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Projet MedWetCoast 

: Diagnostic sur les Zones humides


(Rapport préliminaire)

MOHAMED DAKKI
Institut Scientifique, RABAT
dakki@israbat.ac.ma

avec la collaboration de :


BOUCHTA EL FELLAH
&
MOHAMED FEKHAOUI
Institut Scientifique, RABAT

INTRODUCTION
Cette étude entre dans le cadre du projet MedWetCoast/MOR/97/G33 relatif à la
"Conservation des écosystèmes des zones humides et côtiers de la région méditerranéenne".
Elle consiste en un diagnostic écologique des zones humides incluses dans le réseau des Sites
d'Intérêt Biologique et Ecologique défini par le Plan Directeur des Aires Protégées du Maroc
(AEFCS, 1996) et retenues pour être aménagées dans le cadre du projet sus-mentionné.
Les cinq sites désignés dans le projet MedWetCoast sont (1) l'Ebouchure de la Moulouya,
(2) La Sebkha Bou Areg ou lagune de Nador, (3) le Cap des Trois Fourches, (4) les Béni
Snassen et (5) Jbel Gourougou. Ce dernier site ne contient pratiquement pas de zones
humides, ce qui limite notre étude aux quatre autres sites.
Nous présentons ci-dessous le plan général qui sera suivi pour réaliser ce diagnostic. Dans
cette première étape, les informations portées décrivent plutôt l'état d'avancement des travaux
et les approches envisagées dans la suite du projet.

MÉTHODOLOGIE
La méthodologie présentée dans l'offre sera respectée tout en tenant compte des suggestions et
issues des discussions de l'atelier et de la visite de terrain réalisés du 23 au 25 janvier 2002.
Cette méthodologie est résumée dans les points suivants.
o Le diagnostic sera réalisé pour chaque site considéré à part, mais un ou deux chapitres
feront des synthèses et des comparaisons ;
o Les "fiches-sites" contiendront toutes les informations nécessaires à la compréhension du
fonctionnement des sites et à leur aménagement ; elles seront structurées selon le plan ci-
dessous 
1. Description du cadre naturel et humain dans le bassin versant immédiat (topographie,
hydrographie, géologie, géomorphologie, genèse des sites, climat, principaux usages
des sols …).
2. Données hydrologiques et sédimentologiques (origines et rythmes d'alimentation en eau
du site, pertes en eaux, courants, qualité physico-chimique et bactériologique).
3. Habitats : notre rôle est d'inventorier les types d'habitats, de les décrire et d'aider à les
cartographier (ce travail relevant en principe du rôle de l'expert en SIG qui sera engagé
dans le projet).
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 2

4. Flore et faune : il ne s'agit pas d'établir un inventaire ni de reprendre les inventaires qui
seront élaborés par les autres experts, mais d'essayer de caractériser les peuplements et
de les interpréter eu égard aux habitats disponibles. L'analyse de la diversité biologique
reposera surtout sur la richesse spécifique quand cette donnée existe et est fiable.
5. Valeurs du site : cette partie est essentielle ; elle reprendra le diagnostic établi dans le
Plan Directeur des Aires Protégées, en l'étayant par des données plus approfondies. Les
quatre types de valeurs classiques seront considérés, à savoir les valeurs écologiques,
(plantes et animaux rares/menacées, habitats et formations végétales rares/menacés),
esthétiques (paysages), culturelles (savoir-faire, monuments …) et socio-économiques
(surtout les aspects d'exploitation rationnelle).
6. Menaces : un inventaire des principaux dysfonctionnements subis par chaque site sera
établi, avec indication de leurs origines et des compartiments de l'écosystème et valeurs
qui les subissent.
7. Propositions d'aménagement, de conservation et de mise en valeur rationnelle du site :
les propositions seront basées sur la confrontation des valeurs aux menaces ; elles
insisteront sur l'amélioration des qualités écologiques et paysagères du site et sur
l'exploitation éducative et écotouristique de ces qualités.
o Les informations seront illustrées par des cartes, des graphiques et des photographies.

Les suggestions faites lors de l'atelier de janvier 2002 visent principalement la collecte de
données récentes sur le milieu (notamment la qualité physico-chimique et bactériologique des
eaux) et sur la végétation aquatique. Ces deux aspects seront traités via l'engagement de
nouvelles consultations ponctuelles complémentaires. Les termes de références de ces deux
consultations sont en cours de préparation et seront discutés avec le coordinateur national,
notamment après identification des données récentes disponibles dans la bibliographie et des
lacunes à combler.
En ce qui concerne les visites de terrain, il a été décidé d'organiser une mission pendant la
deuxième semaine du mois d'avril, en compagnie de l'ornithologue et de l'expert chargé du
diagnostic de la faune aquatique (et éventuellement de celui de la végétation aquatique). Une
deuxième mission de terrain est programmée pour la fin du mois de mai 2002, notamment
pour finir la description des habitats et préciser les menaces subies par le site pendant l'été.

CADRES OROGRAPHIQUE ET CLIMATIQUE

INTRODUCTION
Le Maroc Nord-Oriental correspond principalement au bassin inférieur de l’oued Moulouya et
s'étend sur un ensemble de petits bassins méditerranéens adjacents à celui-ci : oued Kert à
l'ouest et oued Kiss à l'est, jusqu'à la frontière algéro-marocaine (Fig. 1).
Le bassin versant de l’oued Moulouya a une superficie supérieure à 52 000 km2 ; son
embouchure est très éloignée des cimes du Haut Atlas, où prend naissance cette rivière, sa
longueur étant d'environ 450 km. La partie aval de ce cours d’eau reçoit quelques affluents
des deux rives, dont le principal (eu égard à son débit) est oued Cherraa qui draine le massif
des Béni Snassene, suivi par oued Sebra les reliefs qui dominent la dépression de Sebra.
Le bassin versant de Bou Areg s’étend sur quelques centaines de kilomètres et montre une
forme semi-circulaire, en amphithéâtre ouvert sur le Nord-Est, où l’écoulement est
concentrique.
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 3

D’autres petits réseaux de moindre importance occupent les flancs du Cap des Trois Fourches,
le versant nord du massif des Kebdana et le système endoréique de Sebkha Fida Ameziane.
De part et d’autres de la section aval de l’oued Moulouya s’étendent des plaines sub-
circulaires et des chaînons de montagnes bien individualisés (Fig. 2) :
o monts des Béni Snassene (1530m) et plaine de Triffa à l’est ;
o plaines de Bou Areg et du Gareb entourées par les monts Kebdana (930 m), les Bni Bou
Ifrour (697 m) et Gourougou (887 m) à l’ouest.
Largement ouvert sur la Méditerranée, le Nord-Oriental montre les côtes sableuses les plus
étendues du littoral méditerranéen du Maroc (Saidia, Cap de l’Eau et Qariat Arkmane), tandis
que la côte au nord des Kebdana et autour du Cap des Trois Fourches correspond à des
falaises verticales, au pied desquelles s'individualisent très localement quelques petites plages.

