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UNIVERSITE D’ANTANANARIVO
FACULTE DE DROIT, D’ECONOMIE DE GESTION ET DE SOCIOLOGIE

DEPARTEMENT GESTION

Mention : Gestion
Parcours : Fondamentaux en Sciences de gestion
Niveau : L1
Semestre : S2
Unité d’Enseignement : UE5

Elément Constitutif :
ECONOMIE
Elément : n°2
MACRO ECONOMIE

Avertissement :
Ce document est réservé uniquement aux étudiants légalement inscrits au cours de l’année
universitaire 2015 à la Formation Ouverte à Distance (FOAD) en Sciences de Gestion de
l’Université d’Antananarivo. Toute reproduction intégrale ou partielle faite, par quelque
procédé que ce soit, sans l’accord du Département Gestion de l’Université d’Antananarivo est
donc strictement interdite.

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
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Chapitre I
LES NOTIONS DE BASE EN ECONOMIE

Pour comprendre les problèmes économiques actuels tels que le chômage, les crises, la
famine, l’inflation…, des connaissances théoriques ou pratiques, quantitatives ou
qualitatives s’avèrent nécessaires. Les fondements de cette connaissance économique résident
dans l’analyse de l’activité économique, de la science économique, dans l’étude de l’histoire
de la pensée économique et dans la compréhension du circuit économique aussi bien dans le
cadre national qu’international.

I-) Les fondements de la connaissance économique


Besoin économique, bien économique, activité économique et science économique
constituent les notions de base de la connaissance économique.

A-) L’activité économique


C’est l’activité de production et de répartition des biens et services nécessaires à la
satisfaction des besoins des individus

1-) Les besoins économiques


Les besoins, en général, naissent d’un sentiment de manque qui porte à désirer. Les êtres
humains ne trouvent pas en eux-mêmes la totalité des éléments nécessaires à leur existence
et à leur développement. C’est dans le milieu extérieur, dans la nature qu’ils doivent les
rechercher obligatoirement mais ces éléments n’existent pas en quantité illimitée, ils sont
plus ou moins rares. Satisfaire un besoin économique, c’est ainsi lutter contre la rareté. Cette
lutte impose un effort que les économistes désignent par le terme coût. Les besoins sont
illimités en nombre et interdépendants. Ils diminuent d’intensité au fur et à mesure qu’ils sont
satisfaits. On distingue :
Les besoins physiologiques ou vitaux : ils sont indispensables aux consommateurs pour
vivre. Exemples : nourriture, habillement.
Les besoins sociaux ou psychologiques : ils ne sont pas indispensables pour vivre et ont
été, la plupart du temps, créés artificiellement. Exemples : produits de luxe, loisirs.

2-) Les biens économiques


Ces biens économiques existent dans la nature mais en quantité limitée, ils sont plus ou moins
rares. Ils possèdent l’aptitude à satisfaire directement ou indirectement les besoins
économiques. Ils peuvent être:
Un bien matériel : une chose matérielle susceptible d’être utile, qui satisfait un besoin.
Exemples : nourriture, vêtement, logement,...
Un service : une action utile permettant de satisfaire un besoin. Exemples : voyage, soins
à l’hôpital, transports, ...
On peut classer les biens et services en deux grandes catégories :
Biens et services de consommation ou biens finals : satisfaction directe d’un besoin,
consommation finale du bien ou du service. Exemples : pain, riz ...
Biens et services de production : biens et/ou services utilisés pour produire d’autres biens
ou d’autres services. Exemples : outils, machines...

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Les biens et les services peuvent aussi être classés selon la durabilité : les biens ou services
ont une durée de vie variable : Exemples : pain (bien consomptible), vêtements (biens semi-
durables), immeuble (bien durable).
On peut aussi distinguer :
Biens et services complémentaires : certains biens ou services n’existent qu’en
complément d’un autre bien ou service (piles et radio).
Biens et services substituables : qui peuvent remplacer un autre bien ou un autre service
(Jus naturel et limonade).
Biens et services divisibles (pneu) ou non (voiture).
Biens et services homogènes (lait) ou non (télévision).
Biens et services reproductibles (légumes) ou non (oeuvre d’art).
Biens naturels (fruit) ou artificiels (plastique).

B-) La science économique


Une définition universelle de l’expression « science économique » n’existe pas. Les
définitions de l’économie politique sont nombreuses mais on constate que les grands
économistes mettent l’accent sur les aspects dominants de leur époque et sur les notions de
besoins, de rareté et de choix rationnels.

1-) Les définitions de la science économique


Le terme « économie » vient d’Aristote, il désigne la science des lois de l’économie
domestique. Ce n’est qu’au début du XVII siècle que l’expression « économie politique » a
vu le jour et c’est Antoine de Montchrestien qui l’a forgée. L’économie politique se trouve
dans les mots grecs « oïkos, nomos, politicos » qui signifient respectivement : maison, loi,
social. C’est l'art de bien administrer une maison, de gérer les biens d'un particulier ou de
l'État. On peut cependant distinguer

a-)Les définitions fondées sur l’objet de l’activité économique


Adam Smith: l’économie est la science des richesses matérielles
Jean Baptiste Say: l’objet de l’économie politique est la connaissance des lois qui
président à la formation, à la distribution et à la consommation des richesses

b-) Les définitions fondées sur l’activité économique


Lionel Robbins: c’est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation
avec les fins et les moyens rares à usage alternatif
L. Polier: l’économie politique est la science des phénomènes résultant de l’activité en
commun des hommes en rapport avec les choses matérielles pour la satisfaction de leurs
besoins.

c-) Les définitions qui mettent l’homme ou les hommes au premier plan
Pour les auteurs marxistes, l’économie politique ne concerne nullement la production mais
bien les rapports sociaux des individus dans la production, la structure sociale de la
production

2-)Les méthodes de la science économique


La science économique utilise trois méthodes dans ses analyses et ses explications On
distingue ainsi:
la microéconomie qui consiste en l’analyse des comportements individuels du
consommateur ou du producteur.

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la macroéconomie qui analyse les comportements collectifs et globaux : la production à


l’échelle de la nation, l’emploi ;
la mésoéconomie qui est un échelon intermédiaire entre la micro-économie et la
macroéconomique. Elle analyse les groupes, qui, quelle que soit leur taille, détiennent
suffisamment de pouvoir pour peser sur la destinée de l’économie nationale.

3-)Les types d’analyse économique


a-) analyse statique et analyse dynamique
L’analyse statique ne considère le phénomène étudié qu’à un moment donné.
L’analyse dynamique prend en considération le temps, l’évolution des structures.
b-) l’analyse ex ante et l’analyse ex post
L’analyse ex ante c’est celle du phénomène étudié tel qu’il parait devoir être dans le
futur, par exemple un plan de production ou un budget d’un consommateur
L’analyse ex post c’est celle du phénomène tel qu’il se réalise en fait : la production
réelle ou le budget réel.

C-) Les grands courants de la pensée économique


Dès l’Antiquité au Moyen Age, en Europe, l’économie était liée à la philosophie jusqu’au
XIII siècle environ. Le Moyen Age n’a eu ni science, ni doctrine économique. Les auteurs
qui s’intéressaient aux questions économiques étaient des théologiens. Saint Thomas
formulait une doctrine de la propriété qui était nécessaire pour définir le péché du vol. A partir
du XV è siècle, du spirituel on glisse vers le temporel.

1-)Le mercantilisme
C’est l’ensemble des croyances, des théories et des pratiques qui s’est constitué et développé
En Europe du XV è au XVIII è siècle. Les trois caractères fondamentaux de la doctrine
sont les suivants :
C’est une doctrine monétaire car elle pose que l’or et l’argent constituent la richesse
essentielle et que toute l’activité économique doit être orientée vers leur acquisition La
Nation qui possède une réserve d’or pourra, le cas échéant, se procurer des marchandises
en provenance de l’étranger.
C’est une doctrine nationale : ce qui préoccupe les auteurs, c’est l’intérêt de la Nation et
non des individus eux-mêmes. Les Nations sont irréductiblement opposées les unes aux
autres car l’avantage d’une Nation ne peut être acquis qu’au détriment d’une autre Nation
C’est une doctrine interventionniste : les différentes Nations ayant des intérêts opposés,
une Nation est amenée logiquement à réclamer une intervention des pouvoirs publics
pour diriger l’activité nationale et lui donner toute son efficacité.
Cette doctrine a revêtu différentes formes qui s’incarnent en trois pays à trois
époques différentes :
le mercantilisme bullioniste de l’Espagne : il s’agit de conserver sur le territoire espagnol
la plus grande partie de l’or qu’apportent les galions venus du nouveau monde.
le mercantilisme industriel de la France (Jean Bodin, Antoine de Montchrestien,
Colbert, Sully) : l’idée centrale est que la Nation, organe complexe, doit être portée au
plus haut point de richesse, de grandeur et de prospérité
le mercantilisme commercial de l’Angleterre (Thomas Mun, Josias, Child, William
Petty et James Stewart) le point important est d’agir sur le commerce et la navigation.
L’effort des pouvoirs publics doit porter sur la conquête des débouchés et la suprématie
navale

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2-) L’école libérale


Elle se compose de deux branches : l’une classique apparaît à la fin du XVIII è siècle et
l’autre néo-classique à la fin du XIX è siècle.

a-) L’école classique


Elle s’oppose au mercantilisme qu’elle critique
François Quesnay apporte à l’école libérale l’idée « d’un ordre naturel » qui conduit à la
notion de lois économiques. Il a fondé à la fin du XVIII è siècle l’école physiocrate. Son
ouvrage le plus important est le Tableau économique paru en 1758. Selon cet auteur
«l’argent n’est qu’un intermédiaire, la vraie richesse c’est un produit consommable
dont on peut disposer sans s’appauvrir». Le produit net est une portion qui excède les
dépenses engagées pour l’obtenir et il n’apparaît que dans l’agriculture. Les
agriculteurs constituent ainsi « les producteurs exclusifs », les autres classes (dans
l’industrie, dans l’artisanat, dans le commerce) sont alors « des classes stériles ».
Adam Smith a montré que le moteur de l’activité humaine est l’intérêt personnel et que
la recherche de cet intérêt personnel conduit au bien commun. Le fonctionnement
collectif de l’économie est assuré par une « main invisible qui coordonne les actions
des individus isolés, l’Etat ne doit donc pas intervenir mais il s’agit tout simplement de
« laisser-faire, laissez-passer ». Il a aussi souligné l’importance du travail comme source
de toute richesse et a insisté sur l’importance de la division du travail. A la différence des
physiocrates, il a montré qu’aucune des classes sociales n’a la charge unique de faire
vivre les autres, elles sont toutes indispensables.
David Ricardo: la production s’étend à toute activité qui met en œuvre du travail
(théorie de la valeur travail ou théorie objective de la valeur). La valeur d’échange se
fonde sur la quantité de travail que contient chaque bien. Cet auteur a aussi énoncé la loi
des rendements décroissants selon laquelle lorsque l’on augmente la quantité d’un facteur
de production, les autres restants fixes, au-delà d’un certain seuil, la productivité
marginale de ce facteur devient décroissante.
Stuart Mill : la population tend à augmenter, le salaire demeure au niveau du
minimum de subsistance tandis que la rente s’accroît, le profit diminue. Le processus
d’accumulation du capital est ainsi freiné : état stationnaire de Stuart MILL.
Jean Baptiste Say : la monnaie n’est qu’un voile (neutre), les produits s’échangent
contre des produits et il n’y a pas de crise de débouchés car «l’offre crée sa propre
demande» (loi de débouchés ou loi de Say).
Thomas Malthus : la population augmente selon une progression géométrique alors
que la production croît seulement selon une progression arithmétique. Il y ainsi
crise alimentaire. La limitation volontaire des naissances permet d’empêcher ce
dépassement. Il prône la contrainte morale.

b) L’école néo-classique
D’essence profondément libérale, la pensée néo-classique fondée par Walras, Marshall et
Pareto, se distingue de l’école classique par trois éléments :
l’approche micro-économique : la valeur d’un bien dépend non de son coût de
production mais de l’utilité que le consommateur lui accorde.
la notion d’utilité marginale (utilité du dernier objet obtenu : théorie subjective de la
valeur) va permettre de construire la rationalité néo-classique qui donnera naissance à
l’homo oeconomicus (un individu rationnel maximisant sa satisfaction sous contrainte)
L’école néo-classique est qualifiée d’école marginaliste
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la notion de l’équilibre général : cet équilibre existe à un double niveau :


 au niveau de chaque individu
 au niveau de chaque marché
Les théories suivantes constituent les prolongements du courant libéral
L’école de Chicago ou le courant monétariste, avec comme chef de file Milton
Friedman qui affirme que toute évolution brutale de la masse monétaire est synonyme
de déséquilibres économiques.
La théorie des choix publics avec notamment D.Mueller qui décrit le rôle de l'État et le
comportement des électeurs, hommes politiques et fonctionnaires. Elle entend ainsi
appliquer la théorie économique à la science politique.
l’école de l’économie de l’offre où A.Laffer qui montre le caractère dissuasif des
niveaux d’imposition trop élevés sur le travail, l’épargne et l’investissement.
La Nouvelle économie classique ou Nouvelle macroéconomie classique qui est un
courant de pensée économique qui s'est développé à partir des années 1970. Elle se
fonde entièrement sur des principes néoclassiques. Sa particularité est de reposer sur
des fondations micro-économiques rigoureuses, et de déduire des modèles
macroéconomiques à partir des actions des agents eux-mêmes modélisés par la micro-
économie.
Les nouveaux classiques comprennent Robert Lucas Jr, Finn E. Kydland, Edward C.
Prescott, Robert Barro, Neil Wallace, Thomas Sargent..

3- L’école marxiste
Elle est précédée par un courant socialiste utopique qui s’élève contre les excès du
capitalisme (chômage, misère, exploitation des travailleurs). Nous pouvons citer Sismondi,
Saint Simon, Charles Fourrier, Owen, Louis Blanc, Proudhon …Selon ce dernier, la
propriété est un moyen de voler car elle permet aux forts d’écraser les faibles, elle devrait
ainsi être transformée en possession et cela entraînerait la disparition des classes sociales. Il
n’y aurait plus ni fort ni faible, la justice régnant dans la société, le gouvernement lui-même
deviendrait inutile.
Trois idées constituent les fondements économiques du marxisme (socialisme scientifique) :

a)-La notion de plus-value


La seule source de profit du capitalisme est l’exploitation des ouvriers. Ce qui intéresse le
capitaliste c’est une valeur supérieure à celle qu’il a dépensée. Le temps de travail de
l’ouvrier est alors divisé en deux parties :
.Le temps de travail nécessaire pendant lequel il crée une valeur égale à celle de sa force
de travail : son salaire
Le temps de surtravail pendant lequel il crée la valeur qui sera appropriée gratuitement
par le capitaliste, cette valeur est la plus-value. Celle-ci est la différence entre la valeur
créée par la force de travail et ce qu’a coûté cette force de travail.

b)-Les contradictions du capitalisme


Par le jeu de la concurrence, le capital tend à s’accumuler entre les mains d’un nombre de plus
en plus faible de personnes. En face de ces capitalistes se dressent ceux qui sont exclus de la
possession du capital et n’ont pour vivre que leur force de travail. En recherchant toujours
plus de plus-value, notamment par le maintien de salaires bas, les capitalistes provoquent la
paupérisation de la classe ouvrière (prolétaires) et bloquent le système économique. Selon
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Marx, pour que le système puisse se perpétuer, les capitalistes sont condamnés à investir de
façon à éviter une crise de débouchés. Il court à sa perte allant vers une crise générale due à
la fois :
socialement à la montée du chômage
économiquement à la baisse tendancielle du taux de profit. Il ne s’agit plus d’un blocage
de système vers un « état stationnaire» comme dans la vision classique (S .Mill) mais
des germes de l’effondrement du système capitaliste et celui-ci se transformera en un
autre système : le socialisme.
c)-La propriété collective des moyens de production : la propriété privée des moyens de
production qui est considérée comme la cause de l’exploitation de l’homme par l’homme
doit être abolie et remplacée par une appropriation collective.
Paul Baran ou Paul Sweezy ont continué récemment les travaux des marxistes.

4- Le courant Keynésien
Construite dans le contexte de la grande dépression de 1929, l’analyse keynésienne est une
théorie de lutte contre la crise. Elle se caractérise par diverses approches novatrices :
une analyse macro-économique : à la différence des auteurs libéraux qui analysaient les
comportements individuels, Keynes s’intéresse aux décisions collectives des groupes
d’agents. Selon cet auteur, la micro-économie est incapable de résoudre les crises qui
frappent l’activité économique. Keynes est le premier à avoir analysé le cercle vicieux de
la crise. Lorsqu’une entreprise est en déficit, elle licencie et réduit ses dépenses.
Cependant, à l’échelle globale, les dépenses des uns constituent des revenus pour les
autres. La mesure prise par l’entreprise concourt à diminuer un peu plus la demande
globale donc à accroître un peu plus la crise d’ensemble. Ce qui est rationnel à l’échelle
de l’entreprise ne l’est pas à l’échelle de la société. Il faut ainsi prévaloir l’analyse
macro-économique. Il s’agit de déterminer le niveau global du revenu et de l’emploi
c’est à dire les agrégats nationaux.
l’existence possible d’une situation durable d’équilibre de sous-emploi : une économie
peut évoluer durablement dans une situation d’équilibre avec un sous-emploi des facteurs
de production.
Une intervention nécessaire de l’Etat : il est nécessaire que l’Etat intervienne en vue de
corriger les déséquilibres permanents dans le système capitaliste dont le sous-emploi
(chômage) est la première manifestation visible. En cas de dépression économique
durable, l’Etat doit se substituer aux entreprises défaillantes en matière d’investissement et
d’embauche, il est donc conduit à mener des «politiques économiques ».
Un rôle actif de la monnaie dans la vie économique, L’analyse Keynésienne rejette la
neutralité de la monnaie soutenue par les classiques. Elle n’est pas seulement
intermédiaire des échanges, elle est demandée et a une valeur spécifique liée au taux
d’intérêt et elle permet d’augmenter la performance économique des individus par
l’investissement. «L’intérêt est une récompense non de la totalité de l’épargne (comme
pour les classiques), mais seulement de sa forme financière lors de son placement.
Les prolongements de l'école keynésienne sont :
le keynésianisme ou la macroéconomie traditionnelle
la théorie du déséquilibre (Edmond Malinvaud) qui affirme que les marchés ne
s’équilibrent pas automatiquement et qu’en conséquence il peut émerger des
rationnements.
le courant post-keynesien : Nicholas Kaldor, Joan Robinson, Roy Forbes Harrod, Evsey
Domar...

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la nouvelle économie keynésienne : George Akerlof, Joseph Stiglitz (2002), Janet


Yellen, Stanley Fischer s'oppose à l'intervention trop rigoureuse de l'État chaque fois que
le marché est incapable d'assurer une situation efficace.
L’école de la régulation avec Aglietta, Boyer et Mistral. Ces auteurs pensent que les
crises économiques majeures sont des crises de mutation entre une régulation ancienne
qui ne permet plus la croissance économique et une nouvelle régulation qui permettra de
résoudre les causes profondes de la crise.
Conclusion sur la pensée économique
De nos jours, on note une grande diversification des courants de pensée économiques,
notamment par l'application de nouvelles approches techniques :
Economie quantitative, l'un des supports de l'économétrie, utilisant des techniques de
modélisation dérivées des sciences physiques,
Economie expérimentale appliquée notamment à la microéconomie,
Economie comportementale, née notamment de l'étude des anomalies des marchés
financiers,
Neuroéconomie étude du processus mental de décision économique,
Théorie des jeux, liée aux problèmes de coordination des agents économiques.
Par ailleurs, on assiste à l'essor des sciences de gestion (management, marketing,
organisation, relations humaines, technologies de l'information) en économie, aboutissant en
particulier à la reconnaissance du savoir, de la compétence et de l'information comme facteur
essentiel (économie de la connaissance) de production et de développement, en plus des trois
facteurs de production classiques : ressources naturelles, travail et capital.

II-) Le circuit économique


L’analyse économique permet de définir les différents acteurs de la vie économique et
d’identifier leurs relations.

A- Les secteurs institutionnels


Le nouveau système de comptabilité nationale désigne les agents économiques sous le terme
«secteurs institutionnels ». L’ensemble des unités institutionnelles est décomposé en 5
secteurs institutionnels principaux (subdivisés ensuite en sous-secteurs) caractérisés par une
certaine homogénéité de comportements (mêmes activités principales, même type de
ressources) On distingue ainsi :
les Ménages dont la fonction essentielle est de consommer et pour les entreprises
individuelles de produire des biens et services marchands.
les Sociétés Non Financières (SNF) dont la fonction est de produire des biens et des
services marchands non financiers, Les biens et services sont marchands quand ils sont
mis sur le marché par une entreprise qui cherche à en tirer un bénéfice.
les Sociétés Financières (y compris les Sociétés d’assurances) regroupent les sociétés dont
la fonction principale est de fournir des services d’intermédiation financière
(intermédiaires financiers) et/ou à exercer des activités financières auxiliaires (auxiliaires
financiers).
Les Administrations Publiques (APU) qui sont des organismes qui produisent des
Services Non Marchands (SNM) destinés à la collectivité et effectuent des opérations de
redistribution du Revenu National et des richesses nationales.
les Institutions Sans But Lucratif au service des Ménages (ISBLM) qui sont des
organismes qui produisent des SNM et dans certains cas des services marchands destinés
aux Ménages sans but lucratif. Ils vivent surtout des cotisations de leurs membres. On
peut citer les syndicats des salariés, les associations diverses (humanitaires, sportives), les
clubs divers (loisirs).
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A ces 5 Secteurs, on ajoute un pôle «opérations avec le Reste du Monde»

2- Les opérations économiques


Les agents économiques effectuent trois types d’opérations économiques : les opérations sur
biens et services, les opérations de répartition et les opérations financières

a) les opérations sur biens et services


Elles concernent :
la production P : c’est l’activité qui consiste à créer des biens et des services.
la consommation C dont :
 les consommations intermédiaires CI : c’est la valeur des biens et services
introduits dans le processus de production afin de concourir à la production
d’autres biens et services.
 la consommation finale CF : c’est la valeur des biens et services qui servent à la
satisfaction directe des besoins individuels et collectifs.
l’investissement brut I ou Formation Brute de Capital (FBC) qui comprend
 la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) : c’est la valeur des biens durables
(bâtiment, matériel) acquis par un agent économique afin d’être utilisés dans le
processus de production pour une durée supérieure à un an.
 la variation de stock (VS) : c’est la valeur de stockage ou de déstockage de l’année
des biens produits
 l’acquisition d’Objets de Valeur (OV) qui est l’utilisation comme réserve de valeur
des biens durables qui ne servent ni à la Consommation, ni à la Production (Objets
de Valeur)
les exportations (X) : c’est la valeur des biens et services produits par l’économie
nationale et mise à la disposition du reste du monde
les importations (M) : c’est la valeur des biens et services produits par le Reste du monde
et mise à la disposition de l’économie nationale.
Les biens et services mis à la disposition de l’économie nationale ont deux origines : la
production P et les importations M. Elles peuvent être employées de multiples manières : en
Consommations Intermédiaires CI , en Consommation Finale CF , en Formation Brute de
Capital Fixe FBCF, en Variation de Stock VS, en OV, en Exportation X d’où :
l’égalité emplois-ressources suivante :
P + M = CI + CF + FBCF + VS + OV + X

b) les opérations de répartition


Elles portent sur la répartition du revenu :
revenu primaire des ménages qui se compose de la rémunération du travail salarié, de
la rémunération des entrepreneurs individuels et des revenus de la propriété
prélèvements obligatoires opérés par les Administrations publiques : impôts,
cotisations sociales
prestations sociales qui correspondent aux revenus de transfert
opérations de transfert en capital qui concernent les aides à l’investissement et les
impôts sur le capital.

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c) les opérations financières


Elles correspondent aux opérations réalisées par les agents économiques à partir de leur
épargne disponible et pour ceux qui n’en ont pas aux opérations destinées à obtenir des
moyens de financement. Il s’agit :
des paiements en monnaie et en devises
des placements (dépôts à terme, valeurs mobilières)
des financements (emprunts, crédits).

B- Le circuit économique dans le cadre national


Au sens usuel, un circuit désigne un certain ensemble de chemin à parcourir, définissant une
circulation entre des pôles définis. Toute opération économique donne naissance à un flux
c’est-à-dire un mouvement d’un ensemble de biens, de service ou de monnaie circulant d’un
agent à un autre agent. On en distingue deux types:
Le flux «réel» C’est un flux avec un mouvement de biens et/ou de services d’un agent à
un autre agent.
Le flux «financier» : C’est un flux avec un mouvement de monnaie d’un agent à un autre
agent
La comptabilité nationale ne tient compte que des flux financiers.
Exemple : une entreprise verse un salaire de Ariary 40 000 à un ménage.

ENTREPRISE Ariary 40 000 MENAGE

On suppose une économie constituée de 4 catégories d’agents :

1-) les Ménages


dont la fonction économique principale est de consommer, mais ceux-ci n’emploient pas la
totalité de leur revenu à la consommation, ils en épargnent une partie. Les ménages
peuvent utiliser leur épargne pour acquérir :
des actifs réels (immeuble, or, argent, pierres précieuses)
des actifs financiers (titres émis sur le marché financier par une entreprise)
des actifs monétaires (dépôts à vue, à terme, billets,… )

2-) les Sociétés non financières


dont la fonction économique principale est de produire des biens et services s’échangeant
habituellement sur le marché. Elles réalisent des investissements qui leur permettent
d’accroître leur production. Elles accumulent ainsi des biens de production. Les SNF
financent leurs investissements par :
l’autofinancement (amortissements et bénéfices non distribués),
l’émission de titres (actions et obligations) sur le marché financier
le recours au crédit.

3-) Les Sociétés Financières


accordent des crédits aux autres secteurs institutionnels et reçoivent les dépôts de ceux-ci.
4-) Les Administrations
(Etat, Collectivités locales, Sécurité sociale) effectuent des prélèvements obligatoires (impôts,
cotisations sociales) sur les Ménages et sur les Entreprises qui permettent de financer les
dépenses publiques. Le déficit budgétaire des Administrations est financé par :
le recours direct à l’épargne
les emprunts auprès des Institutions financières.

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Le circuit économique d’ensemble dans le cadre national peut être représenté de la


manière suivante :
I
S
SOCIETES
NONI Consommation Finale
FINANCIERES MENAGES

Salaires

Actions, obligations

Intérêts, dividendes
Retraits et credits
SOCIETES Dépôts, épargne
Intérêts FINANCIERES
Dépôts, épargne interêts
Dépôts, épargne
Retraits et credits
Retraits, crédits Intérêts salaires
intérêts
Impôts, cotisations sociales
Subventions
ADMINISTRATIONS Traitements, Prestations sociales
Impôts PUBLIQUES
APU
Consommation Finale ,

C- Les Relations avec les autres nations


Une économie nationale ne vit aujourd’hui en autarcie complète. On observe entre les
différentes économies nationales :
des flux de biens et services
des flux de revenus
des flux de capitaux
des flux d’hommes
des flux d’informations
Les différentes économies nationales sont plus ou moins dépendantes à l’égard de l’extérieur.
Pour mesurer le degré de dépendance, on calcule le coefficient de dépendance en rapportant
au montant du produit intérieur brut (PIB) la somme des importations et des exportations.

Importations + Exportations
Coefficient de dépendance = -------------------------------------
PIB

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Les économies sont de plus en plus interdépendantes grâce à la chute des barrières
douanières, à la libéralisation et à la déréglementation. On parle ainsi de la mondialisation
qui est définie comme étant l’intégration de plus en plus poussée des économies de tous
les pays qui amène à la constitution d’un marché unique tendant à devenir universel par
abaissement des frontières entre ces économies.. La globalisation, quant à elle, est définie
comme l’intégration de toutes les dimensions techniques et culturelles à l’échelle mondiale

Le circuit économique d’ensemble pour une économie ouverte est présenté comme suit :

CIRCUIT ECONOMIQUE D’ENSEMBLE

TERRITOIRE NATIONAL RESTE DU MONDE

Actions. obligations

Actions. obligations

Intérêts, dividendes
Importations
Intérêts, dividendes
Exportations

SOCIETES Salaires
NON Consommation finale MENAGES Prestations sociales
FINANCIERES Traitements
(SNF) Impôts
Epargne
Dépôts

Impôts
Intérêts
Crédits Impôts
1
Intérêts Retraits

ADMINISTRATIONS
SOCIETES PUBLIQUES
FINANCIERES (APU)
Retraits,
Crédits

Dépôts, épargne, intérêts

Subventions
RESIDENTS NON
RESIDENT

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Exercices sur le Chapitre I


1. QCM

Un bien économique?
 Un bien libre
 Un bien qui existe en quantité limitée
 Un bien matériel
 Un service

La production nationale?
 c'est une notion macroéconomique?
 c'est une notion microéconomique?
 c'est une notion mésoéconomique
 c'est un concept statique

Selon Adam Smith, la main invisible


 c'est l'Etat intervient dans le domaine économique
 ce sont les agents économiques
 coordonne les activités des individus isolés
 ce sont les Adminisrations publiques

Un ordinateur utilisé dans une entreprise est-il?


 un bien direct
 un bien indirect
 un bien de luxe
 un bien consomptible

L'Etat doit intervenir


 pour les classiques
 pour les néoclassiques
 pour Keynes
 pour Adam Smith

2. Exercices à trous
Compléter les trous
La théorie physiocratique voit dans la…………... la source de toute richesse. Au contraire
des mercantilistes, les physiocrates s'opposent à l' ….et l'……….. D'après Adam Smith, le
moteur de l'activité économique est l'intérêt……….. . L'harmonie sociale est le phénomène
que Smith désigne sous le terme de ………... .Pour Ricardo, le…………….. est la seule
source de la valeur.

L'école néoclassique adopte une approche ………………….. Elle a été la première à utiliser
l'…………... comme déterminant de la valeur des biens. La valeur est l'expression du désir
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
14

que les hommes éprouvent pour les choses: valeur ………………... L'………………. est un
agent type qui maximise sa satisfaction sous………….. . Les néo-classiques sont aussi
désignés par le terme …………………

Selon Marx, la propriété……………….des moyens de production est la base du capitalisme


L’ ……………………...de l’homme par l’homme est sa caractéristique principale. La
……………………….est la partie du travail de l’ouvrier appropriée par les propriétaires
des …………... Le capitalisme doit être remplacé par le ……………….pour résoudre
les ……………..en son sein.

L'approche théorique de John Maynard Keynes est considérée comme la première théorie
……………... La monnaie n'est pas un simple…………….. des échanges comme pour
les……………. . L’économie peut connaître un équilibre de ………………... que les
mécanismes du ……………...seuls ne peuvent résoudre. L’intervention de l’ …………...est
nécessaire pour résoudre les ……………………

Dans une économie monétaire, les entreprises peuvent financer leur ……………..par
l'émission des ……………….sur le marché financier et le recours au………………….. . Les
ménages peuvent utiliser leur ……………...pour acquérir des actifs (immeuble, or...) des
actifs (actions, obligations) et des actifs (dépôts à vue, billets..). Les Administrations
Publiques effectuent des …………………... sur les Ménages et sur les Entreprises qui
permettent de financer les …………publiques. Le ……………...budgétaire des
Administrations est financé par le recours direct à l'…………. et les……………. auprès des
Institutions financières

3. Exercice à mots mêlés


Mettre les parties en ordre pour former une phrase
a) les biens intermédiaires
 Les biens intermédiaires
 avec d’autres produits
 à un bien de consommation.
 sont les produits bruts
 donneront naissance
 dont la transformation et
 à un bien de production ou
 la combinaison
 utilisés par l'entreprise

b) Les relations économiques


 les acteurs
 économique
 entre eux
 de la vie
 des flux
 et cela occasionne
 entretiennent
 des relations
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
15

4. Exercice de concordance
Trouvez la bonne concordance entre les éléments de droite avec ceux de gauche

Les Ménages produire des SNM et dans certains cas des


services
marchands destinés aux Ménages sans but
lucratif.
Les Sociétés Non Financières (SNF) fournir des services d’intermédiation
financière (intermédiaires financiers) et/ou à
exercer des activités financières auxiliaires
(auxiliaires financiers)
Les Sociétés Financières produire des biens et des services marchands
non financiers

Les Administrations Publiques (APU) consommer et pour les entreprises


individuelles de produire des biens et
services marchands.

Les Institutions sans But Lucratif au service produire des Services Non Marchands
des Ménages (ISBLM) (SNM) destinés à la collectivité et effectuent
des opérations de redistribution du Revenu
National et des richesses nationales

Les consommations intermédiaires CI valeur des biens durables (bâtiment, matériel)


acquis par un agent économique afin d’être
utilisés dans le processus de production pour
une durée supérieure à un an
La consommation finale CF valeur de stockage ou de déstockage de
l’année des biens produits
La formation brute de capital fixe FBCF valeur des biens et services qui servent à la
satisfaction directe des besoins individuels et
collectifs
La variation de stock VS utilisation comme réserve de valeur des biens
durables qui ne servent ni à la
Consommation, ni à la Production
L’acquisition d’objets de valeur OV valeur des biens et services réintroduits dans
le processus de production afin de concourir
à la production d’autres biens et services

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
16

5. Mots croisés
Compléter les mots croisés.
1

Horizontalement Verticalement
1. elle coordonne les activités des 1. doctrine qui considère que l'or et l'argent
individus isolés constituent la richesse essentielle
2. considère que l'Etat ne doit pas 3. Bien illimité qui ne nécessite pas une production
intervenir
4. auteur néoclassique

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
17

Chapitre II
LES FONCTIONS ECONOMIQUES

Les fonctions économiques les plus importantes sont : la production, la consommation et la


répartition des revenus

I La production
La production est l’acte par lequel les agents économiques entreprennent de créer les
produits destinés à satisfaire leurs besoins. On peut citer par exemple la production d’une
voiture, la production d’un film.

A Les facteurs de production


Toute production est réalisée grâce à une combinaison de facteurs de production. Ils
représentent l’ensemble des biens, services et personnes nécessaires pour produire des
biens ou des services. Il existe trois facteurs de production essentiels : le capital technique,
le travail et les ressources naturelles rares.

1 Le capital technique
Le terme «capital» peut être pris dans des sens différents (comptable, juridique, financier)
Le capital financier (fonds monétaires à disposition de l’entreprise) n’est pas un facteur de
production. Il n’est que le moyen d’acquérir ou de rémunérer les facteurs de production. En
économie, le capital technique désigne les biens d’équipement (bâtiment, installation,
matériel) qui concourent à la production.
Le capital technique comprend :
Les capitaux fixes : ce sont les instruments et les équipements de production (matériel,
outillage, camion …) qui ne s’usent que lentement et servent à la production pendant
une période relativement longue.
Les capitaux circulants : ce sont les biens qui disparaissent dans le processus de
production (les matières premières…)

a) La formation du capital : l’investissement


Pour former le capital technique, il faut disposer de l’argent nécessaire à son achat : avoir un
capital monétaire, il faut ensuite la décision d’investissement. L’investissement en capital
fixe est l’acte qui consiste à créer des biens de production et des équipements en vue
d’augmenter la capacité de production, on parlera ainsi d’investissement de capacité ou
encore formation brute de capital fixe (FBCF). Les capitaux fixes finissent, cependant, par
s’user, il faut alors prévoir leur renouvellement On parlera ainsi d’investissement de
remplacement qui est destiné à remplacer les équipements usés. L’investissement permet
aussi d’incorporer le progrès technique : c’est l’investissement de substitution du capital au
travail qui permet d’économiser de la main d’œuvre. A coté de ces investissements
immatériels, le rôle de l’investissement immatériel (dépenses de recherche et de
développement, de mercatique, de formation et d’achats de logiciel) devient de plus en plus
important. Ces investissements améliorent l’efficacité des entreprises aussi bien au niveau de
la fabrication que de la gestion ou de la distribution des produits.
On peut aussi distinguer deux types d’investissement :
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
18

l’investissement induit qui dérive de l’accroissement de la demande, c’est le


développement de la consommation qui incite les producteurs à investir ;
l’investissement autonome décidé par l’Etat ou par l’entrepreneur sans tenir compte
du niveau d’activité (pour le lancement d’un produit nouveau par exemple)

b) La fonction d’investissement
Selon Keynes, la décision d’investissement est prise au terme d’une confrontation entre les
recettes futures ou rendement attendu et le coût de l’investissement à réaliser. Le
rendement de l’investissement est ainsi un rendement anticipé qui doit être actualisé pour
tenir compte de ce que les économistes classiques et néo-classiques appellent «la
dépréciation du futur» ou encore «la préférence du présent» Dans l’analyse keynésienne,
les décisions d’investissement doivent comparer le coût que l’entrepreneur supporte dans
l’immédiat et des recettes intervenant ultérieurement.
Le taux interne de rendement ou taux de rentabilité ou encore ce que Keynes appelle
efficacité marginale du capital est la valeur du taux d’actualisation pour laquelle
l’opération d’investissement se solde sans perte ni profit.
Le taux d’intérêt du marché exprime le coût de l’emprunt du capital donc le coût de
l’investissement. En cas d’autofinancement, il est représenté par le coût d’opportunité à
renoncer à un placement externe.
L’investissement sera décidé si le taux de rendement interne r est supérieur au taux
d’intérêt i
On écrit r > i où r est le taux de rendement interne et
i est le taux d’intérêt
I

