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confidentes marie et sophie hallynck violoncelle - harpe

01_ Fermo BELLINI, Nocturne pour violoncelle et harpe, Op. 12 6’32


02_ Maria-Theresia von PARADIS, Sicilienne * 2’36
03_ Sir Edward ELGAR, Salut d’amour, Op. 12 * * 2’49
04_ Heitor VILLA-LOBOS, O Canto do Cisne Negro * 2’47
05_ David POPPER, Sérénade, Op. 54 No. 2 (Spanische Tänze) * * 3’34
06_ Gabriel FAURé, Après un rêve, Op. 7 No. 1 * 3’09
07_ Alphonse HASSELMANS, La source, étude, Op. 44 4’20
08_ Johannes BRAHMS, Lullaby Op. 49 No. 4 * 1’36
09_ Claude DEBUSSY, Préludes, 1er Livre, L.117 : XII. Minstrels * * 2’42
10_ Camille SAINT-SAËNS, Le Carnaval des animaux, R.125 : XIII.
Le cygne. Andantino grazioso * 2’58
11_ Frédéric CHOPIN, étude, Op. 25 No. 7 * * 5’28
12_ Alphonse HASSELMANS, Confidence, Romance sans paroles, Op. 24 2’15
13_ Gabriel FAURé, Papillon, Op. 77 * 3’09
14_ Gabriel FAURé, Romance, Op. 69 * 3’57
15_ Pablo CASALS, Song of the Birds * * 3’00
16_ Pyotr Ilyich TCHAIKOVSKY, 6 Morceaux, Op. 51: VI. Valse sentimentale * * 2’25
17_ Franz LISZT, La Lugubre Gondole («Troisième Elégie»), S.134 * 9’08
18_ Claude DEBUSSY, Beau Soir, L. 6 * 2’50

total time_ 65’25

* Arrangement violoncelle et harpe [02-04-06-08-10-13-14-17-18]


** Arrangement violoncelle et harpe duo Hallynck [03-05-09-11-15-16]

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marie hallynck_ violoncelle

sophie hallynck_ harpe

Enregistrement du 13 au 15 novembre 2020 au Studio 1 de Flagey à Bruxelles | Direction artistique enregistrement,


montage : Aline Blondiau et Denis Guerdon | Mastering : Aline Blondiau | Photos : © Julien Pohl (cover), © Isabelle
Françaix | Conception graphique : mpointproduction | Producteur exécutif : Cédric Hustinx | Textes et traductions
©kastafior 2021 | www.cypres-records.com

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Cypres fête ses 30 ans en cette saison 2021/2022, si particulière pour la culture. Le métier même d'une maison de
disques, d'un label, est à réinventer dans le panorama de la musique enregistrée aujourd'hui. L'audace, la recherche
permanente de la musique de création, un ancrage local dans notre paysage musical, la diffusion de signatures
prestigieuses et la promotion de jeunes talents, cette délicate alchimie constitue l'essence même de notre action.
La maturité de ces 30 ans nous entraîne résolument vers une dimension de plaisir dans la musique que nous vous
offrons à entendre.

Ce premier enregistrement de notre saison anniversaire met en avant un duo de sœurs talentueuses ayant une longue
histoire avec notre label. Elles sont animées par le plaisir non-dissimulé de jouer ensemble et par la nécessité de
proposer un répertoire original, intime et profondément touchant.

Cédric Hustinx

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Confidences d’un duo de soeurs

