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L’employabilité est un concept qui loin d’être récent, fait l’objet d’une littérature abondante en

sciences de gestion depuis quelques décennies. En effet, depuis le début des années quatre-vingt-dix de
nombreux articles dans les revues managériales insistent sur l’importance du développement de
l’employabilité1 , montrent pourquoi et comment les entreprises développent l’employabilité de leurs
salariés2.ce concept a été étudié sous différents angles et a acquis différentes significations tout au long
du temps selon qu’il a été utilisé par les médecins ,les statisticiens, les travailleurs sociaux et les
différents acteurs de la politique ou les gestionnaires de ressources humaines.

Hillage et Pollard (1998)3 , proposent trois éléments fondamentaux pour définir l’employabilité à
savoir : la capacité à obtenir un emploi initial (initial employment), la capacité à conserver son emploi,
à mener les transitions entre les emplois et les rôles dans une même organisation ainsi que celle à
trouver un autre emploi si nécessaire. Ainsi donc, selon la définition du Canadien Labor Force
Developement Board (1994, p. viii), l’employabilité c’est la capacité relative que possède un individu
à obtenir un emploi satisfaisant compte tenu de l’interaction entre ses propres caractéristiques
personnelles et le marché du travail. Outin (1990), considère quant à lui l’employabilité comme un
construit de quatre dimensions à savoir : les qualités individuelles (relationnelles et motivationnelles),
les compétences professionnelles, la situation du marché du travail, et les politiques de formation
suivies par l’Etat et les entreprises. Au regard des differentes acceptions de ce concept, il faut retenir
qu’Il n’existe donc pas de consensus sur une définition de l’employabilité même si elle renvoie
fondamentalement à la capacité à être employé.
En côte d’ivoire, ce concept, se retrouve depuis quelques années au cœur des préoccupations d’un
point de vue général et de façon spécifique au niveau de l’enseignement supérieur. En effet, la question
du chômage des individus en âge de travailler constitue une véritable gangrène pour l’Etat ivoirien. A
ce titre, l’Agence d’Etudes et de Promotion de l’Emploi (AGEPE) révèle que les jeunes de moins de
35 ans, qui constituent plus de 64% de la population, sont frappés d’un taux de chômage estimé à
environ 25 %. C’est-à-dire le ¼ des forces vives du pays4. En outre, cette précarité de l’accès à
l’emploi s’étend également aux jeunes diplômés de l’enseignement supérieur ivoirien malgré les
connaissances et diplômes détenus par ceux-ci ainsi que les mesures prises par le gouvernement
ivoirien pour y remédier. Le capital humain étant l’une des ressources capitales pour atteindre la
performance (Hamel et Prahalad ,1999), les entreprises ivoiriennes à l’instar de leurs congénères
mondiales sont donc perpétuellement en quête d’individus compétents, autrement dit capables de leur
permettre d’atteindre leurs objectifs stratégiques en optimisant leurs ressources. C’est alors dans ce
cadre qu’elles ont recourt aux structures qui ont pour objet de fournir la main d’œuvre adéquate ; il
1
« L’employabilité : pour rester compétitif sur le marché de l’emploi », (Dubertrand et al., 1997, Entreprise et
Carrières,N0 381 : du 1e au 7 avril, p.13-15) ; « Garder sa valeur sur le marché du travail », (Sève et Avril,1997,L’usine
nouvelle,N02592,p.74-82).
2
« Développer les compétences et l’employabilité » (Liaisons sociales magazine, Avril, 2006, p.6) ; « vous avez dit
Employabilité ? Pourquoi ? Pour qui ? Comment ? 40 pratiques d’entreprises » (RH & M, N0 21, Avril,2006, p.32)
3