PRINCIPALES UNITES DE RELIEF DANS LA RÉGION DE LA BASSE MOULOUYA

La montagne de Bni Snassene


Il s'agit d'un massif calcaire jurassique à rattacher au domaine atlasique. Elle sépare deux
couloirs déprimés : Taourirt-Oujda au sud, et Berkane-Nador au nord. Les lignes de crêtes
présentent une orientation Est-Ouest, ce qui permet de réduire les influences sahariennes dans
la plaine de Triffa. La montagne est jalonnée de cours d’eau qui ont taillé des gorges
profondes à parois verticales (gorges de Zegzel). Le versant nord de cette montagne épouse le
pendage des couches calcaires qui finissent par s’ennoyer sous les marnes miocènes de la
plaine de Triffa (Fig. 3). Cette structure explique en partie la richesse de l'aquifère de cette
plaine ; mais elle est à l'origine de nombreuses résurgences qui jalonnent la zone de piémont
de ce chaînon, où le niveau piézométrique est à quelques mètres de la surface.

Figure
Fig. 1. Bassins versants du Maroc Nord-Oriental.

La plaine de Triffa : un piémont montagneux


Elle se situe en contrebas du massif montagneux des Bni Snassene qui lui fournit un abondant
matériel de remblaiement et une partie des eaux pour ses activités agricoles. A juger par
l’épaisseur décamétrique des remblaiements plio-quaternaires, cette plaine correspond à une
zone de subsidence comprise entre les collines de Oulad Mansour, les Bni Snassene et les
monts Kebdana (Fig. 2). En effet, l’invasion de la mer depuis le Miocène a dû combler le
bassin en formations gypsifères, lesquelles sont responsables du taux de salinité élevé
rencontré dans certains endroits de l'aquifère. La mer pliocène s’est également accompagnée
de dépôts de marnes bleues et verdâtres, véritables planchers des nappes aquifères
superficielles.
La plaine de Triffa est caractérisée également par la formation d’épaisses croûtes calcaires
d’âge quaternaire, qui constituent la principale armature périphérique de la topographie
actuelle et couvrent les piémonts des Béni Snasene, notamment dans la région d’Ahfir et sur
le pourtour des collines de Oulad Mansour.
Les oueds Moulouya et Kiss, de part et d’autre de Triffa, sont encaissés sur leur parcours ; ils
coulent sans fournir d'apports (ni en eaux ni en sédiments) à cette plaine.
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 4

La côte sableuse, rectiligne entre Saidia et l’embouchure de l’oued Moulouya, s’étend vers
l'ouest au pied d'une longue falaise morte taillée dans les marnes miocènes de Oulad Mansour.
Figure

Fig. 2. Ensembles Oro-hydrographiques du Maroc du Nord Est

Figure

Fig. 3. Coupe géologique simplifiée de la plaine de Triffa. D’après Laouina (1990)

Les monts Kebdana


Ce sont des petites montagnes allongées E-W, disposées parallèlement à la côte
méditerranéenne. Au niveau de Cap de l’Eau, la côte marque la terminaison orientale de ces
monts. Ils présentent un modelé de versant très raviné, voire dénudé (bad-lands) au contrebas
de la ligne sommitale, laquelle est ronde et usée. Les versants nord maintiennent la même
inclinaison (Fig. 4) jusqu’à la mer, où ils se terminent par des falaises verticales hautes de 20
à 60m. La topographie des versants sud, de faible pente, sont marqués par un passage très
progressif à la basse plaine de Sebra et à la vallée de l’oued Moulouya. Par leur position
allongée, les monts Kebdana atténuent les influences maritimes (fraîches et humides) sur la
plaine de Triffa.
L'ensemble collinaire de Bni Bou Yahi, au sud de la plaine de Sebra, constitue un autre relief
de la rive gauche de l’oued Moulouya, faisant face aux Béni Snassene. C’est un ensemble de
croupes disposées en demi-cercle entourant la dépression de Hassi Berkane, qu'elles séparent
de la plaine de Sebra. Les jbel Bessem (636m), Ziata et Kerker (1005m).

Figure

Fig. 4. Zone de contact Kebdana-Bou Areg (d’après Barathon, 1994)

BASSIN VERSANT DE BOU AREG

Le Cap des Trois Fourches : promontoire adossé sur le Gourougou


La côte au nord de Nador se projette en un long promontoire de quelque 25 km (Fig. 5) ;
dessinant un véritable "doigt" (Troin, 1967) ; l'extrémité de ce relief, correspond au Cap des
Trois Fourches, une vraie presqu’île aux versants très abrupts, dominant la mer par des
falaises hautes (200-350 m) ; celles-ci sont généralement taillées dans des formations peu
rigides.
Ce massif se compose d’un noyau de roches primaires sur lequel sont accolés un dôme
volcanique miocène et des lambeaux de terrains charriés. Quelques niveaux quaternaires
marins (plages) se voient par endroit. Au nord immédiat du village de Ferkhana, se trouve une
platefome gréseuse pliocène qui montre des gauchissements sur plusieurs centaines
d’hectares.
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Le complexe volcanique de Gourougou-Bni Bou Ifrour


Il s'agit d'une puissante masse montagneuse sombre qui surplombe les villes de Nador et de
Mellilia. Ce massif constitue l’un des traits les plus originaux du relief de la région, puisqu'il
correspond au plus important édifice volcanique du Maroc oriental. Culminant à 887 m, cette
montagne aux contours conique et abrupt, permet une vue panoramique pouvant dominer, en
temps clair, plusieurs dizaines de kilomètres.
Le jbel Gourougou a été construit suite à une série d’éruptions mio-pliocènes qui se sont
succédées pendant la fin du Tertiaire et le début du Quaternaire. C’est un strato-volcan
(Barathon, 1989) d’environ 20 km de diamètre. Ses sédiments sont interstratifiés avec les
dépôts marins du Messinien. Le magma coiffe les séries pyroclastiques explosives et indique
une activité effusive tardive, pliocène. Aux longues coulées d'andésites du versant ouest
correspondent les épanchements de trachytes et de basaltes qui arrivent jusqu’à Nador sur le
côté Est. Cependant, la complexité des formes qui le composent (necks et dykes) rendent
difficile toute identification des étapes de son évolution.
Le réseau hydrographique a profondément entaillé les roches éruptives très perméables et
pentues de cette montagne ; l'insuffisance de l'impluvium, la lithologie, la proximité du niveau
marin justifient le manque quasi-total d'un aquifère et de l’écoulement superficiel des eaux.
Le jbel Bni Bou Ifrour (697m) constitue un autre massif volcanique miocène qui prolonge
vers le sud le Jbel Gourougou. Sa morphologie montre un paysage haché (accidents
tectoniques nombreux) et marqué par des dykes indiquant la montée de basalte. C'est au
niveau de ce matériel magmatique, que les flyschs et calcaires ont subi la minéralisation,
notamment à Ouichane (minerai de fer).

