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§1024 - Les divers cas.

a) Souvent, dans les propositions dépendant d’un verbe ou d’un nom qui expriment la crainte et qui sont construits sans négation. H1
Je tremblais que le moindre mouvement ne prévînt notre rencontre (B. Constant, Ad., ii ). — Je craignis que mes soins ne fussent
mauvais (France, Étui de nacre, p. 174). — Il vivait dans l’épouvante que la vieille dame ne fît flamber la maison de bois (id. , Orme du mail,
xii ). — De peur qu’il n ’y mette obstacle (Ac.1935). — Crainte que […] vous ne reprissiez vos esprits (Montherl., Célibat., p. 169). — J’ai peur
que […] ce ne soit contre-indiqué de le déranger (Vian, Écume des jours, lxiv ). — Parfois après s’inquiéter, inquiet : Guy Delage s’est inquiété
que ses daurades ne le quittent (Poirot-Delpech , dans le Monde, 8 févr. 1995 ). — Inquiets que tout ne sautât (Barrès, Leurs figures, p. 278).
— Et même après s’attendre à ce que , qui n’implique pas normalement l’idée de crainte : °On s’attend d’un moment à l’autre à ce que M. le
marquis ne passe (Proust, Rech., t. II, p. 588).

Ex. sans ne : Il avait peur que Colette les entendît (A . Daudet, Rois en exil, p. 33). — Craignant que la jalousie le rendît injuste et
méchant (France, Balthasar, p. 241). — Il appréhendait […] que sa supercherie fût découverte (Alain-Fournier, Gr. Meaulnes, p. 117). — Le
vieillard comptait les revues, comme s’il craignait que son neveu en eût volé une ( Montherl., op. cit. , p. 22). — Sans doute pourrais-je
craindre que tu déchires cette lettre (Mauriac, Nœud de vip., p. 18). — De crainte qu’une dame de ses amies […] vînt la surprendre (ib. , p.
5). — De peur que le cri les éveille (Gide, Voy. d’Urien, p. 32). — Elle semblait redouter que je la quittasse (Bernanos, Journal d’un curé de
camp., Pl., p. 1148). — Vous craignez que la « Ville éternelle » vous semble désormais bien vide (Butor, Modification, 10/18, p. 86). — Je
crains qu’il vienne ou, mieux, avec un ne explétif , Je crains qu’il ne vienne (Ac. 2001). A1
Si le verbe de crainte est accompagné d’une négation, il ne faut pas de ne : Je ne crains pas qu’il se trompe. Le ne est possible pourtant
si le verbe de crainte est à la fois interrogatif et négatif : Ne craignez-vous pas qu’il ne vienne ?… qu’il vienne ? (Littré.) — Tu ne crains pas
qu’il n ’envoie des échos aux journaux ? (Pagnol, Topaze, III, 3.)

Dans tous les cas, on met la négation complète s’il y a vraiment négation R1 dans la proposition conjonctive, c’est-à-dire s’il s’agit d’un
effet que l’on craint (ou que l’on ne craint pas) de voir ne pas se produire : Je crains que vous ne soyez pas juste envers ces messieurs
(Mauriac, Asmodée, I, 4). — Je ne crains pas que ce sujet n ’aboutisse pas .
Dans l’ex. suivant, la formule introductive implique l’idée de crainte, mais niée : Aucun danger donc que les troupes socialistes,
déboussolées par la première années du quinquennat, ne se défoulent en votant pour une motion alternative (dans le Monde, 7 juin 2013, p.
8).
b) Facultativement, après éviter que, empêcher que . R2
Il évitait qu’elle ne le touchât (Zola, Bête hum., viii ). — Il empêche […] que la transformation active ne s’effectue (J . Dubois, Gramm.
struct. du fr., Phrase, p. 41). — Peut-elle empêcher qu’on ne chante sous ses croisées ? (Musset, Caprices de Mar., I, 8.) — Tout cela
n’empêche pas que je n ’aie faim et que je ne commence à sentir la petite fraîcheur de cette nuit de décembre (Sand, Homme de neige, t. I,
p. 90). — Si des circonstances […] ont empêché que la faculté de langage ne se résolve en langue (Hagège, Halte à la mort des langues, p.
17).

