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4 Flux électrostatique

.
Théorème de Gauss
Exercice 15 ∗∗ ― Flux électrostatique créé par une charge ponctuelle
1. On place une charge ponctuelle q au centre d'un cube d'arête a. Calculer le
flux du champ électrostatique créé par la charge à travers chaque face du cube.
2. Reprendre la même question pour la charge q placée à l'un des sommets du
cube.
3. La charge q est maintenant placée au sommet d'un tétraèdre régulier.
Calculer le flux du champ électrostatique créé par la charge à travers chaque
face du tétraèdre.
Solution :
1. Par définition, le flux élémentaire créé par une charge ponctuelle q, placée en O, à travers une
surface fermée S, est donné par:
q
φ= Ω
4π ε0
Lorsque la charge ponctuelle q est placée au centre O du cube, on voit depuis le point M, le cube
(tout l'espace) sous un angle solide Ω = 4 π .

Par conséquent, depuis le point O, on voit chacune des faces sous un angle solide Ω f = . On en
6
déduit l'expression du flux électrique à travers chaque face du cube:
q 4π q
φ= =
4π ε 0 6 6ε0

2. Lorsque la charge ponctuelle q est placée en l'un des sommets du cube, le trièdre (Oxyz) dans
4π π
lequel se trouve le cube, est vu depuis ce sommet sous un angle solide Ω = = .
8 2
Numérotons les différentes faces pour faciliter l'écriture des expressions du flux:
46 Mohamed Akbi © Exercices d'électrostatique

1 La face de gauche; 4 La face de derrière;


2 La face du bas; La face du haut;
La face de droite; La face de devant.
z

4
q
1 O y
2

x
Fig. E15
On en déduit l'expression du flux électrique à travers les faces du cube (Fig. E15):
q π q
φc = =
4π ε0 2 8ε0
q
La répartition du flux φc = s'effectue de la façon suivante:
8ε 0
Les faces 1, 2 et 4 (les faces adjacentes au sommet O) sont vues sous un angle
solide nul. Elles sont donc traversées par un flux nul;
Les trois faces , et reçoivent le même flux φ', en raison de la symétrie:
φc q
φ'= =
3 24 ε 0
3. La charge q étant maintenant placée au sommet d'un tétraèdre régulier, le flux du champ
électrostatique créé par la charge à travers les faces du tétraèdre, adjacentes au sommet où se
trouve la charge q, est nul.
4π π
Du sommet où se trouve la charge, on voit le tétraèdre sous un angle solide Ω = = .
12 3
q π
La face en regard du sommet reçoit alors un flux électrostatique: φ =
4 π ε0 3
q
Soit: φ=
12 ε 0
4. Par définition, le flux élémentaire créé par une charge ponctuelle q, placée en O, à travers
une surface fermée S, est donné par:
q
φ= Ω
4π ε0
4. Flux électrostatique – Théorème de Gauss 47

Lorsque la charge ponctuelle q est placée au centre O du cube, on voit depuis le point M, le
cube (tout l'espace) sous un angle solide Ω = 4 π .

Par conséquent, depuis le point O, on voit chacune des faces sous un angle solide Ω f = .
6
On en déduit l'expression du flux électrique à travers chaque face du cube:
q 4π q
φ= =
4π ε 0 6 6 ε0
5. Lorsque la charge ponctuelle q est placée en l'un des sommets du cube, le trièdre (Oxyz)
4π π
dans lequel se trouve le cube, est vu depuis ce sommet sous un angle solide Ω = = .
8 2
On en déduit l'expression du flux électrique à travers les faces du cube (Fig. E15):
q π q
φc = =
4π ε0 2 8ε0

Exercice 16 ∗∗ ― Champ et potentiel électrostatiques créés par


deux sphères concentriques chargées en surface
On considère deux sphères S1 et S2 concentriques (Fig. E16.1), creuses et
d'épaisseur négligeable, de rayons respectifs R1 et R2 (R1 < R2), et de
charges totales respectives Q1 = +Q et Q2 = −Q. Ces charges sont distribuées
uniformément sur les surfaces des sphères correspondantes.
1. Exprimer le champ électrique E ( r ) et le potentiel V ( r ) en tout point de
l'espace.
2. On place une charge ponctuelle +Q au centre des deux sphères (Fig.
E16.2). Exprimer le champ électrique total en tout point M de l'espace.
On suppose maintenant que les deux sphères S1 et S2 sont chargées
uniformément en surface avec des densités respectives −σ et +σ
(Fig. E16.1).
3. Calculer l'intensité du champ électrique en tout point M de l'espace.
4. Tracer la courbe E ( r ) pour les trois cas et la courbe V ( r ) pour le
premier cas seulement.
+Q +Q
R2 R2
R1 R1
O Q O
−Q

