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Clic Musique 

! ClicMag n° 88
Votre disquaire classique, jazz, world Décembre 2020

ClicMag

BIENTÔT NOËL !
Telemann : Cantates de Noël. Kölner Akademie.

© Marco
Gerard van Honthorst - "L'Adoration
© des
Borggreve
bergers"
Steven Devine

Retrouvez les 25 000 références de notre catalogue sur www.clicmusique.com !


Sélection Berlin Classics

Charles Avison : Concerti grossi Bach : Concertos brandebourgeois J.S. Bach : Messe en si mineur, Bach : Suites orchestrales C.P.E. Bach : Cantate "Die letzten W.F. Bach : L'œuvre orchestrale
d'après Scarlatti Concerto Köln BWV 232 Concerto Köln Leiden Des Erlösers" Orchestre de chambre C.P.E. Bach;
Concerto Köln Meyer, Schwarz, Brutscher, Mertens; Landshammer, Oelze; RIAS Kammerchor; Hartmut Haenchen
Matthias Grunert Hartmut Haenchen
0300702BC - 1 CD Berlin 0300593BC - 2 CD Berlin 0300601BC - 2 CD Berlin 0300061BC - 2 CD Berlin 0300575BC - 2 CD Berlin 0115012BC - 1 CD Berlin

L. van Beethoven : Concertos pour H.I. Biber : Les Sonates du Rosaire J. Brahms : Un requiem allemand J. Brahms : Concerto pour violon et Haendel : Water music G.F. Haendel : Concertos pour orgue
piano et Triple Concerto Annegret Siedel, violon baroque; Bell'arte Rubens, Ochoa; Dresdner Kreuzchor; Double Concerto Concerto Köln op. 4 et 7 et HWV 295 et 296
Kodama; Blacher; Moser; Kent Nagano Salzburg Roderich Kreile Erik & Mark Schumann; Alexander Shelley Ragna Schirmer

0300597BC - 3 CD Berlin 0300531BC - 2 CD Berlin 0300569BC - 1 CD Berlin 0300595BC - 1 CD Berlin 0016172BC - 1 CD Berlin 0300554BC - 3 CD Berlin

J. Haydn : Les symphonies londo- J. Haydn : Les sept dernières Joseph Haydn : La Création, oratorio Haydn : Concertos pour violon F. Liszt : Les Années de Pèlerinage F. Mendelssohn : Les 12 Sympho-
niennes paroles du Christ en Croix Werner, Schreier, Adam; Helmut Koch Concerto Köln; Midori Seiler Ragna Schirmer, piano nies de jeunesse
Dresdner Philharmonie; Günther Herbig Klenke Quartett Gewandhausorchester Leipzig; Kurt Masur

0002502CCC - 4 CD Berlin 0016312BC - 1 CD Berlin 0184382BC - 2 CD Berlin 0300550BC - 1 CD Berlin 0300121BC - 3 CD Berlin 0091432BC - 4 CD Berlin

Musique pour piano de Mous- M. Moussorgski : Tableaux d'une W.A.Mozart : Requiem, KV 626 W.A. Mozart : Cosi fan Tutte, opéra Carl Orff : Die Kluge, opéra G.B. Pergolesi : Stabat Mater; Salve
sorgski, Tchaikovski, Prokofiev, exposition; Chants et danses de Vulpius, Adam, Apreck, Prenzlow; Helmut bouffe en deux actes Stryczek, Süss, Falewicz, Friedrich, Kegel Regina
Liadov, Scriabine la mort Koch Casapietra, Burmeister, Gesty, Schreier, J. Kowalski; D. Naseband; Kammerorcester
A. Warenberg; M. Rapetti; A. Makite Elena Pankratova; Andrej Hoteev Adam; Otmar Suitner . CPE Bach; Hartmut Haenchen
0300538BC - 2 CD Berlin 0300568BC - 1 CD Berlin 0300069BC - 1 CD Berlin 0300115BC - 2 CD Berlin 0300748BC - 2 CD Berlin 0115112BC - 1 CD Berlin

G.B. Pergolesi : Stabat Mater; H. Pfitzner : Palestrina, opéra en F. Schubert : Alfonso et Estrella, J. Sibelius : Intégrale des sym- B. Smetana : Ma Patrie B. Smetana : Ma Patrie / A. Dvorák :
Musique sacrée 3 actes. opéra en 3 actes, D 732 phonies Leipzig Gewandhausorchester; Vaclav Suite tchèque; Ouvertures; Varia-
Immler, Jones, Zazzo, Brown; Sergio Peter Schreier; Berlin Staatskapelle Prey, Adam, Dieskau, Schreier; Otmar Orchestre Symphonique de Berlin; Kurt Neumann tions Symphoniques
Balestracci Orchestra; Otmar Suitner Suitner Sanderling Janácek Philharmonic Orchestra; T. Kuchar
0300543BC - 2 CD Berlin 0010012BC - 3 CD Berlin 0021562BC - 3 CD Berlin 0020592BC - 4 CD Berlin 0300067BC - 1 CD Berlin 0300539BC - 2 CD Berlin

I. Stravinski : Le Sacre du Prin- P.I. Tchaikovski : Concerto pour C.M. von Weber : Euryanthe, opéra Ludwig Güttler : Edition du jubilé Concertos pour clarinette de Weber, Souvenirs. Miniatures de Kreisler,
temps; Pétrouchka piano n° 1, op. 23 en 3 actes, J 291, op. 81 Virtuosi Saxoniae; Blechbläserensemble; Bruch, Rietz Bloch, Massenet, Casado, Sarasate,
Silver-Garburg Piano Duo Tatiana Nikolayeva; Gewandhausorchester Vogel, Gedda, Norman, Krause, Hunter; Leipziger Bach Collegium Sharon Kam; Ori Kam; Sinfonia Varsovia; Debussy, Granados…
Leipzig; Kurt Masur Marek Janowski Gregor Bühl Sharon Kam; Itamar Golan
0300588BC - 1 CD Berlin 0021342BC - 1 CD Berlin 0184412BC - 3 CD Berlin 0300549BC - 3 CD Berlin 0016202BC - 1 CD Berlin 0016342BC - 1 CD Berlin

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En couverture / Musique contemporaine

M ieux vaudrait parler de Cantates de


l'Avent et de Noël plutôt que d'évo-
quer uniquement cette dernière fête, car
solennel, entrecoupé cette fois d’éclats
de trompette l'expression de la victoire
implacable de Dieu sur le mal. La mul-
seule la cantate TVWV 1 : 154 mobilise tiplication des "protagonistes" - messa-
timbales et trompettes pour célébrer gers, mais aussi abstractions personni-
la joie triomphante de la naissance du fiées (amour, foi, espoir, dévotion…) et
Christ. Dans les autres œuvres choisies voix figurant des filles de Sion (TVWV1 :
ici, l'Avent condense ou exprime suc- 415) permet de multiplier des com-
cessivement toutes les formes que re- binaisons de détail économes : d'une
Musique minimaliste pour vêt dans la Bible, l'advenir, l'avènement stichomythie chantée naît un dialogue
piano du divin - qui sont autant d’équivalents, délicat auquel font écho des échanges
Œuvres de Glass, Einaudi, Richter, de symboles, de reprises les unes des plus denses donnant lieu à de sublimes
Tiersen, Nyman, Satie, Yiruma, autres : multiples mentions, dans ces enchevêtrements de voix. Des chœurs
Sakamoto… cantates, de l'entrée du Christ à Jérusa- (TVWV 1 : 1509 plage 7) élaborés à par-
Jeroen van Veen, piano Georg Philipp Telemann (1681-1767) lem (Rameaux), mais aussi aria sur un tir d'une seule phrase, (TVWV1 : 1415
BRIL96207 • 6 CD Brilliant Classics Cantate de l'Avent "Was für ein jauch- verset de l'Apocalypse et le retour éter- plage 17) confèrent à l'osmose une plé-
zendes Gedränge", TVWV 1 : 1509; Cantate nel du Christ : l'architecture du temps nitude à travers laquelle chaque nuance
P armi les caractéristiques de Bril-
liant Classics, figure en bonne
place la générosité de ses produc-
de l'Avent "Eilt zu, ruft lauft, ihr längst
verlangten boten", TVWV 1 : 415; Cantate
théologique est mimée par l'arc déployé
figuré par chaque cantate. Que le mul-
est préservée. Admirable délibération
de l'homme avec lui-même, qui prenant
de Noël "Verirrter Sünder, kehrt, ach, kehet tiple tienne dans l'un, et que l'un se conscience de sa faiblesse d’esprit,
tions, aidé en cela par la gourmandise um", TVWV 1 : 1469; Cantate de Noël "Da déploie à travers le multiple, Telemann s'en remet à la foi dans l'aria calme et
prolixe de Jeroen van Veen, dont les die ziet erfüllet war", TVWV 1 : 154 sait supérieurement l'exprimer : com- décanté de basse" (TVWV 154 plage
doigts de pianiste ne doivent jamais Hanna Herfurtner, soprano; Carola Günther, alto; parez par exemple les deux strophes du 30). L'interprétation, splendide de bout
dormir. Généreux est donc ce quin- Mirko Ludwig, ténor; Fabian Strotmann, ténor; même choral utilisé dans deux cantates en bout, servie par une diction parfaite,
tuple disque compact, qui parcourt Peter Kooij, basse; Kölner Akademie; Michael mais harmonisé et orchestré différem- une grande clarté et pureté des timbres,
plus d’un demi-siècle de minima- Alexander Willens, direction ment : la joie sereine du pécheur repenti un équilibre idéal fait de ce CD une réus-
lisme. On y retrouve deux des trois
CPO555396 • 1 CD CPO (plage 5), devient dans un tempo plus site absolue. (Bertrand Abraham)
mousquetaires américains qui ont
popularisé le genre dans les années
1960 - Philip Glass (1937-) et John que justice car le rôle de l’interprète – Mendoza, contrebasse; Anne-Laure Dottrens, alto le représentant le plus influent de cette
Adams (1947-) -, un de ceux qui a été et à l’occasion dédicataire – demeure 0015052KAI • 1 CD Kairos nouvelle école de musiciens "post-mini-
le plus loin dans l’économie de notes - primordial dans l’architecture délicate
M aurizio Pisati, élève de Salvatore malistes" à laquelle appartiennent des
la beauté troublante de Für Alina, œuvre de ce précieux enregistrement. Celui-
Sciarrino, enseigne au Conser- personnalités aussi différentes que Lu-
fondatrice du style tintinnabuli d’Arvo ci enchaine en effet cinq compositions
vatoire de Musique de Bologne, où il dovico Einaudi, Olafur Arnalds, Johann
Pärt (1935-) -, mais aussi les outsiders qui fondent tout l’attrait de ce riche
a mis sur pied le Centre d’Etude et de Johansson, Wim Mertens ou Ryuichi
hollandais que sont Simeon ten Holt programme, faisant à la fois ressortir
(1923-2012) - son impressionant Canto Recherche. La guitare classique est le Sakamoto. Compositeur polyvalent, il
son unité, par l’intervention constante
Ostinato - ou le surprenant et innovant point de convergence de ce disque : multiplie les casquettes : pianiste, pro-
des diverses flûtes, et sa variété, au gré
Jacob Ter Veldhuis (1951-), alias Jaco- des différents dialogues que celles-ci confiée à Ruben Mattia Santorsa, ducteur et collaborateur de nombreux
bTV - qui utilise les voix parlées comme entretiennent avec d’autres instruments qui ne manque pas une occasion de
projets qui intègrent les arts visuels et
autant de grooves (un peu à la manière solistes (Ensemble Alternance) comme contribuer à la diffusion de la musique
scénographiques. Il est ainsi l'auteur
de François Sarhan). En offrant une avec l’Ensemble Vocal Aedes. Cette contemporaine et à l’élargissement du
répertoire de son instrument, elle opère, de d'un grand nombre de musiques
place à des mélodies aussi populaires aspiration à l’universalité, soulignée
seule ou en duo. L’interprète découvre de films. Doté d'une solide formation
que les films pour lesquels elles ont été dans un livret fort bien conçu, convoque
composées - Amélie Poulain pour Yann alors pour l’auditeur non seulement Sette Studi à 19 ans, telle une fulgu- musicale académique acquise d'abord
Tiersen (1970-) ou La Leçon de Piano certains échos debussystes mais fait ration, qui décide de sa vie musicale à la Royal Academy of Music à Londres
pour Michael Nyman (1944-), à des également surgir – comme autant de ultérieure : comment produit-on de puis auprès de Luciano Berio à Florence
compositeurs qui ont inspiré le mouve- réminiscences invoquées par le titre tels sons avec une guitare "normale" ? (comme Einaudi), il joue le répertoire
ment - Erik Satie (1866-1925) - ou qui, même du disque - des sonorités encore Rien de "préparé", aucune scordatura minimaliste et répétitif (Pärt, Reich,
au contraire, s’en sont inspiré - Yiruma plus profondes, issues des traditions (accordage qui s’écarterait de l’accord Glass) avec son ensemble Piano-Cir-
(1978-) -, cette mini-encyclopédie un japonaises ou africaines. C’est ainsi usuel), lui répond Pisati, que, dans son
cus fondé en 1989 avant de se créer
peu hétéroclite prend le risque d’une que, malgré la brièveté relative de sa enthousiasme, il a contacté : "ces sons
un langage musical singulier et compo-
introduction au minimalisme, certes durée, ce vagabondage spatiotemporel appartiennent à la guitare". Quelques
accessible mais un peu fourre-tout. se transforme alors en une inéluctable années plus tard, les deux hommes se site. Le pianiste hollandais Jeroen van
(Bernard Vincken) exploration introspective, un voyage retrouvent pour enregistrer Set7, autour Veen a compilé les dix-huit morceaux
intérieur qui séduira le mélomane, bien des sept études, déclinées en autant de publiés pour piano seul. La plupart
au-delà des seuls amateurs de musique duos, chacun pour un instrument dif- de ces pièces sont issues de bandes
contemporaine. (Alain Monnier) férent : clarinette basse, percussion, originales de films et séries auxquels
saxophone ténor, alto, contrebasse, Richter a collaboré. De la musique qui
voix ou paetzold recorder (une flûte à se passe très bien d'images car ce der-
bec basse aux sonorités puissantes). nier a le génie de créer des ambiances
(Bernard Vincken)
souvent mélancoliques en employant
des harmonies et des procédés simples
qui conviennent merveilleusement à
l'esprit de l'époque. Il affectionne par-
Philippe Hersant (1948-)
ticulièrement la polyphonie, Bach et la
"Héliades", pour flûte, violon, alto,
violoncelle; "Desert Song", pour flûte alto; musique baroque (Son utilisation de la
"Désert", pour flûte alto et ensemble vocal; Maurizio Pisati (1959-) basse d'Alberti (The Twins). Parfois il
"Cinq miniatures", pour flûte alto; "Trois reprend un thème romantique (Chopin
"Alp", pour guitare et flûte basse; "Ey
nocturnes", pour flûte, alto et harpe
de Net", pour guitare et percussion; ou Schubert (Waltz with Bashir) s'ins-
Jean-Luc Menet, flûtes; Ensemble Alternances; "Samblana", pour guitare et saxophone
Ensemble Vocal Aedes; Mathieu Romano, direction pire de l'atmosphère propre du lieu où il
ténor; "Yemeles", pour voix et guitare;
Max Richter (1966-) compose (L'Estonie (The Tartu Piano),
STR37153 • 1 CD Stradivarius "Odolghes", pour guitare et contrebasse;
"Derscialet", pour guitare et alto; Sept Intégrale de l'œuvre pour piano seul ou de livres qu'il vient de lire (Perec
D e manière évidente, sur la couver-
ture du cd, le nom du flûtiste Jean-
Luc Menet s’inscrit à l’égal de celui du
études pour guitare
Céline Wassmer, voix; Ruben Mattia Santorsa,
Jeroen Van Veen, piano
BRIL95390 • 1 CD Brilliant Classics
(From the rue Villin) ou Nabokov (Vla-
dimir's blues). Un disque qui constitue
guitare; Marie Delprat, flûte à bec basse; Joao

L
compositeur Philippe Hersant, voire le Carlos Pacheco, percussion; Hugo Queiros, clari- 'allemand Max Richter, né en 1966, une excellente approche de l'univers du
précède. Mais ce n’est, pour une fois, nette basse; Kevin Juillerat, saxophone ténor; Lino est devenu en quelques décennies compositeur (Jérôme Angouillant)

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Contemporain / Alphabétique
hautbois d'amour; Erik bosgraaf, flûtes à bec; le piano mat et bas de plafond d'Ema-
Sélection ClicMag ! Daniele Boccaccio, orgue; Mario Folena, flûtes
baroques; Roberto Loreggian, clavecin; Luigi
nuele Delucchi. Le clavecin est mieux
représenté. Les transcriptions bien
Attademo, guitare; Sandro Ivo Bartoli, piano;
Emanuele Delucchi, piano; Amati String Trio;
connues de Gustav Leonhardt sont
Ensemble Cordevento; Quintette Seldom Sene; fidèlement restituées par le jeu soyeux
St Christopher Chamber Orchestra; Donatas et habile de Roberto Loreggian. Les
Katkus, direction; Insieme Strumentale di Roma; Suites pour guitare et les arrangements
Giorgio Sasso, direction; Bournemouth Symphony des Sonates pour violon de Francesco
Orchestra; José Serebrier, direction Teopini offrent une belle alternative à
BRIL95943 • 20 CD Brilliant Classics l'instrument original. Outre les intéres- Boris Archimandritov (1932-2009)

D e tout temps, la musique de Bach santes reconstitutions de concertos qui B. Archimandritov : Poème chorégraphique
a fait l'objet de très nombreuses composent une partie conséquente du "Toulouse-Lautrec" / S.M. Slonimsky :
Johann Sebastian Bach (1685-1750)
transcriptions et arrangements en tout coffret, on passe sur les arrangements "Icarus", musique de ballet / G. Okunev :
Transcriptions. Variations Goldberg, BWV symphoniques de Stokowski, d'un "The Overcoat", musique de ballet
genre. Ce gros coffret Brillant de vingt
988; Sonates et partitas pour violon seul, kitsch et d'un pompeux indigne d'une Leningrad Philharmonic Orchestra; Edward
disques en donne une idée partielle
BWV 1001-1006; Suites pour violoncelle musique de film hollywoodien ; pour Chivzhel, direction; Mariinsky Orchestra; Yuri
mais révélatrice de l'eccéité et du fara- Gamaley, direction
seul, BWV 1007-1012; Concertos pour
mineux potentiel transformatif du lan- retenir ce qui fait l'exacte essence de
hautbois, BWV 1053, 1055, 1056 et 1060; NFPMA99137 • 1 CD Northern Flowers
Concertos pour flûte à bec, BWV 1053, gage de Bach. Si la plupart des enregis- cette mine discographique : les stupé-
1055 et 1059; Concertos pour violon,
BWV 1041-1043; Sonates en trio, BWV
525-530; Variations Goldberg, BWV 988;
trements ont déjà été publiés, d'autres
sont passés inaperçus lors de leur
fiants arrangements pour saxophone
Henk von Twillert des Suites pour vio-
loncelle (Une gageure réussie) ainsi que
L e présent volume est consacré à
l’univers du ballet chez trois musi-
ciens de St Petersburg. Bien que d’un
parution ou sont simplement inédits. De
Reconstructions de Concertos, BWV 1052, cette collection bigarrée et forcément deux versions des Variations Goldberg, seul mouvement et d’une durée relati-
146, 188, BWV 35, 1059, BWV 1055, BWV d'un intérêt variable, chacun y trou- la première arrangée pour un quintette vement brève, Toulouse-Lautrec (1970)
1064; Suites pour guitare, BWV 995-999,
vera son compte. Des transcriptions de flûtes par Marian Martinez Ayerza, de Archimandritov est un imposant
1000, 1004 et 1006; Sonates, partitas et
suites, BWV 1001, 1002, 1004-1006, 1010- de Busoni jouées ici de façon laconique excentrique et conventionnelle à la péplum, sorte de fresque bariolée, per-
1012; Transcriptions pour piano de Ferrucio par Sandro Ivo Bartoli, on préférera la fois, et l'autre, saluée en son temps, cussive et astucieusement inventive. Il
Busoni et d'Eugène d'Albert version inspirée de Nikolai Deminenko pour trio à cordes du violoniste Dmi- y a du Moussorgski, quelques effluves
Francesco Teopini, guitare; Henk van Twillert, issue de la série Hypérion. Idem pour tri Sitkovetsky. Une mine vous dis-je ! parisiennes "à la Milhaud", des rémi-
saxophone baryton; Andrius Puskunigis, hautbois, celles d'Eugen d'Albert mal servies par (Jérôme Angouillant) niscences et stridences du Petrouchka
de Stravinsky dans l’écriture du com-
positeur géorgien. Original. Achevé en
(1968-) s’inspire des personnages du dans le folklore de Hongrie et de Tran- 1971, le ballet Icare évoque de grandes
théâtre d’improvisation italien pour sa sylvanie, dont il arpente les campagnes fresques avec chœur "à la Honegger".
Commedia Dell’arte, au son coloré et avec son ami Béla Bartók pour enre- Les dialogues avec certains pupitres
aux rythmes asymétriques ancrés dans gistrer des chants locaux et mettre en traités en tant que solistes dont le vio-
le folklore des Balkans. C’est avec une évidence leurs influences orientales : le lon sont habiles et Slonimsky joue des
rare puissance qu’Aheym, de l’amé- morceau, aux accents particulièrement effets contrastés et de masses sonores.
ricain Bryce Dessner (1976-) écrit le évocateurs, requiert une excellente maî- La dramatisation du propos est efficace
mot "fin" de ces carnets de voyage, à la avec des longues plages étales puis
trise de l‘instrument. Avec la Sonatine
sélection aussi diverse qu’attachante. une rythmique dense et guerrière. La
d’Arthur Honegger (1892-1955), on
Fazil Say (1970-) (Bernard Vincken) seconde partie, par exemple, fait pen-
change d’atmosphère : une structure
Fazil Say : Quatuor à cordes, op. 29 ser au début de la Bataille sur la glace
"Divorce" / Dobrinka Tabakova : The Smile orthodoxe pour une floraison de styles,
d’Alexandre Nevski de Prokofiev. Pour
of the Flamboyant Wings / Wolfgang Rihm : disparates mais subtilement agencés -
autant, cette musique manque souvent
Quatuor à cordes n° 4 / Ana Sokolovic : écoutez les accointances du troisième
Commedia dell'arte III / Bryce Dessner : d’audace, restant dans le confort d’un
mouvement avec le cabaret. Cabaret héroïsme formaté. Disciple de Chosta-
Aheym
dont on retrouve des traces, mêlées de kovitch, German Okunev compose une
Goldmund Quartet
folklore grec et d’impacts de la Seconde musique plus avant-gardiste pour Le
0301412BC • 1 CD Berlin Classics
Ecole Viennoise dans le dernier duo, Manteau d’après la nouvelle de Nikolaï

