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Étude originale

Innovation et action collective : le semis direct des


cultures pluviales au Moyen Sébou (Maroc)

Taha Labbaci1 Résumé


2,3
Patrick Dugue Les exploitations familiales des pays du Sud, au foncier cultivable souvent limité, doivent
Hassane Kemoun4 pouvoir entretenir la fertilité de leurs terres si elles veulent améliorer leur productivité.
Dominique Rollin5 L’agriculture de conservation et le semis direct sans travail du sol constituent des pratiques
1
Union des f
ed
erations Annahda pouvant répondre à cet enjeu. Mais on constate qu’elles sont très peu adoptées par ce type
Sebt Loudaya d’exploitations. Cet article vise à décrire comment et pourquoi des agriculteurs de la
Province Moulay Yaâcoub région du Moyen Sébou au Maroc ont pu adopter le semis direct des cultures pluviales.
Fès Des entretiens avec les agriculteurs et quelques mesures au champ ont été réalisés.
Maroc L’analyse du chantier de semis direct montre que l’agriculteur réalise une économie de
<labbaci123@yahoo.fr>
temps et d’argent pour l’implantation du blé, comparativement au semis après
2
CIRAD préparation du sol. L’évolution du système de culture en semis direct vers un système
UMR Innovation d’agriculture de conservation avec couverture du sol est complexe et peu envisageable,
73, rue Jean-François Breton
du fait des enjeux économiques et sociaux autour de l’usage des résidus de cultures dans
34398 Montpellier Cedex 5
France les exploitations de polyculture-élevage. Le renforcement de l’action collective apparaı̂t
<patrick.dugue@cirad.fr> important pour assurer la durabilité de cette expérience (meilleure organisation des chantiers,
3 mise en place d’un suivi-évaluation, collaboration recherche-développement, etc.).
D
epartement d'ingenierie
de d
eveloppement Mots clés : action collective ; agriculture de conservation ; exploitation familiale ;
École nationale d'agriculture innovation ; Maroc ; semis direct.
B.P. S/40
50001 Meknès Thèmes : économie et développement rural ; productions végétales.
Maroc
4
Cap Rural
7, rue Pasteur
50000 Meknès Abstract
Maroc Innovation and collective action: direct seeding of rainfed crops in the Middle Sebou
<haskemmoun@gmail.com>
region (Morocco)
5
Irstea
UMR G-eau In southern countries, family farms have limited arable land; thus, they must be able to
361, rue Jean-François Breton maintain soil fertility if they want to increase their productivity. Conservation agriculture
BP 5095 and direct seeding without tillage can meet this challenge. However, very few family
34196 Montpellier Cedex 5 farms adopt these techniques in these countries. This article aims to describe how and
France why farmers in the region of the Middle Sebou in Morocco have adopted direct sowing
<dominique.rollin@irstea.fr>
of rainfed crops. Interviews with farmers were undertaken and a few measurements of
work and production costs were made. The analysis of the direct seeding process shows
that farmers save both time and money for wheat implantation compared to seeding
after tillage. The evolution of the direct seeding cropping system to a system of
conservation agriculture with ground cover is complex and not possible for the moment
due to the economic and social issues related to crop residues on mixed cropping/
breeding farms. It is therefore not currently envisaged by farmers. Strengthening
collective action seems important to ensure the sustainability of this experience (better
organization of works, development of monitoring and evaluation, research and
development, etc.).

Pour citer cet article : Labbaci T, Dugué P, Kemoun H, Rollin D, 2015. Innovation et action
Tirés à part : P. Dugué collective : le semis direct des cultures pluviales au Moyen Sébou (Maroc). Cah Agric 24 : 76-83.
doi : 10.1684/agr.2015.0742
doi: 10.1684/agr.2015.0742

76 Cah Agric, vol. 24, n8 2, mars-avril 2015


Key words: collective action; conservation agriculture; direct seeding; family farm;
innovation; Morocco.
Subjects: economy and rural development; vegetal productions.