Dépressions du Gareb et de Bou Areg


Il s’agit de deux unités contiguës faisant partie d’une série de dépressions séparées par des
seuils, s'alignant d'Est en Ouest sur quelque 80 km entre les vallées de l’oued Kert et de la
Moulouya. La plaine de Gareb, à l'extrémité ouest de cet ensemble, est la plus vaste ; elle
présente une topographie irrégulière façonnée par les formations lacustres encroûtées du
Villafranchien.
Des formations rouges du Quaternaire moyen, à dominance argileuse, s’installent dans la
totalité de ces cuvettes ; le réseau hydrographique y est souvent mal hiérarchisé et l’eau de
pluie (relativement rare) n’arrive pas à engendrer un écoulement en surface capable
d'atteindre la mer.
Les conglomérats et grès pliocènes, principales formations emmagasinantes d'eau, forment le
soubassement des plaines de Gareb et de Bou Areg ; rappelons que ces mêmes formations
sont largement répandues sur le versant nord des Kebdana et dans le promontoire des Trois
Fourches.
Des déformations (failles, axes anticlinaux et synclinaux) ont affecté ces plaines ; la
subsidence générée par ces déformations s'est traduite par l'édification de terrasses fluviatiles
récentes recouvrant des formations plus anciennes.
La plaine de Bou Areg renferme des dépôts quaternaires très épais, dépassant les 120m près
de la mer. Au Nord-Ouest, elle prend l'aspect de marécage, où déversaient les eaux de l’oued
Selouane.

Figure

Fig. 5. Tectonique récente dans le Bassin versant de Bou Areg


Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 6

Sebkha Bou Areg


C’est le plan d’eau lagunaire le plus étendu du Maroc ; sa superficie est de 114 km2 et présente
une forme allongée NW-SE ; la profondeur y varie entre 0.50 m et 4 m sur le pourtour et entre
5 à 7m au centre. Le cordon dunaire qui l’isole de la mer mesure 24 km de long et s'élève par
endroit à 30 et 40m d’altitude.
La formation de cette lagune aurait résulté du déferlement de vagues obliques par rapport à la
côte ; les débris sableux arrachés à la plateforme continentale et au domaine montagneux
rifain et tellien s'accumulaient progressivement pour former le cordon littoral ; celui-ci est
composé d’un soubassement de dunes consolidées, sur lesquels reposent les dunes récentes.
Ce barrage dunaire a subit à plusieurs reprises des au cours de son histoire des ruptures et des
fermetures qui s'accompagnent de déplacements de la passe.

Données CLIMATiques
Le Maroc nord-oriental, situé à l'est des montagnes rifaines, se trouve à l'abri des
perturbations provenant de l'Ouest et du Nord-Ouest ; il est plutôt ouvert sur les perturbations
en provenance du Nord-Est (automne et fin de printemps). Les données climatiques
disponibles sont relativement aléatoires et lacunaires. La moyenne annuelle des précipitations
varie entre 250 mm et 375 mm (Tableau 1).
Tableau 1. Précipitations annuelles moyennes dans quelques stations du Nord-Est du Maroc.
Station altitude unité situation Moy. ann. pluies Années de mesure
Cap des 3. Fourches 40 promontoire Littoral 252.6 1968.1974
Melillia 10 Gourougou Littoral 324 1943-1956
Nador 10 plaine Littoral 313 1942-1959
Arkmane 2 plaine Plage 375 1946-1975
Zaïo 190 piémont Pente douce 330 1942-1960
Sebra 125 plaine Pente douce 270 1942-1960
Moulouya 70 plaine Font de vallée 328 1948-1958
Berkane 140 plaine Piémont 362 -?
Source : SDAO??

Les températures estivales sont relativement élevées (Tableau 2), saison où les précipitations
sont pratiquement absentes. Toutefois, le degré hygrométrique de l’air est élevé même en
cette saison, du fait de la proximité de la mer, de la fréquence du brouillard et, surtout, de
l’extension des surfaces irriguées. Le Chergui, redoutable vent du SE n’atteint les plaines du
Nord que rarement ; il est intercepté par la barrière que forment les Bni Snassene et les Béni
Bou Yahi. Les vents du Nord-Ouest demeurent les plus dominants ; leur violence a incité les
fellahs à planter des haies de cyprès autour des plantations.
Tableau 2. Moyennes mensuelles des températures maximales et minimales à Berkane (140m)
Berkane J F M A M J JT A S O N D Année
T. min. 6.3 6.8 8.8 10.4 12.8 16.6 19.5 19.7 17.8 13.8 10.2 7.6 12.5
T. max. 18.0 19.4 21.4 23.3 25.8 29 32.2 32.2 29.9 25.8 21.8 18.6 24.8

L’irrégularité interannuelle, phénomène caractéristique du monde méditerranéen, prend une


ampleur particulière dans la plaine de Triffa et dans le Nord-Est marocain en général. La
région de Berkane reçut pendant l’hiver 1962 près de 800 mm de pluie, alors qu'elle n’a eu
que 120 mm pendant l’année 1965. Ce contraste est encore plus concret près des monts
Kebdana, lequel se comporte comme un écran (phénomène d’ombre pluviométrique ou effet
de Fœhn) qui s'oppose aux influences maritimes humides (Tableau 3, Fig. 6).
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Tableau 3. Variation d'Ouest en Est des moyennes annuelles des précipitations.


Localité Bou Ghriba Berkane Ain Regada Ahfir
Précipitations moy. (mm/an) 340 380 410 425

Figure

Fig. 6. Carte pluviométrique du Nord-Est du Maroc (d'après Gaussen, 1959??).

Les précipitations comparées de quelques stations sur la même latitude (Berkane, Zaïo et Bou
Areg) indiquent également des variations inter-annuelles importantes (Tableau 4).
Tableau 4. Variation temporelle comparée des précipitations de quelques stations.
Année 1975-76 1976-77 1977-78
Bou Areg 182 240 182
Zaio 287 135 169
Berkane 360 414 239
ORMVAO, Berkane, 1978
L’excès des précipitations et les trombes d’eau seraient à l'origine de l'anéantissement des sols
et de la forte charge solide des oueds. Le ruissellement et l’écoulement laminaires ou en
chenaux anastomosés évoluent en ravinement et en bad-lands ; ces types de terrains sont très
fréquents dans la région des monts Kebdana. L’affouillement des berges le long des oueds est
responsable d'une partie de ces charges.
La variation des quantités de pluies laisse apparaître des années de sécheresse prononcées. Le
rapport peut varier de 1 à 7 dans la plaine de Triffa (Tableau 5)
Tableau 5. Variation des précipitations pendant deux années hydrologiques successives dans la
plaine de Triffa.
Année 1965-66 1967-68 Moy. annuelle
Ahfir 141 816 425
Berkane 119 718 380
Bou Ghriba 121 585 340

DONNÉES HYDROGEOLOGIQUES
Les Bni Snassene s'individualisent dans la région par leur structure géologique dominée par
les calcaires et dolomies jurassiques, sachant que les géologues le rattachent au système
moyen atlasique. Les couches calcaires y atteignent des épaisseurs de plusieurs centaines de
mètres et reposent sur des terrains souvent imperméables, parfois sur le socle hercynien
(schistes, granites ...). Ceci conditionne l’existence d’une nappe aquifère (environ 180 l/s) qui
alimente les points d’eau de son piémont nord. Une ligne de sources de déversement longent
la bordure sud de la plaine des Triffa, tandis qu’une partie des eaux continue dans la nappe
phréatique quaternaire de cette plaine et de celle de la dépression de Sebra.
Ce massif est relativement bien arrosé, puisqu'il reçoit environ 600 mm de pluie (station de
Tafoghalt).
Sur la rive gauche de l’oued Moulouya, les Bni Bou Yahi ne renferment pas de nappe
signifiante, car les cours d’eau de ce massif sont profondément encaissés et à versants pentus.
Les ressources hydrogéologiques de ces deux massifs se situent entre 50 et 100.106m3 /an.
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 8