T ravel Diaries se veut un journal de


bord musical des dix années écou-
lées à découvrir, choisir, travailler,
signé Nikos Skalkottas (1904-1949).
(Bernard Vincken)
Gogol. Elle brille avec une intensité
surprenante, les percussions devenant
Iannis Xenakis (1922-2001)
répéter et interpréter des œuvres qui
ont porté le quatuor munichois sur les Iannis Xenakis : "Dhipli zyla", pour violon Coliseo del Buen Retiro où à l’avant-
scènes internationales – avec un certain et piano / Zoltán Kodály : Duo pour vio-
loncelle t violon, op. 7 / Arthur Honegger :
Sélection ClicMag ! scène, le violoniste valencien Vicente
succès, reconnu par plusieurs distinc- Sonatine pour violon et violoncelle, H 80
Baset (1719-1764) mène l’orchestre
tions. Le disque ouvre sur Divorce, / Nikos Skalkottas : Duo pour violon et des seize violons. Il pourrait diriger
au premier mouvement sauvage, du violoncelle ses ouvertures comme musiques de
pianiste et compositeur turc Fazil Say Jonian Ilias Kadesha, violon; Vashti Hunter, scène ou d’agrément de quelques dra-
(1970-), pièce aux émotions contra- violoncelle maturgies qui n’ont pas franchi le cap
dictoires mais toutes intenses, qui AVI8553017 • 1 CD AVI Music du temps. Ces "Symphonies" de 1753,
raconte l’expérience de la séparation et rapportées en Suède par le secrétaire
de l’échec d’une relation. D’humeur…
flamboyante, The Smile of the Flam- J onian Ilias Kadesha (violon) et Vashti
Hunter (violoncelle) proposent, dans
ce voyage à deux, quatre pièces reliées
de l’ambassadeur, sont d’un classi-
cisme confondant. L’originalité viendrait
boyant Wings, de la bulgare installée d’un cadre immuable ; pièces en trois
à Londres Dobrinka Tabakova (1980- entre elles par la brillance et la vitalité de Vicente Baset (1719-1764) mouvements et suremploi de la forme
), transporte par ses gestes amples et la musique folk. Dhipli Zyia, créée près sonate. Les castagnettes de rigueurs
Apertura a piu stromenti; Sinfonia a piu
éclatants, magnifiés par les mains d’un de cinquante ans après son écriture stromenti; Obertura a dos violines, viola y mises de côté, cela sonne très italien :
quatuor expert dans l’art d’en détailler la par Iannis Xenakis (1922-2001) – il a, bajo; Obertura a piu stromenti Baset convoque Vivaldi, le jeune Haen-
profusion. Avec le Quatuor à Cordes n°4 dès 1947, fui en France la guerre civile Forma Antiqua; Aaron Zapico, direction del, Scarlatti père et fils, sans oublier le
de l’Allemand Wolgang Rihm (1952-), grecque -, est une composition très regretté Pergolesi. C’est beau, jeune, lé-
WIN910266-2 • 1 CD Winter & Winter
celui-là même qui, en matière de tradi- éloignée de son goût pour l’avant-garde ger, facile, soyeux… Cela s’écoute sans
tion, se targue de, non pas "conserver
les cendres, mais perpétuer la braise", le
et l’expérimentation sous influence des
mathématiques  : danse traditionnelle A u milieu du XVIIIème siècle, à la
cour d’Espagne de Ferdinand VI,
se côtoient la reine Barbara de Bra-
attention, telle une petite musique de
fond et Forma Antiqva dirigé par Aarón
Goldmund Quartet bouleverse l’atmos- de son pays, elle évoque la fougue, la Zapico y déploie avec un élégant raffi-
phère : les cordes, ici, trépident, sifflent, mélancolie et la nostalgie des Balkans. gance claveciniste émérite, Domenico nement sa palette d’instruments pour
suent, se rebellent, entre turbulence ju- Pour son Duo pour violoncelle et vio- Scarlatti ou la star Carlo Maria Bro- défendre, "con valentía", avec courage,
vénile et révolte mature. Née en Serbie lon, op. 7, Zoltán Kodály (1882-1967) schi alias Farinelli. Excusez du peu ! ce presque rien du patrimoine ibérique.
puis émigrée au Canada, Ana Sokolovic a trempé son inspiration directement Ici pour être précis, nous sommes au (Florestan de Marucaverde)

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Alphabétique
même des instruments doués de can- ser un andantino à quatre parties (…).
tabile. La partition au caractère expres- Sélection ClicMag ! Je crois y trouver un certain caractère
sionniste fut hélas inachevée, le com- de mysticité agreste et naïve, et l’idée
positeur s’étant tué dans un accident me vient aussitôt d’y appliquer des pa-
automobile. L’orchestration fut com- roles du même genre." Ajoutant à cette
plétée par l’un de ses élèves, Vladimir première pièce d’autres mouvements
conçus "à la manière des vieux missels
Sapozhnikov. (Jean Dandrésy)
enluminés", Berlioz composa progressi-
vement La Fuite en Égypte (II), L’Arrivée
Sperindio Bertoldo (1530-1570) à Saïs (III), puis Le Songe d’Hérode
Intégrale de l'œuvre pour orgue / C. Borgo : (I). Le succès public de cette "trilogie
Intégrale de l'œuvre pour orgue sacrée" fut éclatant, mais Berlioz appré-
Manuel Tomadin, orgue
Hector Berlioz (1803-1868)
cia peu l’ombre que ce modeste oratorio
L'Enfance du Christ, op. 25 (H 130),
BRIL95874 • 1 CD Brilliant Classics oratorio en 3 parties pour solistes, chœur,
plein de charme fit à des compositions

S perindio Bertoldo et Cesare Borgo : orchestre et orgue comme La Damnation de Faust ou le


deux compositeurs italiens de la Re- Yann Beuron, ténor; Karen Cargill, mezzo-soprano; Te Deum, jugées boursoufflées par ses
naissance, quasi inconnus. Ce CD pro- William Dazeley, baryton; Matthew Rose, basse; détracteurs. Souvent considéré comme
pose l’intégrale de leurs œuvres respec- Peter Rose, basse; London Symphony Orchestra; le meilleur des trois réalisés par Colin
Ludwig van Beethoven (1770-1827) tives, jouées sur un orgue que le livret
Sir Colin Davis, direction Davis, cet enregistrement public de
Sonates pour piano n° 11-18, 21, 23 décrit comme "unique" et "historique". ALC1608 • 2 CD Alto 2006, initialement publié par LSO Live,

L
Giovanni Bellucci, piano Hélas ! Il ne suffit pas d’annoncer deux a composition de L’Enfance du Christ est absolument somptueux. Solistes
BRIL95131 • 3 CD Brilliant Classics intégrales pour que notre attention soit commença par hasard, un soir de rayonnants, chœur splendide, orchestre
éveillée : fallait-il vraiment leur consa- 1850 : "Je prends un bout de papier, souple et allant déploient les merveilles

V oici Giovanni Bellucci au milieu du


guet et là où précisément Beethoven
crer tout un CD ? On n’entend qu’une
seule fois en une heure et demie ( !) le
raconta Berlioz, j’y trace quelques por-
tées, sur lesquelles vient bientôt se po-
de cette tendre évocation du mystère
chrétien. (Emmanuel Lacoue-Labarthe)
libère la forme et accapare son discours ripieno (plein-jeu) dans une Toccata de
par le génie. Sonates de fantaisie, so- Bertoldo. Quant aux Canzoni francese
nates descriptives, tout cela le pianiste
italien l’entend, mieux !, le proclame, et
du même auteur, comme celles de Bor-
go, leur forme varie peu, à savoir : un
B oismortier, compositeur très prolixe,
s'inscrivit pour l'essentiel dans la
tradition de la musique galante en vogue
rapides, où tout semble affaire de
course de vitesse, comme si cette mu-
sique devait être expédiée. Tout semble
parfois avec des volontés de souligne- thème banal en notes répétées, utilisé durant la période 1730-1770. Flûtiste, il tendu, resserré, comprimé. On ne res-
ments, une obsession de préciser qui le en imitations très scolastiques. N’est multiplia durant sa carrière les pièces pire pas. Les sonorités sont parfois
mène à des extrêmes – le premier mou- pas Frescobaldi qui veut ! Ecouter tout pour la flûte traversière, la flûte à bec et perçantes, et d'une agressivité insup-
vement de la Pastorale – où beaucoup cela en continu devient un vrai pensum plus largement les instruments à vent, portable dans l'aigu. L'écoute de ce cd
ne le suivront pas. Moi oui, car il ose, (toucher "piqué", ornements assénés accordant une importance particulière génère vite une impression de lassitude.
et qui ose en Beethoven ne saurait avoir de manière rigoureusement métro- aux œuvres pour petits effectifs dont (Bertrand Abraham)
nomique, registration unique pour les formes les plus simples étaient les
tout à fait tort. Le caractère qu’il donne
chaque pièce). J’ai bien peur qu’un tel sonates pour un seul instrument ou
à la Sonata quasi una fantasia – écoutez
disque perpétue l’idée (fausse) que la pour duo d'instruments mélodiques,
l’Allegro molto e vivace – la profusion musique d’orgue est "décidément bien
des accents et des couleurs dans la sans basse continue. Le duo de flûtes
ennuyeuse"… (Jean-Paul Lécot) servait à merveille le style pastoral ap-
Waldstein, l’épuisement des paysages
précié par l'aristocratie : il s'agissait là
dans la Tempête sont magnifiés par ses
d'une musique savante, raffinée, riche
grands moyens, et agaceront d’autant.
en nuances, en ornements, mais en
Mais si il y a bien des opus dans le cor- même temps intime, légère et suave, et
pus des Sonates où son art de l’excès renvoyant à un substrat populaire à la
peut se justifier, c’est ici, et irrité comme fois réel et fantasmé de danses et d'airs Max Bruch (1838-1920)
je peux l’être je me dois d’avouer qu’il a agrestes, rustiques et bucoliques... Le Concertos pour violon n° 1et 2; Fantaisie
sa vision, et qu’elle est beethovénienne. dialogue entre les instruments procédait écossaise, op. 46
Je ne m’attendais pas à céder aussi ma par imitations, jeux de reprises, d'oppo- Aaron Rosand, violon; Symphonieorchester
garde devant les Concertos, enregistrés sitions, d'écho, et procédés rhétoriques Bayersichen Rundfunk; Peter Richter Rangenier,
dans le feu du concert, mais tenus dans
J. Bodin de Boismortier (1689-1755) propres à évoquer les affects liés au direction; NDR Radio Philharmonie Hannover;
Christoph Wyneken, direction
la gangue de l’orchestre (et même ici Sonates pour 2 flûtes, op. 1 n° 1-6; Sonate badinage, à la séduction, à l'amour et
n° 4, op. 40 ses péripéties. L'interprétation propo- LAB1024 • 1 CD Biddulph
d’un orchestre modeste), il est encore
sée ici déçoit : on a l'impression d'avoir
D
Fabiano Martignano, flûte à bec; Luca Ventimiglia, isparu en 2019, le violoniste améri-
plus surprenant, et évidemment irri- flûte à bec affaire à une pure prouesse technique, cain Aaron Rosand fut l’élève d’Efrem
tant dans tout l’espace singulier que lui en particulier dans les mouvements Zimbalist et de William Primrose. L’Eu-
BRIL96121 • 1 CD Brilliant Classics
laisse l’Empereur. Il en profite, un peu
trop, mais comment ne pas l’écouter
prendre son temps, et interpréter très
librement, après tout il est bien possible Sélection ClicMag ! S ymphonie ou quatuor ? Les Berg
ont fait leur révolution dans les trois
Quatuors de Brahms, les jouant amples
par leurs nuances. Le cri qui résonne
à l’ouverture de l’Allegro final proclame
la couleur dramatique qui rejoint celle
que Liszt voyait son Beethoven ainsi.
et burinés, y faisant entrer tout le son de l’Allegro initial. Après une lecture si
Ses idiosyncrasies sont si singulières d’un orchestre (et la captation des ingé- ardente et pourtant si sombre, j’espé-
que même dans les deux premiers nieurs de Teldec les y aidait). De leurs rais en contraste le ton de sérénade du
Concertos l’intérêt supplante la gêne, ce archets vifs qui précipitent l’Allegro et Troisième Quatuor, mais non, après la
qui n’est pas le cas dans un opus aussi l’ébarbe d’attaques fulgurantes, les Aris nuit expressionniste, les Aris préfèrent
achevé que le Quatrième où il aurait du rappellent le temps héroïque du Qua- m’immerger dans le grand crépuscule
avoir la sagesse de battre en retrait. tuor de Budapest, même ardeur, même d’automne du Quintette op. 115, cou-
Majeur, l’ajout au choix des cadences élan, même son ductile et magnifique- leurs assourdies, phrasés amples, jeu
pour les quatre premiers Concertos qui ment calibré, qui emportera tout le Qua- modelé dans d’infinies nuances où la
Johannes Brahms (1833-1897) tuor en ut mineur dans une chevauchée clarinette boa de Thorsten Johanns
réserve des découvertes (celle de Fauré
nocturne effrénée, où se glissent dans vient se lover, vrai alto de couleur et de
pour l’Allegro con brio du Troisième) et Quatuor à cordes n° 1 en do mineur, op. 51
les instants de replis comme des sou- vibration, plus chanteur qu’instrumen-
achève de faire de cette intégrale certes n° 1; Quintette pour clarinette en si mineur,
venirs de Schubert. C’est magnifique, tiste. L’alliance est magique, mais main-
un apport singulier dans une disco- op. 115
et jusque dans la Romance, très dite, tenant il me faut avec ce splendide jeune
graphie surabondante, mais aussi une Thortsen Johanns, clarinette; Aris Quartet dans l’Allegretto pris rapide, et dont ensemble les deux autres Quatuors !
entreprise utile. (Jean-Charles Hoffelé) GEN20704 • 1 CD Genuin les étrangetés harmoniques saisissent (Jean-Charles Hoffelé)

www.clicmusique.com  ClicMag décembre 2020  5


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rope le découvrit tardivement, dans les Concertos pour piano n° 1, 3 et 6 Monte Carlo verra en 1925, Kous-
années soixante. Immense pédagogue, London Mozart Players; Howard Shelley, piano, Sélection ClicMag ! sevitzky créera à Paris sa Première
il jouait sur le Guarnerius de Kochanski. direction Symphonie en 1928 et se fera ensuite
Cet album réunit trois chefs-d’œuvre de le champion de sa musique sérieuse à
CDA68302 • 1 CD Hyperion
Max Bruch (1838-1920). Une opportu- Boston. Oui mais cela c’était avant. En
nité car on n’entend beaucoup moins
le Second Concerto ainsi que la Fan- A vec ce nouveau volume Cramer
(faisant suite aux concertos 4 et 5)
1929, un certain Vernon Duke entame
la carrière que l’on sait à Broadway :
taisie Ecossaise. Dans ces gravures Howard Shelley poursuit, et comment, il deviendra un des princes du Music
des années 70, il est accompagné par sa contribution à la collection "Classical Hall. Eh bien Dukelsky et Duke ne font
l’Orchestre symphonique de la Radio Piano Concerto" d’Hypérion. Revoilà qu’un. On a bien oublié ses œuvres de
de Bavière dirigé par Peter Richter donc cette forme "londonienne" née de musique classique, avec raison ? Elmira
Rangenier (concertos) et l’Orchestre Darvarova pense que non, et édite au-
la proximité entre virtuoses-compo- Vernon Duke (1903-1969)
philharmonique de la Radio de Hanovre jourd’hui un CD consacré à ses œuvres
sous la baguette de Christoph Wyneken siteurs (Clementi, Dussek, Field,…), Concerto pour violon; Sonate en ré pour pour violon. Le Concerto, démarqué de
(Fantaisie Ecossaise). Le violon d’Aaron facteurs d’instruments (Broadwood, violon et piano; Etude pour violon et Prokofiev, plus bavard que chantant,
Rosand projette magnifiquement les Longman…) et entrepreneurs de basson; Hommage à Offenbach; Capriccio marque le pas pour l’inspiration comme
spectacles (Salomon, Bach/Abel…)  : Méxicano pour le métier, la Sonate un peu moins,
tensons romantiques de cette musique
qui oscille entre le concerto et le poème Elmira Darvarova, violon; Kim Laskowski, basson; les pièces de virtuosité – l’Hommage
matériel thématique très (trop ?) abon-
Orchestre de la radio de Vienne; Scott Dunn, piano,
symphonique. D’une justesse impa- dant, mouvements initiaux très (trop ?) à Offenbach et le Capriccio Mexicano
direction
rable, mais surtout d’une richesse de ravissent, preuve que le compositeur
développés mais un peu sans queue ni UAV5990 • 1 CD Urlicht
timbres stupéfiant, l’archet du soliste est chez lui dès qu’il s’agit de ne pas
tête, mouvements lents très classiques,
déjoue tous les pièges de cette musique
qui peut devenir assez facilement ou- scherzi pleins d’esprit "haydnien", exer-
cices sportifs, excursions dans des
V ladimir Alexandrovitch Dukelsky
(1903-1969) cela ne vous dit rien ?
Pourtant Diaghilev lui commanda pour
être sérieux au point d’ailleurs de rail-
ler le néoclassicisme de Stravinski.
Une curiosité à écouter sans façon.
trancière. Rosand restitue ainsi la fraî-
cheur encore mendelssohnienne des paysages tonaux parfois étranges, ses ballets russes Zéphire et Flora que (Jean-Charles Hoffelé)
concertos avec un tempérament fou- etc. Si on sent bien que l’opus 10 créé
gueux. Composée à l’intention de Pablo quelques mois seulement après la mort
de la maison de disques Claves ? En
de Sarasate, la Fantaisie Ecossaise de Mozart souffre de quelques com- tous cas, elle les joue avec beaucoup de
repose sur des chansons populaires. plexes, les plus tardifs op. 26 et 51 ont grâce sur son beau pianoforte (Thomas
Rosand entre avec naturel dans le
pris leur indépendance et regardent et Barbara Wolf d’après un Schanz de
caractère rhapsodique de l’écriture qui
vers l’avenir. Shelley est parfait pour 1800), laissant voir comme un sourire,
évoque le souvenir et parfois l’Histoire
le rôle, impeccable techniquement et elle s’y amuse, et nous convainc que
de la nation écossaise. Un bel album et
valorisant ce qu’il y a d’esbroufe dans Dussey y aura mis, à défaut de génie,
un hommage touchant à un violoniste
suffisamment d’art. Le ton faussement
connu des seuls mélomanes passion- cette musique tout en lui rendant justice
passéiste des Sonatines ne parvient
nés par le violon. (Jean Dandrésy) avec probité. Quant aux London Mozart
Jan Ladislav Dussek (1760-1812) pas à masquer l’invention mélodique si
Players qu’il dirige, ils "font le job" sans mozartienne, la fraicheur des tournures,
12 leçons progressives, op. 32; 6 Sona-
rien de transcendant mais en toute mu- tines pour piano-forte, op. 20 et parfois même une mélancolie un
sicalité. En attendant probablement un Ursula Dütschler, piano-forte peu inquiète (la Seconde). On ne bou-
dernier volume (il ne manque plus que dera pas ces deux cahiers qui éclairent
BRIL95982 • 1 CD Brilliant Classics
trois concertos), les inconditionnels d’un jour différent l’œuvre si singulière
de la collection seront encore une fois
comblés. Les autres découvriront une
L ’autre visage de Dussek ? Celui du
pédagogue. Ursula Dütschler aurait-
elle travaillé les Progressives Lessons
de celui que Beethoven admirait tant.
(Jean-Charles Hoffelé)
musique joyeuse et pleine de surprises, avec Jörg Ewald Dähler dans ses an-
mais tournant parfois un peu à vide. nées de jeunesse, surveillée à la maison
Johann Baptist Cramer (1771-1858) (Olivier Eterradossi) par sa maman, Marguerite, la patronne

l’abondante réserve du siècle suivant. de déployer toute son imagination, et


Sélection ClicMag ! Pourtant le Versailles du Grand Louis de faire brille une langue aussi subtile
fut le théâtre de fêtes somptueuses, le qu’expressive. L’ouvrage est de bout en
roi dans sa jeunesse y dansait, mais bout magnifique, il effectue dans le par-
aussi la Montespan qui commanda à cours du musicien une petite révolution
Michel-Richard de Lalande pour ses ap- si on le compare avec ce que l’on sait Mauro Giuliani (1781-1829)
partements Le Concert d’Esculape célé- d’après les commentateurs de l’époque Variations sur une chanson populaire
brant la domination de l’entité royale sur de l’opéra pastoral L’Amour Berger italienne, op. 49; Variations sur un thème
original, op. 62; Variations sur un duo
l’humanité mais aussi sur l’univers. Le représenté au château de Fontainebleau de l'opéra "Jeannot et Colin" de Nicolo
ton presque galant qui s’infiltre derrière (hélas perdu) : il met ici en place un vrai Isouard, op. 72; Rondo "La Caccia", op.
la parabole renseigne sur la souplesse théâtre dans le divertissement de cour, 109; Sinfonia de l'opéra "La Cenerentola"
dont Lalande était capable : s’il devait et produit des airs saisissants qui ne de G. Rossini; Variations, op. posth.
Michel-Richard Delalande (1657-1726)
entrer au salon de la favorite, il le ferait dépareraient pas au sein d’une tragédie Raffaele Carpino, guitare
Les Fontaines de Versailles, petit opéra en avec des rubans et une délicatesse de lyrique ("Je suis ce géant malheureux",
6 scènes, S 133; Le Concert d'Esculape,
TC780704 • 1 CD Tactus
style qui abandonne la pompe pour flat- le grand air d’Encelade, admirable, et
concert pour solistes, chœur et orchestre,
S 134; Grande Pièce en G-Ré-Sol
Boston Early Music Festival Vocal Ensemble;
ter les plaisirs de la mélodie, savourer
un brillant subtil. C’est bien cette touche
chanté avec art par John Taylor Ward).
De tout cela la vaillante troupe du Bos-
A fin de faire connaître Mauro Giuliani
(1781-1829) au grand public en
dehors du cénacle des amateurs de la
Boston Early Music Festival Chamber Ensemble; singulière que Paul O’dette et Stephen ton Early Music Festival, enregistrée six cordes, le guitariste Raffaele Carpino
Paul O'Dette, direction; Stephen Stubbs, direction; Stubbs font entendre, conduisant de lors de représentations par les équipes a choisi pour son disque les pièces les
Robert Mealy, maître de concert leurs deux luths ce petit joyaux intime de la Radio de Brême, donne un visage plus représentatives du compositeur
CPO555097 • 1 CD CPO auquel s’oppose le grand divertissement exact, et ses chanteurs font assaut de au style brillant et virtuose. Une sélec-

