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LENGUA EXTRANJERA PARA MAESTROS DE

EDUCACIÓN PRIMARIA: FRANCÉS (2020-2021)

LEÇONS 7 ET 8 : COURANTS ARTISTIQUES ET


SOCIOCULTURELS FRANÇAIS (2e Partie)
III.- LA RENAISSANCE EN FRANCE (XVe – XVIe s.)

3.1.- RENAISSANCE

A partir des années 1500, se développe en Europe un courant artistique qui


s’inspire de l’Antiquité : c’est ce qu’on appelle la Renaissance. Le terme de
Renaissance est l'équivalent français de l'italien rinascimento, ou rinascita : le
renouveau des arts européens. Ce courant prend sa source en Italie, où il est
associé à la redécouverte de la littérature, de la philosophie et des sciences de
l'Antiquité ainsi qu'à l'évolution des méthodes empiriques utilisées pour l'étude
de ces disciplines.

La Renaissance est arrivée en France grâce à François Ier, roi de France de 1515
à 1547. Il a découvert ce mouvement lors de ses conquêtes en Italie. Afin de faire
entrer la Renaissance en France il invite des artistes de toutes disciplines à venir
en France.

Fr
ançois Ier
3.2.- RENAISSANCE ET ARCHITECTURE
A) PREMIÈRE RENAISSANCE FRANÇAISE : LES CHATEAUX DE LA
LOIRE

Dans la première moitié du XVIe siècle, les rois français sollicitent les artistes
italiens pour embellir l’intérieur des châteaux et leurs jardins : c’est le cas du
château d’Amboise et de Blois. Par la suite, avec François Ier, les artistes
embellissent les façades extérieures, c’est le cas du château de Chambord.
François Ier fait construire de nombreux châteaux principalement dans la vallée
de la Loire, en fait il fait remplacer les châteaux forts par de grandes bâtisses
résidentielles de luxe.

Naissent alors les châteaux de la Loire, symboles de la Renaissance française. Ils


ont de belles façades avec de grandes et nombreuses fenêtres, des tours, des
cheminées, de larges escaliers et des jardins avec uniquement des formes
géométriques, ils sont appelés « jardins à la française ». Le château où vit
François Ier, celui qu’il a fait construire pour lui est le château de Chambord.

Château de Chambord
Escalier à double révolution Jardin – Château de Chambord

Les architectes de la renaissance repoussent l'architecture gothique et retournent


aux formes et proportions de l'architecture romaine antique. Ils favorisent alors
l'esthétique, l'organisation, l'harmonie et la beauté, plutôt que la technique et la
prouesse. On remarque entre autre un respect des proportions et de la symétrie.
Un abandon du vitrail pour une redécouverte des techniques antiques (la colonne
ainsi que le dôme). Le marbre est utilisé fréquemment. La manifestation la plus
évidente de la Renaissance en France fut, en effet, l'édification des différents
châteaux résidentiels de la Loire.

Château de Chenonceau
Château de Blois

B) DEUXIÈME RENAISSANCE FRANÇAISE 

Grand mécène, François Ier invite de nombreux artistes italiens de toutes


disciplines peintres, sculpteurs et autres à rejoindre la Cour Royale. Cette
dernière est un ensemble de personnes qui vivent autour du roi et devient le
centre de la vie politique. C’est ainsi que le célèbre peintre Léonard de Vinci
s’installe au Clos Lucé à Amboise jusqu’à la fin de ses jours et laisse en héritage
au roi La Joconde.

La Joconde – Léonard de Vinci

Les artistes français découvrent l’Antiquité et sont séduits, et c’est ainsi que sous
le mécénat de François Ier, de grandes œuvres françaises sont créées. Ainsi en
1526, Gilles Le Breton est chargé par François Ier de construire un nouveau
palais, où le roi se consacrera à la chasse, c’est le château de Fontainebleau. En
outre, il possède une galerie, ce qui à cette époque est une grande nouveauté.
Château de Fontainebleau

Ce château est aussi un grand centre d’art actif aves des ateliers de gravure, de
tapisserie et autres, c’est pourquoi il devient un symbole de l’art de la
Renaissance française. On parle alors de l’Ecole de Fontainebleau qui est à
l’origine du style Renaissance proprement français, qui se développe tout au long
de la 2e moitié du XVIe siècle, rompant avec le style initial italien. En effet, les
artistes français refusent la surcharge décorative, cherchent la simplicité et la
symétrie des formes. Prenons l’exemple de Pierre Lescot qui réalise le palais du
Louvre, le premier édifice de ce style Renaissance proprement français.

