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CM-Cours Généralités sur les structures en charpentes métalliques

1.1 STRUCTURE EN CHARPENTE MÉTALLIQUE


1.1.1- Définition
Une structure en charpente métallique est un assemblage d'éléments métalliques sous forme
de profilés commerciaux ou de profilés reconstitués soudés (PRS), servant à la construction
d'une ossature métallique suivant une forme et une utilisation bien déterminé. La figure 1.1
représente les principaux éléments d'une charpente métallique.

Portée
Travée

Fig.1.1 : Terminologie des éléments en Construction Métallique.[1]

Les composantes de la charpente de la figure 1.1 sont listées dans le tableau 1.1.
Tab 1.1: Terminologie d'une Structure en Charpente Métallique
1 Poteau (HEA ou IPE)
2 Ferme ou traverse (HEA ou IPE)
3 Lisse filante
4 Baionnette
5 Diagonale de versant
6 Panne (IPE ou IPN)
7 Chêneau en tôle pliée
8 Faitière métallique
9 Couvertine métallique
10 Goutière 1/2 ronde
11 Chassis vitrée
12 Bardage métallique à ondes verticales
13 Lisse de bardage
14 Croix de stabilité
15 Potelet de pignon (HEA ou IPE)
16 Jarret

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1.1.2-Domaines d'applications
Les principales motivations qui nécessitent l'utilisation d'une construction en charpente
métallique, sont :
− L'utilisation d'un matériaux résistant et ductile tel que l'acier avec ces bonnes propriétés
mécaniques,
− Facilité d'usage dans le secteur industriel et du BTP dans la construction des squelettes
d'ossatures,
− Courts délais de réalisation des différents types de structure.
Ainsi, les grands domaines d'applications des structures en charpentes métalliques sont très
vastes et variés. Ils trouvent leurs mises en œuvre dans la majorité des disciplines suivantes :
− Génie Mécanique : Ponts roulants, grues de levage, portiques, etc... (Fig.1.2),

Fig.1.2: Photo d'une Grue de levage sur chantier [3]

− Génie Electrique : Pylônes de haute tension, de télécommunication, construction des


halls pour groupe turboalternateurs ,...etc. (Fig.1.3),

Fig.1.3: Photo d'un Pylône de ligne électrique haute tension [4]

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− Génie Civil : Bâtiments et urbanisation, hangars, usines industriels,...etc. (Fig.1.4),

Fig.1.4: Photo d'un Bâtiment industriel de grande hauteur [5]

− Génie pétrolier: Derick, les plates formes Offshore, grues portuaires, les grues
flottantes, etc...

Fig.1.5: Photo d'une plate forme pétrolière [6]

1.2 CLASSIFICATION DES CHARPENTES


Les aciers ont les meilleurs caractéristiques mécaniques en matière de résistance et facilité
de mise en oeuvre, de ce fait ils offres un choix multiple dans leurs usages. En effet, on peut citer
quatre types de structures qui peuvent englobés les besoins d'un point de vue structurale et
architecturale.

1.2.1-Charpente en profilés de commerce


Dans le commerce, il ya plusieurs profilés standarts qui répondent au choix de formes et de
dimensions obtenues après étude et détermination des contraintes selon un cahier de charges
préétablit d'avance par le maître de l'ouvrage. On trouve les profilés suivants :
− IPE, UAP et HEA : Ils sont utilisés pour la charpente à charges d’exploitation légères,
comme pannes sablières...etc (Fig.1.6)

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Figure 1.6: Profilés du commerce IPE. [7] Figure 1.7: Profilés du commerce UAP. [8]
− HEB : Ils sont employés pour les charges lourdes, comme planchers de reprise, poutres
de roulement (Fig.1.8).

Figure 1.8: Profilés du commerce (HEB) [9]

1.2.2- Charpente en profilés reconstitués soudés [PRS]


Les charpentes en PRS constituent des structures légères et très résistantes ayant une
architecture bien pensée et des possibilités architecturales innovantes. Les profilés reconstitués
soudés (PRS) sont des profilés dont la forme a été conçue de sorte à optimiser ses performances
vis-à-vis des sollicitations (Figure 1.9). Les PRS présentent les avantages :
− De résistance : optimisation du profilé par rapport aux sollicitations,
− Architecturaux : libération d’espace, grande portée possible, plus esthétique que les
poutres treillis,
− Economiques : gain de masse, diminution du nombre d’assemblage.
Par contre en matière d'inconvénients, le recours au PRS entraîne des surcoûts par rapport à une
structure classique et cela en :
− Etude : le dimensionnement d’une pièce unique en fonction de charges propres est plus
long que pour un cas classique,
− Fourniture : la fabrication de la pièce étant unique, ce qui fait augmenter le temps de
fourniture de la pièce. Ce surcoût peut être très variable selon le type de PRS,
− Fabrication : assemblage et usinage parfois complexe.

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Figure 1.9 : Structure Métallique en PRS [10].

1.2.3-Charpente en treillis
Les treillis sont très largement utilisés en construction des structures en charpente
métallique. Ce sont des structures dont les pièces sont assemblées de façon à former des
triangles. Ce dernier, a été pris comme base de ces constructions parce qu'il est la seule entité
indéformable du point de vue géométrique (Figure 1.10). L’utilisation de treillis a pour objectif
de minimiser le poids de la structure et maximiser la rigidité. Ils se retrouvent comme fermes de
toitures, ossatures de ponts, de grues, de ponts roulants et de pylônes, ...etc.
On fait appel à ce mode de réalisation dans le but essentiel d'alléger l'ensemble d'une
construction tout en assurant une plus grande stabilité. Cependant, les structures en treillis
entraînent des surcoûts principalement en :
− Fourniture : (selon les profilés utilisés pour le treillis),
− Fabrication : En atelier les treillis sont soudés, ce qui augmente considérablement le
temps de fabrication,
− Montage : Profilés pré assemblés, nécessitant souvent plusieurs équipes de montage et
moyens de levage.

Figure 1.10: Pont en Treillis [11]

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1.2.4-Charpente en élements tubulaires


Les structures tubulaires sont composées de profilés en rond creux (Figure 1.11). Pour avoir
un bon appuis des montants, les poteaux sont munis de raidisseurs. Ce genre de construction est
choisis pour des raisons architecturales mais le surcoût de sa réalisation en fourniture, fabrication
et montage la rend délicate et onéreuse.

Figure 1.11: Structure Tubulaire [12]

1.3 - AVANTAGES ET INCONVENIENTS


Une structure en charpente métallique présente les avantages suivants :[2]
− La qualité de résistance et de tenacité de l'acier par rapport à son poids rend la structure
plus légère même si elle est volumineuse,
− L'acier possède une structure interne homogéne et uniforme cela implique constance
des propriétés mécaniques dans toute la structure,
− L'élasticité de l'acier offre à la structure une bonne tenus aux charges dynamiques,
− La possibilité de standarisation des pièces de la charpente métallique vue leurs
ressemblances et des changements possibles,
− Un large éventail d'application en matière de forme géométrique implique plusieurs
choix et desirs architecturaux (besoins d'ésthétiques),
− Une meilleure durabilité avec les moyens existant de protection (revêtement, peinture).
− La facilité de montage et de démontage de la structure,
− La rapidité de la mise en oeuvre,
− La récupération et la réutilisation des éléments de la structure apès démontage.
Parcontre l'inconvénient majeur est la mauvaise résistance à la corrosion d'une structure en
acier y compris leur mauvaise résistance au feu. En plus,de La résonnance élevée qui implique
une faible isolation acoustique.
Une structure en acier représente, aussi, une faible isolation thermique due aux effets des
dilatations non négligeables et à une conductivité thermique élevée .

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1.4 - DESCRIPTION DES ELEMENTS D'UNE CHARPENTE METALLIQUE


1.4.1- Les fermes
1.4.1.1- Définition
La ferme. est l'élément principal du comble, elle possède une forme triangulaire
préfabriquée en profilés, renforcée interieurement par des montants et des diagonales (éléments
barres), assemblés dans des points appelés noeuds (Figure 1.12). Ces barres (montants et
diagonales) sont sollicités seulement à la traction et/ou à la compression.
Dans une charpente métallique, la ferme, est posée sur des murs porteurs, sur des poteaux, ou
sur les pannes sablières par l'intermédiaire de goussets.

Figure 1.12: Partie gauche d'une ferme triangulaire [13]

On trouve deux sortes de fermes :


− Fermes classiques : comme la ferme triangulaire, trapézoidal et la ferme à versants
brisés (Figure 1.13),

Figure 1.13: Ferme à versants brisés [14]

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− Fermes spéciales : comme la ferme Anglaise, la ferme Belge, la ferme Américaine, la


ferme Polonceau et la ferme Shed ...etc.(Figure 1.14)

Figure 1.14: Fermes spéciales [15]

1.4.1.2- Critéres de choix d'une ferme


Vu l'existance de différents types de fermes, pour sélectionner un type précis, on s'appui sur
les critères de choix suivants :

− Utilisation ou non du comble ;


− Portée de la structure ;
− Débort de toiture ;
− Pente du toit ;
− Poids de la couverture ;
− Poids des plafonds.

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1.4.2- Les pannes


1.4.2.1 Description
Dans une construction en charpente métallique, l'élément panne fait partie de la toiture, il
représente le deuxième élément principal du comble après les fermes.
La panne se présente comme étant une structure métallique unidimensionnelle, ayant la
configuration d'une poutre droite à section constante normalisée. Cette poutre est appuyé sur des
traverses(fermes), sa fonction principale est de supporter les charges propres et les charges
d'exploitations de la structure.
Elles sont destinées à transmettre les charges et surcharges qui s'appliquent sur la couverture
(toiture ou plancher), aux appuis (traverses ou fermes). Elles font partie de la famille des
produits longs laminés à chaud et sont réalisées en série de profilé IPE, IPN, UAP et UPN
comme le montre la figure 1.15.

(a) (b)

(c) (d)
Figure 1.15: Types de section des Profilés pour les pannes [16]
a) Profilé IPE, b) Profilé IPN, c) Profilé UAP, d) Profilé UPN

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1.4.2.2 Pose et fixation d'une panne


La pose et la fixation des éléments pannes sur les traverses (fermes) dans les structures en
charpente métallique servent à la formation des liaisons (jonctions) d'assemblages. Ces jonctions
ont un double rôle, d'un côté permettre la construction spaciale de la structure et en autre,assurer
la stabilité de l'ensemble.
Les pannes sont assemblées aux fermes par l'intermédiaire d'échantignoles (Figure.1.16). Soit par
boulounage ou par soudage (liaison indémontable). Cette liaison assure une bonne transmission
et répartition des efforts au niveau du comble.

Figure 1.16 : Assemblage d'une panne sur une ferme. [17]

1.4.3- Les poteaux


Les poteaux sont des éléments de charpente utilisés en construction métallique comme
supports d’ossatures. Ils travailent donc essentiellement en compression et ils sont contrains au
flambement pour des portées importantes.

1.4.3.1-Types de Poteaux
− Sections en I et H (laminés à chaud) : c’est la forme la plus courante et la plus
économique. Convient particulièrement bien au raccordement de poutres dans les deux
directions. (Figure 1.17).

Figure 1.17: Section en I et H

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− Sections caissonées et sections pleines en acier : Conviennent pour des poteaux avec
fortes charges, section de dimensions réduites En raison de la surface extérieure lisse, de
préférence sans enrobage (Figure 1.18).

Figure 1.18: Section en caisson et pleine

c -Profilés creux: Les caractéristiques mécaniques des profilés de dimensions extérieures


identiques peuvent être graduées par la variation de l'épaisseur des parois. Le remplissage en
béton augmente la résistance mécanique et la résistance au feu. (Figure 1.19).

Figure 1.19: Section en profilés creux

d-Les poteaux composés : Les poteaux composés sont formés de plusieurs profilés ceu-ci
sont assemblés ; soit par des cornieres en treillés ( en V ou en N), soit par des fers plats. On peut
aller jusqu'a 30m de portée avec ce type de poteau. Ils prennent differentes formes en plan,
suivant la disposition des membrures. (Figure 1.20).

Figure 1.20: Poteaux composés

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1.4.3.2-Pieds de Poteaux
Les pieds de poteaux forment la Partie inferieure du poteau reliée a la fondation. Ils peuvent
être articulés, encastrés ou simplement appuyés (Figure 1.21). Leur rôle est de repartir les
charges supportées sur la surface de la fondation. La liaison des poteaux aux fondations doit être
rigide afin de résister aux différents efforts appliqué et par conséquent assuré l’encrage et la
stabilité de l’ouvrage.

NK0 NK0
NK0
T K0 T =0
T K0
Mf= 0 Mf= 0
Mf K 0
Mf= 0 Mt= 0
Mt= 0

(a) (b) (c)


Figure 1.21: types de liaisons poteaux avec fondation [11]
a) encastrement 4 à 6 boulons ; b) appui articulé ; c) appui simple
1.4.3.3-Types et moyens d'ancrage des Poteaux
Les poteaux sont ancrés à la fondation (sol) par boulonnage et par l'intermédiaire de tiges
d'encrages qui sont disposées dans l'alvéole d'ancrage de différentes façons (Figure 1.22)

Figure 1.22: Dispositions des tiges d'encrages [11]

Les Tiges d'ancrages c'est des barres en acier haute résistance, travaillant à la traction. Elles
sont de formes droites ou courbées a leurs extrémités (Figure 1.23) pour s'acrrocher a une barre
horizontale appelée la clé d'ancrage qui est encastrée dans le béton de la fondation.

(a) (b) (c) (d)


Figure 1.23 : Types de tige d'encrage [11]
a) Tige à tête de marteau, b) Tige à tête circulaire, c) Tige à tête courbé, d) Tige à tête contre courbé

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La platine d'extrémité (Figure 1.24); C'est un plat d'acier rectangulaire soudé à l'extrémité
du profilé de poteau et dont l'épaisseur ne peut excédée de beaucoup l'épaisseur de l'âme du
poteau.

Poteau Trou de passage


de la tige d'ancrage
Soudure

Figure 1.24: La platine d'extrémité [11]


1.4.4- Les éléments de stabilité ou contreventements
1.4.4.1. Définition
On entend par contreventement, tout dispositif assurant la stabilité d’une ossature vis-à-vis
des efforts horizontaux (vent, ponts roulants, poussée des terres, …) et par extension ceux
assurant la stabilité transversale (flambement, déversement) de certaines parties de l’ouvrage.
1.4.4.2 Notion de stabilité
Un ouvrage sera stable si, quelques soient les efforts qu’il sera amené à subir, directs ou
dérivés, provisoires normaux ou exceptionnels, ne pourra ni s’effondrer, ni se renverser mais
également si les déformations et les déplacements seront suffisamment faibles pour ne pas nuire
à la poursuite de son exploitation.
Assurer la stabilité d’une structure spatiale comme l'ossature d'une charpente métallique
consiste à la rendre stable statiquement et dynamiquement, cela revient a essayé de faire transiter
les efforts par les éléments rigides de la construction et les acheminés jusqu’aux
appuis.(fondation).
On peut cités comme éléments de contreventement les croix, les cadres et les systèmes de
treillis qu'on peut les placées dans la toiture et sur la face longitudinale et
transversale.(Figure1.25)

1- Longitudinaux 5- de Poinçon 4- d'Entrait


2- Transversaux
3- de Rampant
Figure 1.25: Contreventements dans une structure en charpente métallique

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1.4.5- Bardages
Les bardages dans une charpente métallique constitues la couche superficielle extérieure du
bâtiment, généralement composée de bois, de métal ou de matériaux composites. Ils assurent à
la fois la résistance mécanique, l’étanchéité , l’isolation thermique, l'isolation acoustique et
enfin l’esthétique. En matériaux métalliques on distingue deux types de bardage :
− Bardage simple peau : Il s’agit d’une simple paroi en tôle, composée de plaques
profilées ou ondulées, en acier ou en aluminium, dont les nervures peuvent être disposées
verticalement, obliquement ou horizontalement.
− Bardage double peau : Une telle façade est composée de deux parements en tôle
profilée, généralement de grande longueur, disposés de part et d’autre d’un matériau
isolant.(Figure 1.26)

Figure 1.26: Les éléments d'un bardage double peau. [1]

1.4.6- Toitures (Couvertures)


L’acier est très fréquemment utilisé comme toitures. Il peut servir de support d’étanchéité
aux toitures plates ou à faibles pentes, permettant un net gain de poids par rapport à une dalle en
béton armé. Les couvertures équipant la grande majorité des bâtiments métalliques sont de deux
types :
− Couverture simple en tôles ondulées.(Figure 1.27 a)
− Couverture en bacs d'acier nervurés. (Figure 1.27 b)

(a) (b)
Figure 1.27: Les éléments de la toiture [13]
a) couverture simple ; b) couverture en bac d'acier

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1.5 - MATERIAUX UTILISES EN CHARPENTE METALLIQUE


1.5.1-Nuances d'Aciers.utilisés en charpente métallique
Les nuances des aciers utilisés en construction métallique et mécanique sont portées sur le
tableau 1.2
Tableau 1.2: Aciers selon les Normes NF EN 10025 et NF EN 10027 [18]
Nuance Rmin Remin Emplois
S 185 290 185
S 235 340 235
Acier à usage général
S 275 410 275
S 335 490 355
E 295 470 295
E 335 570 335 Acier de construction mécanique
E 360 670 360
Rmin : Résistance minimale à la rupture en [Mpa]
Remin : Résistance minimale apparante d'élasticité en [Mpa].

1.5.2-Correspondance entre les aciers utilisées en charpente métallique


Le tableau 1.3 et le tableau 1.4 représentent la comparaison des aciers utilisées en charpente
métallique selon certaines normes.
Laminé à chaud
Limite Désignation selon Désignation selon
EN 10025-2:2004 EN 10025:1990 +A1:1993
d'élasticité Symbolique Numérique Symbolique Numérique France Allemagne
[Mpa] NF EN 10025 NF EN 10025 NF EN 10025 NF EN 10025 NF A DIN
NF En 10027-1 NF En 10027-2 NF En 10027-1 NF En 10027-2 35-501 17100
185 S 185 1.0035 S185 1.0035 A 33 St 33
235 - - S235JR 1.0037 E24-2 St.37-2
- - S235JRG1 1.0036 - USt 37-2
S235JR 1.0038 S235JRG2 1.0038 - RSt 37-2
S235JO 1.0114 S235 JO 1.0114 E 24-3 St 37-3U
S235J2 +N 1.0117 +N S235J2G3 1.0116 E 24-4 St 37-3N
S235J2 1.0117 S235J2G4 1.0117 -
275 S275JR 1.0044 S275JR 1.0044 E 28-2 St 44-2
S275JO 1.0143 S275JO 1.0143 E 28-3 St 44-3U
S275J2 +N 1.0145 +N S275J2G3 1.0144 E 28-4 St 44-3N
S275J2 1.0145 S275J2G4 1.0145 -
355 S355JR 1.0045 S355JR 1.0045 E 36-2 -
S355JO 1.0553 S355JO 1.0553 E 36-3 St 52-3U
S355J2 +N 1.0577 +N S355J2G3 1.0570 - St 52-3N
S355J2 1.0577 S355J2G4 1.0577 - -
S355K2 +N 1.0596 +N S355K2G3 1.0595 E 36-4 -
S355K2 1.0596 S355K2G4 1.0596 - -
295 E295 1.0050 E295 1.0050 A 50-2 St 50-2
335 E335 1.0060 E335 1.0060 A 60-2 St 60-2
360 E360 1.0070 E360 1.0070 A.70-2 St 70-2

Tableau 1.3 Correspondance des normes des aciers laminés à chauds


utilisés en charpente métallique.

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Laminé à chaud patinable (acier faiblement allié au Cuivre-Nickel-Phosphore, à résistance


améliorée à la corrosion atmosphérique par formation d'une patine protectrice)
Désignation selon Désignation selon
Limite
EN 10025-2:2004 EN 10025:1990 +A1:1993
d'élasticité Symbolique Numérique Symbolique Numérique France Allemagne
[Mpa] NF EN 10025 NF EN 10025 NF EN 10025 NF EN 10025 NF A DIN
NF En 10027-1 NF En 10027-2 NF En 10027-1 NF En 10027-2 35-501 17100
235 S235JOW 1.8958 S235JOW 1.8958 E24-W3 WTST 37-2
- - 1.8961 S235J2W 1.8961 E24-W4 WTST 37-3
355 S355JOW 1.8945 S355JOWP 1.8945 E36WA3 WTST 36-3
S355J2WP 1.8946 S355J2WP 1.8946 E36WA4 WTST 36-3
S355JOW 1.8959 S355JOW 1.8959 E36WB3
S355J2W +N 1.8965 +N S355J2G1W 1.8963 - WTST 52-3
S355J2W 1.8965 S355J2G2W 1.8965 E36WB4
S355K2W+N 1.8967 +N S355K2G1W 1.8966
S355K2W 1.8967 S355K2G2W 1.8967

Tableau 1.4 Correspondance des normes des aciers patinable laminés à chauds
utilisés en charpente métallique.

1.5.3-Exemple de désignation des nuances d'aciersde construction métallique [15]

Groupe acier Conditions de traitements

Caractéristiques mécaniques +M laminage Thermomécanique


Limite élastique Re [Mpa] +N laminage Normalisant
+AR brut de laminage

Caractéristiques mécaniques groupe1 Conditions spéciales

Résilience Z15 15 % de striction


min 27 J......min 40 J Temp °C
Z25 25 % de striction
JR / + 20
JO / 0 Z35 35 % de striction
J2 / - 20

Caractéristiques mécaniques groupe2

L pour basses températures


M laminage thermomécanique
N laminage normalisant
W patinable

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1.6 - REALISATION D'UN PROJET EN CHARPENTE METALLIQUE


1.6.1. Introduction
Généralement, à l’origine d’un projet, on trouve un problème à résoudre qui fera appel à la
notion de gestion de projet dont les principales étapes sont :
1. Initialisation / Cadrage,
2. Avant projet / Définir les objectifs,
3. Conception / Recherche des solutions,
4. Planification,
5. Réalisation / Mise en œuvre / Exécution,
6. Clôture / Fermeture / Terminaison.
En plus, ces étapes sont en interaction permanente pendant toute la durée de déroulement du
projet.
L'étape initialisation du projet en question consiste à définir la finalité du projet en terme de :
− Clarification du besoin,
− Identification du projet,
− Formulation du Projet.

1.6.2-Cahier des charges


Le cahier des charges (ou spécifications techniques du besoin) est le document maitre à
fournir avant le début d'un projet. Il doit définir les objectifs et les besoins à satisfaire ainsi que
les contraintes et exigences à caractéristique sociale, urbanistique, architecturale, fonctionnelle,
technique et économique, d’insertion dans le paysage...etc, relatives à la réalisation de l’ouvrage.
Le cahier des charges est composé de plusieurs programmes :
− Le programme architectural et urbanistique détermine les exigences en fonction des
contraintes réglementaires, techniques et fonctionnelles mais aussi politiques tels que les
symboles et les images de représentations. Par exemple une façade d’un collège doit
obligatoirement avoir "Le nom du collège" ainsi que les emblèmes de la nation.
− Le programme fonctionnel doit aborder plusieurs points :
− Études des besoins,
− Définition de l’organisation de la structure (Organigramme),
− Définition de la taille minimale et maximale des différents éléments de la structure,
− Définition des services communs,
− Définition des équipements,
− Définition des rythmes d’usages, des flux des différents locaux,

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1.6.3-Etapes de réalisation d'un projet en charpente métallique


Dans le cas de la construction d'une structure en charpente métallique, le projet est un
processus complexe qui nécessite une collaboration de plusieurs acteurs et intervenants à savoir
(le maître de l'ouvrage, maître d'œuvre, contrôleur, bureau d'études technique et l'entreprise de
réalisation). Ce processus s'appuie sur une documentation rédigée (Cahier des charges et devis)
et une autre graphique (plan de situation, plan de masse, dessin d'ensemble et dessin
d'exécution). Les principales étapes d'un projet en structure métallique sont classées selon la
figure 1.28.

ETAPE : 01 Conception de l'ossature métallique


1- Conception assistée par ordinateur [CAO].
2- Procédés de fabrications réduction des déchets
3-Dessin 3D suivant plans architecturaux

ETAPE : 02 Dimensionnements & Calculs


1- Etude de la stabilité de la structure [RDM]
2- Calcul des assemblages
3- Vérification des conditions de résistances et déformations.

ETAPE : 03 Production des profilés en acier

1- Profilage/Formage des tôles à froid


2- Découpage/Usinage (perçage) d'éléments profilés
3- Soudage des éléments formants des pièces uniques standards.

ETAPE : 04 Assemblage de l'ossature métallique

1- Vérification / assemblage des éléments en panneaux 2D en usine


2- Préparation des plans de montages sur chantier
3- Choix des moyens de montages sur chantier.

ETAPE : 05 Transport de la structure

1- Choix des moyens de transport et voies d'acheminements


2- facilité le transport en démontant les éléments démontables.
3- bien pensé aux éléments. Lourds volumineux de la structure.

ETAPE : 06 Montage sur chantier

1- Risques préventions et sécurités sur chantier


2- Gestion de chantier / organisations et logistiques.
3- Moyens utilisés manutention et levage grues fixes /mobiles.

Figure 1.28 : Organigramme représentant les étapes d'un projet en charpente métallique

20
Mémentos acier
Concevoir et
Construire
en acier

Collection
Marc Landowski

Bertrand Lemoine
Collect ion Mém entos acier

Con cevoir e t
co n s tru ire
e n a cie r
Ma rc La n d ow ski
Bert ra n d Lem oin e
Réalisation

Bu ild in g & Con st ru ct ion Su p p ort


19 a ven u e d e la Libert é
L-2930 Lu xem bou rg
w w w.con st ru ct a lia .com
w w w.a rcelor.com

Auteurs
Ma rc La n d ow ski
Bert ra n d Lem oin e

Direction éditoriale
Ced a m / Bert ra n d Lem oin e
130, a ven u e d e Versa illes
F-75016 Pa ris Fra n ce

Coordination éditoriale
Eve Jou a n n a is

Conception graphique
Josep h Défossez

Nou s rem ercion s p ou r leu r


relect u re a t t en t ive et leu rs
correct ion s ju d icieu ses :
a gen ce Du bosc et La n d ow ski,
Th ierry Bra in e-Bon n a ire, Jea n
Da lsh eim er, Géra rd Dela ssu s,
Jea n -Lou is Ga u lia rd , Pa t rick
Le Pen se, Pierre Qu a q u in , Bru n o
Th éret , Loïc Th om a s, Au rélien
Tru t t .

Tou s d roit s d e rep rod u ct ion ,


d e t ra d u ct ion et d ’a d a p t a t ion
réservés p ou r t ou s p a ys. Nou s rem ercion s éga lem en t p ou r leu r con t ribu t ion :
Lou is Fru it et , les éd it ion s d u Mon it eu r, les éd it ion s
Pa ren t h èses, les éd it ion s Pu blim ét a l, les Presses
© Arcelor, Lu xem bou rg, 2005
p olyt ech n iq u es et u n iversit a ires rom a n d es, l’Ot u a ,
les sociét és Arcelor Sect ion s Com m ercia l, Ha iron ville,
ISBN : 2–9523318–0–4 PAB, La fa rge p lâ t re, Profil d u Fu t u r, Ugin e & ALZ.
(Avant-propos)
Concevoir et construire sont les phases essentielles et complémentaires de l’acte
de bâtir assurées par les maîtres d’œuvre, architectes et ingénieurs, et les entre-
prises. Leurs savoir-faire, leurs compétences, leurs cultures doivent s’accorder pour
produire une architecture de qualité, qui réponde au mieux aux pratiques et exi-
gences des usagers et s’insère durablement dans un environnement donné.

Concevoir et construire se font avec des matériaux et chacun d’entre eux a ses spé-
cificités tant sur le plan conceptuel que technique, mécanique et formel. Matériau
de structure, mais aussi de plancher, de façade, de couverture, de cloisonnement,
d’aménagement, l’acier peut être partout présent dans un édifice et ce à des degrés
très divers, en gros œuvre comme en second œuvre, suivant le désir des concepteurs
et des clients. Il représente un choix déterminant dès la conception, structurel
notamment, qui exige rigueur et précision mais qui donne maîtrise du projet, liberté
de création et choix de solutions adaptées.

Construire avec de l’acier relève de la filière composite. C’est un matériau dont la


préparation et la mise en forme se fait en grande partie en atelier et dont les élé-
ments arrivent sur le chantier prêts à être montés et associés à d’autres matériaux.
La logique de la construction avec l’acier est une logique d’assemblage, où l’ossa-
ture se fait par points porteurs de type poteaux-poutres, sur lesquels viennent se
greffer les éléments de planchers, d’enveloppe et de partitions. Là aussi, l’antici-
pation des choix techniques permet de tirer parti au mieux des possibilités archi-
tecturales du matériau.

L’acier relève d’un univers bien spécifique avec ses familles de produits, longs ou
plats, ses profilés à froid, ses pièces moulées, forgées ou mécanosoudées, ses
poutres, poutrelles et poteaux en forme de H de I, de U, etc. Suivant le projet, la
structure sera plane, spatiale ou encore suspendue, haubanée… Elle pourra être
mixte, en acier-béton, ou tout acier, souvent associée à des façades en verre, des pan-
neaux de bois, de béton, de plâtre… Elle peut être formée d’arcs, de poutres cintrées,
de poutres en treillis, de poutres alvéolaires, de tubes et être associée à des plan-
chers secs ou mixtes. Les portées peuvent être grandes, sans point d’appui inter-
médiaire, etc. L’acier se prête à toutes sortes de mises en œuvre et offre une gamme
importante d’aspects. On peut même dire qu’il existe des aciers puisque l’acier
inoxydable par exemple n’a pas la même composition que l’acier au carbone, et que
ceux-ci se déclinent en de multiples nuances.

Dans cet ouvrage de la collection « Mémentos acier » sont abordés de manière syn-
thétique et didactique tous les aspects importants de la construction en acier. Les
qualités mécaniques de ce matériau, les possibilités techniques et formelles qu’il
offre sont présentées et largement illustrées de dessins et de photographies, avec
le souci constant de faire de ce manuel un outil d’aide à la conception à la fois
simple et pratique, utile aux professionnels et aux étudiants.
1 LE MATÉRIAU ACIER 6
Les produits longs 8
Les produits plats 10

12
2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER

3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 18


Les efforts appliqués à la structure 19
La stabilité de l’ouvrage 23
La descente de charges 28
La note de calcul 29

4 LES ÉLÉMENTS DE LA STRUCTURE 30


Les poutres en treillis et les fermes 34
Les cadres articulés et les portiques 36
Les arcs et les catènes 39
Les structures spatiales 40
Les structures tendues et haubanées 44
Les ossatures légères 48
Les assemblages 49

5 LES PLANCHERS 54
Les dalles béton 55
Les dalles sur bacs acier 56
Les dalles avec bacs collaborants 57
Les planchers secs 60

6 LES FAÇADES 62
Le contrôle des ambiances 63
La composition de la façade 65
Les types de façade 67
Les façade rideau et façade panneau 69
Les bardages 72
Les points singuliers 74
(Sommaire)

7 LES COUVERTURES 76
Les toitures-terrasses à pente nulle 77
Les toitures-terrasses plates ou rampantes 78
Les toitures inclinées ou cintrées 79
Les typologies de couverture 81

8 LES AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS ET LA SERRURERIE 84


Les cloisonnements 85
La plafonds 87
La serrurerie 88

9 LA PROTECTION CONTRE LA CORROSION 90


Les revêtements métalliques 91
Les peintures 92
Les aciers inoxydables 94
Les aciers patinables 95

10 LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE 96


Le comportement des structures 99
La protection des structures 101

11 LE DÉVELOPPEMENT DURABLE 106

ANNEXES 109
La fabrication de l’acier 109
Bibliographie 111
Crédits iconographiques 112
1 LE MATÉRIAU ACIER

L’acier est un matériau issu de la réduction du minerai de fer ou du recyclage


de ferrailles. Le fer est un élément très répandu dans l’écorce terrestre dont
il représente 5 % mais on ne le trouve pas à l’état pur. Il est combiné avec
d’autres éléments et mêlé à une gangue terreuse. La réduction de cet oxyde
e
nécessite l’emploi d’un combustible : du charbon de bois jusqu’au XVIII siècle,
puis du charbon de terre. Le métal ainsi obtenu est de la fonte qui contient
96 % de fer et 3 à 4 % de carbone et à partir de laquelle on produit de l’acier.

e
L’utilisation de l’acier dans la construction remonte à la fin du XIX siècle, bien
que les métaux ferreux soient connus depuis environ quarante siècles.
Auparavant on employait la fonte qui peut se mouler facilement mais se révèle
cassante et impossible à forger. Il faut donc l’assembler à l’aide de boulons,
de vis ou de clavettes. On est progressivement passé, à partir des années 1840,
de l’usage de la fonte à celui du fer puddlé, la fonte étant affinée industriel-
lement pour obtenir du fer pur, plus souple et plus facile à laminer, à percer
et à forger. Le principe des rivets posés à chaud a permis de disposer d’un
mode d’assemblage universel et facile à mettre en œuvre.

C’est une cinquantaine d’années plus tard que l’acier a pu être produit de
façon industrielle et s’imposer ainsi à partir des années 1890 comme le maté-
riau de la construction métallique, avec des caractéristiques physiques bien
supérieures au fer grâce à la présence de traces bien dosées de carbone et
d’autres éléments chimiques. L’assemblage s’est d’abord fait avec des rivets,
puis, à partir des années 1930, par la soudure ou le boulonnage. La sidérurgie
n’a cessé de perfectionner les qualités de ses aciers. La masse volumique de
l’acier est de 7850 kg/m3. Un mètre cube d’acier pèse donc près de 8 t.

Les familles d’acier

On distingue les aciers dits aciers au carbone des aciers inoxydables. L’acier
au carbone est aujourd’hui fabriqué par deux grandes filières d’importance à
Exemples de types d’acier
. Acier inoxydable austénitique : peu près égales : la filière fonte, où l’on réduit du minerai de fer dans un haut-
acier allié avec 17 % minimum de fourneau avant passage au convertisseur pour transformer la fonte en acier,
chrome, 7 % minimum de nickel,
et la filière électrique, où l’on traite directement des ferrailles (voir « La fabri-
plus éventuellement du molybdène,
du titane, du niobium... cation de l’acier » en annexe). Dans les deux cas l’acier est « mis à nuance »
. Acier inoxydable ferritique : acier dans une station d’affinage. L’acier inoxydable est quant à lui produit uni-
allié avec 17 % à 28 % de chrome,
0,1 % maximum de carbone, quement à partir de la filière électrique.
éventuellement du molybdène…
. Acier inoxydable martensitique :
Les aciers de construction contiennent en général de 0,1 à 1 % de carbone.
acier allié avec 12 à 17 % de chrome,
0,1 à 1 % de carbone, éventuellement Les additions sont variables : manganèse, silicium, molybdène, chrome, nic-
du molybdène, du nickel, du soufre… kel, titane, tungstène... En fonction de ses composants lors de la « mise à
. Acier autopatinable (Corten,
nuance » et des traitements thermiques subis par les alliages lors de leur éla-
Indaten, Paten...) : acier faiblement
allié avec un faible pourcentage boration, l’acier aura des résistances mécaniques variables. Il existe plus de
de cuivre, du nickel et du chrome. 3 000 nuances d’acier.

Mémentos 6 acier
Les formes de produits

Pour obtenir leur forme de finition et leurs caractéristiques mécaniques les


aciers courants dans la construction sont :
– laminés : ce sont les produits les plus couramment utilisés dans la construc-
tion métallique. Les demi-produits sont déformés successivement au travers
des laminoirs constitués par des cylindres qui compriment et étirent la masse
relativement malléable en raison de sa température encore élevée. L’étape ulté-
rieure possible est le laminage à froid. Ce procédé est principalement utilisé
pour façonner des tôles minces qui sont ensuite galvanisées et/ou pré-laquées ; Laminage de poutrelles.
– étirés ou tréfilés : par étirage ou tréfilage (à chaud ou à froid) on amène un
produit déjà laminé à une section plus réduite et à une plus grande longueur
pour former des barres ou des fils.

On distingue dès lors :


– les produits longs (poutrelles, palplanches, câbles, fils, ronds à béton...), obte-
nus par laminage à chaud, étirage ou tréfilage ;
– les produits plats (tôles, bardages, profils minces, profils creux...) qui subis-
sent en général un laminage à froid supplémentaire, à l’exception des tôles de
forte épaisseur.

Il existe aussi d’autres procédés moins courants de fabrication de pièces telles


que le forgeage, le moulage...

La classification des produits Laminage à chaud d’une bobine


d’acier.

Étant donné la vaste gamme de produits en acier offerte aux concepteurs, la


nécessité d’une réglementation des produits sidérurgiques apparaît évidente,
concernant le produit (forme, dimensions, aspect et état de surface) mais aussi
sa mise en œuvre. Actuellement, l’heure est à la transition des normes natio-
nales aux normes européennes.

La norme européenne comporte toujours les deux lettres EN (EuroNorme)


précédées pour chaque pays par celles son sigle national (par exemple : NF
Laminage à froid d’un bardage.
pour la France, DIN pour l’Allemagne, BS pour la Grande-Bretagne) ; viennent
ensuite de un à cinq chiffres.

La norme indique les exigences techniques, les procédés d’élaboration, l’état Exemples de normes françaises

de livraison, la composition chimique, les caractéristiques mécaniques et tech-


. NF EN 10025 : régit la fabrication des
produits laminés à chaud en acier de
nologiques, l’état de surface. construction.
Nous retiendrons deux types de normes : . NF EN 10088 : pour les aciers
inoxydables d’usage général.
– les normes définissant les nuances d’acier ; . NF EN 10034 : sur les tolérances
– les normes spécifiques aux produits accompagnées de leur tolérance. dimensionnelles des poutrelles IPE.

Concevoir 7 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE

( Les produits longs


)
On distingue plusieurs sous-familles de produits longs. Certains sont directe-
a ment fabriqués dans les usines sidérurgiques et sont disponibles en stock sur
b c
catalogue.
d

Les laminés marchands

e f Ce sont les ronds, les carrés, les ronds à béton, les plats, les cornières (L), les
fers en T, les petits U… Tous ces produits ont une section pleine.
g h
Les poutrelles
Laminés marchands :
a : rond plein
Les poutrelles laminées peuvent avoir différentes sections, en I, en U, ou en H.
b : carré plein
c : hexagone Elles conviennent aussi bien pour les poteaux que pour les poutres et sont
d : plat fabriquées en différentes nuances d’acier (en général 235 ou 355 Mpa), y com-
e : cornière à ailes égales
pris d’acier à haute limite d’élasticité (460 Mpa). Les longueurs maximales
f : cornière à ailes inégales
g : fer en T varient de 18 à 33 m suivant le profilé. Il existe différentes gammes suivant les
h : petit U ou UPN. pays : européenne, britannique, américaine, japonaise...

Les poutrelles en I

Les poutrelles en I sont de deux sortes :


– IPN : poutrelles en I normales. Les ailes sont d’épaisseur variable, ce qui
entraîne des petites difficultés pour les attaches ;
– IPE : poutrelles en I européennes. Les ailes présentent des bords parallèles,
Poutrelle IPN Poutrelle IPE les extrémités sont à angles vifs (seuls les angles rentrants sont arrondis). Les
Les hauteurs Les hauteurs
IPE sont un peu plus onéreux, mais plus commodes et sont d’usage courant.
vont de 80 à vont de 80 à
600 mm. 750 mm.
Les poutrelles en U

Il existe aussi deux sortes de profilés, les UPN, les UAP et les UPE. De la même
façon, les UPE présentent des ailes à bords parallèles et tendent à supplanter
les UPN, moins commodes à mettre en œuvre. Les hauteurs vont de 80 à
400 mm.
Poutrelles HEA, HEB et HEM.
Les poutrelles HE (gamme européenne)

Elles se décomposent en trois séries : HEA, HEB et HEM, suivant l’épaisseur


relative de leur âme et de leurs ailes. Leur section s’inscrit approximative-
ment dans un carré (la semelle a une largeur sensiblement égale à la hau-
teur du profil jusqu’à 300 mm de hauteur). Les ailes présentent toujours des
bords parallèles. Les hauteurs varient de 100 à 1100 mm (jumbos). Les profils
HEA, les plus légers, présentent le meilleur rapport performance/poids en
général et sont donc les plus utilisés. La progression des trois séries est inté-
ressante techniquement et architecturalement pour des composants en pro-

Mémentos 8 acier
E LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES

longement : poteaux d’un bâtiment à étages dont la section peut varier pro- Demi-poutrelles IPE et HE.
gressivement en fonction des efforts. Du fait de l’utilisation des mêmes trains
de laminage, les trois profils de même hauteur présentent la même dimension
intérieure entre ailes. Les épaisseurs ne varient que vers l’extérieur. Il existe
aussi des poutrelles HL (à très larges ailes), HD (poutrelles-colonnes) et HP
(poutrelles-pieux).

Les demi-poutrelles

Le découpage des poutrelles I et H suivant l’axe longitudinal a de multiples uti-


lisations : sections T, membrures de poutres...

Les poutrelles dissymétriques

Ce sont des poutres reconstituées composées soit d’un T et d’une large semelle
inférieure soudée (dénommées IFB, pour Integrated Floor Beam), soit formées Poutrelle dissymétrique IFB.
d’un H dont la semelle inférieure a été élargie par adjonction d’un plat (dénom-
mée SFB, pour Slim Floor Beam). Grâce à leur aile inférieure élargie, elles sont
particulièrement adaptées pour la pose de planchers préfabriqués, de cof-
frages en acier permettant d’incorporer la dalle dans la hauteur de la pou-
trelle, soit encore pour la pose de dalles alvéolaires en béton précontraint.

Les palplanches

Ces produits sont réalisés directement au laminage ou à partir de tôles profi-


lées. La section en U ouvert est la plus courante et les palplanches sont soli-
darisées les unes aux autres par un joint à double recouvrement. On utilise des
parois en palplanches pour contenir la poussée de talus, pour la construction
de murs de quais et de ports, la protection des berges, la mise en place de blin-
dages de fouilles et de batardeaux, l’édification de culées de pont, des parois Palplanches.
de parkings souterrains...

Câbles et fils machine Exemple de fils d’inox tissés.

Le fil machine est obtenu par tréfilage et étirage. En construction, il sert à


fabriquer des câbles. Les fils en inox peuvent aussi être tressés ou tissés pour
fabriquer des mailles de dessins variées, employées comme parements, écrans,
garde-corps, faux-plafond,...

Concevoir 9 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE

( Les produits plats


)
Les tôles et les larges plats

Les tôles sont fabriquées sous forme de bobines. Elles sont livrées en largeurs
standards ou à la demande, mais les largeurs sont en général limitées à 1 800
mm. L’épaisseur ne dépasse pas 16 à 20 mm pour les tôles laminées à chaud
et 3 mm pour les tôles laminées à froid. Celles-ci peuvent être mises en forme
par profilage, pliage ou emboutissage.

Les tôles nervurées

Ce sont des tôles minces que l’on nervure par profilage à froid à l’aide d’une
machine à galets. Les tôles nervurées sont issues de bobines galvanisées et
Profil nervuré. souvent prélaquées. Les applications concernent les produits d’enveloppe (bar-
dage), de couverture (bac, support d’étanchéité) et de plancher (bac pour plan-
cher collaborant ou à coffrage perdu), ainsi que les panneaux sandwich
incorporant des matériaux isolants.

Les profils creux

Les tubes de construction sont appelés « profils creux ». Ils sont fabriqués en
continu à partir de tôles minces ou moyennes repliées dans le sens de leur lon-
a b
gueur. Les soudures sont longitudinales pour les profils creux de petits et
moyens diamètres (jusqu’à 400 mm), hélicoïdales pour les diamètres plus
importants jusqu’à 1 000 mm environ. Ils sont dans ce cas toujours ronds.
Après soudage, la surépaisseur est rabotée pour obtenir une surface extérieure
lisse.
c d

Profils creux :
a : tube de section rectangulaire
Les profilés creux dits « de forme » sont en général formés à partir de tubes
b : tube circulaire ronds : ils peuvent être carrés, rectangulaires, hexagonaux, elliptiques, voire
c : tube de section carrée demi-elliptiques. On fabrique aussi par extrusion des tubes sans soudure
d : tube de section hexagonale.
capables de plus fortes épaisseurs. Les longueurs standards sont de 6 à 15 m.

Les plaques

On parle de plaques lorsque l’épaisseur dépasse 20 mm. On peut obtenir des


plaques jusqu’à 400 mm d’épaisseur et 5 200 mm de largeur. Les plaques sont
principalement utilisées pour la grosse chaudronnerie ou pour les ouvrages
d’art. Leur assemblage par soudure peut être complexe. Il existe aussi des
plaques à épaisseur variable pour les ouvrages d’art.

Les profils minces

Profils minces formés à froid : pro- Les tôles minces galvanisées (d’épaisseur inférieure à 5 mm) peuvent être pro-
fil sigma, C, U et Z. filées à froid pour réaliser des profils minces. De sections très diverses, les

Mémentos 10 acier
E LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES

profils minces sont utilisés en serrurerie, en menuiserie métallique et en ossa-


tures légères : pannes de charpente, ossatures de murs ou de cloisons, de faux
plafond... Légers et maniables, ils peuvent s’assembler par vis autotarau-
deuses.

Les autres produits

Les pièces moulées

Il s’agit de pièces aux formes complexes qui sont difficilement réalisables par
soudure et que l’on coule dans des moules réfractaires. Leur utilisation ne se
justifie que par un effet de série ou par leur taille, comme des nœuds d’as-
semblage répétitifs.
Pièce moulée pour les poteaux de
Les pièces forgées la gare TGV du plateau d’Arbois,
près d’Aix-en-Provence, France.

Cette technologie concerne les pièces pleines (bielles, poteaux…) de grandes


dimensions qui sont obtenues par façonnage à chaud au moyen de presses
hydrauliques de grande puissance.

Les pièces mécanosoudées

Ces pièces d’attache complexes sont composées à partir d’éléments standards


(plats, cornières, profils…) soudés entre eux. Elles constituent une alternative
économique aux pièces moulées.

Pied de poteau mécanosoudé.

Concevoir 11 Construire
2 ÷LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE
L’ACIER

Toute structure subit des sollicitations ou actions extérieures qui provoquent


des déformations, mais aussi des efforts internes, à savoir les contraintes. Les
contraintes sont principalement de cinq natures différentes :
– la traction ;
– la flexion ;
– la compression et le flambement ;
– le cisaillement ;
– la torsion.

Il reste par ailleurs d’autres phénomènes mécaniques ou efforts extérieurs à


prendre en compte :
– la résistance à la « rupture fragile » (résilience) ;
– la fatigue.

Diagramme charge-déformation de Enfin, certaines sollicitations particulières sont à prendre en compte :


l’acier montrant le comportement – les variations de température ;
réel de l’acier (Schaper, 1994).
Cf. Bibliographie [10, p.11]. – les sollicitations dynamiques.

La traction
10
IV
9
Phase élastique
8 V
7 Soumise à une traction suivant sa section, une barre en acier
6 III s’allonge uniformément jusqu’à une certaine limite, appelée
5 limite d’élasticité. Il y a réversibilité du phénomène : si la
II IIIa
4 charge est supprimée, la barre d’acier reprend sa dimension
I
3 initiale (loi de Hooke). C’est la phase dite « élastique » (phases
I et II sur le diagramme).
Charge en t

2
1
Phase plastique
0
0 5 10 15 20 26
Au-delà de la limite d’élasticité, l’allongement de la barre aug-
Déformation en %
mente même si la charge évolue peu, puis passe par une phase
δ
de déformation plastique où une partie de l’allongement
demeure permanent si la charge diminue. Ce phénomène est
E = module d’élasticité appelé écrouissage. L’allongement demeure permanent (phases
III et IV).
I: limite de proportionalité
II : limite d’élasticité
III et IIIa : limite supérieure et inférieure Phase de rupture
d’écoulement
IV : charge ultime
V: charge à la rupture Après une phase d’allongement, la charge diminue car la sec-
δ allongement à la rupture tion d’acier diminue. Ce phénomène est appelé « striction ». Il
NB : Valeur pour une barre en acier y a alors rupture de la barre, la déformation totale est appelée
de 2,24cm2 de section. « allongement à la rupture » (phase V).

Mémentos 12 acier
Dans une construction, les pièces de charpente sont conçues et calculées pour
rester la plupart du temps dans le domaine élastique. La limite d’élasticité
2
pour un acier ordinaire est de 235 Mpa (235 N/mm ) ou de 355 Mpa. Pour un
acier à haute limite d’élasticité, cette valeur peut s’élever à 460 Mpa, voire 690
Mpa (aciers thermomécaniques).
F

La flexion

Considérons une poutre horizontale appuyée à ses


compression
deux extrémités et supportant un poids placé au
milieu de sa portée. La force extérieure F exercée sur fibre neutre

la poutre par la charge qu’elle supporte est perpen- traction


diculaire à son axe longitudinal. Elle génère ce qu’on
appelle une flexion ou un moment fléchissant.
Flexion générée par l’effort F :
la partie supérieure de la poutre est
La poutre se déforme pour produire une réaction qui équilibre le système. comprimée, la partie inférieure est
tendue.
Contrairement à la traction où la section du matériau est soumise à une
contrainte uniforme, la flexion exerce de part et d’autre de la fibre neutre des
contraintes variables et de signes opposés. La face supérieure de la poutre se
raccourcit sous un phénomène de compression et la face inférieure s’allonge Optimisation de la section d’une
poutre fléchie : de la section
sous un phénomène inverse de traction. rectangulaire au profil en I.

La variation des contraintes de la face supérieure à la face inférieure, de la


compression à la traction, définit un axe d’équilibre appelé axe neutre dans
lequel la contrainte est nulle. La matière au voisinage de cet axe joue un rôle
négligeable dans la résistance de la poutre. En revanche, la matière au voisi-
nage des faces extérieures de la section est la plus sollicitée. Elle joue donc un a) Section rectangulaire
rôle essentiel dans la résistance de la poutre. La géométrie de la section des
partie
poutres et des poteaux est directement issue de ces constatations. Elle conduit comprimée

à concentrer la matière dans les parties les plus éloignées de l’axe neutre.
parties peu
sollicitées
La résistance de la poutre dépendra donc de la caractéristique géométrique
suivante de la section : le module de flexion, à savoir le rapport du moment partie
tendue
d’inertie de la poutre sur la distance de la fibre neutre à l’extrémité de la sec-
tion, soit I/v. Plus le module de flexion est grand, meilleure est la résistance à b) Section montrant les parties
la flexion. sollicitées en flexion. La poutre est
peu sollicitée au voisinage de l’axe
neutre
Les profils en I sont directement issus de cette considération. Sous l’effet d’un
chargement en flexion l’âme sert à écarter l’aile supérieure entièrement com- aile
primée de l’aile inférieure entièrement tendue.

âme
À noter que les déformations de la poutre en flexion sont liées à l’inertie et que
c’est souvent le critère de déformation et non celui de résistance qui est pré-
pondérant dans la détermination des sections en construction métallique. c) Profil optimisé en I

Concevoir 13 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE

La compression et le flambement

Les déformations dues à la compression ne jouent pas


encastré à une toujours un rôle déterminant sur les éléments de struc-
seule extrémité
ture verticaux. En revanche, un phénomène d’instabilité
appelé « flambement » apparait à partir d’une certaine
charge et en fonction du rapport existant entre la sec-
1/2 L L tion et la hauteur de l’élément considéré. Le flambe-
ment est une forme d’instabilité propre aux éléments
comprimés élancés tels que les poteaux, colonnes,
barres comprimées.
2L
Le flambement est possible suivant les deux axes prin-
cipaux de la section de l’élément. Si les conditions d’ap-
encastré à ses articulé à ses
deux extrémités deux extrémités puis sont les mêmes selon ces deux axes, le flambement
se fera suivant l’axe présentant l’inertie la plus faible.
Les trois types principaux de
flambement suivant le type de Comme pour les phénomènes de flexion, la section de
liaison de la barre ou du poteau.
La longueur de flambement varie entre la barre comprimée va jouer un rôle déterminant pour
1/2 L et 2 L suivant les cas. le choix du profil économique. Le profil idéal du point de
vue du flambement sera donc le tube rond, profil creux
dont la matière est économisée au maximum et dont
l’inertie est maximale dans toutes les directions. Les
profils en H permettent aussi une bonne répartition de
la matière.

Le cisaillement ou effort tranchant

Exemples de profils creux et de L’analyse des contraintes de compression, de traction et de flexion ne suffit pas
profils ouverts pour des poteaux.
pour décrire complètement le comportement des matériaux.

Schémas décomposant la traction et la compression dans une poutre fléchie


et montrant le phénomène de cisaillement longitudinal et transversal.

FF
tr

F
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tioctio

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Mémentos 14 acier
E LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES

tr t
En effet, si on considère une poutre comme un empile-

acra
fissures
fissures

tciotio
ment de strates, celles-ci ont tendance à glisser les unes

nn
par rapport aux autres sous l’effet de la flexion. On peut
décrire le même phénomène si l’on découpe la poutre
en strates assemblées verticalement.
La flexion simple s’accompagne ainsi d’un cisaillement profilé I1
profilé
horizontal et d’un cisaillement vertical. Le cisaillement
est plus important au droit des appuis car il augmente
avec la variation de la flexion. Le cisaillement vertical, renforts
renforts dans
dans
l’âmeduduprofilé
profilé
ou effort tranchant, peut s’interpréter comme un effort l'âme

résultant de deux forces parallèles de sens opposés.

La torsion

Au cas où le point d’application d’une force se trouve


en dehors d’un plan passant par l’axe neutre d’un élé-
ment de structure, une autre sollicitation est générée :
la torsion. Ceci correspond à l’effet d’un couple de forces
dont l’axe de rotation et l’axe neutre de la poutre sont
confondus. L’expérience et la théorie montrent que les
Effort tranchant au droit des appuis
profils creux sont plus rigides en torsion que les profils Schémas montrant d’une part,
ouverts. Il est préférable d’éviter de faire travailler les une poutre en béton armé sur
laquelle peuvent apparaître des
ossatures en torsion.
fissurations provoquées par l’effort
tranchant en cas de chargement
vertical et, d’autre part, la solution
La résistance à la « rupture fragile » proposée en construction métallique
qui consiste à mettre des renforts au
L’appréciation de la résistance de l’acier au choc se fait par un essai conven- droit des appuis pour parer à ce type
tionnel dit « de flexion par choc sur éprouvette bi-appuyée », que l’on appelle de problème.

essai « de résilience ». Plus le niveau d’énergie nécessaire pour rompre l’éprou-


vette est important, plus l’acier est résistant. L’énergie augmente quand la
température augmente.

Le phénomène dit de « rupture fragile » est susceptible de se produire lors-


qu’il y a un défaut, une fissure, ce qui arrive plus fréquemment quand le pro-
duit est d’une épaisseur supérieure à 10 mm. Il peut aussi apparaîre lorsque
la température s’abaisse, exception faite des aciers inoxydables.

Afin de réduire ce risque, il faut évidemment utiliser des aciers conformes


aux normes. Mais il faut aussi pour les détails constructifs assurer un chan-
gement progressif des épaisseurs, meuler les pieds de cordon de soudure, en
bref, assurer une meilleure circulation des efforts sans changement brusque
de direction, pour éviter des concentrations de contraintes.

Concevoir 15 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE

La fatigue

Soumis à des efforts répétés alternés, tout matériau peut se fissurer et se


rompre, alors que l’effort appliqué n’entraîne pas de contrainte supérieure à
la limite de rupture. On parle de « fatigue ».

Prenons par exemple le cas d’un fil de « fer » que l’on tord dans un sens puis
dans l’autre. En répétant l’opération un certain nombre de fois on finit par
La fatigue devient parfois le critère
dimensionnant pour des ouvrages engendrer sa rupture. Afin d’éviter ce phénomène, on définit pour les élé-
d’art. ments et assemblages soumis à des efforts alternés cycliques une contrainte
C’est la cas des ponts du TGV qui sont
soumis à répétition à des charges
limite à ne pas dépasser et donc les efforts maximums que l’on peut appliquer.
alternées pendant une longue durée Cette contrainte limite qui a été déterminée expérimentalement, est bien infé-
(120 ans). Ici le viaduc de Mondragon rieure à la limite d’élasticité.
sur le Rhône pour le TGV
Méditérranée, Jean-Pierre Duval,
architecte. Dans le cas d’une poutre qui a été conçue pour résister à un moment de flexion
M, elle ne résistera pas indéfiniment à un moment alterné dont le maximum
est M. Il y aura rupture au bout d’un certain nombre de cycles. Pour éviter
cela, le moment alterné ne devra pas dépasser un maximum de 0,4 M à 0,5 M.

Les variations de température

Comme tous les matériaux, l’acier se dilate sous l’effet de l’augmentation de


la température. Ce phénomène est réversible dans les conditions usuelles. Le
coefficient de dilatation linéaire de l’acier est égal à 1,22 x 10-5 /°C à tempé-
rature ambiante.

Par ailleurs, plus la température est élevée


plus la limite d’élasticité et la résistance à la
traction diminuent et plus la plasticité aug-
mente. On distingue un seuil de 500 °C envi-
ron en dessous duquel les variations sont
faibles, et au-dessus duquel l’acier commence
à perdre ses capacités de résistance méca-
nique. Il faut donc essayer de maintenir
Dilatation d’une poutre l’échauffement des éléments dans des limites tolérables, c’est-à-dire en des-
Pour une pièce métallique de 12 m
de longueur, une augmentation de sous de 500 °C, et éviter de trop brider la structure.
température de 30 ˚C provoque
l’allongement suivant :
1,22 x 10-5 x 30 x 12 = 4.4 x 10-3 m
Les sollicitations dynamiques
= 4,4 mm
À souligner que si la pièce était bridée, Les structures peuvent être soumises à des chargements variant dans le temps,
c’est-à-dire si la pièce ne pouvait se
dilater librement, une contrainte
générés par des phénomènes tels que le vent, les charges roulantes, les
de 77 Mpa apparaîtrait ici. séismes, la houle, les mouvements de foule,... De même qu’avec des charges
permanentes, une structure va réagir aux excitations dynamiques.