Fig. E16.1 Fig. E16.2


48 Mohamed Akbi © Exercices d'électrostatique

Solution :
1.
Détermination du champ électrique
• Par symétrie, le champ électrique est radial:
E ( r ,θ , ϕ ) = E ( r ,θ , ϕ )u r
• Par symétrie (invariance par n'importe quelle rotation autour de O), le champ électrique est
indépendant des variables angulaires θ et ϕ:
E ( r ,θ , ϕ ) = E ( r ) u r
En raison de la symétrie du champ électrique, on choisit comme surfaces de Gauss des sphères
de rayon r et de centre O. On déterminera le champ électrostatique dans trois régions :
0 < r < R1
Choisissons une surface de Gauss sphérique Σ1 de rayon 0 < r < R1 (Fig. E16.1); Σ1 ne
contient pas de charges électriques, le champ électrique est nul. L'application du théorème de
Gauss permet donc d'écrire:
∫∫ E ⋅ dS = 0 ⇒ E ( r ) = 0
∑1

S2

S1
R2 Σ R1
+Q -Q ur
Σ2 Σ3

Fig. E16.1
R1 < r < R2
Choisissons maintenant une surface de Gauss Σ2 comprise entre S1 et S2; le champ électrique
est perpendiculaire à Σ2 et son module est constant en tout point de Σ2. La surface Σ2 contient
une charge électrique totale −Q. L'application du théorème de Gauss permet donc d'écrire:
Q
∫∫ E ⋅ dS = ∫∫ E ⋅ dS u r ⋅ n = ∫∫ E dS = E S = − ,
∑2 ∑2 ∑2
ε0
1 Q
On obtient: E = − u r . Le champ électrique E ( r ) est dirigé de S2 vers S1.
4π ε0 r 2
r > R2
Choisissons cette fois ci, une surface de Gauss sphérique Σ3 de rayon r > R2; Σ3 contient une
charge électrique totale nulle, le champ électrique à l'extérieur de S2 est nul. L'application du
théorème de Gauss permet donc d'écrire:
−Q + Q
∫∫ E .dS = =0 ⇒ E (r ) = 0
Σ3
ε0
4. Flux électrostatique – Théorème de Gauss 49

Récapitulatif
Pour r < R1 , E ( r ) = 0 ,

1
Q
Pour R1 < r < R2, E = − ur ,
4π ε0 r 2

Pour r > R2, E ( r ) = 0 .

Détermination du potentiel électrostatique

Pour r < R1
Le potentiel est obtenu par intégration:
dV
= 0 ⇒ dV ( r ) = 0
dr
On obtient: V ( r ) =V 1 , où V1 est une constante.

Pour R1 < r < R2


Le champ électrique dérive d’un potentiel ⇒ E (r ) = −∇V ( r )

dV 1 Q
− u r = E ( r ) ⇒ dV ( r ) = − E ( r ) ⋅ dr = − u r ⋅ u r dr
dr 4π ε 0 r 2 1

1 Q
Par intégration, on obtient: V (r ) = − +V 2 , où V2 est une constante à déterminer.
4π ε 0 r
Pour r > R2
dV
Le champ électrique dérive d’un potentiel ⇒ E (r ) = −
dr
dV
= 0 ⇒ dV ( r ) = 0
dr
On obtient: V ( r ) =V 3 , où V3 est une constante à déterminer.

Détermination des constantes:


− Le potentiel est nul à l'infini (par convention):
lim V ( r ) = 0 ⇒ lim (V 3 ) = 0 ⇒ V3 = 0
r →∞ r →∞

− Le potentiel est continu en r = R2:


1 Q 1 Q
− +V 2 = 0 ⇒ V2 =
4π ε0 R 2 4π ε 0 R 2
− Le potentiel est continu en r = R1:
1 Q 1 Q Q  1 1 
− + =V 1 ⇒ V1 =  − 
4 π ε 0 R1 4 π ε 0 R 2 4 π ε 0  R 2 R1 

On remarque que V1 est le potentiel en O créé par les charges −Q et +Q aux distances R1 et R2
respectivement.
50 Mohamed Akbi © Exercices d'électrostatique

Récapitulatif
 1 1 
Q
Pour r < R1 , V ( r ) =  − ,
4 π ε 0  R 2 R1 
Q  1 1
Pour R1 < r < R2, V (r ) =  − 
4π ε 0  R 2 r 
Pour r > R2, V ( r ) = 0

2.
Détermination du champ électrique
En raison de la symétrie du champ électrique, on choisit comme surfaces de Gauss des sphères
de rayon r et de centre O. On déterminera également le champ électrostatique dans trois
régions :
0 < r < R1
Choisissons une surface de Gauss sphérique Σ1 de rayon 0 < r < R1 (Fig. E16.2); Σ1 contient
une charges électrique +Q, l'application du théorème de Gauss permet donc d'écrire:
Q
∫∫ E ⋅ dS = ∫∫ E ⋅ dS u r ⋅ n = ∫∫ E dS = E S = + ,
∑1 ∑1 ∑1
ε0

