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UNIVERSITÉ D’ANTANANARIVO

Faculté de Droit, d’Économie, de Gestion et de Sociologie

Gestion de Trésorerie
Note de Cours

DEPARTEMENT GESTION
Année Académique 2013 - 2014
Document préparé par : Document préparé par : Seth Ravokatra Andriamiarisoa
Gestion de Trésorerie
Note de Cours

Enseignant : Seth RAVOKATRA ANDRIAMIARISOA


Matière : GESTION DE TRESORERIE
Niveau : L3
Objectif : Mettre à la disposition des étudiants des connaissances approfondies en matière de
gestion de trésorerie selon une démarche cognitive plus proche de la perception de
l’entreprise.
Résultat escompté : A l’issue de ce programme, les étudiants auront pour acquis la maîtrise des outils
informationnels et opérationnels, relatifs au financement de l’exploitation, leur
permettant de décrire et d’expliquer les mécanismes orientés vers le diagnostic, la
décision et l’action :
 Connaître les principales composantes de la gestion financière à court terme
 Maîtriser les principales formes de financement et de placement à court terme
 Connaître les principales caractéristiques de la gestion de trésorerie au jour le
jour
 Comprendre quels sont les divers éléments influant le coût des opérations
bancaires
 Savoir calculer le coût réel des principaux financements à court terme
 Savoir appréhender les relations avec le banquier
Prérequis : Maîtrise des concepts comptables et financiers qui sont à la base, d’une part, de la
préparation et de la présentation des états financiers et, d’autre part, de la gestion
prévisionnelle.
Mode d’instruction : Cours magistral, Recherche et Études de cas
Méthode d’évaluation : Travaux dirigés, examen final.

BIBLIOGRAPHIE
1. BAGNERIS (J.C.), GIVRY (P.), TEULIE (J.) & TOPSACALIAN (P.). INTRODUCTION A LA FINANCE
D’ENTREPRISE. Vuibert, 2004
2. BOULOT (J.L.), CRETAL (J.P.), JOLIVET (J.) L’ANALYSE FINANCIERE. Publi-Union, 1986
3. BOYER (A.). L’ESSENTIEL DE LA GESTION DE A A Z. Edition d’organisation, 1994.

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ème
4. CHARREAUX (G.). FINANCE D’ENTREPRISE. 2 édition, Edition Management et sociétés, 1997
5. DERVAUX (B.) & RAMAN (J.P.). POLITIQUE FINANCIERE DE L’ENTREPRISE. Edition Economica,
1990. ISBN 2-7178-1546-5
6. El Miloud Guermatha. LES TECHNIQUES DE GESTION DE TRESORERIE. Edition Guessous, 1993.
7. FRANCOIS-ERIC RACICOT & RAYMOND THEORET. FINANCE COMPUTATIONNELLE ET
GESTION DES RISQUES. Presses de l’Université du Québec, 2006
8. GAUTHIER (N.) & CAUSSE (G.). LA TRESORERIE DANS L’ENTREPRISE. Éditions Union. 1981
ème
9. GENSSE (P.) & TOPSACALIAN (P.). INGENIERIE FINANCIERE. 3 édition, Edition Economica,
2004. ISBN 2-7178-4872-X
ème
10. GOFFIN (R.). PRINCIPES DE FINANCE MODERNE. 4 édition, Edition Economica, 2004
11. HUNAULT (P.). GESTION DE LA TRESORERIE AU JOUR LE JOUR. Editions d’Organisations, 1987.
12. HUTIN (H.). TOUTE LA FINANCE D'ENTREPRISE. Edition d'organisation, Paris, France, 2002.
13. MICHEL AGLIETTA. MACROECONOMIE FINANCIERE : 1. FINANCE, CROISSANCE ET CYCLES.
ème
4 édition, La Découverte, 2005
14. POLONIATO (B.) & VOYENNE (D.). LA NOUVELLE TRESORERIE DE L’ENTREPRISE. Interéditions,
1991.
15. TESMAR (D.). LA THEORIE DE LA FINANCE D’ENTREPRISE A L’EPREUVE DES FAITS. ENSAE,
France
16. TEULIE (J.). ANALYSE FINANCIERE DE L’ENTREPRISE. Sirey, 1996
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PLAN DU COURS
1. LA FONCTION DE TRÉSORERIE
1.1. DES DÉFINITIONS
1.1.1. La Trésorerie Constatée
1.1.2. La Trésorerie Expliquée
1.2. RISQUE DE TRESORERIE
1.2.1. Besoin de Financement de l’Exploitation et Trésorerie
1.2.2. Situation de Trésorerie : les Six Cas Possibles
1.3. PRÉVISION FINANCIÈRE À COURT TERME : BUDGET DE TRÉSORERIE
1.3.1. Des Principes
1.3.2. Méthodes de Prévisions de la Trésorerie
1.3.3. Utilité du Budget de Trésorerie
1.3.4. Les Prévisions de Trésorerie de Fin d’Année
1.3.5. Le Plan de Trésorerie
1.4. PRÉVISIONS FINANCIÈRES À TRÈS COURT TERME
1.4.1. Analyse des Flux de Trésorerie
1.4.2. Recherche d’Informations
1.4.3. Mise en Œuvre de la Prévision
1.4.4. Le Rôle du Trésorier
1.5. GESTION CENTRALISEE DE TRESORERIE OU CASH-POOLING
1.5.1. Objectif de la Mise en Place d’un Cash Pooling
1.5.2. Fonctionnement du Cash Pooling Physique
1.5.3. Fonctionnement du Cash Pooling Notionnel

2. LES FINANCEMENTS ET LES PLACEMENTS À COURT TERME


2.1. LES PRINCIPAUX FINANCEMENTS À COURT TERME
2.1.1. Financement Hors Circuit Bancaire
2.1.2. Financement par le Circuit Bancaire
2.2. DÉTERMINATION DU COÛT DES FINANCEMENTS À COURT TERME
2.2.1. Des Éléments de calcul
2.2.2. Calcul des frais bancaires liés aux crédits
2.2.3. Coût Réel du Crédit
2.3. LES PLACEMENTS À COURT TERME
2.3.1. Critères de Choix des Placements
2.3.1.1. Deux critères contradictoires
2.3.1.2. Facteurs de décision
2.4. LE DÉCOUVERT EN COMPTE COURANT
2.4.1. Échelle d’Intérêts
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2.4.1.1. La date de valeur en cause
2.4.1.2. Les mouvements en capitaux
2.4.1.3. Les soldes en valeur
2.4.1.4. Le nombre de jours
2.4.1.5. Les nombres
2.4.2. Le Ticket d’Agios
2.4.2.1. Les intérêts débiteurs
2.4.2.2. La commission de plus fort découvert (CPFD)
2.4.2.3. La commission de mouvements (de compte)
2.4.2.4. Les frais fixes
2.4.3. La forfaitisation des Commissions
2.4.4. Le Calcul de l’enjeu
2.4.5. Les Différentes Formes de Placements
2.4.5.1. Placements bancaires
2.4.5.2. Placements sur le marché
2.4.5.3. Placements auprès d’une autre entreprise
2.4.5.4. Les négociations avec la banque

CONCLUSION 2
INTRODUCTION
Il est d’usage d’appeler « CYCLE D’EXPLOITATION » l’ensemble des opérations au travers
desquelles l’entreprise réalise son objet social. Selon la nature de l’activité, ce cycle comprend une
ou plusieurs phases (cf. entreprise industrielle, entreprise commerciale, entreprise de service).
La réalisation complète du cycle d’exploitation peut nécessiter une plus ou moins grande
infrastructure posant de contraintes financières spécifiques. Quelle que soit l’ampleur de cette
infrastructure, le cycle ne peut être mené à bien sans mettre lui-même en œuvre des mouvements
réguliers de fonds. Ainsi, le cycle d’exploitation débouche sur une série d’encaissements et une
série de décaissements :
 Un flux « entrée » correspondant à l’encaissement des ventes des produits ou services de
l’entreprise ;
 Un flux « sortie » correspondant à l’acquisition des biens et services sans lesquels aucune
vente ne serait possible.

L’équilibre financier d’ensemble, défini comme l’aptitude de l’entreprise à faire face à ses
engagements, passe d’abord par la maîtrise des mouvements financiers liés au cycle
d’exploitation. D’ailleurs, à l’intérieur du cycle d’exploitation apparaissent des cycles monétaires,
c’est-à-dire des séquences répétitives de mouvements de fonds, dont entre autres :
 Le cycle des encaissements sanctionne en trésorerie la réalisation des ventes : Les ventes du
mois « n » débouchent sur des encaissements pouvant être échelonnés sur plusieurs mois.
En pratique, l’entreprise, qui consent ou subit des crédits, a la possibilité de « mobiliser »
ses créances à l’aide de divers moyens ;
 Le cycle des décaissements sanctionne, en revanche, en trésorerie le paiement des achats et
des charges d’exploitation (qui sont par nature hétérogènes) ;
 Le cycle de Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) débouche, en principe, sur le paiement de la
différence entre la TVA sur ventes et la TVA déductible sur achats de biens et services de la
période.

Il y a un lien temporel entre le cycle des encaissements et celui des décaissements se traduisant
par un retard du premier (cycle des encaissements) sur le second (cycle des décaissements).
Pour être en mesure de couvrir ses dépenses d’exploitation, toute entreprise doit respecter deux
conditions :
 Sur une longue période, le total des encaissements doit être au moins égal au total des
décaissements. Faute de respecter cette règle, l’entreprise ne peut qu’entamer une partie de
sa substance (par exemple, réduire une trésorerie initiale existante) ou recourir à des aides
extérieures pour faire des échéances.
Plus le déséquilibre entre encaissements et décaissements se prolonge, plus grande est la

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fragilité de l’entreprise, car plus difficile est la pente qu’il faut ensuite remonter ou plus
impatients se font les créanciers. L’analyse doit donc distinguer un déséquilibre
conjoncturel ou saisonnier d’un déséquilibre structurel.
 Si le cycle des encaissements est en retard sur celui des paiements, il faut assurer à
l’entreprise un volant de trésorerie sous forme d’un solde initial positif suffisant. Cette
trésorerie de départ permet d’assurer les premières échéances jusqu’à ce que les
encaissements assurent la couverture des décaissements.
Les fonds de départ ne sont pas perdus, mais ils demeurent « immobilisés ». En effet, ils ne
peuvent être récupérés qu’en fin d’exploitation, lorsqu’on encaisse les ventes alors que les
derniers paiements ont déjà été faits.
En général, l’étude de la trésorerie débouche sur une formulation pragmatique des règles de
l’équilibre financier d’exploitation. Cependant, même détaillée, l’étude des encaissements et des
décaissements ne peut constituer à elle seule un bon outil d’analyse.

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1. LA FONCTION DE TRÉSORERIE
La gestion de trésorerie regroupe l’ensemble des décisions, des règles et des procédures qui
permettent d’assurer au moindre coût le maintien de l’équilibre financier instantané de
l’entreprise.
D’ailleurs, les objectifs assignés à la gestion de trésorerie sont :
 de prévenir le risque de cessation de paiement
 d’optimiser le résultat financier
 de respecter les règles de trésorerie.

À sa mission traditionnelle d’équilibre des flux, la fonction de trésorerie doit intégrer la gestion
dynamique des risques, en partie induits par l’aléa croissant des marchés.
Le cœur de la fonction de trésorerie est la gestion de trésorerie en date de valeur. L’objectif est
éventuellement de réduire les frais financiers ou d’accroître les produits financiers.
Le principe de base de la gestion de trésorerie en date de valeur appelé règle de trésorerie zéro
propose une position de trésorerie idéale. Ce principe consiste à éviter les encaisses positives
faiblement rémunérées ou les soldes débiteurs occasionnant des frais financiers :
 pour les soldes créditeurs, il existe un coût d’opportunité égal à la différence de taux entre
le placement qui aurait pu être négocié et la rémunération de base du compte ;
 pour les soldes débiteurs, il y a un coût explicité égal à la différence de taux entre le
découvert et un financement moins onéreux.

La gestion des flux correspond à la vision traditionnelle de la fonction trésorerie. Elle s’attache au
traitement des encaissements et des décaissements de liquidités ainsi qu’au mouvement de fonds
à l’intérieur d’un groupe de sociétés.
Du point de vue du Trésorier, le solde des flux est différent du solde tenu par la comptabilité et du
solde des avoirs de l’entreprise auprès de sa banque.

ENCADRE N° 1
L’entreprise EZAKA, dont le siège social est à Antananarivo, émet le 15 juillet 2009 un chèque de 2 millions MGA
au profit de son fournisseur, la société commerciale VATSY, se trouvant à Toamasina.
Cet acte va être pris en compte pour le même montant mais pas nécessairement à la même date par trois
intervenants différents :
 Pour le comptable de EZAKA, l’émission de chèque rend la somme de 2 millions MGA théoriquement
indisponible pour l’entreprise dès la date d’émission du chèque ;
 Pour le banquier de EZAKA, l’enregistrement du montant de 2 millions MGA est déterminé par la réception du

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chèque présenté à l’encaissement par la banque de ma société VATSY. Il débitera le compte bancaire de
EZAKA en fonction de cette date ;
 Pour le trésorier de EZAKA, les 2 millions MGA restent disponibles tant que le chèque n’a pas été débité sur le
compte bancaire concerné ; la date de débit étant fonction de la remise du chèque à l’encaissement par le
fournisseur et du circuit de règlement du chèque.

La gestion de trésorerie en valeur repose sur le point de vue du trésorier. Seuls les intervalles
pendant lesquels l’argent est réellement disponible intéressent l’entreprise.
Durant cette période, les flux positifs peuvent effectivement être placés ou consommés, par
contre, les flux négatifs génèrent des frais financiers.
Le processus de gestion de la trésorerie passe par trois étapes :
 La prévision qui peut mettre en œuvre plusieurs méthodes
 Les ajustements nécessaires
 Le contrôle de la trésorerie

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1.1. DES DÉFINITIONS
Un certain nombre d'approches visant à cerner la trésorerie d'une entreprise sont possibles. Ces
approches sont complémentaires et non exclusives les unes des autres, ayant chacune leur utilité
pour la préparation des prévisions, et donc pour la gestion de la trésorerie.
Trois approches seront analysées : la trésorerie constatée et la trésorerie expliquée à travers
l'analyse par le Bilan et l'analyse par les Flux, en essayant à chaque fois de comparer les
avantages et les inconvénients de la méthode retenue.

1.1.1. La Trésorerie Constatée


C'est la première approche qui permet de faire un constat rapide, sans aucune tentative de
justification : l'entreprise dispose d’une certaine somme.
Cette notion de trésorerie peut comprendre simplement la trésorerie disponible (Caisse, comptes
bancaires positifs, CCP, placements de trésorerie disponibles) ou prendre également en compte
(en négatif) les crédits bancaires à court terme (dont les comptes bancaires en découvert) mis en
place. Dans ces crédits à court terme, il faut inclure un élément qui n'apparait pas directement :
les effets escomptés et non échus.
Cette constatation de la Trésorerie est rapide, mais absolument insuffisante, ne permettant en
aucune manière d'expliquer le pourquoi de cette position. Elle est cependant nécessaire pour
servir de point de départ à l'analyse par les flux. On peut ajouter à cette notion celle de trésorerie
« disponible » en prenant en compte les montants de crédits accordés par les banques et non
mobilisés.