Mémentos 16 acier
E LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES

Le cas des séismes

Dans le cas particulier d’un séisme, les ondes engendrent des


vibrations dans le sol qui provoquent le déplacement des
constructions. Les bâtiments vont alors s’opposer à leur mise en
mouvement en donnant naissance à des forces d’inertie Fi qui
s’opposent au mouvement. Chaque masse m attachée à la
structure communiquera une force d’inertie : Fi = m.g, où g
représente l’accélération. Les charges sismiques doivent donc
être équilibrées avec ces forces d’inertie et les efforts dissipés
sous forme d’énergie, de manière à assurer l’équilibre dyna-
mique et ainsi éviter toute rupture.

Pour illustrer cette idée, nous pouvons prendre comme exemple


le cas, pratiquement similaire, d’un homme debout sur un tapis
roulant à l’arrêt. Si l’on met en marche subitement le tapis rou-
lant, l’homme sera déstabilisé et projeté en arrière en subissant
une force d’inertie Fi proportionnelle à sa masse.
Modes d’oscillation horizontale des bâtiments à
étages. Au-delà du mode fondamental (en haut à
Pour comprendre les mécanismes du comportement des bâti- gauche), il existe schématiquement autant de modes
ments face aux séismes, nous devons garder à l’esprit que la d’oscillation qu’il y a d’étages.
réponse du bâtiment dépend de ses caractéristiques propres.

Pour améliorer la résistance d’une construction aux séismes, il


est préférable :
– de minimiser l’action des forces d’inertie en optant pour des
matériaux légers tels que l’acier ;
– d’augmenter la capacité de réaction de la structure ; Exemples de contreventements par tirants.
– d’améliorer la capacité de stockage et de dissipation de l’éner-
gie dans la construction, en utilisant un matériau de structure
ductile et un système hyperstatique ;
– de concevoir des bâtiments avec des élancements modérés,
une symétrie selon les deux axes, un centre de gravité bas, peu
de niveaux ouverts et de porte-à-faux importants ;
Exemples de ^palées de stabilité triangulées :
– d’adapter la conception de la structure (souple ou rigide) aux contreventement en X par diagonales rigides (à gauche) ;
caractéristiques du sol des fondations (ferme ou meuble). Les ossature contreventée à nœuds rigides (à droite).
périodes propres du bâtiment et du sol doivent être les plus éloi-
gnées possibles pour éviter les phénomènes de résonance.
Choix du système
porteur : ossature
flexible sur sol
rigide (à gauche) ;
ossature rigide
sur sol meuble (à
droite).

Sol rigide Sol meuble

Concevoir 17 Construire
3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE
DE LA STRUCTURE

L’architecte

La détermination, la hiérarchisation et la résolution des contraintes tech-


niques s’effectuent en fonction des contraintes liées au programme et d’un
choix architectural déterminé par l’architecte avec l’ingénieur. La conception
originelle d’un projet, fonctionnelle et esthétique, doit nécessairement intégrer
une réflexion sur le type de structure envisagé. Tout au long du processus de
conception, l’architecte travaille généralement en collaboration avec un bureau
d’études ou des ingénieurs-conseil spécialisés dans un domaine (structure,
thermique, acoustique…).

Le bureau d’études

Le travail de l’ingénieur spécialisé en structures métalliques consiste à déter-


miner et établir, en relation suivie avec l’architecte :
– les efforts ou actions qui s’appliquent à la structure ;
– la stabilité de l’ouvrage mais aussi la forme structurelle optimale de l’ou-
vrage. Le choix du matériau de structure est également effectué à ce moment ;
– les réactions aux appuis qui découlent des actions exercées. La descente de
charges constitue le document de synthèse de ce travail ;
– les sections requises pour chaque partie de l’ossature de manière à assurer
la sécurité de la structure. La question de l’assemblage est également déve-
loppée. Plusieurs combinaisons d’efforts ou cas de charges sont envisagées. La
note de calcul est le document qui rassemble ces éléments.
Les bureaux de contrôle interviennent pour vérifier les plans et les documents
Montage de la structure acier d’un présentés par l’architecte et le bureau d’études.
immeuble de bureaux. Campus
Verrazano à Lyon. Sud Architectes.
L’entreprise

Dès lors que l’appel d’offre est lancé sur la base de l’avant-projet détaillé (APD),
la consultation des entreprises se fait auprès d’une entreprise générale ou en
lots séparés. Les études de l’entreprise de construction métallique concernent
la structure qui va être réellement construite, en passant par la préparation du
travail dans les ateliers de fabrication, la phase intermédiaire de montage pour
finir à la structure dans son positionnement final. À noter que la fabrication
ne commence qu’après les études d’exécution et les approvisionnements, et
qu’elle nécessite la coordination de deux plannings :
– le planning général de construction du chantier, connu et maîtrisé par l’ar-
chitecte et la maîtrise d’œuvre dans son ensemble ;
– le planning de l’atelier de fabrication, généralement inconnu de la maîtrise
d’œuvre, qui concerne l’ensemble des travaux à destination de divers chantiers.
Il y a donc un délai à prendre en compte entre le lancement des études pour
l’entreprise et le montage. Par la suite, la phase de montage est la plupart du
temps très rapide.

Mémentos 18 acier
( Les efforts appliqués à la structure
Les structures en acier qui assurent la stabilité d’un bâtiment reprennent des
)
charges liées à trois composantes d’un bâtiment :
– sa composition : les charges permanentes ;
– sa localisation : les surcharges climatiques et sismiques éventuelles ;
– son type d’utilisation : les charges d’exploitation.

Il existe une grande diversité de règles et de normes relatives aux actions exer-
cées sur les structures de bâtiment. L’Eurocode 1 règlemente les actions qui
sont appliquées aux structures.

Charges permanentes

Elles comprennent le poids propre de la structure, le poids des planchers, le


poids des parois intérieures – minces et épaisses – le poids des façades, le
poids de la couverture, de l’étanchéité…

Poids surfacique de divers éléments

Éléments de structure en acier (par niveau) 30/60 daN/m 2


Charpente métallique (fermes, pannes, chevrons) 20/40 daN/m 2
Couverture acier inoxydable
(compris voligeage, lattis, feuillure) 25 daN/m 2
Couverture tôle ondulée galvanisée
(compris voligeage) 15/20 daN/m 2
Panneaux sandwich 12/15 daN/m 2
Bardage simple peau 8/10 daN/m 2
Bardage double peau 20/25 daN/m 2
Structure secondaire 8/10 daN/m 2
Bac acier (matériau seul) 8/10 daN/m 2
Cloisons 10/20 daN/m 2

Charges occasionnelles

Il y a aussi d’autres types d’actions occasionnelles ou accidentelles :


– les actions de nature géologique (séisme, poussée des terres) ;
– les chocs accidentels ;
– les déplacements imposés, les tassements d’appui ;
– les efforts de précontrainte ou de dilatation ;
– les charges liées à des phases provisoires de montage ;
– les actions liées à l’incendie déclenchées de manière accidentelle, etc.

L’ensemble de ces actions est évalué et pris en compte par les bureaux d’études
techniques. L’entreprise en tient également compte lors de la phase chantier.

Concevoir 19 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE

Charges climatiques

Le vent

D’après les règles NV65/99, La France est divisée en quatre régions plus ou
moins ventées. Les paramètres à incorporer au calcul de la charge surfacique
exercée par le vent sont l’effet de site (site protégé, normal, exposé), l’effet de
masque, l’effet des dimensions. On distingue par la suite les actions exercées
à l’extérieur du bâtiment, puis les actions exercées de l’intérieur. La forme de
la toiture, l’effet de rive, le fait que le bâtiment soit ouvert ou fermé et le fait
qu’il y ait des décrochements en élévation ou en plan influent également sur
la valeur à prendre en compte localement. Pour les formes complexes, on pro-
cède à des essais en soufflerie avec des modèles réduits. Les résultats obtenus
permettent de faire des extrapolations sur le modèle réel.
Les règles NV 65/99 seront remplacées à terme dans les Eurocodes par
Vent – Carte des pressions l’EN 1991-1-4 (actuellement ENV 1991-2-4).
dynamiques à prendre en compte
suivant les régions de France,
définies par la norme NV 65/99
(entre parenthèses les valeurs pour
les sites exposés) :
Zone 1 : 50 daN/m2 (67,5 daN/m2)
Zone 2 : 60 daN/m2 (78 daN/m2)
Zone 3 : 75 daN/m2 (93,8 daN/m2)
Zone 4 : 90 daN/m2 (108 daN/m2)

zone 1
zone 2
zone 3
zone 4

Mémentos 20 acier
E LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES

La neige

Selon les règles Neige et Vent NV65/99 et les règles N84/95 pour les marchés
publics, la charge surfacique de base de la neige varie suivant six zones géo-
graphiques. L’altitude et la pente des toitures influent également sur la valeur
à prendre en compte.
Les règles N84 et NV 65 seront remplacées à terme dans les Eurocodes par Neige – Carte des charges de neige
à prendre en compte suivant les
l’EN 1991-1-3 (actuellement ENV 1991-2-3).
régions de France, définies par la
norme NV 65/99 (entre parenthèses
les valeurs pour les surcharges
extrêmes et les charges
accidentelles) :
Zone A : 35 daN/m2 (60)
Zone B : 35 daN/m2 (60 et 80)
Zone 2 A : 45 daN/m2 (75 et 80)
Zone 2 B : 45 daN/m2 (75 et 108)
Zone 3 : 55 daN/m2 (90 et 108)
Zone 4 : 80 daN/m2 (130 et 144)
Pour des altitudes comprises entre
200 et 2000 m, les valeurs de base
peuvent être majorées. D’importantes
majorations doivent aussi être
app^liquées en montagne.

zone 1 A
zone 1 B
zone 2 A
zone 2 B
zone 3
zone 4

Concevoir 21 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE D

Surcharges d’exploitation

Les surcharges dites d’exploitation ou d’utilisation sont évaluées en fonction :


– du poids des personnes ;
– du poids du mobilier et des cloisonnements spécifiques ;
– des véhicules et de leur mouvement (dans le cas de parkings en super-
structure, des ponts...).

Ces charges ou ces surcharges produisent des forces qui se traduisent en


actions sur la structure. Elles peuvent être concentrées ou uniformément
réparties. Les valeurs des charges à prendre en compte sont déterminées à
partir de la norme NF P 06-001. Elle sera remplacée à terme dans l’Eurocode
par l’EN 1991-1-1 (actuellement ENV 1991-2-1).

Surcharges d’exploitation uniformes

Logements 150 daN/m 2


Bureaux 250 daN/m 2
Bâtiments scolaires (salles de classe) 250 daN/m 2
Bâtiments hospitaliers et dispensaires (chambres) 150 daN/m 2
Archives 500 daN/m 2
Bâtiments à usage sportif 500 daN/m 2
Bâtiments à usage sportif (places debout) 600 daN/m 2
Bâtiments industriels 300/500 daN/m 2
Escaliers et passerelles dans locaux industriels 200 daN/m 2
Parkings 250 daN/m 2

Mémentos 22 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES

( La stabilité de l’ouvrage
L’équilibre
)
L’équilibre définit un état et une position de la structure où l’ensemble des forces
qui sont appliquées se composent de manière à ce que la force résultante soit
nulle. On distingue les actions qui sont les efforts exercés sur la structure, des
réactions qui sont les efforts exercés par les appuis sur la structure. La résultante
des actions et celle des réactions doivent s’équilibrer, tant du point de vue des
forces que de celui des moments.

L’équilibre peut être stable ou instable. Dans le cas d’un équilibre stable, une Appui simple à dilatation poutre sur
poteau.
modification légère des actions exercées sur la structure entraîne un chan-
gement temporaire de la position de la structure, mais celle-ci tend à revenir
vers sa position initiale. C’est ce type d’équilibre qui concerne la conception
de structure.

Les liaisons entre éléments

Une partie d’une structure donnée est toujours reliée avec un ou plusieurs autres
éléments, que ce soit une autre partie de la structure ou le sol. Les conditions de
liaison (ou d’appui) définissent les mouvements bloqués et par là même les réac-
tions qui peuvent apparaître. Il y a six degrés de liberté pour une extrémité de
barre dans l’espace : trois degrés de translation et trois degrés de rotation. Dans
le plan, il y a trois degrés de liberté, deux de translation et une de rotation.
Parmi les nombreux types de liaison entre les éléments constructifs, on peut
distinguer trois grandes familles.

L’appui simple

Ce type d’appui bloque une translation suivant une direction et n’admet donc
que des charges suivant cette direction. Le cas le plus classique est la poutre Pied de poteau articulé. Bien que la
platine soit fixée par deux boulons,
ou le poteau qui repose sur une maçonnerie avec interposition d’une semelle
ce type d’appui est considéré comme
ou d’un sommier de répartition. L’appui peut comporter une possibilité de articulé. Cf. Bibliographie [12, p.60].
glissement pour prendre en compte la dilatation (tels que des rouleaux). Ce
type d’appui est couramment utilisé dans les ponts de grande portée. Appui articulé d’un poteau sur un
massif en béton. L’articulation se
fait au moyen d’une rotule.
L’articulation ou la rotule

Dans le plan, l’articulation bloque les deux translations possibles et autorise


la rotation. L’élément peut pivoter autour d’un axe. L’articulation exerce donc
une force de réaction qui est composante de deux vecteurs parallèles aux
deux translations bloquées. Dans l’espace, la rotule cylindrique permet une
rotation autour d’un seul axe, les cinq autres degrés de liberté sont bloqués.
La rotule sphérique quant à elle permet les trois rotations, les trois translations
étant bloquées. Elle est peu utilisée.

Concevoir 23 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE

poteau
échancrure L’articulation simplifie le calcul des struc-
solive
tures car elle empêche la transmission des
double cornière moments de flexion (valeur nulle du
moment à l’articulation), facilite leur mon-
poutre
tage et permet aux structures de mieux
prendre en compte les petits mouvements
(dilatations, tassements différentiels…).
On classe dans la catégorie des articula-
tions les appuis de poteaux de faible sec-
double cornière
tion comportant une semelle et deux
Assemblage articulé poutre-solive. Assemblage articulé usuel poteau- boulons de scellement.
poutre.

L’encastrement
plaque frontale
poteau
L’encastrement que l’on appelle aussi
plaque
frontale « nœud rigide » interdit tout mouvement de
débordante
poutre
translation ou de rotation au point d’appui.
fourrure
Une liaison par encastrement rend solidaire
les éléments. Elle est plus efficace mais
introduit des contraintes supplémentaires
solive à prendre en compte. C’est le cas d’une
poutre poutre métallique scellée dans un massif
Assemblage rigide poutre-solive. Assemblage rigide usuel poteau-
en maçonnerie ou des assemblages par
poutre. boulons (au moins quatre) ou soudures.
Cf. Bibliographie [12,p.139, 140 et 142].

La stabilité dans le plan


Pied de poteau encastré fixé par
quatre boulons. Une fois l’équilibre et les liaisons définis, il est relativement aisé d’apprécier si
Cf. Bibliographie [12, p.60].
une structure est stable ou non. Par la suite, il sera possible d’apprécier si les
appuis de la structure sont absolument indispensables à la stabilité ou non.

Triangulation

En prenant le cas d’une structure articulée fermée à trois éléments, on est en


équilibre et on remarque que « le triangle est indéformable » d’un point de
vue géométrique. En soumettant un triangle articulé à ses trois nœuds à des
efforts appliqués aux nœuds, il n’apparaît que des efforts de compression et
de traction au sein des barres. Il n’y a pas de flexion parce que les nœuds sont
articulés.

En prenant le cas de trois barres articulées entre elles et ouvertes, c’est-à-dire


d’un cadre articulé, on peut dire sans le moindre calcul que la structure est
instable. La triangulation est donc un moyen de stabiliser la structure et de rigi-
difier un plan.

Mémentos 24 acier
E LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES

Il existe d’autres moyens de rigidifier un cadre :


– la rigidification d’un ou plusieurs nœuds ;
– le remplissage du cadre articulé.

Structures isostatique et hyperstatique

Une structure est isostatique lorsqu’on a atteint le


niveau minimal de degrés de liberté bloqués requis pour
l’équilibre de la structure. En ajoutant un degré de
liberté supplémentaire à une telle structure, on entraîne
son instabilité. En renforçant au contraire ses conditions d’appui, c’est-à-dire Systèmes isostatique et hyperstatique
Dans le cas courant d’une poutre
en bloquant en fait un degré de liberté supplémentaire, on obtient une structure uniformément chargée, la flèche
plus stable que l’on qualifie d’hyperstatique. d’une poutre encastrée à ses deux
extrémités (système hyperstatique)
est cinq fois plus faible que celle
Plus généralement, une structure est isostatique s’il y a instabilité lorsqu’on arti- d’une poutre simplement posée
cule un de ses élément ou qu’on en enlève un. Les appuis et liaisons d’une struc- sur ses appuis (système isostatique).
Autrement dit, pour une même
ture isostatique se limitent alors aux seuls nécessaires. En revanche, s’il y a des
quantité de matière, le système
appuis excédentaires, la structure est hyperstatique. hyperstatique est de loin le plus
efficace.

Cependant, en matière de structure, il n’y a pas de solution parfaite mais des


solutions plus appropriées que d’autres en fonction des situations auxquelles
il convient de répondre. La surabondance des liaisons rend le système hyper-
statique plus rigide et plus tolérant à une redistribution des efforts en cas d’en-
dommagement. En revanche, toute déformation dans sa géométrie – telles que
celles liées aux dilatations thermiques, aux mouvements différentiels des
appuis, etc. –, crée des contraintes supplémentaires qui se répercutent à l’in-
térieur du système et que celui-ci devra pouvoir prendre en compte. Les
contraintes de montage peuvent aussi orienter le choix du système.

Poutre triangulée dans un pont


La stabilité dans l’espace - Contreventement suspendu (ici le Golden Gate à
San Francisco).

Assurer la stabilité d’une structure spatiale consiste à la rendre stable sui-


vant au moins trois plans, dans deux directions non parallèles et suivant ses
plans horizontaux. On cherche à faire transiter les efforts par des plans rigides
pour les faire cheminer jusqu’aux appuis.

Parmi les différentes forces ou charges dynamiques qui transmettent des


efforts horizontaux, on peut citer :
– le vent sur les façades ;
– les engins roulants ;
– les véhicules dans les parkings (les véhicules accélèrent et freinent, et génè-
rent par conséquent des efforts horizontaux) ;
– les séismes ;
– le feu.

Concevoir 25 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE

panne sablière

traverse

montant 4

Représentation schématique des


différents systèmes de panneau
de contreventement :
On distingue quatre types de
contreventement : en façades (long Du fait que le vent est l’action de type horizontal qui est la plupart du temps
pan et pignon) et en toiture
prépondérante, les dispositifs de stabilité sont aussi appelés dispositifs de
(longitudinal et transversal),
représentés sur la figure principale. contreventement. Si la question de la stabilité est en général très bien perçue
La rigidité en cisaillement est pour ce qui concerne les charges ou actions verticales, il en va tout autrement
conférée à un panneau (de gauche à
droite) par rigidification des nœuds pour ce qui est des charges horizontales.
de l’ossature pour créer un cadre
portique (1), par un diaphragme en
En pratique, par mesure de sécurité, on prévoit toujours au moins deux dis-
tôle d’acier (2), par un remplissage
pour créer un voile en béton armé (3) positifs de contreventement dans deux plans verticaux non parallèles. Le
ou par triangulation pour créer un contreventement vertical peut se faire par des voiles en béton armé ou par des
contreventement en treillis (4).
palées de contreventement. Le contreventement horizontal est réalisé par les
Cf. Bibliographie [12, p.68].
planchers, les toitures ou par des poutres au vent. Les contreventements ver-
Contreventement par des croix de
ticaux doivent être situés impérativement à tous les étages de manière à per-
Saint-André. Foyer SNCF, Paris 12e. mettre aux efforts horizontaux de redescendre jusqu’aux fondations.
Dubosc et Landowski architectes. Cependant, ils ne sont pas nécessairement superposés.

En construction métallique, le dispositif de contreventement est en général


réalisé par la stabilisation ou la rigidification de l’élément de base qui est le
cadre articulé. Trois types de procédé permettent de rendre indéformable un
cadre.

Le remplissage du cadre par un élément rigide dans son plan

Dans le cas d’un contreventement vertical, il peut s’agir d’un mur en béton ou
en maçonnerie lié à la structure métallique. Dans le cas d’un contrevente-
ment horizontal, ceci peut correspondre à une dalle de plancher en béton.

Mémentos 26 acier
E LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES

La triangulation par des diagonales

L’installation dans un cadre d’une diagonale permet de le rigi-


difier. Pour assurer la stabilité du panneau dans les deux sens,
il conviendra de tenir compte de la résistance à la compression
de la diagonale (profil creux par exemple) ou de disposer une
autre diagonale inversée dans le même panneau (contreven-
tement en croix de Saint-André).

Toute forme de triangulation est admissible si les barres tra-


vaillant en compression résistent au flambement. Dans le cas
Système de stabilité. Les treillis sont constitués de
d’un contreventement en croix de Saint-André, on peut utili- barres qui forment des triangles. Les axes des barres
ser des éléments plus fins travaillant en traction (câbles par concourantes au même nœud doivent se couper en un
seul point. Cf. Bibliographie [10, p.228].
exemple).

Par extension, lorsqu’une façade de bâtiment est soumise à


un effort perpendiculaire de vent, elle n’offre en général pas de
rigidité hors de son propre plan. C’est donc par le biais de struc-
tures secondaires, horizontales ou verticales, souvent en treillis
que l’on appelle poutres au vent, que l’on retransmet cet effort
aux plans rigides de contreventement.

La rigidification d’un ou plusieurs nœuds

Cette option est utilisée pour les contreventements verticaux.


On parle alors d’un portique, assemblage rigide de deux
poteaux et d’une poutre (voir chapitre 4).
Un exemple de rigidification consiste à mettre en place sur
des étages superposés des « portiques multiples ». L’utilisation
de goussets ou de demi-triangulations permet de rigidifier les Stabilité par des palées de contreventements verticales
et horizontales. Cf. Bibliographie [12, p.117].
assemblages.
Tabouret auto-stable.
Une structure spatiale intéressante à nœuds rigides est le
tabouret, élément auto-stable d’ossature constitué de quatre
poteaux et de quatre poutres sur un étage. Des tabourets peu-
vent être superposés sur plusieurs étages.

Concevoir 27 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE

( La descente de charges

Zone
Zonereprise par
reprise par
l’appui B2
La descente de charges
)
l'appui B2

On rappelle que les actions sont les forces et couples liés aux
neige
NEIGE
charges exercées sur la construction. Les réactions sont les
efforts qui apparaissent au niveau des appuis pour assurer
N3 l’équilibre et les sollicitations sont les efforts internes qui sol-
licitent la structure.
vent
VENT N2

Une descente de charges consiste à évaluer toutes les forces


N1
qui transitent dans la structure porteuse du bâtiment, jus-
qu’au niveau des appuis et des fondations. À ce niveau, les
R
appuis ont des degrés de liberté qui sont bloqués et qui génè-
réactions
de l'appui
rent donc des réactions. Les équations de l’équilibre des forces
A2 B2 C2
et des moments permettent de déterminer les réactions
lorsque la structure est isostatique.
A1 B1 C1

A2 B2 C2

A3 B3 C3

A B C

Exemple :
La structure verticale B2 prend les charges des planchers et de la
couverture suivant la surface délimitée autour de B2 (en hachuré sur
le dessin). Ces charges comprennent le poids propre des structures
primaires et secondaires dans ce quadrilatère, les charges
d’exploitation, le poids de la neige, les efforts au vent transmis
horizontalement et verticalement. Les autres structures verticales A, B1,
B3 et C se répartiront le reste des charges, auquel s’ajoutera le poids de
la façade. L’appui étant encastré, il reprend les charges horizontales
du vent compte tenu du bras de levier entre la résultante de ces efforts
et l’appui. On notera qu’il apparaît un moment fléchissant au droit
de l’appui. Les réactions aux appuis ou encore les efforts cumulés
au niveau de l’assise du bâtiment permettront de déterminer les
dimensions des fondations.

B2

Mémentos 28 acier
E LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES

( La note de calcul
)
Les règles et normes de conception et de calcul en France appliquées actuel- Les Eurocodes font l’objet de
plusieurs chapitres :
lement à l’étude des projets de construction en acier sont les règles CM66 et
- l’Eurocode 1 définit les bases
leur additif de 1980. La nouvelle réglementation européenne des Eurocodes de calcul et les actions sur les
est aujourd’hui également applicable, complétée par les Documents d’appli- structures ;
- l’Eurocode 2 fournit les règles de
cation nationale (DAN) qui en précisent les paramètres.
vérification des structures en béton ;
Une fois que les différentes actions susceptibles de s’appliquer sont détermi- - l’Eurocode 3 fournit les règles de
nées, la réglementation prévoit un certain nombre de combinaisons d’actions. vérification des structures en acier ;
- l’Eurocode 4 fournit les règles de
En outre, les actions sont multipliées par des coefficients de pondération. Ceux- vérification des structures mixtes
ci sont en général supérieurs ou égaux à 1. Des coefficients sont également acier-béton ;
- les Eurocodes 5 à 9 fournissent
appliqués aux valeurs de résistance des matériaux. Par ce moyen sont pris en
respectivement les règles pour
compte : les constructions en bois, en
– la possibilité que les actions aient des valeurs plus défavorables que les maçonnerie, les fondations,
les constructions parasismiques
valeurs caractéristiques calculées ;
et les constructions en alliage
– les imperfections dans la réalisation des structures ; d’aluminium.
– les incertitudes sur la résistance des matériaux…

État limite ultime (ELU)

Cet ensemble de combinaisons est destiné à assurer la sécurité


de la construction. L’état limite ultime est atteint dans les cas
suivants : f
– perte d’équilibre de la structure ;
– formation pour tout ou partie de la structure d’un mécanisme P
P
f≤≤ <
de ruine ; 300
– instabilité de forme ;
Flèche d’un plancher
– rupture d’un élément ; S’agissant des planchers courants pour les
– déformation plastiques excessives. logements ou bureaux, la flèche due à la totalité des
charges (voire uniquement des surcharges
Pour cet état limite on procède à une vérification relative aux
d’exploitation s’il y a contre-flèche) ne devra pas
contraintes : la stabilité d’ensemble doit être vérifiée sous l’effet e
dépasser les 1/300 .
des combinaisons les plus défavorables des actions pondérées ; dans
chaque élément, les contraintes maximales pondérées doivent être
inférieures à celles qui provoquent la ruine de l’élément.

État limite de service (ELS) P


f

L’état limite de service est atteint lorsqu’une structure devient inapte


aux fonctions normales pour lesquelles elle est conçue, en parti-
culier lorsque des déformations excessives apparaissent. On pro- f < P
cède donc à des vérifications relatives aux déformations où, sauf 200

cas exceptionnel, les actions ne sont pas pondérées.


Flèche d’une panne de couverture
Les déformations de flexion sont en général déterminantes pour Pour les éléments de couverture, la flèche due aux
le dimensionnement de la structure. Ces critères imposent un charges permanentes et aux autres charges ne doit
e
pas être supérieure au 1/200 de la portée (soit
surdimensionnement des structures par rapport à ce qui serait 20 mm pour une panne de couverture d’une portée
nécessaire pour simplement reprendre les charges. de 4 m).

Concevoir 29 Construire
4 LES ÉLÉMENTS DE LA STRUCTURE

Le travail de conception et les choix techniques résultent de la combinaison


des notions évoquées dans le chapitre précédent et de la connaissance des
archétypes structurels présentés ci-après. La richesse potentielle des solu-
tions structurelles explique leur rôle stimulant dans la conception architec-
turale et la ressource d’innovation et de développement qu’elles peuvent
représenter. La recherche du choix structurel doit constituer un des supports
de l’imagination et de la créativité architecturale.

Les poteaux

On parle de poteaux pour les éléments verticaux. Le terme de bielle concerne


des éléments en biais qui reprennent aussi des efforts horizontaux. Les extré-
mités des bielles sont toujours articulées. On utilise également les termes de
jambe de force, de buton ou de bracon. Les termes de fût et de pile concernent
quant à eux des éléments encastrés en base, libres en tête.

Les poteaux doivent reprendre des efforts de compression, de flexion due au


vent et résister au flambement. Leur section doit présenter une bonne rigidité
à la compression dans toutes les directions et en particulier suivant leurs axes
principaux. Les poteaux constituant les montants de portique sont également
sollicités en flexion.

Les critères suivants conduiront à déterminer le type de poteau retenu :


– les choix architecturaux ;
Poteau caisson arborescent du
gymnase de Saint-Jean-de- – les encombrements et les choix techniques ;
Maurienne. Richard Plottier – les coûts de l’acier (les profils creux sont plus onéreux que les profilés) ;
architecte.
– les coûts de mise en œuvre : complexité des attaches et des liaisons ;
– les facilités et simplicités d’assemblage des composants de second œuvre :
cloisons, plafonds, façades ;
Croquis d’une bielle.
– les conditions d’entretien : surfaces à peindre ou à protéger de la corrosion
ou du feu.

Les type de poteaux et de bielles possibles sont :


– les profilés en I ou en H ;
– les tubes de section circulaire, carrée, elliptique ou demi-elliptique ;
– les poteaux reconstitués par laminés assemblés ;
– les caissons ;
– les poteaux treillis.
D’autres solutions sont possibles en combinant des profils divers pour réali-
ser des sections variables composées par association de tubes et de profilés.

Mémentos 30 acier
Les points porteurs

La question de l’optimisation du nombre de points porteurs se pose toujours


au moment de la conception et de la prise en compte du programme. Au regard
de l’aménagement des espaces, les poteaux sont toujours jugés comme des
obstacles qu’il convient de limiter le plus possible. Les trames classiques sont
de l’ordre de 4,5 à 6 m pour des logements. Construire avec de grandes por-
tées (par exemple 12 à 18 m pour des bureaux ou 15 à 16 m pour des par-
kings) est intéressant pour dégager de grands plateaux libres. Il faut alors Une file de poteaux de structure.
prendre en compte la hauteur plus importante des poutres et l’éventuel sur- Palais de justice de Grenoble,
France. Claude Vasconi architecte.
coût engendré par leur fabrication, leur transport et leur assemblage.
L’utilisation de poutres alvéolaires permettant le passage des gaines et des
fluides offre cependant une solution alternative intéressante.

À noter que le nombre de points porteurs dépend également du type de fon-


dations à prévoir en fonction de la nature des sols rencontrés. Quand un sol
est mauvais, il convient de limiter les points de fondation et par conséquent
de réduire le nombre de poteaux, sauf pour le cas des fondations par radier
général. Les portées des poutres seront alors plus importantes. À noter qu’une
ossature en acier permet de limiter le poids du bâtiment et donc de réduire
l’importance des fondations.

L’assise du poteau sur les massifs de fondation

La charge de compression peut être transmise au béton de fondation par une


simple platine soudée à l’extrémité inférieure du poteau pour bien répartir les
pressions sur le béton. Les renforcements latéraux (goussets) permettent de
mieux répartir la contrainte. Les formes de la platine et du socle en béton doi-
Assises de différents types de
vent être soigneusement étudiées pour éviter des rétentions d’eau qui provo- poteaux
quent la corrosion des aciers : percements d’écoulement, pente… Ce soin Suivant l’épaisseur de la plaque
d’assise en acier, des raidisseurs
technique participe au fini architectural et à la qualité de ses détails. Des ancrages sont nécessaires (fig. ci-dessus)
dans le béton sont nécessaires pour maintenir le poteau en position et résister ou pas (fig. ci-dessous).
aux éventuels efforts d’arrachement.

En général, l’entreprise de gros-œuvre


implante des réservations, l’entreprise de
construction métallique met en place avec
une précision de l’ordre du millimètre le
système d’ancrage et le béton est coulé
ensuite. Ce n’est qu’après contrôle que le
poteau et sa platine sont positionnés.

Concevoir 31 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE

Les suspentes et les tirants

Comme un poteau, une suspente transmet une charge suivant son axe longi-
tudinal. Cependant, à l’inverse du poteau qui travaille à la compression, une
suspente transmet une charge en travaillant uniquement en traction simple.
Les tirants, haubans et câbles reprennent des efforts de traction ayant une
composante verticale et une composante horizontale. Ils peuvent présenter
une section quelconque, n’étant pas sujets au flambement. On utilise de pré-
férence les sections dont l’attache en extrémité est la plus facile :
– ronds pleins, pouvant être filetés pour l’assemblage par écrous ;
– plats ou cornières percées, assemblés par boulons ;
– câbles ;
– profils creux comportant une platine d’attache soudée en bout.

Un jeu de tirants obliques et de Une suspente peut être préférée à un poteau pour des raisons fonctionnelles,
bielles assure le contreventement
transversal rejeté à l’extérieur.
d’encombrement ou architecturales, par exemple pour tenir une poutre et
Immeuble d’habitation à Constance, franchir un espace sans point d’appui.
Allemagne. Ingo Bucher-Beholz
architecte.
Les poutres

Les poutres sont des éléments la plupart du temps horizontaux qui doivent
reprendre essentiellement des efforts de flexion. Leur section doit par consé-
quent présenter une inertie adaptée dans le sens de la flexion et donc une cer-
taine hauteur. La flexion comporte une composante de traction et une
Poutres sous-tendues.
composante de compression que l’on retrouve aux extrémités de chaque sec-
tion. Ces efforts transmis dans les membrures hautes et basses sont d’autant
plus faibles que la hauteur de la poutre est plus importante. Schématiquement,
doubler la hauteur de la poutre divise par quatre les efforts auxquels elle est
soumise. La section des membrures est par conséquent capitale pour calculer
le poids de l’acier à utiliser. Cette caractéristique très importante pour les
poutres en treillis usuelles se retrouve dans les structures spatiales.

On parle non seulement de poutre, mais aussi de panne, de chevron, de tra-


verse, de linteau, de limon, de raidisseur, de poutre au vent, de console, de
Schéma de poutraison. Les sommiers
(poutres principales) portent ici sur porte-à-faux, de cantilever,…
12 m, les solives sur 5,50 m. Une
règle de prédimensionnement
La poutrelle
pratique consiste à prendre une
hauteur minimale de poutre de 1/25
de la portée pour les sommiers et Les poutrelles en acier sont diversement utilisées dans le bâtiment. Dans les
de 1/30 pour les solives.
cas courants de charges et pour des portées moyennes de l’ordre d’une dizaine
Exemple : pour un sommier de 12 m,
h= 12000 mm/25= 480 mm, de mètres environ, les profilés courants en I et en H constituent des poutres
soit un HEA 500. bien adaptées. Il est par ailleurs facile de liaisonner l’ossature secondaire des
Pour une solive de 5,50 m,
h= 5500 mm/30= 180 mm,
planchers, des façades et des couvertures sur les ailes des profilés en I ou en
soit un IPE 180. H. La poutre qui travaille essentiellement en flexion verticale a pour fonction

Mémentos 32 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

principale de constituer la structure des plan-


chers et des couvertures et de leur faire fran-
chir des espaces et des vides.

La poutre reconstituée soudée (PRS)


a
À partir de tôles, de larges plats ou de plaques, b

on peut obtenir des poutres symétriques ou


dissymétriques, de hauteur et de largeurs
d’ailes constantes ou variables en soudant les
pièces, à savoir les ailes et l’âme, les unes aux
autres. Ainsi on conçoit de façon optimale une
poutre en fonction des efforts qu’elle est cen- c
sée reprendre. Ce type de poutre est particu- d

lièrement intéressante quand la portée augmente car la hauteur de poutre Poutres reconstituées par soudage
a. Poutre soudée à âme pleine : les
nécessaire devient alors plus importante.
poutres d’une hauteur supérieure à
On peut aussi obtenir des poutres caisson de section carrée, rectangulaire ou 1 m sont reconstituées par soudage,
trapézoïdale avec deux âmes soudées dont la rigidité est encore plus grande les membrures étant en larges-plats
et les âmes en tôle.
et peut être encore renforcée par des raidisseurs intérieurs. Ce type de poutre b. Profil asymétrique reconstitué par
est souvent utilisé dans les ponts. soudage.
c. Poutre en caisson soudé : profil
soudé à âme double pour la reprise
L’intérêt des PRS est de pouvoir affiner l’épaisseur de l’âme et des semelles et de charges très fortes.
donc de gagner du poids en optimisant la section par rapport aux efforts qui d. Profil soudé en « chapeau » utilisé
comme poutre de plancher, la
y transitent, de constituer plus facilement des profilés cintrés et d’associer le
membrure inférieure en saillie
cas échéant des nuances d’acier différentes dans la même poutre. Les efforts servant à l’appui de la dalle.
de flexion et donc les besoins en section ne sont généralement pas constants
le long d’une poutre. Pour une optimisation de la matière, on peut réaliser des
PRS dites à inertie variable.
Ces poutres sont couramment utilisées notamment pour des profils dont la
hauteur est supérieure à 400 mm. La plupart des entreprises de construction
métallique sont équipées de bancs de soudure qui permettent de les fabri-
quer automatiquement.

La poutrelle alvéolaire ou ajourée

Les poutrelles ajourées, appelées aussi poutrelles alvéolaires, sont obtenues à Poutre alvéolaire.
partir de laminés courants découpés en demi-poutrelles dont l’âme est elle- Passage de gaines et de réseaux
même découpée en cercle ou hexagones ; elles sont ensuite reconstituées par à travers une poutre alvéolaire.

soudage. Ceci permet d’alléger le poids et surtout de faciliter le passage des


gaines et des fluides dans la hauteur de la poutre. Elles sont donc particuliè-
rement intéressantes pour les immeubles de bureaux en permettant des por-
tées de 20 m en solution mixte acier-béton.

Concevoir 33 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE

( Les poutres en treillis et les fermes


)
On appelle indifféremment treillis, triangulation ou structure réticulée, un
ensemble de barres assemblées les unes aux autres à leurs extrémités, de
manière à former une structure portante stable, plane ou spatiale. Elle est
constituée par l’assemblage de plats, de cornières, de profils I ou T et de pro-
fils creux. Légères, les poutres en treillis (ou poutres triangulées) permettent
de franchir de plus grandes portées mais nécessitent des assemblages par-
fois complexes.
Les principaux types de poutres treillis sont décrits ci-dessous.
Poutres en treillis type Warren de la
structure des ateliers de maintenance
Les poutres à membrures parallèles
des tramways à Bordeaux. Jacques
Ferrier architecte.
Il en existe plusieurs sortes et notamment :
– les poutres à treillis en N. C’est une des solutions les plus anciennes. En
charge, les montants sont comprimés et les diagonales sont soit tendues, soit
comprimées ;
– les poutres à treillis en V, dites poutres Warren. C’est une des formes les plus
courantes ;
– les poutres à treillis en croix de Saint-André.

Poutres en treillis, structure de la


couverture du stade de France. MZ/RC
architectes.

Ci-contre, schéma d’une poutre en


treillis en flexion.
La déformation des panneaux
provoque un allongement (traction)
ou un racourcissement (compression)
l l
des diagonales suivant leur position. l'
l'

Les poutres à membrures non parallèles

Viaduc de l’Arc à poutres sous-


tendues en « arête de poisson ». Ces poutres permettent, à l’instar des PRS à inertie variable, de répondre de
Bruno Gaudin architecte. manière optimale aux efforts auxquels elles sont soumises. Il est même pos-
sible que les membrures ne soient pas de même profil, l’une étant en com-
pression, l’autre étant en traction. Le profil comprimé contient en effet le
maximum de matière, le câble ou tirant (tendu), le minimum. Cette différence
de matière est liée à la prise en compte du phénomène de flambement dans
la partie comprimée.

Il existe de nombreux types de poutres de ce genre.

Mémentos 34 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

Poutres en treillis avec membrures


non parallèles ou cintrées (colonne
de gauche) et poutres treillis à
Les poutres échelles ou poutres Vierendeel membrures parallèles.
Une règle pratique de
prédimensionnement d’une ferme
Les assemblages des montants de ce type de poutre sont rigides, sans diago- en treillis consiste à prendre une
nales. L’ensemble forme un système hyperstatique très rigide. Ce système est hauteur de poutre de 1/12e de la
plus lourd et moins performant en flexion mais permet de libérer l’espace cen- portée pour une poutre de hauteur
constante et de 1/5e de la portée
tral de la poutre pour laisser passer des circulations, des gaines… Il est pos- pour une ferme de charpente de
sible de jumeler une poutre treillis classique avec une poutre Vierendeel. La forme triangulaire.
Cf. Bibliographie [10, p.200].
suppression de la diagonale conduit à renforcer le cadre autour du panneau. Ce
type de solution permet aussi de réaliser des poutres de façade dites « poutres
américaines » dont la hauteur est égale à celle d’un étage de la construction.
Ci-contre, cadre rigide de type
Vierendeel inserré dans une poutre
en treillis.

Les fermes

Les fermes sont des poutres en treillis dont les membrures supérieures suivent
la pente de la toiture. L’entrait des fermes est souvent retroussé pour mieux
dégager le gabarit ou l’espace libre sous la charpente. Parmi les modèles les
plus courants au XIXe siècle, les fermes Polonceau (inventées en 1837) ont leurs
Fermes en treillis : Polonceau et
arbalétriers sous-tendus par des bielles et des câbles. variantes, et triangulées (en bas).

Concevoir 35 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE

( Les cadres articulés et les portiques


)
Les cadres articulés

Un cadre articulé n’est pas stable en lui-même. Divers procédés permettent


de le rendre indéformable.

Le remplissage du panneau par un élément rigide dans son plan

Le panneau est rendu indéformable s’il est rempli de matériaux rigides : béton
armé, maçonnerie. Dans ce cas de figure, le matériau rigide doit « bloquer » les
angles de la charpente. On utilise de façon classique ce mode de contreven-
tement au niveau des gaines de circulation verticales : escaliers, cages d’as-
censeur. Le contreventement bénéficie alors de quatre panneaux rigides aux
quatre faces du noyau en béton armé. Toutefois, la solution de rigidification
par contreventement constitué de parois lourdes pénalise la charpente par
un surdimensionnement (poids).

Il est important de noter que si les remplissages en maçonnerie ou en béton


armé ne sont pas prévus pour participer au contreventement, ils doivent être
désolidarisés de l’ossature métallique, sinon les parties pleines sont exposées
à des risques de fissuration.

La triangulation intérieure du panneau par des barres

Une barre en écharpe (diagonale) dans le panneau assure sa triangulation


donc son indéformabilité. Des zones de passage ou d’éclairement peuvent
ainsi être ménagées.
Types de contreventements de
cadres : Les contreventements métalliques offrent l’avantage d’être installés dès le
– par un matériau rigide, voile
montage de l’ossature, évitant en partie les contreventements provisoires en
de béton armé ou maçonnerie (en
haut). Les angles doivent être bloqués attente des remplissages.
pour assurer la transmission des
efforts en compression ;
– par une barre en diagonale (au
milieu). Une barre inversée peut être
ajoutée pour éviter la reprise
d’efforts en compression ;
– par des barres obliques libérant
des zones de passages ou
d’éclairement (en bas).

Mémentos 36 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

Les portiques

Les portiques qui permettent d’assembler de manière continue les poutres


ou les arbalétriers et les poteaux, sont l’un des éléments caractéristiques de
la construction métallique. Les portiques peuvent être constitués de I et de H,
de tubes, de PRS à section variable ou non, de caissons, d’éléments en treillis.

Tous les éléments de ces types de structure participent à la résistance aux


portiques à trois articulations
efforts verticaux aussi bien qu’horizontaux. Ils exercent donc des efforts hori-
zontaux sur leurs appuis. Par ailleurs, la plus grande inertie des éléments
poutre et poteaux des portiques est nécessairement dans le plan du portique,
de manière à assurer la plus grande résistance en flexion dans ce plan.
Ils peuvent avoir deux ou trois articulations, ou être complètement rigides.
Lorsque plusieurs panneaux sont rigidifiés dans une même file ou sur plu-
sieurs étages superposés, on obtient des « portiques multiples ».

On distingue quatre types de portiques à rez-de-chaussée suivant que les liai- portiques à pieds de poteaux articulés

sons sont articulées ou rigides. Notons que les assemblages réels sont la plu-
part du temps semi-rigides.

Le portique à trois articulations


portique à pieds de poteaux encastrés
Ce portique est isostatique. Il présente la caractéristique d’avoir un moment
nul à la clef quel que soit le cas de charge. La dimension est réduite à cet Différents types de portiques.

endroit et permet ainsi d’optimiser la hauteur libre. En outre, les tassements


différentiels et les variations thermiques peuvent être absorbés par cette struc-
ture. En revanche, sous l’effet de charges horizontales, la déformation de ce
portique est plus importante que pour les modèles suivants.
Ce type de portique se retrouve fréquemment dans les halles et les toitures à
versants inclinés, moins dans les bâtiments à étages. Exemple de portique à deux
articulations dans un bâtiment
agricole.
Le portique à pieds de poteaux articulés Noter le contreventement
longitudinal dans le plan de la
toiture. Une règle pratique de
Ce portique articulé à la base des poteaux est hyperstatique. C’est la rigidifi-
prédimensionnement consiste à
cation des assemblages poteaux-poutres qui assure la stabilité des panneaux prendre une hauteur minimale
(cadres). Il utilise moins de matière que le portique à trois articulations. Avec d’arbalétrier de 1/30 de la portée.

une traverse brisée ou en biais, il est utilisé dans les halles ; avec une traverse
droite, on le retrouve dans les bâtiments à étages.

Le portique à pieds de poteaux encastrés

Du fait des encastrements en pied, les sections peuvent être moins impor-
tantes que dans les cas précédents pour résister aux moments de flexion.

Concevoir 37 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE

La limitation des déplacements sous l’action des forces horizontales conduit


à l’augmentation des sections des poutres et des poteaux.

Le portique totalement encastré

Ces portiques ont un degré d’hyperstaticité supérieur. Ils sont utilisés lorsque
des charges très importantes sont mises en œuvre et lorsque la portée doit être
très grande. En revanche, cette structure absorbe peu les tassements différen-
tiels et les variations thermiques. C’est une forme courante dans les bâtiments
à étages. Cependant les « nœuds » (assemblages) peuvent être gênants, au
niveau des planchers par exemple, à cause des goussets ou des équerres néces-
saires à l’assemblage. Les bases des portiques peuvent être fixées sur des infra-
structures en béton armé ou des fondations, ou sur des poteaux et des poutres
de l’étage inférieur.

Ce sont des structures relativement coûteuses (environ 15 à 20 % de plus que


des structures avec des contreventements), mais elles présentent l’avantage
d’un moindre encombrement de l’espace et d’un usage plus flexible dans le
temps en cas de changement d’affectation des locaux ou des immeubles.

Différentes formes de portiques


composés de poteaux et de poutres
de toiture.

Ci-contre, principes de cadres


articulés et contreventés pour
des bâtiments multi-étages :
– à poteaux continus (à gauche)
Leur hauteur est en pratique limitée
à deux niveaux maximum pour des
raisons de transport ;
– à poutres continues (à droite). La
longueur des poutres est limitée en
pratique à 18 m.
Cf. Bibliographie [12, p.105 b et c].

Mémentos 38 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

( Les arcs et les catènes


En termes de schéma statique, l’arc est l’in-
) Ci-contre, schéma statique d’une
catène et d’un arc
verse de la catène : si le sens des efforts – en observant un fil tenu à ses deux
appliqués est contraire, on passe de la trac- extrémités, on note que le fil est
soumis à une traction pure sous
tion pure à la compression pure. On utilise
l’effet de son poids propre. Il prend
l’arc en acier pour les ouvrages d’art et pour une forme dite de chaînette ;
les grandes halles. Les produits utilisés sont – en suspendant ensuite un poids
beaucoup plus important que celui
généralement les caissons et les structures du fil, toujours en traction pure, on
tridimensionnelles réticulées. Les catènes obtient une forme brisée en deux
sont essentiellement utilisées pour les segments ;
– par extension, il existe pour un
ouvrages d’art. On utilise généralement des chargement donné une forme
câbles. Étant donné les conditions d’appuis géométrique dite funiculaire qui met
la catène en traction pure. Lorsque
(articulation ou encastrement pour les arcs,
le poids est uniformément réparti à
articulations pour les catènes) et les formes l’horizontale, le funiculaire est une
géométriques, ces deux types d’élément de parabole. Le schéma inversé donne
un arc en compression pure.
structure travaillent principalement en
compression ou en traction.

À noter que les efforts aux appuis ont des composantes verticale et horizon-
tale, et que cette dernière est d’autant plus importante que le rapport flèche/
corde est faible. Des fondations importantes sont donc très souvent nécessaires
pour reprendre ces efforts verticaux et horizontaux. Dans le cas particulier de
l’arc, plus la courbure est faible (ou le rayon grand), plus l’arc est comprimé et
Arc à trois articulations. Charpente
plus il y a risque de flambement. Une solution pour éviter des fondations trop de la Halle Tony-Garnier à Lyon. Tony
importantes consiste à équilibrer ces efforts horizontaux par un tirant. Garnier et Bertrand de Fontviolant
architectes ; Atelier de la Rize
architectes pour la rénovation.
Il existe trois types d’arcs principaux.

L’arc à trois articulations

Cette structure est isostatique, il n’y a pas de moment à la clé. Les tassements
différentiels et les dilatations sont bien repris par les articulations. Les
moments sont en revanche assez conséquents dans une section courante.

Arc à deux articulations. Viaduc de


L’arc à deux articulations
Garabit. Gustave Eiffel constructeur.

Les appuis sont articulés, la structure est hyperstatique. Les moments sont Arc encastré. Passerelle Solférino.
Marc Mimram architecte.
plus faibles dans ce type d’arc et la section est donc plus réduite. En revanche,
les tassements différentiels peuvent générer des contraintes supplémentaires.

L’arc encastré

Les appuis sont encastrés, la structure est hyperstatique. Des moments sont
transmis aux appuis ce qui génère des fondations plus importantes.

Concevoir 39 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE

( Les structures spatiales


)
Les composants usuels de la construction en char-
pente métallique (poteaux, poutres, fermes et por-
tiques) forment généralement un plan dans lequel
se trouvent situées toutes les forces, charges et
efforts qui sollicitent la structure. C’est l’assemblage
de plusieurs composants plans qui permet d’obtenir
une construction à trois dimensions et une stabilité
dans l’espace. Lors du montage de portiques, il faut
par exemple prévoir des étaiements provisoires car
Exemple de nappe tridimensionnelle la rigidité hors plan des éléments est trop faible.
autostable.

Une poutre a pour rôle de transporter un certain nombre de charges à deux


appuis ou plus. Une structure spatiale est par extension une poutre en treillis
conçue dans l’espace à trois dimensions : il s’agit de « structures réticulées »
parce que les dispositions de ses membrures sont organisées en réseaux de
nervures. Ces nervures constituées de barres droites sont liaisonnées par des
nœuds.
Nœud soudé dans une ossature
tubulaire. L’articulation est le mode de liaison dans les nœuds, ce qui permet de sou-
mettre les barres uniquement à des efforts de traction et de compression,
quand les charges sont appliquées au droit de ceux-ci. Les nœuds des struc-
tures spatiales réticulées sont considérés comme des rotules.

Contrairement à ce qui se passe avec les composants usuels de stabilité, un


ensemble spatial ou tridimensionnel se suffit à lui-même. La rigidité est assu-
rée par la structure elle-même pour toutes les sollicitations dans toutes les
directions de l’espace.

Nœud d’articulation en acier moulé. Ces structures présentent les avantages suivants :
Structure de l’une des sphères d’Eden – montage : possibilité de préassemblage au sol et de levage d’ensembles ;
Project à Bodelva-Cornouailles en
Angleterre. Nicholas Grimshaw and
– économie de matière ;
Partners architectes. – légèreté ;
Charpente en treillis tridimensionnel – transparence ;
de la couverture du vélodrome de – esthétique ;
Berlin. Dominique Perrault achitecte.
– flexibilité.
Il peut y avoir en revanche des difficultés éventuelles de transport ainsi qu’un
coût élevé des assemblages.

On retiendra les trois typologies de structures spatiales suivantes :


– les poutres triangulaires ;
– les doubles nappes ;
– les voûtes et les coques.

Mémentos 40 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

Les poutres triangulaires

La poutre triangulaire comporte trois membrures parallèles et trois plans de


treillis. Cette poutre ne nécessite aucun élément complémentaire pour être
stable. C’est une structure spatiale.

Principe d’assemblage d’une


poutre triangulaire en tubes.

Les doubles nappes


Poutre triangulaire.

On distingue les nappes bidimensionnelles des nappes tridimensionnelles.


Axonométrie de la double nappe de
la toiture de la patinoire de Grenoble
Les doubles nappes à poutres croisées ou bidimensionnelles et détail d’un nœud d’assemblage
montrant le poinçon comprimé entre
la nappe supérieure en tubes ronds
La rigidité est assurée par deux familles perpendiculaires de poutres. C’est et les tirants en partie basse.
l’image du caillebotis. Les grilles supérieures et inférieures sont identiques et I. Hérault et Y. Arnod architectes.
superposées suivant les trames orthogonales carrées, rectangulaires ou tri-
angulaires.

Concevoir 41 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE

Les doubles nappes tridimensionnelles

Une double nappe tridimensionnelle comporte aussi deux plans de mem-


brures dont les croisements sont reliés par des treillis, mais les nœuds supé-
rieurs ne sont plus à la verticale des nœuds inférieurs comme dans la double
nappe bidimensionnelle. Les liaisons par éléments inclinés (non verticaux)
augmentent la rigidité de l’ensemble.

Nœud d’assemblage de la structure


de la coupole du musée maritime Il existe de nombreuses grilles de ce type. La plus simple consiste en la super-
d’Osaka au Japon. Paul Andreu avec position de deux grilles orthogonales identiques. Une fois chargée, la nappe
François Tamisier et Masakasu
supérieure est entièrement comprimée, alors que la nappe inférieure travaille
Bokura architectes.
en traction. En raison de leur grande rigidité, ces grilles ont une flèche faible.
Quand elles sont simples, elles peuvent être réalisées avec des cornières ou
Doubles nappes à mailles avec des tubes. Les géométries plus complexes nécessitent l’utilisation exclu-
triangulaires. sive de tubes. Des nappes encore plus résistantes peuvent être obtenues en
créant deux nappes triangulaires liaisonnées entre elles par trois réseaux de
plans verticaux.

L’épaisseur des doubles nappes des structures spatiales réticulées pouvant


être importante, il est naturel de penser à occuper les volumes libres entre
les barres en les rendant utilisables. Ainsi, les doubles nappes de hauteur
d’étage permettent de franchir économiquement de grandes portées tout en
utilisant les espaces entre les structures. Des mégastructures réticulées peu-
vent être conçues sur plusieurs étages.

Ci-contre : double nappe


diagonale.

Mémentos 42 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

Les voûtes et dômes

Le principe de l’arc peut être utilisé pour des nappes cintrées dans une direc-
tion formant une voûte.

En faisant pivoter un arc autour de l’axe vertical passant par sa clé, on obtient
la figure du dôme géodésique, dont Buckminster Fuller a été l’inventeur et le
promoteur. Le plus connu de ses dômes est celui du pavillon des États-Unis à
l’Exposition Universelle de Montréal (diamètre : 76 m). Ces structures peu-
vent couvrir des surfaces importantes avec un poids très réduit.

Lorsque les courbures sont faibles, ou pour une grande portée, on double la
nappe d’une deuxième surface dont les nœuds sont reliés à ceux de la pre-
mière par des diagonales spatiales.

Simples nappes cylindriques.

Deux exemples de simple nappe


sphérique, coupes et plans.

Intérieur de l’une des portions de


sphère d’Eden Project à Bodelva-
Cornouailles en Angleterre. Nicholas
Grimshaw and Partners architectes.

Coupole du musée maritime


d’Osaka au Japon. Paul Andreu avec
François Tamisier et Masakasu
Bokura architectes.

Concevoir 43 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE

( Les structures tendues et haubanées


Ce type de structure est très ancien. Les nomades du Maghreb ou du Moyen-
)
Orient ont depuis fort longtemps l’usage de grandes tentes en peau. Il y a plus
de vingt siècles, les Romains tendaient au-dessus des stades et des cirques
d’immenses vélums en toile de lin, renforcés par des filins de chanvre et ancrés
dans les maçonneries.

Ci-contre, principe d’une tente


nomade, permettant la libre
circulation de l’air.

