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SOLIDARITÉ OLYMPIQUE

Algérie 2007

Les caractéristiques
physiques
de l’athlète footballeur
Dans le football, le technico-tactique restera toujours
l’objectif principal.
La préparation physique est au service du football et non
l’inverse.  »

Le préparateur physique est à l’entraîneur ce qu’une


ENCYCLOPÉDIE est à un chercheur :
il doit pouvoir l’ouvrir à tout moment
et y trouver les renseignements recherchés.

«La préparation physique est au joueur de football ce que la


roue de secours est à la voiture : on ne s’aperçoit de son
utilité que lorsque l’on est dans le besoin»
Prof. Bordon (Inter, AC Parma, US Palermo)
«L’entraîneur doit toujours décider,
pas du travail spécifique, mais de l’organisation générale
selon le moment de la saison.

Le préparateur physique ne doit pas penser que l’entraîneur


qui modifie le programme est mécontent.
Mais sa sensibilité, son vécu et le moment particulier de la
saison font qu’il modifie un peu le programme établi au
préalable».

Marcello LIPPI
(SC Naples, Juventus, Inter, Équipe National Italienne)
LES EFFORTS PHYSIQUES
PENDANT
UN MATCH DE FOOTBALL
1. PENDANT UNE SAISON

• 60 à 70 matches par saison pour les joueurs internationaux


(club, sélection nationale, matches de préparation).

• 50 à 60 matches par saison pour les jeunes joueurs


(16-20 ans) de niveau international, avec dix mois de compétition.

• 35 à 40 matches par saison pour les jeunes talents en formation.

• Augmentation des déplacements pour les compétitions nationales


et internationales.
2. PENDANT 1 MATCH

• Durée du match plus longue :


-93 à 98 minutes selon le match
-la durée effective moyenne de jeu : 50/55min (1990) >60min
• 10 à 13 km de déplacement
– Défenseurs centraux (8 - 10 km)
– Défenseurs / milieux latéraux (9 - 12 km)
– Milieux de terrain (11 - 13 km)– Attaquants (9 - 10 km)
dont -5 à 6km en cse lente et marche (60/70% FCm)
-2,5 à 3,5km de cse modérée à élevée (80/90% FCm)
-1,5 à 2,5km de cse intense, seuil anaérobie (90/100% FCm)
-600 à 1200m de sprint (50 à 70 sprints)
-300 à 400m de course en arrière
• 150 à 200 actions individuelles
-15 à 30 sauts
-30 à 50 duels
-de 15’’ à 30’’ de récupération entre les actions de jeu intense
-de 30 à 70 et plus de contacts de ballon (selon le poste)
Le football est un sport à efforts intermittents de haute intensité,
d’où l’importance de l’endurance aérobie-anaérobie et de la vitesse explosive.
Les lactates sanguins
La fréquence cardiaque
LES CAPACITÉS
DE PERFORMANCE
DU FOOTBALLEUR
1. COMPOSANTES DE LA PERFORMANCE
SPORTIVE
2. LE TRIANGLE D’OR DE LA CONDITION
PHYSIQUE DU FOOTBALLEUR
3. LES FACTEURS DE LA CONDITION
PHYSIQUE DU FOOTBALLEUR
Quelques définitions
LES FILIÈRES ÉNERGÉTIQUES

&

LES QUALITÉS D’ENDURANCE


1. L’ATP

L’ATP = Adénosine tri-phosphate

Les muscles peuvent être comparés à des « moteurs », ils ont la


capacité de transformer en mouvement l’énergie biochimique de l’ATP.

L’ATP est donc le « carburant » des muscles, la seule source d’énergie


que ceux ci savent utiliser pour réaliser une activité physique
quelconque.

Ce carburant ne se trouve qu’en très petite quantité dans l’organisme


(max 2-3s d’effort à 100%).

L’ATP va être produit en utilisant l’énergie qui provient d’autres


molécules. En particulier, des glucides et des lipides qui proviennent des
substances nutritives.