1.1.2. La Trésorerie Expliquée


Il existe deux manières d'expliquer la Trésorerie :
 d'une part, par le BILAN permettant surtout d’analyser et de justifier la position globale de
la trésorerie et ses variations en masse, sans donner aucune ventilation entre les différents
postes constitutifs de la trésorerie. Il s’agît de donner une photo (statique) de la position, et
 d'autre part, par les FLUX permettant d’avoir un film (dynamique) de l’évolution, et donc
d’expliquer les variations de la position par l’étude des entrées et des sorties.

1.1.2.1. L’approche par le bilan


Cette approche permet de reconstituer le niveau global de la trésorerie à partir des différents
postes du bilan. Schématiquement, un bilan se décompose en deux parties, à savoir : les éléments
permanents et les éléments cycliques.
1.1.2.1.1. Les éléments permanents
Ce sont les éléments stables qui sont plus ou moins indépendants du niveau d'activité, du cycle
d'exploitation de l'entreprise, et qui représentent la structure de cette dernière :
 À l'actif, les emplois stables, qui sont les outils nécessaires à la production, de manière

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directe (terrains, immeubles, matériels de tous types) ou indirecte (titres de participation).
 Au passif, les ressources durables (ou capitaux permanents), qui sont les moyens financiers
stables mis à la disposition de l'entreprise soit par ses actionnaires (capital, réserve, résultat
non distribué) soit par des intermédiaires financiers (dettes à long terme).

Par définition, la différence entre ces éléments de l'Actif et du Passif donne le FONDS DE
ROULEMENT :

Ce fonds de roulement peut être positif ou négatif.


Dans le cas où le fonds de roulement est positif, il représente la partie des ressources durables
qui reste disponible pour financer l'activité de l'entreprise après avoir couvert les immobilisations.
1.1.2.1.2. Les éléments cycliques
Ce sont les éléments qui sont directement liés au niveau d'activité de l'entreprise et à son cycle
d'exploitation, et qui vont donc varier en fonction de ceux-ci. A politique financière constante, ces
différents éléments sont bien directement proportionnels au niveau d'activité.
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À l'actif, ce sont les emplois courants (hors trésorerie) et principalement :
 les stocks,
 les comptes clients (et comptes associés : effets à recevoir),
 les autres valeurs réalisables (TVA à récupérer, etc.).

Au passif, ce sont les ressources courantes (hors trésorerie) et principalement :


 les comptes fournisseurs (et comptes associés : effets à payer),
 les autres valeurs exigibles à court terme (TVA à payer, etc.),
 le résultat en instance de distribution.

Par définition, la différence entre ces éléments de l'Actif et du Passif donne le BESOIN EN FONDS
DE ROULEMENT :

Le besoin en fonds de roulement peut être positif ou négatif. Il représente le décalage entre les flux
d'encaissement et les flux de décaissement.
Dans le cas où le besoin en fonds de roulement est positif, il signifie le niveau de besoin financier
généré par l'activité de l'entreprise, et reste indépendant de la structure de cette même entreprise.
Ce besoin doit donc être " financé ".
Dans le cas où le il est négatif, il constitue une capacité de financement. Il est, par conséquent,
opportun de la " mobiliser ".
1.1.2.1.3. La trésorerie
La structure de l'entreprise va lui donner un montant disponible, de manière indépendante de son
cycle d'activité : c'est le FONDS DE ROULEMENT.
L'activité de l'entreprise va nécessiter un montant lui permettant de réaliser son cycle
d'exploitation : c'est le BESOIN EN FONDS DE ROULEMENT ou BESOIN DE FINANCEMENT DE
L’EXPLOITATION.
Les montants de ces deux paramètres ne seront jamais strictement identiques. Le nécessaire
équilibre sera assuré par la trésorerie, qui apparaît donc comme étant la différence entre ces deux
montants. Nous obtenons alors l'équation fondamentale :

L'analyse de cette équation permet de recueillir immédiatement plusieurs indications :


 tout mouvement, sur n'importe quel poste du bilan, va avoir une incidence sur le niveau de
la trésorerie, puisque le FONDS DE ROULEMENT et/ou le BESOIN EN FONDS DE
ROULEMENT sera affecté. En effet, tous les postes du bilan sans exception se retrouvent
dans cette formule (même si des décisions concernant les amortissements et/ou les

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provisions peuvent être sans incidence directe sur ce niveau). De même, toute décision
affectant directement ou indirectement l'un des postes aura automatiquement une incidence
sur le niveau de trésorerie.
 cette formule permet d'expliquer les variations de trésorerie, et donc de faire des prévisions.
En effet :
à l’instant :
à l’instant :
et par analogie :

Les différents éléments constitutifs du BFR sont proportionnels au niveau d'activité. À structure
financière identique, toute augmentation du chiffre d'affaires va donc se traduire par une
augmentation (en valeur absolue, et sans changement de signe) du BFR, et toute réduction de ce
chiffre d'affaires se traduira de même par une diminution de ce BFR.

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Dans le cas d'un BFR positif, toute augmentation du niveau d'activité va donc automatiquement
se traduire par une diminution de la trésorerie (toujours à structure financière identique), bien
entendu. À partir du moment où l'entreprise établit des bilans prévisionnels, elle peut calculer sa
trésorerie, son évolution, et expliquer les causes des variations. Cette approche peut servir de
base à l'établissement d'un budget de trésorerie en grandes masses.
Par contre, la limite de cette approche se trouve dans l'information qu'elle peut donner en termes
de prévisions de trésorerie. Elle permettra de connaître le niveau global de la trésorerie, l'évolution
de l'excédent ou du besoin, et donc de prendre ses dispositions en termes de négociations de
lignes de crédit, etc. Elle ne permettra pas, ou difficilement, de connaître les composantes des flux
de trésorerie, et ne peut donc que rarement être utilisée comme point de départ pour
l'établissement d'une position au jour le jour.
Enfin, cette approche n'est valable que dans la mesure où des bilans prévisionnels mensuels sont
établis. En effet, le niveau de trésorerie ne sera déterminé qu'à chaque fin de période de calcul, et
aucune information liée à la variation entre deux dates ne pourra être disponible. Une analyse
annuelle est d'autant plus insuffisante que l'activité de l'entreprise est soumise à des variations
saisonnières.
1.1.2.2. L’approche par les flux
Cette seconde approche est dynamique, voulant donner les étapes de l’évolution de la trésorerie.
Complémentaire de la précédente, elle part d'une constatation très simple :

Notons que cette approche pose comme postulat que la position de début de période est connue,
ce qui implique de bien définir au préalable les composantes de la trésorerie, et de les maîtriser.
Les ENCAISSEMENTS et DÉCAISSEMENTS sont les éléments constitutifs de la VARIATION de
TRÉSORERIE, et s'obtiennent à partir des bilans et comptes de résultats prévisionnels, ainsi qu'à
partir d'informations qui devront être trouvées dans un budget (exemple : investissement) ou
communiquées par la Direction Financière (exemple : politique de distribution de revenus).
Cette approche permettra d'obtenir un budget mensuel, en général, et elle est un point de passage
presque obligé pour atteindre la position au jour le jour, qui permettra elle-même de prendre les
premières décisions quotidiennes.
L'approche par les flux oblige à prendre en compte TOUTES les opérations qui vont mouvementer
la trésorerie au sens le plus large du terme, mais pas les opérations internes à la trésorerie
(équilibrages, financements ou placements) qui ne se retrouveront qu'au moment de
l'établissement de la position journalière (qui se réalisera compte par compte, banque par banque,
alors que cette approche initiale se fait au niveau de la trésorerie globale, sans tenir compte des
différentes composantes internes de cette trésorerie).
1.1.2.3. Complémentarité des deux approches
Ces deux approches sont complémentaires, chacune apportant un éclairage de la trésorerie.
L'approche par le Bilan donne le montant estimé de la trésorerie disponible, la prévision

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d'évolution de la position globale, et permet d'expliquer les variations de cette position.
L'approche par les Flux, par la décomposition des mouvements par origine, est utilisée pour
maîtriser les flux, et est donc le préalable presque indispensable à l'établissement d'une position
quotidienne fiable.
La coexistence de ces deux méthodes permet d'effectuer des contrôles de cohérence entre
l'évolution d'un poste au bilan et les flux de trésorerie y afférents. L'exemple des encaissements
clients d'une période est à la fois très simple et significatif. L'équation est la suivante :
(1) + Compte « Clients » au début de période
(2) + Facturation TTC de la période
(3) Ŕ Encaissements TTC de la période
(4) = Compte « Clients » à la fin de période
Si l'entreprise utilise l'approche par le Bilan, elle connaît les éléments (1) à travers le bilan réel au
début de période, (2) par le budget et (4) issu du bilan prévisionnel à la fin de période, et peut
donc en déduire (3).
Si par contre l'entreprise utilise l'approche par les flux, elle connait (1) par la comptabilité, (2) par
le budget et (3) par le plan de trésorerie, et peut donc en déduire (4).
7
1.2. RISQUE DE TRESORERIE
Il faut tout d’abord préciser que la notion de trésorerie n’est pas à confondre avec l’encaisse.
L’encaisse regroupe les avoirs liquides des comptes bancaires et assimilés pour l’essentiel. Elle ne
peut jamais être négative, à la limite elle peut constituer ce qu’on appelle « encaisse zéro ».
Au sens large, faire le diagnostic de la situation de trésorerie consiste à faire l’analyse de cette
situation en termes de liquidités. Une crise de trésorerie est une crise de liquidité qui révèle que
l’entreprise est dans l’impossibilité de lever rapidement les fonds nécessaires pour tenir ses
engagements. Ce qui peut se terminer par la cessation de paiements et le dépôt de bilan.
La notion de délai, de temps, est importante en matière de trésorerie. Si, dans sa dimension de
gestion courante, la trésorerie illustre le dicton selon lequel « le temps, c’est de l’argent », dans sa
dimension choix d’un niveau de risque, la trésorerie inverse ce principe pour en faire « l’argent,
c’est du temps ».
En effet, une entreprise qui dispose d’une trésorerie solide a des fonds nécessaires ou peut lever
rapidement les fonds nécessaires pour faire face à un événement imprévu. Cet événement peut
être une mauvaise surprise, mais aussi une opportunité favorable à saisir immédiatement.
Seule une trésorerie suffisante permettra d’absorber les effets de la défaillance soudaine d’un
client dont la position débitrice était importante, de faire face à des dépenses impératives mais
inattendues, d’acquérir le lot de marchandises ou le matériel qui se présente soudainement dans
des conditions de prix inespérées, etc.
Lever rapidement des fonds implique :
 soit que l’entreprise en dispose déjà sous forme de liquidité ou de placement toujours
rapidement transformables en liquidités,
 soit que l’entreprise n’en dispose pas, mais est en mesure de les obtenir sans délai de sa
banque. Ceci implique que l’entreprise n’ait pas saturé sa capacité d’utilisation de crédits de
trésorerie auprès des banques.
Une entreprise qui dispose de liquidités et n’utilise aucun crédit de trésorerie a une trésorerie
positive. Inversement, une entreprise dont le fonctionnement nécessite le recours permanent à
des crédits de trésorerie (escompte d’effet de commerce, etc.) a une trésorerie négative. Toutefois,
trésorerie négative n’est pas forcément synonyme de difficultés : tout dépend de l’importance et de
la nature du financement utilisé.
Une trésorerie positive peut trouver d’autres formes de placement que les seuls placements
bancaires. Ainsi, il est possible de payer cash certains fournisseurs accordant un escompte
avantageux. Une opportunité d’approvisionnement peut conduire à employer ces fonds pour
financer un sur-stockage provisoire de matières, etc.
Le retour au paiement à crédit des fournisseurs ou au niveau normal du stock de matières
régénèrera assez rapidement cette trésorerie. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un placement en
produits financiers traditionnels, ces fonds sont considérés en trésorerie positive pour le
diagnostic d’une situation.

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1.2.1. Besoin de Financement de l’Exploitation et Trésorerie
Ce qui précède a permis de mettre en évidence que l’exploitation d’une entreprise, du fait de
décalage permanent imputable aux différents délais d’écoulement des divers postes, soit nécessite
un financement permanent ( ), soit génère un financement permanent ( )
Prenons l’hypothèse d’un
Il nécessite un financement permanent qui peut être :
 soit permanent par nature, il s’agit de fonds propres ou d’emprunts à long et moyen terme
 soit rendu permanent par la transformation de crédits de trésorerie en ressources stables,
dont le recours permanent à l’escompte d’effets de commerce, créant un encours d’effets
escomptés non échus, assure un financement permanent, etc.
 soit un mélange des deux solutions précédentes.

8
Le schéma, ci-après, illustre ces trois possibilités.
S CHEMA 1 : L ES TROIS POSSIBILITES DE FINANCEMENT D ’ UN

Désormais, il est possible de distinguer les niveaux de risque respectifs à ces financements. Le
financement 1 est le moins risqué, le 2 est le plus risqué et le 3 est intermédiaire. Le risque
consiste en la transformation de crédit de trésorerie, crédits courts par nature, en un financement
stable nécessaire à la couverture d’un besoin permanent.
C’est donc un risque de même nature que celui couru par un établissement bancaire
transformant des ressources courtes en emplois longs. Le risque est d’autant plus élevé que le
niveau de transformation est élevé. Ce schéma doit être complété par la prise en compte des
immobilisations. L’exploitation nécessite en effet :
 le financement des immobilisations nécessaires (production, commercialisation, etc.)
 le financement du BFE.

S CHEMA 2 : F INANCEMENT DES IMMOBILISATIONS NECESSAIRES ET DU BFE

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Comme précédemment, le financement permanent est assuré par des capitaux permanents
constitués des capitaux propres et des DLMT, et un encours de crédits de trésorerie. Cette
démarche a permis de dégager aussi le fonds de roulement qui se définit comme étant la
différence entre les capitaux permanents par nature et les immobilisations.
Capitaux propres
DLMT
= Capitaux permanents
Immobilisations
= Fonds de roulement

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Le fonds de roulement est l’excédent de capitaux permanents par nature disponible pour assurer
le financement de l’exploitation. Cette définition sous-entend un raisonnement par affectation de
ressources à des emplois. Elle considère que les capitaux permanents financent d’abord les
immobilisations et que seul l’excédent de ceux-ci est affecté au financement du BFE.
Un principe général de finance est qu’il n’y a pas d’affectation de ressources à des emplois. A cet
effet, l’utilité du fonds de roulement est d’être un outil d’analyse par excellence, entre autres, du
financement du BFE.
S CHEMA 3 : F ONDS DE ROULEMENT : O UTIL D ' ANALYSE

Il apparaît que le BFE est financé par le fonds de roulement et l’encours de crédits de trésorerie,
c’est-à-dire une trésorerie négative. En conclusion, les concepts essentiels sont :
 le fonds de roulement :
 le besoin de financement d’exploitation :
 la trésorerie :
Chacun de ces concepts peut être positif ou négatif selon le secteur d’activité et/ou la situation
particulière de l’entreprise.
1.2.2. Situation de Trésorerie : les Six Cas Possibles
Le cycle d’exploitation d’une entreprise peut nécessiter un financement ( ) ou générer un
financement ( ). Pour un BFE donné, une entreprise peut disposer d’un fonds de roulement
( ) ou ne pas en avoir ( ). Enfin, le fonds de roulement peut être plus ou moins
important par rapport au besoin de financement d’exploitation.
T ABLEAU 1 : T YPOLOGIE DES SITUATIONS DE TRESORERIE

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Cas # 1 :
Le cycle d’exploitation d’une entreprise nécessite un financement, . Elle dispose d’un
fonds de roulement pour faire face à ce besoin,
, l’entreprise n’aura pas à recourir à un encours de crédit de trésorerie et disposera au
contraire d’une trésorerie de – –
Cas # 2 :
L’entreprise a un à financer, mais le n’est pas suffisant pour le couvrir,
d’où la trésorerie de 1.000 Ŕ 1.600 = Ŕ 600
Cas # 3 :
L’entreprise présente toujours un à financer, mais elle ne dispose pas d’un fonds de
roulement, – .
10
Elle doit donc s’appuyer sur un encours de crédit de trésorerie pour faire face à son besoin, d’où
– – –
Le recours permanent à des crédits de trésorerie doit être suffisant pour :
 financer en totalité les besoins de financement permanents du cycle d’exploitation ;
 financer en partie les immobilisations.

