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DEDICACE

A mes chers parents

i
REMERCIEMENTS
«Je remercie tout d’abord DIEU pour le souffle de vie, la protection et toutes les grâces
dont il me comble au fil des jours car, c’est par sa volonté que toute chose trouve son existence».

Au moment où j’achève ce travail, toute ma reconnaissance va à l’endroit de tous ceux qui


ont œuvré de près ou de loin pour sa réalisation.

J’exprime toute ma gratitude au Pr ABDOUL WAHABOU, Directeur de l’école de


géologie et d’exploitation minière (EGEM), pour les dispositions qu’il a bien su prendre pour
l’organisation des échéances marquant la fin de notre cursus de formation.

Je suis particulièrement redevable au Pr NGOUNOUNO Ismaïla, directeur de l’école de


géologie et d’exploitation minière de 2011 à 2018 pour les sacrifices engrangés et les différents
moyens mis à notre disposition pour la réussite de notre formation.

Mes remerciements vont davantage à l’endroit :

Du Dr NCHARE MOMINOU, Chef du Département de Génie Minier pour tous les


enseignements et les valeurs qu’il m’a inculquées tout au long de ma formation ;

Du Dr. Ing. MAMBOU NGUEYEP Luc Leroy, Tuteur et mentor académique, pour avoir
accepté de diriger ce travail fascinant, pour ses orientations, sa disponibilité et son suivi avant et
pendant la rédaction de mon mémoire de fin de formation ;

De M. MOUAFFO Marie Louis et M. TAKODJOU Guillaume respectivement Directeur


Général de l’entreprise camerounaise GROUPE SOMAF et Directeur des travaux de bitumage
de la voie d’accès à la cimenterie de Nomayos sans qui l’effectivité de mon stage de fin d’étude
n’aurait pu être possible ;

De mon encadrant technique M. KAMGANG BOUYEM Alberto Sergie et de son collaborateur


M. DOMFACK Sylvain respectivement Ingénieur Qualité et Ingénieur Géotechnicien de ce
projet de route pour la cimenterie de Nomayos, qui ont accepté d’encadrer ce travail qu’ils
trouvent fascinant et, en dépit de leurs multiples occupations ont consacré leur précieux
temps pour son aboutissement ;

De M. LOWAY Suilabayu, laborantin du MIPROMALO à Yaoundé, pour le suivi durant la


phase de caractérisation physique des matériaux remaniés au laboratoire ;

ii
De l’ensemble du personnel enseignant, missionnaires comme permanents de l’école de
géologie et d’exploitation minière(EGEM), pour leurs différents enseignements. Un regard
particulier au Dr KEYANGUE, Dr MEYING et à M. MFENJOU Martin ;

Des membres du jury qui me feront l’honneur d’apprécier ce travail ;

De Messieurs KENFACK Alpha, MBep Mathias, NOUMA PIE Claude et ABENDE, ainés
académique et par ailleurs tous ingénieurs des mines pour leurs orientations dans le cadre de
l’aboutissement de ce travail ;

De l’ensemble de mes camarades de la promotion 2015, particulièrement MENGUE Gerard,


TOUANI Franck, AKANA Lucresse, BANGWENG Cedric, NANA Patrick et TALE Dorcas pour les
efforts endurés vers un objectif commun ;

De l’ensemble des membres de la junior entreprise DEFF de l’EGEM pour l’esprit


entrepreneurial et le dynamisme qu’ensemble nous avons développé en chacun de nous ;

De l’ensemble des membres de la famille DEMLIB pour leurs encouragements et conseils dans
le but de mener à bien notre formation, mais surtout pour la bonne humeur qui y a toujours
régnée ;

De tous les membres du groupe GBEEC pour avoir contribué davantage à l’épanouissement de
ma vie en Christ ;

De tous les membres du corps de Christ de l’église du Plein Evangile de Meiganga,


particulièrement le Pasteur FOTSA Ferdinand et son épouse, pour leurs soutiens spirituels ;

De Messieurs le commissaire DUMBE Georges et Mme KAMWA Fernande, deux personnes


spéciales qui m’ont fort et bien soutenu, conseillé et encouragé durant mes 5 années passées en
Meiganga ;

Je tiens aussi à remercier quelqu’un de très cher dans ma vie, le Pasteur Dr NLEND NTONGA
Moise, à qui je dois un profond respect pour son soutien tant morale que spirituel à mon égard.

Je tiens également à remercier mes frères et mes sœurs en Christ de l’église du Seigneur
de Tongolo à Yaoundé pour leurs prières efficaces à mon égard, et particulièrement à un grand
ami et frère au nom de ZIBI Raphael pour l’esprit optimiste de «je peux l’atteindre».

iii
Je remercie de tout cœur les membres de ma grande famille à savoir ceux de la famille
NLEND-NTONGA et ceux de la grande famille TSOUNGUI qui ont toujours su me soutenir,
m’encourager et surtout me galvaniser afin d’atteindre mes objectifs.

Je ne saurai boucler cette section sans mentionner les piliers de ma vie, mes parents
Monsieur et Madame NLEND qui ne ménagent aucun effort pour m’accompagner dans la
réalisation de mes projets. J’aimerai réitérer ici l’expression du grand amour que je porte à leur
égard. Par ailleurs je prie l’éternel Dieu de leur accorder longue vie afin qu’ils puissent jouir des
fruits de leurs sacrifices.

Pour finir, à tous ceux dont le nom ne figure pas ici, mais qui d’une manière ou d’une
autre ont contribué à forger l’homme que je suis aujourd’hui, je tiens à exprimer ma profonde
gratitude.

iv
Table des matières
DEDICACE ................................................................................................................................i

REMERCIEMENTS ................................................................................................................. ii

LISTE DES FIGURES .............................................................................................................. ix

LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................... x

ABREVIATIONS ..................................................................................................................... xi

RESUME .................................................................................................................................xii

ABSTRACT ........................................................................................................................... xiii

INTRODUCTION GENERALE ................................................................................................ 1

CHAPITRE I: GENERALITES.................................................................................................. 3

Introduction ............................................................................................................................ 3

I.1 Présentation du contexte administratif et du cadre naturel du projet RN ........................ 3

I.1.1 Contexte Administratif.............................................................................................. 3

I.1.2 Localisation Géographique ....................................................................................... 3

I.1.3 Milieu physique ........................................................................................................ 4

I.1.3.1 Le climat ............................................................................................................... 4

I.1.3.2 Relief .................................................................................................................... 5

I.1.3.3 Hydrographie de la zone d’étude ........................................................................... 5

I.1.3.4 Pédologie .............................................................................................................. 5

I.1.3.5 Géologie locale du site .......................................................................................... 5

I.2 Généralité sur les glissements de terrain et la stabilité des pentes .................................. 6

I.2.1 Définition d’un glissement de terrain ........................................................................ 6

I.2.2 Les types de glissement de terrain ............................................................................. 7

I.2.2.1 Cas des pentes naturelles ....................................................................................... 7

I.2.2.2 Les pentes de talus artificiels ................................................................................. 9

I.2.3 Principales causes de rupture des pentes ................................................................. 10

I.2.3.1 Les facteurs de prédisposition.............................................................................. 10

v
I.2.3.2 Les facteurs préparatoires et déclenchants (causes directes) ................................. 11

I.2.4 Evaluation de la stabilité des talus ........................................................................... 11

I.2.4.1 Notion de facteur de sécurité ............................................................................... 12

I.2.4.2 Choix du facteur de sécurité ................................................................................ 12

I.2.5 Méthode d’analyse de la stabilité des pentes et des talus ......................................... 12

I.2.5.1. Méthodes des tranches et ses variantes ................................................................ 12

I.2.5.2. Méthode des éléments finis (MEF) ...................................................................... 13

I.2.5.3. Méthode des abaques .......................................................................................... 13

CHAPITRE II: MATERIELS ET METHODES ....................................................................... 15

Introduction .......................................................................................................................... 15

II.1 Ressources humaines, matériels et logiciels de traitement utilisés ............................... 15

II.1.1 Ressources humaines........................................................................................... 15

II.1.2 Matériels de terrain ............................................................................................. 15

II.1.3 Matériels de laboratoire ....................................................................................... 16

II.1.4 Logiciels de traitement utilisés ............................................................................ 16

II.2 Méthodologie ............................................................................................................. 17

II.2.1 Méthodologie de terrain ...................................................................................... 17

II.2.2 Méthodologie de laboratoire ................................................................................ 17

II.2.2.1 Essais d’identification physique des matériaux .................................................... 17

II.2.2.2 Paramètres de comportement des matériaux ........................................................ 20

II.2.2.3 Paramètres ayant servis à la classification des sols............................................... 22

II.3 Analyse numérique de potentiels glissements de terrain .............................................. 23

II.3.1 Méthode des tranches .......................................................................................... 24

II.3.1.1 La méthode ordinaire de FELLENIUS [17] ......................................................... 25

II.3.1.2 La méthode de BISHOP simplifiée [18] .............................................................. 25

II.3.2 Présentation du logiciel ROCSCIENCE (SLIDE V5) .......................................... 26

II.3.2.1 Démarche de la modélisation ............................................................................... 26

vi
II.3.2.2 Hypothèses prises en compte pour la modélisation .............................................. 28

II.3.3 Présentation du modèle géométrique retenu ......................................................... 28

II.3.4 Evaluation de la probabilité d’occurrence d’un alea ............................................. 29

II.3.4.1 Méthode utilisée .................................................................................................. 29

II.3.4.2 Variables aléatoires ............................................................................................. 29

II.3.4.3 Résultats escomptés ............................................................................................ 30

II.3.5 Hauteur critique Hc et valeur minimale seuil de stabilité des cohésions pour les
différents cas des talus instables ........................................................................................ 30

Conclusion ........................................................................................................................ 30

CHAPITRE III: PRESENTATION DES RESULTATS ET DISCUSSION .............................. 32

Introduction .......................................................................................................................... 32

III.1 Les résultats de terrain ................................................................................................ 32

III.1.1. La campagne d’identification .............................................................................. 32

III.1.2. Echantillonnage................................................................................................... 33

III.1.3. Description des profils......................................................................................... 33

III.1.4. Bouchage des trous de sondage ........................................................................... 34

III.1.5. Inspection générale.............................................................................................. 34

III.2 Caractérisation géotechnique des sols ......................................................................... 35

III.2.1 Sur les échantillons remaniés ............................................................................... 35

III.2.2 Paramètres de comportements mécaniques (sur les échantillons intacts) .............. 36

III.2.3 Paramètres de classification des sols .................................................................... 38

III.2.3.1 Analyse granulométrique ................................................................................. 38

III.2.3.2 Les limites d’Atterberg .................................................................................... 41

III.2.4 Classification des sols ......................................................................................... 41

III.3 Evaluation de la stabilité des talus .............................................................................. 43

III.3.1 Cas du talus au PK 3+400 (Méthode de Bishop simplifiée) ................................. 43

III.3.2 Cas du talus au PK 4+193 (Méthode de Bishop simplifiée) ................................. 44

vii
III.3.3 Résultat d’ensemble de l’analyse numérique ....................................................... 45

III.3.3.1 Facteurs de sécurité moyens............................................................................. 45

III.3.3.2 Les probabilités de rupture ............................................................................... 46

III.3.4 Déduction des résultats d’ensemble de l’analyse numérique ................................ 47

III.3.5 Influence des paramètres intrinsèques des différents échantillons prélevés sur le
coefficient de sécurité des différent talus avec la méthode de Bishop ................................. 48

III.3.5.1 Courbes d’influence des paramètres intrinsèques des matériaux sur le coefficient
de sécurité pour chaque talus ............................................................................................. 48

III.3.5.2 Interprétation des courbes ................................................................................ 49

III.4 Hauteur critique Hc et valeur minimale seuil de stabilité de la cohésion (Cmin) pour les
différents cas des talus instables ............................................................................................ 50

III.5 Quelques méthodes de confortement proposées .......................................................... 51

III.5.1 Confortement par terrassements .......................................................................... 51

III.5.2 Confortement par drainage .................................................................................. 52

III.5.3 Confortement par reboisement............................................................................. 52

III.5.4 Confortement mécanique..................................................................................... 52

Conclusion ........................................................................................................................ 53

CONCLUSION GENERALE ................................................................................................... 54

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .................................................................................... x