4
http://terangaweb.com/chomage-et-entreprenariat-des-jeunes-en-cote-divoire
s’agit des établissements d’enseignement supérieur à savoir : les universités publiques, les grandes
écoles et les établissements supérieurs d’enseignements privés. De même, tout comme ces entreprises,
certains Etats sachant que leurs croissances économiques sont assurées par l’accroissement de leur
produit intérieur brut (PIB) ne restent pas en marge. En réalité, le PIB n’est que la résultante de la
somme des valeurs ajoutées (VA) crées par les entreprises présentent sur le territoire et donc il
s’établit une certaine dépendance entre l’Etat et le secteur privé. C’est sans nul doute dans cette
dynamique que se sont inscrits plusieurs pays développés en rapprochant de plus en plus les étudiants
des établissements de l’enseignement supérieur de la réalité du monde professionnel, afin de leurs
fournir les compétences nécessaires et requises par les entreprises du secteur public et surtout plus
celles du secteur privé. Citons à titre illustratif la France où le taux de d’employabilité des étudiants
issus des universités publiques varie entre 82 et 97% selon le diplôme obtenu1.
Toutefois, cette réalité est loin de celle qui prévaut en côte d’ivoire. Le système supérieur ivoirien
comprend trois types de structures : les universités publiques, les grandes écoles et les établissements
supérieurs d’enseignements privés.

En dépits de toutes les tentatives, les reformes et innovations réalisées par le gouvernement ivoirien et
le ministère de l’enseignement supérieur ivoirien (système L.M.D, recrutement du personnel
enseignant, création de nouvelles unités de formation universitaires, partenariat avec les universités
françaises...), il se pose toujours le problème de l’employabilité des étudiants formés dans ces locaux.
Malgré le développement des filières professionnalisées dans certains domaines tels que les sciences
économiques et juridiques, le niveau d’insertion des diplômés reste faible comme l’attestent les
statistiques de 2014 de l’Agepe. Ainsi donc, l’Université Felix Houphouët Boigny qui en est la plus
grande du territoire ivoirien en est l’illustration parfaite.

En effet, le taux d’employabilité des étudiants diplômés de cette Université est de 32% pour les
masters et de 25% pour les diplômés ayant la maitrise 2. Aussi, le taux de chômage pour les diplômés
de niveau BAC + 2 et 3 est de 42% selon une revue ivoirienne3.

Plusieurs raisons semblent expliquer ce phénomène. Selon les propos recueillis auprès de la présidente
de cette structure : « En Côte d’Ivoire, l’entreprise et l’université se sont longtemps ignorées. Des
préjugés et un déficit de confiance entre les deux structures en sont les facteurs. Le secteur de la
production a toujours eu une perception négative de l’université. Il considère celle-ci comme une
institution, loin des réalités socio-économiques, formant des diplômés inadaptés à leurs attentes et à
leurs besoins en ressources humaines ».

1
http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/
2
http://www.univ-fhb.edu.ci/)
3
IRH Mag No 005, Mars-Avril 2016
Toutefois, ces statistiques susmentionnées nous révèlent que certains de ces diplômés sont parvenus à
s’arracher des places de choix dans certaines entreprises de la place quoique sortant du même cadre de
formation avec parfois des compétences identiques à celles que possèdent leurs confrères au chômage.

Soupçonnant les facteurs individuels d’être la cause principale de l’employabilité de ces diplômés,
nous avons jugé judicieux de mener cette étude intitulée : « influence des variables individuelles sur
l’employabilité des diplômés des universités publiques de la ville d’Abidjan ».

En réduisant dans le cadre de cette étude le concept de l’employabilité uniquement à sa dimension ‘’


obtenir un emploi satisfaisant ‘’, la question centrale qui suscite nos investigations est la suivante :

Quelle est l’influence des variables individuelles sur l’employabilité des diplômés des Universités
publiques de la ville d’Abidjan ?

Cette question centrale amène les questions spécifiques suivantes :

Quelle est l’influence des variables personnelles sur l’employabilité des diplômés des Universités
publiques de la ville d’Abidjan ?

Quelle est l’impact des variables sociodémographiques sur l’employabilité des diplômés des
Universités publiques de la ville d’Abidjan ?

Objectif général

L’objectif général de cette étude est d’analyser l’influence des variables individuelles sur
l’employabilité des diplômés des universités publiques de la ville d’Abidjan.

Il sera question de façon spécifique de :

 Analyser l’influence des variables personnelles sur l’employabilité des diplômés des
Universités publique d’Abidjan.
 Montrer l’impact des variables sociodémographiques sur l’employabilité des diplômés des
Universités publiques d’Abidjan.