Cas # 4 :
Comme les cas # 5 et # 6 (ci-après), ce cas est celui d’une entreprise dont l’exploitation ne
nécessite pas de financement mais bénéficie, au contraire, de délais d’écoulement qui lui
permettent de dégager un financement. Comme lorsqu’il s’agit d’un besoin, ce financement est lié
à l’exploitation, permanent comme elle et suivant ses évolutions.
L’entreprise dispose d’un fonds de roulement, , alors que l’exploitation dégage un
financement, – . En conséquence, la trésorerie est – –
Cette situation est apparemment solide puisque l’entreprise dispose d’une marge de sécurité
correspondant à sa trésorerie positive. Un jugement de fond nécessite cependant l’appréciation
des risques pesant sur l’activité, de la probabilité d’avoir à utiliser cette trésorerie du fait d’un
événement funeste.

Cas # 5 :
L’exploitation est caractérisée par une ressource de financement, mais cette fois l’entreprise n’a
pas de fonds de roulement, – .
Cependant, cette même exploitation dégage un financement, – .
En conséquence, la trésorerie est – – –
Ce cas met en évidence qu’une partie des immobilisations n’est pas financée par des capitaux
permanents par nature. C’est la ressource financière dégagée par le cycle d’exploitation ( )
qui vient en partie couvrir les immobilisations. L’essentiel de la différence entre les cas # 5 et # 3
est ici la trésorerie positive qui représente comme telle une marge de sécurité.

Cas # 6 :
L’exploitation dégage une ressource financière, – .
Mais l’absence de fonds de roulement, – , est plus marquée et se traduit par une
trésorerie négative.

Cette situation correspond en général à un niveau de risque élevé. En effet, la totalité de la


ressource de financement est immobilisée (affectée au financement d’immobilisation) et il faut en
outre recourir à des crédits de trésorerie en permanence pour boucler le financement des

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immobilisations. Le risque tient ici :
 à l’immobilisation de 100% de la ressource de financement d’exploitation (transformation
totale)
 au recours à des crédits de trésorerie dont la nature n’est pas forcément heureuse. En effet,
un BFE négatif s’obtient généralement par la faiblesse, voire l’absence, de créances clients.
On voit mal ce cas quels crédits de trésorerie pourraient assurer un encours permanent
suffisant dès lors qu’il n’existe pas, ou peu, de créances clients mobilisables.

L’étude des six cas précédents, par recours à des schémas mettant en œuvre le BFE, est une
approche simplifiée du bilan dans laquelle on affecte les fournisseurs et les divers créanciers liés à
l’exploitation courante, aux stocks, aux clients et aux divers débiteurs d’exploitation. C’est du
BFE comptable qu’il est fait référence.

11
1.3. PRÉVISION FINANCIÈRE À COURT TERME : BUDGET DE TRÉSORERIE
Pour parer au risque de non-liquidité ou d’insolvabilité (rupture du service de caisse, cessation de
paiement, etc.), l’entreprise doit maintenir un certain niveau de trésorerie, car en pratique il est
très difficile d’assurer une parfaite synchronisation entre les encaissements et les décaissements.
Dans le même temps, elle doit viser à réduire l’impact négatif de cet état sur la rentabilité des
disponibilités oisives en leur assurant de bons placements financières.
Les principaux motifs de détention d’une encaisse sont :
 La volonté d’assurer la réalisation des transactions dans de bonnes conditions ;
 Le besoin de sécurité financière de manière à faire face aux aléas de la conjoncture qui se
traduisent par des déséquilibres entre les encaissements et les décaissements prévus ;
 Les opérations spéculatives.

Le trésorier participe à l’élaboration des prévisions de trésorerie à différents niveaux :


 à moyen terme, pour équilibrer les grandes masses des emplois et des ressources en
choisissant des formes de financements ou d’investissements appropriés ;
 à court terme, pour assurer l’équilibre quotidien des encaissements et des décaissements.

Le budget de trésorerie enregistre les flux de trésorerie existants et toutes les recettes et toutes les
dépenses dont l’entreprise prévoit la perception ou l’engagement. Il peut s’agir de recettes et de
dépenses liées au processus d’investissement, d’exploitation ou de financement.
Le budget de trésorerie donne une prévision des excédents et des déficits de trésorerie, en
montant et en durée, dans une double perspective :
 vérifier que les lignes de crédits initialement négociés suffiront à combler les besoins
éventuels ;
 définir les utilisations prévisibles de crédits par grandes masses (par exemple : nécessité de
recourir à l’escompte compte tenu du portefeuille de traites, etc.).

Le budget de trésorerie est donc un tableau de bord prévisionnel de l’offre et de la demande de


liquidité de l’entreprise. Il permet au trésorier d’optimiser le résultat financier de l’entreprise en
mettant en concurrence les différentes banques et, éventuellement, les marchés financiers.
La prévision de trésorerie de l’entreprise vise deux (02) objectifs :
 assurer la solvabilité à court terme
 optimiser le résultat opérationnel et financier de l’entreprise.

La solvabilité de l’entreprise traduit sa capacité à faire face aux échéances au cours de l’exercice à
venir.
1.3.1. Des Principes
Le terme de trésorerie recouvre plusieurs notions liées à la gestion et à l’analyse financière. En Gestion de Trésorerie | Année Académique 2013 - 2014
effet, la trésorerie apparaît tant dans le tableau de financement que dans le tableau des flux de
trésorerie avec des significations différentes.
Dans le cadre de la réglementation comptable, la trésorerie correspond aux disponibilités et à
leurs équivalents. Les placements à court terme, très liquides, facilement convertibles en un
montant connu de liquidité et dont la valeur ne risque pas de changer de façon significative sont
considérés comme des équivalents de trésorerie ou de disponibilité :
+ Compte de caisse
+ Compte à vue
+ Valeurs mobilières de placement ne présentant pas de risque de variation négative
+ Compte à terme à échéance de moins de 3 mois
- Solde créditeur des banques
= Trésorerie nette
Les prévisions sont établies mois par mois, pour une durée de un (01) an en principe. Ce type de
prévision suppose que l’entreprise ait mis en place un système global de prévision sur une durée
au moins équivalente.
12
1.3.2. Méthodes de Prévisions de la Trésorerie

Une bonne gestion de trésorerie est avant tout une gestion prévisionnelle. En effet, gérer la
trésorerie de l'entreprise c'est anticiper et prévoir une situation de trésorerie future, ainsi que
l'exposition future aux risques de change et de taux. C'est aussi définir une stratégie, c'est-à-dire
une politique de financement et de placement, et une politique de change et de taux, puis
l'appliquer en la modulant au fil du temps.
L'élaboration des prévisions est une tâche délicate mais fondamentale, qui comprend trois ou
quatre niveaux : le plan financier, les prévisions annuelles mensualisées, les prévisions
mensuelles (ou annuelles révisées, qui ne sont pas toujours préparées) et les prévisions
quotidiennes. Toutes ces prévisions doivent être réalisées par unité de compte monétaire, puis
éventuellement converties en monnaie de tenue de compte afin d'avoir une vision de la trésorerie
globale. La mise en œuvre de la gestion de la trésorerie passe par étapes et repose sur différents
modèles de prévision.

1.3.2.1. Les outils de prévision en matière de trésorerie


La qualité des décisions à prendre en matière de gestion de la trésorerie dépend en grande partie
de la qualité des systèmes d’information en place comptabilité générale, analytique, budgets, etc.
La qualité de la prévision est tributaire de la formation de base sur laquelle elle est bâtie : lorsque
la qualité de la formation comptable ou des séries statistique élaborées est faible, la prévision peut
être établie avec un degré de précision satisfaisant.
Il existe plusieurs méthodes de prévision dont la qualité et les difficultés de mise en œuvre sont
variables.
La méthode la plus utilisée est l’extrapolation proportionnelle, généralement à partir du chiffre
d’affaire : Connaissant le rapport entre le chiffre d’affaire et le fonds de roulement, le besoin en
fonds de roulement ou la trésorerie pour une période donnée, on peut en déduire des prévisions
pour les périodes suivantes.
Cette méthode est simple, mais elle présente des lacunes, du fait qu’elle part de la relation :

Elle suppose ainsi une relation proportionnelle entre le et le observé à un moment donné,
à partir du bilan qui ne traduit pas nécessairement l’exacte réalité des délais de rotation des
stocks ou durées des crédits des clients et fournisseurs. Seul un examen des échéanciers réels
des encaissements et des décaissements peut avoir une bonne exploitation des flux prévisionnels.
Dans les petites entreprises qui ne peuvent souffrir le luxe d’un système d’information lourde et
onéreuse, ces méthodes simples de prévision peuvent être utilisées avec prudence.
Une deuxième méthode de prévision proche de la précédente est l’extrapolation linéaire à partir du
. Sur la base de données historiques et des méthodes statistiques plus ou moins élaborées, on
peut établir une relation proportionnelle entre le et le ou la trésorerie du type
Il s’agira alors d’identifier les paramètres et de la fonction d’ajustement, on pourra dès lors

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prévoir le niveau du B.F.R ou de la trésorerie.

ENCADRE N° 2

La relation établie entre le chiffre d’affaires ( ) et la trésorerie ( ) est représentée par la fonction :

Pour un CA prévisionnel de 1.000.000


Nous aurons :
On peut considérer que le paramètre correspond au stock-outil de trésorerie indépendant du CA.

Cette méthode fait l’objet des mêmes critiques que la précédente. Entre autre, elle suppose que le
et la trésorerie observée au bilan correspondent à des niveaux optimums.
1.3.2.2. Le Budget de Trésorerie
Dans l'ensemble du processus budgétaire, le budget de trésorerie apparait comme une résultante
des budgets opérationnels (d'exploitation), du budget des investissements et du budget de
financement. Les prévisions de trésoreries annuelles, avec un découpage mensuel, se déclinent
des ces différents budgets.
13
1.3.2.2.1. Généralités sur le budget de trésorerie
Dans l'ordre logique des choses, le budget de trésorerie est le dernier budget à élaborer, le budget
de trésorerie est la conséquence de tous les autres budgets.
Dans une optique strictement budgétaire, le budget de trésorerie répond à plusieurs impératifs :
 Prévoir les encaissements et les décaissements.
 Assurer l'équilibre entre les encaissements et les décaissements.
 Connaitre le solde de fin de période budgétaire.

En outre, le budget de trésorerie est un outil qui permet d’identifier les entrées et les sorties de
liquidités et de mieux cerner les risques de cessation de paiement à court terme. Autrement dit, il
traduit en termes d’encaissement et de décaissement l’ensemble des données prévisionnelles
relatives à l’exploitation et hors exploitation.
1.3.2.2.2. Structure du budget de trésorerie
En effet, le budget de trésorerie est la transformation des charges et des produits de tous les
budgets précédents en encaissements et en décaissements, notions qui privilégient l'échéance des
flux monétaires.
S CHEMA 4 : C ONSTRUCTION DU B UDGET DE T RESORERIE

La confrontation des différents budgets fait apparaître soit un excédent soit un déficit de
trésorerie. Les prévisions de trésorerie annuelles permettent ensuite d’établir un compte de
résultat prévisionnel et un bilan prévisionnel.
A. Les éléments exclus du budget de trésorerie Gestion de Trésorerie | Année Académique 2013 - 2014
Dorénavant, ne doivent pas être pris en compte :
 les dotations, les valeurs comptables des éléments d’actifs courants, les variations de
stocks, le résultat ;
 les reprises, les quotes-parts de subventions virées au résultat ;
 les transferts de charges (pour le calcul de la capacité d’autofinancement considérés comme
des produits encaissables).
B. Les encaissements
L’essentiel des encaissements provient des ventes effectuées par l’entreprise. Une vente peut être
réglée au comptant ou avec des délais de paiement. Ce qui signifie qu’une vente réalisée
aujourd’hui peut entraîner des flux de trésorerie plus tard. Ces décalages de trésorerie doivent
être anticipés et pris en compte. Ils sont souvent source de difficultés pour l’entreprise surtout si
les crédits ne prennent pas la forme de créances commerciales mobilisables.

14
Il est important de mentionner que certains encaissements de la période proviennent des ventes
de la période précédente. L’information concernant ce type d’encaissements se trouve dans le
bilan d’ouverture.
T ABLEAU 2 : S TRUCTURE DU T ABLEAU DES E NCAISSEMENTS
ANNÉE (n)
POSTES Montant
Janv. Fév. … … Nov. Déc.
TTC
Clients bilan (n-1)

Ventes janvier (n)

Ventes février (n)

Ventes décembre (n)

Total encaissement Ventes

Autres encaissements

Encaissements totaux

N.B.: Les comptes « Clients » et « Fournisseurs »


 Les montants correspondants sont pris pour leurs valeurs TTC
 Les ventes non soumises à TVA sont considérées pour leur montant HT.