A
u Maroc, les cultures pluviales L'adoption du rent de nouveaux savoirs et savoir-
(65 % de la surface totale faire. Ceci implique un accompagne-
cultivée) sont semées après
un travail de préparation du sol réalisé
semis direct et ment dans la durée par des conseillers
agricoles, qui est rarement possible du
en culture motorisée (charrue à de l'agriculture fait de la durée limitée des projets de
disque, cover-crop) sauf dans les zones développement.
de montagne où la traction animale de conservation par Ces différentes contraintes d’adoption
et l’araire persistent (MAPM, 2012). de l’AC s’appliquent aussi au contexte
L’adoption du travail du sol motorisé a les exploitations de l’agriculture pluviale au Maghreb
été favorisée par l’Opération-Labour, (Lahmar, 2010 ; Kassam et al., 2012).
subventionnée par l’État marocain juste familiales Au Maroc, les structures de dévelop-
après l’Indépendance (Clerc, 1961), pement se sont focalisées sur la
puis par la mise en place de CUMA Le semis direct est l’élément constitutif vulgarisation du SD en utilisant des
(Coopératives d’utilisation de matériel de base de l’agriculture de conservation semoirs en culture motorisée. L’AC
agricole), qui ont ensuite laissé la place (AC), qui comprend aussi la couverture avec couverture du sol par des résidus
à des prestataires de service privés. permanente du sol et la rotation ou n’a été étudiée par la recherche qu’en
Après plusieurs années de sécheresse l’association des cultures (FAO, 2014). station expérimentale. Les expériences
et suite à l’accroissement de l’érosion En 2013, l’AC couvrait 154 millions d’ha de vulgarisation du SD ont montré
hydrique, la recherche marocaine a dans le monde dont 75 % en Amérique que son adoption en agriculture fami-
proposé, au début des années 2000, le du Sud et du Nord, et concernait liale est contrainte par les difficultés
semis direct des cultures pluviales presque exclusivement des exploita- à construire localement un semoir
comme alternative au semis après tions bien dotées en capital (matériel adapté, peu cher et fiable, par le prix
travail du sol. Il s’agissait de favoriser motorisé, terre, savoirs, etc.) (FAO, élevé du semoir importé, et enfin, par le
les semis précoces et de limiter 2014). L’AC a été très rarement adoptée manque de coordination des agricul-
les processus d’érosion (Mrabet, par les exploitations familiales de petite teurs des petites et moyennes structu-
2001 ; Mrabet et al., 2012). En 2011, taille des pays du Sud, malgré l’impor- res (de 5 à 50 ha) pour gérer un
la surface emblavée en semis direct tance des investissements des projets équipement en commun (El Gharas et
(SD) ne dépassait cependant pas, de développement dans ce domaine et Idrissi, 2006 ; Mrabet et al., 2012). Dans
pour l’ensemble du Maroc, 5 000 ha pour ce type d’exploitation. Diverses ce contexte, il apparaı̂t que, pour la
(ICARDA, 2012) et concernait presque contraintes d’adoption ont été identi- pratique de l’AC, l’organisation collec-
exclusivement des grandes exploita- fiées (Knowler et Bradshaw, 2007 ; tive est cruciale pour gérer les équipe-
tions ayant acheté un semoir spécial SD Giller et al., 2009 ; Corbeels M et al., ments, les chantiers de semis ou la
importé. Mais pour de nombreux 2014) comme : conservation d’une partie des résidus
agriculteurs au Maroc et dans les autres – l’accès aux intrants (herbicides, de culture sur le sol.
pays du Maghreb, le travail du sol est semences de plantes de couverture,
considéré comme une technique etc.) et au matériel spécifique pour le
incontournable de « régénération » du semis est souvent limité ;
sol après la longue période sans pluie – l’investissement en travail peut être Contexte
(« le labour redonne de la vie au plus important qu’en culture conven-
sol »), mais aussi de contrôle des tionnelle (avec labour) si l’agriculteur et méthodologie
mauvaises herbes au moment du n’a pas réussi à bien contrôler les
semis. L’abandon du labour et la adventices suite au non-labour. Il doit La zone d’étude correspond à la
pratique du SD ne sont donc pas alors utiliser plus d’herbicides ou première tranche du Projet Moyen
anodins pour ces agriculteurs. Sur la désherber manuellement ses cultures ; Sébou, Inaouen Aval (6 500 ha irriga-
base d’une expérience de vulgarisa- – la polyculture-élevage est le sys- bles) et aux coteaux surplombant la
tion du SD menée par un projet de tème de production habituel pour vallée. Ce projet est financé depuis les
développement en appui à un col- l’agriculture familiale de ces régions années 1990 par l’État marocain avec
lectif d’agriculteurs de la zone du où, en saison sèche, l’alimentation du l’appui de l’Agence française de déve-
Moyen Sébou (figure 1), cet article bétail repose en grande partie sur loppement (AFD). Il met aujourd’hui
vise d’une part à décrire le processus l’utilisation des résidus de culture qui l’accent (dans sa phase 2) sur la mise
d’innovation en cours et d’autre part à sont censés constituer aussi le mulch en valeur des terres agricoles tout en
discuter des améliorations possibles de couverture ; poursuivant l’extension des surfaces
tant au niveau agro-technique que de – enfin, la mise en œuvre de l’AC irriguées. La zone se caractérise par
l’action collective. nécessite que les agriculteurs acquiè- des exploitations agricoles familiales