Enfin, les retenues des deux barrages Mohamed V et Mechra' Hamadi génèrent d’importantes
pertes en eau qui réapparaissent à l’aval (?? NMSG, 1976).
La nappe phréatique de Triffa (980 l/s) est alimentée par les eaux de surface issues de Béni
Snassene, par les eaux de drainage de l’aquifère liasique plongeant sous le miocène de cette
plaine et par les eaux d'irrigation excédentaires. En effet, quelque 3000 puits puisent dans
cette nappe de manière saisonnière pour couvrir les besoins d’irrigation (Ministère de
l’Equipement, 1987).
Les niveaux aquifères de Triffa se situaient à faible profondeur (10 à 30m pendant les années
1970) ; mais en raison du pompage excessif, le plafond de cette nappe n'a cessé de s'enfoncer.
Ces nappes bénéficient d’un plancher imperméable constitué des marnes pliocènes et du
blocage exercé par l’anticlinal des Oulad Mansour (Fig. 3). Les eaux circulent facilement à
l’intérieur des dépôts quaternaires grossiers au sein de la dépression synclinale entre la chaîne
de Kebdana au nord et celle des Bni Bou Yahi-Bni Snassene au sud. La vidange de cette
nappe se ferait au niveau des bas fonds de la vallée de l’oued Moulouya.
La plaine de Triffa a fait l’objet d’un aménagement hydro-agricole remarquable, cependant la
carence en ressources hydriques, la sécheresse prolongée ont fait avorter la même expérience
qui devait intéresser les plaines de la rive gauche de l’oued Moulouya au sud de Nador. En
effet, les nappes du Gareb et de Bou Areg sont alimentées à la fois par les pluies et le retour
des eaux d’irrigation dans quelques secteurs limités, mais ni la qualité chimique des eaux (4 à
10 g/l de sel), ni leur quantité ne sont en mesure de réussir un tel projet.
Malgré les effets modérateurs de la rétention karstique au niveau des Béni Snassene, des crues
brutales peuvent entraîner des terrasses de cultures, voire des habitations humaines, comme
cela s'est produit en mai 1968 à Oued Cheraa à l'aval des gorges du Zegzel.

SUR LA GENÈSE DES ZONES HUMIDES DU NORD-ORIENTAL


Incarcérées à l’intérieur d’un système de petites montagnes, les cuvettes du Nord-Est
constituent un espace d’accumulation riche en dépôts de toutes natures. Elles ont pour cela un
intérêt géomorphologique de taille, car elles retracent l’activité tectonique néogène et
quaternaire. Le modelé morphologique est dominé par des surfaces planes, légèrement
inclinées, propices aux activités agricoles que se soit lors des travaux mécaniques ou pour
l’adduction des canaux d’irrigation.
Les dépôts argileux-limoneux du Quaternaire moyen, issus de l’érosion des reliefs dominants,
ont été piégés dans les bas fonds, puis transformés en sols fertiles. Ces sols appartiennent à la
catégorie des sols subtropicaux isohumiques (Ruellan, 1970) caractérisés par l’abondance de
la matière organique, les accumulations de calcaire en profondeur et la présence d’argile
même dans des horizons très profonds. La capacité de rétention de ces sols permet la
restitution des eaux aux plantes. C’est en quelques sorte dans cette optique que la mise en
valeur des 60.000ha de la plaine de Triffa a contraint l’ORMVAO d’engager des travaux de
défoncement et d'épierrage.

CARACTÉRISTIQUES HYDRLOGIQUES ET SÉDIMENTAIRES


Les zones humides étudiées appartiennent à quatre types de sites très distincts, aussi bien par
leur genèse que par leurs caractéristiques dominantes. Dans cette première étape, nous
n'évoquerons que les principaux traits marquants de l'hydrologie des zones humides.
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 9

EMBOUCHURE DE LA MOULOUYA

Apports continentaux : débits liquides et solides


Seule la partie basse de la Moulouya, en aval des barrages Mohammed V et Mechra Homadi
nous intéresse, sachant que l'hydrologie des zones plus en amont est entièrement contrôlée par
ces deux barrages.
Le principal affluent que reçoit la rivière se situe sur la rive droite ; Oued Cherra'a, alimenté
essentiellement par l’oued Zegzel, qui draine le chaînon des Beni Snassen.
L’embouchure proprement dite est encombrée de bancs de sable qui change souvent de
configuration. Les marais situés près de l’embouchure, notamment sur sa rive droite, couvre
une superficie de 400 ha.
Les eaux souterraines dans la région sont représentées par les nappes phréatiques des Triffa,
Angad et Bou Houria, ainsi que par les nappes profondes des Beni Snassene, des Angad et de
Jbel Hamra. Ces nappes sont alimentées par la pluie, les eaux de ruissellement issues des
massifs calcaires de Beni Snassen et de Jbel Naima.
Les plaines adjacentes au site sont irriguées essentiellement par des eaux de surface,
provenant des barrages Mohammed V et Mechra Homadi (MTP, 1992) ; ces eaux sont
acheminées dans deux principaux canaux : le canal de Triffa (18 m3/s) et le canal rive gauche
(17m3/s).
Le cours central de la Moulouya peut être divisé en deux tronçons, à caractéristiques
hydrologiques différentes :
o tronçon entre Mechra Homadi et le Mechra Saf-Saf, caractérisé par des apports importants
(3-4 m3/s) depuis des résurgences situées au niveau des gorges de la Moulouya ;
o tronçon entre Mechra Saf-Saf et l'embouchure, où les apports latéraux (estimés à 2 m3/s)
proviennent principalement du drainage des plaines de Zébra et des Triffa.

Les débits moyens mensuels relevés à Saf-Saf (station située à 55 km de l’embouchure) et


dans l’oued Zegzel donnent une idée de la quantité des apports en eau à l’aval de Mechra'
Homadi (Tableau 6).
Tableau 6. Débits moyens mensuels (m3/s) relevés sur la basse Moulouya et le Zegzel.
Station S O N D J F M A M J J O Période
Saf saf 7,49 9,6 13,38 10,38 9,48 17,30 9,18 21,94 23,71 9,36 6,49 5,73 1970-1987
O. Zegzel 0,12 0,62 0,54 1,37 1,17 0,97 1,23 1,85 1,19 0,22 0,1 0,06 1932-1985
'Total' 7,61 10,22 13,92 11,75 10,65 18,27 10,41 23,79 24,80 9,58 6,59 5,79
Données DRH
Les estimations du transport solide au niveau de ces sites (MTP, 1987) sont données dans le
Tableau 7.
Tableau 7. Transport solide relevé au niveau de la basse Moulouya
Station Concentration (g/l) Volume (m3/an) Transport solide (103t/an)
Saf-Saf 5 80 *50
O. Zegzel 6 22 100
Total 11 102 150
* cette valeur peut atteindre 1000 à 2000 lors des lâchers de barrage.

La variabilité inter-annuelle des apports est considérable ; à titre d’exemple, lors d’une crue
exceptionnelle de 1963 (7500 m3/s) et d'une succession d'autres crues de la même année
(3300Mm3), les apports solides étaient estimés à 160 millions de tonnes. L’essentiel de ce
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 10

transport ne provient pas de l’érosion des versants, mais plutôt des pertes en terre qui ont pour
origine principale les affouillements du réseau hydrographique provenant des ravinements
bad-lands et des sapements des berges (PNUD, 1982).