C. TVA à décaisser
La TVA (taxe sur la valeur ajoutée), c'est un impôt indirect appliqué sur les biens et les services
consommés, dont la collecte est assurée par les entreprises pour les comptes de l'État. Une
opération est soumise à la TVA lorsqu'elle constitue une livraison de biens ou de services, relève
d'une activité économique (agricole, industrielle, commerciale, libérale, …etc.) et est réalisée à
l’intérieur du pays, par une personne (morale ou physique) agissant à titre individuel.
Le prix d'achat réglé par le consommateur est majoré d'une somme correspondant à un
pourcentage du prix initial : le consommateur paie donc une charge supplémentaire que
l'entreprise perçoit, mais ne conserve pas puisqu'elle la reverse ensuite à l'État. Seul le
consommateur final acquitte véritablement la TVA, car pour les intermédiaires cet impôt est
déductible (neutre).
La TVA à décaisser fait l'objet d'un budget séparé, elle se calcule comme suit :

T ABLEAU 3 : B UDGET DES TVA

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ANNÉE (n)
POSTES Montant
Janv. Fév. … … Nov. Déc.
total
TVA collectées

TVA déductible sur achat biens et services

TVA déductible sur achat immobilisations

Crédit de TVA

TVA à décaisser
N.B.:
 Il convient d’appliquer le critère « livraison » ou « encaissement du prix » pour trouver le mois
d’exigibilité de la TVA ;
 La TVA calculée est, sauf en cas de règlement par obligations cautionnées, réglée le mois
suivant ;
 Un crédit de TVA s’impute sur la TVA du mois suivant. 15
D. Tableau des décaissements
Dans ce budget sont concentrées toutes les dépenses anticipées à court terme de l’entreprise. Il
existe une multitude de sources de décaissements au sein d’une entreprise, dont l’origine se
trouve dans les différents budgets recensant les charges d’exploitation. À ces dernières, il faut
ajouter les décaissements issus du budget de TVA et du budget des investissements.
T ABLEAU 4 : S TRUCTURE DU T ABLEAU DES D ECAISSEMENTS
ANNÉE (n)
POSTES Montant
Janv. Fév. … … Nov. Déc.
TTC
Fournisseurs bilan (n-1)

Achats janvier (n)

Achats février (n)

Achats novembre (n)

Achats décembre (n)

Total décaissement Achats

TVA à décaisser

Autres décaissements

Décaissements

Comme pour les encaissements, certains décaissements proviennent des engagements de la


période antérieure.
E. Le budget de synthèse
Le budget de trésorerie réalise la synthèse de l’ensemble des budgets de l’entreprise. Il rend
possible la détermination du solde de trésorerie pour la période à venir.
T ABLEAU 5 : B UDGET DE T RESORERIE
ANNÉE (n)
POSTES Montant
Janv. Fév. … … Nov. Déc.
total
Trésorerie au début du mois

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Encaissements

Décaissements

Trésorerie de fin du mois

Le budget de trésorerie se compose du solde de trésorerie qui se trouve dans le bilan de début de
période et des encaissements et décaissements précédemment établis.
F. Ajustement de budget de trésorerie
Le budget de trésorerie fait apparaitre les soldes en fin de période qui témoignent :
 Des insuffisances de trésorerie (solde négatif) : Les insuffisances de trésorerie conduisent
l’entreprise à chercher des moyens de financements à cour terme (découvert bancaire).
 Des excédents de trésorerie (solde positif) : Le trésorier doit chercher les placements les plus
rentables et présentant le moins de risque pour l’entreprise.

Les prévisions sont alors à ajuster pour résorber ces soldes (cf. 1.7.5. Plan de trésorerie)
16
1.3.3. Les Prévisions de Trésorerie de Fin d’Année
Le budget de trésorerie permet de vérifier globalement s’il y a cohérence entre le fonds de
roulement ( ) et le besoin en fonds de roulement ( ).
En effet, un budget constamment « excédentaire » ou « déficitaire » exprime une inadéquation
entre le fonds de roulement et le besoin en fonds de roulement : Revoir les hypothèses sur
lesquelles ont été établis les budgets en amont.

ENCADRE N° 3
Par exemple, la vente d’un élément d’actif non courant prévue en mai pourra être avancée en avril, s’il apparaît
que le mois de juin est fortement excédentaire, alors que mai est déficitaire.

Le budget de trésorerie permet de définir les dates optimales auxquelles doivent avoir lieu des
opérations exceptionnelles pour lesquelles l’entreprise dispose d’une marge de manœuvre.
1.3.3.1. Utilité du Budget de Trésorerie
L’entreprise prévoit le montant de sa trésorerie de fin d’année dans le cadre de la procédure des
budgets annuels. La méthode bilancielle met en relief la relation :

La trésorerie de fin d’année apparaît comme la résultante de la politique d’investissement et de


financement de l’entreprise chiffrée par le et le lié aux conditions d’exploitation.
Il s’agit de prévoir le et le en fin d’année.
1.3.3.2. Prévision du fonds de roulement
1.3.3.2.1. Prévision des ressources durables
 Les capitaux propres ( ) prévisionnels sont déterminés à partir des de l’année
précédente modifiés comme suit :
+ Capitaux propres année (n)
- Dividende distribué année (n+1)
+ Nouveaux apports des actionnaires
- Retrait des associés
+ Bénéfice net prévu année (n+1)
= Capitaux propres prévisionnels année (n+1)
Le résultat net (bénéfice net) est obtenu à partir du budget d’exploitation et des prévisions
des charges financières.
 Les dettes financières prévisionnelles sont obtenues ainsi :
+ Dettes financières de début de l’année (n+1)
- Remboursement au cours de l’année (n+1)
+ Nouveaux emprunts de l’année (n+1)
=
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Dettes financières prévisionnels année (n+1)

1.3.3.2.2. Prévision des emplois stables


 Les emplois stables comprennent essentiellement les immobilisations.
+ Immobilisations nettes année (n)
+ Acquisitions année (n+1)
- Valeur d’origine Immobilisations cédées année (n+1)
- Dotations aux amortissements année (n+1)
= Immobilisations nettes prévisionnels année (n+1)

1.3.3.3. Prévision du besoin en fonds de roulement


Il est possible de déterminer le Besoin en fonds de roulement d’exploitation ( ) ou Besoin de
financement de l’exploitation ( ) par la méthode normative. Cette méthode repose sur
l’hypothèse d’une activité non saisonnière.
La prévision du Besoin en fonds de roulement hors exploitation ( ) concerne notamment le
solde à payer de l’impôt sur les sociétés.
17
1.3.4. Le Plan de Trésorerie
L’entreprise peut souhaiter affiner les informations données par le budget de trésorerie en faisant
intervenir l’escompte des effets escomptables et les placements des excédents prévus. Il s’agit de
procéder à des ajustements pour résorber ces soldes.
Une fois le budget de trésorerie prévisionnel établi, le trésorier doit se poser les questions
suivantes :
 En cas d’excédent de trésorerie : Quel type de placement effectuer ? Quel montant ? Pour
quelle durée ? Selon les objectifs de l’entreprise, la Direction Financière peut diminuer les
excédents de trésorerie en investissant (croissance externe, développement, etc.), en
remboursant par anticipation des emprunts, en réglant des fournisseurs au comptant
moyennant un escompte de règlement ou en effectuant des placements.
 En cas de trésorerie déficitaire : Quel type de financement (crédit de trésorerie) faut-il
privilégier ? Quel montant ? Pour quelle durée ? Les frais et les produits financiers doivent
être incorporés dans le plan de trésorerie.

Hypothèse 1 : Trésorerie (largement) excédentaire


 Rembourser par anticipation les emprunts à long terme
 Financer les programmes d’acquisition des investissements prévus
 Réaliser des placements financiers à court terme qui prendront différentes formes.

Hypothèse 2 : Soldes négatifs


 La mobilisation des créances commerciales existantes (escompte d’effet négociable, etc.)
 L’obtention de crédits bancaires de trésorerie (découvert, crédit de campagne dont l’objet est
de permettre le financement des besoins d’exploitation des entreprises dont l’activité connaît
des fluctuations saisonnières, les obligations cautionnées qui permettent de différer le
paiement de TVA, etc.)

Naturellement, les résultats obtenus ne peuvent être qu’approximatifs. Ils donnent seulement des
ordres de grandeur et permettent de préparer la prise des décisions à venir. Le document
prévisionnel qui résulte de ces opérations s’appelle plan de trésorerie.

1.4. PRÉVISIONS FINANCIÈRES À TRÈS COURT TERME


Les budgets de trésorerie fournissent des informations plutôt globales pour optimiser la gestion de
trésorerie. En particulier, ils ne donnent pas des renseignements sur la situation en cours de
mois et ne permettent pas de répondre précisément aux questions suivantes :
 Quel montant faut-il placer ou négocier ?
 Pour quelle durée ?

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Seules les prévisions à très court terme permettent de disposer des informations nécessaires à
une prise de décision. Il s’agit d’optimiser la gestion à court terme en minimisant les charges
financières et en maximisant les valeurs de placement.

1.4.1. Analyse des Flux de Trésorerie


Cette analyse porte sur plusieurs points :
 Recensement de tous les encaissements et décaissements par nature ;
 Inventaire des moyens de règlements utilisés ;
 Distinction entre les flux certains et les flux incertains (quant au montant, quant à la date
ou aux deux).

Les flux certains sont pourront être chiffrés et positionnés dans le temps sans problème. Les flux
incertains feront l’objet d’un traitement particulier, ils seront positionnés et leur montant
déterminé sur la base de calculs probabilistes ou de manière plus aléatoire.

18
1.4.2. Recherche d’Informations
1.4.2.1. Le système comptable
Le système comptable est mal adapté aux prévisions de trésorerie. En effet, il ne prend en compte
que les dates d’opérations et non leurs dates de valeur. Par ailleurs, il existe un décalage entre la
réception de la pièce comptable à l’origine de la comptabilisation de l’opération et le transfert de
l’information au trésorier.
1.4.2.2. Les circuits de paiement
Les paiements en espèce exceptés tous les moyens de règlement connaissent des décalages entre
le moment d’émission et celui de la remise à la banque pour encaissement. Ces décalages sont
dus principalement au temps lié à la transmission, au traitement comptable et administratif, etc.
Les informations essentielles au niveau des circuits de paiement se rapportent aux délais qui sont
en principe variables. Elles dépendent du type de règlement, de son mode de transmission et des
partenaires concernés.
1
1.4.2.3. Les conditions bancaires
La pratique bancaire introduit des décalages supplémentaires, notamment par le biais des dates
de valeur, généralement différentes des dates d’opération. La date de valeur d’une opération
correspond à la date à laquelle le compte bancaire est effectivement débité ou crédité du fait de
cette opération.
Une somme créditée en compte est affectée d’une date de valeur postérieure à la date comptable
de crédit. Ainsi pour les recettes au crédit du compte banque, il s’agit de positionner les recettes
dans le budget. Cela peut être fait sans difficulté puisque l’existence de la recette et de son mode
de paiement est connue. Dès lors, les dates de valeurs sont déterminées de façon certaine : il
suffit de connaître les conditions appliquées par les banques.
Une somme débitée en compte est affectée d’une date de valeur antérieure à la date comptable de
débit. Ainsi pour les dépenses au débit du compte banque, il s’agit de positionner les dépenses.
Cela présente un caractère plus incertain. En effet, si l’entreprise connaît la date à laquelle le
règlement des dépenses est effectué, elle ignore à quelle date précise ces sommes feront l’objet de
mouvements débiteurs sur son compte en banque.

ENCADRE N° 4
Considérons, par exemple, la remise d’un chèque de 1.000 MGA reçu par une entreprise Y à l’encaissement.
Supposons qu’il soit affecté d’une date de valeur de 3 jours calendaires et que Y retire le lendemain de la remise
400 MGA en espèces, affectés d’une date de valeur au débit de 1 jour.
Si le solde en capitaux du compte bancaire est constamment créditeur, le solde en valeur du compte demeure
débiteur de 400 MGA jusqu’à la date J+3. L’entreprise paiera donc des frais financiers alors que son relevé de
compte fait apparaître un solde créditeur.

Pour certains créanciers connus et habituels, il est possible de déterminer les habitudes de

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chaque créancier. Pour les autres, il est possible de faire une estimation statistique.
S CHEMA 5 : C HRONOLOGIE DES O PERATIONS ET D ATE DE V ALEUR
Remise d’un chèque de Retrait en espèce de
Opérations
1.000 MGA 400 MGA
Jour J J+1 J+2

Solde comptable +1.000 MGA 600 MGA


Solde en valeur - 400 MGA 600 MGA

De la même façon, une opération de paiement entraîne pour l’entreprise un débit en valeur de
plusieurs jours avant la date d’opération comptable.

1 Vocabulaire :
 Jour de banque : Jour ajouté à la durée du crédit résultant de l’application des dates de valeur.
 Heure de caisse : Heure au-delà de laquelle les opérations bancaires sont réputées faite le lendemain.
 Jour ouvré : Jours effectivement travaillés par la banque
 Jours calendaire : Jours du calendrier
 Domiciliation : Établissement bancaire où un titre de paiement est payable. Le plus souvent il s’agit de la banque du tiré. 19
Les dates de valeur sont donc un mode de rémunération des services bancaires et des frais
administratifs qui leur sont liés. Au demeurant, elles pénalisent des débits de fort montant dont le
coût administratif n’est pas plus élevé que le coût des débits de montant plus faible.
1.4.3. Implémentation de la Prévision
Les prévisions au jour le jour sont réalisées à l’aide d’un document appelé « fiche de suivi de
trésorerie ». Le positionnement correct des sommes nécessite la connaissance précise des
conditions de banque.
T ABLEAU 6 : F ICHE DE S UIVI DE T RESORERIE
Banque : ……………
Semaine du … au …/…/2009
MOUVEMENTS
Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
Solde initial
RECETTES :
Recettes en espèce
Chèques sur place
Chèques hors place
Effets
Virements reçus
Autres recettes
Total des recettes
DEPENSES :
Petits chèques
Gros chèques
Virements émis
Domiciliations
Autres dépenses
Total des dépenses
Solde provisoire
Décision de placement
Escomptes
Agios
Virement interbancaire
Solde définitif

1.4.4. Le Rôle du Trésorier

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Le trésorier :
 ne se limite pas à effectuer des prévisions et à rechercher les meilleurs financements et
placements ;
 doit également utiliser tous les moyens susceptibles d’entraîner des conséquences positives
sur le niveau des frais financiers :
- Actions sur les flux financiers visant à réduire le niveau ou la durée des déficits
- Arbitrage entre les différentes banques de manière à réduire ou à éliminer certains
déficits
- Négociation avec les banques
- Mise à jour permanente des informations nécessaires aux précisions
 doit suivre les conditions appliquées par les banques :
- Échelle des intérêts et de tickets d’agios
- Dates de valeur
- Taux d’intérêts
- Barème des commissions
- Conditions appliquées sur les comptes multiples d’une même banque
- Tous ces points sont négociés entre l’entreprise et les banques. 20
1.5. GESTION CENTRALISEE DE TRESORERIE OU CASH-POOLING
La gestion centralisée de trésorerie appelée aussi cash-pooling est une méthode de gestion
centralisée des comptes des sociétés d’un groupe. Les systèmes de cash pooling consistent à
optimiser les frais financiers d’un groupe de sociétés.
Deux principales méthodes existent :
 le cash pooling physique ;
 le cash pooling notionnel.

Les sociétés concernées doivent avoir un lien de capital direct ou indirect entre elles et les statuts
de la société centralisatrice doivent inclure une mention spéciale concernant la possibilité
d’effectuer des opérations de trésorerie 2.
Une convention de cash-pooling doit être signée entre les filiales, la maison mère, et la banque.
Cette convention désigne la société centralisatrice, la banque pivot (pool leader), les modalités de
fonctionnement de la centralisation de trésorerie (taux d’intérêt pratiqués dans le groupe, limites
de soldes débiteurs et créditeurs autorisés, rémunération des sociétés ayant des soldes
créditeurs,…).

