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Université Cheikh Ahmadou Bamba (UCAB)

DECEMBRE 2020

Présenté par :
M. S. NDIAYE, Ingénieur du Génie Rural
Salih.agro@gmail.com
29/12/2020 1
OBJECTIFS DU COURS

Au terme de ce cours, l’étudiant devra être capable :

 De calculer une pression en un point d’une conduite

 De calculer la vitesse d’écoulement d’un fluide dans une conduite

 De pouvoir estimer les pertes de charge d’une conduite sous Pression


 De calculer les diamètres des conduites en fonction des débits
 De caractériser les différents régimes d’écoulement à surface libre

 D’effectuer les mesures hydrauliques (débit, vitesse, pression)


PROGRAMME DU COURS D’HYDRAULIQUE GENERALE

Introduction Générale
Chapitre 1 : Notion de mécanique des fluides
I. Introduction et propriétés des fluides
II. La loi fondamentale de l’hydrostatique
III. La loi fondamentale de l’hydrodynamique
III.1. Hypothèse
III.2. Dynamique des fluides parfaits incompressibles
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge
I. Définition
II. Notion de pertes de charge
III. Vitesse d’écoulement dans les conduites
IV. Conduite en parallèle
V. Conduite en série
VI. Renforcement d’une conduite
PROGRAMME DU COURS D’HYDRAULIQUE GENERALE

VII. Remplacement d’une conduite


VIII. Calcul du réseau en charge

Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre


I. Généralités
II. Les écoulements uniformes
III. Les écoulements graduellement variés
IV. Les écoulements brusquement variés
Introduction générale

L’hydraulique est à la fois une Science et une Technique.


En tant que Science elle traite des lois régissant l’équilibre et le mouvement des liquides.
En tant que Technique elle s’intéresse aux problèmes posés par l’utilisation de l’eau :
stockage, transport, distribution
Les connaissances en Hydraulique Générale nécessaires aux Techniciens Supérieurs
de l’hydraulique et de l’Équipement Rural se limitent à l’étude de l’eau :
D’une part dans son équilibre (eau stockée) : c’est l’objet de l’hydrostatique
- poussées sur les parois de réservoirs, de barrages, de vannes
- étude des instruments de mesure de pression
- étude de l’équilibre des corps flottants
Introduction générale

D’autre part dans son mouvement (eau transportée): c’est l’objet de l’hydrodynamique

- Au sein des tuyaux : écoulements sous pression ou en charge


• Adduction d’eau
• Irrigation
• Pompage
- Dans des canaux en contact avec l’air : écoulements à surface libre

• Irrigation
• Assainissement
Chapitre 1: Notion de mécanique des fluides

I. Introduction et propriétés des fluides


Un fluide est une substance qui peut être un gaz ou un liquide et qui peut se déformer sous
l’action de contrainte ou de force extérieur.
Exemple de fluide : l’eau. Ses propriétés sont les suivantes :
 Mobilité : l’eau n’a pas de forme propre, mais prend celle du récipient qui la contient.
 Homogénéité : ses propriétés sont identiques dans toutes les directions.
 Incompressibilité : sous l’effet de la pression, le volume d’eau varie peu.
 Viscosité : les frottements internes des molécules freinent les écoulements.
I.1. Notion de fluide
 Fluide réel
C’est un fluide qui possède une viscosité et qui peut donner naissance à des contraintes de
frottement lorsqu’il est en mouvement.
Les fluides réels ou visqueux offrent une résistance au mouvement.
Chapitre 1: Notion de mécanique des fluides
 Fluide parfait ou idéal
Un fluide est dit parfait si sa viscosité est négligeable donc c’est un fluide non visqueux.
Lorsque ce fluide est en mouvement la résistance au mouvement ou les contraintes de
frottement sont négligeable.
 Fluide compressible
C’est un fluide caractérisé par une variation non négligeable de la masse volumique (Cas des gaz)
Leur viscosité peut être négligeable ou non.
 Fluide incompressible
Fluides dont la masse volumique est constante. C’est le cas des liquides.
I.2. Notion de liquide
Un liquide est un fluide qui est caractérisé par un volume fini bien déterminé tel que le volume
d’un réservoir.
Les liquides sont considérés comme des fluides incompressibles.
Chapitre 1: Notion de mécanique des fluides
I.3. Notion de gaz ou de vapeur
Un gaz ou une vapeur est un fluide qui peut occuper tout volume disponible.
I.4. Unité des paramètres de mesure en mécanique des fluides
En mécanique des fluides les unités sont exprimés en unité du système international qui est
constitué de quatre unités de base
- Longueur L en mètre
- La masse m en kilogramme
- Le temps t en second
- La température en degré kelvin k
I.5. Définition de quelques paramètres
- La masse
La masse d’un corps caractérise la quantité de matière de ce corps.
- Le poids d’un corps
C’est la force que la pesanteur exerce sur le corps.
Chapitre 1: Notion de mécanique des fluides
- La vitesse
La vitesse caractérise la variation de la distance parcourue en fonction du temps. Elle
s’exprime en m/s
- L’accélération
L’accélération est la variation de la vitesse en fonction du temps. Elle s’exprime en m/s2.
- La force
C’est le produit de l’exercice d’une masse m avec une accélération. Elle s’exprime en kg.m/s2.
- Le travail
C’est le produit d’une force appliqué sur une distance dx. Elle s’exprime en kg.m2/s2 = Joule
- La puissance
C’est la variation du travail par rapport au temps. Elle s’exprime en kg.m2/s3 = watt.
- La masse volumique
𝑚
C’est la masse par unité de volume. ρ = 𝑣 Elle s’exprime kg/m3
Chapitre 1: Notion de mécanique des fluides