Qualité des eaux


Les caractéristiques physico-chimiques des eaux à l’embouchure figurent dans le Tableau 8.
Selon les Normes marocaines de qualité des eaux (M.E., 1999), la plupart des paramètres
présentent des valeurs témoignant bonne qualité au niveau du bas cours de la Moulouya.
Tableau 8. Qualité des eaux au niveau de la basse Moulouya.
Embouchure * 50 km de l’embouchure**
Paramètres
Hiver été (moyenne hiver-printemps)
Température (°C) 10 30 20
PH 7,6 8,3 7,2
Conductivité (mS/cm) 2,5 30 2,1
Oxygène (??) - - 8
Nitrates (mg/l) 0 0.3 11,4
Nitrites (mg/l) 0,08 0,15 0,03
Azote ammoniacal (mg/l) 0 0,46 0,01
Calcium (mg/l) 290 220 -
Potassium (mg/l) 3,8 105 -
Sodium (g/l) 0,65 6,2 0,215
Magnésium (mg/l) 26,4 91
Chlorures (mg/l) - - 215
* Rahhou, 1995 ; **Berrahou, 1995

Toutefois, la présence de l’ammoniac en été et la forte conductivité témoignent d'une situation


très critique. En aval de la retenue de Mechra Homadi, la salinité augmente progressivement
vers l'aval, de 1.7 à 2.6 g/l (MTP, 1992), pour une augmentation de débit allant de 4 m 3/s (à
Moulay Ali, en aval des gorges) à 6 m3/s (à l’embouchure). Ces valeurs rendent inutilisable
cette eau pour l’irrigation. La proximité de l’embouchure et les faibles débits pourraient
expliquer cette salinisation.
Les teneurs en métaux lourds relevées dans les eaux, les sédiments et les civelles de
l’embouchure sont relativement élevées (Rahhou, 1995). Les valeurs les plus critiques
relevées dans l'eau concernent le zinc, le fer et le cadmium ; les civelles sont particulièrement
contaminées par le zinc, le plomb et le cadmium, alors que dans les sédiments, la plupart des
métaux sont en forte concentration (Tableau 9).
Tableau 9. Teneurs en métaux lourds (g/g) enregistrées dans l’embouchure de la Moulouya en
1994 (Rahhou, 1995).
Zinc Cuivre Plomb Fer Cadmium
Max. Min. Max. Min. Max. Min. Max. Min. Max. Min.
Eau* 6,65 2,14 0,06 0,02 0 0 2,84 0,2 0,093 0,015
Sédiments* 244 63 17,5 6 27 0 1248,6 1163,6 3,75 1,7
Civelles** 142,8 59,52 3,5 1,32 27 13,69 79,9 29,49 3,85 0,15
* sur une période d’une année, ** sur une période de 6 mois

Ces pollutions seraient liées à une activité agricole importante basée sur l'usage accru de
fertilisants et les pesticides, sachant que les fongicides sont riches en zinc et en fer, et que les
composés phosphatés contiennent d'importantes quantités de cadmium. Le charriage et le
lessivage en saison humide des terrains agricoles favorisent l’accumulation des métaux dans
les compartiments physiques ; les composantes biologiques montrent une bio-accumulation,
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 11

mais vu que l’espèce sur laquelle ont été effectuées les analyses est diadrome, il est difficile
d'affirmer une bioaccumulation au niveau de l'embouchure. Il est probable qu’au cours de sa
migration l’espèce ait été exposée à des milieux chargés en micro polluants, même à petites
doses.

RYTHME MARÉGRAPHIQUE
Faute de données bibliographiques sur la dynamique hydro-sédimentaire de l'embouchure, cet
aspect sera abordé à l'aide (ultérieurement) d'observations ponctuelles de terrain, en utilisant
notamment les habitats en tant que révélateur de l'hydrologie. Rappelons que le marnage dans
la région est faible (?? 0,5-0,6 m en période de vives eaux) ; vu la platitude du terrain au
niveau du site et les faibles débits de la Moulouya, les eaux marines remonteraient dans
l'estuaire plus haut qu'elles ne faisaient avant l'installation des barrages. La grande étendue
des sansouires témoigne de large influence de ces eaux salées.

SEBKHA BOU AREG (LAGUNE DE NADOR)

Bathymétrie
La première carte bathymétrique de la lagune a été réalisée en 1951 par l’Institut
Hydrographique de Cadix. Une deuxième carte fut élaborée par le Centre Royal de
Télédétection Spatial (d'après Moustatir, 1994). A quelques différences près, la bathymétrie
fournie par les deux campagnes (Fig. 7) révèle une zone centrale profonde (maximum 7 m) et
des hauts fonds sur la bordure marine, notamment en face des anciennes passes.

Figure

Fig. 7. Bathymétrie de la Sebkha Bou Areg (d'après ????).

Marées
Les eaux de la lagune sont dans leur quasitotalité d'origine marine. Elles pénètrent depuis la
Méditerranée à travers une passe de Xm de largeur qui interrompe un cordon dunaire de Ym
de largeur. Les courants de marée sont nets (bidirectionnels et alternatifs) au niveau de cette
passe, alors qu'à l’intérieur de la lagune, le marnage est à peine perceptible. La marée est de
type semi-diurne, de 0,5 à 0,6 m en période de vives eaux et de 0,1 m à 0,2 m en périodes de
mortes eaux (Tesson, 1977).

Apports continentaux
Le réseau hydrographique de la Sebkha Bou Areg est formé d'un grand nombre de petits cours
d'eau peu ramifiés qui débouchent dans plusieurs points de la lagune ; les apports de la plupart
d'entre eux à ce site sont limités aux périodes de fortes crues. Les quelques oueds permanents
(Oued Selouane, Oued Caballo …) sont réduits à des égouts, alimentés au niveau des
agglomérations qu'ils traversent (Figure 8).

Figure

Fig. 8. Réseau hydrographique de la lagune de la Sebkha Bou Areg.


Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 12

La nappe phréatique de Bou Areg s'étend sur une superficie de 190 km² (Figure en
préparation). Son épaisseur varierait entre 5m (pied de Jbel Kebdana) et 60m (bordure de la
lagune) ; son toit est à plus de 40m de la surface du sol en bordure du massif de Kebdana et à
moins de 1m à proximité de la lagune. L’approvisionnement de cette nappe est assuré
principalement par les eaux de pluie ; toutefois, l’aménagement hydro-agricole de la plaine à
généré un apport supplémentaire cette nappe, correspondant aux eaux excédentaires
d'irrigation. Au contraire, les nombreux drains qui parcourent la zone contribueraient à
abaisser le niveau de l'aquifère.
La nappe de la plaine de Gareb, d’une superficie de 290 km² (Carlier 1971), est formée dans
des formations lacustres villafranchiennes. Son épaisseur est supérieure à 80m au sud et se
réduit à moins de 20m au nord (Fig. 9).
Les apports en eaux douces superficiels dans la lagune ont été estimés il y a plus de trente ans
à 50.106 à 150.106 m3/an (Tesson, 1977). La nappe phréatique, dont le bilan fut jugé en 198??
toujours positif, apportait quelque 45.106m3/an ; actuellement, son toit semble être de plus en
plus bas et ses ne se déversent dans la lagune que grâce à un ensemble de drains, qui
fonctionnent comme trop-pleins actifs à la suite de pluies abondantes. A ces apports s’ajoutent
les eaux excédentaires d’irrigation et les eaux d'origine urbaine (Nador) ; la majeure partie de
ces dernières provient de la station d’épuration, dont le débit fut estimé en 198?? A 5000
m3/jour (Elabassi et Yagoubi, 1984), alors qu'une dizaine d’égouts non reliés déversaient en
198?? quelque 1720 m3/jour d'eau dans la lagune (Chatbi, 1983).