Ex. sans ne : Je m’efforcerai à l’avenir d’éviter que se reproduise un tel empiètement ( Butor, Emploi du temps, p. 117). — Helvius […]
empêchera qu’on leur fasse aucun mal (France, Balthasar, p. 111). — Rien n’empêche qu’ils soient aussi nombreux qu’on le voudra (Claudel,
Présence et prophétie, p. 279). — Mais la main empêchait qu’on vît la bague ( Colette, Fanal bleu, p. 186). — Tous les efforts de la couturière
n’empêchèrent pas que le grand pied de bois allât se prendre dans les barreaux (Green, Malfaiteur, p. 21). — Tout cela n’empêcha pas que
l’erreur ait eu la vie dure (Gaxotte, Hist. des Français, t. I, p. 170). — Rien n’empêche que vous tombiez d’accord ( Romains, Violation de
frontières, p. 204). R3
Avec prendre garde que , on peut avoir : Prenez garde qu’on vous voie ou Prenez garde qu’on ne vous voie o u Prenez garde qu’on ne
vous voie pas. Comp. § 1020, c. Ces phrases sont synonymes, mais le premier tour est rare et le troisième (où prendre garde signifie « veiller »)
est souvent considéré comme peu correct. — Var., qui n’est pas plus orthodoxe : Prenons garde à ce que […] le principe de subsidiarité ne
conduise pas l’État à être dépossédé subrepticement des missions relatives à la cohésion nationale [aurait dit le président de l’Assemblée
nationale] (dans le Monde, 4 nov. 2002, p. 6). — Même observation pour faire attention que , ainsi que Attention que . Après Gare que , le ne
explétif semble être (ou avoir été, car la construction est devenue rare) constant : Gare qu’il ne faille tout recommencer ! (Rob.) A2
Après prendre garde signifiant « remarquer », la proposition se construit avec l’indicatif et sans ne explétif : Prenons garde que cet esprit
émeut toutes nos puissances ( Barrès, Colline insp., p. 288). — Voir aussi § 1127, b, 4°. H2

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c) Assez souvent, dans les propositions dépendant d’un verbe exprimant le doute ou la négation (douter, désespérer, nier, disconvenir,
contester, etc.) et construit négativement ou interrogativement ; de même après Il n’y a pas de doute que, Il n’est pas douteux que, Nul doute
que , etc.
Il n’y a aucun doute que la sexuisemblance [= le genre grammatical] […] ne joue un rôle important dans cette susbtantivation
(Damourette et Pichon, § 566). — Xavier ne doutait pas qu’il ne fît semblant de lire (Mauriac, Agneau, p. 13). — On ne pouvait douter que […]
la porte ne fût de bois véritable (Robbe-Grillet, Voyeur, p. 42). — Nierez-vous que Canova et Rossini ne soient de grands artistes ? (Stendhal,
Corresp., t. VI, p. 125.) — Je ne nie pas que ces interprétations ne soient ingénieuses (France, Livre de mon ami, p. 289). — Il ne nous
semble pas impossible que les archéologues de l’avenir ne regardent cette pièce comme digne de leur attention (P. Lar., t. VI, p. 633, col. 4).

Ex. sans ne : Je ne doutai pas que le nouvel appartement fût un gîte pour rire (Colette, Trois… six… neuf…, p. 99). — Nul doute que cette
souffrance ait été à la mesure de ses forces (Bernanos, Mauvais rêve, I, 1). — On ne pouvait douter que David fût sauvé (Green, Moïra, p.
149). — Il ne douta pas que l’« événement » en fût la cause (Bosco, Balesta, p. 178). — Il n’est pas douteux que les grands États modernes
aient fait […] des efforts ordonnés (Duhamel, Paroles de médecin, p. 21). — Il n’y a pas de doute que la France, alors, ait été heureuse
(Henriot, Livre de mon père, p. 40). — On ne pouvait douter […] qu’elle fût un écrivain (Rinaldi, dans l’Express, 17 janv. 1986). — On ne peut
nier qu’un soir de novembre 1654, il [= Pascal] soit tombé dans une sorte de ravissement (Barrès, Maîtres, p. 157). — Nierez-vous qu’il y ait
dans votre classe un élève nommé Gigond ? (Pagnol, Topaze, I, 13.) — Il ne niait pas que son désir fût démesuré (Mauriac, Dieu et Mammon,
p. 192). — On ne peut nier que partout la position du Portugal soit en recul (Montherl., Reine morte, II, 1).

Lorsque les verbes de doute ou de négation sont construits sans négation et sans interrogation, il ne faut pas de ne : Je doute fort que
cela soit (Ac. 2001). — Il n’en faut pas non plus quand la proposition n’est pas au subjonctif : Serge ne doutait pas qu’il succomberait
(Mauriac, Pèlerins de Lourdes, p. 130).
d) Très souvent, dans les propositions corrélatives (§§ 1129- 1131) appelées par un adverbe d’inégalité ou par meilleur, moindre,
pire, autre . H3
Raphaël […] n’aurait pas été plus électrisé par son chef-d’œuvre que je ne l’étais (Chat., Mém., II, v , 3). — Il n’est pas plus grand que
vous n’ êtes (Hugo, Lég., XIX, 6). — Il n’est pas plus assassin que je ne le fus à Reims, moi (Vigny, Serv. et gr. mil., ix ). — Vouloir faire les
choses autrement que Dieu ne les a faites (Renan, Eau de jouvence, IV, 1). — Je n’agirais pas autrement que je ne l’ai fait (Montherl., Démon
du bien, p. 150). — Se désoler que les choses ne soient pas autrement qu’ellesne sont ( Gide, Journal, 10 mai 1940). — On ne saurait être
moins que vous ne l’êtes, incorporée à la famille (Mauriac, Sagouin, p. 44). — Le désordre des taches et des lignes qui suggère plus qu’il ne le
représente le fouillis végétal d’une jungle (Cl. Simon, Corps conducteurs, p. 148). R4 — Après différemment que (qui est assez rare) : Jamais
il ne put la voir en pensée, différemment qu’il ne l’avait vue la première fois (Flaub., cité au § 1130, a ).