[ FRANçais]
Conversation avec Sophie et Marie Hallynck

« Faire de la musique en famille est une évidence », affirme l’une, mais l’autre tempère : « est-on certaines d’avoir la
même réponse ? » et elles rigolent, comme si la question allait de soi. Sophie est née sur les planches et Marie l’écou-
tait : « Mes souvenirs d’enfance sont clairs : Sophie récitant des poèmes en s’accompagnant à la harpe ». Pour elle,
cet instrument, c’est clair que ce n’est pas un passe-temps, alors que la démarche de Marie est inverse dans les pre-
mières années : « j’avais promis à mes parents que je voulais bien faire de la musique à condition que cela ne devienne
jamais une obligation ». C’est donc Sophie, plus tard, qui l’a prise dans son sillage. Sophie qui n’a pas commencé la
harpe très jeune « parce qu’il n’y avait pas de cours à Tournai » mais globalement, la famille baignait dans la musique,
avec des parents pédagogues et pianistes (ou pianistes et pédagogues ?) et tout ça restait très motivant. Ce qui les
professionnalise ? Probablement la création d’un trio, au nom spectaculaire (« Trio de Picardie ») avec l’hautboïste
François Leleux : « là on a commencé à donner des concerts ensemble », des récitals « musique et poésie », Sophie
à la harpe, récitant Vian ou Prévert, Marie glissant des sons, cachée dans l’ombre. 

Les parents étaient extrêmement soutenants et surtout passionnés. Petite, Marie joue autant avec son père au piano
qu’avec Sophie à la harpe. « Quand on grandit dans ce genre de cadre, soit on adhère complètement, soit on s’en
écarte formellement ». La mère est légèrement dans l’ombre mais douée de talents d’enseignante assez fonda-
mentaux dans le cadre d’une jeunesse en musique : « elle a donné cours de piano et d’écritures, elle avait la faculté
de nous accompagner dans toutes les phases du travail, elle nous a aidé à porter un regard plus analytique aux
partitions ». 

Le père, lui, adorait jouer mais il détestait le faire en public. Les petites filles l’entendent travailler toute la nuit, jusqu’à

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l’aube. « Je m’endormais sous le piano, son travail personnel commençait à onze heures, le soir et le lendemain, vers
sept heures, il proposait aux étudiants qui n’avaient pas un bon piano chez eux de passer travailler sur l’instrument
de la maison avant d’aller à l’école. Ce piano n’arrêtait jamais.  » Ce qui pour d’autres aurait pu s’apparenter à un
cauchemar, les sœurs le vivent comme une bénédiction.

Sur ce disque, naturellement, bon nombre de pièces évoquent des souvenirs, comme des photographies dans leur
boîte qui dormait au grenier, mais ce qui s’exprime avant tout « c’est l’âme de notre duo de sœurs, animé depuis plus
de trente ans par une perpétuelle envie de découverte et un plaisir non dissimulé de jouer ensemble. » Par le vécu
familial, les sœurs ont hérité de ce qu’elles appellent « une approche de la musique sans doute plus globalement
musicale qu’instrumentale. » Un atout comme un inconvénient, dans la mesure où à la fin, « il aura tout de même été
nécessaire de se construire une identité instrumentale ».

Le Nocturne pour violoncelle et harpe de Fermo Bellini est « une pièce d’introduction parfaite » en ce sens qu’elle est
non seulement originale, mais elle met en avant les qualités respectives de chaque instrument. L’œuvre découle du
belcanto italien et offre à l’interprète de larges espaces pour s’exprimer, à travers l’amplitude lyrique des mélodies
et un accompagnement parfait pour la harpe. «  C’est aussi le plaisir d’entamer un programme ensemble, à deux,
dans une pièce dont l’aura opératique témoigne des dix années passées par Sophie à l’Opéra Royal de Wallonie ».

 « Nous sommes très pointilleuses par rapport à la qualité des arrangements ; c’est une passion commune ». Musi-
calement l’instrumentation proposée doit constituer une nouvelle approche globale de l’œuvre, elle doit mettre en
lumière toutes ses caractéristiques préexistantes et éventuellement apporter quelques éléments de singularité. « Que

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la relecture fasse œuvre ». Dans un arrangement, il y a de toutes petites nuances qui peuvent parfois être impercep-
tibles à l’oreille mais qui sont le fruit de recherches importantes. La harpe est un instrument d’une grande complexité
qui appelle des circonvolutions techniques et intellectuelles insoupçonnées, ne fût-ce que pour parvenir à entrer
dans le cadre harmonique. 