Figure

Fig. 9. Nappe phréatique de la laine de Bou Areg (d'après Carlier, 1971).

Une importance particulière doit être accordée aux apports continus d'eaux usées de la ville de
Nador, sachant que leur débit augmente et que les risques de pollution (par une forte charge
organique) ne sont pas impossibles.

Courants
La carte des courants à l'intérieur de la lagune, établie en 198?? (Guelorget et Perthuisot,
1983) a mis en évidence une dérive littorale de sens dextre (Fig. 10) : les masses d’eau en
provenance de la Méditerranée prennent une direction SE dès qu'elles pénètrent dans la
lagune ; un mouvement tournant permet ensuite le retour de ces eaux le long de la rive
continentale. Ces courants délimitent une tranche d’eau centrale plus stable, avec des
mouvements lents (Guelorget et al., 1987), sans qu'une stratification des eaux puisse se faire.

Figure

Fig. 10. Circulation des eaux à l'intérieur de la lagune (d'après Guelorget et Perthuisot, 1983).
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 13

Qualité des eaux


L’appréciation de la qualité des eaux lagunaires a été établie à travers la synthèse de plusieurs
travaux (Goudan 1986, Rharbi 1987, Zine 1989, Zine et Menioui 1998, Inani 1995, Hamman
1999, Lamrini et Moustatir 1998, etc.)
Température de l’eau
Ce paramètre connaît de grandes variations spatio-temporelles dans ce milieu (Goudan,
1986) ; en saison froide (mois de janvier), des valeurs moyennes de l’ordre de 11,8°C sont
relevées, alors qu'en période estivale celles-ci montent autour de 27,5°C (moyenne enregistrée
au mois de juin). Les variations spatiales permettent d'individualiser une zone centrale à
température constamment élevée par rapport au reste de la lagune ; cette zone est profonde et
se trouve éloignée des courants périphériques (Tesson 1978, Brunel 1985, Inani 1995), ce qui
expliquerait ses faibles fluctuations thermiques.
Par ailleurs, la température du fond paraît légèrement plus faible qu'en surface,
particulièrement vers le centre.
pH
Les valeurs moyennes du pH indiquent toujours une certaine alcalinité du milieu ; elles
varient généralement entre 7,4-8,26, alors qu'une valeur de 9.03 a été relevée en période sèche
(Inani 1995). Les variations spatiales font apparaître une double influence : les apports
continentaux en période humide font baisser légèrement le pH (phénomène de dilution), alors
qu'en saison sèche, le pH est très influencé par la pénétration des eaux marines. Cependant,
les variations verticales (entre le fond et la surface) sont faibles.
Salinité
La teneur moyenne en sel dans la lagune varie entre 37 g/l et 42,7 g/l (????, ??). Cette salinité
a connu une nette augmentation au cours des trente dernières années, probablement à cause de
la sécheresse qui a affecté les apports d'eau douce et de la morphologie de la passe (Inani,
1995).
Les variations spatiales font apparaître quatre zones distinctes (Zine et Menioui, 1998) :
- la zone centrale (37 g/l en moyenne) ;
- la bordure continentale (36g/l en moyenne), soumise aux apports d'eau continentales,
notamment par l'effluent de Nador et les oueds Selouane et Bou Areg.
- les deux zones de confinement situées aux extrémités NW et SE du site (37,5 et 37,1 g/l en
moyenne), où le brassage par les courants des marées ; une valeur de 40g/l a pu être relevée
dans ces zones.
Matières en suspensions (MES)
Dans la lagune, les MES sont constituées en grande proportion (77%) de matière labile
organique (Zine et Menioui, 1998). Les plus fortes teneurs sont relevées près de la rive
continentale, là où les apports d'eau sont plus chargés (26 mg/l en moyenne). Les plus faibles
valeurs se trouvent vers les extrémités NW et SE (16 et 18 mg/l respectivement). Par ailleurs,
la distribution spatiale semble connaître une certaine influence du vent, lequel remet en
suspension les sédiments fins déposés au fond, établissant ainsi un gradient dans le sens de
l’axe d’allongement de la lagune (Inani, 1995).
Oxygène dissous
Les teneurs en oxygène des eaux de la lagune sont régies par deux phénomènes importants, le
processus biologique (production primaire, minéralisation) et les conditions climatiques.
En effet, la distribution spatiale fait apparaître
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 14

o des eaux de forte consommation d’O2, particulièrement près des points de rejet des
effluents riches en matières organique, tel que l’émissaire de la station de traitement des
eaux usées (3,9 mg/l) ;
o des eaux bien oxygénées, situées dans les zones d’influence marine (10,5 mg/l),
notamment près de la passe. L’activité photosynthétique semble contribuer fortement à
l'oxygénation des eaux du fond dans certaines zones de la lagune (Inani, 1995). Les
variations temporelles sont marquées par une relation inverse avec la température
(Goudan, 1986), les faibles teneurs en O2 étant mesurées en été et les fortes valeurs en
hiver. L’influence de la salinité n’est pas à écarter, sachant qu'elle influence la solubilité de
l’oxygène et qu'elle varie dans l'espace.
Eléments azotés (nitrates, nitrites et azote ammoniacal)
Les données relatives à ces éléments mettent en évidence une absence de vraie pollution
ammoniacale des eaux lagunaires, bien que des traces de cet élément (0,2 à 0,8 mol/l) aient
été notées au cours de l’hiver. Au contraire une légère pollution nitrique (0,08-0.32 mol/l)
limitée dans l’espace (particulièrement au niveau des zones d’influence continentale) a été
relevée ; cette pollution atteint des seuils critiques (1,2 mol/l) près de la station de traitement
des bassins de lagunage de Nador.
Les teneurs en nitrates sont fortes en plusieurs points de la lagune (Inani, 1995) ; elles varient
entre 1,53 mol/l (hiver) et 23,22 mol/l (été), avec un maximum de l’ordre de 80 mol/l
atteint près de l’embouchure de l’O. Selouane (Inani, 1995). Cette variation saisonnière est à
corréler avec l’absence d'apports hydriques d’une part et l’utilisation des nitrates comme
source oxydatrice de matière organique en compensation de l'insuffisance de l’oxygène.
Orthophosphates
Comme pour les autres éléments nutritifs, les teneurs les plus élevées en orthophosphates se
trouvent au niveau
o des principaux émissaires d’eau douce dans la lagune (5,07 mol/l à la station d’épuration,
5,51 mol/l au niveau de l’oued Mrader, 5 mol/l à Qariat Arkmane, etc.),
o des zones de lessivage et de ruissellement, notamment dans la zone SE, où une teneur de
2.55 mol/l a pu être relevée (Inani 1995, Hamman 1999).
Contrairement aux nitrates, les valeurs plus élevées sont notées en saison humide et les plus
faibles en saison sèche. La présence des orthophosphates dans la lagune pourrait contribuer à
son eutrophisation, particulièrement en été, suite au relargage du phosphore piégé en grandes
quantités dans les sédiments et à l'augmentation de la température qui favorise ce phénomène.
Bilan : flux de pollution
Au cours des vingt dernières années, la zone de Nador a connu un développement socio-
économique important, où la lagune a contribué avec une part non négligeable. Cette dernière
a fait l'objet depuis 1982 de différents projets d’élevage (huîtres, poissons, crevettes,
palourdes, etc.). L’agriculture s'est intensifiée au niveau de la plaine de Bou Areg (superficie
de 10 400 ha), alors que l’industrie commence à connaître un développement remarquable
(sidérurgie, agroalimentaire, textile, chimie, parachimie, etc.).
En agriculture, l’usage de produits phytosanitaires, essentiellement des organo-phosphorés de
type malathion et parathion, et de fongicides et herbicides de type chlorophénoxy acide 2-4D
(Hamman, 1999), est de plus en plus régulier ; ceci laisse penser à une contamination
probable des différentes composantes de cet écosystème, notamment par les eaux de lessivage
et de drainage en période humide.
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 15

