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4.1.2.

Valeurs mobilières

- Les actions

Ce sont des titres de propriété négociables émises par des


personnes morales, représentatifs d'une fraction du capital d'une
société. Leur prix est le résultat de la confrontation entre l'offre et la
demande. Les actions donnent à l'actionnaire, leur porteur, le droit
aux dividendes. Elles lui permettent également d'avoir accès aux
informations concernant l'activité de la société où il est actionnaire
et de participer aux prises de décisions. Les actions prennent
plusieurs formes : les actions au porteur qui sont négociées en
bourse à travers les banques ou les courtiers (l'identité du porteur
n'est pas connue) et les actions au nominatif, c'est à dire que le
nom du détenteur des actions est inscrit sur le livre des actionnaires
de la société. Ceci permettra aux actionnaires d'avoir de l'information
financière et des dividendes avec primes de fidélité.

Le marché présente un certain nombre d'indicateurs qui


permettent d'évaluer et de comparer les actions. Le PER (Price
Earning Ration) par exemple, est un ration qui renseigne sur la
croissance des bénéfices espérée par la bourse. Il est égale au cours
de bourse divisé par le bénéfice net par action. Une action qui a un
PER de 15 est une action qui cote 15 fois ses bénéfices. Il y a aussi
le rendement qui mesure la rentabilité d'une action. Il est égale au
dividende divisé par le cours de la bourse. Le BNPA (Bénéfice Net
Par Action) est un ratio égale au rapport entre le bénéfice net de la
société par le nombre total d’actions composant son capital.

- Les obligations

Ce sont des titres de créance contrairement aux actions qui sont


des titres de propriété. Elles sont le support de prêt à une société, à
un établissement public ou à l'Etat. Leur détenteur est rémunéré quel
que soit le résultat de la société. Cette rémunération peut être fixe ou
variable, versé annuellement sous forme de coupons. Le coupon est
égal au montant des intérêts versés chaque année pour chaque
obligation. Les obligations sont cotées tous les jours sur le marché.
Leur valeur dépend du taux d'intérêt. Il existe plusieurs types
d'obligations :

Les obligations à taux fixe

Le taux d’intérêt de ces obligations est déterminé à l’origine sur la


valeur nominale. Les revenus qui en découlent sont constants
pendant toute la durée de l’emprunt.

Les obligations à taux variable

La rémunération de ce type d'obligation se fait en fonction des


conditions du marché. A chaque fois, une référence spécifique est
fixée pour servir de base au calcul de la rémunération. Les
références les plus utilisées dans les séances courtes sont le TME
(taux moyen des emprunts d'Etat) et le TMO (taux annualisé du
marché obligataire). Pour les séances courtes, on utilise l'Euribor.
Ces obligations ont l'avantage de préserver le capital dans le cas des
remontées des taux.

Les obligations convertibles en actions

Elles peuvent être échangées contre des actions de la société


émettrice de l’emprunt selon une parité de conversion préfixée, et
dans une période future prédéterminée. Un ratio détermine le nombre
d’actions auquel donne droit chaque obligation. Il n’existe aucune
restriction légale quant au pourcentage du capital pouvant être
attribué via des obligations convertibles. La société fixe librement le
montant de l’emprunt obligataire.

Les Obligations Assimilables du Trésor (OAT)

Elles sont attachées à un emprunt lancé par le Trésor Public. leur


maturité est comprise entre cinq et cinquante ans. Elles peuvent être
à taux fixe ou à taux variable. Le caractère assimilable consiste à
rattacher la nouvelle émission à une ancienne tranche d'emprunt.

Les Obligations à coupon zéro

Elles ne donnent lieu à aucun paiement de coupon pendant leur


durée de vie. Les intérêts sont versés en totalité à l'échéance de
l'emprunt après avoir été capitalisés sur toute la période. La
rémunération du souscripteur se réalise soit par un prix d’émission
inférieur à sa valeur de remboursement, soit sous forme d’une prime
de remboursement au terme. Les intérêts correspondent donc à
l’écart entre la valeur initiale et la valeur au terme.