Cah Agric, vol. 24, n8 2, mars-avril 2015 77


labour. À cela s’ajoute la demande des
agriculteurs de pouvoir réduire le coût
© d-maps.com

250 km d’installation des céréales et de semer


Tanger de façon plus précoce. Pour cela,
150 mi l’Union des fédérations des associa-
tions d’usagers d’eau agricole a été
dotée par le Projet d’un équipement
Zone du Projet complet pour expérimenter le SD : un
Moyen Sébou tracteur avec quatre roues motrices, un
RABAT
semoir SD de 2,20 m de largeur, un
Casablanca Fès épandeur d’engrais et un pulvérisateur.
Meknès Cette chaı̂ne complète a été subven-
tionnée à 100 % par le Projet qui
considère qu’il s’agit d’une opération
Nord expérimentale. Cela permet à l’Union
Marrakech de réaliser des prestations de services
de bonne qualité et en temps oppor-
tun : puissance du tracteur adaptée aux
Algérie pentes et au poids du semoir, pulvé-
risateur de grande largeur bien réglé.
Pour la période 2010–2013, l’Union a
fixé le prix de la réalisation du SD à 250
Figure 1. Carte de localisation du projet Moyen Sébou dans la partie nord du Maroc. Dh/ha (1 s = 11,1 Dh en 2012), au
même prix que le semis conventionnel
Figure 1. Localization of Moyen Sebou project in northern Morocco. réalisé par les prestataires privés, afin
d’encourager l’adoption du nouveau
combinant des cultures irriguées sont caractérisées par des sols argilo- système de culture. En 2014, ce prix
(maraı̂chage, agrumes, etc.), des cultu- calcaires qui gonflent en hiver et est passé à 300 Dh/ha. Cette expéri-
res pluviales (céréales, féverole, etc.) et présentent d’importantes fissures en mentation sociotechnique a débuté à
de l’élevage ovin et bovin. 72 % des été. Ces sols bien structurés et relati- l’automne 2010 en combinant l’intro-
exploitations cultivent moins de 10 ha, vement fertiles sont toutefois sensibles duction d’un nouvel itinéraire tech-
dont les trois-quarts en agriculture à l’érosion lorsque la pente dépasse nique pour le blé et la féverole avec
pluviale. Au total, 10 % des exploi- 10 % et en cas de pluie importante sur l’organisation des prestations de ser-
tations cultivent plus de 20 ha, sol nu en début d’automne (Heusch, vice par l’Union (tableau 1).
et certaines possèdent un tracteur. La 1969). Les très fortes pluies de la Dans le cadre du suivi-évaluation de
pluviométrie moyenne est de 530 mm/ campagne 2009-2010 (970 mm entre l’opération SD réalisée par l’Union, des
an avec de grandes variations inter- octobre et mai) ont mis en exergue ces interviews ont été faites en 2013,
annuelles (Kadiri et al., 2009). Dans processus de ruissellement et d’érosion individuellement et en groupe, auprès
cette région, les actions de développe- qui ont endommagé une partie du de 50 agriculteurs afin d’aborder les
ment se sont focalisées sur les cultures périmètre irrigué en aval et augmenté le avantages et contraintes du SD. En tout,
irriguées et sur certaines filières (lait, nombre et la taille des rigoles et ravines 42 % d’entre eux avaient pris part aux
agrume). Celles en faveur des cultures sur les coteaux. activités du Projet : réunion d’informa-
pluviales ont été limitées à des essais de Cette situation de crise a amené l’AFD tion, visite de grandes exploitations
banquettes anti-érosives et à la vulga- à proposer le SD des cultures pluviales pratiquant le SD, expérimentation du
risation des intrants (engrais minéraux, aux agriculteurs de cette région et au SD dans une de leurs parcelles, etc.
variétés sélectionnées, fongicides et Projet, dans le but de réduire l’érosion Seuls les temps de travaux et les coûts
herbicides). Les pentes cultivées hydrique du fait de la suppression du des opérations d’implantation du blé

Tableau 1. Évolution des surfaces en semis direct et du nombre d'agriculteurs expérimentateurs.


