Vous êtes sur la page 1sur 69

Sociologie de la politique

Plan sur internet : http://epi.univ-paris1.fr

31 mars absente.
14 avril à 8h à 9h30 dans l’amphi 1.

INTRODUCTION :

La SP est une partie de la science politique.

La SP : école institut des études politiques (volonté de former des élites


politiques). La science politique est née dans cette école à la fin du 19 ème
siècle. On voulait donner un enseignement pratique soit la formation de
futurs dirigeants politiques. Au fil du temps, la science politique est
devenue une science universitaire reconnue disciplinaire. C’est une
discipline relativement jeune. Elle existe comme d’autres disciplines des
sciences sociales.
Elle a plusieurs facettes, composantes : les RI, les histoires des idées
politiques, la théorie politique et la SP (composante de la science politique
en tant que discipline).

C’est une démarche de sociologues qui est appliquée à un objet particulier


soit la politique. C’est un terrain d’étude particulier. On ne parle pas de
politique dans un cadre électoral, dans un meeting… Présentation des
résultats de travaux scientifiques sur la politique. Distinction faite par M.
Weber (un des pères de la SP) dans le Savant et le Politique.

Politique est un mot qui a plusieurs définitions. On peut parler de la


politique internationale, d’une décision politique, de la politique du
logement, d’une nomination politique… La définition la plus générale de la
politique que l’on peut retenir donnée par M. Weber : « ensemble des
efforts que l’on fait en vu de participer au pouvoir ou d’influencer la
répartition du pouvoir soit entre les états soit entre les divers groupes à
l’intérieur d’un même état ». Celui qui fait de la politique, c’est celui qui
cherche à exercer le pouvoir.
Autre manière de définir la politique. R. Aron considère que la politique a
deux aspects qui doivent être étudiés. Le premier aspect de la politique
c’est une activité des hommes politiques, des citoyens (votent,
manifestent…) et le second aspect, c’est un espace dans lequel se déroule
toutes ces activités c'est-à-dire l’espace de la compétition entre différents
acteurs qui vont essayer de conquérir ou d’influencer le pouvoir (= la
scène politique).
La politique fait intervenir une multitude d’acteurs (les professionnels de la
politique, les citoyens…) et qui suppose un certain degré de conflits et des
buts entre ces différents acteurs. Cette lutte symbolique peut devenir
physique (ex : Iran). Suppose une régulation du conflit sinon impossibilité
de vivre en société. Cette régulation est essentielle pour comprendre ce
qu’est la politique. Suppose une instance qui effectue cette régulation. La

1/69
Sociologie de la politique

régulation des tensions sociales est au cœur de la fonction de la politique.


Fonction de régulation des tensions sociales de la politique.
Comment s’exerce cette fonction de régulation ? Où se situe ce pouvoir de
régulation ? Quels sont les ressorts de ce pouvoir ? Qui sont les individus
qui vont exercé ce pouvoir et comment sont-ils choisis ?
On va partir de deux postulats : premièrement, les faits politiques
n’existent pas naturellement (rien dans la société est naturellement
politique mais tout peut devenir potentiellement politique) ex : création
d’une équipe de football palestinienne, dimension politique car si FIFA
accepte, voit la Palestine comme un état ; et secondement, les faits
politiques sont contingents (la dimension politique d’un fait social varie
dans le temps et l’espace). Ex : Aux EU, la vie privée d’un dirigeant est
politique. Vu de façon différente en France comme pour la fille cachée de
F. Mitterrand.

2 notions proches de la politique : le terme d’Etat et de pouvoir :


- L’origine historique du terme politique, terme grec polis qui désigne
les affaires de la cité (= communauté regroupé sur un territoire et
gouverné par un certain nombre de règles). Elle renvoie à la fonction
de régulation de la politique. C’est l’Etat qui exerce cette fonction de
régulation. L’Etat n’est pas la seule source de régulation des
rapports sociaux, d’autres acteurs jouent également ce rôle (ex : les
partis politiques). Existe des sociétés sans Etat mais où il y a de la
politique. L’Etat a des composantes qui ne sont pas politiques
comme la justice. Donc on ne peut pas assimiler l’Etat à la politique.
- La notion de pouvoir. Pas d’équivalence entre le terme politique et
pouvoir. La politique n’a pas strictement pour objet d’exercer le
pouvoir. A pour objet aussi de réguler les relations sociales. Le
pouvoir est quelque chose qui n’est pas une chose, qui ne se détient
pas mais qui s’exerce. C’est une relation sociale qui se caractérise
par son asymétrie (imposer sa volonté aux autres). On considère
que le pouvoir peut s’exercer dans de nombreux domaines de la
société ex : le père sur la famille. Le pouvoir politique est quelque
chose de très spécifique. Peut utiliser une violence physique (ex :
l’Etat a les forces de police et peut donc menacer à recourir à cette
violence). Monopole de la violence physique qui s’exerce sur
l’ensemble de la société. M. Weber définit le pouvoir politique
comme étant la capacité à recourir à la menace de la violence
physique. Cependant, la démocratie repose sur le consentement de
la population et par conséquent, moins en moins de recours à la
violence physique. Considère que les dirigeants sont légitimes.
Par politique on entend tout ce qui se rapporte à l’exercice du pouvoir
politique c'est-à-dire la capacité d’imposer sa volonté dans un territoire
donné que ce soit au moyen de la violence physique ou que ce soit au
moyen de la violence symbolique (démocratie). La politique est donc
quelque chose de très vaste.

L’ordre politique démocratique : ensemble des règles du jeu politique.

2/69
Sociologie de la politique

En quoi la SP est différente ou proche des autres disciplines ?


- La première discipline qui lui est proche est la philosophie. Cette dernière
s’intéresse à ce qui doit être et non à ce qui est. Aristote essaye de définir
qu’elle est la meilleure Constitution, régime. Il va hiérarchiser des Etats.
Rousseau dans le Contrat Social en essayant de déterminer qu’elle est le
meilleur gouvernement possible qui repose que le consentement de tous à
l’autorité. Les philosophes essayent de trouver le meilleur type de
système politique. Ils vont émettre des jugements de valeur. En SP, on ne
peut faire cela. D’où la différence entre les 2 disciplines.
- La deuxième discipline est le droit. Il s’intéresse aux questions politiques,
notamment avec la question des institutions. Le droit va s’intéresser aux
textes constitutionnels et va essayer de retrouver l’intention du législateur
dans les textes. La SP va s’intéresser plutôt à ce qui précède au texte, son
processus, aux acteurs, aux pratiques politiques... Va s’intéresser à
l’environnement des textes. Chose que ne fait pas le droit. D’où leur
différence.
- La SP est plus proche de l’histoire que du droit. L’école des annales avec
Bloch et Braudel qui va s’intéresser à comment s’exercer le pouvoir
auparavant. Permet de comprendre comment le pouvoir évolue au fil du
temps. La SP a besoin de l’histoire pour comprendre ces évolutions
politiques. Pourtant, la SP se distingue de l’histoire car pour le sociologue
l’étude du passé n’est pas une finalité en soit mais plutôt de l’utiliser pour
comprendre le présent. Le sociologue n’est pas un historien.
- La psychologie est assez proche de certains courants de la SP. Ils
s’intéressent aux hommes dans la société. L’étude des phénomènes
sociaux, collectifs. Cependant, la psychologie s’intéresse aux déterminants
individuels des actions. En SP, on va s’intéresser aux déterminants sociaux
des groupes des actions. Ex : le suicide, l’analyse du vote…

La SP a sa propre méthode d’analyse. On va s’intéresser à la politique en


essayant de replacer les phénomènes politiques dans la vie sociale
globale. Dans quelle mesure la place de l’individu dans la société va
affecter son comportement dans la politique ? Tout cela suppose d’adopter
une démarche scientifique. Il faut respecter certaines règles
méthodologiques.
Règles fixées à la fin du XIXème siècle par Durkheim dans Les règles de
la méthode sociologique en 1894. Il va définir dont la manière doit
travailler le sociologue en distinguant 2 choses : la chose (ce qu’on connait
du dehors) et l’idée (ce qu’on connait du dedans). La mission du
sociologue est de considérer les faits sociaux comme des choses c'est-à-
dire qu’il faut faire comme si on était extérieur aux faits sociaux qu’on va
étudier, comme si on les connaissait du dehors et non du dedans. Il faut
faire une séparation entre l’identité personnelle du sociologue et le
sociologue. Il faut rompre avec, oublier ce que l’on croit savoir. Le
problème de la SP c’est qu’on va avoir des idées préconçues, des
prénotions. Par conséquent : manque d’objectivité et peut avoir de
position égocentrique. Empêche de comprendre certains phénomènes.
La méthode sociologique repose sur 3 règles principales qui ont été édicté
par G. Bachelard : « le fait scientifique doit-être conquis, construit,
constaté ».

3/69
Sociologie de la politique

Méthode d’enquête utilisée en SP :


- Traitement statistique des données : voir si certains comportements se
répètent, une certaine régularité mais parfois ne correspond pas
totalement à la réalité sociale et parfois des données ne sont pas
disponible,
- Les sondages d’opinion : technique pour construire un échantillon qui
représentera l’ensemble d’une population d’un pays. Ex : le sondage
électoral. Permet de connaitre les intentions de vote… Ils sont très utilisés
et permettent de mieux connaitre les faits, les comportements, les
opinions des individus. On pose toujours les mêmes questions 
baromètre de l’opinion (comparaison dans le temps). Or cette technique
est très critiquée car bien souvent elle donne une impression que les
individus ont une opinion alors qu’ils peuvent ne pas en avoir ; souvent
ceux qui répondent le plus souvent sont ceux qui sont le moins instruits,
ne représentent pas bien la population dans son entier ; les gens qui
répondent parfois inventent une opinion qui n’ont pas pour ne pas
« perdre la face » devant le sondeur. Ils sont beaucoup moins scientifiques
qu’ils paraissent. Ils produisent des phénomènes qui influencent les
acteurs politiques et modifient leurs comportements.
- Les enquêtes de terrain : c’est une démarche qui va essayer d’observer
de manière approfondie un phénomène pris dans son environnement (ex :
manifestation…) et on va soit participer à ce processus ou soit en profiter
pour faire des entretiens. Permet de recueillir les opinions des individus
telles qu’ils l’ont exprimée. Problème : trouver une bonne distance avec
les acteurs qu’on veut étudier (ne pas perdre sa neutralité, ne pas
s’emporter, danger de s’identifier aux personnes que l’on veut étudier) et
faut que cela se fasse sur de tout petits groupes donc difficulté à
généraliser les résultats.

 Chacune de ces trois méthodes sont utilisées et l’idéal serait de les


combiner.

Nous allons nous intéresser dans cette première partie à la genèse de


l'ordre politique tel que nous le connaissons aujourd'hui dans les sociétés
occidentales - et plus particulièrement européennes. Cette analyse nous
conduira à traiter de deux points que sont d'une part l'émergence de l'Etat
moderne (dans un chapitre I) et d'autre part, l'émergence de la
compétition démocratique (dans un chapitre II).
Ce retour sur l'histoire va nous permettre, comme nous l'indiquions en
introduction, de rompre avec notre vision spontanée des choses et
notamment de montrer que la forme étatique, tout comme la compétition
politique n'a pas de tout temps existé et qu'elles sont - l'une et l'autres - le
produit de processus complexes qui peuvent expliquer, on le verra les
formes qu'elles revêtent aujourd'hui.
Avant de revenir dans le détail sur la genèse de l'Etat et sur la
construction de la compétition démocratique moderne, j'aimerais
m'arrêter dans une introduction assez large sur la notion d'ordre politique.

INTRODUCTION GENERALE : LA NOTION D’ORDRE POLITIQUE :

4/69
Sociologie de la politique

Qu’entendons-nous lorsque nous nous référons à l'ordre politique - qui


sera l'objet de notre étude tout au long du cours ?
Cette notion renvoie en fait à deux idées principales concernant les formes
que revêt la compétition politique aujourd’hui :

I. La lutte politique est une lutte pacifique :


En effet, la notion d’ordre politique souligne en premier lieu le caractère
pacifique de la compétition politique. Car aujourd’hui ce ne sont plus les
insurrections, les coups de force ou les révolutions qui déterminent les
rapports de force au sein de la compétition politique. En d’autres termes,
la conquête du pouvoir politique ne se fait plus par la force. Bien au
contraire la dévolution du pouvoir s’effectue par le biais de procédures
pacifiques, qui plus est juridiquement codifiées : les élections.
Bien sûr, les mouvements de violence, les tentatives de coups de force ne
sont pas totalement absentes de la compétition politique démocratique.
Mais l’usage de la force — et ce point est capital — est désormais
considéré comme étant illégitime. Et de fait, rares sont les organisations
politiques qui revendiquent aujourd’hui la force ou la violence comme
mode de conquête du pouvoir. Ce fut longtemps le cas du PCF, qui prônait
la révolution par les armes. Mais même le PCF a renoncé à la violence en
1964, alors qu’il s’agissait pourtant d’un dogme fondamental de l’idéologie
marxiste.

Aujourd’hui donc, la compétition politique se déroule de manière


pacifique.
.On parle d’ailleurs de compétition politique et non pas de lutte politique,
parce que la lutte se limite désormais à un affrontement verbal, et que les
seules armes autorisées sont les arguments, les slogans, les programmes,
autrement dit des discours. C’est dire que la compétition politique
aujourd'hui revêt essentiellement la forme d’une lutte symbolique.
.C’est une lutte qui se joue dans l’ordre des représentations mentales ;
chaque homme politique, chaque parti, a sa propre vision du monde à
défendre, celle-là même qui sous-tend leur programme d’action politique,
le but du jeu étant pour chacun d’eux d’arriver à convaincre les citoyens
de la pertinence de cette vision pour parvenir au pouvoir.
.Par conséquent un homme politique ce n’est donc pas seulement un
homme qui prétend conquérir et exercer le pouvoir ; c’est aussi et peut-
être même d’abord quelqu’un qui donne à voir le monde tel qu’il le
perçoit, ou tel qu’il se l’imagine et qui cherche à imposer à tous cette
vision du monde qui est la sienne
> un producteur de représentations du monde.

Telle est donc la première dimension de la compétition politique


démocratique que souligne la notion d’ordre politique : une lutte pacifique
parce qu’essentiellement symbolique. Or, comme on va le voir dès
aujourd’hui en abordant le premier chapitre du cours, cette dimension est
étroitement liée à l’apparition de l’Etat moderne. Car ce qui distingue
l’Etat de tous les autres types d’organisations, c’est qu’il détient le

5/69
Sociologie de la politique

monopole de la violence physique légitime. C’est même pour M. Weber LA


principale caractéristique de l’Etat. L'Etat c'est pour Max Weber :
- une forme d’organisation politique qui a ceci de particulier qu’elle
monopolise le pouvoir de coercition légitime sur l’ensemble d’un territoire.
Et de fait, l’Etat contrôle l’armée, il contrôle la police et la gendarmerie ;
toutes les personnes qui appartiennent à ces corps de métiers sont
d’ailleurs des agents de l’Etat, dirigés et rémunérés par lui.
- mais ce n’est pas tout : non seulement l’Etat monopolise les moyens de
coercitions sur l’ensemble d’un territoire, mais il est en outre le seul à
pouvoir légitimement les utiliser. Que l’on soit d’accord ou pas avec cela
ne change rien au constat suivant : lui seul est autorisé à exercer une
contrainte physique sur les individus (lorsque ces derniers bien sûr se sont
mis hors la loi) et cette contrainte peut aller jusqu’à la peine capitale dans
certains pays.

Il faudrait ajouter qu'en dehors de cette contrainte physique légitime


l'Etat exerce aussi une violence symbolique. Par violence symbolique, on
entend donc la violence qui s’exerce au nom des croyances légitimes
d’une société. Elle a ceci de particulier que c’est une violence qui d’une
certaine façon s’ignore car :
- elle procède de l’autocontrainte
- et repose sur l’intériorisation des normes en vigueur dans la société.
C’est cette intériorisation des normes qui fait que le pouvoir politique, loin
de nous apparaître comme oppressif, nous semble légitime, normal, voire
même désirable.

Si la compétition politique est aujourd’hui une compétition pacifique, c’est


notamment que la monopolisation des moyens de coercition par une seule
et même organisation (l’Etat) a eu pour conséquence logique de pacifier
l’ensemble des relations sociales.

Donc la pacification de la lutte politique est un processus qui est


directement lié à la construction de l’Etat. C’est pourquoi nous étudierons
ce point dans un premier chapitre.
Reste que la notion d’ordre politique renvoie également à une autre
dimension très importante de l’activité politique : son caractère
réglementé.

II. La compétition politique est une compétition


réglementée :
La compétition politique démocratique présente en effet cette seconde
particularité qu’elle repose sur un certain nombre de règles qui régissent
le comportement des acteurs de la compétition politique. Ce n’est
d’ailleurs pas un hasard si l’on utilise souvent la métaphore du jeu (Elias).
Ces règles du jeu politique concernent aussi bien :
- la désignation des individus autorisés à participer à la compétition
(règles d’éligibilité, droit de vote),
- la définition des trophées à conquérir (le poste présidentiel, le poste de
député ou de sénateur)
- les qualités requises pour obtenir ces trophées.

6/69
Sociologie de la politique

Elles sont donc extrêmement variées et encadrent l’ensemble de la


compétition politique. En outre, ces règles peuvent être écrites, et même
juridiquement codifiées dans des textes de lois (cf. cours de droit
constitutionnel). Mais il peut également s’agir de règles non écrites, de
règles tacites ; et ces dernières sont tout aussi nombreuses et tout aussi
contraignantes que les règles juridiquement codifiées.
Par exemple, il existe une règle tacite fondamentale de la compétition
politique, une règle qui n’est nulle part écrite mais qui n’en est pas moins
fondamentale pour qui veut participer à la compétition politique : la
croyance dans la valeur du jeu politique et de ses enjeux. Tout acteur qui
prétend entrer dans le jeu politique doit en effet apporter la preuve de sa
révérence au jeu ; il doit montrer que pour lui le jeu vaut la peine d’être
joué, que les enjeux sont importants voire même sacrés, sous peine sinon
d’être aussitôt exclu de la compétition politique. C’est d’ailleurs pour avoir
méconnu cette règle fondamentale du jeu politique, que Coluche a été
l’objet d’une attaque en règle de la part de la corporation politique lors de
sa candidature avortée à la présidentielle de 1981. On pourrait aussi
observer dans les Guignols de l'info quelles sont - en négatif - les qualités
requises pour faire partie du jeu politique.

Dernière chose importante à savoir sur ces règles du jeu politique : celles-
ci sont spécifiquement politiques. Ce que je veux dire par là, c’est qu’elles
ne s’appliquent et n’ont de valeur qu’au sein de l’arène politique. Ce sont
donc des règles proprement, spécifiquement, politiques (cf. l’exemple
précédent, la nécessité de croire dans la valeur du jeu politique).
Si j’insiste sur ce dernier point, c’est qu’il renvoie à un processus
historique fondamental pour comprendre le fonctionnement contemporain
de l’ordre politique démocratique. Ce processus, c’est celui qui a vu
l’espace politique se différencier des autres sphères d’activités sociales,
ie. se séparer, ou encore s’autonomiser des autres secteurs d’activités
(comme par exemple le religieux ou encore le secteur économique). C’est,
avec la construction de l’Etat, le second processus que l’on ne saurait
méconnaître lorsque l’on cherche à saisir le fonctionnement contemporain
de l’ordre démocratique.
.Pour en mesurer l’importance : emprunter la machine à remonter le
temps, de revenir quelques siècles en arrière afin de réfléchir aux formes
que pouvait revêtir la compétition politique au Moyen-Âge. Qu’est-ce que
la compétition politique au Moyen-Âge ? Qui fait de la politique et
comment se fait la politique à cette époque ? Quels sont les leaders pols ?
Les seigneurs. Or, le seigneur médiéval c’est à la fois un guerrier, plus
précisément un chef militaire ; mais c’est aussi un chef d’exploitation
agricole (un patron d’entreprise) ; un magistrat, puisque c’est lui qui
tranche les litiges entre ses vassaux ; enfin c’est aussi et plus largement
un homme d’Etat qui gouverne et administre une parcelle de territoire.
Vous le voyez, l’homme politique au Moyen-Âge concentre dans ses mains
toute une série d’activités aussi bien économiques, juridiques que
militaires ou administratives. Il n’y a pas de séparation entre l’ordre
politique et le reste mais au contraire confusion.

7/69
Sociologie de la politique

.Toute autre est la situation de l’homme politique au XXe siècle, qui est
censé n’exercer qu’une seule activité à la fois ; au point que lorsqu’un
patron d’entreprise économique se prend à vouloir faire de la politique (cf.
B. Tapie) ou qu’un comédien comme Coluche se porte candidat à la
présidentielle, celui-ci doit ou bien renoncer à son métier d’origine, ou bien
renoncer à faire de la politique.

Ces deux exemples montrent bien une chose : l’activité politique est
aujourd’hui une activité de spécialistes, exercée par des professionnels de
la politique qui vivent exclusivement de et pour la politique. Il y a donc eu
un processus de spécialisation, et même de professionnalisation de
l’activité politique.
Et c’est cette seconde dimension comprise dans la notion d’ordre politique
que nous étudierons dans le second chapitre du cours.

Chap. 1. L’EMERGENCE DE L’ETAT MODERNE :

Introduction générale : spécificité et contingence de l’Etat :

Définition de Weber :
.Etat est « une entreprise politique de caractère institutionnel dont la
direction administrative revendique avec succès, dans l’application des
règlements, le monopole de la contrainte physique légitime ».
Abandonner illusion juridique : l’Etat n’est pas une forme de pouvoir
« naturel » qui aurait existé au sein de n’importe quelle société. Il apparaît
à l’issue d’un processus historique déterminé de différenciation sociale.
Retracer l’ensemble des processus qui contribuèrent à la formation de
cette forme de domination, à sa consolidation territoriale et à son
affirmation politique.
Pourquoi et comment des centaines de maisons princières – de formes et
de dimensions très variables à la fin du Moyen Âge- ont-elles été réduites
progressivement à quelques dizaines d’Etats qui s’institutionnalisèrent en
Europe ?
Pourquoi ont-elles convergé (à des rythmes variables) vers une forme de
domination politique qui tend à devenir un modèle ?