La convention de cash pooling régit également l’objet, la durée, les clauses de résiliation anticipée,
les clauses de suspension le cas échéant ainsi que le droit applicable et la juridiction compétente
en cas de litige. Ces deux dernières clauses sont notamment importantes dans le cas d’une
centralisation de trésorerie transfrontière (sociétés de nationalités différentes). La convention de
cash pooling n’est pas soumise à la procédure des conventions réglementées si elle est conclue à
des conditions normales3.
1.5.1. Objectif de la Mise en Place d’un Cash Pooling
Le but du cash-pooling est d’optimiser les besoins et les excédents de trésorerie en équilibrant
tous les comptes des sociétés d’un groupe afin de réduire l’endettement global à court terme, et de
pouvoir négocier des conditions bancaires optimales.
Ainsi, il permet d’optimiser les soldes débiteurs, par l’élimination des découverts, générateurs de
frais financiers, mais également les soldes créditeurs (optimisation des taux de rémunération,
législation plus favorable).
Il permet également de structurer un groupe (gestion centralisée des risques 4) et de contrôler les
filiales (formalisation d’un reporting, rationalisation de l’environnement bancaire…).
Enfin, il donne à un groupe relativement important, mais constitué de sociétés de petite taille, la
possibilité d'accéder aux marchés financiers grâce à un effet de masse.
1.5.2. Fonctionnement du Cash Pooling Physique
Le cash pooling physique consiste à effectuer un transfert physique de fonds entre les comptes
des sociétés participantes et un compte centralisateur (« compte pivot » ou encore « master
account ») de la centrale de trésorerie (qui n’est pas forcément celui de la société mère) jouant le

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rôle de pivot. Cette technique dite du nivellement comptable, permet de concentrer physiquement,
et généralement automatiquement en un point unique, par unité monétaire, tous les soldes
créditeurs et débiteurs d’un groupe de sociétés et donc l’ensemble des liquidités disponibles d’un
groupe. Par ailleurs, le cash pooling physique permet généralement plusieurs paramétrages tels
que le choix de la périodicité (quotidienne, hebdomadaire,…), les types de seuils (pas de seuil
minimum, montant minimum pour que la remontée puisse se réaliser), etc.
Il existe différents types de nivellement :
 le ZBA (Zero balancing Account) pour une remise à zéro quotidienne des comptes. Il permet
de visualiser sur un seul compte la situation globale de la trésorerie des entités qui sont
intégrées dans le cash-pooling ;

2Pour les sociétés participantes, les opérations de trésorerie ne constituent que l’accessoire de leur activité principale.
3 Il s’agit alors d’une convention libre : convention qui ne fait courir aucun risque à la société car elle est relative à des opérations courantes
(opérations effectuées de manière habituelle dans le cadre de son activité) et conclues à des conditions normales (conditions comparables à
celles appliquées dans la société ou dans les autres sociétés de même secteur : prix, garantie, durée…). Elles ne sont donc pas soumises à
autorisation. 21
4 Risque de taux de change, etc.
 le TBA (Target balancing Account) : Les comptes sources sont nivelés lorsque leur solde
créditeur est supérieur à un seuil préalablement défini (« pied de comptes »), les soldes
débiteurs étant toujours apurés. En deçà du seuil minimal fixé, la centralisation ne s’opère
pas5 ;
 le FBA (Fork Balancing Account) : Tous les soldes créditeurs et débiteurs, respectivement
supérieurs ou inférieurs à un montant fixé au préalable, sont nivelés jusqu'au niveau de ce
montant.

Les « sweeps » désignent les transferts de fonds effectués d’un compte source vers le compte
centralisateur. Les « covers » désignent les transferts effectués du compte centralisateur vers un
compte source.
Les modalités de mise en œuvre de cette centralisation peuvent être :
 manuelle : l’entreprise initie elle-même les virements de trésorerie pour ajuster les soldes de
ces différents comptes (cash-pooling interne). Facilité par la mise en place de Swift-net6
 automatique : la banque procède automatiquement au nivellement des soldes.

1.5.3. Fonctionnement du Cash Pooling Notionnel


Le cash pooling notionnel, à l’inverse du précédent, n’engage pas de transfert physique entre les
comptes. Chaque entité garde donc ses liquidités. Ainsi, le cash pooling notionnel permet une
reconstitution d'une gestion de trésorerie centralisée par fusion des échelles d'intérêts.
En effet, le cash-pooling notionnel appelé aussi fusion d’échelles d’intérêts (fusion d’intérêts) ou
centralisation notionnelle consiste à considérer, à la date d’établissement des échelles d’intérêts,
que les comptes bancaires des différentes sociétés de la centralisation de trésorerie ne sont en
réalité que les différents chapitres d’un compte unique, mais seulement pour les besoins du calcul
des intérêts7. Les agios débiteurs ou les intérêts créditeurs sont calculés sur le solde unique
résultant de l’addition des soldes des différents comptes individuels soumis à cette fusion.
Ce cash-pooling, sans circulation de fonds, permet aux entreprises participantes de bénéficier
d’un taux d’intérêt débiteur plus faible que celui qui leur serait appliqué si elles agissaient
individuellement ; en contrepartie, le taux d’intérêt créditeur qui leur est servi est généralement
moindre.
Il permet également de maintenir l'autonomie entre les structures d'un même groupe puisque
chaque compte fonctionne de façon autonome, avec ses propres lignes de crédit.

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5 Ainsi par exemple, si le seuil des comptes sources (comptes des sociétés intégrées dans la centralisation de trésorerie) est fixé à 1.000 Ariary,
seuls les montants créditeurs dépassant 1.000 Ariary seront virés automatiquement sur le compte pivot.
6 SWIFT-NET permet de communiquer depuis un seul point d'accès vers toutes les banques et les filiales agréées, où qu'elles se trouvent dans le
monde. Il permet notamment l'envoi et la réception de messages financiers normalisés (dont les virements de trésorerie).
7 L’unité de comptes est autorisée à l’intérieur d’une seule et même entité juridique, elle est interdite entre plusieurs sociétés car cela aurait 22
nécessairement comme conséquence une confusion des patrimoines même si ces différentes sociétés font partie d’un même groupe.
2. LES FINANCEMENTS ET LES PLACEMENTS À COURT TERME
Le trésorier s’efforce de prévoir au mieux ses besoins de financement et ses opportunités de
placement. S’il les connaît tardivement, il ne peut pas optimiser les coûts ou rémunérations.
Ainsi, plus la prévision réalisée sera de bonne qualité, meilleures seront les solutions envisagées
dans une logique d’optimisation.
En outre, le coût d’un financement ou la qualité d’un placement ne se mesure pas aux taux
affichés mais aux taux réels, calculés en tenant compte des frais, des coûts d’opportunité et des
coûts cachés.
Les règles de l’orthodoxie financière réservent le financement des actifs de court terme aux seuls
concours financiers à court terme, tandis que les actifs immobilisés seraient financés par des
capitaux permanents. Ces règles sont depuis longtemps battues en brèche. Il n’est pas rare que
des crédits à court terme constamment renouvelés financent des emplois longs.
Toutefois, cette distinction entre concours à court terme et concours à moyen et long terme est
souvent artificielle :
 d’une part, l’argent est un bien fongible et la banque évalue le statut financier de l’entreprise
en prenant en considération son endettement global ;
 d’autre part, les sûretés demandées en garantie des crédits bancaires sont souvent
identiques.

2.1. LES PRINCIPAUX FINANCEMENTS À COURT TERME

Il existe deux types de marchés de crédits à court terme constituant le marché monétaire :
 Le marché interbancaire
 Le marché des titres de créances négociables.

Le marché monétaire est accessible à tous les opérateurs économiques. Ainsi, les entreprises ont
la possibilité d’effectuer des opérations financières à court terme entre elles, sans passer par les
établissements bancaires.
2.1.1. Financement Hors Circuit Bancaire
2.1.1.1. Le crédit interentreprises
C’est un délai de paiement que les entreprises s’accordent mutuellement. Les effets de commerce
sont les supports les plus fréquents du crédit interentreprises. Cette forme de financement
échappe totalement au système bancaire.
T ABLEAU 7 : L E C REDIT I NTERENTREPRISES DANS LE B ILAN

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23
Soit :

Avec : Crédit interentreprises


Le développement de cette modalité de crédit trouve son explication dans les points suivants :
 Le délai de paiement est un élément de la stratégie commerciale ;
 L’accès au crédit bancaire est différent selon les entreprises
 L’escompte permet le financement bancaire du crédit interentreprises.

Nonobstant, le crédit interentreprises génère des problèmes, à savoir :


 Coût élevé pour les entreprises créditrices
 Risque de répercussion en chaîne des faillites.

Certaines entreprises accordent un escompte de règlement pour paiement réputé cash. Cet
escompte est octroyé lorsque le paiement du client intervient rapidement : selon la proposition du
fournisseur (exemple : sous 10 jours). Le pourcentage d’escompte appliqué à la facture diminue
d’autant pour le client la somme à régler.
Le client use de cette possibilité pour autant qu’il y trouve avantage. En fait, il compare ce
pourcentage, ramené à une base annuelle, au coût des capitaux qu’il devra emprunter pour payer
plus tôt ou au taux des placements qu’il ne pourra pas réaliser du fait de cet emploi précipité.
Le point de vue du client peut être représenté comme suit :

Jour de l’événement Date limite pour bénéficier Échéance normale, issue


générateur de l’escompte de règlement des conditions de paiement
de la dette habituellement pratiquées
(livraison, facturation, etc.)

Si « » est le taux d’escompte accordé pour un règlement cash, le taux annuel correspondant est
égal à :

avec la durée effective du crédit consenti


Deux cas peuvent se présenter :
Cas # 1 : Le client a une trésorerie excédentaire
Si le taux de placement est supérieur à , il refusera la proposition. Si le placement de sa

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trésorerie lui rapporte moins de , il acceptera.
Cas # 2 : Le client a une trésorerie négative
Il est dans ce cas habituellement emprunteur auprès de sa banque. Son choix est alors fonction
de sa capacité à emprunter plus et du taux que lui réclame son banquier.
Le tableau ci-après résume la décision du client.
T ABLEAU 8 : M ATRICE DE D ECISION FACE A LA P ROPOSITION D 'E SCOMPTE
Capacité à
emprunter plus
OUI NON
Coût du financement
bancaire

Paiement à escompte Refus

Refus Refus

Pour être plus précis, le raisonnement doit être mené par rapport aux dates de crédit ou débit en
compte, et non par rapport aux dates d’échéance. 24
Le taux est alors différent selon que l’on se place côté vendeur ou côté acheteur :
 Le vendeur gagnera en jours :

Sachant qu’un effet est crédité après la date d’échéance et qu’un chèque est porté en
valeur sur le compte après la date d’opération, le nombre de jours à considérer est égal
à:

Le taux ressort alors à :

 L’acheteur aura quant à lui une situation normale inchangée :


Le débit de l’effet comme le débit du chèque se faisant valeur veille d’échéance pour le
premier et veille de compensation pour le second, la durée réelle de l’opération sera égale à :


Le nombre de jours à considérer reste d’où le taux de référence :

2.1.1.2. Les obligations cautionnées


Les obligations cautionnées sont des crédits accordés aux entreprises pour différer le paiement de
la TVA à laquelle elles sont assujetties, si une banque garantit l’engagement pris. Ces obligations
sont comparables à des effets, leur montant comprend le principal et les intérêts dus.
Le débiteur doit avoir la caution d’une banque.
2.1.1.3. L’affacturage ou factoring
L’affacturage consiste en l’achat ferme de créances « des comptes clients » moyennant
rémunération par un établissement de crédit (factor), créances d'une entreprise dénommée
« fournisseur » ou « adhérent » pour son propre compte (vendeur). La société d’affacturage se
charge de l’encaissement des créances et avance à l’entreprise la valeur de ces créances nettes
d’une commission.. Le vendeur doit obtenir l’approbation du factor pour chacun de ses clients
(créances cédées) avec généralement un plafond par client.
Cette technique permet d’externaliser le recouvrement des créances, de garantir le paiement de
ces dernières et de financer le poste des créances commerciales. Les risques d’insolvabilité des
débiteurs et de non-paiement à l’échéance sont transférés à la société de factoring qui reçoit une
quittance subrogative lui transmettant tous les droits que l’entreprise détient sur ses clients.

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Le coût comprend la commission d’affacturage, proportionnelle au chiffre d’affaires confié au
factor, et la commission de financement (coût de financement anticipé) égal au coût du crédit
bancaire si le paiement s’effectue par chèque et à une commission si le paiement s’effectue par
billet à ordre (que l’entreprise devra mobiliser auprès du système bancaire si elle a besoin de
liquidités).
En somme, cette opération est caractérisée par une cession des créances au factor qui en verse
immédiatement le montant à l’entreprise et garantit l’entreprise contre le risque de non-
recouvrement. Autrement dit, le risque d’insolvabilité du débiteur est pris en charge par le factor.
C’est une opération de crédit à court terme et d’assurance. L’affacturage a trois fonctions :
 Financement des créances clients
 Garantie de paiement
 Gestion financière.

Le coût de l’affacturage comprend :


 Fonds de garantie constitué pour garantir le remboursement des sommes dues par
l’adhérent au factor ; 25
 Commission d’affacturage appliquée au montant TTC des factures prises en charge par le
factor.
 Commission de bordereau : Lorsque le règlement du client est réalisé par un billet à ordre,
le factor perçoit une commission calculée prorata temporis.
 Commission spéciale de financement : Lorsque le factor assure lui-même le préfinancement,
il perçoit une commission calculée prorata temporis sur le volume effectif de ce financement

2.1.1.4. Le billet de trésorerie


Ce sont des titres de créances émis par une entreprise pour financer ses besoins de trésorerie.
Ces titres doivent être domiciliés dans un établissement de crédit.
Ces titres sont des moyens de financement souples pouvant être ajustés en temps et en montant
aux besoins. Toutefois, seules les grandes entreprises peuvent utiliser ces titres.
2.1.2. Financement par le Circuit Bancaire
Les crédits à court terme accordés par le système bancaire sont destinés à couvrir les besoins de
financement générés par l’exploitation et donc à couvrir le cycle correspondant (stockage,
approvisionnements, fabrication, commercialisation). Le remboursement de ces concours à court
terme (inférieur à deux ans) est normalement assuré par les recettes générées par l’activité
courante.
Les crédits à court terme présentent certes des caractéristiques génériques. Néanmoins, il est
essentiel de considérer chaque convention de crédit dans sa singularité, tant en ce qui concerne le
taux, les possibilités de tirage et certaines clauses comme les clauses de garantie :
 La clause « pari passu » consiste à interdire à l’emprunteur de consentir une garantie plus
avantageuse à d’autres futurs prêteurs ou créanciers sans en faire bénéficier également les
prêteurs qui sont parties prenantes au contrat concerné.
 La clause de défaut croisé rend l’ensemble des engagements exigibles en cas de défaut de
paiement sur un seul d’entre eux, même étranger à la convention de prêts.
 Les clauses de renonciation ou de remboursement anticipé sont également essentielles pour
une gestion active de l’endettement.
 Par ailleurs, une convention de prêt peut contenir des obligations formulées en termes de
ratios financiers à respecter (dettes à moyen et long terme sur fonds propres, fonds de
roulement, marge brute d’autofinancement sur dettes à moyen et long terme, frais
financiers sur excédent brut d’exploitation) ou des interdictions portant sur les cessions
d’actifs, la modification des statuts juridiques ou la distribution de dividendes.
 Certaines clauses peuvent stipuler l’interdiction de souscrire à de nouveau emprunts.
L’emprunteur doit veiller à ce que les garanties qu’il accorde au prêteur soient proportionnées aux
risques qu’il lui fait courir.
2.1.2.1. Crédit de caisse

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En général, ces découverts sont destinés à couvrir des déficits en trésorerie ponctuels devant se
résorber dans les mois à venir. Ils sont limités usuellement à un mois du chiffre d’affaires.
Leur caractéristique est qu’ils sont a priori dépourvus de garantie directe. Toutefois, l’ensemble
des garanties personnelles et réelles peut être réclamé à l’appui de ces financements à court
terme. Le crédit prend la forme d’une ouverture de crédit si une convention est signée ab initio
entre l’entreprise et sa banque.
L’avantage de ce type de crédit est que leur montant peut être parfaitement ajusté aux besoins de
l’entreprise. Pourtant, les crédits de trésorerie représentent des risques :
 pour la banque en raison de leur absence de garantie
 pour l’entreprise quand ils ne sont accordés que verbalement car cela pourrait permettre à
la banque de les révoquer sans préavis.