- Le poids volumique
C’est le poids par unité de volume
La masse volumique varie en fonction de la température. Elle est égal à 1000kg/m3 ou 1g/cm3
pour l’eau à la température ambiante. A 20˚c la masse volumique de l’eau est de 993,2kg/m3

- La densité
C’est l’équivalent sans dimension de la masse volumique.
C’est le rapport de la masse ou poids volumique du corps en question à la masse ou le poids d’un
égal volume d’eau à la température de 4°C
d = 1 pour l’eau
d = 13,6 pour le mercure
d = 1,3.10-3 pour l’air
- Le débit
C’est le volume déplacé par unité de temps. Elle s’exprime en m3/s.
Chapitre 1: Notion de mécanique des fluides
- La pression
C’est la force qui agit sur une surface. Elle s’exprime en N/m2 = Pascal
Un liquide qui épouse la forme du récipient, appuie de son poids sur toutes les parois : cette
force, induisant la pression, est toujours perpendiculaire à la paroi et orientée vers l’extérieur.
 La pression atmosphérique est due au poids de l’air que contient l’atmosphère au-dessus
d’un point.
 La pression atmosphérique étant partout présente on peut en tenir compte ou non.
Si on en tient compte, on parle alors de pression absolue.
Si on n’en tient pas compte, on parlera alors de pression relative.
La relation suivante lie ces 2 pressions :
P absolue = P atmosphérique + P relative
En hydraulique on raisonnera souvent en pression relative sauf par exemple dans le cas de la
vérification des conditions à l’aspiration des pompes.
Chapitre 1: Notion de mécanique des fluides

- La viscosité
Les fluides se présentent comme des ensembles de molécules douées d’une certaine mobilité
les unes aux autres.
Toutefois, en fonction de la nature des fluides, dépend cette mobilité.
Nous avons la viscosité dynamique et la viscosité cinématique.

 La viscosité dynamique
C’est une propriété qui définit le comportement d’un fluide en mouvement à proximité
d’une paroi. Elle permet de définir les fluides réels et idéals.
La viscosité dynamique donne naissance à des contraintes de frottement c’est-à-dire à une
résistance aux mouvements.

 La viscosité cinématique
Elle est définie par le rapport de la viscosité dynamique et de la masse volumique.
Chapitre 1: Notion de mécanique des fluides
II. La loi fondamentale de l’hydrostatique
Pour l’eau au repos, l’énergie totale se limite à l’énergie potentielle (vitesse et énergie cinétique
nulles).
Seule la pesanteur intervient dans la création de poussées et de pression.
- Enoncé de la loi :
La pression dans un liquide en équilibre soumis à la seule action de la pesanteur croit du haut vers
le bas.
ZI et Z2 sont respectivement les côtes du point 1 et 2, mesurées à partir d’un plan de référence (zo)
choisi arbitrairement
h étant la dénivelée entre ces 2 points.
La loi s’écrit sous la forme P1 – P2 = ω(Z2 –Z1) = ωh Avec ω = ρg
Les surfaces horizontales sont à la même pression
Tous les points situés à une profondeur h, donc contenus dans un même plan horizontal, ont
la même pression
APPLICATIONS (cf TD)
Chapitre 1: Notion de mécanique des fluides

Parmi les instruments de mesure de pression nous pouvons citer :


- Les manomètres à tubes
Ce sont des instruments très répandus pour mesurer la pression à cause de leur simplicité et de
leur faible coût.
En principe, ce sont des tubes de faible diamètre en matériau transparent contenant un liquide
dont le niveau est déterminé par les pressions qui s’exercent à chaque extrémité.
- Le piézomètre
C’est l’instrument le plus direct et le plus primitif. Il indique la pression relative au point où
il est branché.
Prel = ρgh et Pabs = Patm + ρgh
Cette relation est invoquée pour justifier qu’une pression relative puisse être exprimée en
une hauteur d’une colonne de liquide de masse volumique.
Chapitre 1: Notion de mécanique des fluides
NB : Le piézomètre ne
convient pas à la mesure de
pressions des gaz. Une
configuration plus
fréquente est donc le
manomètre en U.

Dans le cas de pressions


élevées, le piézomètre
est remplacé par un tube
en U contenant un
liquide de poids
spécifique élevé.
Chapitre 1: Notion de mécanique des fluides
III. La loi fondamentale de l’hydrodynamique
III.1. Hypothèse
- l’écoulement est permanent.
- le fluide est incompressible
- la température est uniforme et constante

III.2. Dynamique des fluides parfaits incompressibles


Le théorème de Bernouilli traduit le principe de conservation de l’énergie avec les variables de
l’écoulement d’un fluide. Donc pour deux point A et B d’une conduite, à l’absence des pertes
de charge nous avons :
𝑃(𝐴) 𝑉 2 (𝐴) 𝑃(𝐵) 𝑉 2 (𝐵) C’est la loi fondamentale
+ +𝑍 𝐴 = + +𝑍 𝐵
𝜌𝑔 2𝑔 𝜌𝑔 2𝑔 de l’hydrodynamique
𝑃 𝑉2
Le terme 𝜌𝑔
+ 2𝑔 + 𝑍 est appelé charge et est noté H.
APPLICATIONS (cf TD)
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge
I. Définition
En pratique, une canalisation est en charge lorsque l’écoulement est en contact avec une paroi
sur tout le pourtour de chaque section.
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge

II. Notion de pertes de charge

Dans un écoulement en charge, l’énergie mécanique totale se transforme


et se perd le long du parcours. Cette transformation est dues à la viscosité
moléculaire, à la turbulence et aux forces de frottement dues à la rugosité
des parois. Ses pertes en énergie s’estiment par plusieurs formules :
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge

 MANNING STRICKLER

10,29𝐿𝑄 2
𝛥𝐻𝐿 = 2 (16/3)
𝐾𝑆 𝐷
1
- Ks est le coefficient de Strickler 𝐾𝑠 =
𝑛
- n est le coefficient de Manning.
- L (m) est la longueur de la conduite
- Q ( est le débit qui s’écoule dans la conduite
- D (m) le diamètre de la conduite.
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge

 HAZEN WILLIAMS

10,674𝐿𝑄1,852
𝛥𝐻𝐿 = 1,852
𝐶𝐻𝑤 𝐷4,870

CHW est le coefficient de HAZEN WILLIAMS


Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge
K (mm) a n m
 CALMON LECHAPT
2 1,863.10-3 2 5,33
L’expression des pertes de charge linéaires de
1 1,601.10-3 1,975 5,25
Calmon Lechapt s’écrit : 0,5 1,400.10-3 1,96 5,19
𝛥𝐻𝐿 = 𝑎𝑄 𝑚 𝐷−𝑛 𝐿 0,25 1,160.10-3 1,93 5,11
0,1 1,100.10-3 1,89 5,01
Les valeurs de a, m et sont déterminées à l’aide du
0,05 1,049.10-3 1,86 4,93
tableau suivant selon les valeurs de la rugosité :
0,025 1,010.10-3 1,84 4,88

 DARCY
8λ𝐿𝑄²
∆𝐻 = Avec λ le coefficient des pertes de charge linéaire
𝜋²g 𝐷 5
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge

NB : Les formules établies si dessus permettent de calculer les pertes de charges


linéaires, c'est-à-dire les pertes de charges notées le long des conduites lors de
l’écoulement de l’eau. Il existe aussi des pertes de charge dites singulières
notées au niveau des singularités tel que : rétrécissement de section,
élargissement de section, changement de direction, emplacement de vanne etc.

8 𝐾 𝑄²
∆𝐻𝑆 = Avec K le coefficient des pertes de charge singulière
𝑔 𝜋² 𝐷4

Généralement, on détermine les pertes de charge singulière en fonction des pertes


de charge linéaire en considérant que les ∆Hs sont égales à 10% ou 15% des ∆HL
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge
III. Vitesse d’écoulement dans les conduites
Une condition de vitesse minimale, destinée à éviter les dépôts de la matière en suspension dans
l’eau et une autre vitesse max destinée à limiter les pertes de charges et à éviter l’érosion de la
conduite sont exigées.

La vitesse minimale de l’écoulement de l’eau dans les canalisations en charge est de l’ordre de 0,3 à
0,6 m/s
La vitesse maximale limite à respecter dépend du domaine d’emploi et du matériau constituant la
canalisation.
Pour une conduite d’aspiration on peut avoir une vitesse limite de 1, 4 m/s.
Pour une conduite de refoulement on peut avoir une vitesse maximale de 3m/s.
Pour les réseaux d’irrigation la vitesse maximale est comprise entre 1,6 et 3,2m/s.
Pour les réseaux d’AEP les vitesses d’écoulement doivent être comprises entre 0,6 et 3 m/s.
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge

Globalement la vitesse d’écoulement dépend du diamètre de la canalisation et est calculé en fonction


du débit. En pratique dans le calcul du réseau la vitesse d’écoulement est fixée et le diamètre est
déterminé en conséquent pour véhiculer le débit voulu.
IV. Conduites en parallèle
Des conduites sont en parallèle si elles sont connectées de telle sorte que le débit du système se
partage entre elles. Pour n conduites en parallèle le débit Q du système est la somme des débits
élémentaires Qi et la perte de charge ΔH du système est la même que chaque perte de charge ΔHi
d’une conduite élémentaire