I. L’Etat n’est pas une organisation comme les autres :


Si l’Etat est un objet canonique de la science politique, le plus étudié, c’est
dans le même temps l’un des objets les plus délicats à étudier, celui dont
la connaissance pose le plus de problème au sociologue. Car, l’Etat n’est
pas une organisation comme une autre. C’est d’abord une organisation qui
détient le monopole de la violence physique légitime sur l’ensemble d’un
territoire. Mais c’est aussi une organisation qui dispose d’un pouvoir
symbolique incomparable. Car comme l’a souligné Pierre Bourdieu, c’est à
partir de l’Etat, c’est dans ce lieu particulier de la société, que se
produisent et se diffusent une bonne part des représentations que nous
partageons sur le monde qui nous entoure.
En d’autre termes, l’Etat agit comme un producteur de visions du monde ;
et l’une des particularités essentielles des visions que l’Etat produit est

8/69
Sociologie de la politique

que ces visions apparaissent comme les plus légitimes, les plus officielles,
sinon comme les plus naturelles.
Exemple : C'est aujourd'hui l'Etat qui produit les diplômes et qui institue
l'ordre scolaire. C'est aussi l'Etat qui produit principalement les
statistiques qui elles aussi donnent une vision particulière du monde.
L’Etat est un objet particulièrement difficile à étudier. C’est qu’avec son
pouvoir symbolique, avec cette capacité qu’il a à agir sur nos structures
mentales, l’Etat d’une certaine façon n’existe pas simplement en dehors
de nous mais à l’intérieur de nous - sous la forme des représentations
collectives que nous avons incorporées dans nos tête.
Pour le dire de façon plus rigoureuse, le pouvoir symbolique dont il
dispose, constitue le principal obstacle à une analyse sociologique de
l’Etat. Car le danger est grand alors, pour celui qui entend travailler sur
l’Etat de reprendre à son compte, sans même le savoir, ce qui n’est en fait
qu’une pensée d’Etat. Par exemple, de confondre l’objet Etat avec la
représentation que l’Etat donne de lui-même ; confusion qui incline
d’avantage à la révérence qu’à la connaissance.
C’est pour éviter ce genre de problème que nous aurons recours à
l’histoire, en étudiant non pas l’Etat tel qu’il est en lui-même mais l’Etat tel
qu’il est apparu.
- C’est une des façons les plus simples de prendre du recul comme on dit,
d’éviter le piège d’une pensée d’Etat. Prendre du recul, c’est exactement
ce que nous allons faire ici en revenant aux commencements, aux
origines, lorsque l’Etat n’est pas encore cette organisation aux pouvoirs
incommensurables, qu’il n’existe qu’à l’état embryonnaire.
- Car l’Etat n’a pas toujours existé ; et si cette forme d’organisation
politique est très largement répandue aujourd’hui, son apparition n’a
cependant rien d’un phénomène inéluctable, qui devait forcément se
produire. Ceci signifie - et ce sera mon second préalable - que l'Etat est
une organisation politique contingente.

II. L’Etat est une organisation politique contingente :


Pour le dire en une seule formule, il s’agit d’une forme d’organisation
politique contingente. Cette formule enferme quatre idées à la fois :
.-l’Etat n’est pas un phénomène naturel, qui devait obligatoirement voir le
jour. Au contraire, la construction de l’Etat est le produit d’une histoire
particulière, qui est située à la fois dans l’espace et dans le temps;
- son apparition est située dans le temps : l’Etat moderne apparaît ainsi au
XIIIe siècle, càd durant le Moyen-Âge (987-1492) ;
- son apparition est située dans l’espace : cette forme d’organisation
politique apparaît en effet d’abord sur le continent européen, avant de se
répandre par mimétisme dans le reste du monde.
- l’Etat n’est en fait qu’une forme d’organisation politique, une forme
parmi d’autres, mais qui à la différence des autres formes possibles se
sont imposées un peu partout dans le monde. Ce qui ne veut pas dire, et
je reviens à nouveau sur ce point capital, que sa diffusion était inéluctable
et nécessaire. La preuve, c’est qu’il existe encore aujourd’hui des sociétés
sans Etats. C’est le cas par exemple des Nuers, une peuplade des bords
du Nil étudiées par Evans Pritchard, ou encore des Nambikwara, une
peuplade brésilienne étudiée par Levi-Strauss à la fin des années 30.

9/69
Sociologie de la politique

Dans le livre qu’il a consacré aux Nambikwara (Tristes Tropiques, 1955),


CLS montre ainsi que la principale caractéristique de cette société est le
caractère rudimentaire de sa structure politique.
- C’est, en fait, autour d’un seul homme reconnu comme chef par les
autres que la bande s’agrège. Le mode de désignation du chef en outre
est assez simple : lorsqu’un chef devient vieux, il désigne son successeur
en disant : « celui-ci sera le chef ». On a donc affaire à une société où le
pouvoir ne fait pas l’objet d’une compétition.
- Ce paradoxe tient à ce que le chef, en fait, n’a ici que peu de privilèges ;
il a surtout des obligations, dont la principale consiste à unir le groupe.
C’est d’ailleurs de cette fonction qu’il tire son nom : «celui qui unit». Mais
pour ce faire, le chef ne dispose d’aucune aide, ni surtout d’aucune force
de coercition : ni force armée, ni amorce de droit qui permettrait de régler
les conflits.
- On est donc dans un cas où le pouvoir du chef ne repose que sur le
consentement et sur la conviction et non pas sur le monopole de la
contrainte physique légitime.

Le fait même qu’une forme d’organisation politique existait encore il y a


50 ans montre bien que l’Etat n’est pas la seule forme d’organisation
possible.
.D’où cette question centrale qui nous occupera dans ce premier chapitre :
pourquoi et surtout comment cette forme d’organisation particulière a vu
le jour ?
De nombreux auteurs se sont penchés sur cette question dès le début du
XIXe siècle. Certains juristes, philosophes se sont penchés sur cette
question et ont apporté des éléments de réponse pertinents. Cependant,
en la matière les théories de l'Etat seraient infinies. On se limitera donc
aux théories classiques de l'Etat et on se limitera aux approchez
sociologiques. On optera pour des raisons pédagogiques pour un plan
chronologique qui nous permettra d'aborder les théories du XIXè siècle
pour s'intéresser aux théories actuelles de l'Etat. Nous commencerons par
ceux que l’on considère comme les deux pères fondateurs de la
sociologie : Durkheim et Weber. Nous verrons ensuite comment les
théories de ces deux auteurs ont été complétées au XXe siècle par
d’autres sociologues.

Etude socio-historique du processus en Occident :


- Invention de l’Etat moderne s’amorce en France et en Angleterre à partir
du XIIIème siècle.
- Etat qui, par sa familiarité, nous apparaît comme la forme la plus
évidente, la plus « naturelle », n’est qu’un mode parmi d’autres
d’inscription du politique dans la société, caractérisé par la construction
d’un appareil (plus ou moins développé) différencié du reste de la société
et spécialisé dans cette fonction de régulation.
- Malgré ses formes différentes selon les sociétés, l’Etat comme mode de
régulation politique, comme mode d’exercice du pouvoir politique, se
distingue toujours des formes diffuses et invisibles du contrôle social.

10/69
Sociologie de la politique

- Naît d’un triple processus dont les différentes dimensions peuvent être
distinguées sur le plan analytique, même si elles ont souvent été
confondues ou simultanées historiquement :

A. Différenciation du politique :
Exercice du pouvoir politique se distingue de plus en plus des autres
fonctions nécessaires à la survie du groupe social (production et échange
de biens, production de sens…).
Fonctions de chef politique se distinguent des fonctions de chef religieux
en étant exercées par des personnes différentes, chacun de ces rôles
devient de plus en plus spécialisé.

B. Spécialisation des fonctions et des rôles :


.non seulement les fonctions politiques se différencient des fonctions et
pouvoirs religieux et économiques, mais au sein même des institutions en
charge du pouvoir politique, des personnes ou des institutions distinctes
assurent le pouvoir législatif, exécutif, les fonctions administratives, de
direction militaire, de police, de prélèvement fiscal, etc.
# seigneur féodal = chef de guerre, justicier (fait appliquer la loi, peut dire
le droit), chef économique de l’exploitation agricole que constitue le fief,
peut parfois influencer la désignation des autorités religieuses locales

C. Autonomisation du politique :
- Par rapport aux autres formes d’activité et de pouvoir sociaux :
indépendant, dans ses actions, ses motivations, sa légitimité à agir, des
pouvoirs religieux et économiques, et donc des groupes et des intérêts qui
composent la société.
- Conduit à une autonomie par rapport à la personne des dirigeants : l’Etat
est distingué de la personne de ceux qui le servent, ses titulaires n’en sont
pas les propriétaires, il leur survit et existe indépendamment d’eux (cf
personnalité morale de l’Etat).
- Autonomie parfois contestée : marxistes considèrent que l’économique
est un champ dominant et structurant. Les structures du pouvoir politique,
les formes de son exercice à un moment donné, sont le reflet des rapports
de force économiques (rapports de production) càd des rapports des
groupes sociaux constitués et affrontés par les conditions de la production
économique. Donc appareil politique est l’instrument de la classe
dominante
►Ces processus objectivent, stabilisent et pérennisent un système de rôles
et participent de l’institutionnalisation du pouvoir politique (processus qui
tend à organiser les modèles et les pratiques sociales de façon stable)
cf institution = ensemble d’actions ou de pratiques organisées de façon
stable.

Section 1. Les théories du 19e siècle :

Inscription de la genèse de l’Etat dans un mouvement historique


d’ensemble : division sociale du travail chez Durkheim, rationalisation du
monde chez Weber

11/69
Sociologie de la politique

I. L’Etat comme produit de la division sociale du travail (E.


Durkheim) :
Emile Durkheim est le premier sociologue à s’être intéressé à la
genèse de l’Etat.
- L’émergence de l’Etat s’inscrit dans un processus plus large de
complexification des sociétés, qu’il appelle la division du travail social.
- Tendance des sociétés à la complexification, du fait de l’augmentation du
volume et de la densité des groupes sociaux qui induit une transformation
de la nature des relations sociales et des liens unissant les individus :
passage d’une faible à une forte division du travail social.
- Sociétés à faible division du travail social (ex : sociétés primitives)
reposent sur une solidarité mécanique fondée sur la ressemblance (et
l’identification) des individus, caractérisée par leur interchangeabilité
fonctionnelle.
# Sociétés à forte division du travail social (ex : sociétés industrielles
contemporaines) reposent sur une solidarité organique, fondée sur la
complémentarité et l’interdépendance des individus. Risques accrus
d’anomie, besoin d’institutions de socialisation pour produire les liens
sociaux qui ne découlent plus de la proximité « naturelle » d’individus
semblables vivant dans des communautés réduites.
Cf Tönnies : passage de Gemeinschaft (relations sociales basées sur
l’affectivité, l’esprit de groupe et l’interconnaissance) à Gesellschaft
(relations sociales formelles, contractuelles et fondées sur l’intérêt).

Constat suivant : plus la société se développe, plus on assiste à une


division du travail social, ce qui signifie que plus les spécialisations des
rôles sociaux est poussée.
Exemple du métier politique : au Moyen-Âge était exercé par un homme
qui était tout à la fois un guerrier, un entrepreneur économique et un juge,
est aujourd’hui l’affaire de spécialistes qui ne font que de la politique.
>Il y a eu une division du travail social + spécialisation croissante des
tâches.
>multiplication impressionnante des activités.
.Exemple du seul secteur de l’activité politique : s’est différencié des
autres secteurs d’activités (religions, économie etc), on a vu apparaître
spécialistes de l’activité politique
+ seconde division du travail à l’intérieur même de ce secteur d’activité :
apparition des journalistes politiques, puis des conseillers en
communication politique, ou encore celle des professeurs de sociologie
politique.
>Il en va ainsi de tous les autres secteurs d’activité : au fur et à mesure
que le temps passe, ont tendance à connaître une division du travail et
une spécialisation des tâches de plus en plus poussée.

►Emergence de l’Etat est directement liée à ce processus global :


« Plus les sociétés se développent, et plus l’Etat se développe. […] Ses
fonctions deviennent plus nombreuses, pénètrent davantage toutes les
autres fonctions sociales qu’il concentre et unifie».
>Si l’Etat voit le jour c’est pour contrebalancer cette implosion de la
société en de multiples secteurs d’activités plus ou moins autonomes ;

12/69
Sociologie de la politique

pour donner de la cohérence au fonctionnement social, coordonner les


activités de la société
>L’Etat s’analyse comme l’organe central, chargé d’établir et de maintenir
des relations de solidarité entre les membres de la société.

Elle met en avant la fonction de cohésion sociale assurée par l’Etat. Elle
indique que son apparition a quelque chose à voir avec un processus de
rationalisation. Mais cette analyse n’est pas exempte de critiques. Elle
repose en fait sur une vision fonctionnaliste de l’Etat : explique
l’émergence de l’Etat par sa fonctionnalité (c’est parce que l’Etat remplit
une fonction bien précise qu’il est apparu). Ce faisant, cette analyse donne
à penser que l’avènement de l’Etat était quelque chose de nécessaire,
voire d’inéluctable. Or cela n’est pas le cas : l’Etat est le produit d’une
histoire particulière.

II. L’Etat et le processus de rationalisation (M. Weber) :


L’analyse de Weber prolonge celle de Durkheim mais en rejette tout
l’aspect fonctionnaliste : l’émergence de l’Etat moderne ne répond pas au
problème de la division croissante du travail, elle s’inscrit bien plutôt dans
un processus de rationalisation des modes de domination, dont l’Etat n’est
que l’expression la plus achevée.
>La genèse de l’Etat moderne est liée à l’invention d’un nouveau mode de
domination qualifié de rationnel.

A. Rationalisation des activités sociales :


Phénomène perceptible dans tous les secteurs de la vie sociale :
- science (usage des maths et de l’expérimentation)
- économie (simple souci de production immédiate remplacé par travaux
de prévision et maximisation des rendements, du profit)
- sphère administrative et politique : naissance puis essor de la
bureaucratie. Tâches et fonctions administratives tendent à être confiées
à des acteurs choisis pour leur compétence et non leur proximité avec les
dirigeants ou par mise aux enchère (vénalité des offices)
- droit : échappe à la coutume et à l’arbitraire du Prince pour être déduit
de principes généraux dits universels
- l’art : normes et règles s’imposent dans la peinture (règles de
composition des tableaux, de la perspective…) ou la musique (systèmes
de notation musicale, d’harmonies, de règles de composition…).
.Rationalisation des conduites individuelles : « actions rationnelles en
finalité » tendent à occuper de plus en plus de place, à s’imposer dans de
plus en plus de secteurs
cf Elias : développement de l’autocontrainte contre le déchaînement des
pulsions et contre leur contrôle par une coercition externe.

. « Désenchantement du monde » : temps long du monde occidental


marqué par un recul progressif de la magie, du mystère et du sacré au
profit de la raison, explicatrice et démystificatrice. Exemple : explications
mythologiques et merveilleuses de la naissance du monde engendré par
les dieux laissent place à la théorie du big bang ; sécheresse n’est plus

13/69
Sociologie de la politique

une punition divine et nul ne croit plus dans l’efficacité des danses de la
pluie ; médecine moderne a supplanté les pratiques chamaniques etc.
>idem pour le politique : régimes politiques fondés sur la raison
(démocratie) l’emportent sur des modes de domination fondés sur la
croyance en un ordre ou une volonté divine
>mouvement ambivalent : accroît prévisibilité du monde et la capacité de
l’homme à agir sur la nature / conduit à démystification, perte de la magie
qui s’apparente à une perte de sens
cf Aron : « ce qui singularise l’univers dans lequel nous vivons, c’est le
désenchantement du monde. La science nous accoutume à ne voir, dans
la réalité extérieure, qu’un ensemble de forces aveugles que nous
pouvons mettre à notre disposition, mais il ne reste plus rien des mythes
et des dieux dont la pensée sauvage peuplait l’univers. En ce monde
dépouillé de ses charmes et aveugle, les sociétés humaines se
développent vers une organisation toujours plus rationnelle et toujours
plus bureaucratique ».

B. La domination :
Puissance selon Weber = la chance de faire triompher sa propre volonté
au sein d’une relation même contre des résistances (définition très proche
de celle du pouvoir)
# domination = la chance de trouver des personnes déterminées à obéir à
un ordre de contenu déterminé.
Domination = « ascendant exercé par le détenteur d’un pouvoir
quelconque qui conduit ceux auxquels il s’adresse à lui reconnaître une
supériorité qui justifie son rôle de commandement ou d’orientation et […]
entraîne l’obéissance consentante ».
- La domination repose sur la reconnaissance et l’acceptation des ordres
reçus.
- Repose sur la croyance, et plus précisément, sur la croyance dans la
légitimité du pouvoir.
Domination suppose consentement de celui qui obéit et légitimité de celui
qui commande.
- Deux éléments sont indissociables : le consentement fonde la légitimité.
Légitimité = « qualité du pouvoir dont l’acceptation se fonde non sur la
coercition comme ressource première, mais sur le consentement réputé
libre de la population qui s’y trouve soumise ».
Légitimité reconnue du pouvoir induit le consentement.

2 apports de cette approche de la domination :


Souligner l’importance de la croyance dans la relation de pouvoir : le
pouvoir repose en fait moins sur la force et l’intimidation de ceux sur
lesquels il s’exerce que sur l’acception par ces derniers du bien fondé de
ce pouvoir qui les assujettis.
- Les dominés ne sont pas entièrement passifs dans la relation de pouvoir :
jouent un rôle important, tout aussi important que les dominants qui,
comme eux, sont persuadés de leur légitimité à exercer leur pouvoir.
- Derrière cette notion de domination a priori anodine, c’est toute une
conception de la relation de pouvoir qui se trouve chamboulée.

14/69
Sociologie de la politique

Notion permet aussi de mieux cerner les fondements de l’ordre étatique :


c’est justement sur la relation de domination, et non pas sur la puissance,
que repose fondamentalement le pouvoir de l’Etat – du moins dans les
sociétés démocratiques.
>il suffit qu’un Etat utilise ses moyens de cœrcition pour qu’il soit perçu
comme fragile : c’est quand un Etat utilise la force dont il dispose que son
pouvoir apparaît le plus fragile.
► L’Etat est le cadre par excellence dans lequel s’exerce le fait de
domination. Son pouvoir repose sur la reconnaissance de son autorité, càd
sur le fait que son pouvoir est considéré comme légitime.
Il n’existe pas qu’un seul mode de domination mais plusieurs : la légitimité
de l’Etat, càd cet ensemble de croyances qui justifient le pouvoir des
gouvernants, n’est pas intangible et universelle. Bien au contraire, cette
légitimité évolue constamment : à chaque époque de l’histoire politique
correspond ainsi un certain type de domination, càd un certain mode de
légitimation du pouvoir politique.

Idéal-type = instrument de recherche, guide dans la construction des


hypothèses.
- Permet de rendre compte de l'aspect original, singulier d'un fait social,
mais ne se confond pas avec lui.
- Concept forgé par le chercheur, reconstruction théorique de la réalité qui
a pour but de mesurer l'écart entre celle-ci et le modèle.
- Accentue les traits d'un phénomène social pour mieux le comprendre.
Weber définit trois types de domination (charismatique, légal rationnel et
traditionnel) dont il ne prétend pas qu'ils existent dans la réalité politique.
Economie et Société, 1922 :

1. La domination charismatique :
Ce type de domination correspond aux groupements de domination fondé
sur la soumission personnelle et directe de ses membres à un personnage
investi de charisme.
Charisme = « la qualité extraordinaire (de celui-ci) qui est pour ainsi dire
doué de force ou de caractère surnaturel, surhumain ou tout au moins en
dehors de la vie quotidienne, inaccessible au commun des mortels, ou
encore qui est considéré soit comme envoyé par Dieu, soit comme un
exemple et qui est en conséquence considéré comme un chef ».
Autour du chef se crée une "communauté émotionnelle" dans laquelle,
contrairement aux autres, il n'existe pas de règles.
>L'autorité est alors déléguée par le chef à ses hommes de confiance.
Domination charismatique = « soumission extraordinaire au caractère
sacré, à la vertu héroïque ou à la valeur exemplaire d’une personne, ou
encore émanant d’ordres révélés ou émis par celle-ci ».
Communauté de fidèles :
- reconnaissance de la valeur exceptionnelle du chef implique l’obéissance
et la fidélité dans l’obéissance.
- gouvernés partagent une foi commune en la valeur extraordinaire du
leader.
Mais ce type de domination est par essence instable car il est construit par
la négation et destruction de l’ordre précédent : sous peine de disparaître,

15/69
Sociologie de la politique

soit mobilisation permanente des masses (guerre), soit « routinisation du


charisme » : aura faiblit, mort du chef.
Exemple : Napoléon Bonaparte, qui fonde une dynastie impériale, crée un
ordre impérial et construit par la suite une bureaucratie moderne et un
droit codifié.
>Recherche d’un autre mode de domination = traditionnel ou rationnel
légal.

2. La domination traditionnelle :
Est établie par « le caractère sacré de dispositions transmises par le temps
et les pouvoir du chef (…) déterminé en vertu de la dignité personnelle qui
lui est conféré par la tradition ».
C'est sur le respect de la coutume, enraciné dans le temps, qu'est fondé
ce système.
>Dans ce type de domination, la légitimité du pouvoir repose sur
l’adhésion au bien fondé de dispositions qui sont essentiellement
transmises par le temps et qui sont en outre considérées comme sacrées.
Les relations entre le prince et les sujets ne sont nulle part codifiées, c'est
la tradition qui guide le comportement des individus.
Ce qui fonde le « droit » des gouvernants à diriger = sainteté des
traditions, « légitimité de ceux qui sont appelés à exercer l’autorité par
ces moyens »
+ ce qui fonde l’obéissance consentie des gouvernés à cette direction =
conformité de leur désignation aux traditions reconnues au sein du
groupe.
>tradition est conforme à un système de valeurs et de croyances
religieuses qui donnent au chef une dignité personnelle, un caractère
sacré
Un lien personnel d’allégeance unit les membres du groupe au chef : on
obéit à la personne du chef et pas à des ordres ou règlements particuliers
>le chef ne dispose pas d'une direction administrative personnelle et
lorsqu'il existe un embryon d'administration, les titulaires de fonction le
sont du fait de la relation qu'ils entretiennent au chef dans le cadre des
règles de la tradition (membres de la famille, du clan, esclaves...).
Etat patrimonial = monarchie féodale en Europe occidentale entre IXème-
XIIIème siècle.

3. La domination légale-rationnelle :
Celle de l'Etat contemporain en Occident. La légitimité de l'autorité est
fondée sur le consentement des gouvernés à un ordre légal, rationnel et
impersonnel.
>On n’obéit pas au dirigeant mais à des règlements impersonnels.
Domination repose sur « un droit établi rationnellement et composé de
règles abstraites, impersonnelles, logiquement agencées auxquelles obéit
le détenteur légal du pouvoir lorsqu'il ordonne et le membre du groupe
auquel s'applique l'ordre légal ».
La légitimité et la légalité se confondent : ce qui fonde la légitimité du
pouvoir c'est la légalité et le droit.
>ceux qui subissent le pouvoir obéissent moins à des personnes qu’à des
règles.

16/69
Sociologie de la politique

2 éléments fondent la légitimité et l’obéissance volontaire :


- conformité à la loi de la désignation des modes de désignation des
dirigeants
- conformité à la loi des procédures de décision

C. La rationalisation des modes de domination :


L’émergence de l’Etat correspond à une rationalisation des modes de
domination = passage d’une mode traditionnel à un mode légal-rationnel.
Ce qui caractérise le plus l’Etat moderne = la bureaucratie = forme
d’organisation particulière qui possède les 4 traits suivants :
- l’existence de procédures écrites, c'est-à-dire de règles prévues qui
organisent et régissent les actes des agents de l’Etat = ce qui rend difficile
l’arbitraire ;
- la séparation entre titulaire de la fonction et la fonction = ce qui veut dire
que la fonction perdure par-delà ceux qui occupent le poste (continuité de
l’Etat qui se traduit par le fait que la présidence de la république perdurent
au delà du président) ;
- la hiérarchisation des fonctions qui donne à la bureaucratie une forme
pyramidale = et qui implique un contrôle permanent des actes accomplis
au sein de la bureaucratie
- l’exercice des fonctions par des personnes recrutées de manière
anonyme et sur concours = ce qui accroît l’efficacité de l’Etat dans la
mesure où ses agents ont donc une formation spécialisée dans les tâches
pour lesquelles ils ont été recrutés.
L’Etat moderne, dans la mesure où il s’organise de manière
bureaucratique, est l’expression d’une rationalisation des modes de
domination.

