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Filière : Sciences Economiques et Gestion

Parcours : Economie et gestion


Module : Finances publiques
Session de printemps 2020/2021
Semestre 4 – Toutes les Sections
Enseignants : A. EL HIRI – M.MHAMDI – F.BENELHAJ

Module

Finances publiques

Année universitaire : 2020 -2021

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Chapitre III : L’élaboration de la loi de finances
Le projet de loi de finances tel qu'il est soumis au Parlement constitue l'aboutissement
d'un long processus qui est entamé dès les premiers mois de l'année.

Ainsi, l’article 46 de la LOF : « Sous l'autorité du Chef du Gouvernement, le


ministre chargé des finances prépare les projets de lois de finances conformément aux
orientations générales ayant fait l'objet de délibérations au Conseil des ministres
conformément à l'article 49 de la Constitution. »

En vertu de la LOLF et le décret d’application, la préparation de la loi de finances


passe par trois principales phases :

 La phase de programmation,

 La phase de consultation,

 La phase d’élaboration et d’arbitrage

Section I-Phase de programmation


En matière de programmation, l’article 2 du Décret n° 2-15-426 du 28 ramadan 1436
(15 juillet 2015) relatif à l’élaboration et à l’exécution des lois de finances est important
dans la mesure où il fixe les dates à respecter en matière de préparation du projet de loi
de finances.

Avant le 15 mars
A cet effet, l’article 2 dispose que « pour l’application des articles 5 et 69 (3ème
paragraphe) de la loi organique précitée n° 130-13, la loi de finances de l’année est élaborée
par référence à une programmation budgétaire triennale actualisée chaque année.

Cette programmation détermine l’évolution, sur trois ans, de l’ensemble des


ressources et des charges du budget général, des budgets des services de l’Etat gérés de
manière autonome et des comptes spéciaux du Trésor.

Les ressources et charges prévues au titre du projet de loi de finances doivent


correspondre à celles de la première année de cette «programmation budgétaire
triennale, les prévisions des ressources et charges pour les deux années suivantes sont
actualisées annuellement.

Le Chef du gouvernement invite, chaque année, au plus tard le 15 mars, par


circulaire, les ordonnateurs à établir leurs propositions de programmations
budgétaires triennales assorties des objectifs et des indicateurs de performance.

En vue de définir l’évolution globale des dépenses sur trois ans en fonction
d’hypothèses économiques et financières réalistes et justifiées, ladite circulaire fixe des
indicateurs macroéconomiques notamment :

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 le taux de croissance,
 le déficit budgétaire
 et le taux d’inflation
Ainsi que les orientations générales en termes d’évolution globale de la dépense

La discussion des propositions programmée au cours de la période allant du 15 avril au


15 mai 2020 selon un calendrier fixé à cet effet.

Par exemple, la circulaire du 11 mars 2020 a tracé les orientations suivantes :

-Maitrise des dépenses de personnel

-Rationalisation des dépenses des administrations

-Amélioration de l’efficacité de l’investissement

Avant le 15 avril
Les départements ministériels et institutions transmettent, avant le 15 avril de chaque
année, au ministère chargé des finances, les propositions de programmations budgétaires
triennales se rapportant à leurs budgets, aux budgets des services de l’Etat gérés de manière
autonome qui leur sont rattachés et aux comptes d’affectation spéciale dont ils sont
ordonnateurs.

Avant le 15 mai
Lesdites propositions sont examinées, avant le 15 mai, en commissions de
programmation et de performance regroupant les représentants des services du
ministère chargé des finances et ceux des départements ministériels ou institutions
concernés selon les modalités et le calendrier fixés par ladite circulaire.

-Ministère de l’ENFPESRS – département EN : 20 avril 2020 à 9H

-Ministère de la santé : 21 avril 2020 à 9H

-Ministère de l’intérieur (administration centrale) : 24 avril 2020 à 10H

Avant le 15 juillet
Article 3 :

Le ministre chargé des finances expose, avant le 15 juillet de chaque année, en Conseil
du gouvernement l’état d’avancement de l’exécution de la loi de finances en cours
et présente la programmation triennale des ressources et des charges de l’Etat ainsi que
les grandes lignes du projet de loi de finances de l’année suivante.

Article 4

Le Chef du gouvernement invite les ordonnateurs, par circulaire, à établir leurs


propositions de recettes et de dépenses pour l’année budgétaire suivante.

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Ces propositions ainsi que les projets de dispositions à insérer dans le projet de loi de
finances doivent parvenir au ministère chargé des finances en vue d’arrêter les projets
des budgets des départements ministériels ou institutions et ce, selon les modalités et le
calendrier fixés par ladite circulaire.

Article 5 :

Dans le cadre de l’élaboration du projet de loi de finances, les ordonnateurs sont tenus
de communiquer au ministère chargé des finances les informations et les états relatifs à
l’exécution de la loi de finances en cours.

Avant le 31 juillet de l’année n-1


Le ministre chargé des finances expose aux commissions des finances du Parlement,
avant le 31 juillet, le cadre général de préparation du projet de loi de finances de l'année
suivante.

Cet exposé comporte :

- l'évolution de l'économie nationale ;

- l'état d'avancement de l'exécution de la loi de finances en cours à la date du 30 juin ;

- les données relatives à la politique économique et financière;

- la programmation budgétaire triennale globale.

Ledit exposé donne lieu à un débat sans vote.

Section II-Phase de consultation


Il s’agit de la consultation avec le Parlement et à la diffusion aux ministères de la
lettre d’orientation du chef du gouvernement concernant la préparation du PLF.

A titre d'exemple, la lettre d'orientation relative à la loi de finances pour l'année 2020 a
insisté sur la volonté de l’Etat :

-de poursuivre l’appui aux politiques sociales ;

-de réduire les disparités

-de donner une nouvelle dynamique à l’investissement pour promouvoir la croissance et


les créations d’emplois

-de poursuivre les grandes réformes : déconcentration administrative, modernisation de


l’administration, etc.

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Section III-Phase d’élaboration et d’arbitrage
Elle couvre la période septembre-octobre N-1, est dédiée à l’élaboration et l’arbitrage.

Durant cette phase, les départements ministériels formulent leurs propositions qui
seront examinées par les "commissions budgétaires et arbitrage", composées par le
ministère de l’économie et des finances et les autres ministères, avant de passer à l’étape de la
préparation du PLF.

Elle comprend donc :

-Les propositions formulées par les différents départements ministériels

-L’examen de ces propositions par les « commissions budgétaires et arbitrage ». Ces


commissions sont composées du ministère de l’économie et des finances et des autres
ministères

-La préparation de la loi de finances : qui est du ressort du ministère de l’économie et


des finances

Cette phase d’élaboration constitue une étape décisive dans le processus de


préparation de la loi de finances car, c'est au cours de cette phase que sont réunis les
éléments d'information nécessaires à l'élaboration de l'exposé du Ministre chargé des
finances sur l'exécution du budget en cours et les perspectives pour l'année suivante.

Et c'est au cours de cette phase également qu'interviennent les discussions qui


accompagnent cet exposé au niveau gouvernemental et à la lumière desquelles se dessinent
les grandes lignes du projet de loi de finances.

Les différentes Directions du Ministère participent, chacune selon le domaine de sa


compétence et sous la supervision directe du Ministre, à l'élaboration des éléments de cet
exposé.

C'est ainsi notamment que :

 la Direction des Etudes et des Prévisions Financières s'occupe du suivi des


principales tendances de la conjoncture économique nationale et internationale et
de ses perspectives d'évolution ;

 l'Administration des Douanes et Impôts Indirects et la Direction Générale des Impôts


traitent des recettes dont elles ont respectivement la charge ;

 la Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation se charge de


l'établissement des prévisions de recettes et de dépenses découlant pour le budget de l'Etat de
l'activité des établissements et entreprises publics ainsi que des opérations éventuelles de
privatisation ;

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 la Direction du Budget s'occupe des prévisions de dépenses liées aux budgets de
fonctionnement et d'investissement ainsi que des prévisions de recettes ne relevant pas de la
compétence des autres Directions ;

 la Direction du Trésor et des Finances Extérieures prend en charge les éléments


d'information relatifs à la dette publique ainsi que les contributions des organismes
financiers à la couverture du budget et assure la centralisation des données émanant des
autres Directions en vue de procéder à l'élaboration du tableau des charges et ressources du
Trésor destiné à donner un aperçu global de la situation du Trésor et des conditions de
l'équilibre budgétaire découlant des données fournies.

Dans le contexte de la préparation du budget, les différents cadres de référence qui


déterminent les orientations de la politique gouvernementale sont :

 Les Discours et Messages du Roi du Maroc ;

 Les déclarations du chef du gouvernement devant le Parlement.

 Ils s'appuient également sur les sources d'information les plus sûres en ce qui
concerne les perspectives d'évolution de la conjoncture économique et financière à l'échelon
national et international.

Exemple : Le budget économique exploratoire du HCP

Ils s'appuient aussi sur une prévision réaliste de l'évolution des recettes et des dépenses
en fonction de l'évolution probable de la conjoncture économique, des répercussions des
mesures que le Gouvernement a prises ou compte prendre dans le cadre de sa politique
économique et sociale.

On peut citer à ce propos,

-au niveau des dépenses, les décisions convenues au titre du dialogue social, à
l'Initiative Nationale pour le Développement Humain

-et, au niveau des recettes, des répercussions des conventions conclues telles les
Accords de libre-échange et ses conséquences sur les recettes douanières en raison du
démantèlement tarifaire.