Par ailleurs, toutes les agglomérations urbaines ont connu une croissance démographique
exagérée, ce qui a fortement accru le volume des rejets liquides qui débouchent dans la lagune
(Tableau 10), lesquels rejets devraient générer une importante pollution organique et minérale
de ce milieu (Tableau 11).
Tableau 10. Population totale et flux des rejets dans les principales agglomérations de la région de
Nador (simulation pour l'an 2000).
Agglomérations Selouane Taouima Zeghanghane Al Aroui Arekmane Beni Ansar Bouizarzarene
Population totale 18000 6780 43970 23050 26670 29025 6220
Rejet global (l/j/hab) 88 54 59 61 215 78 49
Rejet (m3/j) 1583 364 2606 1412 5728 2250 307
Source : SDA du grand nord 1985-2005 (in Hamman, 1999)

Seule la ville de Nador dispose d’une station de traitement, dont le rendement n’est que de
70%. Les autres agglomérations jettent leurs eaux usées dans des ruisseaux (O. Selouane,
O. Caballo) qui finissent directement dans la lagune.
Tableau 11. Nature et quantités (en Kg/an) des charges polluantes (année 2000)
DBO5 DCO MES Phosphates Azote total
O. Caballo 1749 2451 2025 75 324
O.Selouane 1599 2240 1850 69 296
Beni Ansar 1201 1683 1390 51 222
Arekmane 3058 4284 3539 131 567
(N.B. seules les valeurs extrêmes sont reportées dans le tableau).

La prédominance des matières organiques et des sels nutritifs, l’absence de moyens de


traitement adéquats des eaux et le fonctionnement hydrodynamique de la lagune sont de
nature à générer des phases critiques d’eutrophisation. En effet, la circulation des eaux
lagunaires permet la formation d’une masse d’eau centrale riche en éléments nutritifs et
pauvre en oxygène au niveau du fond, alors que les courants de bordure entraînent les
éléments nutritifs amenés par les effluents. Les faibles vitesses de courant et le faible gradient
de salinité et de densité facilitent la diffusion des éléments à l’origine d’une productivité
importante.
La recherche des micro-polluants (métaux lourds) dans la lagune (Inani, 1995) n’a pas permis
de mettre en évidence la présence de ces éléments dans la phase aqueuse du milieu. En effet,
les caractéristiques physico-chimiques des eaux (notamment le pH alcalin et l'abondance de la
matière organique) ne favorisent pas la présence de ces métaux en phase dissoute, lesquels
sont généralement en phase particulaire ou piégés dans les sédiments par la matière
organique.

Sédimentologie
L’étude de la couverture sédimentaire de la lagune (Mahous, 1991) a mis en évidence des
variations de la mer vers le continent, de manière à distinguer deux faciès : 
o faciès dominé par les sables fins (125-250 m) et moyens, au niveau de la zone proche de
la passe ;
o faciès fin dominé par des sédiments argilo-limoneux, occupant les zones centrale et
continentale ; les limons y constituent respectivement 81% et 75%), mais on y note la
présence de fractions très fines (<16 m) et de fractions grossières (250-500 m) dans la
zone continentale.
Dans une étude plus récente, Inani (1995) distingue trois faciès :
o faciès pélitique vaseux, présent le long d’une bande centrale ainsi qu'au niveau des zones
de confinement aux extrémités SE et NO de la lagune ;
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 16

o faciès sableux, représenté par deux variantes :


 sables à fraction fine dominante (76-97%) localisés sur la frange longeant la bordure
marine ;
 sables à fractions moyenne dominante (60%) localisés dans la partie sud-est de la frange
continentale, à l’embouchure de l’Oued Mrader.
o faciès de transition entre les deux précédents, composé également de deux variantes :
 sables vaseux (plus de 90% de sable), représenté sur une bande séparant la frange
sableuse côtière de la zone vaseuse centrale ;
 vases sableuses (plus de 90% de vase), mieux représentées que la variante précédente ;
elles occupent une position parallèle à celle-ci, avec une certaine prédominance vers
l’extrémité SE ; elles occupent également les embouchures des Oueds.
L’analyse minéralogique permet de constater que la phase argileuse des sédiments superficiels
est formée d’illite, de kaolinite, de smectite et de chlorite, dans des proportions très variables.
Leur zonation est marquée par la concentration de la chlorite et de l’illite dans la partie Sud-
Est de la lagune, alors que la smectite et la kaolinite sont rencontrées dans la partie Nord-
Ouest. La répartition des argiles relate la dérive péri-littorale des masses d'eau.
La nature des apports explique aussi la répartition des minéraux dans la baie de Nador en mer
Méditerranée (El Moumni, 1994).
Par ailleurs, les associations minéralogiques changent avec l'origine des apports fluviatiles ; il
fut possible de distinguer trois types d’associations :
o Association smectite-kaolinite-illite, caractéristique des eaux provenant du massif
volcanique du Gourougou ;
o Association illite-chlorite-kaolinite avec des traces de vermiculite, caractéristique des eaux
en provenance du massif de Kebdana ;
o Association illite-kaolinite-chlorite-smectite, caractéristique des apports depuis le massif
de Beni Bou Ifrour.
Le mécanisme de sédimentation à l'intérieur de la lagune semble être régit par deux modes
(Inani, 1995) : 
o sur la bordure marine, l’énergie développée par l’effet de la turbulence au niveau de la
passe, par la faible profondeur et par l’action des vents et des courants intra-lagunaires est
relativement importante pour permettre une remise en suspension des matériaux déposés
(sables) et leur dépôt vers l’intérieur de la lagune selon le sens des courants (Sud-Est) ;
o sur la bordure continentale, les mêmes facteurs (vents, profondeur, courants …) permettent
le charriage et la décantation séquentielle des matériaux (en grande partie organique)
apportés par les oueds ; une partie de ce matériel reste piégée sur le fond et l’autre est
transportée jusqu’au centre de la lagune, où elle subit une mise en suspension uniforme ;
cette uniformité s’observe également dans zones de confinement aux extrémités de la
lagune.