I(i)

0 i
L’investissement varie donc en fonction inverse du taux d’intérêt. C’est une fonction
décroissante du taux d’intérêt. Ce dernier est la variable incitatrice ou desincitatrice de
l’investissement.

c) Le multiplicateur d’investissement
Selon Keynes, lorsqu’il y a sous-emploi de la main d’œuvre (chômage), les pouvoirs publics
peuvent désirer relancer l’activité économique afin de générer un mouvement d’embauche.
Une variation de l’investissement provoque une hausse du revenu global très supérieure à
la dépense d’investissement initiale. Ce mécanisme se nomme « multiplicateur
d’investissement ».
On écrit: Y = I x k où Y est l’augmentation du revenu, I l’accroissement de
l’investissement et k le coefficient multiplicateur

c-1 Les instruments d’analyse


Les propensions à consommer
Les seuls emplois possibles du Revenu sont la consommation et l’épargne.
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
19

Y=C+S
Pour résumer les relations entre C, S et Y, Keynes a utilisé les propensions à consommer et à
épargner.
 La propension moyenne à consommer est le rapport de la consommation globale
au revenu global, on note : C/Y
Si le rapport s’établit à 0,80, cela signifie que 80% du revenu est consommé, il reste ainsi
20% à épargner d’où :
 La propension moyenne à épargner
S/Y peut aussi s’écrire 1 – C/Y
 La propension marginale à consommer est le rapport de la variation de la
consommation à la variation correspondante du revenu au cours d’une
période donnée
c = C/Y
Exemple : en milliers d’unités monétaires
Année 1 Année 2
Revenu disponible 1 200 1 400
Consommation 1 100 1 250
Y = Y2 – Y1 =
1 400 – 1 200 = 200
C = C2 – C1= 1250 -1 100 = 150
 C / Y = 150 / 200 = 0,75
Cela signifie qu’à un accroissement du revenu de 100 correspond un accroissement de la
consommation de 75 donc un accroissement de l’épargne de 25 d’où :
 La propension marginale à épargner
s = S Y peut aussi s’écrire s=1 - C/ Y
s = 1-c
L’équilibre macroéconomique keynésien
La consommation, l’épargne, l’investissement et le revenu sont les variables majeures de
l’analyse macroéconomique keynésienne. Elle cherche à déterminer le processus par lequel
ces quatre variables concourent au bouclage du circuit économique.
 Le montant de la demande globale D est constitué par la demande de biens
de consommation C et la demande de biens d’investissement I
D= C+I
 Le revenu global Y offert par les entreprises distribué aux agents économiques
est affecté par ceux-ci à la consommation C et à l’épargne S.
 L’offre globale peut s’écrire Y = C + S
L’équilibre macroéconomique est réalisé si la demande globale est égale à l’offre globale
soit : D = Y avec D = C+ I et Y = C+ S d’où C + I = C + S ce qui implique S = I
La condition de l’équilibre macroéconomique est que I = S
Flux d’investissement = Flux d’épargne
L’épargne est une fonction croissante du revenu alors que l’investissement est une fonction
autonome, indépendante du revenu, c’est la raison pour laquelle elle est représentée par une
droite parallèle à l’axe des abscisses. A l’intersection des courbes d’épargne et
d’investissement est alors déterminé le niveau d’équilibre du revenu national Ye. Ces
relations peuvent être représentées graphiquement de la manière suivante

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
20

S(Y)

Y
0 Ye

-C0

c-2 Le principe du multiplicateur


Quand un investissement nouveau est mis en œuvre par un agent économique, il équivaut à
fournir une source nouvelle de revenus à d’autres agents, qui sont eux-mêmes générateurs
d’autres dépenses, donc d’autres revenus et ainsi de suite …Il y a ainsi « ondes successives
de revenus » que le tableau suivant permet de visualiser avec un investissement
supplémentaire de 1 Milliard et une propension, marginale à consommer de 0,80, dans
l’hypothèse d’une injection unique d’investissement.

Chiffres en Millions
Ondes successives
de Revenus ΔI ΔY ΔC

1 ΔI= 1000 Δ1Y= 1000 Δ 1C = 800

2 Δ 1C =Δ2Y= 800 Δ 2 C= 640


3 Δ 3Y = Δ 2 C= 640 Δ 3 C= 512
4 Δ 4Y= Δ 3 C = 512 Δ4C= 409
------------- ----------------- ------------- ----------------
N ΔnY = Δ n-1C ΔnC
Total ΔI= 1000 Σ ΔY = 5000 ΣΔC = 4000

Puisque ∆Y = ∆I x k d’où k = ∆Y/∆I. Or en situation d’équilibre I = S donc k = ∆Y/∆S

k est ainsi l’inverse de la propension marginale à épargner


k = 1/s ou k = 1/1-c

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
21

Dans notre cas s = 1-c = 1-0,80 = 0,20 d’où k = 1/0,20 = 5


∆Y = 1 000 x 5 = 5 000 et ∆C = 5 000 x 0,8 = 4 000
On constate qu’un accroissement de l’investissement de 1 Milliard provoque une
augmentation du revenu de 5 Milliards. Ce qui signifie qu’un investissement d’une unité
génère pour l’activité économique des retombées 5 fois supérieures. Du fait que pour Keynes
le niveau de l’emploi dépend de celui du revenu, toute élévation du revenu va permettre à la
Nation d’atteindre un état d’équilibre plus proche du plein emploi. Le multiplicateur
d’investissement exerce des effets dans des conditions très précises : situation économique
initiale de sous-emploi, stabilité de la propension marginale à consommer. Il possède ainsi des
limites, la situation économique est uniforme dans tous les secteurs et on ne prend pas en
compte l’investissement induit par les variations du Revenu.

2 Le travail
Il représente l’activité de toutes les personnes qui participent au processus de production d’un
bien ou d’un service. Le travail peut être manuel ou intellectuel, qualifié ou non, artisanal ou à
la chaîne, de direction ou d’exécution. Le facteur humain du travail implique la résolution
d’un certain nombre de problèmes tels que les conditions de travail, le mode de rémunération,
le maintien de l’emploi, la formation, les prestations sociales, etc. Dans l’ensemble de
l’économie, le facteur travail est constitué par la population active c'est-à-dire la population
en âge de travailler. Celle-ci comprend :
 la population active occupée
 les militaires du contingent
 les chômeurs
La pyramide des âges par sa forme permet de donner une image de la jeunesse ou de la
vieillesse de la population On distingue 3 types principaux de population :

La population de type stationnaire

La population de type récessif

La population de type progressif


Le type de population donne une image de la charge que doit supporter la population
active. Différents facteurs font varier la population active
la démographie (natalité, mortalité, migrations)
les influences socio-économiques (travail des femmes, exode rural, allongement de la
durée des études)
l’environnement juridique (âge de la retraite, durée de travail)
3. Les Ressources naturelles rares
Elles sont rares et il faut les exploiter, c’est la raison pour laquelle elles ne sont pas gratuites,
on peut citer pae exemple le pétrole. Certaines économies en sont largement dotées et elles en
tirent des rentes de situation et d’autres en sont fortement consommatrices et sont alors très
sensibles à l’apparition de pénurie et à la hausse de prix.

B. La mesure de la production
La production d’une unité ne mesure pas réellement la «valeur» véritablement produite par
celle-ci puisque cette valeur comprend des consommations intermédiaires nécessaires à la
fabrication des biens et services. Pour mesurer la contribution exacte d’une unité à la création
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
22

de richesses, il convient de retenir la différence entre la valeur de la production et le


montant des biens et services (ou consommations intermédiaires) utilisés dans le processus
de fabrication. Cette différence est appelée «Valeur ajoutée»
Une fabrique de meubles a produit pour 500 000 Ariary de meubles .Pour ce faire, elle a
utilisé pour 300 000 Ariary de planches et autres matières premières .La valeur ajoutée par le
fabricant de meubles est alors égale à 500 000 - 300 000 = 200 000.
VA = P – CI
En utilisant l’équilibre des opérations sur biens et services P + M =CI + CF +FBC + X on
aura P – CI = C + FBCF +VS + OV + X - M

II La consommation
Pour la comptabilité nationale, consommer est l’acte d’utiliser un bien ou service à des fins
individuelles ou collectives.

A-) Les types de consommation

1- Consommation finale et consommation intermédiaire


La Comptabilité nationale distingue les consommations selon leur destination en
consommation finale CF et en consommation intermédiaire CI
 La consommation finale destinée aux ménages conduit à une destruction plus ou
moins rapide du bien (immédiate ou progressive) qui ne sera plus utilisée à la
production. Les biens de consommation sont donc classés selon le critère de
durabilité. On peut aussi classer la consommation selon la nature des besoins à
satisfaire (alimentation habillement, logement, ameublement, équipements ménagers,
santé, transport et communication, loisirs, cultures, et autres)
 La consommation intermédiaire est la valeur des produits qui disparaissent au cours
d’une période considérée soit par incorporation dans des produits plus élaborés, soit
par destruction dans le processus de production

2- Consommation individuelle et consommation collective


Lorsque l’usage d’un bien par une personne exclut tout autre individu du même usage
simultanément tel le port de vêtement, il s’agit d’une consommation individuelle
Une consommation collective porte sur un bien ou un service dont l’usage par un individu
n’exclut pas son utilisation par d’autres, par exemple les routes, les ponts, la police…Ces
consommations collectives sont fournies pour l’essentiel par les pouvoirs publics. Elles se
repartissent en deux catégories ;
Les services divisibles lorsque les bénéficiaires peuvent être identifiés, par exemple les
élèves pour l’enseignement, les malades pour la santé.
Les services indivisibles quand ils s’adressent à l’ensemble de la population, par exemple
le défense et la sécurité.

3- Consommation marchande et consommation non marchande


Les biens et les services marchands s’échangent sur un marché, le prix payé couvre et
même dépasse le coût de production. Certains services sont qualifiés non marchands car ils
ne s’échangent pas sur un marché. Ils sont principalement fournis par les Administrations,
leur prix est nul (justice) ou inférieur à leur coût de production. Ils sont financés
essentiellement par les impôts.

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
23

B-) l’influence du revenu sur la consommation

1- l’influence du revenu sur la structure de la consommation


Le statisticien Engel a énoncé les trois lois suivantes :
au fur et à mesure que le revenu individuel augmente, les dépenses consacrées à
l’alimentation augmentent moins que proportionnellement à l’accroissement du revenu
la part du revenu affectée aux dépenses de vêtement, de logement, de chauffage,
d’éclairage représentent un pourcentage sensiblement le même quelle que soit
l’importance du revenu. Quand le revenu augmente, ces dépenses s’accroissent ainsi dans
la même proportion.
les dépenses correspondant aux besoins d’éducation, de voyages, de vacances augmentent
plus que proportionnellement à l’accroissement du revenu
On observe une évolution de la structure de la consommation au cours du temps. Pour suivre
cette évolution, on utilise les coefficients budgétaires.
Un coefficient budgétaire désigne la part d’une dépense de consommation relative à un
produit particulier dans la dépense totale de consommation.
La modification de la structure de la consommation s’explique par différents facteurs :
les facteurs économiques : la hausse du revenu réel et la modification des prix relatifs
(prix des produits les uns par rapport aux autres). Les vagues successives d’innovation
jouent également un rôle essentiel dans l’évolution du mode de consommation
les facteurs démographiques et sociaux, notamment la modification de la pyramide des
ages. Le vieillissement de la population entraîne une diminution des dépenses consacrées
à l’éducation des enfants.

2-) L’importance de la consommation en fonction du revenu


Pour Keynes, le volume de la consommation globale C réalisé au cours d’une période
dépend du montant du revenu global disponible Y de la même période
La théorie de la consommation de Keynes est résumée dans ce qu’il appelle «loi
psychologique fondamentale « où lorsque le «revenu augmente, la consommation
augmente aussi mais dans une moindre mesure». Si la consommation varie C, et le revenu
varie Y pendant une période, la propension marginale à consommer c = C est toujours
positif puisque C augmente en même temps que Y et inférieure à 1 et puisque C augmente
moins que Y d’où 0< c < 1. Si l’on veut représenter graphiquement la fonction de
consommation, on portera le revenu national sur l’axe des abscisses et la consommation
nationale sur l’axe des ordonnées. On peut alors énoncer que la consommation est fonction du
revenu nominal et réel.
La fonction de consommation C= f ( Y ) a pour équation C = cY + C0 dans laquelle C
désigne la consommation , c la propension marginale à consommer celui-ci indique la pente
de la fonction de consommation , Y le revenu et Co est une constante qui représente la
consommation incompressible, celle qui correspond au minimum qui serait consommée
même si le revenu était nul. Elle est aussi appelée consommation autonome car elle ne dépend
pas du revenu. Co est toujours positive.

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
24

T
C S C= cY +C0

S=Y-C

Y
S=(1-c)Y-C0
- Co

0 Y

-C0

L’ordonnée à l’origine - Co est l’opposée de celle de la fonction de consommation. De ce


fait si la consommation est positive pour un revenu nul, elle ne peut être financée par le
revenu de la période mais seulement par de l’épargne accumulée antérieurement ou par de
l’emprunt (équivalent à une épargne négative).
La fonction d’épargne peut être facilement tracée sur le même graphique .Son équation se
déduit de la fonction de consommation puisque l’épargne S = Y – C d’où S = Y – ( cY + Co)
S = (1-c)Y- Co (1-c) est la pente de la fonction
d’épargne, elle est comprise entre 0 et 1 d’où 0< ( 1-c) < 1
La bissectrice OT représente l’ensemble des points pour lesquels la consommation serait
égale au revenu disponible.

C- L’influence du prix sur la Consommation


Parmi les facteurs qui pèsent sur les décisions d’achat du consommateur, le prix occupe une
place très importante .Pour un produit, à chaque niveau de prix correspond à un niveau de
demande .Cette relation peut être représentée par une courbe de demande.

Prix

P2 Quand le prix est P2 Courbe de demande


la demande est Q2

+ ∆P
P1 Quand le prix est P1, la demande est Q1

0 Q1 Q2 Quantités
- ∆Q

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
25

On observe que lorsque le prix augmente de P, la demande diminue de - Q. On mesure la
réponse de la demande aux variations de prix ou de revenu par les élasticités-prix ou les
élasticités- revenu. On appelle élasticité de la demande par rapport au prix (ep) le rapport
de la variation relative de la demande à la variation relative des prix
On notera :
ep = Q/Q
P/P
Une ep = - 0 ,16 signifie qu’une augmentation de prix P/P de 1% réduit la demande
Q/Q de 0,16%.
L’élasticité de la demande par rapport au revenu (er) est le rapport de la variation relative
de la demande à la variation relative du revenu. En notant R le revenu, on écrira :
er = Q/Q
R

III. Formation et répartition des revenus


Le revenu national fait l’objet d’une première répartition appelée répartition primaire ou
fonctionnelle à l’occasion des rémunérations des facteurs qui ont contribué à la production.
Puis une redistribution s’effectue notamment par l’intermédiaire de l’Etat et des organismes
de sécurité sociale qui effectuent des prélèvements sur les revenus primaires et versent des
revenus de transferts.

A La formation des revenus primaires

1 Les différents types de revenus primaires

a) Les revenus de facteurs


Une première répartition du revenu national s’effectue lors de la rémunération des différents
facteurs pour leur participation à la production
le salaire qui est le prix payé pour le travail réalisé. Il résulte de l’offre et de la
demande sur le marché du travail
l’intérêt qui est le prix payé pour l’usage d’un capital sans risque. Il résulte de l’offre
et de la demande sur le marché des capitaux.
la rente qui est le prix payé au propriétaire d’une ressource naturelle pour avoir le
droit de l’exploiter.

b) Le profit
L’intérêt constitue la rémunération normale du capital. Cependant, dans de nombreux cas, on
observe l’existence d’un profit au-delà de cette rémunération normale alors que tous les autres
facteurs ont été rémunérés. Le profit résulte :
de l’imperfection de la concurrence
de l’innovation
de l’existence d’un risque

c) Les autres revenus


Certains revenus perçus par les ménages sont composites. En effet, le bénéfice d’un
commerçant peut être à la fois l’intérêt de son capital investi, la rémunération de son travail,
le profit résultant de ses innovations ou de l’emplacement privilégié de son magasin. Les

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
26

comptables nationaux ne procèdent pas à une telle analyse des revenus perçus par les
ménages, ils distinguent simplement les revenus d’activité (des salariés ou des non salariés)
et les revenus de la propriété.

2 Les facteurs d’évolution des revenus primaires


Les revenus primaires des ménages sont composés des salaires, des revenus des entreprises
individuels, et des revenus de la propriété.

a) Les salaires
L’analyse économique distingue le salaire nominal (la quantité de monnaie perçue au titre de
salaire et le salaire réel (quantité de biens et services que le salaire nominal permet
d’acheter. On passe de l’un à l’autre en écrivant :

Indice de salaire réel = Indice de salaire nominal x100


Indice des prix
Lorsque la hausse des prix est plus élevée que la hausse des salaires, le salaire réel
diminue. Dans les structures économiques actuelles, le salaire nominal ne résulte plus
seulement de l’offre et de la demande sur le marché du travail, il est fixé, le plus souvent,
dans le cadre de négociations collectives pour chaque catégorie de salariés.

b) Les entrepreneurs individuels


Ceux-ci peuvent être agriculteurs, commerçants, artisans, ou membres de la profession
libérale (médecins, avocats, experts comptables). Leur rémunération est constituée par le
bénéfice de leur entreprise .Les revenus primaires des entrepreneurs individuels dépendent :
de l’évolution de la demande : celle-ci peut être en expansion, stagnante ou en
déclin. L’élasticité de la demande par rapport au prix ou au revenu peut être plus ou
moins élevée
de la concurrence : il y a souvent monopole local ou concurrence monopolistique.
Dans certains cas, la création d’entreprise est réglementée et certains prix sont
réglementés.
des charges : les consommations intermédiaires peuvent représenter des charges plus
ou moins importantes .L’évolution des prix des CI est plus ou moins favorable .La part
des charges salariales dans le chiffre d’affaires est variable.
L’évolution spontanée des revenus des entrepreneurs individuels peut être infléchie par leur
capacité à s’organiser en groupes de pression.

c) Les revenus de la propriété


Les formes de placement sont très diverses (épargne bancaire liquide ou à court terme, les
valeurs mobilières, les biens immobiliers, les placements agricoles, et les placements divers)
Leur répartition évolue dans le temps en fonction de nombreux facteurs : taux de rendement
risque et espérance de plus-value, degré de liquidité, fiscalité.

B. La redistribution des revenus


Les ménages ne disposent pas de revenus primaires mais d’un revenu disponible. Des
prélèvements obligatoires sont effectués pour permettre de financer notamment le versement
de revenus de transfert.

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
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1 Les finalités du système de redistribution


La protection individuelle : on veut préserver chacun contre les risques de perte
d’emploi, de maladies, de perte de revenu au moment de la retraite
la correction des inégalités : inégalités de niveau de vie résultant, par exemple, dans la
taille de la famille ou dans le revenu des ménages.

2 Le système de prélèvements
des prélèvements fiscaux : on doit distinguer les impôts courants sur le revenu et le
patrimoine qui conduisent à la détermination du revenu disponible des ménages et les
impôts indirects notamment la TVA acquittés lors de l’utilisation du revenu disponible
pour la consommation.
les prélèvements sociaux : ce sont les cotisations prélevées par les organismes de sécurité
sociale.
Ces prélèvements obligatoires jouent un rôle redistributif s’ils permettent de modifier la
répartition initiale des revenus

3 Les revenus de transfert


Les ménages perçoivent des revenus de transfert encore appelés prestations sociales qui
sont liés à la dimension de la famille, à la vieillesse, à la maladie, au chômage ou à divers
handicaps. L’effet redistributeur des prestations sociales est plus ou moins important selon les
bénéficiaires et la nature des prestations. Certaines prestations sont calculées en fonction du
revenu (pensions de vieillesse), d’autres sont versées sous condition de ressources
(allocations de rentrée scolaire, indemnités de logement), d’autres sont versées aux
bénéficiaires quel que soit le montant de leur revenu (allocations familiales)

C Le Revenu National brut (RNB)


RNB = PIB + revenus primaires versés par les unités non résidentes à des unités
résidentes – revenus primaires versés par les unités résidentes à des unités non
résidentes Ou
RNB = PIB + solde des revenus primaires avec le Reste du Monde (SRRM)

D) Revenu national disponible (RND)


RND = ∑ des revenus disponibles bruts RDB (ou nets) des secteurs institutionnels

RNDB= RNB diminué des transferts courants (impôts courants sur le revenu, le
patrimoine etc.. cotisations sociales, prestations sociales et autres transferts courants)
versés à des unités non résidentes, et augmenté des transferts courants reçus du reste du
monde par les unités résidentes.

RND = RNB + Solde des transferts avec le Reste du monde (STRM)

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
28

Exercice sur le Chapitre II

I-) Le tableau suivant est relatif à une économie d’un pays

En milliards
RUBRIQUES d’unités monétaires
Année 1 Année 2
Produits alimentaires et boissons non alcoolisées 150,8 150,8
Boissons alcoolisées et tabac 35, 8 35,8
Habillement et chaussures 46,6 47,7
Logement, eau, gaz, électricité... 277,7 281,2
Meubles, articles de ménage et entretien courant de l'habitation 62,9 64,8
Santé 39,1 43,3
Transports 159,4 160,6
Communications 31,5 29,1
Loisirs et culture 90,0 93,6
Autres 191,0 203,2
TOTAL* 1084,8 1110,1

1-) * Que représente le TOTAL de chaque colonne de ce tableau ?


2-) Calculer :
 Les coefficients budgétaires de chaque période. Commenter les résultats en vous
appuyant sur les lois énoncées par Engel
 Le Revenu disponible des ménages pour chaque année si la propension moyenne à
consommer égale à 0,89 reste inchangée au cours de cette période.
 La propension marginale à consommer, en déduire la propension marginale à
épargner.
3-) Ecrire la fonction de consommation keynésienne en sachant que la consommation
incompressible est égale à 250 milliards d’unités monétaires. En déduire la fonction
d’épargne.
4-) L’investissement de cette économie s’élève à 401,2 milliards d’unités monétaires,
calculez le revenu d’équilibre Ye.
5-) Représenter sur un même graphique ces 2 fonctions et l‘investissement. Indiquer sur le
graphique ce revenu.
6-) Ce revenu d’équilibre ne correspond pas au niveau du plein emploi, les pouvoirs publics
décident alors de lancer une politique de grands travaux qui s’élèvent à 18 milliards d’unités
monétaires. Quel est le montant du revenu additionnel qui en découle ? Calculez le montant
du revenu de l’année 3. Présentez un tableau qui montre les ondes successives de revenu.

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
29

II.) Compréhension de la notion de VA, de taux de croissance en terme nominal et en terme


réel puis de l’équilibre des opérations sur biens et services 10
1-) Compléter les tableaux suivants
Année 1 A B C D E F TOTAL
Consommations intermédiaires 140,9 503,5 673,3 194,6 124,2 33,3 1669,8
(CI)
Valeur Ajoutée (VA) 67,6 180,1 809,2 202,4 383,7 58,2 1701,2
Année 2 A B C D E F TOTAL
Consommations intermédiaires 149,8 547,6 692 202,6 132,2 35,0 1759,2
(CI)
Valeur Ajoutée (VA)
Production (P) 225 727,1 1517,9 410,7 525,5 94,5 3500,7
Production (P)
2-) Quel est le montant du PIB pour chaque année
3-) calculez le taux de croissance en terme nominal puis en terme réel en sachant que le taux
d’inflation est de 1,5%
4-) Au cours de l’année 2, on donne le tableau suivant :
EMPLOIS
DCF 1410,4
FBCF 376,7
VS -4,2
OV 0,7
X 495,3
M 537,4

Vérifiez l’équilibre des opérations sur biens et services

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
30

Chapitre III
LES DESEQUILIBRES ECONOMIQUES

Les réglages qui conditionnent le fonctionnement de l’activité économique sont imparfaits.


Autrefois, les crises étaient résorbées assez rapidement, mais à partir de la crise de 1929, un
certain nombre de déséquilibres économiques ont été relevés. Nous allons particulièrement
étudier l’inflation, du chômage et des déséquilibres extérieurs.

I-) L’inflation
A-) Définition et mesure
L’inflation se définit comme un phénomène de hausse permanente et généralisée du
niveau moyen des prix. C’est un phénomène autoentretenu et non un phénomène isolé ou
accidentel. On ne parle pas d’inflation quand c’est le prix d’un seul bien qui augmente, il
s’agit là d’une variation des prix relatifs. De même, on ne doit pas parler d’inflation en face
d’une hausse ponctuelle des prix. La hausse des prix est ainsi qualifiée d’inflation quand elle
est générale et prolongée.
On distingue plusieurs niveaux d’inflation : l’inflation rampante, larvée ou galopante, on
parle dans ce dernier cas d’hyperinflation.
L’inflation doit être distinguée de l’accroissement du coût de la vie. Comme l’inflation est
une perte de pouvoir d’achat, la perte de valeur des unités monétaires est un phénomène qui
frappe l’économie nationale dans son ensemble, sans discrimination entre les catégories
d’agents. En revanche, l’accroissement du coût de la vie affecte la répartition fonctionnelle et
personnelle des revenus, sans toucher à la relation entre la masse monétaire et la quantité de
monnaie définissant le pouvoir d’achat de la monnaie.
La plupart du temps, pour évaluer le taux d’inflation, on utilise l’indice des prix à la
consommation qui correspond aux produits et services couramment consommés
(alimentation, habillement, équipement des ménages, loyer, électricité, eau, santé, transport)
L’indice des prix est le rapport entre deux prix mesurés à deux temps différents. Pour calculer
l’indice prix d’une année considérée T1 par rapport à une année de base T0, on pose T0 =
100.
Prix T1
Indice prix T1/T0 = ----------- x 100
Prix T0

Exemple : prix moyen T0 = 13 250


prix moyen T1 = 15 000
Indice prix T1/T0 = 13 250 x 100 = 113,21
15 000
Cela signifie que, par rapport à T0, il y a une augmentation de prix de 13,21% ( 113,21 -100 ).
Dans le cas d’un indice inférieur à 100, par exemple 90, c’est une diminution de prix de 10%(
90 – 100)
La mesure de l’inflation par l’indice n’est pas toujours exacte car les variations de l’indice des
prix ne sont pas toutes d’origine inflationniste. La stabilité de l’indice des prix peut aller de
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
31

pair avec un taux d’inflation positif. La baisse tendancielle des prix suscitée par le progrès
technique peut être, en effet, compensée par une augmentation des prix due à la perte de
valeur de la monnaie.
Dans les périodes d’inflation, la baisse du pouvoir d’achat d’un individu et d’un groupe
d’individus malheureux est toujours compensée par la hausse du pouvoir d’achat d’une autre
personne ou d’un autre groupe. C’est parce que n’importe quelle hausse des prix engendre
toujours une hausse de revenus.

B-) Les causes de l’inflation


Elles sont nombreuses et imbriquées. On peut cependant distinguer des causes conjoncturelles
et des causes structurelles, internes ou extérieures au pays.

1-) Causes conjoncturelles

a-) L’inflation par la demande : approche keynésienne


Elle se produit lorsque la consommation dépasse la production. En général c’est une forte
demande de produits qui excède l’offre disponible sur le marché. Mais l’inflation par la
demande peut également être provoquée par une insuffisance de l’offre. Si l’offre diminue
alors que la demande reste identique, la demande devient supérieure à l’offre. Les causes sont
multiples :

a-1 causes de l’excès de la demande

 croissance des dépenses publiques : augmentation des transferts sociaux, des allocations ;
 croissance forte des revenus : augmentation des salaires, des retraites ;
 changement d’habitudes, effet d’imitation, publicité.

a-2 causes de l’insuffisance de l’offre

 insuffisance des capacités de production : manque de main d’œuvre ;


 défaut d’infrastructure, de moyens de communication efficaces, délais de livraison trop
longs ;
 mauvaises récoltes pour les produits alimentaires : pénurie du riz par exemple ;
 refus de vendre, stockage, blocus de certains produits ;
 pénuries engendrées par la raréfaction de certaines matières premières : crise de l’énergie.

b-) L’inflation par les coûts : approche globale


Le prix d’un produit est essentiellement déterminé à partir de son coût de production et de
distribution. Plus les coûts sont élevés, plus le prix risque de l’être.
Les coûts suivants sont à prendre en compte :
 les coûts salariaux : salaires et charges sociales sont un élément important du prix de
revient final du produit offert aux consommateurs. La responsabilité des coûts salariaux
dans l’inflation ne peut être considérée que si leur augmentation est plus rapide que celle
de la productivité. La contagion par les augmentations de salaires ne fait qu’aggraver
l’inflation par l’excédent de la demande due à une augmentation du pouvoir d’achat des
salariés : c’est la spirale inflationniste « prix-salaires » ou « boucle prix- salaires »
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
32

L’inflation salariale est souvent l’expression d’un conflit entre les salariés et leurs
employeurs pour le partage de la valeur ajoutée. Les tensions sociales créent ainsi des
conditions favorables au développement de l’inflation.
 les coûts d’approvisionnement : l’augmentation des coûts énergétiques, en matières
premières peut servir d’explication, en de nombreuses circonstances, à l’inflation ;
 les coûts administratifs et fiscaux - les coûts sociaux : notamment les cotisations de
sécurité sociale.

c-) L’inflation monétaire : thèse monétariste


M. Friedman est le chef de file de cette école. Le système bancaire est l’origine de
l’inflation qui est alors due à l’excès de monnaie. Si la quantité de monnaie augmente plus
vite que la production, le déséquilibre s’établira forcément. Par leur pouvoir de création
monétaire, les banques contribuent à l’inflation par la croissance de la masse monétaire.
La Banque centrale contribue également à cette croissance en faisant fonctionner la «planche
à billets» c’est-à-dire en fabriquant de la monnaie fiduciaire. Le développement des activités
internationales des banques contribue à accroître les liquidités et à entretenir l’inflation
mondiale (endettement du tiers monde) : c’est l’inflation autoalimentée et importée.

2-) L’inflation : approche structurelle


Elles mettent en cause l’organisation et les structures du pays.

a-) La taille de l’entreprise :


Des entreprises trop petites, peu compétitives sont souvent sources d’inflation. A l’inverse, de
trop grosses entreprises en situation de monopole peuvent imposer leur prix et entraîner
l’inflation.

b-) La mauvaise gestion


Cela entraîne l’inflation : certaines entreprises préfèrent souvent augmenter leur prix plutôt
que de comprimer leurs coûts car elles estiment que la réaction des clients est moins
susceptible de mettre en danger leur fonctionnement et leur pouvoir, que la réaction des
salariés et des syndicats mécontents d’une insuffisante augmentation de salaires, par exemple,
risque de créer des conflits.

c-) La structure du marché


Des intermédiaires plus ou moins nombreux contribuent à entretenir l’inflation. En l’absence
de concurrence, les prix ont tendance à augmenter car les consommateurs n’ont pas le choix.

d-) Le rôle de l’Etat :


L’Etat joue un rôle important dans l’inflation par ses dépenses, les prélèvements sociaux et
fiscaux excessifs accroissent les coûts de production des entreprises qui payent ainsi des
charges trop lourdes. Ce qui se répercute dans les prix.

e-) L’inflation importée


Une augmentation des prix à l’étranger implique une augmentation des prix des importations
qui se répercute dans le pays.
L’afflux des capitaux étrangers gonfle les liquidités bancaires et peut entraîner l’inflation
d’origine monétaire. La spéculation sur les monnaies est également une cause d’inflation
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
33

importée. La spéculation en bourse aggrave les désordres sur les prix et peut entretenir
l’inflation.

C-) Les conséquences de l’inflation

1-) Conséquences bénéfiques

a-) L’inflation peut soutenir la demande globale


Les dettes sont plus facilement remboursables puisqu’ils le sont en argent déprécié (valable
pour les individus comme pour les entreprises)
L’inflation pousse donc à l’investissement, d’autant que les perspectives de gains sont réelles
et que les dettes sont facilement remboursables

b-) L’inflation entretient une certaine illusion


Les prix augmentent, mais les profits aussi, les salaires de même. Les agents économiques ont
tendance à mesurer le bien-être réel par la quantité d’argent qu’ils obtiennent et non le
pouvoir d’achat. C’est ce que les économistes appellent illusion monétaire. Celle-ci entraîne
de forts coûts psychologiques dans une période d’inflation parce que les revenus réels (qui
expriment le pouvoir d’achat) sont très en deçà des revenus nominaux (quantité d’argent
contenue dans l’enveloppe du salarié)

2-)Conséquences négatives
 Lorsque l’inflation est trop élevée par rapport aux concurrents, elle peut défavoriser
la croissance. Au niveau international, la hausse des prix rend les produits d’un pays
moins compétitifs sur les marchés
 L’inflation conduit inévitablement à une perte de valeur de la monnaie notamment
quand les prix intérieurs augmentent plus vite que les prix extérieurs. La dépréciation de
la monnaie nationale provoque le renchérissement des importations, d’où des difficultés
supplémentaires pour les entreprises qui seront moins compétitives.
 Trop d’inflation décourage l’épargne du fait du risque constant de dépréciation de la
monnaie.
 La hausse des taux d’intérêt du crédit due à l’inflation rend plus difficiles les
investissements. Le coût réel de l’inflation est le chômage qu’elle impose. Non seulement
le chômage qui provient des taux d’intérêt élevés et de la réduction de l’investissement,
mais le chômage que les gouvernements tolèrent et encouragent délibérément pour éviter
que l’inflation n’empire ou dans l’espoir de l’atténuer. En effet, comme les coûts du
chômage sont supportés par une minorité de personnes et que par contre les effets de
l’inflation sont ressentis par tout le monde, les gouvernements sont ainsi prêts à accepter
une augmentation du chômage en échange d’une baisse de l’inflation.
L’inflation encourage les mouvements spéculatifs de tous ordres (financiers, réels)
L’inflation entraîne des difficultés sociales : le pouvoir d’achat est en baisse et les syndicats
sont plus revendicatifs. La redistribution des revenus qu’engendre l’inflation est défavorable
aux titulaires de revenus fixes ou des revenus à adaptation retardée. Elle pénalise surtout les
individus sans protection

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
34

D-) La lutte contre l’inflation


Les mesures de lutte contre l’inflation peuvent être très variables selon les causes. Elles sont
nombreuses et doivent être appliquées de manière dosée et la plus grande cohérence doit être
recherchée. On constate, cependant, que les différentes mesures sont budgétaires, monétaires,
centrées sur des politiques de prix et sur des politiques de revenus.

1-) La politique budgétaire


Pour combattre l’inflation, les pouvoirs publics peuvent réduire les dépenses publiques et
alourdir le poids de la fiscalité

2-) La politique monétaire


Il s’agit de limiter la croissance de la masse monétaire afin de ne pas alimenter la demande
par des moyens de paiements abondants.

a-) Système de réserves obligatoires


Il oblige les banques à détenir une certaine somme à leur compte à la Banque centrale. Un
relèvement du taux contraint les banques commerciales à augmenter leurs réserves auprès de
la Banque centrale et diminue d’autant leur liquidité et donc leur capacité de prêt et freine le
mécanisme de création monétaire.

b-) Action sur les taux d’intérêt


Cela permet de maîtriser l’évolution de la masse monétaire. Un relèvement du taux d’intérêt
aura tendance à décourager le crédit et donc la création monétaire.

c-) Encadrement de crédit


Cela consiste à prendre des mesures frappant la progression des crédits bancaires. Les
autorités monétaires fixent, à l’avance, le taux d’accroissement du crédit qu’une banque peut
accorder pendant une période donné.

3-) Le blocage des prix et des salaires


Ce sont des mesures qui consistent à réglementer l’évolution des salaires et des prix. On
agit à la fois sur les coûts (les salaires et les prix sont des coûts puisque les entreprises
achètent le travail et les biens nécessaires à la production) et sur la demande (les salaires sont
la principale source de revenus des ménages et les prix de vente la principale source de
recettes des entreprises).
Ces mesures peuvent aller de la plus extrême (blocage des prix et des salaires pour une
période donné) à la plus souple (conseils de modération donnés par l’Etat aux partenaires
sociaux), en passant par des formes intermédiaires (accords négociés d’évolution modérée
des prix et des salaires).

4-) La politique de désinflation compétitive


Elle repose sur la modération salariale et sur la politique de monnaie forte (un taux de
change fort permet une réduction du prix des importations, donc des coûts de production) qui
oblige les entreprises à modérer leurs prix de vente pour rester compétitives par rapport aux
concurrents étrangers.

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
35

5-) La politique structurelle


Les pouvoirs publics prennent des mesures de restructuration de l’appareil de production. Ce
sont des actions qui portent sur le moyen ou le long terme : la libération des prix pour
développer la concurrence.

6-) Limitation des importations de produits


Limitation notamment ceux dont le prix est un composant important des prix de revient
intérieurs.

7-) Politique de « vérité » en matière de concurrence :


Lutte active et accrue contre les ententes et les abus de domination.

8-) Encouragement de l’épargne


Hausse des taux d’intérêt par exemple.