ANNEXE .................................................................................................................................xii

viii
LISTE DES FIGURES
Figure I.1: Carte de localisation de la zone d'étude ..................................................................... 4
Figure I.2: Les principaux types de glissement [6] ...................................................................... 8
Figure I.3: Blocs diagrammes des écroulements et chutes de blocs [6] ........................................ 8
Figure I.4: Illustration du phénomène de fluage [6]..................................................................... 9
Figure I.5: Coupe présentant le découpage en tranches et les forces agissantes ......................... 13
Figure II.1: Cellule triaxial et contraintes appliquées à l’éprouvette de sol [13] ......................... 20
Figure II.2: Les cercles de Mohr et enveloppe de rupture de Mohr Coulomb [13] ..................... 21
Figure II.3: Exemple de la méthode des tranches sur une surface de rupture circulaire [16] ...... 24
Figure II.4: Fenêtre de paramétrage du logiciel ......................................................................... 26
Figure II.5: Insertion des propriétés des matériaux .................................................................... 27
Figure II.6: Modèle 2D adopté pour la modélisation ................................................................. 29
Figure III.1: Echantillonnage en vrac ........................................................................................ 33
Figure III.2: Exemple d’illustration du profil du talus au PK 0+270 .......................................... 34
Figure III.3: Phénomène de lessivage observé sur le talus du PK 0+270 .................................... 35
Figure III.4: Courbes d’analyse granulométrique m : PK 3+400 ; n : PK 4+193 ........................... 40
Figure III.5: Abaque de plasticité de Cassagrande ..................................................................... 42
Figure III.6: Modèle numérique obtenu montrant le caractère instable du talus au PK 3+400 . 44
Figure III.7: Modèle montrant le caractère stable du talus au PK 4+193 à 5m de profondeur .... 45
Figure III.8: Influence du poids volumique sur le facteur de sécurité du talus du PK 3+400 ...... 48
Figure III.9: Influence de la cohésion sur le facteur de sécurité du talus du PK 3+400 .............. 49
Figure III.10: Influence de l’angle de friction interne sur le Fs du talus du PK 3+400 ................ 49

ix
LISTE DES TABLEAUX
Table II.1: logiciels de traitement utilisés ................................................................................ 16
Tableau III.1:Listing des points de prélèvement ...................................................................... 32
Tableau III.2: Paramètres de comportement physique des matériaux ....................................... 35
Tableau III.3: Paramètres de comportement mécanique des matériaux ................................... 37
Tableau III.4: Résultats de l’analyse granulométrique ............................................................. 38
Tableau III.5 : Présentation des pourcentages de fines pour les différents échantillons ............ 39
Tableau III.6: Résultats des limites d’Atterberg……………………………………………….41
Tableau III.7: Classification LCPC des différents échantillons de sol...................................... 43
Tableau III. 8: Facteurs de sécurité moyens des talus (T) pour les différentes méthodes .......... 46
Tableau III.9: Probabilités de rupture avec Bishop simplifié et Fellenius ................................ 47
Tableau III. 10: Hauteur critique et cohésion minimale de stabilité des talus instables ............. 51

x
ABREVIATIONS

RN Route Nomayos
MINTP Ministère des Travaux Publics
CIMENCAM Ciment Cameroun
Km Kilomètre
mm Millimètre
m2 Mètre carré
m3 Mètre cube
KN Kilo-Newton
KPa Kilo-Pascal
° Degré
N3 Nationale Numéro 3
EPI Equipements de Protection Individuelle
GPS Global Positioning System
PK Point Kilométrique
USI Unités du Système International
Fs Facteur de Sécurité
LCPC Laboratoire Central des Ponts et Chaussées
IP Indice de Plasticité

xi
RESUME
Le présent travail s’articule autour de la contribution à l’évaluation de la stabilité des talus
des zones de grands déblais le long de l’axe de la voie d’accès à la cimenterie de Nomayos
(Centre-Cameroun). Dans cette étude, nous faisons ressortir un ensemble d’éléments ou
paramètres d’identification physiques et de ceux de comportement mécanique notamment via les
essais triaxiaux, pouvant permettre de se prononcer sur le comportement à court terme de
l’ensemble des talus. Une évaluation des différents facteurs de sécurité a été faite via des
simulations avec le logiciel SLIDE V5, par les approches probabilistes en se basant notamment
sur les paramètres intrinsèques (poids volumique humide, cohésion et angle de friction interne)
des matériaux intacts prélevés. Pour cette évaluation, les méthodes de Bishop simplifiée et de
Fellenius, toutes basées sur le concept d’équilibre limite ont été adoptées. L’évaluation du
facteur de sécurité moyen nous a permis de classer nos talus en deux catégories. Ainsi, les
résultats obtenus de cette évaluation ont montré que quatre talus analysés (ceux des PK 0+270,
2+250, 3+400, 5+297) sont susceptibles de rupture avec des facteurs de sécurité moyens
respectivement de 0,515, 0,548, 0,649, 0,440, tous ≤ 1,5 ; tandis que seul le talus (celui du PK
4+193) est stable avec un facteur de sécurité moyen de 3,105 pour le prélèvement à 5m de
profondeur, et un autre Fs de 1,850 pour le prélèvement à 11m de profondeur de ce même talus,
tous ≥ 1,5. Ces coefficients de sécurité décroissent progressivement du fait de l’augmentation du
poids volumique humide des matériaux et inversement pour la cohésion et l’angle de friction
interne de ceux-ci. Les méthodes de confortement ont été proposées pour les talus instables suite
à la détermination de la cohésion minimale à atteindre pour que ceux-ci atteignent la stabilité.

Mots clés : Talus, Déblais, Facteur de sécurité, Equilibre limite, Méthode de


confortement, Rupture.

xii
ABSTRACT

xiii
INTRODUCTION GENERALE
L’un des sujets qui prévaut au Cameroun ces dernières années est l’atteinte de
l’émergence à l’horizon 2035. Il est claire qu’aucun pays ne pourrait prétendre à l’effectivité
d’un tel évènement majeur sans la réalisation d’un réseau de route étendu et durable. C’est dans
ce contexte que de vastes chantiers de construction en général et de routes en particulier voient le
jour ; notamment les travaux de bitumage de la voie d’accès à la cimenterie de NOMAYOS avec
un linéaire totale du tronçon concerné de 5,5 Km, exécutés par l’entreprise GROUPE SOMAF,
adjudicataire du dit marché. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre de la stratégie de
modernisation et de mise à niveau des secteurs d’appui au développement économique adoptée
par l’Etat camerounais qui, vise ici la mise en place d’un système de transport confortable au
sein de CIMENCAM-NOMAYOS, le développement des échanges et la réduction des couts de
transport.

Ce type de travaux fait appel à des ajustements techniques préliminaires de l’axe de la


chaussée. Ils s’en suivront les opérations d’apport des terres (Remblais) et de fouilles (Déblais)
à travers le processus de terrassement. C’est ainsi qu’à l’issue de ces opérations, il naquit des
talus de déblais (jusqu’à 12 m de hauteur) mettant en péril la sécurité des travaux et même du
trafic à long terme. Le présent travail se penche sur la problématique de la stabilité des talus des
zones de déblais le long du tronçon de la voie d’accès à la cimenterie de NOMAYOS.

L’objectif général de ce travail est d’évaluer la stabilité des talus des zones de grands
déblais le long de l’axe de la voie d’accès à la cimenterie de NOMAYOS par des méthodes
numériques basées sur l’équilibre limite.

Pour atteindre l’objectif général susmentionné nous nous sommes fixés des objectifs
spécifiques. Ils consisteront à :

 Faire une campagne dans le but d’identifier les différentes zones à risque ;
 Procéder à l’identification physique des matériaux prélevés des dites zones et
déterminer leurs paramètres de comportement mécanique notamment par les essais
triaxiaux ;
 Etudier la stabilité des talus des différentes zones de déblais à travers l’évaluation
du coefficient de sécurité (Fs) ;
 Entreprendre une analyse probabiliste dans le but d’affiner les résultats ;

1
 Evaluer l’influence de la variation des paramètres intrinsèques des matériaux intacts sur
le coefficient de sécurité ;
 Entreprendre le calcul de la hauteur critique puis évaluer la cohésion minimale seuil de
stabilité des talus de déblais instables ;
 Proposer quelques méthodes de confortement des talus des zones de déblais instables.

Notre travail s’articule autour de trois grands chapitres. Ainsi, au chapitre I, nous
présenterons le cadre naturel de la zone d’étude, le contexte administratif du projet et des
généralités sur les glissements de terrain. Dans le chapitre II, nous évoquerons l’ensemble du
matériel utilisé pour mener à bien notre étude aussi bien sur le terrain qu’en laboratoire, ainsi
que la méthodologie adoptée. Enfin le chapitre III sera consacré aux résultats et
interprétations des différentes méthodes employées au chapitre II.

2
CHAPITRE I: GENERALITES

Introduction
Ce chapitre sera consacré à la présentation du contexte administratif du projet, du cadre
naturel de la zone d’étude et ainsi que des généralités sur les glissements de terrain et la stabilité
des pentes.

I.1 Présentation du contexte administratif et du cadre naturel du projet RN

I.1.1 Contexte Administratif


Le projet de route Nomayos est celui relatif au contrat de marché
N°161/M/MINTP/CMPM-TI/2018 passé après appel d’offre national ouvert
N°020/AONO/MINTP/CMPM-TI/2018 du 28 Mars 2018. Le linéaire total du tronçon concerné
est de 5,5 km. Les travaux sont exécutés par l’entreprise camerounaise GROUPE SOMAF,
adjudicataire du dit marché, et son délai d’exécution est de 6 mois, à partir du 28 Mars 2018,
date de l’ordre de service. Ce marché est financé par le ministère des travaux publics (MINTP) à
travers l’allocation budgétaire inscrite dans la loi de finance comptant pour l’exercice 2018. Le
Maitre d’Ouvrage est le Ministre des Travaux Publics du Cameroun et le Maitre d’Œuvre,
AFRICA ENGINEERING CONSULTING S.A (AE CONSULT S.A).

Ledit projet est celui en procédure d’urgence des travaux de bitumage de la voie d’accès à
la nouvelle usine de CIMENCAM à Nomayos. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre de la
stratégie de modernisation et de mise à niveau des secteurs d’appui au développement
économique adoptée par l’Etat camerounais qui, vise ici la mise en place d’un système de
transport confortable au sein de CIMENCAM-NOMAYOS, le développement des échanges et la
réduction des couts de transport.

I.1.2 Localisation Géographique


La zone d’étude du projet RN est située à Nomayos, dans la région du Centre-Cameroun,
Département de la Mefou-et-Akono (chef-lieu Ngoumou), et localisée dans la commune de
Nbankomo. Elle est localisée au point de coordonnées géographiques 03,78333°Nord et
11,43333°Est, avec une altitude de 719 mètres. Le linéaire total (5,5 km) du tronçon concerné
est pris au niveau de l’intersection à la route N3, entrée de la cimenterie jusqu’au village Nkol-
Melen. Nomayos est situé sur la route N3, à 17 Km au Sud-Ouest de Yaoundé (place stade

3
omnisport). Ce village est également à 3,5 Km à l’Est de Mbankomo. La figure I.1 présente la
carte de localisation de la zone d’étude.

Source Terrain :
Google Earth
Limite administrative,
édition 2014

Figure I. 1: Carte de localisation de la zone d'étude

I.1.3 Milieu physique

I.1.3.1 Le climat
La zone d’étude est dominée par le climat subéquatorial guinéen avec quatre saisons
d’inégales durées : une grande saison sèche de novembre à mi-mars ; une petite saison pluvieuse
de mi-mars à mi-juin ; une petite saison sèche de mi-juin à mi-aout ; une grande saison pluvieuse
de mi-aout à fin octobre.

 Pluviométrie : Le climat est caractérisé par des précipitations abondantes atteignant une
moyenne annuelle de 2000 mm de pluies. Les saisons pluvieuses, caractérisées par de
fortes précipitations laissent enregistrer des pics entre septembre et octobre. Pour une
durée de 5 ans, on observe une légère variation annuelle de la pluviométrie, tant sur la
hauteur des pluies que sur le nombre de jours.

4
 Température : La température moyenne se situe autour de 22,5° Celsius. Les mois les
plus chauds sont Février, Mars, et avril. Durant ces mois, l’on atteint les températures
maximales de l’année. Le mois le plus frais est celui de Juillet. L’amplitude thermique la
plus élevée est observée au mois de juin. Durant une période de 5 ans dans la zone du
projet, on note une augmentation de 1,1° Celsius [1].

I.1.3.2 Relief
Le relief de la zone d’étude, village Nomayos de la commune de Mbankomo fait partir
du vaste plateau sud-camerounais d’altitudes comprises entre 650 et 900 mètres. Il est
accidenté par endroits du fait des collines isolées ou des complexes de collines, de pentes
variables et par la présence de quelques rochers pouvant être exploités comme graviers dans les
constructions diverses [2].

I.1.3.3 Hydrographie de la zone d’étude


La zone de projet est située en amont de la rivière Mefou, un des affluents du bassin
versant du Nyong. Cette zone est ceinturée par deux cours d’eau importants. D’un côté on a la
Liyeke, venant du Sud de Binguela et de l’autre côté, un cours d’eau venant d’Afanoya. Les deux
cours d’eau font confluence aux environs d’Eloumden pour converger vers la Mefou [1].

I.1.3.4 Pédologie
Deux principaux types de sols sont rencontrés dans cette localité à savoir les sols
ferralitiques et les sols hydromorphes. D’une manière générale, les sols ferralitiques sont
caractérisés par une texture sablo-argileuse. Sous le couvert forestier, ces sols sont quelquefois
argileux, poreux, très perméables et riches en humus. Ils sont reconnus très fertiles [2]. Les sols
hydromorphes sont rencontrés essentiellement dans les zones marécageuses et aux abords des
cours d’eau. Ils sont caractérisés par l’accumulation des matières organiques légèrement
décomposées au-dessus de l’ensemble sableux et argileux [3]. L’exploitation de ces sols est
difficile en saison pluvieuse à cause de leur engorgement. En saison sèche par contre,
l’utilisation de ces sols est moins contraignante avec la baisse de la nappe phréatique [2].

I.1.3.5 Géologie locale du site


Dans l’ensemble, les formations de la zone d’étude appartiennent à la chaine panafricaine nord
équatoriale au Cameroun, constituée de trois grands domaines géodynamiques distincts : un

5
domaine nord Cameroun; un domaine centre Cameroun; et un domaine sud Cameroun. Ces
formations appartiennent au complexe de base de la série grenatifère de Yaoundé.

Au niveau du site des travaux, la roche rencontrée est du gneiss migmatitique (terrain
métamorphique) qui affleure généralement en forme de dalle. Cette roche présente un litage
compositionnel marqué par une alternance des lits quartzo feldspathiques clairs et des lits
ferromagnésiens sombre. Les minéraux observables à l’échelle macroscopique sont de tailles
millimétriques. Il s’agit de quartz, feldspath, biotite et grenat [3].

A l’échelle de l’affleurement, les mobilisations de fusion partielle sont de nature quartzo


feldspathique. Ils sont logés dans les couloirs de cisaillement. Les mobilisations d’injection
traversent dans toutes les directions.

Sur le plan structural, trois phases de déformations sont observables dans le secteur par les
structures suivantes : le cisaillement, le plissement et les fractures (diaclases).

I.2 Généralité sur les glissements de terrain et la stabilité des pentes

I.2.1 Définition d’un glissement de terrain


Sous l’expression générique mouvements de pente sont regroupés plusieurs types de
phénomènes d’instabilité des terrains, variables en fonction de la nature des matériaux mis en
jeu, de la dimension, du mécanisme, de la cinématique, etc…

Les glissements de terrain sont des mouvements gravitaires d'une masse de sol dont le
volume peut aller de quelques dizaines de m3 (glissement pelliculaires de talus de déblais, par
exemple) à plusieurs dizaines de millions de m3. Ceux-ci se produisent généralement dans des
matériaux meubles (des sols non consolidés) généralement argileux, ou des massifs rocheux
fracturés ou altérés [4].

La description d’un mouvement de terrain de type glissement utilise une terminologie


figurative (Annexe 1) mise en place par bon nombre de spécialistes comme Crudden, Malatrait
ou encore Colas.

6
I.2.2 Les types de glissement de terrain

Du fait de la multitude des facteurs potentiels responsables d’un glissement de terrain, plusieurs
classifications ont été proposées par des spécialistes (A COLLIN 1846, K TERZAGHI 1925,
CFS SHARPE 1938) de manière à dénommer les principaux types ou formes de mouvement de
pentes.

I.2.2.1 Cas des pentes naturelles


a. Les glissements
Trois types de glissement sont distingués en fonction de la géométrie de la surface de la
rupture.

 Glissement translationnel (plan)

Ce type de glissement se produit lorsque le massif en pente est constitué de sols par
exemple meubles reposant sur un substratum, ou encore lorsque la longueur de la surface de
rupture potentiel est très grande par rapport à l’épaisseur du terrain. La taille de tels glissements
est très variable et peut comprendre des surfaces allant de quelques mètres carrés à plusieurs
kilomètres carrés.

Les glissements plans sont très souvent contrôlés par la structure géologique du massif et
les surfaces ou zones de plus faible résistance mécanique [5].

 Glissement rotationnel simple

Dans ce cas, la surface de rupture a une forme simple et peut être assimilée à une portion de
cylindre. La surface de rupture présente une concavité orientée vers le haut. De plus, en amont
de la niche d'arrachement, il peut apparaitre des fissures de traction et une évolution régressive
vers l'amont ou latérale du mouvement [5].

 Glissement rotationnel complexe

Il s'agit de glissements multiples « emboîtés » les uns dans les autres, dus à la suppression
de la butée provoquée par le glissement précédent, ce qui entraîne ainsi des glissements
successifs remontant vers l'amont.

7
Figure I.2: Les principaux types de glissement [6]

b. Les écroulements et les éboulements


Les éboulements au sens large (phénomènes de chute) sont des mouvements rapides de
masses. Le matériel éboulé, qui s’est détaché du massif rocheux selon des surfaces de
discontinuité (pendage, schistosité, fissures ou fractures), parcourt la plus grande partie de son
déplacement dans l’air.

Un écroulement ou effondrement est une désolidarisation soudaine d'une structure


géologique sur une vaste surface et qui s'accompagne d'une chute massive de matériaux.
Communément, On utilise le terme de chute des pierres pour le détachement de quelques unités
de volume inférieur à 1 dm3, ou chute de blocs pour un volume supérieur.

Figure I.3: Blocs diagrammes des écroulements et chutes de blocs [6]

8
c. Solifluxion et coulées boueuses
Ces phénomènes se produisent le plus souvent à partir de matériaux meubles,
momentanément saturés en eau. D'une manière générale, ceux-ci désignent tous les mouvements
de sols ou formations superficielles, en relation directe avec le franchissement des limites de
liquidité [4].

d. Fluage
Ce phénomène revêt un caractère particulier dans la mesure où il est difficile de mettre en
évidence une surface de rupture car évoluant de manière non perceptible. Il correspond à des
mouvements lents, dus à des sollicitations proches de la rupture (domaine plastique).

Figure I.4: Illustration du phénomène de fluage [6]

I.2.2.2 Les pentes de talus artificiels


Les talus artificiels sont principalement affectés par des glissements et parfois par des
phénomènes de fluage [4].

Ils peuvent être classés comme suit en fonction des types d’ouvrages :

 Talus en déblai ;
 Talus en remblai sur sol compressible ;
 Talus en remblai sur sol non compressible ;
 Ouvrages de soutènement vis-à-vis d’un glissement profond ;
 Digues et barrages en terre.

9
I.2.3 Principales causes de rupture des pentes
La stabilité d’un terrain en pente peut être mise en péril par différents facteurs de nature
endogènes, exogènes ou même anthropiques. On les distingue ainsi dépendamment de l’échelle
de temps à laquelle il peut y avoir occurrence en : Facteurs de prédisposition, facteurs
préparatoires et facteurs déclenchants.

I.2.3.1 Les facteurs de prédisposition


Ce sont les facteurs dits passifs correspondant aux conditions intrinsèques d’un versant et
ne sont pas susceptibles de changer au cours du temps (échelles comprises entre 104 et 106
années) [7].

 La géologie
 la lithologie (composition, texture, granulométrie, caractères). Par exemple dans le
cadre d’un glissement, les argiles sont particulièrement sensibles dans l’eau ;
 la structure (le pendage, la présence de joints, la stratification, de plis, de
schistosité qui constituent les zones de faiblesse dans un massif) ;
 l’histoire du versant : Un versant qui a déjà connu des mouvements gravitaires
sera susceptible d’être instable à nouveau.
 La pente
Il n’y a pas de règles formelles mais, on a constaté que les pentes les plus sujettes aux
glissements ont une inclinaison qui va de 20° à 30°.
 L’orientation
On a également pu constater qu’il y a beaucoup plus de glissement sur les versants
exposés au Nord.
 La végétation
La végétation a un rôle non négligeable car elle intervient d’une part au niveau des
échanges d’eau (évapotranspiration) et d’autres parts au niveau de la cohésion et de
la fixation du sol (racines). En outre, la végétation diminue l’érosion du sol.
Néanmoins, lorsque le couvert végétal est très dense, le poids est plus important, ce
qui augmente les forces motrices.
 Le contexte hydrogéologique et hydrographique
Cela concerne, d’une part, la perméabilité du massif, les circulations d’eau
souterraine, le drainage (hydrogéologie) et, d’autres part, le réseau hydrographique :
Ruissèlement, proximité d’une source, d’un torrent, et leur potentiel érosif.

10
 Le contexte climatique
Soit la pluviométrie annuelle totale, la répartition des précipitations annuelles, la
possible accumulation de neige, la température moyenne ainsi que l’évolution
climatique.

I.2.3.2 Les facteurs préparatoires et déclenchants (causes directes)


Ils correspondent à l’action naturelle ou anthropique nécessaire au déclenchement d’un
glissement de terrain. Cela se traduit par une réponse presque immédiate du versant qui se met
en mouvement [4].

 Le climat : causes hydriques


 L’infiltration d’eau dans un terrain (pluies, fonte de neiges, crues de cours d’eau à
proximité…) a des conséquences sur la cohésion du matériau qui offre, de fait,
moins de résistance au cisaillement et peut se liquéfier.
 Avec une importante présence d’eau, des surpressions peuvent se produire sous les
blocs ou sous le terrain lui-même, notamment lorsqu’une partie de terrain est gelée.
 Le poids du sol augmente avec l’humidité, ce qui augmente les forces
déstabilisantes.
 Le climat : causes thermiques
 Alternance des phases gel/dégel (Massage thermique et cryoclastie).
 Dégradation du pergélisol, « Ciment » des montagnes avec le réchauffement
global.
 Causes mécaniques : vibrations
Sismicité/Vibrations dues à un séisme ou à des activités humaines (Explosion,
passage d’un train). Il y a une augmentation momentanée du poids du terrain qui peut
suffire pour que le seuil de stabilité soit franchi et que le terrain se mette en
mouvement.
 Causes mécaniques : modification de la géométrie
Modification de la répartition des masses par érosion en pieds de versant (zone frein)
par une rivière par exemple ou par surcharge en haut de pente (zone moteur).

I.2.4 Evaluation de la stabilité des talus


La stabilité des ouvrages en terre est en général soumise à différentes méthodes d’analyse.
Dans tous les cas, les calculs de stabilité s’effectuent en contrainte totale à court terme et/ou en

11
contrainte effective à long terme. Ceci étant, le degré de précision des calculs dépendra de la
qualité de détermination des paramètres de cisaillement, mais aussi des moyens de calculs mis
en œuvre.

I.2.4.1 Notion de facteur de sécurité


Le coefficient de sécurité est l’un des paramètres primordiaux dans l’évaluation de la
stabilité d’une pente. A travers lui, on cherche à traduire par un seul nombre à quel degré la
pente en étude est stable.

[8] a établi les différentes définitions du coefficient de sécurité incluant la méthode de calcul
adaptée à chacune d’elles. Ces définitions sont regroupées dans le tableau (Annexe 2).

I.2.4.2 Choix du facteur de sécurité


Dans les cas pratiques courants, la valeur du coefficient de sécurité est prise en rapport
avec les situations et/ou les criticités liées au caractère instable des ouvrages escomptés. Ainsi,
dans le cadre de cette étude, pour des ouvrages de génie civil, nous pourrons adopter le choix
suivant d’après [9]. Il faut attacher au coefficient de sécurité global une valeur probabiliste.
L’expérience a montré, que sauf erreur grossière sur les hypothèses de calcul :

 Les talus restent toujours stable si Fs ≥ 1,5 ;


 Le glissement est pratiquement inévitable si Fs < 1(instabilité) ;
 Entre ces deux valeurs s’étend un domaine où il existe un risque de rupture, risque
d’autant plus grand que Fs diminue.

Le coefficient global de sécurité minimal requis est généralement de 1,4 à 1,5.

I.2.5 Méthode d’analyse de la stabilité des pentes et des talus


Il existe trois principales méthodes d’analyse de la stabilité des pentes et des talus.

I.2.5.1. Méthodes des tranches et ses variantes


Dans la gamme des méthodes d’analyse des pentes, les méthodes des tranches sont
devenues les plus courantes en raison de leur capacité à gérer des géométries complexes et des
sols variables dans des conditions de pression d’eau. Cette méthode consiste à considérer les
forces qui tendent à retenir un certain volume de terrain, délimité par les forces libres du talus et
une surface de rupture potentielle, et celles qui tendent à la mettre en mouvement (Figure I.5).

12
Figure I.5: Coupe présentant le découpage en tranche et les forces agissantes

I.2.5.2. Méthode des éléments finis (MEF)


Avant la rupture, au stade de la pré-rupture, le massif de sol ou de roche est continu et son
comportement ne peut être analysé par des méthodes à l'équilibre limite, car on ne peut mettre en
évidence une surface de rupture. Les phénomènes à décrire sont nombreux et complexes (élasto-
plasticité, fluage, rupture progressive) et intéressent l'ensemble du massif. Il est alors nécessaire
de considérer des méthodes volumiques prenant en compte l'ensemble du volume pour analyser
les mouvements ainsi que leur évolution dans le temps [8].

L’application de la MEF nécessite la connaissance d’une loi de comportement (contrainte -


déformation) pour le sol considéré, moyennant quoi ; le volume étudié est divisé en éléments
géométriques simples (triangle dans le cas d’un problème à deux dimensions) [5]. Ces éléments
séparés les uns des autres par des lignes ou des surfaces imaginaires sont seulement
interconnectés en nombres des points ou nœuds. Chaque élément est soumis à l’action des
éléments voisins. Le calcul consiste à déterminer un champ de forces et de déplacement
compatibles avec les équitations de la mécanique et la loi de comportement adoptée.

I.2.5.3. Méthode des abaques


Le principe de cette méthode consiste en l’estimation de facteur de sécurité en fonction de
plusieurs paramètres : la hauteur de gradin (Hg) et l’angle d’inclinaison (α) qui représentent les
paramètres de talus ; le poids volumique (γ), la cohésion (C) et l’angle de frottement interne ()
qui représente les paramètres de matériau à étudier [10].

Hoek est l’un des différents auteurs à avoir mis sur pieds une démarche aboutissant à un
coefficient de sécurité en se servant d’un abaque .Pour ce faire, il suffit de connaître la fonction de

13
l’angle du talus (X) et la fonction de la hauteur du gradin (Y). Le point d’intersection de ces
dernières nous permet de déterminer le coefficient de sécurité correspondant.

γ
X =  - (1,2 X ) (I.1) Y= X Hg (I.2)
C

Avec :  (en °) γ (en KN/m3)

 (en °) C (en KN/m2) Hg (en m).

Conclusion

Parvenu au terme de ce chapitre, nous rappelons qu’il était question d’une part de
présenter de façon générale la zone d’étude du projet des travaux de bitumage de la voie d’accès
à la cimenterie de Nomayos, et d’autre part des généralités sur les glissements de terrain et la
stabilité des pentes. Au regard de ce qui précède, il en ressort que les quelques détails soulevés
ici en ce qui concerne les glissements de terrain nous démontrent à suffisance la méticulosité
dont on doit s’armer pour entreprendre une démarche d’analyse de la stabilité des pentes aussi
bien naturelles qu’artificielles. Dans le chapitre suivant, nous vous présenterons le matériel
utilisé et la méthodologie adoptée pour l’étude de la stabilité des talus des zones de grands
déblais le long du linéaire du tronçon concerné (5,5 km, tronçon Nomayos).

14
CHAPITRE II: MATERIELS ET METHODES

Introduction
Dans ce chapitre, nous présenterons d’une part les matériels utilisés dans le cadre de la
présente étude ; notamment ceux exploités pendant la campagne de terrain, ceux du
laboratoire et les logiciels ayant servi au traitement des données. D’autre part nous évoquerons la
méthodologie adoptée pour mener à bien ce travail.

II.1 Ressources humaines, matériels et logiciels de traitement utilisés

II.1.1 Ressources humaines


Pour atteindre notre objectif sur le terrain et en laboratoire, nous avons eu besoin de :

 Un ingénieur de suivi géotechnique ;


 Un ingénieur de suivi qualité,
 Un laborantin pour quelques identifications physiques des matériaux des talus ;
 Un chauffeur pour les déplacements sur le terrain.

II.1.2 Matériels de terrain


Plusieurs outils ont été exploités (Annexe 9) sur le terrain. Il s’agit entre autre de :

 Un véhicule pick-up pour les descentes sur le terrain et le transport des échantillons ;
 Une tarière mécanique pour le prélèvement des échantillons intacts ;
 Des sacs d’échantillonnage ;
 Un GPS de marque Garmin pour la prise des données géographiques ;
 Une boussole couplée à un clinomètre ;
 Un décamètre pour les mesures des données géométriques ;
 Des pelles, des pioches pour les prélèvements des échantillons à des fins
d’identification ;
 Un carnet de terrain, un stylo à bille et un crayon pour la prise des notes ;
 Un téléphone de marque SAMSUNG NOTE 3 pour la prise des photos ;
 Des EPI (casque, chaussure de sécurité…).