Jouer Chopin dans une formation violoncelle – harpe, c’est ambitieux et c’est né d’un coup de cœur de Marie alors
qu’elle donnait cours à une élève. « Je me suis mise à imaginer un arrangement de l’Etude n°7, op. 25 avec harpe,
même si cela peut sembler un peu osé. Sophie et moi nous sommes plongées dans la partition originale sous-titrée
« le violoncelle » et en avons redessiné les lignes instrumentales dans l’idée d’une conversation entre deux instru-
ments, en utilisant la scordatura au violoncelle -pour atteindre le Si grave-. » La pratique de la transcription est très
répandue dans la communauté des harpistes parce que celle-ci ne s’est jamais cantonnée au répertoire strictement
original de l’instrument. « Avec Marie, on a toujours fonctionné au coup de cœur et ce qui est formidable, c’est de
se dire que peut-être le compositeur aurait été surpris et aurait apprécié, ici une couleur, là la pétillance et peut-être
même que ça lui aurait plu, en définitive ? ».

La Sicilienne de Maria-Theresa von Paradis, est « une petite pilule qui fait du bien ». Un plaisir à prendre totalement
au premier degré, pour la simple joie du mélange des timbres. « Le Salut d’amour d’Elgar, nous dit Marie, il m’a fallu
un peu de maturité pour me laisser aller à cette forme de nostalgie un peu décomplexée et maintenant j’en suis
complètement amoureuse.  » Sophie insiste  : «  l’histoire d’Elgar écrivant cette miniature pour l’élue de son cœur
est touchante, jouer l’œuvre avec harpe prend tout son sens, l’intimité qu’apporte l’instrument est très puissante ».

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Dans un registre complètement différent, la  Sérénade  issue des Spanische Tänze de David Popper mêle accents
rythmés, élégance et virtuosité. «  Même si la harpe souligne sans aucun doute le côté hispanisant de la pièce,
on retrouve dès les premières notes la patte du violoncelliste-compositeur originaire de Bohème, que je ne peux
m’empêcher d’associer à mon professeur Janos Starker, qui fut en quelque sorte son petit-fils ».

La version originale du Chant du Cygne noir de Villa-Lobos est pour orchestre – il est tiré d’un ballet (O naufrágio de
Kleônicos) à l’histoire particulièrement sombre -, et déjà dans cette lecture, c’est la harpe qui joue tout l’accompagne-
ment. « Enregistrer ce Cygne noir au milieu de la pandémie était un geste fort auquel nous avons beaucoup réfléchi. » 
Au-delà du symbole, c’est une œuvre poignante qui fait référence au Cygne de Saint-Saëns, tube que Marie ne voulait
pas enregistrer « à condition, peut-être, de l’opposer au Cygne noir ». 

«  On a des discussions mais on est rarement en désaccord. En général, musicalement parlant, on se comprend
immédiatement ». Parfois Sophie s’interroge, assez pertinemment sur l’intérêt de certains arrangements : « on ne se
rend pas compte du nombre de micro-compromissions qu’engendre une transcription par rapport à la partition » et
à cet égard Sophie est impitoyable. La Romance de Fauré, dans ce contexte, fut une pièce complexe à apprivoiser.

Gabriel Fauré était un compositeur extrêmement apprécié dans la maison des Hallynck. « On a eu la mauvaise idée de
jouer Après un rêve à l’enterrement de notre grand-mère et cette pièce y reste donc irrémédiablement liée. Il y a dans cette
mélodie quelque chose de passionnant dans sa souplesse, elle est puissamment nostalgique, si bien que quand on la joue
on ne sait plus si ce qui nous remue vient des notes ou des souvenirs que celles-ci convoquent. Papillon est une œuvre
qu’on joue depuis très longtemps ; il y a chez Gabriel Fauré ce rapport à la vocalité, à la mélodie - ici sans parole - et cette