D ans la musique du grand Siècle écrite de plein air des Fontaines de Versailles, style en soignant leur français, non seu- tion de thèmes et variations basée sur
pour Versailles, le répertoire sacré et dont l’invention qui se démarquait des lement ils font œuvre utile, mais le font des thèmes d'opéra ou de mélodies
celui de la Tragédie Lyrique auront été pompes lullystes enchanta assez Louis dans l’excellence, rendant justice à cette originales, de quoi laisser s'épancher
illustrés au disque avec brio, mais celui XIV pour qu’il nomma le jeune homme part méconnue du catalogue de Lalande la technique éblouissante de l'inter-
des divertissements et des pièces de sous maitre de Chapelle. Le livret de qu’on ne pourra plus réduire par igno- prète et réjouir l'auditeur qui dénichera
plaisir, sinon celui réservé à la Chambre Morel, qui célèbre, en animant les dieux rance à ses admirables grands motets quelques trésors parmi ces exercices
du Roi, est resté sensiblement ignoré : et les déesses des fontaines du parc, ou aux musiques pour la table royale. de style : une sinfonia dell'opera tirée
on préfère pour ce genre puiser dans la puissance royale, permet à Lalande (Jean-Charles Hoffelé) de La Cenerentola de Rossini et plus

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original un duo tiré d'un des opéras Glantschnig (directeur de l'hôtel); Wolfgang Klose 1916. Tout comme le cinéma allemand
Jeannot et Colin du français Nicolas (dit Sélection ClicMag ! (Müller senior de Hambourg); Chor des Bayer- des années 20 ou 50, le regretté Fritz
Nicolo) Isouard compositeur d'opéra siches Rundfunks; Münchner Rundfunkorchester; Wunderlich en a fait quelques choux
Ulf Schirmer, direction
qui formé à Palerme et à Naples fit gras… Ici l’orchestre de la radio de
l'essentiel de sa carrière à Paris. Toute CPO555036 • 2 CD CPO Munich, sous la baguette précise d’Ulf

S
la virtuosité de l'écriture culmine dans i en ces temps de pandémie pango- Schirmer, nous restitue ce bijou orien-
le Rondo Op. 109 et les Variations Op. lienne chinoise, vous vous faisiez en taliste à la mode de Bretagne avec une
posthumes où sont assemblées comme dessert une petite rose turque, d’Istan- finesse toute bavaroise. Tout sonne
dans un collier de perles toutes les bul pour être précis. C’est délicieux, léger, précis pour cet enregistrement
manières de jouer de l'instrument tout sucré à souhait et très mousseux, Mes- public de 2014 ; l’orchestre joue sans
en attestant du style galant du composi- dames, aussi léger qu’un bon chocolat esbroufe un répertoire résolument
teur (Arpèges débridées, harmoniques, viennois ! Si vous y ajoutiez un soup- acquis, chœur et solistes ne minaudent
cordes frottées...etc). Comme le note Leo Fall (1873-1925) çon d’ironie sur fond d’émancipation pas, les voix même parlées sont justes,
Carpino dans sa notice "Élégance, viva- Die Rose von Stambul, opérette en 3 actes féminine et de pamphlet franchouillard, chaleureuses et jamais dans l’exubé-
cité règnent en maître dans ces compo- Matthias Klink (Achmed Bey); Kristiane Kaiser vous n’auriez pas retrouvé la recette rance. Cette rose perle de rosée et nous
sitions qui sont l'opposé du formalisme (Kondja Gül, sœur du Pacha Kamek); Andreas
perdue d’un Escoffier d’opérette, mais rappelle que l’opérette souvent négligée
Winkler (Fridolin, fils de Müller senior); Magda-
et du tout-venant en matière de réper- bien l’opérette du prolifique composi- est un genre qui a toute sa place dans le
lena Hinterdobler (Midili Hanum); Eleonora Vacchi
toire de guitare". On opine du manche. (Bül-Bül); Christof Hartkof (Son Excellence le teur austro-hongrois Leo Fall (1873- registre de la musique savante. Bravo !
(Jérôme Angouillant) Pacha Kamek); Hanne Weber (Djamileh); Michael 1925), Die Rose von Stambul créée en (Florestan de Marucaverde)

Tania Bussi (soprano), Paolo Mora réfère explicitement à la mort de la


(violon) et Lorenzo Montenz (harpe). mère (Do Makti), aux bruissements de
(Emmanuel Lacoue-Labarthe) la nature (Ptak, l'oiseau) et à de mélan-
coliques paysages (Oda do wolnosci).
Plus tardifs, Les trois chansons d'après
les poèmes de Maria Konopnicka et
l'op.43 (Blessed Raspberry Songs) rap-
pellent plus les mélodies russes (Tchai-
kovski, Rachmaninov) que le lied Schu-
G. Francesco Giuliani (1760-1818)
Henryk Mikolaj Górecki (1933-2010) bertien et la tradition allemande. Les
Nice la ria tempesta; La partenza; Cantate deux chansons d'après Garcia Lorca,
Trois Chants, op. 3; Deux Chants Sacrés,
"Auretta Leggiera/Scherza intorno piuttoso/
op. 30 bis; Deux Chants de Lorca, op. Nocturne et Malaguena, n'ont aucune
Auretta ah tu non si"; Cantate "Tu fuggi oh
notte/Dal vicin colle fuora/Scorgi oh dea/
42; Chants bénis de framboise, op. 43; tonalité espagnole mais relèvent de la
Chants pour la poésie de Juliusz Slowacki; même veine slave. Rabotés jusqu'à l'os,
Lasso, l'ora trascorre/Se insulta a' mali
miei"; Cantate "Tu mi domandi ingrata/La Karl Goldmark (1830-1915) Trois Chants de Maria Konopnicka, op. les trois fragments d'après Stanislas
68; Trois pièces pour textes de Stanislaw
pena mia tu vedi/Del mio rival pur seppero" Ouverture de concert "Im Frühling", op. Wyspianski op. 69 (1995) sont d'une
Wyspianski, op. 69
/ Girolamo Crescentini : Ombra adorata 36; Pièce symphonique "Zrinyi", op. 47; bouleversante austérité. Un chant plain-
aspetta / Louis-Charles Ragué : Sonate, Urzula Krieger, mezzo-soprano; Jadwiga Rappé,
Ouverture "In Italien", op. 49; Prélude "Götz alto; Robert Gierlach, basse-baryton; Ewa Guz- tif ou déclamatoire et quelques accords
op. 8 n° 1 / Francesco Petrini : Duo, op. 30 de piano répétés inlassablement suf-
von Berlichingen"; Ouverture "Aus Jugend- Seroka, piano
/ Giovanni Paisiello : Grâce au ciel; Juste
tagen"; Prélude "Ein Wintermärchen" fisent à créer une ambiance poignante
ciel / Giovanni Battista Viotti : Consola DUX1592/93 • 2 CD DUX
amato bene / Antonio Sacchini : Ouverture Bamberger Symphoniker; Fabrice Bollon, direction mais à la longue assez monotone,
"Dardanus" / Niccolo Piccinni : Lasciami oh
ciel pictoso
CPO555251 • 1 CD CPO D eux maximes sont à l'origine de
l'acte créateur du compositeur
ce malgré la sincérité des chanteurs.
(Jérôme Angouillant)

S
Tania Bussi, soprano; Paolo Mora, violon; Lorenzo omptueux deuxième volume des polonais Henryk Mikolaj Gorecki. Né en
Montenz, harpe (Harpe Erard, Paris 1805) grands poèmes symphoniques de 1933 dans une province de Silésie et
Goldmark, qui mêle ouvertures d’opé- mort il y a tout juste dix ans à Katowice.
TC740002 • 1 CD Tactus
ras, ouvertures de concert et poèmes L'une du poète Sbigniew Herbert "L'art

L e fonds Bourbon de la Bibliothèque


Palatine de Parme contient l’en-
semble des partitions ayant appartenu à
symphoniques. On y trouve une orches-
tration flamboyante et un esprit cheva-
est une façon de partager une expé-
rience spirituelle", l'autre du Pape Jean
XXIII : "faire des choses simples d'une
Marie-Louise de Bourbon (1782-1824). leresque digne de Liszt ou de Smetana
façon extraordinaire". Souvent comparé
Celle-ci, reine d’Étrurie, fut forcée à (préludes de Götz von Berlichingen, ou à l'estonien Arvo Pärt pour son par-
l’exil en 1807, lors de l’annexion de d’Ein Wintermärchen), une formidable cours musical (Premières œuvres sé-
cette région par Napoléon. Elle fut composition hongroise, le grandiose rielles puis langage harmonique de plus
ensuite arrêtée pour conspiration et Zrinyi, qui évoque autant l’univers des en plus épuré jusqu'au minimalisme), Christoph Graupner (1767-1836)
emprisonnée jusqu’en 1814 dans un rhapsodies hongroises qu’il anticipe sa foi catholique et son ancrage pro- Cantate "Hebet eure Augen auf gen Him-
couvent romain. Tout au long de cette fond dans la tradition culturelle de son mel", GWV 1102/40; Cantate "Jauchzet, ihr
sur les opulentes harmonies que Franz
vie mouvementée, la musique fut son Himmel, freue dich, Erde", GWV 1105/43;
Schmidt intègrera dans ses grandes pays, Gorecki enseignera la musique au
Cantate "Jesu, mein Herr und Gott allein",
compagnon. Le présent enregistrement conservatoire de Katowice indifférent
symphonies, enfin des ouvertures à GWV 1109/37; Cantate "Kehre wieder, du
se concentre sur les pièces de cette col- aux sirènes de la notoriété provoquées abtrünnige Israel", GWV 1125/43; Cantate
lection impliquant la harpe et nous fait l’orchestration rutilante. Fabrice Bol-
par le succès inattendu de sa Troisième "Ach, bleib' bei uns, Herr Jesu Christ",
découvrir huit compositeurs : Giovanni lon mène avec panache l’excellent or-
symphonie composée en 1976. Les GWV 1129/46; Cantate "Wir werden Ihn
Francesco Giuliani, Girolamo Crescen- chestre symphonique de Bamberg à la sept cycles de mélodies enregistrées sehen", GWV 1169/49
tini, Louis-Charles Ragué, Francesco découverte de ces raretés qui nous rap- dans ce double album sont pour le com- Sergio Azzolini, basson; Monika Mauch, soprano;
Petrini, Giovanni Paisiello, Giovanni pellent le rôle historique de Goldmark, positeur un voyage introspectif via des Franz Vitzhum, alto; Georg Poplutz, ténor; Dominik
Battista Viotti, Antonio Sacchini et Nic- compositeur et pédagogue célèbre dans Wörner, basse; Kirchheimer BachConsort; Florian
textes classiques d'auteurs polonais
Heyerick, direction
colò Piccinni. La musique, qui montre la Vienne de François Joseph. Avec un (excepté Garcia Lorca pour l'Opus 42)
le goût de Marie-Louise pour l’époque évoquant le passage du temps, la perte, CPO555353 • 2 CD CPO
minutage particulièrement généreux de
de Louis XVI, pointe principalement
vers le style rococo français tardif. Mu-
sique assez conservatrice, donc, sorte
surcroît, ce disque contribue à rendre
un hommage mérité à la haute figure
la mort, les regrets mais aussi l'espoir,
une confiance inébranlable en Dieu,
l'amour de la Patrie, et enfin l'éternité.
L imites techniques, manque d'éclat,
faible intensité, inaptitude à la vir-
tuosité : autant de faiblesses imputées
de l’auteur de la Reine de Saba. Et si
de havre protecteur tenant à distance En introduction à ses mélodies, Gorecki durant une partie de l'"ère baroque" au
Fabrice Bollon s’attaquait maintenant à
les innovations musicales de l’époque. confessait :  : "Les mots ne doivent pas basson voué à jouer les utilités. Excep-
Ce programme, assez exotique à sa la symphonie du mariage rustique, cette interférer sur la musique et réciproque- tions notables : Telemann, Vivaldi et
façon, qui mélange airs, cantates et savoureuse partition qui sut attirer des ment la musique doit renforcer le sens ses 39 concertos pour basson, puis
sonates entièrement inédits est défendu chefs aussi prestigieux que Beecham ou des mots, mes modèles sont Schubert, Graupner - notamment dans ses can-
avec verdeur et un peu d’aigreur dans Bernstein et qui est trop injustement dé- Schumann et Brahms". D'une écriture tates - comme en témoigne ce disque.
les sonorités par les trois interprètes, laissée de nos jours ? (Richard Wander) simple et touchante, l'op. 3 (1956) Le répertoire du basson restait encore

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modeste comparé à ceux de la flûte et allusive de ce disque) mais c'est bien aspects à un substrat ancien tout en
du violon, mais la percée était assu- Sélection ClicMag ! un compositeur d'aujourd'hui (il est y instillant des éléments modernes
rée. Parmi les facteurs qui incitèrent né en 1978) et ses œuvres s'inscrivent (Dissonances, syncopes, stases...). A
Graupner à promouvoir le basson dans le courant foisonnant d'une cer- l'écoute des quelques pages chorales
signalons sa curiosité pour les instru- taine musique de tradition catholique qui composent le programme (Office,
ments sortant du lot, et avant tout les ou orthodoxe allant de Francis Poulenc Messe et Motets), on ne doute pas une
liens qu'il contracta, alors qu'il officiait (1899-1963) à John Tavener (1944- seule fois de l’absolue sincérité qui pré-
à la cour de Darmstadt, avec 2 basso- 2013) en passant par Olivier Messiaen side à leur conception. Liturgie et textes
nistes exceptionnels - Klug et Klotsch ! (1908-1992). La notice disserte longue- sont dûment respectés et la polyphonie
- pour lesquels il composa presque sur ment (on ignore pourquoi) sur le mou- y est assez variée. On y décèlera malgré
mesure. C'est dans les arias de ses can- vement post-moderne : Nombres d' au- une absence de réelle singularité, de
tates que le rôle basson est magnifié : le teurs y sont cités dont Adorno, Derrida nombreuses réminiscences (Poulenc,
morceau de bravoure est la très longue Antonio Magarelli (1978-) et un article du musicologue Philippe Tavener, Ligeti) et influences inscrites
aria de 12' de la cantate 1102/40 : loin Missa in honorem Sancti Conradi; Officium Albèra. On s'en tiendra à la définition de façon subliminale dans les parti-
de ne faire qu’accompagner, le basson in Festo S. Conradi Confessoris; Dominica de Renzo Cresti : le postmodernisme tions. Les chanteurs de l'ensemble
Resurrectionis. Ad Missam in die; Mottetti n'est pas un hommage à la tradition, le Cappella Musicale Corradiana sonnent
commente de façon inventive, volubile
Capella Musicale Corradiana; Antonio Magarelli, fait de citer, de répéter des techniques justes et la prise de son est évocatrice
et prenante par des arpèges ascendants
direction
l'imploration à Dieu et traduit les efforts de composition du passé mais c'est de l'acoustique du lieu d'enregistre-
répétés de l'homme pour fléchir la vo- DCTT99 • 1 CD Digressione une proposition nouvelle. A la façon ment, une austère et miraculeuse cha-
lonté divine. Si l'instrument sait se faire
virtuose, il se fait puissant, entêtant et A ntonio Magarelli n'est pas un musi-
cien de la Renaissance (comme
pourrait le faire accroire la pochette
d'un Picasso reprenant un tableau de
Vélasquez, Mangarelli "crée" (ou recrée)
une musique qui réfère dans bien des
pelle de pierre blanche, entre intimité
des corps et réverbération de l'esprit.
(Jérôme Angouillant)
même épique dans l'aria de la plage 10
(1105/43) qui célèbre la naissance du
Christ, et engage un dialogue délicat, Carmela Remigio (Ilia); Francesca Ascioti (Enea); cès, Hasse revint à Dresde où son génie délicatesse, le piano de Pompa-Baldi,
persuasif et presque tendre avec le vio- Celso Albelo (Andromaca); Raffaella Lupinacci lyrique atteindra à sa maturité. De son sans pédale et le violon de Ivakhiv sans
lon dans l'aria "Starker Helfer". Il y a là et (Eleno, femme d'Andromaca); Paola Valentina temps de Naples, outre six opéras, il vibrato. L’orchestre tchèque, à cordes,
ailleurs plus que des ferments de renou- Molinari (Niso, Reine de Caonia); Enea Barock
composa avec la même plume inventive et Théodore Kuchar sont exactement
vellement esthétique : cette irruption Orchestra; Stefano Montanari, direction
des Sérénades qui ne se différencient sur la même ligne, l’orchestre est léger
d'un nouvel acteur autonome, avec ses CPO555334 • 2 CD CPO guère de ses tragédies pour la musique, et discret dès que les solistes se font
sonorités, le pouvoir de sa suggestion
rhétorique, confère au compositeur la
stature d'un esprit innovant, en avance
H asse, comme tout bon jeune com-
positeur allemand, fit le voyage
d’Italie, et le poussa jusqu’à Naples où
leurs intrigues étant plus simples. Ce fut
d’ailleurs avec une sérénade, Marc An-
entendre. Le deuxième mouvement, le
plus long, laisse entrevoir ce que sera
tonio e Cleopatra, où paru Farinelli, qu’il la suite de la forme quand arrivera
sur son temps. L'ensemble instrumen-
l’attendaient deux rencontres décisives, se tailla à Naples son premier succès. l’époque mozartienne. Les deux solistes
tal et vocal, avec notamment l'excellent
Alessandro Scarlatti et Porpora, qui le Stefano Montanari lui préfère cet Enea
ténor G.Poplutz est exemplaire. Remar- sont parfaitement en accord entre eux
feront ce qu’il rêvait d’être, un maitre in Caonia donné en 1727 (soit deux
quable et surprenant à maints égards. et avec l’esprit de l’œuvre. Quant à
dans le domaine de l’opéra. Farinelli années après Marc Antonio e Cleopatra,
(Bertrand Abraham) l’allègre presto, il est le seul moment
ne tardera pas à s’intéresser lui aussi entre temps dans le même registre avait
où le compositeur se laisse aller, et
à un jeune homme aussi doué dont la été donnée La Semele), dont les beau-
ses interprètes avec lui. L’ensemble
plume agile flattait avec tant d’effet les tés sont simplement étourdissantes,
est d’une grande et simple beauté.
instruments virtuoses des castrats. orchestre melliflu, airs ornés d’une ex-
Pour Naples il écrira ses premiers chefs Après cela, le concerto de Hummel est
pressivité entêtante, auquel la direction
d’œuvre lyriques où son génie mélo- enlevée de Stefano Montanari donne de plus faible, presque laborieux. On sent
dique éclate dans un orchestre multico- vrais airs de grand opéra. L’Enea altier l’exercice obligé. Sans aucun doute, des
lore qui n’avait rien à envier à ceux de de Franscesca Ascioli n’y est pas pour deux, faut-il retenir le premier où pointe
ses rivaux italiens. Ses ouvrages pour peu, diamant d’une distribution par avec délicatesse le génie de Haydn.
le théâtre San Bartolomeo connurent un ailleurs modeste mais qui suffit pour (Jacques Saury)
écho grandissant, et bientôt Venise lui prendre la mesure de cette troisième
Johann Adolf Hasse (1699-1783) commandera deux grands opéras, Arta- sérénade pour Naples en espérant que
Enea in Caonia, opéra en 2 actes serse et Dalisa. Auréolé de tous ces suc- Stefano Montanari se penchera sur les
deux autres. (Jean-Charles Hoffelé)
Jascha Nemtsov subliment les Versets
Sélection ClicMag ! Séfarades d’Alberto Hemsi (1898-
1975). Cet ethnomusicologue juif, né
près de Smyrne dans l’empire ottoman,
collecte au XXème siècle les mélodies
de tradition orale issues de la diaspora
depuis l’expulsion des juifs d’Espagne
Leopold Kozeluch (1747-1818)
en 1492, partant de son Anatolie natale, Sonates n° 34-50
passant par Rhodes, Salonique, Istan- Jenny Soonjin Kim, piano-forte
bul et l’Orient. Un corpus immense de BRIL95980 • 4 CD Brilliant Classics
chansons dont les poèmes en vieux Joseph Haydn (1732-1809)
castillan comptent l’épopée chevale- Concerto pour violon, piano et orchestre en
Alberto Hemsi (1898-1975) resque et nostalgie d’un peuple exilé. fa majeur, Hob. XVIII : 6 / Johann Nepomuk
Coplas Sefardies, vol. 1-10; Cinq chants À l’écoute de la mise en harmonie de Hummel : Concerto pour violon, piano et
hébreux, op. 25; Esquisse hébraïque "Yom orchestre en sol majeur, op. 17
ce romancero séfarade, Alberto Hemsi
Gila yavo, yavo !", op. 17 passe de chercheur à compositeur de Solomiya Ivakhiv, violon; Antonio Pompa-Baldi,
Tehila Nini Goldstein, soprano; Jascha Nemtsov, piano; Slovak National Symphony Orchestra; Theo-
premier plan. Son piano accompa-
piano dore Kuchar, direction
gnateur, véritable partenaire, souligne
HC20039 • 3 CD Hänssler Classic avec finesse, virtuosité et profondeur CRC3742 • 1 CD Centaur