E-) Inflation, chômage, stagflation


En 1958, l’économiste anglais A. W. Phillips a montré la corrélation entre le taux d’inflation
et le taux de chômage. Il a analysé cette relation pour les années antérieures à 1969 et a
constaté que plus le chômage est faible, plus l’inflation était élevée. Pourtant, à partir des
années 1970, il est devenu manifeste que la relation entre le chômage et l’inflation n’était pas
celle que cet auteur pensait. La présence simultanée de l’inflation et du chômage est devenue
une nouvelle énigme pour les économistes. La récession et l’inflation peuvent coexister et
former une situation que les économistes qualifient de stagflation : coexistence de la
stagnation économique et de l’inflation.

II-) Le chômage
A-) Définition et mesure du chômage
Le chômage est la situation des personnes en âge de travailler, disponibles, sans emploi mais
à la recherche d’un emploi.
Le bureau international du travail (BIT) définit le chômage comme une personne qui n’a pas
occupé d’emploi même temporaire, la semaine précédant l’enquête, qui est disponible pour
occuper un emploi dans les quinze jours et qui cherche activement un emploi.

Nombre de chômeurs
Le taux de chômage = ---------------------------- x 100
Population active

B-) Formes du chômage


 Chômage Conjoncturel lié aux crises économiques ;
 Chômage structurel lié à l’organisation d’une économie : inadaptation de l’offre à la
demande ;
 Chômage frictionnel : période d’inactivité entre deux emplois ;
 Chômage technologique : remplacement du travail par le capital ;
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
36

 Chômage technique lié à l’arrêt momentané d’une fabrication dans une usine ou un
atelier autre que celui où se produit le blocage de production ;
 Chômage répétitif : succession de périodes de chômage et d’embauche pour les
travailleurs en CDD ou intérimaires ;
 Chômage d’adaptation : quand on doit s’orienter vers une autre direction que la
formation ou l’activité d’origine, un temps plus ou moins long peut se passer.
 Chômage déguisé : conservation d’emplois dans des secteurs sans avenir voués à terme à
la disparition ;
 Chômage marginal : celui des personnes n’ayant que des activités occasionnelles et qui
ne recherchent aucun autre type d’emplois ;
 Chômage volontaire : celui des personnes refusant les emplois offerts car elles préfèrent
chercher un emploi qui leur convient mieux ;
 Chômage d’incohérence : il existe alors que les entreprises manquent de main-d’œuvre.
Il est dû aux inadaptations entre la main-d’œuvre et les emplois offerts ;
 Chômage potentiel : dans le cas d’une femme qui n’a jamais travaillé, qui ne recherche
pas activement un emploi mais qui travaillerait si le contexte le permettait ou dans celui
d’un étudiant qui « passe le temps » ;
 Chômage naturel : il existe dès que le nombre de jeunes qui entrent sur le marché de
travail est supérieur aux départs en retraite.
 Chômage sectoriel : il touche seulement une branche ou un secteur ;
 Chômage partiel : il est dû à la réduction limitée du temps de travail.

C-) Causes du chômage


Elles sont diverses. Les explications traditionnelles d’inspiration libérale ou keynésienne
présentent aujourd’hui peu d’intérêt face aux causes profondes du chômage.

1-) explications traditionnelles

a-) analyse classique


le marché de travail est basé sur la loi de l’offre et de la demande. Si le rendement prévu du
travailleur supplémentaire est supérieur à son coût (salaire+charges), ce travailleur sera
embauché. Il ne le sera pas dans le cas contraire. Le taux de salaire, à la hausse ou à la baisse,
doit permettre l’adaptation automatique
Il est clair que cette analyse, contestable socialement, ne peut se réaliser dans un contexte où
il existe un droit de travail, un pouvoir syndical.

b-) analyse keynésienne


Keynes considère que le volume de l’emploi est fondamentalement déterminé par la demande
effective. Il n’y a donc a priori aucune raison pour que le plein emploi se réalise spontanément
(le volume des besoins détermine le volume de l’activité, donc de l’emploi). Une situation
durable de sous-emploi est donc possible.
La baisse du salaire ne peut pas aider au rétablissement de l’équilibre. Les politiques de
relance (budgétaires notamment) peuvent aider au redressement mais il y a risque
d’inflation.

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
37

c-) Analyse marxiste


La volonté de payer les salariés au minimum de subsistance pour accumuler la plus-value
réduit la consommation donc la croissance. Il y a tendance structurelle à l’accumulation des
profits, à la concentration, au progrès technologique,…
En clair, le chef d’entreprise n’embauche que s’il a besoin du personnel, et le paie au
minimum. S’il n’a pas besoin de travailleur, il les licencie.

2-) Les causes profondes du chômage

a-) causes internes


 l’innovation technologique : l’automatisation, la robotisation, les changements
structurels et organisationnels conduisent au remplacement du travail par le capital. Les
entreprises et les Etats se tournent en permanence vers la technologie la plus sophistiquée
considérée comme coûteuse socialement à court terme mais payante à long terme afin
d’être plus compétitifs
 les lourdeurs institutionnelles : le poids des charges sociales
 les facteurs psychologiques et sociologiques : difficultés d’adaptation aux nouveaux
métiers, difficultés de réinsertion après le chômage de longue durée.
 b-) causes externes
 la mondialisation des économies : la concurrence internationale, l’interdépendance des
entreprises, les délocalisations.
 3-) causes diverses
 insuffisance de la formation, mauvaise qualité de la formation
 insuffisance de la mobilité de la main d’œuvre
 baisse de la demande et de l’activité qui conduit à la baisse de la production donc des
ventes.
 L’argent nécessaire au paiement des salaires diminue ainsi et cela aboutit au chômage.
 concentration à outrance rarement créatrice d’emplois donc existence de chômage.
 précarisation, dans la mesure où les entreprises recherchent la flexibilité (adaptation à la
demande du consommateur) à tout prix
 faute aux syndicats
 faute aux spéculateurs etc.…

D-) Lutte contre le chômage

1-) Politique classique et néo-classique de l’emploi


Le coût élevé du travail entraîne une impossibilité à générer des profits suffisants. Il convient
ainsi de baisser les salaires (difficile à mettre en œuvre dans les économies d’aujourd’hui)
ou/et les charges sociales. On peut indirectement baisser le coût du travail par le biais de
formes de travail nouvelles (CDD par exemple), par l’individualisation des rémunérations.
Les entreprises doivent être aidées à générer plus de profits (limitation des charges fiscales,
aides financières à l’investissement…). L’investissement doit donc être promu. « Les profits
d’aujourd’hui sont les investissements de demain, et les emplois d’après demain ».
Ces affirmations se concrétiseraient si les investissements étaient des investissements de
capacité au lieu d’être des investissements de productivité.
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
38

2-) Politique keynésienne et néo-keynésienne


L’analyse macro-économique de Keynes conduit à dire qu’un ensemble de mesures en
direction de la demande globale est nécessaire pour améliorer la situation de l’emploi. L’Etat
doit intervenir au niveau économique comme au niveau social pour soutenir cette demande.
La politique budgétaire (déficit, investissements publics) et la politique monétaire
(abaissement des taux d’intérêt) relèvent de cette démarche.

3-) Politique marxiste et néo-marxiste de l’emploi


L’expérience des pays de l’Est a montré l’échec de la mise en œuvre des thèses de Marx.
Cependant il existe encore des courants de pensée qui envisagent de bouleverser
complètement les structures libérales existantes.

4-) Actions diverses de lutte contre le chômage


Le chômage est un fléau qu’il faut absolument combattre. Des mesures structurelles et
conjoncturelles doivent être envisagées.

a-) La technologie peut être une source de créations d’emplois


Quand elle suscite la naissance de secteurs entièrement neufs. Quand la technologie crée un
nouveau produit, la production de ces biens exigera des investissements en installations
industrielles qui engendreront de nouveaux emplois.

b-) L’assurance-chômage
Les allocations d’assurance-chômage ont pour objectif d’aider les chômeurs afin d’atténuer la
perte de leur revenu salarial. Elles sont versées aux travailleurs qui ont cotisé à certains
organismes durant leur activité professionnelle antérieure. La durée d’indemnisation dépend
de la durée de cotisation préalable et de l’âge du chômeur. Le montant de l’indemnisation
diminue progressivement au cours du temps.
A cause de la très forte progression du chômage, les allocations sont de plus en plus difficiles
à financer.

c-) Traitement social du chômage


Il regroupe l’ensemble des mesures qui visent à corriger les mécanismes d’exclusion sur le
marché du travail en proposant des modalités de réinsertion dans la vie active (contrats de
qualification, contrats emplois-solidaridé). Un problème de financement se pose aussi dans ce
cas.

d-) La flexibilité du temps de travail


C’est une pratique qui consiste à aménager le temps de travail suivant les besoins de
l’entreprise ou le choix du salarié (travail à temps partiel, partage du temps de travail,
fluctuations de la durée du travail selon les commandes adressées à l’entreprise...)

e-) La formation
Les diplômes sont de moins en moins une assurance anti-chômage, la formation en alternance
assurée à la fois à l’école et par l’entreprise apparaissent à certains comme plus efficaces que
l’école seule pour faciliter l’insertion professionnelle.

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
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f-) La diminution du coût du travail


Afin de diminuer le coût du travail des chômeurs les moins qualifiés (leur productivité est
inférieure au coût de leur travail), sans amputer à leur rémunération, les pouvoirs publics
peuvent alléger les charges patronales

g-) Les emplois de services


C’est dans le secteur des services que devrait naître l’expansion de l’emploi, il faudrait ainsi
mettre en valeur les emplois dans ce secteur. On peut citer le domaine de l’environnement, de
l’entretien, du tourisme, de l’artisanat et des services de proximité…

III-) Les déséquilibres extérieurs


A-) La valeur extérieure d’une monnaie nationale
Quand on dit que ka valeur d’une monnaie nationale baisse dans les transactions
internationales, cela signifie qu’elle achète moins de monnaies étrangères. En conséquence,
les biens et services sont plus chers à acheter. Dans le cas contraire, une valeur d’une monnaie
nationale en hausse rend les biens et services moins chers.
IL s’agit ainsi de considérer l’offre et la demande sur le marché de la monnaie nationale et des
autres monnaies. Pour cela, il faut regrouper les types d’opérations sur lesquelles la monnaie
et les autres monnaies interviennent.
On distingue :
 le marché des devises nécessaires aux transactions courantes ;
 le marché des devises nécessaires aux opérations en capital.

1-) Le marché des devises nécessaires aux transactions courantes


C’est le premier marché où se vendent et s’achètent les devises et il concerne les transactions
courantes entre entreprises, individus ou Etat.

a-) La demande de monnaie nationale provient


 des étrangers qui veulent importer des biens et services nationaux et qui doivent acquérir
de la monnaie nationale pour les avoir ;
 des touristes étrangers qui ont besoin de la monnaie nationale pour voyager sur le
territoire national ;
 des gouvernements étrangers qui doivent acheter de la monnaie nationale pour entretenir
leurs ambassades ou leurs consulats sur le territoire national ;
 des entreprises implantées à l’étranger qui désirent envoyer leurs dividendes ou leurs
profits en monnaie nationale sur le territoire national.
Tous ces types de transaction exigent que des détenteurs de monnaie étrangère offrent leur
monnaie sur le marché des changes pour acheter de la monnaie nationale sur le territoire
national.

b-) L’offre de monnaie nationale provient


 des importateurs nationaux qui souhaitent acheter des biens et des services étrangers et qui
doivent offrir de la monnaie nationale pour acquérir des devises nécessaires à leur achat ;.
 des entreprises nationales et étrangères qui envoient des dividendes ou des profits gagnés
sur le territoire national à une filiale ou à un siège social implanté à l’étranger ;

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
40

 des nationaux et les résidents étrangers qui vendent de la monnaie nationale pour acheter
des devises qu’ils envoient à leurs amis ou à leurs parents à l’étranger ;
 du gouvernement qui utilise de la monnaie nationale pour acheter des monnaies étrangères
nécessaires aux dépenses diplomatiques ou aux dépenses militaires à l’étranger.

c-) La confrontation de l’offre de monnaie nationale et de la demande de monnaie nationale


Globalement ces offres et ces demandes de monnaie nationale forment ce que l’on appelle le
solde de la balance des transactions courantes qui peut être excédentaire ou déficitaire
 un solde >0 se traduit par une appréciation du taux de change de la monnaie
nationale
 un solde<0 se traduit par une dépréciation du taux de change de la monnaie
nationale
L’une des grandes causes du déficit est que l’offre de monnaie nationale nécessitée par
les importations dépasse la demande de monnaie nationale nécessaire aux étrangers
pour acheter des exportations nationales.
Quand la quantité offerte de n’importe quelle marchandise excède la quantité demandée, son
prix tombe. C’est la raison pour laquelle la valeur de la monnaie nationale baisse.