L’organisme dispose de trois sources énergétiques pour faire face aux


différents efforts :
- L’oxygéne (Aérobie)
- La créatine-phosphate (Anaérobie Alactique)
- L’acide lactique (Anaérobie Lactique)
1. LE SYSTÈME AÉROBIE
ou VOIE OXYDATIVE

Hydrates de carbone ATP


oxygène
Graisses CO2
(protéines) chaleur

CARACTÉRISTIQUES

INERTIE DU SYSTÈME
• Ne fonctionne qu’après 1 ou 2 min
• « Fabrication » de l’ATP via O2 (oxygène)

PUISSANCE
• Dépend de la VO2max: déterminé par l’hérédité
(2 < VO2max < 7 l/min)
• Bénéfice max. de l’entraînement: 10 à 20 %
CAPACITÉ
Acide gras et glycogène présents en très grande quantité pour restaurer
l’ATP
Filière des efforts continus modérés à élevés (de qq min à + de 90 min)

FACTEURS LIMITANTS
VO2max est limitée par l’hérédité et différents facteurs physiques

EFFETS DE L’ENTRAÎNEMENT AÉROBIE


Changements physiologiques => possibilité de soutenir un effort plus
longtemps et avec une intensité plus élévée
Récupération plus rapide
Capacité de stockage des hydrates de carbone plus élevée

IMPORTANCE DU SYSTÈME AÉROBIE AU FOOTBALL


Important pour la récupération
Coopération avec les 2 autres systèmes
2. LE SYSTÈME ANAÉROBIE ALACTIQUE
ou VOIE DE LA CRÉATINE PHOSPHATE
ATP réserve (1/2 sec)
+
CP (créatine-phophate) ATP
INERTIE DU SYSTÈME
Disponibilité immédiate pendant max. 10 sec

PUISSANCE
Livraison d’énergie pour des efforts courts, très intenses et explosifs
(1 à 10 sec)

CAPACITÉ ET FACTEURS LIMITANTS


Limité et dépendant de la quantité en PC et de sa régénération

EFFETS D’ENTRAÎNEMENT
Via entraînement de vitesse en fonction de
*mise en route rapide du système
*augmentation de la quantité de PC : épuisement moins rapide et
conversion moins rapide vers le système de l’acide lactique.
3. LE SYSTÈME ANAÉROBIE LACTIQUE
ou VOIE GLYCOLYTIQUE LACTIQUE

GLYCOGÈNE ATP + LACTATES (acidification)


INERTIE DU SYSTÈME
Disponibilité après environ 10 sec

PUISSANCE
La production lactique a une puissance moindre que pour système des
phosphates
Filière des efforts intenses et répétés (de 10 sec à 2/3 min)

CAPACITÉ ET FACTEURS LIMITANTS


Capacité diminuée par production lactique
Tolérance acide lactique: différences individuelles

EFFETS D’ENTRAÎNEMENT
Via entraînement résistance (pas appliquer en football)
*augmenter la résistance contre la fatigue
*améliorer la résistance psychologique
Voie
ATP / PC
Anaérobie alactique

Voie
GLYCOGÈNE / LACTATES
Anaérobie lactique
Voie
OXYDATIVE
Aérobie alactique
Résumé

  Système ATP + C-P Système lactique Système aérobie


Force Vitesse Résistance Endurance

Filière Energ. Anaérobie (sans O²) Anaérobie (sans O²) Aérobie (avec O²)

Vitesse de l’apport Très rapide Rapide Lente


énerg.

Substrats Phosphocréatine Glycogène Glucides, lipides (protides)


chimiques

Volume d’énerg. Très restreint Restreint Illimité


prod.

Réaction dans le Des réserves restreintes Production d’acide lactique Pas de résidu amenant la
muscle (fatigue) fatigue

Type d’effort Sprint et efforts explosifs (- Effort de + de 10’’ à 2-3’ Effort de + de 3’ léger à
de 10’’) (+/- long et intense) modéré

Modalités de Efforts courts (2 à 8’’) à    


l’entraînement intensité max .avec récup
complète
LES EFFETS
DE L’ENTRAÎNEMENT
1. L’APPROCHE QUALITATIVE ACTUELLE

Il y a 50 ans endurance, résistance et vitesse étaient les mots clés d’une


polyvalence des joueurs de haut niveau.

On s’est rendu compte, au fil du temps, que l’entraînement devait être le


plus en rapport possible avec les objectifs visés en compétition.
Il est fondamental d’avoir comme principe, en tant que formateur de jeunes
ou entraîneur de football, que l’entraînement corresponde au mieux à la
réalité du match.

Il y a deux grandes approches différentes :


- L’approche quantitative : basée sur une grande quantité de
travail souvent à intensité moyenne à faible.
- L’approche qualitative : basée sur la qualité de travail
souvent à intensité haute à maximale.

Au fil du temps, l’approche qualitative à pris le pas sur la quantitative.


2. LES PRINCIPES DE L’ENTRAÎNEMENT

2.1. Supercompensation
Effet d’entraînement : l’organisme s’adapte à des stimuli de plus
en plus forts
Phase 1 application de la charge
Phase 2 compensation
Phase 3 supercompensation
Phase 4 nouveau stimulus
Niveau de prestation

1 temps
2
Pas d’effet d’entraînement”
Stagnation – sous-entraînement

tps
Effet d’entraînement négatif
= sur-entraînement

tps
Effet d’entraînement positif !

tijd
2.2 Le principe de surcharge
Quand l’entraînement sollicite l’organisme plus que d’habitude
 L’organisme s’adapte à des charges plus importantes
2.3 La spécificité
 Diversification et variation dans les entraînements!
 Seulement ce qui est entraîné est amélioré!
2.4 La réversibilité
 Après l’arrêt de l’entraînement, les adaptations obtenues précédemment et qui
ont permis l’élévation du niveau de performance, reviennent de nouveau à leur
niveau de départ
2.5 L’entraînement optimal
 La charge et le juste stimulus appliqués idéalement aussi bien en intensité qu’en
volume seront les clefs du succès et de la durabilité.
 Entraînements variés avec une charge optimale
2.6 Le bénéfice réduit
 Plus la condition est bonne, plus il est difficile d’encore l’améliorer
 Si tu t’entraînes depuis longtemps,il te sera plus difficile d’obtenir et de conserver
un effet positif par l’entraînement
3. LA MODIFICATION DES TYPES DE
FIBRES MUSCULAIRES

Le muscle est composé de


faisceaux contenant eux-mêmes
des fibres musculaires.

Les fibres sont composées de


successions de sarcomères. Lors
de la contraction musculaire, les
sarcomères s’insèrent entre eux :
glissement des filaments d’actine
sur les filaments de myosine.
3. LA MODIFICATION DES TYPES DE
FIBRES MUSCULAIRES

On distingue deux grands types de fibres musculaires :


Les fibres dites « lentes »
(rouges car vascularisation ++, myoglobine = réserve d’O² ++)
Les fibres dites « rapides » (blanches car contraire) déterminées génétiquement à 90%
Les chiffres moyens sont 40 % de fibres rapides pour 60 % de fibres lentes.
Même si la proportion de fibres
musculaires est fixée
génétiquement à 90 %,
l’entraînement en endurance
peut entraîner une
augmentation du volume des
fibres lentes …
ce qui aura une incidence
négative sur l’explosivité !

C’est une des raisons pour


lesquelles, le footballeur doit
avoir un entraînement
spécifique à son sport.
QUELQUES PARAMÈTRES

IMPORTANTS
1. VO2 max

Elle représente «la cylindrée du sportif » au niveau aérobie,


elle s’exprime en ml de O2 par minute.

La VO2max. est en grande partie déterminée de manière héréditaire.


L’entraînement la fera progresser de 10 à 20 % max.

Il est important de relativiser la VO2 Max par rapport au poids du corps


= VO2 Max relative.
Dans le football actuel, la VO2max. est devenue un critère de référence.
Sachant que les normes varient entre 58 et 68 ml/kg/min. pour un joueur de
haut niveau et même chez les jeunes (16-17 ans),
une VO2max. de 60 à 62 ml/kg/min. est considérée comme une
bonne valeur

On la détermine :
-Test en laboratoire : sur vélo, sur tapis.. (masque échange gazeux)
-Test sur terrain permettent une estimation : Cooper, Léger, etc.
2. VMA

C’est la Vitesse Maximale Aérobie, elle s’exprime en Km/h.

Elle correspond à la plus petite vitesse qui induit le plafonnement de la


consommation d’oxygène.

Elle peut être déterminée par des tests en laboratoire ou sur terrain.