Ex. sans ne : Elle nous croyait plus nombreux que nous l’étions (Chat., op. cit. , I, ix , 12). — Huysmans, naturellement, tout autre que je
pensais ( J. Renard, Journal, 18 oct. 1891). — Il agissait tout autrement qu’il eût voulu (Gide, Faux-monn., p. 236). — Je consumerai vos
trésors avec un peu plus de suite et de génie que vous le faites (Valéry, Eupalinos, p. 125). — Elle jeta plutôt qu’elle quitta sa robe (Bordeaux,
Remorqueur, xx ). — Monsieur le Prince fut moins complaisant que le Roi l’avait espéré (J. et J. Tharaud, Tragédie de Ravaillac, p. 54). — De
manière à les faire voir autrement qu’ils sont (Ac. 1935, art. jour ). — Pourquoi en userait-il autrement que font les Muses ? (Cocteau,
Difficulté d’être, p. 77.) — Ils n’agiraient pas autrement que je les vois agir ( Duhamel, Voy. de Patrice Périot, p. 77). — On ne peut pas être
plus heureuse que je le suis (Chamson, Désordres, III, 10).

Certains grammairiens considèrent que le ne est moins fréquent ou moins correct quand le verbe principal est négatif. Cette distinction
n’est pas appuyée par l’usage actuel.
La proposition corrélative amenée par un adverbe d’égalité ne prend pas de ne , normalement, même quand cet adverbe est nié : Votre
mère n’est peut-être pas aussi malade que vous croyez (A . Daudet, Jack, t. II, p. 207). — La vie n’est jamais romanesque autant qu’on
l’imagine (J. de Lacretelle, Âme cachée, p. 57). — Elle n’était pas aussi libre qu’elle le disait (Henriot, Occasions perdues, p. 128).
Cependant, on observe une tendance assez nette à introduire le ne dans ce cas R5 : Il n’y a pas d’année qui ait fait autant de théories
[…] que n’ en a fait cette année 1832 en un seul de ses jours ( Vigny, Stello, xx ). — La maison d’enfance de Fromentin n’est pas si spacieuse
ni si belle qu’il ne nous l’a donné à lire (Henriot, Introd. de : Fromentin, Domin.). — La table n’est pas aussi petite que la locutrice ne le
craignait (Damourette-Pichon, t. VI, p. 128). — Mais ce n’était encore rien, pas même autant que ne présage de pluie le vol bas des
hirondelles (Queneau, Pierrot mon ami, i ). — Chacun d’eux ne trouble point tant qu’il n’ avertit (Gide, Journal, 18 avril 1928). — Lawrence
n’est donc pas si simple qu’il n’ apparaissait (Cl. Mauriac, Malraux ou le mal du héros, p. 114). — Entre la cause du prolétariat et celle des
femmes il n’y a pas eu une solidarité aussi immédiate que Bebel et Engels ne le prétendaient (Beauvoir, Deux. sexe, t. I, p. 196). — Cette
rêverie n’est pas […] si vaine ou si puérile qu’elle ne tend parfois à m’apparaître (J. Borel, Retour, p. 120). — Les conflits dits linguistiques ne
sont pas aussi irréalistes […] que ne le pensent ceux qui n’en considèrent que les enjeux économiques ( Bourdieu, Ce que parler veut dire, p.
40). — Jamais on ne se livre, dans une conversation, aussi complètement qu’on ne le fait devant une feuille vide (Houellebeq, Soumission, p.
13).

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e) Facultativement, dans la proposition amenée par s’en falloir , qui renforce la négation exprimée par la proposition. R6
Il s’en faut de beaucoup que la somme entière n’ y soit (Ac.1932). — Peu s’en fallut qu’il ne fût expulsé (Ac. 2000, comme littéraire). —
Peu s’en faut que la tempête ne les engloutisse (Fustel de Coulanges, Cité antique, III, 5). — Il s’en est fallu de peu, ce soir-là, que je ne me
misse à genoux (Mauriac, Nœud de vip., xviii ). — Il s’en fallut de bien peu que je ne renonçasse à la littérature (Sartre, Mots, pp. 178-179). —
Peu s’en fallut qu’un pape ne le nommât cardinal ( Grand Lar. enc., art. Arétin ).

Ex. sans ne : Il s’en faut de beaucoup que leur nombre soit complet ( Ac.1932). — Il s’en est fallu de quelques points qu’il fût reçu ( Ac.
2000 [qui ne semble pas moins littéraire que l’ex. donné dans la 1re série] ). — Il s’en faut bien que leur effort ait été complètement perdu
(Brunot, Hist., t. I, p. XIV). — Il s’en fallait que leur goût fût excellent (R. Rolland, Jean-Chr., t. VI, p. 37). — Peu s’en fallut qu’il s’y laissât
prendre (Aymé, Contes du chat p., Mouton). — Il s’en faut de cinq ans qu’elle ait roulé dans le panier (Sartre, op. cit. , p. 167).

On met la négation complète s’il s’agit d’un fait sur le point de ne pas se produire : Peu s’en fallait qu’elle ne crût pas à cette mort, qu’elle
ne soupçonnât du mystère dans cette disparition (Chat., Mém., II, v , 6). [On a ne seul dans la 2e proposition, où il s’agit d’un fait sur le point
de se produire.] R7

Quand la proposition est introduite par pour que (tour ignoré de la plupart des dict.), habituellement, il n’y a pas de ne : Il s’en fallait de
sept à huit cent piastres pour qu’à eux deux Franz et Albert pussent réunir la somme demandée (A l.Dumas, cit. Trésor, art. falloir ). — Il ne
s’en fallait pas de beaucoup pour qu’ils fussent montés sur des chaises pour mieux voir (Proust, Rech., t. II, p. 668). — Un mot […] qui
marque de quoi il s’en faut pour que l’exactitude soit complète (Le Bidois, § 1734). — Il s’en fallait de peu […] pour qu’un homme vive ou
meure (Simenon, Maigret à New-York, iv ). — Il s’en est fallu de peu pour que la folie l’emportât (Mauriac, cit. Rob., art. fascisant ).
Sous l’influence du tour avec que , un ne peu justifié se rencontre : °Il s’en fallait de peu pour que le château ne tombât entre les mains
de l’ennemi (R. de Ceccaty et R.Nakamura, trad. de : Tanizaki, Vie secrète du seigneur de Musashi, p. 91). A3
f) Assez souvent après Il tient à … que et parfois il dépend de … que , si ces verbes sont pris négativement ou interrogativement :
Il n’a tenu à rien que je ne reprisse le chemin de Falun (Sand, Homme de neige, t. I, p. 34). — Il n’avait tenu qu’à un fil qu’elle ne répondît
: la guerre (Giraudoux, Combat avec l’ange, ii ). — Il n’a tenu qu’à vous que cette épreuve ne vous fût épargnée (Romains, cit. Le Bidois, §
1919, avec blâme).

Sans ne : Il ne tiendrait pas à eux qu’il reste au monde des malheureux (Guéhenno, dans le Figaro litt., 26 avril 1947).
Plus d’un grammairien (par ex. Hanse, 1949-1987) relève des phrases comme Il n’a pas dépendu de lui que cela ne se fît, toujours sans
référence et souvent de façon peu favorable.
Si ces verbes sont construits sans négation et sans interrogation, on ne met pas de ne ou on met la négation complète, selon le sens : Il
tient à moi que cela se fasse, que cela ne se fasse pas (Littré).
g) Après certaines locutions conjonctives.
1° Facultativement, après la locution conjonctive avant que . H4
Je les [= des vers] admire avant qu’ils ne soient écrits (Vigny, Cinq-Mars, xx ). — Elle parvint à rentrer dans la cuisine quelques moment
avant qu’Orso ne parût ( Mérimée, Colomba, xvi ). — Avant que ton cœur ne se blase, / À la gloire de Dieu rallume ton extase ( Baudel., Fl. du
m., Rebelle). — Il ne faut pas chômer les fêtes avant qu’elles ne soient venues (prov., c it. Littré, art. chômer ). — La vue de la petite
madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’ y eusse goûté (Proust, Rech., t. I, p. 47). — J’ai fait la parade, avant que le vrai spectacle
ne commence (Gide, Journal, 25 sept. 1913). — Il existait un monde où l’artiste trouve avant qu’il ne cherche (Cocteau, Difficulté d’être, p.
49). — Dieu l’a visité et occupé avant qu’il ne fût détaché (Mauriac, Agneau, p. 122). — Avant qu’il n’ eût bougé, une mine sauta (Malraux, Voie
royale, IV, 4). — On se rend mal compte de ce que la mort emporte avant qu’elle ne soit là (H. Bazin, Qui j’ose aimer, xx ). — E. Richter, Miss
M. K. Pope l’avaient adopté avant que P. Fouché n’ en ait tiré les implications (R.-L. Wagner, Grammaire fr., t. I, p. 96). — Achetons cette
voiture avant que son prix n’ augmente (Ac. 2001). R8

Ex. sans ne : Donc l’épopée échoue avant qu’elle commence (Hugo, Châtim., VII, ii , 4). — Avant qu’elle se mariât, elle avait cru avoir de
l’amour (Flaub., Mme Bov., I, 5). — Nous dûmes patienter presque trois heures d’horloge avant que les officiers […] daignassent se déranger
(Duhamel, Scènes de la vie future, i ). — Elle cueillit […] un dernier chrysanthème et le lui donna avant qu’il fût reparti (Proust, op. cit. , p.
219). — Il redoutait de dire le mot qui finirait l’histoire avant qu’elle fût commencée (Mauriac, op. cit. , p. 23). — Le tableau […] est
l’aboutissement d’une analyse et d’une enquête qui avaient commencé près de vingt ans avant que le premier tome de l’Essai de Grammaire
parût (R.-L. Wagner, op. cit. , p. 27). — Je rentrerai avant que la nuit soit tombée (Ac. 2001).