Table 1. Evolution of direct seeding surfaces and the number of experimenting farmers.

2010-11 2011-12 2012-13 2013-14 2014-15

rimentateurs
Nombre d'agriculteurs expe 1 3 12 22 24

Surface totale en semis direct (ha) 3,5 15 55 143 156


En sol humide (ha) 3,5 15 55 90 153
En sol sec (ha) 0 0 0 53 3

Cultures 
Ble  , fe
Ble verole  , fe
Ble verole , fe
Ble verole , fe
Ble verole

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ont été mesurés pour trois parcelles en pluvial des superficies très différentes : cultural est plus délicat après un SD. Il
SD chez des agriculteurs expérimenta- un grand nombre de petites exploita- va dépendre de l’efficacité de l’épan-
teurs en 2012-2013. Ils ont été compa- tions qui emblavent des parcelles dage de l’herbicide total avant SD et du
rés aux références régionales pour le souvent inférieures à 4 ha, dispersées bon usage des herbicides sélectifs
blé en culture conventionnelle (Mrabet dans son territoire d’action et quelques ensuite. Pour 80 % des agriculteurs
et al., 2012). Ces mesures ponctuelles moyennes et grandes exploitations qui interviewés, le labour demeure la
ont été faites avant tout pour appuyer peuvent demander la prestation de SD technique qui permet le mieux de
des échanges entre les salariés de sur 20 à 30 ha par an. De plus le semoir limiter l’enherbement à cette période
l’Union et les agriculteurs, pour amé- SD n’est utilisé que quelques semaines du cycle des céréales, surtout quand le
liorer les interventions de l’Union et les par an en novembre et décembre. semis est réalisé après le 25 novembre.
itinéraires techniques testés. Après plusieurs campagnes, un modèle La probabilité de pouvoir semer plus
organisationnel a été stabilisé, visant tôt en SD qu’en semis conventionnel
à semer le plus de surface possible est importante si l’utilisation collective
Résultats avant le 1er décembre. Pour l’Union, il du semoir SD est bien organisée. Dans
s’agit d’assurer suffisamment de recet- ce cas, l’agriculteur peut alors espérer
Un itinéraire technique tes pour pouvoir entretenir les équipe- un gain de rendement (Jouve et
ments et rémunérer le tractoriste une Daouadi, 1984). Le SD précoce peut
modifiant peu les pratiques partie de l’année, le semis SD étant être obtenu par une intervention après
des agriculteurs la principale source de revenu de la les toutes premières pluies utiles, entre
brigade motorisée. Les exploitations fin octobre et début novembre, voire
Le SD mécanisé n’a pas posé de étant situées le long de la vallée du en sol sec à cette période si les pluies
problème majeur aux agriculteurs Sébou, les chantiers de semis commen- sont tardives. Par ailleurs des problè-
expérimentateurs. Premièrement, les cent une année par l’amont de la vallée mes de portance du tracteur et du
intrants nécessaires au système de et l’année suivante par la partie aval, semoir conventionnel se posent si des
culture SD sont présents chez les afin que tous puissent bénéficier des pluies importantes surviennent après
agro-fournisseurs de la région, car ils semis précoces une année sur deux. le labour, surtout en sol argileux et en
ne sont pas différents de ceux utilisés Pour limiter le temps de déplacement pente. Dans ce cas l’agriculteur doit
en culture conventionnelle. Même du matériel, les parcelles sont regrou- attendre plusieurs jours que le sol soit
l’herbicide total est facilement dispo- pées en lots d’intervention selon leur ressuyé, ce qui peut l’amener à étaler
nible car utilisé en arboriculture. Deu- proximité. Par ailleurs, les agriculteurs les semis jusqu’en mi-décembre.
xièmement, les agriculteurs ont depuis s’engagent à être présents sur les
longtemps recours à la prestation de parcelles pour faciliter le travail du
service pour le semis mécanique car tractoriste en manipulant les sacs Les limites d'un itinéraire
peu d’exploitations familiales possè- d’engrais et de semences.
dent un tracteur et un semoir. Comme technique unique
en culture conventionnelle, la qualité De 2010 à 2012, l’Union avait opté
des prestations et plus particulièrement Coûts de production pour un itinéraire technique SD
du SD, dépend des connaissances et du unique, basé sur une date de semis
savoir-faire du tractoriste et du gestion- et intérêt économique
après le 10 novembre. En année nor-
naire des équipements, mais aussi de En optant pour le SD, l’agriculteur male, les pluies précoces ou parasites
l’implication de l’agriculteur dans le réalise en moyenne une économie de (du 1er octobre au 10 novembre) favo-
suivi des chantiers. Dans le cas du 800 Dh/ha pour l’implantation du blé risent la levée des adventices qui sont
Projet Moyen Sébou, le tractoriste a par rapport au système conventionnel, ensuite détruites par un herbicide total.
été formé à l’utilisation du semoir SD ce qui équivaut à la valeur de 0,37 t de Le SD est alors réalisé sur sol humide,
et du pulvérisateur. Il reçoit l’appui de blé (soit environ 10 % du rendement juste après cet épandage (figure 2). Cet
l’ingénieur de l’Union qui coordonne moyen observé dans la région en enchaı̂nement des opérations cultura-
ses interventions et aide les agricul- 2013). Le gain de carburant est aussi les permet aux cultures de lever sans
teurs à prendre leurs décisions en conséquent (de 22 à 33 l/ha selon la concurrence des mauvaises herbes.
fonction des conditions d’humidité du pente et le type de sol) du fait de Mais en 2013, l’arrivée tardive des
sol, d’enherbement et de parasitisme la réduction par deux du nombre pluies durant la 3e décade de novembre
des cultures. De même, le passage au de passages (tableau 2). Ce résultat a remis en question la fonctionnalité de
système SD ne modifie pas les rota- est comparable à ceux obtenus dans cet itinéraire technique. La majorité des
tions qui restent basées sur la succes- d’autres situations au Maroc (Mrabet agriculteurs ont demandé que le SD
sion céréale//céréale//légumineuse. et al., 2012) et en France (Labreuche soit réalisé sur sol humide, après les
Les cultures principales demeurent et al., 2011). Dans l’hypothèse d’un premières grosses pluies, durant la 3e
le blé et la féverole. rendement équivalent à celui obtenu décade de novembre et début décem-
en culture conventionnelle, et sans bre. Outre leur semis tardif, les cultures
Une organisation logistique considérer la valeur économique de ont levé en même temps que les
complexe la réduction de la dégradation du sol mauvaises herbes. Les agriculteurs
(moins d’érosion), le SD est économi- ont dû ensuite utiliser plusieurs fois
L’Union doit composer avec les quement rentable. Mais le contrôle des différents herbicides sélectifs pour
demandes d’adhérents cultivant en mauvaises herbes en début de cycle limiter l’enherbement, et certains ont