V. Conduites en série
Des conduites sont en série si elles sont connectées de telle sorte que le débit qui passe par une
conduite est la même sur toutes les autres conduites et la perte de charge du système est la somme
des pertes de charge ΔHi.
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge
VI. Renforcement d’une conduite
Une conduite de diamètre Do et de longueur L a été mise en place pour transporter un débit Qo
avec une perte de charge ΔHo.
On veut augmenter ce débit de la quantité αQo en posant parallèlement une deuxième conduite
dite de renforcement de diamètre D et de longueur L.
La longueur des conduites étant la même car le trajet reste inchangé, nous pourront déterminer le
diamètre D de la conduite de renforcement qui permet d’avoir un débit total (des deux conduites)
Q = (1+α)Qo avec la même perte de charge par l’expression suivante :
n
𝐷= Do αm
VII. Remplacement d’une conduite
Pour remplacer une conduite de diamètre Do, de débit Qo et de longueur L par une autre conduite
de Diamètre D et de débit Q = (1 + α)Qo, on pose :
𝑛
𝐷 = 1+𝛼 𝑚 Do
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge
VIII. Calcul du réseau en charge
Un réseau est un ensemble de conduites interconnectées comportant des ouvrages ou équipement
spécifiques permettant la distribution de l’eau. Le but du réseau est d’assurer la distribution de la
ressource à la consommation. En hydraulique on distingue deux types de réseaux.
- Le réseau ramifié : chaque nœud est connecté à une seule conduite.
- Le réseau maillé : chaque nœud est connecté à plusieurs conduites formant ainsi un circuit fermé.
NB : Le réseau ramifié est surtout utilisé en irrigation et en adduction d’eau villageoise. Par contre
le réseau maillé est utilisé en hydraulique urbaine.
Pour les besoins en connaissance des étudiants, on s’intéressera seulement au calcul du réseau
ramifié.
VIII.1. Trace d’un réseau
Le tracé d’un réseau est la première étape de la conception d’un projet hydraulique.
Il consiste à relier l’ensemble des points de service ainsi que les sources de la façon la plus
économique et la plus simple techniquement, en ce qui concerne le fonctionnement d’ensemble.
Quelques principes de base doivent être respectés au plan technique, économique et socio-
politique.
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge
- Les conduites doivent avoir une pente de 1% dans le cas où l’eau monte et 4% dans le cas
où l’eau descend. Ceci pour permettre l’évacuation de l’air au point haut et le vidange de
l’eau au point bas.
- Les canalisations doivent traverser le moins possible les propriétés privées
- Les canalisations ne traversent pas les lieux de cultes et les lieux sacrés
VIII.2. Dimensionnement du réseau ramifié
Le tracé du réseau étant effectué on cherche à déterminer les diamètres des canalisations, la
charge en tête de réseau et les charges aux différents nœuds connaissant la demande et la
pression aux différents points de service.
Le dimensionnement d’un réseau ramifié se fait ainsi en 4 étapes :
- Numérotation du réseau
- Détermination des débits dans les tronçons
- Détermination des charges aux nœuds
- Vérification des pressions aux nœuds de service
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge
 Numérotation du réseau
 Numérotation des nœuds
Selon le sens de l’écoulement on peut procéder de l’amont vers l’aval ou inversement :
 De l’amont vers l’aval :
Les numéros des nœuds sont consécutifs sur une branche jusqu’au nœud terminal puis on répète la
procédure sur les branches dérivées.
 Numérotation hiérarchisé
On procède de la même façon que la numérotation amont aval en numérotant une branche
jusqu’au terminal. Mais pour les branches dérivées les numéros ne sont pas séquentiels mais porte
en amont le numéro du nœud dérivé.
 Numérotation des tronçons (conduites)
Pour un réseau ramifié on peut considérer le numéro du nœud aval comme numéro du tronçon.
Mais le plus souvent on adopte une dénomination d’un tronçon par le couple orienté des numéros
des nœuds extrêmes.
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge
 Calcul des débits et diamètres des tronçons
Le tracé et la numérotation du réseau étant arrêtés, on calcule le débit de chaque tronçon partant
des besoins en eau aux points de service.
Les débits étant connus, on calcule le diamètre de chaque tronçon pouvant véhiculer le débit
respectif tout en respectant les vitesses limites de l’écoulement (0,3 ; 3 m/s).
Diverses expressions sont utilisées pour déterminer le diamètre théorique d’un tronçon dont celle
classique :
4Q Expression de calcul de la vitesse d’écoulement : V=
4𝑄
𝐷𝑡ℎ = 𝜋𝐷2
πV

En fin on choisit le diamètre commercial supérieur correspondant au diamètre théorique calculé


Pour les tuyaux en PVC et en PEHD les diamètres commerciaux sont les suivants : 12mm,
16mm, 25mm, 32mm, 63mm, 75mm, 90mm, 110mm, 160mm, 200mm, 300mm, 400mm etc.
Chapitre 2 : Généralités sur les écoulements en charge

 Calcul de la charge (H)


On procède de l’aval vers l’amont si la charge en tête de réseau n’est pas connue et inversement
si cette dernière est connue.
On calcule d’abord les pertes de charge tronçon par tronçon puis on applique la loi de Bernouilli
entre les nœuds consécutif pour déterminer leur charge.
 Vérification des pressions aux nœuds de service
On veillera à respecter les pressions de service et leur intervalle de tolérance en procédant par un
changement de diamètre pour augmenter ou diminuer les pertes de charge si nécessaire.
Au cas où il est difficile de respecter les pressions de service on procède à la pose de pièces
spéciaux pour régler la pression (surpresseur, réducteur de pression ou régulateur de pression).
Leur emplacement dans le réseau sera aussi déterminer avec précision.

APPLICATIONS (cf TD)


Etant donné que les étudiants qui ont bénéficié de ce fichier, par rapport à leur filière, sont plus intéressés par la partie Hydraulique en charge,
Nous procéderons à un résumé sommaire dans cette partie du cours.
Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre

Dans ce chapitre, nous abordons les écoulements dans les canaux à ciel ouvert ou dans les canaux
dont l’écoulement occupe une partie de la section et l’autre occupée par de l’air. Les grandeurs
permettant de décrire ces écoulements sont des fonctions de l’espace et du temps.