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idée centrale au disque : les confidences qui s’énoncent sans recourir au vocabulaire, à la verbalisation. « On ne peut se
permettre ce raccourci qu’avec des mélodies d’une grande richesse de courbe, de ligne et d’harmonie. »  

Alphonse Hasselmans entretint un lien extrêmement privilégié à Gabriel Fauré  : le fils violoncelliste d’Hasselmans
fut le dédicataire de la Sonate pour violoncelle de Fauré alors que sa fille aurait été sa maîtresse pendant plus de
vingt ans. «  Partant du constat qu’il existait pour notre formation une œuvre originale, par ailleurs très rarement
jouée – Confidence, romance sans parole -, nous avons décidé de l’inclure à ce programme. Ce n’était pas tant pour
revendiquer une place au répertoire hardcore des harpistes que pour mettre en lumière une œuvre pleine de qualités
et rarement enregistrée. Elle est poétique, elle est intime, elle est douce et elle est pleine de couleurs. Nous avons
également programmé La Source, qui est dans le cœur de tous les harpistes, intimement liés à ce compositeur, pour
la place qu’il occupe dans le répertoire et pour le rôle qu’il a joué, depuis le Conservatoire de Paris, dans le dévelop-
pement de l’instrument. Il est le père belge de l’école française de harpe. » 

Étrangement la Berceuse de Brahms établit un lien entre la musique et la maternité. « C’est un choix que nous avons
fait toutes les deux, de nous engager dans une carrière de musiciennes sans pour autant délaisser notre vie fami-
liale. » Cette berceuse de Brahms est un clin d’œil au premier accouchement de Marie : au dernier moment, l’obstétri-
cien a fait remarquer qu’il était possible d’accoucher en musique. La famille s’est affairée et a fini par trouver dans la
voiture un disque Brahms de Mischa Maïsky. Le bébé est donc né sur cette berceuse. Par suite de cet épisode Marie
a eu tendance à bercer chacun de ses enfants sur des mélodies de Brahms. Quant à Sophie, elle a cette réflexion :
« la famille, les enfants, la musique ; il ne se passe pas un jour sans que je me dise quelle bénédiction c’est d’être une
femme, d’être une mère et d’être une musicienne. C’est quelque chose qui vous comble ».

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Debussy a gâté les harpistes de quelques œuvres-phares. « Si l’une des particularités de la harpe, souvent associée
à l’air ou à l’eau, est de pouvoir se montrer maternelle lorsqu’elle enveloppe la voix du violoncelle de ses arpèges
résonants, il s’agit dans Minstrels d’apporter une dimension ludique et amusée à ce prélude qui semblerait avoir été
écrit par Debussy en réminiscence des vacances familiales à Eastbourne où des clowns américains maquillés de noir
divertissaient les vacanciers ».

Sont-elles confidentes ? « Oui et c’est une catastrophe, on se téléphone dix fois par jour, on se demande conseil pour
mille choses ». Confidentes musicales et bien au-delà : « il n’y a jamais de frontière entre nous, on passe très naturel-
lement d’un sujet à l’autre, même s’il y a toujours une pointe musicale qui s’immisce dans chaque conversation » Le
titre du disque doit s’entendre au premier degré : « nous sommes confidentes » mais il ne faut pas perdre de vue le
second degré de lecture : « la musique permet de prendre le public comme témoin de nos confidences, elle dévoile
l’intimité sans pour autant l’expliquer. On ne se cache pas dans ce genre de répertoire, on est vraiment soi-même. » 

On sait ce que le Chant des oiseaux de Pablo Casals représente pour les violoncellistes. « Les premières notes à la
harpe avec ces quelques harmoniques ajoutées servent de socle à la profondeur du chant du violoncelle, qui apparaît
comme sorti de la nuit. » Il y a des œuvres emblématiques de son instrument que Marie n’aurait peut-être pas été
tentée d’enregistrer dans sa forme initiale « mais j’ai trouvé que cette transcription avait vraiment sa place ici car elle
offre de la pièce une lecture alternative, où le violoncelle semble porté par la harpe. »

La Valse sentimentale de Tchaïkovski est l’une des pièces que l’on joue depuis le plus longtemps. « Nous adorons
le principe de cette valse à mi-mot qui se love dans la nostalgie, comme un grand élan sentimental et pudique. Son

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ultra-sensibilité nous fait craquer. Pour cet enregistrement, il a d’abord fallu choisir le répertoire et ensuite, au fil du
temps, penser à l’agencement des différentes fleurs du bouquet. C’est là que nous avons dû faire preuve d’audace,
notamment grâce au jeu de contrastes ». Il existe entre la Valse de Tchaïkovski et la Lugubre Gondole de Liszt une
telle opposition de lumière et d’ombre que l’ineffable du premier convoque presque naturellement le catafalque du
second. « L’envie était de créer un chemin de la légèreté vers l’intériorité, avec Beau Soir de Debussy comme élément
de pure contemplation ». Ce disque devait ressembler à l’essence-même de la vie : un subtil balancement de souve-
nirs, de fulgurances, de larmes, de sourires et de mort.

Camille De Rijck

Retrouvez les biographies de Marie et Sophie sur www.kheopsensemble.com

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2021/22, a cultural season unlike any other, brings the 30th anniversary of Cypres. Musical renewal and reinvention
is of the essence for any record label in today’s environment. An enterprising spirit; a constant quest for newly com-
posed works; firm roots in the local musical landscape;  representation of prestigious names and advocacy of young
talent: all these are elements that constitute our particular creative formula. Now that we are 30 years old we can
confidently take pleasure in sharing our musical philosophy with you.

This first recording of our anniversary season provides a showcase for two gifted sisters who go back a long way with
Cypres. Their joy in performing together is palpable as they present a programme that is original in its conception,
intimate and deeply touching.

Cédric Hustinx

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[ ENGLISH]
Confidences from two sisters
Conversation with Marie and Sophie Hallynck

“It’s completely natural to make music as a family,” says one sister. The other’s view is less unconditional: “But can we
be sure our response will be the same?” They then laugh, as if the question simply didn’t need to be asked. Sophie was
a natural performer from the start, while Marie was more of a listener. “My childhood memories are very clear: Sophie
reciting poems and accompanying herself on the harp.” Sophie always knew that her instrument was going to be more
than a hobby, but things worked differently for Marie in those formative years. “I had promised my parents that I would
do music, providing it was never imposed on me.” She ended up following her sister’s example. As it happens, Sophie
did not start learning the harp at an especially early age – “There was no-one to teach it in Tournai,” – but music was very
much part of family life: the two girls’ parents were teachers and pianists (or perhaps one could say pianists who taught)
and this proved very motivating. The point at which the sisters became professionals was probably the formation of a
chamber group, rather grandly called the Trio de Picardie, with the oboist François Leleux. “That was when we began to
give concerts together.” These were recitals of music and poetry in which Sophie played the harp and recited Vian and
Prévert while Marie played a more discreet role at the cello.

Their parents, devoted to the musical cause, were extremely supportive. As a child, Marie was as likely to play with her
father at the piano as with Sophie at the harp. “When you grow up in this kind of environment, either you go along with it
completely or you consciously separate yourself from it.” Their mother played a slightly less prominent role than their father,
but her teaching skills were of fundamental importance: “She gave lessons in piano and musical notation and she was able
to play a role in every stage of our work. She helped us to take a more analytical approach to scores.”

Their father loved playing, but hated performing in public. The girls would hear him working at night, right through to

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daybreak. “I would fall asleep under the piano. He would start his private practice at eleven in the evening and from
seven in the morning he would host students who didn’t have a good piano at home and who would practise on ours
before going to school. That piano was on the go all the time.” This could have been a nightmare for some children,
but for Sophie and Marie it was a blessing.

This album contains a number of pieces that evoke memories – the musical equivalent of photos in a box in the
attic – but above all it represents “our soul as a duo: the spirit of discovery and the joy in playing together that have
kept us going for the past 30 years.” The sisters feel that their upbringing predisposed them to “an approach that is
broadly musical rather than simply instrumental.” If there was a downside to this, it was that, in the end, “we still had
to construct an instrumental identity for ourselves.”

The Nocturne for cello and harp by Fermo Bellini “makes an ideal introduction” in that it is both original and highlights
the particular qualities of each instrument. It derives from Italian bel canto and offers the players expansive scope for
expression with its lyrical melodies and an ideally conceived harp accompaniment. “It is also a pleasure for us to open a
programme together in a piece whose operatic aura evokes Sophie’s ten years at the Opéra Royal de Wallonie in Liège.”

“We are very fussy about the quality of our arrangements; we are of one mind about that.” The instrumentation must
approach the work from a new angle, illuminating its characteristics and ideally adding something distinctive: “The
transcription must be a work of art in its own right.” The wealth of small nuances in an arrangement might sometimes
be imperceptible to the ear but are the result of substantial work. The harp is a highly complex instrument which calls
for all sorts of technical and intellectual ‘workarounds’, even just to ensure harmonic consistency.

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It was a lesson she gave to a student that inspired Marie to take on the challenge of playing Chopin in a cello-harp
duo. “I imagined an arrangement with harp of the Etude No 7, op. 25, even though that was a slightly wild idea. Sophie
and I took a good look at the original score of the piece, which is sometimes known as the ‘Cello’ étude, and reworked
the instrumental lines as a conversation between two instruments, using scordatura on the cello to reach the low B.”
Harpists make considerable use of transcriptions because they look beyond music that was originally conceived for
their instrument. “Marie and I always follow our hearts and it’s wonderful to think that perhaps the composer would
have been surprised and would have appreciated a particular colour here or a sparkling touch there. Maybe he would
just have liked it, full stop!”

The Sicilienne by Maria-Theresa von Paradis is “a drop of medicine that does you good,” a piece that can be en-
joyed simply for what it is and for the combination of the timbres of cello and harp. In Marie’s words, Elgar’s Salut
d’amour  “required a bit of maturity on my part, because I had to be able to give in to its open-hearted nostalgia.
Now I am totally in love with it.” Sophie feels that “It is very touching that Elgar wrote this miniature for the woman
he loved and it makes complete sense to play it on the harp: the impression of intimacy that the instrument creates
is very powerful.”

Completely different in mood and idiom, the Serenade from David Popper’s Spanische Tänze combines rhythmic
accents with elegance and virtuosity. “Even if the harp brings out the Spanish feel of the piece, from the very first
note one can sense the hallmark of the Bohemian cellist and composer. He always reminds me of my teacher, János
Starker, who in some ways was like his grandson.” 

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The original version of Villa-Lobos’s Song of the Black Swan is for orchestra and belongs to the score of a ballet with
an exceptionally sombre scenario, O naufrágio de Kleônicos. Here, the harp takes over the entire accompaniment.
“Recording this ‘black swan’ in the midst of the pandemic was a strong statement and we thought about it carefully.”
Beyond its symbolism, it is a poignant work that makes reference to Saint-Saëns’s greatest hit The Swan, which
initially Marie did not want to record unless it was programmed alongside the Black Swan.

“We exchange views, but rarely disagree. In general, when it comes to music, we understand each other straight
away.” Sophie justifiably sees a need to apply strict critical judgement to the quality of certain arrangements. “You
can’t imagine, when comparing it to the original score, the number of tiny compromises that have to be made in a
transcription. In this respect, Fauré’s Romance was quite a challenge.