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Tableau 2. Évaluation technico-économique des techniques d'implantation du blé en culture conven-
tionnelle et en semis direct (2012-13).
Table 2. Techno-economic evaluation of implantation techniques for wheat in conventional culture and direct seeding.

Itinéraire technique Temps en Consommation Coût des Semences Engrais minéraux Coût total
d'implantation du blé heure/ha* de carburant prestations en Dh/ha en Dh/ha (en kg/ha) en Dh /Ha
en l/ha* mécanisées (en kg/ha)
en Dh/ha

Culture conventionnelle
avec labour (CCL) **
Labour (charrue à disque) 3à4 10 à 15 350
1er passage de cover crop 2 à 2,5 10 à 12 200
2e passage au cover crop 1 à 1,5 6 à 8 200
Semoir 0,5 à 1 5 à 7 250 600 480 2080
Total CCL 6,5 à 9 31 à 45 1000 (200) (150)

Culture sans labour


avec SD
Épandage herbicide 0,5 3 70
Semis direct 1,25 6à9 250 480 480 1280
Total SD 1,75 9 à12 320 (160) (150)
rences entre SD et CCL
Diffe -4,75 à -7,25 - 22 à -33 -630 -220 (-40) - -800

* Les variations de temps de travail et de consommation de carburant s'expliquent par la diversité des situations topographiques et pédologiques.
** D'après Mrabet et al. (2012) et données de l'Union des fédérations des associations d'usagers d'eau agricole pour 2012/13.
Dh = dirham ; SD = semis direct.