On a souvent tenté de mettre une nuance entre les deux constructions : le ne s’introduirait « toutes les fois qu’il y a du doute sur la réalité
de l’action » exprimée dans la proposition (Girault-Duvivier) ; — lorsqu’on « insiste sur la durée qui s’est écoulée avant l’intervention du fait
nouveau » et lorsque « ce fait nouveau met fin à l’état de fait antérieur » (Damourette-Pichon, § 115 ; voir aussi § 2207) ; — « lorsque
l’antériorité de l’action principale […] est donnée comme voulue » (Wartburg-Zumthor, § 54). — Voir aussi Le Bidois, § 1415 ; Boulenger et
Thérive, Soirées du Grammaire-Club, 1924, pp. 256-257 ; etc. — Même si certains usagers sentent des nuances de ce genre, elles n’ont aucun
caractère général.
Sans doute par analogie avec avant que , quelques auteurs mettent un ne explétif après jusqu’à ce que : Jusqu’à ce que le bagout de
mon précepteur et deux coupes de champagne ne me remettent en selle, j’en perdrais la parole (Rinaldi, Roses de Pline, p. 190). H5 R9

La même analogie explique ° en attendant que … ne : Il devrait creuser encore pour d’autres corps en attendant qu’un nouvel enterreur
venu le remplacer ne se mette à creuser pour lui (B. Clavel, Saison des loups, p. 158). — Autre ex. : Kristeva, dans Samuel Beckett, Cahiers
de l’Herne, p. 252.
2° Souvent, après à moins que (comp. § 1023, R1) . H6
Et c’est la Mort, à moins que ce ne soit le Roi (Hugo, Lég., xxvi ). — Il se peut que l’on pleure, à moins que l’on ne rie (Musset, Prem.
poés., Pl., p. 152). — À moins qu’ils ne s’amendent, on sévit contre les criminels (Étiemble, Parlez-vous franglais ? p. 329).

Ex. sans ne : La commission que je compte prélever sur la fortune du fiancé – à moins qu’il me plaise réclamer ce droit de courtage sur
le capital de la jeune fille ? (Maupass., C., Lettre.) — Son érudition était prodigieuse, sa sensibilité, universelle – à moins qu’elle me jetât de la
poudre aux yeux ( Hermant, Confession d’un enfant d’hier, vi ). — Impossible de s’évader, cette fois, à moins que l’instituteur ait maintenu son
refus ( Mauriac, Sagouin, p. 87). A4
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Le sens varie selon que l’on met ne ou la négation complète : À moins que l’on ne dise … = sauf si on disait … ; à moins que l’on ne dise
pas … = sauf si on ne disait pas …
3° Assez souvent, après la locution sans que , lorsqu’elle dépend d’un verbe construit avec négation. H7
Onde sans cesse émue / Où l’on ne jette rien sans que tout ne remue ! (Hugo, Hern., IV, 2.) — Je ne saurais te dire un mot de près […]
sans qu’un grand sabre crochu ne s’embarrasse dans mes jambes (Musset, Chandelier, I, 1). — Je n’ai jamais causé avec un Italien sans que
la conversation ne tournât de suite à la politique (Taine, Voy. en It., t. I, p. 355). — Il ne se tue pas un cochon dans la paroisse sans que je n’
en aie ma part ( Mauriac, Agneau, p. 195). — Il ne se passe pas de semaine sans qu’un universitaire à la page ne parte en guerre contre la
littérature antérieure à notre temps (Gaxotte, dans le Figaro, 15-16 avril 1972). A5

