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Mesdames et Messieurs les candidats aux élections territoriales,

La problématique de l’urbanisme résonne négativement depuis les années 70 en Corse. Jusqu’en


2010, elle portait exclusivement sur le littoral, elle est désormais l’embarras de tous les maires du
rural.

Il est vrai qu’elle ne montre plus le même visage : A l’époque, chaque demande était instruite
favorablement, des constructions poussaient anarchiquement et en règle générale, les bénéficiaires
étaient très souvent des touristes qui voulaient gouter à la nature corse pour un prix très
raisonnable. L’intérieur était assez préservé de cette tendance.

Aujourd’hui, les terrains disponibles se raréfient, les prix flambent, la problématique s’est inversée et
doit tous nous engager. Nous Maires, avons la responsabilité de bâtir des documents d’urbanisme
permettant de vivre et de travailler dans nos villages. Vous, Madame et Messieurs le candidats aux
élections territoriales, avez la responsabilité de concevoir un projet pour nous y accompagner, non
pas comme une tutelle mais uniquement en adaptant les outils dont vous pourriez disposer. Les
maires, sur cette question ô combien importante, doivent retrouver de la sérénité mais aussi la
maîtrise de leur projet communal. On doit avoir confiance dans les Maires, leur responsabilité, leur
probité et leur connaissance du territoire.

Etablir un document d’urbanisme est souvent synonyme d’échec dont les seuls maires ne peuvent
être tenus pour responsables. Nous ne pouvons plus continuer dans cette voie : celle qui consiste à
refuser à notre jeunesse le droit de vivre sur sa terre. Nous devons considérer que l’urbanisme n’est
ni un vain mot, ni un gros mot : Quittons tous nos logiques péremptoires voire nos postures
dogmatiques et proposons, selon nos compétences, des solutions. Revitaliser le rural, c’est
permettre d’y vivre, d’y travailler et d’y élever ses enfants. L’urbanisme doit être un des enjeux de la
future mandature, c’est pour cela que l’Association des Maires de Corse du Sud vous interpelle aux
travers de dix questions constat.

Nous attendons de vos réponses, votre positionnement et en fonction de ce dernier, la description


des méthodes que vous engagerez pour nous permettre aux maires de bâtir des documents
d’urbanisme, aux jeunes de retrouver la voie du rural alors que le cadre règlementaire nous impose
de refuser majoritairement des permis à nos administrés au sein même des hameaux qui ont vu
grandir leur famille.

Nous espérons beaucoup de vos retours qui seront rendus publics et dont la pertinence et la
méthode employée seront analysées :

- Trouvez-vous acceptable que le modèle urbanistique corse soit désormais de prioriser la


construction de résidences collectives (immeubles) au détriment de constructions
individuelles et particulièrement dans le rural?
- Acceptez-vous que des hameaux (lieux de vie permanente) deviennent totalement
inconstructibles dans la mesure où la densité de construction n’est pas assez significative
(selon jurisprudence du Lavandou) ? Très souvent la population permanente dans ces
hameaux représente plus de la moitié de la population communale.
- Considérez-vous acceptable que les personnes qui n’ont jamais vendu de foncier et à ce titre
détiennent des parcelles de tailles importantes soient dépourvus de tout droit à construire
dans le rural ?
- Considérez-vous acceptable qu’un enfant ne puisse plus (majoritairement dans le rural)
construire sa maison sur la même parcelle que celle de ses parents (ne serait-ce qu’à
quelques mètres)?
- Considérerez-vous acceptable que « la loi littoral » s’applique à Zonza et dans l’ensemble des
communes où se superposent les lois Montagne et Littoral? La collectivité de Corse a la
possibilité de préciser, dans le PADDUC, les espaces urbanisés au-delà des espaces proches
du rivage, permettant ainsi d’appliquer la loi Montagne dans des lieux reculés du bord de
mer ? Que comptez-vous faire ?
- Est-il acceptable d’appliquer d’une manière unilatérale des lois qui ont pour but de modérer
la consommation de l’espace et de l’étalement urbain des grandes métropoles (Loi Allur) à
Cardo-Torgia comme à Ajaccio ?
- Pourquoi les maires ne font pas de PLU ?
- Est-il acceptable, selon vous, de restreindre aux maires leur pouvoir d’établir un projet de
développement communal en figeant leur évolution de population sur des ratios prédéfinis ?
- Trouvez-vous être une bonne chose de développer verticalement les villages corses au
détriment de leur histoire ?
- Une commune littorale peut-elle être rurale ?