2-) Le marché des opérations en capital

Il concerne les mouvements de capitaux entre résidents et non-résidents dans un compte


financier et distingue les flux financiers des avoirs de réserves.
 les flux financiers comprennent les investissements directs (création, rachat ou prise de
participation dans le capital), les investissements de portefeuille (actions, obligations…) et
les autres investissements (crédits commerciaux, les prêts, les placements…)
 les avoirs de réserve concernent les variations de change de la banque centrale (or,
devises, DTS…)
Ces mouvements internationaux de capitaux influent sur la demande de devises exerçant une
pression à la hausse lorsque la monnaie étrangère entre dans le pays et une pression à la baisse
lorsque la monnaie étrangère quitte le pays

B-) Le taux de change d’équilibre


Le taux de change d’une monnaie (taux de conversion d’une monnaie en une autre monnaie) a
différents effets sur différents individus, différents groupes et différents régions.
Si la monnaie nationale est bon marché, cela favorisera ceux qui veulent acheter un bien ou
service à l’aide d’une monnaie étrangère mais cela pénalise les nationaux qui voyagent à
l’étranger et les importateurs nationaux. Il faut ainsi trouver un taux de change d’équilibre :
c’est le taux qui équilibrera à peu près toutes les demandes et toutes les offres de monnaie de
telle sorte qu’il y ait une relation stable d’équilibre entre la monnaie nationale et celle des
autres monnaies.
 Si le taux de change est très élevé, le pays est incité à acheter des importations et les
exportations se heurteront à un facteur dissuasif. Il en résultera du chômage dans ses
industries exportatrices et par l’intermédiaire du multiplicateur du chômage ailleurs.
 Si le taux de change est sous-évalué, cela entraînera aussi des difficultés car les étrangers
seront incités à acheter les exportations ou les actifs bon marché. La monnaie étrangère
affluera dans les banques du pays. Ce qui accroîtra la masse monétaire. Avec
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
41

l’accroissement de la masse monétaire, les pressions inflationnistes s’accentueront, le


pays souffrira d’une hausse de prix

C-) Les moyens de défense de la monnaie nationale en baisse ou en hausse


Il s’agit de prendre des mesures qui contribuent à équilibrer la balance des transactions
courantes et la balance des capitaux. Elles comprennent :
 Les droits de douane élevés, les contingents (limitation des importations en quantité)
afin d’interdire au flux d’importation d’augmenter. Tout ce qui fera tourner le solde de la
balance commerciale à l’avantage du pays modifiera incontestablement la situation de
l’offre et de la demande et renforcera la monnaie nationale
 L’accroissement des exportations en versant des subventions aux producteurs de telle
sorte qu’ils puissent vendre moins cher leurs marchandises à l’étranger
 La limitation des investissements : on pourrait, par exemple, défendre la monnaie
nationale en adoptant une loi interdisant aux sociétés nationales d’acquérir des actifs
étrangers. Cependant, le flux des profits rapatriés des investissements est l’un des soutiens
les plus forts de la monnaie nationale. Toute limitation du flux d’investissement direct
réduirait tôt ou tard cette source de revenus.
 La hausse des taux d’intérêt permet d’attirer les investissements en portefeuille ou les
capitaux à court terme au pays. La hausse du taux d’intérêt pourrait cependant décourager
l’investissement et conduire à la récession. Cela pourrait exposer l’économie à une
augmentation du chômage.
 Un grand moyen consiste à utiliser les ressources de la banque centrale pour acheter
ou vendre des devises pour faire monter ou baisser la valeur de la monnaie
internationale. On qualifie cette pratique de flottement « impur », parce qu’elle signifie
que les taux de change ne fluctuent pas librement au gré des forces du marché, mais sont
infléchis par les actions délibérées des autorités monétaires.
La découverte du taux de change correct est un problème politique. Il implique des arbitrages
entre les intérêts des importateurs et des exportateurs, des consommateurs et des producteurs,
des nations riches et des nations pauvres.

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
42

*
EXERCICES SUR LE CHAPITRE III

1- Laquelle des affirmations suivantes est vraie ?

L’inflation est :
 Toute hausse des prix
 La hausse des prix à l’approche des fêtes
 La hausse des prix quand la demande est supérieure à l’offre
 Une hausse continue et généralisée des prix en longue période

Le chômage est :
L’ensemble des personnes qui ne travaillent pas
L’ensemble des personnes qui ne peuvent pas trouver du travail
L’ensemble des personnes qui ne travaillent pas mais qui cherchent effectivement du travail

 Un taux de change bas favorise les exportations d’un pays


 Un taux de change bas favorise le chômage
 Un taux de change élevé favorise l’inflation
 Un taux de change bas favorise les importations

2- L’inflation constitue-t-elle un avantage ou un inconvénient pour une entreprise ?

Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
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TABLE DES MATIERES (Elément N°2)


Chapitre I .................................................................................................................................... 2
LES NOTIONS DE BASE EN ECONOMIE ........................................................................ 2
I-) Les fondements de la connaissance économique .......................................................... 2
A-) L’activité économique ........................................................................................... 2
1-) Les besoins économiques ..................................................................................... 2
2-) Les biens économiques ........................................................................................ 2
B-) La science économique .......................................................................................... 3
1-) Les définitions de la science économique ............................................................ 3
a-)Les définitions fondées sur l’objet de l’activité économique ........................... 3
b-) Les définitions fondées sur l’activité économique ........................................... 3
c-) Les définitions qui mettent l’homme ou les hommes au premier plan ............. 3
2-)Les méthodes de la science économique ............................................................... 3
3-)Les types d’analyse économique ........................................................................... 4
C-) Les grands courants de la pensée économique .................................................... 4
1-)Le mercantilisme ................................................................................................... 4
2-) L’école libérale ..................................................................................................... 5
a-) L’école classique............................................................................................... 5
b) L’école néo-classique......................................................................................... 5
3- L’école marxiste..................................................................................................... 6
a)-La notion de plus-value...................................................................................... 6
b)-Les contradictions du capitalisme...................................................................... 6
4- Le courant Keynésien ............................................................................................ 7
II-) Le circuit économique.................................................................................................. 8
A- Les secteurs institutionnels .................................................................................... 8
2- Les opérations économiques .................................................................................. 9
a) les opérations sur biens et services..................................................................... 9
b) les opérations de répartition ............................................................................... 9
c) les opérations financières ................................................................................. 10
B- Le circuit économique dans le cadre national .................................................... 10
1-) les Ménages ........................................................................................................ 10
2-) les Sociétés non financières .............................................................................. 10
3-) Les Sociétés Financières .................................................................................... 10
C- Les Relations avec les autres nations ...................................................................... 11
Chapitre II ................................................................................................................................ 17
LES FONCTIONS ECONOMIQUES ................................................................................ 17
I La production ......................................................................................................................... 17
A Les facteurs de production .................................................................................... 17
1 Le capital technique .............................................................................................. 17
a) La formation du capital : l’investissement ....................................................... 17
b) La fonction d’investissement ........................................................................... 18
c) Le multiplicateur d’investissement .................................................................. 18
c-1 Les instruments d’analyse .......................................................................... 18
c-2 Le principe du multiplicateur ..................................................................... 20
2 Le travail ............................................................................................................... 21
B. La mesure de la production ................................................................................. 21
II La consommation ........................................................................................................ 22
A-) Les types de consommation ................................................................................... 22
1- Consommation finale et consommation intermédiaire ........................................ 22
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
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2- Consommation individuelle et consommation collective .................................... 22


3- Consommation marchande et consommation non marchande............................. 22
B-) l’influence du revenu sur la consommation ............................................................... 23
1- l’influence du revenu sur la structure de la consommation ................................. 23
2-) L’importance de la consommation en fonction du revenu ................................. 23
C- L’influence du prix sur la Consommation .......................................................... 24
III. Formation et répartition des revenus .......................................................................... 25
A La formation des revenus primaires ..................................................................... 25
1 Les différents types de revenus primaires ............................................................. 25
a) Les revenus de facteurs ............................................................................... 25
b) Le profit ..................................................................................................... 25
c) Les autres revenus ....................................................................................... 25
2 Les facteurs d’évolution des revenus primaires .................................................... 26
a) Les salaires ....................................................................................................... 26
b) Les entrepreneurs individuels .......................................................................... 26
c) Les revenus de la propriété .............................................................................. 26
B. La redistribution des revenus ............................................................................... 26
1 Les finalités du système de redistribution ............................................................. 27
2 Le système de prélèvements .................................................................................. 27
3 Les revenus de transfert......................................................................................... 27
C Le Revenu National brut (RNB) ............................................................................... 27
D) Revenu national disponible (RND) ......................................................................... 27
Chapitre III ............................................................................................................................... 30
LES DESEQUILIBRES ECONOMIQUES ......................................................................... 30
I-) L’inflation.................................................................................................................... 30
A-) Définition et mesure ............................................................................................. 30
B-) Les causes de l’inflation ....................................................................................... 31
1-) Causes conjoncturelles ....................................................................................... 31
a-) L’inflation par la demande : approche keynésienne ...................................... 31
a-1 causes de l’excès de la demande .............................................................. 31
a-2 causes de l’insuffisance de l’offre ........................................................... 31
b-) L’inflation par les coûts : approche globale ................................................... 31
c-) L’inflation monétaire : thèse monétariste ....................................................... 32
2-) L’inflation : approche structurelle ...................................................................... 32
a-) La taille de l’entreprise : ................................................................................. 32
b-) La mauvaise gestion ....................................................................................... 32
c-) La structure du marché ................................................................................... 32
d-) Le rôle de l’Etat : ............................................................................................ 32
e-) L’inflation importée ........................................................................................ 32
C-) Les conséquences de l’inflation........................................................................... 33
1-) Conséquences bénéfiques ................................................................................... 33
a-) L’inflation peut soutenir la demande globale ................................................. 33
b-) L’inflation entretient une certaine illusion ..................................................... 33
2-)Conséquences négatives ...................................................................................... 33
D-) La lutte contre l’inflation .................................................................................... 34
1-) La politique budgétaire ....................................................................................... 34
2-) La politique monétaire ........................................................................................ 34
a-) Système de réserves obligatoires .................................................................... 34
b-) Action sur les taux d’intérêt............................................................................ 34
c-) Encadrement de crédit .................................................................................... 34
Réf : foadgestion-degs/tanà/2015/L1/S2/UE5/ECONOMIE/2
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3-) Le blocage des prix et des salaires...................................................................... 34


4-) La politique de désinflation compétitive ............................................................ 34
5-) La politique structurelle ...................................................................................... 35
6-) Limitation des importations de produits ............................................................. 35
7-) Politique de « vérité » en matière de concurrence : ........................................... 35
8-) Encouragement de l’épargne .............................................................................. 35
E-) Inflation, chômage, stagflation ............................................................................... 35
II-) Le chômage ................................................................................................................ 35
A-) Définition et mesure du chômage ....................................................................... 35
B-) Formes du chômage ............................................................................................. 35
C-) Causes du chômage .............................................................................................. 36
1-) explications traditionnelles ................................................................................. 36
a-) analyse classique ............................................................................................ 36
b-) analyse keynésienne ....................................................................................... 36
c-) Analyse marxiste............................................................................................. 37
2-) Les causes profondes du chômage...................................................................... 37
a-) causes internes ................................................................................................ 37
D-) Lutte contre le chômage ...................................................................................... 37
1-) Politique classique et néo-classique de l’emploi ................................................ 37
2-) Politique keynésienne et néo-keynésienne ......................................................... 38
3-) Politique marxiste et néo-marxiste de l’emploi .................................................. 38
4-) Actions diverses de lutte contre le chômage ...................................................... 38
a-) La technologie peut être une source de créations d’emplois ................ 38
b-) L’assurance-chômage ............................................................................... 38
c-) Traitement social du chômage ................................................................. 38
d-) La flexibilité du temps de travail ............................................................ 38
e-) La formation .............................................................................................. 38
f-) La diminution du coût du travail ............................................................. 39
g-) Les emplois de services ............................................................................. 39
III-) Les déséquilibres extérieurs...................................................................................... 39
A-) La valeur extérieure d’une monnaie nationale ................................................. 39
1-) Le marché des devises nécessaires aux transactions courantes .......................... 39
a-) La demande de monnaie nationale provient ................................................... 39
b-) L’offre de monnaie nationale provient ........................................................... 39
c-) La confrontation de l’offre de monnaie nationale et de la demande de
monnaie nationale ................................................................................................ 40
2-) Le marché des opérations en capital ................................................................... 40
B-) Le taux de change d’équilibre ................................................................................ 40
C-) Les moyens de défense de la monnaie nationale en baisse ou en hausse ........ 41

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