Double vertu de cette analyse pour l’analyse sociologique du pouvoir :


Prend en compte les phénomènes de croyances, donne à réfléchir sur la
relation entre le droit et la légitimation du pouvoir politique. Ce qui fonde
la légitimité de l’Etat aujourd’hui c’est le droit : le droit serait l’instrument
de légitimation privilégié du pouvoir politique contemporain (cf. Etat de
droit); quant aux juristes, ils seraient ni plus ni moins des agents de
légitimation du pouvoir !
Bien sûr le droit n’est pas que ça puisqu’il est d’abord et avant tout une
contrainte, qui vient limiter l’action de ceux qui exerce le pouvoir. Mais
l’analyse de Weber donne à voir le droit sous un double éclairage original
= à la fois contrainte et ressource pour l’Etat.
Mais 2 défauts de cette analyse :
- Schéma évolutionniste un peu simplificateur :
- On serait passé d’un type de domination charismatique à un type
traditionnel pour aboutir au légal-rationnel.
- Mais ce schéma évolutionniste ne résiste pas à la confrontation avec
la réalité.
Exemple général de Gaulle : son pouvoir était en grande partie de nature
charismatique. En tout cas, c’est parce qu’on pensait que lui seul avait les
qualités nécessaires pour régler le problème algérien qu’il a été rappelé au
pouvoir en 1958. mêle différents types de domination : légale-rationnelle
(nouvelle Constitution), charismatique (appel au soutien personnel du

17/69
Sociologie de la politique

peuple, recours au référendum en mettant son mandat en jeu…). Quitte le


pouvoir sur le constat de l’affaiblissement de son charisme.
La relation de pouvoir, lorsque l’on est dans un mode de domination légal-
rationnel, peut très bien reposer sur la croyance dans le charisme d’un
homme. S’il y a effectivement eu rationalisation des modes de domination,
cette tendance générale n’empêche toutefois pas les autres modes de
persister. Weber ne nous dit pas comment s’est opérée cette
rationalisation.
Constate l’évolution sans proposer d’explication, sans dire en particulier
quels sont les facteurs qui ont conduit à l’émergence de la bureaucratie.
Pour comprendre davantage ces mécanisme, il faut se pencher sur
l'histoire concrète et sur les éléments qui ont conduit - et même provoqué
ce processus de rationalisation.

Section II. Les théories contemporaines :

I. N. Elias : La dynamique de l’Occident en 1975 :


Né en Allemagne dans une famille juive, a dû s’exiler à cause du nazisme.
A fait des études de médecine et de philosophie. Puis sociologie.
S’intéresse sur la naissance de l’Etat moderne en France. S’appuie sur les
analyses de Weber. Pour Weber, l’Etat est une organisation qui a le
monopole de la coercition soit de la violence physique. Mais ne dit pas
comment ce processus s’est déroulé. Elias va montrer dans un cas unique
soit la France, comment la Création de l’Etat en France est le résultat de
lutte qui a opposé divers acteurs politiques (les rois de France et les
seigneurs féodaux) pendant près de 4 siècles. Monopolisation des moyens
économiques, financiers et militaire. Entre le 12ème et 16ème siècle,
processus d’oppositions entre ces derniers qui voulaient avoir le dessus
les uns sur les autres pour avoir le monopole des ressources.
La création de l’Etat, résultat involontaire de ce processus (concentration
du pouvoir par le Roi). L’Etat s’explique par ces luttes qui ont conduit la
concentration des pouvoirs dans les mains de l’Etat.

A. La société féodale :
On parle de système politique entre le 6ème et 9ème siècle en Europe de
l’Ouest. Qui commence avec la chute de l’Empire romain de l’occident qui
a lieu en 476. Multitude de royaumes qui existent. Sur la partie Ouest de
ce continent, constitution d’un vaste royaume (France et Belgique) soit le
royaume des Francs. Ensuite, dynastie des capétiens.
Structure pyramidale avec un serment de fidélité qui est rendu au
souverain. Mode d’exercice du pouvoir très contradictoire. Roi au sommet,
qui a des vassaux qui eux même ont des vassaux. Pense que le Roi très
puissant. Pourtant chaque vassal du Roi est indépendant sur son territoire
et peut s’allier avec d’autres vassaux. Concentre des moyens
économiques sur son fief. Peut lever des troupes. Le pouvoir est
complètement morcelé en réalité. Ce sont les vassaux du Roi qui vont
exercer le pouvoir comme il le souhaite. On appelle cela phénomène de
patrimonialité du fief.
Le Roi, sur le plan pratique, a peu de pouvoir et est un seigneur parmi
d’autre avec un domaine à lui. Son pouvoir est menacé par les seigneurs

18/69
Sociologie de la politique

qui sont insoumis et qui vont essayer de gagner le pouvoir au détriment


des autres et du Roi.
Situation où l’économie est agraire. Repose sur la possession de la terre et
non de la monnaie.
L’Eglise est la seule source d’unité culturelle. Elle est un acteur politique
car contrôle des territoires et est source de légitimité pour les autres
acteurs politiques.
Elias considère que ces caractéristiques expliquent pourquoi au fil du
temps on va avoir une unification du territoire euro dans de grandes
entités politiques. Le roi va essayer de s’approprier le monopole de la
violence pour éviter d’être menacé ainsi que celui de la fiscalité (l’impôt).
Cela va lui donner des ressources. Ce processus est lié les uns aux autres.
L’armée fait en sorte que les gens payent bien leur impôt donc
développement de l’armée.

B. La phase absolutiste :
1. Monopolisation du pouvoir politique :
12ème
siècle jusqu’au 16ème siècle. 2 grandes périodes :
- 12ème et 14ème siècle, le roi réussit à conquérir son royaume avec la
loi du plus fort. Lutte avec la ressource de la terre, pour conserver
ou acquérir des territoires. Faut acquérir des terres cultivables pour
nourrir sa population. A la fin, les plus faibles sont éliminés. Petit à
petit, fusion de ces fiefs très nombreux qui fait qu’à la fin du 14 ème
siècle, plus que 2 maisons qui s’affrontent : les Plantagenets (=rois
d’Angleterre) et les Capétiens (=rois de France) avec la guerre de
100 ans. On ne parle pas encore d’Etat à ces époques. C’est un
patrimoine privé des capétiens considéré comme un royaume.
- 14ème et 16ème siècle, Petit à petit, luttes qui émergent au sein de la
famille royale. Création de la pratique de l’apanage c'est-à-dire
distribution d’une partie des terres au fils ainé de la famille. Source
constante de litige entre les membres de la famille royale. Au 15 ème
siècle, successions de conflits et le Roi va finir par se rendre compte
de la nécessité de développer un autre moyen de rétribution entre
les membres de sa famille soit la monnaie. Conséquence politique
importante. Le roi va pouvoir garder le monopole du pouvoir de
manière plus stable.

Au 17ème siècle, stabilisation du monopole du pouvoir grâce à l’échange


monétaire. Le roi peut donner des rentes à ses enfants. Peut contrôler ses
enfants. Il peut contrôler également contrôler les nobles. Relation entre le
roi et les nobles. Les nobles au départ, c’était des seigneurs donc
indépendant du roi. Puis les nobles rejoignent la Cour du roi (courialisation
de la noblesse). Deviennent plus ou moins les serviteurs du roi. Ils étaient
sous la coupe du roi. N’ont plus de revenus indépendants. La Cour est un
instrument de domination de la noblesse. Elle perd son autonomie.
La bourgeoisie et le clergé. Le roi va essayer de maintenir une lutte entre
la noblesse et la bourgeoisie. Le roi est une sorte d’arbitre pour qu’ils ne
s’allient jamais contre le roi. Va accorder des privilèges en matières
économiques et commerciales à la bourgeoisie. Va intégrer
l’administration du royaume.

19/69
Sociologie de la politique

Privilège à la noblesse comme ne pas payer d’impôts.


Le roi a réussit à assujettir tout le monde.

2. La socialisation du monopole :
Début au 17ème siècle. Déclin de la puissance du roi. Apparition de l’Etat
moderne. Le roi va perdre une partie de sa puissance au profit d’un être
abstrait qui est l’Etat. Il besoin d’hommes pour gérer son domaine, devient
dépendant de cette administration embryonnaire. Par conséquent, le roi a
transféré une partie de son pouvoir. Cela devient une affaire collective. Il
ne peut plus seul gérer son royaume donc développement de
l’administration.
Le roi a besoin de rémunérer ses administrateurs, besoin de plus de
ressources, donc plus d’impôts. Cela devient quelque chose de
permanents. Besoin d’intendants permanents (collecteur d’impôts).
Naissance d’une vraie administration. Petit à petit, apparition d’une sphère
d’activité politique qui se détache du roi. Le roi perd son monopole car il
n’est plus le seul à exercer son pouvoir politique.

Processus d’autonomisation du politique par rapport à la personne du roi


qui a 3 dimensions :
- Fin de l’idée que le royaume appartient au roi. Plus de domination
patrimoniale. Distinction entre l’Etat et ceux qui exercent le pouvoir.
L’autorité du roi est perçue comme une autorité du père. L’administration
du royaume devient une administration publique. Les revenus et les taxes
ne sont plus les revenus personnels du roi mais directement utilisé pour la
gestion du royaume, l’entretien de l’administration… Le roi n’a plus la
maitrise totale des revenus du royaume. C’est là dépatrimoinisation. Le
royaume fonctionne indépendamment du roi. Distinction entre le public et
le privé. Consolidation de la légitimité du pouvoir en reliant les sujets à
quelque chose de plus grand que le roi dans le temps et dans l’espace.
Permet à cet Etat naissant de s’inscrire dans la durée et d’être remis en
cause à chaque mort d’un roi. Distinction cruciale. Petit à petit, espace
abstrait qui a un royaume et des ressources que le roi ne peut utiliser à sa
guise.
- Le politique va s’autonomiser par rapport au reste de la société c'est-à-
dire que l’Etat n’est pas la chose de la bourgeoisie. C’est ne pas leur
instrument. L’Etat a une logique spécifique qui a une raison. Les groupes
sociaux vont essayer d’influencer l’Etat mais il surplombe tous les groupes
sociaux. L’Etat devient un arbitre entre les groupes sociaux. Entretient un
équilibre entre les groupes. Les agents de l’Etat effectuent des taches
d’administrations, de contrôles… faits auparavant par d’autres groupes
sociaux. Garde l’indépendance des agents car ils servent l’Etat. Le pouvoir
étatique réussit à gagner, contrôle l’ensemble du territoire.
- Autonomisation par rapport au religieux. Autonomie et légitimé propre.

 La sphère politique échappe à la domination du roi à travers cette


naissance de l’administration. Etat : résultat d’une dynamique guerrière.
Intervention d’autres sphères comme l’économie avec la monnaie.

20/69
Sociologie de la politique

Analyse plus concrète, ancrée dans un processus historique. Montre que


l’Etat est le résultat de contingents. Montre pourquoi il est comme ça
aujourd'hui. Il est beaucoup moins déterministe. Explique pourquoi il
existe différentes formes d’Etat. Cependant, on ne peut pas généraliser
son analyse. Par conséquent, si on s’intéresse à d’autres Etats dans
d’autres sociétés, on ne peut appliquer son analyse car spécifique à la
France.

II. Wallenstein : le poids de l’économie :


Analyse marxiste de la création de l’Etat moderne. Met en avant un
phénomène économique qui est l’avènement du capitalisme. Pour Marx,
l’Etat moderne, c’est un instrument qui sert les intérêts d’une classe
sociale soit la bourgeoisie. C’est une machine institutionnelle. C’est un
outil de domination d’une classe sur la société. Classe déterminée par sa
position économique et le fait qu’elle possède les moyens de production.
Pour Marx, l’Etat est dû à la lutte entre la noblesse et la bourgeoisie.
Wallenstein s’inscrit dans l’analyse de Marx. Pour lui, c’est l’apparition du
capitalisme marchand qui a contraint les Etats occidentaux à sortir du
système féodal mais aussi une ressource (matérielle, financière et
symbolique). Interdépendance entre l’Etat moderne et le capitalisme.
Chacun a besoin de l’autre pour se stabiliser et se renforcer.
L’Etat a soutenu, dans de nombreux contextes, le développement du
capitalisme. Ex : développement des infrastructures… L’Etat a incité au
développement de l’industrie, à la modernisation des techniques
productions, d’où l’exode rural et le développement de l’industrie dans les
villes.
Joue un rôle important dans le développement du capitalisme avec les
expéditions coloniales pour avoir de nouveaux débouchés.
L’Etat organise ses actions pour renforcer le capitalisme et sa propre
puissance.
Le capitalisme a donné à l’Etat de nombreuses ressources.
Permet de comprendre que certains Etats soient plus centralisés que
d’autres. Grande différence entre l’Europe occidentale, centrale et
orientale. Distinction entre les Etats du centre et de la périphérie.
Analyse qui pose plusieurs problèmes. Vision très économissiste de
l’histoire de la politique car seule l’économie permet de comprendre
l’histoire de la politique. Il oublie que l’Etat s’est structuré bien avant le
début du capitalisme (13ème siècle) soit pendant une économie agraire soit
forte rurale. Puis, il considère que dans tous les cas, l’Etat a toujours
soutenu le capitalisme, ce qui n’est pas vrai, pendant très longtemps il a
soutenu le monde rural pour éviter des crises urbaines, de subsistances.
L’Etat a aussi protégé les intérêts spécifiques face aux intérêts privés des
bourgeois. Sa typologie des Etats du centre et de la périphérie. Ce nets
pas dans les pays où est né le capitalisme qu’on trouve les Etats les plus
forts (ex : en GB). Ne prend pas en compte les contextes particuliers de
chacun des Etats.

III. La sociologie de l’Etat chez B. Badie : le poids du


religieux :

21/69
Sociologie de la politique

Lié à une culture politique particulière et le produit d’une histoire de


l’Europe occidentale chrétienne à l’époque de la Renaissance. Ce n’est pas
hasard si l’Etat est apparu. Il est apparu en opposition à l’Eglise. 2
sphères : politique et religieuse. Au fur à mesure du temps, l’Etat a imité la
structure catholique de l’Eglise.
Concurrence entre le pouvoir politique et Eglise catholique. C’est pour se
protéger de l’ordre religieux que les monarques ont créé l’Etat. Il se
comprend comme une forme d’organisation politique qui s’affirme face au
pouvoir religieux. Rupture de la politique et le religieux qui a permit la
création de l’Etat. La spécificité de l’Etat moderne est l’histoire de l’Eglise
catholique qui a joué un rôle crucial dans le développement de l’Etat en
Europe occidentale.
S’est développé dans un cadre qui n’était pas stabilisé. Essor de l’Eglise à
partir du 4ème siècle. Elle s’est construite hors de toutes structures
politiques donc autonomes. Pour se stabiliser, l’Eglise a inventé un mode
d’organisation très centralisé et hiérarchisé face à un pouvoir politique
très morcelé. Au fil du temps, l’autonomie de l’Eglise était de plus en plus
menacée face au politique. Concurrence entre l’Eglise et le politiqué qui
s’est développée. Forme du partage du pouvoir entre l’Eglise et le
politique dans un rapport d’égalité (pas de domination) et l’un avait besoin
de l’autre. Système politique scindée entre le politique en tant que telle et
le pouvoir religieux.
La querelle des investitures : né à la fin du 11ème siècle. Opposition entre le
pape Grégoire VII et l’empereur Henri IV. Henri IV voulait nommer les
évêques soit régir l’église à sa manière donc dominer les principales
figures de l’Eglise. Le Pape a interdit cette pratique et donc Henri IV a
forcé le pape a démissionné. Henri IV a été abandonné par ses fidèles en
suivant le pape et a dû s’excuser face à lui. Henri IV a gagné face au Pape
mais sur court terme car après accord entre le pape suivant et le roi
suivant.
A la fin du 11ème siècle, tension très forte entre ces deux ordres. L’Eglise a
aussi essayé, sous l’influence de Grégoire VII, de se restructurer pour
d’avantage contrôler les prêtres. Au sein de l’Eglise est nait l’idée de
hiérarchie verticale avec le pape au sommet.
Notion de souveraineté est nait dans l’Eglise. L’Etat a limité l’organisation
de l’Eglise. Revendication de l’autonomie du politique en prenant le
modèle bureaucratique de l’Eglise pour mieux la contrer.

L’Etat moderne n’est pas lié à un phénomène universel. Inventé par


l’Eglise. Légitimisation du pouvoir religieux pris par le politique.

S’intéresse à la forme de l’Eglise en tant qu’institution. Met l’accent sur un


phénomène qui a contribué à l’émergence de l’Etat. D’une société à
l’autre, pas même processus historique. La naissance de l’Etat moderne
correspond à 3 phénomènes :
- Professionnalisation des agents administratifs et politiques. Au fil du
temps, apparition d’individus dont la profession est d’exercer le
pouvoir politique. Apparition d’élus qui tient le revenu de la
politique.

22/69
Sociologie de la politique

- Phénomène de centralisation de la violence physique et de manière


plus générale la coercition. Les même normes juridiques sont
exercées par tous et de la même façon.
- Phénomène d’institutionnalisation du politique. Le pouvoir n’est plus
exercé à titre personnel comme dans la monarchie mais selon des
règles juridiques. Weber parle de domination légale (loi) et
rationnelle (raison).

Chap. 2. L’EMERGENCE DE LA COMPETITION POLITIQUE


DEMOCRATIQUE :

Comment votait-on au 19ème siècle ? Vote quelque chose de très important


qui pouvait donner lieu à la violence. N’était pas aussi pacifique
qu’aujourd'hui. Avant voter avait un cout économique et demandait un
niveau d’instruction que n’avait pas forcement toute la population.

Section 1. La compétition politique en régime censitaire :

1814-1830 : Monarchie constitutionnelle. Met en place une vie politique


démocratique. Principe de la représentation installé. La compétition
politique émerge en France.

I. La démocratisation relative de la compétition politique :


Charte : Garanti de libertés fondamentales comme la liberté de la presse,
d’opinion. Reconnaissance de la pluralité des pouvoirs. Institution d’une
représentation politique avec un Parlement bicamérale (la Chambres des
Pairs et la Chambre des Députés).
Ces représentants étaient élus par un régime censitaire soit un droit de
vote restreint par la fortune (dépend du montant de l’impôt qu’on payé).
Pour être éligible, il fallait acquitter 1000frs d’impôts. Mais le seuil fut plus
souple par la suite (5O0frs pour être éligible).
La compétition politique concernait une minorité de personnes. 250 000
électeurs pour 32 millions d’habitants. Moins de 600 inscrits sur les listes
électorales. Les candidats étaient pas très nombreux également.

II. Les pratiques politiques que le suffrage censitaire


permettait :
Compétition électorale spécifique avec 2 caractéristiques principales :
- le marché peut concurrentiel.
- la relation entre les électeurs et les élus est de nature clientélaires.

A. Un marché peut concurrentiel :


Concurrence très faible. Les élus de l’époque étaient dans une situation de
monopole locale. Elue souvent dès le premier tour. Souvent il n’avait pas
d’adversaire.
Les élus appartiennent à la classe sociale les plus privilégiés qui vivent de
leur rente soit les grands notables. Appartiennent à une classe sociale
dominante sur le plan politique, économique et sociale. Se distingue de
nos professionnels de la politique d’aujourd'hui :

23/69
Sociologie de la politique

- Pas même rapport à la politique. Pour eux, c’est une activité


secondaire. Ont des ressources ailleurs. Ceux sont des amateurs.
- Utilisent leurs ressources personnelles pour la compétition
électorale. Utilisent leur notoriété. Ce sont des ressources
individuelles. Ne se font pas élire pour des grands principes mais
pour leur nom.

B. Une relation clientélaire :


Le lien électoral repose sur des relations interpersonnelles entre les
électeurs et les élus. Ils se connaissent personnellement. Ce qu’échangent
les électeurs et les élus, ce sont le vote. Ce vote s’échange contre des
biens qui ne sont pas spécifiquement politiques. Ont une valeur dans la vie
sociale en général. Ce sont des biens privatifs soient réservés à l’électeur.
Ex : propose de l’argent pour envoyer son enfant à l’école.
On échange des biens qui ont une valeur hors de la sphère politique.
Existe des biens collectifs offerts aux électeurs. Ex : construction d’une
route…
L’offre électorale repose sur des biens qui ont une valeur marchande. On
récompense son électeur.
C’est une compétition politique complètement à titre individuel car pas de
partis politiques tels qu’on les conçoit aujourd'hui. Pas d’organisation
structurée.
Les députés sont complètement libres de leur vote.
Les partis politiques sont vus comme de façon très négative car ils sont
perçus comme des lieux de divisions. Ne sont pas favorables au
développement des partis.
Une compétition qui est restreinte à une poignée d’acteurs qui s’appuient
sur des ressources individuelles et qui n’ont pas de programmes,
d’organisation politique. Echange de bien avec les électeurs qui ne sont
pas des biens politiques.

Section 2. Extension du suffrage et transformation de la


compétition politique :

Introduction : vote et citoyenneté :

Instauration en 1848 du suffrage universel masculin. Explosion du corps


électoral car on passe de 250 000 à plus de 10 millions d’électeurs. Une
relation clientélaire difficile à instaurer. Change les conditions d’exercice.
Le fonctionnement du marché électoral va évoluer. Les conditions de la
mobilisation des électeurs vont changer. Ils vont devoir faire campagne en
utilisant des biens politiques c'est-à-dire des programmes politiques dans
lesquels on va promettre des biens collectifs (=valeur d’égalité, de la
laïcité…). Biens partagés entre les électeurs et sont symboliques car sont
immatériels.

Le personnel politique va changer sur le plan de la composition sociale. On


remarque des professionnels de la politique (= individu qui vive pour et de
la politique). Change la composition sociale de l’Assemblée. Apparition de
bourgeois et des professions intellectuels, libérales (avocat, médecin,

24/69
Sociologie de la politique

professeur). Ce sont tout de même des catégories sociales relativement


élevées. C’est un début de la démocratisation du personnel du politique.

Sous l’impulsion de ce nouveau personnel, la compétition électorale va se


politiser. Avec l’entrée d’individus moins riches, on va échanger sur le
marchand des biens politiques collectifs c'est-à-dire des programmes
politiques. Va avoir des répercutions énormes sur comment faire de la
politique et devenir candidat. Les campagnes électorales sont très
couteuse avec en organisant des meetings, distribution de tracs… Par
conséquent, création de partis politique qui vont leur apporter des
ressources nécessaires que n’avaient pas au départ les candidats. Les
candidats vont devoir s’appuyer sur des partis politiques.

Changement du mode de scrutin. Transformations qui ont eu lieu à la fin


du 19ème siècle. Dès le coup d’état en 1851, la compétition politique est à
nouveau verrouillée. Système de la candidature officielle qui orient le
choix de l’électeur. Sous la IIIème République, le suffrage universel est
libéré de ses entraves.
Ces transformations se font lentement car on peut décréter du jour au
lendemain quelque chose que dès la prochaine élection cela va changer.
Nécessite un processus d’apprentissage du vote fait à l’école avec des
cours d’instruction civique. Apprend que le vote est aussi un devoir.

I. L’apprentissage du vote :
A. Les limites à l’exercice du droit de vote :
1840 : forte participation puis milieu du 19ème siècle, les nouveaux
électeurs ne votent pas. Apparition de l’absentions électorale.
Explications :
- Lié à l’organisation du scrutin (coute cher d’aller voter). On parle de
vote communautaire (on vote ensemble). C’est une pratique
collective.
- Une incompétence électorale. Les gens ne savent pas voter.
Problème d’analphabétisme.
- Beaucoup de bulletins nuls. L’usage du bulletin de vote n’est pas
compris.
- Beaucoup pensent que cela ne sert à rien. Le vote est une
cérémonie abstraite. Le vote est différents des expressions
traditionnels politique de l’époque.
Avant, le vote était indiscipliné et spontané. Ils doivent choisir des
candidats qu’ils ne connaissent pas.