Les Obligations à Bon de Souscription d’Actions (OBSA)

Ce sont des obligations à taux fixe sur lesquelles sont attachés un


ou plusieurs bons permettant de souscrire des actions nouvelles de la
société émettrice. L’obligation et les bons font l’objet d’une cotation
séparée.

- Les OPCVM

Un OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs


Mobilières) est une entité qui gère un portefeuille d’actions et
d’obligations. Acheter une part d’OPCVM, c’est avoir une part d’un
portefeuille géré par des professionnels de la finance. L'avantage des
OPCVM c'est que la diversification des titres permet la répartition du
risque sur plusieurs sociétés.

On distingue 2 types d’OPCVM : les SICAV et les FCP.

Les SICAV (Société d’Investissement à Capital Variable)

Ce sont des sociétés anonymes gérées comme des entreprises,


avec un conseil d’administration et un gestionnaire. Comme son nom
l'indique, le capital de la SICAV est variable car il est continuellement
augmenté par ce qui lui permet d’acheter d’avantage de titres.
Inversement la SICAV revend une partie de son portefeuille pour
obtenir les liquidités nécessaires au rachat des parts du vendeur. Ce
placement est donc totalement liquide.

Les SICAV peuvent être investies sur différents supports :

SICAV monétaire : les fonds sont placés sur le marché monétaire


pour rémunérer un capital sur courte durée.
Sicav Obligataire : c'est un placement sur le moyen à long terme.
L’investissement est réalisé sur des obligations pour avoir des
revenus réguliers.

Sicav Action : investie en actions, ce type de SICAV profite d’une


répartition du risque sur une multitude d’entreprises.

Sicav Diversifiée : les fonds sont investis sur plusieurs catégories de


titres (Monétaire, obligataire, actions) afin de mieux répartir le risque
lié à ces marchés.

Les FCP (Fonds Commun de Placement)

Les FCP sont gérés par une société de gestion. Leur


fonctionnement est plus simple que les SICAV, mais tout comme la
SICAV, un FCP peut être spécialisé sur différents types
d’investissements (monétaires, obligataires, actions, diversifiés et
garantis). Ils sont composés de parts et comportent un portefeuille de
valeurs mobilières partagé entre des investisseurs, porteurs de parts.
Leur rémunération offerte peut être de deux sortes :

par capitalisation : les revenus ne sont pas distribués mais


systématiquement réinvestis dans l’OPCVM (on parle d’OPCVM de
capitalisation).

par distribution : les revenus sont distribués annuellement ou


trimestriellement (on parle d’OPCVM de distribution)

La valorisation d’une part OPCVM se mesure grâce à la valeur


liquidative qui est déterminée en divisant le montant global du
portefeuille de valeurs mobilières, évalué au prix du marché, par le
nombre de parts ou d’actions émises. Il existe un type d'OPCVM
qu'on appelle OPCVM profilé. Il s'agit de placements accessibles au
grand public et qui correspond aux préoccupations de l'investisseur
(environnement, éthique, etc.), à son aversion pour le risque et à ses
préférences en termes sectoriel et
- Les certificats d'investissement

Ce sont des actions mais sans droit de vote. Les certificats sont
crées lors d’augmentation de capital. Ils ne doivent pas représenter
plus du quart du capital social de l’entreprise et procurent la même
rémunération que des actions classiques.

- Les bons de souscription

Ce sont des titres qui donnent la possibilité de souscrire une ou


plusieurs actions à un prix fixé pendant une période déterminé à
l’avance. A l’issue de cette période, les bons n’auront plus de valeur.
Le cours des Bons de Souscription varie dans le même sens que
celui de l’action. Les bons de Souscription permettent à une société
de planifier des augmentations de capital sur plusieurs années.

- Les Warrants

Emises par des établissements financiers qui en assurent la


diffusion et la cotation, les warrants permettent de miser sur la
hausse ou la baisse d’un support appelé sous-jacent et à terme. Ils
donnent la possibilité d’acheter (call) ou de vendre (put) différents
supports (indices, actions, devises…) à un prix et jusqu’à une
échéance déterminée à l’avance. Ce marché est très risqué du fait de
l’effet de levier que produisent les warrants. Contrairement aux
options, les warrants ne donnent pas la possibilité de vendre à
découvert.