15
II.1.3 Matériels de laboratoire
Pour mener à bien notre objectif, nous avons utilisé plusieurs matériels de laboratoire
(Annexe 9). Nous pouvons citer entre autre :

 Des balances de précisions spécifiques à chaque pesée ;


 Une balance munie d’une potence pour les pesées hydrostatiques ;
 Une étuve (105°C) pour le séchage des matériaux ;
 Un appareil de Cassagrande à coupelle lisse pour les limites de liquidité ;
 Des tares, des spatules, une plaque de marbre ;
 De la paraffine pour enrober les mottes de terre ;
 Des pycnomètres pour la détermination des poids spécifiques ;
 Un thermomètre pour la prise de température de l’eau lors du calcul du poids spécifique ;
 Une colonne de tamis pour l’analyse granulométrique ;
 Une brosse métallique ;
 Un appareil triaxial et dispositifs connexes ;
 Un ordinateur portable de marque LENOVO pour la numérisation des données ;
 Les EPI.

II.1.4 Logiciels de traitement utilisés


Le tableau ci-après recense les différents logiciels utilisés pour le traitement des données.

Table II.1: logiciels de traitement utilisés

Logiciels Usages

Arcgis Carte de localisation de la zone d’étude

Autocad 2D Modèle géométrique à deux dimensions

Rocscience Slide V5 Analyses numériques de la stabilité

Le progiciel Excel V2013 Calculs des paramètres physiques

Paint Coupes lithologiques

16
II.2 Méthodologie

II.2.1 Méthodologie de terrain


Les travaux de terrain se sont déroulés comme suit :

 Une campagne de terrain pour l’identification des talus à risque le long du tronçon ;
 L’étape de sondages carottés, le prélèvement des échantillons en vrac et simultanément
l’observation et la description des profils ;
 Comblement des trous de sondages afin d’éviter les infiltrations d’eaux ;
 La campagne de terrain s’est achevée par une inspection générale et minutieuse des
différents talus, jumelée à la collecte des données structurales.

II.2.2 Méthodologie de laboratoire


Les matériaux issus des différentes zones de déblais ont été soumis à des essais divers dans
le but de les classifier et aussi d’appréhender leurs comportements mécanique. Les essais
d’identification physiques, et ceux relatifs aux comportements mécaniques ont été effectués au
laboratoire géotechnique de SOL SOLUTION AFRIQUE CENTRALE Sarl (sous-traitance du
GROUPE SOMAF) basé à Yaoundé. Pour mener à bien nos objectifs, nous avons en plus réalisé
certains essais physiques au laboratoire de la MIPROMALO pour plus d’appréhension sur
certains matériaux de déblais.

II.2.2.1 Essais d’identification physique des matériaux


a) Détermination de la densité apparente (da) [27]

Elle a été faite au moyen des pesées hydrostatiques. L'essai consiste à mesurer
successivement les paramètres masse et volume qui caractérisent un même échantillon de sol. Le
volume est déduit des pesées dont l’une est faite après immersion de l’échantillon dans l’eau.

Pour calcul :

𝑚𝑃 −𝑚
Volume de la paraffine Vp : 𝑣𝑃 = (II.1)
𝜌𝑝

𝑚𝑃 −𝑚𝑝
Volume de l’échantillon paraffiné V (ep): 𝑣(𝑒𝑝) = (II.2)
𝜌𝑤

Masse volumique apparente de l’échantillon ():


𝑚 𝑚
𝜌= = (II.3)
𝑉𝑒 (𝑉𝑒𝑝 −𝑉𝑝

17
La densité apparente d’un échantillon de sol est déterminée par la formule suivante :

da = (II.4)
w

On a Ve = V : volume de l’échantillon humide

- Vp : Volume de la paraffine
- V (ep) : Volume de l’échantillon paraffiné
- mp : masse de l’échantillon paraffiné
- m : masse de l’échantillon
- mp* : masse de l’échantillon paraffiné obtenue par
pesée hydrostatique

w: Masse volumique de l’eau, w = 1000Kg/m3

-  p : masse volumique paraffine=0.9kg/m


3

b) Détermination de la densité réelle [11]

La détermination du poids spécifique des grains solides consiste à mesurer le volume


propre des grains à l’exclusion des vides, et à calculer le rapport entre leurs poids et leur volume.

Le dégazage dans le cas d’espèce a été fait en portant les différents matériaux en
ébullition. Nous nous servons ensuite des différentes pesées pour la détermination de la densité
réelle selon l’expression suivante :

P2−P1 (II.5)
dr = (P4−P1)−(P3−P2)

Avec :

P1 : le poids du pycnomètre sec ; P2 : le poids du pycnomètre contenant la prise d’essai ; P3 :


le Poids du pycnomètre contenant la prise d’essai et l’eau de remplissage ; P4 : le poids du
pycnomètre contenant l’eau distillée.

18
c) Poids volumique sec (d) des matériaux

Le poids volumique d’un matériau sec est défini comme le rapport entre le poids des
particules solides (Ws) au volume total (V) de ce même matériau à l’état humide (ou apparent).

Ms X g
d = Ws
V
=
V
(II.6)

g : intensité de la pesanteur, g = 10N/Kg et Ms, la masse des particules solides (poids du sol
après un séjour de 24h dans une étuve à 105°C) ; d (KN/m3).

d) Paramètres découlant des densités et des poids volumiques (en KN/m3)

 Poids volumique humide des matériaux (h)

Celui-ci est donné par la relation :

h
da = w  h = da X w (II.7)

Avec le poids volumique de l’eau w = 10KN/m .


3

 Poids volumique des grains solides (s)

On a :
s
dr = w  𝑠 = 𝑑𝑟 𝑋 𝑤 (II.8)
ww
 Poids volumique déjaugé (’) est déterminé à partir du poids volumique de
l’échantillon sec et de sa compacité.

ɣ’= ɣd –C × ɣw (KN/m3) (II.9)

 Le poids volumique du sol saturé s’obtient ainsi qu’il suit :

ɣsat= ɣd +n × ɣw (KN/m3) (II.10)

 La porosité (n) est déduite des densités par la relation suivante :

19
𝑑𝑟−𝑑𝑎
n=
𝑑𝑟
(II.11)
 L’indice des vides (e) est le rapport entre le volume des vides et le volume des
phases solides. Il peut être déduit de la relation :

s
e = d -1
(II.12)

 La compacité (c) a été calculée en utilisant la relation :

d
C = s
(II.13)

II.2.2.2 Paramètres de comportement des matériaux


Dans le cadre de ce travail, le comportement mécanique des différents matériaux a été
évalué via les essais triaxiaux [12]. Cet essai permet de déterminer la résistance de cisaillement
d’un sol.

L’appareil triaxial de révolution se présente comme suit :

Figure II. 1: Cellule triaxial et contraintes appliquées à l’éprouvette de sol [13]

Lors de l’accroissement du déviateur de contrainte q, la contrainte 1 augmente ainsi que la


taille du cercle de Mohr, correspondant à une augmentation des contraintes de cisaillement. Le
20
cercle de Mohr augmente jusqu’à une taille maximale correspondant à l’état de rupture du sol.
En réalisant des essais triaxiaux pour différentes valeurs de contrainte 3, on obtient à la rupture,
des cercles de Mohr de diamètre d’autant plus grand que la valeur de 3 est élevée. En effet, plus
3 est important, plus la contrainte normale sur les plans de cisaillement est important et plus le
sol résistera à une contrainte de cisaillement élevée.

L’enveloppe des cercles de Mohr à la rupture est assez bien approximée par une droite
tangente à chacun des cercles de Mohr. Cette droite est le critère de rupture de Mohr-Coulomb
définie par la relation :
τ = σ tan φ + c (II.14)

C : cohésion ; φ : angle de frottement interne.

Les résultats de l’essai peuvent être déduits de la dite enveloppe comme le présente la
figure suivante :

Figure II.2: Les cercles de Mohr et enveloppe de rupture de Mohr Coulomb [13]

21
II.2.2.3 Paramètres ayant servis à la classification des sols
a) Analyse granulométrique [14]

L'analyse granulométrique a pour but de déterminer la distribution dimensionnelle des


grains de différentes tailles constituant un matériau.

L'essai consiste à séparer, au moyen d'une série de tamis, un matériau en plusieurs classes
granulaires de dimensions décroissantes. Les dimensions de mailles et le nombre de tamis sont
choisis en fonction de la nature de l'échantillon et de la précision requise. Le procédé adopté est le
tamisage par lavage suivi du tamisage à sec.

Les masses de grains retenues sur les différents tamis sont rapportées à la masse initiale de
matériau. Les pourcentages cumulés passant à travers chaque tamis sont présentés sous forme
graphique.

b) Les limites d’atterberg [15]

Il a été question de la détermination de l’indice de liquidité à la coupelle et de l’indice de


plasticité au rouleau sur des fractions de sol dont les éléments passent à travers le tamis de
dimension nominale de maille 400 μm.

La limite de liquidité WL est la teneur en eau du matériau qui correspond


conventionnellement à une fermeture sur 1cm des lèvres de la rainure après 25 chocs

La limite de plasticité WP est la teneur en eau conventionnelle d’un rouleau de sol qui se
fissure lorsque son diamètre atteint 3.0mm ± 0.5mm.

La connaissance des deux paramètres suscités nous a permis de déterminer l’indice de


plasticité défini comme suit :

IP=WL-WP (II.15)

C’est l’un des facteurs culminants dans le système de classification adopté.

22
c) Classification des sols

Elle a été faite en suivant le canevas prescrit par le Laboratoire Central des Ponts et
Chaussées (L.C.P.C). Elle se fait à partir des résultats fournis par :

 La granulométrie ;
 Les caractéristiques de plasticité de la fraction fine (Atterberg).

Les sols sont désignés par le nom de la portion granulométrique prédominante qualifiée
par un adjectif relatif aux portions secondaires. On distingue ici deux classes de sols :

 Les sols grenus : plus de 50 % des éléments en poids > 80 µm ;


 les sols fins : plus de 50 % des éléments en poids < 80 µm.
 Démarche de classification

Pour les sols grenus, la classification s’est faite en utilisant la granulométrie et les limites
d’Atterberg comme présenté dans le tableau (Annexe 3). Et en ce qui concerne les sols fins, on
utilise les critères de plasticité liés aux limites d'Atterberg. Elle est précisée dans le diagramme
de plasticité ci-dessous (Figure III.5). Selon la position dans le diagramme du point représentatif
ayant pour abscisse la limite de liquidité et pour ordonnée l‘indice de plasticité, on définit la
catégorie de sol en présence.

II.3 Analyse numérique de potentiels glissements de terrain


Les méthodes d’analyse numérique des glissements de terrain s’avèrent être des
alternatives intéressantes et efficaces pour pallier aux limites des méthodes de calculs
analytiques. Elles s’établissent de plus en plus dans le domaine de la géotechnique en général,
avec l’avènement d’une multitude d’outils de simulation (informatique) dans le but de faciliter
les calculs et de gagner en temps d’exécution.

Dans le cadre de ce travail, on utilisera les méthodes d’analyse basées sur l’équilibre
limite. La mise en équation du problème de l’équilibre d’une masse de sol peut se faire de deux
manières [10] :

 Soit on étudie l’équilibre de l’ensemble de la zone de glissement. La ligne de rupture


est pour la plupart du temps supposé circulaire. C’est la « méthode globale ».

23
 Soit on décompose le talus en tranches dont on étudie d’abord l’équilibre individuel,
avant de globaliser le résultat en faisant intervenir certaines hypothèses
simplificatrices ; c’est la « méthode des tranches ».

Dans ce qui suit, on utilisera les méthodes des tranches et ; plus précisément celles de
FELLENIUS ET DE BISHOP dans le cadre de notre étude.

II.3.1 Méthode des tranches


Cette méthode consiste à considérer les forces qui tendent à retenir un certain volume de
terrain, délimité par les forces libres du talus et une surface de rupture potentielle, et celles qui
tendent à le remettre en mouvement.

Soit un cercle quelconque de centre O et de rayon R pour lequel on vérifie la sécurité vis-
à-vis du risque de glissement. La méthode des tranches consiste à découper le volume de sol en
un certain nombre de tranches limitées par des plans verticaux (Figure II.3).

Figure II.3: Exemple de la méthode des tranches sur une surface de rupture circulaire [16]

Comme on peut le voir sur la figure II.3, les forces agissant sur la tranche peuvent être
définies comme suit :

W = poids total de la tranche de largeur b et de hauteur h

N, T = composantes normale et tangentielle de la force agissant à la base de la tranche

24
X, E = composantes verticale et horizontale des forces inter tranches

b = épaisseur de la tranche (b = l.cosα)

α = angle que fait la base de la tranche avec l’horizontale

R = rayon du cercle de rupture de centre O

l = longueur du plan de glissement de la tranche et x = bras de levier du poids des terres.

Pour la détermination des facteurs de sécurité, la méthode de FELLENIUS et celle de


BISHOP avec leurs hypothèses seront présentées ci-après.

II.3.1.1 La méthode ordinaire de FELLENIUS [17]


La méthode ordinaire est considérée comme la plus simple des méthodes de tranches
puisqu'elle est la seule procédure qui se traduit par une équation linéaire du facteur de sécurité.
Il est généralement déclaré que les forces inter- tranches (XL, XR, ER, EL) peuvent être
négligées, car elles sont parallèles à la base de chaque tranche.

𝑏𝑛
∑𝑚
𝑛=1(𝐶𝑖 cos 𝛼𝑛+𝑊𝑛 cos 𝛼𝑛 .tan ∅𝑖)
Fs = ∑𝑚
𝑛=1 𝑊𝑛 sin 𝛼𝑛
(II.16)

Avec m, le nombre totale de tranche.