B. La domestication des électeurs :


Nécessite un apprentissage fait à l’école primaire. 3 dimensions de cet
apprentissage :

1. Sacralisation du vote :
Repose sur la conviction de la légitimité du vote. Veut qu’il acquière une
valeur sacrée.
Vote : expression politique le plus légitime car est pacifique et prévisible.
Les formes traditionnelles d’expression politique (émeute) sont vues

25/69
Sociologie de la politique

comme négatives. On essaye de modifier la culture traditionnelle politique


dans les milieux les plus défavorisés.

2. Pacification du vote :
Il pacifie la société. Dès la Révolution, on essaye d’exclure la violence pour
rendre l’acte plus solennel. Essaye de pacifier l’ordre politique. Le vote est
un substitue efficace. Progressivement la violence électorale diminue.
C’est une violence symbolique, verbale qui s’instaure. Une compétence
politique qui se construit avec des règles. Existe des affrontements mais
qui restent verbales.

3. Le secret du vote :
Garantie l’autonomie de l’électeur sans être soumis à des pressions
morales, physiques et matérielles.
Dès la Constitution de 1795 mais en pratique dès 1913. Avis très partagé.
2 conceptions du vote :
- Secret : l’électeur doit voter de manière rationnelle et autonome.
- Public : Sartre, permet d’éviter la trahison et garde une cohésion
dans les groupes sociaux.
Les notables ont résisté pendant longtemps au vote secret. Il a fallut
attendre le renouvellement des acteurs politiques sous la IIIème
République pour voir apparaitre le vote secret. On parle de pratique
individuelle. Avènement d’une société individualiste.

II. Transformation des candidats et ajustement des


stratégies de conquête :
Dès 1848, une forme de compétition clientélaire qui persiste. On continue
à acheter le vote.
Dès la IIIème République, démocratisation des personnels politiques. De
nouveaux acteurs qui ont de nouvelles stratégies politiques.

A. Une démocratisation du personnel politique :


Pour Weber, différentes manières de faire de la politique :
- Les profanes : la masse des citoyens.
- Les professionnels de la politique : au départ, profession secondaire
pratiquée par les notables. Début du 20ème siècle, ces derniers sont
remplacés par les professionnels de la politique.
Notable : leurs ressources et leur position d’autorité sociale affirment leur
autorité politique. Ce sont des ressources héritées en dehors du secteur
politique. Si on vote pour un notable, c’est un vote personnel. Ils n’ont pas
d’affiliation partisane. Ils vivent pour la politique et sont indépendants des
revenus que la politique peut leur apporter.
Entrepreneur politique : vivent de la politique. Ils tirent leur revenu de la
politique. Doivent mener des campagnes électorales pour se faire
connaitre. Dès 1889, apparition de l’indemnité parlementaire. Ils
bénéficient de l’essor partisan. Apparition d’élus qui appartiennent à
d’ordre classe sociale. Se base sur un savoir-faire professionnel. C’est la
fin des notables.

B. De nouveaux biens politiques :

26/69
Sociologie de la politique

Invention des programmes politiques. On vote pour des idées dès 1881.
Beaucoup de résistance car les notables refusaient d’avoir un programme.
2 sortes de biens politiques collectifs dans les programmes :
- Matériels : soit la gratuité dans les écoles primaires par ex.
- Immatériels ou symboliques : soit l’idéologie.
Une activité politique qui change dans 2 dimensions :
- L’offre électorale se transforme.
- Phénomène de politisation des élections.

III. La naissance des partis politiques :


A. Pourquoi naissent les partis politiques ? :
Lié au manque de ressource de ces nouveaux entrepreneurs de la
politique. Double rôle des partis :
- Accumuler des ressources pour les candidats aux élections.
- Rationaliser les méthodes de conquête du pouvoir avec des
campagnes électorales plus efficaces :
 Recenser les besoins et demandes de la population.
Permet de fidéliser l’électeur.
 Organiser des meetings.
 Créer des journaux.
 Distribuer des cartes d’adhérents.
Deviennent des structures bureaucratiques. Sont des organisations
durables qui couvrent l’ensemble du territoire et sont rigides.
Ostrogorsky distingue le lien partisan et le lien clientélaire :
- Il est plus solide : plus pour des idées et des valeurs.
- Il est plus abstrait : on vote moins pour des personnes que pour des
valeurs qu’ils incarnent. On vote pour des symboles.

Ce lien partisan renforce la coupure entre les profanes et les


professionnels de la politique. Ils monopolisent la politique. Weber parle
d’effet néfaste :
- Ils monopolisent la politique,
- La compétition politique est dévoyée par les professionnels
(cherchent à être réélu),
- L’élection devient une finalité en soi,
- Cherchent à gagner des postes rémunérés par l’Etat,
- Faible renouvellement des élus,
- Désintérêt des profanes,
- Une compétition qui s’apprend sur le tas.

B. Les partis au concret : naissance des forces de gauche et de


droite :

Chap 3. L’ACCEPTATION DE L’ORDRE POLITIQUE :

Introduction : le pouvoir politique comme « alliance de légitimité et


de coercition » :

27/69
Sociologie de la politique

Weber : lien entre la violence et le pouvoir politique. Acceptation d’être


gouverné par des gouvernants. Le pouvoir politique, c’est une alliance de
la coercition (la menace de la violence) et de la légitimité (croyance dans
le bien fondé du pouvoir).
Dans les démocraties occidentales, les gouvernants cherchent le soutient
des gouvernés. Croient qu’ils ont besoin de leur accord pour exercer leur
pouvoir. C’est une recherche permanente.

Section 1. La notion de culture politique :

I. Analyses systémiques (Almond et Verba) :


La société forme un système qui comprend des éléments reliés entre eux.
La culture politique assure la cohésion du système politique, de la société
et de la permanence du système politique car la culture politique s’impose
à tous. Des comportements qui sont déterminés par la culture politique.
Typologie de la culture politique avec la méthode de l’idéal-type. 3 types
de culture selon 2 critères :
- Dans quelle mesure les citoyens ont une appréciation plus ou moins
des gouvernants ou du régime ?
- Est-ce que les citoyens pensent qu’il est possible d’avoir un accord
entre les groupes sociaux ?
 Si oui – oui : soutient le régime,
 Si oui – non : acceptation résignée,
 Si non – oui : demande des réformes,
 Si non – non : exige un changement radical, une révolution.
3 grands types de culture politique :
- Une culture qui privilégie le soutient au régime et aux gouvernants,
- Une culture politique qui est favorable à des réformes progressives
car ne sont pas satisfaits du régime et des gouvernants,
- Une culture qui conduit à des affrontements révolutionnaires. Un
régime qui n’est pas soutenu par les citoyens.
2 familles de la culture politique :
- La culture politique consensuelle : la majorité des citoyens partagent
des opinions modérées sur des réformes nécessaires. Favorise la
négociation entre les groupes sociaux,
- La culture politique polarisée : la majorité des citoyens adoptent des
positions inconciliables sur les problèmes politiques et sociaux. Ne
croient pas à la possibilité d’un accord entre les groupes sociaux.

Critiques : analyse très normative et très conservatrice qui repose sur des
jugements de valeurs. Repose sur les opinions des individus telles qui sont
mesurées dans les sondages (≠ en pratique). Chaque pays à une culture
politique unique. Reprend des stéréotypes des peuples.

II. La culture politique comme régulation du comportement


(Elias) :
Liens entre les croyances communes et la manière d’interpréter de
chaque groupe social. Les groupes sociaux vont partager une base
commune donc vont pouvoir coexister.

28/69
Sociologie de la politique

Comportement politique : ajustement entre les croyances communes de la


société et les croyances spécifiques des groupes sociaux.
Culture politique : résultat de compromis, d’affrontements et de
négociations entre les groupes sociaux.
C’est un mécanisme de contraintes. Les groupes sociaux dominants
déterminent les règles de la société et vont aider à leur transmission. La
force de cette contrainte n’est pas perçue par les dominés. Imitation des
groupes dominants.
 Evite donc la violence et phénomène de pacification.

III. Culture politique et domination (Bourdieu) :


Culture politique : c’est le résultat des interactions entre les différents
groupes sociaux et les cultures propres à ces groupes sociaux.
N’existe pas de culture politique nationale à laquelle tous les groupes
sociaux auraient accès de la même manière. Phénomène de reproduction
des élites sociales. Les élites sont conduites à trouver une légitimisation
de dominant.
Division dans le travail politique : ceux qui considèrent que la politique
n’est pas leurs affaires (abstention) soit les dominés sociaux et ceux qui
participent à l’activité politique soit les dominants sociaux.
 Inégalité sociale.
Bourdieu attire l’attention de l’importance du consensus entre les élites
quant aux valeurs à promouvoir et attitudes à prendre en société. Un
mécanisme de domination par une violence symbolique.

Critiques : sous-estime les différentes opinions et croyances politiques qui


peuvent exister au sein des groupes.

Section 2. La socialisation politique :

Transmission des valeurs et croyance d’une société.


Percheron : parle de la socialisation de la politique en France. 2 périodes :
- Socialisation initiale pendant l’enfance. Acquisition des aptitudes
politique et formation des croyances politiques,
- Socialisation continue qui se perpétue à l’âge adulte.
3 dimensions de la socialisation :
- dimension affective,
- connaissance sur la politique,
- acquisition de la préférence politique.
Mécanisme de l’enfance : repère la norme sociale du groupe auquel il
appartient (apprentissage de la vie). Ne se fait pas de manière explicite
mais par le biais d’activités.

La dimension affective : très différenciée, varie beaucoup selon les


périodes, d’un pays à un autre et des groupes sociaux.
La connaissance de l’activité politique : cette connaissance augmente
avec l’âge. Cette connaissance peut être plus ou moins forte selon l’école
mais surtout par l’éducation familiale et l’environnement.

29/69
Sociologie de la politique

La transmission de préférence politique : enfants même préférence


politique que leurs enfants parents souvent.

Section 3. Les sondages d’opinion.

Question sur les sondages d’opinion. Outil pour légitimer les actions des
politiques. Le sondage exclue une partie de la population soit la plus
défavorisée.

I. Problème de méthode :
Pose des questions abstraites avec un choix de réponse limitée.

II. Opinion public ou opinion sondagière ? :


Arguments de Bourdieu : considère que les postulats sur lesquels reposent
les sondages sont fausses. Toutes les opinions se valent est une idée
fausse. Décalage sur ce qu’on dit et sur ce qu’on fait dans la politique. Les
commentateurs de sondage font comme si tout le monde était d’accord,
que cela est extrêmement important de savoir qui va voter ou connaitre la
cote du Président de la République or cela n’intéresse que les
professionnels de la politique. Les sondages sont faits pour eux et par eux.
Opinion très critique des sondages. La vraie opinion publique ne peut être
mesurée par les sondages. Elle est consciente, rationnelle et informée.
L’opinion est organisée et spontanée. Quand on répond à un sondage on
est dans une position passive car on ne choisit pas le thème ni le choix des
réponses. La manière dont s’exprime l’opinion publique, c’est
l’organisation de manifestation, de grève. La véritable opinion pour lui
c’est l’action collective.

 Tend à idéaliser l’action collective. Sont contrôler par des professionnels


de la politique (ex : syndicat). Pas de caractère spontané et naturel. Ne
sont pas forcement rationnel, concerté. La critique de Bourdieu montre
que l’opinion publique par les sondages est un artefact (=désigne quelque
chose qui n’existe pas dans la nature, construit de manière artificielle par
le savant quand il fait son expérience ou quand il observe quelque chose).
L’opinion publique est construite par le sondeur, par les acteurs politiques
qui utilisent les sondages, la somme de jugements qui ne sont pas
spontanés mais imposés aux profanes de la politique.

III. Opinion public – opinions politiques :


Les sondages malgré les critiques ne sont pas sans valeur. Utilisé par
sociologue quand il réfléchie à la politique. On peut distinguer 2 usages
des sondages d’opinions :
- Par les professionnels de la politique : artificiel.
- Pour les enquêtes sociales : voir s’il existe des liens entre les
propriétés sociales des individus et leur comportement politique.
Grande question de la SP. Un sondage fait dans un objectif s’il existe
des liens statistiques répétés entre ces 2 points. On s’intéresse aux
opinions politiques des gens. Voir s’ils adhèrent à des opinions de

30/69
Sociologie de la politique

droite, de gauche… Selon les groupes sociaux, les comportements


politiques diffères.
Certaines institutions ont cherché à améliorer les sondages comme les
institutions européennes. La commission européenne commande
énormément de sondage soit les eurobaromètres. Savoir ce qu’ils pensent
de l’élargissement de l’UE… Toujours les mêmes questions. Cherche à se
légitimer. Se sont des questions un peu orienter qui favorise l’intégration
européenne. Fait aussi un autre type de sondage : les sondages par focus
groups qui sont des petits groupes d’individus qui vont discuter d’une
question, débat entre ces personnes. A l’issu de la discussion que l’on
pose des questions après délibération leur avoir donné des informations
sur la question. Coute cher, prend du temps. L’avantage, on estime à l’issu
de la discussion les gens ont un minimum d’informations communs. C’est
une manière de tester l’opinion qui s’approche plus des conditions réelles.
Le choix du thème est laissé au sondeur. La technique est plus adaptée.

PARTIE II : LA REPRESENTATION POLITIQUE DANS LES


DEMOCRATIES CONTEMPORAINES :

Acteurs de la compétition politique. M. Weber fait une distinction entre les


professionnels de la politique et les profanes. Principe de la
représentation. Les professionnels de la politique qui sont les acteurs
dominants dans la politique sont choisis par les électeurs soient les
profanes. Système de démocratie représentative (≠directe). Toutes les
deux sont des démocraties. Les décisions sont supposées émaner des
citoyens. En directe, c’est la population gouvernée qui décide par
referendum alors que dans la représentation on va désigner des individus
dont la fonction est de prendre des décisions politiques au nom des
gouvernants. En raison de ce choix à la représentation, création d’un grpe
de représentants qu’on appelle les professionnels de la politique.
Pourquoi choisit ? Quelles critiques qu’elles suscitent ? Principe qui est
controversé. Qui sont nos représentants ?
La représentation : c’est le fait d’élire des individus pour prendre des
décisions politiques au nom de l’ensemble de la population.
La représentativité : exigence selon laquelle les représentants doivent
refléter la composition sociale de la population. L’assemblée devrait être
un miroir de la société. Ce qui n’est pas le cas.

Chap. 1. LA REPRESENTATION ET LES REPRESENTANTS :

Section 1. Le principe de représentation :


I. Le choix du principe de représentation :
Les citoyens ne prennent pas de décisions politiques mais va élire des
hommes qui prendront ces décisions au nom des représentés. Choix
réfléchi avec des justifications qui s’expliquait par la méfiance envers 2
catégories de personnes : les catégories populaires et les femmes. Permet
d’écarter ces 2 catégories de personnes. Compromis entre plusieurs
conceptions. Conception retenue est celle de Hobbes.

31/69
Sociologie de la politique

A. Méfiance envers les catégories populaires :


Voulait introduire un filtre entre la masse des citoyens et les classes
populaires. La prise de décision ne soit pas laisser aux mains des classes
populaires. D’où l’introduction du cens. Arguments utilisés contre les
classes populaires :
- Les catégories populaires ne pouvaient être des citoyens éclairés qui
agiraient dans l’intérêt de tous. Doute vu chez Platon et Aristote.
Opposition entre le citoyen éclairé (plus amène pour des raisons
économiques…) et le citoyen non éclairé.
- Leur violence. Seraient des décisions extrêmes et radicales. On ne
voulait pas d’un gvt des pauvres contre les riches. Les masses
populaires étaient associées à la violence, à l’excès et incontrôlable.
- Le peuple était par nature versatile car n’est pas capable de
réfléchir de manière approfondie. Voulait instaurer 2 Chambres : la
Chambre Haute et Basse.
Conception très négative et péjorative des classes populaires.

B. Le droit de vote des femmes :


Instauration de ce principe à permis d’exclure les femmes dans la vie
politique. Paradoxe : femmes aux gouvernent avec qu’elles n’aient le droit
de vote. Instauration tardive du suffrage féminin. Dans certains états des
EU, instauré dès la fin du 18ème siècle. On parle du mouvement des
suffragettes. Au RU, mouvement violent avant la 1GM en utilisant la
violence (affrontement avec la police, parlementaires agressés, grève de
la faim…). Pour les femmes de plus de 30 ans, en 1818. En 1928, les
femmes anglaises purent voter comme les hommes à partir de 21 ans. En
Turquie, en 1934. En Suisse, en 1960 (cantonale) et 1970 (fédérale).
Pq si tardif ?
- Projet de loi pour élargir le suffrage aux femmes mais les acteurs
politiques étaient divisés sur la question. Les communistes et les
socialistes étaient contre car peur que les femmes soient tp
soumises à leur mari et à leur prêtre et que du coup voteraient pour
la droite.
- Les femmes françaises ne se sont pas mobilisées comme les
suffragettes mais pas de nécessité de cette mobilisation pour avoir
le droit de vote.
- Une représentation sociale dominante qui suggère une division des
rôles entre l’homme et la femme. Femme = sphère privée et les
fonctions domestiques. Homme = la sphère publique. Des
compétences naturelles de la femme qui l’excluraient de la
politique. Représentation sexiste.
- Sous la IIIème République, le Sénat avait un droit de véto. Mode
d’élection indirecte qui favorise les forces politiques conservatrices
d’où sa majorité de droit. Repoussé à 6 reprises les projets de loi
pour inclure la femme dans le droit de vote.
- En France, droit de vote aux hommes donné de manière assez
précoce. On a exclue les femmes car la conception du citoyen de
cette époque était abstraite hors de toute catégorie et était un
homme. Pendant la révolution, personne ne prônait le droit de vote

32/69
Sociologie de la politique

des femmes. Distinction plus forte entre la femme et l’homme avec


la DDHC de 1789. Exclues de la citoyenneté politique.

C. Quelles formes de représentation ? :


2 conceptions : Hobbes (souveraineté nationale) et Rousseau
(souveraineté populaire). 2 options très différente dans le lien entre le
représentant et le représenté.

1. La conception de Rousseau :
Partisan de la souveraineté populaire. Considère que le représentant est
seulement le porte parole de son représenté. Rousseau était un partisan
d’un contrôle strict exercé sur les représentants. Quelque soit les
modalités des élections, une fois que le représentant est élu, on va lui
transfère la souveraineté de peuple vers l’élu. L’élu est le représentant du
peuple et n’interprète pas ce que veut le peuple. A très peu de marge
d’autonomie. Le peuple est un corps moral, abstrait. On contrôle les élus
de 2 manières : mandat bref et impératif (= les électeurs vont donner des
instructions précises au candidat et l’élu va devoir rendre un compte
précis à ses représentés) et en limitant le nombre de réélection possible.
Rousseau était très méfiant envers la démocratie représentative. Parle de
l’autogouvernement du peuple soit la démocratie directe. Le peuple devait
les contrôler de la façon la plus étroite possible. Le représentant est sous
la coupe du représenté.

2. La conception de Hobbes :
Considère qu’il y a un contrat passé entre les sujets et le souverain qui
permet de passer de la nature à la société, de la guerre à la paix. Les gens
échangent leur liberté naturelle contre la paix et la sécurité qui sont
garanties par leur souverain. Cette Assemblée est chargée de mettre en
œuvre la volonté de tous. Il considère que le peuple est la somme des
individus. Chacun individuellement renonce à sa liberté et remet tous son
pouvoir aux mains du souverain de manière absolue. Le souverain a un
pouvoir illimité sur les individus. On ne peut pas contrôler l’individu élu.
Les représentés renoncent à leur capacité de s’exprimer et s’effacent
derrière leurs élus. Domination du représentant sur le représenté.
S’inspire du système féodal.

 Deux conceptions opposées. Dans les démocraties européennes


contemporaines, on a cherché un compromis entre ces deux
représentations.

II. Principes et formes du gouvernement représentatif :


Principe qui reste assez général. Comment ce principe s’est incarné en
principe ?

A. L’analyse de B. Manin :
4 éléments qui définissent le gouvernement représentatif mais qui
évoluent au fil du tps. Montre comment au fil du temps, ces principes ont
évolué. 3 grandes périodes : fin 18ème siècle – moitié du 19ème siècle : la

33/69
Sociologie de la politique

période du parlementarisme ; moitié 19ème siècle – fin des années 60 : la


démocratie de partie ; fin des années 60 – aujourd'hui : la démocratie du
public. Au fil du temps, il y a des mutations dans le gouvernement
représentatif. Ces 4 principes fondateurs sont mis en œuvre de manière
différente mais reste fondamentalement au cœur du gouvernement
représentatif.
Les principes du gouvernement représentatif :
- Les gouvernants sont élus par les gouvernés (le statut du
gouvernant est issu de la volonté des gouvernés soit élu).
- Les gouvernants conservent une marche d’indépendance par
rapport aux gouvernés.
- Existe une opinion publique sur les sujets politiques qui peut
s’exprimer librement en dehors du contrôle des gouvernants.
Requière 2 éléments : faut que les citoyens aient accès aux
décisions politiques (ex : la publicité des débats parlementaires) et
que les citoyens aient le droit d’exprimer leurs opinions politiques.
- La décision collective procède de la discussion c'est-à-dire qu’on
considère que le gouvernement représentatif c’est le gouvernement
par la discussion car supposait l’existence d’une Assemblée.

1. Fin 18ème siècle – moitié du 19ème siècle : la


période du parlementarisme :
- Le principe du vote : dimension personnel entre l’électeur et l’élu.
Relation clientélaire.
- Des élus qui sont libres de leur vote. Généralement pas de programme ni
de partis politiques. Sont complètement libre par rapport à l’électeur.
- L’opinion publique peut exister hors de l’élection par le biais de
mobilisation qui peut être des campagnes de presses, des pétitions. Ne
sont pas organisées par des représentants car pas de partis, de syndicat.
Elles sont spontanées et organisées par les électeurs.
- Les Assemblées sont composées d’élus qui ne sont liés par rien du tout,
donc vrmt le lieu d’une délibération véritable. On ne connait pas l’issu du
vote à l’avance. Ils peuvent vrmt discuter, délibérer et négocier.

2. Moitié 19ème siècle – fin des années 60 : la


démocratie de partie :
- Le principe du vote : dimension personnel n’existe plus car
agrandissement de l’électoral. On vote plus pour des partis que pour des
candidats.
- A partir du moment où les partis politiques deviennent une clef
essentielle pour les candidats, les élus sont soumis à un contrôle partisan.
Les élus deviennent dépendants du partie mais indépendant face aux
électeurs.
- Les partis organisent l’expression de l’opinion publique par le biais de la
presse. Font leur propre meeting, manifestation, création de syndicat,
grève… Plus de spontanéité de l’opinion publique.
- Apparition de la discipline du vote. La vraie discussion se fait à l’intérieur
des partis soit avant le vote. Se fait des négociations et des compromis.
Existe toujours mais en amont du vote.