Différentes raisons amènent les concepteurs d’aujourd’hui à utiliser des struc-


tures tendues :
– le développement des technologies et de matériaux légers de grande résis-
tance : textiles divers, aluminium, plastiques armés, aciers spéciaux, titane…
Ceci permet aux concepteurs de réaliser des structures et des enveloppes de
plus en plus légères pour franchir des espaces toujours plus vastes. Elles appor-
tent des satisfactions esthétiques et répondent à des besoins nouveaux : enve-
Couverture suspendue du stade
loppes modulables, escamotables, laissant passer la lumière et libérant les
olympique de Munich en Allemagne. espaces courants de toute contrainte de structure ;
Frei Otto ingénieur. – les structures haubanées constituent une excellente réponse aux reports de
charges dans les meilleures conditions à des distances toujours plus impor-
tantes. C’est en véhiculant une force par tension simple que le rapport matière-
prix est en effet minimal. La traction ou tension simple utilise totalement les
capacités résistantes de l’acier et évite les phénomènes annexes de flambe-
ment ou de cisaillement. Cette technique permet en outre d’utiliser des maté-
riaux incapables de résister à la compression ou à la flexion, tels que les tissus
naturels ou synthétiques, qui travaillent au maximum de leur capacité à la
traction.
Couverture textile suspendue à des
mâts. Les différentes familles de structure tendue

Les structures suspendues


Pont suspendu d’Akashi au Japon.
Portée : 1991 m, record du monde. Une structure suspendue est une structure qui reprend le principe de fonc-
tionnement d’une catène. L’architecture issue de la géométrie plane ou à
simple courbure (arc et voûte) est remplacée par de nouvelles formes spa-
tiales. Le sens de la courbure des câbles indique celui de la résultante des
efforts qui sont repris.

Les charges à considérer sont constituées du poids propre, de la neige, de sur-


charges constantes ou mobiles, de certaines sollicitations du vent.

Mémentos 44 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

Dans le cas où le poids propre de la couverture est supérieur aux sollicita-


tions verticales du vent, les charges peuvent être absorbées par des câbles
unidirectionnels ou pluridirectionnels, mais dans le même sens de courbure.
Ce sera le cas d’une structure lestée en cylindre, en calotte sphérique ou para- Surface à double courbure en
bolique suspendue. Le poids de lestage doit être supérieur aux effets de suc- paraboloïde hyperbolique.
Cf. Bibliographie [12, p.94].
cion ou de soulèvement dû au vent.

Dans le cas où le poids propre est inférieur aux sollicitations extérieures diri-
gées vers le haut, c’est-à-dire que le vent devient la charge dimensionnante,
la structure tendue devra être réalisée par deux familles de câbles de courbure
opposée, formant des surfaces à double courbure. Dans l’hypothèse d’un
maillage à câbles, ceux-ci formeront obligatoirement une surface à courbure
inverse : par exemple un paraboloïde hyperbolique.
2
Dans ce type de structure, le poids propre (quelques kg/m ) est inférieur aux Exemple de structure à double
sollicitations extérieures dirigées vers le haut dues au vent. courbure, paraboloïde hyperbolique.
Arène de Raleigh Livestock réalisée
Le poids propre des structures peut en effet varier de quelques kilogrammes
en 1953 par Matthew Nowici avec
à quelques tonnes : l’ingénieur Fred N. Severud.
– voûte en maçonnerie : plusieurs t/m2 ;
– dalle béton : 300 à 500 kg/m2 ;
– structure métallique : 20 à 80 kg/m2 ;
– structure tendue : quelques kg/m2.

Les structures suspendues lestées

Le lest peut être en béton armé coulé sur support métallique, en bois, en Forces extérieures s’opposant aux
résine… Il est porté par les câbles. Ceux-ci sont toujours désolidarisés du sup- dépressions du vent et remplaçant
le lestage.
port lesté afin de permettre leur glissement et l’équilibrage des tractions.
La surface de couverture peut par exemple être un cylindre parabolique. Les
câbles porteurs sont alors ancrés en tête de poteaux métalliques. Les efforts
de traction sont ramenés au sol par des haubans.
La surface de la couverture peut comporter deux courbures de même signe et
Lestage et vent.
l’on obtient alors une coque.

Ci-contre, couverture lestée. Dessin


du gymnase de Trinity-School à
Londres.

Concevoir 45 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE

Ponts suspendus : à suspentes


obliques, à suspension totale
et à suspension centrale.
Les structures suspendues évoquent aussi les ponts de grande portée. Les
ponts suspendus sont classés par rapport aux formes caractéristiques de la
suspension (totale ou centrale). L’ensemble des charges verticales est absorbé
par les câbles porteurs liés au tablier qui transmettent les charges aux câbles
principaux ancrés dans les massifs de fondation. Pour des raisons de stabilité
aérodynamique les formes des suspentes évoluent vers des dispositions en V
ou en X qui permettent d’amortir au mieux les vibrations de la structure.

Les structures légères en câbles non lestées

Elles peuvent être réalisées avec des poutres câbles. Dans ces structures, tous
les éléments sont tendus. Aucune pièce n’est comprimée ni fléchie. Toutes les
sollicitations extérieures sont reprises par des câbles. Suivant les conventions :
– le « câble » appelé « porteur » résiste aux charges de poids propre, neige, sur-
charges fixes ou mobiles ;
Trois schémas de poutres-câbles avec
des câbles de liaison verticaux et
– le câble « tenseur » résiste aux soulèvements dus à l’action du vent.
diagonaux.
Cf. Bibliographie [10, p.186]. Les deux câbles travaillent simultanément contre les déformations.
Ils sont solidarisés au milieu de la portée et liés par des haubans
Différentes figures de structures légères avec
des poutres à câbles « porteur » et « tenseur ». diagonaux. Les poutres câbles peuvent être à une seule trame de 30
m à 100 m de portée. Les poteaux de structure et les ancrages au sol
se situent aux extrémités de l’ouvrage. Les poutres-câbles peuvent
être réalisées en série de plusieurs travées continues. Chaque tra-
vée s’appuie alors sur une poutre métallique perpendiculaire aux
Poutre-câble à une travée poutres-câbles.

Pour certaines réalisations, on utilisera plutôt des poutres à câbles


rayonnants. On reprend dans ce cas de figure le principe de fonc-
tionnement des roues de vélo, avec des câbles tendus qui transmet-
tent les efforts à un élément de rive en compression qui permet
Poutres-câbles à travées continues d’éviter la mise en place de haubans d’ancrage.

Il existe aussi les maillages ou filets de câbles. Dans ce cas de figure,


les câbles sont placés suivant une seule nappe ou surface. Les câbles
porteurs et les câbles tenseurs forment deux familles sensiblement
orthogonales. Leurs courbures sont inverses. Cette technique a été
particulièrement développée par les ingénieurs Frei Otto en
Allemagne et René Sarger en France.
Poutres-câbles en fuseau. Toute surface à double courbure inverse peut être utilisée pour réa-

Mémentos 46 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

liser un maillage de câbles. Le paraboloïde hyperbolique (ou PH) est très uti-
lisé en câbles tendus puisqu’il répond à la nécessité d’équilibrer deux efforts
opposés : la portance et le soulèvement.
Les rives peuvent être souples (rives constituées de câbles) ou rigides (rives
constituées de poutrelles en acier ou en bois). Elles permettent l’ancrage des
câbles, l’arrêt du revêtement d’isolation et d’étanchéité, et canalisent les eaux
de pluie vers les points bas. Elles permettent aussi l’appui des façades.

Les structures haubanées

Les structures haubanées concernent essentiellement les ponts. Le hauba-


Couverture textile haubannée.
nage est l’élément fondamental assurant le fonctionnement statique de la
structure. Il existe trois façons de fixer les haubans en tête de pylône : en
éventail, en harpe ou en semi-éventail.
Chaque câble reprend une partie du poids du tablier (ou de la structure hori-
zontale) et, du fait de leur inclinaison par rapport à la verticale, ils provoquent
une compression dans le tablier. À noter que les efforts de compression doi-
vent s’équilibrer, d’où la symétrie du haubanage par rapport au pylône. Ceci Pont à haubans à Seyssel.
explique également le mode de montage usuel de ce type d’ouvrage à partir
du pylône.

Haubanage longitudinal :
en éventail, en harpe et en
Les matériaux utilisés dans les structures tendues semi-éventail.

Les matériaux de structure sont les tubes, les profilés, les câbles toronnés ou
à fils parallèles, ou les barres pleines. Actuellement, le câble toronné non gal-
vanisé ou gainé en plastique est le matériau le plus performant et le plus éco-
nomique.
Le platelage de couverture peut jouer différents rôles :
- simple parapluie : il devra résister mécaniquement aux charges climatiques;
- couverture complète : il devra résister mécaniquement aux charges clima-
tiques, assurer une parfaite étanchéité, être isolant thermiquement et phoni-
quement.
Il peut comporter différents composants. Les matériaux porteurs seront auto- Détail de la couverture du stade
de Saint-Ouen.
portants de câble à câble, ils devront résister au feu, à la corrosion et au vieillis-
sement. Les tôles d’acier nervurées galvanisées ou laquées peuvent répondre
à ces exigences. Sont aussi utilisées les tôles d’aluminium et les plaques trans-
lucides de plexiglas, de polycarbonate, de métacrylate, de polyester armé, de
Détail de la couverture du stade de
verre. Les matériaux d’étanchéité sont les multicouches soudées, les étan- Munich en Allemagne, montrant les
chéités polymérisées armées de tissus de verre, les membranes. joints souples entre les éléments.

Concevoir 47 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE

( Les ossatures légères


)
Inspirée par la construction à ossature bois, la construction en ossature légère
en acier est faite à base de profils minces galvanisés. Elle est couramment uti-
lisée en Amérique du nord et au Japon. Les profils laminés à froid ont une sec-
tion en forme de C de U, de Z ou de sigma. L’épaisseur de la tôle varie de 0,6 à
2,5 mm, ce qui leur confère une grande légèreté, de l’ordre de 0,075 kN/m au
maximum. Leur assemblage peut se faire par divers procédés : par vis auto-
taraudeuses posées à l’aide de visseuses portatives, par clous fixés par pisto-
Montage d’une structure légère sur lets pneumatiques, par boulons ou par clinchage.
un socle en béton. Maison dans les
Landes, Joxe Aranguren architecte.
On compose ainsi des ossatures formées de montants verticaux, en général
espacés tous les 60 cm, et de traverses horizontales sur lesquelles on vient
fixer des éléments plans : bardages, plateaux supports de bardage ou pare-
ments extérieurs, plaques de plâtre ou de fibres pour les finitions intérieures.

Les façades peuvent être habillées avec un parement de métal, de bois, de


brique, d’enduit..., de même que les couvertures peuvent être construites avec
n’importe quel matériau : tuiles en terre cuite ou métalliques, panneaux... On
peut aussi associer cette ossature légère à des profilés traditionnels et ouvrir
ainsi les possibilités de conception : porte-à-faux, étages multiples, grande
baie vitrée, etc.

Des trous dans les montants verticaux permettent de faire passer câbles,
tuyaux et réseaux à l’intérieur des murs ou des cloisons. Le contreventement
Ossature légère avec un porte-à-faux peut être réalisé avec des écharpes diagonales ou avec des panneaux plans.
nécessitant une reprise sur profilés
standards. Cité Manifeste à Mulhouse
D. Lewis, Scape architecture+Block.
Différents systèmes de montage existent. Les profils minces peuvent être livrés
sur le chantier par fagots coupés à la longueur voulue, puis assemblés sur
place par vissage ou boulonnage. Quelques jours suffisent à une petite équipe
pour monter l’ossature d’une maison sur une chape de fondation. On peut
aussi préassembler en atelier des éléments voire des panneaux entiers de
grande dimension pour simplifier le montage sur place et améliorer la qualité
de finition.
Poteau et poutre en profil mince,
logements cité Manifeste à On peut ainsi réaliser des constructions jusqu’à deux étages, très légères et qui
Mulhouse. Ateliers Jean Nouvel arch.
résistent bien aux sollicitations sismiques. Le procédé est bien adapté pour la
Maison prototype à Liège, Belgique. construction de maisons individuelles ou de petits équipements (hôtels,
Véronique Salmon architecte.
bureaux...). Les performances thermiques et acoustiques de ce type de
construction sont excellentes, grâce à la possibilité d’optimiser la nature et
l’épaisseur de l’isolant placé à l’intérieur des murs et sur leur face externe, de
jouer sur l’épaisseur et le nombre de plaques de plâtre et moyennant cer-
taines précautions dans le montage (désolidarisation des planchers, joints
résilients...).

Mémentos 48 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

( Les assemblages
Les types de liaison
)
Les assemblages sont classés en deux grandes catégories :
– assemblages « mécaniques » : boulons, vis, rivets… ;
– assemblages « adhérents ou cohésifs » : soudure, collage…
Les assemblages concernent des éléments structurels – poteaux, poutres, dia-
gonales de contreventement, tirants – ou des matériaux de partition ou d’en-
veloppe. Ils représentent une fraction significative du coût d’une ossature
métallique.

En plus de leur fonction de liaison, qui consiste à assurer la continuité des


Schéma d’assemblage mécanique
efforts transmis, ils jouent un rôle esthétique très important quand ils sont par boulon avec écrou.
visibles. Ils sont particulièrement mis en valeur lorsqu’ils montrent le fonc-
tionnement structurel du bâtiment.

Assemblages mécaniques

Les boulons

Les boulons peuvent être utilisés en atelier ou sur le chantier. Ils sont assez
couramment mis en œuvre. Un boulon comporte une tête hexagonale, un
corps cylindrique fileté qui constitue la vis et un écrou également hexagonal.
Les rondelles, freins d’écrou, contre-écrou font partie des accessoires des
assemblages. Les jeux dans les trous sont de 1 à 2 mm. Ils travaillent soit en
traction, soit au cisaillement. Le serrage d’un boulon ordinaire se fait soit
manuellement, soit avec une clé, soit pneumatiquement. Structure en profils minces
boulonnés. Viaduc espace info à
Millau. M. Abergel et J. Carchon
Les boulons à haute résistance (HR) et à serrage contrôlé sont plus efficaces. architectes.
Le serrage d’un boulon HR crée entre deux pièces une pression qui s’oppose
au glissement par frottement. Ce type de boulon est principalement utilisé
pour assurer la liaison des composants dans des assemblages soumis à des
moments de flexion et des efforts tranchants. Le serrage contrôlé de ce type
de boulon se fait par une clé dynamométrique (munie d’un appareil de mesure
de l’effort). L’assemblage par boulons HR est plus facile à mettre en œuvre
Exemples d’assemblages : rivet à
sur un chantier que la soudure. Les boulons font l’objet d’une certification en tête sphérique, rivet à t^ête fraisée,
matière de caractéristiques géométriques et mécaniques. boulon, XIXe siècle.

Les rivets

Le rivetage a été longtemps le seul procédé d’assemblage


utilisable en construction métallique (par exemple pour
e
la tour Eiffel). Développé dès la fin du XVIII siècle pour la
confection des chaudières, très largement développé à

Concevoir 49 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE

partir de 1850, il est complètement abandonné aujourd’hui pour les assem-


blages sur les chantiers sauf dans les cas de rénovation de bâtiments anciens
ou de ponts.

Un rivet se présente comme un gros clou à une tête. Il doit être préalablement
chauffé au rouge, puis posé à chaud. Une fois l’autre tête formée à la masse,
au marteau pneumatique ou à la presse hydraulique, le rivet se contracte en
Pont en fer riveté à Bayonne, 1860. se refroidissant ce qui assure ainsi une force de serrage et un assemblage par
frottement des deux pièces entre elles. Procédé efficace et très sûr, il exige
cependant beaucoup de main d’œuvre.

Assemblages adhérents ou cohésifs

Le soudage

Le soudage consiste à fondre l’acier localement avec ou sans apport de métal


(toujours de l’acier) de manière à reconstituer une continuité de la matière
aussi parfaite que possible. Le procédé le plus courant en construction métal-
lique est la soudure à l’arc qui utilise la chaleur produite par un arc électrique
pour porter l’acier à la température de fusion.
Le soudage est un procédé très efficace mais qui peut exiger un contrôle a
posteriori des pièces assemblées (examen visuel, rayons X…). Une partie des
soudures est le plus souvent réalisée en atelier, parfois sur des bancs auto-
matisés (par exemple pour les PRS). La plupart des entreprises de construction
métallique est aujourd’hui bien équipée en bancs de soudage.
Les positions de soudage peuvent s’effectuer pour des pièces :
Différents types de soudures. – à plat bout à bout ;
– à plat superposé ;
Soudure de deux demi-poutrelles – à plat d’angle.
pour fabriquer une poutre alvéolaire.

Le collage

Encore expérimental, le collage de pièces métalliques ne s’emploie en pra-


tique que pour des pièces d’enveloppe où les contraintes mécaniques à prendre
en compte sont faibles (par exemple raccord d’angle pour un bardage).
Néanmoins les progrès très importants réalisés ces dernières années dans les
colles laissent prévoir un grand développement de ce type d’application.

Mémentos 50 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

Les types de liaison

On distingue plusieurs types de liaison, suivant les éléments reliés :


– appui au sol d’un poteau ;
– liaison poteau-poteau ;
– liaison poteau-poutre ;
– liaison poutre-poutre ;
– liaison dans les poutres treillis ;
– liaison poutre-voile en béton armé ; Pied de poteau articulé.
– nœud dans les structures spatiales.

Appui au sol d’un poteau

Pied de poteau articulé

La mise en œuvre la plus courante consiste à souder une platine à l’extrémité


du poteau. Elle est traversée par deux tiges d’ancrage et repose sur l’élément
de fondation en béton. Même si la liaison semble rigide, elle fonctionne en
fait comme une articulation (cf. p. 23).
Il est quelquefois nécessaire de souder sous la platine un tronçon de profilé
appelé « bêche » pour transmettre l’effort horizontal au massif de fondation.
Pied de poteau encastré.
Pied de poteau encastré

La platine soudée à l’extrémité du poteau est traversée par quatre tiges ancrées
dans le béton. Afin que les contraintes soient admissibles et les déformations
faibles pour un encastrement, il est nécessaire de choisir des platines épaisses
ou des platines minces mais raidies (cf. p. 24).

Liaison poteau-poteau

Les joints de montage permettent de réaliser le raccordement de différentes


parties d’un même poteau (par soudure, par éclisses ou par platines). Il peut
y avoir continuité et modification des formes en même temps.
Joints de continuité de poteaux de
section variable, soudé (à gauche),
assemblé (à droite).

Ci-contre, trois types de liaisons


poteau-poteau
1- Soudage bout à bout des tronçons
2- Liaison par éclisses boulonnées
3- Liaison par platines d’extrémités
soudées.

Concevoir 51 Construire
1 LE MATÉRIAU ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE

Liaison poteau-poutre

Assemblages par appui simple

Ce type de liaison est par exemple mis en œuvre à un joint de dilatation. La


poutre prend appui sur le poteau, mais elle conserve un mouvement libre
horizontal (cf. p. 23).
Ci-contre : assemblages articulés
par cornières boulonnées (élévation
et coupe). Assemblage articulé

L’attache d’une poutre sur un poteau est


considérée comme articulée quand la flexi-
bilité des cornières de liaison autorise de
faibles rotations. La poutre est assemblée au
poteau au niveau de son âme. De cette
manière, les semelles supérieures et infé-
rieures de la poutre sont libérées et ne trans-
mettent pas d’effort couplé de traction et de
compression, et par conséquent pas de
flexion (cf. p. 23).

Assemblage par encastrement

Dans le cas de continuité de poutres ou de poteaux, la liaison est complète-


ment rigide. L’encastrement poteau-poutre peut se faire par soudure directe.
On renforce ainsi la fixation. Sinon on utilise une platine et on boulonne les
pièces, au niveau des semelles en particulier.
Aux angles des portiques, les poutres sont considérées comme encastrées sur
le poteau. L’assemblage reconstitue la continuité du portique.

Assemblages rigides poteau-poutre


– par assemblage soudé (en haut) ;
– par cornières boulonnées et
éclisses soudées (au milieu) ;
– par plaques d’about soudées aux
poutres et boulonnées au poteau (en
bas).
Cf. Bibliographie [12, p.142].

Ci-contre : liaisons rigides poteau-


poutre
– encastrements boulonnés sur le
chantier, directement sur le poteau
et avec liaison décalée sur des
amorces de poutres (en haut) ;
– nœud rigide en t^^êt^ e de ^portique,
soudé en usine et boulonné sur le
chantier (en bas).

Mémentos 52 acier
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

Liaison poutre-poutre

La liaison peut être articulée ou encastrée (cf. croquis p. 24). L’articulation au


faîtage de deux demi-portiques est un cas fréquent dans les halles à rez-de-
chaussée. Dans le cas des nœuds rigides de portique, la liaison de la poutre au
poteau peut s’effectuer en retrait de l’intersection des lignes d’épures géo- Traverses de portique articulées,
avec axe libre dans deux coquilles
métriques pour des raisons techniques ou architecturales. cylindriques soudées.

Liaison dans les poutres treillis

Les assemblages peuvent être soudés ou boulonnés. Il existe de nombreuses


possibilités avec les profils du commerce. Les assemblages entre tubes se font
par soudage : en « gueule de loup » pour les poutres en tubes ronds, à coupes
planes quand les membrures sont hexagonales ou carrées.

Liaison d’une poutre métallique avec une paroi en béton

L’attache de la poutre peut s’effectuer de trois manières différentes : par des


corbeaux en béton formant une console ; par l’engagement des abouts des Appui simple de poutre sur un mur
ou un voile en béton armé.
poutres dans des logements réservés dans le béton avec des dispositifs d’ap-
pui ; par des platines noyées dans le béton sur lesquelles sont fixés les abouts
de poutre par âme de liaison ou corbeaux pré-soudés en atelier.

Nœuds dans les structures spatiales

Dans les structures spatiales, les sections les plus adaptées au travail de trac-
tion et à celui de la compression sont les profils creux ronds.

Assemblages sur des sphères


Nœud Méro.
Les profils creux ronds concourent au centre de la sphère et sont soudés. Ils
peuvent aussi être vissés et boulonnés dans la sphère creuse (ex. nœud Méro).

Assemblages par aplatissement de tubes et goussets soudés


Assemblage de tubes par goussets
Un des procédés consiste à souder sur les membrures des goussets en tôle aplatis.
dans les directions des barres dont les extrémités sont aplaties de manière à
Système de nœud tridimensionnel
permettre l’attache par soudure ou boulonnage.
Stéphane Duchâteau.

Les nœuds à coquilles

Le système Stéphane Duchâteau est formé de coquilles en acier moulé enser-


rant plusieurs tubes. Les joints sont soudés.

Concevoir 53 Construire
5 LES PLANCHERS

Les planchers ont pour rôle structurel de transmettre les charges et surcharges
de fonctionnement du bâtiment aux éléments principaux de l’ossature. Ils
participent aussi à la stabilité globale du bâtiment et peuvent assurer le contre-
ventement horizontal.

Les planchers doivent répondre à des cahiers des charges précisant :


– les performances thermiques ;
– les performances acoustiques ;
– le degré de résistance au feu ;
– le cheminement des réseaux et la position des installations techniques ;
– les possibilités de fixation du faux-plafond ainsi que des installations tech-
niques ;
– les modes de vibration en cas de charges dynamiques.

On distingue dans les planchers la dalle et la poutraison (ou solivage).


La dalle peut être :
– en béton armé ou précontraint ;
– en béton coulé sur des bacs acier formant coffrage perdu ;
– en béton coulé sur des bacs acier collaborants ;
– en plancher sec composite acier/autre matériau (bois, plâtre...) ;
– en dalle mixte acier-béton préfabriquée.

Ci-contre : schéma de report des


charges d’un plancher vers les
poteaux en passant par les poutres.

Bacs acier pour ^plancher collaborant


posé sur des poutres alvéolaires.

Mémentos 54 acier
( Les dalles béton
)
On distingue les dalles en béton armé coulées en place sur un coffrage, les
dalles en béton coulées sur des prédalles, les dalles préfabriquées et les dalles
alvéolaires précontraintes.

Pour optimiser la dalle et les poutres, il est intéressant d’assurer une connexion
entre ces deux éléments. Il existe plusieurs moyens pour assurer l’adhérence
entre les poutres et la dalle. Lorsque la dalle et la structure métallique de sup-
port collaborent pour résister ensemble aux efforts, on parle de structure
mixte.
La mixité peut être assurée par :
– des connecteurs. Ils accroissent les surfaces de contact entre les aciers et le
béton ;
– l’incorporation de l’aile haute du profilé dans la dalle ;
– l’enrobage de la poutrelle et son incorporation dans la dalle en béton armé.

Les dalles alvéolaires précontraintes se posent sur l’aile inférieure des poutres.
Elles peuvent atteindre 12 m de portée.

Différents types de dalle béton sur


poutrelles acier :
– dalle reposant sur un profilé avec
connecteurs de liaison (en haut) ;
Poteau en acier – prédalle avec connecteurs et dalle
de compression (au milieu) ;
– dalle incorporant l’aile supérieure
du profilé (en bas).

Poutre chapeau Structure mixte :


détail de connecteurs soudés sur la
poutraison, avec prédalles béton en
attente de la dalle de compression à
couler en place.

Boulons de
fixation

Platine de
fixation
Dalle alvéolaire

Ci-contre : plancher en dalles


alvéolaires précontraintes posées
sur une poutre asymétrique de type
IFB (Integrated Floor Beam).

Concevoir 55 Construire
2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O

( Les dalles sur bacs acier


)
Les planchers non collaborants comportent des bacs en acier galvanisé for-
mant coffrage pour la dalle en béton. Ils permettent :
– d’assurer un coffrage efficace et étanche en supprimant les opérations de
décoffrage ;
– de constituer une plateforme de travail avant la mise en œuvre du béton ;
– d’éviter souvent la mise en place d’étais et ainsi de gagner du temps car en
reprenant la charge de béton coulé en place ils ont une fonction structurelle.

Bac en acier galvanisé de type


Le positionnement du bac par rapport à la poutre de support peut se faire de
Toitesco formant un coffrage deux manières :
pour la dalle en béton. – le bac peut être fixé sur la poutre en partie supérieure ;
– le bac peut être incorporé dans la hauteur de la poutre, posé sur des cornières
ou posé sur l’aile inférieure. Pour poser le bac sur des cornières, il convient que
celles-ci débordent de la largeur de la semelle supérieure. Dans la pose sur
l’aile inférieure, l’emploi d’une poutre à large semelle est une autre réponse
à ce problème (poutrelles IFB ou SFB).

Détail de pose d’un bac acier sur


la semelle basse de la poutre.

Ci-contre, deux exemples de


plancher béton sur bac acier :
– bac acier posé sur la poutrelle,
avec faux plafond suspendu au bac
(en haut) ;
– bac acier posé sur des cornières
soudées sur l’â^me de la poutre (en
bas). Cette solution permet de réduire
la hauteur totale du plancher.

Mémentos 56 acier
O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES

( Les dalles avec bacs collaborants


Ce type de dalle consiste à associer deux matériaux pour qu’ils participent
)
ensemble, par leur « collaboration », à la résistance à la flexion. Ces planchers
associent une dalle de compression en béton armé à des bacs nervurés en
acier galvanisé travaillant en traction comme une armature. Pour éviter le
glissement entre les nervures du profil en acier et le béton, les parois laté-
rales des bacs sont embouties ou crantées. Si elles sont en acier, les solives peu-
vent être rendues solidaires de la dalle en béton par l’intermédiaire de
connecteurs soudés ou cloués pour constituer une poutre mixte. Une dalle
collaborante peut aussi être posée sur des poutres simples (sans connecteurs). Bac acier collaborant de type
Cofrastra avec un profil d’ondes
en queue d’aronde crantées pour
Le résultat est une économie de béton et d’acier donc, plus globalement de solidariser l’acier et le béton.
poids. La rapidité de montage est supérieure à celle des systèmes traditionnels.
Les planchers collaborants sont très performants pour la flexibilité et le poten-
tiel d’évolution du bâtiment.

Les bacs collaborants sont généralement utilisés pour des portées entre solives
variant de 2 m à 7 m avec une épaisseur de dalle variant dans un bâtiment
courant de 8 à 30 cm. La largeur maximale des bacs est de 1 m. Les épaisseurs
de tôle varient de 0,75 mm à 1 mm. Les portées du plancher lui-même peu-
vent atteindre 18 m, avec des épaisseurs de plancher de seulement 95 cm,
faux plafond, dalle et faux plancher compris. Bac acier collaborant de type
Cofraplus à profil trapézoïdal
ouvert muni de bossages.
2

3Treillis d’armature

Connecteur
soudé 1

4
Bossages
sur les
parois
latérales Bac acier avec connecteurs soudés
au droit des solives.
7
Poutre

6 Plancher collaborant en cours de


coulage avec étais provisoires.
Solive5

Vue éclatée d’un plancher mixte.


1. Connecteur soudé
2. Béton coulé en place
3. Treillis d’armature
4. Bossages sur les parois latérales
5. Solives
6. Tôle profilée en acier galvanisé ou prélaqué
7. Poutre

Cf. Bibliographie [12, p.130].

Concevoir 57 Construire
2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O

Les bacs peuvent être posés et fixés :


– sur la poutre ;
– sur des cornières soudées sur l’âme de la poutre.
Dans ce cas il convient de gruger l’aile supérieure pour permettre l’insertion
du bac entre les âmes des poutres.

Lors du coulage du béton, la rive du plancher est bordée par une costière en
Plancher collaborant avec bacs acier
acier galvanisé, appelée « bande d’arrêt de coulage », de la hauteur du plan-
posés sur les solives.
cher collaborant pour contenir le béton au niveau fini du plancher à réaliser.

Dans des locaux industriels ou tertiaires simples, la sous-face du bac acier


simplement galvanisée ou prélaquée peut rester apparente.

Cornières
8 mini

Plancher collaborant avec bacs posés d


sur des cornières soudés sur les ailes
des solives.
6 mini

Plancher collaborant en attente


de coulage de la dalle béton, avec
costières d’arrêt au droit de la
trémie (ci-dessus et ci-contre).

Bétonnage à la pompe de la dalle


de compression en béton.

Ci-contre : schéma de princi^pe d’un


plancher collaborant avec isolation
et plafond suspendu aux bacs acier.

Mémentos 58 acier
O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES

Pour répondre aux exigences acoustiques, thermiques ou de tenue au feu du


plancher, il convient en général de lui associer d’autres matériaux. Ceux-ci
assureront également un parement fini adapté aux locaux à traiter. Ils sont
constitués essentiellement de :
– laines minérales ; l’épaisseur de la laine varie en fonction de la nature des
locaux superposés (isolation phonique) ;
– plaque(s) de plâtre ; l’épaisseur de la ou des plaques de plâtre varie en fonc-
tion de la performance acoustique. Intégration des réseaux et de
l’éclairage dans la sous-face du
plafond avec bacs acier apparents.
Grâce à l’effet masse-ressort-masse associant la masse de la dalle en béton,
un isolant et un plafond en plaques de plâtre, la capacité d’isolation acoustique
peut atteindre 62 db(A), bien supérieure à une dalle classique en béton.

Sans protection particulière, la résistance au feu des dalles collaborantes est


de 30 minutes sans dispositions particulières. On peut facilement atteindre
120 minutes en disposant des armatures supplémentaires dans les creux des
ondes des bacs. Avec une protection adaptée des structures, l’ensemble dalle
+ poutre atteint aussi cette résistance.

Dans certaines conditions (acoustique, tenue au feu), le plenum (espace entre


la laine et la sous-face du plancher) est utilisé pour faire circuler des gaines :
– un chauffage électrique rayonnant peut être installé sous la forme d’un film
dans lequel est intégré une résistance, inséré entre la plaque (de plâtre ou
d’un autre matériau adapté) et la laine ;
– un circuit d’eau (chaude ou froide) interposé également entre le faux plafond
Passage des gaines techniques dans
qui sera constitué de dalles minérales et la laine. Il peut servir à chauffer ou les poutres alvéolaires des planchers.
à rafraîchir les locaux situés sous le plafond ; Les poutrelles sont floquées pour en
assurer la stabilité à l’incendie.
– les réseaux électriques et informatiques ainsi que les gaines de ventilation.

1
Ci-contre, coupe de principe sur
2
20

un plancher mixte – acier-béton


avec bac acier –, faux plancher
3 et plafond suspendu. Les réseaux
passent dans le plenum à travers
4
12

les poutrelles alvéolaires.


5
1. Plancher technique sur verins
6 2. Plenum
3. Plancher collaborant sur bac acier
7 4. Connecteur type Hilti
40

8
5. Semelle haute PRS, 1/2 IPE 450
6. Protection enduit projeté
7. Réservation
9
8. Passage de gaine
2

9. Semelle basse PRS, 1/2 HEB 340


10

10 10. Plafond suspendu.

Concevoir 59 Construire
2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O

( Les planchers secs


)
En opposition avec les différents types de plancher présentés précédemment
qui font appel au coulage d’une dalle en béton et comportent une phase
humide, le plancher sec est réalisé par l’assemblage mécanique de matériaux
industrialisés.
Ses caractéristiques essentielles sont :
– la légèreté : il est cinq fois moins lourd qu’une dalle de 20 cm en béton armé ;
– l’assemblage mécanique de ses composants ;
– les performances acoustiques obtenues, qui sont celles de la NRA (Nouvelle
Montage d’un plancher sec sur bacs
acier. Logements à Evreux, Dubosc réglementation acoustique).
et Landowski architectes.
Le plancher sec est constitué d’un bac métallique qui repose sur les poutres
et qui assure seul la fonction portante. Les portées peuvent aller de 2 à 6 m.
Dans le cas d’une portée de 6 m, la hauteur du bac est de 20 cm.

Sur un plancher sec de type PCIS, on pose au-dessus du bac :


– un résilient ;
– un panneau de bois de particules solidarisé avec le bac en acier ;
– deux plaques de plâtre ou un panneau de bois/ciment.
Et en sous-face du bac :
– une couche de laine minérale ;
– une ou deux plaques de plâtre, ou une plaque de silicate de calcium.
Plancher sec en cours de pose.

Aux avantages précédemment cités, il convient d’ajouter :


– la rapidité de montage ;
– l’absence d’étaiement freinant l’avancement du chantier ;
– la flexibilité ;
– l’autonomie thermique des locaux, puisque le plancher intègre un isolant.

Dans un souci de cohérence et de logique, il conviendra d’utiliser les espaces


creux et les interfaces des matériaux pour faire circuler des gaines techniques
ou incorporer un film chauffant électrique. Il est néanmoins souvent néces-
saire de prévoir un contreventement horizontal complémentaire, ce type de
plancher ne pouvant pas généralement assurer cette fonction.

Ci-contre : système de plancher


préfabriqué en usine de type
Cofradal 200 composé d’un double
bac acier portant un isolant
acoustique et thermique et
une dalle en béton armé.
Les éléments d’une épaisseur totale
de 200 mm sont livrés par largeur
de 1,20 m pour une portée de 7,50 m
maxi. Ils sont stables au feu 120 mn
et offre une isolation phonique de
58 db(A) aux bruits aériens.

Mémentos 60 acier
O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES

Coupe et axonométrie sur le


3 4 système de plancher
composite interactif sec
2
Ci-contre, coupe sur plancher PCIS développé par l’agence
1 5 6 1. Revêtement de sol Dubosc & Landowsky
2. Plaque plâtre 13 mm avec enduit Les bacs acier reposant sur
3. Plaque plâtre 13 mm l’aile inférieure des solives
4. Panneau de Triply 12 mm, vissé reçoivent un plancher
7
5. Poutrelle asymétrique composite en bois et suppor-
6. Voile de verre tent un faux plafond isolé,
8 7. Bac acier 200 mm de hauteur pour un degré coupe-feu
8. Suspente pouvant atteindre 60 mn
9. Ossature faux plafond avec isolant laine de roche
10. Isolant 70 mm et plaque de plâtre
11. 2 plaques de plâtre de 13 ou 15 mm. 15 mm.
11
9
10

Système de plancher mince développé par l’agence


d’architecture néerlandaise Cepezed
D’une épaisseur totale de 330 mm, il comprend une
poutrelle asymétrique, des augets en acier galvanisé qui
reçoivent l’isolation, puis un bac acier posé sur des bandes
de caoutchouc qui supporte une chape en anhydride.

1 7
8
9 Coupe transversale sur façade et plancher
2 10 1. Écran de verre trempé émaillé 10 mm
11 2. Plat 80x20
3 12 3. Caillebotis acier galvanisé
13
4. Plat HEA 120 galvanisé
5. Couvre-joint aluminium
6. Joint d’étanchéité
7. Poteau 200x200
5 8. Poteau 120x60
9. Chape anhydrite
6 10. Costière d’arrêt de coulage de chape
4
14 11. Bac nervuré 50 mm
12. Bande caoutchouc
15
13. Auget acier galvanisé 200 mm
14. HEA 120
16 15.Isolant laine de roche 100 mm
16. Cornière 200x200x16.

Concevoir 61 Construire
6 LES FAÇADES

En façade, l’acier remplit de multiples fonctions : ossature secondaire d’élé-


ments vitrés ou opaques, remplissage, bardage… La grande variété des produits
d’habillage ou de vêture et des produits en acier disponibles pour les façades
a permis le développement d’enveloppes métalliques dans les programmes
les plus divers : bâtiments industriels, immeubles de bureaux, équipements
publics, immeubles de logements… Cette variété tient à la diversité des formes,
aspects et dimensions liées aux modes de fabrication mais aussi à la gamme
des finitions possibles.

Dans la continuité et en cohérence avec les planchers composites, la façade


assemblée entre dans la même logique de composants industrialisés assem-
Collège André-Maurois à Limoges. blés sur le site du chantier. La façade fait partie de la filière sèche, les standards
Enveloppe en acier laqué de couleur
cuivrée. É. Dubosc et M. Landowski industriels conditionnent en termes de fiabilité et de qualité la fabrication de
architectes. ces éléments. Par ailleurs, la mise en place de ces matériaux permet de s’af-
franchir plus rapidement des intempéries et d’assurer la sécurité du bâtiment.

En contrepartie, il faut faire preuve de rigueur en conception, en particulier


dans les détails répondre avec précision aux difficultés et aux points singuliers
qui se situent au niveau des assemblages entre les différents composants. Par
ailleurs, il est nécessaire de bien connaître les standards de manière à éviter
les modifications ou adaptation sur le chantier des éléments fabriqués. Des
zones de réglage sont tout de même prévues avec des éléments aux dimen-
sions ajustables pour avoir une certaine tolérance sur le chantier.

Avant le montage, la réalisation d’un prototype peut être intéressant pour


vérifier les détails d’assemblage, tester les performances du système et abor-
der les problèmes de pose. Cette étape donne une référence en termes de qua-
lité pour la construction effective de la façade.

Mémentos 62 acier
( Le contrôle des ambiances
La conception des façades doit tenir compte de différentes contraintes :
)
– d’étanchéité à l’eau et à l’air ;
– d’isolation thermique et acoustique ;
– de tenue dans le temps ;
– de lumière ;
– de résistance au feu (règle du C+D) et de réaction au feu ;
– de sécurité.
À noter que les façades ne doivent pas fonctionner exclusivement comme
des barrières, mais en fait comme des filtres sélectifs et contrôlables. La ten-
dance actuelle est davantage aux systèmes passifs qu’aux systèmes artifi-
ciels qui régulent par exemple la température ou la ventilation.
4

Étanchéité 5

6
Pour l’acier, la question de l’étanchéité à l’eau et à l’air est à traiter au niveau
1
des joints entre les composants, car le matériau lui-même est imperméable 2 2
et protégé contre la corrosion. Les performances de la façade peuvent donc 3
3
être altérées si un soin particulier n’est pas apporté à la conception des
assemblages. Les types de ruissellement d’eau sont multiples. Le chemine-
ment de l’eau peut par exemple se faire du bas vers le haut et les effets du
vent qui s’additionnent compliquent le problème à résoudre. Principes de façade étanche (à
gauche) et de façade à ^parement
extérieur non étanche (à droite).
Deux types de réponses existent :
1. Bardage
– la façade étanche, à joints étanches qui concerne les façades à châssis et 2. Isolant
les façades rideaux ; 3. Parement intérieur
4. Bardage ou parement extérieur
– la façade à parement extérieur non étanche, qui concerne les façades en
5. Vide d’air
bardage, où l’eau peut éventuellement pénétrer en partie la façade pour 6. Pare-pluie.
être ensuite évacuée par le vide d’air ventilé.
Montage d’une façade légère
Isolation thermique composite avec isolant en laine
de roche.

En France, la nouvelle réglementation thermique (RT 2000) a accru les exi-


gences de 20 à 40 % en matière d’isolation thermique. Tous les bâtiments
chauffés à 12 °C sont assujettis à cette réglementation.

L’acier est un bon conducteur thermique. Il doit donc être associé en faça-
de à un autre matériau isolant. On utilise principalement de la laine de
roche ou de verre, de la mousse de polyuréthane ou du polystyrène expan-
sé. Si le doublage des panneaux d’acier en partie courante est aisé, c’est au
niveau des fixations et des joints qu’il faut traiter le risque de transfert
direct de la température entre parties métalliques en contact avec l’exté-
rieur et l’intérieur. On parle alors de pont thermique. Les pièces métal-
liques sont généralement dédoublées et reliées par une pièce isolante.
La condensation est favorisée quand la température de la surface extérieure

Concevoir 63 Construire
3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES P

est froide et que la pression intérieure de vapeur d’eau est importante. Si elle
apparaît à l’intérieur de la façade dans une zone non ventilée, des désordres
importants peuvent survenir à terme provoqués par la corrosion de l’acier.
Pour réduire et réguler le phénomène, il convient de faire baisser d’abord la
pression de vapeur d’eau puis de faire baisser la température intérieure.

Pratiquement, on trouve de l’intérieur vers l’extérieur : un doublage à la tem-


pérature de l’intérieur (par exemple une plaque de plâtre peinte ou revêtue) ;
un film pare-vapeur étanche à la vapeur d’eau (film plastique) ; un isolant
thermique ; éventuellement un pare-pluie puis un vide d’air ; et enfin la paroi
extérieure. En fait, le point de rosée doit être dans ce vide d’air ventilé.

Isolation acoustique
Coupe type d’un mur à isolation
extérieure. L’isolation acoustique nécessaire dépend du type de bâtiment et du classe-
ment sonore de l’environnement défini par les pouvoirs publics suivant la
nature des voies et des activités adjacentes. Les performances à obtenir sont
définies en France par la NRA (Nouvelle règlementation acoustique), ainsi
que les labels Qualitel et Qualitel Confort Acoustique.

La capacité d’une paroi à s’opposer à la transmission du bruit est caractéri-


sée par son indice d’affaiblissement acoustique, noté R. Plus R est grand,
plus la paroi est isolante. Mesuré en laboratoire sur un échantillon normali-
sé, cet indice varie suivant la fréquence du son. On distingue :
– « R rose » : isolement de la paroi pour un bruit ayant la même puissance
dans toutes les fréquences ;
– « R route » : isolement de la paroi pour un bruit ayant une puissance plus
importante dans les fréquences basses (moteur, roulement, échappement...) ;
– « R w » : comparaison par rapport à un spectre de référence européen.

Les performances sont fonction de la nature et de la pose du revêtement exté-


rieur, de la nature, de l’épaisseur et de la densité de l’isolant, du parement inté-
Principe de façade double peau rieur (le plus souvent constitué d’une ou plusieurs plaques de plâtre posées en
avec structure intermédiaire et quinconce), de la distance entre les parements et de la nature des liaisons (vis,
isolation acoustique renforcée
(49 dB(A) en bruit rose) écarteurs...). Une paroi n’étant en général pas homogène, le R global est très
1- Plateau de bardage influencé par le plus faible des composants. Les parois à ossature acier peu-
2- Laine minérale dense 140 kg/m3
vent dépasser un R de 61 dB (A), en jouant sur l’effet masse-ressort-masse. Le
3- Laine minérale
4- Bardage extérieur confort acoustique d’une pièce dépend aussi de sa capacité d’absorption et du
5- Structure intermédiaire. temps de réverbération Tr. Si les parois sont très réfléchissantes, le Tr sera long,
si elles sont absorbantes, le Tr sera court. Pour le logement il est de 0,5 s. Pour
améliorer le coefficient d’absorption, on peut utiliser des surfaces perforées,
éventuellement doublées d’un isolant intérieur.

Mémentos 64 acier
PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURE-

( La composition de la façade
Les façades sont constituées d’un assemblage d’éléments industrialisés
)
associés en couches successives pour répondre à trois fonctions essentielles :
le parement extérieur (vêture de la façade) ; l’âme de la façade (isolation) ; le
parement intérieur (parement de finition).
La nature des façades diffère généralement suivant l’usage des locaux, la
nécessité de les isoler thermiquement et/ou phoniquement et le type de fini-
tion intérieure recherchée.
Façade en tôle d’acier inox de
Le parement extérieur l’atelier presses de l’usine de Marle
à Nogent-en-Bassigny. Philippe
Guyard architecte.
Il a pour fonction de constituer le « fini » du bâtiment et bien souvent d’as-
surer son étanchéité à l’eau. Les éléments utilisés en parement sont la plu-
part du temps des produits industrialisés légers que le concepteur choisit
dans la gamme des fabricants et sur lesquels il a peu de possibilités de modi-
fication. En revanche, la taille des éléments, leur calepinage, leur fixation, le
traitement des joints, la couleur et leur texture permettent une très grande
variété de composition et de modénature.

La pose sera effectuée conformément aux prescriptions techniques atta-


chées à chaque matériau. Les performances d’une façade sont normalisées
suivant un classement AEV (air, eau, vent).
Tous les matériaux de vêture peuvent être posés sur un bâtiment en char-
pente métallique. Il est préférable qu’ils soient légers pour optimiser la char-
pente mais des panneaux lourds peuvent aussi être posés.

Matériaux métalliques tels que :


– tôle nervurée ou plane en acier ou en inox ;
– tôle nervurée ou plane en aluminium ; Parement à ondes sinusoïdales
obtenu par le pliage de tôles en
– feuille de zinc ;
acier. Aéroport de Bordeaux, France.
– feuille de cuivre ; Luc Arsène-Henry architecte.
– feuille en inox…

Matériaux d’aspect minéraux issus de l’industrie : Bardage de tôle laquée. Miracle


– panneaux préfabriqués en béton ; Planet Enschede, Pays-Bas. I/AA
– béton de fibre de verre ; architectes.

– revêtements silico-calcaire ;
– ciment-bois ;
– granulats et résine ;
– PVC…

Matériaux naturels :
– pierre ;
– bois…

Concevoir 65 Construire
3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES P

L’âme de la façade
1
Elle est constituée d’un isolant thermique, en général réalisé par la pose de
6
deux couches de laines minérales à joints verticaux croisés. Ces laines sont
2
semi-rigides ou rigides et hydrophobes. L’épaisseur de l’isolant varie suivant
7 les zones géographiques et la destination du bâtiment, soit de 80 à 160 mm
dans nos régions tempérées.
3
La pose se fait en deux couches. La première, côté extérieur de la façade,
passe devant le nez de plancher pour éviter les ponts thermiques à ce
niveau. La deuxième couche est déployée de plancher à plafond. Les couches
de laine sont toujours posées entre les ossatures métalliques.
La fixation des laines sur ou entre les ossatures secondaires de façade est
4 très importante pour éviter leur tassement dans le temps. Ces tassements
provoqueraient des ponts thermiques importants et par conséquent une
5
chute des performances thermiques de la façade, accompagnée de désordres
tels que condensation, moisissures, champignons.

Le parement intérieur

Dans les bâtiments de bureaux ou de logements, le parement de finition


intérieur du volume habitable est en général constitué de plaques de plâtre
fixées sur l’ossature qui maintient la deuxième couche de laine minérale
intérieure. En fonction des isolations et de la stabilité au feu demandée sui-
vant le classement du bâtiment, le nombre, l’épaisseur et la nature des
1
plaques de plâtre sont variables.
2

5
La plaque de plâtre est un complément très utile de la mise en œuvre des
structures en acier. La plaque de plâtre est mince, légère, facile à poser. Elles
sont en général fixées par vis mais il existe aussi des cloueuses capables de
6 7 les fixer par clous sans fissuration de la plaque. Les plaques les plus cou-
rantes ont des épaisseurs de 13, 15 et 18 mm (BA 13, BA 15 et BA 18).

En haut : coupe-type sur un poteau dans un En bas : coupe-type sur un poteau dans
3 logement (poteau intérieur au mur) un bureau (poteau saillant)
1. Isolant, épaisseur 100 mm 1. Isolant, épaisseur 80 mm
2. Isolant, épaisseur 70 mm 2. Isolant, épaisseur 48 mm
3. Montant pour le BA 13 tous les 60 cm 3. Pare-pluie
4. Pare-pluie 4. Lisse, profil de 30 mm
9 8
5. Lisse support du parement : profil 10 mm 5. Pare-vapeur aluminium
6. Pare-vapeur 6. Poteau HEB ou HEA
4
7. BA 13. 7. 2 BA 13
8. Fixation doublage
9. Flocage.

Mémentos 66 acier
PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURE-

( Les types de façade


)
Le positionnement de la structure par rapport à la façade peut se faire de trois
manières :

– à l’intérieur de la façade (schéma 1). Dans ce cas si le poteau est caché on


1
recherchera la solution la plus économique. Si le poteau est vu, il conviendra
d’étudier et de soigner l’esthétique du poteau ainsi que son assise : liaison au
sol et liaison avec la charpente si elle est également visible, en ayant pour
souci l’économie générale du projet ;

– dans l’épaisseur de la façade (schéma 2). Il peut être unique ou décomposé.


2
Le mode d’attache et de support de la poutre de structure du plancher qui
sort de la façade doit être soigneusement étudié ;

– à l’extérieur de la façade (schéma 3). Il convient alors de traiter les ponts


thermiques au niveau des poutres.
3

Dans les trois cas, la façade peut être lourde ou légère.


Différents positionnements de la
structure par rapport à la façade :
1- à l’intérieur
2- dans l’épaisseur
3- à l’extérieur.

Ci-contre, exemple de structure à


l’extérieur de la façade. Castel-Eiffel
à Dijon. É. Dubosc et M. Landowski
1 architectes
1. Plaque de plâtre BA 13
2
2. Pare-vapeur
3 3. Polystyrène
4
4. CTBX-aggloméré
5. Panneau de laine minérale
5
semi rigide
6 6. Tasseau de recouvrement 36 x 60
7. Pare-pluie
7 8. Parement extérieur
8 9. Plancher prédalle de 60 +
dalle de 60
10. Lisse en bois 100 x 36
9
11. Faux plafond.
10

11

Concevoir 67 Construire
3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES P

Isolation avec
pare-vapeur Façades lourdes
Voile
extérieur
La façade est lourde quand le remplissage d’enveloppe entre ou devant les
poteaux et les poutres est de type maçonné : briques, parpaings…
L’amarrage des matériaux de ce type sur la structure porteuse s’effectue au
moyen d’une structure secondaire ou de pattes en inox soudées sur la struc-
ture en inserts dans les joints horizontaux des lits de maçonnerie. La façade
en elle-même n’est pas porteuse car c’est la structure métallique qui trans-
Voile
intérieur
Vide d’air met la descente de charge du bâtiment. Le remplissage peut en revanche
participer au contreventement du bâtiment.

Façades légères

Profil de Dans le cas d’une ossature de bâtiment du type voiles transversaux ou points
fixation
porteurs ponctuels, il existe trois possibilités autres que le remplissage des
Façade en maçonnerie sur ossature façades par de la maçonnerie :
acier et détail de pénétration de la – une façade rideau ;
poutre.
– des panneaux de façade pour fermer les vides entre composants de
poteau poutrelle
structure ;
– un bardage.
Les façades légères se caractérisent par :
– un poids léger, souvent inférieur à 100 daN/m2, qui permet entre autres des
espacements entre poteaux importants. On peut obtenir alors une transpa-
rence maximale ;
– une faible épaisseur ;
– une fonction non porteuse qui complète de manière adéquate le système
de structure porteuse poteaux-poutres et qui confère à la façade une indé-
feuillard de liaison
pendance complète entre façade et structure ;
Principe de liaison entre la
charpente et la paroi maçonnée.
– l’existence d’une ossature secondaire qui assure le transfert des charges de
la façade à l’ossature principale du bâtiment ;
Façade légère en cours de montage. – l’emploi de produits industriels ;
– l’assemblage de composants avec des joints permettant leur libre dilata-
tion thermique.
En contrepartie, l’exécution se doit d’être préparée en amont pour une pré-
cision optimale, notamment pour ce qui concerne les joints.
L’ossature secondaire est quant à elle en forme de grille avec des éléments
verticaux appelés montants et des éléments horizontaux appelés lisses. Les
efforts de charge permanente étant verticaux, les efforts du vent étant hori-
zontaux perpendiculairement à la façade, et la dilatation se faisant verticale-
ment et horizontalement dans le plan de la façade, l’ossature secondaire doit
être conçue pour pouvoir absorber les mouvements dans les trois directions.

Mémentos 68 acier
PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURE-

( Les façade rideau et façade panneau


Façade rideau
)
La façade rideau se compose d’une ou plusieurs parois filant généralement en
continu en avant du plancher. Elle n’a pas de fonction porteuse et transmet
donc les charges horizontales de vent et son poids propre à une ossature
secondaire, puis à celle du bâtiment par le biais de ses fixations. L’ossature
secondaire est généralement composée de lisses verticales ou horizontales
qui doivent être hiérarchisées lors de la phase de conception.
Les éléments de remplissage ne dépendent pas de l’ossature. Ils peuvent être
en bois, en verre, en métal… Fabriqués en usine, ils ont des dimensions pré-
cises avec une tolérance de l’ordre du millimètre. Cette précision est irréalis-
te sur le chantier. Il faut donc prévoir un réglage possible dans les trois direc- Façade rideau. Immeuble de
bureaux réalisé par Cepezed
tions pour les fixations des composants entre eux pour reprendre les écarts à Delft, Pays-Bas.
supérieurs au millimètre. De plus, la dilatation thermique de la façade devant
être libre, des jeux sont prévus dans les fixations.

Façade maillée

S’il n’y a pas hiérarchisation entre éléments horizontaux et verticaux, on


parle alors de façade maillée, forme caractéristique des façades rideaux. Il
est préférable quand cela est possible de fixer la façade aux poteaux plutôt
qu’aux poutres de plancher. On évite de cette manière les déformations liées
à la flèche du plancher. La liaison avec l’ossature se fait à l’intérieur de la
façade. On améliore donc l’étanchéité à l’eau et à l’air ainsi que l’isolation
thermique. Il convient de traiter avec soin l’isolation acoustique entre les
locaux.

Façade à ossature verticale


Façade maillée.

Si les éléments verticaux deviennent porteurs, ils marquent généralement le


dessin de la façade, les éléments horizontaux restant peu affirmés. On parle
de façades à meneaux. Les éléments verticaux sont généralement de la hau-
teur d’un étage.
Si les poteaux de la structure principale sont suffisamment rapprochés, on
évite alors d’avoir des meneaux et on fait l’économie d’une famille d’élé-
ments. Les liaisons avec l’ossature verticale se font par l’extérieur de la faça-
de. La liaison avec l’ossature horizontale se fait par contre à l’intérieur de la
façade.
La question d’étanchéité à l’eau et à l’air, d’isolation thermique, sont à trai-
ter avec soin. Il n’y a en revanche pas de problème acoustique entre locaux
voisins au même niveau.

Façade à ossature
verticale (à meneaux).

Concevoir 69 Construire
3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES P

Façade en bandes. Façades à ossature horizontale

Lorsque la façade est à bandes, ce sont les éléments horizontaux qui devien-
nent porteurs. Ils sont en dehors de la façade soit en tête des allèges et en
partie basse des retombées, soit uniquement sur l’allège si cela est possible.
La liaison avec l’ossature verticale se fait à l’intérieur de la façade et on sup-
prime généralement les montants verticaux secondaires pour éviter d’avoir
recours à des joints coulissants qui reprennent les variations de cotes entre
planchers.

Pour traiter la question acoustique il est possible de prévoir une interruption


de la peau intérieure à chaque plancher et à chaque élément porteur verti-
cal. Les délais d’exécution seront en revanche plus longs et la façade est
alors plus épaisse et plus lourde.

Façade panneau

La façade panneau est constituée de panneaux insérés entre deux planchers


consécutifs que l’on emploie sans ossature secondaire ni raidisseur. Les pan-
neaux peuvent avoir un module de la hauteur d’un étage et donc filer horizon-
talement sans être interrompus par la structure verticale. Dans le cas contrai-
re, il faudra prêter attention aux joints pour garantir les performances d’isola-
tion thermique et d’étanchéité à l’eau et à l’air.

Il existe deux types de panneaux de remplissage en acier :


– les panneaux simples, assemblés sur chantier avec un isolant thermique ;
– les panneaux composites qui comportent à la fois les parements intérieur
et extérieur et l’isolant thermique.

Façade en panneaux préfabriqués,


installés directement sans profils
On emploie généralement les gammes de panneau qui existent dans les
porteurs et raidisseurs. catalogues des fabricants mais il est toujours possible de concevoir un pan-
neau spécifique au projet de construction.
Façade en panneaux simples
(cassettes). Les panneaux simples

Ils sont fabriqués avec une tôle en acier, la plupart du temps plane mais rai-
die par pliage des bords, formant soit des lames emboîtées soit des cassettes
à joints creux. Ils sont fixés sur une ossature secondaire et on complète le
dispositif par une isolation thermique et des plaques de plâtre.

Ils peuvent être plans, pliés en angles ou cintrés, voire emboutis. Les dimen-
sions des panneaux ne dépassent pas généralement 4 m de longueur et 1,5 m
de largeur. Ils peuvent être réalisés en acier prélaqué ou en inox. On peut les
poser horizontalement ou verticalement.

Mémentos 70 acier
PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURE-

Les panneaux composites

Le panneau composite (ou panneau sandwich ou encore panneau moussé)


est constitué d’un parement en acier plan ou nervuré associé à une seconde
feuille d’acier. Le vide intérieur est injecté d’une mousse de polyuréthane ou
de laine minérale (coupe feu) pour obtenir une âme isolante thermiquement.
L’épaisseur de ces panneaux varie de 30 mm à 200 mm (pour chambres
froides). Une épaisseur de seulement 70 mm de polyuréthane permet de
satisfaire largement à la RT 2000.

Le parement extérieur est prélaqué ou en inox, le côté intérieur peut être


simplement galvanisé s’il n’est pas visible. On distingue les panneaux com-
posites où l’isolant a une fonction structurelle de ceux où il n’en a pas. Ces
panneaux sont dans tous les cas très rigides en flexion et peuvent donc por- Panneaux sandwich en façade, fixés
ter sur 3 à 5 m entre deux lisses d’une ossature secondaire. Leurs dimensions sur une ossature secondaire en bois.
Maison à Paris 19e, Georges Maurios
maximales sont de l’ordre de 1,2 m par 6 m pour les panneaux plans, de architecte.
1,2 m par 15 m pour les panneaux à face nervurée. En fonction de la finition
de ses chants, le panneau peut être utilisé comme remplissage en s’insérant
dans une grille porteuse ou comme panneau de bardage.

Panneau-sandwich à fixations
cachées.

Ci-contre : assemblage de
panneaux-sandwich sur
une ossature métallique
1- Panneau droit
2- Panneau d’angle
3- Panneau cintré.

Concevoir 71 Construire
3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES P

( Les bardages
)
Il s’agit d’un système où les éléments en tôle d’acier nervurée sont juxtapo-
sés par recouvrement. La ventilation et le drainage sont les deux notions à
intégrer dans tout type de bardage.

De l’intérieur vers l’extérieur on a successivement le parement intérieur, le


film pare-vapeur, l’isolant thermique, éventuellement le pare-pluie (puis le
vide d’air si besoin) et le parement extérieur en acier. Quand la façade est
conçue avec un vide d’air, celui-ci assure la ventilation et fait ainsi disparaître
la condensation et permet progressivement d’équilibrer la pression de part et
d’autre du parement extérieur. Ensuite le drainage permet d’évacuer l’eau de
l’intérieur de la façade quand le parement n’assure pas l’étanchéité.

Prévu initialement pour les réalisations industrielles, le bardage intéresse,


depuis quelque temps déjà, de plus en plus d’architectes pour des pro-
grammes multiples : logements, équipements publics… En effet, les détails
Exemple de façade bardage de réalisation sont relativement simples et le coût de ce type de système est
assemblée sur une structure de
faible.
plancher sec.

Un bardage peut en général se poser soit verticalement soit horizontale-


ment. Il peut se cintrer par crantage. Une gamme d’accessoires vient com-
Bardage simple peau pléter les nombreuses gammes de profils existants : angles collés, cintrés par
1. Lisse de bardage crantage, fixations, bavettes, plaques d’éclairement ou hublots...
2. Ossature principale
3. Couronnement d’acrotère
4. Angle plié La protection de la surface est réalisée par une peinture appliquée en conti-
5. Bavette rejet d’eau nu et cuite au four. Il existe de nombreuses nuances et types de peinture.
6. Paroi extérieure.

1
Bardage simple peau
4
3
2

Il se compose d’une paroi métallique fixée sur l’ossature secondaire consti-


tuée de lisses horizontales ou de montants verticaux. L’espacement entre
lisses ou entre montants dépend de l’épaisseur de la tôle et de la section des
nervures. Il sert dans la construction de hangars ou d’entrepôts pour les-
quels il n’y a pas besoin d’isolation thermique ou acoustique.

Comme revêtement d’un mur en béton ou en maçonnerie il intervient aussi


comme protection mécanique d’une isolation posée extérieurement. On met
alors un isolant thermique et on fixe le bardage à l’aide de profils en Z ou en
oméga.

5
6 Bardage double-peau

Il comporte un parement extérieur en acier et un parement intérieur com-


posé de plateaux en acier fixés sur l’ossature principale. On obtient la confi-
guration la plus simple en laissant les plateaux apparents en intérieur. Les

Mémentos 72 acier
PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURE-

plateaux de bardage permettent de mettre en place l’isolant, de ménager le Ci-contre : pose d’un bardage
double peau sur des plateaux
vide d’air nécessaire et de supporter le parement extérieur. Le parement horizontaux.
intérieur peut être perforé afin d’améliorer l’absorption acoustique intérieu- 1. Pose des plateaux conformément
aux règles professionnelles de
re. L’affaiblissement acoustique peut être amélioré grâce à l’emploi d’un iso-
bardage
lant en deux couches (laine de verre + feutre absorbant). 2. Pose de la bavette basse ou
larmier
3. Pose de l’isolant
4. Positionnement et fixation de
la structure intermédiaire
5. Mise en place du premier profilé
6. Fixation.
3
Bardage double peau.
1
1 2 3 4 5
4

8 9
6 7

1. Contre bardage de retour d’acrotère


2. Pare-vapeur
2
3. Couronnement d’acrotère
4. Paroi extérieure
5. Angle plié
6. Ossature principale
7. Paroi intérieure
8. Isolant
Bardage de panneaux composites 9. Bavette
10. Panneau sandwich.
Bardage vertical de panneaux
On peut aussi employer des panneaux sandwich en bardage, en pose vertica-
isolants à fixations non apparentes.
le ou horizontale. Ils assurent alors une double fonction d’enveloppe et d’iso- 3 5
lation. 6

Mis à part au droit des menuiseries extérieures, on évite généralement la


mise en place d’une ossature secondaire, ce qui occasionne un gain de temps
sur le chantier et permet l’utilisation de panneaux isolés, prêts à poser et
sans ponts thermiques. La pose peut se faire à fixations visibles ou cachées.

Les fabricants réalisent des pièces spéciales de raccordements aux angles,


droits ou arrondis, et de raccordement autour des fenêtres ou en couverture.
L’insertion des baies s’effectue soit entre les ossatures secondaires de fixa-
tion des panneaux de façade, soit par découpage des panneaux et par fixa-
tion sur ces derniers par l’intermédiaire de feuillards rigides.
9 10

Concevoir 73 Construire
3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES P

( Les points singuliers


)
L’isolation thermique en partie courante est facile à réaliser. En revanche, au
droit de percements tels que baies ou passages de la structure porteuse au tra-
vers de la façade, il faut faire attention à ne pas créer de ponts thermiques et
Coupe-type sur une façade de bureaux
1. Cadre tôle pliée 3 mm acoustiques.
2. Pare-pluie
3. Profil ] 100 tous les 600 mm
4. Profil omega tous les 450 mm
Dans le cas d’une baie incorporée dans une façade légère, la baie peut être pla-
5. Parement de façade 6 mm cée au nu intérieur de la façade ou au nu extérieur de la façade.
6. Support L 100x30x3
7. Attache L 50x30x3 soudée
au précadre
8. Pare-vapeur aluminium
9. Doublage plâtre 2 BA 13
10. Isolant en laine de roche
11. Isolant par plaques semi-rigides
80 mm Coupe-type sur une façade de logements
1. Précadre tôle pliée 3 mm 1
12. Lisse rail 48
13. Costière profil C 80x40x20 2. Isolant 70 mm
14. Patte L 60x60x3 3. Isolant 100 mm par plaques semi-rigides
15. Feuillure L 80x60x7. 4. Pare-vapeur aluminium 9
5. Montant M 70
10
6. Doublage plâtre 2
7. Lisse rail 70
8. Bac acier 11
9. Attaches L 50x30x3 soudées au précadre 3
10. Bavette tôle pliée 12
11. Bardage 4
1 7
12. Lisse de fixation bardage
5 13
13. Montant profil
8 14. Support L 60x60x20
15. Lisse profil C
16. Flocage
9
2 17. Bandeau.
8 6
14
10 7

11
3

12

6 13 15

16
14
17
15

Mémentos 74 acier
PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURE-

Un autre exemple est celui du passage de la structure au travers de la façade :


le passage d’une poutre de plancher au travers d’une façade introduit une fai-
blesse thermique, la possibilité d’une pénétration d’eau et une discontinuité
dans ses matériaux de constitution. Les poutres étant généralement consti-
tuées de profilés en I ou en H, il convient de fermer les creux des ailes par
soudage en atelier de fourrures, pour reconstituer une surface pleine et
étanche dans le plan de l’étanchéité de la façade.

L’isolation thermique s’effectue par interposition d’une membrane ou d’un


résilient rupteur de pont thermique au niveau du raccordement de la poutre Détail de pénétration d’une poutre
dans une façade. École d’Issy-les-
de plancher avec sa continuité extérieure et par enrobage sur une longueur de Moulineaux. É. Dubosc et M.
1 à 2 m de la poutre par un isolant à l’intérieur de la façade. Landowski architectes.

1. Mise en œuvre de la platine soudée en 2. Mise en œuvre du Triply, du pare-pluie fixé


deux parties au droit de la pénétration par les tasseaux. La laine et les panneaux
et de l’ossature de façade. sont au même nu extérieur.

Coupe de détail sur


la façade au niveau
du rez-de-chaussée.
3. Fixation de la façade et pose du
bardage bois.

Concevoir 75 Construire
7 LES COUVERTURES

La toiture comporte la couverture et son support en charpente métallique, en


charpente en bois, voire en béton. De manière analogue aux façades, les cou-
vertures ont des contraintes à résoudre en matière :
– d’étanchéité à l’eau et à l’air ;
– d’isolation thermique et acoustique ;
– de tenue dans le temps ;
– de résistance mécanique (bonne résistance à la flexion, surcharges clima-
tiques), aux chocs (grêle, chute d’objets, d’outils), à l’arrachement (succion).

L’acier est très fréquemment utilisé pour les couvertures des bâtiments. Il
peut servir de support d’étanchéité aux toitures plates ou à faibles pentes,
permettant un net gain de poids par rapport à une dalle en béton armé. Il est
également possible de l’utiliser en système de couverture pour les toitures en
pente ou cintrées.

L’étude de la typologie des toitures amène à un classement selon plusieurs


critères :
– la forme ;
– l’aspect extérieur, la couleur des matériaux, leur état de surface ;
– le type de support ;
– les matériaux employés, leur nature et leurs dimensions ;
– la pente des versants.

On retiendra le dernier paramètre pour ainsi distinguer trois types de cou-


verture :
– les toiture-terrasses à pente nulle ;
– les toiture-terrasse plates : pente de 1 à 3 % ; toiture-terrasses rampantes :
Parement métallique à quatre ondes
pente de 3 à 7 % ;
asymétriques en couverture. Salle – les toitures inclinées ou cintrées : pente supérieure à 7 %, appelés « couver-
omnisports de Saint-Maurice-l’Exile, tures sèches ».
France. F. Devigne architecte.

Pour ce dernier type de couverture, nous distinguerons deux configurations


techniques : la toiture froide et la toiture chaude. La pente de la couverture et
le traitement de son étanchéité seront traités en fonction :
– de l’architecture du projet ;
– du matériau de couverture retenu ;
– de la région.

Mémentos 76 acier
( Les toitures-terrasses à pente nulle
Le plancher de la terrasse doit être réalisé en béton armé ou suivant la tech-
)
nique du plancher collaborant. On dispose dessus une couche bitumineuse
d’égalisation des pressions, un pare-vapeur, des plaques d’isolation (laines de
haute densité) puis l’étanchéité en couches bitumineuses. L’étanchéité doit
être relevée en rives sur des supports en tôle pliée ou sur les parois des murets
d’acrotère.

Pour réaliser l’acrotère qui servira à relever le revêtement d’étanchéité, il est


possible d’utiliser l’ossature secondaire de façade qui sera prolongée à la hau-
teur nécessaire. Contre les montants verticaux qui pourront être doublés, il
conviendra de fixer une tôle pliée qui reposera sous l’isolant. Une couvertine
inclinée vers la terrasse chapeautera l’extrémité supérieure de la paroi du
parement de la façade à l’étanchéité. Ce type de toiture peut être utilisé pour
des terrasses directement accessibles depuis des locaux habités et pour des
toitures végétalisées.

Les pentes nulles et les pentes faibles posent le problème de la rétention d’eau. Toiture-terrasse attenante à la
chambre d’enfant située à l’étage.
Il est possible, notamment lorsque des descentes sont bouchées, qu’une accu-
Maison métal de la Villette,
mulation d’eau accidentelle survienne, entraînant une surcharge considérable G. Hamonic et J.-Ch. Masson
localisée pour les bacs et la structure. Pour limiter cette surcharge, il est obli- architectes.

gatoire de prévoir des trop pleins d’évacuation.

1 2 3 4

Pose d’une dalle sur plots.

7
Ci-contre, coupe sur une toiture-
terrasse inaccessible
1. Couvertine
2. Protection de l’étanchéité par dalle
sur plot
8
3. Poutre
4. Étanchéité
5. Solin
6. Bardage métallique
7. Ossature secondaire de support de
façade
9
8. Pare-vapeur
9. Poteau.

Concevoir 77 Construire
3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES P

( Les toitures-terrasses plates ou rampantes


Toitures-terrasses plates (pente de 1 à 3 %)
)
L’étanchéité est également obtenue par l’application de produits bitumineux
(étanchéité multicouches) ou de membranes d’étanchéité en PVC sur un iso-
lant. Les bacs nervurés assurent le franchissement des portées entre éléments
de structure. Les bacs utilisés sont généralement en tôle d’acier galvanisé. Les
fixations des bacs s’effectuent par vis auto-taraudeuses en creux d’onde. Les
plaques isolantes rigides sont interposées entre le bac support et l’étanchéité
avec éventuellement un pare-vapeur et une protection rapportée.

Toiture rampante. Ce procédé est léger pour les structures et économique pour les terrasses non
accessibles. La mise en œuvre est facile avec des moyens de levage réduits.
L’isolation thermique peut être adaptée en fonction des besoins.

L’isolement phonique est fonction des matériaux, de leur épaisseur et de


l’ordre de superposition. Par ailleurs, la sous-face apparente de la couverture
peut être traitée phoniquement pour absorber ou corriger un niveau sonore
important, par exemple par un bac perforé.

Toitures-terrasses rampantes (pente entre 3 et 7 %)

Le système est identique au précédent. Il comporte cependant, suivant les


avis techniques, des contraintes particulières de pose des membranes d’étan-
chéité.

Coupe-type sur une toiture-terrasse 6


plate avec étanchéité posée sur un
bac support 1 5
1. Étanchéité auto-protégée
2. Faux plafond acoustique
3. Menuiserie avec ouvrant
4. Ossature secondaire de façade 7
5. Costière acier galvanisé
6. Couvertine en tôle laquée
7. Pare-pluie 2
8
8. Précadre.

Mémentos 78 acier
PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURE-

( Les toitures inclinées ou cintrées


L’étanchéité est simplement assurée par le recouvrement des bacs ou des
)
feuilles métalliques, plus ou moins important suivant l’inclinaison de la cou-
verture et le produit. Les produits mis en œuvre bénéficient d’avis techniques
définissant les méthodes et les recommandations de pose.

Les couvertures sèches peuvent être utilisées dans des conditions spécifiques
de mise en œuvre avec des produits adaptés pour des pentes inférieures à Vue sur la toiture en pente, en tôle
d’inox brut, de l’usine de
7 %, mais toujours supérieures à 5 %.
microtechniques à Gals, Suisse.
J.-L. Crochon + Cuno Brullmann
Dans ce type de couverture, on distingue deux cas de mise en place de l’iso- associés architectes.

lation : les toitures froides et les toitures chaudes.

Toitures froides

Ce principe de toiture repose sur la ventilation de l’interface entre le bac de


couverture et l’isolant thermique par une convection naturelle. Il convient
d’aménager des prises d’air en partie basse de la couverture et des évacuations
de celui-ci en partie haute de la couverture. Les creux d’onde ne suffisant pas,
il convient de poser des écarteurs ou des calages entre les pannes et le bac pour
dégager un espace suffisant permettant à l’air de circuler. Ce type de couver-
ture comprend en général pour des locaux habités les éléments suivants (de
Toiture à deux pentes, bâtiment
l’extérieur vers l’intérieur) : le bac acier, le vide d’air ventilé, l’isolant ther-
agricole.
mique, le pare-vapeur, la ou les plaques de plâtre de finition.

Ce système est relativement aisé à mettre en œuvre quand les rampants des
couvertures sont plans. Ceci permet en plus de rendre les combles habitables.
Sinon, l’isolant est mis au niveau du dernier plancher.

Ci-contre, coupe schématique d’une


toiture froide avec vide d’air ventilé.
4 1. Exutoire
9 2. Film Pare-pluie
3. Vide d’air ventilé
5
8 4. Bac acier
5. Chêneau
6. Entrée basse
7 6
7. Laine minérale
8. Film pare-vapeur
9. Plaque de plâtre.

Concevoir 79 Construire
3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES P

Ci-contre : coupe schématique sur 2


une toiture froide cintrée 3
1. Exutoire
2. Vide d’air ventilé
3. Film pare-pluie
4. Film pare-vapeur
5. Plaques de plâtre cintrées 4
6. Arbalétrier cintré 10
7. Laine minérale
8. Plancher collaborant 5
11
9. Faux plafond acoustique
10. Écarteur ponctuel
6
11. Bac acier
12. Chêneau 7

13. Entrée Basse.

12

13

En revanche, quand la couverture est courbe ou architecturalement complexe,


Toiture cintrée en inox. Maison
l’évacuation au faîte peut être techniquement délicate et d’un aspect esthé-
des jeunes et de la culture de
Bollwiller, France. Jaegie tique médiocre.
architecte.

Toitures chaudes

La toiture chaude permet d’éviter le vide d’air ventilé par plaquage de la laine
isolante contre le bac acier de couverture. Ce procédé est beaucoup plus simple
à mettre en œuvre mais peut être moins performant en confort d’été. Le
dimensionnement de l’isolant devra être étudié précisément dans ce cas de
figure. C’est le cas des pan-
neaux sandwichs et des bacs
acier double peau. Les maté-
5
riaux utilisés pour le complexe
de couverture chaude sont 1
Pose d’une toiture chaude cintrée.
identiques à ceux utilisés pour
Ci-contre : coupe schématique les toitures froides. 2

d’une toiture chaude. La pose du pare-vapeur sera 6


1- Plaque de plâtre cintrées
totale et à recouvrement extrê-
2- Film pare-vapeur 7
3- Jouée en plaque de plâtre mement soigné sur la totalité
4- IPE 220 de la surface de la couverture 8
5- Bac acier
6- Feutre isolant entre les pannes et
jusqu’aux joints des précadres
ou des dormants des ouver- 3
le bac
7- Costière en acier galvanisé tures s’il en existe. L’isolation
8- Étanchéité auto protégée
9- Faux plafond acoustique. acoustique en cas de pluie est 4

particulièrement performante. 9

Mémentos 80 acier
PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURE-

( Les typologies de couverture


Couvertures par plaques
) 1 2

Elles se composent d’éléments à nervures ou à ondes, ce qui leur confère une


certaine raideur à la flexion. Les plaques peuvent être en tôle d’acier galvanisé,
prélaqué ou non, ou en inox. Il s’agit la plupart du temps de plaques nervu-
rées planes, mais le cintrage, y compris le cintrage par crantage, se fait aussi.
Ce type de couverture permet de couvrir des versants de 40 m de longueur
3
voire plus, en particulier dans le secteur industriel, commercial, scolaire et 4
agricole.
Couverture à simple peau en profils
Les éléments portent directement sur les pannes dont l’espacement est fonc- nervurés
1. Paroi extérieure
tion des caractéristiques des plaques et des conditions climatiques. En prin- 2. Bande de rive
cipe, on pose les plaques avec la nervure dans le sens de la plus grande pente, 3. Régulateur hygrothermique en
sous-face (éventuellement)
depuis la panne sablière jusqu’à la panne faîtière.
4. Chéneau.

Par ailleurs, on recouvre longitudinalement les plaques, en emboîtant les ner-


vures entre elles dans le sens opposé aux vents dominants. Le recouvrement
transversal se fait au droit d’un appui.

Les plaques sont fixées pour résister à l’arrachement et empêcher leur glisse-
ment. La fixation se fait en haut des ondes ou nervures ou en plage. Elle est
assurée par des boulons à crochets, des boulons ou des vis autoperceuses, en
fonction de la structure porteuse. En plus des parties courantes, des points
particuliers, notamment les faîtières, les closoirs fermant les ondes, les ché-
neaux, etc. sont réalisés avec des éléments en acier galvanisé prélaqué.

Exemples de fixations de
couvertures en bacs nervurés.

Ci-contre, couverture à double peau


3 avec sous-face lisse pleine, fixations
cachées et isolation intégrée ;
ce type de couverture permet aussi
2 1
une bonne isolation acoustique
1. Plateau de support
2. Laine minérale forte masse
volumique
3. Isolant laine minérale
4. Pare-vapeur
5. Profilé trapézoïdal.

Concevoir 81 Construire
3 LA CONCEPTION GÉNÉRALE DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES P

Il est possible aussi de fixer une sur-toiture au-dessus du bac. L’intérêt est
double : atténuer le choc thermique sur la couverture, enrichir architectura-
lement la couverture par des effets de double peau et de transparence. Les
matériaux peuvent être des tôles lisses épaisses, des bacs métalliques perfo-
rés en acier, en inox ou en aluminium, des lisses en métal ou en bois…

Couvertures par panneaux composites

Enfin, les panneaux composites que nous avons décrits en façade peuvent
aussi être utilisés pour réaliser des couvertures sèches. Ils ont l’avantage d’in-
tégrer l’isolant thermique et d’offrir une sous-face finie. Les panneaux com-
posites dont la face intérieure est perforée offrent une bonne absorption
Panneau sandwich de couverture acoustique. L’épaisseur des panneaux varie de 30 à 100 mm ; ils peuvent avoir
à sous-face perforée.
une longueur maximale de 15 m environ, suivant les contraintes de transport
et de pose. L’étanchéité est assurée par recouvrement du panneau inférieur
par le débord du parement du panneau supérieur. La fixation s’effectue en
haut de nervure.

Couvertures par longues feuilles métalliques

Ce type de matériau de couverture est adapté à toutes les formes de toiture,


que ce soit des surfaces planes, cintrées ou gauches. On l’utilise surtout dans
le secteur du résidentiel, des activités tertiaires et scolaires. Le matériau uti-
lisé dépend entre autres des conditions atmosphériques dans lesquelles se
trouve le bâtiment : alors que l’inox sert dans des atmosphères urbaines et
industrielles polluées, l’acier galvanisé et prélaqué suffit pour les atmosphères
normales, rurales ou urbaines industrielles ou marines. L’un des avantages
de ce système est de pouvoir couvrir les rampants avec une feuille continue
de grande longueur et donc de limiter les joints et par conséquent les risques
de fuite.
Il existe différents systèmes de pose qui nécessitent tous un calepinage pour
la combinaison des joints quelle que soit la forme de la toiture :

– les couvertures à tasseaux et couvre-joints. Les feuilles sont façonnées contre


des tasseaux en bois et sont de cette manière reliées entre elles. Les tasseaux

Ci-contre, schéma de principe de 1 2 3 4


couverture à tasseaux 2
1. Couvre-joint
2. Relevé
3. Plage de feuille
4. Patte à tasseaux
5. Tasseau
6. Support.

5 6

Mémentos 82 acier
PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURE-

sont fixés au voligeage à l’aide de clous. La jonction transversale n’existe pas


si la feuille est aussi longue que le rampant. Sinon elle peut être à simple agra-
fure, double agrafure, ou à ressauts (les joints longitudinaux seront alors dis-
posés en quinconce) ;

– les couvertures à joints debouts. L’entraxe entre joints étant fonction de la


largeur de la feuille, celle-ci est façonnée avec la feuille adjacente contre des
pattes de fixation ancrées dans le voligeage qui sont rabattues dans le pli et Couverture en inox à joints debouts.
Pentapole du Pic-du-Midi à
maintiennent la couverture. La jonction longitudinale est moins marquée dans
Lannemezan, France. SARL 360°
ce cas de figure. La jonction transversale est quant à elle traitée de la même architectes.
manière que pour la pose à tasseaux, si ce n’est qu’il est généralement prévu
un décalage dans la position des joints transversaux.
1 2 3 4

Schéma de principe de la couverture


à joints debout (ci-contre) : partie
courante et raccord au faîtage
1. Couvre-joint de faîtage
2. Relevé
3. Joint couché
4. Tasseau de faîtage.
10
45

10
35

25
25

25
15

Ci-contre, mise en œuvre d’un joint


1ere phase 3e phase
debout par sertissage.
2e phase

Couvertures par tuiles métalliques


Couverture en tuile d’acier.

Il existe aussi des tuiles en acier prélaqué qui se présentent sous forme de
panneaux en tôle emboutie galvanisée et prélaquée regroupant plusieurs
tuiles. Les panneaux peuvent ainsi couvrir d’un seul jet des longueurs jusqu’à
6 m, pour une largeur de 1 m. De larges gammes de formes et de couleurs sont
disponibles, y compris des revêtements granités, texturés ou à très faible
brillance, pour imiter si besoin des matériaux traditionnels. Ce type de cou-
verture est à la fois facile à poser et très résistant aux intempéries.

Concevoir 83 Construire
8 LES AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS
ET LA SERRURERIE

De nombreux produits en acier (plats, tubes, barres, tiges, câbles, cornières…)


sont utilisés pour les aménagements intérieurs et dans les éléments annexes
de serrurerie qui appartiennent au second œuvre du bâtiment car ils ne font
pas partie de sa structure porteuse ni de son enveloppe étanche.

On trouve ainsi des parties en acier dans les aménagements intérieurs tels
que les revêtements de sol et faux planchers, les cloisonnements, les faux pla-
fonds ou les habillages. Les bureaux modernes ou certains locaux spécialisés
nécessitent des faux planchers sur vérins pour permettre la circulation de
câbles informatiques ou de gaines de ventilation. Les dalles peuvent être
épaisses à double paroi ou en simple tôle épaisse striée, larmée ou perforée.

Les éléments de serrurerie sont quant à eux majoritairement en acier ou en


inox, que ce soient les escaliers, les garde-corps, les auvents, les protections
des façades, les ouvertures et portes vitrées, tôlées ou pleines, les grilles ver-
ticales et horizontales, les structures tendues ou suspendues décoratives, les
équipements d’éclairage.

En revêtement et en habillage, toutes les formes et finition d’acier – plane ou


nervurée, perforée ou non, galvanisée ou prélaquée – peuvent être réalisées.
Les inox font partie des aciers les plus utilisés en revêtement décoratif inté-
rieur. Les nombreux traitements de surface allant d’un aspect poli ou satiné
Structure en acier d’un escalier aux jusqu’au gaufré, confèrent à ce matériau des possibilités d’utilisation très
marches en verre. Hôtel de ville de
Gauchy. É. Dubosc et M. Landowski
diverses. La très large gamme des mailles tissées ou tressées élargit encore la
architectes. palette.

Mémentos 84 acier
( Les cloisonnements
)
On distingue les cloisonnements intérieurs simples entre locaux et les cloi-
sonnements entre locaux et circulations. L’acier est principalement utilisé
pour les éléments d’ossature ce qui permet de mettre en œuvre une grande
variété de panneaux de remplissage et de finition.

Contrairement à l’idée reçue selon laquelle seule la loi de masse assure un


confort acoustique, il est aisé d’obtenir une très bonne isolation acoustique Étapes de réalisation d’une cloison
avec des cloisons comportant par exemple une vêture en acier. Les systèmes sur ossature de profils à froid
1- Pose de l’ossature métallique
de partition constitués de deux parois séparées par un vide d’air bénéficient
2- Pose des plaques de plâ^tre
en effet de l’effet acoustique masse-ressort-masse qui rend la paroi double 3- Finition des joints entre les
avec ossature acier beaucoup plus efficace qu’une paroi simple d’épaisseur plaques de plâtre.

équivalente. La présence entre les deux parements d’un absorbant acous-


tique comme la laine minérale, en plus d’un vide d’air, améliore encore la
performance.
Les nouveaux systèmes composites à parements multiples combinent quant
à eux ossature métallique légère, plaques de plâtre et laine de verre, mais
aussi panneaux de bois, de fibres et résilients divers. L’absorption acoustique
est assurée sans surcharge de poids. Ceci nécessite toutefois une qualité de
pose soignée afin de réduire au maximum les fuites d’air ou les ponts ther-
miques au droit des interfaces. Ces systèmes asurent également une excel-
lente résistance au feu.

Cloisonnement simple entre locaux

Les locaux concernés peuvent être des logements, des locaux tertiaires ou
d’activités, des chambres d’hôpital ou d’hôtel… L’ossature verticale de la cloi-
son est constituée de profilés tubulaires ou ouverts de section en C, en U ou
en Z réalisés en tôle profilée galvanisée, appelés « profils à froid ». Cette ossa-
ture verticale est fixée à intervalles réguliers dans des traverses hautes et
basses en profils à froid posées au sol et au plafond.

Le parement le plus couramment utilisé est la plaque de plâtre vissée sur les
montants verticaux et les rails horizontaux haut et bas. La cloison peut être
creuse ou remplie de laine minérale et comporter une, deux ou trois plaques
de plâtre sur chacune de ses faces, pour réaliser l’affaiblissement acoustique
recherché. On peut ainsi obtenir d’excellentes performances. C’est la solu-
tion retenue pour isoler par exemple des studios d’enregistrement ou des
salles de cinéma. L’épaisseur de la cloison séparative varie en fonction des
isolements acoustiques recherchés, de sa hauteur et des parements utilisés.
L’entraxe usuel des montants verticaux est de 0,60 m, car les largeurs res-
pectives des lés de laine de remplissage et des plaques de plâtre sont de 0,60 m
et de 1,20 m. Dans les logements, la cloison s’arrête au faux plafond sauf au
droit des séparatifs. Dans les locaux tertiaires, la cloison peut aller jusqu’à la
sous-face du plancher pour assurer le compartimentage du plenum.

Concevoir 85 Construire
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

165 105

Les plaques de plâtre peuvent être remplacées par des panneaux de bois de
particules ou par des vitrages avec des profils à froid comme structure.

(BA 18) 55 Dans les locaux tertiaires, d’activités et de cuisine collective par exemple, le
parement de finition peut être métallique pour assurer une plus grande résis-
tance ou une plus grande longévité. La cloison peut alors être conçue comme
un monobloc dont les parements sont en acier galvanisé et laqué industriel-
lement. L’inox est également utilisé. Les tôles de parement peuvent subir des
240 mises en forme très diverses par pliage ou par cintrage. L’âme de la cloison est
constituée dans ce cas de mousse de polyuréthane ou de laine injectée pour
assurer son isolation phonique, son isolation thermique éventuellement et sa
planéité.

Vue en plan de l’intersection d’un Cloisonnements entre locaux et circulation


mur de façade et d’une cloison
séparative comportant deux doubles
épaisseurs de plaques de plâtre de La constitution de la cloison est identique, avec un renforcement de l’isolation
18 mm. acoustique. La cloison est obligatoirement fixée en sous-face du plancher
supérieur.

Cloisonnement intérieur Doublage de façade


1. Rail 1. Rail
2. Traitement de joint bande et enduit 2. Traitement de joint bande
3. Plaque de plâtre et enduit
4. Matériau isolant ou absorbant 3. Plaque de plâtre
5. Vis 4. Matériau isolant ou absorbant
Détail de fixation à l’angle de deux §. Montant en acier 5. Vis
cloisons monobloc. 7. Joint d’étanchéité à l’air. §. Montant en acier
7. Joint d’étanchéité à l’air
8. Bardage.

Ci-contre : détails de jonc-


tion d’éléments de cloison
sur ossature acier,
cloisonnement intérieur et 1 2
doublage 8
de façade.
2 4
3

6
3 5
3 5

7
6
1
2
1
3
7

Mémentos 86 acier
LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURERIE 9 LA PROTECTION CONTRE

( Les plafonds
)
Des faux plafonds métalliques peuvent être constitués :
– de tôles planes pliées sous forme de bacs ou de cassettes pour leur tenue
mécanique et leur planéité ;
– de tôles perforées ou profilées ;
– de treillis ;
– de caillebotis ;
– de mailles tissées.

Ils sont en général fixés à une ossature secondaire suspendue au plancher


supérieur, ou autoportants de cloison à cloison. Le choix s’effectue en fonction
Bacs en acier galvanisé apparent en
des contraintes techniques : feu, acoustique, humidité, exigence sanitaire… et
plafond. Maison-atelier à Montrouge.
de l’aspect intérieur recherché. Des associations de matériaux sont également Frédéric Jung architecte.
possibles.

1 2 3

Cassettes de faux-plafond.

Faux plafond en micro maille d’acier


inoxydable. Agence de vidéo-
production Nelson-Babylone à
Boulogne-Billancourt. Palissad
5 4
architectures.

Coupe sur l’acrotère de la terrasse


de la Fondation Cartier à Paris,
Jean Nouvel et Emmanuel Cattani
architectes
1. Poteau rectangulaire 200 x 150 mm
2. Isolation
3. Profil UPN 240 de rive
4. Bac collaborant
5. Faux plafond.

Concevoir 87 Construire
DE LA STRUCTURE 4 S O L U T I O N S C O N S T R U C T I V E S A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7

( La serrurerie
)
Les éléments de serrurerie peuvent être fabriqués industriellement mais sont
en général réalisés sur mesure en atelier. Dans ce cas ils sont de faibles sec-
tions pour pouvoir être façonnés aisément avec des machines de dimensions
modestes. La liberté de pouvoir donner de multiples formes à ces éléments
offre aux concepteurs un champ créatif immense.

Les escaliers

Les escaliers peuvent être droits ou hélicoïdaux. Le champ de création est


presque infini, à l’intérieur des règles classiques de dimensionnement des
marches et du giron.

Escalier en tôle pliée laquée conçu


par V. Amantea et B. Dupuis.

Dessin d’un escalier hélicoïdal avec des marches caillebotis en acier galvanisé, une main
courante en tube d’acier et un garde-corps en tôle perforée. P. Chavannes architecte.
Escalier en acier galvanisé. Maison
dans le 19e arrondissement de Paris. Les garde-corps
Georges Maurios architecte.

L’acier peut être utilisé dans différentes parties d’un garde-corps :


– la main courante ;
Garde-corps en acier inoxydable. – les montants, qui peuvent être constitués :
– d’un plat épais soudé sur une platine,
– de deux plats moisés,
– de tubes ronds ou carrés ;
– l’appui précaire ou remplissage du garde-corps, qui peut être constitué d’une
tôle d’acier perforée ou pleine ou de métal déployé ;
– les lisses intermédiaires de protection qui peuvent être constituées de car-
rés ou de ronds pleins, de tiges ou de câbles tendus en inox.

Mémentos 88 acier
LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURERIE 9 LA PROTECTION CONTRE

Les brise-soleil

Devant les façades très exposées au


sud et à l’ouest, il est possible de
doubler la façade par des tôles per-
forées ou par un système de lisses ou 2
tout autre dispositif qui permet de
tamiser l’impact des rayons solaires
et améliorer le confort d’été. Ce dis- 1

positif mis en place devant une


façade pleine ou vitrée peut être 3

retourné ou prolongé en couverture.

Brise-soleil en façade. Immeuble


Les brise-soleil peuvent être fixes ou
de bureaux réhabilité Paris 8e par
mobiles. Pour être efficaces, ils doi- l’agence Naux et Poux architectes.
4
vent être étudiés en fonction des
Ci-contre, coupe verticale sur la
courbes d’ensoleillement. façade
5 1. Poutre UAP 220
Outre le rôle d’occultation et de 2. Poutre HEA 100
3. Chassis coulissant aluminum
brise-soleil, les protections de façade 4. PRS de structure
1
ajoutent de la profondeur esthétique 5. Plancher caillebotis profil rainuré.
et renforcent la sécurité contre l’in-
trusion. 2

Pose de la toiture brise-soleil sur


la péninsule du Hall 2F à l’aéroport
de Roissy, France. P. Andreu/ADP
Les ouvertures et les grilles architectes.

Le serrurier réalise des ouvrages particuliers que n’exécutent pas les fabri-
Grille d’immeuble.
cants ou les industriels ensembliers de grandes séries de produits. Ainsi, un
certain nombre de portes situées dans des façades ou donnant accès à des
locaux à risques spéciaux, feu, dégradations,… peut être fabriqué par le métal-
lier. À noter qu’il existe aujourd’hui différentes gammes de porte coupe-feu
ou pour halls d’immeuble à ossature en acier, y compris inoxydable, cohé-
rentes avec des vitrages pare-flamme.
De même les grilles de façade pour aménager des prises d’air ou des rejets, les
grilles de clôture ou les portails existent en standard ou peuvent être fabriqués
sur mesure par un serrurier.

Concevoir 89 Construire
9 LA PROTECTION CONTRE LA
CORROSION

Lorsqu’il est soumis à des atmosphères humides, à des agressions chimiques,


à la condensation, qu’il est en contact avec l’eau ou les sols, l’acier, comme tous
les métaux, tend à s’oxyder et à se corroder. C’est un phénomène électrochi-
mique qui entraîne la formation d’oxyde (rouille). Dans le cas de l’acier ordi-
naire non protégé, la rouille est une matière pulvérulente, sans résistance
mécanique et poreuse, ce qui permet la progression du phénomène à l’inté-
rieur de la pièce et sa dégradation progressive.

Par rapport au nickel, au plomb, au cuivre et à l’argent, le fer et l’acier se com-


portent comme des anodes. Le contact avec ces métaux entraîne la corrosion
de l’acier. Par rapport au chrome, au zinc ou à l’aluminium, au cadmium ou
à l’étain, le fer et l’acier se comportent comme des cathodes. Ainsi, le contact
électrolytique entre des pièces d’acier et l’aluminium, en présence d’eau
impure (électrolyte) provoque la corrosion de l’aluminium. On emploie cou-
ramment des revêtements de zinc ou d’aluminium pour protéger l’acier car
ils forment alors une couche d’oxyde imperméable. Cette protection est sur-
facique. Il faut donc surveiller les parties découpées ou percées qui ne sont plus
protégées par la galvanisation ou l’aluminiage. Pour les faibles épaisseurs
(inférieures au 2 mm) la protection se reconstitue naturellement dans le cas
de la galvanisation. Le chrome est quant à lui essentiellement employé sous
forme d’alliage avec l’acier (acier inoxydable) et rarement sous forme de pro-
tection surfacique (mobilier, visserie, robinetterie,…).

En fonction du degré d’agressivité auquel est soumis l’ouvrage, de la durée de


protection envisagée, des possibilités de mise en œuvre et d’entretien, et du
coût, l’acier recevra une protection plus ou moins poussée selon ses fonctions
Bardage à ondes horizontales en dans la construction :
acier prélaqué. Atelier-relais à
– enveloppe : l’acier devra résister aux agressions extérieures (environnement)
Chanteloup-les-Vignes. C. Lauvergeat
et P. Cremonini architectes. et éventuellement intérieures (condensation) ;
– éléments porteurs : généralement peu exposés s’ils sont à l’intérieur des
ouvrages, ils ne nécessitent pas de protections importantes. À l’extérieur, il
faut en revanche assurer leur pérennité ;
– esthétique : pour les éléments visibles, même si la corrosion n’est pas redou-
tée, il peut parfois être nécessaire d’appliquer des revêtements pour des rai-
sons esthétiques et d’aspect.

Les pièces métalliques exposées (extérieures) doivent être étudiées pour évi-
ter les rétentions d’eau, particulièrement aux liaisons poteaux/poutres et aux
scellements sur des parois verticales ou sur des socles d’assise. Les pénétra-
tions de structure dans la maçonnerie ou le béton sont particulièrement vul-
nérables et doivent être protégées avec soin. Les eaux de ruissellement, de
lavage ou de condensation peuvent séjourner aux points de pénétration et
attaquer les sections métalliques. Dans ce cas de figure, il convient d’éviter de
faire transiter les efforts principaux par ces structures.

Mémentos 90 acier
( Les revêtements métalliques
Quelle que soit la manière dont on forme le revêtement de zinc ou d’aluminium
)
sur la surface d’acier, son pouvoir protecteur contre la corrosion s’exerce avec
la même efficacité ; il est avant tout fonction de l’épaisseur de métal déposée.

La galvanisation ou l’aluminiage au trempé

Les objets sont immergés dans un bain de zinc ou d’aluminium en fusion et


sont recouverts d’une masse de métal protecteur dont la valeur peut varier de
350 à 1000 g/m2 (50 à 140 µm d’épaisseur). Les objets ainsi protégés sont variés,
depuis ceux formés d’une seule pièce (la boulonnerie, les ferrures…) jusqu’à
ceux formés par assemblage (éléments de charpente métallique, pylônes…), en
passant par les profils creux (tubes), les fils d’acier et les articles ménagers.

La galvanisation ou l’aluminiage en continu

Les produits sidérurgiques recouverts sont essentiellement les tôles minces et


moyennes. Elles sont livrées à l’état de bobines ou de feuilles. La tôle d’acier
galvanisée est utilisée en particulier pour les éléments de couverture, de bar-
dage ou de façade, de plancher, les conduits d’aération ou de ventilation. On
peut également trouver sur le marché des éléments d’ossature légère en tôle
d’acier galvanisée, des menuiseries, des cornières et autres profilés ainsi que
des tubes et des fils. La masse nominale de zinc peut varier de 100 à 725 g/m2
Ligne de galvanisation de tôle
double face (7 à 42 µm sur chaque face). L’évolution des processus de fabri- mince en continu.
cation de la galvanisation en continu fait qu’il n’y a aujourd’hui quasiment
plus de fleurage sur les tôles zinguées.
Structure en acier galvanisé de la
La couche d’aluminium protège bien l’acier contre l’action des atmosphères cuisine-relais et restaurant à
humides et en particulier de celles qui sont acides (atmosphères industrielles). Artigues-près-Bordeaux, France.
Elle résiste bien aux températures élevées (cheminées). Elle peut être peinte, P. Hernandez et P. Tavernier
architectes.
moyennant certaines précautions de préparation de surface. On emploie aussi
des alliages zinc-aluminium (aluzinc) moins chers et très efficaces.

La métallisation au pistolet

Cette technique consiste à projeter sur les surfaces d’acier, préalablement pré-
parées, du zinc ou de l’aluminum en fusion au moyen d’un pistolet métalliseur.
Comme pour le zinc, l’aluminium ainsi projeté peut être colmaté et peint.

Le zingage électrolytique (électrozinguage)

Les revêtements électrolytiques sont appliqués soit sur des pièces d’acier de
dimensions réduites (serrurerie, visserie, par exemple) compatibles avec celles
des cuves d’électrolyse, soit sur des feuilles ou des bobines d’acier, en usines
sidérurgiques. Les épaisseurs de zinc déposées sont plus faibles que par trem-
page à chaud. Les pièces ainsi protégées conviennent pour l’intérieur.

Concevoir 91 Construire
A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS E

( Les peintures
)
Le rôle de la peinture

Les peintures n’ont pas qu’un rôle de décoration. Elles jouent aussi un rôle
de revêtement protecteur. Cette protection est assurée soit par l’isolation de
l’acier par rapport au milieu corrosif (de l’humidité et de l’oxygène), soit par
une réaction électrochimique déclenchée par les pigments ou leurs produits
de réaction avec l’acier.

Les premières couches (« primaires ») ont en effet un pouvoir inhibiteur. Les


peintures antirouille usuelles sont le minium de plomb, le chromate de zinc,
la poudre de zinc. L’oxyde rouge ferrifère (dit improprement « minium de fer »)
et la poudre d’aluminium sont aussi employés en primaires, bien que sans
pouvoir antirouille spécifique. Dans le cas des tôles minces, la peinture doit
être appliquée sur une base déjà galvanisée. Lorsque l’application se fait en
usine en continu, on parle de « prélaquage ». La peinture joue alors un rôle
protecteur pour la galvanisation qui elle-même protège l’acier.

La préparation des surfaces avant peinture a une importance capitale. En effet,


les supports en acier doivent être « décapés » au préalable par sablage ou gre-
naillage. Il existe quatre types de sablage : léger (SA1), soigné (SA2), très soigné
(SA2.5), à blanc (SA3). Le sablage n’est autorisé à l’air libre que selon certaines
précautions ; le grenaillage n’est possible économiquement qu’en atelier (récu-
pération des grenailles). On applique quelquefois avant la peinture des produits
Bardage prélaqué en façade de
l’immeuble de logements Marcel- de « passivation » améliorant la protection. La calamine qui peut subsister en
Dassault à Boulogne-Billancourt. plaques sous la peinture rend celle-ci inefficace. Une méthode économique et
É. Dubosc et M. Landowski architectes.
efficace consiste à laisser les ossatures brutes exposées aux intempéries (soit
au stockage sur parcs à fers, soit après fabrication ou montage) ; après un
début de corrosion, la calamine part facilement à la brosse métallique.

Les surfaces d’acier protégées par galvanisation peuvent être peintes avec des
peintures compatibles avec le zinc mais doivent être soigneusement dégrais-
sées pour éviter le décollement de plaques de peinture. Il faut noter que la
peinture ne doit pas être appliquée sur certaines surfaces (cas des assem-
blages par boulons HR précontraints certifiés à serrage contrôlé).

Les produits grenaillés et peints

Les produits grenaillés et peints (telles que les poutrelles) subissent dans les
ateliers de construction métallique ou dans les ateliers spécialisés en peinture
un traitement comprenant un nettoyage des surfaces d’acier très poussé par
grenaillage qui élimine toutes les impuretés (calamine, rouille,…) suivi immé-
diatement de l’application d’une couche de peinture antirouille. Ce traitement
effectué en usine n’assure qu’une protection temporaire et doit être complété
par un revêtement définitif.

Mémentos 92 acier
ET LA SERRURERIE 9 LA PROTECTION CONTRE LA CORROSION 10 LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE

Les critères de garantie sont fixés en France par l’Office national d’homolo- Exemples de nuanciers de peinture
pour tôles prélaquées.
gation de garantie des peintures industrielles (ONHGPI). Ces critères sont éta-
lonnés par dix photographies qui montrent dix degrés de corrosion. Par
exemple un critère de 5 ans cliché 7 signifie que la corrosion au terme de 5 ans
devra correspondre à la photo de référence n° 7.

Les tôles prélaquées et plastifiées

Il existe un grand choix de tôles minces (0,4 à 1,5 mm d’épaisseur) recouvertes


de peinture en continu cuite au four, appelées tôles prélaquées ou prépeintes.
La peinture (« ou revêtement organique ») est appliquée sur une tôle déjà gal-
vanisée et comporte un primaire et une couche de finition. Ces tôles peuvent
être « plastifiées » quand elles sont recouvertes d’une feuille de matière plas-
tique par contre-collage. Ce procédé dit « skin-plate » permet une grande
variété d’aspect, jusqu’au faux bois ! Le film plastique n’a cependant qu’une
résistance limitée en extérieur, notamment à cause de l’action des UV.

Les tôles prélaquées sont produites par les usines sidérurgiques et présentent
une grande variété quant à la nature des peintures qui leur sont appliquées,
à leur épaisseur et à leurs coloris. Des nuanciers standard existent chez tous
les fabricants, mais il est possible d’obtenir n’importe quelle teinte désirée
lorsque la quantité de panneaux dépasse 2 000 m2. De nombreuses textures
de peinture sont également disponibles, mate ou brillante, nacrée, pailletée, etc.
Il est possible de ne pas appliquer le même traitement sur les deux faces de la
tôle.

La résistance à la corrosion des tôles prélaquées est supérieure à celle des


tôles galvanisées. Le choix du revêtement qu’elles reçoivent dépend du milieu
dans lequel elles seront exposées. Des revêtements à base de polyvinyle difluo-
rure (PVDF) augmentent encore la durabilité de la protection. Tous ces revê-
tements ont bénéficié des progrès accomplis dans le domaine de l’automobile
et leur tenue dans le temps est excellente, au-delà de vingt ans. Façade de logements d’étudiants à
Rüsselheim, Allemagne. Wendeling
Les tôles émaillées Wolf arch. ; Herbert Martius, artiste.

L’émaillage des tôles en acier leur assurent une protection très efficace et très
durable contre toute source de corrosion, aux UV et aux graffitis. Une couche
d’émail est déposée par divers procédés sur la surface de la tôle de nuance spé-
ciale. La cuisson au four à 830 °C permet de vitrifier l’émail et de créer une
liaison indissociable entre l’émail et son support. On peut obtenir des cou-
leurs très variées et reproduire facilement des motifs ou des images. L’acier
émaillé est aussi utilisé en signalétique, en industrie et en salles blanches.

Concevoir 93 Construire
A C I E R 5 LES PLANCHERS 6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS E

( Les aciers inoxydables


)
L’acier inoxydable est un alliage d’acier contenant au minimum 10,5 % de
chrome et moins de 1,2 % de carbone. Sa résistance à la corrosion est obtenue
grâce à la réaction du chrome à l’oxygène qui crée en surface une très fine
couche passive autoprotectice. Cette résistance à la corrosion peut être encore
améliorée par l’addition de composants tels que le nickel, le molybdène, le
titane,…

Il existe plus de cent nuances d’acier inoxydable. Elles sont classées en cinq
grandes « familles » qui (norme européenne NF EN 10088-2) :
– martensitiques : 0,1 % de carbone, 12 à 18 % de chrome ;
– ferritiques : de 0,02 à 0,06 % de carbone, de 0 à 4 % de molybdène et de 11 à
29 % de chrome ;
– austénitiques : de 0,015 à 0,10 % de carbone, de 0 à 4 % de molybdène, de 7
à 25 % de nickel et de 17 à 20 % de chrome ;
– austénitiques réfractaires : de 0,2 % maximum de carbone, de 11 à 22 % de
nickel et de 19 à 26 % de chrome ;
Plaques d’acier inoxydable dont
une poli miroir en façade. UFR – austéno-ferritiques (duplex) avec par exemple : de 0,02 % de carbone, de 3 %
de géographie, Villeneuve-d’Ascq, de molybdène, de 5,5 % de nickel et de 22 % de chrome.
France. Legendre, Desmazières
et Larrondo architectes.
À chacune correspond des caractéristiques mécaniques spécifiques : degré
de dureté, limite d’élasticité, résistance à la rupture, capacité d’allongement,…

Les nuances d’acier inoxydable sont désignées en Europe par une série de
chiffres de type 1.4000 et aux États-Unis par trois chiffres. Par exemple, 1.4301
(ou 304) correspond à un inox austénitique qui comprend 18 % de chrome et
10 % de nickel. En outre, la lettre L dans l’appellation américaine indique un
très faible taux de carbone qui garantit une meilleure résistance aux milieux
agressifs, à l’instar de la nuance 304 L (ou 1.4306).
Le choix de la nuance appropriée à l’environnement dans lequel se trouve
Écailles en losange d’acier l’élément à protéger (environnement industriel, maritime, inox alimentaire…)
inoxydable sur la façade de la
sera de préférence le fait de spécialistes.
médiathèque de Sélestat, France.
J. Orth et Ch. Schouvey architectes.
L’acier inoxydable s’utilise sous forme de tôle en couverture, en façade, en
Façade en acier inoxydable teinté. habillage, en luminaire, en revêtement de sols, en serrurerie, dans les conduits
Experience Music Hall à Seattle, de fumée, etc. Il s’utilise sous forme de tubes pour les structures et les cana-
États-Unis. F. O. Gehry & Associates
lisations, de fils pour les câbles ou les mailles tissées. Il existe même des arma-
architectes.
tures pour béton armé en inox pour améliorer la durabilité du béton.
L’inox peut aussi se polir et se colorer de multiples façons avec une très grande
variété d’aspects de surface.

Il existe également et uniquement pour la couverture de bâtiments, des


nuances d’aciers inoxydables revêtus d’étain sur les deux faces. Ce revête-
ment a pour fonction essentielle de faciliter le brasage effectué par le cou-
vreur et de donner un aspect « mat » à la surface obtenue par une patine
naturelle au fil des ans.

Mémentos 94 acier
ET LA SERRURERIE 9 LA PROTECTION CONTRE LA CORROSION 10 LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE

( Les aciers patinables


)
Il existe aussi des aciers faiblement alliés, dits patinables ou autopatinables
qui sont protégés contre la corrosion par leur couche d’oxyde. Ce sont des
aciers qui contiennent un faible pourcentage de cuivre (de l’ordre de 1 %). Ils
sont plus connus sous leur nom de marque, tel que Corten, Indaten ou Paten.

La protection est réalisée une fois que le produit est exposé à l’atmosphère et
à la pluie et qu’une couche brune foncée d’oxyde, qu’on appelle aussi patine,
s’est formée. Cette couche d’oxyde est résistante et relativement étanche. Elle
constitue donc un frein à la corrosion qui ne peut plus se poursuivre en pro-
fondeur. Toutefois, elle a tendance à s’user et ne fait que ralentir la corrosion.
Il faut donc « surdimensionner » les pièces en acier patinable afin de tenir
compte de cette perte de matière qui peut atteindre des valeurs de l’ordre de
1 mm ou plus en 50 ans, par surface exposée. On peut aussi appliquer une
peinture antirouille après sablage, notamment sur les parties cachées, ce qui
améliore encore la durabilité du matériau. Belvédère de Mizoen, France. I.
Hérault et Y. Arnod architectes.

L’utilisation de ce genre d’acier est interdite dans des milieux agressifs et pour
des constructions en contact permanent avec de l’eau ou de l’humidité
condensée. Il faut aussi très soigneusement éviter toute possibilité de réten-
tion d’eau qui finirait par provoquer une altération du matériau. Par ailleurs,
la formation de la couche protectrice qui peut durer plusieurs années, s’ac-
compagne d’un dégagement de rouille qui peut salir les parties non ferreuses
de la construction. Il conviendra par conséquent de récolter toutes les eaux de
ruissellement qui auront été en contact avec l’acier patinable. Afin que cet
acier ait une teinte plus ou moins uniforme, il sera préférable de procéder à
un léger sablage des pièces avant leur mise en place. Là encore, il est conseillé Centre universitaire RVU à Hilversum,
de consulter des spécialistes pour la mise en œuvre. Pays-Bas. MVRDV architectes.

Centre hispano-portugais à Zamora,


Espagne. M. de las Casas architecte.

Concevoir 95 Construire
10 LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE

Les exigences réglementaires de protection contre l’incendie sont établies en


fonction des types de bâtiment et de leur taille, sachant que la fumée est le
risque majeur en cas de sinistre. Elles visent avant tout la sécurité des per-
sonnes. Les risques pris en compte sont donc de deux ordres :
– les risques actifs : le risque d’éclosion de l’incendie et l’évaluation des poten-
tiels calorifiques des locaux par la détermination de la masse combustible
inhérente à un bâtiment : matériaux de construction, mobilier, décoration… ;
– les risques passifs : la fragilisation de la structure qui peut entraîner une
perte de stabilité et la ruine éventuelle d’un bâtiment.

La stabilité des structures ne doit donc pas être considérée isolément. Elle
doit être évaluée globalement, en tenant compte d’un ensemble de critères qui
relève plus particulièrement de la conception architecturale :
– prévention de l’incendie : systèmes de détection, alarme, réseau d’eau
(sprinklers), moyens de première intervention ;
– protection des personnes : confinement du feu, cantonnement des fumées
et désenfumage, issues de secours, lisibilité des circulations suivant la caté-
gorie de bâtiment, durée de stabilité requise du bâtiment pour permettre l’éva-
cuation ;
– conditions d’intervention des secours : formation du personnel, normes de
sécurité, accès au bâtiment.

La caractérisation des éléments

La caractérisation des matériaux et des éléments de construction se fait sui-


vant deux principales notions : la réaction au feu et la résistance au feu.

La réaction au feu

Elle caractérise l’inflammabilité, la combustibilité et la quantité de chaleur


dégagée par la combustion.

Les matériaux eux-mêmes sont classés en cinq catégories suivant leur pro-
pension à alimenter un feu : M0, M1, M2, M3, M4. À terme, les Euroclasses (A1,
A2, B, C, D, E, F) remplaceront le classement M. L’acier, ininflammable, est
classé M0, de même que la pierre, la plâtre, le béton armé, etc. Le classement
du bois peut varier de M1 à M5 suivant les cas.

La résistance au feu

Mesurée en minutes suivant la courbe ISO 834 température-temps, elle se


décline en trois classes :
Stabilité au feu (SF) = (R). Temps en
minutes durant lequel la résistance
– « stabilité au feu » (SF) ou « résistance au feu » (R) : capacité mesurée en
mécanique sous charge est assurée. minutes d’un élément de structure à assurer son rôle dans le bâtiment ;

Mémentos 96 acier
– « pareflammes » (PF) remplacé, suivant les produits, par « étanchéité » (E) ou
« résistance et étanchéité » (RE) : aptitude d’une paroi à s’opposer au passage des
flammes ou de gaz chauds qui pourrait entraîner la propagation de l’incendie ;
– « coupe-feu » (CF) qui devient « étanchéité et isolation » (EI) ou « résistance-
étanchéité-isolation (REI) : l’aptitude d’une paroi à maintenir une isolation
suffisante pour que la température sur la face non-exposée au feu ne dépasse
pas certaines valeurs (140 °C en moyenne), dangereuses pour des occupants
ou susceptibles de rallumer l’incendie. Pare-flamme (PF) = (E ou RE)
Cette gradation montre qu’une caractérisation pare-flammes suppose la sta- Temps pendant lequel l’étanchéité
sous charge aux flammes, gaz
bilité au feu et que le coupe-feu suppose le PF et la SF.
chauds et toxiques, est assurée sous
feu ISO de laboratoire.
La règlementation en France

Protéger la vie des hommes contre les fumées en cas d’incendie et les risques
de panique en facilitant l’évacuation ou la mise à l’abri des occupants et l’in-
tervention des secours publics, est une obligation réglementée par les pou-
voirs publics. Ceux-ci se sont donc attachés à définir des règles à respecter 140 ˚C

lors de la construction d’un bâtiment en fonction de sa destination. La régle-


mentation classe les bâtiments en fonction de leur destination, de leur taille
Coupe (CF) = (EI ou REI).
et de leur accessibilité. Ce classement par catégories définit des prescriptions
Le degré coupe-feu (isolation
applicables aux éléments constitutifs de leur construction, auxquelles s’ajoute thermique) définit le temps pour
une réglementation sur les matériaux concernant les risques de propagation atteindre la température de 140 oC
en moyenne et 180 oC ponctuellement
du feu à partir d’un immeuble voisin. sur la face opposée au feu, sous feu
La réglementation distingue six catégories principales de bâtiment. ISO de laboratoire.

