Vous êtes sur la page 1sur 2

CHAPITRE II r

Comme pour tout champ de vecteurs, on peut calculer la circulation de E le long d'une courbe C.

Les calculs montrent que, pour une distribution


Introduction r
des charges créant dans l'espace le champ E ,
E1 B r
En 1831, à quelques semaines d'intervalle, Faraday réalisa les deux expériences illustrées ci- la circulation de E entre 2 points A et B de
dessous et fit les 2 constatations suivantes : l'espace ne dépend pas de la courbe choisie
dl1 dl2 pour aller de A à B, mais seulement de la
position des points A et B.
E2 Β Β
(C2)

A ∫ E1 ⋅ dl1 =
Α ( C 1)
∫E
Α( C 2 )
2 ⋅ dl 2
(C1)
Fig. II.3
r
K De plus, pour une distribution de charges données (donc un champ E défini en tout point de
l'espace), il existe une fonction scalaire et une seule telle que la différence de ces valeurs aux points
A et B est égale à la circulation de E entre A et B.
Fig. II.1 Fig. II.2
Β
Quand on ferme l'interrupteur K, l'aiguille de la Quand on introduit rapidement le barreau VBA = VB – VA = - ∫ E ⋅ dl
boussole oscille puis revient à sa position aimanté dans le solénoïde, l'aiguille du Α(C)
d'équilibre. Mouvement inverse quand on ouvre galvanomètre dévie. Mouvement inverse quand
l'interrupteur. on retire brusquement l'aimant. r
La fonction V, caractéristique de la position pour E donné est appelée fonction potentiel ou
r
I - RAPPELS D'ELECTROSTATIQUE – PARALLELE AVEC L'ELECTROMAGNETISME simplement potentiel. Si les points A et B sont repérés par leur position r par rapport à un repère
r
fixe, V est une fonction r . Si les points A et B sont infiniment voisins, VA = V et VB = V+dV alors:

1 - Définition du champ électrique E ⋅ dl = −dV

De la même façon que l'interaction à distance de deux courants amène à la notion de Si la circulation est calculée le long d'une ligne de champ, alors le module du champ vaut :
champ d'induction, l'interaction entre deux charges électriques immobiles conduit à la notion de dV
champ électrique. E=-
dl
De même que les courants électriques sont des "sources" de champ d'induction, les D'une manière générale, le champ électrique apparaît donc toujours comme la dérivée d'une
charges statiques sont des sources de champ électrique. Une distribution de charges va donc créer fonction potentielle.
r
en M un champ E et toute charge q placée en M sera soumise à une force Fe , la force
électrostatique, telle que :
r 3 - Conséquence pour les matériaux
Fe = qE La tension appliquée à des récepteurs par des générateurs est en fait la différence qui existe entre
unités : F : ............… deux valeurs de la fonction potentiel aux extrémités des circuits.
q : ...............
E : ............... Ceci implique que partout dans les circuits électriques existe un champ électrique. Lorsque le circuit
a la simple forme d'un conducteur de section constante, le champ électrique y est uniforme et :
Le champ électrique est un champ de vecteurs. Il peut être défini par la relation ci-dessus. Il est Β Β Β
donc représenté par la force qui s'exerce en M sur une charge unité. ∆V = ∫ E ⋅ dl = ∫ E ⋅ dl = E ∫ dl = El
Α(C ) Α( C ) Α(C )
r
2 - Circulation de E - Potentiel l étant la distance entre les points A et B.
2
e = (B1 – B2) l v

II - EXPRESSION DE LA FEM INDUITE La variation du flux, ou flux coupé, à travers la surface du cadre correspond à la somme algébrique
des flux coupés par les conducteurs AB et CD et l'on a :
Nous la calculerons dans le cas d'un conducteur rectiligne se déplaçant dans un champ d'induction
uniforme.. Le conducteur de longueur l se déplace dans une direction normale à son axe dans un dφc
champ perpendiculaire au plan du déplacement. Les charges électriques contenues dans le barreau e=−
dt
sont soumises à une force.
r r r
F = qv ∧ B Remarque : Le signe de ce flux dépend des orientations relatives de la normale à la surface
r
balayée et de B .
Les charges qui peuvent se déplacer ("les électrons libres") vont donc s'accumuler à l'une des
extrémités du barreau, laissant l'autre extrémité chargée positivement. La fem induite est égale et opposée au taux de variation du flux coupé à travers le circuit
r v
B Cette distribution de charges fait apparaître un champ électrique E Signification physique du signe moins : LOI DE LENZ
Q qui crée sur les charges une force électrostatique.
r r
Fe = qE Le résultat établi précédemment pour un circuit rigide se déplaçant dans un champ B fixe
est absolument général : la fem est toujours égale et opposée à la variation du flux subie par le
r L'analyse du phénomène montre que Fe et F sont antagonistes : le circuit, quelle que soit l'origine de cette variation.
O v transfert de charge ralentit puis s'arrête et un équilibre s'établit pour
lequel : Le signe - n'est en aucun cas la conséquence de conventions arbitraires, mais la
r traduction d'un fait physique essentiel :
Fig. II.4
Fe = − F Il traduit le fait que la fem induite a tendance à faire circuler un courant qui s'oppose à la
cause qui lui donne naissance.
∆V
Compte tenu de la géométrie, on aura : qE = -qvB avec E=-
l
IV - RELATION AVEC L'EXPRESSION FONCTION DU FLUX
∆V étant la ddp qui existe entre les extrémités du barreau. Cette ddp est la fem induite notée e et :
∆V = e = B l v
1 - Orientation de la normale
r
Définition : Un conducteur en déplacement dans un champ B coupe les "lignes de champ". Reprenons le barreau précédent et convenons que la fem que nous avons déterminée est positive.
r
Simultanément, ce conducteur balaye une certaine surface. Le flux de B à travers cette surface Elle tend alors à faire circuler dans le barreau un courant dans le sens indiqué : c'est le courant qui
s'appelle le flux coupé par le conducteur. circulerait si le barreau était relié à un circuit extérieur.
r
Comme lors de l'étude de la loi de Laplace pour i dl , nous orientons le vecteur l selon i. La
surface balayée est alors représentée par :
III – EXPRESSION ALGEBRIQUE DE LA FEM EN FONCTION DU FLUX r
n dS = dx ∧ ℓ ce qui conduit à e = vr ∧ B ⋅ ℓ = B ∧ ℓ ⋅ vr = − dφc .
r r r r r
z dt
Considérons le cadre rectangulaire de la figure
y II.5. Ce cadre est placé dans un champ 2 - Calcul de la fem
B1 d'induction B non uniforme parallèle à Oz et il se
déplace parallèlement à Ox. C'est finalement la situation illustrée par les figures II.1 et II.2. L'induction variable résulte :
On supposera pour simplifier les calculs que B - soit de la variation du courant dans le circuit qui la crée (Fig. II.1) : elle a alors une
B B2 C est indépendant de y, mais cette condition n'est direction fixe et un module variable,
pas nécessaire. - soit du déplacement de l'aimant par rapport au circuit.
A l'instant t+dt, il occupe la position en pointillé.
v Le mouvement relatif qui fait apparaître le flux coupé existe et l'on a toujours :
O x
dφ c
A D e=−
Fig. II.5 dt
Les conducteurs AB et CD, de longueur l, sont analogues au conducteur PQ précédent. A l’instant t, On conçoit qu'il en est de même dans le cas de l'expérience II.1 où φ est directement fonction du
ils sont animés d’une vitesse v et le circuit est donc le siège d’une fem positive : temps.
3