34/69
Sociologie de la politique

3. Fin des années 60 – aujourd'hui : la démocratie


du public :
- Le principe du vote : personnalisation croissante de l’élection. La
personnalité du candidat tend de nouveau à l’apporter sur son
appartenance partisane. C’est le facteur déterminant. Facteur
institutionnel avec l’instauration du SUD pour le PdR. Présidentialisation
des partis politiques. Le quinquennat a accentué ce phénomène.
Personnalisation de la vie politique. Essor de la communication politique
avec la télévision. Les candidats vont utiliser leur vie de famille, leur
conjoint… Plus en plus compliqué de mettre en œuvre les programmes
des acteurs politiques. Donc on va se rapprocher plus à la personnalité du
candidat qu’à ses promesses.
- Plus indépendant vis-à-vis du parti et de l’électeur dû à sa personnalité.
Mvt qui va vers plus d’indépendance de l’élu.
- L’opinion publique peut à nouveau s’exprimer de façon spontanée et
indépendante par rapport au parti politique. La presse partisane décline,
les médias deviennent plus neutres face à la politique comme avec la
naissance de la radio et de la télévision. Nouveau canal : le sondage
d’opinion. Considère que le sondage a un cout très faible.
- Persiste toujours mais le lien entre l’élu et le parti s’affaibli, la
délibération se fait aussi entre les élus et les groupes d’intérêt. Discussion
avec une partie de l’électoral volatile c'est-à-dire qui va avoir un
comportement politique qui va changer à chaque nouvelle élection. Une
délibération qui se fait dans de nombreux lieux.

B. Apports et limites de cette analyse :


Propose une synthèse de ces transformations. Considère qu’il y a tout un
ensemble de mutations où on a du mal à établir un lien entre ces
différents changements. C’est une interprétation synthétique à des
éléments qu’ils peuvent apparaitre un peu disparates.
Ce qu’il dit sur la démocratie du public peut être nuancé. C’est plus sujet à
controverse, tout le monde n’est pas d’accord. Sur l’électoral volatil, il y a
une idée selon laquelle l’électeur voterait de façon stratège. Il voterait
pour ses propres intérêts. Certains disent que cela n’est pas si instable
que cela. On parle de fidélité au parti. Les choix électoraux varient selon
les variables sociologiques.
Idée de la personnalisation de la vie politique : reproche à Manin de
réduire la vie politique qu’à la seule élection présidentielle. Pas mal
d’élections qui n’obéissent pas à cette logique de la personnalisation.
Existe des élections très locales.
Les sondages ne sont pas des moyens d’expressions publiques
spontanées comme l’explique Manin.

III. Les critiques de la représentation :


L’antiparlementarisme : critique du principe de représentation qui
considère que les représentants ne sont pas légitimes ou incompétents.
Phénomène de dépossession de l’électeur c'est-à-dire les élus vont capter
le pouvoir et ne pas mettre en œuvre leur engagement. Problème du
manque de représentativité des élus.

35/69
Sociologie de la politique

A. Le mythe de la démocratie athénienne :


Valorisation de la démocratie athénienne en représentant la démocratie
d’Athènes comme une sorte de paradis de participations permanentes. En
réalité 10% des citoyens d’Athènes étaient libres. Pas le cas des esclaves,
des femmes, des méthèques. 90% de la population d’Athènes n’avaient
aucuns droits politiques.
Instauration d’une rémunération en dédommagement de la participation
pour l’augmenter. Seule une élite des plus fortunées avaient accès aux
fonctions politiques. Fallait maitriser l’écriture, seule les plus riches
pouvaient se consacrer à cette fonction, fallait avoir des ressources
personnelles. Seules les riches exerçaient réellement le pouvoir politique.
La loi était très sévère et punissait les affaires de mœurs durement.
L’opposition politique était à peine tolérée, la peine de mort était
facilement imposée. Sévères restrictions pour l’exercice du pouvoir
politique.
La démocratie « c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le
peuple » Lincoln. Phrase utopique.

B. Représentation et dépossession :
Les gouvernants captent et monopolisent le pouvoir pour des fins
personnelles. Rousseau critique la représentation en disant que dès que
l’élu est élu il va faire tout ce que lui bon lui semble et l’électeur va être
dépossédé de son pouvoir politique.
Pour Bourdieu, le représentant va dans le discours dire il s’efface devant le
groupe qu’il représente. Il se substitue au groupe qu’il prétend faire parler.
Il qualifie selon d’usurpation. La représentation implique l’usurpation. Mais
il considère que l’usurpation est un risque nécessaire pour être
représenté. Ce n’est pas forcement quelque chose de négatif. Nécessaire
pour que le groupe représenté existe, seule manière pour ce groupe
d’exister.

C. Représentation et représentativité :
Manque de représentativité des élus. Les représentants n’ont pas les
même caractéristique sociaux-démographique que les électeurs. Groupes
d’électeurs qui sont sous représentés. Toujours une exigence de
représentativité mais selon les périodes elle est plus ou moins absolue et
doit inclure certaines catégories. On met l’accent sur telle ou telle absence
d’une catégorie de personnes représentées.
L’antiparlementarisme : Les parlementaires ne sont pas légitimes pour
réellement représentés l’électeur. Toute une série de critiques sur le
principe représentatif qui sont particulièrement virulentes pendant les
crises. Dénonce l’incompétence des élus. On reproche aux élus leur
fraude, leur malversation… Se manifeste par la dénonciation du
détournement de la volonté du peuple par les élus. Critiques également
dirigées vers les partis politiques.

Section 2. Les représentants :

36/69
Sociologie de la politique

L’action du recrutement du personnel du politique. Important pour


l’analyse scientifique : lien entre le régime social des gouvernements et
les décisions qu’ils prennent. Réponse plutôt négative. A partir du moment
où ils sont élus, en général leur action répond à des contraintes politiques
et juridiques et ne peuvent pas favoriser ou défavoriser certains groupes
où ils seraient éloignés.
Surreprésentation de certaines catégories sociales posent un problème de
légitimé du régime politique. Donc sous-représentation de certaines
catégories. L’AN ne reflète pas la société de manière parfaite.
Quelles sont les logiques sociales qui expliquent pourquoi il y a plus
d’hommes âgés et pourquoi ce sont des hommes beaucoup plus diplômés
que la moyenne française.

I. Les représentants sont-ils représentatifs ? :


Représentation (désigner des représentants qui vont décider au nom de la
Nation par l’élection) ≠ représentativité (avoir une correspondance,
coïncidence entre les origines sociales des représentants et les origines
sociales des représentés. Exigence qui voudrait que l’Assemblée soit une
mini-société).

Il existe dans la société des groupes sociaux qui sont beaucoup plus
présents dans les Assemblées que d’autres. Distorsion de la
représentation. C’est le cas depuis que les Assemblées ont été créées.
Changement depuis le 19ème siècle. Pas de représentativité parfaite des
élus. Composition de l’Assemblée qui a changé au fil du temps.
Avant surreprésentation de l’aristocratie fin du 18ème siècle. Des notables
qui appartenaient à la grande bourgeoisie des affaires.
Apparition, sous la IIIème République, profession libérale soit les avocats,
les juristes, les médecins…, le pole intellectuel des classes moyennes
(professeurs et journalistes) et le pole économique des classes moyennes
(petites entrepreneurs, les commerçants et artisans) qui sont rentrés en
politique.
Apparition, fin du 19ème siècle, d’un vent socialiste avec des représentants
du monde ouvrier dans la Chambre Basse. Très net en Grande-Bretagne. A
la fin du 19ème siècle, certaine démocratisation du monde politique.
Sur le plan de l’administration, on a la présence très importante de
fonctionnaires diplômés (« la noblesse d’Etat » pour Bourdieu) qui
intègrent les ministères. Mobilisent les mandats et les hautes fonctions
administratives. Faible représentation des salariés, des agriculteurs.
Surreprésentation des hommes par rapport aux femmes. Remise en cause
de cette domination masculine avec une évolution comme avec la parité
homme-femme (loi depuis 2000).
Aujourd'hui, 18% des députés sont des femmes. Ce qui place la France au
18ème rang sur 27 de l’UE.
Les représentants ne sont pas vraiment représentatifs. Certains classes
sociales ne sont pas présentes et sous représentation des femmes.

A. Genèse de la « classe politique » française :

37/69
Sociologie de la politique

En France, au début, sous le régime censitaire, toujours les mêmes


groupes sociaux qui se faisaient élire et avaient des postes administratifs
très importants. Issus de la grande bourgeoisie de l’aristocratie.
Sous la IIIème République, différenciation entre les hauts fonctionnaires
(toujours les nobles) et la classe politique qui est plus ouverte à d’autres
catégories sociales.
Distinction : la composante élue et administrative. Vue depuis la IIIème
République.
Sous la IIIème République, dès 1870, on voit que la répartition sociale
des députes correspondent à leur position politique.
- Les représentants des groupes sociaux dominés (ouvriers, employés,
les petits fonctionnaires, les instituteurs) siègent de manière passive
à gauche ou à l’extrême gauche, 77% de ces élus siègent à gauche.
- Les représentants des groupes dominants (industriel, les rentiers, les
entrepreneurs) se placent à droit et à l’extrême droite. 53% d’entre
eux sont des élus de droit et d’extrême droit.
- La moyenne bourgeoisie se repartie de manière égale entre la
gauche (professeurs et journalistes) et la droite (les hommes de
droit et les avocats). Plutôt absente de l’extrême gauche et de
l’extrême droite.
Surreprésentation des couches plutôt élevées de la population.

Sous la IVème République, pas énormément de changement.


- 27% des députés se recrutent dans les groupes sociaux dominés.
- Majorité des députés sont issus des classes moyennes mais plutôt
diplômés (avocat, médecin, professeur).
- 10% des députés sont des industriels et des hauts fonctionnaires.
- Le reste soit 20% sont un groupe très hétérogène (agriculteur et
commerçant).
Cette surreprésentation existe à l’Assemblée, plus présente dans les
ministères. Seulement 8% des ministres sont issus des groupes sociaux
dominés. 14% des ministres sont des industriels et 12% des ministres sont
des hauts fonctionnaires.

Sous la Vème République, pour les députés, double évolutions qui


apparait : la part des industriels augmentent comme pour la part des
hauts fonctionnaires. Pour les groupes dominés, cela baisse. Pour les
ministres : forte augmentation de la part des hauts fonctionnaires (30%).
Pareil mais moins importante pour les industriels. Plus de la moitié de s
ministres sont issus des affaires soit de la haute fonction.
Pour les classes moyennes, maintient de leur position chez les députés.
Baisse pour le groupe des ministres.
Pourquoi ?
Lors de l’instauration de la Vème République, changement de la
compétence en politique. Plus valorisé les compétences économiques.
D’où l’accroissement. La France était gouvernée par la droite, la
prédominance des partis de droits par le monde économique et politique.
En 1981, victoire de F. Mitterrand. Moins nombreux parmi les ministres.
Décroissance du monde économique. Mondée du monde intellectuel.
Prédominance d’une certaines catégorie sociale dans le politique.

38/69
Sociologie de la politique

B. Les propriétés sociales des élus français actuels :


Métier d’homme d’âge mur, éduqué et socialement dominant. Dispose
d’un haut niveau d’éducation. Ex : cadre dirigeant, entrepreneur. Homme
de plus de cinquante ans. 3 caractéristiques :
Sont majoritairement de sexe masculin. Jusqu’à 1981, inférieur à
4%. Puis monté en 1997, 10% des députés sont des femmes dont 40%
pour le PS. Selon les partis, la part des femmes est plus ou moins
importante. Cette sous-représentation varie selon le type d’élection : les
élections régionales et européennes (plus de femmes que d’hommes).
Pour les postes de ministres : sont plus nombreuses qu’au gouvernement
qu’en proportion à l’Assemblée. Depuis 1986, le % a toujours été supérieur
avec des écarts très importants (jusqu’à 25 points). La France est loin
derrière certains pays pour les Parlements nationaux dans l’UE. En
moyenne, dans l’UE, 24% des députés sont des femmes. 19 ème rang sur 27
pour la France. En moyenne, 26% des ministres sont des femmes dans
l’UE. 21% en France, 17ème rang sur 27. Au Parlement européen, 34% des
députés sont des femmes. 45% des députés français sont des femmes
dans le Parlement européen.
Une fois qu’elles sont élus, elles sont cantonnées à des postes n’ayant pas
beaucoup de pouvoirs ou plus spécifiques (jeunesse, sport, éducation…).
Rare pour les postes économiques.
Il a un âge mur qui occupe des mandats politiques de manières
durables (réélu). Ils cumulent des mandats législatifs le plus souvent. En
2007, le groupe de 50 à 60 ans (39% des députés), le groupe 60 à 70 ans
(35% des députés), 30 et 40 ans (2,5% des députés). Forte domination.
Les 40 à 60 ans sont plus nombreux à se présenter. Change peu d’une
élection à une autre. Age moyen est 57 ans pour l’AN et 61 ans pour le
Sénat. Sont plus vieux que les autres députés européens ex : 50 ans pour
l’Allemagne, 47 ans pour la Suède… Une fois qu’on est élu on est réélu
assez facilement. Cumulation des mandats. Les élus entre 2002 et 2007,
40% avait déjà eu 2 3 mandats successifs auparavant. En moyenne, les
députés entre 2002 et 2007 étaient élus depuis 12 ans. Longévité des
mandats qui est importante. Cumul des mandats, pratique courante en
France. En 2007, seule 9% des députés n’avaient aucun autre mandat
sauf parlementaire. Cela permet de vivre de la politique et d’accroitre ses
chances de succès en politique. Permet d’augmenter ses chances de
réélection. Si on échoue à une élection, on peut se rabattre sur une autre.
Logique cumulative. Les femmes élus cumulent moins de mandats que les
hommes.
Ces élus appartiennent à la bourgeoisie et aux couches moyennes
élevées de la population. Pour 2007, pour les députés, 0,2% des députés
étaient des ouvriers. 3,6% des députés étaient à l’origine des employés.
2,6% des agriculteurs. 11,7% des professions intermédiaires
(fonctionnaires, cadre moyens, instituteurs). 34,5% cadres supérieurs
(journaliste, profession libérale, médicale, ancien avocat). 15% anciens
ingénieurs. 13% hauts fonctionnaires. 5,4% des commerçants ou chefs
d’entreprise. 7,2% des retraités. 3% autres. 2,8% permanents politiques.
49% des députés sont à l’origine des cadres, de professions intellectuelles
supérieures donc forte dominance.

39/69
Sociologie de la politique

Enorme sous-représentation de catégories à l’Assemblée.

Forte distorsion entre les origines sociales des députés et la population.


Pourquoi ? 2 raisons : déclin de certains partis politiques qui envoyaient
des élus non issus de la haute société comme pour le PC. Et, changement
de la composition de la population française et la baisse de la population
agricole. Puis, l’intérêt politique n’est pas le même selon les groupes
sociaux. L’activité politique n’apparait pas toujours légitime, comme
quelque chose de souhaitable. Vers le pole économique, mépris pour
l’activité politique en général. Image de l’homme politique plutôt négative.
Ailleurs, elle est perçue comme une voie d’ascension sociale (cadre
moyen, enseignant). Possibilité d’une 2nde carrière vue comme plus
prestigieuse. Un désir de faire de la politique inégal. S’explique par les
moyens de comment on entre dans la carrière.

II. La carrière politique :


A. L’accès à la classe politique :
2 carrières types pour les acteurs politiques avec 4 étapes :
- Cursus classique ou ascendant ou partisan : engage des ressources
partisanes. Etape de l’apprentissage : se fait à la base en
obtenant des mandats locaux ex : mandat du maire d’une petite
commune… Ressource personnelle avec une notoriété locale fondée
sur une compétence personnelle ou fait parti d’un syndicat…
Candidat qui s’investit très fortement dans des partis, partisan
fidèle. Etape d’implantation locale : essaie d’obtenir des mandats
plus importants. En général, il essaie de cumuler les mandats au
niveau local. Donne une notoriété plus grande car couverture
médiatique plus importante. Faut s’assurer du soutient du parti et
essayer de monter dans la hiérarchie du parti. Etape
d’implantation au niveau national : essaie de devenir quelqu’un
qui compte à l’Assemblée par ex. Essayer de présider un groupe
parlement, être président d’une commission… Essayer de construire
un statut. On va se présenter comme un spécialiste sur une
question, un territoire. Permet à l’élu de sortir du lot national et de
s’implanter. Etape de la stature nationale soit le statut
présidentiable : trophée le plus important dans la vie politique.
Restreint à un certain nombre de personnes.
Ex : N. Sarkozy.
- Cursus moderne ou descendant ou administratif : étape de
l’apprentissage : se fait au cœur même de l’Etat c'est-à-dire dans
le cercle des experts de tel ou tel parti dont on est proche, dans les
cabinets ministériels… Se fait au plus haut niveau de l’Etat. Les
ressources qui sont nécessaires sont avant tout des ressources
scolaires (ENA, science po), faut appartenir à un réseau. Etape
d’implantation électorale : on peut avoir un mandat national en
étant parachuté dans une circonscription sure, on peut être mit tout
en haut sur la liste dans un scrutin de liste, peut entrer directement
au gouvernement. Pas une condition nécessaire. Peut commencer la
carrière dans le parti. Etape de la consolidation au niveau
locale : pour éviter la dépendance excessive face au parti, on

40/69
Sociologie de la politique

commence à collectionner des mandats et cumuler des mandats


locaux. Faut construire un fief politique. Etape de la stature
nationale soit le statut présidentiable : même chose. Les deux
cursus se rapprochent. On est investit par le parti, des militants pour
le représenter.
Ex : S. Royal.

Montre que les 2 cursus correspondent à 2 types d’acteur différent : Gaxie


distingue les individus qui ont des capitaux individuels (« les
entrepreneurs politiques individuels »), mobilise son électoral sur son
nom ; et les individus qui s’appuient sur des capitaux collectifs (« les
représentants d’une entreprise collective »), s’appuie sur les ressources
de son organisation partisane, doit son ascension à son parti. Dans le
cursus classique, on a besoin de bien connaitre le terrain, avoir la
confiance des militants de base  les entrepreneurs politiques individuels.
Dans le cursus moderne  représentant d’une entreprise collective.
Cela permet de voir que les candidats vont choisir leur cursus par rapport
aux ressources qu’il dispose. Ce sont des modèles qui n’existent pas à
100% dans la réalité.

B. Forme de la compétence en politique :


Dans quelle mesure le candidat va correspondre à la figure à ce qu’est un
bon acteur politique ?
Compétence : aptitude reconnue à mobiliser les savoirs et les savoirs-
faires requis pour exercer ces activités de façon pertinente. Autrement dit,
pour être compétent en politique faut qu’autrui considère que j’ai un
certain savoir politique et certains savoirs-faires sur la politique. Prouver
qu’on sait faire de la politique. Donne de la crédibilité au candidat. Sont
des savoirs issus d’autres sphères de la vie sociale et qui sont importés en
politique pour devenir des instruments d’évaluation des candidats. Ex : la
rhétorique. Un art oratoire valorisé. Des savoirs qui progressivement
deviennent dominants dans le monde politique. Elle change au fil du
temps. Ne sont pas les mêmes selon les époques. Au fil du temps, elle
s’est uniformisée. Aptitude à répondre aux attentes de certain groupe.
Pour être un bon candidat pour un parti, il faut afficher une certaine
réussite sociale. Possède des propriétés sociales qui va lui permettre de se
démarquer, d’aller à l’encontre des autres candidats classiques.

C. La sélection organisée des dirigeants politiques :


Est construite par les partis politiques, par des organisations politiques qui
ont un rôle très important sur les sélections des dirigeants.
L’appartenance à une mobilisation politique reconnue est le moyen le plus
sur et légitime de revendiquer un poste de dirigeant. Source de crédibilité
pour un acteur politique potentiel. En général par le parti confirme le
potentiel de savoirs, de ressources individuelles. Les partis politiques vont
choisir des gens dévoués et qui possèdent des propriétés sociales que l’on
demande.
L’appartenance à une organisation politique est cruciale pour n’importe
quel candidat. Lui donne un préjugé de compétence à gouverner. Souligne

41/69
Sociologie de la politique

qu’il est apte à représenter un groupe d’électeurs, d’une famille politique


soit la société toute entière.
Amène une valeur d’engagement morale. Exercer ses fonctions selon les
règles qu’il a décidé de respecter en sollicitant l’investiture d’un parti.
Apporte une crédibilité sur le plan moral pour le candidat.
Elle est importante car elle témoigne d’un échange de légitimé qui ont lieu
entre le candidat et l’organisation qui le soutient. Les élus tirent profit de
la légitimité que leur donne le soutient du parti et les individus ont une
légitimité personnel tiré de leurs ressources personnels et le parti va tirer
profit de cela.
Forme de la compétence politique est une contrainte car le parti ne pourra
investir dans un candidat qui irai à l’encontre de ce que représente un bon
acteur politique. Mettre l’accent sur les qualités humaines du candidat.

Chap. 2. LES ORGANISATIONS POLITIQUES :

Création quand le corps électoral s’est élargie. Fallait mener des


campagnes niveau national. C’est quelque chose qui nous semble évident
quand on utilise le terme. On pense à une organisation structurée qui va
essayer de conquérir le pouvoir et participer à des élections. C’est un
phénomène qui est beaucoup plus divers. On parle de « famille politique ».
Peut-on définir ce qu’est un parti politique, comment il fonctionne et à
quoi il sert ?
Trois questions : la définition du parti, le fonctionnement interne du parti
politique et leur fonction dans une démocratie. Théorie du clivage qui
essaye de comprendre comment les conflits donnent naissance à des
partis politiques.

Section 1. Qu’est-ce qu’un parti politique ? :

Parti politique : c’est un groupe d’hommes et de femmes organisé en vu


d’exercer ou de conquérir le pouvoir. Art 4 de la Constitution dispose que
les partis : « concourent à l’expression du suffrage ».

I. Définition restrictive (Lapalombara et Weiner) :


Il existe dans les démocraties libérales plusieurs types d’organisation
politique mais ne peuvent pas toutes être qualifiées de partis politiques.
Certaines de ces organisations ne répondent pas aux critères du parti
politique. 4 critères qui définissent un parti politique :
- C’est une organisation durable dont l’espérance de vie est
supérieure à celle de ses dirigeants.
- C’est une organisation locale entretenant des rapports
réguliers et variés avec l’échelon nationale. Il y a des structures
locales et nationales qui sont liées aux autres.
- Volonté délibéré des dirigeants nationaux et locaux de
l’organisation de prendre et d’exercer le pouvoir. Veulent conquérir
le pouvoir. La conquête du pouvoir se fait dans le respect des
règles constitutionnelles et légales.

42/69
Sociologie de la politique

- La recherche d’un soutient populaire à travers les élections


principalement.
Faut que ces 4 conditions soient réunies pour que l’organisation soit
considérée comme un parti politique.

Cela reste une définition vaste et donne plutôt un idéaltype.

II. Partis distingués selon leurs origines (Duverger) :


S’intéresse plutôt à l’origine des partis politiques. Donne une typologie des
partis politiques. Dit que la naissance des partis politique va définir la
manière dont il fonctionne et les objectifs qu’ils vont essayer de se donner.
Il existe 2 voies pour créer un parti politique : parti de création électoral et
parlementaire et parti de création extérieure.
- Parti de création électoral et parlementaire : sont des partis nait de
la mise ne relation des députés entre eux. Vont s’allier au sein des
parlements. Comme dans les comités électoraux. Nait de l’intérieur
des Assemblées. Vont s’agréger pour former des partis politiques. Le
noyau, c’est le Parlement. Vont rester des organisations souples et
les parlementaires et les élus gardent une autonomie. Faible
discipline partisane.
- Parti de création extérieure : sont des partis qui naissent
d’organisation et de groupe qui sont extérieurs au Parlement. Ex : le
PC. Qui naissent à partir de mouvement paysan, d’anciens
combattants… Vont essayer de constituer un parti pour essayer
d’influencer la prise de décision au sein des décisions. Eux, vont se
construire de manière disciplinée, structurée, centralisée et vont
contrôler les parlementaires.

Cette différence n’est pas toujours absolue. Dans le temps,


rapprochement entre ce 2 types de création. L’origine des partis va
déterminer la structure et le fonctionnement interne des partis politiques.
Va plus dans le détail. Reste éloigné du fonctionnement concret du parti
politique.