On trouve aussi ne quand la proposition contient un terme ordinairement auxiliaire de la négation mais positif en l’occurrence (cf. § 1021) :
On voudrait l’avoir chérie petite fille […] sans que d’autres aient eu ses caresses, sans qu’aucun autre ne l’ait possédée, ni aimée, ni touchée,
ni vue (Loti, Aziyadé, III, 60). [Remarquez l’absence de ne dans la 1re propos.] — Certains personnages […] disparaissaient sans que l’on n ’en
entende plus parler le moins du monde (Faguet, introduction de : Tolstoï, Anna Karénine, Nelson). — Elle entrait au salon sans qu’aucun
craquement n’ eût annoncé sa venue (Mauriac, Pharisienne, p. 100). — Des semaines peuvent s’écouler, sans que personne n’ y passe
(Schlumberger, Saint-Saturnin, p. 325). — Sans que rien entre nous n’ eût été dit, je me redressai (Daniel-Rops, Mort, où est ta victoire ? p.
262). — La journée s’écoulait sans que personne ne vînt ( Troyat, Faux jour, pp. 157-158). — Le port sarrasin y était fidèlement reproduit,
sans que rien ne trahisse sa noblesse précieuse (Lanoux, Commandant Watrin, II, 5). — Il [= le changement] se produit sans que personne ne
le programme ( Finkielkraut, Identité malheureuse, p. 21). A6 — Malgré toutes ces références, il est fâcheux, pour la clarté de la
communication, que le ne explétif puisse être confondu avec le ne vraiment négatif : cf. § 1023, N. B. 2.

Phénomène analogue, avec ni dans la proposition (cf. § 1085, b, 4°) : Sans que mon beau-frère ni ma sœur n’ eussent articulé un seul
mot […] et ne se fussent départis de leur gravité, Mgr Durand prit la parole ( Hermant, Discorde, p. 194). — Les années se sont succédé […]
sans qu’Ingrid ni Rigaud ne m’occupent particulièrement l’esprit (Modiano, Voy. de noces, p. 22).

On trouve même ne alors que la proposition ne dépend pas d’un verbe construit négativement : Le lieutenant répondit militairement au
salut sans qu’un muscle de sa figure ne bougeât (Proust, Jean Santeuil, t. III, p. 61). — Les portes restent béantes sans que ne se lise sur ses
traits cette crispation […] (Morand, Papiers d’identité, p. 160). — Il eût souhaité […] d’être respecté, honoré, et s’il eût été possible, sans que
cela ne lui coûtât trop cher, aimé (Bernanos, Lettre aux Anglais, p. 89). — Il se passait une semaine entière sans que le camion ne vienne au
camp ( Le Clezio, Étoile errante, p. 263). — Le plus ardu sera de garder cette écervelée en votre pouvoir, sans que les siens ne poussent des
cris (Chamson, Superbe, p. 404). — Parfois, quoique le verbe dont dépend la proposition ne soit pas formellement négatif, l’idée de l’auteur
équivaut à une négation : La vapeur du tabac vous sort-elle du nez / Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ? (E. Rostand, Cyr., I, 4.)
— M’est-il possible d’en jouir sans qu’une de mes pensées ne s’oriente, ne s’élève et ne dise […] (Barrès, Voy. de Sparte, p. 257). — Peu de
jours se passaient sans que Paris, épouvanté, n’ apprît quelque meurtre mystérieux (France, Révolte des anges, p. 31).

L’Acad., dans une « mise en garde » du 17 février 1966, déclare que « sans que doit se construire sans négation, même s’il est suivi d’un
mot comme aucun, personne ou rien , qui ont dans ces phrases un sens positif ». — D’une façon générale, ne explétif après sans que est
souvent blâmé parce que sans est négatif à lui seul. Mais l’usage littéraire, même celui des académiciens, n’est guère sensible à ces
proscriptions. B

A1
Sans ne : Barrès, Dérac., p. 36 ; E. Rostand, Aiglon, I, 3 ; J. Renard, Journal, 21 févr. 1901 ; Hermant, Serge, xiv ; Proust, Rech., t. II, p.
422 ; Loti, Prime jeunesse, xiii ; etc.

A2
Voir § 367, c.

A3
Ce ne est fréquent dans les chroniques sportives : ˚Il s’en faut de peu pour que Schermann ne double la mise d’un tir croisé juste avant le
repos, etc. (Commun. d’Ét. Meul.)

A4
A. Daudet , Nabab, t. I, p. 170 ; Daniel-Rops, Carte d’Europe, p. 28 ; Cendrars, Or, x ; Duhamel, Scènes de la vie future, i ; Camus,
Chute, p. 32 ; Audiberti, Dimanche m’attend, p. 115 ; J . Roy, Amour fauve, p. 43 ; Yourcenar, Souvenirs pieux, p. 88 ; Houellebecq,
Soumission, p. 270 ; etc.

A5
Stendhal , Rouge, II, 31 ; Mérimée, Colomba, i ; Maupass., Pierre et Jean, vii ; Bourget, Disciple, IV, 1 ; Hermant, Daniel, p. 102 ; Proust,
Rech., t. I, p. 961 (corrigé par l’éditeur : cf. p. 286) ; Gide, Journal, 26 juin 1940 ; S. Exup., Citadelle, p. 290 ; Duhamel, Travail, ô mon seul
repos, p. 38 ; Maritain, Paysan de la Garonne, p. 174 ; Chamson, dans le Figaro, 2 avril 1971 ; etc.