II.3.1.2 La méthode de BISHOP simplifiée [18]


Elle est différente de la méthode de FELLENIUS parce qu’elle fait l’équilibre dans
chacune des tranches pour trouver la contrainte normale au plan de glissement au lieu d’assumer
celle-ci comme étant égale à Wcosα. La méthode de Bishop vérifie l'équilibre des moments
ainsi que l'équilibre vertical pour chaque tranche, mais elle néglige l'équilibre horizontal des
forces.
∑𝑚
𝑛=1(𝐶𝑖.𝑏𝑛+𝑊𝑛 tan ∅𝑖)
Fs =
𝑀𝛼 ∑𝑚𝑛=1 𝑊𝑛 sin 𝛼𝑛 (II.17)

Avec M𝛼 = cos 𝛼𝑛[ 1 + (tan 𝛼𝑛. tan ∅𝑖)/𝐹𝑠)] ; Ci et ∅𝑖 caractéristique mécanique


de la couche dans laquelle est situé la surface de rupture.

25
II.3.2 Présentation du logiciel ROCSCIENCE (SLIDE V5)
Rocscience – Slide est un logiciel complet d’analyse de la stabilité des pentes naturelles et
artificielles basé sur le concept d’équilibre limite. Il présente des possibilités d’analyse
probabiliste et de sensibilité. Ce 2-D programme combine une interface graphique attrayante et
facile à utiliser avec un éventail de modélisation et de données qui te permettent d'exécuter des
analyses plus corsées et des interprétations qui sciées avec la réalité. Slide a la capacité
d'analyser une rupture circulaire ou non circulaire définie par l'utilisateur et de rechercher la
surface de rupture minimale. Les surfaces composites contenant à la fois une composante
circulaire et une composante non circulaire peuvent également être analysées.

II.3.2.1 Démarche de la modélisation


Nous avons adopté dans le cadre de ce travail un canevas basé sur la logique scientifique et
sur les différentes fonctionnalités qu’offre le logiciel. Ledit canevas se traduit comme suit :

 Premièrement il est question de projeté le modèle adopté en introduisant ses limites

ou en l’introduisant directement sur l’interface en utilisant l’outil ;


 Ensuite il est question d’introduire les paramètres généraux, ceux liés aux choix de la
méthode, à l’effet de l’eau et éventuellement les données statistiques pour une
surface de rupture circulaire ;

Variables
aléatoires

Choix des
méthodes

Données
statistiques

Figure II. 4: Fenêtre de paramétrage du logiciel

26
Notons que nous nous intéresserons ici aux méthodes dites de FELLENIUS et de
BISHOP simplifiée dans le sens d’une approche comparative.

 L’étape suivante pour le moins crucial est la définition du cercle critique de glissement
(présentant le facteur de sécurité le plus faible).Pour ce faire, il faut générer la grille de
points (chacun caractéristique d’un potentiel cercle de rupture). Le cercle critique sera
automatiquement choisi en fonction de la forme du modèle et ceux des cercles en dehors
de la limite de glissement pourront également être mis en exergue ;
 Par la suite, il est question d’introduire les caractéristiques mécaniques propres au matériau en
présence tout en précisant le critère de rupture utilisé. Ceci se fait comme le présente la figure
II.5 ;

Poids
volumique
apparent

Angle de
frottement
interne

Cohésion
du matériau Critère de
Mohr-Coulomb

Figure II.5: Insertion des propriétés des matériaux

Nous utiliserons le critère de Mohr-Coulomb dans le cadre de ce travail. L’étude se fera


sur le court terme, régime non drainée (c’est la phase initiale, de chantier, pendant laquelle le sol
est soumis à des sollicitations sans drainage, c’est-à-dire à volume constant et en admettant que le
sol est saturé), et par conséquent fera appelle aux paramètres mécaniques obtenus en contraintes
totales [19].

27
 Par la suite, il s’agira de compiler les différents paramètres sus-insérés ;
 La phase d’interprétation qui est la dernière permettra de donner de manière globale la
valeur du coefficient de sécurité minimal dépendamment de la méthode sélectionnée.
Une variation des valeurs du coefficient de sécurité des autres surfaces de rupture
potentielles pourra être observée au moyen d’un code de couleur. S’en suivra donc la
mise en forme et l’exportation du modèle obtenu.

II.3.2.2 Hypothèses prises en compte pour la modélisation


L’obtention de nos différents modèles dépendait entre autre d’un ensemble de
considérations. Celles-ci ont été basées sur les observations de terrain et aussi sur les choix
techniques des travaux de terrain et de laboratoire. Ainsi :

 Les prélèvements carottés se sont fait au niveau du gradin inférieur de chaque talus en
variant les profondeurs ou pas selon les profils observés (pour les valeurs C et ) ;
 Les surfaces de rupture seront prises comme étant circulaires ;
 Nous avons pris en compte un régime de drainage superficiel avec un poids volumique de

9.81KN/m3 ;
 La direction de glissement potentiel a été prise de la gauche vers la droite ;
 Les mesures géométriques sont faites en USI ;
 Le nombre de tranches considéré est de 25 pour chaque modèle ;
 Nous utiliserons les paramètres mécaniques obtenus en contrainte totales (évaluation
sur le court terme) ;
 L’angle des talus 54° et 60° (>53°) est abrupt, et renvoie à un cercle de rupture passant
par le pied de la pente.

II.3.3 Présentation du modèle géométrique retenu


L’une des conditions sine qua non pour l’obtention des résultats fiables était
l’établissement d’un modèle géométrique reflétant les normes prescrites pour le terrassement.
Ainsi nous nous sommes servis des profils préétablis pour le dimensionnement géométrique des
différents talus. Le modèle obtenu est celui présenté dans la figure II.6 avec les mesures en
mètre.

28
Figure II.6: Modèle 2D adopté pour la modélisation

II.3.4 Evaluation de la probabilité d’occurrence d’un alea


Cette section permettra d’obtenir plus amples informations au moyen d’une
approche statistique.

II.3.4.1 Méthode utilisée


Nous avons utilisé la méthode mise sur pieds par Monte-Carlo. Celle-ci permet de
modéliser la probabilité des différents résultats dans un processus qu'il est difficile de prévoir en
raison de l'intervention de variables aléatoires. C'est une technique utilisée pour comprendre
l'impact du risque et de l'incertitude dans les modèles de prévision. Le facteur de sécurité sera
recalculé N fois (où N = Nombre d’échantillons) pour la surface de glissement minimale globale,
utilisant un ensemble différent de variables d’entrée générées aléatoirement pour chaque analyse.

Nous prendrons N=1000 par défaut dans le cas d’espèce.

II.3.4.2 Variables aléatoires


Pour effectuer une analyse probabiliste, au moins un des paramètres d’entrée de notre
modèle doit être défini comme une variable aléatoire. Celles considérée dans le cadre de cette
étude sont :

 La cohésion ;
 L’angle de frottement interne ;
 Le poids volumique humide.

29
II.3.4.3 Résultats escomptés
 Le facteur de sécurité moyen : c’est celui obtenu à partir du calcul probabiliste d’une
analyse. Il s’agit simplement du facteur de sécurité moyen de tous les facteurs de sécurité
calculés pour la surface de glissement minimale de manière globale.
 La probabilité de rupture : elle est égale au nombre d’analyses (échantillon) avec un
facteur de sécurité inférieur à 1, divisé par le nombre total d'échantillons (1000).

𝑵𝑶𝑴𝑩𝑹𝑬 𝑫′𝑬𝑪𝑯𝑬𝑪𝑺
PR = 𝑵𝑶𝑴𝑩𝑹𝑬 𝑻𝑶𝑻𝑨𝑳 𝑫′𝑬𝑪𝑯𝑨𝑵𝑻𝑰𝑳𝑳𝑶𝑵
(II.17)

II.3.5 Hauteur critique Hc et valeur minimale seuil de stabilité des cohésions pour
les différents cas des talus instables
Pour les calculs de la hauteur critique des gradins (Hc) et de la valeur minimale de stabilité
des cohésions (Cmin), en tenant compte de l’angle des différents talus de déblais (54° et 60°), on
a utilisé la méthode de l’abaque de Hoek comme présentée dans le chapitre I. De cette méthode,
on peut déterminer la hauteur critique (Hc) et la cohésion minimale de stabilité (Cmin) en fixant
par calcul X, et en prenant un coefficient de sécurité critique (Fs = 1,4).

Pour cela, on calcule X, puis on détermine le point d’intersection entre la valeur de X et la


valeur de Fs = 1,4. Enfin, on lit sur l’abaque de Hoek la valeur de Y correspondante et on
déduit ainsi de Y, Hc pour la cohésion réelle du sol et Cmin pour la hauteur réelle du talus.

Notons que toute valeur de hauteur de gradin, en deçà de la valeur de la hauteur critique de
ce même gradin impliquerait le caractère instable de celui-ci. Dans le cas contraire, il y’a
stabilité.

La cohésion minimale seuil de stabilité d’un talus quant à elle est la valeur optimale
(améliorée) de la cohésion d’un matériau pour laquelle ce talus atteindrait la stabilité avec un
coefficient de sécurité Fs = 1,4.

Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté le matériel d’acquisition et de traitement de
données. La méthodologie consistait tout d’abord en de différentes sorties de terrain dans le but
d’identifier les zones des talus à risque, d’effectuer les prélèvements des échantillons remaniés et

30
intacts, de faire une description générale des différents profils rencontrés jumelés à la prise des
données géométriques (et structurales). Il s’en est suivi la caractérisation physico-mécanique des
différents prélèvements obtenus sur le terrain. Les résultats des essais triaxiaux notamment ont
fait l’objet de simulations au moyen du logiciel Rocscience (Slide V5) en vue d’évaluer le
comportement de nos différents talus. Enfin nous avons présenté le critère de la hauteur critique
du gradin à respecter pour le dimensionnement des talus. La démarche ainsi décrite a aboutie à
un ensemble de résultats faisant l’objet du chapitre III.

31
CHAPITRE III: PRESENTATION DES RESULTATS ET
DISCUSSION

Introduction

Dans ce chapitre, nous présenterons les résultats des différentes campagnes de terrain ainsi
que ceux des différents essais réalisés en laboratoire sur les différents prélèvements. Il s’en
suivra l’aboutissement de la démarche de simulation adoptée et la détermination de la hauteur
critique. Notons que dans cette partie, nous présenterons préférentiellement les détails
concernant les talus des PK 3+400 et PK 4+193. Des interprétations et discussions éventuelles
seront faites à la suite de chaque résultat présenté.

III.1 Les résultats de terrain

III.1.1. La campagne d’identification


Pendant la campagne d’identification, nous avons pu dénombrer 5 grands talus (avec une
profondeur ≥ 8m) des zones de déblais au total sur le long de notre tronçon. La compagne de
sondage a été réalisée sur ces différents talus comme détaillée dans le tableau III.1.

Tableau III.1 : Listing des points de prélèvement

Angle du talus par rapport à


PK Cote Profondeur du talus (en m) l’horizontale
0+270 Gauche 12 54°
2+250 Droite 8 60°
3+400 Gauche 9,5 54°
4+193 Gauche 5+6 = 11 60°
5+297 Gauche 10,2 60°

Les prélèvements effectués à différentes profondeurs dans la même zone sont dus à des
questionnements sur l’uniformité du faciès observable au niveau du talus. Notons ici qu’au PK
4+193, on a par observation sur le terrain deux couches (argileuses) de couleurs différentes, et
aussi avec des épaisseurs différentes (de 0-5m et de 5-11m).

32
Sac d’échantillonnage Pelle

Figure III. 1: Echantillonnage en vrac

III.1.2. Echantillonnage
 Les sondages carottés ont été effectués (à l’aide d’une t ar ière mécanique) au
niveau de la risberme inferieure de chaque talus de déblais à des profondeurs définies
(exemple carottes de 50cm, 60cm) par l’équipe de l’entreprise géotechnique SOL
SOLUTION Sarl selon les observations faites sur le terrain.
 Les échantillons remaniés ont été extraits du flanc de la risberme inferieure de chaque
talus pour des fins d’identification physique.

III.1.3. Description des profils


Pour ce qui est de la variation des profils, nous avons constaté que les talus présentent sur la
zone d’étude une configuration standard de manière générale. Ainsi, on distingue d’une part des
talus présentant chacun une couche de terre végétale avec une petite épaisseur d’environ 0.3m et
une couche de graves latéritiques argileuses (cas des PK 0+270, 2+250, 3+400, 5+297). D’autre
part, nous avons des couches argileuses (cas du PK 4+193). Une illustration est celle du PK
0+270 présentés par la figure III.2 ci-après.

Notons que le couvert végétatif dominant dans la zone des talus est fait d’herbes, d’arbustes
et d’arbres.

33
Les noms attribués à chaque couche sont tirés des analyses effectuées en laboratoire sur les
échantillons prélevés. En effet, pendant le terrassement, des échantillons étaient prélevés à des
profondeurs variées et analysées en laboratoire dans le but de déterminer si les matériaux en
question pourraient être utilisés à des fins de remblayage, de couche de forme et de couche de
fondation.

Figure III.2: Exemple d’illustration du profil du talus au PK 0+270

III.1.4. Bouchage des trous de sondage


Cette opération a été menée dans le but d’éviter les infiltrations d’eau dans le sol. En effet
l’eau présente dans un terrain aura un impact direct sur sa cohésion. Cela entrainera donc une
réduction de la résistance au cisaillement du terrain et concomitamment les risques de
rupture seront plus accrus. Le matériau utilisé pour le bouchage était du béton.

III.1.5. Inspection générale


L’inspection générale concluant notre campagne de terrain nous a permis d’identifier
certains phénomènes d’altération susceptibles d’affecter la stabilité de nos talus. Le phénomène
le plus observé est celui des lessivages, illustrés dans la figure III.3.

34
Lessivage en tête

Figure III. 3: Phénomène de lessivage observé sur le talus du PK 0+270

Les phénomènes de lessivage, d’éboulement et de fissuration sont les principaux


perceptibles sur l’ensemble de nos talus.

