficience dans les meilleures conditions.

L’exécution des dépenses repose depuis longtemps sur un principe fondamental : la séparation des
ordonnateurs et des comptables.

I. Le principe de séparation des ordonnateurs et des comptables :

1. Signification du principe :
Ce principe signifie que les fonctions de l’ordonnateur et de comptable sont incompatibles et que
ceux-ci sont Indépendants.
 L’incompatibilité des fonctions : l’ordonnateur dispose d’un pouvoir discrétionnaire lui permettent
de prescrire les dépenses et les recettes publiques. Mais, l’ordonnateur qui gère et surveille des
crédits, ne peut manier des fonds sous peine d’encourir des sanctions.

Le comptable public par contre doit assurer le maniement et la garde des fonds et contrôler la
régularité des recettes et dépenses prescrites par l’ordonnateur.

 L’indépendance des autorités : c’est cette indépendance du comptable qui constitue l’originalité du
droit public marocain.

2. Fondements du principe :
La séparation des ordonnateurs et des comptables puis son fondement dans la séparation des pouvoirs et la
volonté de remettre à deux catégories d’agents la responsabilité des opérations financières afin d’éviter
qu’ils n’abusent des pouvoirs que leur conférait la disposition des deniers publics.

La séparation des ordonnateurs et des comptables répond à trois exigences :


 Il faut que l’exécution de la dépense se fasse avec ordre et que les créanciers soit régulièrement
payes.
 Il faut éviter que dans les maniements des deniers publics, il y ait des malversations. Il faut que les
deniers publics soient exclusivement employés à payer les véritables créanciers de l’état, pour des
sommes strictement dues.
 Il faut que seuls les créanciers autorisés par l’autorité budgétaire soient payés et qu’elles le soient
dans les limites strictes de l’autorisation.

Les avantages du principe sont :


 Premier avantage : c’est celui s’attache à la division du travail. En divisent les taches, on travaille
plus vite.
 Deuxième avantage : ce principe rend possible une vérification des ordonnateurs par les
comptables tant en ce qui concerne la réalité de la dépense que le respect des autorisations
budgétaires.
 Troisième avantage : la règle permet une comparaison des écritures tenues par les ordonnateurs
et les comptables. Cette comparaison peut servir comme base efficace au contrôle.

II. Processus d’exécution des dépenses publiques :


L’exécution du budget, au niveau des dépenses, s’effectue en deux phases : les phase administrative
(l’engagement, liquidation, l’ordonnancement) et phase comptable (le paiement).

Aussi, la dépense publique se déroule selon un schéma uniforme qui a pour objectif principale
d’assurer la régularité des opérations. On distingue une procédure habituelle et des procédures
spéciales.

A. La procédure habituelle :

Elle se déroule en quatre phases : d’ordre administrative et un d’ordre comptable

1) La phase administrative de l’exécution des dépenses :

Elle relevé des services des ordonnateurs (est ordonnateur public de recettes et de dépenses, toute
personne ayant qualité au nom d’un organisme public pour engager, constater, liquider ou ordonner
soit le recouvrement d’une créance soit le paiement d’une dette 1.) et comporte quatre étapes :
l’engagement, l’approbation, la liquidation et l’ordonnancement.

a) L’engagement de la dépense :

Consiste à rendre moins potentiellement l’administration débitrice (engagement juridique) et à


bloquer les crédits en vue de la dépense (engagement comptable) ; quand l’engagement juridique
est volontaire (exemple. Bon de commande), il doit être précède de l’engagement comptable ; il
constitue l’étape la plus important car une dépense juridiquement engagée crée une obligation dont
il sera généralement impossible de se délier.

L’engagement est l’acte par lequel l’organisme public crée ou constate une obligation de nature à
entrainer une charge2 pour l’ordonnateur.
Pour faire simple, avant d’entamer la dépense on la soumet à la TGR, elle passe par une proposition
qui n’est pas définitive, mais elle ne devient définitive qu’après visa de l’ordonnateur via le système
GID (gestion intégrée de la dépense).

b) L’approbation :

C’est le cas concernant les achats dans le cadre des marches publics. L’approbation est un acte
administratif (traduit par signature de l’autorité compétente) pour lequel un marché (de travaux, de
fournitures ou de services) devient valable est définitif.

c) La liquidation de la dépense :

Consiste à calculer le montant exact de la dépense après constatation du service fait. Car la règle
signifie que les organismes publics ne payer qu’après service fait. Et donc tout paiement d’avance est
absolument interdit sans justification. 3 sauf cas expressément autorises (avance) ou admis par le
juge.

La liquidation a pour objet de vérifier la réalité de la dette et d’évaluer le montant exact de la


dépense occasionnée par la décision de l’ordonnateur. Il n’intervient qu’après vérification du service
fait par l’ordonnateur4.

d) L’ordonnancement :

L’ordonnancement (ministre) ou mandatement (autre ordonnateur) est l’ordre de payer donne par
l’ordonnateur (ici seule compètent) au comptable assignataire (auprès duquel il est accrédité)  ; cet
ordre accompagne des pièces justificatives dont la liste (nomenclature) est généralement fixée de
manière lmitative5 pour éviter tout pouvoir d’appréciation du comptable.

Etant effectue désormais sur le système GID, l’ordonnancement est l’acte administratif qui donne,
conformément aux résultats de la liquidation, l’ordre de payer la dette de l’administration publique.
Cet acte incombe a l’ordonnateur. L’ordonnancement n’intervient qu’après vérification du service
fait par l’ordonnateur.