2.1.2.1.1. La facilité de caisse


La facilité correspond aux besoins de financement ponctuels résultant du décalage entre entrées
et sorties de fonds. Elle est adaptée pour financer la période la plus critique du besoin en fonds de
roulement. 26
2.1.2.1.2. Le découvert
Le découvert peut correspondre à un concours consenti pour une période plus longue, anticipant
une rentrée de fonds importante. Souvent il n’est accordé qu’en contrepartie du cautionnement
des associés ou des dirigeants. Une commission de confirmation (en pourcentage du montant
autorisé) est demandée en cas de prorogation du découvert.
2.1.2.1.3. Le crédit de campagne
Le crédit de campagne ou crédit-relais est utilisé pour couvrir les déficits en trésorerie résultant
d’une forte saisonnalité de l’activité. Le plan de remboursement doit être adapté au cycle de
l’activité de l’entreprise.
2.1.2.1.4. Le crédit « spot »
Le crédit « spot » est un découvert de courte durée matérialisé par des billets financiers. À la
différence du découvert, aucune commission n’est perçue. Le crédit spot est mobilisable
uniquement par tranche.
Les concours à durée indéterminée, autres qu’occasionnels, ne peuvent être interrompus que par
notification écrite à l’emprunteur et à l’issue du délai de préavis fixé lors de leur octroi. La rupture
instantanée demeure possible seulement en cas de comportement gravement répréhensible du
client ou lorsque sa situation s’avère irrémédiablement compromise.
2.1.2.2. Les crédits de financement du cycle d’exploitation
2.1.2.2.1. Financement des stocks
La technique de financement des stocks est en général identique à celle du crédit de caisse.
Le financement des stocks correspond à une avance sur marchandises (le plus souvent sous la
forme d’un escompte de warrants représentatifs de marchandises déposées dans un magasin
général, entrepôt sous le contrôle de l’État). L’entreprise s’engage à rembourser la somme prêtée à
l’échéance mentionnée sur le warrant.
Le financement des stocks comprend :
 Warrant : C’est un billet à ordre par lequel le souscripteur s’engage à payer une somme
d’argent à une certaine échéance. Les marchandises déposées dans un magasin général
constituent un gage.
 Crédit de campagne : destiné à financer les stocks et le cycle de fabrication des entreprises à
activités saisonnières.

2.1.2.2.2. L’escompte
L’escompte est une opération par laquelle une entreprise cède son effet avant son échéance à sa
banque. Les possibilités d’escompte sont limitées par détermination d’un plafond par la banque.
Les agios prélevés par la banque comprennent des intérêts et des commissions.
L’escompte est le mode de financement le plus traditionnel, puisqu’il consiste en un rachat par le

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banquier des effets de commerce dont l’entreprise est propriétaire avant leur échéance. Le
banquier bénéficie des garanties supplémentaires que lui apporte le droit cambiaire (entre autres,
la solidarité de droit des endossataires et du créancier).
Le plafond de l’escompte est en général fixé à un mois de chiffre d’affaires. De surcroît, l’entreprise
peut conclure un contrat d’assurance-crédit qui couvre le risque des effets impayés. La banque
choisit, pour sa part, les effets qui lui paraissent les plus solides.
Toutes ces précautions sont renforcées par le suivi constant des risques présentés par l’ensemble
des créances, qu’il s’agisse de l’emprunteur ou des débiteurs de l’emprunteur.
La formule de l’escompte en compte permet à l’entreprise d’utiliser le découvert aux conditions de
l’escompte.
2.1.2.2.3. Le crédit de mobilisation des créances commerciales (CMCC)
Le crédit de mobilisation des créances commerciales consiste en la possibilité de céder ou de
nantir au profit d’un tiers la totalité des créances commerciales par la simple remise d’un
bordereau sans autre formalisme juridique (en particulier sans obligation d’envoi de l’effet au
débiteur pour acceptation). La cession des créances entraîne le transfert des sûretés garantissant
les créances.
27
En cas de défaut de paiement sur les créances, le cédant doit rembourser le crédit consenti par la
banque cessionnaire.
L’entreprise regroupe des créances clients nées au cours d’une période d’une dizaine de jours au
minimum et dont les échéances s’échelonnent sur une dizaine de jours au plus. Elle souscrit un
billet à ordre de sa banque pour le montant total de ses créances et le présente à l’escompte.
Le CMCC ne comporte aucune garantie pour la banque.
Le crédit de mobilisation des créances commerciales est en général plus onéreux que l’escompte.

2.1.2.3. Les crédits de financement du commerce extérieur


2.1.2.3.1. Le financement des importations
Le financement des importations repose sur le crédit documentaire (crédit par signature), la lettre
de crédit stand-by (éventuellement utilisable comme instrument de paiement par défaut), l’avance
en devises à l’importation et les cautions en douane (garantie bancaire couvrant le paiement
différé des droits de douane).
2.1.2.3.2. Le financement des exportations
Le financement des exportations bénéficie d’une gamme de services bancaires beaucoup plus
étendue qui complète les garanties apportées par la société d’assurance-crédit à l’exportation,
dont certaines prestations peuvent s’assimiler à des subventions à l’exportation, comme
l’assurance-prospection, l’assurance-crédit et l’assurance-change.
Les garanties internationales (ou lettres de crédit stand-by) englobent les cautions souscrites pour
assurer la bonne exécution des marchés (caution de soumission, caution de bonne fin, caution de
retenue de garantie) et les cautions souscrites pour garantir les engagements financiers (caution
de remboursement d’acomptes versés par les clients, caution de remboursement de découvert
local, caution de remboursement des douanes du pays acheteur).
Les crédits de préfinancement spécialisés permettent de financer le cycle de production des biens
exportés. Le financement de la commercialisation comprend la mobilisation des créances nées sur
l’étranger à court terme (M.C.E.) et les crédits à moyen ou long terme à l’exportation (crédits
fournisseurs et crédits acheteurs), complétés par les avances en devises à l’exportation et par les
crédits de trésorerie spécialisés.
La mobilisation des créances nées sur l’étranger à court terme (18 mois au maximum) est un
crédit permanent permettant aux exportateurs ayant accordé à leurs clients étrangers des délais
de paiement de mobiliser le montant de leurs créances dès qu’elles prennent juridiquement
naissance.
Le crédit de mobilisation des créances à court terme sur l’étranger permet aux exportateurs
possédant des créances sur des clients étrangers de procéder à leur mobilisation. Ce crédit peut
revêtir deux formes : le crédit classique qui fonctionne comme l’escompte et le crédit spécial.

2.2. DÉTERMINATION DU COÛT DES FINANCEMENTS À COURT TERME

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Chaque mode de financement a un coût qui est un élément déterminant pour le choix du
financement. Plusieurs paramètres interviennent dans la détermination du coût.
2.2.1. Des Éléments de calcul
2.2.1.1. Le taux d’intérêt
Le taux d’intérêt comprend :
 Le taux nominal
 Le taux réel incluant toutes les majorations qui s’ajoutent au taux nominal.

ENCADRE N° 5
Supposons le taux nominal du découvert est de 12 %. Si la banque accorde à l’entreprise un découvert du 1er du
mois au 20, l’entreprise remet des chèques sur place le 20 du mois. Les jours de valeur appliqués sont c’est
à dire le 22 du mois, alors que l’entreprise n’a bénéficié que de 20 jours, d’où le taux réel du découvert est de :

28
2.2.1.1.1. Mode de calcul des intérêts
Le mode de calcul des intérêts dépend de leur conditionnalité de paiement :
 Taux postcompté : Lorsque les intérêts sont payés en fin d’opération
 Taux précompté : Lorsque les intérêts sont payés en début d’opération.

Pour passer d’un taux à un autre :

2.2.1.1.2. Taux proportionnel et taux équivalent


Si est le taux annuel et le taux équivalent correspondant à la fraction de l’année :

2.2.1.2. Date de valeur et jour de valeur


L’enregistrement comptable se fait à la date historique de l’opération, alors que l’enregistrement
bancaire se fait à la date de réalisation de l’opération, d’où un décalage, au profit de la banque,
appelé date de valeur.
Les opérations de remise de valeur ou de versement d’espèces sont enregistrées postérieurement.
Tandis que les opérations de retrait ou de paiement sont enregistrées antérieurement au jour de
l’opération. La date de valeur d’une opération correspond à la date à laquelle le compte bancaire
est effectivement débité ou crédité du fait de cette opération.
Les jours de valeur correspondent au temps écoulé entre la date à laquelle une opération de débit
ou de crédit est effectuée et la date à laquelle cette opération est prise en compte par la banque,
c’est-à-dire sa date de valeur.
2.2.1.3. Année bancaire
Les intérêts perçus par les banques sont calculés par la méthode des intérêts simples.
2.2.1.4. Jour de banque
Pour le calcul des intérêts, la banque ajoute des jours supplémentaires appelés « jours de
banque » lors d’une opération d’escompte d’effets. Ces jours augmentent la durée de crédit et
majorent ainsi le montant des intérêts et, par conséquent, le coût du crédit. Les banques
justifient cette pratique en déclarant qu’elle constitue une composante de leur rémunération.
2.2.2. Calcul des frais bancaires liés aux crédits
Les frais bancaires comprennent deux éléments :

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 le premier étant directement proportionnel à la quantité des fonds mis à disposition de
l’emprunteur et à la durée du prêt (intérêts) ;
 le second étant constitué par des commissions.

2.2.2.1. Calcul des intérêts débiteurs pour les crédits de caisse


Les frais financiers sont égaux aux taux appliqués à l’entreprise multipliés par les fonds mis à
disposition de l’entreprise pendant la durée de cette mise à disposition. Les taux sont égaux au
taux de base bancaire auquel s’ajoute une marge décroissante en fonction de la taille de
l’entreprise. Ces taux sont bien entendu purement indicatifs.
2.2.2.1.1. La commission de plus fort découvert
La commission de plus fort découvert s’applique aux pointes maximales d’utilisation des avances
et est calculée sur le montant du plus fort découvert en valeur enregistré pendant le mois :
 Elle ne peut au maximum majorer de plus de 50 % le taux des intérêts débiteurs ;
 Elle peut faire l’objet d’une négociation avec la banque ;

29
 Elle pénalise les entreprises qui cherchent à limiter le montant de leurs découverts
bancaires ;
 Comme elle s’assimile à une majoration du taux d’intérêt, elle n’est pas soumise à la T.V.A.

2.2.2.1.2. La commission de mouvement


La commission de mouvement est calculée sur tous les mouvements débiteurs enregistrés sur un
compte au cours d’un trimestre. En sont exclus les mouvements correspondant à des opérations
bancaires (agios, virements de compte à compte dans une même banque, remboursements
d’emprunts).
Cette commission est assujettie à la T.V.A. Elle peut faire l’objet d’une négociation avec la banque,
surtout si l’entreprise dispose de comptes créditeurs au sein de cette banque.
2.2.2.2. D'autres commissions
D’autres commissions existent et sont toutes négociables : commission de tenue de compte,
commission de dissuasion (en cas d’absence de position créditrice pendant le trimestre écoulé),
commission de dépassement d’autorisation de découvert, commission fixe par trimestre,
commission de non-utilisation de crédit, commission de confirmation de crédit.
Tous ces frais doivent être pris en compte pour calculer le coût effectif du crédit à court terme
accordé par la banque à l’entreprise. Les conditions que les banques imposent à leurs clients ne
sont pas toujours très explicites, tant en ce qui concerne les commissions que leurs règles
d’application. Toute entreprise doit soumettre les frais bancaires à une surveillance renforcée, en
raison du caractère souvent opaque de la tarification bancaire.
Ces commissions comprennent des commissions fixes et des commissions proportionnelles au
montant de l’opération.
2.2.2.2.1. Commissions fixes
 Commissions de manipulation exigée pour chaque effet remis à l’escompte
 Commissions d’acceptation lorsque la banque se charge de faire accepter les effets par les
tirés
 Commissions d’impayés réclamés sur chaque effet impayé à l’échéance.

2.2.2.2.2. Commissions proportionnelles


 Commission du plus fort découvert dont le montant plafonné est calculé sur le plus fort
découvert chaque mois
 Commission de mouvement dont le montant est calculé sur le total des débits du mois.
Certains débits peuvent toutefois être exclus de la base de calcul.
 Commission d’endos calculée sur le montant des créances commerciales remises à
l’escompte.

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2.2.2.2.3. Commissions appliquées à l’escompte
 Commission d’endos calculée au prorata du montant de l’effet et du temps et s’ajoute au
taux nominal de l’escompte.
 Commission de manipulation ou de service appliquée à tout effet remis à l’escompte.

2.2.2.2.4. Commissions appliquées au découvert


 Commission de risque : Elle rémunère les risques encourus par la banque et comprend :
- La commission de plus fort découvert calculée sur le plus fort découvert du mois
- La commission de dépassement appliquée lorsque l’entreprise dépasse le montant du
plus fort découvert qu’elle a obtenu de sa banque. Elle est calculée sur le plus fort
dépassement mensuel.
 Commission de service :
- La commission de compte ou de mouvement est calculée sur le montant des
opérations portées au débit.
- Les frais d’écriture et de port correspondent à une facturation des opérations passées
et des frais de port.
30
2.2.2.3. Minimum de perception
2.2.2.3.1. Minimum décompté
Pour le calcul des agios, un minimum de 10 jours est souvent décompté à l’entreprise lors de la
remise à l’escompte d’effets de commerce. Le coût du crédit en est augmenté.
2.2.2.3.2. Forfait d’agios et de commissions
Parfois lors d’opérations d’escompte, la banque fixe un montant minimum d’agios.
2.2.2.3.3. Mode de calcul des agios
Le mode de calcul des agios dépend de leur conditionnalité de paiement :
 Agios postcompté : Lorsque les agios sont versés à la fin de la période pour laquelle le taux a
été défini
 Agios précompté : Lorsque les agios sont versés à l’avance, lors de la souscription du crédit.
Ce mode de paiement contribue à alourdir la charge de l’entreprise.
2.2.3. Coût Réel du Crédit
2.2.3.1. Détermination du coût
T ABLEAU 9 : C OUTS DE L ’E SCOMPTE ET DU D ECOUVERT
ESCOMPTE DÉCOUVERT
Taux d’intérêt de base Taux de base bancaire (tbb) Taux de base bancaire (tbb)
Majoration spécifique au Elle s’ajoute au tbb Elle s’ajoute au tbb et est supérieure à
crédit celle relative à l’escompte
Égal au nombre de jours séparant la Nombre de jours de découvert,
date de remise de l’effet à l’escompte de déterminé à partir des dates de valeur :
la date d’échéance, augmenté jours de valeur.
Nombre de jours
éventuellement de 1 ou de 2 jours de
banque. Un minimum de 10 jours est
souvent retenu.
Année bancaire 360 jours 360 jours
 Commission d’endos  Commission du plus fort découvert :
 Commission de service : Montant fixe Par mois de découvert
Commissions
par effet. Un minimum d’agios peut  Commission de compte
être retenu.
Principe de calcul des agios Précomptés Postcomptés

2.2.3.2. Application au cas de l’escompte


2.2.3.2.1. Les agios
Les agios comprennent les intérêts et les commissions. Le taux de l’escompte est égal au tbb ou
au taux du marché monétaire au jour le jour majoré par une marge dépendant de la solvabilité de
l’emprunteur. La durée correspond à celle séparant la date de remise de l’effet et celle de son
échéance, majorée d’un à deux jours de banque.