III.2 Caractérisation géotechnique des sols

III.2.1 Sur les échantillons remaniés


Les échantillons prélevés en vrac sur le terrain ont été analysés. On a ainsi déterminé un
ensemble de paramètres physiques. Ceux-ci sont consignés dans le tableau III.2 :

Tableau III.2: Paramètres de comportement physique des matériaux

PK da dr d s ’ sat n(%) e C

PK 0+270 2,01 2,55 19,07 25,52 11,59 21,19 21,23 0,34 0,74

PK 2+250 2,10 2,38 20,06 23,81 11,63 21,24 11,80 0,18 0,84

PK 3+400 2,13 2,57 20,10 25,71 12,28 21,81 17,15 0,28 0,78

PK 4+193 1,91 2,36 18,30 23,58 10,54 20,20 19,01 0,29 0,77

PK 5+297 1,99 2,70 19,27 27 12,13 21,89 26,26 0,40 0,71

35
 Les valeurs de densité apparente varient de 1,91 à 2,13, avec une moyenne de 2,03. La
variation de ces différentes valeurs est étroitement liée à la différence d’indice de vide (ou
porosité) et texture des différents matériaux. Ces valeurs de densité apparente ne
s’éloignent pas tellement les unes des autres (c’est le cas des PK 0+270, 2+250, 3+400,
5+297), cela s’explique par le fait qu’on a quasiment le même sol de talus dans tout le
site de travail. Notons que l’ensemble de nos valeurs de densité apparente des différents
talus entrent dans la gamme 1,70 à 2,30, intervalle obtenu par [20] sur les sols du
dispositif expérimental Crop-News de Kamboinsé.
 Pour les valeurs de porosité, il y’a un léger éloignement de valeurs les unes des autres (n
variant de 11,80 à 26,26%). Il en ressort que ces valeurs de porosité sont faibles, ce qui
explique l’importance des valeurs de densités apparentes. Les valeurs de porosité de nos
différents matériaux sont en générale < 50%. Ceci traduit le fait que les matériaux en
présence seront peu susceptibles de se remplir d’eau [21].
 Une vue d’ensemble des résultats des indices des vides nous présente des valeurs < 1.
Ces valeurs relativement faibles de l’indice des vides traduisent le fait que les risques sont
moindres et par conséquent ne sauraient être prouvés à cette étape de notre étude.
 En ce qui concerne les valeurs des densités réelles, elles varient de 2,36 à 2,70. Ces
valeurs se rapprochent de celles obtenues par [22] (2,52, 2,45 et 2,52) respectivement ses
ensembles médian, inférieur et supérieur.
 Les valeurs des poids volumiques des grains solides et poids volumiques secs
déductibles respectivement des densités réelles et apparentes évolueront dans le même
sens que celles-ci [21].
 S’agissant de la compacité, ses valeurs traduisent que les matériaux prélevés des talus
présentent des vides réduits, c’est-à-dire une mauvaise aération du sol.

Ces paramètres physiques ne sauraient prouver ou évaluer la stabilité de nos différents


talus.

III.2.2 Paramètres de comportements mécaniques (sur les échantillons intacts)


Les résultats nécessaires pour la vérification de la stabilité des talus sont :

 La cohésion du sol « C » ;
 L’angle du frottement interne du sol « φ » ;
 Le poids volumique apparent « γh ».

36
La cohésion et l’angle de frottement interne sont présentés en condition de contraintes
totales comme le présente le tableau III.3 ci-dessous. Notons ici que les calculs des contraintes
faits en contraintes totales sont réalisés dans un régime non drainé, c’est-à-dire à court terme.

Selon [19], le court terme est : la phase initiale, de chantier, pendant laquelle le sol est
soumis à des sollicitations sans drainage, c’est-à-dire à volume constant (en admettant que le sol
est saturé).

Les résultats obtenus après essais triaxiaux au laboratoire de SOL SOLUTION Sarl à Yaoundé
sont présentés dans le tableau suivant :

Tableau III. 3: Paramètres de comportement mécanique des matériaux

N° PK Profondeur Poids volumique Angle de frottement Cohésion


de carotte 3  (°) C (KPa)
h (KN/m )
(m)
1 0+270 10,5-12 20,1 26,7 3
2 2+250 7,5-8 21 28 4
3 3+400 8,5-9,5 21 ,3 30 4,7
4,5-5 18,01 31 20
4+193
4 10,2-11 19 32,6 22
5 5+297 9,5-10,2 19,91 25 3,8

 Les valeurs de poids volumiques humides varient de 18,01 à 21,3 KN/m3, avec une
moyenne de 20,282 KN/m3. [22] propose un système de classification permettant de
juger de la qualité du sol. Il se présente comme suit :
- Pour 10 < h (KN/m3) ≤ 15 le sol est tourbeux ;

- 15 < h ≤ 18,5 le sol est très mauvais ;

- 18,5 < h ≤ 19,5 le sol est mauvais ;

- 19,5 < h ≤ 20,5 le sol est de qualité moyenne ;

- 20,5 < h ≤ 21,5 le sol est de bonne qualité ;

- h > 21,5 le sol est de très bonne qualité ;


- h = 25 KN/m, on a le sol sur consolidé (plus compact).
37
Ceci dit, dans le cadre de ce travail, l’ensemble des échantillons analysés offrent des
valeurs de poids volumiques humides dans l’intervalle] 15 ; 21,5]. Il va sans dire que nous
avons en présence des sols de qualité « très mauvaise » à sols de « bonne qualité ».

 La variation des valeurs des angles de frottement interne s’explique par le fait que nous
sommes en présence de sol ayant des grains de différentes formes et de diverses
dimensions. En effet, plus ces grains sont anguleux, plus l’angle de frottement interne
sera élevé. Dans le même ordre d’idée, on conçoit aisément que les matériaux avec des
angles de frottement élevés auront de faibles cohésions et vice versa.
 [19] propose un canevas de classification selon la cohésion des matériaux. Il en ressort
que dans le cas d’espèce (C variant de 3 à 22 KPa) nous sommes en présence des sols
mous à sols raides (Annexe 4).

III.2.3 Paramètres de classification des sols

III.2.3.1 Analyse granulométrique


Nous présentons ici pour chaque prélèvement les pourcentages de passants correspondant à
chaque maille de tamis.

Tableau III.4: Résultats de l’analyse granulométrique

Pourcentage des passants

Tamis
PK 0+270 PK 2+250 PK 3+400 PK 4+193 PK 5+297
(mm)

40 100 100 100 100 100 100


31,5 100 100 100 100 100 100
25 100 100 94 100 100 100
20 98 99 89 100 100 100
10 78 64 60 100 100 87
5 47 34 27 100 100 58
2 38 20 19 100 99 43
1 37 16 18 95 97 41
0,5 35 12 17 93 91 32
0,08 29 6 15 77 79 23

38
C’est ainsi qu’à l’issue du tableau des résultats des analyses granulométriques, nous avons
pu ressortir le pourcentage de fine (passants aux tamis de 0.08mm) pour chaque échantillon.

Tableau III.5 : Présentation des pourcentages de fines pour les différents échantillons

Point Kilométrique % fines

0+270 29

2+250 6
3+400 15

77
4+193
79
5+297 23

Rappelons ici qu’au PK 4+193, nous avons deux couches de couleur et de caractéristiques
physico-mécaniques différentes. La première couche de couleur rouge est en position 1 (au PK
4+193, première ligne et première colonne respectivement dans l’analyse granulométrique et %
fines) et la deuxième de couleur jaune en position 2 (ligne et colonne deux respectivement).

 La forte teneur en fractions fines, 78% en moyenne (˃ 50%), sur les échantillons
prélevés au niveau du PK 4+193 s’expliquerait par une altération chimique poussée à très
poussée de la roche mère gneissique en place et d’une pédogenèse. Ceci rejoint
l’observation de [24] faite sur les formations superficielles de Yaoundé, qui explique
que la proportion élevée en éléments fins, résulte du phénomène d’altération chimique
qui fragilise la roche, crée des vides et conduit à la formation des argiles (sols fins) dans
le milieu.
 Pour ce qui est des prélèvements présentant une faible proportion de fines (cas des PK
0+270, 2+250, 3+400, 5+297), 18,25% en moyenne (˂ 50%), il s’agit ici d’un processus
d’altération chimique peu poussée. Cette différence de niveau d’altération avec les zones
riches en argile et en silt est liée à la variation d’altitude le long du tronçon en étude.
Notons que nous sommes ici en présence des sols grenus.

Les résultats de l’analyse granulométrique peuvent aussi être observés sous forme de
courbe (voire figure III.4 et Annexe 6).
39
Analyse Granulométrique par tamisage
m
100
90
80 PK 3+400

70
60
% Tamisat

50
40
30
20
10
0
100 10 1 0,1 0,01
Diamètre des grains (mm)

Analyse Granulométrique par tamisage


n 100
90
80
70
PK4+193-a
60
% Tamisat

PK 4+193- b
50
40
30
20
10
0
100 10 1 0,1 0,01
Diamètre des grains (mm)

Figure III. 4: Courbes d’analyse granulométrique m : PK 3+400 ; n : PK 4+193

Au vue général de l’allure des courbes d’analyse granulométrique, nous pouvons ressortir
que les graves latéritiques sont en plus grandes proportions dans les matériaux prélevés au
niveau des talus aux PK 0+270, 2+250, 3+400 et 5+297, suivi d’une petite quantité de 18,25% en
moyenne en éléments fins (ou argileuse). En effet, dans l’ensemble des PK, il s’agit de graves
latéritiques de classe granulaire 0/20 avec un passant à 2 mm égal à 30% en moyenne.

40
Pour ce qui est des échantillons prélevés au niveau du PK 4+193, nous rappelons que dans
la légende de la courbe m, a est la couche rouge et b la couche jaune. Dans ces échantillons
presque identiques, on a 78% en moyenne constitués d’éléments fins, ce qui traduirait que nous
pourrions être en présence d’un sol argileux.

III.2.3.2 Les limites d’Atterberg


A l’issue des essais réalisés à la coupelle de Cassagrande sur la fraction de matériaux
passant au tamis de maille 400 μm, nous avons pu déterminer la limite de liquidité(WL), la
limite de plasticité (WP) et nous en avons déduit l’indice de plasticité (Ip), ceci afin de
déterminer le degré de plasticité pour chaque matériau. Les résultats sont consignés dans le
tableau III.6

Tableau III.6: Résultats des limites d’Atterberg

PK 0+270 2+250 3+400 4+193 5+297


WL(%) 56 49 58 68 65 57
WP(%) 29 28 34 32 34 31
Ip 27 21 24 36 31 26

Nous pouvons distinguer suivant la valeur de l’indice de plasticité (Annexe 5), des sols à
plasticité moyenne (15 < Ip < 30) et des sols à plasticité élevée (30 <Ip < 50). Les sols à
plasticité moyenne sont ceux prélevés au niveau des PK 0+270, 2+250, 3+400 et 5+297 (Ip =
24,5 en moyenne), ceci découle de la fraction graveleuse considérable que ceux-ci contiennent.
Par contre les sols à plasticité élevé, ceux échantillonnés au niveau du PK 4+193 (Ip = 33,5 en
moyenne), s’expliquent par leur forte proportion en éléments fins (ou argileuses).

III.2.4 Classification des sols


Les résultats de l’analyse granulométrique et des limites d’Atterberg susmentionnés ont
permis de classer les échantillons de sol issus de nos différents talus. Nous nous sommes servis
du canevas prescrit par le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées (LCPC).

 Pour ce qui est des sols présentant un pourcentage en masse de passants au tamis de
0,08mm˂50%, nous avons utilisé l’analyse granulométrique, l’abaque de plasticité de
Cassagrande (voire figure III.5) jumelé au protocole proposé par le LCPC pour les sols
grenus (Annexe 3).

41
Notons tout d’abord que d’après ce protocole nous sommes en présence des graves, sols
possédant plus de 50% d’éléments avec un diamètre > 2 mm. Ceci étant, nous avons
enregistré aussi en moyenne plus de 12% d’éléments < 0,08mm, d’où en fonction de la
position des sols par rapport à la ligne A sur le diagramme de Cassagrande, il pourrait
s’agir soit des graves limoneuses ou soit des graves argileuses.
 Pour les échantillons avec des pourcentages de passants au tamis de 0.08mm˃50 %,
nous avons utilisé les critères de plasticité liés aux limites d’atterberg (voire diagramme
de plasticité de Cassagrande, figureIII.5).

: E PK 0+270 : E PK 2+250 : E PK 3+400 : E PK 4+193

: E PK 5+297 avec E : Echantillon de sol

Figure III. 5: Abaque de plasticité de Cassagrande

A l’issu du protocole de classification des sols et du diagramme de Cassagrande, il en


ressort pour les sols grenus et pour les sols fins la nomenclature suivante :

42
Tableau III.7: Classification LCPC des différents échantillons de sol

Point kilométrique (PK) Désignation Nature LCPC


0+270 GA Grave argileuse
2+250 GA Grave argileuse
3+400 GL Grave limoneuse
4+193 At Argile très plastique
5+297 GA Grave argileuse

III.3 Evaluation de la stabilité des talus


La détermination du facteur de stabilité des talus des zones à risque s’est faite en utilisant
la méthode ordinaire de Fellenius et la méthode de Bishop simplifié, toutes basées sur le concept
d’équilibre limite. Les différentes hypothèses mentionnées au chapitre II ont été prises en compte
pour chaque méthode. La démarche adoptée sera détaillée pour deux cas spécifiques (PK 3+400
et PK 4+193) suivant la méthode de Bishop, puis les résultats généraux seront présentés et
discutés.

Nous prendrons comme condition de « stabilité » tout talus ayant un FS≥1,5.

III.3.1 Cas du talus au PK 3+400 (Méthode de Bishop simplifiée)


Après les configurations de SLIDE et l’introduction des paramètres de comportement
mécanique du matériau, les calculs sont faits automatiquement et utilisant l’approche probabiliste
comme mentionnée plus haut, le facteur de sécurité est calculé. On aboutit ainsi à un modèle
numérique présentant les résultats escomptés.

43
Figure III.6: Modèle numérique obtenu montrant le caractère instable du talus au PK 3+400

La figure précédente nous présente une probabilité de rupture de 100%, ce qui signifie que
sur le lot de 1000 échantillons analysés le long du cercle de rupture, aucun échantillon ne donne
un facteur de sécurité > 1. Cela est confirmé par sa valeur de facteur de sécurité moyen (Fs =
0,649) Fs < 1, d’où le caractère instable du talus du PK 3+400.