- Les options

Une option est un contrat qui donne à son détenteur le droit et non
l'obligation d'acheter et de vendre, à une certaine échéance et à un
certain prix, le prix d'exercice, une quantité d'un actif sous-jacent à un
vendeur qui assure le risque, en contrepartie du paiement d'une
prime. Comme les warrants ils offrent la possibilité d’acheter ou de
vendre (call et put) différents supports pendant une période et à un
prix déterminée à l’avance. Ils diffèrent de ceux-ci sur deux points, à
savoir qu’ils sont émis par une bourse et non un établissement
financier et qu’il est possible de vendre à découvert. Nous aurons
l'occasion de revenir dans ce même chapitre sur ces produits.
- Les stock options

Ce système permet aux sociétés d’offrir à leurs salariés, la


possibilité de souscrire ou d’acheter des actions, à l’issue d’une
certaine période, à un prix préférentiel (pouvant être égal à celui
établi au moment de l’offre). Les conditions de l'offre sont fixées par
le conseil d’administration. Elles concernent le nombre de titres, la
qualité des bénéficiaires et la valeur d’attribution. Le prix des options
reste fixe pendant le délai défini (sauf en cas de réalisation par la
société d’opérations financières ou sur titre prévu par la loi). En cas
de hausse de la valeur des actions, les bénéficiaires peuvent donc
acquérir celles-ci à un prix inférieur à la valeur du jour en demandant
la levée d’option.

4.2. Théorie des anticipations rationnelles et efficience des


marché

4.2.1. L'évaluation du prix d'une action


Les actions permettent à leurs détenteurs plusieurs droits, parmi
lesquels on retrouve le droit résiduel et les dividendes. Pour le
premier, il s'agit pour les détenteurs d'avoir tout ce qui reste dans
l'entreprise après avoir réglé toutes ces créances. Les dividendes
sont le versement d'une partie nette des résultats de l'entreprise. Ils
sont versés de manière périodique, en général chaque année.
La valeur de l'action est la valeur actualisée des flux financiers
futurs qu'elle produira. Ces flux peuvent être les dividendes, le prix de
revente, ou les deux à la fois (Meshkin,2010,p 167).

- Le modèle de l'évaluation monopériodique

Le modèle de l'évaluation monopériodique présente le cas simple


d'un agent qui détient une action pendant un certain temps, qui lui
procure un dividende et qui la revend par la suite.
Soit une action qui coute 70 unités monétaires et qui procure un
dividende annuel de 3 unités monétaires. On prévoit une
augmentation de 10 unités monétaires du cours de cette action. Pour
savoir si on doit ou non acquérir cette action, il faudrait d'abord voir si
son prix actuel correspond bien aux anticipations. Pour évaluer la
valeur de l'action aujourd'hui, il faut déterminer la valeur actualisée
des flux de revenus futurs. Ces derniers sont les dividendes et le prix
de revente final.

Po = D1/1+Ke + P1/1+Ke

Po : Prix actuel de l'action en to


D1 : dividende payé à la fin de l'année 1
Ke : taux de rentabilité exigé par les actionnaires (il ne s'agit pas du
taux d'intérêt mais du taux de rendement de l'action)
P1 : Prix de l'action à la fin de l'année 1

En supposant que le taux de rentabilité de cette action est de 12%,


on peut calculer sa valeur actuelle :

Po = 3 /1+ 0,12 + 60/1+0,12 = 56,25

La valeur actualisée est donc de 56,25 unités monétaires. Il est


donc rentable de l'acquérir. Au cas où l'action coutera moins que
56,25, cela peut être dû soit aux appréhensions des autres
investisseurs quand au risque lié à cette action et qui a fait que
l'estimation de sa rentabilité a été supérieur à 12%, soit les
perspectives de dividendes ou d'augmentation du cours de l'action
sont inférieures aux prévisions.

- Le modèle d'évaluation sur plusieurs périodes


Il s'agit d'une application du même modèle précédent mais sur
plusieurs périodes. La valeur d'une action est égale aux revenus
actualisés qu'elle générera (sur n périodes) et le prix de sa revente à
la fin de la période n.

Po = D1/(1+Ke)¹+D2/(1+Ke)²+D3/(1+Ke)³+ ....+ Dn/(1+Ke)ⁿ + Pn/(1+Ke)ⁿ

Pour évaluer cette action selon ce modèle, il faut faire l'hypothèse


sur son cours lors de sa revente c'est dire Pn. Mais si n est très élevé,
c'est-à-dire que la revente se fait sur une date éloignée alors
l'équation présentée ci-haut nous donne une valeur actualisée très
dérisoire.
Si on reprend l'exemple précédent et on considère que n = 60 ans,
on aura le résultat suivant :

70/(1+0,12)60 = 0,03
Il faut donc pour le calcul de la valeur actualisée d'une action tenir
compte uniquement de la valeur actualisée des flux des dividendes.


Po = 𝑡=1 Dt/ 1 + Ke t

- Le modèle de Gordon-Shapiro
Dans le modèle de Gordon-Shapiro, on introduit l'hypothèse que
les entreprises versent tous les ans des dividendes qui augmentent à
un taux constant.

Po=D0x(1+g)1/(1+ke)1+D0x(1+g)2/(1+ke)2 + ...+ D0x(1+g)∞/(1+ke)∞

D0 : dernier dividende versé par l'entreprise


g : taux de croissance anticipé du dividende
ke : taux de rentabilité exigé par l'actionnaire

Cette équation peut être simplifiée :

D0x(1+g)/ (ke - g) = D1/(ke - g)

Ce ci est possible en supposant que les dividendes sont versés


sur une période longue et augmentent à l'infini à un taux constant. Le
taux de croissance des dividendes est supposé inférieur au taux de
rentabilité exigé par les actionnaires.

4.2.2. La détermination du prix de l'action sur le marché

La cotation en bourse procure à l’entreprise une plus grande


flexibilité pour le financement de son expansion. L’entreprise peut
ainsi augmenter son capital auprès de ses actionnaires ou en
s’ouvrant à l’épargne du public. Elle pourra aussi émettre des
obligations et diversifier ainsi la nature de ses capitaux.

La bourse permet également la réalisation de prise de


participations, de fusions, absorptions qui donnent lieu à une
concentration des entreprises. Les fusions ou absorptions sont
parfois réalisées par une offre publique d’achat (OPA) ou une offre
publique d’échange (OPE). Dans le premier cas, l’entreprise fait
savoir à travers le journal officiel de la bourse son intention de
racheter les actions à un cours supérieur à la côte officielle. Ce ci lui
permettra d’acquérir le maximum d’actions et de devenir même
majoritaire dans le capital de l’entreprise. Dans le cas de l’OPE,
l’entreprise acheteuse des actions règle avec d’autres actions.

La bourse permet la détermination d’un prix : la confrontation des


différents ordres d’achat (D) et de vente (O) permet de déterminer un
prix d’équilibre conformément au schéma théorique walrasien.

Le rôle joué par l'information est déterminant dans la fixation du


prix du marché. Une bonne information sur l'actif réduit le risque lié à
l'achat de cet actif et augmente en conséquence sa valeur sur le
marché.

L'opérateur du marché peut suspendre momentanément la


cotation d'un titre pour éviter des écarts de cours très importants dus
à la diffusion de rumeurs. Le titre est alors réservé à la hausse ou à la
baisse suivant le sens de la variation. La cotation reprend quelques
minutes après le temps de fixer de nouveaux seuils de cotation. Des
suspensions de longue durée peuvent être pratiquées pour les
entreprises qui sont à la recherche de nouveaux partenaires pour ne
pas être contraintes à un dépôt de bilan.

Le marché de la bourse a des horaires d'ouverture et de


fermeture, généralement il fonctionne de 9h à 17h30. Des période de
pré ouverture et de pré clôture sont instaurées pour les premières, de
7h15 à 9h, les ordres de Bourse sont enregistrés mais non exécutés,
ils servent uniquement à déterminer le cours de départ de la
journées.