I. Généralités
Théoriquement, un écoulement est dit uniforme si les filets liquides sont rectilignes, parallèles
entre eux et parallèles aux parois. Cela voudrait dire que la distribution des vitesses est la même
d’une section à l’autre.
Dans la pratique, on dira que l’écoulement est uniforme si le débit Q et la vitesse moyenne U ne
varient pas d’une section à l’autre. Cette approximation est beaucoup plus simple et donne des
solutions satisfaisantes à beaucoup de problèmes pratiques.
Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre

I.1. Les paramètres géométriques d’un écoulement à surface libre


Faisons une coupe perpendiculaire à la direction d'un écoulement à surface libre.
On définit les éléments suivants :

- Section mouillée (Sm) : C'est la superficie occupée par l'eau et qui est délimitée par les parois du
canal ou de la conduite.
- Périmètre mouillée (Pm) : C'est la longueur de la ligne de contact entre l'eau et les parois .
S D
- Rayon hydraulique (𝐑 𝐇 ) : C'est le quotientPm . Pour une section circulaire de diamètre D, R H = 4
m

- Diamètre hydraulique (𝐃𝐇 ) : DH = 4R H


Sm
- Profondeur moyenne (𝐲𝐦 ) : C'est le rapport ym =
B
Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre

Sm
- Largeur moyenne 𝐋𝐦 : C'est le rapport
y

- Hauteur d'eau ou tirant d'eau ou profondeur d'eau (y) : c'est la distance verticale
entre la surface libre et le fond du canal (le point le plus bas)
- Largeur en gueule ou largeur en miroir (B) : C'est la largeur de la surface libre dans la
section mouillée.
Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre
Le tableau suivant donne les formules des éléments géométriques pour quatre types de sections de canaux.
Surface mouillée Périmètre mouillé Largeur au miroir
𝑆𝑚 = 𝑏𝑦 𝑃𝑚 = 𝑏 + 2𝑦 b

𝑏 + 𝑚ℎ ℎ 𝑏 + 2ℎ 1 + 𝑚2 𝑏 + 2𝑚ℎ

1 1 𝜃
𝜃 − 𝑠𝑖𝑛𝜃 𝐷2 𝜃𝐷 𝐷𝑠𝑖𝑛 =2 ℎ 𝐷−ℎ
8 2
2

2 8ℎ2 3𝑆
𝐵ℎ 𝐵+
3 3𝐵 2ℎ
Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre

I.2. Classification des écoulements à surface libre

Une première classification est basée sur la comparaison de la valeur relative des forces
agissant sur ces écoulements (la gravité, l’inertie et la viscosité). Le résultat de l’équilibre de
ces forces est traduit par des nombres adimensionnels : Reynolds et Froude.
𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑′𝑖𝑛𝑒𝑟𝑡𝑖𝑒 𝑈𝑅
𝑅𝑒 = =
𝑓𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑣𝑖𝑠𝑐𝑜𝑠𝑖𝑡é 𝜈

Où 𝜈 est la viscosité cinématique ; 𝑈 une vitesse caractéristique ; 𝑅 est le rayon hydraulique

Pour des 𝑅𝑒 faibles, l’influence des forces visqueuses sur l’écoulement est prépondérante et
l’écoulement est dit laminaire pour 𝑅𝑒 < 500. Dans les écoulements naturels à surface
libre, les forces d’inertie sont prédominantes par rapport aux forces visqueuses. Ces
écoulements sont dits turbulents (𝑅𝑒 > 2000). Les écoulements à surface libre dans les
canaux artificiels ou naturels sont généralement turbulents.
Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre
Les écoulements à surface libre sont essentiellement gravitaire : donc influencés par la force
de gravité. On compare le résultat de l’équilibre de la force d’inertie par rapport à la force
de gravité en introduisant le nombre de Froude.

𝑓𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑′𝑖𝑛𝑒𝑟𝑡𝑖𝑒 𝑉
𝐹𝑟 = =
𝑓𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑔𝑟𝑎𝑣𝑖𝑡é 𝑔𝐷ℎ

Où g est l’accélération de la pesanteur.