Section 2. Le parti comme organisation :

Comment fonctionne réellement un parti en étudiant le fonctionnement


des partis de manière non normative. Sont des organisations complexes.

I. Formes et structures de l’organisation (Duverger) :


Distingue 2 types de partis : les partis de cadre et les partis de masse.
Distinction qui prolonge la première typologie qu’il a faite :
Les parti de cadre : partis de notables qui sont orientés vers la conquête
de soutient électoraux et politiques mais pas vers le recrutement d’un
nombre très important d’adhérents. Disposent de ressources et de
notoriété. Ont des comités locaux liés de manière souple avec un échelon
central mais qui ne contrôle pas tous les échelons locaux. Groupes
parlementaires qui gardent une liberté de manœuvre et de vote de façon
étendue. Sont des partis qui ont une idéologie un peu flottante. Ex : le
parti radical et l’UDF.

43/69
Sociologie de la politique

Les partis de masse : partis de militants qui sont orientés vers le


recrutement massif de nouveaux adhérents. Ces partis fonctionnent sur
les cotisations de leurs adhérents (1ère ressource de financement). Sont
des partis qui sont fortement structurée, centralisée, hiérarchisée à tous
les échelons locaux et nationaux. Existe des cadres du parti. A une armée
de militants qui consacrent leur temps au parti. Mobilisation régulière et
massive des militants. Ex : le PC.

Au fil du temps, cette distinction : parti bourgeois et ouvrier. Deux grands


modèles de parti politique. Cette typologie était très influente dans les
années 50 et 60. Mais, cette typologie semble un peu datée. Les partis
politiques ont évolué au fil du temps. Pensait que le succès des partis de
masse allait être imité par les partis cadres. Or, l’effet inverse s’est produit
à partir de la SFIO (parti de masse). A perdu des militants et qui s’est
transformé en parti de cadre. Pensait que c’est le modèle du parti de
masse qui allait s’imposer. Critique de Kirchheimer, qui a noté une
mutation des partis politiques à partir des années 60. Evoque un nouveau
type de parti politique soit les partis attrapent-tout qui sont des partis à la
jonction de parti de cadre et de masse. Ont des adhérents et en veulent
plus et les élus deviennent des notables.

II. Organisation oligarchique (Michels) :


Les partis politiques seraient des organisations oligarchiques quelque soit
l’idéologie adopté. C’est une loi universalité. C’est la loi d’airain de
l’oligarchie. Tous les partis politiques vont être gouvernés par une
oligarchie c'est-à-dire un petit groupe d’individus qui vont se maintenir à
la tête du parti pendant très longtemps. Sont toujours dominés par une
petite élite. Ce fonctionnement, c’est le reflet de la démocratie de manière
générale. Les partis sont essentiels à la démocratie, permet un pluralisme.
Permettent de pacifier les clivages sociaux, de canaliser les conflits
sociaux. Les partis eux-mêmes ne sont pas démocratiques mais
oligarchiques.
A fait une étude du SVD (parti ouvrier d’Allemagne). Election des
dirigeants. Malgré ce principe de l’élection, l’organisation est dominée par
une petite élite de leaders qui ont accès à de ressources décisives qu’ils
monopolisent et qui leur permettent de rester à la tête du parti.
Permettent aux dirigeants de se faire élire et réélire. Les dirigeants
deviennent irremplaçables pour le parti lui-même car ils ont acquis une
compétence, une spécifique politique, ont une notoriété important,
relation personnel avec les autres dirigeants du partis. Elle est
fonctionnelle pour le parti, elle rend le parti plus efficace pour la conquête
du pouvoir. Intérêt des dirigeants qui correspondent à ceux de
l’organisation.
La principale cause de l’oligarchie : sont techniquement indispensables.
Des chefs démocratiques qui deviennent inamovibles et inviolables,
inattaquables. Conjonction d’intérêt entre ceux du dirigeant et du parti.
Pourquoi votent-ils pour eux ? Les militants ont une certaine gratitude
envers les dirigeants, ont une tendance à l’inertie. Les militants sont des
gens obéissants et vont simplement se construire une tradition de vote.

44/69
Sociologie de la politique

Elle caractérise également le système démocratique dans son ensemble.


La structure oligarchique démocratique étouffe le principe démocratique.
Toujours une élite qui se maintiendra au pouvoir.
Distance entre les dirigeants des partis et les militants socialement. Car,
pour le SVD, ces adhérents sont issus du prolétariat et des transfuges de
la bourgeoisie qui sont venus par idéal de se mettre au service de la
classe ouvrière. Les inégalités sociales vont se transposer dans le champ
politique avec les prétendants (capital culturel) et les dominants (capital
économique). Au détriment des dominés. Les inégalités sociales se
rétractent dans les partis politiques.
Les postes les plus influents sont toujours attribués à des individus ayant
une position élevée dans l’échelle sociale.

On voit dans certains cas des dirigeants politiques qui vont être affaiblis
par le SUD au sein des partis. Certaines oligarchies restent relativement
ouvertes. Il y a des partis très fermés tandis qu’il y a des partis plus
ouverts lors des élections internes. La direction d’un parti n’est pas tout le
temps unifiée donc pluralisme. Le choix du leader n’est pas forcement
verrouillé à l’avance. Les militants ont le choix entre plusieurs personnes
mais qui restent des personnes issues des milieux les plus favorisés. Une
thèse à nuancer.

III. Une entreprise politique (Weber) :


S’intéresse aux motivations des dirigeants. Qualifie les partis d’entreprise
politique par analogie avec le fonctionnement de l’économie. S’inspire de
raisonnement économique. Reprise par Schumpeter.
Le comportement des acteurs des politiques est comparable avec ceux des
acteurs économiques. Faut s’intéresser aux motivations. Fait une approche
utilitarisme des partis politiques. Définit la motivation première comme
étant la recherche de la satisfaction de leurs intérêts comme pour un
acteur économique. Il considère que tous les buts partisans ne sont pas
uniquement des buts objectifs. Sont aussi et surtout des rivalités pour
contrôler la distribution des emplois. Vision très désenchantée des partis
politiques. Procurer des emplois aux dirigeants.
Définition de Weber : on doit entendre par parti des sociations (groupe)
reposant sur un engagement libre ayant pour but de procurer à leur chef le
pouvoir au sein d’un groupement et à leurs militants actifs des chances de
poursuivre des buts objectifs, d’obtenir des avantages personnels, ou de
réaliser les deux ensembles.
Logique de maximisation des intérêts des dirigeants.
Schumpeter, analogie entre les comportements et les motivations des
acteurs politiques et économiques. Il réfute la vision idéalisée du parti. Un
parti est un groupe dont les membres se proposent d’agir de concert dans
la lutte concurrentiel pour le pouvoir politique. Le point commun, c’est qui
veulent le pouvoir donc vont s’unir. Vont proposer des principes qui vont
être plus rentables pour eux. Machine à conquérir le pouvoir. Le marché
politique, c’est un espace concurrentiel font s’affronter les leaders
politiques. L’enjeu de la compétition est l’accès au pouvoir. Ce qui va les
partager, c’est le nombre de voix gagné.

45/69
Sociologie de la politique

Vision très cynique. Analogie quasiment complète. Devenue très


importante après les années 70. Présente certaines limites et intérêts.
Intérêts : partis attrapent-tout. Sont des tentatives de repositionnement de
certains partis dans le marché politique. Pousse certains partis à
développer de nveaux enjeux comme pour une entreprise avec un nouveau
produit. Montre l’échec de certains partis qui n’ont pas réussi à renouveler
leurs offres.

Section 3. A quoi servent les partis politiques ? :

R. Merton : s’intéresse aux fonctions des structures sociales et des effets


des actions des partis politiques dans la société. 2 types de fonction :

I. Fonctions manifestes :
- Partis politiques ont un rôle dans le déroulement de la compétition
pour la politique. Ont une fonction programmatique.
- Encadrement des élus (la discipline du vote).
- Une fonction d’intégration sociale (participe à l’intégration des
individus dans la société) et favorise la coexistence des groupes
sociaux et la construction commune de la politique. Fonction de
socialisation des individus.

II. Fonctions latentes :


- La fonction d’assistance sociale (lien entre les individus et les
candidats).
- Une assistance économique.
- Fonction de mobilité sociale (aide à l’ascension de certains groupes
sociaux).

Sans les partis politiques, l’espace politique aurait beaucoup de mal à


fonctionner.

Analyse très descriptive. A été prolongé, dans les années 70, par G. Lavau.
Distingue 3 fonctions :
- Fonction de relève politique,
- Fonction de légitimisation du pouvoir politique,
- Fonction de tribunicienne : porte-parole des revendications, évite
des phénomènes d’insurrection, atténue les tensions sociales.

Section 4. Partis politiques et clivages sociaux :

I. Des conflits sociaux aux partis politiques (Lipset et


Rokkan) :
Expliquent la formation de grands partis politiques en Europe de l’Ouest.
Analyse historique.
Partis politiques : sont l’expression de conflits sociaux dans les sociétés.
Des conflits qui menacent le système politique car sont prégnants. Ils sont
issus de ces conflits qui essayent de prendre en charge ces conflits
sociaux et de les atténuer en les transformant en clivages sociaux (=
division d’une société en groupe qui appartienne à des orientations

46/69
Sociologie de la politique

politiques divergentes). Ils vont permettre de pacifier la société à travers


des négociations politiques. Ils sont des agents d’expression des conflits
sociaux, vont intégrer ces conflits sociaux et vont les atténuer.
Mettent en avant l’hypothèse qu’à chaque conflit sociale, il y a création de
2 partis politiques.

II. Quatre clivages fondamentaux :


A la suite des 2 révolutions (rôle central : la bourgeoisie). Naissance de
conflits sociaux qui se sont traduits en clivages sociaux :
- la Révolution nationale : la bourgeoisie a cherché à obtenir le pouvoir,
besoin des classes sociales populaires en se positionnant contre l’ancien
pouvoir aristocratie et religieux.
- la Révolution industrielle : la société agraire contre la société industrielle.
Elles se produisent en même temps et 4 clivages sociaux :
- La Révolution nationale :
 Conflit entre l’Eglise et l’Etat,
 Conflit entre le centre et les périphéries.
- La Révolution industrielle :
 Conflit entre les ruraux et les urbains,
 Conflit entre les possédants et les travailleurs.
Produites dans l’ensemble de l’Ouest. Mais des conflits qui n’ont pas la
même intensité selon les pays.

A. Clivage entre l’Eglise et l’Etat :


Essaie de contrôler la socialisation de la société mais se heurte à l’Eglise.
Question de la réforme protestante : dépend de l’issu de ce conflit :
- La réforme protestante l’a emporté. Ex : RU et les pays scandinaves.
- La contre-réforme l’a emporté. Ex : Italie, France.
- La réforme a divisé la société. Ex : Pays-Bas.

B. Clivage entre le centre et la périphérie du territoire :


Opposition à la volonté du pouvoir central de dominer tous les pays.

C. Clivage entre les ruraux et des urbains :


Clivage d’ordre économique. Ancienne élite rurale (protectionnisme) et les
nouvelles élites urbaines (ouverts aux libres échanges).

D. Clivage entre les possédants et les travailleurs :


Bourgeois contre ouvrier. Apparait des partis qui défendent l’un est l’autre.
Points communs à tous les partis d’Europe de l’Ouest.

III. Un « gel des clivages » ? :


Considère que même si la formulation des enjeux changent : même idées
au moment où partis politiques crées.
Idée qu’on a à faire à des partis « attrapent tout’ aujourd'hui. Certains
pays sont apparus après et ne s’inscrivent pas aux clivages opposés.
Existe des contraintes liées au mode de scrutin… qui déterminent le
maintient ou non d’un parti.
Néglige les règles institutionnelles où sont soumis les partis.

47/69
Sociologie de la politique

PARTIE III : LES PRATIQUES DE PARTICIPATIONS :

Introduction générale : la participation politique :

La participation politique : c’est l’ensemble des activités par lesquels les


gouvernés peuvent tenter d’influer sur le fonctionnement du système
politique.
Définition très large. C’est quelque chose de très variée et qui peut
prendre des formes très différents. Pilier central de la démocratie. C’est
même considéré comme une obligation sociale. La légitimé d’un
gouvernement démocratique dépend de la participation et du soutient des
électeurs. Permet d’influer les choix des gouvernants et permet au citoyen
de contrôler les citoyens. Ce n’est pas aussi le vote mais également toute
forme de protestation. Moyen de faire entendre leur voix. La démocratie
garantie le droit de participer… Règle juridique qui encadre la participation
et essentielle. La notion de participation politique a une dimension très
normative liée à l’idée de la citoyenneté, l’égalité…
La réalité est différente. Au contraire, l’intérêt pour la politique est assez
peu répandue et de manière inégale selon les groupes sociaux. On a en
tête un modèle d’un citoyen qui va s’investir dans la politique, qui se bat
pour des idées… En réalité, pratique politique limitée. Incitation des
professionnels de politique aux profanes à participer. Existe des incitations
qui sont liées à la socialisation des individus. Diversité de la participation
politique.
La participation politique est aussi pour les individus une occasion
d’apprendre à faire de la politique. On a toujours le même phénomène, on
va acquérir un certain nombre de notions, de vocabulaire… On apprendre
des savoirs faires, comment on vote, comment on organise une
manifestation… Apprentissage de règles qui régissent l’espace politique et
qui sont forgées par les professionnels de la politique… Elle suppose que
cet apprentissage soit possible, soit réalisé. C’est pour cela qu’elle est
inégale selon les groupes sociaux. Cette acquisition est faite par la
naissance sociale ou par la pratique, d’expérience concrète de la
mobilisation. On parle également de la manière que se fait cet
apprentissage.

La pratique conventionnelle : les pratiques qui alimentent les mécanismes


institutionnels et participent à la sélection des titulaires de l’autorité.
Permet de stabiliser un système constitutionnel et son maintient. Ex : le
vote, adhérer dans un parti…
La pratique non-conventionnelle : chose qui échappe à la médiation des
élites. Ensemble d’actions qui sont autonomes et échappent à la
contrainte d’un cadre juridique et institutionnel. L’initiative en revient au
citoyen qui en définisse librement le moment, les modalités et les
objectifs. A une dimension contestation, protestataire par opposition au
vote qui va conforter le système, les représentants. Remet en cause
l’ordre établi, les institutions existantes, le pouvoir en place ou la politique
qu’ils mènent. Ex : manifestation, grèves, pétitions, sit-in… Formes
d’actions qui ont toute une dimension de remise en cause de l’ordre établi.

48/69
Sociologie de la politique

Chap. 1. LA « PRATIQUE CONVENTIONNELLE » : LE VOTE :

Gaxie, Dormagen, Lecompte, Braconnier.

Section 1. Participation et compétence politique :


Pourquoi tous les citoyens ne votent pas ? Existe des logiques sociales très
fortes qui expliquent l’inégale participation des citoyens. Les inégalités
sociales sont transposées dans l’espace politique et que ces inégalités
sociales expliquent pourquoi les groupes sociaux les plus favorisés sont
ceux qui participent le plus.
Comment mesure-t-on la participation politique ? Quelles interprétations ?

I. Les chiffres de la participation politique :


En faite, la participation politique qui est quelque chose de peu répandue
dans la société. L’est beaucoup dans certains groupes sociaux que
d’autres. Elle est plus présente dans les groupes sociaux les plus favorisés.

A. Une participation toute relative :


1. Echelle de la participation conventionnelle :
Première mesure. On peut participer à la politique de manière plus ou
moins intensive en investissant plus ou moins de temps dans les activités
politiques. Cette enquête a distingué 4 degré de participation :
- Le degré 0 : aucune forme de participation politique comme ne pas
voter, ne pas être inscrit sur les listes électorales et ne pas suivre les
émissions politiques. Représente 3% de l’effectif.
- Le degré 1 : individus inscrits sur les listes électorales mais ne
votent pas et ne suivent pas les émissions politiques. 7% de
l’effectif.
10% des sondés ne s’intéressent pas du tout à la politique.
- Le degré 2 : inscrits et votent au 1er tour des élections. 37% de
l’effectif sondé.
- Le degré 3 : inscrits, votent et suivent les émissions politiques. 53%
des sondés.
86% déclarent voter et suivre les émissions politiques. Cela semble
beaucoup et peu. Les individus ont sans doute tendance à surévaluer leur
participation politique. On peut considérer que cette participation est
surévaluée. C’est un échantillon, on a mit de coté des sondés potentiels
qui ont donné des réponses qui ne satisfaisaient pas les sondeurs.
53% des sondés se présentent très actifs dans la politiques. Ce n’est pas
beaucoup car 47% des citoyens n’essayent pas de s’informer sur la
politique.
Enquête qui pose des pbs de méthodologie. Une étude imparfaite mais qui
montre le caractère très relatif de cette participation.

2. Une baisse de la participation conventionnelle :


Peu d’adhérents dans les partis. Difficile d’avoir des chiffres fiables car les
partis politiques ont tendance à gonfler leur chiffre. Ce ne sont pas des
effectifs énormes de militants. La proportion de militants actifs sont à peu

49/69
Sociologie de la politique

près 700 000 pour 40 millions d’électeurs inscrits si on considère le


militantisme comme étant une participation politique.
En 2007 : l’UMP aurait 335 000 adhérents (croissance de l’effectif) – le PS
aurait 280 000 adhérents (croissance) – le PC aurait 140 000 adhérents
(décroissance) – le FN aurait 60 000 adhérents (croissance) – le MODEM
aurait 31 000 adhérents – les verts aurait 8 000 adhérents – le reste < 5
000 membres.

Prédominance du vote qui est la forme de participation politique qui


demande le moins d’effort. Fin des années 80, la participation
conventionnelle aux élections tend à baisser mais elle est très inégale
d’une élection à une autre.
On a des élections qui sont considérées comme mineures, très marginales
avec une participation très faible. Ex : les élections européennes en
France. En juin 2009 : 49% furent mobilisés.
En 2002, participation très forte aux élections présidentielles. Elle a un
enjeu plus important.
Les taux de participation et d’abstention varient beaucoup selon les
élections. L’abstention au 2nd tour : aux régionales de 2004, 34% des
inscrits qui n’ont pas voté – aux présidentielles de 2007, 16% – aux
législatives de 2007, 40% – aux municipales de 2008, 37,8% – aux
régionales de 2010, 48,9%.
La variabilité est très forte. Entre 2004 et 2010, augmentation forte de
l’abstention.
Cette abstention est considérée comme un phénomène contemporain.
Certains chercheurs ont montré que c’était un phénomène beaucoup plus
ancien. Dès les années 40, on remarque que les électeurs sont peu
informés, engagés et votaient plus par pression sociale. Ce phénomène ne
date pas des années 80 et selon certaines personnes, l’abstention est
considérée comme étant très négative ou une condition du
fonctionnement de la démocratie. La faible participation ne remet pas en
cause la démocratie selon Almond et Verba. Ils considèrent que la société
était divisée entre 2 groupes : une masse de citoyens indifférents et une
minorité d’élites intéressés par la politique. Cela ne posait pas un
problème car ce qui permet à la démocratie de fonctionner est d’avoir un
accès garanti et possible à un espace politique même si on ne l’utilise pas.
La représentativité des élites est faible dans le corps social.
Le retrait des masses de la vie politique peut être une source d’efficacité
pour le système politique. Si tout le monde s’intéresse à la politique on
aurait une multiplication des demandes annoncées au pouvoir politique
qui seraient ingérables. Le système politique serait menacé face à cela.

Deux visions très opposées de cette faible participation électorale. Ces


chiffres montrent qu’il existe très peu de citoyens engagés et participent
activement à l’espace politique et contredit l’idée de l’égalité des
personnes face à la politique. Retrait du jeu politique de la part des classes
dominées. La réalité d’abstention contredit le mythe du citoyen éclairé et
intéressé par la politique.

B. La non-inscription sur les listes électorales :

50/69
Sociologie de la politique

Plus fort retrait de l’espace politique. Phénomène qui se maintient. 8 à


10% du corps électoral. 2 cas de figure : individus qui n’ont jamais été
inscrits sur les listes et individus qui ne sont pas réinscrits après un
déménagement.
Fortement déterminé par des logiques sociales et démographiques.
Critères le plus déterminant, c’est l’âge car les 15 à 20 % des 18-24 ans
ne sont pas inscrits contre 5 à 9% des 34-49 ans.
En 1985, étude qui montrait que les catégories d’âge étaient plus strictes.
Plus on avançait dans l’âge, plus le taux de non-inscrit diminué. L’entré
dans la sphère politique avec cette inscription est liée à l’insertion sociale
(professionnelle, familiale…). Plus élevé pour ceux titulaires d’un CDI,
propriétaires d’une résidence, les couples mariés, qui ont des enfants. Le
taux d’inscription croit avec le degré d’appartenance avec le catholicisme.
Tous ces signes d’insertion sociale étaient des facteurs. Toutes ces
variables d’insertion sociales sont liées entre elles. Le critère du niveau
d’éducation est un critère important. Plus les individus ont beaucoup de
diplômes, plus ils seront inscrits sur les listes.
L’inscription sur les listes est un conformisme social. Les personnes qui ont
des conditions de vie stable sont les plus inscrits sur les listes. L’inverse,
on remarque d’avantage une absence sur les listes.
Constatation de politisation. C’est le cas entre 2002 et 2007 sous l’effet de
différents facteurs : les émeutes en 2005 dans certains quartiers
sensibles, en 2007 avec l’élection présidentielle avec la mémoire des
résultats du 1er tour en 2002, en 2007 avec des candidatures très
polarisantes (Royal et Sarkozy).

C. Diversité des formes de participation :


C’est très difficile de savoir ce que recouvre la participation politique pour
les électeurs. Le sens qu’il donne à cela. Voter peut revêtir des
significations différentes.

1. Les multiples significations de la participation :


On peut participer à un événement sans considérer qu’il s’agit à une
activité politique en voyant qu’une revendication matérielle et concrète. A
l’inverse, d’autres vont participer pour protester de manière plus générale.
Certains vont voter par simple conformisme sociale car ils considèrent que
c’est le devoir de voter. C’est le cas pour les personnes âgées. Certaines
personnes votent par devoir car elles ont été socialisées par une forte
pression sociale. Votent par tradition, comme leurs parents…
On peut donner à son vote des significations très différentes. On peut
voter en raisonnant sur des critères non politiques. Ex : se reporter sur la
personnalité du candidat, se reposer sur des critères de jugement
(honnête, courageux, travailleur…), sentiment affectif avec tel ou tel
dirigeant, voter de manière très stéréotypée (voter pour un parti
extrémiste pour marquer son rejet)…
Quand on mesure de manière quantitative le vote, faudrait savoir quel est
le sens que les individus donnent à leur vote. On peut postuler que la
masse des individus votent sans investissement fort pour la politique.
L’action politique suppose un engagement plus profond de la part des
individus.

51/69
Sociologie de la politique

Cette notion de l’investissement pour la politique, c’est une notion qui


reste très voir trop générale. Les pratiques politiques n’ont pas la même
portée selon les groupes d’appartenance des individus.

2. Le sentiment d’incompétence politique (D.


Gaxie) :
La compétence politique : Aptitude de certains agents à participer aux
activités politiques, à se faire une opinion et à exprimer dans des termes
politiques le sens qui donne à leur vote. Peut également concerner l’action
collective.
Cette compétence politique est repartie de manière inégale selon les
groupes sociaux d’après Gaxie. Du coup, ne pas participer à la politique,
c’est le résultat de processus sociaux qui font que la majorité des citoyens
les plus dépourvus de ressources sociales vont être incapables d’intervenir
dans la discussion politique car ils ne pourront pas maitriser les règles, les
valeurs, les notions qui prévalent dans l’espace politique. Ce sont les
professionnels de la politique qui définissent l’espace politique et ses
règles. Les groupes les plus défavorisés sont exclus du jeu politique. Ils
sont condamnés à ne pas participer ou à participer mais baser sur des
critères qui ne sont pas politiques. Ils n’arrivent pas rentrer dans des
catégories de jugement politique. Grâce à des analyses, on se rend
compte que ce qui détermine l’intérêt pour la politique, c’est le niveau
d’étude et l’appartenance socioprofessionnelle de l’individu. Gaxie parle
donc d’un sentiment d’incompétence politique.