même procédé à des arrachages atteindre ce dernier objectif, il faut céréales et restes de fanes de légumi-
manuels d’adventices. Un seul agricul- combiner les effets obtenus par une neuses laissés au champ, parcours et
teur a accepté le SD sur sol sec, sur moindre perturbation du sol (non- bordures des routes en période plu-
53 ha, mais il n’a pas voulu renouveler labour) avec la couverture du sol, viale. À ces effectifs d’élevage perma-
l’expérience en 2014, car le sol de la surtout en début de saison des pluies, nent s’ajoute la présence temporaire
parcelle devant être en SD présentait et avec la transformation d’une partie des troupeaux ovins d’éleveurs noma-
un grand nombre de fissures pouvant des résidus laissés au sol en humus des venant du Sud pour pâturer les
causer la perte de semences. En 2014, la (Moussadek et al., 2011). L’observa- chaumes de céréales en début d’été.
première pluie utile est tombée le tion des horizons de surface au La pression de l’élevage sur les résidus
10 novembre et le SD sur sol sec aurait moment du SD montre que la cou- de culture, vus comme des ressources
pu se pratiquer durant la 1re décade de verture du sol est assurée uniquement fourragères, est très importante et le
novembre. Mais un seul agriculteur a par les restes des chaumes de céréales. maintien d’un mulch de paille sur le
accepté de le faire sur 2 ha de blé et Leurs pailles et les fanes de légumi- sol est quasiment impossible à réaliser
1 ha de féverole (tableau 1). En neuses sont généralement récoltées et durant l’intersaison (juin à novembre),
utilisant le semoir uniquement en sol stockées à la ferme pour l’élevage à moins de clôturer les parcelles SD, ce
humide, les responsables de l’Union bovin et ovin (fourrage grossier, qui serait trop coûteux. De plus, les
considèrent que la surface en SD pour litière), même si les agriculteurs culti- agriculteurs expérimentateurs du SD
les cultures pluviales d’automne ne vent souvent des fourrages irrigués en considèrent qu’il n’est pas socialement
peut pas dépasser 160 ha en année complément. Si l’agriculteur ne pos- acceptable d’interdire l’accès aux rési-
moyenne (jusqu’à 200 ha les années à sède pas de bétail, la vente des pailles dus laissés au champ (vaine pâture et/
pluviométrie précoce). de céréales constitue un revenu sub- ou récolte des chaumes), surtout aux
stantiel : en 2013, pour un rendement plus pauvres de la communauté. De ce
moyen en grain de 3,5 t/ha, la valeur fait, les agriculteurs et l’Union ont pour
Les usages des résidus de la paille correspond à environ 40 % le moment renoncé à expérimenter
de culture de la valeur du grain. Pour les familles l’AC avec couverture du sol par
modestes cultivant peu de terres ou l’ensemble ou une partie des résidus
L’Union a avancé comme effet attendu s’adonnant uniquement à l’élevage, le de culture. Le partage de la biomasse
du SD une amélioration progressive troupeau ovin et quelques vaches de ces résidus entre l’alimentation des
de la fertilité du sol par la réduction de constituent la principale source de troupeaux et l’entretien de la fertilité
l’érosion et l’amélioration de son taux revenu. Leur alimentation repose prin- des sols (couverture du sol mais aussi
de matière organique. Mais pour cipalement sur la pâture : chaumes de litière pour un fumier de qualité) est

80 Cah Agric, vol. 24, n8 2, mars-avril 2015


Premières pluies en 2014 en 2013

S O N D J F M A M J
PLUVIOMÉTRIE MOYENNE 15 50 91 88 65 58 64 55 36 10
Pluies parasites Pluies utiles
= enherbement pour labour et semis

SC conventionnel Labour
Labour en humide
Reprises
Semis
Herbicides sélectifs + fongicides
SC Semis Direct
Herbicides total
Semis direct
Herbicides sélectifs + fongicides

Pratiques obligatoires ou évènements fortement probables


Événements aléatoires ou pratiques variant selon le niveau d’investissement de l'agriculteur
SC = système de culture

Figure 2. Comparaison des itinéraires techniques en semis direct et conventionnel en année moyenne.