Les logements

Il sont eux-mêmes classés en quatre familles en fonction de leur caractère


individuel ou collectif, puis du nombre de leurs niveaux et de l’indépendance
ou non des locaux contigus (maisons en bande ou isolés). La stabilité SF requise
Le volume d’un atrium non protégé
varie de 15 min à 90 min suivant la hauteur du bâtiment. doit être tel que sa largeur soit
supérieure à la racine de sept fois la
Les établissements recevant du public (ERP) hauteur du plancher le plus élevé.
Exemple : si le plancher haut est à 9
m (soit R + 3), l’atrium doit avoir une
Il sont classés à partir de deux critères : largeur l, telle l = √ 7 x 9, soit 7,95 m
– le nombre de personnes reçues à l’intérieur ;
– la nature des activités abritées.
Les ERP sont classées en cinq catégories. La stabilité requise varie de 30

min à 90 min. À noter qu’il n’y a aucune exigence de stabilité pour les
ERP de cinquième catégorie ; cela concerne un grand nombre de locaux, h
recevant en général moins de deux cents personnes à la fois.
Les atriums sont régis par des dispositions particulières qui permettent ▼

en général d’éviter une protection de la charpente si elle est visible, si


l l ≥ √√ ≥√7h≤≤≥
l’atrium est assez large et s’il y a un dispositif de désenfumage suffisant.

Concevoir 97 Construire
6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURERIE 9 LA PROTE

Les immeubles de bureaux

Aucune stabilité n’est requise lorsque le plancher haut est à moins de 8 m. Au-
delà, la stabilité est de 30 min.

Les immeubles de grande hauteur (IGH)


Immeubles de bureaux : aucune
contrainte si la hauteur du plancher
Pour les IGH, la sécurité ne repose pas uniquement sur l’évacuation mais sur
haut est inférieure ou égale à 8 m.
le compartimentage et la limitation de la masse combustible. Un immeuble
est IGH si le dernier niveau est situé à plus de 50 m pour les immeubles d’ha-
bitation et à plus de 28 m pour les autres immeubles. La réglementation est
plus contraignante et prévoit entre autres une stabilité au feu de 120 min.

Les entrepôts
On distingue les installations classées lorsqu’elles contiennent plus de 500 t
de produits combustibles.
Les entrepôts sont soumis à déclaration lorsqu’il dépassent 5 000 m3, à auto-
risation lorsque leur volume fait plus de 50 000 m3. Les entrepôts de moins de
50 000 m3 d’une hauteur inférieure à 10 m (à la sablière) ne font l’objet d’au-
cune contrainte de stabilité. Au-delà de 10 m, la stabilité au feu est de 30 min
pour la structure et de 120 min pour les planchers s’il y en a.
Entrepôt soumis à autorisation,
d’une hauteur supérieure à 10 m
Les entrepôts soumis à autorisation font l’objet d’une réglementation parti-
à la sablière ou entrepôt à deux
niveaux et plus : stabilité requise culière (arrêté du 5 août 2002) qui prend en compte la taille des cellules, la hau-
de 30 min pour les structures et de teur du bâtiment au faîtage (plus ou moins de 12,5 m), le recoupement en
120 min pour les planchers.
cellules et les mesures actives (sprinklers), avec la possibilité de mettre en
œuvre une approche d’ingénierie incendie ce qui permet généralement l’uti-
lisation d’acier non protégé. Une attention particulière est portée au risque
de ruine en chaîne de la structure et au non-effondrement de la structure en
feu vers l’extérieur. Aucune exigence n’est toutefois requise si la taille des cel-
lules ne dépasse pas 3 000 m2 (6 000 m2 avec sprinklers) et la hauteur 12,5 m.

Les parcs de stationnement ouverts

Dans de nombreux pays, les parkings à étages ouverts ne font l’objet d’au-
cune exigence de stabilité au feu compte tenu du faible potentiel calorifique
de tels ouvrages. Elle varie en France de 30 min à 90 min suivant la hauteur
du parking. Il est toutefois désormais possible de répondre à l’exigence règle-
mentaire avec des structures en acier non protégées, à condition qu’il y ait
Actuellement en France, les parcs
une mixité de la structure avec le plancher et sous réserve d’une justification
de stationnement ouverts de plus de
250 véhicules à deux niveaux sont par le calcul (arrêté du 22 mars 2004). Les scénarios d’incendie à prendre en
soumis à une obligation de stabilité compte ont été validés par le ministère de l’Environnement.
au feu des structures de 30 min, que
l’on peut obtenir par des structures
métalliques non protégées.

Mémentos 98 acier
ECTION CONTRE LA CORROSION 10 LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE 11 LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

( Le comportement des structures


L’acier est un matériau incombustible mais bon conducteur de la chaleur.
)
Lorsqu’un élément de structure en acier est soumis à un incendie, sa tempé-
rature s’accroît, et ses propriétés mécaniques se réduisent comme pour tout
autre matériau. La capacité portante de l’élément diminue par conséquent et
sa déformation augmente. Si la déformation est trop importante, il peut y
avoir effondrement. Facteur de massiveté :
périmètre élevé, volume faible =
échauffement rapide.
La stabilité au feu d’un élément n’est plus assurée quand, sous l’effet de l’élé-
vation de température, sa résistance mécanique diminue jusqu’au niveau de
contraintes auxquelles il est soumis. On atteint à cet instant la température
critique, comprise entre 450 °C et 800 °C, qui dépend de plusieurs paramètres :
nuance de l’acier, niveau de contrainte, type de profil, conditions de liaisons
et de chargement, et facteur de massiveté (rapport de la surface exposée au
flux thermique au volume par unité de longueur). Plus ce facteur est élevé
plus l’échauffement est rapide. Entre un poteau, échauffé sur tout son pour-
tour, et une poutre supportant une dalle en béton qui n’est échauffée que sur
trois côtés, le facteur de massivité sera donc différent. Ainsi, chaque profil en Périmètre faible, volume élevé =
acier sera caractérisé par deux facteurs de massiveté, selon qu’il est soumis échauffement plus lent.

à l’incendie sur trois ou quatre côtés.

Il n’en reste pas moins qu’il est difficile de répondre à une exigence régle-
mentaire de stabilité au feu ISO supérieure à 30 min avec des profils métal-
liques non protégés et utilisés à des niveaux de contrainte usuels. Les
composants métalliques sont en effet désavantagés du fait qu’ils se présen-
tent en petites sections et qu’ils s’échauffent rapidement lorsqu’ils ne sont
pas protégées.

Il faut aussi noter qu’il existe de nombreux types de bâtiments dans lesquels
aucune exigence de stabilité au feu n’est requise : ERP de 5e catégorie et
bureaux avec plancher haut < 8 m, bâtiments agricoles, bâtiments industriels,
entrepôts limités en hauteur. Les habitations de 4e famille requièrent une sta-
bilité de 15 min que l’on peut assurer avec de l’acier non protégé.

La maîtrise des risques

Un certain nombre de techniques maîtrisées et éprouvées peuvent être mises


en œuvre pour respecter rigoureusement les dispositions de sécurité.
Cependant avant de décider de protéger systématiquement et sans analyse des
structures métalliques, il faut considérer la nature des risques réels qui se
présentent pour les occupants, pour les secours et pour les biens.

Il faut ainsi distinguer les éléments principaux (structure principale) dont la


ruine risque de provoquer celles d’autres parties du bâtiment, des éléments
secondaires (structure secondaire) qui ne présentent pas ce risque. Une sta-

Concevoir 99 Construire
6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURERIE 9 LA PROTE

bilité au feu doit être assurée pendant un temps minimal, fixé par la régle-
mentation, pour les éléments qui conditionnent la résistance au feu de parois
(poutraisons de planchers par exemple) et un degré coupe-feu pour les élé-
ments qui doivent permettre l’évacuation des occupants ou l’accès des secours
(escaliers de secours par exemple).

L’évolution de l’ingénierie incendie

La sécurité incendie repose aujourd’hui sur deux approches, l’une descriptive


et l’autre performantielle. Dans la première, les pouvoirs publics fixent des
durées de résistance au feu à respecter : ces exigences concernent chaque
élément isolément. Les méthodes de calcul, de dimensionnement et d’essai
permettent par ailleurs de prouver et de justifier que les éléments utilisés
satisfont aux exigences demandées. Dans la seconde, l’approche de la sécu-
rité incendie est une approche globale par l’appréciation du bâtiment consi-
déré comme un tout. Un certain nombre de paramètres sont pris en compte
pour calculer le niveau de sécurité d’un bâtiment, tel que la probabilité de
naissance d’un incendie, les conditions d’évacuation des occupants, le com-
portement des structures en fonction de la localisation du feu ou les condi-
tions de la propagation d’un feu. Cette évaluation des risques permet un
compromis optimal entre l’esthétique, le fonctionnel et le coût, tout en amé-
Méthode de calcul des structures
liorant la sécurité.
extérieures dans l’Eurocode 3.
Il est dès aujourd’hui possible de faire appel à des calculs avancés de sécurité
Façade incendie, moyennant des hypothèses de scénario incendie validées par les
autorités locales compétentes (arrêté du 22 mars 2004). L’intérêt d’une telle
démarche d’ingénierie incendie fondée sur des hypothèses de feu réel (et non
pas conventionnel ISO) est d’approcher le phénomène d’une façon réaliste et
Plancher globale, en tenant compte par exemple des dispositifs de protection (détection,
alarme, désenfumage, sprinklage, issues de secours,…). Le résultat aboutit à
829 ˚ C
Local en feu une meilleure sécurité globale.
Un dimensionnement optimal de la protection peut conduire à sa suppres-
1 000 ˚ C sion totale. Les Eurocodes contiennent déjà ces principes de calcul avancé
(Eurocode 3 partie feu). Le CTICM (Centre technique et industriel de la
1 071 ˚ C
construction métallique) dispose par exemple d’outils capables de déterminer
l’élévation de température des ossatures extérieures en fonction de leur posi-
tion par rapport à la façade, du vent et de son orientation, et de la masse com-
bustible mobilisable à l’intérieur des locaux. Cette température est à comparer
à la température critique des différents éléments de l’ossature.

Mémentos 100 acier


ECTION CONTRE LA CORROSION 10 LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE 11 LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

( La protection des structures


Tout immeuble doit pouvoir garder son intégrité structurale au moins pen-
)
dant le temps d’évacuation des occupants défini de manière règlementaire. Les
dispositifs de protection incendie sont donc prévus pour ralentir l’élévation de
température des éléments structurels. Soit on éloigne la structure de la source
de chaleur en plaçant la structure à l’extérieur du bâtiment, soit on met en
place une protection thermique entre l’acier et le feu pour prolonger la durée
de stabilité des structures quand cela est nécessaire. La protection présente
cependant l’inconvénient d’être onéreuse, d’alourdir la structure et de dimi-
nuer les qualités esthétiques et/ou architecturales des matériaux.

Les éléments de structure situés à l’extérieur des bâtiments représentent un


cas particulier. Contrairement aux éléments qui sont entourés de flammes à l’in-
térieur d’un local, ils ne sont exposés qu’au rayonnement et à la convection des
flammes sortant par les baies. Ils sont d’autre part soumis à des échanges de
chaleur avec l’air ambiant qui tendent à les refroidir. L’échauffement de tels
éléments dépend donc de leur emplacement vis-à-vis des ouvertures. Ainsi un
poteau ou une poutre suffisamment éloigné d’une baie ou situé à l’extérieur
d’un cône de 45° permettra de s’affranchir de la protection. De même, les struc-
tures en câbles et tirants de faible massiveté sont généralement situées à l’ex-
térieur des ouvrages. Leur échauffement est moindre en cas d’incendie.
Lorsque les tirants ne sont pas à l’extérieur des bâtiments, une solution pour
assurer leur stabilité au feu consiste à les disposer entre des écrans : cloisons,
caissons…
On distingue trois grandes familles de protection.

La protection rapportée autour de l’acier


Protection par peinture
La peinture intumescente intumescente avec un primaire
(bleu), un enduit intumescent
(rose), une peinture de finition
Ce produit se présente sous l’aspect d’un film de peinture de 0,5 mm à 4 mm (rouge).
d’épaisseur. Chauffé entre 100° et 200 °C, il gonfle et se transforme en mousse
à l’aspect meringué dont l’épaisseur peut atteindre 30 à 40 mm. Il provoque
alors une isolation thermique des structures. Il est utilisé pour des degrés SF
de 30 min, plus rarement pour une SF de 60 min ou 120 min. Produit relati- Protection par produits projetés.
vement onéreux, il permet cependant de ne pas altérer la perception visuelle
des structures.

Les produits projetés (flocage)

Les produits dits de flocage sont projetés directement sur l’élément. Ils sont
généralement composés soit de produits de faible densité (< 250 kg/m3) consti-
tués de fibres minérales agglomérées par un liant, soit de produits pâteux à
forte densité (>450 kg/m3) tels que vermiculite, ciment, plâtre, laitier, tous

Concevoir 101 Construire


6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURERIE 9 LA PROTE

exempts d’amiante. Les enduits pâteux sont le plus souvent préférables aux
enduits fibreux. Ils sont appliqués en plusieurs couches. Certains d’entre eux
peuvent aussi s’appliquer sur une structure non protégée contre la corrosion.
Ces produits peuvent procurer des SF allant jusqu’à 240 min. Secs et compac-
tés par roulage, ils peuvent être peints. Ces matériaux présentent l’inconvé-
nient d’être fragiles (cas des enduits fibreux) et d’un aspect peu esthétique. On
les réserve aux parties cachées de la structure (par exemple poutres dissimu-
lées par un faux plafond).

Les produits en plaque

Les produits en plaque forment un caisson isolant autour du profil métallique.


Ils sont généralement fabriqués à base de fibres minérales (plaques de faible
densité < 180 kg/m3) ou de plâtre, vermiculite, ou composants silico-calcaires
(plaques de forte densité > 450 kg/m3).

Les plaques sont fixées mécaniquement sur une ossature secondaire propre par
vissage ou par collage. Dans les deux cas de figure, une mise en œuvre soi-
gnée des joints est nécessaire. Cette technique est particulièrement utilisée
pour des profils de section constante. Il est possible d’obtenir jusqu’à 240 min
de stabilité au feu.

Protection par produits en plaques. Le plâtre est le matériau le plus utilisé parce qu’il est économique, léger,
Exemple : plaques de plâtre
Standard Spéciales feu
maniable et partiellement composé avec de l’eau de cristallisation qui lui assure
2 BA 13 30 mn 60 mn son bon comportement au feu. En assurant la protection au feu, il a aussi le
2 BA 15 30 mn 60 mn mérite de constituer un parement de paroi verticale comme horizontale prêt
2 BA 18 60 mn 90 mn
4 BA 13 60 mn 120 mn à la finition. L’utilisation de plaques de plâtre spéciales feu permet de doubler
la durée de protection.

Les laines

Lorsqu’un système constructif composé d’une structure métallique et de


parois métalliques ne peut assurer à lui seul la stabilité demandée, on utilise
des laines de roche ou des complexes laine de roche + réfractaire pour résis-
Protection par écran : principe de
ter aux très hautes températures sur une durée de temps importante. Dans
plafond suspendu résistant au feu.
la majorité des cas, les laines conviennent pour respecter l’exigence de résis-
tance au feu des parois décrites par la réglementation.

La laine de roche utilisée, dans les cas de forte résistance au feu, doit :
– assurer la tenue mécanique (avec ou sans fixations selon l’ouvrage) ;
– résister à la chaleur ;
– conserver la performance de la paroi pour la durée déterminée.
Elle doit donc répondre aux caractéristiques suivantes :
– forte masse volumique > 70kg/m3 ;

Mémentos 102 acier


ECTION CONTRE LA CORROSION 10 LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE 11 LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

– faible teneur en liant voire sans liant ;


– forte rigidité du produit ;
– composition spécifique (choix des matières premières).

Les protections par écran

Il s’agit soit de plafonds suspendus, soit de panneaux de cloison qui, par l’in-
terposition entre le foyer et l’ossature en acier, ralentissent l’échauffement
de cette dernière. Une attention toute particulière doit être apportée au mode
Protection par écran : poteau intégré
d’assemblage et de fixation et plus particulièrement à toutes les jonctions : dans des cloisons.
entre les éléments d’écran eux-mêmes et entre les éléments d’écran et les
discontinuités créées (cloisons, dalles, poteaux) afin que le feu ne puisse pas
se propager dans les plénums.

En combinant la fonction de protection à celles du cloisonnement, de l’isola-


tion thermique ou phonique et du parement esthétique, ces écrans offrent
l’avantage d’un coût réduit.

L’utilisation d’écrans horizontaux ou verticaux implique que le produit


concerné ait subi un essai approprié de résistance au feu. Pour les plafonds
Protection par écran : poteau
suspendus ou les cloisons, les procès verbaux officiels délivrés par un labo- partiellement protégé par la
ratoire agréé donnent le degré de résistance au feu pouvant être obtenu. Des maçonnerie.
écrans métalliques appelés déflecteurs peuvent également être fixés sur les
structures exposées à protéger. Ces déflecteurs sont susceptibles de participer
à la composition architecturale.

Les structures irriguées en profils creux

Les profils creux sont remplis en permanence d’eau qui pourra ou non circu-
ler entre les différents éléments. Quel que soit le procédé, la température de
l’eau n’excède pas 130 °C sous pression, de sorte que l’acier se trouve main-
tenu à 200 °C ou 300 °C au maximum, température inférieure à sa tempéra- Protection par écran : poteau intégré
ture critique. Ce procédé n’est que rarement employé à cause du coût de à la maçonnerie.
maintenance qu’il génère.

Les éléments mixtes acier-béton Enrobage total d’une poutrelle en H.

Les poteaux mixtes

À charges égales et à résistance au feu égale, les poteaux mixtes présentent des
sections réduites par rapport à un poteau en béton. Le poteau mixte est de sur-
croît bien adapté à la préfabrication.

Il existe trois types de poteaux mixtes.

Concevoir 103 Construire


6 LES FAÇADES 7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURERIE 9 LA PROTE

Les profilés enrobés de béton

C’est le type le plus ancien de poteau mixte. Le béton et les armatures de


béton n’y ont pas une part prépondérante dans la reprise de la charge. Cette
reprise de charge est surtout assurée par le profilé qui bénéficie d’une bonne
protection thermique.

Les profilés bétonnés entre les ailes

Ce type de poteau peut être dimensionné pour des durées de stabilité allant
Poteau bétonné entre les ailes. de 30 min à 120 min. Le béton contient des armatures qui contribuent à sup-
porter les charges. Des étriers ou des goujons sont soudés à l’âme du poteau
pour assurer la solidarisation du béton armé avec le profilé d’acier.

Les profilés creux remplis de béton

Les profils creux en acier offrent une solution intéressante et aisée pour la
réalisation de poteaux mixtes. Les expériences de résistance au feu montrent
qu’une armature minimale est nécessaire dans le profilé. Il est impératif de
prévoir des percements pour l’évacuation de la vapeur d’eau dans les parties
supérieure et inférieure des poteaux, à chaque niveau ou tous les 5 m. Cette
Poteau mixte acier-béton en profil solution préserve l’esthétique et la forme du poteau ainsi que la liberté de
creux. toutes les formes d’attache ou de liaison.

Planchers collaborants
– dalle béton et poutres métalliques Les poutres mixtes
sont solidarisées grâce aux goujons
soudés sur l’aile supérieure des
Un des avantages des poutres mixtes consiste à minimiser la hauteur des
poutres.
– profilés en H ou en I intégré dans poutres en associant l’acier et le béton. Le béton qui résiste mal aux efforts de
la dalle béton. traction n’est utilisé que dans la partie supérieure comprimée
et l’acier dans la partie inférieure tendue. On distingue trois
types de poutre mixte.

Les profilés connectés à une dalle en béton

La liaison entre le profilé et la dalle en béton est assurée par des


connecteurs soudés sur la semelle supérieure du profilé. La dalle
béton peut être une dalle pleine ou coulée sur un bac acier col-
laborant. Pour augmenter la stabilité au feu, on peut avoir recours
à des protections rapportées ou surdimensionner la section.

Les profilés laminés noyés dans l’épaisseur d’une dalle béton

Ce dispositif confère une très bonne résistance au feu du fait de


l’enrobage presque complet de la poutrelle dont seule la semelle

Mémentos 104 acier


ECTION CONTRE LA CORROSION 10 LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE 11 LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

inférieure reste apparente. Cependant, et par nature, il entraîne une épaisseur


importante de la dalle en béton afin d’y inclure la quasi-totalité de la hauteur de
la poutrelle et un recouvrement de 5 cm de béton au minimum au-dessus de
l’aile supérieure du profilé.

Les profilés bétonnés entre les ailes

La réalisation et la mise en œuvre de ce type de profilés s’identifie à celle des


poteaux. Les connexions dans ce cas de figure ne sont pas indispensables.
Cependant, si elles sont faites à une dalle béton ou un plancher à bacs collabo-
Enrobage partiel d’un profilé en H.
rants, leur section pourra être réduite, tout en ayant une bonne capacité de
résistance à l’incendie.

Les dalles mixtes

Les dalles mixtes sont constituées de béton et de tôles


d’acier nervurées. Les tôles profilées ont un rôle d’armature
et de coffrage, autorisant une mise en œuvre rapide et éco-
nomique. La face inférieure des tôles nervurées ne néces-
site généralement aucune protection.
Dalle collaborante : bac acier en queue d’aronde + dalle
béton.
Les dalles mixtes ont un degré coupe-feu de 30 min sans
protection particulière. Une résistance supérieure peut être
obtenue aisément et à faible coût par l’ajout de barres
d’acier enrobées dans les nervures. Il en sera de même pour
les dalles coulées avec un bac acier utilisé en coffrage perdu.

Une alternative est possible par protection projetée en sous-


face du bac acier ou par adjonction d’un faux plafond
coupe-feu du degré requis. Cette solution est particulière-
Plancher collaborant avec plafond coupe-feu.
ment valable économiquement pour des degrés coupe-feu
de 120 min et plus. En cas d’incendie important, le bac acier
retient les éclatements du béton.

Les planchers secs Coupe type sur un plancher sec. La résistance au feu du
plancher sec dépend des performances du faux plafond.

Du fait de leur composition, le comportement des planchers


secs en cas d’incendie est directement lié aux qualités de
résistance au feu du faux plafond. Celui-ci doit limiter les
températures du plenum qu’il délimite et donc celles des
poutrelles du plancher.

Concevoir 105 Construire


11 LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Les 14 cibles HQE® La population mondiale croît sans cesse, consomme plus de biens, de services
1. Relation harmonieuse des
et d’énergie, produit de plus en plus de déchets. Les activités humaines doi-
bâtiments avec leur environnement
immédiat vent ainsi veiller à minimiser l’emploi des ressources disponibles, à économi-
2. Choix intégré des procédés et ser les énergies et à réduire les pollutions. Nous devons nous soucier de recycler
produits de construction
3. Chantiers à faibles nuisances les matériaux existants, de penser et agir en terme de développement durable.
4. Gestion de l'énergie Par ailleurs, s’il n’existe pas encore en France de règlementation proprement
5. Gestion de l'eau
dite, l’association HQE® a mis au point une démarche formalisée autour de
6. Gestion des déchets d'activité
7. Gestion de l’entretien et de la quatorze cibles. Cette démarche opérationnelle vise à maîtriser les impacts
maintenance des bâtiments sur l’environnement extérieur et créer un environnement inté-
8. Confort hygrothermique
rieur sain et confortable. Elle est applicable aussi bien à la construction neuve
9. Confort acoustique
10. Confort visuel qu’à la réhabilitation. La prise en compte de ces cibles aux différentes étapes
11. Confort olfactif de conception et de réalisation permet une prise en compte globale du coût.
12. Qualité sanitaire des espaces
13. Qualité sanitaire de l'air L’acier comme matériau de construction tend à s’inscrire dans cette démarche
14. Qualité sanitaire de l'eau. et à répondre à l’ensemble des préoccupations environnementales.

Le choix des matériaux

Tous les produits manufacturés ont leur propre cycle de vie dont l’analyse, ou
ACV, est l’instrument de mesure de leurs impacts sur l’environnement. Les dif-
férentes phases du cycle de vie d’un élément constructif comprennent l’ex-
traction et la transformation des matières premières, son transport, sa mise en
œuvre, sa vie en œuvre, jusqu’à sa fin de vie (démolition ou déconstruction,
recyclage et le traitement des déchets).
À ce titre, la norme NF P 01-010 (publication automne 2004) destinée aux
concepteurs, établit « les bases communes pour la délivrance d’une informa-
tion objective qualitative et quantitative sur les caractéristiques environne-
mentales et sanitaires des produits de construction et leur contribution à celle
du bâtiment ». L’information délivrée repose notamment sur les méthodes d’in-
ventaire et d’analyse du cycle de vie décrites dans les normes ISO 14040 et
Épandage d’amendements (scories ISO 14041, sur les principes généraux définis dans la norme ISO 14020 et sur
d’aciérie).
le rapport technique ISO 14025. Suivant chaque projet, cette démarche volon-
taire permet une prise en compte de tous les facteurs, élément par élément
en considérant l’assemblage global.
Acier compacté, en attente de
recyclage. Dans le cadre d’une démarche de ce type, le choix d’éléments tout ou partie
en acier présente de nombreux avantages liés à son mode de production.
L’acier est produit soit à partir de minerai de fer et de coke (filière fonte) – le
minerai de fer, de même que le charbon, est très abondant sur terre –, soit à
partir de ferraille et d’électricité (filière électrique). Aujourd’hui, entre 40 % et
50 % de la production mondiale d’acier est réalisée à partir de ferrailles recy-
clées. Cette part d’acier produit à partir d’acier recyclé ne fait que croître.
Ainsi, l’acier actuellement immobilisé dans des bâtiments ou des objets sera
demain un gisement de matière première.

Mémentos 106 acier


Le procédé de fabrication de l’acier génère relativement peu de déchets ou de
substances polluantes pour l’environnement et l’eau qu’il consomme est pour
une large part recyclée. Les co-produits de la production de l’acier sont réuti-
lisés, notamment le laitier de haut fourneau comme ballast dans la construc-
tion routière ou pour la fabrication du ciment. Les gaz émis sont recyclés ou
filtrés. Cependant, et malgré les efforts des sidérurgistes pour réduire la quan-
tité d’énergie nécessaire, la production d’acier à partir de minerai génère du
CO2, à raison deux tonnes par tonne d’acier. Là encore, c’est l’augmentation Centre de tri de ferrailles.
du recyclage qui pourra apporter une solution à long terme. La séparation des ferrailles avec
les autres matières se fait aisément
par électro-aimant.
En outre, l’acier se marie facilement avec les autres matériaux. Cela facilite
leur choix en fonction de critères environnementaux tout en laissant une
grande liberté de conception. Il est par exemple possible d’associer à une ossa-
ture métallique des vêtures en bois non tropical ou des façades en verre.

La construction

La mise en œuvre de l’acier permet de minimiser les nuisances lors de la


construction. Les éléments en acier sont relativement légers et donc faciles à
transporter. En structure, cela représente une économie de matière et permet
des fondations réduites qui n’exigent ni fouilles et ni excavations génératrices
de déblais et de rotations de camions. Cela limite également l’utilisation sur
le chantier de machines telles que les toupies à béton qui occasionnent cir-
culation et salissures.
Les structures ou vêtures en acier sont en grande partie fabriquées en atelier Passerelle fabriquée en atelier, en
route pour être placée d’une seule
ou en usine, dans un environnement contrôlé où les conditions de travail et pièce, garde-corps et platelage
de sécurité sont meilleures. La tendance est d’ailleurs à augmenter cette part compris, au-dessus de la Leysse,
France. Patriarche & Co architectes.
de la fabrication hors site, pour ne réserver au montage proprement dit que
l’assemblage d’éléments préfabriqués. La limite est ici fixée par le gabarit de
transport (routier ou fluvial) et par la capacité des moyens de levage. En outre,
les structures en acier peuvent être livrées juste à temps pour le montage en
« flux tendu », limitant ainsi les besoins de stockage sur le chantier ce qui est
particulièrement précieux en site urbain.

Une construction en acier signifie la mise en œuvre à sec, en partie ou en tota-


lité, de produits finis, sans bruit ni poussière qui polluent et perturbent le voi-
sinage. L’acier n’induisant aucun déchet, les contraintes d’évacuation sont Hall de contrôle de véhicule à
Savigny-le-Temple, France, dont la
supprimées et la rapidité de montage minimise la durée du chantier. structure est composée de PRS et de
profilés du commerce adaptés au
La « vie en œuvre » du bâtiment montage in situ. H. Fricout-Cassignol
architecte.

Dans le cycle de vie d’un bâtiment, on distingue, d’une part, l’énergie incor-
porée qui comporte toute l’énergie nécessaire pour l’extraction, la fabrication
et le transport des produits ainsi que la construction et, d’autre part, l’énergie

Concevoir 107 Construire


7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURERIE 9 LA PROTECTION CONTRE

opérationnelle d’un bâtiment pendant sa durée de vie qui comprend l’éclai-


rage, le chauffage, la ventilation, le fonctionnement, l’entretien, les répara-
tions. Pour un immeuble de bureaux standard, l’énergie consommée pendant
la durée de vie du bâtiment peut être jusqu’à dix fois supérieure à l’énergie
incorporée. Il est donc essentiel de faire davantage porter l’effort d’économie
sur l’énergie consommée que sur l’énergie incorporée. Par exemple, en privi-
légiant une bonne conception énergétique du bâtiment, l’isolation thermique
(du froid comme de la chaleur), l’éclairage et la ventilation naturelle, la facilité
de maintenance et la capacité d’évolution dans le temps. L’acier en structure
facilite les vastes ouvertures qui laissent pénétrer la lumière et permettent
éventuellement de profiter de l’énergie solaire. Très favorables au bilan éner-
gétique, des solutions d’isolation par l’extérieur sont aisément applicables.
Avec des charpentes en acier en poteaux-poutres, il n’y a pas de murs porteurs
et les maîtres d’ouvrage et les architectes ont un maximum de liberté dans la
conception de nouvelles organisations intérieures, voire dans la transformation
des façades. Les édifices existants peuvent être facilement agrandis ou trans-
formés et mis aux nouvelles normes d’usage ou même changer d’affectation.

Maison à Stuttgart, Allemagne.


Autosuffisante sur le plan Enfin, l’acier est durable et on sait le protéger de la corrosion. Bien entretenu,
énergétique, elle est conçue pour il dure longtemps à l’image de bâtiments plus que centenaires comme la Tour
être facilement déconstruite et
Eiffel. En allongeant la vie utile d’une structure, l’énergie incorporée dans
recyclée en fin de vie. Werner Sobek
architecte. celle-ci se répartira sur une période encore plus longue et dès lors on optimi-
sera le rendement de l’énergie dans la construction. Pour rendre possible l’al-
longement de la vie d’un bâtiment, le projet constructif doit être souple et
adaptable. L’acier est un matériau qui convient parfaitement à cette adapta-
bilité. Ses propriétés naturelles (ductilité, rapport résistance/poids, dureté),
lui confèrent aussi une résistance élevée à des contraintes inattendues comme
les catastrophes naturelles telles que les séismes.

La fin de vie

Démontage du pont de Hammer


La durée de vie « utile » de tout bâtiment et de toute structure n’est pas illi-
à Düsseldorf, Allemagne. mitée. Les bâtiments qui ne peuvent pas être rénovés doivent pouvoir être
démontés ou « déconstruits » plutôt que simplement démolis, à défaut d’être
transformés. Ce démontage peut se prévoir dès la conception, à l’image de ce
qui se fait aujourd’hui dans l’automobile. L’objectif doit être de pouvoir sépa-
rer facilement les composants et d’en trier les matériaux, soit pour les réuti-
liser soit pour les recycler. Or l’acier se prête bien à un démontage, sans trop
de bruit, de poussières et de déblais, en vue de la réutilisation des éléments.
En outre, il se trie aisément grâce à ses propriétés magnétiques et peut être
recyclé à 100 % et à l’infini sans rien perdre de ses qualités.

Mémentos 108 acier


E LA CORROSION 10 LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE 11 LE DEVELOPPEMENT DURABLE 12 ANNEXES

( Annexe 1 : la fabrication de l’acier


La filière fonte
)
Le minerai de fer et le coke (du carbone presque pur) sont disposés en couches
en haut d’un haut-fourneau. Un haut-fourneau peut atteindre 90 m de hauteur
et 14 m de diamètre. Sa production varie entre 2 000 et 15 000 t de fonte par
jour. Il fonctionne en continu et on l’arrête en moyenne une fois tous les quinze
ans. De l’air chaud à 1 200 °C est insufflé à la base du haut-fourneau. Il pro-
voque la combustion du coke. La chaleur dégagée fait fondre le fer et la gangue Haut-fourneau.
dans une masse liquide, où la gangue surnage.

AGGLOMÉRATION Minerai de fer

Charbon

HAUT FOURNEAU COKERIE


Aggloméré
Coke
Ferrailles

Fonte liquide
CONVERTISSEUR
Laitier

FOUR ÉLECTRIQUE

Acier liquide sauvage

STATION D’AFFINAGE
Acier liquide mis à nuance

COULÉE CONTINUE Schéma du processus de fabrication


de l’acier.
En haut à gauche, la production de
fonte dans un haut-fourneau, puis
la transformation en acier dans un
convertisseur.
Brame
En haut à droite, la fabrication
directe de l’acier à partir de
ferrailles.
En bas, l’affinage de l’acier et la
coulée continue suivie du laminage
LAMINOIR à chaud pour obtenir un produit fini,
ici des bobines de tôle.

Tôles en bobine
Concevoir 109 Construire
7 LES COUVERTURES 8 LES AMÉNAGEMENT INTÉRIEURS ET LA SERRURERIE 9 LA PROTECTION CONTRE

On obtient de la fonte liquide. Celle-ci est alors conduite à l’aciérie dans des
wagons pour être versée dans un convertisseur à oxygène.

La filière électrique

L’acier y est directement produit à partir de ferrailles de récupération, sélec-


tionnées suivant leur composition ou leur nuance. Elles proviennent des
emballages jetés, des bâtiments, des machines, des véhicules, des chutes de
fonte et des aciers récupérés. Ces ferrailles sont chargées dans un four élec-
trique. La fusion a lieu à 1 600° grâce à des arcs électriques. Le métal liquide
est conduit ensuite à la station d’affinage de l’aciérie.

L’aciérie

La première étape de l’aciérie est le convertisseur à oxygène où l’on convertit


la fonte en acier. On verse la fonte en fusion sur un lit de ferraille. Les élé-
ments indésirables (carbone et résidus) contenus dans la fonte sont alors brû-
lés en insufflant de l’oxygène pur. On obtient de l’acier liquide dit « sauvage »
– l’acier est encore imparfait à ce stade – qui est versé dans une poche. La pro-
duction d’un convertisseur à oxygène est de 300 t par coulée. Une tonne de
fonte permet d’obtenir 1,1 t d’acier (on a ajouté 0,1 t de ferraille).
L’étape suivante est la station d’affinage où les filières fonte et électrique citées
précédemment se rejoignent. Les opérations d’affinage (ou de décarburation)
et d’additions chimiques se font dans un récipient sous vide, l’acier étant mis
en rotation. On insuffle de l’oxygène pour activer la décarburation et réchauf-
Four électrique d’Olaberria en fer le métal. La « mise à nuance » de l’acier, à savoir l’ajustement de sa com-
Espagne. position chimique, est réalisée avec une grande précision grâce à ce procédé.

La coulée continue

Vient ensuite l’étape de la coulée continue qui permet le moulage d’ébauches


(ou demi-produits). On coule l’acier en fusion en continu dans un moule sans
fond. Le métal au contact des parois refroidies à l’eau commence à se solidi-
fier. Il descend du moule, guidé par un jeu de rouleaux, et continue de se refroi-
dir. Arrivé à la sortie, il est solidifié à cœur. Il est immédiatement coupé aux
longueurs voulues.
Les demi-produits obtenus sont :
– les brames, de 20 à 30 cm d’épaisseur, 2 m de largeur et de 5 à 6 m de lon-
gueur permettent la production des produits plats laminés à chaud (plaques,
feuilles, bobines…) ;
– les blooms, de 15 cm à 100 cm de côté, pouvant aller jusqu’à 12 m de lon-
gueur, et les billettes, de 15 cm de côté, qui donneront les produits longs lami-
nés à chaud (fil, barres, rails, profilés divers, poutrelles…).

Mémentos 110 acier


LA CORROSION 10 LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE 11 LE DEVELOPPEMENT DURABLE 12 ANNEXES

( Bibliographie
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[11] Hart, F, Henn, W & Sontag, H – Structure acier - Parenthèses, Marseille, 1996
Bâtiments à étages – Éditions Publimétal et SEPFI, Paris,
2e éd. 1986 Documentations techniques

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Sites d’information
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Bases de calcul et exemples numériques adaptés aux www.acierconstruction.com
nouvelles normes – Complément du Traité de Génie www.cticm.com
Civil, Presses polytechniques et universitaires www.otua.org
romandes, Lausanne, 2004

Concevoir 111 Construire


1 LA FABRICATION DE L’ACIER 2 LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER 3 LA CONCEPTION

(A
Crédits iconographiques

Abbadie, Hervé : 87 (2), 90.


J
)
Jaffre, J. : 83 (3).
Apex : 108 (1). Jouannais, Emmanuel : 13 (2), 14 (1, 3), 15, 16 (2), 25 (1), 27
Aranguren, Joxe : 48 (1). (3), 28, 29 (1, 2), 32 (3), 34 (4), 38 (1), 39 (1), 40 (1), 41 (1, 3),
Avenel, Éric : 80 (1), 88 (3). 46 (2), 54 (2), 63 (1), 67 (2).
B Jouannais, Eve : 48 (3).
Baltanás, A. L. + Sánchez, E. : 95 (3). K
Boëgly, Luc/Archipress : 94 (2). Kasper, G : 32 (1).
Bordaz, Marie-Claire : 49 (2). Keuzemkamp, Franz : 69 (1).
Burt/Apex : 43 (3). L
C Lafarge plâtre : 86 (3, 4).
Charpentes métalliques : Conception et dimensionnement Lemoine, Bertrand : 25 (2), 30 (1), 33 (3), 34 (3), 47 (2), 77
des halles et bâtiments [12] : 23 (2), 24 (1-3), 26 (1), 27 (2), 38 (2), 89 (3).
(2), 45 (2), 52 (1), 57 (1), 68 (1). M
Chavanne, Patrick : 88 (4). Martius, Herbert : 93 (2).
Cepezed : 61 (3, 5). Maurer, Paul : 89 (2), 107 (2).
Construire avec les aciers [4] : 13 (1), 49 (3), 51 (1), 53 (1, 3, 5), 67 (1), Meister, Heidi : 9 (4).
87 (1). Monthiers, Jean-Marie : 39 (4), 88 (2), 89 (2), 94 (1).
Construire en acier [10] : 12, 27 (1), 35 (1), 46 (2). Monthiers, Vincent : 91 (2).
Construire parasismique [24] : 17 (1-3). Morin, André : 95 (1).
Construction mixte acier-béton, vol. 2 [3] : 46 (1, 6), 47 (3). N
Cours de construction métallique [9] : 8 (1-3), 9 (1), 10 (2), 14 Naux, Élisabeth et Poux, Luc : 89 (1).
(2), 23 (1, 3), 35 (2, 3), 36, 42 (2 ,3), 43 (1, 2), 49 (1), 50 (2), 51 P
(4), 52 (2-4), 53 (2, 4), 81 (3). PAB : 10 (1), 58 (5), 72 (2), 73 (2, 3), 81 (2).
Couturier, Stéphane/Archipress : 84. Profil du futur : 10 (3).
D Q
Défossez, Joseph : 96, 97 (1-3), 98 (1-3), 99 (1, 2), 100, 101 Quirot, Bernard et Vichard, Olivier : 64 (1).
(1, 2), 102 (1, 2), 103 (1-4), 104 (1-4), 105 (1-4). R
Denancé, Michel/Archipress : 65 (1), 79 (2) Richters, Christian : 95 (2).
DR : 7 (1, 2, 3), 9 (2, 3), 11 (2), 16 (1), 18, 26 (2), 33 (2), 34 (2), Ruault, Philippe : 34 (1).
37 (2), 39 (3), 41 (4), 42 (1), 44 (1-4), 45 (1, 3), 46 (3), 47 (1), S
48 (4), 50 (1, 3), 51 (2, 3), 54 (1), 55 (3), 56 (2), 57 (4, 5), 58 (1- Saillet, Érick : 39 (2).
4), 59 (2, 3), 60 (1, 2), 63 (2), 68 (3), 70 (3), 76, 77 (3), 78 (1), Savary, Stéphane : 65 (2).
79 (3), 80 (2), 83 (4), 85 (1-3), 86 (2), 87 (3), 88 (1), 91 (1), 94 Shinken Chiku-Sha : 43 (4).
(3), 106 (1, 2), 107 (1), 108 (2), 109 (2), 110. SMB : 41 (2).
Dubosc et Landowski : 30 (2), 32 (2), 56 (3, 4), 58 (6), 66 (1, SNCF AP-Arep : 11 (1).
2), 72 (1), 74 (1, 2), 75 (1-4), 77 (1), 78 (2), 79 (1), 80 (3, 4), 83 Structure acier [11] : 27 (1), 31 (2), 33 (1), 37 (1), 40 (2), 55 (2),
(4), 86 (1). 69 (2, 3), 70 (1, 2).
F Sucheyre, Dalhiette : 62 (1), 92.
Fessy, Georges : 31 (1), 40 (4). T
G Terrell Rooke Associés : 59 (1).
Gaston Bergeret : 71 (2). U
Guérin, G. : 87 (4). Ugine & ALZ : 82 (2), 83 (1, 2).
H Z
Haironville : 64 (2), 71 (1, 3), 73 (1), 81 (1), 82 (1), 93 (1). Zekri, A : 106 (3).
Hérault, Isabel et Arnod, Yves : 41 (5).
Herbin, Stéphane : 48 (2).
Hunt, Anthony Associates : 40 (3).

Achevé d’imprimer février 2005


Mémentos 112 acier Dépot légal mars 2005
Imprimerie Victor Buck, Luxembourg
Mémentos acier Concevoir et
Construire
en acier

L’acier est un matériau de construction universel, présent dans les


bâtiments sous de multiples formes. Il s’adapte aux nécessités pour
combiner liberté de création avec efficacité constructive. Il offre des
Collection

possibilités uniques de grandes portées, de souplesse d’adaptation,

Concevoir et Construire en acier


de possibilités de combinaison avec les autres matériaux, de
construction durable et recyclable.
Ce manuel présente de manière didactique et synthétique l’essen-
tiel de ce qu’il faut savoir sur l’acier, ses performances mécaniques,
sa mise en œuvre dans le domaine des structures, des planchers,
des façades, des couvertures, des cloisons et des équipements inté-
rieurs. Il souligne également les performances de l’acier en matiè-
re de durabilité et de sécurité incendie. Outil de conception simple
et pratique, ce « Mémento acier », second ouvrage de la collection
initiée par le groupe Arcelor, s’adresse aussi bien aux profession-
nels confirmés de l’acte de bâtir qu’aux étudiants.

Marc Landowski architecte dplg, enseignant à l’école


d’architecture de Bordeaux, associé de l’agence Dubosc et
Landowski connue pour ses réalisations à dominante acier.
Bertrand Lemoine ingénieur diplômé de l’École polytechnique
auteurs

et de l’École nationale des ponts et chaussées, architecte


dplg, enseignant à l’école d’architecture de Marne-la-Vallée,
Les

spécialiste de la construction métallique.

9:HSMJPC=XXV]U\: ISBN : 2-9523318-0-4


15 €
ECOLE NATIONALE D’INGENIEURS DE SFAX

DEPARTEMENT DE GENIE CIVIL

Cycle d’Ingénieurs en Génie Civil

Cours de

CHARPENTE METALLIQUE

Préparé par : MOUNIR BEN JDIDIA

Année universitaire : 2013-2014


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

Table des matières

Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel ............. 1


1 Généralités sur les constructions en métal ........................................................2
2 Introduction sur les bâtiments industriels .........................................................3
3 Les aciers de construction pour le BI ................................................................5
4 Caractéristiques des aciers de construction .......................................................8
5 Terminologie d’un bâtiment industriel ...........................................................10
6 Conception de l’ossature porteuse d’un bâtiment industriel ...........................11
7 Conception des assemblages ...........................................................................15
8 Dossier d’exécution d’un bâtiment industriel .................................................19
9 Phases d’exécution d’un bâtiment industriel ..................................................20

Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 ...... 30


1 Introduction .....................................................................................................31
2 Effet de la neige sur les constructions .............................................................31
3 Combinaison des effets de la neige et du vent ................................................33
4 Effet du vent sur les bâtiments industriels ......................................................34
5 Actions dynamiques exercées par le vent .......................................................46
6 Exemple d’application ....................................................................................47

Chap 3 Bases de Calcul du règlement Eurocode 3 ........................... 49


1 Introduction .....................................................................................................50
2 Etats Limites ...................................................................................................50
3 Actions prises en compte dans les calculs ......................................................51
4 Coefficients partiels de sécurité ......................................................................52
5 Combinaisons d’actions ..................................................................................54
6 Valeurs limites des déformations ....................................................................55

Chap 4 Classification des sections transversales .............................. 57


1 Introduction .....................................................................................................58
2 Comportement des sections ............................................................................59

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel i


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

3 Elancement des parois .....................................................................................61


4 Méthode de détermination des sections efficaces ...........................................67
5 Détermination des moments de flexion limites ultimes ..................................69

Chap 5 Justification des sections transversales selon EC3 ............... 73


1 Introduction .....................................................................................................74
2 Caractéristiques des sections transversales .....................................................74
3 Facteurs partiels de sécurité ............................................................................74
4 Résistance des sections transversales ..............................................................75

Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique ................................ 80


1 Introduction .....................................................................................................81
2 Flambement simple d’Euler ............................................................................82
3 Aspects réglementaires du flambement simple ...............................................83
4 Aspects réglementaires du flambement avec flexion ......................................87
5 Flambement des pièces composées .................................................................89
6 Longueur de flambement ................................................................................91

Chap 7 Conception et calcul des Assemblages boulonnés ............... 94


1 Généralités sur les assemblages ......................................................................95
2 Types et fonctionnement d’un assemblage .....................................................95
3 Conception des assemblages ...........................................................................96
4 Calcul des assemblages rivés ..........................................................................97
5 Calcul des assemblages par boulons ordinaires ..............................................98
6 Calcul des assemblages par boulons Haute Résistance ou Précontraints .....102

Chap 8 Les assemblages par soudures ............................................ 106


1 Introduction ...................................................................................................107
2 Les procédés de soudage ...............................................................................107
3 Dispositions constructives.............................................................................108
4 Calculs des cordons de soudures ...................................................................110

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel ii


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel

1 Généralités sur les constructions en métal ........................................................2


2 Introduction sur les bâtiments industriels .........................................................3
3 Les aciers de construction pour le BI ................................................................5
3.1 Les profilés laminés ............................................................................................. 5
3.2 Les profilés laminés marchands .......................................................................... 6
3.3 Les tôles ............................................................................................................... 7
4 Caractéristiques des aciers de construction .......................................................8
4.1 Caractéristiques mécaniques des aciers de construction ..................................... 8
4.2 Caractéristiques géométriques des Profiles de construction .............................. 10
5 Terminologie d’un bâtiment industriel ...........................................................10
6 Conception de l’ossature porteuse d’un bâtiment industriel ...........................11
6.1 Conception des portiques................................................................................... 12
6.2 Conception des fermes....................................................................................... 14
7 Conception des assemblages ...........................................................................15
7.1 Assemblages au pied du portique ...................................................................... 15
7.2 Assemblages au jarret ........................................................................................ 16
7.3 Assemblage au faitage ....................................................................................... 17
7.4 Assemblage au jarret d’une ferme sur un montant en profilé ............................ 17
7.5 Assemblage au nœud d’une ferme..................................................................... 17
7.6 Assemblage de la chaise d’un pont roulant ....................................................... 18
7.7 Assemblage d’une panne sur une traverse ......................................................... 18
7.8 Assemblage pieds de poteaux et fondation ........................................................ 18
8 Dossier d’exécution d’un bâtiment industriel .................................................19
9 Phases d’exécution d’un bâtiment industriel ..................................................20

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 1


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

1 Généralités sur les constructions en métal


Après la seconde guerre mondiale, il a fallu construire :
 Des bâtiments industriels (usines de transformations de produits agricoles ou agro-
alimentaires, bâtiments d’élevage, usines de fabrication : industrie mécanique tel que
automobiles, aéronautiques, industrie chimique : phosphates, pétrolières des ouvrages de
franchissement tel que ponts viaducs etc …), les dépôts de stockage sur les quais ou
ailleurs.
 Des salles polyvalentes, de conférences ou de fêtes, les salles de sports
Le matériau disponible et qui s’avère économique est l’acier vu ses propriétés mécaniques et
géométriques. Ce matériau a remplacé le bois et notamment la charpente en bois le béton
armé et le béton précontraint vue le coût relativement acceptable. En effet le diagramme ci
après montre que le cout du BA grimpe rapidement à partir des portées de 16 m le béton
précontraint reste cependant économique pour des portées de 45m par contre l’acier reste
compétitif au delà de 60 m.

Parmi les avantages de ce matériau on peut citer :


 l’acier est un matériau supposé homogène et isotrope et il a un comportement élasto-
plastique aves des propriétés fort intéressantes tel que sa limite élastique Sy sa limite
ultime ou de rupture Su son module d’élasticité longitudinale E son coefficient de poisson
ν facilement déterminables selon des normes spécifiques ASTM ou autre. Les aciéries
(industrie de fabrication de l’acier) ont pu élaborer des profilés métalliques normaux PN
tel que : IPN, IPE, UAP, HEA, HEB, HEM , des laminés ou profilés marchands PM tel
que les cornières L, les plats ‫־‬, les tés T, les ronds pleins , les carrés pleins ■, les tubes
et des tôles planes ou ondulées. La conception d’une
structure métallique qui constitue l’ossature porteuse du bâtiment a permis de réaliser des
espaces couverts avec une fiabilité accrue de point de vu fonctionnalité, exploitation aisé
et surtout une réalisation rapide et peu couteuse.
 l’acier possède une Haute résistance, Il en résulte des dimensions mois encombrantes, des
portées plus grandes à franchir, des constructions plus légères (charges transmises au sol
relativement faible et des dimensions pas trop grande des semelles de fondations).
 L’industrialisation des ossatures porteuses permet de réduire la durée d’exécution des
travaux

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 2


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

 Les extensions du bâtiment est possible


 Le renforcement des éléments porteurs est possible en cas de besoins
 La récupération d’éléments et le recyclage sont possibles
Bien évidement l’acier possède des défauts tel que : la maintenance contre la corrosion une
faible tenue au feu, résonnance élevée d’où une faible isolation acoustique, effets de
dilatations non négligeables, conductivité thermique élevée d’ou une faible isolation
thermique.
Les nuances d’acier produites et disponibles sur le marché sont : S235, S275, S355
Les objectifs de ce cours sont :
 Connaitre quelques notions générales sur la conception de l’ossature porteuse d’un
bâtiment industriel
 Maitriser les principes de justification des éléments porteurs vis-à-vis des sollicitations
selon les règles de l’Eurocode 3
 Maitriser la conception et le calcul des assemblages entre éléments porteurs
 Maitriser l’évaluation des actions du vent et de la neige sur les éléments porteurs selon les
règles NV85
 Appliquer les connaissances acquises dans un cas concret : Etude de l’ossature porteuse
d’un Bâtiment industriel

2 Introduction sur les bâtiments industriels


Un bâtiment industriel est un grand espace de transformation de la matière première en
produits finis on distingue trois espaces :
 espace réservé au stockage des matières premières
 espace réservé à la fabrication et la production
 espace destiné pour le stockage des produits finis
Une étude des besoins pour chaque espace détermine la superficie à bâtir et les
caractéristiques de chaque aire. Le bâtiment industriel est situé généralement dans la zone
d’activité ou industrielle. Les bâtiments d’élevage sont situés dans la zone agricole. Les salles
de sports ou polyvalente de fêtes sont situé dans la zone de loisirs ou de divertissement.

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 3


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

Artère secondaire : Voie de 16 m


Accès Sortie

Aire de stockage MP

Aire de PF
Aire de fabrication

Un bâtiment industriel comporte en général deux grandes faces, deux petites faces et une
couverture.

f
Est m
h
h1
a
b
l
b

Nord

Le bâtiment peut être orienté de manière que la petite face soit orthogonale au vent dominant.
Néanmoins le bâtiment industriel doit être stable vis-à-vis :
 D’un vent longitudinal vent perpendiculaire à la petite face
 D’un vent transversal vent perpendiculaire à la grande face
Le bâtiment industriel peut avoir une ossature porteuse : En acier, en béton armé, en béton
précontraint ou encore mixte.
Le bâtiment peut être soumis à différentes types d’actions. L’ossature métallique porteuse
peut être soumise en général aux actions suivantes :

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 4


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

 Actions permanentes : poids propre des éléments


 Actions variables : actions de la neige, actions du vent, d’exploitation
 Actions accidentelles : chocs de véhicules, séisme

3 Les aciers de construction pour le BI


Les produits sidérurgiques en acier ferritique utilisés en construction métallique sont les aciers
S235, S275, S355.

3.1 Les profilés laminés


Les profilés normaux PN sont en forme de I , H , U , C , T

IPN IPE HEA HEB

A titre de comparaison, les caractéristiques géométriques de différents profilés sont données


ci après
UAP UPN

On constate une bonne résistance à la flexion : moment appliqué My (charges appliquées


perpendiculaires à l’axe d’inertie maximale). Les fer en H présentent une inertie par rapport à
z plus importante que les fers en I et surtout une section plus grande vue la largeur de ses
semelles

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 5


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

Les différents profilés normaux commercialisés sont données sous forme de tableaux
présentés à la fin du chapitre.

3.2 Les profilés laminés marchands


Les laminés marchands sont des cornières, des fers plats, des tés, des u et des profils pleins ou
creux en tubes de différentes formes

Tés à ailes
Cornière Cornières Petits
égales
à ailes égales à ailes fers
Et à coins
inégales U
arrondis

Plat rond Carré

La feuille ci après donne quelques laminés marchands. Les différents laminés marchands sont
présentés à la fin du chapitre

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 6


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

3.3 Les tôles


On distingue les tôles en plaques de différentes épaisseurs de 4 mm à 40 mm

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 7


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

Les tôles nervurées

4 Caractéristiques des aciers de construction


4.1 Caractéristiques mécaniques des aciers de construction
Pour caractériser les profilés PN ou PRS ou encore les autres produits on prélève trois
éprouvettes standards sur un profilé de forme cylindrique ou plate et on effectue l’essai de
traction conformément à la norme ASTM

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 8


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

Dans la norme EC3 les propriétés mécaniques sont : la limite élastique fy , limite ultime fu , le
module de Young E et le coefficient de poisson 
 le module d’élasticité longitudinale E = 210000 MPa ;
 le module d’élasticité transversale G = E/[2(1+)]= 81000 MPa ;
 le coefficient de poisson  = 0.3 ;
 le poids volumique de l’acier ρ = 78.5 KN/m3.
 Coefficient de dilatation linéaire α = 12.10-6/°C
Nous nous limitons en construction à trois nuances principales (S235 : fy = 235 MPa est
utilisée pour des constructions courantes privées, S275 : fy = 275 MPa constructions
publiques et S355 : fy = 355 MPa ouvrages spéciaux ouvrages d’art…)
Pour les profilés on adopte les caractéristiques mécaniques suivantes :

Caractéristiques mécaniques des Nuances des aciers


profilés en fonction de leur épaisseur t S.235 S.275 S.355
Limites élastique fy (MPa)
235 275 355
t ≤ 16 mm
225 265 345
16 ≤ t ≤ 40 mm
215 255 335
40 ≤ t ≤ 63 mm
Contraintes de rupture en traction fu
(MPa) 360/510 430/580 510/680
t ≤ 3 mm 340/470 410/560 490/630
3 ≤ t ≤ 100 mm
Allongement minimal moyen ε
18% 15% 15%
t ≤ 3 mm
23% 19% 19%
3 ≤ t ≤ 150 mm

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 9


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

4.2 Caractéristiques géométriques des Profiles de construction


 A : aire de la section en cm2
 M : masse en Kg/m
 Iy : moment d’inertie par rapport à l’axe Gy en cm4
 Iz : moment d’inertie par rapport à l’axe Gz en cm4
 Wely : module d’inertie élastique en cm3, Wely=Iy/v tel que : v=h/2
 Welz : module d’inertie élastique en cm3, Welz=Iy/w tel que : w=b/2
 Wply : module d’inertie plastique en cm3, Wply=2* moment statique par rapport à l’axe
de flexion Gy Wplz : module d’inertie plastique en cm3, Wplz=2* moment statique par
rapport à l’axe de flexion Gz
 Avy : section soumise au cisaillement en cm2
Les tableaux 1-10 donnent les caractéristiques géométriques courantes des profilés standards.