Intérêt de la recherche

Cette étude présente un triple intérêt notamment au plan managérial, scientifique et pour le
chercheur.au niveau managérial, les résultats de cette recherche permettront aux managers d’améliorer
leurs grilles de sélection des candidatures. En effet, la prise en compte des variables individuelles chez
les candidats provenant des universités publiques pourrait améliorer leur employabilité et surtout plus
la performance de ces organisations par leur renforcement. Sur le plan scientifique, elle va permettre
d’enrichir la littérature sur le concept d’employabilité en Afrique subsaharienne. Pour ce qui est du
chercheur, Au niveau du chercheur, cette étude va permettre d’explorer un domaine peu exploité par
les chercheurs en Côte d’Ivoire en sciences de gestion.
Il existe trois paradigmes épistémologiques le positivisme, l’interprétativisme et le constructivisme. Le
positivisme permet d’expliquer la réalité. L’interprétativisme cherche à comprendre la réalité: c’est-à-
dire à donner une interprétation de la réalité. Le constructivisme cherche quant à lui à construire la
réalité. Pour la réalisation de la présente étude, étant donné que nous voulons expliquer une réalité,
nous adoptons le positivisme comme posture épistémologique.

HYPOTHESES

H1 : les variables personnelles influencent positivement l’employabilité des diplômés des
Universités publiques de la ville d’Abidjan

H2 : les variables sociodémographiques ont un impact positif sur l’employabilité des diplômés
des universités publiques de la ville d’Abidjan.

METHODOLOGIE

Pour mieux comprendre notre étude, nous ferons une étude exploratoire qui consistera pour nous à
utiliser une revue de littérature en relation avec notre sujet d’étude. En effet, pour répondre à
notre question de recherche nous ferons une étude dont le but sera de collecter et de maitriser
les œuvres scientifiques qui traitent de l’influence des variables individuelles sur
l’employabilité. Par la suite nous mettrons en œuvre un guide d’entretien qui sera administré
sur échantillon de vingt-cinq (15) responsables de ressources humaines de PME, ainsi qu’à des
salariés ayant obtenus leurs diplômes dans les universités publiques. Cette administration se fera à
travers des entretiens en face à face. L’administration du guide d’entretien nous permettra de
parfaire notre questionnaire qui par la suite sera soumis à quatre-vingt (80) salariés dans la ville
d’Abidjan ayant obtenus leurs diplômes dans les universités publiques. Les entretiens seront menés
de manière semi-directive par la méthode de boule de neige.

Plan du mémoire

Ce travail de recherche est structuré en deux(2) parties et comprend deux(2) chapitres par
partie.
Dans la première partie, nous ferons le point sur le cadre théorique de base ; nous
définirons ainsi les principaux concepts retenus et nous analyserons les études antérieures
ce qui nous permettra d’émettre les hypothèses à tester.
Une deuxième partie servira à visualiser le modèle final de notre étude issu des tests
statistiques, ce qui nous permettra par la suite de conclure en insistant sur les apports de
notre recherche dans l’influence des variables individuelles sur l’employabilités des diplômés des
universités publiques d’Abidjan , tout en proposant les implications managériales, les limites
et les voies futures de recherche.
PLAN PROVISOIRE DU MEMOIRE

PREMIERE PARTIE : APPROCHE THEORIQUE

CHAPITRE I : REVUE DE LA LITTERATURE

SECTION I :

SECTION II :

CHAPITRE II : CONCEPT ET OUTILS DE L’ANALYSE

SECTION I :

SECTION II :

CONCLUSION PARTIELLE

DEUXIEME PARTIE : APPROCHE EMPIRIQUE

CHAPITRE III :

SECTION I :

SECTION II :LE SYSTEME ET SON ENVIRONNEMENT

CHAPITRE IV : ANALYSE CRITIQUE DES RESULTATS DE L’ENQUETE,


PROPOSITION ET RECOMMANDATION

SECTION I : PRESENTATION DES RESULTATS

SECTION II : DISCUSSIONS ET IMPLICATIONS MANAGERIALES

CONCLUSION PARTIELLE

CONCLUSION GENERALE

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXE