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CHAPITRE V 2 – La machine à courant continu

Il faut savoir que de nos jours le seul usage intéressant d’une telle machine est la variation de
vitesse.
Aussi on va orienter notre étude de la machine afin de comprendre et maîtriser les principaux
I – CONVERSION ELECTROMECANIQUE fonctionnements industriels.

Nous allons l’étudier en regardant ses deux parties :


1 – Objectifs - fixe : le stator ou l’inducteur,
- mobile : le rotor ou l’induit.
Nous avons vu dans les chapitres précédents comment Chacune des deux comporte bien entendu une partie magnétique et électrique.
- créer des forces mécaniques à partir d’énergie électrique (Laplace),
- adapter des tensions électriques à l’utilisation faite (transformateurs - redressement), 2.1 – Le stator
- créer des grandeurs électriques grâce à des déplacements (fem).
Ces trois grandes notions sont à la base des machines électriques. Il constitue la partie fixe du circuit magnétique.
Il est parcouru par le flux inducteur φd.
En effet, la puissance mise en jeu dans de nombreux processus industriels, se présente sous forme Il est massif dans la zone où le flux est constant (partie annulaire), il est feuilleté dans la zone où le
mécanique : flux peut subir des fluctuations (zone des pôles inducteurs).
- systèmes en translation : P = F.v
- systèmes en rotation : P = Γ.Ω Anneau massif
Mais l’énergie mécanique se prête mal au transport (transmissions de longueur réduite) et à sa
répartition sur plusieurs récepteurs.

A part quelques cas particuliers (ex. : électrolyse, …) l’énergie électrique est peu utilisée directement.
Par contre, elle est parfaitement adaptée au transport quelle que soit la distance et à sa distribution
sur plusieurs récepteurs.
Pôles feuilletés
La complémentarité de ces deux formes d’énergie, conduit à concevoir entre la source mécanique
(ex. : turbine, …) et le (ou les) récepteur(s) industriel(s), une chaîne de puissance qui peut être
schématisée comme suit :
Fig. V.2
ΓR ΓR
La source du flux peut être constituée par
- un aimant permanent : flux fixe pour les très petites machines ou à usages spéciaux
G Pel M R (ex : dynamo tachymétrique)
ΩG ΓM ΩM ΓM - un enroulement inducteur : porté par les pôles et parcouru par le courant d’excitation
réglable Id il permet de faire varier l’amplitude du flux φd(Id).
Fig. V.1 Remarque : Les grandeurs relatives à l’inducteur sont indicées « d ». Ex. : Id, Rd, …
Elle nécessite en amont, une conversion « énergie mécanique ⇒ énergie électrique ». On peut concevoir des circuits magnétiques de structure multipolaire. Ils permettent notamment de
Le convertisseur se présente alors comme : s’adapter aux différentes vitesses de rotation Ω des parties tournantes, en maintenant les vitesses
- un récepteur mécanique, Moteur périphériques (vitesses de déplacement dans le flux inducteur) dans une plage de valeurs
- un générateur électrique : Générateur semblables.
2.2 – Le rotor
Les signaux électriques peuvent se présenter sous forme alternative sinusoïdale ou sous forme
continue. Il constitue la partie tournante de la machine.
Dans la réalité industrielle, ils sont le plus souvent produits sous forme alternative : générateurs à Il ferme le circuit magnétique par un cylindre feuilleté (en raison de son mouvement par rapport au
courant alternatif dont le plus commun est l’ALTERNATEUR. Selon les applications, ils sont utilisés flux) et encoché pour recevoir l’enroulement induit.
sous forme alternative (différents types de moteurs à courants alternatifs) ou sous forme continue
(moteurs à courant continu).
Dans ce dernier cas, l’obtention des signaux continus résulte en général de l’emploi d’un redresseur
(voir chapitre précédent)
1
Γ.Ω = Ed.Ia