Figure 2. Comparing technical itineraries in conventional culture and direct seeding.

questionné dans toutes les situations que total des pailles et des chaumes tions de la plaine du Saı̈s (proche du
de vulgarisation de l’AC en Afrique pour l’élevage. Moyen Sébou). Par ailleurs, les agri-
subsaharienne, au Maghreb et en Asie, Selon les interviews, la motivation culteurs n’envisagent pas, sauf cas de
en agriculture familiale où la poly- première des agriculteurs qui adop- force majeure, de semer en décembre.
culture-élevage est souvent la règle tent le SD est la réduction du coût Si l’équipement de SD n’arrive pas
(Giller et al., 2009 ; Autfray et al., d’installation des cultures ; vient suffisamment tôt dans leur village (par
2012 ; Djamen et al., 2013). ensuite la précocité du semis, qui a exemple avant le 25 novembre), ils
un effet sur le rendement. Mais pour peuvent renoncer au SD et faire appel
atteindre cet objectif, les agriculteurs en urgence à l’un des nombreux
doivent d’une part acheter semences prestataires privés pour la préparation
Discussion et intrants avant l’installation de la du sol et le semis conventionnel, ou
saison des pluies, ce qui n’est pas dans semer manuellement à la volée. Enfin,
leurs habitudes (« nous attendons de pour accroı̂tre la rentabilité de l’équi-
Un modèle technique voir si les pluies sont bien installées pement, le SD de certaines cultures
perfectible pour investir dans les champs ») et, irriguées en goutte à goutte est
d’autre part, il faut diversifier les envisagé par l’Union (maı̈s, sorgho,
Le système de culture SD mécanisé modalités de SD. En effet, pour les légumineuses) car ce système d’irriga-
proposé pour la région du Moyen cultures pluviales, le SD en sol sec est tion (mobile) peut être installé après le
Sébou répond à deux des trois la seule modalité possible pour accroı̂- SD et n’implique pas un planage
principes de l’AC : l’absence de travail tre la durée d’utilisation du semoir, la précis des parcelles.
du sol et la rotation des cultures avec le surface emblavée en SD et donc la En termes de choix du semoir SD, les
développement de la féverole, qui rentabilité de la chaı̂ne motorisée. alternatives n’existent pas à ce jour
peut être semée avec le même semoir Cependant, les agriculteurs ne sont mais la poursuite de la mise au point
SD. Par contre, la couverture du sol est pas encore convaincus de la fiabilité d’une gamme de semoirs plus légers,
difficilement envisageable à court de cette pratique même si elle est selon le prototype CEMAGREF (Vadon
terme, du fait d’un prélèvement pres- courante dans les grandes exploita- et Marionneau, 2012), demandant une