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2.2.3.2.2. Les commissions
Les commissions comprennent la commission d’endos, la commission de bordereau (calculée en
pourcentage de l’ensemble des effets remis à l’escompte) et les commissions fixes correspondant
aux opérations (commission de service, commission d’acceptation, commission de non-
domiciliation, commission d’impayé, commission de prorogation de l’effet). Ces commissions
varient selon les établissements et selon la nature des effets (support papier ou magnétique). Elles
sont assujetties à la TVA et doivent faire l’objet d’une surveillance attentive de la part du trésorier
de l’entreprise.
Ces taux, qui incluent la commission d’endos, sont inférieurs aux taux des découverts, parce que
l’entreprise dispose d’une garantie (effets de commerce). Ces taux sont bien entendu purement
indicatifs. Ils sont majorés si les effets excèdent 90 jours. Les intérêts sont précomptés et donc le
taux effectif de l’escompte est supérieur à son taux apparent.
Si ni désigne le montant de chaque effet escompté, di sa durée jusqu’à l’échéance, t le taux
d’intérêt exprimé en pourcentage (y compris la commission d’endos) et se référant à une année de
360 jours, et C le total des commissions, la formule générale du calcul des agios est :

31
Les intérêts étant précomptés, le montant crédité au compte bancaire est égal au total de la
remise diminué des agios. Le taux effectif de l’escompte est donc égal aux agios divisés par le
crédit du compte bancaire (total de la remise Ŕ agios), divisé par la durée moyenne des effets remis
et multiplié par la durée de l’année exprimée en jours, si l’on fait abstraction de la TVA déductible
sur les commissions et de son remboursement avec décalage dans le temps :

2.2.3.2.3. Bordereau d’escompte


Le bordereau d’escompte spécifie :
 Date de remise à l’escompte
 Taux d’escompte : Le taux appliqué comprend le taux d’intérêt et la commission d’endos
 Jours de banque
 Nombre de jours
 Calcul des intérêts et de la commission de manipulation

2.2.3.2.4. Calcul du coût réel de l’escompte


 Le coût de l’escompte est représenté par le montant hors taxe des agios
 Évaluer le taux réel de l’escompte consiste à calculer le taux d’un emprunt qui aurait le
même montant, la même durée et le même coût que le crédit d’escompte.

2.2.3.3. Application au cas du découvert


2.2.3.3.1. Méthode des nombres, échelle d’intérêts et le ticket d’agios
 Méthode des nombres

est appelé « nombre »

est appelé « diviseur » qui reste fixe pour un taux déterminé.

 Échelle d’intérêts et le ticket d’agios


- L’échelle d’intérêts permet de calculer les intérêts débiteurs en fonction du montant et
de la date de chaque opération et des commissions appliquées
- Le ticket d’agios donne le détail des sommes prélevées par la banque au titre des

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intérêts et commissions multiples.

2.2.3.3.2. Arbitrage entre escompte et découvert


T ABLEAU 10 : C OMPARAISON E SCOMPTE ET D ECOUVERT
ESCOMPTE DÉCOUVERT

 Obtention facile grâce aux  Utilisable pour des périodes très


garanties brèves : moins coûteux que
 Taux nominal peu élevé l’escompte
AVANTAGES

 Coût généralement faible :  Souplesse : adaptation aux besoins


commission faible en montant et en durée
 Moyen de recouvrement des
créances
 Recouvrement assuré par la
banque

32
ESCOMPTE DÉCOUVERT

 Coût élevé pour des effets de faible  Taux nominal supérieur à celui de
montant ou dont l’échéance est l’escompte
proche : minimum 10 jours d’agios

INCONVÉNIENTS
 Coûts administratifs élevés lors de
l’émission et de la gestion des
traites
 Manque de souplesse : montant
des effets parfois supérieur au
besoin de trésorerie ou encore
insuffisant : d’où une sur-
mobilisation

2.3. LES PLACEMENTS À COURT TERME


Ces dernières décennies, les possibilités de placements pour le trésorier ont connu un véritable
développement. Le placement est une affectation de l’épargne à un emploi distinct de l’activité
professionnelle habituelle en vue d’en tirer profit.
Le placement est distinct de l’investissement même financier dans la mesure où il es dissocié du
processus de production.
2.3.1. Critères de Choix des Placements
Une bonne gestion de la trésorerie consiste à assurer la solvabilité de l’entreprise au moindre
coût ; cela signifie que l’entreprise doit être en mesure d’honorer ses échéances financières à tout
moment, en maintenant une encaisse minimum. Par ailleurs, elle appelle à maximiser le
rendement des placements de ses excédents de trésorerie éventuels.
La gestion de la trésorerie repose par conséquent sur le couple « sécurité / rentabilité ».
L’entreprise doit définir au préalable quel niveau de risque elle est disposée à prendre, et, par
conséquent, quel niveau de rendement elle se limite.
L’entreprise s’assigne ainsi un couple rentabilité – risque admissible.
Le critère de rentabilité est souvent contradictoire à celui de la sécurité.
2.3.1.1. La rentabilité
La rentabilité dépend non seulement des intérêts perçus mais aussi des plus values. Le
rendement des placements n’est connu qu’a posteriori : ce qui rend aléatoire le choix du meilleur
placement.
2.3.1.2. La sécurité.
Les placements en actions et, dans une moindre mesure, en obligations présentent un risque de
moins value (risque en capital) alors que les placements en titres de créances négociables offrent

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une meilleure sécurité.
Les placements au taux fixe présentent un risque de taux si le taux du marché augmente alors
que, pour les placements à taux variable, le risque est celui d’une baisse de taux.
2.3.2. Facteurs de Décision
Le choix de placement dépend des facteurs ci-après :
 Durée prévue du placement
 Anticipation sur l’évolution des taux d’intérêts et des taux de change, dans le cas de
placement en monnaie étrangère.
 Attitude de l’entreprise par rapport au risque en capital
 Régime fiscal.

Les concours à court terme comprennent apparemment plusieurs catégories de crédit. En réalité,
la diversité des techniques de financement à court terme recouvre deux questions : la qualité des
garanties que l’emprunteur peut apporter à sa banque, et le coût comparé des moyens de
financement à court terme.
33
Il convient de dissocier les garanties directement apportées par les actifs d’exploitation (stocks,
créances clients, créances fiscales) et les garanties supplémentaires exigées par la banque pour
couvrir les concours à court terme. Il peut s’agir soit de garanties personnelles (cautions des
associés ou de tiers), soit de garanties réelles (hypothèques sur les immeubles, nantissement sur
les actifs immobilisés), y compris pour financer le cycle d’exploitation.
Le calcul du coût effectif des instruments de financement est toujours une opération complexe qui
doit tenir compte de l’ensemble des flux (encaissements et décaissements) qui caractérise chacun
d’entre eux. Seul un calcul actuariel permettant de prendre en considération le facteur temps
permet d’évaluer de la manière la plus précise possible ce coût effectif.
2.4. LE DÉCOUVERT EN COMPTE COURANT
Le découvert en compte courant constitue un moyen de financement des entreprises et des
particuliers auprès des banques. Le découvert correspond à un solde de compte bancaire débiteur
(dans les livres de la banque). Il s’analyse comme un prêt que l’établissement de crédit consent à
son client et donne lieu à rémunération, appelée agios, généralement calculée et payée tous les
trimestres.
Cette rémunération est composée d’intérêts proprement dits (post-comptés) et de commissions. Le
montant du découvert variant chaque jour, le calcul des intérêts est facilité par l’établissement
d’un document appelé échelle d’intérêt.

2.4.1. Échelle d’Intérêts


À la fin de chaque période, le plus généralement à la fin de chaque trimestre civil, parfois à la fin
de chaque mois, la banque va calculer les intérêts dus par l'entreprise du fait de la gestion de son
compte chez elle. Il y aura des intérêts à payer à chaque fois que le compte aura été au moins un
jour en position de découvert.
L'évolution de cette position en date de valeur tout au long de la période considérée s'appelle
l'échelle, et elle est le préalable au calcul même des agios, détaillés dans le ticket.
Pour établir cette échelle, la banque retraite l'ensemble des mouvements passés sur le compte en
banque au cours de la période, les classant par ordre de date de valeur, et déterminant le solde en
valeur à chaque jour.
Pour une période donnée, l’échelle d’intérêts est un tableau récapitulatif de l’ensemble des
mouvements et soldes du compte courant par date de valeur. Lors de l'édition, il fait apparaître :
 les mouvements du compte au débit et au crédit ;
 les soldes journaliers liés aux mouvements du compte ;
 le nombre de jours que le solde est resté inchangé ;
 le nombre débiteur produit du nombre de jours par le solde.

2.4.1.1. La date de valeur en cause


À l'intérieur de la période considérée, seules seront indiquées les dates de valeur pour lesquelles il
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y a un ou des mouvement(s), ou celles correspondant au dernier jour de l'application d'un taux.
2.4.1.2. Les mouvements en capitaux
Les sommes indiquées pour chaque date de valeur sont le cumul débit et/ou le cumul crédit des
opérations qui ont été passées avec la date de valeur en question. Il peut y avoir une somme au
débit et une somme au crédit.
2.4.1.3. Les soldes en valeur
Pour chaque date, lorsqu'il y a eu des mouvements, le solde est indiqué. Ce solde est égal au solde
en valeur de la veille, plus les mouvements créditeurs du jour moins les mouvements débiteurs
du jour. Ce solde sera débiteur ou créditeur.
2.4.1.4. Le nombre de jours
C'est le nombre de jours où le solde indiqué va rester inchangé.
Exemple :
Il y a des mouvements valeur le 5 mai 2014, puis des mouvements valeur le 9 mai 2014. Sur la
ligne du 5 mai 2014, le nombre de jours sera égal à 4, puisque le solde en valeur du 5 mai 2014
est valable pour ce jour, mais aussi pour les 6 mai 2014, 7 mai 2014 et 8 mai 2014. 34
2.4.1.5. Les nombres
C'est le produit du solde en valeur par le nombre de jours où ce solde reste inchangé. Ces
nombres sont débiteurs si le solde en valeur est débiteur, créditeurs dans le cas contraire.
Ces nombres sont totalisés, sans compensation entre nombres débiteurs et nombres créditeurs, à
la fin de l'échelle ou à chaque changement de taux.

2.4.2. Le Ticket d’Agios


Suite logique de l'échelle, le ticket est le calcul exact des intérêts mis à la charge de l'entreprise
pour la période concernée. Ce ticket comprend plusieurs éléments.
Le montant de la rémunération de la banque sur une opération de découvert est constitué de trois
types d’éléments :
 la commission de plus fort découvert (CPFD), calculée en appliquant un taux au plus fort
découvert de chaque mois ;
 la commission de mouvement, qui s’applique au total des mouvements débiteurs de la
période (hors ceux effectués vers un compte tenu dans le même établissement).
 les intérêts débiteurs, calculés sur les soldes débiteurs, au prorata du nombre de jours de
découvert, selon la technique de l’intérêt simple post-compté ou intérêt payable à
l’échéance. Le taux d’intérêt applicable est négociable auprès des établissements de crédit
comme la majorité des autres conditions proposées par les banques aux entreprises. Il
dépend du taux de base bancaire (tbb)8.

Les commissions qui ne sont pas calculées prorata temporis ne sont pas considérées comme des
intérêts, et font donc l’objet d’une facturation de TVA. C’est le cas de la CPFD, de la commission
de mouvement, de la commission de tenue de compte (fixée forfaitairement), des commissions de
dépassement (du découvert autorisé), etc.
Il existe des mouvements exonérés tels que les agios, les rectifications d’écritures, les virements
entre comptes bancaires d’une même entreprise, etc.
2.4.2.1. Les intérêts débiteurs
Les intérêts sont calculés à partir de ce document selon la méthode des nombres, sur la base
d’une année commerciale de 360 jours. Le calcul se fait en nombre exact de jours de découvert
par solde. Ces soldes sont établis par la banque en date de valeur, dates qui sont différentes des
dates d’opérations.
Les banques ont pour pratique de retarder les encaissements et d’avancer les décaissements.
Autrement dit, les intérêts débiteurs sont égaux au total des nombres débiteurs multiplié par le
taux et par . Le taux appliqué est, comme la majorité des taux de financement, une base à
laquelle s’ajoute une marge. Les bases utilisées sont essentiellement le tbb (base historique de
toutes les déterminations de taux de crédits).
La marge est par définition un élément négocié, sur la base du tbb. La banque peut ajouter un

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complément spécifique en fonction du risque qu’elle prend sur l’entreprise.
Si, par exemple, une entreprise effectue une remise de chèque en date J (date d’opération), la
banque enregistre l’opération le jour J, mais les fonds ne sont considérés comme disponibles sur
le compte qu’en J+2 ouvrés, soit deux jours ouvrés après la date de remise des documents.
Dans ce cas, l’établissement applique deux jours de banque.
Si le solde du compte est resté débiteur d’un montant pendant jours, les intérêts à payer
s’élèvent à :

Si le solde du compte est resté débiteur d’un montant pendant jours, puis pendant
jours, les intérêts s’élèvent à :

8 Le tbb est un taux de référence servant à une banque lorsqu’elle accorde des crédits ; il est fixé librement par chaque
établissement de crédit en fonction du coût de ses ressources.
35
De façon générale :

Avec : le nombre débiteur.


Le calcul des intérêts s’obtient en appliquant un taux proportionnel journalier à la somme des
nombres débiteurs.
2.4.2.2. La commission de plus fort découvert (CPFD)
La CPFD s'applique « flat », c'est-à-dire sans application d'un coefficient (au total des plus
forts découverts de chacun des trois mois).
Remarque
Il est important de bien réaliser le coût complémentaire que peut induire la CPFD. En effet, si les
banques appliquent une limite maximum (50% ou 100% du montant des intérêts liés au
découvert), c'est qu'elle peut le dépasser et que son coût devient excessif.
Les trésoriers cherchent beaucoup, dans leurs négociations, à éliminer cette commission, qui
représente, dans une gestion normale, 2 à 3 points d'augmentation du taux effectif du découvert.
2.4.2.3. La commission de mouvements (de compte)
La commission de mouvements s'applique au total des mouvements débiteurs non exonérés sous
déduction des mouvements créditeurs exonérés, avec un taux flat. Ce taux dépend de la banque.
Deux types de mouvement sont automatiquement exonérés de cette commission : les différents
frais bancaires (la banque ne prélève pas de frais sur les frais qu'elle facture, etc.) et les
régularisations.
Il est d'usage (il suffit en pratique de le demander dès que la banque ne l'applique pas d'office) que
soient exonérés de cette commission :
 Les virements de trésorerie,
 Les opérations relatives à des crédits (renouvellement).