4.2.3. La théorie des anticipations rationnelles

L'évaluation des actions dépend des anticipations rationnelles des


agents et qui concernent généralement les dividendes futurs. La
théories des anticipations rationnelles est la plus utilisée pour montrer
comment les agents économiques élaborent leurs anticipations. Dans
les années 50, les anticipations se formaient à partir des expériences
passées. C'est ce qu'on appelle les anticipations adaptatives parce
que les changements dans les anticipations se font de manière
progressive. Les agents utilisent exclusivement les valeurs passées
pour prévoir le futur de telle ou telle variable. Ils peuvent changer à
tout moment leurs anticipations en fonction de nouvelles informations.
Ces anticipations présentaient assez souvent des marges d'erreur
importantes. Pour dépasser ces faiblesses, John Muth1 a développé
la théorie des anticipations rationnelles. Les agents utilisent toute
l'information disponible pour former leurs anticipations. Ces
anticipations sont identiques à la prévision optimale (la meilleur
prévision possible pour le futur. L'anticipation rationnelle peut contenir
aussi des erreurs cela ne l'empêche pas d'être rationnelle car elle est
la meilleure, compte tenu de l'information disponible au moment où
elle a été formée. Les anticipations formées en absence d'information
pertinente sont considérées comme rationnelles même si elles
induisent à des erreurs de prévision. Les prévisions auxquelles elles
aboutissent ne sont pas toujours exactes. Il existe cependant deux
situations où l'anticipation cesse d'être rationnelle, c'est le cas où les
agents n'intègrent pas certaines informations disponibles dans leurs
anticipations car il leur est coûteux de les traiter et le cas où les
agents ignorent que certaines informations sont disponibles et ne les
prennent pas en considération.

1
La théorie des anticipations rationnelles a été introduite par John Muth dès
1961. Elle a été largement développée par Robert Lucas (1972), puis
Thomas Sargent (1981). Les anticipations rationnelles occupent une place
importante dans la Nouvelle économie classique.
Si X est la variable dont le futur doit être anticipé, X p l'anticipation
de l'agent concernant X et Xo la meilleure anticipation de X compte
tenu des informations disponibles, on Xp = Xo.
Les anticipations sur les marché financiers correspondent à la
meilleure prévision possible tout en utilisant l'information disponible.
La théorie des anticipations rationnelles sur les marchés financiers
est appelée l'hypothèse d'efficience des marchés.

4.2.4. L'efficience des marchés


L'hypothèse d'efficience des marchés a été développée par
Eugène Fama à partir de 1965. Un marché dans lequel les prix
reflètent totalement et constamment toute l'information disponible est
un marché efficient. Sur le marché financier, aucun investisseur ne
peut réaliser un profit anormal ; le prix d'un actif est égal à sa valeur
ce qui empêche les surévaluations ou les sous-évaluations d'actif.

Il existe traditionnellement trois types d'efficience :

- L'efficience allocationnelle, qui désigne une allocation des


fonds vers les emplois le plus productifs. Les projets
d'investissements qui sont les plus efficaces et les plus durables sont
financés ;

- L'efficience opérationnelle, signifie que les échanges entre les


demandeurs et les offreurs de fonds se font au moindre coût ;

- L'efficience informationnelle, la plus importante et de laquelle


dépendent les deux premières, signifie que les informations en
mesure d'influencer les prix d'un actif sont partagées par tous les
opérateurs.