5 Terminologie d’un bâtiment industriel


Le bâtiment industriel comporte une enveloppe en maçonnerie de brique ou de parpaings qui
constitue les parois verticales du bâtiment. Ces derniers reposent en général sur un système de
longrines en béton armé reliant les semelles disposées sous les montants des portiques ou les
poteaux en profilés. Les petites faces Sb sont appelées pignons. Les grandes faces Sa sont
appelées Long-pans . La toiture est constituée par deux versants en général symétriques. Le
bâtiment industriel est composé par une ossature métallique porteuse et une enveloppe en
maçonnerie. L’ossature porteuse est en général constituée par un système de portiques en
profilés reliés par des pannes
Panne faitière

Panne sablière

Panne courante
Toiture

Long-pan

Portique courant
Pignon

Contreventement

Portique pignon

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 10


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

6 Conception de l’ossature porteuse d’un bâtiment industriel


Un bâtiment industriel est généralement composé d’une structure porteuse et des éléments de
remplissage, cette structure peut être :
 Système poutres principales et poutres secondaires (solives) constituant le plancher d’un
bâtiment reposant sur des poteaux
 Systèmes de portiques et pannes en profilés
 Systèmes de portiques composés par des fermes (système en treillis) et des montants
composés ou encore en profilés les portiques sont reliés par des pannes.
 Système spatial tridimensionnel (3D)
Les portiques assurent la stabilité transversale du bâtiment vis-à-vis d’un vent transversal
appliqué sur la grande face. Le déplacement horizontal du portique (tête du montant) Dx est
limité par la norme. Les portiques sont reliés par des pannes qui assurent la stabilité
longitudinale et reprennent également les efforts en provenance de la toiture. Les diagonales
de contreventement ont pour rôle d’acheminer les forces horizontales du vent longitudinal
vers les nœuds de la fondation. Le système de contreventement est nécessaire pour la
première et la dernière travée. Le contreventement doit être longitudinal et transversal pour
assurer la stabilité du bâtiment. Les liernes sont des éléments de liaison entre les pannes et
assurent la stabilité des pannes vis-à-vis du déversement. Le portique pignon est contreventé
par des barres en diagonales. Les potelets permettent de reprendre les forces surfaciques du
vent appliquées sur le pignon.

Panne faitière Rondelle d’étanchéité et


écrous de serrage

Tôle ondulée
Portique courant

Potelet Panne

Lierne Crochet galvanisé Chéneau


Portique Pignon

Panne sablière

La couverture est en général en tôle ondulée ou en panneaux sandwichs. Elle repose sur les
pannes et elle est fixée par des crochets galvanisés. Le bardage périphérique supérieur est
constitué par des futs en profilés qui sont fixés sur les montants des portiques. Les futs sont
reliés par des lisses horizontales qui permettent la fixation du bardage en tôle ondulée. Le
chéneau permet d’évacuer les eaux de ruissellement en provenance de la toiture vers les
descentes d’eau pluviale.

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 11


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

6.1 Conception des portiques


Les portiques peuvent être à une ou plusieurs travées. On distingue trois types de portique :
Le portique en profilés PN est composé par deux montants et une traverse. (portée <24m)
Le portique composé PC est constitué par deux poteaux et une ferme (système en treillis).
(portée <50m)
Le portique en profilés reconstitués soudé PRS est constitué par deux montants et une traverse
en PRS (portée <50m)

Faitage
Jarrêt
Portique en profilé à une travée Portique en profilé à deux travées

Pieds

Arbalétrier de la ferme

Diagonales et montants relachées Entrait de la ferme

Portique composé ferme+montants

Le jarret permet d’avoir un nœud rigide et participe à reprendre en partie le moment


fléchissant appliqué au nœud en augmentant l’inertie de la traverse. Le portique bi encastré est
utilisé dans le cas ou les semelles reposent sur un sol relativement de bonne portance (sol> 2

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 12


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

bars). Le portique bi articulé est couramment utilisé pour les sols de portance faible (sol< 0.5
bars) ou pour apporter de la souplesse au portique (dilatation non empêchée).

N
N et V M, N et V

Appui articulé Appui simple Appui encastré

Le portique isostatique à trois articulations peut être également utilisé pour réduire le moment
fléchissant sur les traverses du portique. Pour les portiques de grandes portées il est préférable
de créer des souplesses soit en tête du montant soit au pied de celui-ci.
Ferme en liaison complète
avec le montant Ferme relâchée avec le montant

Portique à trois articulations

Pied articulé au sol Pied encastré au sol

Les portiques peuvent être à un versant ou à plusieurs versants à un niveau ou à plusieurs


niveaux.

Portique multi-niveaux Portique multi-niveaux à plusieurs travées

Les montants des portiques peuvent être soit en profilés normaux PN si la hauteur n’excède
pas 6 à 7m et l’effort normal de compression est modéré soit composées en treillis si la
hauteur dépasse 8 m. On distingue trois types de treillis en N, V et en K. les membrures
peuvent être symétriques ou dissymétriques. Les treillis en V et en K comportent des
traverses, celles-ci diminuent la déformation du plan de treillis due à l’effort tranchant. Le

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 13


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

choix dépend essentiellement de la hauteur et de l’intensité de l’effort normal de compression


appliqué.

Membrure

Treillis en V Treillis en N Treillis en K

Montant composé par deux Montant composé par deux Montant composé par trois
membrures dissymétriques membrures symétriques et profilés PN
et un plan de treillis deux plans de treillis

6.2 Conception des fermes


Les fermes sont constituées par un système triangulé plan. Les diagonales et les montants de
la ferme sont généralement relâchées par conséquent ils sont soumis soit à la traction soit à la
traction. L’arbalétrier (élément supérieur recevant les pannes) est en général en profilé PN et
constitué d’un ou plusieurs éléments en liaisons complètes. L’Entrait de la ferme (élément
inférieur de la ferme) est en général en profilé PN et constitué d’un ou plusieurs éléments en
liaisons complètes. Les pannes prennent appui sur les nœuds de la ferme. Les types de ferme
sont donnés ci après :

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 14


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

Ferme anglaise

Ferme américaine

Ferme belge contre-fiches sont orthogonales à l’arbalétrier

Ferme Polonceau triple bielles

Ferme Shed

7 Conception des assemblages


7.1 Assemblages au pied du portique
Le pied du montant peut être encastré, articulé ou simplement appuyé

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 15


Cours de charpente métallique ENIS Mounir Ben Jdidia

Appuis encastré 4 ou 6 boulons Appui articulé Appui simple

7.2 Assemblages au jarret


La traverse est muni à son extrémité d’une platine soudé et à sa partie inférieure d’un gousset
appelé jarret soudé également sur la platine. L’ensemble est en liaison complète sur le
montant à l’aide des boulons

Traverse

Jarret

Platine

Gousset raidisseur
Montant

Assemblage au Jarret

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 16


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7.3 Assemblage au faitage


L’assemblage au faitage est constitué par deux platines soudées sur les traverses et
juxtaposées. Deux goussets raidisseurs sont soudés d’une part sur les traverses et d’autre part
sur les platines. La liaison entre traverses est complète et elle assurée à l’aide de deux rangées
(verticalement) de boulons.
Gousset raidisseur

Assemblage au faitage

7.4 Assemblage au jarret d’une ferme sur un montant en profilé


L’assemblage d’une ferme sur le poteau en profilé est assuré par boulons disposés en deux
rangées verticales sur le montant de la ferme.

Arbalétrier en double
cornière

Gousset
Diagonale en double
cornière

Entrait en double
cornière
Montant en double
cornière
Chaise en cornière ou
tasseau

7.5 Assemblage au nœud d’une ferme

Montant en double cornière

Assemblage au nœud d’une ferme

Gousset en tôle

Diagonale en double cornière

Entrait en double cornière

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 17


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7.6 Assemblage de la chaise d’un pont roulant


La chaise du pont est formée par deux goussets en tôle de même épaisseur que la semelle du
montant formant ainsi un Té. La chaise reçoit la poutre de roulement qui est fixée par des
boulons (possibilité de réglage et d’alignement : prévoir des trous oblongs). Le rail est
généralement soudé sur la poutre de roulement reçoit les galets de la traverse du pont. Pour
éviter le voilement de l’âme de la poutre de roulement et son déversement, une fixation par un
profilé en UAP sur l’âme et la semelle du poteau est nécessaire.
Rail du pont

U de fixation de la
poutre de roulement Poutre de roulement

Raidisseur

Chaise du pont

7.7 Assemblage d’une panne sur une traverse


L’assemblage de la panne sur la traverse du portique est réalisé à l’aide d’une échantignole en
tôle souple un raidisseur sous la panne est nécessaire pour éviter le voilement local de l’âme
de la traverse.
Echantignole Panne

Traverse

Raidisseur

7.8 Assemblage pieds de poteaux et fondation


Le montant du portique (poteau) prend appui sur une platine métallique (niveau supérieur de
la fondation Z4). La platine repose sur le massif de fondation en béton armé. L’arase
supérieure de la platine inférieure est assurée par les écrous de mise à niveau (toutes les
platines doivent avoir le même niveau Z4). La platine soudé au poteau est fixée sur le massif
de fondation par les crochets à bouts filetés noyés dans le micro béton coulé dans le fut de la
semelle en BA. Les crochets sont scellés dans une clé d’ancrage anti-soulèvement. La clé
d’ancrage est encastrée dans les parois du fut de la semelle. Le massif de fondation est
composé d’une semelle en gros béton reposant sur le bon sol de niveau Z1, d’une semelle en

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 18


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béton armé suffisamment rigide de niveau Z2 et d’un fut en béton armé de forme cubique
creux de niveau Z3. Des crochets anti-soulèvement sont noyés d’une part dans la semelle en
BA et d’autre part dans le gros béton.

Poteau
Ecrous de mise à niveau

Crochet d’ancrage bout fileté

Niveau Z4

Clé d’ancrage

Fut de la semelle en BA
Micro
béton
Niveau Z3

Semelle en BA Niveau Z
2
BA

Crochets anti-soulèvement

Gros béton

Niveau Z1

8 Dossier d’exécution d’un bâtiment industriel


Le dossier d’exécution d’un bâtiment industriel courant comporte :
 Plan de situation
 Plan d’implantation
 Vue en plan du bâtiment industriel

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 19


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 Elévation des long-pans


 Elévation des pignons
 Coupes
 Portique courant
 Portique pignon
 Détails de constructions et d’assemblage (assemblage aux nœuds, jarret, faitage, pieds
des poteaux, montants semelles…)
 Plan de fondation
 Remblais sous dallage : coupe et vue en plan
 Plans du pont roulant : traverse du pont, vue en plan du chemin de roulement, détail
chaise de la poutre de roulement, …
 Auvents sur les baies
 Plan du bardage supérieur

9 Phases d’exécution d’un bâtiment industriel


Les phases d’exécution d’un bâtiment industriel peuvent être résumées comme suit :
1. On débute les travaux par un décapage du terrain naturel sur une profondeur suffisante
pour avoir un niveau plan. Un remblai en tuf calcaire ou autre compacté est nécessaire
sous le dallage industriel (compactage à 98% de l’Optimum Proctor Modifié) et permet
d’avoir le niveau souhaité.
2. Réaliser un gabarit en madrier en bois a un niveau déterminé ou fixé (Z0 de préférence)
sur la périphérique du bâtiment.
3. Implanter les axes longitudinaux du bâtiment (files 1 et 2 correspondants aux entre-axes
des montants des portiques)
4. Implanter d’abord les axes transversaux des portiques (files 3 et 4 correspondants aux
portiques pignons) puis vérifier l’orthogonalité. Implanter ensuite les files transversales
des portiques courants et vérifier également les distances entre les portiques.
5. Traçage des fouilles et coulage du gros béton dosé à 250 kg/m3 de ciment CEMI 42.5
HRS
6. Matérialiser les axes longitudinaux et transversaux sur les massifs coulés
7. Coffrage des semelles, mise en place du ferraillage et coulage du béton dosé à 350 kg/m3
de ciment CEMI 42.5 HRS
8. Coffrage des futs des semelles, mise en place du ferraillage et coulage du béton dosé à 350
kg/m3 de ciment CEMI 42.5 HRS
9. Implanter les axes à nouveaux sur les faces supérieures des futs coulés (traçage sur
mortier)
10. Alignements longitudinaux et transversaux et mise à niveau de toutes les platines d’appuis
et mise en place des crochets à bouts filetés.

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 20


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11. Coulage en micro-béton fortement dosé (450 kg/m3 de ciment CEMI 42.5 HRS)
adjuvanté (micro-béton auto-plaçant)
12. Mise en place des montants des portiques et fixation provisoire aux pieds et alignements
dans les deux sens
13. Montage des portiques pignons : mise en place des traverses ou des fermes
14. Montage des portiques courants : mise en place des traverses ou des fermes
15. Montage des panes sablières et faitières puis courantes
16. Contreventement des travées extrêmes
17. Montage des liernes
18. Montage des lisses
19. Montage des éléments du bardage supérieur
20. Montage de la couverture
21. Maçonnerie des parois

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 21


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Gabarit en madrier en bois a niveau sur la périphérique du bâtiment

Axe de la file transversale N°3


Traçage de la fouille
Axe de la file longitudinale N°2

Axe de la file longitudinale N°1 Axe de la file transversale N°4

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 22


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Coffrage et ferraillage du fût

Crochets à bouts filetés

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 23


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Traçage des axes longitudinaux et transversaux & Clés d’ancrage anti-


soulèvement

Mise en place des crochets à bouts filetés

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 24


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Alignements longitudinal et transversal

Mise à niveau des platines

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 25


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Mise place des poteaux en profilés


Mise en place des sablières

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 26


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Montage de la ferme positionnement avec la grue

Montage de la ferme liaison complète : fixation par boulons HR


positionnement

Montage des panes courantes


‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 27
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Montage des ciseaux longitudinaux

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 28


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Montage de la couverture en tôle ondulé


Contreventement de la première travée

Joint de dilatation transversal

‎Chap 1 Généralités et terminologie d’un bâtiment industriel 29


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Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85

1 Introduction .....................................................................................................31
2 Effet de la neige sur les constructions .............................................................31
3 Combinaison des effets de la neige et du vent ................................................33
3.1 Répartition uniforme de la neige sur la toiture .................................................. 33
3.2 Répartition non uniforme de la neige sur la toiture ........................................... 33
3.3 Enlèvement impossible de la neige : présence d’obstacle (crochets de fixation)33
4 Effet du vent sur les bâtiments industriels ......................................................34
4.1 Définitions et principes généraux ...................................................................... 34
4.2 Pressions dynamiques de bases ......................................................................... 34
4.3 Pressions dynamiques modifiées ....................................................................... 35
4.4 Pressions dynamiques modifiées ....................................................................... 38
4.5 Pressions dynamiques modifiées limites ........................................................... 38
4.6 Calcul des actions extérieures sur les parois verticales bâtiment à base
quadrangulaire ................................................................................................... 39
4.7 Calcul des actions extérieures sur la toiture : bâtiment à base quadrangulaire.. 40
4.8 Calcul des actions intérieures : bâtiment à base quadrangulaire ....................... 42
5 Actions dynamiques exercées par le vent .......................................................46
5.1 Actions parallèles : Cas des surcharges normales ............................................. 46
5.2 Actions parallèles : Cas des surcharges extrêmes.............................................. 47
5.3 Actions perpendiculaires : Cas des surcharges normales et extrêmes ............... 47
5.4 Récapitulatif ...................................................................................................... 47
6 Exemple d’application ....................................................................................47

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 30


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

1 Introduction
Les effets climatiques se résument principalement en deux :
 Effet du vent qui se traduit par une pression surfacique sur les parois verticales et sur la
toiture q en daN/m2 qui dépend essentiellement de la vitesse du vent
Effet de la neige qui se traduit également par une surcharge sur la toiture. La neige se dépose
sur les versants et s’accumule sur la couverture p en daN/m2 cette surcharge dépend de
l’intensité de la neige et des caractéristiques de la toiture
Le sable saharien peut être déposé sur la toiture et il se traduit par une surcharge qs en
daN/m2. La vitesse du vent dépend d’une région à une autre et elle dépend de l’altitude de la
région. Selon les vitesses moyennes enregistrées disponibles dans les stations de météo il est
possible d’établir la carte du vent. On distingue trois régions région I, II, III correspondant
respectivement au vent faible, vent modéré, vent fort. L’intensité de la neige dépend
également de la région et de l’altitude. Pour la Tunisie, on peut distinguer deux zones : zone A
ou l’intensité de la neige est faible, zone B ou l’intensité de la neige est modéré. Au centre et
au sud tunisien l’effet de la neige peut être négligé mais il serait plutôt prudent de considérer
l’effet de sable saharien.
Les règles neiges et vent NV65 et NV 84 modifiées 95 sont les normes relatives à l’évaluation
des effets climatiques.
Le bâtiment industriel peut être orienté de manière à ce que la petite face du bâtiment soit
orthogonale au vent dominant de la région si bien sur le terrain le permet. Toutefois il est
indispensable d’étudier la stabilité du bâtiment vis-à-vis des directions du vent suivantes :
 Vent orthogonal à la petite face du bâtiment
 Vent orthogonal à la grande face du bâtiment
Il faudrait envisager la présence des baies sur chaque face. La surface des baies est un
paramètre important vis à vis de la perméabilité de la paroi
Le vent exerce des actions statiques et des actions dynamiques sur les différentes parois du
bâtiment.
Les objectifs de ce chapitre sont :
 Connaitre quelques notions générales sur les effets climatiques sur un bâtiment industriel
 Maitriser le calcul des actions de la neige sur la toiture
 Maitriser le calcul des actions statiques sur les différentes parois du bâtiment
 Maitriser le calcul des actions dynamiques

2 Effet de la neige sur les constructions


Pour la Tunisie, on peut distinguer deux zones : zone A ou l’intensité de la neige est faible,
zone B ou l’intensité de la neige est modéré. La zone A est relative au sud, au centre et aux
cotes Est. La zone B est relative au Nord Ouest et Est. L’accumulation de la neige se traduit
par une surcharge normale ou par une surcharge extrême. La surcharge normale est une
moyenne statistique calculée sur plusieurs années. La surcharge extrême est une surcharge
exceptionnelle qui se produit selon une période de retour 10 ans, 20 ans, 50 ans. Soit p no et
p’no les surcharges normale et extrême.

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 31


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Surcharge normale pno Surcharge normale p’no


en daN/m2 en daN/m2
Région
35 60
A
Région
45 75
B

Une correction due à l’altitude est nécessaire si celle-ci dépasse 200 m (NGT)
Surcharge normale pno en Surcharge normale
daN/m2 p’no en daN/m2

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 32


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(A-200) (A-200)
200<A<500 p no + pno +
10 6
(A-500) (A-500)
500<A<1500 p no +30+ pno +50+
4 2,4

Une correction due aux caractéristiques de la toiture est nécessaire dans les cas suivants :
 Pente des versants : la réduction à prendre en compte est de 2% par degré d’inclinaison
si celle-ci dépasse 25°
 Présence d’obstacles : les obstacles sur la couverture tel que les crochets de fixation, les
cheminées peuvent engendrer des accumulations supplémentaires. Les zones
d’accumulation seront calculées avec la valeur de la surcharge extrême comme étant une
surcharge normale.

3 Combinaison des effets de la neige et du vent


Les effets de la neige et du vent sont considérés simultanément lorsque leur combinaison
donne des actions plus défavorables que s’ils sont pris séparément.

3.1 Répartition uniforme de la neige sur la toiture


L’action du vent normal ou extrême est prise en totalité par contre la surcharge de neige
normale ou extrême est réduite de moitié. V  0,5Sn

3.2 Répartition non uniforme de la neige sur la toiture


La surcharge de neige est réduite à la moitié. Pour la face éclairée (soumise au vent) la
surcharge normale de neige est réduite encore de 35 daN/m2. Pour la surcharge extrême elle
sera réduite de 60 daN/m2

Vent

P1=75/2 =37,5 daN/m2


Pno=75 daN/m2
P =37,5-35=2,5 daN/m2
Pour un vent normal : Vn  0,5Sn ou Vn  (0,5Sn  35)

Pour un vent extrême : Ve  0,5Sn ou Ve  (0,5Sn  35)

3.3 Enlèvement impossible de la neige : présence d’obstacle (crochets de


fixation)
Les deux combinaisons à considérer sont :

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 33


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Valeur extrême de la surcharge de neige et valeur normale de la surcharge de vent


Valeur normale de la surcharge de neige et valeur extrême de la surcharge de vent

Ve  Sn ou Vn  Se
Les annexes du règlement donnent la méthodologie d’évaluation des actions de la neige en
fonction de la forme de la toiture et des caractéristiques de celle-ci.

4 Effet du vent sur les bâtiments industriels


L’effet du vent se traduit par une surcharge sur les parois de la construction. La surcharge
peut être une surpression ou une dépression : q en daN/m2 qui dépend essentiellement de la
vitesse du vent. On distingue une pression normale et une pression extrême relatives
respectivement aux vitesses normale et extrême.

4.1 Définitions et principes généraux


La direction du vent est supposée horizontale car les lignes de courant constituent un
écoulement uniforme.

Face 2 sous Vent


Vent : ligne de courant
Face 1 au Vent

Les surfaces exposées au vent sont appelées « face au vent » (éclairée par la source). Les
surfaces non exposées au vent sont appelées « face sous vent » (non éclairée par la source).
Pour un vent oblique par rapport à la paroi, on considère le maitre couple qui représente la
projection de la paroi sur un plan perpendiculaire à la direction du vent.
Le coefficient de pression appliquée sur la paroi est C qui représente la résultante de l’action
qui s’exerce sur la face 1 déduite de l’action sur la face 2. C est une surpression si elle est de
même direction que la normale rentrante à la face (C>0). C est une dépression ou succion
dans le cas contraire (C<0). Le principe d’évaluation consiste à :
 déterminer les vitesses de vent normal et extrême qui s’exercent à 10 m de hauteur puis
déterminer les pressions dynamiques de bases relatives à ces vitesses.
 Apporter les modifications nécessaires sur les pressions en tenant compte des effets de
site, hauteur et masque.
 Dégager le cas de la flexion maximale d’un montant d’un portique
 Dégager le cas du soulèvement maximal du bâtiment.

4.2 Pressions dynamiques de bases


V2
La pression dynamique de base s’exprime par : q  en daN / m2 ou V est en m / s
16,3
2
V
La pression dynamique de base normale à 10 m de hauteur vaut : qn  n10
16,3

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 34


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

2
V
La pression dynamique de base extrême à 10 m de hauteur vaut : qe  e10 , on constate que
16,3
q
le rapport 10e  1, 75 . La Tunisie comporte trois régions I, II et III. Les pressions valent :
q10 n

V10n V10e q10n q10e

Région I: 28,6 37,8 50 87,5


vent faible

Région II: 33,8 44,7 70 122,5


vent modéré

Région III : 38,3 50,7 90 157,5


vent fort

4.3 Pressions dynamiques modifiées

4.3.1 Effet de la hauteur


La vitesse du vent augmente en fonction de la hauteur il y’a lieu d’apporter une correction sur
la pression en fonction de la hauteur du bâtiment : pour une hauteur comprise entre 0 et 500m
q H  18
on peut adopter : K h  H 
q10 H  60
N.B Pour les constructions en bordures immédiates du littoral on peut adopter une pression
constante entre 0 et 10 m. De plus en peut adopter des profils moyens si la variation ne
dépasse pas 15%

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 35


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

q10  qH
qo  0, 75q10 ; qH  K H q10  qm 
2
La hauteur à considérer est souvent la hauteur du bâtiment pour une pente de terrain
n’excédant pas 0,3%. Pour une pente supérieure à 2% on a alors : H '  H  Z 2  Z1 ou Z1, Z2
représente les altitudes.

H Pente <0,3%

Z2 H

Distance > Z2- Z1

Pente >2%

Z1

4.3.2 Effet de Site


Le coefficient de site Ks permet de tenir compte des conditions relatives au lieu
d’implantation du bâtiment. On distingue le site normal : pas de conditions particulières, le
site protégé : fond d’une cuvette et le site exposé : front d’un talus, au bord de la mer
Région I Région II Région III
Site
0,8 0,8 0,8
protégé
Site
1 1 1
normal
Site
1,35 1,3 1,25
exposé

4.3.3 Effet de Masque


Une construction peut être masquée totalement ou partiellement par une autre. La réduction
de la pression est de 25%.

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 36


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Pente de 20%

S S
B A B A
B
A

B est masqué totalement par

Coupe SS
Vue en plan des bâtiments

Pente de 20%

Cas ou B est plus élevée que A

h1
A B A
B est masqué partiellement par A sur une hauteur

24°18’ Coupe S1S1

l1 B
A

Le bâtiment B est masqué partiellement par A sur une longueur l1

24°18’ Vue en plan des bâtiments

4.3.4 Effet de dimensions


Le coefficient de dimensions est fonction de la hauteur du bâtiment et de la plus grande
dimension de l’élément considéré. Soit un portique courant : si la portée de chargement est lch
et la hauteur du portique est H, nous aurons D = max (lch, H). La règle RIII.2 donne le
coefficient de dimension  en fonction des paramètres H et D. La réduction maximale
cumulée entre l’effet de masque et de dimensions ne doit pas excéder 33%.

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 37


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

H
lch
Portique courant :

élément considéré

4.4 Pressions dynamiques modifiées


Les pressions normales et extrêmes peuvent calculées par : pn,e  Ks  KM  K H    C  q10 n,e

Le coefficient de pression C représente la résultante entre l’action extérieure exercée sur la


face externe de la paroi et l’action intérieure exercée sur la face interne de la paroi.
C  Ce  Ci

4.5 Pressions dynamiques modifiées limites


Les pressions modifiées par les différents effets sont limitées par des bornes supérieures et
inférieures, qui sont présentées au tableau suivant :
Borne Maximale Minimale
Pression normale limite modifiée en
170 30
daN/m2
Pression extrême limite modifiée en
297,5 52,5
daN/m2

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 38


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

4.6 Calcul des actions extérieures sur les parois verticales bâtiment à base
quadrangulaire
Pour les bâtiments à base quadrangulaire il faudrait déterminer : les rapports de dimensions λa
et λb,
H H
a  et b  . Le coefficient o relatif aux différentes parois étudiées est donné par la
a b
règle RIII-5. Les actions extérieures sur les parois verticales dépendent de ces coefficients et
de la direction du vent vis-à-vis des parois. Pour la direction du vent il faudrait considérer
deux cas :
 Vent longitudinal orthogonal à la petite face  oPF

 Vent transversal orthogonal à la grande face  oGF

Lorsque la face externe est au vent (éclairée) elle subit une surpression, lorsque la face
externe est sous vent (non éclairée) elle subit une dépression :

Ce < 0 : face sous vent Ce > 0 : face au vent

Ce > 0 : Ce < 0
Vue en plan Vue en plan
face au vent face sous vent

4.6.1 Cas d’un vent orthogonal aux parois


Pour un vent normal aux parois nous distinguons :

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 39


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

 Face au vent : surpression Ce  0,8  o


 Face sous vent : dépression Ce  (1,3 o  0,8)

4.6.2 Cas d’un vent oblique aux parois


Pour un vent oblique on détermine l’angle d’attaque et le coefficient o , la règle C-III-43
donne l’action Ce sur la paroi étudiée. Le vent oblique est à considérer pour les bâtiments à
base carrée.

4.7 Calcul des actions extérieures sur la toiture : bâtiment à base


quadrangulaire
La règle R-III-6 donne la valeur de l’action extérieure Ce sur les versants de la toiture. Cette
action dépend de la direction du vent et de la géométrie de la toiture (pente des versants par
rapport à la direction du vent) et du coefficient o. Dans le cas de toitures à versants plans dont
la flèche f ≤ h/2 On utilise le diagramme suivant :

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 40


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Dans le cas de toitures à versants plans dont la flèche f ≤ 4h/5, le coefficient Ce est donnée
par :

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 41


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Pour une toiture courbe on utilise :

4.8 Calcul des actions intérieures : bâtiment à base quadrangulaire


Les Règles définissent les constructions d’après leur forme d’ensemble, leur position dans
l’espace et leur perméabilité de leur paroi. Pour les bâtiments à base quadrangulaire :

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 42


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

4.8.1 Perméabilité des parois


D’après le degré de perméabilité des parois, les règles considèrent trois types de
constructions. Une construction est dite :
 fermée : si ses parois présentent des petites ouvertures uniformément réparties, la
perméabilité moyenne de ces parois ≤ à 5%. Si toutes les parois ont une perméabilité
nulle, c’est à dire si elles ne laissent absolument pas passer l’air même de façon
accidentelle, la construction est dite fermée.
 Partiellement ouverte : si l’une des parois présente une perméabilité moyenne comprise
entre 5 et 35% ;
 Ouverte : si l’une des parois présente une perméabilité ≥ à 35%.
La perméabilité d’une paroi est définie par l’expression

 surfaces des baies


suivante :   100
 surface dela paroi
Les actions intérieures Ci doivent être déterminées pour les différentes directions du vent
(Vent Nord, Vent Sud, Vent Est, Vent Ouest) et dans les cas suivants :
 Construction supposée fermée : les baies sont fermées
 Construction fermée ou ouverte selon la valeur de μ : les baies sont ouvertes
progressivement puis totalement.
Les actions Ci calculées seront majorées dans les cas suivants :
 -0,2 ≤ Ci≤ 0 on prend Ci=-0,2
 0 ≤ Ci≤ 0,15 on prend Ci=+0,15

Cas 1 : construction de type fermée

On applique simultanément et sur toutes les faces internes y compris la toiture soit une
surpression soit une dépression pour les deux vents : vent longitudinal (o petite face) et vent
transversal (o grande face)
Ci  0,6(1,8  1,3 o )
 soit une surpression
 soit une surpression Ci  0,6(1,3 o  0,8)

Ci < 0 : dépression Ci > 0 : surpression

Ci > 0 Ci < 0

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 43


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Cas 2 : construction de type ouverte comportant une paroi ouverte

Dans ce deuxième cas, on distingue deux possibilités :


 Paroi ouverte face au vent
On applique sur toutes les faces internes éclairées y compris la toiture pour les parois de
perméabilité μ ≤ 5% une surpression soit : Ci = 0,8
Et on applique sur la face interne non éclairée pour la paroi ouverte de perméabilité μ ≥ 35%
une dépression soit : Ci  0, 6(1,3 o  0,8)

Ci > 0

 Paroi ouverte sous vent


On applique sur la face interne non éclairée pour la paroi ouverte de perméabilité μ ≥
35% une surpression soit : Ci  0, 6(1,8  1,3 o )
Et on applique sur toutes les faces internes non éclairées y compris la toiture pour les
parois de perméabilité μ ≤ 5% une dépression soit : Ci  (1,3 o  0,8)

Ci < 0

Il ne faut pas oublier le cas du vent transversal et paroi ouverte sous le vent, toutefois il
faudrait utiliser o relatif à la grande face

Cas 3 : construction de type ouverte comportant deux parois opposées ouvertes

Vent normal aux parois :


 Parois situées dans le courant d’air : on calcule les parties de la paroi ou de constructions
intérieures situées dans le courant d’air, comme si elles étaient isolées dans l’espace
abstraction faite des autres parties de la construction. L’action résultante est donnée par
T  Ct  q  h  l ou h et l sont les dimensions du panneau, q est la pression dynamique de
base et Ct le coefficient de trainée donnée par la règle R-III-13

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 44


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

 Paroi située hors du courant d’air : on applique à toutes les parties de parois ou de
constructions intérieures situées hors du courant d’air.
Lorsque les parois de perméabilité  ≥ 35% sont normales au vent :
- Soit une surpression Ci =+ 0.6 (1.8 - 1.3  0 )

- Soit une dépression Ci =-0.6 (1.3  0 -0,8)

Lorsque les parois de perméabilité  ≥ 35% sont parallèles au vent :


- Soit une surpression Ci =+ 0.6 (1.8 - 1.3  0 )

- Soit une dépression Ci = (1.3  0 -0,8) .

Pour le calcul des actions résultantes représenté par le coefficient de pression C = Ce-Ci
on adopte les valeurs de bornes supérieures et inférieures recommandées :
- -0,3 ≤ C ≤ 0 on prend C = -0,3

- 0 ≤ C ≤ 0,3 on prend C = +0,3

Cas 4 : construction de type semi-ouverte

Lorsqu’on est en présence de paroi partiellement ouverte, les cœfficients de pression Ci sont
déterminés par interpolation linéaires à partir des cas correspondants de construction fermée
et de construction ouverte.

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 45


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Ci (35)  Ci (5)
Ci (  )  Ci (5)  .(   5)
35  5
L’interpolation doit être effectuée entre valeurs de même signe

5 Actions dynamiques exercées par le vent


Le vent exerce des actions dynamiques sur les parois (ébranlement des parois). Il convient
d’effectuer un calcul dynamique de la structure tridimensionnelle cependant le règlement
recommande de majorer les actions statiques pour tenir compte de l’effet dynamique. Le vent
exerce des actions parallèles à sa direction. Les surcharges normales seront majorées par le
coefficient n et Les surcharges extrêmes seront majorées par le coefficient e. Le vent exerce
également des actions perpendiculaires à la direction du vent. Ces actions seront considérées
comme des surcharges normales et elles seront évaluées soit par une analyse
tridimensionnelle de la structure en dynamique soit par une étude expérimentale sur un
prototype pour éliminer tout risque d’instabilité

5.1 Actions parallèles : Cas des surcharges normales


n   (1    )  1;   f (T ) Coefficient de réponse fonction de T ou T est la période du
mode fondamental d’oscillation. Le coefficient de pulsation τ dépend de la hauteur du
bâtiment. Le coefficient  dépend de la forme d’ensemble et de la hauteur du bâtiment.
Coefficient de réponse  Coefficient de pulsation τ

Pour les valeurs du coefficient  on prendra


 Pour les constructions polygonales ou circulaires : = 1
 Pour les constructions à base quadrangulaire le coefficient dépend de la hauteur :
-   0,7 pour H s  30m

-   0,7  0,01( H s  30) pour 30  H s  60m

-   1 pour H s  60m

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 46


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5.2 Actions parallèles : Cas des surcharges extrêmes


 
Elles seront majorées par le coefficient e   n 0,5    1
 2

5.3 Actions perpendiculaires : Cas des surcharges normales et extrêmes


Le vent exerce également des actions perpendiculaires à la direction du vent. Ces actions
seront considérées comme des surcharges normales et elles seront évaluées soit par une
analyse tridimensionnelle de la structure en dynamique soit par une étude expérimentale sur
un prototype pour éliminer tout risque d’instabilité.

5.4 Récapitulatif
Nous donnons ci après les étapes à suivre pour la détermination des actions sur un élément
structurel
1. Définir la région en fixant les vitesses normale et extrême (centre météo, cahier des
charges, carte du vent) à 10 m de hauteur
2. Calculer les pressions dynamiques de base normales et extrêmes à 10 m
3. Calculer les pressions dynamiques normales et extrêmes modifiées par les effets de site,
hauteur, masque et dimensions
4. Définir la catégorie de la construction, calculer les rapports de dimensions λa et λb et les
coefficients o grande face et petite face
5. Calculer les actions extérieures Ce sur toutes les faces externes du bâtiment pour toutes les
directions de vent possibles.
6. Définir le type de la construction en calculant la perméabilité de chaque paroi
7. Calculer les actions intérieures Ci sur toutes les faces internes des parois du bâtiment pour
toutes les directions de vent possibles et pour les cas à envisager d’ouverture ou de
fermeture des baies.
8. Calculer le coefficient de pression résultant C= Ce - Ci de chaque paroi et pour chaque
direction de vent et des cas envisagés d’ouverture ou de fermeture des baies.
9. Calculer les coefficients de majoration dynamique n et e et appliquer ces majorations sur
les pressions normales et extrêmes en daN/m2
10. Pour déterminer les actions par mètre linéaire sur les éléments de la structure il faudrait
définir la surface de charge de l’élément structurel et en déduire la portée de chargement.
Ainsi nous aurons : pn,e  Ks  KM  K H    C  q10n,e  n,e 

Pour étudier la stabilité d’un portique courant il faudrait considérer les deux cas suivants :
 L’action la plus défavorable de soulèvement (réaction maximale au pied du portique)
 L’action la plus défavorable pour la flexion d’un montant d’un portique (déplacement
maximal en tête de poteau)

6 Exemple d’application
Il s’agit d’un bâtiment industriel de longueur 200 m et de largeur 50m. L’ossature métallique
porteuse est constituée de 21 portiques espacés de 10 m. les portiques sont encastrés au sol.

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 47


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Le bâtiment est orienté Nord Sud. Le pignon Nord comporte une porte de dimensions 20x13
m. le bâtiment est situé en région III en bordure immédiate de la littorale. La région est plane
sans obstacle. Le site est considéré comme exposé. La période du mode fondamental est
estimée à 0,2 seconde. On veut étudier la stabilité du bâtiment d’une part vis-à-vis de la
flexion sous l’effet d’un vent transversal (orthogonal à la grande face) et d’autre part vis-à-vis
du soulèvement sous l’effet d’un vent longitudinal face à la porte du pignon Nord.

2,5
13
20x13 m

50
200 m 15 20 15

Démarche à suivre :
11. Evaluer les pressions dynamiques de base
12. Evaluer les pressions dynamiques modifiées
13. Déterminer la perméabilité du pignon Nord et des longs pans, en déduire les types de
construction à envisager
14. Déterminer les rapports de dimensions
face
15. Calculer les actions extérieures Ce sur les parois verticales et sur la toiture pour toutes les
directions de vent
16. Calculer les actions intérieures Ci sur les parois verticales et sur la toiture pour toutes les
directions de vent et dans les cas du pignon Nord fermé puis ouvert
17. Calculer les actions résultantes C pour les différents cas du vent et pour les types de
construction envisagés
18. Détermination des actions sur un portique courant:
a. Déterminer les coefficients de majoration dynamique n et e
b. Déterminer l’effet de dimension δ
c. Déterminer les actions normales et extrêmes par mètre linéaire sur les éléments du
portique pour étudier le soulèvement maximal
d. Déterminer les actions normales et extrêmes par mètre linéaire sur les éléments du
portique pour étudier la flexion maximale du montant du portique (déplacement
maximal en tête du poteau.

‎Chap 2 Effets climatiques sur les constructions : Règles NV 85 48


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Chap 3 Bases de Calcul du règlement Eurocode 3

1 Introduction .....................................................................................................50
2 Etats Limites ...................................................................................................50
3 Actions prises en compte dans les calculs ......................................................51
4 Coefficients partiels de sécurité ......................................................................52
5 Combinaisons d’actions ..................................................................................54
5.1 Combinaisons d’actions à L’ELU ..................................................................... 54
5.2 Combinaisons d’actions à L’ELS ...................................................................... 54
6 Valeurs limites des déformations ....................................................................55

‎Chap 3 Bases de Calcul du règlement Eurocode 3 49


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1 Introduction
Le règlement EC3 est basé sur l’évaluation des actions totales dans deux situations limites. La
première situation correspond à l’état d’exploitation normale et appelée situation en service.
Le dépassement de cette action en service provoque des déformations nuisibles à
l’exploitation normale (présence de fissure, réduction de la durée de vie). La seconde
correspond à un état limite ultime au delà duquel l’action exercée provoque l’instabilité de la
structure (instabilité par atteinte des contraintes ultimes des matériaux utilisés ou géométrique
par flambement local ou global, par déversement, par voilement)
L’action totale en service ou ultime est le résultat d’une combinaison des charges et des
surcharges permanentes telle que poids propres de la structure, revêtements …,
d’exploitations telle que les personnes meubles et autres, des actions climatiques à titre
d’exemple actions du vent, actions de la neige, actions de la température et éventuellement
des actions accidentelles.

2 Etats Limites
Un état limite est un état particulier, au de la du quel une structure ne satisfait plus aux
exigences pour les quelles elle a été conçue et dimensionnée. On distingue deux types d’états
limites :
 L’état limite de service (E.L.S) qui correspond à l’utilisation courante et quotidienne de
l’ouvrage et qui limite les déformations de la structure afin d’éviter des désordres
secondaires et garantir la pérennité de l’ouvrage (limitation de la flèche, limitation des
déplacements et des rotations aux nœuds, non fissuration du béton…). Le comportement
des matériaux est absolument élastique.
 L’état limite ultime (E.L.U) qui correspond à un cas de charge exceptionnel ultime (par
exemple neige trentenaire, crue centenaire…) pour le quel la stabilité de l’ouvrage doit
être garantie bien qu’étant à la limite de la ruine. Un état limite ultime est atteint lorsque
l’on constate une perte d’équilibre, une instabilité de forme, une rupture d’élément, une
déformation plastique excessive…
Les sollicitations (efforts internes) N effort normal, Vy effort tranchant, Vz effort tranchant,
My moment fléchissant autour de Gy dans le plan, Mz moment fléchissant autour de Gz hors
du plan et Mx moment de torsion autour de Gx. Les sollicitations évaluées à l’ELS
permettront de calculer d’une part les contraintes maximales qui sont limitées par des
contraintes admissibles et d’autre part les flèches et les déplacements qui sont également
limitées par des déformations admissibles (en adoptant un comportement élastique du
matériau). Les sollicitations évaluées à l’ELU doivent être inférieures aux efforts limites
ultimes évaluées d’après le règlement FC3.

‎Chap 3 Bases de Calcul du règlement Eurocode 3 50


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

My Flèche dans le plan My


N

Vy
Flèche hors du plan Mz
Mx Mz

Finalement les éléments de la structure doivent être justifiés à l’ELS et à l’ELU. Le principe
des justifications est basé d’une part sur l’évaluation des contraintes appliquées et d’autre part
sur la détermination des contraintes admissibles. Il parait qu’un coefficient de sécurité global
 ne peut pas tenir compte de toutes variations dans les actions. Par conséquent il faut
décomposer le coefficient de sécurité global  en coefficients de sécurité partiels afin de
prendre en compte l’incertitude dans l’évaluation de chaque action et dans la détermination
des résistances des matériaux. Alors, la sécurité devient s’exprimer par:
R
   
i i 
m
Avec γi coefficient de sécurité partiel et m coefficient de sécurité partiel matériau (m =1
pour acier agrée et 1,1 pour acier non agrée)
Les coefficients de sécurité partiels γi peuvent être appliqués soit sur les efforts internes ou
sur les contraintes qui en résultent.

3 Actions prises en compte dans les calculs


Les types d’actions prises en compte dans les calculs de justification et agissant sur une
structure sont :
 Charges permanentes G
- poids propre de tous les éléments constituant l’ouvrage terminé.

- action de la précontrainte,

- déplacement différentiel des appuis,

- déformation imposée à la construction.

 Les actions variables Q


- les charges d’exploitation, Qe

- action du vent, QW

- action de la neige, QS

‎Chap 3 Bases de Calcul du règlement Eurocode 3 51


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- action des gradients thermiques (variation relative de longueur de – 4.10-4 à +3.10-4,


ce qui correspond à une variation de température de –33 ° à +25°, par rapport à la
température ambiante). QT

 Les actions accidentelles A


- explosion,

- Séisme,

- chocs de véhicules.

Ce dernier type d’actions est rarement pris en compte ; uniquement s’il est spécifié sur le
cahier des charges du marché.

4 Coefficients partiels de sécurité


Les coefficients de sécurité partiels γi sont définis à l’ELU par :
Actions Actions variables
Actions
variables de d’accompagnement
permanentes
base Q1 Qi ; i=2,3 …
Effet
 G  1.35  Q  1.50  Q  1.50
défavorable
Effet
 G  1.00 Q  0 Q  0
favorable

Une action variable se présente de plusieurs façons qui dépendent de la durée d’application et
de sa fréquence :
 Valeur nominale : Q
 Valeur de combinaison 0.Q
 Valeur fréquente : 1.Q
 Valeur quasi-permanente :  2.Q
 Les valeurs de  figure dans le tableau suivant.

‎Chap 3 Bases de Calcul du règlement Eurocode 3 52


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Les coefficients de sécurité partiels γi sont définis à l’ELS par :

Actions Actions variables


Actions
variables de d’accompagnement
permanentes
base Q1 Qi ; i=2,3 …
Effet G 1 Q 1 Q 1
défavorable
Effet G 1 Q  0 Q  0
favorable

‎Chap 3 Bases de Calcul du règlement Eurocode 3 53


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

5 Combinaisons d’actions
5.1 Combinaisons d’actions à L’ELU
La combinaison fondamentale s’écrit en fonction des actions permanentes Gi et des n actions
variables Qi. Soit Q1 l‘action variable de base choisie avec sa valeur nominale et Qi les actions
variables d’accompagnement avec leurs valeurs de combinaison 0i Qi
n

  Gi .Gi   Q .Q1    Qi . 0i .Qi


1
i2

Si nous avons n actions variables, nous aurons n combinaisons à écrire; la combinaison à


retenir est celle qui donne l’action la plus élevée.

Combinaison simplifiée:

La combinaison fondamentale peut être remplacée par celle qui se révèle la plus contraignante
parmi les combinaisons données ci-après :
 Avec prise en compte uniquement de l’action variable la plus défavorable :
(  Gi .Gi )   Qi .Qi

 Avec prise en compte de toutes les actions variables défavorables :


n
(  Gi .Gi )  0.9  Qi . 0i .Qi
i 1

5.2 Combinaisons d’actions à L’ELS


Elles servent exclusivement pour le calcul et la vérification des déformations (flèches et
déplacements).
n
La combinaison fondamentale s’écrit : G  0.9 Qi
i 1

Cette combinaison peut être remplacée par :


n
 Combinaisons rares. G  Q1   0i .Qi
i2

n
 Combinaisons fréquentes. G  1.Q1   2i .Qi
i2

n
 Combinaisons quasi-permanentes. G   2i .Qi
i 1

Les combinaisons d’actions courantes sont données dans le tableau suivant :

Nombre d’actions ELU ELS


variables
(vérification des
déformations)

‎Chap 3 Bases de Calcul du règlement Eurocode 3 54


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Avec prise en compte 1.35 Gmax+ 1.5Qi G + Qi


uniquement de l’action ou Gmin+ 1.5Qi
variable la plus
défavorable :

Avec prise en compte 1.35 Gmax + 1.35 ΣQi G + 0.9 ΣQi


de toutes les actions
ou Gmin + 1.35 ΣQi
variables
défavorables :

avec Gmax : action permanente totale défavorable


Gmin : action permanente totale favorable
Qi: action variable défavorable.

6 Valeurs limites des déformations


Le règlement EUROCODE 3 recommande des limites qui sont les suivantes et qui restent
approximatives :

toitures en général f  L 2  L
200 250
verticalement
planchers en général f  L 2  L
250 300
planchers supportant des f  L 2  L
poteaux 400 500
poteaux de portiques en  L
général 300
horizontalement
poteaux de portiques avec  L
un pont roulant 500

f : flèche dans l’état final, par rapport à la droite reliant les appuis d’une poutre.
f  1  2  0 .
 : pré-cintrage (contre flèche résultat de la précontrainte) de la poutre non chargée.
 : variation de la flèche de la poutre due aux charges permanentes immédiatement après
chargement.
 : variation de la flèche de la poutre due aux charges variables augmentée de toutes les
déformations dans le temps due aux charges permanentes (fluage, retrait…).
 : déplacement horizontal en tête de poteaux.
L : portée.

‎Chap 3 Bases de Calcul du règlement Eurocode 3 55


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


f


‎Chap 3 Bases de Calcul du règlement Eurocode 3 56


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Chap 4 Classification des sections transversales

1 Introduction .....................................................................................................58
2 Comportement des sections ............................................................................59
3 Elancement des parois .....................................................................................61
4 Méthode de détermination des sections efficaces ...........................................67
4.1 Semelle comprimée ou partiellement comprimée ............................................. 67
4.2 Ame fléchie ....................................................................................................... 68
5 Détermination des moments de flexion limites ultimes ..................................69
5.1 Section de classe 1 et 2 ...................................................................................... 69
5.2 Section de classe 3 ............................................................................................. 69
5.3 Section de classe 4 ............................................................................................. 69

‎Chap 4 Classification des sections transversales 57


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

1 Introduction
La ruine d’un élément de structure peut être due par atteinte des propriétés limites du matériau
c’est la ruine plastique ou par flambement c’est la ruine géométrique l’élancement d’ensemble
est important ou par voilement (flambement local dans les zones comprimées) ou encore par
déversement. L’EUROCODE 3 a instauré une classification des sections transversales, en
fonction des divers critères suivants:
 Elancements des parois,
 Résistance de calcul,
 Capacité de rotation plastique,
 Risque de voilement local,
 Etc.
My My

Zone comprimée

Rotule plastique
Zone tendue

Flambement d’ensemble

Voilement local dans les zones comprimées:


réduction de la section et de l’inertie

‎Chap 4 Classification des sections transversales 58


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Déversement : Rotation des sections par effet de torsion

2 Comportement des sections


Selon le mode de ruine l’EC3 a défini quatre classes de sections. La section de classe 1 (la
plus performante bonne utilisation des capacités du matériau : ruine plastique) à la section de
classe 4 (moins efficace : ruine géométrique, une bonne partie de la section est hors usage).
Le tableau suivant défini les quatre classes de sections transversales.

‎Chap 4 Classification des sections transversales 59


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Capacité Modèle Résistance Capacité


Classe des sections de De de rotation
transversales comportement calcul plastique
Plastique sur section
Les sections de classe 1 complète
peuvent former une rotule
plastique. Capacité de fy
1 Importante
rotation importante.

Plastique sur section


complète
Les sections de classe 2
peuvent former une rotule
2 plastique mais avec une
fy
Limitée
capacité de rotation limitée.

Les sections de classe 3 ne Elastique sur section


peuvent pas former une rotule complète
plastique. Le moment
fléchissant les sollicitant peut
atteindre le moment élastique fy
3
Mel mais le voilement local est
susceptible d’empêcher le
Aucune
développement du moment
plastique Mpl.

Elastique sur section


efficace
Les sections de classe 4 ne
peuvent pas former une rotule
plastique. le voilement local
4
est susceptible d’empêcher le
développement du moment Aucune
élastique Mel.

Remarques :

Les différentes parois comprimées d’une section transversale (âme ou semelle) sont souvent
de classes différentes. La classe de la section sera, en ce cas, la classe (la plus défavorable).
Le fait de déterminer la classe d’une section permet de choisir la méthode de calculs (analyse
plastique ou élastique).

‎Chap 4 Classification des sections transversales 60


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

La classification peut être établie en fonction des élancements limites des parois. Les parois
présentant un élancement supérieur à l’élancement limite de la classe 3 sont naturellement de
classe 4.
Dans le cas de sections uniformément comprimées, les élancements limites de parois pour les
classes 1 et 2 sont identiques à ceux de la classe 3 car aucune capacité de rotation plastique
n’est alors nécessaire (pas de rotule plastique) pour assurer une redistribution des sollicitions
dans l’élément considéré.
Les tableaux suivants permettent de déterminer la classe d’une section. Les parois présentant
un élancement supérieur à l’élancement limite de la classe 3 sont de classe 4.

3 Elancement des parois


La section est composée généralement de semelles et d’une âme on distingue donc un
élancement de la semelle et un élancement de l’âme. Les élancements d’âmes seront calculés
selon les sollicitations suivantes :
 Ame fléchie : flexion
 Ame comprimée : effort normal de compression
 Ame fléchie comprimée : flexion avec effort normal de compression

σ<Sy σ>Sy

T
T

Ame fléchie : contrainte de compression et de traction

σ>Sy
C

Ame comprimé : contrainte de compression uniforme

σ>Sy
σ<Sy

d tw

T T

Ame en flexion composée : contrainte de compression et de traction

‎Chap 4 Classification des sections transversales 61


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

L’élancement est défini par le rapport d/tw ou d est la hauteur de l’âme et tw son épaisseur.
Selon le diagramme des contraintes dans la semelle, Les élancements seront calculés selon
que la semelle soit totalement comprimée soit partiellement comprimée (flexion composée).
Nous avons alors deux cas :
 Semelle totalement comprimée
 Semelle fléchie comprimée : flexion avec effort normal de compression

σ>Sy
tf

c σ>Sy
σ<Sy

Semelle comprimée Semelle en flexion composée : contrainte de compression et de traction



L’élancement de la semelle est défini par le rapport c/tf ou c est la largeur en console de la
semelle et tf son épaisseur.
Pour les sections creuses ou en caisson en défini en outre la largeur du caisson b. Pour les
sections creuses laminées on définit l’élancement par (b-3tf)/tf et par b/tf dans les autres cas
(Reconstitué Soudé)

tf σ>Sy

b
Section en caisson : Semelle comprimée

Le livre de Jean MOREL présente les élancements pour les différents cas de sections et de
distribution des contraintes. Les tableaux données ci après présentent les différentes
configurations.

‎Chap 4 Classification des sections transversales 62


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

‎Chap 4 Classification des sections transversales 63


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

‎Chap 4 Classification des sections transversales 64


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Les profils laminés courants (I ou H), sollicités soit en compression seule, soit en flexion
simple, les tableaux suivants donnent directement les classes.
Acier : Fy = 235 MPa

Type du profil Classes des sections


Référence du profil
laminé Compression seule Flexion seule
PA 80 à 160 1 1
180 à 240 2 1
IPEA 270 à 330 3 1
360 à 600 4 1
80 à 240 1 1
270 à 360 2 1
IPE
400 à 500 3 1
550 et 600 4 1

‎Chap 4 Classification des sections transversales 65


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Acier : Fy = 275 MPa

Type du profil Classes des sections


Référence du profil
laminé Compression seule Flexion seule
80 à 140 1 1
PA
160 2 1
180 2 1
IPEA 200 à 240 3 1
270 à 600 4 1
80 à 220 1 1
240 à 300 2 1
IPE
330 à 400 3 1
450 à 600 4 1

Acier : Fy = 335 MPa

Type du profil Classes des sections


Référence du profil
laminé Compression seule Flexion seule
100 et 120 1 1
140 2 1
PA 160 3 1
180 3 1
200 à 270 4 1
IPEA
300 4 2
330 à 600 4 1
80 à 160 1 1
180 à 240 2 1
IPE
270 3 1
300 à 600 4 1

Acier : Fy = 235 MPa

Type du profil Classes des sections


Référence du profil
laminé Compression seule Flexion seule
100 à 240 1 1
260 à 300 2 2
HEA 320 à 500 1 1
550 et 600 2 1
HEB 100 à 600 1 1
HEM 100 à 600 1 1

‎Chap 4 Classification des sections transversales 66


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Acier : Fy = 275 MPa

Type du profil Classes des sections


Référence du profil
laminé Compression seule Flexion seule
100 à 160 1 1
180 à 240 2 2
260 à 300 3 3
HEA 320 2 1
340 à 450 1 1
500 et 550 2 1
600 3 1
100 à 550 1 1
HEB
600 2 1
HEM 100 à 600 1 1

Acier : Fy = 335 MPa

Type du profil Classes des sections


Référence du profil
laminé Compression seule Flexion seule
100 et 120 1 1
140 et 160 2 2
180 0 340 3 3
HEA 360 2 2
400 et 450 2 1
500 3 1
550 et 600 4 1
100 à 450 1 1
HEB 500 et 550 2 1
600 3 1
HEM 100 à 600 1 1

4 Méthode de détermination des sections efficaces


Les Profilés Reconstitués Soudés sont sujet, vue leur hauteur importante, à un voilement local
dans les zones comprimées (semelle, partie supérieure de l’âme) il faudrait donc déterminer
les sections réduites de la semelle et de l’âme pour définir la section efficace et l’inertie
efficace. A titre d’exemple on présente ci après la méthodologie à suivre pour la
détermination des caractéristiques géométriques modifiées par l’effet de voilement local pour
une section en I Reconstitué Soudé.

4.1 Semelle comprimée ou partiellement comprimée


On déterminera la largeur efficace de la semelle beff. beff  .c ou ρ est fonction de
( p  0, 22)
l’élancement de la semelle tel que :  si  p  0, 673 ou l’élancement est
p2
c
tf 235
défini par :  p  ou   et k est tabulé
28, 4 k Sy

‎Chap 4 Classification des sections transversales 67


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2
Le coefficient kσ est fonction de la distribution des contraintes et du rapport   et il
1
donné par le tableau suivant 5.3.3.
Ensuite il faudrait définir la nouvelle position du centre de gravité en tenant compte de la
réduction de la largeur de la semelle ainsi on définit vs et vi
σ2
σ1 tf
σ1

beff vs
y y’ y G y’
G
v v’ v v’
G1 G1
vi
σ2

4.2 Ame fléchie


L’âme de la section est en flexion, le rapport des contraintes peut être défini par le rapport des
 v
distances   2  i ; ce rapport est négatif. Le coefficient kσ peut être déterminé à partir
 1 vs
des abaques et l’élancement de l’âme est :
d
tw  .b
p  ; la hauteur comprimée efficace de l’âme vaut : beff   .bc 
28, 4 k (1  )

Avec b  bc  bt  d . Les parties comprimées de l’âme sont de hauteur be1 et be2 tel que :
be1  0, 4.beff et be 2  0,6.beff ; le centre de gravité de la section descend encore (G2) et il
faudrait à nouveau évaluer les distances v’s et v’i
tf
s
be1
bc
v’s
y G y’ y y’
G1 G1 be2
u u’
G2
G2 v’i bt


Ainsi la section efficace et l’inertie efficace peuvent être déterminées.