III.3.2 Cas du talus au PK 4+193 (Méthode de Bishop simplifiée)


Dans ce talus, nous avons deux couches lithologiques de profondeur et de caractéristiques
physico-mécaniques (intrinsèques) différentes. Ceci étant, le modèle numérique obtenu présenté
ci-après (figure III.7) est celui de la couche d’argile rouge avec une profondeur de 5m. Celui de
la couche d’argile jaune avec 6m d’épaisseur est présenté en annexe avec les modèles des autres
talus (Annexe 7).

44
Figure III.7: Modèle montrant le caractère stable du talus au PK 4+193 à 5m de profondeur

Le modèle numérique précédant nous présente une probabilité de rupture de 0%, ce qui
prouve que le cercle critique de rupture ne présente aucun échantillon avec un Fs<1. Cela est
confirmé par la valeur moyenne (Fs=3,105) Fs>1 pour le talus du PK 4+193 à 5m de profondeur.

La couche d’argile du talus du PK 4+193 avec 6m de hauteur présente également une


probabilité de rupture de 0%. Son coefficient de sécurité moyen Fs=1,850 est aussi >1.

Nous allons à conclure d’après la condition de stabilité susmentionnées que ce talus est
stable pour toutes les deux couches d’argile car, il présente pour celles-ci des coefficients de
sécurité moyen Fs>1,5.

III.3.3 Résultat d’ensemble de l’analyse numérique


Pour les deux méthodes d’analyse utilisées, les cases mises en évidence dans les différents
tableaux sont celles prises en compte pour l’interprétation.

III.3.3.1 Facteurs de sécurité moyens


Le tableau III.8 présente les différents résultats de facteurs de sécurité moyens obtenus
sur l’ensemble des talus pour les différentes méthodes adoptées.

45
Tableau III. 8 : Facteurs de sécurité moyens des talus (T) pour les différentes méthodes

PK Fs moyen
Bishop Fellenius
T PK 0+270 0,515 0,460
T PK 2+250 0548 0,497
T PK 3+400 0,649 0,588
T PK 4+193 3,105 3,167
1,850 1,877
T PK 5+297 0,440 0,393

Du point de vue général, les valeurs de facteur de sécurité les plus faibles sont obtenues
pour la méthode de Fellenius. Toutefois, celles-ci sont modérées et vont dans le sens de la
sécurité. Cette observation corrobore parfaitement avec les résultats des travaux de [10] sur la
stabilité des talus dans la carrière d’Ain El Kebira (Sétif). En effet, ce dernier concluait à l’issue
de ses travaux que la méthode de Fellenius donne des résultats pessimistes par rapport à celle de
Bishop, avec des écarts de Fs pouvant atteindre 10%.

III.3.3.2 Les probabilités de rupture


La probabilité de rupture est une valeur qui découle de l‘analyse probabiliste. Elle nous
présente ainsi pour l’ensemble des échantillons soumis à l’analyse probabiliste, ceux avec un
facteur de sécurité inférieur au seuil critique (FS=1), et inversement. Les probabilités de rupture
obtenues pour les deux méthodes sont consignées dans le tableau III.9.

46
Tableau III.9: Probabilités de rupture avec Bishop simplifié et Fellenius

PK Probabilité de rupture (%)


Bishop Fellenius
T PK 0+270 100 100
T PK 2+250 100 100
T PK 3+400 100 100
T PK 4+193 0 0
0 0
T PK 5+297 100 100
Nous pouvons remarquer ici que le talus (PK 4+193) présentant les facteurs de sécurité Fs
≥ 1,5 présente logiquement des probabilités de rupture nulle quelques soit la méthode adoptée.
Autrement dit sur les 1000 échantillons analysés sur chacun des cercles critiques de ce talus,
aucun ne présente un Fs<1.

Nous remarquons aussi que pour les autres talus présentant une probabilité de rupture de
100%, aucun des 1000 échantillons ne saurait avoir un FS>1.

III.3.4 Déduction des résultats d’ensemble de l’analyse numérique


Un regard général sur l’ensemble des résultats présentés plus haut nous laisse constater que
les méthodes des tranches Bishop simplifié et Fellenius revêtent un caractère similaire
particulier. Ceci étant nous utiliserons la méthode la plus courante, celle de Bishop simplifié pour
les interprétations à ce niveau.

L’action conjointe des différents résultats obtenus de l’analyse numérique nous a permis
de nous prononcer sur le comportement à court terme des talus en étude. Ainsi no u s
r a pp e lo ns q u e sera considéré comme « stable » à court terme tout talus présentant un
coefficient de sécurité moyen ≥ 1,5.

 Pour les talus des zones PK 0+270, PK 2+250, PK 3+400, PK 5+297, nous obtenons
respectivement des facteurs de sécurité moyens Fs=0,515, Fs=0,548, Fs=0,649 et
Fs=0,440 concluant ainsi le caractère instable de ceux-ci à court terme. Cependant il sera
plus rassurant d’envisager des mesures de traitement.
 En ce qui concerne le talus du PK 4+193, nous obtenons pour le prélèvement fait à 5m de
profondeur un coefficient de sécurité moyen Fs=3,105 et, pour celui fait à 11 de

47
profondeur, un Fs=1,850. Ces valeurs étant bien au-dessus du seuil fixé, nous pouvons
conclure sur le caractère stable du talus du PK 4+193 à court terme.

III.3.5 Influence des paramètres intrinsèques des différents échantillons prélevés sur le
coefficient de sécurité des différent talus avec la méthode de Bishop
Les valeurs aléatoires à savoir le poids volumique humide, la cohésion et l’angle de
friction interne sont d’une grande influence sur le facteur de sécurité des talus. Ceci dit, le
logiciel Slide par sa fonctionnalité probabiliste sur les courbes variables aléatoires nous a permis
d’avoir celles-ci pour chaque talus (Annexe 8). Nous nous limiterons à présenter uniquement les
courbes pour le talus du PK 3+400 avec la méthode de Bishop, puis nous ferons des
interprétations d’ensemble sur les différentes courbes obtenues par le logiciel Slide.

III.3.5.1 Courbes d’influence des paramètres intrinsèques des matériaux sur le coefficient de
sécurité pour chaque talus

 Graphe de la variation de Fs pour le talus du PK 3+400 en fonction du poids


volumique :

Figure III.8: Influence du poids volumique sur le facteur de sécurité du talus du PK 3+400

48
 Graphe de la variation de Fs pour le même talus en fonction de la cohésion (C)

Figure III.9: Influence de la cohésion sur le facteur de sécurité du talus du PK 3+400

 Graphe de la variation de Fs en fonction de l’angle de frottement interne du talus du


PK 3+400

Figure III.10: Influence de l’angle de friction interne sur le Fs du talus du PK 3+400

III.3.5.2 Interprétation des courbes

 En ce qui concerne le poids volumique humide, nous observons de l’allure des courbes
pour les talus des PK 0+270, 2+250, 3+400, 4+193 et 5+297 une diminution du Fs quand
celui-ci augmente. Nous avons par exemple pour le cas du PK 3+400, la variation du
poids volumique de 19,75 à 22,8KN/m3 avec un pas de 1KN/m3 donne une diminution du
Fs de 0,6505 à 0,642 (voire figure III.8). Ainsi nous pouvons dire pour ces cas de talus à
risque qu’une augmentation progressive du poids volumique humide entrainera donc une

49
diminution du facteur de sécurité pouvant les conduire jusqu’à la rupture. Cette
augmentation pourrait être due à un accroissement de la teneur en eau dans les sols. Ceci
rejoint l’observation de [23] sur les matériaux en terrains meubles.
 La variation du coefficient de sécurité Fs en fonction de la cohésion (C) pour tous les
talus est une fonction croissante. Ici, le coefficient de sécurité augmente pour tous les
talus quand la cohésion augmente. Nous avons par exemple le cas du talus du PK 3+400,
l’augmentation du Fs de 0,5 à 7,79 est pour une variation croissante de la cohésion dans
l’intervalle 1,7KN/m2 - 7,7KN/m2 avec un pas de1KN/m3 (voire figure III.9). En
revanche, le phénomène inverse se produirait si l’on faisait décroitre les valeurs des
cohésions utilisées Ainsi, une diminution de la cohésion non drainée d’un matériau en
pente entrainerait simultanément la baisse de ses efforts de cisaillement le rendant ainsi
plus vulnérable à un potentiel glissement. Cette thèse rejoint celle de [21] sur l’évaluation
de la stabilité de pente dans la localité d’Eloumdem (Centre Cameroun). Notons bien que
cela peut être dû à la présence des vides, des pores ou des fissures pouvant par le passage
des eaux réduire la cohésion des différents sols de talus.
 Sous l’observation des courbes, le facteur de sécurité augmente avec l’augmentation de la
valeur de l’angle de friction interne, pour tous les talus de notre étude. Par exemple la
figure III.10 montre que Fs augmente de 0,5 à 0,8 lorsque l’angle de frottement interne
augmente de 21° à 39°. Cela peut être dû à l’angularité des surfaces des particules du sol.

Notons que Les informations présentées ci-dessus sur les influences des paramètres
intrinsèques sur Fs permettront de mieux traiter ou conforter les talus instables.

Notons aussi que pour la méthode de Fellenius, toutes ces interprétations sont valables et
adoptées car celle-ci présente les mêmes allures de courbes.

III.4 Hauteur critique Hc et valeur minimale seuil de stabilité de la cohésion (Cmin) pour
les différents cas des talus instables
Rappelons que les fonctions (11) et (12) de la méthode des abaques de Hoek (Annexe 10)
présentées au chapitre 1 sont celles utilisées pour les calculs de Hc, Cmin. On a :


X =  - 1,2 et Y = C × Hg avec Hg la hauteur du talus,  poids volumique apparent

𝑌.𝐶 𝐻𝑔.
Hmin = et Cmin = .
 Y

50
Pour Fs = 1,4, on obtient à partir de l’abaque les résultats donnés dans le tableau III.10 :

Tableau III.10 : Hauteur critique et cohésion minimale de stabilité des talus instables

PK (°) (°)  Hg(m) C X Y Hc(m) Cmin(KN/m3)

0+270 54 26,7 20,1 12 3 22 7,5 1,11 32,16

2+250 60 28 21 8 4 26,4 6,4 1,21 26,25

3+400 54 30 21,3 9,5 4,7 18 8,8 1,94 23


5+297 60 25 19,91 10,2 3,8 30 6 1,14 33,85

 D’après les résultats des hauteurs critiques obtenus, on remarque que les hauteurs
critiques(Hc) de ces différents talus présentés dans le tableau III.10 sont très faibles,
preuve de leur large instabilité comme décrit plus haut. Ainsi les hauteurs de 12, 8, 9,5,
10,2, respectivement des talus des PK 0+270, 2+250, 3+400, 5+297, choisies lors du
dimensionnement géométrique n’assurent quasiment pas la stabilité de ces talus.
 Les cohésions minimales de stabilité (Cmin) obtenues dans ce tableau pour les talus
instables de notre zone d’étude, sont ici les cohésions solutionnées et optimale pour ces
différents cas de talus. Ceci dit, notons que ces cohésions (Cmin) sont celles pour
lesquelles les talus des PK 0+270, 2+250, 3+400, 5+297 deviendraient stables.

Cependant il sera important de traiter les différents talus instables par des méthodes de
confortements adaptées à ces cas de talus à risque de ce projet de route Nomayos.

III.5 Quelques méthodes de confortement proposées


Les méthodes de confortement constituent l’ensemble des méthodes devant servir à traiter
la masse de sol instable. Ainsi, nous présenterons ici quelques méthodes de confortement à
savoir : le confortement par terrassements, par drainage, par reboisement et la méthode de
confortement mécanique.

III.5.1 Confortement par terrassements


Il peut être envisagé par plusieurs méthodes selon la nature du problème. Nous distinguons
entre autres méthodes :

51
 Le déchargement en tête du glissement : il consiste à venir terrasser le talus de déblais
dans la partie supérieure. Il en résulte une diminution du poids moteur et par conséquent
une augmentation du coefficient de sécurité ;
 Le chargement en pieds : il agit de deux manières ; d’une part, elle équilibre les forces
motrices et, d’autre part, elle permet de contenir les déplacements de la masse instable ;
 Le reprofilage : Particulièrement bien adapté pour les talus, il consiste en un
adoucissement de la pente moyenne ;
 La substitution : consiste à venir purger l’ensemble des matériaux glissés ou
susceptibles de glisser, et à les remplacer par un matériau de meilleure qualité. Cela permet
de reconstituer le profil du talus initial.

III.5.2 Confortement par drainage


La vitesse de ruissellement de l’eau à la surface du talus entraîne l’instabilité de celle- ci. En
effet, l’eau peut acquérir une énergie suffisante pour arracher et entraîner les grains du sol en
créant des ravines qui s’approfondissent d’une averse à l’autre [27]. Ceci étant, un projet de
drainage de talus doit assurer la stabilité de ce dernier en limitant l’érosion, en réduisant les
infiltrations, en rabattant la nappe et en captant les sources.

III.5.3 Confortement par reboisement


Le confortement par reboisement consiste à planter des arbres qui interceptent les eaux de
pluie, contribuant ainsi à diminuer les volumes et les vitesses d’écoulements sur les versants
et à augmenter la cohérence du sol.

III.5.4 Confortement mécanique


Nous pouvons citer comme procédés de confortement mécanique :

 L’ancrage : il peut s’agir de barres passives de quelques mètres de longueurs mises


en place dans des trous forés puis scellés au ciment ou à la résine. Cette technique est
très efficace. Elle peut être combinée à l’injection ;
 L’enrochement : c’est un entassement de blocs de pierre de carrière d’assez grandes
dimensions, disposé le long du flanc de talus pour bloquer, ou à tout le moins freiner,
l’érosion causée par les eaux de ruissellement. Cette technique permet aussi de maintenir
le sol d’un terrain en pente (instable) par soutènement afin d’éviter les glissements de
terrain.