A6
Vallès , Enfant, xxv ; Apollin., Chron. d’art, 2 mai 1911 ; Vaudoyer, Laure et Laurence, pp. 50-51 ; Aymé, Rue sans nom, p. 46 ; P. Benoit,
Lac Salé, p. 231 ; Malraux, Espoir, p. 327 ; Kessel, Nuits de prince, II, 6 ; H. Bazin, Huile sur le feu, p. 223 ; J. Roy, Amour fauve, p. 150 ;
Cl. Simon, Corps conducteurs, p. 134 ; M. Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacif., F°, p. 97 ; Robbe-Grillet, Souvenirs du Triangle d’or, p.
50 ; etc.
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B
Voir H. Glättli, dans Vox romanica, 1961, pp. 300-318.

H1
Ne apparaît très tôt en fr. : Mult criem que ne t’em perde [= je crains fort de te perdre à cause de cela] ( Alexis, 60). Il était facultatif,
comme encore à l’époque classique : Je crains qu’un songe ne m’abuse (Rac., Phèdre, II, 2). — + Je crains pour vous qu’un Romain vous
écoute (Corn., Nicom., I, 2).

Soupçonner a pu être considéré comme un équivalent de craindre : + Je commence à soupçonner qu’il n ’ait un mérite importun (La Br.,
VIII, 39). Mérimée écrivait encore : J’étais tenté de croire qu’il s’agissait d’une tête à couper, et j’avais quelques soupçons que cette gorge
ne fût la mienne (Carmen, ii ).

H2
Après garder que « éviter que », ne était facultatif : Gardez qu’avant le coup vostre dessein n ’éclate (Rac., Andr., III, 1). — Garde bien
qu’on te voie ( Corn., Cid, III, 4). — Garde que jamais elle soit informée (Chénier, Bucol., Malade). — On a employé aussi se donner (de)
garde que (cf. § 285, b, 4°) , encore dans l’Ac. 1932 : Donnez-vous garde qu’on ne vous attaque, mais disparu en 2000.

H3
Le ne explétif est très ancien dans les propositions corrélatives amenées par un mot exprimant l’inégalité : Li tresors est revenus, / Plus
grans que il ne fust emblés [= volé] (J. Bodel, Jeu de s. Nic., 1393). — Il manquait assez souvent au xvii e et au xviii e s., surtout après un
verbe négatif : + Celle-là qui plus vaut qu’on la prise (La F., Songe de Vaux, Avertiss.). — Jamais Père ne fust plus heureux que vous l’estes
(Rac., Iph., I, 4). — + On ne peut vous aimer plus tendrement que je fais ( Sév., 24 juillet 1657). — + Le jour est moins avancé que je
croyais (Beaumarch., Barb., I, 1).

Autrefois la proposition corrélative appelée par un adverbe d’inégalité pouvait avoir la négation complète ne … pas : Vous avez plus faim
que vous ne pensez pas ( Mol., Étourdi, V, 2) . — + Il faut avoir l’esprit plus libre que je ne l’ai pas ( Rac., G. E. F. , t. VI, p. 485). — Cet
usage subsiste encore dans le fr. populaire de certaines régions (par ex. en Auvergne, au Québec). On est surpris de le trouver dans une
circonstance tout à fait solennelle : °Vous avez regardé l’œuvre d’art avec plus d’angoisse qu’il n’ est pas habituel (Druon, Réponse au disc.
de réc. de M. Rheims à l’Ac.).

Quand la proposition corrélative était averbale, on employait non ou non pas : Je creu que mes jours / Devoient plus tost finir que non
pas son discours ( Régnier, Sat., viii ). — Tout ce que vous m’avez dit, je l’ayme bien mieux une feinte, que non pas une vérité (Mol., Princ.
d’Él., V, 2). — Au xix e et au xx e s., cela est tantôt un archaïsme littéraire, tantôt un tour populaire : Elle aimait mieux que le prince lui fût
redevable que non pas elle redevable au prince (Gautier, Cap. Fracasse, vi ). — Ce sera plus long à réaliser que non la fable d’Icare volant
(Apollin., Calligr., Merveilles de la guerre). — Il aurait mieux valu me la laisser ôter plutôt que non pas la gâter ainsi [dit la servante
Françoise] (Proust, Rech., t. II, p. 729). — J’aimerais mieux vous voir […] entourée de gens […] que non pas seule dans votre jolie villa [dit
le facteur] ( Martin du G., Vieille Fr., p. 1034). — Comp. : Je préfère voir un serpent […] que non pas tes yeux (Lautréamont, Mald., p. 75).
Voir aussi § 1079, H4 .

H4
Ne après avant que et ses synonymes est ancien : Por coi avés ains salué / Gavain que vos n ’avés fait moi (1re contin. de Perceval, L
4282-4283). Il reste assez rare jusqu’au xviii e s., mais, à partir de ce moment, il est attesté chez des auteurs importants : Montesq.,
L. pers., cxxx ; Mariv., Épreuve, i ; Did., Neveu de Rameau, p. 90 ; Buffon, cit. Littré ; Sade, Infortunes de la vertu, p. 70 ; etc.