Selon l’ordre de grandeur de Fr on a trois type d’écoulement

𝐹𝑟 < 1 𝐹𝑟 = 1 𝐹𝑟 > 1
Nature de l’écoulement Fluvial critique Torrentiel
Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre
II. Les Ecoulements uniformes
L’écoulement uniforme se rencontre dans les canaux naturels et assez rare dans les canaux artificiels.
Les lignes de charge, de la surface libre sont alors parallèles au fond du canal.
Plusieurs formules permettent de déterminer la vitesse d’écoulement.
II.1 formule de Chézy
L’équilibre des forces de gravité et de frottement conduit à l’expression suivante de la vitesse
moyenne de l’écoulement :
𝑉 = 𝐶 𝑅𝐻 ∗ 𝐼
Où 𝐶 est le coefficient de Chézy donné par la formule de Bazin et I la pente du canal
87
𝐶= 𝑘𝑏 dépend du type de paroi
𝑘𝑏
1+𝑅
𝐻
Paroi très lisse Paroi lisse (béton) Paroi rugueuse Parois en terre très
(ciment lissé) (maçonnerie) rugueuse
𝑘𝑏 0,06 0,16 0,46 1,75
Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre
II.2 Formule de Manning Strickler
Le coefficient 𝐶 de Chézy est donné par la formule de Manning Strickler
1 1/6
𝐶 = 𝑅𝐻
𝑛

Avec 𝑛 est le coefficient de Manning et RH le rayon hydraulique

II.3 Expression du débit


2
𝑄 = 𝑘𝑠 × 𝑅𝐻 3 × 𝑖 0,5 𝑆𝑚

II.4 section économique ou hydrauliquement favorable


La construction d’un canal pour débit donné Q coutera moins cher pour la plus faible section
appelée section économique. Pour une pente et une rugosité constante, l’équation de Manning
pour une hauteur normale hn permet d’écrire :
Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre
𝑄 3
𝑦 = 0,917( 0,5
)8
- Dans le cas du canal à section rectangulaire nous avons : 𝐾𝑆 ∗ 𝑖
𝑏 = 2𝑦
𝑄 3
𝑦 = 0,917( 𝑚 )8
𝐾𝑆 ( 1 + 𝑚2 − )𝑖 0,5
- Dans le cas du canal à section trapézoïdale nous avons : 2

𝑏 = 2𝑦( 1 + 𝑚2 − 𝑚)
NB: la revanche
La revanche dans une conduite d’assainissement représente la hauteur de la surface
libre dans le canal. Elle est généralement calculé par les formules suivantes
1 1
1è𝑟𝑒 𝑚é𝑡ℎ𝑜𝑑𝑒 𝑟 = 3y ou 𝑟 = 4y
2è𝑚𝑒 𝑚é𝑡ℎ𝑜𝑑𝑒 Formule de Lancey : 𝑟 = 0,2 + 0,15𝑄1/3
Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre
III. Les écoulements graduellement variés
Quand les lignes d’eau, d’énergie et du fond du canal ne sont pas parallèles, on peut
dire que l’écoulement à surface libre est non-uniforme, c’est le cas pour la quasi-
totalité des écoulements dans les cours d’eau naturels ainsi qu’aux voisinages des
zones de transitions telles : les déversoirs, vannes, changements de pente, de direction
et de rugosité.
Les écoulements non-uniformes se subdivisent en écoulement graduellement variées
(où les caractéristiques de l’écoulement varient graduellement dans l’espace) et les
écoulements rapidement ou brusquement variées (où les caractéristiques de
l’écoulement varient brusquement dans un espace assez étroit).
Chapitre 3 : Généralités sur les écoulements à surface libre

IV. Les écoulements brusquement variés


Les écoulements brusquement variés sont des écoulements où la variation des caractéristiques
du mouvement varient localement, ou dans espace réduit. L’apparition la plus connue est le
ressaut hydraulique.
Donc, le ressaut hydraulique est une surélévation brusque de la surface libre d’un écoulement
permanent qui se produit lors du passage du régime torrentiel au régime fluvial. Il est
accompagné d’une agitation marquée par de grandes pertes d’énergie.
Fin de l’exposé