L'efficience du marché financier est tributaire à la rationalité des


opérateurs qui doivent traiter l'information de manière efficace et
chercher à maximiser leur profit tout en tenant comptant des risques
qu'ils encourent pour le faire. Il faut aussi que l'information soit
gratuite, partagée de manière égalitaire et traitée en temps réel. Le
marché doit enfin être atomistique c'est à dire qu'aucun opérateur ne
peut influencer le cours d'un actif par ses seules décisions d'achat et
de vente. Ces conditions ne sont pas toujours toutes réunies, pour
cela, on parle du degré d'efficience des marchés et de l'ampleur des
déviations du cours par rapport un cours d'équilibre. Certains agents
sont irrationnels, ils ne fondent pas leurs décisions sur des variables
fondamentales ce qui provoque une hausse ou une chute excessive
des cours. Mais les comportements irrationnels ne sont pas les seuls
à perturber les marchés. Les comportements mimétiques par
exemples qui consistent à adopter le même comportement que tous
les autres opérateurs sur le marché sont rationnels car ils minimisent
les risques. Et comme on dit, il vaut mieux avoir tort avec tout le
monde qu'avoir raison tout seul sur un marché financier. Dans une
situation caractérisée par un comportement mimétique, le cours de
l'actif s'éloigne de sa valeur d'équilibre de manière qui peut être
durable et cumulative, ce qui entrainera des bulles spéculatives. Ceci
montre que les marchés financiers sont foncièrement instables et
qu'ils ne doivent pas être le seul moyen de gérer la sphère monétaire
et financière. Les règles prudentielles dans ce cas peuvent dans une
certaine mesure mais pas toujours, renforcer l'efficience des marchés
financiers.

4.2.5. Les Krachs financiers


La quasi-totalité des crises financières ont pour origine une
augmentation injustifiée et pour une longue durée des cours des
actions. Les fortes appréciations boursières ne doivent pas être
confondues aves la volatilité dont les amplitudes sont mesurées par
un indice boursier sur une période donnée et qui sont inhérentes à
l'instabilité chronique du marché financier.

- La genèse du krach
Les épargnants attirés par des profits de plus en plus importants
sont incités à participer aux emprunts et augmentation de capital de
sociétés qui parfois cachent leurs situations désastreuses liées à une
rentabilité faible ou inexistence, une concurrence ardue des autres
sociétés qui les ont dépassées par leur innovation ou autres
situations risquées. La demande des titres augmente de manière
importante ce qui entraine une hausse de leur cours et encore plus
d'attrait des autres épargnants. Cette hausse se transforme en
spéculation qui est encouragée par une expansion excessive de la
quantité de monnaie en circulation rendue nécessaire par l'essor des
transactions boursières. Car d'une part, les actions s'échangent à des
cours de plus en plus élevés et il faut donc plus de liquidité pour
garantir les règlements. Et d'autres part, certaines opérations
financières se font à découvert car les acteurs sur le marché croyant
que les titres ont atteint leur maximum, spéculent à la baisse en
vendant des actions qu'ils ne possèdent pas. Il leur faut donc
emprunter soit pour acheter ces titres soit de se reporter en attendant
la chute. Et enfin une troisième raison à cette expansion monétaire,
c'est que les épargnants se sentent de plus en plus riches cherchent
à s'endetter pour acheter de nouvelles actions leur permettant à
échéance de rembourser leurs dettes car leurs cours auraient
augmentés entre temps. Ils consomment davantage aussi, ce qui
pousse les entreprises à augmenter leurs investissements et donc à
réclamer plus de moyens de financement. Cette situation favorise
aussi la croissance économique ce qui rassure davantage les
spéculateurs et chauffe encore plus les marchés financiers.

- Les symptômes du Krach

Plusieurs critères caractérisent un krach : son étendue ; son


amplitude ; sa durée et la durée pour que l'indice reprenne son
niveau d'avant la crise.
Le Krach est caractérisé par une baisse rapide et importante des
cours. Comme on l'a dit plus haut, l'observation des cours se fait à
partir d'un indice boursier. Mais à partir de quel moment on peut dire
qu'il y a un krach et pas seulement une simple volatilité. Une
méthode d'identification des krachs montre que lorsque les baisses
cumulées de cours seront supérieures en valeur absolue à un niveau
critique et qui correspond en général à 1,5 fois ou 2 fois l'écart type
de ces pertes historiques identifiées, on peut parler d'une crise. Un
krach dans ce cas et en appliquant cette méthode aux indices
boursiers des pays développés, est identifié lorsque il y a une baisse
de 20%. Cette valeur peut varier selon le pays et la période retenue.
Dans certains cas, il faut une baisse de 50% pour qu'on puisse parler
d'un krach.

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