S2

S1
R2 R1
+Q -Q ur Σ1
+Q Σ2 Σ3

Er

Fig. E16.2
On obtient:
1 Q
E =+ u r ; le champ électrique diverge de la charge ponctuelle +Q.
4π ε 0 r 2
R1 < r < R2 :
Choisissons maintenant une surface de Gauss Σ2 comprise entre S1 et S2; Σ2 contient une
charge électrique totale nulle, l'application du théorème de Gauss permet donc d'écrire:
−Q + Q
∫∫ E .dS = = 0 ⇒ E (r ) = 0
Σ3
ε0
r > R2
Choisissons cette fois ci, une surface de Gauss sphérique Σ3 de rayon r > R2; Σ3 contient une
charge électrique totale égale à +Q, l'application du théorème de Gauss permet donc d'écrire:
Q
∫∫ ∑1
E ⋅ dS = ∫∫ E dS u r .n =
∑1 ∫∫ ∑1
E dS = E S = +
ε0
,
4. Flux électrostatique – Théorème de Gauss 51

1 Q
On obtient: E = + u r ; le champ électrique E ( r ) diverge de la sphère S2.
4π ε 0 r 2

Récapitulatif
1 Q
Pour r < R1 , E = + ur ,
4π ε 0 r 2
Pour R1 < r < R2, E ( r ) = 0 ,
1 Q
Pour r > R2, E = + ur .
4π ε 0 r 2
3.
Détermination du champ électrique

En raison de la symétrie du champ électrique, on choisit comme surfaces de Gauss des sphères
de rayon r et de centre O. On déterminera le champ électrostatique dans trois régions :

0 < r < R1

∫∫ E ⋅ dS = 0 ⇒ E (r ) = 0
∑1

R1 < r < R2
Q1 4π R12σ
∫∫
∑2
E ⋅ dS = ∫∫ E ⋅ dS u r ⋅ n =
∑2
∫∫
∑2
E dS = E S = −
ε0
=−
ε0
,

1 Q1 σ R12
On obtient: E = − u r ⇒ E = − u Le champ E ( r ) est dirigé de S2 vers S1.
4π ε0 r 2 ε0 r 2 r

r > R2
−Q1 + Q 2 4π ( R 22 − R12 ) σ σ ( R 2 − R1 )
2 2

∫∫ E .dS = = ⇒ E (r ) = ur
Σ3
ε0 ε0 ε0 r2

Récapitulatif
Pour r < R1 , E ( r ) = 0 ,

σ R12
Pour R1 < r < R2, E = − u ,
ε0 r 2 r

σ ( R 2 − R1 )
2 2

Pour r > R2, E ( r ) = ur .


ε0 r2

Détermination du potentiel électrostatique

Pour r < R1
Le potentiel est obtenu par intégration:
dV
= 0 ⇒ dV ( r ) = 0
dr
52 Mohamed Akbi © Exercices d'électrostatique

On obtient: V ( r ) =V 1 , où V1 est une constante.

Pour R1 < r < R2

Le champ électrique dérive d’un potentiel ⇒ E (r ) = −∇V ( r )


dV σ R12
− u r = E ( r ) ⇒ dV ( r ) = − E ( r ) ⋅ dr = u ⋅u dr
dr ε0 r 2 r 1 r
σ R12
Par intégration, on obtient: V (r ) = − +V 2 , où V2 est une constante à déterminer.
ε0 r
Pour r > R2
dV
Le champ électrique dérive d’un potentiel ⇒ E (r ) = −
dr
σ ( R 2 − R1 )
2 2
dV
− u r = E ( r ) ⇒ dV ( r ) = − E ( r ) ⋅ dr = − u r ⋅u r dr
dr ε0 r2 1

σ ( R 2 − R1 )
2 2

On obtient: V (r ) = +V 3 , où V3 est une constante à déterminer.


ε0 r

Détermination des constantes:


− Le potentiel est nul à l'infini (par convention):
lim V ( r ) = 0 ⇒ lim (V 3 ) = 0 ⇒ V3 = 0
r →∞ r →∞

− Le potentiel est continu en r = R2:

σ ( R 2 − R1 )
2 2
σ R12 σ
− +V 2 = ⇒ V2 = R
ε0 R2 ε0 R2 ε0 2
− Le potentiel est continu en r = R1:
σ R12 σ R1 σ R 2 σ
− +V 2 =V 1 ⇒ − + =V 1 ⇒ V 1 = ( R − R1 )
ε 0 R1 ε0 ε0 ε0 2
Récapitulatif
σ
Pour r < R1, V 1 = ( R − R1 ) ,
ε0 2
σ R12 σ
Pour R1 < r < R2, V (r ) = − + R
ε0 r ε0 2
σ ( R 2 − R1 )
2 2

Pour r > R2, V (r ) =


ε0 r

4. Les tracés de E ( r ) pour les cas (1), (2) et (3) sont représentés par les figures E16.3,
E16.4 et E16.5. Le tracé de V ( r ) pour le cas (1) est représenté par la figure P16.6.