3.2 – Grandeurs fondamentales

On considère une machine « quasi parfaite » où seule la résistance d’induit Ra n’est pas négligée ce
Fig. V.3 qui implique Ua ≠ Ed.
La liaison électrique entre les circuits tournants (enroulement induit avec ses liaisons aux lames du On recherche dans ce cas, les relations entre les 4 grandeurs liées à l’induit énoncées au §
collecteur) et le circuit fixe (bornes externes de la machine), est obtenue par un contact glissant : précédent (Ed, Ia, Γ, Ω) et le flux φd.
balais fixes en graphite portant sur le collecteur en rotation.
Force électromotrice
Son expression découle de la loi de LENZ
Remarque : Les grandeurs relatives à l’induit sont indicées « a ». Ex. : Ua, Ia, … Cependant, on ne
notera les indices que dans le cas où il existe un risque de confusion. Ex. : Ia ou Id. E=Blv
v=rΩ
lié à Φd
3 – Conservation de l’énergie éléments du moteur = constantes
On peut donc écrire :
3.1 – La réversibilité Ed = k Φd.Ω

La machine à courant continu est un convertisseur réversible permettant d’assurer les deux types de Couple électromagnétique
conversion. Son expression découle de la loi de LAPLACE.
- puissance mécanique → puissance électrique : GENERATRICE
F=Bli
- puissance électrique → puissance mécanique : MOTEUR
proportionnel à Ia
lié à Φd
La conversion est localisée dans la partie tournante (rotor, induit) qui est soumise à 4 grandeurs
physiques : éléments du moteur = constantes
- 2 grandeurs électriques :
D’où
. la f.e.m . Ed (s’il y a mouvement)
. le courant Ia (si le circuit est fermé) Γ = k Φd.Ia
auxquelles est liée une puissance électrique Pel = Ed.Ia
- 2 grandeurs mécaniques : Remarque : Cette expression ne fait aucune hypothèse sur l’origine du courant
. le couple Γ (s’il y a un courant) - courant débité : génératrice → couple résistant
la vitesse Ω (si le système est mobile) - courant consommé : moteur → couple moteur
auxquelles est liée une puissance mécanique Pm = Γ.Ω
On notera que le couple électromagnétique est indépendant de la tension d’induit Ua.

Selon le principe de la conservation de l’énergie on a :


Pm = Γ.Ω Φ Pm = Pel
N S Pel = Ed.Ia
ΓΩ = Ed Ia
k Φd.IaΩ = k Φd.IaΩ

On vérifie ainsi l’identité de la constante « k » intervenant dans les expressions de la f.e.m. Ed et du


Fig. V.4 couple Γ à condition que la vitesse Ω soit exprimée en radian par seconde.

En supposant que la machine est parfaite : Vitesse de rotation


circuit magnétique : pas de pertes « fer » Ed
De l’expression de la f.e.m. Ed = k.Ω.Φd, on déduit Ω = .
circuits électriques : pas de pertes « joule » k.φ d
système en rotation : pas de pertes mécaniques
La vitesse des génératrices étant imposée par le dispositif d’entraînement (turbines par exemple), il
n’y a lieu de considérer que l’expression relative aux moteurs. On rappelle que Ed = Ua - Ra.Ia.
Ceci implique Ua = Ed, et le principe de la conversation de l’énergie permet d’écrire Pm = Pel soit :
On a donc :

2
Ua − R aIa Le circuit magnétique d’une machine à courant continu (stator, entrefer et le rotor) présente une
Ω= caractéristique magnétique B = f(H) dont l’allure et les propriétés sont semblables à celles de tous
kΦ d
les circuits magnétique usuels.