‎Chap 4 Classification des sections transversales 68


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5 Détermination des moments de flexion limites ultimes


5.1 Section de classe 1 et 2
Pour les sections de classes 1 et 2 le calcul est de type plastique et le moment de plastification
vaut : M pl  Wpl .S y ou Wpl est le module de résistance plastique et Sy contrainte
d’écoulement plastique. Le module de résistance plastique Wpl représente deux fois le moment
statique par rapport à l’axe de flexion. Wpl  2.moment statique / Gy

5.2 Section de classe 3


Pour les sections de classes 3 le calcul est de type élastique et le moment élastique vaut :
M el  Wel .S y ou Wel est le module de résistance élastique et Sy limite élastique. Le module de
résistance plastique Wel représente le rapport de l’inertie par la distance de G vers la fibre la
Moment d ' inertie / Gy
plus éloignée Wely 
max(vs , vi )

5.3 Section de classe 4


Pour les sections de classes 4 le calcul est de type élastique fictif et le moment élastique
vaut : M el  Weff .S y ou Weff est le module de résistance efficace et Sy limite élastique. Le
module de résistance efficace Weff représente le rapport de l’inertie par la distance de G2 vers
Moment d ' inertie / Gu
la fibre la plus éloignée Wely 
max(vs' , vi' )

‎Chap 4 Classification des sections transversales 69


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‎Chap 4 Classification des sections transversales 70


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‎Chap 4 Classification des sections transversales 71


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‎Chap 4 Classification des sections transversales 72


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Chap 5 Justification des sections transversales selon EC3

1 Introduction .....................................................................................................74
2 Caractéristiques des sections transversales .....................................................74
3 Facteurs partiels de sécurité ............................................................................74
4 Résistance des sections transversales ..............................................................75
4.1 Section soumise à un effort axial de traction (NT) ............................................. 75
4.2 Section soumise à effort axial de compression (NC) : Pièces courtes non
élancées.............................................................................................................. 75
4.3 Section soumise à un moment fléchissant (M) : flexion pure............................ 76
4.4 Section soumise à un effort tranchant (V) : ....................................................... 76
4.5 Section soumise à un moment fléchissant et à un effort tranchant (M+V)........ 77
4.6 Section soumise à un moment fléchissant et à effort axial (M+N).................... 78
4.7 Section soumise à un moment fléchissant, à un effort axial et à un effort
tranchant (M + N + V) ....................................................................................... 79

‎Chap 5 Justification des sections transversales selon EC3 73


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

1 Introduction
Les sections transversales d’un élément de structure barre ou profilés peuvent être soumises à
des sollicitations simples ou composées. Dans ce chapitre on détermine les résistances ultimes
des sections sollicitées en traction, en compression pour les pièces courtes, en cisaillement
pur, en flexion pure, en flexion simple, en flexion composée et en flexion déviée ou bi-axiale

2 Caractéristiques des sections transversales


 Section brute : Les caractéristiques de la section brute (Ab) sont déterminées en utilisant
les dimensions nominales sans déduction des trous éventuels.
 Aire nette : L’aire nette (Anet) d’une section transversale est égale à son aire brute
diminuée des aires des trous.

Ab  b  t et Anet  b  t  2  d0  t

F F t
b
b

3 Facteurs partiels de sécurité


Les coefficients partiels de sécurité sont appliqués sur les résistances ultimes. Pour vérifier la
résistance des sections transversales on utilise le coefficient γM qui est donné dans le tableau
suivant :
Classe des sections 1,2 et 3 4
γM0 =1 si les aciers sont agrées
Section brute γM1 = 1.1
γM0 =1.1 si les aciers sont non agrées
Section nette au droit des trous γM2 =1.25

Pour le calcul des pièces à l’instabilité élastique : flambement, déversement et voilement on


applique le coefficient partiel de sécurité γM1 = 1,1
Pour le calcul des assemblages par boulons ordinaires on applique γMB = 1,25 en cisaillement
et γMB = 1,5 en traction
Pour le calcul des assemblages par boulons précontraints on applique :
ELU ELS
Trous de tolérance normale γMS =1.25 γMS =1.1
Trous oblongs γMS =1.4 γMS =1.1

Pour le calcul des assemblages soudés on applique :


Acier S235 S275 S355
γMS 1.25 1,3 1,35

‎Chap 5 Justification des sections transversales selon EC3 74


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4 Résistance des sections transversales


4.1 Section soumise à un effort axial de traction (NT)

F F

Dans un élément sollicité en traction axiale, l’effort de traction NT dans chaque section
transversale doit satisfaire la condition : NT  N R
avec NR= min (Npl ; Nu ; Nnet) l’effort de plastification Npl, l’effort ultime Nu en tenant compte
de la réduction de la section au droit des trous et l’effort plastique à l’ELU Nnet en tenant
compte de la section nette (Anet) sont définies dans le tableau suivant :
A.f y
N pl  Résistance plastique de la section brute
 M0
0.9A net .f u
Nu  Résistance ultime de la section nette au droit des trous de fixation
 M2
A net .f y Résistance plastique de la section nette pour les assemblages par
N net 
 M0 boulons précontraints à l’ELU

fY : limite d’élasticité d’un acier (ou Sy yield stress).


fu: contrainte de rupture d’un acier (ou Su ultimate stress).

4.2 Section soumise à effort axial de compression (NC) : Pièces courtes non
élancées

F F

Dans un élément sollicité en compression axiale, l’effort de compression NC dans chaque


section transversale doit satisfaire la condition : NC  N R
Avec NR est défini dans le tableau suivant :
Classes NR
A. f y
1,2 et 3 NR  Résistance plastique de la section brute
 M0
Aeff . f y
4 N R  N0  Résistance de calcul de la section brute au voilement local
 M1

‎Chap 5 Justification des sections transversales selon EC3 75


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Aeff = aire efficace de la section.

4.3 Section soumise à un moment fléchissant (M) : flexion pure

My My x

En l’absence d’effort tranchant, le moment fléchissant M dans chaque section transversale


doit satisfaire la condition : M  MR
Avec MR est défini dans le tableau suivant :

Classes MR Résistance au moment fléchissant


W pl . f y
1 ou 2 M PL  Moment de résistance plastique de la section brute
 M0
Wel . f y
3 M el  Moment de résistance élastique de la section brute
 M0
Weff . f y
4 M0  Moment de résistance de la section brute au voilement local
 M1

Wel : module de résistance élastique, Wpl : module de résistance plastique et Weff : module de
résistance efficace

4.4 Section soumise à un effort tranchant (V) :

ε F

L’effort tranchant T dans chaque section transversale doit satisfaire la condition :


0.58  f y  Av
V  Vpl 
M0
(Av : Aire de cisaillement qui peut être déterminé à partir du tableau suivant.)

‎Chap 5 Justification des sections transversales selon EC3 76


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Type de profilés Av = aire de cisaillement (effort parallèle à l’âme


Profils laminés I ou H A- 2 b tf +(tw+2r) tf
Profils laminés U A- 2 b tf +(tw+r) tf
Profils reconstitués soudés I ou H (h- 2 tf ) tw

4.5 Section soumise à un moment fléchissant et à un effort tranchant (M+V)

My x

Vz

Le moment de résistance plastique d’une section transversale est réduit par l’existence du
cisaillement.
Si l’effort tranchant est faible V ≤ 0.5 Vpl, cette réduction est négligeable (elle est compensée
par l’écrouissage du matériau).
M ≤ MR
Mais, lorsque l’effort tranchant V > 0.5 Vpl, il faut prendre en compte son interaction sur le
moment de résistance plastique
M ≤ Mv
MV : moment résistant plastique réduit du fait de l’effort tranchant, déterminé en utilisant
une limite d’élasticité réduite fred pour l’aire de cisaillement seule, soit :
2
fred = (1-ρ) fy ρ =  2V  1
 Vpl 
Pour les sections transversales à semelles égales et fléchies suivant l’axe de forte inertie, on
obtient :
 A v ²  f y
M v  Wpl  
 4t w   M 0
Qui peut se représenter graphiquement comme ci-dessous :

‎Chap 5 Justification des sections transversales selon EC3 77


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MV
Mpl
MR

Msemelles

V/Vpl

0.5 1

4.6 Section soumise à un moment fléchissant et à effort axial (M+N)

My
x
N

4.6.1 Sections de classe 1 et 2


On doit vérifier que : M ≤ MN
MN = moment résistant plastique réduit par effet de l’effort axial ;
 Pour un plat : MN =Mpl [1- ( N/Npl)2 ] ; On doit donc vérifier : M/Mpl +(N/Npl)2 ≤ 1
 Pour une section comportant des semelles : L’aire de l’âme : Aw = A – 2 b tf
- Si l’effort normal est faible N ≤ min [0.25 Npl ; 0.5 Aw fy / γM0] alors MN=Mpl

- Si l’effort normal est important N > min [0.25 Npl ; 0.5 Aw fy / γM0], les valeurs de
MN sont données au tableau suivant :

Mode de flexion Valeur de MN


(1- n)
Autour de yy M N = M pl
(1- 0,5a)
(n-a)2
Autour de zz M N = M pl [1- ]
(1-a)2
 
Flexion bi axiale pour des sections (M Y /M Ny ) + ( M Z /M NZ )  1
en I ou H  = 2 et  = 5n et (  1)
a = min ( AW/A ; 0.5 ) ; n = N / Npl

‎Chap 5 Justification des sections transversales selon EC3 78


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

4.6.2 Sections de classe 3


Les sections de classes 3 sont considérées comme satisfaisante, si la contrainte normale

maximale σ vérifie la condition : 


N My Mz
  
fy
A Wely Welz  M 0

4.6.3 Sections de classe 4


Les sections de classe 4 sont considérées comme satisfaisante, si la contrainte normale
maximale σ calculée en utilisant les largeurs efficaces des parois comprimées, vérifie la
condition :

N  M y  Ney   M z  Nez  fy
   
Aeff Wely ( eff ) Welz (eff )  M1
Aeff : aire de la section transversale supposée soumise à une compression uniforme (M=0)
Weff = module de résistance de la section efficace, la section transversale étant supposée
soumise uniquement à un moment fléchissant suivant l’axe concerné (N = 0)
e : décalage de l’axe neutre concerné, la section transversale étant supposée soumise à une
compression uniforme (M = 0).

4.7 Section soumise à un moment fléchissant, à un effort axial et à un effort


tranchant (M + N + V)
Si l’effort tranchant est faible V ≤ 0.5 Vpl ; le calcul s’effectue pour une section soumise à
un (M+N)
Mais, lorsque l’effort tranchant V > 0.5 Vpl ; il faut prendre en compte son effet, ainsi que
celui de l’effort axial, pour calculer le moment résistant plastique réduit.
La résistance de calcul de la section transversale aux combinaisons de moment et effort axial
doit être calculée en utilisant une limite d’élasticité réduite fred pour l’aire de cisaillement Av.
2V
f red = (1- ) f y et  = ( -1.) 2
Vpl

‎Chap 5 Justification des sections transversales selon EC3 79


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Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique

1 Introduction .....................................................................................................81
2 Flambement simple d’Euler ............................................................................82
3 Aspects réglementaires du flambement simple ...............................................83
4 Aspects réglementaires du flambement avec flexion ......................................87
4.1 Sections de classe 1 et 2 .................................................................................... 87
4.2 Sections de classe 3 ........................................................................................... 88
4.3 Sections de classe 4 ........................................................................................... 88
5 Flambement des pièces composées .................................................................89
5.1 Effort dans les membrures à mi-hauteur Nf ....................................................... 90
5.2 Effort dans les treillis Nd ................................................................................... 91
5.3 Vérification au flambement poteau sur toute sa hauteur ................................... 91
6 Longueur de flambement ................................................................................91
6.1 Coefficient d’encastrement en un nœud ............................................................ 91
6.2 Longueur de flambement dans les bâtiments à nœuds fixes.............................. 92
6.3 Longueur de flambement dans les bâtiments à nœuds libres de se déplacer ..... 93

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 80


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

1 Introduction
Le flambement simple est une déformation de flexion latérale due à la géométrie de la barre :
la longueur est importante devant l’une des dimensions de la section. La déformée de
flambement s’inscrit dans le plan de flambement qui est orthogonal à l’axe d’inertie la plus
faible.
Charge axiale
x
Inertie/Gy= Imini = ba /12 ┴plan XZ
3

z
a y
b
XZ plan de flambement
z

Le flambage élastique se manifeste pour des contraintes de compression faibles et le


comportement du matériau reste élastique. Le flambement simple est du à une action normale
de compression. Le flambement avec flexion est le résultat de l’application d’un effort normal
de compression et d’un moment fléchissant. On distingue deux cas :
 Déformée de flambement et déformée de flexion s’ajoutent (elles sont dans le même
plan)
 Déformée de flambement et la déformée de flexion sont deux plans orthogonaux

Charge de flexion
a
a y
y b
b

z z
Cas 1 : flambement et flexion Cas 2 : flambement dans un plan et flexion
dans un même plan dans l’autre plan

Il serait indispensable de déterminer la charge critique de flambement dans ces cas de


chargement. La charge critique dépend du matériau, de l’élancement de la pièce, des
conditions de liaisons aux extrémités. En effet, Euler a étudié le flambement des barres
élancées et il a montré qu’il y’a plusieurs modes de flambement.

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 81


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

2 Flambement simple d’Euler


La force critique à partir de laquelle apparaît le phénomène de flambement a été définie par
Euler par l’expression suivante :
 ² EI
Fc  N cr 
Lc ²
Fc: force critique qui produit l’instabilité.
E : module d'élasticité longitudinale, caractéristique du matériau.
I : moment d’inertie minimal de la section de la pièce.
Lc : longueur libre de flambement dépendant de la longueur réelle de la pièce et du mode de
fixation des extrémités. C’est la longueur sur la quelle se produit le flambement.

Conditions bi-encastrée
bi-articulée articulé - encastré libre- encastrée bi-encastrée
d’appuis avec translation
Flambement simple

Lc L 0.7L 2L L/2 L
 ² EI 2 ² EI  ² EI 4 ² EI  ² EI
Fc Fc  Fc  Fc  Fc  Fc 
L² L² 4 L² L² L²

On remarquera que la force critique dépend de :


 la géométrie de la section à travers le moment d’inertie.
 la longueur de la pièce (longueur réelle et du mode de fixation des extrémités).
 du matériau à travers son module d’élasticité
La contrainte critique d’Euler s’écrit alors :
Fc  ² EI min  ²E  ²E  ²E
c     
A ALc ² Lc ² Lc ² 2
2
I min imin
A
Ou imin représente le rayon de giration minimal :
I min
imin 
A

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 82


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

et  l’élancement défini par


Lc
 .
imin
La variation de la contrainte d’Euler en fonction de l’élancement et de type hyperbolique.
Pour un acier S235 la limite élastique est de 235 MPa ce qui donne un élancement de l’ordre
92. Ainsi le flambage est de type élastique si l’élancement est supérieur à 100.
Expérimentalement il a été montré que le flambement n’apparait pas pour des élancements
faibles de l’ordre de 20 dans ce cas la ruine est plutôt plastique et le comportement est celui
des pièces courtes soumises à la compression.
σc

235 MPa

λ
20 91,6

3 Aspects réglementaires du flambement simple


La théorie d’Euler, établie pour des structures idéales, est très insuffisante, en regard des
imperfections de centrage, de rectitude, de verticalité et de la présence de contraintes
résiduelles. Il est donc nécessaire de prendre en compte ces imperfections ou leurs effets. Les
règlements ont notamment défini un facteur d’imperfection .
Le risque de flambement n’est à considérer que si   0,2 (ou λ de l’ordre de 20) ; dans ce
cas, l’effort normal à l’ELU de compression doit satisfaire à :
fy
Nu  N R   . A . A.
 M1
Avec : NR l’effort résistant selon EC3 vis-à-vis du phénomène de flambement qui est fonction
de coefficient de flambement χ , de la classe de la section βA, de la section de la pièce A, de la
limite élastique du matériau fy.
 A  1 : pour les sections transversales de classe 1, 2 ou 3

 A  Aeff : pour les sections transversales de classe 4


A
  : est le coefficient de réduction pour le mode de flambement à considérer et fonction
de l’élancement réduit  .
L’élancement réduit est défini par :
0,5 0,5
 fy   E 
  A 
0,5
    A . A.  et 1    
 Ncr   1   f y 

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 83


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

0,5
 235 
ou 1  (93,9. ) tel que :    f y 
en N / mm 2 .
 f y 
Pour les éléments à section transversale constante, sollicités en compression axiale constante,
la valeur de  pour l’élancement réduit  , peut être déterminée par la formule :
1
 
avec   1 toujours ; et la fonction   0,5 1     0,2   
2

  (   2 )0,5
2
 
Le facteur d’imperfection  correspondant à la courbe appropriée du flambement envisagé.
Le tableau 5.5.3 donné ci-après définit la courbe à retenir (a ou b, c, d) selon le type de la
section et l’axe de flambement et il vaut :

Courbe de
a b c d
flambement
Facteur
0,2 0,3 0,4 0,7
d’imperfectio
1 4 9 6
n

Les courbes de flambement sont les courbes donnant le coefficient de réduction  en fonction
de l’élancement réduit  . Le coefficient χ peut être également obtenu en fonction de
l’élancement réduit  , au moyen du tableau suivant :

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 84


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Coefficients de réduction
Valeurs de  pour la courbe de flambement

a b c d
0,2 1,0000 1,0000 1,0000 1,0000
0,3 0,9775 0,9641 0,9491 0,9235
0,4 0,9528 0,9261 0,8973 0,8504
0,5 0,9243 0,8842 0,8430 0,7793
0,6 0,8900 0,8371 0,7854 0,7100
0,7 0,8477 0,7837 0,7247 0,6431
0,8 0,7957 0,7245 0,6622 0,5797
0,9 0,7339 0,6612 0,5998 0,5208
1,0 0,6656 0,5970 0,5399 0,4671
1,1 0,5960 0,5352 0,4842 0,4189
1,2 0,5300 0,4781 0,4338 0,3762
1,3 0,4703 0,4269 0,3888 0,3385
1,4 0,4179 0,3817 0,3492 0,3055
1,5 0,3724 0,3422 0,3145 0,2766
1,6 0,3332 0,3079 0,2842 0,2512
1,7 0,2994 0,2781 0,2577 0,2289
1,8 0,2702 0,2521 0,2345 0,2093
1,9 0,2449 0,2294 0,2141 0,1920
2,0 0,2229 0,2095 0,1962 0,1766
2,1 0,2036 0,1920 0,1803 0,1630
2,2 0,1867 0,1765 0,1662 0,1508
2,3 0,1717 0,1628 0,1537 0,1399
2,4 0,1585 0,1506 0,1425 0,1302
2,5 0,1467 0,1397 0,1325 0,1214
2,6 0,1362 0,1299 0,1234 0,1134
2,7 0,1267 0,1211 0,1153 0,1062
2,8 0,1182 0,1132 0,1079 0,0997
2,9 0,1105 0,1060 0,1012 0,0937
3,0 0,1036 0,0994 0,0951 0,0882

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 85


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 86


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

4 Aspects réglementaires du flambement avec flexion


Les éléments d’une structure métallique peuvent être soumis à des charges pouvant induire de
la flexion et à des charges axiales produisant de la compression.

Charge axiale
x

Les éléments sollicités simultanément en flexion et en compression axiale, doivent satisfaire à


diverses conditions représentées par des rapports des efforts appliqués par des efforts
résistants, selon la classe de leur section transversale.

4.1 Sections de classe 1 et 2


 Pour la flexion dans le plan et pour les sections de classe 1 et 2 nous aurons à vérifier :
N k y .M y
 1
N pl M ply
 min
 M1  M1

 Pour la flexion hors du plan et pour les sections de classe 1 et 2 nous aurons à vérifier :
N k .M
 z z 1
N pl M plz
 min
 M1  M1
 Pour la flexion bi-axiale et pour les sections de classe 1 et 2 :
Pour la flexion bi-axiale nous aurons deux moments. En effet La projection de la charge dans le
plan xy produit un moment hors du plan Mz par contre la projection de q dans le plan xz produit
un moment dans le plan My.

qxy
y
α qxz

Ainsi pour les sections de classe 1 et 2 soumises à N, My, Mz nous aurons à vérifier :
N k y .M y k z .M z
  1
N pl M ply M plz
 min
 M1  M1  M1
Ou Npl représente l’effort de plastification N pl  A. f y ; et Mpl le moment de plastification
M pl  Wpl . f y ; le coefficient de réduction χmin est la valeur minimale de χy et de χz. Les

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 87


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

coefficients d’amplification de la flexion ky ou kz du à l’effort normal appliqué qui produit


 z , ou y .N
une déformée latérale de flexion valent : k z ,ou y  1  avec k z  1,5 et
 z , ou y . A. f y

Wplz , ou y  Welz , ou y
 z , ou y   (2 Mz ,ouy  4)  avec  z , ou y  0,9
Welz , ou y

 My
et  Mz
: sont les facteurs de moment uniforme équivalent pour le flambement par flexion.

De plus et si le déversement représente un mode potentiel de ruine, il faut également vérifier :


N

k .M LT y
 k .M
z z
1
 .N pl
 .M ply M plz
z
 M1
LT
 M1
 M1

Avec :

  1
 N LT
 1,
k LT
 Af
avec k LT
z y

  LT
 0,15  z 
MLT
 0,15 avec  LT
 0,9

 βMLT : facteur de moment uniforme équivalent pou le déversement (tableau ci après).

4.2 Sections de classe 3


Nous considérons les moments calculés avec l’hypothèse du comportement élastique du
matériau Mel.
 Pour la flexion dans le plan et pour les sections de classe 3 nous aurons à vérifier :
N k y .M y
 1
N pl M ely
 min
 M1  M1

 Pour la flexion hors du plan et pour les sections de classe 3 nous aurons à vérifier :
N k .M
 z z 1
N pl M elz
 min
 M1  M1
 Pour la flexion bi-axiale et pour les sections de classe 3 nous aurons à vérifier :
N k y .M y k z .M z
  1
N pl M ely M elz
 min
 M1  M1  M1

4.3 Sections de classe 4


Pour les barres avec âmes très élancées (sujet au voilement local) et soumises à la flexion bi-
axiale et à un effort normal. La section efficace et les modules d’inerties efficaces sont
introduits pour tenir compte du voilement local et nous aurons à vérifier :

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 88


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

N k .M
y y
 N. eNy k .M  N. eNz
  z z
1
f f f
 .A . y
W 
y
W 
y
min
 eff
M1
eff . y
M1
eff .z
M1

De plus et si le déversement représente un mode potentiel de ruine, il faut également vérifier :


N k .M
LT y
 N. eNy k .M  N. eNz
  z z
1
 .A . f y
 .W f y f
W 
y
z
eff
M1
LT
 eff . y
M1
eff .z
M1

Les facteurs de moment uniforme équivalent βMy, βMy βMLT doivent être calculés en fonction
de l’allure du diagramme des moments fléchissant entre points de maintien.

5 Flambement des pièces composées


Les poteaux de hauteurs importantes peuvent être composés par deux membrures
symétriques ou dissymétriques et par un ou deux plans de treillis en V, N, K. Le plan de
flambement est supposé être le plan du treillis. Il faudrait donc définir l’inertie efficace

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 89


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

A.h02
suivant l’axe z et la section composée A=Am+Am’. I eff , z  2 I z1  . Pour une pièce
2
composée à treillis il faudrait vérifier : le flambement du treillis, le flambement des tronçons
de membrure et le flambement d’ensemble.
z

Ad

Membrure de section Am

ho

5.1 Effort dans les membrures à mi-hauteur Nf


L’effort à mi-hauteur dans une membrure permet la vérification de la membrure vis-à-vis du
fy
flambement simple N f  N R   z . Am . le coefficient de réduction χz est calculé avec
 M1
N .eo
M
N M N N
Nf   1 
l’élancement de la membrure λz. 2 h0 avec N k Sv ou eo est la flèche
 2 .E.I eff , z
eo  Nk  2
limite : 500 , Nk est l’effort critique d’Euler : et Sv est l’effort de

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 90


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

résistance au cisaillement (déformation du treillis vis-à-vis de l’effort tranchant) la valeur de


Sv dépend de la nature du treillis.
Pour le treillis simple en V nous avons :
 .E. Ad .a.ho2
Sv 
2d 3 ,
pour le treillis en N :
 .E. Ad .a.ho2
Sv 
d3
et pour le treillis en K :
 .E. Ad .a.ho2
Sv 
 Ad .ho3 
d 1 
3
3
 Av .d 

5.2 Effort dans les treillis Nd


L’effort dans une diagonale doit être inférieur à l’effort critique de flambement :
V .d f
Nd   N Rd   min d . Ad . y
n.ho  M1
avec
 .M
V

5.3 Vérification au flambement poteau sur toute sa hauteur


L’effort appliqué sur le poteau composé vaut le double de celui appliqué sur une
membrure : N  2 N f  N R  min . A. f y l’effort résistant est calculé avec le coefficient de
réduction de la section composée A=Am+Am’ le rayon de giration à considérer i vaut :
I
imin  min
A

6 Longueur de flambement
La méthode de détermination de la longueur de flambement est présentée ci après

6.1 Coefficient d’encastrement en un nœud


On définit les rigidités des éléments adjacents, au dessus et au dessous du poteau à étudier :
 rigidité d’un poteau, le rapport du moment d’inertie de sa section pour le plan de
flambement considéré à la hauteur d’étage (l0) ;
 rigidité d’une poutre ou traverse, le rapport du moment d’inertie de sa section, pour une
flexion dans un plan vertical, à sa portée (distance entre axes des poteaux qu’elle relie).
 On appelle coefficient d’encastrement K des poteaux en un nœud, le rapport de la somme
des rigidités des poutres ou traverses, aboutissant au nœud et situées dans le plan de

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 91


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

flambement du poteau à la somme des rigidités de toutes les barres aboutissant au nœud
(y compris le poteau étudié). Toutefois, on ne tient compte que des poutres ou traverses
solidarisées avec le poteau par un assemblage sans jeu dont la hauteur totale, mesurée
entre axes des boulons, rivets ou cordons de soudure extrêmes, est au moins égale à trois
fois le rayon de giration intervenant dans le calcul du poteau. En cas d’assemblages par
des boulons ordinaires avec jeu normal, on ne tient aucun compte d’une poutre n’existant
que d’un seul côté du poteau ; s’il existe de part et d’autre du poteau des poutres dont les
assemblages satisfont à la condition de hauteur ci-dessus, on ne tient compte que de celle
ayant la rigidité la plus faible.

Ln In
Inw Ine

Lo
B
Io
Isw Ise

Ls IA
s

Lw Le
E
Le coefficient d’encastrement du poteau AB à son nœud inférieur A est :
I sw  I se
KA Lw Le
I s  I o  I sw  I se
Ls Lo Lw Le
Le coefficient d’encastrement du poteau AB à son nœud supérieur B est:
I nw  I ne
KB  Lw Le
I n  I o  I nw  I ne
Ln Lo Lw Le
Pour une articulation, on a K= 0
Pour un encastrement parfait, K = 1.

6.2 Longueur de flambement dans les bâtiments à nœuds fixes


Lorsque la stabilité dans la direction du flambement est assurée par des contreventements ou
des murs de refend, le rapport l/l0 est donné par la formule suivante, en fonction des
coefficients d’encastrement KA et KB aux extrémités du tronçon AB de poteau considéré :
l  31.6(K A  K B)0.84K A K B
l0 3(K A  K B)0.28K A K B
Cette formule se réduit à :

 l  31.6K A si l’extrémité B est articulée


l0 3 K A

 l  0.70.38K A si l’extrémité B est parfaitement encastrée


l0 10.36K A

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 92


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

 l 10.6K A si les deux extrémités ont le même coefficient d’encastrement (KA=KB)


l0 10.2K A

6.3 Longueur de flambement dans les bâtiments à nœuds libres de se déplacer


Lorsque la stabilité dans la direction du flambement n’est assurée que par l’encastrement des
poutres sur les poteaux, le rapport l est donné par la formule suivante, en fonction des
l0
coefficients d’encastrement KA et KB aux deux extrémités du tronçon AB de poteau
considéré :

l  1.62.4(K A  K B)1.1K A K B
l0 K A  K B 5.5K A K B
Cette formule se réduit à:

 l  1.62.4K A si l’extrémité B est articulée


l0 KA

 l  43.5K A si l’extrémité B est parfaitement encastrée


l0 16.5K A

 l  0.80.2K A si les deux extrémités ont le même coefficient d’encastrement (KA=KB)


l0 KA

‎Chap 6 Les phénomènes d’instabilité élastique 93


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés

1 Généralités sur les assemblages ..................................................................... 95


2 Types et fonctionnement d’un assemblage .................................................... 95
3 Conception des assemblages .......................................................................... 96
3.1 Assemblages dans un portique ...........................................................................96
3.2 Assemblages dans une ferme ou dans une poutre reconstituée ..........................96
4 Calcul des assemblages rivés ......................................................................... 97
5 Calcul des assemblages par boulons ordinaires ............................................. 98
5.1 Dispositions constructives ..................................................................................98
5.2 Caractéristiques des boulons ..............................................................................99
5.3 Coefficients partiels de sécurité........................................................................100
5.4 Assemblages sollicités au cisaillement .............................................................100
5.5 Assemblages sollicités à la traction ..................................................................101
5.6 Assemblages sollicités simultanément au cisaillement et à la traction ............102
6 Calcul des assemblages par boulons Haute Résistance ou Précontraints ..... 102
6.1 Assemblages résistant au glissement ................................................................103
6.2 Assemblages sollicités simultanément au cisaillement et à la traction ............104
6.3 Assemblages par platines sollicités par un moment fléchissant, un effort
tranchant ...........................................................................................................104

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 94


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

1 Généralités sur les assemblages


Un assemblage est un dispositif qui permet de réunir et de solidariser plusieurs pièces
entre elles, en assurant la transmission et la répartition des diverses sollicitations entre
les pièces, sans générer de sollicitations parasites, notamment de torsion. Une structure
métallique est composée de pièces individuelles assemblées entre elles, on distingue les
assemblages suivants :
 Bout à bout : deux traverses d’un portique
 Concourantes : traverse-montant, attaches poutre / poteau, treillis et systèmes
réticulés.

Concourantes

Bout à bout

2 Types et fonctionnement d’un assemblage


On dispose de trois types d'assemblages :
 L'assemblage riveté
 L'assemblage boulonné par boulons ordinaires ou par boulons HR ou BP
 L'assemblage soudé.
Ces trois types d'assemblages correspondent à deux types de fonctionnement distincts :
obstacle et /ou adhérence.
 Fonctionnement par obstacle : c’est le cas des boulons ordinaires dont les tiges
reprennent les efforts tranchants et le fonctionnement est en cisaillement.
 Fonctionnement par adhérence : dans ce cas, la transmission des efforts s’opère
par adhérence des surfaces des pièces en contact. Cela concerne le soudage, le
collage, le boulonnage par boulons HR.
 Fonctionnement mixte : c’est le cas du rivetage, à savoir que les rivets assurent la
transmission des efforts par adhérence des pièces jusqu’à une certaine limite, qui
lorsqu’elle est dépassée, fait intervenir les rivets par obstacle, au cisaillement.
L’assemblage par boulons HR permet de reprendre l’effort de traction et l’effort
tranchant.

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 95


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Un assemblage peut être souple ou rigide. L’assemblage souple doit permettre la


transmission d’un effort normal, d’un effort tranchant. L’assemblage rigide permet de
transmettre toutes les sollicitations (M, N, V).

3 Conception des assemblages


3.1 Assemblages dans un portique
Les assemblages dans un portique peuvent être souples ou rigides selon la conception
structurale choisie, on distingue trois assemblages courants
 Assemblage aux pieds des poteaux : encastrement, ou appui articulé ou encore
appui simple
 Assemblages au faitage : souvent en liaison complète, ou articulation
 Assemblage au jarret : liaison complète, ou articulation

Appui articulé N, V Appui simple N Articulation N, V


Jarrêt : M, N, V

Faitage M, N, V

3.2 Assemblages dans une ferme ou dans une poutre reconstituée


Les éléments d’une ferme seront assemblés généralement par des goussets. Les goussets
sont disposés entre les cornières doubles, l’ensemble est boulonné (16, 17, 19). On peut
dans certains cas (cornières avec ailes larges) ne pas utiliser des goussets (19). La ferme
ou la poutre reconstituée est fixée sur le poteau par des éléments en cornières double
fixées sur un gousset l’ensemble est fixé par double couvre joints (1, 2, 3, 5, 6).

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 96


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

La fixation sur faitage peut être réalisée par utilisation d’une âme et des brides ou
cornières les brides seront fixées d’une part sur l’âme et d’autre part sur les éléments de
la ferme(20, 21)

4 Calcul des assemblages rivés


Le rivet est une pièce métallique constituée d'un corps (le collet) et d'une tête qui est
mise en place dans un percement et dont l'extrémité est ensuite matée du coté opposé à
la tête afin de relier deux pièces ayant un contact plan. Aujourd'hui, le rivetage n'est plus
utilisé en dehors de la restauration des ouvrages anciens ou dans le cadre d'une
utilisation à des fins esthétiques.

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 97


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Le rivet travaille principalement au cisaillement la section du rivet doit satisfaire la


V  2
condition : V1   0,58. A. f y tel que : A  le rivet est cisaillé sur une seule
n 4
face.

5 Calcul des assemblages par boulons ordinaires


5.1 Dispositions constructives
Les assemblages constituent des zones particulières plus fragiles que les zones
courantes des pièces, car les sections sont réduites du fait des perçages (ou par perte de
résistance de l’acier due à l’échauffement lors du soudage). En outre, les assemblages
sont soumis à des sollicitations qui peuvent s’inverser et les contraintes peuvent changer
de sens (une poutre de charpente peut fléchir dans le sens positif sous charge de neige et
dans le sens négatif sous soulèvement par le vent). C’est pourquoi il faut être
particulièrement vigilant dans la conception et le calcul des assemblages, afin de se
prémunir contre tout risque de rupture brutale. Il faut assurer, au travers de l’assemblage
la transmission parfaite des forces, afin de ne pas créer d’effort ou de moments
secondaires parasites .Pour cela, quelques précautions élémentaires sont à prendre :
Il faut proscrire tout assemblage par recouvrement simple (schéma en haut de la figure
suivante) et utiliser un assemblage symétrique par double couvre –joint (schéma en bas
de la même figure).

Recouvrement simple

Assemblage symétrique par double couvre –joint

En effet, dans le cas de la figure ci-dessus, la dissymétrie crée un moment de flexion


parasite et l’assemblage se déforme, comme le montre la figure suivante.

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 98


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

La contrainte maximale de traction vaut, pour une largeur b de tôle :   N  M.v si


S I
2
be 7.N
S  b.e ; M  N  e et I  La valeur de la contrainte est donc :  
6 b.e
La contrainte augmente considérablement et les têtes de boulons risquent l’arrachement.
Il faut par ailleurs s’assurer que les axes neutres des barres soient concourants aux
nœuds des treillis, dans les systèmes réticulés .Ce n’est souvent pas le cas pour les
treillis réalisés en cornières.

Les assemblages par boulons ordinaires peuvent être sollicités au cisaillement, à la


traction ou simultanément à la traction et au cisaillement.

5.2 Caractéristiques des boulons

5.2.1 Caractéristiques géométriques

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 99


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Pour les boulons sollicités à la traction, on considère la section résistante As de la partie


filetée et pour les boulons sollicités au cisaillement on considère la section nominale A.
Si le plan de cisaillement se trouve sur la partie filetée et As autrement.

5.2.2 Caractéristiques mécaniques


Les caractéristiques mécaniques des boulons sont d’une part la limite élastique fyb et la
limite ultime fub, on distingue plusieurs classes de qualité selon la nuance de l’acier.

Classe de qualité 4.6 4.8 5.6 5.8 6.6 6.8 8.8 10.9

fyb(N/mm2) 240 320 300 400 360 480 640 900

fub (N/mm2) 400 400 500 500 600 600 800 1000

La classe est définie par deux nombres X.Y sachant que : f yb  10XY et fub  100X en
MPa.

5.3 Coefficients partiels de sécurité


Selon le type de sollicitation le règlement a défini deux valeurs :
 Résistance des boulons au cisaillement :  Mb  1.25 .
 Résistance des boulons à la traction :  Mb  1.50 .

5.4 Assemblages sollicités au cisaillement


Le critère de vérification consiste à écrire :

V1  min (Fv , FB )

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 100


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

où Fv représente la résistance au cisaillement des boulons et FB est la résistance à la


pression diamétrale des pièces.
V
V1 : effort de cisaillement appliqué à un boulon ( V1  ) ; n : nombre de boulons.
n

5.4.1 Résistance au cisaillement d’un boulon Fv


Si le plan de cisaillement passe par la partie fileté nous aurons :
A s .m
 Pour les classes de qualité 4.6 – 5.6 – 6.6 et 8.8 : Fv  0.6 f ub
 Mb
A s .m
 Pour les classes de qualité 4.8 – 5.8 - 6.8 et 10.9: Fv  0.5 f ub
 Mb
Si le plan de cisaillement passe par la partie non fileté nous aurons :
A.m
Fv  0.6 f ub
 Mb
Où m est le nombre de sections cisaillées par boulon.

5.4.2 Résistance à la pression diamétrale des pièces assemblées FB


La pression diamétrale est fonction de la limite ultime du matériau du diamètre de
perçage do de l’épaisseur minimale de l’assemblage t et des conditions géométriques
t
telles que la pince transversale, l’entre axes des perçages (…) : FB  2.5  f u d 0
 Mb
Où  est la plus petites des valeurs suivantes.
  min  e1 , P1  1 , f ub , 1
 3d0 3d0 4 fu 

5.5 Assemblages sollicités à la traction


T
Le critère de vérification consiste à écrire : T1   FT
n
T1 : effort de traction appliqué à un boulon.
La résistance à la traction d’un boulon vaut :

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 101


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

FT  0.9 f ub As
 Mb

5.6 Assemblages sollicités simultanément au cisaillement et à la traction


Critère de vérification :
Les boulons sont soumis à des efforts combinés de cisaillement V et de traction T,
V1 T
doivent satisfaire la condition suivante :  1 1
Fv 1.4 FT
V1 : effort de cisaillement appliqué à un boulon.
T1: effort de traction appliqué à un boulon.

6 Calcul des assemblages par boulons Haute Résistance ou Précontraints


Si Fp est l’effort de précontrainte axial dans un boulon et Fs l’effort de cisaillement
transmis par l’assemblage et sollicitant le dit boulon, il faut vérifier que l’interface des
pièces en contact puisse transmettre l’effort tangent, sans glissement, soit :
Fp
Fs
Fs   Fp

Fp

Axe du boulon

Le coefficient de frottement  doit correspondre à sa valeur de calcul. Cela nécessite


une préparation des surfaces, par brossage ou grenaillage, pour éliminer toute trace de
rouille et de calamine, de graisse, etc…
Classement Description du traitement 

Surfaces décapée par grenaillage ou sablage et métallisées


par projection d’aluminium.

Surfaces décapée par grenaillage ou sablage et métallisées


classe A   0.50
par projection d’un revêtement à base de zinc, garanti
d’assurer un coefficient de glissement qui ne doit pas être
inférieur à 0.5

classe B Surfaces décapée par grenaillage ou sablage et peintes   0.40


classe C Surfaces nettoyées par brossage métallique ou à la flamme
avec enlèvement de toutes les plaques de rouille non
adhérentes.
  0.30
classe D Surfaces non traitées.   0.20

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 102


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Le boulon précontraint est caractérisé par sa résistance au cisaillement et sa résistance à


l’arrachement (tête renforcée)
Caractéristiques mécaniques des boulons HR
Il existe deux classes de boulons HR, définies en fonction de leur contrainte limite
d’élasticité fyb et de leur contrainte de rupture fub.
 Les boulons HR1 ou HR 10.9
 Les boulons HR2 ou HR 8.8

Désignation Classe de qualité fub (MPa) fyb (MPa) L/L (%)


HR 1 HR 10.9 1000 900  8
HR 2 HR 8.8 800 640  12

6.1 Assemblages résistant au glissement


Fp
La résistance au glissement Fs d’un boulon HR précontraint vaut : Fs  k s.m..
 MS
Avec Fp est l’effort de précontrainte autorisé dans les boulons vaut : Fp  0,7.fub.As ;
m est le nombre d’interfaces de frottement et ks est un coefficient dépend des trous de
perçage et vaut :
Types de trous ks
Trous normalisés (tolérances normales) 1
1 mm pour les boulons d12 et d14
2 mm pour les boulons d16 à d 24
3 mm pour les boulons d27 et plus
Trous circulaires surdimensionnés et les trous oblongs courts 0.85
Trous oblongs longs 0.7

Le coefficient partiel de sécurité  MS est donné ci après :


Trous normalisés et oblongs dont l’axe de ELU 1.25
la fente est perpendiculaire à la direction ELS 1.1
de l’effort
Trous circulaires surdimensionnés et
oblongs dont l’axe de la fente est parallèle ELU 1.40
à la direction de l’effort

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 103


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

6.2 Assemblages sollicités simultanément au cisaillement et à la traction


Si un assemblage résistant au glissement est soumis à un effort de traction T
concomitant à un effort de cisaillement V, qui tend à provoquer le glissement, la
résistance au glissement par boulon doit être calculée selon la formule ci-après.
( FP  0,8.T1 )
V1  FS  kS .m..
 MS

V
α
V F cos  T F sin 
V1   et T1  
n n n n
F T

6.3 Assemblages par platines sollicités par un moment fléchissant, un effort


tranchant

M>0

Les boulons inférieurs sont tendus, tous les boulons sont soumis au cisaillement.

6.3.1 Résistance de l’assemblage à l’effort tranchant V


Il faut vérifier que l’effort appliqué V1 à un boulon reste inférieur à l’effort admissible
Fs par boulon et par plan de glissement :

V F
V1   Fs  ks .m.. p
n  MS
n: nombre de boulons.

6.3.2 Résistance de l’assemblage au moment fléchissant


Le moment résistant MR de l’assemblage est obtenu par la somme des produits des
efforts de traction dans les boulons situés dans la zone tendue par la distance des
boulons respectifs à la face intérieure de la semelle comprimée:

M R =N1.d1 +N 2 .d 2 +...+Ni .di =  N .d


i
i i

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 104


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

N1

N2 N 1
 N 2
 N 3
 ...  N i

N3
M d2
d1 d 1 d 2 d 3 d i
N4
N5 d3
d4
d5

Soit n’ le nombre de files verticales de boulons nous aurons :


N1
M R = [N1. d1 + N 2 . d 2 + N3 .d 3 + Ni .d i ].n' = n'. . d 21  d 22  d32  ...  di2  ]
d1
N1 N M u .d1
M R =n'. . d 2i ; Si M R =n'. 1 . d 2i  M u nous aurons : N1 
d1 i d1 i
n '. di2
i

M u .d1
N1 est l’effort appliqué sur un boulon et on vérifie : N1   Fp
n '. d i
2

‎Chap 7 Conception et calcul des assemblages boulonnés 105


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

Chap 8 Les assemblages par soudures

1 Introduction .................................................................................................. 107


2 Les procédés de soudage .............................................................................. 107
2.1 Procédé à électrode non fusible TIG ................................................................107
2.2 Procédé à électrode fusible ...............................................................................107
3 Dispositions constructives ............................................................................ 108
3.1 Soudures bout à bout ........................................................................................108
3.2 Soudures d’angle ou en T .................................................................................109
4 Calculs des cordons de soudures .................................................................. 110
4.1 Les soudures bout à bout ..................................................................................110
4.2 Soudures d’angle ..............................................................................................110

‎Chap 8 Les assemblages par soudures 106


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

1 Introduction
Les assemblages soudés ont pour rôle de solidariser plusieurs pièces entre elles, en
assurant la transmission et la répartition des diverses sollicitations entre les pièces. La
réalisation d’un cordon de soudure permet de bloquer dans toutes les directions. Le
cordon de soudure doit principalement travailler au cisaillement. Il faudrait éviter de
soumettre un cordon à des contraintes de traction toutes fois il est possible de soumettre
un cordon à une extension. La réalisation d’un cordon nécessite une source de chaleur
puissante et régulière. En effet, la soudure consiste à la mise en place, par élévation de
température, d'un bain de métal en fusion qui s'unit aux pièces à relier. La méthode de
soudure doit permettre de constituer un assemblage par continuité de matière. Les
propriétés mécaniques du métal d'apport doit avoir sensiblement les mêmes
caractéristiques que celles des aciers à souder. Le contrôle strict des soudures s'effectue
par radiographie. Cette méthode est très performante, mais relativement onéreuse. Les
assemblages soudés présentent des inconvénients et des problèmes tel que :
 Apparition de micro fissures dues au refroidissement
 Apparition de déformations géométriques de la pièce dues aux effets de dilatations
et aux retraits
 Main d’œuvre qualifiée et matériel spécifique
 Contraintes résiduelles dans le cordon

2 Les procédés de soudage


Les procédés de soudage sont multiples et sont utilisés selon la nature des pièces à
souder, on distingue :
 Procédé par pression : Chauffage des pièces et application d’une pression en
différents points
 Procédé par résistance électrique : Soudures par points au moyen de deux
électrodes presse application pour les tôles minces
 Procédé à l’arc électrique : Intensité avec une tension produit une puissance de
chauffage P=UI=RI2 , il faut atteindre une température de 4000 °C pour fusionner
les lèvres des pièces à souder. Le métal d’apport doit avoir les mêmes
caractéristiques mécaniques que les pièces à souder. C’est ce procédé qui est utilisé
pour l’assemblage des pièces en charpente métallique.

2.1 Procédé à électrode non fusible TIG


Le procédé TIG signifie : Tungsten ; Inert ; Gaz. Le métal d’apport est obtenu par
fusion d’une baguette indépendante. L’Arc produit entre une électrode en tungstène non
fusible et les pièces sous jet un gaz: Argon. Il est réalisé en atelier et le procédé est
automatique.

2.2 Procédé à électrode fusible


Un arc électrique est crée entre une électrode fusible (cathode) et les pièces à souder
(anode). Un générateur de courant (Intensité = 50 à 600 A et une tension de 220 V ou
380 V) permet de fournir une puissance de chauffage suffisante pour réaliser la soudure.
Ce procédé est utilisé en atelier et il peut être automatique ou manuel. Deux types
d’électrodes peuvent être utilisés :

‎Chap 8 Les assemblages par soudures 107


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

 Electrodes enrobées : un enrobage d’une gaine réfractaire lors de la fusion d’où


naissance d’un laitier qui permet de ralentir le refroidissement (éviter la trempe) et
protéger l’acier contre l’absorption de l’oxygène et de l’azote ce qui peut le
rendre fragile.
 Electrodes nues
Le procédé MIG ou MAG est utilisé pour réaliser des soudures ordinaires ou
particulières (étanches) Procédé MIG : Métal Inert Gaz (argon) atmosphère protectrice.
Procédé MAG : Métal Active Gaz (CO2)
En résumé plus la puissance est élevée plus les déformations seront limitées et le
chauffage est localisé. Le procédé soudure à l’arc électrique permet de souder des
profilés entre eux.

3 Dispositions constructives
3.1 Soudures bout à bout

Jusqu’à des épaisseurs de pièces de 5 à 6 mm, les soudures peuvent être effectuées sur
des pièces non chanfreinées, affranchies d’équerre (A). Au-delà de 6 mm , il faut
réaliser des chanfreins sur les rives d’ assemblage , le talon C devant être inférieure à la
plus petite des 2 valeurs : 3 mm ou t/5
 Les chanfreins en V (B) et en U (C) permettent de souder sans retourner la pièce,
mais donnent lieu, lors du refroidissement, à des déformations angulaires fortes. Le
chanfrein en U est plus onéreux, du fait de l’usinage.
 Les chanfreins en double U (D ) ou en double V (E ), symétriques, éliminent les
phénomènes de déformations ou de contraintes internes , si les cordons sont
exécutés simultanément sur les 2 faces ,par tronçons alternés .En outre , ils
‎Chap 8 Les assemblages par soudures 108
Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

permettent une économie sur le métal d’ apport et sur le temps de main- d’ œuvre,(
nombre de passes).
 Les chanfreins en K (F) constituent une solution intermédiaire.
60°
t<6
t =5 à 15
A B

d =1 à 3 c

t/2 t = 30 à 60
D
t /2 t = 10 à 25
C
c
c

60° 50°
t = 12 à 40 t = 12 à 40
E F

3.2 Soudures d’angle ou en T


Les cordons peuvent être plats et / ou bombés.

t  12mm t  25mm t  25mm

‎Chap 8 Les assemblages par soudures 109


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

a
t (mm) 4 6 7 8 10 12 14 16 18
a (mm) 3 4 5 6 7 8 10 11 13

4 Calculs des cordons de soudures


4.1 Les soudures bout à bout
Aucun calcul n’est exigé pour les soudures bout à bout. On admet qu‘il y a continuité
de matière, donc continuité des pièces. Deux conditions doivent être vérifiées :
 l’épaisseur de la soudure est au moins égale à l’épaisseur de la plus faible des
pièces assemblées
 le métal d’apport a des caractéristiques mécaniques au moins égale à celle du métal
de base.

4.2 Soudures d’angle


Notations
 a : épaisseur utile ou gorge, distance minimale de la racine à la surface du cordon
(figure 32)
 : longueur utile du cordon.
 N: effort pondéré appliqué à chaque cordon, supposé être centré au milieu de la
longueur du cordon.
  ,  ,  sont les composantes de la contrainte moyenne rapportée à la section de
la gorge du cordon, al. Soit :
 : composante perpendiculaire à la section.

  : composante dans le plan de la section perpendiculaire à l’axe longitudinal du


cordon.

 : composante dans le plan de la section parallèle à l’axe longitudinal du cordon.

‎Chap 8 Les assemblages par soudures 110


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

a a a a

4.2.1 Formule fondamentale

Les dimensions du cordon de soudure doivent satisfaire à la condition :

f
.  3.( 
2 2 2
) u
w  //
 Mw

Les coefficients w et  Mw sont variables selon la nuance d’acier :


Nuances d’acier  Mw w w .  Mw
f y (MPa) f u (MPa)
235 360 1,25 0,80 1,00
275 430 1,30 0,85 1,10
355 510 1,35 0,90 1,20

Nous allons établir ci-après des formules de calculs pour des cordons reliant :
 soit des pièces orthogonales
 soit des pièces obliques.

4.2.2 Cordons reliant des pièces orthogonales


Les cordons peuvent être frontaux, latéraux et obliques.
 Cordons frontaux

‎Chap 8 Les assemblages par soudures 111


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N/2
N N/2 N
N/2

N N

l
N

N
N

2 Nn N. 2
Nn =N , d’ou   
2 a. 2.a

2 N N. 2
N  N , d’où     
2 a. 2.a.

N⁄ ⁄ = 0, d’où ⁄ ⁄ = 0
La formule fondamentale s’écrit :
2 2
2.N 6.N fu
 w.  
2
4.a .( )
2 2
4.a .( )
2
 MW

Soit :

N. 2
a.   w. Mw.
fu
 Cordons latéraux
N
N

N/2
N N N
N/2

‎Chap 8 Les assemblages par soudures 112


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 =  =0 et  
N
La formule fondamentale s’écrit :
a.

N. 3
a.   . .
w Mw fu
 Cordons obliques

 N

2

 N

N .sin  N .cos 
d’ou : a.   w. Mw. N . 3  sin 
2
   et  
2.a. a. fu

4.2.3 Cordons reliant des pièces obliques


Si  : Désigne l’angle d’une des faces d’assemblage avec la perpendiculaire à l’autre
face, on distingue de la même façon des cordons frontaux, latéraux et obliques.

 Cordons frontaux
Nous avons deux cordons, le premier est situé dans l’angle obtus, le second est situé
dans l’angle aigu. Pour l’angle obtus on vérifie :
N   N  
 cos(  ) ;    sin(  ) ;   0 d’où
a. 4 2 a. 4 2
N . 2  sin  :
a.   w. Mw
fu

De plus et pour l’angle aigu, on vérifie :

‎Chap 8 Les assemblages par soudures 113


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N . 2  sin 
a.   w. Mw
fu

 Cordons latéraux
De la même façon que pour des pièces orthogonales, on vérifie quel que soit l’angle,
obtus ou aigu, que :
N. 3
a.   w. MW
fu
 Cordons obliques
Dans le cas de cordons obliques, faisant un angle  avec la direction de l’effort, on a :
Pour un angle obtus :

N 3  (1  sin  ).sin 2
a.   w.
Mw fu

Pour un angle aigu :

N 3  (1  sin  ).sin 2
a.l   .
w Mw
f u

Formule enveloppe
Il existe une formule enveloppe, qui dispense de tous les calculs précédents, qui place
en sécurité, quelle que soit l’orientation de l’effort et du cordon de soudure nous aurons:

N 3
a.   w. Mw
fu

‎Chap 8 Les assemblages par soudures 114


Cours de charpente métallique Mounir Ben Jdidia

BIBLIOGRAPHIE

 ITBTP et CTICM : L’institut Technique Du Bâtiment Et Des Travaux


Publics Et Le Centre Technique Industriel De La Construction
Métallique ; Règles De Calcul Des Constructions En Acier( C.M.
66) ; Les Editions EYROLLES ( 8ème édition ) Paris 1979.
 GCTT : Le Groupe De Coordination Des Textes Techniques ; Règles
Définissant Les Effets De La Neige Et Du Vent Sur Les
Constructions ( NV 65 et N 84 modifiées 95) ; Les Editions
EYROLLES ( Douzième édition ) Paris 1976.
 LEHEMBRE BERNARD ; La Construction Métallique ; Les Editions
NATHAN 1997.
 MOREL JEAN ; Conception Et Calcul Des Structures Métalliques ;
Les Editions EYROLLES (troisième édition) 1995.
 MOREL JEAN ; Structures Métalliques ; Les Editions EYRLLOS
(2ème tirage) 1997.
 D. Didier- M. Le Brazidec- P. Nataf- G. Simon- R. Pralat- J. Thiesset-
J.-P. Trotignon ; Structures de Génie Civil ; Editions Nathan Paris
1998.
 MOREL JEAN ; Calcul Des Structures Métalliques Selon
L’EUROCODE3 ; (troisième tirage) ; Editions EYROLLES 1997
 RAMAZANOV Eldar ; Charpentes métalliques Calcul des éléments
selon l’Eurocode 3 Centre de Publication Universitaire Tunis1998

‎Chap 8 Les assemblages par soudures 115


TCE Construction Métallique

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SOMMAIRE

I. PRESENTATION 5

I.1. HISTORIQUE 5
I.2. POURQUOI L’ACIER ? 5
I.3. ANALYSE FONCTIONNELLE 6
I.4. TERMINOLOGIE 8

II. LES NORMES 9

II.1. NORMES LIEES A LA STABILITE DE L’OUVRAGE 9


II.2. NORMES LIEES AUX ASSEMBLAGES 10
II.3. NORMES LIEES AUX DIFFERENTS PRODUITS UTILISES EN STRUCTURE METALLIQUE 11
II.4. NORMES LIEES A LA MISE EN ŒUVRE 13
II.5. NORMES LIEES AUX ESSAIS ET CONTROLES 13

III. LES PRINCIPAUX MATERIAUX 14

III.1. L’ACIER 14
III.1.1. SES INTERETS 14
III.1.2. SES INCONVENIENTS 15
III.1.3. SA FABRICATION 15
III.1.4. LES NUANCES ET LES QUALITES D’ACIER 19
III.2. L’ALUMINIUM 19
III.2.1. SES AVANTAGES 19
III.2.2. SA PRODUCTION 20
III.2.3. SON RECYCLAGE 20

IV. COUPES ET CONCEPTIONS 22

IV.1. LES PROFILES EN ACIER 22


IV.2. LES ASSEMBLAGES 27
IV.2.1. LES ASSEMBLAGES PAR PROCEDES MECANIQUES 27
IV.2.2. LES ASSEMBLAGES PAR PROCEDES DE SOUDAGE 35
IV.2.3. CHOIX DES DIFFERENTS ASSEMBLAGES 38

V. DIMENSIONNEMENT ET LIAISONS 39

V.1. DIMENSIONNEMENT 39
V.1.1. LA FONCTION 39
V.1.2. LA NATURE DES ACTIONS 39
V.1.3. REGLEMENTS AUX ETATS LIMITES 40
V.1.4. PRINCIPE DE DIMENSIONNEMENT D’UNE POUTRELLE METALLIQUE 40
V.2. LA STRUCTURE HYPERSTATIQUE 42
V.2.1. POURQUOI LA LIMITE PLASTIQUE ? 42
V.2.2. MODELISATION ET ANALYSE 44
V.2.3. CONCLUSION 45
V.3. CHOIX DU SYSTEME PORTEUR D’UN BATIMENT 45

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V.4. LES MODES D’ASSEMBLAGE 46


V.4.1. LES ENCASTREMENTS 46
V.4.2. LES ARTICULATIONS 47
V.4.3. LES APPUIS SIMPLES 48
V.4.4. LES JONCTIONS DES POTEAUX 48
V.4.5. RIGIDITE DES ASSEMBLAGES 48

VI. PLANIFICATION ET INTERFACES AVEC LA CHARPENTE METALLIQUE 50

VI.1. PLANIFICATION 50
VI.2. INTERFACES AVEC LA CHARPENTE METALLIQUE 53
VI.3. LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE 55
VI.3.1. EXIGENCES ET CRITERES 55
VI.3.2. LES DIFFERENTES STRUCTURES 55

VII. SECURITE 58

VII.1. L’OXYCOUPAGE 58
VII.2. LE SOUDAGE A L’ARC ELECTRIQUE 59
VII.3. STOCKAGE EN USINE 59
VII.4. DECHARGEMENT DES ELEMENTS DE CHARPENTE ET STOCKAGE SUR CHANTIER 60
VII.4.1. LEVAGE ET ASSEMBLAGES DES ELEMENTS VERTICAUX 60
VII.4.2. LEVAGE ET ASSEMBLAGES DES ELEMENTS HORIZONTAUX AUX VERTICAUX 61

VIII. QUALITE / ENVIRONNEMENT 63

VIII.1. LA NORME QUALITE 63


VIII.2. LE PLAN PARTICULIER DE CONTROLE 64
VIII.2.1. LORS DE LA PHASE D’ETUDE 64
VIII.2.2. EN FIN DE FABRICATION 64
VIII.2.3. LORS DE LA MISE EN ŒUVRE 65
VIII.2.4. LORS DE LA RECEPTION 65
VIII.3. ENVIRONNEMENT 65
VIII.3.1. L’ACIER ET LA DEMARCHE HQE 65
VIII.3.2. L’ACIER : UNE REPONSE PERTINENTE A LA DEMARCHE HQE 66
VIII.3.3. LE TRAITEMENT DES DECHETS SUR UN CHANTIER DE CONSTRUCTION METALLIQUE 69

IX. LA MISE EN ŒUVRE 71

IX.1. DEROULEMENT DU MONTAGE PAR PHASE 71


IX.2. PREPARATION DU MONTAGE 72
IX.2.1. CHOIX DE LA METHODOLOGIE 72
IX.2.2. PROJET D’INSTALLATION DE CHANTIER 72
IX.2.3. DUREE DE MONTAGE 73
IX.2.4. MOYENS DE LEVAGE 74
IX.3. LIVRAISON DE LA CHARPENTE METALLIQUE 75
IX.3.1. LE TRANSPORT 75
IX.3.2. LIVRAISON 76
IX.3.3. DECHARGEMENT – MANUTENTION DE LA CHARPENTE METALLIQUE 76
IX.3.4. STOCKAGE 77
IX.4. MONTAGE DE LA CHARPENTE METALLIQUE 78

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IX.4.1. RELEVE DU SUPPORT 78


IX.4.2. PREASSEMBLAGE DE LA CHARPENTE 78
IX.4.3. MISE EN PLACE DES ELEMENTS PROVISOIRES 79
IX.4.4. MONTAGE PROVISOIRE ET REGLAGE 80
IX.4.5. MONTAGE DEFINITIF 81

X. LES PATHOLOGIES 82

X.1. LA FATIGUE 82
X.2. LA CORROSION D’UNE SURFACE PEINTE 83
X.3. LA CORROSION D’UNE SURFACE GALVANISEE 83
X.4. LA CORROSION D’UNE SURFACE POURVUE DE FLOCAGE 84
X.5. LA DEFORMATION DES ELEMENTS (FLAMBEMENT, DEVERSEMENT) 84
X.6. LA CORROSION PAR FORMATION D’UNE PILE ELECTROCHIMIQUE 85

XI. L’ECONOMIE DU LOT 86

XI.1. NOTION DE PRIX 86


XI.2. PRIX DE LA FOURNITURE DES MATERIAUX 86
XI.2.1. ACHAT DES MATERIAUX 86
XI.2.2. PRIX DES MATERIAUX 87
XI.3. COUT DE FABRICATION 88
XI.4. COUT DE MONTAGE 89

XII. INNOVATIONS 90

REFERENCES : 93

BIBLIOGRAPHIE : 93
WEBOGRAPHIE : 93

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I. Présentation
I.1. Historique

I.2. Pourquoi l’acier ?