L e bonheur c’est ouvrir une pochette


de disque quelconque et découvrir
la mélopée de la soliste. On associerait
alors volontiers ces Coplas Sefardies
au courant orientaliste du siècle passé
L e concerto pour clavier et violon de
Haydn ne figure pas au catalogue
de ses prestigieux opus. Plus qu’une Francesco Manfredini (1684-1762)
un trésor. Au premier arpège la magie
opère : le fruité d’une voix de velours, à l’égal des Poèmes arabes d’Aubert, œuvre classique, c’est un concerto Concertos, op. 3 [n° 1; n° 2; n° 5; n° 6; n°
les accents ibères, l’ornementation des Poèmes hindous de Delage ou du post-baroque ; c’est ainsi que, très 9; n° 12] / Valentin Roeser : Sonate en trio,
légère, raffinée, extrêmement naturelle Muézin passionné de Szymanowski, justement, Solomiya Ivakhiv et Anto- op. 1 n° 2; Sonate en trio, op. 1 n° 3
de la soprano Tehila Nini Goldstein et avec ce petit plus  : l’authenticité. nio Pompa-Baldi, l’abordent  : avec Orchestra Barocca di Roma "Furiosi Affetti"
l’accompagnement ravélien du pianiste (Florestan de Marucaverde) modestie, sans en faire trop et tout en LDV14060 • 1 CD Urania

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A u XVIIIe siècle, les Princes de


Monaco espéraient concurrencer
musicalement Paris en recrutant des
1945), jeune compositeur de vingt-sept
ans répondant à l’appel à projet de
l’éditeur Sonzogno pour redynamiser
d'un genre très pratiqué en Italie au
XIXe : la variation sur un thème d'opéra.
Ainsi les variations sur le "Là ci darem
petits maîtres. C’est ainsi qu’en 1718 l’opéra italien. Créée à Rome en 1890,
la mano" de Mozart, mais aussi d'autres
nacquirent sur le Rocher les 12 concerti cette œuvre de circonstance fût un suc-
opus 3 du bolognais Manfredini que la cès mondial pour les opéras jusqu’à nos variations sur des motifs qui de par leur
notice rapproche de Corelli et Vivaldi. jours, triomphe étouffant pour Masca- structure sont totalement assimilables
La ressemblance avec son professeur gni qui n’écrira rien d’équivalent et finira à des thèmes d'opéra. Si, chez certains
Torelli me paraît plus flagrante, surtout sa vie pitoyablement en embrassant les compositeurs, la variation participe de
si on compare leurs célèbres "concertos thèses fascistes de Mussollini. Mais la percée, voire de la transgression par W. Amadeus Mozart (1756-1791)
de Noël" respectifs (op.3/12 de l’élève ça c’est une autre histoire ! Rien de lesquelles un génie s'affranchit d'un Messe en do majeur, KV 252; Messe en
et op.8/6 du maître). 45 ans plus tard, surprenant alors que ce manifeste du do mineur, KV 427; Messe en do majeur,
héritage pour créer une nouvelle syn-
le mystérieux Roeser dont on ignore vérisme, drame sicilien concis (1h20), K 317 "Messe du couronnement"; Missa
presque tout dédie au prince Honoré supporte parfaitement la transposition taxe (cf.. Beethoven), ce n'est pas le Solemnis en do majeur, K 337; Requiem,
III ses 6 sonates opus 1. La notice discographique. Cette version du Sym- cas chez Mercadante. Tout se fait de KV 626; Kyrie en ré mineur, KV 341; Regina
coeli, KV 276; Vesperae de dominica, KV
cherche à nouveau des parrainages à phonique de Berlin sous la direction du façon sage, codée, académique et l'on
321; ave verum corpus, KV 618; Te Deum
cette musique qu’elle invite à "penser jeune chef Filippo Arlia est la bienvenue reste dans la fioriture, le développement laudamus, KV 141; Litaniae de venerabili
d’inspiration presque mozartienne". ; baguette sur le cœur dans le célébris- volubile par extension. La variation altaris sacramento, KV 243; Alma Dei crea-
Hélas… même en oubliant l’anachro- sime intermède central, Arlia tisse un reste la signature d'un compositeur toris, KV 277; Laudate Dominum, KV 339
nisme (Mozart ayant 6 ans), c’est aux tapis orchestral chaleureux pour des / G.F. Haendel/W.A. Mozart : Le Messie,
illustrant la tradition et non l' inven- oratorio en 3 parties pour solistes, chœur
moqueries de la "Plaisanterie musicale" solistes presque exclusivement italiens.
que ferait penser la naïveté des œuvres Le plateau est quasi parfait : superbe tion. C'est bien interprété, ça se laisse et orchestre /
(le Presto assai de la seconde, l’Andante soprano d’Alessandra di Giorgio dans la écouter. N'en demandez pas davantage. Donna Brown, soprano; Cornelia Kallisch, sopra-
no; Roberto Saccà, ténor; Alastair Miles, basse;
de la troisième). Furiosi Affetti joue le romance de Santuzza, on reste cepen- (Bertrand Abraham)
Barbara Schlick, soprano; Erika Schmidt-Valentin,
tout avec une technique indiscutable dant sur sa faim pour le ténor Piero Giu- alto; Clemens Bieber, ténor; Thomas Quasthoff,
mais sans âme (la comparaison de liacci qui, dans cet enregistrement en basse; Christiane Oelze, soprano; Ibolya Verebics,
leur vision ronronnante du concerto de studio, aurait pu ajouter un soupçon de soprano; Scot Weir, ténor; Oliver Widmer, basse;
Noël de Manfredini à celle, éloquente lumière supplémentaire à son Turiddu, Neill Stuart, ténor; Margot Guilleaume, soprano;
et animée, d’Onofri avec Il Giardino surtout dans la sicilienne d’ouverture… Margit Kobeck, contralto; Johannes Feyerabend,
Armonico est implacable). Avec certes Peut-être manque-t-il juste la scène ténor; Ewald Kaldeweier, basse; Brigitte Dürrler,
soprano; Julia Hamari, alto; Werner Krenn, ténor;
l’attrait des instruments anciens et de pour que cette Cavalleria soit superla-
Kunikazu Ohashu, basse; Christiane Oelze, sopra-
2 premières mondiales mais sans celui tive. (Florestan de Marucaverde) no; Barbara Hölzl, alto; Andreas Schulist, ténor;
d’intégrales, cette sélection devrait inté- Joachim Gebhardt, basse; Hans-Dieter Schöne,
resser surtout les mélomanes érudits orgue; Limburger Domsingknaben; Gürzenich
et/ou monégasques en quête d’insolite. Kammerorchester Köln; Klaus Knubben, direction;
(Olivier Eterradossi) Giacomo Meyerbeer (1791-1864) Dresden State Opera Chorus; Dresden Symphony
Chorus; Dresdner Singakademie; Staatskapelle
"Gli amori di Teolinda", cantate pastorale
Dresden; Sir Colin Davis, direction; Kölner Rund-
pour voix, clarinette, chœur d'hommes et funkchor; Kölner Rundfunk-Sinfonie-Orchester;
orchestre de chambre Günter Wand, direction; Münchener Bach-Chor;
Lenneke Ruiten, soprano; Davide Bandieri, Münchener Bach-Orchester; Karl Richter, direction;
clarinette; Chœur de l'Opéra de Lausanne; Jean- ; Münchner Motetten Chor; Residenz Orchester
München; Hans Rudolf Zöbeley, direction; Gächin-
Philippe Clerc, direction; Orchestre de chambre de
ger Kantorei Stuttgart; Bach-Collegium Stuttgart;
Saverio Mercadante (1795-1870) Lausanne; Diego Fasolis, direction Helmuth Rilling, direction
7 Variations pour flûte et trio à cordes CLA3010 • 1 CD Claves HC20048 • 6 CD Hänssler Classic
sur le thème "La ci darem la mano" de

Francesco Mancini (1672-1732)


Mozart; 6 Variations pour flûte et trio à
cordes sur un thème original; Thème et 7
Variations pour flûte et trio à cordes ; "Il
U n opéra ? Non. Une cantate. Les
amours malheureuses de Teolinda O n ne peut que souligner à nouveau
le côté dangereusement "pochette
surprise" de telles compilations : tant et
Douze sonates pour flûte et violon, Londres pour le berger Armidoro auront fourni
Sogno", pour soprano, flûte et piano; Duo tant de versions isolées sont disponibles
1724; Toccata pour clavecin n° 1 en la à Meyerbeer l’occasion d’un chapelet
n° 6 pour 2 flûtes; Adagio grandioso, pour
mineur; Toccata pour clavecin n° 2 en la
d’airs de pure virtuosité où une clari- ailleurs, et parmi elles tant de joyaux !
flûte et piano; "La Smania", pour flûte et
mineur Hännsler ré-exploite ici son catalogue :
piano; Andante cantabile, pour flûte et nette tout aussi disserte se marie à la
Armonia delle Sfere (instruments d'époque) piano; Andante arioso, pour flûte d'amour gare aux doublons avec d’autres cof-
[Daniele Salvatore, flûte à bec, flûte traversière; et piano; Trio en fa majeur pour flûte, flûte
voix – certains assurèrent à la création frets chez le même éditeur, et aux "faux-
Perikli Pite, viole de gambe, violoncelle; Silvia d'amour et violoncelle qu’elle figurait Armidoro lui-même, amis" (Rilling a par exemple enregistré
Rambaldi, clavecin; Pedro Alcacer Doria, théorbe,
Gian-Luca Petrucci, flûte, flûte d'amour; Alberto illusion, mais l’idée est belle et force plusieurs KV427). Avant ouverture, on
guitare baroque]
Martini, violon; Enrico Balboni, alto; Zoltan Szabo, le souffleur à créer un vrai personnage peut également être induit en erreur par
TC671390 • 2 CD Tactus violoncelle; Rosa Ricciotti, soprano; Paola Pisa, la mise en avant de C. Davis pour les
piano; Janos Balint, flûte; andreas Noack, flûte; qui interagit avec le chant de l’amou-
seules huit minutes de KV341 au détri-
Philip Körner, violoncelle reuse, ce que Davide Bandieri fait avec
ment de H.R. Zöbeley (Missa solemnis
BRIL96152 • 1 CD Brilliant Classics une virtuosité, et un sens de la carac- KV337) et surtout K. Knubben ("Credo-

C 'est comme compositeur lyrique térisation bluffant. Lenneke Ruiten ne Messe", Regina coeli, Ave verum, Te
que Mercadante connut la célé- craint pas les vocalises, mais son Deum laudamus, Alma Dei creatoris et
brité : soutenu par Rossini, par Bellini, soprano un peu pointu n’évoque pas Laudate Dominum, quand même !). Le
nommé directeur du conservatoire de assez les tourments de la belle, malgré contenu s’avère d’intérêt musical très
Naples, admiré par Liszt pour son art l’accompagnement suggestif que lui variable : on trouvera du vraiment bon
de l'orchestration, il composa plus de comme la Messe KV427 version Eder
dessine Diego Fasolis, les équilibres
60 opéras, et obtint d'énormes succès. par Rilling (dont la prise de son masque
Pietro Mascagni (1863-1945) Cependant, l'ascension de Verdi, contri- de la nouvelle version mettant l’accent hélas la finesse des détails), le drama-
Cavalleria rusticana, opéra en un acte bua au déclin progressif de sa renom- sur l’orchestre composé par touches tique Requiem version Süssmayr par
Alessandra Di Giorgio (Santuzza); Piero Giuliacci mée. À sa mort, la plupart de ses opéras comme l’aurait fait un peintre. On est Richter et ses merveilleuses solistes
(Turiddu); Irina Dolzhenko (Lucia); Domenico étaient sortis du répertoire. Sa "survie" assez loin du geste plus dramatique de féminines en 1961 (dans un incroyable
Balzani (Alfio); Giorgia Teodoro (Lola); Coro Lirica au XXe siècle tient au "tube" qu'est remastering), ou la vision animée que
Gerd Albrecht, mais voilà, il avait pour
Francesco Cilea di Reggio Calabria; Bruno Tirotta, devenu surtout grâce à J.-P. Rampal, Rilling donne du Messie version Mozart
direction; Berliner Symphoniker; Filippo Arlia, lui Julia Varady, et sortant de cette belle
son concerto pour flûte en mi mineur, (en allemand, avec vents ajoutés, trom-
direction proposition j’ai hâte de réentendre celle
alors que le reste de sa production pettes réduites et solistes au phrasé
BRIL96179 • 1 CD Brilliant Classics restait dans l'ombre. Les pièces instru- qui fut la première à révéler ce petit mozartien), mais aussi du quelconque.

C avalleria Rusticana est le trait de mentales interprétées ici conservent un bijoux resté trop longtemps ignoré. Le tout sonnant plutôt emphatique et
génie de Pietro Mascagni (1863- fort lien avec l'art lyrique : elles relèvent (Jean-Charles Hoffelé) "classique", un novice pourrait trouver

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Sélection ClicMag ! C onsacrant la redécouverte de l’œuvre


de Myslivecek, le Quatuor Doležal et
Supraphon nous concoctent opportu-
En témoigne d’emblée la délicatesse
du menuet du quintette n° 1. On com-
prend que le compositeur ait favorable-
nément, au prix de patientes recherches ment impressionné le jeune Mozart, ses
donnant lieu à des premières mon- quintettes n° 2 ou 3 n’étant pas sans
diales, ce délicieux récital associant, anticiper certains accents propres au
quasi en alternance, trois quatuors à prodige salzbourgeois. Mais c’est peut-
cordes et trois quintettes avec hautbois. être encore plus à Haydn que nous fait
Autant de réels petits bijoux. Difficile, songer le mouvement central des qua-
franchement, de bouder la suavité d’un tuors en Fa ou en Sol. On l’aura com- Sergei Rachmaninov (1873-1943)
tel programme, si fidèlement éclairé par pris, il importe sans tarder, avec ce cd Transcriptions pour piano de : Johann
des interprètes aussi dévoués qu’excel- et – espérons-le – au-delà, de redonner Sebastian Bach : Prélude, Gavotte et Rondo
Josef Myslivecek (1737-1781)
lents. D’autant que, au-delà du plaisir sa juste place à ce musicien qu’en outre de la Partita n° 3 en mi majeur pour violon
Quintettes pour hautbois n° 1 à 3; 2 Qua- premier de l’oreille, on est encore plus un passionnant livret en quatre langues, seul, BWV 1006 / Georges Bizet : Menuet,
tuors à cordes, op. 3 -Quatuor à cordes en durablement conquis par la maitrise dont le français, permet de mieux resi- extrait de la Suite n° 1 de "L'Arlésienne" /
sol majeur, op. posth. Fritz Kreisler : "Love's Sorrow"; "Love Joy"
tant mélodique qu’harmonique, la fi- tuer dans le contexte de son époque, lui
Michaela Hrabánková, hautbois; Doležal Quartet / Felix Mendelssohn Bartholdy : Scherzo,
nesse d’écriture de ce musicien tchèque restituant enfin son irréductible person- extrait de "songe d'une nuit d'été" / Modest
SU4289 • 1 CD Supraphon parti rechercher la célébrité en Italie. nalité. (Alain Monnier) Moussorgski : "Gopak", extrait de "La Foire
de Sorotchintsy" / Nikolai Rimski-Korsa-
kov : "Le vol du bourdon", extrait de "Les
la musique religieuse de Mozart bien endiablés, mais une sérénade Haffner ; fantaisies, suites et variations, coté contes du Tsar Saltan" / Franz Schubert :
peu mozartienne : ce serait dommage. incompréhensiblement lourde malgré clavecin. L'organiste italien réalise une "Where to ?", extrait de "La Belle Meu-
(Olivier Eterradossi) ses vents délicieusement présents. Au intégrale tout à fait passionnante, reflet nière" / Piotr Ilyitch Tchaikovski : Berceuse,
total : une belle occasion de découvrir de sa probité d'exécutant et de sa joie op. 16 n° 1 / Sergei Rahcmaninov : "Les
sans déconvenue majeure, dans un de partager, et qui ne va pas chercher Marguerites", op. 38 n° 3; "Lilas", op. 21
mélange d’enregistrements typés ou n° 5; Six pièces pour piano à 4 mains
midi à quatorze heures (cf la rigueur
plus confortablement "middle of the Ivan Shemchuk, piano
musicologique des austères volumes
road", ce versant ensoleillé de Mozart du label allemand CPO signés Schmitt, DUX1670 • 1 CD DUX

L
si on ne le connaît pas encore. Mais Belotti, David Christie par ailleurs tout a transcription a parfois un caractère
les mélomanes auront identifié ailleurs aussi recommandables). Ad Majorem gênant : elle renvoie notre oreille à
pléthore de joyaux discographiques. Dei Gloriam. (Jérôme Angouillant) l’original souvent plus intéressant que
(Olivier Eterradossi) sa lecture par un autre. Quand cet autre
est Rachmaninov, tout est différent : il
W. Amadeus Mozart (1756-1791) imprime sa patte en gardant l’esprit ori-
Concertos pour violon n° 1 à 5, KV 207, ginel. Sa proposition est plus enrichis-
211, 216, 218, 219; Rondo pour violon et sante que dérangeante. Ivan Shemchuk
orchestre en si bémol majeur, K 269/261a; est dans cet esprit, qui arrive à faire
Rondo pour violon et orchestre en do ma- réellement du Bach/Rachmaninov ou
jeur, K 373; Adagio pour violon et orchestre du Kreisler/Rachmaninov ou encore du
en mi majeur, K 261; Sinfonia Concertante
pour violon et alto en mi bémol majeur, K
Mendelssohn/Rachmaninov et ne nous
364; Concerto pour 2 violons en ut majeur, laisse jamais assis entre deux chaises :
K 190; Divertimento pour cordes n° 1 en ré Sergei Rachmaninov (1873-1943) chacune des pièces a le caractère de
majeur, K 136; Divertimento pour cordes n° Johann Pachelbel (1653-1706) chacun de ses auteurs. L’esprit et la
2 en si bémol majeur, K 137; Divertimento Poème Symphonique "L'île des morts", op.
Intégrale de l'œuvre pour clavier forme. Bach conserve la liberté dyna-
pour cordes n° 3 en fa majeur, K 138; 29; Symphonie n° 1 en ré mineur, op. 13
Simone Stella, clavecin, orgue mique de sa polyphonie, Kreisler son
Divertimento pour orchestre en ré majeur, London Philharmonic Orchestra; Vladimir
BRIL95623 • 13 CD Brilliant Classics Jurowski, direction apparente légèreté sur une harmonie
K 334; Sérénade pour orchestre n° 7 en ré
dense, Mendelssohn n’est pas écrasé
L
majeur, K 250 "Haffner" es amateurs d'intégrales en cof- LPO0111 • 1 CD LPO
Thorsten Rosenbuch, violon; Christian Trompler, par la difficulté technique, tandis que le

D
frets concoctés par le label Brillant epuis un certain "Chevalier ladre" à Gopak, d’une grande liberté de tempo,
violon; Klaus Gerbeth, hautbois; Karl-Heinz
Classics ne bouderont pas ce nouvel Glyndebourne, les affinités électives nous emmène voir une troupe de dan-
Schröter, violoncelle; Christine Schornsheim,
clavecin; Yuri Gandelsman, alto; Olga Nodel, vio- opus de l’œuvre d'orgue de Johann de Vladimir Jurowski avec l’orchestre seurs endiablés. Enfin Lullaby est la
lon; Kurpfälzisches Kammerorchester Mannheim; Pachelbel signé d'un interprète qui fit de Rachmaninov se sont imposées démonstration parfaite que Tchaikovsky
Florian Heyerick, direction; Kammerochester les beaux jours du label en enregistrant comme autant d’évidences. Personne comme Rachmaninov ne sont pas que
Carl Philipp Emanuel Bach; Hartmut Haenchen, de manière irréprochable Reincken, ne sera surpris par la tension mortifère
direction; Hungarian Chamber Orchestra; Kristof
les extravertis que l’on croit. Le piano
Buxtehude, Böhm, Froberger et surtout qu’il imprime à "L’île des Morts", retrou-
Barati, violon, direction; Amati Chamber Orchestra; de Shemchuk n’est jamais lourd, tou-
Walther, le plus délaissé de ce répertoire
Gil Sharon, violon, direction vant la quintessence visionnaire qu’y jours en délicatesse quelles que soient
exigeant et captivant. Comme souvent
BRIL96149 • 5 CD Brilliant Classics mettait Svetlanov, tout en usant d’un les difficultés techniques  : voici un
dans ces intégrales, le label regroupe
orchestre bien plus clair : l’équilibre premier disque qui révèle un véritable
É nième rhabillage d’une partie du
catalogue violon de Mozart chez Bril-
liant (1990 à 2015), voilà un panorama
toute l’œuvre pour clavier, ainsi Simone
Stella passe de l'orgue, l'unique ins-
trument Pinchi-Skrabl installé dans
du grand crescendo a quelque chose
de tristanesque. Mais le parallèle avec
caractère. On attend désormais le jeune
homme dans les majeures du réper-
Svetlanov est encore plus flagrant dans toire. (Jacques Saury)
en 5 disques qui ne manque pas d’at- les murs de la basilique Saint Georges
la Première Symphonie que tant aban-
traits mais qui pourra laisser partagé. de Ferrara, à un clavecin William Horn
d'après Ruckers. Formé à l'orgue aussi donnent. Ici il faut se montrer, prendre
Dans les concertos qui se taillent la part
du lion, on retrouve un Barati à la fois bien qu'au clavecin, Simone Stella joue la parole, cette musique a besoin d’être
exceptionnel et trop soucieux d’admirer des deux instruments avec une aisance aidée. Jurowski y dispense dès le Grave
son image : tempi et phrasés souvent à souveraine. En effet, l'organo pleno ne initial toute une poésie d’orchestre, cou-
la limite de la précipitation qui donnent souffre d'aucune lourdeur et Stella par- leurs cendrées, phrasés amers, jusque
à nombre de phrases une allure de ren- vient avec une appétence contagieuse à dans le scherzo fantasque de l’Allegro
gaine, abondance de digressions (orne- équilibrer phrasés et jeux. Au clavecin animato, rarement entendu aussi préci-
mentations mélodiques et rythmiques, il fait preuve d' une grand délicatesse sément rendu. Les charges avec trom-
doubles cordes qui ont fait son re- de toucher et du juste phrasé tout en pette du final pourront éclater, empor-
nom)... C’est en même temps très spec- respectant l'esprit de ces pièces d'une tant dans leurs salves les éclats et les Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
taculaire (enregistrement public oblige) diversité remarquable. Le programme abimes dont le jeune Rachmaninov Nouvelles Suites de Pièces de clavecin
et un peu superficiel. Ils sont complétés du coffret est d'ailleurs composé très avait osé faire sa Première Symphonie, (trans. pour guitare) / D. Scarlatti : Sonates
par une (très belle) concertante K364 intelligemment, ordonnant préludes ouvrant les portes d’un nouveau monde, pour clavier, K 118, 213, 380, 466, 491
scandée mais très poétiquement dialo- de chorals, chorals variés, fugues et celui qu’aurait pu trouver Tchaïkovski, (trans. pour guitare)
guée, un concertone badin juste comme toccatas et même d'archaïques magni- celui que n’avait pas su voir Glazounov. Finbarr Malafronte, guitare
il faut, des divertimenti salzbourgeois ficat et ricercars, par disques séparés (Jean-Charles Hoffelé) QTZ2136 • 1 CD Quartz