D. Les incitations à participer :


Les individus qui participent politiquement sont généralement incités par
leur milieu d’appartenance sociale à l’origine, leur niveau d’instruction et
leur socialisation.

II. Les facteurs de l’abstention :


A. Les formes de l’abstention :
On distingue 2 grands types d’abstentionnisme :
- Les abstentionnistes constants : sont les moins nombreux.
Individus qui rejettent par principe la démocratie représentative. Ils
ne votent pas. Ne vote pas par principe.
- Les abstentionnistes intermittents : sont dans leur majorité
composée principalement défavorisée. Vont avoir des pratiques de
vote très variables selon le type d’élection. Ces abstentionnistes
intermittents sont des individus votent à droite à gauche. Ex :
élections régionales en 2010, au 2ème tour (48,9% d’abstention), au
1er tour (53% d’absentions). Les femmes avaient été plus
nombreuses à s’abstenir que les hommes. Constat fréquent. Les plus
jeunes et les plus âgés se sont abstenus…
Mets l’accent sur les acteurs sociaux et politiques.

B. Les explications sociales :


L’appartenance à certains groupes sociaux qui détermine le fait de voter
ou pas.

52/69
Sociologie de la politique

1. Un « cens caché » (Gaxie) :


Insiste sur le fait que il y a un lien entre la participation politique d’une
part et le degré politisation (= l’attention qu’on prête aux événements
politiques) des citoyens d’autre part. Ce degré de politisation dépend de la
capacité des individus à donner un sens au fonctionnement de l’espace
politique. Donner un sens à la politique, cela suppose maitriser certaines
notions… de la politique. Plus on se sent compétent politiquement, plus on
va comprendre son fonctionnement et plus on va voter. Ce degré de
compétence politique dépend de l’origine sociale des individus et de leur
niveau de diplôme. Il parle de ségrégation politique de certaine catégorie
défavorisée. Ce sentiment d’incompétence va accentuer le retrait et la
non-participation dans la politique. Il parle d’une logique censitaire. Il n’y a
plus de cens au sens juridique du terme mais l’espace politique est dirigé
par un « cens caché ». Il existe un « cens caché » qui fait que l’espace
politique reste réserver aux catégories sociales dominantes.
Est un peu déterministe et fige les situations individuelles en considérant
qu’il y ait une forme de pesanteur social. Si on a peu de diplômes, on ne
peut échapper à la règle. Ne laisse pas beaucoup de liberté à l’individu. Il
se sentirait automatiquement incompétent.

2. Des degrés changeants d’intégration sociale


(Lancelot) :
En 1968, étude sur l’abstention en France. Met l’accent sur des degrés
d’intégration sociale qui vont changer au fil du temps d’un individu. Il
souligne que l’intégration politique dépend de la position sur l’échelle
sociale mais il existe d’autres facteurs comme l’âge. Il critique l’approche
de Gaxie en considérant qu’il faut s’intéressé sur le degré d’intégration
sociale et qui évolue selon au fil du temps de l’individu. L’individu peut
s’insérer au fil du temps dans l’espace politique. Il considère que
l’intégration sociale n’est pas fixée une fois pour toute. Elle va évoluer au
fil de sa vie. Du coup, la participation politique peut changer au fil de la vie
cet individu. On raisonne en termes de trajectoire d’insertion ou de retrait
de la société qui sont liés à l’âge et à une rupture démographique
(déménagement, divorce, naissance, mariage…). Cela peut expliquer
l’abstentionnisme intermittent.
Donne l’exemple des femmes qui votent moins que les hommes pour les
partis extrémistes. Sinon, pas de différences énormes dans les cantons
entre les hommes et les femmes. Au contraire, ils tendent à se rapprocher.
Montre que l’intégration sociale n’est pas figée et peut avoir des
mouvements, des événements qui vont faire que son degré d’intégration
va changer.
Le point commun : mettent l’accent sur des logiques qui sont plus larges
qui régissent l’ensemble de la société et non propres à la politique.
Reproche : les explications sociologiques ont dû mal à expliquer pourquoi
d’une élection à une autre de même type, le taux d’abstention change. On
a dû mal à comprendre ces variations à quelques semaines d’écart.
Difficile de faire le lien avec les variables sociales qui sont plus longues et
lourdes à changer.

C. Les explications politiques :

53/69
Sociologie de la politique

1. Les modalités d’élection :


D’abord, les élections présidentielles puis municipales. A l’inverse, les
élections régionales et européennes. La nature de l’élection va avoir un
enjeu dans le taux de participation.
Une succession d’élections entraine une lassitude de l’électeur qui ne vote
plus à fin.

2. Les enjeux politiques :


Selon l’élection, on va avoir des enjeux plus ou moins mobilisateurs. Ex :
certains referendums. Selon les scrutins, on a des enjeux qui semblent
plus ou moins importants selon les électeurs.

 Dans les conduites de non-participation politique sont déterminées par


3 variables : l’intégration des individus à la vie sociale (l’âge, la cellule
familiale, la stabilité de l’emploie), la profession qui est liée au diplôme, au
statut social, lieu de résidence, de revenu et la réussite de professionnels
de la politique à inciter les gens à voter.

Section 2. Les variables sociologiques et le vote :

I. L’analyse écologique du vote : A. Siegfried :


Début XXème siècle.

II. Appartenance sociale et vote :

A. Approches américaines :
Année 40.

1. Le paradigme de Columbia : paradigme


sociologique :
Statut sociologique, le lieu de résidence.

2. Le paradigme de Michigan : paradigme


psychosociologique :
Les variables sociologiques sont déterminantes avec un processus
d’identification partisane. Attachement émotionnel, affectif à un parti.

Ont influencé la sociologie française. On s’est inspiré de ces méthodes


pour interpréter le vote pour comprendre le vote français.

B. Variables et clivages sociologiques : approches françaises :


Année 60, 70. Développement important d’étude sur le vote qui essayer
de savoir dans quelle mesure les variables sociologiques (soit les critères
qui permettent de situer un individu dans la société) influencent le vote.

54/69
Sociologie de la politique

Vont-elles influencer le vote ? Question sur les orientations du vote. Etudes


qui se sont centrées sur plusieurs variables sociologiques qui sont au
nombre de 4 et analysées par de nombreux auteurs qui postulent sur
l’importance de ces variables pour le vote.

1. Religion et classe sociale (Michelat et Simon) :


Classe, religion et comportement politique en 1977. Enquêtes lancées au
milieu des années 60 qui ont été complété par des entretiens avec des
électeurs. S’intéressent à l’impacte de la religion (catholicisme) sur le
vote. Et le lien entre l’appartenance à un certain milieu professionnel et
social et le vote. Analyse multi-variée (s’intéresse à plusieurs
déterminants du vote).
A partir de cette étude, on dégagé 2 profils d’électeur opposé :
 Le catholique déclaré : univers qui se structure autours de la
religion et qui se définit comme chrétien. Revendique un ensemble
de valeurs conservatrices articulées autours de la famille, la
tradition et le patrimoine. Revendique un attachement fort au
catholicisme. Anti-communiste et conservateur. Tendance à voter à
droite.
 L’ouvrier communiste irréligieux : identité construite autours de
l’idée de la lutte des classes et une conscience des inégalités.
Volonté de lutter contre ces dernières. Tendance à voter à gauche.
Vote pour des organisations partisanes de gauche. Faut défendre la
classe ouvrière.
La variable religieuse était très importante pour déterminer la manière de
voter.

L’enseignement de cette enquête est que la religion est un facteur


important. Plus les électeurs appartiennent au monde ouvrier, plus on vote
à gauche et en particulier pour le PC. Les origines sociales sont très
importantes pour le vote. Ils ont conclue à l’existence de différentes
d’aptitudes politiques qui sont opposées aux uns aux autres.

Certains auteurs ont remis en cause cette approche sur plusieurs points :
- Certains ont relevé que la religion et l’appartenance au culte est
sans doute plus complexes que ce qu’ils disaient. On peut avoir des
catholiques pratiquants et des catholiques de gauche qui attachent
moins d’importance aux pratiques religieuses. On peut être
catholique et ne pas adhérer aux systèmes de valeurs
traditionnelles. Plusieurs manières d’appartenir au catholicisme.
- L’importance numérique de ces groupes à baisser depuis les années
70. Identité moins prégnante dans l’espace politique. Aujourd'hui, la
pratique religieuse n’est plus si importante et revendiquée.
Phénomène de tertiarisation de l’économie. L’industrie est en baisse.
Les ouvriers ont été relégués et ne sont plus présents dans l’espace
politique (déclin du PC depuis les années 80). Une analyse un peu
datée. Apparition de nouvelles catégories sociales comme les
classes moyennes et apparition de nouveaux partis (FN, le parti des
verts) avec de nouveaux enjeux.

55/69
Sociologie de la politique

Très fort dans les années 70 mais à l’heure actuelle, ces variables ont
perdu de leur importance.

2. Catégories socioprofessionnelles :
C'est-à-dire la profession exercée par les individus. Joue un rôle important
dans le vote avec un clivage structurant entre les indépendants
(personnes propriétaires de leurs moyens de travail, catégorie très
hétérogène mais proximité dans le vote ex : profession libéral,
commerçant, artisan, agriculteur… Ont des vertus attachées au
libéralisme économique et vote massivement à droite. Intégrés au monde
des indépendants) et les salariés (votent à gauche majoritairement surtt
les salariés du public. Catégorie hétérogène aussi. Individus qui ne sont
pas propriétaires de leurs moyens de production. Deux sous-catégories :
les ouvriers et les classes moyennes. Pour les ouvriers, vote
majoritairement à gauche soit pour le PC puis concurrence avec le FN. Les
ouvriers votent moins à gauche. Pour les classes moyennes, catégories qui
sont, en général, définit par des défauts qui regroupent des employés, des
techniciens, des infirmiers… Vote majoritairement pour la gauche. Issus
des classes populaires. Sont des individus qui ont adhéré à un système de
valeurs qui est appelé les valeurs du libéralisme culturel (Grunberg, Lavau
et Mayer se sont intéressés au vote des classes moyennes en 1983 pour
essayer de comprendre pourquoi ces classes moyennes votaient à gauche.
Interprétation qui repose sur la distinction de 2 systèmes de valeurs : le
libéralisme culturel (gauche, antiautoritaire, libre choix du mode de vie,
opposé à la peine de mort, sont tolérants envers les homosexuels et
féministes) et le libéralisme économique (définit par 3 prises de positions :
le refus des nationalisations des entreprises, s’oppose à l’impôt sur les
grandes fortunes et à l’intervention de l’Etat dans l’économie. Votent à
droite). Ne sont pas antagonistes. 4 types d’électeurs :
- les électeurs de droit qui sont libéraux éco mais pas cult.
- les électeurs de de gauche qui st libé cult et pas éco.
- les électeurs qui ont des faibles ressources et âgés. Abstention ou
vote à droite et surtout à l’extrême. Pas libé éco et cult.
- les électeurs qui sont libé éco et cult. Sont les catégories les plus
élevées de l’échelle sociale. Votent plutôt à gauche ou au centre
mais de manière relative.
Vision plus nuancée)).

3. « L’effet patrimoine » : possédant et non-


possédant :
Indicateur construit à partir de 2 critères : critère de revenus et critère sur
la possession de patrimoine de réserve (possession de biens immobiliers
qui ne sont pas des résidences principales…).
Le niveau de revenu n’influence pas le vote de manière claire mais la
possession de patrimoine oui. Distinction entre les possédants (droite) et
les non-possédants (gauche). Le niveau de revenu n’est pas important au
contraire du niveau de patrimoine.
Les pauvres au possédant votent plus souvent à droit que les riches non-
possédants. Le patrimoine compte plus pour déterminer le vote que les

56/69
Sociologie de la politique

revenus. En général, les indépendants sont les possédants et les salariés


sont les non-possédants.
Faut prendre en compte plusieurs variables. On essaie de croiser le revenu
et le patrimoine.

4. Age, sexe, diplôme : des variables de peu de


poids ? :
Sont moins importantes. Sont des variables qui ont un impact assez
difficile à saisir sur les comportements électoraux. Ces variables ont un
impact sur le fait de voter ou non.
 L’âge : son impact n’est pas très clair à l’heure actuelle. Avant, les
plus jeunes votaient majoritairement à gauche et les plus âgés à
droite. Vieillissement de l’électoral de gauche dans les années 90.
Les plus âgés continuent à voter pour la droite. Effet de génération
et de socialisation. Effet de patrimoine et appartenance au
catholicisme. L’impact de l’âge n’est plus aussi clair aujourd'hui que
dans les années 80.
 Le sexe : variable qui est de moins en moins importantes. Avant les
années 80, forte différence. Les femmes votaient plus à droite que
les hommes. Depuis les années 80, plus de grande différence dans
les comportements électoraux. Différence : les femmes votent moins
pour les partis extrémistes (FN) au contraire des hommes.
 Le niveau de diplômes : n’est pas en soi un élément qui détermine le
vote. Le niveau de diplôme est lié aux autres variables (l’âge, le
revenu…). Différence : les faibles diplômés votent plus pour les
partis extrémistes (FN) que ceux qui sont plus diplômés.

 On voit à travers les travaux de tous qu’on a un modèle d’explication du


vote à partir du milieu des années 70. Version française du modèle du
Michigan. Trois variables : la pratique religieuse, la proximité avec le
milieu indépendant et salarié et l’ampleur du patrimoine. Considérées
comme structurant. On peut les cumuler ou les croiser.
4 éléments :
- Modèle sociologique véritablement où on considère que le facteur
déterminant du comportement de l’individu c’est son appartenance
au groupe professionnel, religieux…
- Modèle qui n’est pas objectiviste.
- Modèle qui n’est pas déterministe, met en lien des probabilités de
voter plus à droite ou à gauche. N’est pas radicale.
- Modèle qui n’est pas causale c'est-à-dire la relation entre les
variables et le vote est une relation circulaire. Le lien qui relie les
variables et le vote ne va pas que de la variable vers le vote. Ex : on
choisit telle ou telle profession car on adhère déjà aux valeurs
politiques de droite ou de gauche.

C. Etudes de cas : les électeurs du FN :


Lehingue a écrit sur la difficulté à étudier les électeurs du FN. A pris son
essor au début des années 80. Puis recul en 2007. Qu’est ce qui explique
ces changements ? C’est un parti qui a une image spécifique dans

57/69
Sociologie de la politique

l’espace politique. Voter pour le FN n’est pas un vote anodin et produit


certaines politiques. C’est un vote honteux, que les électeurs ont dû à mal
à assumer et à revendiquer. Enjeux de méthode intéressante pour la SP.
- Image d’un électorat très soudé, solide, en renforcement constant… Or,
en réalité, l’électorat du FN est un électorat très instable. Les électorats
plus instables et peu fiables. Sont très volatiles. Renouvellement de
l’électorat. C’est un électorat plus difficile à saisir.
- Image d’un vote majoritairement ouvrier. Le déclin du PC aurait alimenté
le FN. Cependant, le déclin du PC a précédé l’essor du FN. L’électeur n’a
pas de profil type car l’électorat se renouvelle très rapidement, les
origines sociales sont très variées chez l’électeur. Plus déterminé par le
genre et le niveau de diplômes.

Rend un électorat très difficile à étudier, entretient des formes de clichés


autours de ce parti. Inventions journalistiques. Le nihiliste : peu investit
politiquement et vote pour le FN pour protester, vont dissimuler leur vote
et le droitiste : les individus convaincus par les valeurs véhiculés par le FN.

Section 3. Vers en effacement des variables sociologiques ? :

Relativise le poids des variables sociologiques. Année 70. Plutôt aux EU.
Constatation de mouvements électoraux rapides et des variations très
fortes des taux de participation d’un scrutin à un autre. Dans le vote, le
contexte de l’élection, l’offre politique des différents candidats et la
campagne électorale comptent beaucoup.

I. Un électeur libéré des identifications partisanes ? :


A. Un « électeur stratège » : études américaines :
Année 60. Key critique le modèle du Michigan. Il considère qu’on a de plus
en plus d’électeurs qui votent de manière volatile. Ces comportements
volatils est le résultat de calcule et d’anticipation de la part de l’électeur.
Ils vont faire un vote rétrospectif c'est-à-dire qu’ils vont voter sous forme
de récompense ou de punition. Produit d’appréciation porté sur les
performances du gouvernement sortant.
Les identifications partisanes ne seraient pas déterminantes.
Verba considère que les identifications partisanes seraient de moins en
moins importantes dans la politique américaine. Elles sont moins
fréquentes, moins fortes qu’avant. Le vote devient un vote sur enjeux au
lieu d’un vote qui repose sur l’affection d’un parti, d’un candidat.
S’intéresse à l’offre politique et va voir quel candidat va défendre les
positions les plus proches des nôtres. D’après lui, apparitions de nouveaux
enjeux (guerre du Vietnam, la naissance des droits civiques, le
mouvement féministe, la revendication sexuelle…) ont contribué à
polariser le politique de manière différente qu’avant. Nouveaux électeurs
qui voteraient car ils sont très intéressés et autonomes par rapport aux
partis.

Remises en cause par la suite par des auteurs qui ont essayé de testé
l’existence de ces nouveaux électeurs. En réalité, les électeurs américains
restaient indifférents et peu informés à la politique.

58/69
Sociologie de la politique

B. Les « nouveaux électeurs » français (Lancelot) :


Alternance politique très proche dans les années 80. Impression
d’alternance très répétée et proche. Il a considéré que ces alternances
s’expliquaient par l’apparition de ces « nouveaux électeurs » caractérisés
par la jeunesse, diplômé, homme, des salariés. Ont des valeurs centristes
sur le plan politique et idéologique. Etaient plus politisés que les autres
électeurs. Représenteraient 10% des votants. Sont différents des électeurs
dans les modèles précédents. Sont très compétents politiquement.

Remis en cause et Mayer a montré qu’ils étaient très minoritaires et que


l’électorat volatil est très critique sur le fonctionnement de la démocratie,
peu diplômé, peu intéressé par la politique.

On parle de la volatilité électorale. Question cruciale aujourd'hui car forme


de variation selon les résultats des partis, du taux de participation d’une
élection à une autre… Elle serait en augmentation en France. Important
sur 2 niveaux :
- en termes de méthode et de mesure : difficile de mesurer les
transferts des votes d’un parti à un autre. Transfert qui se compense
par un renouvellement d’un électorat par de nouveaux électeurs. Il
faut donc s’intéresser aux itinéraires de vote des individus. Difficulté
à le faire.
- en termes d’interprétation : plusieurs manières d’interpréter le
comportement : signe d’un faible intérêt à la politique. Plus un
électeur irrésolu. D’un type d’élection à une autre, l’électeur peut
voter différemment selon le type de scrutin qu’il participe. L’offre
électorale change d’un tour à l’autre. Peut être lié à un certain
nombre de raisons importantes qui expliqueraient cette volatilité.

II. L’électeur est-il rationnel ? :


A. Une « théorie économique » de la démocratie :
Se repose sur l’analogie de la démocratie et le marché c'est-à-dire le
champ politique et économique. S’inspire beaucoup de sciences
économiques initiées aux EU par Downs. Va élaborer une « théorie
économique de la démocratie » en 1957 qui prolonge ce qu’avec suggéré
Schumpeter. Il explique que le choix de voter se fait de la même manière
que le choix de procéder à un achat. On a affaire à des individus rationnels
et utilitaristes. Ils vont mettre en rapport le cout du vote et le bénéfice du
vote pour décider de son comportement électoral. On cherche un
maximum de bénéfice et un minimum de cout. A une information
abondante sur le champ politique. Compare les programmes entres les
différents candidats.
Considère que le champ politique est un marché. Les entrepreneurs
(hommes politiques) sont à la tête de firmes identifiables (parti politique)
par des marques (logo, sigle) vont s’affronter pour la conquête du marché
(nombre de voix) pour tout contrôler (accéder au pouvoir). Et les
consommateurs sont les électeurs. Vont échanger leur voix contre des
bénéfices qu’ils pourraient tirer de tel ou tel parti. Comme sur le marché

59/69
Sociologie de la politique

économique, on a une adaptation entre l’offre et la demande dans


l’espace politique. L’offre s’adapte à la demande.
La démocratie marche de façon harmonieuse par conséquent. Du point de
vue de l’électeur, il a deux choix (bipartisme, EU) à faire sur deux partis.
Pour le multipartisme, cela est plus compliqué. Va voir si le parti à des
chances d’accéder au pouvoir ou non. Forme d’équation mathématique
qui repose sur la volonté de satisfaire des besoins matériels.

En France, ces travaux sont marginaux car vus comme irréalistes. Ils
reposent sur des individus abstraits. Vu comme des extraterrestres sans
identité. Modèle très loin de la réalité. Sur le plan empirique, abstention
forme plus rationnelle. 2 problèmes :
- Logique du vote : quelque chose de paradoxale. Les gens qui votent
ne seraient pas rationnelles car le cout du vote est toujours
supérieur aux bénéfices si on applique l’étude de Downs. Par
conséquent, l’électeur devrait s’abstenir. Cela n’est pas suffisant
pour expliquer pourquoi voter tel ou tel parti. Si on raisonnerait
purement rationnel, on laisserait les autres voter. On constate
qu’une majorité de personnes votent pour des partis qui ont très peu
de chance d’accéder au pouvoir. On peut voter pour affirmer une
allégeance partisane ou l’adhésion de certaines valeurs même si ce
parti n’a aucune chance d’accéder au pouvoir. Répond à des
logiques qui vont au-delà d’un calcul cout-bénéfice.
- Conception de la rationalité humaine : l’électeur a une information
parfaite sur le fonctionnement du champ politique et de son offre. Il
est capable d’anticiper les couts et bénéfices de son vote. C’est une
vision irréaliste car les individus ont une rationalité limitée sur le
plan du temps, sur les informations qu’ils peuvent avoir et sur la
manière de traiter toutes ces informations. Anticipation impossible à
faire.

B. Reformuler le postulat de rationalité :


Parle d’un choix individuel. Ces deux modèles sont tous les deux
irréalistes. Un groupe social ne vote pas de manière unanime pour un tel
ou tel candidat. Le vote n’est pas de quelque chose de complètement
abstraite. Réalité se situe à mi-chemin entre ces deux modèles. L’électeur
va faire es choix rationnelles mais dans les limites de la rationalité
humaine. Va être influencé par notre propre histoire… Va déterminer la
manière dont on réfléchit au vote.
L’électeur n’est pas simplement expliqué par les barrières sociologiques
mais qu’il est pris dans un système de réflexion qui dépend de sa
compétence, sa socialisation, la manière dont il a accès à la politique… Par
conséquent, ce n’est pas un électeur captif mais situé. Ces choix, ses
comportements doivent être rapportés à son environnement, son groupe
et auquel il s’identifie de manière plus ou moins.