Remarque : La valeur de la vitesse de rotation peut être exprimée avec des unités différentes : B
« N » en tours par minute, utilisée en langage courant et sur les plaques signalétiques
« n » en tours par seconde, qui se présente alors comme une « fréquence de
rotation »
« Ω » en radian par seconde, qui seule, conduit à des expressions homogènes sans
l’emploi de coefficients
Br
et on a la relation suivante : Ω = 2π N/60

Hc H
II – LES DIFFERENTS FONCTIONNEMENTS

1 – Fonctionnement à vide Fig. V.8 : Cycle d’hystérésis


Le fonctionnement à vide d’une machine à courant continu peut se présenter sous les deux formes : - Cycle d’hystérésis en général étroit pour limiter les pertes
- fonctionnement en génératrice à vide : U0 = Ed - Induction rémanente Br lorsque le champ H n’est plus appliqué
- fonctionnement en moteur à vide : U0 ≅ Ed - Champs coercitif Hc pour annuler Br
Il est donc dans les deux cas, défini par l’expression de la f.e.m. Ed = k.Ω.φd
Si l’on note que :
Cependant, pour des raisons pratiques, l’étude expérimentale est généralement effectuée dans un - La f.e.m. Ed est proportionnelle au flux φd, lui-même étant proportionnel à l’induction B.
fonctionnement en génératrice.
n .I
- Le champ H = d d est proportionnel au courant d’excitation Id.
l
1.1 – Influence de la vitesse On en déduit que la caractéristique Ed=f(Id) pour Ω=constante, est homothétique à la courbe
d’aimantation B(H).
Si le flux inducteur φd est fixe (aimant permanent) ou s’il est constant par maintien du courant
d’excitation φd(id) = constante, la f.e.m. Ed est strictement proportionnelle à la vitesse de rotation Ω. Remarque : Cependant en raison de l’étroitesse du cycle d’hystérésis, on adopte en général pour
Pour un état « 2 » obtenu à partir d’un état « 1 » de référence cela peut se traduire par le rapport : caractéristique à vide Ed = f (Id), une courbe fictive correspondant pour une excitation
E2 Ω 2 donnée Id, à la valeur moyenne entre les valeurs obtenues pour Id croissant et Id
= pour Ia = 0 et Id = cte décroissant.
E1 Ω1
Ed
Cette proportionnalité est utilisée dans les DYNAMOS TACHYMETRIQUES où le flux est produit par
un aimant permanent.
Elles constituent l’un des principaux capteurs de vitesse.
Et la f.e.m. qu’elles délivrent est directement utilisable dans des dispositifs de détection ou de
régulation.

0 Id
Système en
mouvement Fig. V.9 : Courbe de première aimantation
E=kΩ
Ω Cette caractéristique peut se décomposer en 3 parties
- zone non saturée de proportionnalité entre Ed et Id
Fig. V.7 : La dynamo tachymétrique - coude de saturation
- saturation totale, variation linéaire

1.2 – Influence de l’excitation Remarque : La caractéristique à vide Ed = f(Id) se relève généralement lors d’un fonctionnement en
génératrice à vide (Ed = U0) entraînée à vitesse constante.
3
Le faire sur un moteur à vide donnerait des résultats identiques mais la mise en œuvre
est plus délicate car il faut maintenir la vitesse constante tout en faisant varier Id, chose
Ed U0
difficile puisqu’on a la relation suivante Ω = = = cte .
k.φ d (I d ) k.φ d (Id )

2 – Fonctionnement en charge

2.1 – Caractéristique de charge

Les grandeurs électriques étant aisément mesurables ou contrôlables, il est parfois intéressant de
définir des caractéristiques mixtes :
- caractéristique électromécanique de vitesse : Ω = f(I)
- caractéristique électromécanique de couple : Γ = f(I)
U − R a .IM
En se limitant au moteur, et à partir des expressions Ω M = M et ΓM = kφd.IM, on peut

déterminer l’allure des caractéristiques électromécaniques.
On notera qu’elles permettent aisément d’obtenir la caractéristique mécanique ΓM = f(ΩM).

Γ=
(kφ)2 .Ω − kφ.U
R R