À noter que certaines banques les exonèrent d'office et le précisent dans leurs conditions
générales. Il convient de préciser que cette commission, qui est calculée au moment de
l’établissement de l’échelle d’intérêts et est prélevée avec les agios, n’est pas un agio, mais bien
une commission de service. Son montant n’est pas un indicateur de bonne ou mauvaise gestion
de la trésorerie de l’entreprise, mais un indicateur du mouvement confié à telle ou telle banque, et
donc un indicateur de la répartition du mouvement entre les banques.
Il n'y a pas de rémunération des nombres créditeurs.
2.4.2.4. Les frais fixes

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Il y a parfois des frais fixes complémentaires, de faible valeur nominale. Les intérêts débiteurs et
la CPFD ne sont pas soumis à la TVA. En revanche, la commission de compte et les frais fixes
sont soumis à cette taxe. Il n'y a aucune normalisation de présentation entre les banques.
2.4.3. La Forfaitisation des Commissions
Les commissions sont une rémunération de la banque à l'opération, et sont dans la majorité des
cas d'un montant indépendant de celui de l'opération en elle-même. Il ne s'agît ni de donner une
liste exhaustive de ces commissions, ni une tarification. La liste exhaustive serait fastidieuse
(seules seront indiquées les grandes familles), et la tarification dépend de chaque banque. Cette
dernière tient à la disposition de chacun de ses clients un document qui précise les différentes
conditions d'application de ces commissions.
Il est rare qu'une entreprise utilise la totalité des services correspondant à toutes ces différentes
commissions, et il est important pour le trésorier de connaître, pour les opérations qu'il est amené
à réaliser de manière plus ou moins fréquente, les coûts qui lui seront facturés, et qu'il lui
appartient de négocier.
Les commissions sont en général débitées au moment de la réalisation de l'opération à laquelle
elles se rapportent, et le débit est exonéré de la commission de compte (la banque ne prenant pas
d’agios sur les agios).
36
Il faut savoir que la tendance des banques est à une augmentation constante et significative de
ces commissions, avec vraisemblablement pour objectif de compenser l’incidence de la baisse des
taux.
L'application de ces commissions conduit à de nombreuses écritures en comptabilité, et à un suivi
attentif de la part de l'entreprise qui peut avoir du mal à détecter une évolution de la facturation
bancaire qui ne lui serait pas favorable. En effet, leur faible valeur unitaire rend les variations
éventuellement importantes en valeur relative, très modiques au niveau de chaque opération.
Beaucoup d'entreprises cherchent de plus en plus à travailler « au forfait ». Après une analyse des
opérations réalisées avec une banque au cours des périodes précédentes, une négociation peut
permettre de se faire appliquer un montant forfaitaire global, qui remplace les commissions pour
toutes les opérations confiées à cette banque pour une période donnée (le mois ou le trimestre).
Cette approche permet un gain de temps important, et simplifie dans des proportions non
négligeables la comptabilisation des frais financiers. Elle implique de la part de l'entreprise un
contrôle minimum, pour vérifier que les hypothèses de nombre d'opérations par type qui ont
permis d'établir le forfait ne sont pas remises en cause de manière significative.
2.4.4. Le Calcul de l’enjeu
L'enjeu de gestion de trésorerie est à la fois un indicateur de mesure de performance et un calcul
fondamental de la gestion au jour le jour. Il va permettre de justifier un certain nombre de
décisions.
Chacun sait que la meilleure position bancaire est le ZÉRO. En effet, tout solde créditeur pourrait
être placé (et donc engranger un produit) ou correspond à une sur-mobilisation de crédit. En
outre, tout solde débiteur a un coût, et pourrait être remplacé par un financement de coût
inférieur (ou une cession de placement).
L'enjeu mesure a posteriori le gain potentiel réalisable dans le cadre de la gestion quotidienne des
comptes en banque de l’entreprise. C'est la mesure de l'écart entre le produit et/ou le coût de la
gestion effectivement réalisée et le produit et/ou le coût optimal, avec une « trésorerie 0 »9 sur les
comptes en banques.
Les comptes créditeurs en banque dans certains pays ne sont pas rémunérés. Force est de
constater qu’à l’exception des grands groupes, les sociétés voient les banques leur refuser cette
rémunération.
Les comptes n'étant pas rémunérés, toute somme qui « dort » sur un compte laissé créditeur est
une somme qui coûte à l'entreprise. En effet, si l'entreprise est utilisatrice de crédits, le fait d'avoir
des soldes créditeurs en banque implique que le niveau des crédits mis en place est trop
important : il y a sur-mobilisation, et le coût est le coût du crédit. Il se calcule au taux plein du
crédit mis en place sans rien rapporter de fait à l'entreprise.
A contrario, si l'entreprise a une trésorerie excédentaire, toute somme créditrice sur un compte en
banque est une somme qui n'a pas été placée, qui ne rapporte rien alors qu'elle pourrait rapporter
le taux du placement qui aurait pu être fait. Il s'agît d'un « non-gain » qui, en terme de gestion, est
bien équivalent à un coût.

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Dans les deux cas, c'est un taux plein qu'il faut prendre en compte : taux du financement trop
important mis en place, ou taux du placement qui aurait pu être effectué.
L'enjeu sur les soldes créditeurs se calcule en valorisant les nombres créditeurs au taux du crédit
utilisé ou au taux du placement qui aurait pu être réalisé.
Lorsque la position des comptes en banque est négative (débitrice), l'entreprise paie des agios à sa
banque : frais financiers. Il est possible de réduire les frais, en réduisant sa position de découvert.
Si l'entreprise a une trésorerie déficitaire, elle va réduire son découvert en mobilisant un crédit.
Elle va donc réduire ses frais de découvert, réduire sa CPFD, si elle y est soumise, mais payer les
intérêts sur la mobilisation de son crédit. Le gain réel, sera l'écart entre les deux sommes, et donc
se calculera en appliquant aux nombres débiteurs le différentiel de taux. A la somme ainsi
obtenue, il faudra ajouter l'impact de la CPFD.
A contrario, si la position de trésorerie globale de l'entreprise est excédentaire, il sera possible de
réduire le découvert en cédant certains placements. L'entreprise va donc réduire ses frais de
découvert, réduire sa CPFD si elle y est soumise, mais perdre le produit du placement.

9 L’expression classique « trésorerie 0 » est employée, mais qu’il faut parler de position de « banque 0 » pour être tout à fait exact.
37
Le gain réel, sera là aussi l'écart entre les deux sommes, et se calculera comme ci-dessus, en
appliquant aux nombres débiteurs le différentiel de taux. À la somme ainsi obtenue, il faudra
toujours ajouter l'impact de la CPFD.
L'enjeu sur les soldes débiteurs se calcule en valorisant les nombres débiteurs au différentiel de
taux entre le découvert et ce par quoi il peut être remplacé : mise en place d'un crédit, ou cession
d'un placement, et en tenant compte de la CPFD.
L'enjeu de gestion de trésorerie est le total des deux chiffres.
Si les soldes créditeurs sont rémunérés, le calcul est légèrement différent pour déterminer le coût
d’un solde positif. En effet, il y a alors lieu de les valoriser à un taux égal à l’écart entre le taux du
crédit sur-mobilisé (ou du placement non réalisé) et le taux de rémunération obtenu de sa
banque.
2.4.5. Les Différentes Formes de Placements
Il existe une diversité de formes de placements pouvant être distingués par leur degré de liquidité,
par la nature de la créance, par la motivation (se protéger contre la hausse de prix, faire profit ou
bénéficier d’un simple garde de l’épargne) etc.
Outre, l’acquisition de biens réels (tableaux, pierres précieuses, etc.), le placement peut être
bancaire ou financier.
2.4.5.1. Placements bancaires
 Dépôts à terme (placement de trésorerie, à moyen ou à long terme)
 Bons de caisse.

2.4.5.2. Placements sur le marché


 Valeurs mobilières
- Placement en actions
- Placement en obligations
 Titres de créances négociables
- Bon du Trésor négociable (BTN)
- Billet de trésorerie (BT)
- Certificat de dépôt (CD)

2.4.5.3. Placements auprès d’une autre entreprise


 Escompte fournisseur : Il s’agit de la possibilité pour une entreprise de régler ses
fournisseurs au comptant, moyennant un escompte (appelé escompte de règlement) au lieu
de les régler à plus longue échéance.
 Avance en compte courant à une entreprise.
 Prêt à long terme : Ces prêts ne sont possibles que si l’une des entreprises est un
établissement financier.

2.4.5.4. Les négociations avec la banque Gestion de Trésorerie | Année Académique 2013 - 2014
La libéralisation des taux a ouvert la voie à la négociation avec la banque. L’entreprise connaît
l’enjeu financier qui en découle. Le domaine de négociation est large, le financier peut négocier le
taux, le jour de valeur, les commissions et/ou les garanties.
Mais la négociation doit être ciblée et adonnée selon des priorités pour être efficace. Dans la
pratique, pour négocier avec le banquier, il est utile de construire un dossier de négociation.

38
CONCLUSION
Le remplacement du découvert par « autre chose » est bénéfique pour l'entreprise, mais il y a
toujours, statistiquement, certains flux que le trésorier ne maîtrise pas parfaitement. Il lui
appartient bien entendu de réduire autant que possible ces flux, puis il doit gérer sa position en
banque en négatif, en visant en permanence un solde négatif du montant non maîtrisé.
Notons cependant qu’en période de taux bas et d’écart important entre le tbb et les taux du
marché monétaire, une société qui serait en position de trésorerie globale positive et qui aurait
son taux de découvert indexé sur le tbb aurait alors intérêt à gérer ses comptes en position
positive, le taux plein vu ci-dessus étant alors inférieur au différentiel constaté entre le taux du
découvert et le taux du placement.
Le calcul s’impose dans tous les cas, avant de décider du sens de la gestion quotidienne.
De plus, il y a lieu d’analyser le « coût » de ces comptes en banques positifs ou négatifs : lorsque la
société est en position de trésorerie excédentaire et qu’elle laisse des soldes en banque créditeurs,
il n’y a pas directement de coût, mais un manque à gagner, ce qui est identique en termes de
qualité de gestion. Alors que si elle est en position de trésorerie déficitaire, il y a une réelle charge
d’intérêts liée à la sur-mobilisation de crédit.
Il faut aussi remarquer l'importance relative de la CPFD. C'est un élément que nous aurons
plusieurs fois l'occasion de montrer, et qui explique pourquoi les trésoriers cherchent au
maximum à la faire disparaître.
Enfin notons que lorsque la rémunération des soldes créditeurs sera appliquée, ces nombres
créditeurs rapporteront le taux qui aura été négocié, et que le calcul de valorisation aura à être
modifié en conséquence : le coût d’un solde créditeur sera la différence entre le taux du crédit
utilisé (ou le taux du placement qui aurait pu être fait) et le taux de cette rémunération.

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Annexe 1
LES INTÉRÊTS SIMPLES
Capital ou principal : Somme d’argent mise à disposition d’un emprunteur ou placée par un épargnant.
Intérêt : Pour un emprunteur (consommateur, entreprise, etc.), c’est le prix à payer au prêteur (banque, etc.) pour utiliser un capital
pendant un temps donné. Pour un épargnant, c’est le rapport d’un placement (récompense pour la remise à plus tard de l’utilisation
d’un capital).
C’est donc le loyer de la somme prêtée ou placée, calculé en utilisant un taux d’intérêt appliqué au capital. Ce taux est une fonction
du temps (croissante), du risque (il y a un risque de contrepartie : l’emprunteur peut faire défaut ; le taux d’intérêt sera une fonction
croissante du risque : plus l’emprunteur fait prendre de risque, plus le taux est élevé), des conditions économiques en général (si le
prêteur a la possibilité de placer son argent à 4.5%, il n’acceptera pas de prêter à moins). Le taux dépend donc de nombreux
paramètres économiques, financiers, politiques, de circonstances propres à l’opération considérée (durée, solvabilité de
l’emprunteur, etc.).
Valeur acquise par le capital : c’est le capital augmenté des intérêts acquis pendant le temps couru au-delà de la date choisie
comme origine des temps. Elle est toujours associée à une date.

Annexe 2
LE PAIEMENT À CRÉDIT
Le paiement à crédit correspond à des échéances variables.
T YPOLOGIE DES CONDITIONS DE REGLEMENT
Conditions de règlement Durée moyenne du crédit accordé
Fin de mois 15 jours
30 jours 30 jours
30 jours fin de mois 45 jours
30 jours fin de mois le 10 55 jours
60 jours 60 jours
60 jours fin de mois 75 jours
60 jours fin de mois le 10 85 jours
90 jours 90 jours
90 jours fin de mois 105 jours
90 jours fin de mois le 10 115 jours
Les calculs concernant les mentions « fin de mois » et « fin de mois le 10 » sont les suivants :
- Soit un paiement à 30 j fin de mois, si le fait générateur est :
 le 1er du mois M (livraison ou date de facture, etc.), le règlement aura lieu le 30 du mois , soit un crédit effectif de
(cas favorable pour le client) ;
 le 30 du mois M, le règlement aura toujours lieu le 30 du mois M+1, soit un crédit effectif de 30 j (cas défavorable pour le
client).
En moyenne, la durée est de :

- Si le paiement est stipulé à 30 j fin de mois le 10, les règlements auront lieu le 10 de M+2, soit 30 j + 30 j + 10 j =70 j après Gestion de Trésorerie | Année Académique 2013 - 2014
le fait générateur (cas favorable au client). En moyenne dans ce cas, la durée est de :

Cette démarche peut être appliquée de façon identique aux autres conditions. L’examen des conditions est également riche
d’enseignement. Les conditions à 90 j et plus méritent une analyse. Ces conditions extrêmes correspondent pour l’entreprise à un
véritable investissement, un emploi quasiment stable de ses fonds. Un crédit client de plusieurs mois est générateur d’encours
importants. Ainsi, si un client achète mensuellement et paie à , l’encours qui en découle de façon permanente est de
. L’entreprise vendeuse est alors amenée à consentir à son client l’équivalent de
crédit de .
Accepter des conditions de règlement, c’est pour l’entreprise faire du crédit, jouer le rôle de banquier sans être professionnel du
secteur. L’entreprise fait autre chose que son métier :
- Elle fait métier de banquier en faisant du crédit au client alors qu’elle n’en a pas forcément les moyens (montage du dossier,
analyse financière, etc.) ;
- Elle fait métier du banquier lorsqu’elle fait de la transformation de ressources courtes par nature en un financement stable.
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Annexe 3
SYNTHESE DE LA CONSTRUCTION DU BUDGET DE TRESORERIE

Annexe 4
RESUME DE QUELQUES TECHNIQUES DE FINANCEMENT DES CREANCES
Garantie
Objet de la Mode juridique
Recouvrement pour la banque
mobilisation et pratique
ou le factor
Affacturage Ensemble des Subrogation Par le factor Subrogation du
créances clients personnelle factor dans tous
conventionnelle les droits attachés
(transmission de

Gestion de Trésorerie | Année Académique 2013 - 2014


créances au factor
au moment où
celui-ci les paie au
créancier)
CMCC Ensemble des Escompte d’un Par les soins du Aucune garantie
créances clients biller à ordre créancier ou de la
regroupant les banque en vertu
créances d’un mandat
donné par le
créancier
CMC sur Créances sur Escompte d’un Par les soins du En principe,
l’étranger l’étranger biller à ordre créancier garantie par une
regroupant les banque.
créances sur
l’étranger

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