Gabriel Fauré’s music was much appreciated in the Hallynck household. “We had the questionable idea of playing
Après un rêve at our grandmother’s funeral and it remains forever associated with that event in our minds. There is
something exciting about the sinuosity of its melody, and it is powerfully nostalgic, to the extent that we don’t know if
we are moved by the notes or the memories that go with them.  We have been playing Papillons for a very long time.
There is that vocal quality in Fauré’s music, that relationship with melody – here wordless – and with the idea that is
central to this album: the confidences that can be exchanged without recourse to words and verbalisation. “We can
only make that kind of shortcut if there is richness in a melody’s shape, line and harmony.”

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Alphonse Hasselmans had close links to Fauré. His son, a cellist, was the dedicatee of Fauré’s Cello Sonata and his
daughter is thought to have been the composer’s mistress for over 20 years. “Since there was an original work for our
combination of instruments, Confidence, romance sans parole – what’s more a very rarely played work – we decided to
include it in the programme. We did this less to stake a claim for it in the core harp repertoire than to bring a worthy work
to light: it is poetic, intimate, gentle and colourful. The programme also includes a work by Hasselmans that is close to
every harpist’s heart, La Source. Not only did he compose for the harp, as Professor of Harp at the Paris Conservatoire
he contributed to the development of the instrument. He is the Belgian-born father of the French harp school.

Here, Brahms’s celebrated Lullaby connects music and motherhood. “Both of us made a choice to make a musical
career while not foregoing family life.” This Brahms Lullaby is a little memoir of the first time Marie gave birth. At the
last minute the obstetrician said that it was possible to have some music playing during the labour. The family moved
into action and found a Brahms CD by Mischa Maisky in the car. The result was that the baby was born to this lullaby
and that Marie would lull each of her children to sleep with Brahms melodies. Sophie’s feelings on the matter are this:
“Family, children and music. Not a day goes by when I don’t think what a blessing it is to be a woman, a mother and
a musician. It is all very fulfilling.”

Debussy favoured harpists with several major works. “If a particularity of the harp, an instrument so often associa-
ted with air or water, is its ability to become motherly and to enfold the cello’s voice with its resonant arpeggios, in
Minstrels it adds a playful, smiling dimension to a prelude that Debussy seems to have written as a souvenir of family
holidays in Eastbourne, where American minstrel shows entertained the holidaymakers.”

Do the two sisters confide in each other? “Yes, and it can get a bit much: we telephone each other 10 times a day to
ask each other advice on all kinds of things.” This doesn’t just mean music. “There are no barriers between us and

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we move very naturally from one subject to another, even if a musical element always finds its way into every conver-
sation. The title of the album, Confidentes, can be taken to mean that the two sisters confide in each other, but it also
expresses something more: “Through music the public becomes witness to what we confide to each other; it reveals
the intimacy between us, even if it doesn’t explain it. This is not the kind of repertoire in which you conceal part of
yourself: we can really be ourselves.”

We all know what Pablo Casals’ Song of the Birds (El cant dels ocells) represents for cellists. “The first notes on the
harp, with some added harmonics, provide a base for the deeply-felt, singing cello line, which appears to emerge from
the night. There are some emblematic works for her instrument that Marie might not have been tempted to record in
their original form, “but I found that this transcription really had its place here because it represents an alternative
reading of the piece, in which the cello seems to be carried by the harp.”

Tchaikovsky’s Valse sentimentale  is a piece that the sisters have been playing for a very long time. “We love the
way this understated waltz is so nostalgic, expressing such sentiment with such discretion. Its hypersensitivity is
irresistible. When we were making this recording it was first of all a question of choosing the repertoire and then,
over time, of arranging the various flowers in the bouquet. We were ready to take a bold approach, particularly when
it came to creating contrasts.” As a consequence, it becomes almost natural that Tchaikovsky’s waltz, all luminosity
and unspoken passion, should be followed by the gloomy waterborne catafalque of Liszt’s La lugubre gondola. “What
we wanted to do was make a journey from lightness of spirit to internalised thought, with Debussy’s Beau Soir as
a moment of pure contemplation.” Ultimately, this album is about life itself: a delicate balance between memories,
thrills, tears, smiles and intimations of mortality.
Camille De Rijck
Translation_yehuda Shapiro

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