Chap. 2. L’ACTION COLLECTIVE :

60/69
Sociologie de la politique

= participation politique non-conventionnelle sans passer par


l’intermédiaire d’un représentant élu. Regroupe un ensemble de pratiques
que se différencient des unes des autres. C’est un groupe très hétérogène.
Permet au citoyen de s’exprimer de manière libre et autonome même si
c’est réglementé par des lois. Différence entre l’action collective violente
(moins légitime) ou non. Ex : occupation de locaux, blocage de péages…
ou destruction de biens administratifs, enlèvement de personnes, grève de
la faim… Peut prendre des formes très variées, différentes. Le point
commun : mobilisation qui émane de la société et non des représentants.
Action collective : ensemble d’actions concertées en faveur d’une cause,
orientées vers un but. Action qui se fait en général sur le mode du
volontariat. Les acteurs d’un mouvement social sont liés par des valeurs
communes ou d’un intérêt commun qui va les amener à défendre
ensemble. Ex : les suffragettes. Volonté commune de défendre une cause
morale ou matérielle. Certaines peuvent être très localisées (ex :
occupation d’un local d’une entreprise, séquestré les dirigeants de
l’entreprise…). Englobe une palette de revendications.
Ces formes multiples d’action collective s’expliquent par la variété des
ressources des groupes qui se mobilisent. Selon le groupe qui se mobilise,
il aura accès ou pas un certain type d’action. Ressources et identités
variées. La théorie des ressources.

Section 1. Les conditions de la mobilisation collective :

Champ de recherche récent (60-70). Les premières analyses sur les


causes datent de la fin du 19ième siècle mais sont un peu daté. G. Le Bon
sur la psychologie des foules. Il voulait comprendre comment se forme un
mouvement de foule et comment se comporte la foule. Parle de
dangerosité, caractère imprévisible. La foule est une multitude un peu
grouillante et très dangereuse car l’individu se fonde dans un tout collectif.
L’individu n’est plus lui-même. Son comportement devient impulsif. La
foule, par nature) est manipulable et simpliste. Va se placer sous la coupe
d’un leader. Vision péjorative et un peu datée.
Et K. Marx qui s’est intéressé dessus. Pas étudié en tant que tel les mvts
sociaux. 2 intuitions :
- Pourquoi un groupe social, ayant des raisons revendicatifs, ne se révolte
(la classe paysanne) ? Car pour agir en tant qu’acteurs révolutionnaires, la
classe dominée doit avoir conscience d’exister en tant que classe. Pour
qu’un groupe décide de revendiquer quelque chose, il doit avoir
conscience d’exister en tant que groupe. Il faut également que ce groupe
est conscience de leur communauté de vie et de travail. Comprendre ce
qu’il les distingue des autres groupes.
La classe sociale en soi : la classe paysanne qui n’a pas conscience de
cette communauté d’existence.
La classe pour soi : prendre conscience de cette communauté d’existence.
Va devenir un acteur de la mobilisation collective. L’enjeu de la
mobilisation, c’est de constituer ce groupe conscience de son existence.
Intuition reprise par d’autres auteurs.

61/69
Sociologie de la politique

- Dans la construction des mouvements sociaux, il faut une


organisation, une structure qui va favoriser ce passage de la classe
sociale en soi en pour soi. Elle va favoriser cette prise de conscience.

 Ceux sont les ancêtres des théorisions qui ont travaillé par la suite avec
C. Tilly en 1978 et M. Olson en 1965.

I. Les théories de la mobilisation des ressources :


Rupture dans l’étude des mouvements sociaux. Souvent on avait lié
l’action collective à l’action de la violence et de danger. Dans les années
60-70, c’est devenu un objet de recherche à part entière d’abord aux EU
puis en France. On passe d’une conception collective à une conception
individuelle de l’action collective. On s’intéresse aux motivations des
individus qui participent aux actions. On se demande ce qui va pousser un
individu à faire une action collective. On laisse de coter le déroulement,
les modalités de l’action. On réunit toute une série de mouvements
sociaux qui sont très divers. Comment construit-on un groupe social ?
Comprendre ce qui a motivé un individu à participer à une action
collective.

A. Les ressources de l’action collective (Offerlé) :


Les ressources politiques : tous les moyens que peut disposer une action
pour augmenter ses chances d’atteindre un objectif. C’est les ressources
d’un individu, sa notoriété, les compétences, l’accès aux médias, la
capacité de mobiliser des soutiens et avoir de l’argent. Elles sont très
nombreuses et diverses. 3 grandes catégories en suivant l’analyse de M.
Offerlé :
- Le recours au nombre : revendiqué dans un collectif et pouvoir
mobiliser des effectifs importants. C’est la manifestation, la pétition,
la saturation de sites internet (cyber attaque) et la grève. On montre
la force de la revendication par le nombre. Pour que cela marche, il
faut que beaucoup de monde soient prêts à participer.
- Le recours à la science : produire une expertise, une analyse qui est
présentée comme objective, scientifique et qui va aller dans le sens
de la revendication du groupe en question. Cela dépend des
compétences des membres de ce groupe (ex : les médecins,
spécialistes du climat, du nucléaire…). Mobilisation d’un certain
savoir ayant un crédit face aux gouvernants. Organisations de
conférences, du lobbying… Cherche à toucher les dirigeants ou/et
l’opinion publique.
- Le recours à la morale : on va invoquer la violation de normes
éthiques pour susciter des mobilisations. Soit on va dénoncer
directement le caractère scandaleux de telle ou telle situation, soit
on va faire des actions provocantes pour provoquer le scandale et
donner de la visibilité de la cause. Stratégie du scandale.

Dans le cadre de la France, sur le plan historique, les associations ont


plutôt utilisé la 1ère ressource. La 3ème ressource plutôt que l’expertise
jusqu’aux années 70. Après, la stratégie de l’expertise était plus utilisée.

62/69
Sociologie de la politique

Beaucoup d’associations ont été sollicité par l’Etat pour ces expertises.
Évolution dans le type de ressource utilisée. Professionnalisation des
mouvements sociaux c'est-à-dire de plus en plus les ressources
intellectuelles, techniques sont devenues des forces très importantes dans
la revendication. Au fil du temps, passage des stratégies.
L’identité du groupe va définir les ressources dont ils disposent et utilisé à
moindre cout. Ex : la capacité des nuisances des cheminots va prôner la
grève. Certaines ressources qui ne vont pas être utilisées par un groupe
car elles sont trop couteuse ex : pas conforme à l’image qu’ils veulent
donner d’eux-mêmes. Ex : le recours à la violence (bruler le drapeau
américain lors de la guerre au Vietnam). Elles peuvent leur ôter le soutient
de l’opinion. Les mouvements sociaux seraient l’arme du faible c'est-à-dire
de ceux qui n’ont pas d’ordre moyen de se faire entendre. Cela leur
permet de donner ne visibilité de leur action. Ont accès à certaines arènes
institutionnelles (les tribunaux). Ex : le sang contaminé. Aux décideurs,
aux dirigeants politiques, à l’arène électoral (ex : les militants d’ATTAC).
C’est un moyen pour des groupes qui ne peuvent pas se faire entendre
autrement d’avoir accès aux médias… Mais ce n’est pas la seule
motivation, elle doit être recherchée dans d’autres motivations
individuelles et ne pas seulement considérée cela comme un dernier
recours. Les théoriciens ont essayé de réfléchir au niveau de l’individu et
de ses motivations.

B. Le paradoxe de l’action collective (Olson) :


En 1965, il est parti de la distinction que faisait Marx des classes. Il parle
de groupe latent, virtuel qui existe mais sans vraiment se mobiliser. Existe
à l’état non déterminé. Et le groupe mobilisé qui va conduire une action
collective. Il formule le paradoxe suivant : les membres d’un groupe latent
qui ont conscience d’avoir des intérêts communs avec les autres membres
et savent que les intérêts pourraient mieux être défendus s’ils se
mobilisaient tous, s’ils étaient rationnels, ils ne participeraient pas à une
éventuellement mobilisation et resteraient à l’écart. Il est plus intéressant
de ne pas y participer que d’y participer car l’action collective a toujours
un cout pour l’individu. Un acteur rationnel dont le but est d’assouvir ses
intérêts ne participerait pas. Cela à un cout (temps…). C’est toujours plus
couteux que de ne rien faire. L’objet d’une action collective est un bien
collectif (c'est-à-dire qu’il profitera à tous). Si tous les individus étaient
tous rationnels, il n’y aurait pas d’activité collective.
Il va proposer des réponses pour résoudre ce paradoxe.

C. Incitation sélective et rétribution du militantisme :


Olson parle d’incitation sélective et D. Gaxie parle de la rétribution du
militantisme.
Olson, les incitations sélectives : ce qui permet aux organisations de
s’assurer que leurs membres vont s’assurer aux actions collectives. Ceux
sont des avantages qui sont distribués aux membres des organisations. Va
inciter les individus à adhérer aux organisations. Dès adhéré pression
social. Ex : les syndicats. Réservées aux adhérents. Parfois cela peut être
contraignant. Faut être membres parfois pour être embauché par
exemple. Ou une forme d’incitation sociale. La reconnaissance sociale va

63/69
Sociologie de la politique

dépendre de la participation d’un individu dans un groupe. On peut perdre


une reconnaissance, un statut. Va inciter à participer pour ne pas être
marginalisé voir exclu. Plus le groupe est petit, plus le comportement est
visible. Le comportement du passager clandestin est visible donc par
conséquent rare.
Gaxie, la rétribution du militantisme : se fonde sur les travaux d’Olson
mais les prolonge sur 3 points :
- Parle de revendication matérielle. Parle également de revendication
vers une cause, une valeur (reproche d’Olson d’oublier).
- On s’intéresse plus au déroulement de la lutte (stratégie
employée…) et surtout à la fin dont le groupe se constitue à la lutte.
On s’intéresse d’avantage aux organisateurs des organisations.
- On considère que c’est réducteur de réfléchir aux motivations des
individus sur le point matériel. On s’intéresse à la dimension
politique, idéologique de la mobilisation. Pas toujours un sens
matériel. Pour introduire la diversité des mobilisations. Ex :
mobilisation des féministes…
Part du constat de la diversité des individus qui se mobilisent et de leurs
motivations. On va essayer de voir ce qui les distingue de ceux qui se
mobilisent et ceux qui ne se mobilisent pas. Les rétributions peuvent être
économiques, financières, matérielles mais également morales et
psychologiques (identitaires). L’engagement militant peut être une
affirmation de son identité (culturelle, ethnique, sexuelle…). Peut prendre
une dimension identitaire. Cela peut être aussi parce que des
mouvements sociaux sont des processus de formation d’une identité
collective. Série de gratifications d’ordre affectif ou moral car on a
l’impression d’œuvré pour une juste cause, d’appartenir à une grande
famille… Le fait d’appartenir à un groupe donne une fonction d’intégration
sociale de l’individu. On observe chez certains individus des trajectoires
qui vont déterminer la vie de l’individu.
Macadam en 1998 qui a étudié sur des anciens militants américains sur
des mouvements pacifiques contre la guerre du Vietnam. Ces individus ont
complètement participé à ces manifestations et cela été un moment de
révélation de leur identité individuelle et création de forts liens. Impact
déterminant sur le reste de leur vie.
Le militantisme est une source en lui-même de satisfaction. Parfois, des
organisations très marginales qui n’ont aucune chance de faire fléchir
quoique ce soit qui continuent à exister. Il peut se suffire à lui-même. Il
devient l’objet de l’action militante. S’alimentent par des rétributions
identitaires, psychologiques ou morales.
Naissance, dès les années 70-80, d’une école d’analyse du militantisme
qui réfléchie sur les carrières militantes.
Les individus qui se mobilisent vont donner un sens différent à la
mobilisation.

II. Réévaluer la politique :


L’action collective s’insère dans la sphère politique.

A. L’accès au contrôle des ressources étatiques (Tilly) :

64/69
Sociologie de la politique

Les mobilisations doivent être replacées dans le champ politique et que ce


champ est composé de 2 grandes catégories de personnels : un
gouvernant et des groupes qui essayent d’influencer le gouvernement,
souvent ils vont lutter les uns avec les autres pour influencer le
gouvernement. Ex : sur les réformes des retraites.
Il dit qu’il y a des luttes qui s’expliquent par le fait que certains groupes
sont plus éloignés ou proches du pouvoir. Il distingue 2 types de groupe :
les membres de l’espace politique (individus intégrés dans l’espace
politique ex : les syndicats) et les challengers (sont exclus de cet accès au
centre du pouvoir car groupe plus faible en nombre, récent. Pas considéré
comme légitimes ou représentatifs).
Configuration variable au niveau des luttes. Des alliances qui vont
déterminer l’issu du mouvement. Tilly dit que l’un des enjeux principaux
des mouvements sociaux c’est la présence dans l’arène du pouvoir qui
leur garantie l’accès au centre des décisions. Le sens de l’action collective
à changer au fil du temps. Veut accéder au centre du pouvoir c'est-à-dire
là où l’accès aux ressources étatiques est possible.
La mobilisation, c’est un moyen par lequel des groupes vont essayer
d’avoir accès aux arènes politiques.

B. La structure des opportunités politique (Tarrow) :


Les mouvements sociaux doivent être réintroduits dans la sphère
politique. Il va démontrer pourquoi certains mouvements réussissent et
d’autres échouent. Il considère que ce qui va déterminer le devenir d’un
mouvement va dépendre des opportunités offertes par le système
politique. Ces opportunités ont 2 volets :
- Volet institutionnel : existence d’un système politique stable ou
instable…
- Volet politique : gouvernement faible ou non…
Dépend si on est dans un régime démocratique ou non. Le type de régime
va déterminer le déclenchement de la manifestation et l’issu de la
mobilisation.
C’est une notion qui permet d’expliquer pourquoi certains mouvements
vont se déclencher et pourquoi certains mouvements vont réussir ou non.
4 éléments qui constituent ces structures d’opportunité politique qui
évoluent selon le temps et l’espace :
- L’ouverture du système politique : la capacité de l’Etat a réprimé la
contestation et sa tendance à le faire.
- La stabilité des alliances politiques : des partis qui sont dans le
déclin vont prendre en charge les contestations. Ex : fin 90’s, les
partis de gauche qui ont essayé d’avoir le soutient des
altermondialistes.
- L’existence des forces relais : qui sont des alliés potentiels parmi les
dirigeants. Permet d’avoir accès au pouvoir pour essayer
d’influencer le pouvoir.
- La capacité du système politique à mettre en œuvre des politiques
publiques c'est-à-dire à apporter des réponses aux demandes
groupes des contestataires.

65/69
Sociologie de la politique

Dépend de la perception qu’ont les acteurs de tous ces éléments. Permet


de rappeler le but de l’action collective. Objectif : obtenir ou bloquer des
mesures. Permet de replacer les mouvements sociaux.

Critiquée sur 3 points principaux :


- Il ne faut pas considérer comme quelque chose de parfaite. A des
effets en fonction des perceptions que l’on a.
- Ne faut pas considérer cette structure soit fixe, immuable. Au
contraire, l’objectif de cet mouvement est de modifié sa structure.
Veulent modifier la structure des opportunités politiques.
- Est potentiellement très vaste. Considère que c’est une forme
d’éponge qui va absorber tous les aspects des environnements des
mouvements sociaux. Certaines contestations ne peuvent pas
seulement s’expliquer du contexte politique à un moment donné.
L’évolution des structures sociales permettent d’expliquer la réussite
de certains mouvements sociaux. Peut être un peu réductrice car se
base sur des facteurs à court terme.

Section 2. Les transformations de l’action collective :

Comment se déroule une action collective ? Changement des actions


collectives au fil du temps. Ces répertoires d’action, d’après certains
auteurs, ont évolué. On parle de nouveaux mouvements sociaux. Mais pas
si nouveau que cela en réalité.

I. Les répertoires d’action :


A. Des pratiques diversifiées :
Même si on a l’impression que l’action collective prend des formes très
diverses, c’est une fausse impression. Plus précisément, on se rend
compte qu’il y a des formes dominantes et même si les groupes vont
essayer de choisir la forme d’action qui corresponde le mieux à leur
ressource, leur choix est assez limité car à cause des ressources qu’il
dispose et que dans un cadre donné, il apparait des actions collectives
plus efficaces que d’autres. Ce calcule stratégique se fait dans un choix
restreint.
Dans l’action collective on a une espèce de mémoire des succès et échecs
qui fait que les formes antérieures de l’action collective vont déterminer la
forme actuelle que va prendre l’action collective. On distingue des
périodes où telle ou telle forme des actions collectives est dominante (plus
efficace, plus légitime).
Un moment donné, on a un certain répertoire de forme d’action collective
qui existe. Se sont en générale des actions collectives déjà expérimentées.
Des individus tendent à réfléchir dans un cadre qu’ils connaissent déjà.
Répertoire qui donne un nombre restreint de modalités. Le groupe
mobilisé va pouvoir choisir mais ne pourra pas l’ouvrir de manière
illimitée.

B. La transformation historique de ces répertoires :


Tilly, 2 grandes types d’action collective :

66/69
Sociologie de la politique

- 1650 à 1850 : répertoire collectif communal et patronné. Le


répertoire d’action collective en France est communal car il se joue
dans un cadre local, dans la commune. Action très localisée. L’action
collective est patronnée, c'est-à-dire qu’elle se place sous le
patronage d’une puissance locale (ex : prêtre…). Patrons locaux
pour représenté le groupe qui s’estime lésé. Souvent elle prend la
forme de violence (ex : sabotage, expulsion de l’agent du fisc,
invasion de champ…). Cette action collective a lieu en détournant
des rituels sociaux qui existent déjà (ex : le carnaval…). Au moment
où le village est rassemblé autorisé. On détourne le sens du
rassemblement pour exprimer leur contestation. Elle prend appuie
sur des rituels préexistants et en détourne le sens. On va essayer de
ridiculiser une autorité… Intérêts communautaires.
- 1850 à 1980 : dominant, national et autonome. Changement que
l’action collective devient national et autonome. C'est-à-dire qu’elles
sont coordonnées au niveau national. On mène des actions sur des
lieux où il est plus susceptible de tirer l’attention. Donne une
envergure nationale. Plus de poids. Elle devient autonome par
rapport aux puissances locales. Il n’est plus nécessaire de passer
devant le prêtre ou le noble. Vont s’exprimer directement en
inventant des formes originales comme des grèves ou des
manifestations. Sont coordonnées par des nouveaux groupements
soit les syndicats ou partisane. Deviennent plus abstraite, générale.
Mouvements sociaux plus vastes dans la revendication et plus
politisés.
2 explications principales pour Tilly :
- Développement de l’Etat moderne : favorise la contestation car
l’Etat moderne va s’approprier des ressources en institutionnalisant
l’impôt par ex ; l’Etat va parfois se trouver en concurrence avec des
groupes qui va essayer de dominer ; l’Etat va favoriser la
concurrence entre les groupes sociaux pour éviter de mettre en
danger la suprématie du Roi. L’objet de la contestation va être le
contrôle du gouvernement sur le territoire.
- Développement du capitalisme : va favoriser la contestation entre
attisant les conflits entre le capital et le travail. Plus en plus de
conflits entre les patrons et les salariés. Le développement du
capitalisme va accroitre la concurrence entre les salariés entre eux
(salarié national et étranger).
Expliquent pourquoi ces transformations se font lentement.

A dégagé deux types de répertoires de l’action collective en France, étude


dans les années 80. Depuis, l’analyse de Tilly serait dépassé car nouveau
type de mouvement social qui serait nait soit les nouveaux mouvements
sociaux.

II. Les « nouveaux mouvements sociaux » :


Thèse annoncée par A. Touraine. Explique qu’on aurait affaire à un
nouveau type de mouvements sociaux. Il n’est pas le seul mais le 1 er.
Naissance de nouveau mouvement qui nait avec des enjeux post-
matérialistes. Les citoyens occidentaux qui ont été à la génération du

67/69
Sociologie de la politique

baby boom, n’ont plus les mêmes préoccupations, valeurs que les
générations précédentes. Vont défendre d’autres causes comme le
pacifisme, le féminisme et l’écologie dans les années 70. On aurait une
naissance qui se distingue de l’action collective définit par Tilly. Ces
nouveaux mouvements sont nouveaux sur 4 points de vue :

A. Principe d’identification sociale :


L’identification au groupe mobilisé ne dépend plus du travail. Avant
surtout des groupes professionnels (ex : les ouvriers). Dorénavant, on a
plutôt des groupes qui se forment sur la base d’identité extérieure au
monde du travail (ex : valeur commune…). Autres principes
d’identification. Se constituent à partir d’identité commune.
La composition sociale est différente des groupes différents. Le noyau dur
est les nouvelles classes moyennes (instruction élevé, emploi dans le
public, sécurité financière, revendication très universaliste et non
catégorielle).

B. Types de valeurs et de revendications :


Les valeurs et les revendications sont différentes. C'est-à-dire, ces
nouvelles revendications visent la satisfaction de besoin non-matériel.
Principes moraux ou éthiques. Plus des demandes liées à des besoins
matériels. Défend des causes liées à un mode de vie, certain principe, de
valeur.

C. Formes d’organisation et d’action collective :


Les modalités de l’action collective ne sont plus les mêmes que dans les
mouvements traditionnels jusqu’aux années 80. Sont des groupes pas très
nombreux, ils vont peu jouer sur le nombre mais sur la stratégie du
scandale ou de la morale pour attirer les médias ou l’opinion publique. Ex :
les marches de protestation (la marche des beurs en 1983), les gayprides,
les grèves de la faim…
Des modalités d’action différente.

D. Rapport au politique :
Un rapport à l’espace politique qui est différent avec une certaine
méfiance vis-à-vis des partis, des syndicats car considérés plutôt
négatives car répondaient à des enjeux matérialistes et considèrent
comme oligarchiques. Les nouveaux mouvements sociaux auraient
tendance à choisir des organisations plus souples.
Ces formes d’action sont censés être égalitarisme mais en réalité,
différent (ex : un individu qui participe à un débat télévisé). On voit
émerger une élite dirigeante, même si contraire aux valeurs prônées par
l’organisation. Ces organisations prônent un fonctionnement plus
égalitaire, en pratique, cela se rapproche des syndicats et des partis.

 Il faut nuancer la nouveauté de ces mouvements sociaux sur plusieurs


points :

68/69
Sociologie de la politique

- Les modes d’action que privilégient les nouveaux mouvements


sociaux ne sont pas totalement nouveaux. Pas radicalement
nouvelles.
- Il a existé dans le passé des mouvements sociaux qui n’avaient pas
de revendication matérialistes. Ex : les suffragettes, le mouvement
pour les droits civiques…
- Pour la France, les luttes matérialistes peuvent être vues comme
une recherche de plus d’autonomie, de liberté… La différence entre
matérialiste et post-matérialiste est assez floue. Les revendications
matérialistes sont plus importantes.
- Sur le plan de l’organisation des mouvements sociaux, les militants
sont militants dans des structures plus traditionnelles. Pas de
séparation nette entre les anciennes et nouvelles formes des actions
collectives. Souvent, les mouvements qui arrivent à perdurer se
transforment en parti plus traditionnel. Ex : les verts.

III. Un exemple d’action collective contemporaine :


L’alter-mondialisme, à partir d’une étude faite par L. Mathieu en 2005. Il
s’interroge sur le degré de nouveauté de ce mouvement altermondialiste
en montrant les ambivalences de ce groupe. Il y a des traits novateurs
mais pas totalement nouveau.
A étudié de 2 manières : a insisté sur sa nouveauté radicale et sur la
continuation d’une vague (année 90). Il faut revenir sur les mobilisations
collectives des années 90.
- Lien entre l’altermondialiste ancien et nouveau. Action assez
spectaculaire.
- Univers autonome par rapport aux partis qui les soutenaient
apparemment. Les associations se sont liées les unes aux autres.
- Personnes physiques et morales pour ATTAC.
C’est un mouvement par définition international, transnational. Pourtant,
pas vraiment le cas. Dépend des pays.

69/69