Cah Agric, vol. 24, n8 2, mars-avril 2015 81


puissance de traction de l’ordre de 65 comment faut-il orienter les aides groupée et la gestion de l’eau, mais
CV, est à encourager, afin de réduire le de l’État en termes de mécanisation l’utilisation de matériels en commun
coût d’investissement et de semer plus agricole ? Vers tous les agriculteurs, et les CUMA fonctionnelles sont
facilement en pente et sur de petites vers des collectifs de type CUMA ou rares. Dans le cas des chantiers de
parcelles. Pour les zones de montagne vers des prestataires privés ? L’affecta- SD, l’organisation professionnelle doit
où la motorisation n’est pas envisa- tion et le montant des subventions aux composer avec le niveau variable de
geable, un prototype de semoir SD à matériels agricoles doivent-ils consi- préparation d’un nombre important
traction animale de faible largeur a été dérer la nature des opérations cultu- d’agriculteurs (nettoyage des parcelles,
proposé par les mêmes concepteurs. rales, par exemple des pratiques plus achat à temps des intrants, présence
Plus globalement, la mise au point de respectueuses des ressources naturel- effective au champ, etc.), les aléas
semoirs SD adaptés aux conditions de les et de l’environnement ? pluviométriques ainsi que la dispersion
l’agriculture familiale est attendue dans Troisièmement, un suivi plus précis et la faible taille des parcelles. Pour
plusieurs pays d’Afrique et d’Asie, afin des chantiers agricoles (semis, épan- l’Union, cela implique de faire émerger
de lever le verrou du SD manuel (très dage d’herbicides, etc.) en termes de des zones d’intervention en suscitant
coûteux en temps de travail), ou du temps de travail effectif et de dépla- des demandes coordonnées d’un
coût d’investissement dans un semoir cements entre parcelles serait utile grand nombre d’agriculteurs afin de
de grande largeur en culture motorisée pour en améliorer l’organisation. Les réaliser des économies de temps et de
(Knowler et Bradshaw, 2007). Cela premiers expérimentateurs et les res- carburant pour le transport des équi-
impliquera cependant un investisse- ponsables de l’Union sont convaincus pements. L’action collective est aussi
ment de la recherche publique pour de l’intérêt technico-économique du à développer pour que l’Union
venir en appui aux équipementiers du SD des cultures pluviales. Ils évaluent puisse organiser et contribuer aux trois
secteur privé. le gain de rendement en blé dû au SD domaines de recherche-développe-
entre 0,5 et 1 t/ha lorsque le contrôle ment identifiés, dans la mesure où elle
de l’enherbement a été satisfaisant. ne bénéficie plus d’un ingénieur rému-
Accompagner le processus Au-delà de ces appréciations, il néré via la Projet. Comment les agri-
en cours convient de mesurer les effets des culteurs peuvent-ils mobiliser une
différents itinéraires techniques (AC, partie de leur temps pour prendre
Le processus d’innovation s’enrichit de SD sans couverture du sol, conven- en charge des expérimentations, des
l’expérience acquise depuis quatre ans. tionnel) pour un échantillon de par- suivis et des mesures au champ ?
Les échanges avec les responsables de celles, en particulier les rendements Comment peuvent-ils « enrôler » des
l’Union et les groupes d’agriculteurs (grain et paille), les marges et l’évolu- compétences techniques et scientifi-
ayant pratiqué le SD permettent d’iden- tion de la fertilité du sol et de l’érosion ques locales pour les aider ?
tifier les besoins d’accompagnement hydrique. Ces données seraient utiles
de ces producteurs. aux organisations d’agriculteurs et aux
Premièrement, des expérimentations techniciens du développement pour
de SD des cultures pluviales en sol sec développer un argumentaire permet- Conclusion
et des cultures irriguées réalisées par tant la mise en place de politiques
les agriculteurs sur différents types publiques en faveur de ce type Le Projet Moyen Sébou et l’Union
de sol permettraient de préciser les d’innovation (Villemaine et al., 2012) des fédérations des associations d’usa-
conditions d’application de ces prati- et du renforcement de leurs capacités. gers d’eau agricole ont privilégié une
ques. L’adoption de ces modalités de approche participative mobilisant des
semis augmenterait la rentabilité des agriculteurs expérimentateurs et per-
équipements. Actions collectives mettant une première évaluation de la
Deuxièmement, l’Union n’a pas nécessaires à l'innovation faisabilité du SD et des gains de temps
élaboré un modèle économique pré- et d’argent obtenus avec cette innova-
cis permettant d’assurer elle-même le Au Moyen Sébou, l’adoption du SD par tion. Le modèle technico-économique
renouvellement des équipements les petites et moyennes exploitations et logistique du service de prestation
actuellement utilisés. La conception passe nécessairement par la gestion SD proposé par cette organisation
de ce modèle constitue une perspective collective des équipements ou le professionnelle peut être progressive-
de recherche-développement intéres- développement de prestataires privés. ment amélioré en fonction des succès
sante à double titre : Ceux-ci existent pour les travaux et des échecs obtenus, de l’expérience
– pour l’Union, afin de lui permettre motorisés conventionnels (labour, acquise avec des conditions pluviomé-
de poursuivre l’expérience, voire de semis, récolte, etc.). Le prix élevé du triques diverses en début de campagne
l’amplifier : à quel prix et pour quelle semoir SD (280 000 Dh pour une agricole et de la progression des
surface semée annuellement le service largeur de 2,20 m) et le bas niveau demandes des agriculteurs. Par contre,
de prestation de SD est-il rentable et du plafond de subvention (35 000 Dh) l’évolution du système de culture en SD
durable ? À quelles conditions peut- pour tous les types de semoir n’incitent en un système d’AC avec couverture du
elle acquérir une deuxième chaı̂ne de pas des prestataires privés à investir sol est complexe et peu envisageable
travail si la demande en SD des dans ce type d’équipement. Les orga- du fait des enjeux économiques et
agriculteurs augmente ? nisations professionnelles agricoles sociaux autour de l’usage des résidus
– pour la conception des politiques du Maroc ont acquis une expérience de cultures dans les exploitations de
publiques d’appui à l’équipement : dans la fourniture d’intrants, la vente polyculture-élevage. Le renforcement

82 Cah Agric, vol. 24, n8 2, mars-avril 2015


de l’action collective apparaı̂t impor- Corbeels M, De Graaff J, Ndah HT, Penot E, Kassam AH, Friedrich T, Derpsch R, Lahmar R,
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0492
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