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Alphabétique

L e rapprochement entre la sonorité


du clavecin et celle de la guitare est
si naturel qu'il a donné lieu à de nom-
hymnes, séquences, repons, tropés et
motets) mais on est surtout captivé par
la simplicité et le naturel de l’interpré-
piano composée en 1896. Composées
pour grand orchestre solistes et chœur,
les cantates puisent à diverses sources
breuses transcriptions. Le jeune guita- tation. Sobriété dans l'expression des italiennes, françaises et germaniques
riste Finbarr Malafronte a ainsi pioché voix et florilège de timbres instrumen- et concilient efficacement luxuriance
dans les œuvres de Rameau et de taux solistes ou accompagnants (Harpe, instrumentale et foisonnement mélo-
Scarlatti pour composer le programme Vielle, flûtes). Peregrina fondé en 1977 dique. Si la ritournelle et le chœur de
de ce disque, son tout premier alors par la polonaise Agnieszka Budzinska- la Cantate de Noël réfère ouvertement
qu'il mène une remarquable carrière Bennett à Bâle est spécialisé dans le à la sinfonia italienne, les intermèdes
de concertiste international. Manifes- Gioacchino Rossini (1792-1868) répertoire médiéval scandinave situé instrumentaux évoquent Haydn. La
tement, Malafronte n'a que faire du Ouverture "Il Turco in Italia"; Ouverture entre la période de l’École de Notre- dimension opératique et l'esprit Sturm
renouveau baroque et des découvertes "L'equivoco stravagante"; Ouverture Dame et la Nova Cantica. Ce disque est und Drang de la Cantate de Pâques sont
"L'inganno felice"; Ouverture "La Scala une nouvelle et merveilleuse invitation à plus caractéristiques de l'oratorio ger-
des interprètes historiquement infor- di seta"; Ouverture "Il Signor Bruschino";
més. Point ici de trouvailles rythmiques l'écoute de ce répertoire original, subli- manique (Haydn mais aussi Carl Philipp
Ouverture "Tancredi"; Ouverture "L'italiana
ou d'ornementation, son jeu rectiligne in algeri"; Ouverture "Il barbiere di Sivi-
mée ici par une très belle prise de son. Emmanuel Bach) et de l'opéra français
mais non dénué de tendresse se situe- glia"; Ouverture "Sigismondo" (Jérôme Angouillant) (André Grétry). L'ensemble est inter-
rait plutôt dans la lignée du couple I Virtuosi Italiani; Marc Andreae, direction prété avec conviction par le Musica ad
Lagoya.- Presti qui en leur temps prati- CPO555385 • 1 CD CPO Rhenum dirigé par le flûtiste Jed Wentz.
(Jérôme Angouillant)
L
qua le répertoire baroque. En revanche, es Ouvertures de Rossini auront
il possède un sens aigü des nuances et fait flores au disque, les grands
des couleurs (Les Sauvages, l'Egyp- orchestres en magnifiant le matériau
tienne). Pâles tricotets, une Poule un inventif mais faisant oublier qu’elles
peu triste, les deux Menuets sont bien sont d’abord des levers de rideau. C’est
cadencés et les Triolets et l'Enharmo- ainsi que Marc Andrae et ses solistes
nique distillent une sourde mélancolie. italiens, petite formation qui pourrait
Si la folie et l'imaginaire des sonates de tenir dans les fosses modestes des
Scarlatti sont peu perceptibles sous les théâtres des provinces ultramontaines, Christian Friedrich Ruppe (1753-1826)
doigts du jeune guitariste (La polypho- les font entendre. Certains trouve- Cantates de Noël et de Pâques
nie étrangement laborieuse de la Sonate ront qu’on leur rogne un peu les ailes, Francine van der Heyden, soprano; Karin van der
en Mi), le tactus est en revanche par- point de grand son dans les tutti, mais Poel, mezzo-soprano; Otto Bouwknegt, ténor; Arnold Schoenberg (1874-1951)
le clairon du Turco in Italia, l’imagina- Mitchell Sanfler, basse; Ensemble Bouzignac; Pierrot lunaire, op. 21
faitement tenu, aussi bien dans la très Musica Ad Rhenum; Jed Wentz, direction
langoureuse sonate en ré mineur que tion délicieuse de La Scala di seta et Helga Pilarczyk, récitante; Maria Bergmann, piano;
ses transparences, les bizarreries d’Il BRIL96108 • 1 CD Brilliant Classics Jacques Castagner, flûte, piccolo; Guy Deplus, cla-
dans les sonates plus enlevées (K380,

S
Signor Bruschino, sont croquées avec 'il naquit sur le sol allemand en 1753, rinette; Louis Montaigne, basse clarinette; Luben
K118). Un très joli disque découverte. Yordanoff, violon; Serge Collot, alto; Jean Huchot,
esprit et si on n’a pas l’ivresse, on a bien le compositeur Christian Friedrich
(Jérôme Angouillant) violoncelle; Pierre Boulez, direction
des surprises. Pas assez pourtant pour, Ruppe mena l'essentiel de sa carrière
lorsque l’on passe au seria, pour donner en Hollande, principalement à Leyde où WER6778 • 1 CD Wergo

P
le change : Tancredi marque la limite il exerça en tant qu'ordinaris musikant. ierre Boulez reviendra encore deux
d’une telle entreprise, mais on goutera Pratiquant essentiellement la musique fois à Pierrot lunaire, avec Yvonne
le geste alerte et la musicalité heureuse d'église, il fondit en 1796 le chœur Minton chantant plus qu’elle ne parle,
de ce joli disque au long des huit autres mixte de l'orphelinat pour lequel il com- avec Christine Schäfer confrontée aux
ouvertures. (Jean-Charles Hoffelé) posa de nombreuses œuvres dont deux ambitus délicats comme aux styles
grandes Cantates de Noël et de Pâques mêlés et s’en débrouillant parfois sans
écrites entre 1796 et 1797 et qui consti- poésie. Vains efforts, il avait signé pour
tuent son legs le plus important avec sa Wergo en 1961 une première lecture
Grande Bataille de Waterloo, pièce pour d’emblée la bonne. Helga Pilarczyk
Giuseppe Rosetta (1901-1985)
Fantasia; Preludi per Gilardino; Canti della
pianura plus souvent cités que joués. C’est donc
Gian Luca Barbero, guitare Sélection ClicMag ! avec bonheur qu’on accueille l’annonce
d’une gravure intégrale de ses dix
BRIL96187 • 1 CD Brilliant Classics
quatuors à cordes ; le quatuor Rein-

G iuseppe Rosetta naquit en 1901


dans le Piémont et y passa la plus
grande partie de sa vie jusqu'à sa
Wizlaw von Rügen (?1265-1325)
Wizlaw von Rügen ( ?1265-1325) : Inté-
hold délaisse pour l’instant les trois de
l’opus 17 et débute son cycle par deux
du triple opus 47 (1856). On y trouve
grale des mélodies
mort en 1985. Organiste et également la qualité d’écriture, l’inspiration mélo-
Ensemble Peregrina; Agnieszka Budzinska-Bennett,
professeur, il fait partie de ces compo- dique puissante sinon toujours originale
direction
siteurs qui ne choisirent pas comme du compositeur dans ces deux pages
TACET261S • 1 SACD Tacet d’une demi-heure chacune, de coupe
but la reconnaissance internationale.
Imperméable aux exigences des modes
successives, Rosetta continua d'écrire A vec ce troisième opus, l'ensemble
Peregrina poursuit son exploration
du répertoire médiéval chrétien des
Anton Rubinstein (1829-1924)
strictement classique en quatre mouve-
ments, culminants dans de splendides
mouvements lents. Familiers des réper-
la musique qui lui semblait la sienne, Quatuor à cordes en mi mineur, op. 47, 1;
et cet ensemble de pièces pour guitare pays riverains de la Baltique (Finlande, Quatuor à cordes en ré mineur, op. 47, 3 toires inhabituels, les Reinhold dont
Danemark, Suède) fondée cette fois- Reinhold Quartett les membres sont issus du prestigieux
en est bel et bien le reflet. Introspective,
ci sur un recueil de manuscrits d'un CPO777709 • 1 CD CPO orchestre du Gewandhaus de Leipzig
spontanée, élégante, parfois mélanco-
certain Wizlav von Rügen littérateur rendent à ces pages savantes leur belle

P
lique, elle n'en est pas moins inventive, as assez russe pour ses compa-
dont on suppute qu'il vécut entre le architecture et leur ordonnance majes-
explorant modes de jeux et timbres triotes qui lui reprochaient son style
quatorzième et le quinzième siècle. Sur tueuse. De quoi faire mentir les propos
spécifiques de manière très marquée. l'ensemble des chants enregistrés ici, trop germanique, mais pas non plus amers du compositeur : "Les Russes
Le guitariste Gian Luca Barbero a pris nombre d'entre eux sont des prières à assez authentiquement allemand pour me qualifient d'Allemand, les Alle-
le soin de rendre parfaitement cette di- Marie, d'autres réfèrent à la tradition rivaliser avec Schumann ou Brahms, mands de Russe, les juifs de chrétien et
mension, qui se révèle comme l'expres- des Minnesang ou des Tagelied, (équi- Anton Rubinstein, pianiste virtuose, les chrétiens de juif. Les pianistes me
sion de la culture d’organiste du com- valent germanique de l'Amour courtois) chef d’orchestre et compositeur proli- considèrent comme un compositeur,
positeur, dont la science des registres qui ont pour sujet l'amoureux-euse bien fique est peu à peu tombé dans l’oubli. les compositeurs comme un pianiste,
semble se transposer ici sur l'instru- souvent éconduit-e. Comme dans les Son puissant 4° concerto pour piano les classiques comme un moderne,
ment à seulement 6 cordes certes, mais précédents volumes, on découvre avec est désormais délaissé par les grands les modernes comme un réactionnaire.
aux sonorités très variées et encore à bonheur un large éventail de formes virtuoses même russes et son opéra le Ma conclusion est que je ne suis qu'un
explorer. (Jérôme Leclair) musicales (rondellus, conductus, démon ou sa symphonie l’océan sont pitoyable individu". (Richard Wander)

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maîtrise l’art du sprechgesang, met- ses opéras eurent un grand succès tout à celui qui opéra le mieux la synthèse
tant juste ce qu’il faut de vocalité dans au long du XIXe siècle. Il est cependant Sélection ClicMag ! entre les deux styles : Heinrich Schütz
le récitatif, et son allemand tour à tour devenu rare au concert et au disque. et précisément son recueil intitulé
évocateur ou tranchant colle à l’étrange- Aussi est-ce un plaisir de découvrir ces Geistliche Chor-Music 1648 année
té des poèmes d’Albert Giraud. Boulez pièces pour piano, clarinette et voix, for- cruciale qui signe la fin de la guerre
conduit son ensemble avec une fluidité mation rare et originale. Après l’intéres- de trente ans. Le recueil s'inspire d'ail-
qu’il ne retrouvera plus par la suite et la sant Andante avec Variations introduc- leurs d'hymnes et de textes bibliques
prise de son précise saisit les timbres tif, le point fort de cet enregistrement dont le Verleih uns Frieden genädiglich
épicés des instrumentistes français est sans aucun doute les six Deutsche qui pourrait servir de plaidoyer pour la
avec réalisme, car l’enregistrement fut Lieder op. 103. Hormis le délicieux n°4 paix. L'ensemble est décrit par Schütz
réalisé à Paris. A vrais dire je n’ai jamais où la clarinette se contente de répondre comme un exemple de compositions en
trouvé d’équivalent au naturel que à la voix et le piano d’accompagner, les contrepoint in stile antico à la manière
dégage cette version. Sans hystérie, trois instruments sont traités à égalité Heinrich Schütz (1585-1672) d'Andréa Gabrieli, il y insère d'ailleurs
sans la tentation du cabaret, toujours et dialoguent constamment, se parta- Geistliche Chor-Musik, SWV 369-397 l'arrangement d'un motet de ce dernier.
d’abord musique, l’enregistrement doit geant les lignes mélodiques simples Ensemble Polyharmonique [Magdalene Harer,
L'interprétation "historiquement infor-
beaucoup à sa pianiste, Maria Berg- tantôt dramatiques tantôt plus légères soprano; Joowon Chung, soprano; Alexander mée" des six chanteurs qui composent
mann. Née en 1918, disparue en 2000, ; Joanna Klisowska excelle dans l’exer- Schneider, alto; Johannes Gaubitz, ténor; Sören l'Ensemble Polyharmonique se carac-
elle mena une carrière discrète en Alle- cice, restituant de sa voix claire au Richter, ténor; Matthias Lutze, basse]; Juliane térise surtout par un équilibre sonore
magne, affiliée au Südwestfunk pour timbre élégant et chaleureux, le texte Laake, violone en sol; Klaus Eichhorn, orgue parfait (Clarté de chaque tessiture) et
lequel elle enregistra des kilomètres de de manière très distincte, plaisir trop l'absence de tout maniérisme dans l'ex-
RK3903 • 1 CD Raumklang
musique. Pianiste de radio était alors rare de tout comprendre : on sent l’air pression du texte au profit des nuances
un métier qui vous exposait à tous les
répertoires, et Bergman était une redou-
de cour pointer sous le lied allemand.
L’entente entre elle et son comparse
A près des incursions dans le réper-
toire allemand (Hammerschmith,
Tobias Michaël, Künstel) et italien
dynamiques et rhétoriques. La prise de
son légèrement réverbérée renforçant
table lectrice à vue. On lui mettait sur Rocco Parisi est parfaite et l’on sent une cet aspect lumineux, pailleté et vibrant.
(Cavalli, Grandi), l'ensemble Polyhar- Une belle réussite discographique.
le pupitre une œuvre dont l’encre n’était réelle jubilation commune quand arrive
pas encore sèche, elle en offrait sur le le bucolique et charmant Wach auf final. monique consacre son dernier album (Jérôme Angouillant)
champ une interprétation plausible. (Jacques Saury)
Ces facilités auraient put être dange- notes extrêmes ou d’intonation difficile,
reuses, la condamner à la superficialité sans tempi sportifs, sans chromatisme,
d’autant que son toucher classique était
et libre aux plus aguerris de hausser la
assez lisse, très beau comme on peut
l’entendre ici. Mais l’artiste veillait tou- difficulté en usant de leur science de
jours, inventive, lyrique mais précise, l’ornementation. Il promet ainsi du plai-
poétique mais sans jamais perdre le tac- sir aux exécutants avant tout, au risque
tus de l’œuvre. Cette gravure historique d’un peu de monotonie pour l’audi-
du Pierrot lunaire lui doit beaucoup, il
teur. Pour éviter cet écueil, nos trois
fallait le rappeler. (Jean-Charles Hoffelé) Vladimir Tsitovich (1931-2012)
interprètes ont trouvé la parade : en
Georg Philipp Telemann (1681-1767)
V. Tsitovich : Symphonie n° 2 pour
usant de 4 flûtes aux qualités sonores orchestre de chambre / S.M. Slonimsky :
Partitas n° 1-6; Sonate pour violoncelle et
bc, TWV 41 : D6 convenant plus spécifiquement à l’une Symphonies n° 8 et 9
Manuel Staropoli, flûte à bec, flûte baroque; Gioele ou l’autre suite, en les accompagnant Leningrad Philharmonic Orchestra; Timur Myn-
Gusberti, violoncelle; Manuel Tomadin, clavecin, baev, direction; Lithuanian Chamber Orchestra;
d’un clavecin ici ou d’un positif là, ils Saulius Sondeckis, direction
orgue
proposent pour chaque œuvre un chan- NFPMA99138 • 1 CD Northern Flowers
BRIL95517 • 1 CD Brilliant Classics
gement d’ambiance sonore qui "réveille"

L a seule fausse note qu’on pourra


trouver dans ce disque n’est pas mu-
les oreilles extérieures. C’est remarqua-
blement bien fait tant techniquement
M usicologue et compositeur, Tsi-
tovich termine sa Seconde Sym-
phonie de chambre en 1974. Atonale,
sicale : quelle curieuse idée d’avoir illus-
Louis Spohr (1784-1859) tré par une vue de Dresde ces œuvres que musicalement tout en respectant multipliant les rythmes enchevêtrés
Andante et Variations, op. 34; 6 lieder éditées à Francfort puis Hambourg ! l’esprit "facile", et magnifié par une prise (Tsitovich fut un spécialiste de l’œuvre
allemands, op. 103; Thème et variations Telemann le businessman décrit lui- de Bela Bartok), la partition en un seul
de son dans l’ensemble très naturelle.
sur Alruna; Potpourri, op. 80
même ses 6 partitas coupées comme long mouvement multiplie les digres-
Joanna Klisowska, soprano; Rocco Parisi, clari- Joli geste final : pour faire bon poids sions, les effets d’espaces scandés. Le
des suites françaises : conçues de pré-
nette; Francesco Bissanti, piano (70 minutes) ils ajoutent une sonate grotesque, si ancré dans la musique
férence pour le hautbois mais balayant
BRIL95638 • 1 CD Brilliant Classics pour violoncelle et clavecin qui permet russe du 20e siècle, prend ici toute sa
large (flûte traversière, ou violon, voire
force. Elle ne manque pas de souffle, les
S pohr fut une autorité musicale de son clavecin), visant les instrumentistes aux deux continuistes de briller seuls :
effets de bruissements, de percussions
temps. Ses concertos pour violon et amateurs à la technique moyenne, sans la classe ! (Olivier Eterradossi)
combinées sont d’une grande habileté.
Musicien de la dissidence, puis célébré

C onséquente première mondiale : en indépendantes, là des parfums paysans par le régime soviétique, Slonimsky
Sélection ClicMag ! ces temps plutôt moroses, merci d’Europe septentrionale tranchent sur laisse une vaste production influencée
à CPO et surtout à l’Ensemble Klinge- l’italianité, là encore une fugue se délite par l’école sérielle dans les années 60
kunst d’avoir ressuscité la musique de complètement avant de se ressaisir puis rattrapée par les grandes formes
ce mystérieux M. C. Schultze. Si on ne au tout dernier moment, des oiseaux de ballets et d’opéras populaires. La
sait rien de lui, sinon qu’il fut "de Berlin" envahissent un mouvement lent, une Symphonie pour trompette, cordes et
et donc peut-être apparenté à Johann viole de gambe se déchaîne soudaine- cloches date de 1985. Elle est égale-
Christoph, ses six symphonies à quatre ment en un seul mouvement. L’œuvre
ment dans un feu d’artifice technique…
devraient désormais lui assurer une est narrative, descriptive presque, repo-
le tout savamment emballé dans une
place justifiée dans les programmes de sant sur des chants orthodoxes. Elle
allégresse et une superficialité feintes
concerts. Car si l’allusion à Vivaldi ne fait s’achève comme l’hymne conclusif de
tout à fait "Louis XV" que l’Ensemble la Deuxième Symphonie d’Honegger !
aucun doute, l’inventivité de Schultze
Martin Christian Schultze (18e siècle-) laisse sans voix et qu’il s’agisse d’har- Klingekunst met merveilleusement en En deux mouvements, mais cette fois-
monie ("pitch" de l’opus), de mélodie, valeur. Alors, si le matin la grisaille ou ci pour grand orchestre, la Symphonie
Sinfonias de chambre n° 1-6
de rythme, d’exigence technique, on va les annonces gouvernementales de la n° 9 de 1987 évoquerait le matériau de
Ensemble Klingekunst [Sieglinde Grössinger, flûte
traversière; Dimitris Karakantas, violon baroque; de surprise en surprise (partitions sur veille vous plombent le moral, posez la Symphonie n° 10 de Chostakovitch.
Christoph Urbanetz, viole de gambe; Katarzyna gallica.fr). Ici les voix plongent les unes ce disque frivole et remarquable sur Pour autant, le matériau sonore se dé-
Cichon, violoncelle baroque; Maja Mijatovic, sous les autres pour ressurgir ailleurs votre lecteur : dès la première phrase, compose progressivement, les thèmes
clavecin] de manière imprévue, les instruments sourire assuré et grand bol d’air frais ! folkloriques alternant avec les chants
CPO555225 • 1 CD CPO vivant des aventures (en apparence) (Olivier Eterradossi) sacrés. Le second mouvement est un