C’est une donnée qui nous sera très utile pour individualiser le travail
en aérobie (par exemple : le travail intermittent)

Selon le Prof. Bisciotti, c’est la vitesse à laquelle notre organisme


atteint sa VO2 max
Donc la VMA représente la vitesse à laquelle notre «  moteur aérobie
atteint le maximum de tours ».
3. VO2 max et VMA

Dans l’entraînement pratique, plus que la connaissance de la VO2 max, c’est la


vitesse maximale aérobie qu’il sera indispensable de connaître pour mieux doser les
entraînements (justesse dans les objectifs et individualisation).

Extrapolation VO2 max et VMA :


-VO2 max (ml/kg.min) = VMA (Km/h) X 3,5
-Inversement :
VMA (Km/h) = VO2 max (ml/kg.min) / 3,5

Remarque : la VMA résulte de la combinaison de la VO2 max (ou de la PMA) et de


l’efficacité de course. L’efficacité de course, encore appelée économie de course,
peut être définie comme l’énergie dépensée à une vitesse donnée. Autrement dit,
moins vous dépensez pour courir à une vitesse donnée, plus votre course est
efficace. Chez l’adulte, les différences peuvent aller jusqu’à 5 %.
Par rapport à l’adulte, l’enfant ou l’adolescent perdent 2 % d’efficacité par année
d’âge en-dessous de 18 ans.
3. VO2 max et VMA

Par le TEST DE COOPER : Courir la plus grande distance possible en 12 min


-Piste de 350 à 400 m
-Nb de tours + distance dans le dernier = D
4. FC max

C’est la Fréquence Cardiaque Maximale,


elle atteint son maximum à VO2 max

Elle peut être déterminée :


-Soit par un test en laboratoire ou de terrain (FC max réelle)
-Soit par la formule d’Astrand
(cette formule ne tient pas compte de la FC de repos) :

 FC max théorique = (220 – âge) +/- 10 pulsations


 FC au seuil anaérobie = FC max – 20
 FC au seuil aérobie = FC max – 25

Méthode pratique du Dr Paul D. Belsom (Suède)


– Echauffement “normal”, avec footing sur quatre longueurs de terrain ou 400m, suivi
par six longueurs avec augmentation graduelle de l’intensité de la course jusqu’à la
vitesse maximale.
– En sprint de la troisième longueur à la quatrième; en sprint à vitesse maximale
(“sprint d’enfer”) à la cinquième et à la sixième longueurs.
– A l’arrivée, contrôle immédiat de la fréquence cardiaque par les entraîneurs ou par
des contrôleurs : si les joueurs ont mis un cardiofréquencemètre, prendre la plus haute
fréquence enregistrée tout de suite après l’arrivée .
5. LES SEUILS AÉROBIE-ANAÉROBIE

Au début de l’effort, la combustion des substrats (glucides, lipides,


protides) se fait avec consommation d’O2 : c’est la filière énergétique
aérobie qui est sollicitée en dominance.

Ensuite, la courbe progresse vers une première concentration d’acide


lactique dans le sang : 2 mmoles/litre, c’est le SEUIL AÉROBIE.

En augmentant l’intensité de l’exercice, le taux d’acide lactique


progresse vers une deuxième concentration intéressante : 4
mmoles/litre, c’est le SEUIL ANAEROBIE.
L’analyse des courbes des lactates comparées entre un sujet non-entraîné et un
sujet entraîné.
On y voit un déplacement des courbes vers la droite donc :

-Soit le sujet peut courir à une vitesse plus élevée pour une
concentration en lactates équivalente.

-Soit le sujet peut courir à une vitesse équivalente mais avec une
production de lactates plus faible.
6. RELATIONS ENTRE LES DIVERS
PARAMÈTRES
7. LA DETTE D’O2

En course de fond, il n’y a pas de dette d’O2 : l’organisme


n’apprend pas à reconstituer rapidement le système des phosphates.

Le football correspond à une endurance aérobie a-cyclique, les efforts


sont très variés : les 3 filières énergétiques sont sollicitées.

Lors d’un effort intense, l’O2 ne suffit pas à fournir l’énergie


nécessaire. Il y a dette d’O2 et utilisation des réserves d’ATP et de
CP (créatine phosphate) => la respiration et la FC augmente

Ces réserves seront reconstituées par le système d’oxygénation


pendant la récupération.

Plus le système d’oxygène est efficient, alors meilleure et plus


rapide sera la récupération => Importance de l’entraînement par
intervalles.
SOLIDARITÉ OLYMPIQUE

Algérie 2007

Frans MASSON
Instructeur FIFA