H5
Un ne après jusqu’à ce que se lit déjà chez Buffon : cf. Brunot, Hist. t. VI, p.1867.

H6
La locution à moins que date du xvii e s. À cette époque, ne manquait plus souvent qu’aujourd’hui : + Et lui permettre accès en qualité
d’amant, / À moins qu’à vos projets un plein effet réponde, / Ce serait trop donner à discourir au monde (Corn., Ment., II, 1). — La
maistresse ne peut abuser vôtre foy, / À moins que la suivante en fasse autant pour moy ( Mol., Dépit am., I, 1) . — Ex. avec ne : Car que
faire en un giste, à moins que l’on ne songe (La F., F., II, 14).

H7
Sur ne après sans (ce ) que en anc. et en moyen fr., voir Tobler, Verm., t. IV, pp. 47-49 ; Lerch, t. II, pp. 368-371 (qui cite notamment
Amyot ). — On trouve aussi ne de temps en temps au xvii e et au xviii e s., le verbe principal étant négatif : + On ne peut pas […] les
restreindre à une seule cour […] sans que mon livre ne perde beaucoup […] de son utilité, ne s’écarte du plan que je me suis fait (La Br.,
Car., Préf.). — On ne peut fixer le nombre de ses habitans sans que l’imagination ne se révolte (Montesq., L. pers., cxii ). — Autres ex. :
Sév., c it. Littré ; S.-Simon, c it. Damourette- Pichon, § 115 ; Did., Traité du beau, Pl., p. 1139 ; La Curne de Sainte-Palaye († 1781),
Mémoires sur l’ancienne chevalerie, 1826, t. II, p. 267 ; Sade, Infortunes de la vertu, p. 120 ; J.-J. Rouss., Bern. de Saint-P., cit.
Bescherelle, Gramm. nat., dcxcii .

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R1
Le ne n’est pas explétif dans l’ex. suivant, et cela fait un fâcheux contresens : °Ça l’a terriblement frappé. Je crains qu’il ne s’en remette
(Queneau, Derniers jours, xxvii ). Il fallait : qu’il ne s’en remette pas.

R2
Après défendre que, interdire que , il n’y a pas de ne explétif : J’ai défendu que vous fissiez telle chose (Ac. 1932). — Il défend qu’on le
dérange ( Ac. 2000). — Ex. non conforme : °Rien n’interdit qu’un amuseur à gages […] ne parvienne […] ( Caillois, dans le Figaro litt., 1er
mai 1948). [Cet usage a été admis jusqu’au xvii e s. : cf. Haase, p. 261.]

R3
L’omission est surtout fréquente après empêcher construit avec une négation. — Après Il n’empêche impersonnel, n’empêche , la proposition
à l’indicatif ne prend pas ne : voir les ex. du § 1126, c, 4°.

R4
En même temps qu’un auxiliaire de la négation employé positivement (§ 1021) : Il en savait plus à ce sujet que n ’en apprendront jamais les
peuples ni leurs ministres (France, Anneau d’améth., p. 267). [Voir déjà : Je pars plus amoureux que je ne fus jamais ( Rac., Bérén., I, 4).]

R5
Le ne est beaucoup plus rare si l’égalité n’est pas niée : La perte d’un sens ajoute autant de beauté au monde que ne fait son acquisition [à
propos d’un sourd] (Proust, Rech., t. II, p. 77). La présence d’un nom de sens négatif (perte , opposé à acquisition ) a-t-elle joué un rôle ?

R6
Après il s’en manque que aussi, ne est facultatif : voir § 315, R9.

R7
Dans cet ex. ne est mis pour ne … pas , et cela est fâcheux : °Quand enfin Adrienne parut, il s’en fallut peu qu’il ne le vît : tout dansait
devant ses yeux ( E. Charles-Roux, Elle, Adrienne, p. 405).

R8
Il n’est pas conseillé d’utiliser le ne expl étif en même temps qu’un auxiliaire de négation pris dans un sens positif (§ 1021) : Courons chez
Camusot avant que personne ne puisse nous rencontrer (Balzac, Cabinet des estampes, Pl., p. 445). [Autre ex. de Balzac § 756, a. ] Cf. §
1023, N. B. 2.

R9
Comp., § 1136, H2 , un ex. de Ghelderode , dans lequel tant que semble signifier « jusqu’à ce que ».

R10
Le grammairien Hermant (Xavier, p. 239) condamne pourtant cette absence du ne .

R11
Par analogie, un ne explétif apparaît parfois après hors que synonyme de à moins que (§ 1153, H2) : Hors que de mon château démoli pierre
à pierre / On ne fasse ma tombe, on n’aura rien (Hugo, Hern., cit.Brunot, Pensée, p. 881). [Texte fort différent dans la Pl., p. 1242 et 1781
: À moins de démolir … ]

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