52
Conclusion
Les résultats de l’investigation entreprise sur le terrain nous dévoilent que l’action de l’eau
superficielle, la nature des matériaux constituants les différents talus et l’état de lessivage et de
fissuration pourraient contribuer significativement à un potentiel glissement de terrain. Aussi,
l’analyse des différents résultats obtenus par simulation nous permet de nous prononcer sur l’état
de sécurité des différent talus de déblais le long de la route d’accès à la cimenterie de Nomayos.
Il en ressort que le talus du PK 4+193, avec deux couches de caractéristiques physico-
mécaniques différentes présente des valeurs de facteur de sécurité pouvant permettre de conclure
sur son caractère stable sur le court terme. Les autres talus quant à eux présentent des valeurs
de facteur de sécurité< 1.5, ce qui permet de conclure sur leur instabilité à court terme et par
ricochet à long terme. Nous avons aussi eu à relever l’importance du caractère probabiliste des
analyses en ce qui concerne l’évaluation de la stabilité des pentes. Soulignons aussi l’apport
tiré de l’étude de l’influence des paramètres de comportement mécaniques des matériaux
sur le facteur de sécurité. Il apparait clairement qu’un régime d’écoulement au sein des
matériaux constituants nos différents talus accentuerait les risques de rupture du fait de
l’augmentation du poids volumique et de la réduction de la cohésion desdits matériaux. La
hauteur critique pour chaque talus nous a davantage renseignés sur la gravité du risque de rupture
de nos différents talus instables. Au regard de cette large instabilité, nous avons eu à envisager et
à déterminer une solution d’optimalité de la cohésion pour ces différents cas de talus afin
d’atteindre la stabilité (cohésion minimale de stabilité). Quelques méthodes de confortement ont
toutefois été proposées dans le sens de réduire le facteur risque.

53
CONCLUSION GENERALE
Dans ce travail ainsi réalisé, il a été question d’évaluer la stabilité des talus des zones de
grands déblais le long de l’axe de la voie d’accès à la cimenterie de Nomayos. Les méthodes de
Bishop simplifié et de Fellenius ont permis par le biais de l’approche probabiliste de déterminer
les facteurs de sécurité moyens de ces différents talus. La démarche adoptée à cet effet
s’articulait autour de trois grands chapitres. Au chapitre I, nous avons présenté le cadre naturel
de notre zone d’étude et quelques généralités sur les glissements de terrain et la stabilité des
pentes. Il en ressort d’ici que, le projet de bitumage de la voie d’accès à la nouvelle cimenterie de
CIMENCAM à Nomayos, avec un linéaire total de 5,5Km, est situé dans la région du Centre et
dans un régime de climat subéquatorial guinéen. Sur le plan géologique et pédologique, la quasi-
totalité du trajet est concerné par les sols ferralitiques et les sols hydromorphes reposant sur un
terrain métamorphique dont le substratum est le gneiss migmatitique. Les généralités évoquées
dans cette même partie ont éclairé notre lanterne sur la multitude de facteurs pouvant affecter
une pente. Il est aussi ressorti des paramètres cruciaux de stabilité à prendre en compte pour une
telle étude. Au chapitre II, nous retenons que l’obtention de nos résultats au chapitre III relève de
l’utilisation d’un bon nombre de matériels (matériels de terrain et de laboratoire, et logiciels de
traitement) et méthodes. Ainsi différentes sorties de terrain ont été entreprises d’abord dans le but
d’identifier les zones à risque, d’effectuer les prélèvements des échantillons remaniés et intacts,
de faire une description générale des différents profils rencontrés et de présenter l’état des talus.
Il s’en est suivi la caractérisation physico- mécanique des différents prélèvements obtenus sur le
terrain. L’aspect numérique quant à elle portait sur la modélisation géométrique de chaque talus,
puis la simulation du comportement de ceux-ci en appliquant d’une part les paramètres de
comportements mécaniques obtenus des essais triaxiaux et d’autre part des hypothèses découlant
de la campagne de terrain. Enfin, une évaluation de la hauteur critique et de la cohésion
minimale de stabilité des talus instables respectivement a été faite à partir de l’abaque de Hoek
dans le but de confirmer sur l’état d’instabilité de ces talus et d’avoir la valeur de la cohésion
pour laquelle ces différents talus deviendraient stables. Il en ressort donc du chapitre III que le
talus du PK 4+193, avec deux couches de caractéristiques physico-mécaniques différentes
présente des valeurs de facteur de sécurité pouvant permettre de conclure sur son caractère stable
sur le court terme. Les autres talus quant à eux présentent des valeurs de facteur de sécurité<
1.5, ce qui permet de conclure sur leur instabilité à court terme et par ricochet à long terme. Nous
avons aussi eu à relever l’importance du caractère probabiliste des analyses en ce qui concerne
l’évaluation de la stabilité des pentes. Nous avons remarqué que le talus du PK 4+193 présente

54
une probabilité de rupture nulle tandis que le reste des talus présente une probabilité de rupture
de 100%. Soulignons aussi l’apport tiré de l’étude de l’influence des paramètres intrinsèques
des matériaux sur le facteur de sécurité. Il apparait clairement que un régime d’écoulement au
sein des matériaux constituants nos différents talus réduirait la cohésion de celui-ci et accentuerait
les risques de rupture du fait de l’augmentation du poids volumique desdits matériaux. Pour ce qui
est de la hauteur critique, il apparait que celle-ci nous a davantage renseignés sur la gravité du
risque de rupture de nos différents talus instables. Au regard de cette large instabilité, nous avons
eu à envisager et à déterminer une solution d’optimalité de la cohésion pour chaque matériau
prélevé pour ces cas de talus afin d’atteindre la stabilité (cohésion minimale de stabilité).

Au regard de ces différents résultats obtenus, nous avons suggéré à l’entreprise de procéder
soit par des techniques de drainage, soit par des techniques de reprofilage ou encore
d’enrochement non seulement pour réduire le risque de rupture sur les talus potentiellement
instables, mais aussi pour prévenir l’occurrence d’un alea au niveau des talus stables. Ainsi une
analyse technico-économique doit être menée dans le but d’en ressortir la ou les
méthode(s) de confortement optimale(s).

Cependant nous devons relever ici quelques manquements dans ce travail. Pour des analyses
à l’équilibre limite, il peut y avoir un minimum local qui reste non détecté et des surfaces de
rupture complexes (non circulaires) peuvent être difficilement détectables.

En perspective pour ce travail, nous envisageons à partir de nos différents résultats obtenus
de faire une étude sur la durabilité (longévité) et la durée de vie des différents talus de déblais.

55
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
[1] Etude hydrogéologique et hydraulique en vue des travaux de bitumage de la voie d’accès à la
cimenterie de Nomayos, P.4-7.

[2] Plan Communale de développement (PCD) de Mbankomo, Aout 2018, P.28-29.

[3] Etudes géotechniques en vue de l’exécution des travaux de bitumage de la voie d’accès à la
cimenterie de Nomayos, Centre-Cameroun : Rapport d’étude de la plate-forme, des emprunts et
des ouvrages de Mai 2019, P.4.

[4] Kelil Nassim, Senam Bilal, Etude de la stabilité et confortement de la cité des 50 logements
(MEZGHITANE JIJEL). Mémoire de fin d’étude, Université ABDERRAHMANE DE BEJAIA,
P.2-18.

[5] Bensada, Sahraoui, Filali, Mira, Mebarki, Analyse de la stabilité d’un versant naturel et
choix de confortement : Cas du versant KOUALA-MEDEA, Mémoire de fin d’étude, P6-8.

[6] Rousselot Adrien, Phénomènes naturels en Barronies, P 9-16.

[7] TAKOU MUKAM Brice Josselin, Contribution à l’analyse de la stabilité des talus des
zones de grands déblais : Cas du tronçon Tibati-Sengbe, Mémoire de fin de formation,
Université de Ngaoundéré, 2018-2019, P.12-13.

[8] R.M FAURE, L’évolution des méthodes de calcul de stabilité des pentes partie I : Méthode a
la rupture, P.4-5.

[9] Gérald PHILIPPONNAT et Bertrand Hubert, Fondation et Ouvrage en Terre, Edition


Eyrolles 61.Bld Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05, P.235.

[10] Kamel M’ZOUGHEM, Walid CHENAFA, Etude géotechnique de la stabilité des talus
dans la carrière de Ain El Kebira (Sétif) ; Mem.Master, UNIVERSITE FERHAT ABBAS,
2005-2006, P.15-84.

[11] NF P 94-054, Sols: Reconnaissance et essais. Masse volumique des particules solides.
Méthode au pycnomètre à eau. AFNOR, mars 1996, P.16.

[12] NF P 94-070, reconnaissance et essais à l'appareil triaxial de révolution, octobre 1994.

[13] Luc Sibille, Géotechnique pour le technicien IUT Génie Civil et Construction Durable
Module MXG5.Licence. France. 2018, P 10-16.

[14] NF EN 933-1, Analyse granulométrique par tamisage.

[15] NF P 94-051, Sols: Reconnaissance et essais. Limites d’Atterberg. AFNOR, mars 1993,
P.16.

[16] Jean-Pierre Masekanya, Stabilité des pentes et saturation partielle Etude expérimentale et
modélisation numérique, Mem.DEA.Univ Liège, 2007-2008, P.40-48.

x
[17] D.G.Fredlund et J.Krahn, Comparison of slope stability methods of analysis, Univ
Saskatchewan, 1977, P.431.

[18] Bishop A W et Morgenstern N, stability coefficients for earth slope, Geotech N°4 vol 10,
1960.

[19] Jaques Lerau, Géotechnique 1 cours, Institut National des Sciences Appliquées de
Toulouse, 2005-2006, P.12-17.

[20] Théoneste NSANZIMFURA, Etude de la densité apparente et de la porosité du sol dans le


dispositif expérimentale CROP-NEWS de KAMBOINSE (BURKINA FASO), Mém.Master, 16
juillet 2015, P.26-27.

[21] MUKENGA WILLIAMS, Evaluation de la stabilité d’une zone à risque colonisée par un
habitat spontané : Cas d’Eloumden.Mem .Master Univ.yaounde I , P.130.

[22] Mfouapon Njoya Hassan, Contribution à la cartographie des zones à risques de


glissement de terrain dans les Hautes Terres de l’Ouest Cameroun : cas du village Manki,
Mémoire. Master, Université de Ngaoundere, 2017-2018, P.30-36.

[23] Dupain R, Lonchon R et Saint Arroman, Granulats, sols, ciments et bétons.


Caractérisation des matériaux de Génie Civil par des essais de laboratoire. Collection A Capliez,
nouvelle édition, 2000, P.237.

[24] Ekodeck et Kabeyene Beyala Kamgang, L’alterologie normative et ses applications ; Une
expression particulière de la pétrologie des roches alumino-silicatés du point de vue de leur
évolution supergene, Press universitaire de ydé (2002), P.231.

[25] Durville J. L., Sève G. (1996), Stabilité des pentes: Glissement en terrain meubles.
Techniques de l’ingénieur, C254.

[26] Extrait du Guide de drainage routier, drainage des eaux superficielles, 1 - surface de
roulement, 2 – accotement, 3 – talus, P 8-13.

Webographie :

[27] (http://coursgeniecivil.blogspot.com/2013/03/determination-de-la-masse-volumique-
par.html), Norme NF P 94-050, 18.09.2020, 12:52.

xi
ANNEXE

Annexe 1 : Morphologie d’un glissement de terrain.

Annexe 2 : Différentes définition d’un coefficient de sécurité

Définitions Formules Commentaires


Rapport de contraintes F=Γmax/Γ Méthode a la rupture
Rapport des forces F=Eresist/Emoteur Direction de déplacement
Rapports de moments F=Mtresis/Mt moteur Rotation
Paramètres réduits P=p/F Cf. Eurocodes
Probabilité a x% Distribution de F Cf. Monte-Carlo
Marge de sécurité Par ex : H/Hmax Sur une grandeur
Nombre flou Utilisation logique flou En développement

xii
Annexe 3 : Classification des sols grenus selon LCPC

xiii
Annexe 4: Domaine de valeur de cohésion pour les sols et les roches intacts

Description du matériau Cohésion C(en t/m3)


Sol très mou 0.17
Sol mou 0.34
Sol ferme 0.85
Sol raide 2.20
Sol très raide 7.60
Roche très tendre 17.00
Roche tendre 56.00
Roche dure 170.0
Roche très dure 580.0
Roche extrêmement dure 1000.00

Annexe 5 : Degré de plasticité d’un sol en fonction de l’indice de plasticité

Indice de plasticité (IP) Degré de plasticité


0-5 Sol non plastique
5-15 Sol à faible plasticité
15-30 Sol moyennement plastique
30-50 Sol très plastique
˃50 Sol fortement plastique

xiv
Annexe 6 : Courbes d’analyses granulométriques

100 100
90 PK 90 PK
P P…
K…2+250 5+297
80 80
70 70
60 60
% Tamisat

% Tamisat
50 50
40 40
30 30
20 20
10 10
0 0
100 10 1 0,1 0,01 100 10 1 0,1 0,01
Diamètre des grains (mm) Diamètre des grains (mm)

100

90 PK
0+270
80

70

60
% Tamisat

50

40

30

20

10

0
100 10 1 0,1 0,01
Diamètre des grains (mm)

xv
Annexe 7 : Analyse de la stabilité des talus de déblais
PK 2+250
PK 0+270

PK 5+297 PK 4+193 à 11m de profondeur

xvi
Annexe 8 : Courbes d’influences de h, C et  sur Fs

 Fs en fonction du poids volumique pour les différents matériaux intacts

PK 0+270 PK 2+250

PK 4+193 PK 5+297

 Fs en fonction de la cohésion des différents matériaux


PK 0+270 PK 2+250

PK 4+193 PK 5+297

xvii
 Fs en fonction de l’angle de friction interne
PK 0+270 PK 2+250

PK 4+193 PK 5+297

Annexe 9 : Quelques images de terrain et de laboratoire

 Images de terrain

e f g

a) Véhicule pick-up, b) GPS de marque Garmin, c) Boussole couplée à un clinomètre, d) Carnet de


terrain, e) Pelle et sac, f) Téléphone Samsung, g) Décamètre, h) crayon et stylo à bille

xviii
 Images de laboratoire

a b c d

e f g h

a) Appareil de cassagrande à coupelle lisse, b) Colonne de tamis, c) Etuve (105°C), d) Balance de


précision, e) Plaque de marbre, f) Gamelle, g) Tare,…, h) Ordinateur portable

xix
Annexe 10 : Abaque de Hoek pour surface de rupture circulaire

xx
xxi

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