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Alphabétique / Récitals
scherzo d’une veine postromantique Alina Ibragimova, violon; Cédric Tiberghien, piano une lecture enflammée qui prend place
mais sans les audaces de Chostakovitch. Sélection ClicMag ! CDA68204 • 1 CD Hyperion parmi les premières d’une discographie
(Jean Dandrésy) particulièrement fournie. Mais pour
M agnifique et très généreux pro-
gramme de musique franco-belge
pour violon et piano. Le poème élé-
Vierne, auteur d’une autre sonate dé-
diée à Ysaÿe, la concurrence est moins
nombreuse et cette version s’impose
giaque d’Ysaÿe est un petit chef d’œuvre sans discussion comme la plus belle de
qui ouvre la voie à celui, plus connu, toutes celles enregistrées et réhabilite
de Chausson. Certes la version pour cette grande page au lyrisme sombre et
orchestre sonne avec plus de richesse tourmenté comme toutes les œuvres de
mais celle avec piano met encore mieux l’organiste de Notre-Dame. Le très bref
en valeur l’écriture du grand virtuose, et dépouillé Nocturne de Lili Boulanger
Louis Vierne (1870-1937) compositeur de génie et qui suscita tant apporte une dernière note plus calme
E. Ysaÿe : Poème élégiaque, op. 12 / C. de chefs d’œuvre. Au premier rang de et apaisée après Vierne et clôt ce pano-
Reflecting Beethoven ceux-ci on trouve évidemment la su-
Franck : Sonate pour violon en la majeur / rama aux couleurs variées splendide-
Ludwig van Beethoven : Sonate pour piano blime sonate de Franck dont Alina Ibra- ment défendu par un duo d’exception.
L. Vierne : Sonate pour violon, op. 23 / L.
n° 8 en do mineur, op. 13 "Pathétique";
Sonate pour piano n° 16 en sol majeur,
Boulanger : Nocturne gimova et Cédric Tiberghien donnent (Richard Wander)
op. 31 n° 1; Sonate pour piano n° 17 en
ré mineur, op. 31 n° 2 "La Tempête"/ Mike
Garson : Pathétique Variations / Henri
œuvres. La violence expressive de sa sauf quelconque avec ses parfums de
Pousseur : Coups de dès en échos / Lean- musique, est étonnante. C’est à la fois le Belle Époque et comme une annonce de
der Ruprecht : Sonate en ré mineur mélange de la rudesse d’une percussion la fin du monde qui se profilait alors :
Herbert Schuch, piano brutale et presque “primitive” qui sur- s’y côtoient les allemands Brandt et
AVI8553016 • 1 CD AVI Music git de son concerto. D’une facture plus Böhme (habitués des programmes
postromantique, le Poème Concerto de de concours) et les français Bizet et
L e pianiste Herbert Schuch, avec
son Reflecting Beethoven propose
une mise en miroir de l’inconnu, ou
Yevlakhov tire davantage son écriture
vers Prokofiev alors qu’il fut étudiant
Damaré auxquels s’ajoute l’américain
Bellstedt. Musiques "sérieuse" (les Kon-
dans la classe de Chostakovitch. L’écri- zertstücke du premier), "exotique" (la
presque, avec l’illustre. Habillage mali- Leningrad Concertos ture est diablement virtuose et drama- danse russe du second), opéra (Car-
cieux d‘un programme autour de trois tique, scandée avec un orchestre divisé men) ou danses et mélodies populaires
Galina Ustvolskaya : Concerto pour piano,
piliers des sonates du géant qui permet en nombreux groupes. Les deux parti-
cordes et timpani / Orest Alexandrovich (la polka et la célébrissime chanson
de vérifier comme Beethoven inspire tions d’Uspensky, également élève de
Yevlakhov : Concerto-Poème pour violon napolitaine des deux derniers) toujours
toujours, en témoigne l’évidence de et orchestre symphonique / Vladislav Chostakovitch, sont plus audacieuses. courtes (l’instrument est exigeant phy-
rapprochement avec les Pathétique Uspensky : Musique pour violon et L’impact sonore, le jeu comme improvi- siquement) : tous les emplois du cornet
variations de Mike Garson mais aussi orchestre de chambre; Musique pour sé, la théâtralité même du violon soliste à l’époque sont évoqués avec malice et
des virevoltants coups de dés en écho cordes, percussions, voix, harpe et piano
interpelle dans la Musique pour violon brio par deux musiciens à l’aise qui se
d’Henri Pousseur. Coup de dés qui nous / Grigoriy Korchmar : Concerto-Dyptique
pour alto, percussions, célesta et harpe et orchestre de chambre. Elégiaque, régalent. Aspect anecdotique : Vaughan
fait passer de l’opus 13 (31 supo’l à) à exprimant une douleur et une tension
[Notturno; Perpetuum mobile] Schlepp joue un vénérable et bien son-
l’opus 31 par un simple tirage inversé. quasi-cinématographique, la Musique
Leningrad Chamber Orchestra; Leningrad Philhar- nant Erard de 1846 qui semble avoir
Une interprétation de la simplicité, qui pour cordes surprend par sa gravité
monic Orchestra; Yuri Serebryakov, direction; Arvid été étrenné par Sigismund Thalberg.
ne cherche que la limpidité de son texte Jansons, direction; Alexander Dmitriev, direction assez proche du modèle de Chostako- Un vrai bonbon à savourer pour se
et l’évidence des idées qu’il renferme, vitch. En deux mouvements, le Dytique
NFPMA99139 • 1 CD Northern Flowers détendre, et qui rappellera en prime aux
jusqu’au son du piano sans artifice, de Korchmar évoque les ombres du rite cinéphiles le sourire de Tara Fitzgerald
sans basses exacerbées ni aigus syn-
thétiques. Bien loin d’un interprète qui L es archives de St. Petersburg re-
gorgent de bandes étonnantes. Elles
reflètent la diversité de la musique
orthodoxe dans la Russie encore com-
muniste. L’écriture très épurée est por-
dans "Brassed Off" de Mark Herman.
(Olivier Eterradossi)
se contemplerait dans son cérébral tée par le chant de l’alto puis la vélocité
reflet, Schuch fait jaillir sa joie de ce contemporaine tolérée dans les années
du finale déferle avec une rage libérée.
répertoire inépuisable qu’il parsème de soixante-dix et quatre-vingt. Des quatre
De loin, l’œuvre la plus moderne de
détours auprès d‘œuvres fulgurantes compositeurs, on retient aujourd’hui le
cette édition. (Jean Dandrésy)
qui auraient presque tiré un sourire à nom de Galina Ustvolskaya. Obsédée
la dureté légendaire du visage du géant, par la mort, la compositrice n’accepta
surtout avec cet explosif final du jeune aucune commande bien qu’ayant vécu
Leander Ruprecht, plein de délicieuses une partie de sa vie dans un grand dé-
évocations. (Jérôme Leclair) nuement et ayant détruit nombre de ses

de la Congrégation de l'Oratoire de Next horizon


Sélection ClicMag ! Saint Philip Neri située à Gostyn entre le
Martin Hybler : Best Beat Vivaldi;
dix huitième et le dix-neuvième siècle. Kickdown, op. 47 / Johann Sebastian
Le monastère abritait alors des musi- Bach : Erbame Dich, mein Gott; Air / Ennio
ciens, instrumentistes et compositeurs, Musique pour cornet Morricone : Romanza Quartiere; Gabriel's
dont ce Joseph Zeidler qui, autodidacte, Willi Brandt : Pièce de concert n° 1, op. Oboe / Joseph Haydn : Concerto en ré /
s'est formé au métier en fréquentant 11; Pièce de concert n° 2, op. 12 / Oskar Astor Piazzolla : Oblivion; Libertango /
assidûment la riche bibliothèque de Böhme : Liebeslied, op. 22 n° 2; Danse Zdenek Merta : Bluesy / Jimmy Page :
l'institution. Le style de Zeidler est tout russe, op. 32 / Georges Bizet : Fantaisie Kashmir / Miroslav Žbirka : The Ballad of
Carmen / Reynaldo Hahn : A Chloris / Field Birds
à fait représentatif de la période Clas-
Eugène Damaré : Pandora, op. 108 / Vilem Veverka, hautbois; Ultimate W Band [Pavel
sique. et doit beaucoup à la musique
Herman Bellstedt : Napoli Sporcl, violon; Martin Hybler, piano; Zdenek Merta,
sacrée de Mozart et à ses satellites (Mi- piano]
Joseph Zeidler (1744-1806) Frank Anepool, cornet; Vaughan Schlepp, piano
chaël Haydn en particulier). Nonobstant
(piano Erard, 1846) SU4286 • 1 CD Supraphon
Vêpres : Domine; Dixit; Confitebor; Laudate cette influence prégnante, la musique

N
pueri; Laetatus sum; Nisi Dominus; de Zeidler, le "Mozart polonais" (Marek GLO5276 • 1 CD Globe otre surcharge pondérale gardant le

E sens de la mesure, nous sommes


Laudate Dominum; Gloria Patri; Amen; Dyzewski)) s'avère d'une très belle fac- n tirage limité à mille exemplaires,
Magnificat; Et exutavit; Deposuit; Gloria; ture et s'écoute sans jamais lasser. Cet voilà un joli petit objet musical pour trop vieux jeu pour courir à chaque
Amen fois vraiment ventre à terre après toute
album de Vêpres (Nieszpory) qui vient égayer nos actuels voyages immo-
Polski Chor Kameralny; Jan Lukaszewski, direc- biles ! Dû aux deux interprètes, un livret cette nouvelle génération classique
compléter une Messe précédemment
tion; Sinfonietta Cracovia; Michal Klauza, direction
enregistrée par Jerzy Maksimiuk offre la astucieux et érudit replace dans son croyant devoir verser, au prétexte cultu-
DUX1575 • 1 CD DUX même qualité d'interprétation, d'excel- contexte socio-politico-économique ro-populiste d'élargir son public, dans

L a série Musica Sacromontana du la-


bel Dux est consacrée aux musiques
qui ont pu être jouées dans la Basilique
lents solistes, un orchestre et un chœur
tout aussi remarquables. Un très beau
disque. (Jérôme Angouillant)
l’histoire du cornet, petit frère du cor
de postillon à qui il a poussé des pis-
tons. Quant au programme, il est tout
le streaming du transgenre musical
mondialisé, subdivision melting-pot
routier pour mange-disque autoradio

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Récitals
/ Biagio Marini : Sonate seconda d'inven- d’un parfait équilibre. Les œuvres, des pour deux contre-ténors (la tessiture de
Sélection ClicMag ! tione per il violino suites de danses, nous remémorent au- Purcell), deux flûtes à bec et continuo,
Mayumi Hirasaki, violon; Christoph Urbanetz, viole delà de la scordature, combien le stylus de même que toutes les pièces de ce
de gambe; Johannes Loescher, violone; Michael fantasticus cher aux poètes musiciens magnifique enregistrement. Y alternent
Freimuth, luth, théorbe, guitare baroque; Lorenzo
de l’Europe baroque, laisse de libertés les duos et les solos, Blow et Purcell.
Ghielmi, clavecin
aux interprètes - écoutez les improvisa- Les flûtes à bec (de différentes tessi-
PAS1080 • 1 CD Passacaille tions d’une bienveillante tendresse don- tures selon les œuvres), sont associées

L a scordatura, est à la fin du XVIIème


siècle l’art de désaccorder pour
mieux accorder. Pour le violon, le maître
nées par des continuïstes jamais dans
l’ostentation mais qui accompagnent,
ou plutôt ornent avec raffinement, un
au monde de l'au-delà, et se marient
harmonieusement avec les voix chaudes
et veloutées des deux superbes jeunes
oublie les quintes et aligne les cordes en violon où rien ne dépasse ; tout est contre-ténors britanniques de l'en-
tierces, unissons ou octaves, l’instru- ciselé avec finesse, rien n’est vulgaire, semble, qui subliment les célèbres "O
L'Arte della scordatura ment passe de mélodique à harmonique même dans les mouvements de danses solitude" et "Elégies pour les funérailles
Heinrich Ignaz Franz von Biber : Sonate et s’en voit profondément métamorpho- populaires d’une pastorale de Tartini. de la Reine Marie". Le continuo à l'orgue
n° 6 en do mineur, C 143 / Johann Joseph sé pour le meilleur ! L’autrichien Biber Mayumi Hirasaki et ses compagnons positif et à la basse de viole assure une
Vilsmayr : Partita pour violon n° 5 en sol (1644-1704) en fut le fer de lance avec transcendent l’art de la scordatura pour assise ronde et sereine aux chanteurs,
mineur / Carlo Ambrogio Lonati : Sonate
ses sonates du rosaire. Ici la violoniste une classe de maîtres qui, si on oublie ou aux flûtes seules, comme dans la
pour violon n° & en sol majeur; Ballet
pour violon seul en sol mineur / Pietro japonaise Mayumi Hirasaki, "concert- quelques défauts regrettables de mon- Chaconne de Dioclétien. Le maître Ro-
Castrucci : Sonate n° 12 en la mineur / master" du Concerto Köln, dévoile un tage, font de ce disque un véritable dia- bert King affirme encore une fois sa su-
Giuseppe Tartini : Pastorale en la majeur programme d’une sublime élégance et mant. (Florestan de Marucaverde) prême maîtrise à la tête de son Consort.
(Jean-Michel Babin-Goasdoué)

(sans garantie anti-vigilance). Nous ne Aaron Copland : Fanfare for the Common Henry Purcell : Hark how the songsters;
donnerons donc que tchèque en gris Man; Emblems / John Corigliano : Gazebo In vain the am'rous flute; O solitude; Cha-
à ce hautboïste praguois, déjà entendu Dances for Band / Charles Ives : Marche conne extrait de "Dioclesian"; Sound the
"Omega Lambda Chi" / George Gershwin : trumpet; Since the toils and the hazards;
dans Telemann, Zelenka, Bach, Vivaldi,
Rhapsody in Blue Sing, sing, ye druids; Incassum Lesbia; O
Ravel et Debussy. Instrumentalement, dive custos Auriciae domus / John Blow :
Marine Band of the Royal Netherlands Navy; Major
il s'est frotté aux grands aînés Maurice Arjan Tien, direction Ah heav'n, what is't I hear ?; Paratum cor
Bourgue et Heinz Holliger, et surtout à meum; No, Lesbia no, you ask in vain; An
CCS42920 • 1 CD Channel Classics
Jean-Louis Capezzali qui l'a ouvert à Ode on the Death of Mr Henry Purcell
la musique contemporaine. Il a même
suscité un concerto du jeune composi- L es amateurs de ce type de répertoire
associant musique américaine clas-
sique et orchestre d’harmonie passe-
Iestyn Davies, contreténor; James Hall, contreté-
nor; The King's Consort; Robert King, direction
Weinacht
teur Martin Hybler, qui l'accompagne ici VIVAT118 • 1 CD Vivat Music
au piano sur une plage, comme le fait ront un bon moment à l'écoute de cet Anonyme : Gaudete ! / Orlando de Lassus :
sur un autre morceau le spécialiste en
musique de films Zdenek Merta. Troi-
album ! Un siècle de compositions y
est représenté. L'inévitable Rhapsody in L a mort subite de Purcell le 21 No-
vembre 1695, à l'âge de 36 ans, pro-
voqua une consternation stupéfiée en
Christe redemptor omnium, In festo
Nativitatis Christi hymnus; Resonet in
laudibus / Anonyme : Veni, veni, Emanuel /
sième larron soliste, le violoniste Pavel Blue (1924) clôture le programme dans
Angleterre, et notamment au sein de la Anonyme : Maria durch ein’ Dornwald ging
Sporci, qui s'est perfectionné auprès la version exécutée lors de la première
communauté musicale. Différents hom- / Gustav Holst : In the Bleak Mid-Winter /
d'Itzhak Perlman, a enregistré des par l'orchestre de jazz de Paul Withe- Cornelius Freundt : Gaude, gaude laetare
concertos (Tchaikovsky, Dvorak, Korn- man. Elle a la particularité d'employer mages musicaux lui furent rendus par
& Freu dich, Sion, und jubilier / Paul
gold, Strauss), a fondé un orchestre de un piano mécanique reprenant le rou- ses collègues (dont un par son propre Eber : Helft mir Gott’s Güte preisen / Arthur
musique gipsy, mais devrait se méfier leau réalisé par George Gershwin lui- frère Daniel, et un autre de Godfrey Sullivan : Upon the Snow-Clad Earth / Ano-
des poncifs gonflants et ronflants de même. Ainsi, c'est une part de l'inter- Finger, tous deux perdus), l'œuvre la nyme : The Sussex Carol / Anonyme : Puer
sa promo officielle : se joue des codes prétation du pianiste-compositeur que plus connue étant l'ode de John Blow natus in Bethlehem / Michael Praetorius :
enregistrée ici. Blow, chanteur et élève à Es ist ein Ros entsprungen / Anonyme :
musicaux (rimbaldien  !), réalise les l'on peut entendre dans cet enregistre-
la Chapelle Royale en même temps que The Coventry Carol / Anonyme : Joseph,
meilleures ventes (quel étalon d'excel- ment. Cela en fait une version inhabi- liber neve myn / Johannes Eccard : 16 Ich
lence !), violoniste au violon bleu (ça tuelle et y ajoute un intérêt historique. Purcell, sous la férule de Henry Cooke steh’ an deiner Krippen hier / Carl Neuner :
change tout), talent qui naît une fois Pour les autres œuvres de l'album se puis de Pelham Humphrey, noua avec Schlaf wohl, du Himmelsknabe du / Ano-
par siècle (sic, mais nous sommes bien succèdent des grands noms de la mu- lui une chaude amitié qui apparaît dans nyme : Nuevas, nuevas; Al del hato; Dezí,
le chroniqueur du millénaire). Subsé- sique des États-Unis. On y apprécie la la ferveur de son ode, instrumentée flor rresplandeçiente / Juan del Encina :
quemment, une fois déposée la platée fraîcheur des rythmes inspirés par les
de nerfs de notre agacement, la mu- danses et musiques afro-américaines
et l’arménien Alexander Arutiunian
sique ? Quelque supplément d'ameu-
blement peu nécessaire et peu caracté-
et européennes. On y entend aussi
de motivants rythmes de marche ou
Sélection ClicMag ! (1920-2012), compositeurs officiels de
encore de gracieux hymnes religieux. l’URSS, content avec leur personnalité,
risé, de ce Vivaldi revu pâlotement par
On est autant séduit par les caractères sur un air un peu contraint, ce que la
le fantôme de Gershwin, jusqu'à ces
Bach ou Haydn précisément assez inu- bucoliques rendus par la finesse des dictature du prolétariat et le réalisme
tiles de n'être pas assez modernement orchestrations aux sonorités boisées et socialiste stalinien imposèrent à la
revisités. Pour le reste, ça piazzolle et ça chaleureusement cuivrées que par l'es- musique occidentale ; le roman musical
morriconise par la porte ouverte d'une prit majestueux et la beauté qui se dé- d’une grande Russie, inspiré de Rach-
oreille à l'autre, on ne sait pour quel gagent de certaines œuvres. Grandeur, maninov, Prokofiev ou Khatchatourian,
public exactement, aussi vrai que notre force, aspects folkloriques, mélodies dans deux concertos pour trompette
présente conclusion conclut : tautologi- accrocheuses et orchestrations tant devenus des classiques du répertoire.
quement aimable pour ceux qui aiment vives que chaleureuses font leur effet. Même époque – 1953 – de l’autre
Concertos pour trompette
ça. (Gilles-Daniel Percet) L'interprétation du Marine Band Of The côté du mur. Dans la mouvance post-
Alexander Arutiunian : Concerto pour
Royal Netherlands Navy est excellente, impressionniste, au-delà de Debussy
trompette et orchestre en la bémol majeur
aussi bien raffinée que flamboyante. / Valdimir Peskin : Concerto pour trompette ou de Ravel, Alfred Desenclos (1912-
(Laurent Mineau) et orchestre n° 1 en do mineur / Alfred 1971) propose son "Incantation, Thrène
Desenclos : Incantation, Thrène et Danse et Danse" : quelle merveille ! Selina Ott
pour trompette et orchestre porte cette œuvre avec ferveur. Elle fond
Selina Ott, trompette; ORF Vienna Radio Symphony le timbre d’une trompette luxuriante
Orchestra; Roberto Paternostro, direction de beauté à l’orchestre de la radio de
C200091 • 1 CD Orfeo Vienne qui, sous la baguette de Roberto

L a jeune trompettiste Selina Ott nous Paternostro, irise de couleurs cha-


plonge avec surprise dans un univers toyantes. Desenclos nous mènent dans
Musique militaire pour la Marine que les moins de vingt ans ne peuvent un orient de rêve qui rejoint, en cela,
Stephen Melillo : A Sending / Robert Rus- pas connaître. Tout d’abord le post-ro- nos frères soviétiques, et la jeune autri-
sell Bennett : Suite of Old American Dances mantisme soviétique des années 50 où chienne fait tomber le mur. Respect !
/ Samuel Barber : Commando March / Duos pour contreténors le russe Vladimir Peskin (1906-1971) (Florestan de Marucaverde)

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Récitals
autour de Noël, agrémenté de quelques Dominik Wörner, basse-baryton; Kirchheimer
Sélection ClicMag ! œuvres originales. Si l'originalité voire Düben Consort; Jörg-Andreas Bötticher, orgue,
la singularité des arrangements chorals direction
constituent l'intérêt principal du disque,
PAS1081 • 1 CD Passacaille
la qualité vocale et le rendu sonore
frappent d'emblée l'auditeur. "A perfect
blend of sound, precision, lightness
and wit" peut-on lire dans la notice,
L e maître de chapelle de la cour sué-
doise Gustav Düben (1628-1690) a
réuni une collection musicale extraor-
vantant cet équilibre et cette cohésion dinairement vaste de plus de 2300
mais aussi cette joie qui unit nos cinq
œuvres, dont la qualité et l'importance
Exaltatio. Carols de Noël
chanteurs, qualités que l'on peut retrou- Jaroslav Krcek : Intermezzo I; Legenda
ver à la dégustation d'un Whisky d'âge pour la postérité sont immensément
a narozeni Pane; Intermezzo II; Legenda
White Christmas mûr. L'ensemble connaît et maîtrise ce précieuses, et qui témoignent de o Marii; Intermezzo III / Carols de Noël
Chants de Noël choisis répertoire à la perfection et peut s'au- manière éloquente de la riche culture d'Europe : Es Kind geboren ist; Als ich bei
toriser parfois quelques fantaisies et meinen Schafen wacht; Nöel nouvelet;
Calmus Ensemble musicale européenne de la seconde
digressions. En témoignent le Bach éva- Deck the Halls; Es ist ein Ros' entsprungen;
CAR83511 • 1 CD Carus moitié du XVIIe siècle. Dominik Wörner Una Pandereta suena; Bud'me vsecti po-
nescent entre vapotage et chantilly, les

L e Calmus Ensemble, groupe vocal (baryton-basse) et le Kirchheimer Dü- teseni; Jezus malusienski / Carols de Noël
deux chansons populaires françaises baroques : Buh se nyní narodil; Veselým
fondé à Leipzig comprenant cinq Les anges dans nos campagnes et Entre benConsort qu'il a fondé se consacrent hlasem zpívejme; Rok nový zase k nám
chanteurs, basses ténor contre-ténor le Boeuf, chantées à l'oblique, le White dans le présent enregistrement à 12 prišel; Rosu dejte, ó, nebesa; Sláva bud,
et une soprano, est un habitué des pro- Christmas d'Irving Berlin tout sauf siru- pokoj na nebi / Carols de Noël du 19ème
pièces de la célèbre collection Düben
grammes thématiques soigneusement peux ou le Stille Nacht de Franz Xaver siècle : Prolomte se nebesa; Dite se nam
élaborés (Bacarkadenn Madrigals of et documentent de manière exemplaire narodilo / Carols de Noël traditionnels de
Gruber austère comme une pierre de
Madness, LutherCollage chez Carus) qui tombe. Il se montre tout aussi respec- l'énorme polyvalence de cette collection Bohème et de Moravie : Poslyšte, krestané;
frôlent parfois le cross-over (Touched) unique, qui n'a été découverte que par Dej Buh štestí; Usnula, usnula, ja, Maria
tueux des subtilités harmoniques des
v ráji; Krásná Panna; Máte-li co, poneste;
sans jamais céder au mauvais goût et pages de Reger (Schlaf mein Kindelein) hasard au XIXe siècle. Dix compositeurs Zvestování Panna Marii; Pochválen bud
dénaturer la pureté du chant. Un équi- et de Gade (Barn Jesus i en krybbe là) différents, de Schütz (son Nunc dimittis Ježíš Kristus; Štedrej vecer nastal; Den
valent germanique des King's singers. ou des schèmes contrapuntiques de preslavný jest k nám prišel
peut être entendu dans un arrangement
Après plusieurs volumes consacrés à Fischer, de Mendelssohn et de Bach. Dagmar Pecková, mezzo-soprano; Vincenc Ignac
la période de l'avent, voici un nouvel de Gustav Düben) à Capricornus et Pal-
Une réussite qui vient compléter une Novotny, ténor; Musica Bohemica; Jaroslav Krcek,
album qui propose un large éventail collection d'exception. Viva Calmus ! lavicino - dont deux auteurs anonymes direction
d'arrangements de chants traditionnels (Jérôme Angouillant) - couvrent un arc chronologique sur SU4285 • 1 CD Supraphon

S
80 ans d'histoire de la musique euro- i la période de Noël voit souvent
Gran gasajo siento yo / Mateo Flecha : La péenne mouvementée, de 1640 à 1720. des parutions discographiques de
Negrina / Erhard Mauersberger : Weihnacht Six pièces instrumentales sont combi- circonstance, ne dérogeant que peu
/ Franz Xaver Gruber : Stille Nacht nées à six pièces vocales pour former à la banalité, cet enregistrement pré-
sente indiscutablement l’intérêt de son
Ensemble Amarcord un programme aux multiples facettes,
originalité. On y trouve en effet, à côté
RKAP10119 • 1 CD Raumklang dont la plupart ont été enregistrées de cantiques européens plus célèbres,
pour la première fois sur ce CD. Sous
V oilà un bel album qui prélude avec des Noëls traditionnels tchèques de
un peu d'avance aux prochaine fêtes la direction de Jörg-Andreas Bötticher, l’époque baroque à nos jours dont les
de Noël et dont l'intérêt principal est de l'ensemble, qui se compose de spécia- textes ne sont cependant fournis qu’en
Nunc Dimittis listes de haut niveau de la scène de la langue originale. Le tout est élégam-
comporter un programme éclectique.
ment orchestré par Jaroslav Krcek, qui
Son titre Gaudete désigne en latin le David Pohle : Sonate à 5 / Kaspar Förster : musique ancienne, parvient à produire
dirige ici (un peu trop sagement ?) le
troisième dimanche de l'Avent et signi- Jesu dulcis memoria / Crato Bütner : des interprétations inspirantes dans Musica Bohemica et nous propose
Canzon à 3 en sol majeur / Samuel Capri-
fie "Réjouissez vous" car le temps de l'instrumentation de consort, alors en outre l’une de ses compositions,
cornus : Salvum me fac; Gaudens gaudebo
Noël approche. Après un flamboyant / Anonyme : Sonate à 5 en sol majeur / très répandue, de 2 violons, 2 violes laquelle ne dépare aucunement dans
Gaudete ! a cappella sur fond électro- Johann Nicolai : Sonate à 2 en ré mineur; de gambe, violon, théorbe, dulciane et l’ensemble. Mais, si cette parution fait
Sonate à 2 en sol majeur / Johann Krieger : orgue. Dominik Wörner se présente ici suite à une première publication dans
acoustique, sorte d'incipit musical,
Dominus illuminatio mea / Sebastian Knüp- laquelle il avait déjà été fait appel à
l'album brasse un large éventail de une fois de plus en pleine forme avec ce
fer : Suite en ré mineur / Heinrich Schütz : Dagmar Pecková, la prestation de la
chants de Noël parfois arrangés et de Herr, nun lässest du deinen Diener / Carlo trésor de répertoire très enrichissant de mezzo, dont la voix trahit à l’évidence
pages chorales signées Lassus, Praeto- Pallavicino : Laetatus sum manière extrêmement habile ! (Editeur) la fatigue, est hélas loin de constituer
rius, Encina et Flecha (Dont on retrouve
l'impavide force déclamatoire), Holst, Dargomïzhsky : Svad'ba; Fantaziya / C. registrement intégral du catalogue de
Arthur Sullivan ou Erhard Mauersber- Sélection ClicMag ! Loewe : Seit ich ihn gesehen; Ich kann's
nicht fassen; Helft mir, ihr Schwestern; An
cette exceptionnelle musicienne. Avis
ger, ainsi que deux arrangeurs/compo- aux maisons de disques. Trois mélodies
meinem Herzen; Der verliebte Maikäfer;
siteurs contemporains Robert Pohlers Der Kuckuck und die Nachtigall seulement ici, assez pour apprécier la
(né en 1945) et Philip Lawson (né en Angelika Kirchschlager, mezzo-soprano; John profondeur de cette musique qui ouvre
1957) qui signent deux remarquables Mark Ainsley, ténor; Soraya Mafi, soprano; Lorna des abîmes qu’explorera Schumann.
adaptations de Noël populaires. Si les Anderson, soprano; Alexey Gusev, basse-baryton; Soraya Mafi en livre une interprétation
Malcolm Martineau, piano toute en demi-teintes. Felix est brillant,
pages de Holst ou Sullivan souffrent
VIVAT116 • 1 CD Vivat Music certes, mais n’est que cela. Quel plaisir
d'un certain académisme, ce beau d’y entendre Angelika Kirschlager. Le
florilège européen et parfois régional
(Sussex et Coventry Carols) est défen-
L e XIXème siècle fut celui de la mé-
lodie. L’ambition de la collection
Decades : en donner un panorama dans
temps semble ne pas avoir prise sur
cette voix à la séduction immédiate et
A Century of songs, vol. 3
du avec la ferveur et la jubilation qui toute sa diversité, à raison d’un disque conduite avec une technique infaillible.
F. Mendelssohn-Hensel : Die Mainacht;
conviennent par les cinq voix mascu- par décennie, maître d’œuvre : Malcolm On admire sa mezza-voce (le premier
Warum sind denn die Rosen so blass;
lines de l'ensemble Amarcord (dont un Wanderlied / F. Lachner : Das Fischer- Martineau. Le troisième volume couvre Frühlingslied) et l’art de donner son
contre-ténor). On s'attardera volontiers mädchen; Die Bergstimme; Ihr Bildnis / la période 1830 – 1840, de la mort de juste poids à chaque mot. On la retrouve
F. Mendelssohn Bartholdy : Frühlingslied, Schubert à la floraison du Lied schu- dans des extraits de l’Amour et la Vie
sur le roboratif Puer Natus in Bethle- op. 34 n° 3; Frühlingslied, op. 47 n° 3; Das mannien. Entre ces deux monuments, d’une Femme… du très germanique
hem assorti de guimbarde et percus- Waldschloss; Il Pagenlied / G. Meyerbeer :
Carl Loewe. Signalons entre autres
La fille de l'air; la folle de St. Joseph / A.
la production fut particulièrement four-
sions et la polyphonie légère et soyeuse nie, à commencer par les Mendelssohn. merveilles émaillant ce disque : Je crois
Alyabyev : Chto poyosh'; Krasa-devitsa;
d'un Cornelius Freundt (15ème siècle). Y a vizhu obraz tvoy / A. E. Varlamov : Dans cette famille, le génie musical en vous de Berlioz. Un album magni-
(Jérôme Angouillant) More / H. Berlioz : Je crois en vous / A. s’appelle… Fanny. Je milite pour l’en- fique. (Olivier Gutierrez)

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Récitals
Griet De Geyter, soprano; Leo van Doeselaar, pénitentiel d’un Telemann qui intensifie Saëns, Fauré, Mendelssohn, Schumann,
Sélection ClicMag ! orgue; Ensemble Il Gardellino l’usage rhétorique des figuralismes ; Tchaikovski... / CD 3; Les enregistrements
HMV, 1936-1945 : Œuvres de Boccherini,
PAS1040 • 1 CD Passacaille enfin le "Mein Herze schwimmt in Blut"
Haydn, Elgar...

A h, si tous les programmes étaient de Bach confine à l’opéra avec sa suc-


Pablo Casals, violoncelle; London Symphony
aussi bien agencés que celui-ci ! cession de récitatifs hyper-expressifs et Orchestra; Landon Ronald, direction; BBC Sym-
Dans une tonalité générale qui aurait d’arias da capo très développés. Seule phony Orchestra; Adrian Boult, direction
pu lasser par son uniformité ("stille la thérapie du choral met fin à l’affliction LAB5059 • 5 CD Biddulph
au profit d’une conclusion dansante,
C
Klagen"), éditeur et musiciens réa- e coffret est destiné aux collection-
lisent un petit miracle : impossible de apaisée et confiante. Les qualités litté- neurs désireux de disposer, au-delà
s’échapper de cette heure de musique ralement oratoires (diction, articulation, même d'une intégrale, de la moindre
tant la progression des cantates entre- phrasé) du chant de Griet de Geyter note de musique qui, émise par le prodi-
Cantates sacrées coupées de musique instrumentale est donnent vie aux émotions même aux gieux violoncelliste, fut captée par l'in-
calculée avec précision. L’introduction limites du silence, et il gardellino réus- dustrie phonographique de la première
Dietrich Buxtehude : Sonate pour violon,
viole de gambe et BC en la mineur, BuxWV de "O dulcis Jesu" de Buxtehude semble sit un accompagnement d’une très moitié du XXe siècle. Pas d'œuvre com-
254; Cantate "O dulcis Jesu", pour soprano, émaner de la sonate BuxWV254 avant grande finesse. L’orgue est au diapa- plète pour violoncelle ici, sauf le concer-
2 violons et continuo, BuxWV 83 / Johann que la voix n’entre dans un mode qui son, si l’on peut dire, et Jean-Daniel to d' Elgar et le Kol Nidrei de Bruch,
Sebastian Bach : Fantaisie "Super Jesu, rappelle le haut Moyen-Âge, pour Noir signe une prise de son fouillée qui mais une foultitude de courtes pièces,
meine Freude", BWV 713; "Jesu, meine relevant de plusieurs catégories : courts
adopter ensuite la forme du madrigal capture avec précision l’acoustique de
Freude", BWV 1105; Cantate "Mein Herze
italien ; l’attaque brusque du "Jesu, l’église de Hilversum : le résultat est extraits d'œuvres célèbres du réper-
schwimmt im blut", BWV 199 / Georg Phi-
lipp Telemann : Cantate "Ach Herr, strafe meine Freude" BWV1105 répond à la un remarquable moment de musique. toire de l'instrument, pages non moins
mich nicht", TWV 7 : 2 fin abrupte du "Herr, strafe mich nicht" (Olivier Eterradossi) célèbres transcrites pour lui, nombreux
"arrangements", morceaux que le maître
donnait en "bis" dans ses concerts…
un atout pour ce cd. Dommage, car ce
répertoire, notamment les airs enjoués
de Bohème et de Moravie, si chers au
de Schubert, d’une danse hongroise
de Brahms… Cet album présente ainsi
des perles captées lors de la période
M usicienne franco-brésilienne, Mag-
da Tagliaferro fut l’une des grandes
représentantes de l’école française du
La même page nous est proposée 2, 3,
voire 4 fois : on compte 3 "Cygnes" de
Saint-Saëns, 2 séries d'extraits de la 3e
cœur du toujours juvénile Janánek, mé- américaine du violoniste – gravures piano. Acclamée par Albéniz, soutenue suite de Bach, 2 "Après un rêve" de Fau-
ritent vraiment d’être savourés. Ce qui, acoustiques de Brunswick – puis les par Cortot, jouant avec Fauré et le qua- ré, 2 fois la "mélodie en Fa" de Rubins-
compte tenu du contexte invoqué de la enregistrements électriques réalisés en tuor Caplet, invitée par les plus grands tein et la transcription d'un nocturne de
Nativité et de l’élévation ambitionnée, Europe pour la Columbia. On est frappé chefs d’orchestre, dont Igor Markevitch, Chopin, 2 "Abendstern" du Tannhaüser
ne devrait se faire qu’au prix d‘une plus par l’intensité du jeu, la liberté de l’into- Wilhelm Furtwängler, Ernest Ansermet de Wagner, 2 adaptations du Largo de
grande fraicheur. (Alain Monnier) nation et du phrasé. Huberman n’aimait et Pierre Monteux, elle fut aussi l’une Xerxes de Haendel et du "rêve d'amour"
pas particulièrement le studio et laissa des grandes enseignantes du Conser- de Liszt, etc. On suit la carrière de Ca-
un témoignage d’autant plus précieux à vatoire de Paris. Magda Tagliaferro fut sals, mais plutôt par le petit bout de la
la postérité. Le transfert des bandes est la dédicataire du Concerto de Reynaldo lorgnette, au fil de "miettes". On pourra
particulièrement respectueux des cou- Hahn et de partitions de Villa-Lobos, toujours se mettre, de façon quelque
leurs des interprètes, comme toujours entre autres. Le Concerto de Hahn nous peu maniaque à comparer les interpré-
chez Biddulph. (Jean Dandrésy) est restitué sous la direction du compo- tations sans en conclure grand-chose.
siteur (1937) et le même chef accom- L'intérêt de cette anthologie est plutôt
pagne la soliste dans le Concerto n°26 d'ordre commémoratif, mémoriel, émo-
de Mozart. La Ballade de Fauré est of- tionnel. (Bertrand Abraham)
ferte sous la baguette de Piero Coppola.
Ces bandes magnifiquement préservées
Bronislaw Huberman
mettent en valeur la finesse et la subti-
L. van Beethoven : Sonate pour violon n°
lité d’un toucher tout en délié. Le réper-
9 "Kreutzer" / J.S. Bach : Nun komm der
Heiden Heiland; Air sur la corde de sol /
toire français et espagnol est superbe :
F. Schubert : Moment musical n° 3; Ave tant de pièces de Fauré, de Debussy, les
Maria / J. Brahms : Danse hongroise n° 1 touches à peine appuyées, mais aussi
/ P.I. Tchaikovski : Mélodie en mi bémol Magda Tagliaferro Chopin, Granados, Mompou, aux côtés
majeur / M. Bruch : Kol Nidrei / E. Elgar : de la musique allemande, avec Mozart,
La Capricieuse / P. de Sarasate : Romance Gabriel Fauré : Ballade en ré majeur, op.
19; Impromptu n° 2 en fa mineur; Impromp-
Mendelssohn et Schumann. Cela repré-
andalouse / A. Zarzycki : Mazurka / G. sente l’alliage le plus indicatif de cette
Bizet/P. de Sarasate : Fantaisie "Carmen" tu n° 3 en la bémol majeur; Sonate pour Amar-Hindemith Quartet
violon n° 1 en la majeur, op. 13; Andante, école tendue vers la nuance, la clarté et
Bronislaw Huberman, violon; Ignacy Friedman, W.A. Mozart : Quatuors à cordes n° 15, 16,
op. 75 / Claude Debussy : Extrait de "Pour l’élégance. Le chant n’y est jamais sur- 21, 23 / L. van Beethoven : Duo pour alto et
piano
le piano" [Prélude; Sarabande; Toccata]; joué, comme si les sentiments devaient violoncelle, WoO 32; Quatuor à cordes n°
LAB1025 • 1 CD Biddulph Jardins sous la pluie / Federico Mompou : être suggérés avec des traits délicate- 11 / A. Dvorák : Quatuor à cordes n° 12 / G.

" Moitié tzigane, moitié saint" est la belle La rue, le guitariste et le vieux cheval;
ment ciselés et si précis à la fois. Autant Verdi : Quatuor à cordes en mi mineur / M.
Jeunes filles au jardin / Wolfgang Amadeus
formule choisie pour caractériser, Mozart : Concerto pour piano n° 26, K 537; de précieux témoignages de 1928 à Reger : Trio à cordes n° 1 / P. Hindemith :
dans le livret, la personnalité du violo- 1938 avec l’exception plus proche de Trio à cordes n° 1; Quatuor à cordes n° 4
Sonate pour piano en la majeur, K 331 /
niste. Il est vrai que la Sonate "à Kreut- (2 versions); Die Serenaden / B. Bartók :
Enrique Granados : Rondalla Aragonesa / nous (1954), du Concerto l’Egyptien de
Quatuor à cordes n° 2 / E. Krenek : Quatuor
zer" qui ouvre l’enregistrement associe Isaac Albéniz : Seguidillas; Sevilla / Fré- Saint-Saëns sous la baguette de Jean à cordes n° 3 / I. Stravinski : Concertino
un extraordinaire art du chant avec le déric Chopin : Impromptu n° 1 en la bémol Fournet. (Jean Dandrésy) pour quatuor à cordes
jeu comme improvisé d’Ignacy Fried- majeur, op. 29; Valse n° 5 en la bémol
majeur, op. 42; Fantaisie-Impromptu en do Amar-Hindemith Quartet [Licco Amar, violon; Wal-
man. Un régal ! Né en 1882 en Pologne, ter Caspar, violon; Paul Hindemith, alto; Maurits
dièse mineur, op. 66 / Carl Maria von We-
le violoniste étudia à Paris puis en Alle- ber : Rondo brillante en mi bémol majeur, Frank, violoncelle]; Amar Trio [Walter Caspar,
magne, joua devant Brahms qui s’en- op. 62 / Felix Mendelssohn Bartholdy : violon; Paul Hindemith, alto; Rudolf Hindemith,
thousiasma pour le talent de l’enfant. Kinderstücke, op. 72/4; Etude n° 2 en fa violoncelle]; Hindemith Duo [Paul Hindemith, alto;
Rudolf Hindemith, violoncelle]
Huberman meurt en 1947 et on mesure majeur, op. 104b/2 / Robert Schumann :
ainsi la prodigieuse vie de cet artiste Carnaval de Vienne, op. 26; Romance en fa PACD96070/2 • 3 CD Parnassus

C
qui forma un trio avec Friedman et dièse majeur, op. 28/2 / Reynaldo Hahn :
hapeau l'altiste ! Hindemith com-
Concerto pour piano en mi majeur; Sona-
Casals. Fondateur de l’Orchestre sym- mit bellement pour son instrument
tine en do majeur; Romance en la majeur /
phonique de Palestine (futur Orchestre Camille Saint-Saëns : Concerto pour piano solo quatre sonates, mais commença
philharmonique d’Israël), il acheva n° 5 en fa majeur, op. 103 Pablo Casals violoniste. Amar prénom Licco, donc
sa carrière aux Etats-Unis. En dehors Magda Tagliaferro, piano; Orchestre du Gra- ne pas en faire tout un cirque comme
CD 1; Les enregistrements Victor, 1926-
de la Sonate de Beethoven, les pièces mophone; Piero Coppola, direction; Pasdeloup 1928 : Œuvres de Bach, Chopin, Wagner, dans y'en a marre : contestant l'autorité
réunies dépassent rarement les cinq Orchestra; Reynaldo Hahn, direction; Orchestre Granados, Sgambati... / CD 2 à 4; Les de son aîné Paul, son dissemblable, son
minutes. Ce sont des arrangements Lamoureux; Jean Fournet, direction Masters Columbia, 1915-1925 : Œuvres de frère, le puîné Rudolf, violoncelliste,
d’un air de Bach, d’un Moment musical APR7312 • 3 CD APR Elgar, Rubinstein, Popper, Haendel, Saint- bouda la formation, puis revint de chez

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DVD et Blu-ray
sa mère au boudin maman, pardon au retrouverait pas son géniteur obèse (on van Beethoven : Concerto pour violon et
bout d'un moment. Amar sans rapport barit ?). Et pourtant... car voici, malgré orchestre en ré majeur, op. 61 / Antonio
avec l'agaçante homonymie d'un qua- ses défauts, du musicalement captivant. Vivaldi : Les Quatre Saisons
tuor beaucoup plus récent (itou les DVD de zone 0 (donc compatible avec Anne-Sophie Mutter, violon; Berliner Philharmoni-
Vlach...). Et une anthologie (Paul y dort) notre zone 2 européenne), réunissant
ker; Herbert von Karajan, direction
ratissant enfin large : on n'avait encore des concerts télé en vieux format 4 :
reporté en CD que Bartok-Beethoven- 3, très basse définition d'image, son CM755304 • 1 BLU-RAY C Major
Mozart (Arbiter), Hindemith (Koch) ou pourtant impeccable. Au Japon, puis en
Stravinsky (Dreyer-Gaido). Les prises
sont parfaitement sourcées (mais
URSS (décor kitsch, avec vétéran mul-
ti-pendeloqué patriote dans la salle).
P arvenu dans son grand âge Herbert
von Karajan se passionna pour les
Franz Schubert (1797-1828)
d'éternelles méticulosités éplucheront jeunes interprètes, développant avec
On est mi-années 80 et pour le reste, Symphonie n° 7 en si mineur, D 759 "Ina-
sûrement le crime contre l'humanité de aucun livret dans l'étui. Les œuvres ne Evegeni Kissin et plus encore avec
chevée"; Rondo pour piano en la majeur,
quelques erreurs) et le report excellen- sont même pas plagées partie par par- Anne-Sophie Mutter des affinités élec- D 951 / Piotr Ilyitch Tchaikovski : Concerto
tissime (les Mozart, pourtant enregis- tie. Mais quel maître, grand échalas à tives qui abolissaient les frontières pour piano et orchestre n° 1 en si bémol
trés par un procédé électrique qui déçut mâchoire carrée, fidèle à Yamaha (qu'il majeur, op. 23
entre les générations. Leurs disques
assez vite face à l'acoustique). Alors fut le premier à promouvoir, dans un Martha Argerich, piano; West-Eastern Divan
trop de retriturage, siffleront de pré- scepticisme général), grosses lunettes communs sont restés célèbres, mais
Orchestra; Daniel Barenboim, direction
cieux dégoûtés croquant en flocons du sur sa partition papier. Avec éternel- les voir échanger apporte un tout autre
CM802008 • 1 DVD C Major
78 tours bien nasillant d'époque au pe- lement ce parti-pris presque coquet éclairage, les mettant plus encore à pa-
tit-déjeuner, brandissant leur tromblon (Debussy) de nous prendre une suite CM802104 • 1 BLU-RAY C Major
rité et montrant même Karajan suivant

L
au premier mot atrocement satanique cohérente de pièces pour piano puisque e meilleur de Barenboim chef d’or-
de remasterisation. Quant aux inter- sa soliste, rappelant qu’il fit toujours
d'un même opus, mais d'en sauter une chestre aujourd’hui ? Lorsqu’il dirige
prètes, c'est de l'avant-gardisme pour ou deux (il nous avait souvent fait le ainsi, pour Clara Haskil, Geza Anda ou son West-Eastern Divan Orchestra.
ces années 20, précis, nerveux, un peu coup aussi dans Schumann). Mais cela Sviatoslav Richter, pianistes comme Soudain, devant ces jeunes musiciens,
sec (moderne, mais alors tendance les demeure magique (pendant plus d'une il l’était lui aussi, mais fut-il si atten- son gout du pathos et ses tempos
Emerson), d'une exceptionnelle homo- heure et demie), et tout le tremblement
tif aux volontés de Christian Ferras ? pachydermiques disparaissent pour
généité (n'écoutons que les autres, moi sur l'échelle de Richter, y compris avec
Sans doute la pureté d’intonation et le laisser place à un élan renouvelé. La
ils s'en chargent). Beethoven rigoureux, ce Haydn qui nous comble. Pour la pre-
Bartok idéalement fantomatique et éma- style impeccable d’Anne-Sophie Mutter Symphonie inachevée de Schubert en
mière sonate cependant, son finale est
cié (la toute première gravure du 2ème sort grandie, portée par l’électricité
un peu didactique, empesé, professoral, entraient-ils en correspondance parfaite
quatuor ?), Verdi admirablement subtil voire scolaire (le maître aux gnomes ?) : d’une soirée qu’on sent singulière non
avec l’esthétique qu’il avait mise au
et délié... mais Hindemith (auteur de il néglige que c'est un presto. Il l'avait, seulement pour les mélomanes du Fest-
sept quatuors) ? Un prolixe ayant beau- point dans ses dernières années, mais pielhaus, mais aussi pour l’orchestre
d'ailleurs, déjà multi-enregistrée, exac-
coup cherché son style, de l'expres- tement pareil (nous avons revérifié). il ajoute incontestablement un feu dans lui-même. C’est que Martha Argerich
sionnisme provocateur (licconoclaste) Soit du grand art, oui, mais au fil du les phrasés qui surprend Karajan et lui aura infusé à tous son énergie et sa mu-
au néoclassicisme (tel un Stravinsky). temps un art profondément réfléchi. décoche quelques expressions admira- sicalité évidente, emportant d’un seul
Comme persiflait un malin, musique Manquant d'un petit soupçon de lais- geste un Premier Concerto de Tchaï-
tives, il savoure ce qu’il entend. Au som-
guère colorée dont m'attriste le peintre. ser-aller, d'un zeste citronné de fantai- kovski étonnant de rythmes dans les
Défraîchie un peu justement à la Krenek sie ? (Gilles-Daniel Percet) met leur Concerto de Beethoven, d’une
deux mouvements extrêmes et d’une
ou Reger ? Un génie encore mal aimé, ardeur toute classique, mais même hors
poésie bouleversante dans l’Andante
inversement s'offusque une patience style le Concerto en mi majeur de Bach, semplice dont le Prestissimo sonne tel
eschatologique de groupies. Double re- où les tableaux des Saisons de Vivaldi
gret pour finir, pas de Haydn (on aurait un caprice. Merveille. En bis, Baren-
été curieux), et seulement le finale de les montrent dans une communion boim quitte l’estrade et s’assoit au coté
l'Américain de Dvorak (on reste donc aussi éblouissante qu’émouvante. L’édi- de Martha pour le Rondo en la majeur
sur sa fin). (Gilles-Daniel Percet) teur a eu la bonne idée de laisser après de Schubert. Impossible de ne pas
le Concerto de Bach le Magnificat qui remarquer comme le niveau pianistique
du premier est devenu très en deçà de
figurait aussi au programme du concert
celui de la seconde, il le fut toujours au
du 31 décembre 1984, et qui vaut d’être
Johann Sebastian Bach (1685-1750) demeurant, mais Martha Argerich, qui
entendu autant pour Karajan que pour prend la main, guide Daniel Barenboim
Johann Sebastian Bach : Concerto pour vio-
lon, cordes et continuo n° 2 en mi majeur, les solistes, notamment Helga Müller jusqu’au cœur des secrets de Schubert.
BWV 1042; Magnificat, BWV 243 / Ludwig Molinari. (Jean-Charles Hoffelé) (Jean-Charles Hoffelé)

de bastille. D’autres propositions ont bruit, gagnant ainsi en liberté, ce qui


Sviatoslav Richter Sélection ClicMag ! suivi, toutes pertinentes et parfois lui permet pour le bal des effets sur-
Joseph Haydn : Sonate pour piano en ré
absolument renversantes comme celle prenants jusque dans cette party des
majeur, L 39, H.XVI : 24; Sonate pour piano de Stefan Herheim pour la Monnaie de années cinquante comme échappée de
en si mineur, L 52, H.XVI : 32 / Claude Bruxelles, iconoclaste à souhait. Pour la gentry londonienne. Spectacle aussi
Debussy : Préludes, Livre I; "Reflets dans Glyndebourne, Melly Still réinvestit exemplaire que troublant, innervé par
l'eau", extrait de "Images, Livre I"; "L'Isle pleinement la dimension du conte, en une direction d’acteur virtuose dont la
joyeuse" soignant l’onirisme : sa mise en scène caméra inspirée de François Roussil-
Sviatoslav Richter, piano dans les bleus nocturnes où se mêlent lon ne perd pas une miette. Distribu-
PDVD1209 • 1 DVD Parnassus les univers des deux côtés de l’eau tion parfaite, Sally Matthews donnant

'Je ne pourrai plus sortir de cette prouve par sa fluidité et ses subtilités à sa nymphe une troublante humanité
forêt...''. Et même de cette jungle qu’elle a saisi tous les enjeux d’une qui s’incarne dans l’étoffe profonde de
Antonín Dvorák (1841-1904) œuvre qu’elle connait sur le bout des sa voix de grand caractère, Prince hé-
inextricable, doublonnante ou triplante,
Rusalka, opéra en 3 actes doigts : voici dix ans elle en proposait roïque (de timbre et de physique) selon
véridiquement ou faussement sourcée,
Matthews; Roslavets; Bardon; Evan Leroy Johnson; déjà une première réalisation, cette fois Evan Leroy Johnson et qui laisse voir
éditorialement bâclée, parfois de qualité
The Glyndebourne Chorus; London Philharmonic
sonore impossible, énièmement réédi- elle aura décidé de passer au-delà des derrière la passion ses fêlures, Jezibaba
Orchestra; Robin Ticciati; Melly Still
tée ou menteusement inédite, depuis archétypes des personnages, dévoilant grand teint de Patricia Bardon, et quel
OA1302D • 1 DVD Opus Arte la dimension humaine de chacun et pas Vodnik terrible qu’Alexander Roslavets.
notre grange de Meslay jusqu'aux plus
obscurs rabicoins de l'enregistrement OABD7266D • 1 BLU-RAY Opus Arte seulement celle de Rusalka. Elle refuse Sur ce spectacle empli de mystère
cosmopolite au statut juridique incer-
tain, bref de la discographie officielle
ou soupçonnée pirate de Richter : le
L ’opéra-conte de Dvorak a de la
chance depuis que Robert Carsen
s’en est emparé avec sa théorie du
d’enfermer le conte dans un carcan
défini comme l’avait fait David Pount-
ney avec sa nursery victorienne pour
Robin Ticciati déploie un orchestre at-
mosphérique, épice supplémentaire qui
accroit la magnificence de ce conte noir.
record, un éléphanteau mélomane n'y dédoublement pour sa mise en scène sa production de l’ENO qui fit grand (Jean-Charles Hoffelé)

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Sélection Alto

M. Arnold : Symphonie n° 5; Diver- J.B. Bach : Transcriptions pour Julian Bream joue Bach, Sor, Turina J.B. Bach : Concertos pour clavecin Beethoven : Sonates pour piano n° H. Berlioz : Requiem, op. 5
timento n° 2; Etudes symphoniques; guitare et Falla : Œuvres pour guitare n° 1-7; Concerto Italien, BWV 971 8, 14, 23 et 26 Barry Banks; LSO; Sir Colin Davis
Petite suite n° 2... Julian Bream, guitare; Andrés Segovia, Julian Bream, guitare David Ponsford; St James 's Baroque Alfred Brendel, piano
Munich SO; Douglas Bostock guitare; John Williams, guitare Players; Ivor Bolton, clavecin
ALC1424 - 1 CD Alto ALC1426 - 1 CD Alto ALC1438 - 1 CD Alto ALC1609 - 2 CD Alto ALC1016 - 1 CD Alto ALC1607 - 2 CD Alto

H. von bingen : Vêpres à l'Abbaye Brahms, Mendelssohn : Concertos B. Britten : Sérénade pour ténor, B. Britten : Musique chorale Chopin : Sonate piano n° 3; F. Chopin : Œuvres choisies pour
Sainte-Hildegarde d'Eibingen pour violon cor...; Variations sur un thème de George Guest; Donald Hunt; David Lums- Barcarolle, op. 60; Valses n° 2 et 6; piano
Nonnes de St Hildegard; Johannes Arthur Grumiaux; Bernard Haitink; Eduard Bridge; The Young Person's Guide den; Benjamin Britten; George Malcolm; Mazurkas n° 35-36; Etudes, op. 10 Arthur Rubinstein, piano
Berchmans Göschl van Beinum Pears; Brain; Karajan; Giulini; Boult Richard Marlow Vladimir Ashkenazy, piano
ALC1425 - 1 CD Alto ALC1412 - 1 CD Alto ALC1413 - 1 CD Alto ALC1433 - 1 CD Alto ALC1281 - 1 CD Alto ALC1419 - 1 CD Alto

D. Chostakovitch : 24 préludes et D. Chostakovitch : Symphonies n° C. Debussy : Quatuor à cordes; E. Elgar : Concertos pour violon The Very Best of Paul Robeson, vol. M.I. Glinka : Extraits de "Ruslan et
fugues, op. 87 13; Musique de scène "Le Roi Lear" Sonate violoncelle et piano / M. et pour piano; Polonia; The Crown 2. Songs of Struggle & Lov Ludmila", "Une vie pour le Tsar",
Tatiana Nikolayeva, piano Vitaly Gromadsky; Nina Romanova; Kirill Ravel : Quatuor à corde of India Paul Robeson, basse "Prince Kholmsky"...
Kondrachine; Edward Serov Rostropovich; Britten; Quatuor Borodin Accardo; Hickox; Bostock OS de l'URSS; Evgeni Svetlanov
ALC2507 - 3 CD Alto ALC1422 - 1 CD Alto ALC1296 - 1 CD Alto ALC1423 - 1 CD Alto ALC1416 - 1 CD Alto ALC1312 - 1 CD Alto

Percy Grainger : Les grandes Baroque allemand. Pièces de A. Erich Wolfgang Korngold : Concerto G. Mahler : Symphonie n° 7 M. Moussorgski : Tableaux; W.A. Mozart : Concertos pour piano
œuvres Hammerschmidt et G.P. Telemann pour violoncelle; Suites; Aria LSO; Valery Gergiev Khovanchtchina / I. Stravinski : n° 8, 23 et 24
Percy Grainger; Per Dreier; Frederick Jordi Savall; Nikolaus Harnoncourt Zuill Bailey; Linz Bruckner Orchestra; Pétrouchka Wilhelm Kempff, piano; Bamberger Sym-
Fennell Caspar Richter NPO; LSO; Sir Charles Mackerras phony; OP de Berlin; Ferdinand Leitner
ALC1410 - 1 CD Alto ALC1420 - 1 CD Alto ALC1390 - 1 CD Alto ALC1409 - 1 CD Alto ALC1263 - 1 CD Alto ALC1323 - 1 CD Alto

W.A. Mozart : Concertos pour piano F. Poulenc : Les Biches; Litanies G. Puccini : La Fanciulla del West, Puccini, Verdi, Cherubini : Quatuors S. Rachmaninov : Concertos piano S. Rachmaninov : Aleko, opéra en
n° 20 et 27 à la Vierge Noire de Rocamadour; opéra en 3 actes à cordes n° 2 et 4 un acte
Sviatoslav Richter; Stanislaw Wislocki; Concerto pour orgue, FP 93; Gloria Renata Tebaldi; Cornell MacNeil; Mario del Raphael Quartet; Britten Quartet Richter; Michelangeli; S. Wislocki; E. Nesterenko; Fedin; Matorin; OP de
Rudolf Barshai; Kurt Sanderling M. Duruflé; Georges Prêtre Monaco; Franco Capuana, direction Gracis, direction Moscou; Dimitri Kitaenko
ALC1414 - 1 CD Alto ALC1411 - 1 CD Alto ALC2028 - 2 CD Alto ALC1427 - 1 CD Alto ALC1175 - 1 CD Alto ALC1342 - 1 CD Alto

Joaquin Rodrigo : Concertos "De F. Schubert : Sonate piano n° 19 F. Schubert : Sonates pour piano n° P.I. Tchaikovski : Grande sonate, op. P.I. Tchaikovski, J. Sibelius : G. Verdi : La Traviata
Aranjuez" et "Pastorale"; Fantaisie et 21 16, 17; Impromptu n° 2, D 899 n° 2 37; Album pour enfants, op. 39 Concertos pour violon Moffo; Tucker; Merrill; Fernando Previtali
pour un gentilhomme Sviatoslav Richter, piano Sviatoslav Richter, piano Mikhail Pletnev, piano David Oistrakh; Philadelphia Orchestra;
C. Bonnel; J. Stinton; ; S. Bedford Eugene Ormandy
ALC1090 - 1 CD Alto ALC1074 - 1 CD Alto ALC1415 - 1 CD Alto ALC1343 - 1 CD Alto ALC1354 - 1 CD Alto ALC2026 - 2 CD Alto

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Mozart : Concertos pour violon - Salzbourg Divertimen... BRIL96149 11,76 € p. 10 r Haydn : Les symphonies londoniennes. Herbig. 0002502CCC 14,64 € p. 2 r
Josef Myslivecek : Quintettes pour hautbois - Quatuor... SU4289 13,92 € p. 10 r Haydn : Les sept dernières paroles du Christ en Croix... 0016312BC 14,64 € p. 2 r
Pachelbel : L'œuvre pour clavier. Stella. BRIL95623 36,48 € p. 10 r Haydn : Creation, oratorio. Werner, Schreier, Adam, K... 0184382BC 12,48 € p. 2 r
Rachmaninov : L'île des morts - Symphonie n° 1. Jurow... LPO0111 10,32 € p. 10 r Haydn : Concertos pour violon. Concerto Köln, Midori ... 0300550BC 14,64 € p. 2 r
Rachmaninov : Transcriptions pour piano. Shemchuk. DUX1670 13,92 € p. 10 r Liszt : Les Années de Pèlerinage. Schirmer. 0300121BC 37,20 € p. 2 r
Rameau, Scarlatti : Transcriptions pour guitare. Mala... QTZ2136 12,48 € p. 10 r Mendelssohn : Les 12 Symphonies de jeunesse 0091432BC 23,28 € p. 2 r
Giuseppe Rosetta : Musique pour guitare. Barbero. BRIL96187 6,72 € p. 11 r Modeste Moussorgski : Tableaux d'une exposition. Ware... 0300538BC 11,04 € p. 2 r
Rossini : Les grandes ouvertures d'opéras. I Virtuosi... CPO555385 10,32 € p. 11 r Moussorgski : Tableaux d'une exposition - Chants et d... 0300568BC 14,64 € p. 2 r
Mare Balticum, vol. 3. Wizlaw von Rügen : Intégrale d... TACET261S 18,60 € p. 11 r Mozart : Requiem. Koch, Adam, Prenzlow, Apreck. 0300069BC 8,16 € p. 2 r
Anton Rubinstein : Quatuors à cordes, op. 47 n° 1 et ... CPO777709 10,32 € p. 11 r Mozart : Così fan tutte, opéra. Casapietra, Burmeiste... 0300115BC 12,48 € p. 2 r
Christian Friedrich Ruppe : Cantates de Noël et de Pâ... BRIL96108 6,72 € p. 11 r Carl Orff : Die Kluge, opéra. Stryczek, Süss, Falewic... 0300748BC 12,48 € p. 2 r
Schoenberg : Pierrot lunaire. Pilarczyk, Bergmann, Ca... WER6778 15,36 € p. 11 r Pergolesi : Stabat Mater - Salve Regina. Kowalski, Na... 0115112BC 8,16 € p. 2 r
Martin Christian Schultze : Sinfonias de chambre. Ens... CPO555225 10,32 € p. 12 r Pergolesi : Stabat Mater et autres œuvres de musique ... 0300543BC 11,04 € p. 2 r
Schütz : Geistliche Chor-Musik, 1648. Ensemble Polyha... RK3903 15,36 € p. 12 r Hans Pfitzner : Palestrina, opéra. Schreier, Arndt, B... 0010012BC 30,00 € p. 2 r
Louis Spohr : Musique de chambre pour soprano, clarin... BRIL95638 6,72 € p. 12 r Schubert : Alfonso und Estrella. Prey, Adam, Dieskau,... 0021562BC 18,24 € p. 2 r
Telemann : Die Kleine Kammermusik. Staropoli, Gusbert... BRIL95517 6,72 € p. 12 r Jean Sibelius : Intégrale des symphonies. Sanderling,... 0020592BC 23,28 € p. 2 r
Tsitovich, Slonimsky : Symphonies. Mynbaev, Schtenluc... NFPMA99138 11,76 € p. 12 r Smetana : Ma Patrie. Neumann. 0300067BC 8,16 € p. 2 r
Vierne, Franck : Sonates pour violon. Ibragimova, Tib... CDA68204 15,36 € p. 13 r Smetana : Die Moldau. Kuchar. 0300539BC 11,04 € p. 2 r

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Bon de commande n° 88 / Décembre 2020
Stravinski : Le Sacre du Printemps - Petrouchka (vers... 0300588BC 14,64 € p. 2 r Glinka : Ouvertures et danses. Svetlanov. ALC1312 7,57 € p. 18 r
Tchaikovski : Concerto pour piano n° 1. Nikolaeyva, M... 0021342BC 8,16 € p. 2 r Percy Grainger : Les grandes œuvres. Grainger, Dreier... ALC1410 7,57 € p. 18 r
Weber : Euryanthe, opéra. Vogel, Gedda, Norman, Kraus... 0184412BC 18,96 € p. 2 r Hammerschmidt, Telemann : Suites et concertos baroque... ALC1420 7,57 € p. 18 r
Ludwig Güttler : Die Jubiläums-Edition. 0300549BC 18,24 € p. 2 r Korngold : Concerto pour violoncelle - Suites - Aria.... ALC1390 7,57 € p. 18 r
Weber, Bruch, Rietz : Musique romantique pour clarine... 0016202BC 14,64 € p. 2 r Mahler : Symphonie n° 7. Gergiev. ALC1409 7,57 € p. 18 r
Sharon Kam : Souvenirs. Œuvres pour clarinette de Mas... 0016342BC 14,64 € p. 2 r Moussorgski : Tableaux - Khovanchtchina. Stravinski :... ALC1263 7,57 € p. 18 r
Sélection Alto Mozart : Concertos pour piano n° 8, 23 et 24. Kempff,... ALC1323 7,57 € p. 18 r
Malcolm Arnold : Symphonie n° 5 et autres œuvres orch... ALC1424 7,57 € p. 18 r Mozart : Concertos pour piano n° 20 et 27. Richter, W... ALC1414 7,57 € p. 18 r
Bach : Transcriptions pour guitare. Bream, Segovia, W... ALC1426 7,57 € p. 18 r Poulenc : Les Biches - Concerto pour orgue - Œuvres s... ALC1411 7,57 € p. 18 r
Julian Bream joue Bach, Sor, Turina et Falla : Œuvres... ALC1438 7,57 € p. 18 r Puccini : La Fanciulla del West. Tebaldi, Del Monaco,... ALC2028 11,76 € p. 18 r
Bach : Concertos pour clavecin n° 1-7 - Concerto Ital... ALC1609 8,88 € p. 18 r Puccini, Verdi, Cherubini : Quatuors à cordes. Raphae... ALC1427 7,57 € p. 18 r
Beethoven : Sonates pour piano. Brendel. ALC1016 7,57 € p. 18 r Rachmaninov : Concertos pour piano n° 2 & 4. Richter,... ALC1175 7,57 € p. 18 r
Berlioz : Requiem. Davis. ALC1607 8,88 € p. 18 r Rachmaninov : Aleko, opéra. Nesterenko, Volkova, Fedi... ALC1342 7,57 € p. 18 r
Hildegard von Bingen : Vêpres à l'Abbaye Sainte-Hilde... ALC1425 7,57 € p. 18 r Rodrigo : Concertos pour flûte et pour guitare. Stint... ALC1090 7,57 € p. 18 r
Brahms, Mendelssohn : Concertos pour violon. Grumiaux... ALC1412 7,57 € p. 18 r Schubert : Sonates pour piano n° 19, 21. Richter. ALC1074 7,57 € p. 18 r
Britten : Sérénade, op. 31 - Variations, op. 10 - The... ALC1413 7,57 € p. 18 r Schubert : Sonates pour piano n° 16 et 17. Richter. ALC1415 7,57 € p. 18 r
Britten : Musique chorale. Guest, Hunt, Lumsden, Malc... ALC1433 7,57 € p. 18 r Tchaikovski : Grande Sonate - Album pour enfants. Ple... ALC1343 7,57 € p. 18 r
Vladimir Ashkenazy joue Chopin : Œuvres pour piano. ALC1281 7,57 € p. 18 r Tchaikovski, Sibelius : Concertos pour violon. Oistra... ALC1354 7,57 € p. 18 r
Chopin : Œuvres pour piano. Rubinstein. ALC1419 7,57 € p. 18 r Verdi : La Traviata. Moffo, Tucker, Merrill, Reynolds... ALC2026 11,76 € p. 18 r
Chostakovitch : 24 préludes et fugues, op. 87. Nikola... ALC2507 16,80 € p. 18 r
Chostakovitch : Symphonie n° 13 - Le Roi Lear. Romano... ALC1422 7,57 € p. 18 r
Debussy, Ravel : Quatuors à cordes et autres œuvres i... ALC1296 7,57 € p. 18 r
Elgar : Concerto pour violon - Polonia - The Crown of... ALC1423 7,57 € p. 18 r
Songs of Struggle & Love. The Very Best of Paul Robes... ALC1416 7,57 € p. 18 r TOTAL A €

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