Palais de Louvre
3.3.- RENAISSANCE ET LITTÉRATURE

En France, le roi François Ier incarne parfaitement cet esprit nouveau de la


Renaissance. Il est imprégné dès son plus jeune âge de l’humanisme italien, cette
philosophie de vie qui porte une remarquable confiance en l’esprit humain. Le
tout basé sur la redécouverte de la culture antique, l’usage de moyens modernes
tel que la recherche scientifique et une ferme volonté de réforme au sien d’une
société pacifique et cosmopolite.

Les écrivains marquants de cette époque sont en majorité humanistes. Alors


qu’en Angleterre le référent humaniste est Thomas More (1477-1535), auteur de
« l’Utopie » (1516) et qu’en Hollande le référent est Erasme (1467-1536) de
Rotterdam, auteur de « l’Eloge de la folie » (1509). Tous deux dénoncent les
abus de l’Eglise et rejoignent l’esprit de la Réforme.

Erasme de Rotterdam, « Éloge de la folie ».

En France les auteurs humanistes marquants de cette époque sont les suivants.
Nous trouvons tout d’abord Guillaume Budé (1468-1540), philologue et
théologien, il fonda le Collège de France en 1530 à la demande de François Ier.

Guillaume Budé, fondateur du Collège de France.


Il faut aussi mentionner François Rabelais (1494-1553) homme d’Église et
médecin, qui avec ses romans comme « Pantagruel » puis « Gargantua »
développe un humanisme optimiste qui croit en l’homme et en son libre arbitre
sans cesser de croire en Dieu.
François Rabelais, « Pantagruel », « Gargantua »

Enfin citons aussi Michel de Montaigne (1533-1592), écrivain et philosophe. Il


ne comprend pas les querelles entre catholiques et protestants, il est l’auteur des
« Essais » où il affirme les droits de la conscience individuelle et affirme les
principes humanistes suivants : justice, liberté, respect de l’homme, droit au
bonheur, etc…

Michel de Montaigne, « Essais ».

C’est aussi au XVIe siècle qu’apparaît la langue française moderne, soutenue par
le roi François Ier qui, au moyen de l’Édit de Villers-Cotterêts (1539) donne à
cette langue son statut de langue officielle du droit et de l’administration du
royaume de France. L’usage du latin commence à décroître ce qui marque la
rupture avec la littérature médiévale.

En ce sens citons La pléiade, nom donné à un groupe de sept poètes du XVIe


siècle tels que Pierre de Ronsard « Les Odes » et Joachim du Bellay « Défense et
illustration de la langue française ». Ces poètes rompent avec la poésie médiévale
en latin et écrivent en français. À la demande de François Ier, ils participent au
développement et à la standardisation du français.
Joachim du Bellay Pierre de Ronsard « Les Odes »
« Défense et illustration de la langue française »

Autre révolution culturelle qui bouleverse le monde littéraire c’et l’invention de


l’imprimerie par Gutenberg en 1448.
Johannes Gutemberg L’imprimerie

C’est l’invention qui aura le plus d’impact sur les hommes de la Renaissance, car
dorénavant les livres ne sont plus faits à la main par les clercs, désormais avec
l’imprimerie les livres se répandent très vite.

Les bibliothèques se développent, les livres imprimés en français et en format


poche étant accessibles à un plus grand nombre, ils bouleversent la hiérarchie des
valeurs de la société. Est alors créé la Bibliothèque Nationale de France (BNF).

Bibliothèque Nationale de France

3.4.- RENAISSANCE ET MANIÉRISME

Le maniérisme correspond en art à la période entre la Renaissance et le


baroque, c'est-à-dire entre 1530 et 1610, moment où le baroque prend son
essor. Pendant longtemps, cette période a été considérée dans l'histoire de l'art
comme la « Deuxième Renaissance ». Mais une autre approche, plus récente
considère le maniérisme comme le chaînon manquant entre la Renaissance et
le Baroque.

Il semble que ce soit l'épidémie de peste en Italie en 1527 et le sac de Rome la


même année qui ait provoqué la rupture avec l'esprit de la Renaissance. Ces
deux évènements marquent en effet la rupture avec l'idéal d'harmonie qui
prévalait. On entre dans une ère de soupçon : s'impose alors la conviction
d'une décadence, d'une dégénérescence, après les grandes découvertes faites à
la Renaissance, le climat est plus austère et inquiet. C'est dans ce climat
d'incertitude que va se développer le maniérisme.

En France, c’est au château de Fontainebleau que l’on trouve les exemples les


plus frappants de cette nouvelle manière, dont les fondements sont nés en Italie,
mais qui trouve son plein épanouissement à Fontainebleau.

Château de Fontainebleau – Galerie François Ier