Avantages Inconvénients
Souplesse architecturale Psychologique : construction éphémère
Compétitivité Peu d’inertie thermique
Facilement démontable Tenue au feu médiocre
Chantier plus propre De nombreux ponts thermiques
Volume peu encombré, structure élancée
Extension facilitée
Construction propre, sans rejet et recyclable

Compte tenu des différents avantages et inconvénients, les constructions métalliques sont
adaptées à des bâtiments de type industriel, tel que des hangars. Le problème de l’inertie
thermique est pallié par un système de chauffage de type soufflant.

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I.3. Analyse fonctionnelle

Charpente métallique

Structure du bâtiment

Résistance mécanique

Charges
permanentes

Charges
d’exploitation

Charges
climatiques

Résistance aux agressions

Stabilité
au feu

Corrosion

Architecturale

Création de volumes

Esthétisme

Respect des ouvertures,


- 6/93 - portes, fenêtres …
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Vêtage

Enveloppe du bâtiment
Ossature

Résistance mécanique
Vêture

Charges
Climatiques (vent, etc.)

Résistance aux agressions

Stabilité
au feu

Corrosion

Architecturale

Esthétisme

Fermeture du bâtiment

Respect des ouvertures,


portes, fenêtres …

Support de l’isolation

Isolation

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I.4. Terminologie

Schéma général d’un bâtiment industriel

Poteau +
Arbalétrier ou Lisse arbalétrier =
Auvent ferme horizontale Panne sablière Portique Chevêtre

Croix de St
Mezzanine André
Jarret
Poteau

Support de
bardage
Lisse verticale

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II. Les Normes


La charpente métallique est un mode de construction qui est très règlementé et normé.

Toutes ces normes et règles sont régies par les Documents Techniques Unifiés suivants :
• DTU 32.1 : Charpente Métallique Acier
• DTU 32.2 : Charpente Métallique Aluminium

Pour être plus précis, nous allons détailler les plus importantes règles et normes qui se
rapportent à la charpente métallique acier, car plus courante qu’aluminium.

II.1. Normes liées à la stabilité de l’ouvrage

•CM 66 et ADDITIF 80 : CM 66 est un ouvrage qui énonce les règles de calcul des
constructions en acier, dites règles CM 66, accompagnées de l'Additif 80. Les Règles CM
66 concernent essentiellement les structures à barres constituées à partir de pièces simples
ou composées de profils laminés. En prenant uniquement en compte le comportement
élastique de l'acier, elles ramènent les calculs de contraintes à une contrainte de référence,
dite contrainte de ruine, qui est la limite d'élasticité de l'acier utilisé. L'Additif 80 introduit
les notions de plasticité de l'acier et d'états limites (ELU et ELS), ce qui permet de tirer
parti des propriétés élasto-plastiques de l'acier et d'alléger les structures. Cela signifie que
le dépassement du seuil d'élasticité est autorisé et que l’additif 80 permet de définir des
méthodes de vérification prenant en compte la plastification de l'acier. Ces deux documents
réglementent donc la conception et le calcul des constructions métalliques.

•NV 65/67 et évolution N 84 : Cette règle permet de prendre en compte les efforts
extérieurs de neige et de vent pouvant s’exercer sur une structure métallique lors de son
dimensionnement. Ces efforts, qui sont calculés par rapport à la situation géographique,
ainsi que la morphologie de la structure, ajoutent une charge maximale pour être le plus
défavorable possible lors de la vérification de la stabilité.

Ces deux dernières règles ont complètement été reprises dans les EUROCODES qui sont plus
récents :
• EUROCODE 3 : Cet ouvrage s’applique au calcul des bâtiments et des ouvrages de
génie civil en acier. Il concerne les exigences de résistance, d’aptitude au service, de
durabilité et de résistance au feu des structures en acier. Cette réglementation est utilisée en
accord avec les documents suivants :
o EN 1990 : Base de calcul des structures acier.
o EN 1991 : Actions sur les structures.
o EN, ATE : Produits de construction concernant les structures acier.
o EN 1992 à 1999 : Lorsque des structures en acier ou composants sont
concernés.
o EN 1090 : Exécution des structures en acier et en aluminium.
L’EUROCODE 3 est composé de sept chapitres basés sur l’EN 1993 :
• Chapitre 1 : Généralité : règles complémentaires à celles données dans « Bases de calcul
des structures » de l’EN 1990.
• Chapitre 2 : Base de calcul : règles complémentaires à celles données dans « Bases de
calcul des structures » de l’EN 1990.

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TCE Construction Métallique

• Chapitre 3 : Matériaux : propriétés des produits en aciers de construction faiblement alliés.


• Chapitre 4 : Durabilité : règles générales pour la durabilité.
• Chapitre 5 : Analyse structurelle : analyse de structures pour lesquelles les barres peuvent
être modélisées avec une précision suffisante comme éléments filaires.
• Chapitre 6 : Etats limites ultimes : règles pour le calcul des sections transversales et des
barres.
• Chapitre 7 : Etats limites de service : règles pour le calcul de l’aptitude au service.

Toutes les normes et règles suivantes portent sur des points traités dans l’EUROCODE et les
complètent.

•NF P 92 – 702 : Cette norme est une règle de calcul mettant en place une méthode de
prévision par le calcul du comportement au feu des structures en acier et annexe
(méthodologie de caractérisation des produits de protection), dit DTU Feu-Acier.

•DTU P 92-704 : Cette règle, aussi appelée « Règles FPM 88 » met en place une méthode
de prévision par le calcul du comportement au feu des poteaux mixtes (acier + béton).

•NF P 06 – 013 ou PS 92 : Cette norme est une règle de construction parasismique


applicable aux bâtiments, relative à leurs domaines d’application, leurs conceptions et leurs
exécutions.

II.2. Normes liées aux assemblages

•NF P 22 – 430 : Cette norme concerne les dispositions constructives et le calcul des
assemblages par boulons non précontraints. Elle s’applique à la construction, au
renforcement, ou à la réparation des ouvrages ou éléments d’ouvrage en acier fixes ou
mobiles.

•NF P 22 – 431 : Cette norme concerne les conditions d’exécution des assemblages par
boulons non précontraints relatives à la norme NF P 22-430.

- Les normes suivantes NF P 22-460 à 469 concernent les assemblages par boulons
contrôlés :

•NF P 22 – 460 : Cette norme traite des dispositions constructives, ainsi que de la
vérification des assemblages par boulons contrôlés.

•NF P 22 – 461 : La présente norme a pour objet de définir une méthode pour la
détermination du coefficient conventionnel de frottement, servant au dimensionnement
des assemblages soumis à des efforts parallèles aux plans des joints.

•NF P 22 – 462 : Cette norme concerne l’usinage et la préparation des assemblages par
boulons contrôlés.

•NF P 22 – 463 : La norme fixe :


- les 2 classes de qualité, 1 et 2 : nous retrouvons deux types de boulons, les
boulons dit normaux et les boulons haute résistance pouvant être utilisés dans la
précontrainte.

- 10/93 -
TCE Construction Métallique

- Les conditions de stockage des boulons


- L’assemblage des pièces
- Les engins de serrage et d’étalonnage (Clé dynanométrique)
- La protection contre la corrosion

•NF P 22 – 464 : Cette norme traite du programme de pose des boulons haute
résistance. Nous y retrouvons les points suivants :
- Classes des boulons, la classe des boulons est définie par 2 chiffres. Le premier
chiffre * 100 donne la résistance à la traction du boulon et enfin le produit des 2
chiffres * 10 donne la limite d’élasticité
- Précontrainte de calcul
- Méthode de serrage adoptée
- Méthode de contrôle adoptée
- Plan de serrage

•NF P 22 – 466 : Cette norme traite des différentes méthodes de serrage des boulons
haute résistance suivante :
- Par couple imposé
- Par rotation contrôlée de l’écrou
Dans cette norme, nous retrouvons également les prescriptions concernant le pré-serrage :
- Dans quels cas doit-on effectuer un pré-serrage ?
- Quelles sont les méthodes de pré-serrage et avec quels outils ?
Et enfin elle décrit les moyens de contrôle :
- Contrôle du serrage
- Contrôle par desserrage et resserrage
- Contrôle par sur-serrage

•NF P 22 – 468 : Cette norme est relative aux constructions métalliques qui s’effectuent
par assemblages de boulons haute résistance à serrage contrôlé. Ce contrôle s’établit par
une rotation contrôlée de l’écrou, grâce à la détermination de l’angle de cette rotation.

•NF P 22 – 469 : Cette norme concerne l’étalonnage des clés dynanométriques qui
servent au serrage contrôlé des boulons lors d’assemblages en construction métallique.

•NF P 22 – 470/471/472/473 : Ces normes sont relatives aux assemblages des pièces en
acier par soudure. Elles concernent les dispositions constructives et les justifications des
soudures, leur fabrication, la qualification d'un mode opératoire de soudage, et les étendues
des contrôles non destructifs mis en place.

II.3. Normes liées aux différents produits utilisés en structure


métallique

•Norme NF EN 10 – 079 : Cette norme a pour but de répertorier les produits en acier
selon plusieurs critères : leurs formes, leurs dimensions, leurs aspects et leurs états de
surface.

- 11/93 -
TCE Construction Métallique

•AFNOR SIS 055900 : Cette norme est spécifique à la provenance de l’acier utilisé
dans les assemblages. Cet acier ne devra pas présenter de traces de piquetage ou de rouille
plus importantes que celles de la qualité réglementaire (C) indiquée dans cette norme.

•Norme NF EN 10 – 025 : Cette norme, qui s’identifie en 6 parties, concerne les


produits laminés à chaud en acier de construction en décrivant :
- Conditions techniques générales de livraison.
- Conditions techniques de livraison des aciers de construction non alliés.
- Conditions techniques de livraison des aciers de construction soudables à
grains fins à l’état normalisé/laminage normalisant.
- Conditions techniques de livraison des aciers de construction soudables à
grains fins obtenus par laminage thermomécanique.
- Conditions techniques de livraison des aciers de construction à résistance
améliorée à la corrosion atmosphérique.
- Conditions techniques de livraison des tôles et larges plats en acier de
construction à haute limite d’élasticité à l’état trempé et revenu.

•Norme NF EN 10 - 113 : Cette norme se compose de 3 parties. Elles concernent les


produits laminés à chaud en acier de construction soudables à grains fins. Elle s’applique
aux aciers obtenus par laminage normalisant et par laminage thermomécanique.

•NF A 45 - 001 à 010 : Ces normes concernent le dimensionnement et les tolérances


des produits suivants :
- Ronds laminés à chaud
- Carrés en acier laminés à chaud pour usages généraux
- Plats en acier laminés à chaud pour usages généraux
- Petits fers en U laminés à chaud
- Cornières à ailes égales et inégales en acier de construction

•NF A 45 - 201/255 : Ces deux normes traitent des dimensionnements et des produits
sidérurgiques laminés à chaud dans le cas de profilés en UAP, c'est-à-dire des poutrelles
à larges ailes à faces parallèles.

•NF A 81 - 301 / 302 / 309 : Ces normes précisent les produits qui sont utilisés pour le
soudage manuel à l’arc avec électrodes basiques enrobées, pour des aciers non alliés et
des aciers à grains fin.

•NF EN 12499 : La présente norme concerne la protection cathodique contre la


corrosion des métaux ainsi que des structures métalliques.

•PN A 91 – 201 : Cette norme décrit la métallisation des aciers par projection d’une
couche de zinc.

•NF A 91 – 102 : Cette norme concerne la protection des aciers par galvanisation, en
définissant une épaisseur du dépôt électrolytique de zinc et de cadmium nécessaire en
fonction du degré de corrosion.

•NF A 91 – 121 : Cette norme est relative aux revêtements par galvanisation à chaud
sur produits finis ferreux par immersion dans le zinc fondu. Elle précise les spécifications
du procédé et les méthodes d’essai.

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•NF A 49 - 700 et NF A 35 - 503 : Ces deux normes sont des généralités concernant la
galvanisation. Elles ont pour objet de définir les exigences au niveau de l'analyse chimique
auxquelles doivent satisfaire les produits sidérurgiques tels que : tôles, larges-plats, laminés
marchands, poutrelles, feuillards, profilés à chaud, profils creux, tubes, en acier destinés à
être galvanisés par immersion à chaud.

•Norme NF A 35 – 502 : Cette norme est relative aux aciers de construction à résistance
améliorée à la corrosion atmosphérique.

II.4. Normes liées à la mise en œuvre

•NF EN 1090 : Cette norme concerne les éléments de construction en acier et en


aluminium. On y retrouve les conditions générales de livraison, les exigences techniques
d’exécution.

•NF EN 1011 : Cette norme concerne toutes les recommandations pour les soudures
par fusion de matériaux métalliques quelque soit leur forme de livraison (par exemple
moulés, extrudés, forgés). Elle aborde notamment le soudage à l’arc, le soudage manuel à
l’arc, le soudage bout à bout, soudure d’angle, préparation des angles.

•NF P 22 – XXX : Ces normes qui sont spécifiques aux assemblages par boulons
abordent aussi l’aspect d’exécution.

II.5. Normes liées aux essais et contrôles


Les aspects d’essais et de contrôles sont traités dans certaines normes qui ont été citées
auparavant. Voici les points les plus importants traités :

• Les ouvrages métalliques sont sensibles à la corrosion et doivent être protégés. Il est
pour cela nécessaire de prendre des dispositions adaptées lors de la conception, de la
construction et de l’exploitation des ouvrages : le phénomène de corrosion concerne tous
les acteurs. Il menace la pérennité des ouvrages et engendre des risques sécuritaires
importants vis-à-vis des hommes et de l’environnement.

• Les constructions métalliques sont aussi assujetties à la stabilité qui est indispensable.
Pour cela, de nombreux essais et contrôles sont mis en place pour tester la résistance des
aciers en traction, en compression, en flexion, au flambement, etc, en fonction des types de
profilé.

• Les assemblages sont aussi soumis à des essais et des contrôles, notamment pour les
assemblages par boulonnage. Le serrage avec une clef dynanométrique est très règlementé.

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III.Les principaux matériaux


De manière générale, dans une construction métallique la structure est en acier, alors que la
vêture et le vêtage sont en aluminium.

III.1. L’acier

L’acier est un alliage à base de fer additionné d’un faible pourcentage de carbone (de
0,050% à environ 2,10% en masse) et d’autres éléments en faible quantité (des impuretés et
des introductions volontaires, comme le silicium ou le nickel, ajustables en fonction du
résultat recherché).

Acier = Fer + Carbone + Autres éléments

La teneur en Ca est importante

% Ca < 0,050 => alliage malléable, on parle de FER

% Ca > 2,10 => structure fragilisée, on parle de FONTE

0,050 ≤ % Ca ≤ 2,10 => plus le pourcentage en Ca augmente, plus la résistance mécanique et


la dureté de l’alliage augmentent

Concernant la soudabilité de l’acier, il est à noter que cette dernière augmente avec la baisse
du pourcentage en Ca. Il faut donc trouver le juste milieu.

III.1.1. Ses Intérêts

• Valeurs élevées dans les propriétés mécaniques fondamentales :


- Résistance aux efforts : module d’élasticité, limite élastique, résistance mécanique
- Dureté
- Résistance aux chocs (résilience)

• Très bonne ductilité : capable de subir une déformation importante avant de se rompre
sans dégradation dans sa constitution, sans détérioration de sa résistance et de sa rigidité.

• Résistance aux efforts alternés : se déforme de manière semblable en compression et


en traction.

• Tenue en fatigue : supporte un grand nombre de cycles et de charges avant rupture.

• Coût d’élaboration plutôt modéré car le minerai de fer est très abondant sur terre
(environ 5% de l’écorce) et sa transformation en alliage est assez simple.

• Fort potentiel de recyclage.

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III.1.2. Ses inconvénients

ƒ Mauvaise résistance à la corrosion, mais deux manières de palier à cet inconvénient :

1) Traitement de surface :

• Peinture

• Brunissage : technique de polissage utilisée en finition.

• Zingage : traitement de surface entraînant la formation d’un revêtement métallique


de zinc. C’est un recouvrement par écrasement de particules de zinc, ou par
déposition électrolytique de zinc, ou par projection de zinc fondu.

• Galvanisation à chaud : technique de l'industrie de la métallurgie qui est utilisée


pour renforcer une pièce d'acier à l'aide de zinc. Elle consiste à revêtir et à lier de
l'acier avec du zinc en immergeant l'acier dans un bain de zinc en fusion.

NB : pour qu’une peinture puisse tenir sur du zinc, il est nécessaire de traiter
soigneusement la surface au préalable. L’objectif est d’inhiber les réactions chimiques
à l’origine de phénomènes de délaminage (pelage des peintures). Pour cela, il faut
dépoussiérer et dégraisser la surface, puis appliquer une sous-couche qui servira de
support d’accrochage.

2) Ajout d’éléments inoxydables :

Acier inoxydable = Fer + Carbone + Chrome + Autres éléments

Carbone => maximum 1,2% en masse (afin d’éviter la formation de carbures)


Chrome => minimum 10,5% en masse
Autres éléments => nickel, molybdène, vanadium qui améliorent la résistance à
la corrosion.

Avantages : résistance à la corrosion (grâce au chrome qui va s’oxyder et


former une peau protectrice, grande résistance mécanique).

III.1.3. Sa fabrication

ƒ Matières premières => Acier liquide

- Usine d’agglomération : Au départ, le minerai de fer possède des propriétés chimiques et


physiques qui le rendent inexploitable par le haut-fourneau. Il faut donc le préparer par
broyage et calibration en grains qui s’agglomèrent entre eux. Le tout est cuit sous hotte à
1300°C. On obtient un aggloméré que l’on va concasser et calibrer.

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- Haut fourneau : minerai de fer préparé en usine d’agglomération + coke (carbone presque
pur doté d’une structure poreuse et résistante à l’écrasement, utilisé ici en tant que réducteur).
On extrait le fer de son minerai → le fer se charge en carbone => on obtient de la fonte.

En parallèle, nous avons aussi le four électrique, employé pour les aciers longs et les aciers
inoxydables. On y utilise de la ferraille recyclée que l’on va fondre à l’aide d’arcs électriques.

Four électrique

- Convertisseur à oxygène : convertit la fonte en acier en brûlant les éléments indésirables


(carbone en partie et résidus) grâce à l’insufflation d’oxygène pur. On obtient de l’acier
liquide que l’on va verser dans une poche.

Convertisseur
- Mise à nuance :
Calmage → consomme l’oxygène dissout dans l’acier
Dégazage → décarburation, déshydrogénation
Affinage → ôte les derniers éléments indésirables (phosphore, soufre)
Ajout des éléments d’alliage

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- Mise à température : mise à la bonne température pour le coulage → 30°C au dessus du


liquidus de l’alliage.

ƒ Acier liquide => Demi-produits

- Coulée continue : acier liquide coulé dans une lingotière de forme souhaitée (carrée,
rectangulaire ou ronde selon ce que l’on veut fabriquer), puis refroidissement violent à l’eau.
On obtient des demi-produits qui vont porter différents noms :
_ « Brames », pour les produits plats
_ « Blooms » et « Billettes », pour les produits longs de forme carrée

Coulée

ƒ Demi-produits => Produits finis

- Laminage : mise en forme des demi-


produits sous forme de produits finis. A partir
des brames, on va pouvoir obtenir des
plaques, des feuilles, des bobines, etc. En
utilisant les blooms et les billettes, on
obtiendra des poutrelles, des profilés, des
rails, des barres, des fils, etc.

Laminage

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Schéma complet du cycle de fabrication :

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III.1.4. Les nuances et les qualités d’acier

ƒ La nuance est définie à partir de la valeur de l’une de ses caractéristiques mécaniques


de base : la limite d’élasticité.

Ex : aciers doux de nuance S 235


S = indique acier pour utilisations structurelles
235 = valeur minimale de la limite d’élasticité en N/mm2 (ou MPa)

Le choix de cette nuance se fait en fonction de la conception des assemblages et des


conditions de service du bâtiment.

ƒ La qualité d’un acier de construction est désignée en fonction de la soudure et des


valeurs de résilience et caractéristiques physiques prescrites.

Ex : S 355 J0 G3 ou S 355 ML
- J et K expriment les valeurs de résilience respectivement de 27 joules et 40 joules.
- L, M, N et W expriment certaines caractéristiques physiques :
L = aciers pour basses températures
M = laminage thermomécanique
N = laminage normalisant
W = acier patinable
- la lettre et le numéro suivants indiquent la température à laquelle a été effectué le test de
résilience :
R = température de +23°C (± 5°C)
0 = température 0°C
2 = température de -20°C
G3 et G4 = état de fourniture à discrétion du producteur

III.2. L’aluminium
Elément chimique de symbole Al extrait d’un minerai appelé bauxite. C’est un métal argenté.

III.2.1. Ses avantages

• Bonne résistance à l’oxydation

• Oxydable à l’air → formation d’une couche protectrice imperméable d’oxyde


d’aluminium (Al203)

• Faible densité (2,7), environ trois fois plus faible que celle de l’acier

• Métal ductile

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III.2.2. Sa Production

On extrait l’alumine (Al203) de la bauxite :


1) La bauxite est traitée par solution de soude
2) On obtient de l’Al (OH)3, qui donne de l’alumine par chauffage.
3) L’aluminium est extrait par électrolyse.

Il faut 4 à 5 tonnes de bauxite pour extraire 1 tonne d’aluminium.

III.2.3. Son recyclage

Excellente recyclabilité → il suffit de le fondre.

Cela consomme 95% d’énergie en moins que le cycle de production et permet d’économiser 4
à 5 tonnes de bauxite pour chaque tonne d’aluminium traitée.

III.2.4. Le thermo laquage

C’est un traitement de surface qui consiste à appliquer une peinture poudre sur une pièce
métallique galvanisée. Il faut ensuite cuire au four ce revêtement.

On utilise ce traitement de surface pour remédier au problème de la simple peinture. En effet,


quand on peint une pièce métallique, le traitement ne se fait qu’en surface et pas dans toutes
les petites cavités du métal. De ce fait, tous les deux ans environ (durée de garantie de la
peinture), des traces de rouille apparaissent et il faut à nouveau peindre la surface.

En utilisant le thermo laquage, on protège le métal en profondeur, ce qui donne une durée de
vie supérieure à la peinture (10 ans environ).

Concernant le thermo laquage, il existe un label qui garantit une qualité supérieure au
produit : le label QUALICOAT.

Le but de ces directives est de


fixer les exigences minimales
qui doivent être imposées aux
installations, aux produits finis
et aux matières premières. Ces
directives doivent permettre de
réaliser des produits thermo
laqués de qualité supérieure destinés aux applications architecturales quelle que soit la
méthode de thermo laquage utilisée.

Tout traitement ultérieur non prévu dans ces directives peut affecter la qualité d’un produit
thermolaqué et engage la responsabilité de celui qui le pratique. Les directives sont à la base
de l’octroi et du maintien du label de qualité.

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Thermolaquage QUALICOAT
Pérennité XXX
Tenue de l’aspect XXX
Eventail des couleurs XXXX
Uniformité de la teinte XXXX
Résistance au frottement XX
Aspect métallique XX
Mise en forme N.R. XX
Facilité d’entretien XXX
Application aux pièces soudées XXXX

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IV. Coupes et conceptions


IV.1. Les profilés en acier

Pourquoi utilise-t-on des profilés ?

Le développement de la production dans le milieu industriel a nécessité des bâtiments


de plus en plus spacieux, avec des portées de plus en plus importantes. Les capacités du fer
avaient atteints leurs limites. Le profilé en acier est un produit fini, qui est le fruit d’une
optimisation de la part des industries sidérurgiques répondant aux exigences nouvelles. En
effet, le profilé est un produit garantissant des qualités mécaniques bien définies et facilitant le
chiffrage économique (standard).

Considérons une poutre de section quelconque soumise à la flexion. Nous constatons


que la partie supérieure est comprimée alors que la partie inférieure est tendue. Le travail du
reste de la section peut relativement être négligé.

Partie comprimée

Partie tendue

Schéma de principe d’une section de poutre soumise à la flexion

Cette démonstration explique les sections en I et en H des profilés. Ainsi, les « ailes »
représentent les parties travaillant en compression et traction. L’« âme » qui relie ces ailes
permet de maintenir une certaine résistance à l’effort de cisaillement (minimum).

A retenir ! :

A masse égale, une section de type I ou H a une inertie plus élevé qu’une section carrée ou
ronde car le calcul de l’inertie prend en compte la distance entre le centre de gravité d’une
section et un point quelconque de la section et augmente en conséquence.

σ section = A / Inertie A coefficient en fonction de la charge.

Pour une section donnée, plus l’inertie est élevée, moins la contrainte dans la section est
grande ce qui permet d’augmenter la charge.

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Les critères de choix d’un profilé.

Le choix d’une section de profilé s’effectue selon 3 critères :

• Le rôle structurel : L’élément qui transfère les charges par la flexion nécessite un
profil creux rectangulaire ou circulaire.

• Le rôle esthétique : Visibilité de la structure et des détails d’assemblages et


encombrement du volume.

La possibilité de jouer un rôle secondaire : Assemblages de gaines et conduits techniques


à l’intérieur des profilés.

Une fois en fusion, l’acier est coulé dans des lingotières. On obtient alors des lingots
d’acier, qui une fois préchauffés sont introduits dans des laminoirs dégrossisseurs pour obtenir
un produit qui est, soit de section carrée bloom, soit de section rectangulaire brame.
Ce sont des produits semi-finis qui restent inutilisables pour l’utilisateur (industrie).

bloom brame

Ce passage dans un laminoir de dégrossissage est une première étape durant laquelle le
métal préalablement réchauffé est écrasé par l’intermédiaire de deux cylindres, dont le sens de
rotation est opposé. Cela s’appelle le laminage à chaud.

Ce laminage à chaud est complété par un deuxième passage dans un laminoir de finition,
qui permet de varier la forme selon le produit fini souhaité.
Ainsi, les profilés sont obtenus grâce à l’usage de cylindres cannelés et les tôles à l’aide de
cylindres lisses.

Train de laminage de profilés Train de laminage continu

On obtient alors des produits finis.

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La norme divise les produits finis plats en 3 catégories :

• Les tôles dites fines : e < 3mm


• Les tôles dites moyennes : 5mm > e >3mm
• Les tôles dites fortes : e >5mm

Certains produits plats peuvent subir, par la suite, un laminage à froid qui permet
d’obtenir des épaisseurs inaccessibles à chaud (e << 3 mm).

Les produits sidérurgiques utilisés dans le domaine de la construction sont généralement


regroupés en trois catégories :

• Les produits longs qui sont sous la forme de barres, profilés, tubes, fils, etc, trouvent
leurs usages courants dans la charpente métallique, l’ossature du bâtiment et le support du
bâtiment (poutres et poteaux), mais également en fondation associé au béton.

• Les produits plats qui sont sous la forme de bobines, de feuilles, etc, revêtus ou non
sont généralement utilisés dans les planchers (bac collaborant, coffrage perdu), en façade
(bardage, plateau), et en couverture (couverture sèche, support d’étanchéité).

• Les aciers moulés sont des produits qui ont été coulés dans un moule à matériau
réfractaire qui donne une forme et des dimensions définitives.

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Désignation Section Caractéristiques particulières

Utilisation : POTEAUX

Moment d’inertie Iz plus élevé que


HE
les profilés en I.
HEA, HEB et HEM permettent une
progression de la capacité portante.

Utilisation : POUTRES et PANNES


IPE/IPN
Poids unitaire faible

Utilisation : POUTRES, éléments


secondaires.
UAP/UPN/UPE
A hauteur de profil égal avec un I, sa
masse est supérieure de 10%

PRS Utilisation : Création sur mesure


(Poutrelles selon besoin.
reconstituées
soudées) Crée par soudages de profilés I ou H

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Poutrelles Utilisation : POUTRES comprenant


alvéolaires réservation.

Exemple de tableau de caractéristiques des profilés HEA et HEB.

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IV.2. Les assemblages


On appelle « assemblage » la zone d’interconnexion de deux éléments ou plus. Sa fonction
principale est de transmettre correctement les efforts entre ces éléments. On distingue deux
catégories d’assemblage :
- contacts mécaniques,
- les assemblages par procédés de soudage, qui assurent une continuité entre les pièces
métalliques au niveau des joints.
La résistance d’un assemblage est déterminée sur la base de la résistance individuelle de ses
composants. Dans le cas où des fixations possèdent des rigidités différentes pour reprendre un
effort de cisaillement, on dimensionne généralement la fixation possédant la plus grande
rigidité.

La ruine d’un assemblage peut être due à un dépassement des valeurs maximales des efforts à
transmettre ou à des phénomènes de fatigue.
Les phénomènes de fatigue peuvent dépendre de l’acier de la structure ou bien des traitements
subis lors de la mise en œuvre des assembleurs.

IV.2.1. Les assemblages par procédés mécaniques

a. Les boulons traditionnels :

Le boulonnage, du fait de sa simplicité de mise en œuvre et de sa possibilité de réglage, est


l’un des assemblages les plus utilisés en construction métallique. Il se fait à l’aide de pièces
métalliques cylindriques qui permettent d’assembler entre elles les différents éléments d’une
charpente, par exemple. Pour cela, des trous d’un diamètre légèrement supérieur à celui des
boulons (afin de permettre un certain jeu) sont préalablement percés dans les pièces qui sont à
assembler.
Un boulon traditionnel est composé d’une vis, d’un écrou et d’une ou deux rondelles (dans
certains cas facultatives). Généralement, la tête de la vis et l’écrou sont de forme hexagonale
ce qui facilite le serrage qui se fait à l’aide de clefs.

Composants d'un boulon

On distingue deux catégories de boulons traditionnels :

• Les boulons ordinaires :


Ils ne nécessitent pas de précaution particulière lors de leur mise en œuvre.
La qualité d’un boulon est définie par son appartenance à des classes. Ces classes sont
fonction de la limite d’élasticité et de la résistance à la traction ultime (ou limite de rupture)
du boulon considéré.

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Valeurs nominales de la limite d'élasticité fyb et de la résistance ultime à la traction fub


des boulons ordinaires

Le premier nombre représente 1/100 de la limite de rupture Fub, et le produit des deux
nombres est égal à 1/10 de la limite d’élasticité Fyb (MPa). Exemple pour un boulon 4.6
Fyb = 4 x 6 x 10 = 240 MPa et Fub = 4 x 100 = 400 MPa.

Transmission des efforts :


Lorsqu’un effort est perpendiculaire à l’axe du boulon (effort de cisaillement), les pièces
assemblées doivent pouvoir glisser jusqu’à rentrer en contact avec la tige de la vis. Une
pression latérale dans les zones de contact entre pièces et tiges est induite et ces dernières sont
cisaillées au droit des surfaces de glissement, tandis que les pièces assemblées sont soumises à
de la pression seulement aux points de contact.

Effort de cisaillement

Dans le cas d’un assemblage de deux plats tendus à l’aide d’un seul boulon, les efforts, qui
ont tendance à vouloir aligner les deux pièces, provoquent la rotation du boulon ce qui induit
du cisaillement et de la traction dans ce dernier. La tête et l’écrou sont aussi sollicités par des
contraintes de flexion locales, ce qui favorise un mauvais comportement à la fatigue. La
solution à ce problème est l’utilisation de rondelles.

Assemblage de deux plats tendus par un seul boulon

Lorsque l’effort est parallèle à l’axe des boulons (effort de traction), les pièces assemblées
sont soumises à un poinçonnement provoqué par la tête de la vis et l’écrou (ou les rondelles,
si celles-ci sont en contact avec les pièces).

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Vérification des boulons ordinaires :

Le tableau suivant permet de calculer les résistances individuelles des boulons selon l’effort
auquel ils sont soumis :

Avec d= diamètre de la tige


t= épaisseur de la
plus petite
pièce assemblée
d0= trou dans la
pièce

• Vérification d’un boulon à la traction : la sollicitation en traction ne doit pas dépasser


la résistance individuelle du boulon à la traction, soit Ft< ou = Ft,r
• Vérification d’un boulon au cisaillement : on doit avoir Fv< ou = Fv,r
• Vérification d’un boulon au cisaillement et à la traction combinés : cf tableau ci-dessus

• Les boulons à haute résistance (HR) :


Ces boulons sont réalisés dans des aciers à haute limite d’élasticité. Leurs caractéristiques
mécaniques sont obtenues par traitement thermique. Il est toutefois important de souligner que

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pour que l’assemblage soit considéré comme HR, tous les éléments de celui-ci doivent être
marqués HR.
La précontrainte de ces boulons dépend de la qualité de leur mise en œuvre, d’où la nécessité
d’une main d’œuvre qualifiée. Si dans le cas des boulons ordinaires, les rondelles sont
facultatives, dans le cas des boulons précontraints, une rondelle doit obligatoirement être
placée entre l’écrou et l’élément à assembler.

Boulon précontraint

Un assemblage de ce type est destiné à mobiliser le frottement entre les pièces assemblées,
grâce à la précontrainte installée, qui assure une forte pression entre les pièces assemblées.
Dans le cas d’un effort parallèle à l’axe des boulons, les pièces restent en contact tant que
l’effort extérieur reste inférieur à l’effort de précontrainte.

Vérification des boulons précontraints :

La valeur de l’effort de serrage d’un boulon précontraint doit être égale à :

Fp = 0,7*As*Fub

La résistance au glissement d’un boulon précontraint est définit par la relation suivante :

Fs = (Ks*n*µ*Fp) / γ

Avec γ : coefficient de sécurité égale à 1,25


n : nombre de surfaces de frottement
µ : coefficient de frottement des pièces assemblées. Sa valeur varie selon l’état de
surface des pièces.

La classe A correspond aux surfaces grenaillées ou sablées


La classe B aux surfaces grenaillées, sablées et peintes
La classe C aux surfaces brossées

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La classe D aux surfaces non traitées

Les valeurs du coefficient Ks sont données dans le tableau suivant :

• Comparaisons entre boulons ordinaires et boulons précontraints :


Le comportement des boulons ordinaires et boulons précontraints est différent selon
l’orientation de l’effort appliqué.
Dans le cas d’efforts parallèle à l’axe, il vaut mieux utiliser un boulon HR car la contrainte de
traction est plus faible pour cette catégorie de boulons.

L’Eurocode 3 définit la conception et le calcul des attaches boulonnées selon différentes


catégories, allant de la catégorie A à la catégorie E.
Pour les sollicitations au cisaillement, les assemblages par boulons doivent être conformes
aux catégories suivantes :
- Catégorie A : travaillant à la pression diamétrale.
On utilise pour cette catégorie des boulons dont la classe est comprise
entre les classes 4.6 et 10.9 incluse. Ces boulons ne nécessitent pas
d’être précontraints et les surfaces en contact n’ont besoin d’aucun
traitement particulier.
- Catégorie B : résistant au glissement à l’ELS (état limite de service)
Il convient d’utiliser des boulons précontraints à haute résistance, de
classes 8.8 et 10.9. L’effort de cisaillement à l’ELS ne doit pas dépasser
la résistance de calcul au glissement.
- Catégorie C : résistant au glissement à l’ELU (état limite ultime)
Comme pour la catégorie B, on utilise de boulons précontraints à haute
résistance (classes 8.8 et 10.9). L’effort de cisaillement à l’ELU ne doit
pas dépasser la résistance de calcul au glissement.

Pour les sollicitations à la traction, les assemblages par boulons doivent être conformes aux
catégories suivantes :
- Catégorie D : par boulons non précontraints
Dans cette catégorie sont utilisés les boulons de classes comprises entre
4.6 et 10.9 incluse. Il n’est pas possible d’utiliser cette catégorie si les
attaches sont soumises à des variations fréquentes de sollicitations, mais

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elle peut convenir pour les attaches calculées pour résister aux actions
usuelles du vent.
- Catégorie E : par boulons précontraints
On utilise, pour cette dernière catégorie, des boulons de classes 8.8 et
10.9 à serrage contrôlé.

Figure 1 : Catégories d'attaches boulonnées

b. Les boulons injectés :

Ce sont des boulons pour lesquels le jeu entre le


boulon et la paroi du trou est complètement bouché
après injection d’une résine.
Trou dans la tête du boulon

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Injection de la résine

Pour pouvoir injecter la résine, un petit trou dans la tête des boulons (ordinaires ou
précontraints) est percé. Une rondelle en acier trempé dont l’intérieur a été usiné est placée
sous tête. Une autre, munie d’une gorge est placée sous l’écrou pour permettre à l’air de
s’échapper.

Une fois que la résine a fait prise, plus aucun glissement n’est possible. Ce type d’assemblage
s’utilise donc pour le cisaillement. En effet, la transmission des efforts se fait par cisaillement
et pression latérale pour les boulons injectés ordinaires et par cisaillement et frottement pour
les boulons injectés HR à serrage contrôlé.

Cette technique présente certains avantages :


• la résine comble complètement le jeu entre le boulon et les pièces assemblées donc
aucune corrosion interne n’est possible
• la possibilité de réaliser des jeux plus importants facilite le montage et permet ainsi un
gain de temps
• dans les assemblages par boulons HR, un glissement peut survenir si il y a une
surcharge. Avec les boulons injectés, aucun glissement soudain ne peut se produire.

Cependant, il est important de souligner que du fait du « collage » induit par la résine, il est
difficile de démonter des boulons injectés une fois que la résine à fait prise.

Vérification des boulons injectés :

La résistance à la pression diamétrale du boulon injecté est déterminée au moyen de la


relation suivante :

Fb,r,resine = (Kt*Ks*d*tp,resin*β*fb,resin) / γ

Avec :
- Kt = 1 à l’ELS ; 1,2 à l’ELU
- Ks = 1 pour les trous normaux
- d = diamètre de la tige
- tp,résine = épaisseur efficace de résine en pression diamétrale (valeurs : voir tableau)
- β = coefficient dépendant du rapport d’épaisseur des plaques attachées t1/t2 (valeur :
voir tableau)
- fb,résine = résistance en pression diamétrale de la résine

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- γ = coefficient de sécurité égal à 1

c. Les boulons sertis :

Les boulons sertis sont constitués de deux pièces :


une tige avec une tête à une extrémité et une
bague.

Cette dernière est sertie sur la tige à l’aide d’un


pistolet hydraulique, constituant ainsi une
deuxième tête.
Le pistolet hydraulique possède une bouterolle
(ou nez de pose) différente pour chaque Composition d'une tige
dimension de bague.

Le principe de mise en œuvre est le suivant :

Principe de mise en œuvre

• On met en place la tige dans le trou préalablement réalisé et la bague est vissée
manuellement sur la partie de la tige qui possède des cannelures hélicoïdales.
• On place le pistolet de manière à ce que la bouterolle vienne en contact avec la bague.
• Lorsque la gâchette est actionnée, des mors viennent serrer la tige et la tirent vers
l’intérieur de la bouterolle. Celle-ci exerce alors une force sur la bague qui se déforme : elle
vient se sertir sur les cannelures en remplissant complètement le vide qu’il y avait entre la
bague et la tige.
• L’effort de traction sur la tige continue d’augmenter jusqu'à ce que celle-ci casse au
niveau de sa gorge de rupture. Une fois rompue, la tige, qui a subit un allongement, a

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tendance à reprendre sa forme initiale mais la bague l’en empêche : les pièces sont alors
comprimées et l’assemblage est assuré.

Les boulons sertis sont utilisés notamment dans le cas d’assemblages soumis à de fortes
vibrations. Le fait que le boulon soit serti signifie qu’aucun jeu n’est permis entre la bague et
la tige. Il n’y a donc aucun risque que l’assemblage se dévisse, contrairement au boulon
traditionnel.

d. Les rivets :

Si les moyens les plus couramment utilisés aujourd’hui sont, de part leur facilité de mise en
œuvre, les boulons (ordinaires et à haute résistance) et le soudage, le rivetage a longtemps été
le procédé de prédilection en construction métallique. Il existe deux formes principales de
rivets :
• rivets à tête ronde
• rivets à tête fraisée

Types de rivets

Les rivets sont généralement posés à chaud (entre 900 et 950°C). Le rivet est positionné dans
le trou préalablement percé. Une deuxième tête est formée à l’aide d’une bouterolle et d’une
contre bouterolle. La contre bouterolle est placée du côté où se trouve la tête existante pour
empêcher tout déplacement et la contre bouterolle est martelée à la main ou à l’aide d’une
machine pour former la deuxième tête.

Mise en œuvre des rivets

La réaction due au refroidissement augmente le serrage entre les pièces, ce qui crée une sorte
de précontrainte.

IV.2.2. Les assemblages par procédés de soudage

Pour effectuer une soudure, il est nécessaire de faire fondre l’acier. Pour arriver à une telle
température, il existe trois méthodes :
• la flamme oxyacéthylénique

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• la résistance au passage d’un courant


• l’arc électrique
Pour l’acier de structure, le mode de soudage le plus couramment utilisé est celui de l’arc
électrique.
Le soudage consiste à faire fondre un métal d’apport en même temps que les pièces à
assembler. Le métal fondu provenant de chaque élément est réuni et au fur et à mesure qu’il
refroidit, ce bain de fusion se transforme en lien solide et assure la continuité des pièces.
Les valeurs de limite d’élasticité, de résistance ultime à la traction et d’allongement à la
rupture du métal d’apport doivent être égales ou supérieures à celle du métal de base.

Terminologie de la soudure :
- métal de base : métal de l’élément à souder
- métal d’apport : métal de l’électrode
- racine : endroit de l’assemblage jusqu’où le métal d’apport a pénétré
- face : surface de la soudure
- pied : ligne de séparation entre le métal de base et le métal d’apport
- ZAT (zone affectée thermiquement) : partie du matériau de base qui n’est pas
rentrée en fusion mais qui a subit un chaud/froid très rapide au passage de l’arc de
soudage. Cette zone acquiert donc un comportement fragile.

Terminologie de la soudure

Il existe plusieurs procédés classés en trois catégories :


- le soudage manuel (soudure d’accès difficile, petite longueur)
- le soudage automatique (la tête de soudage se déplace automatiquement le long du
joint, intéressant pour des joints longs)
- le soudage semi-automatique
Le choix de procédé se fait en fonction de l’épaisseur du matériau, de l’endroit où la soudure
doit être faite, de l’accès au joint, de la composition de l’acier de base et du coût comparé.

Différents types de soudure :

- Les soudures d’angle : elles sont utilisées pour l’assemblage de pièces dont les faces
forment un angle compris entre 60 et 120°. Si l’angle est inférieur à 60°, on considère
la soudure comme une soudure bout à bout à pénétration partielle.
- Les soudures d’angle discontinues : on ne peut pas les utiliser en milieu corrosif.

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- Les soudures bout à bout : il existe deux types de soudure bout à bout : à pleine
pénétration et à pénétration partielle.
Une soudure bout à bout à pleine pénétration présente une pénétration et une fusion
complète des métaux d’apport et de base sur la totalité de l’épaisseur du joint.
Une soudure bout à bout à pénétration partielle présente une pénétration dans le joint
inférieure à l’épaisseur du métal de base.
- Les soudures en entaille et en bouchon : elles sont rarement utilisées dans les
structures de bâtiment. Elles ont pour fonction d’empêcher le voilement ou la
séparation de pièces superposées ou de transmettre un cisaillement

Résistance de calcul :

- soudure d’angle : la résistance d’une soudure d’angle est considérée comme bonne si
la résultante de tous les efforts transmis par la soudure suit la relation suivante :
Fw,Ed ≤ Fw,Rd
Où Fw,Ed est la valeur de calcul de l’effort exercé dans la soudure par unité de
longueur
Fw,Rd est la résistance de calcul de la structure par unité de longueur
- soudure bout à bout à pleine pénétration : on prendra pour résistance de calcul de ce
type de soudure la résistance de calcul de la plus faible des pièces assemblées.
- soudure bout à bout à pénétration partielle : elle sera traitée comme une soudure
d’angle à forte pénétration.
- soudure en entaille : idem soudure d’angle

Vérification des soudures :

Pour que la résistance d’une soudure d’angle soit satisfaisant, il faut respecter les 2 critères
suivants :

Avec :

• Fu : résistance nominale ultime à la traction de la pièce assemblée la plus faible


• βw : facteur de corrélation (voir tableau)
• γ : coefficient de sécurité égal à 1,25

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IV.2.3. Choix des différents assemblages

Lorsqu’un assemblage en cisaillement est soumis à des chocs, à des vibrations ou à des
charges alternées, on utilise :
• le soudage
• les boulons munis de dispositif de blocage (ex : boulons sertis)
• les boulons précontraints
• les boulons injectés
• les rivets.

Lorsque aucun glissement n’est toléré dans un assemblage, on utilise :


• des boulons précontraints de catégorie B ou C
• des rivets
• des soudures.

Pour des poutres au vent et les contreventements, on peut utiliser :


• des boulons ordinaires (catégorie A).

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V. Dimensionnement et liaisons
V.1. Dimensionnement

V.1.1. La fonction

Elle conditionne le plus souvent la conception de l’ossature. Afin d’assurer la stabilité de la


structure pour une utilisation normale, plusieurs paramètres sont à prendre en compte :

- L’ensemble des charges qui viendront solliciter la structure. (charges climatiques, charges
d’exploitation, charges permanentes). Leur identification est nécessaire pour le
dimensionnement des éléments métalliques.
- L’utilisation de la structure. Elle permet d’identifier l’espace nécessaire, et donc de définir
l’encombrement optimal des éléments métalliques et ainsi la dimension des portées et
les déformations admissibles de celles ci.
- Les modes d’assemblages (articulations, encastrements, appuis simples). De ceux-ci dépend le
mode de sollicitation de la structure. Ils déterminent le dimensionnement des éléments
métalliques.
- Le schéma statique de la structure. Le degré d’hyperstaticité détermine les efforts dans les
liaisons.
- La nuance de l’acier : Sa résistance mécanique.

V.1.2. La nature des actions

Les différentes actions rencontrées dans un bâtiment sont :

- Actions permanentes (G) : Poids propre de la structure et équipements fixes.


- Actions variables (Q) : charges d’exploitation, action du vent ou de la neige.
- Actions accidentelles (A) : telles qu’explosions ou chocs.

Les valeurs des actions sont tirées du DTU 06-006 N84 dans de cas de la neige, dans le DTU
P 06-002(NV 65) dans le cas du vent. Ces valeurs varient selon la localisation géographique
du projet en France.
Les valeurs des charges d’exploitation sont répertoriées dans la norme NF P 06-001.

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V.1.3. Règlements aux états limites

Le souci constant d’avoir une sécurité homogène, pour toutes les parties d’une
construction et pour l’ensemble des cas de charge a conduit à répartir les coefficients de
sécurité partiels sur les actions, les sollicitations, et les matériaux et à concevoir 2 états
limites : l’état limite de service et l’état limite ultime.

- Etats limites ultimes : ils traduisent la ruine de l’ouvrage ou son effondrement pouvant
nuire à la sécurité des personnes. Dimensionner à l’ELU c’est déterminer les éléments
de structure capables de reprendre les charges pondérées par un coefficient de sécurité,
sans qu’ils perdent leur stabilité.

Cas de charge : 1,35 G + 1,5 Q neige ,vent

- Etats limites de service : Ils traduisent un état de l’ouvrage qui ne correspond plus aux
critères spécifiés de son exploitation. Ils comprennent notamment les déformations des
éléments de l’ouvrage affectant son aspect ou son exploitation, ou endommageant le
second œuvre. Dimensionner à l’ELS, c’est déterminer les dimensions appropriées des
éléments afin que leur déformation ne soit pas préjudiciable.

Cas de charge : 1G + 1 Q neige ,vent

Etats limites

ELU ELS

Dimensionner Vérifier la limite de


l’élément métallique déformation

V.1.4. Principe de dimensionnement d’une poutrelle métallique

Le dimensionnement d’une poutrelle métallique doit remplir 2 fonctions essentielles :


• Assurer la stabilité de l’ouvrage,
• Permettre la mise en œuvre du second œuvre et son exploitation ultérieure.

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Exemple de dimensionnement d’un IPE au chargement (à l’ELU)

a) Calculs RDM :

ELU : q=1,35 G + 1,5 Q + 1,5 Q

Objectif : Mmax ≤ Mrd


Mrd : Moment résistant maximal que
peut reprendre la section de la
poutrelle métallique.

b) Choix du profilé :

L’objectif est de choisir un profilé dont les caractéristiques induisent un moment résistant
(Mrd) supérieur au moment fléchissant maximum présent dans la poutrelle.

Mrd = fy .Wely → Wely = Mrd / fy Tableau des caractéristiques des IPE

fy : limite élastique du profilé


Wely : Caractéristiques de la section de l’IPE

c) Vérification de la résistance de l’IPE à l’effort tranchant :

Bien que les contraintes de cisaillement engendrées par l’effort tranchant soient moins
préjudiciables pour la poutrelle métallique que les contraintes engendrées par le moment
fléchissant, une vérification de l’IPE dimensionné au moment fléchissant peut être faite pour
s’assurer de la reprise de l’effort tranchant par le profilé.

Objectif : Vmax ≤ Vrd Calcul du Vrd :

Vrd : effort tranchant résistant Vrd = Av . maxτ


maximal que peut reprendre la Av : aire de cisaillement (Donnée dans le
section de la poutrelle tableau des caractéristiques IPE )
métallique
τmax= fy / √3

d) Vérification de la déformation de l’IPE (à l’ELS) :

Une fois l’IPE dimensionné à la stabilité, sa déformation est vérifiée à l’ELS. La tolérance
des déformations de la poutrelle métallique dépend de sa condition d’exploitation.

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Exploitations Limites δmax


Toitures générales (accessible par le personnel d’entretien) l/200
Toitures supportant fréquemment du personnel l /250
Planchers et toitures supportant des cloisons en plâtre ou autres matériaux
fragiles ou rigides l /250
Planchers en général (sans machines nécessitant des conditions de flèche plus
sévères) l /250
Planchers supportant des poteaux l /400

Calcul de la flèche.

5.ql 4 δ max
δ max = → ≤ limite
384 EI l

V.2. La structure hyperstatique


Pour les dimensionnements d’une construction métallique, la structure est modélisée
de manière hyperstatique.
Contrairement au béton, l’acier travaille aussi bien en traction qu’en compression, ce qui nous
permet de l’employer pour tous les éléments d’une structure métallique (poutres, poteaux,
tirants,…). On prendra pour hypothèse dans les calculs, que l’acier travaille jusqu’à la limite
plastique.

V.2.1. Pourquoi la limite plastique ?

La résistance de l’acier est déterminée à travers des essais effectués sur des éprouvettes
normalisées. Ces essais distinguent trois domaines de comportement de l’acier et mesurent la
limite d’élasticité:

Le domaine élastique (1): les allongements ( ε ) sont proportionnels aux contraintes ( σ ),


σ = ε ⋅ Ε . L’acier s’allonge sous l’effort, puis reprend sa dimension initiale lorsque la
traction cesse. Ce domaine est défini par la loi de Hooke qui met en évidence le module
d’élasticité ou module d’Young (E).

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Le module d’Young de l’acier est d’environ 210 000 MPa.

Important : La limite élastique est la caractéristique fondamentale des aciers. C’est la limite
minimum garantie qui est spécifiée dans les normes des aciers. Pour l’acier courant utilisé en
construction, la limite élastique est d’environ 235 MPa. Cette contrainte limite diminue
lorsque l’épaisseur de l’élément augmente.

Le domaine plastique (3) : Il se caractérise par un accroissement de contrainte pratiquement


nul, et un allongement de l’acier important et permanent. L’acier ne reprend plus sa longueur
initiale. Le domaine plastique succède au domaine élastique et précède un seuil de
raffermissement de l’acier. Lorsque la limite d’élasticité de l’acier déformé plastiquement est
augmentée, on parle alors d’écrouissage.
Le domaine de la striction (4): Au-delà d’une certaine contrainte, qualifiée de limite de
résistance à la traction, le métal continue à s’allonger et sa résistance diminue. La rupture se
produit alors dans une zone localement déformée (diminution de la section de l’éprouvette)
c’est la zone de striction.

Important : Un élément de structure ne doit pas atteindre la limite élastique notée (fu).

Caractéristiques Significations
Limite d’élasticité Limite à ne pas dépasser pour conserver intacte la géométrie
Résistance à la traction Limite à ne pas franchir pour éviter la rupture
Allongement à la rupture Allongement maximal possible avant rupture en traction

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V.2.2. Modélisation et analyse

Pour mieux comprendre pourquoi on réalise des structures hyperstatiques, il faut rentrer dans
le dimensionnement. En effet, prenons par exemple deux types de structure, une isostatique et
une hyperstatique à charge constante et à profilé identique:

Poutre bi-encastrée sur des poteaux et chargée Poutre articulée en bout et en appui simple de
linéairement. l’autre et chargée linéairement.

Modélisation
M(x) M(x)
P.l²/8

P.l²/24

x
x

- P.l²/12 - P.l²/12

Tracé des moments fléchissant

On observe que l’allure des deux courbes de moments est identique. Mais on remarque que
les moments maximums en valeur absolue pour une poutre hyperstatique sont moins
importants que pour une poutre isostatique.

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De plus :

σ = WMel y
I I : Inertie de la section
W = V : Distance séparant le centre d’inertie de la section, de la fibre la plus éloignée.
el y M : Moment fléchissant
V

D’après la formule, plus le moment fléchissant est faible, plus le moment d’inertie du
profilé sera faible. L’inertie d’un profilé est calculée par rapport à sa section et donc plus sa
section sera petite, plus son inertie sera faible.

V.2.3. Conclusion

A profilé et section constants, et soumis à une sollicitation uniforme et constante, on


obtient une portée plus importante pour une structure hyperstatique que pour une structure
isostatique. On en déduit donc qu’il faudra utiliser des éléments métalliques de plus grande
section pour une structure isostatique, donc une structure plus coûteuse.

V.3. Choix du système porteur d’un bâtiment


Le choix du système porteur doit s’adapter au type de bâtiment, à sa configuration, à
ses contraintes spécifiques.
Les termes « articulation » et « encastrement » définissent le fonctionnement d’un
assemblage. De la nature de cet assemblage dépend le type et la valeur des efforts transmis
par les barres.

Ossatures articulées Ossatures encastrées (portiques)


Tous les assemblages entre les poutres et poteaux sont Tous les assemblages entre les poutres et poteaux sont
articulés, encastrés,
La stabilité du bâtiment est assurée par le La stabilité du bâtiment est assurée par ces encastrements.
contreventement.

Avantages : Avantages :

Des nœuds de conception et d’exécution simples, « Petites » dimensions des poutres,


Un montage rapide de l’ossature, Plus grande marge de sécurité en cas d’accident ou
Un réglage facile non sensible aux tolérances de d’incendie.
fabrication,
Des poteaux essentiellement comprimés.

Inconvénients : Inconvénients :

« Grandes » dimensions des poutres, La réalisation coûteuse et compliquée des nœuds,


La présence des contreventements qui peuvent être Un réglage difficile très sensible aux tolérances de
gênants. fabrication (assemblages en général soudés),
Les sollicitations des poteaux augmentées.

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V.4. Les modes d’assemblage