CAP DES TROIS FOURCHES


Les zones humides côtières y sont entièrement marines ; les apports continentaux étant quasi-
nuls, à cause de l'aridité du climat, de la nature magmatique des roches et de l'exploitation des
très faibles réserves d'eau souterraines disponibles au fond des vallons.
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 17

OUED ZEGZEL (SIBE DE BÉNI SNASSENE)


Cet oued est le principal affluent qui alimente la basse Moulouya après qu'elle ait été retenue
par les barrages Mohamed V et Mechra' Homadi. Il draine le massif calcaire des Béni
Snassene, grâce à un aquifère des plus importants de la région.
Le réseau de l'Oued Zegzel prend ses origines dans les environs de Tafoghalt, dans une source
permanente actuellement captée ; le lit de son oued est transformé au niveau de cette ville en
canal artificiel où coulent des eaux usées. Ce ruisseau se transforme en cascade au niveau de
la Grotte du Pigeon, où l'eau est encore très polluée et relativement chaude en été (17°C à
8h00). Les eaux de cette cascade se perdent dans le sol plus en aval, après un parcours de
moins de 200 mètres, le cours d'eau devenant alors temporaire.
Le cours principal est ensuite alimenté en permanence par une résurgence provenant de la
Grotte du Chameau ; ses eaux sont claires et de bonne qualité, mais en été elles se chargent de
matières organiques et de déchets solides dus aux campeurs qui s'installent dans la vallée, en
amont des sources.
Ce cours d'eau reste ombragé à l'intérieur de profondes gorges qu'il traverse, puis se réchauffe
et devient eutrophe à sa sortie des Béni Snassène, pour finir dans les champs de cultures et les
vergers.
Les zones humides de ce site appartiennent aux types "eaux courantes" et "sources", avec des
eaux phréatiques accessibles au niveau de grottes.

HABITATS
Dans cette étude, la classification des habitats "zones humides" utilisée est celle établie par le
programme MedWet I ; cette classification est basée sur un modèle hiérarchique plus ou
moins universel, qui fut appliqué aux États-Unis (Cowardin et al., 1979). Elle combine des
critères relatifs à l'hydrologie (salinité comprise), à la végétation et à la granulométrie des
sédiments.
Le schéma général (Annexe 1) comporte quatre principaux niveaux hiérarchiques (systèmes,
sous-systèmes, classes et sous-classes), auxquels sont ajoutés trois niveaux de détail utilisant
successivement le régime hydrologique, la salinité et l'artificialisation.
Les habitats des sites étudiés appartiennent à quatre systèmes : eaux marines côtières,
estuaires, eaux courantes et habitats palustres. Dans cette description préliminaire, seuls les
trois ou quatre premiers niveaux de la classification MedWet sont utilisés, sachant que les
limites entre ces habitats ne pourront être définies qu'une fois le programme de cartographie
(SIG) aura démarré ; l'inventaire établi ci-après est basé pour le moment sur nos propres
observations saisonnières de terrain (et non sur des données hydrologiques chiffrées). Par
ailleurs, l'artificialisation évoquée par le schéma MedWet (niveau 7 de la classification) ne
sera pas considérée dans tous les cas.
Pour chaque site, les habitats sont présentés dans l'ordre hiérarchique usuel. Pour les niveaux
inférieurs à la classe, les codes (lettres majuscules) des types d'habitats sont indiqués entre
parenthèses.

 Le système marin (M) existe dans les trois sites côtiers ; son étendue dépendra de la limite
marine qui sera retenue pour les trois sites.
 La classe O (eau de surface) est la mieux représentée, notamment dans le Cap des Trois
Fourches, le fond y serait composé de sable et/ou de galets/gravier.
 La classe S (substrat aphytique) est présente dans les trois sites, sous forme de plages de
sable (S) inondés de manière régulière (R) ou irrégulière (G).
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 18

 La classe A (plantes submergées) couvre près de 50% du fond au niveau du Cap des trois
Fourches.

 Le système estuarien (E) compose la quasitotalité de la lagune de Nador et de


l'embouchure de la Moulouya.
 La classe O (eau de surface) est dominante à Nador ; le fond y est constitué
essentiellement de vases/limons (M), avec quelques couloirs de sable (S) ; ces habitats sont
de type subtidal (S), à salinité variable d'un endroit à l'autre, mais apparemment selon un
zonage bien défini, l'eau de mer constituant la plus grande partie. Cette classe se limite au
chenal central de l'oued Moulouya, où le fond est de type vaseux ou sableux et la salinité
est de type polyhalin.
 La classe S (substrat aphytique) est peu représentée aussi bien à Nador que dans la
Moulouya. Elle correspond essentiellement à des petites plages de sable inondés de
manière régulière (R) ou irrégulière (G). La salinité est encore inconnue mais les données
bibliographiques indiquent de grandes variations sur la rive continentale de la lagune de
Nador.
 La classe A (plantes submergées) est bien visible à Nador, des algues et des phanérogames
y ont été identifiées, mais leur mode de répartition reste à définir.
 La classe E (émergents) couvre des surfaces importantes dans les deux sites ; il s'agit d'une
végétation persistante (P) où domine la sansouire (Sarcocornia/Salicornia), avec quelques
petites tâches de joncs. A Sebkha Bou Areg, cet habitat a été très dégradé à cause de
l'extension de la ville de Nador, pour se limiter à une vaste zone au sud de Qariat Arkmane.
Au niveau de la Moulouya, la majeure partie de cet habitat a disparu, mais il est encore
bien représenté sur la rive droite de l'estuaire.

 Le système d'eau courante (R) existe dans tous les sites, mais il est le mieux représenté
dans les deux oueds.
Dans le Cap, il se limite à des chenaux à écoulement temporaire ou éphémère.
Dans la lagune de Nador, il s'agit de cours d'eau très pollués et canalisés et de drains ; leur
écoulement est permanent (effluents pollués) ou temporaire.
A l'embouchure de la Moulouya, toute la partie amont du site (correspondant aux eaux douces
ou saumâtres et bordée par une ripisylve est à inclure dans ce système. Cette rivière est de
type pérenne inférieur.
Le Zegzel est entièrement dans ce système ; il est plutôt de type pérenne supérieur.

 Le système palustre (P) est faiblement représenté ; il serait limité à une partie de
l’embouchure de la Moulouya.

FLORE ET FAUNE : APERÇU DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE


Cette partie ne peut être traîtée pour le moment bien que nous ayons des données relatives à la
faune invertébrée de la lagune de Nador et aux oiseaux d’eau de ce site et de la Moulouya.

VALEURS
Il est prématuré de faire une synthèse avant de recevoir les données des autres travaux de ce
diagnostic. Les données d’évaluation utilisées dans les fiches des SIBEs en 1994-96
nécessiteraient aussi quelques révisions. Toutefois une attention particulière sera attribuée aux
valeurs paysagères de l'ensemble des sites.
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 19

MENACES
Lors de la visite des sites réalisée en janvier 2002, l’ensemble des participants ont insisté sur
la lourdeur des menaces qui pèsent sur les zones humides, y compris celles du Cap des Trois
Fourches.
Le site le plus menacé serait celui de Nador ; deux impacts essentiels priment : l’urbanisation
de la zone humide et la pollution par les eaux usées et les déchets solides. La disparition des
habitats humides et la dégradation de la qualité des eaux et des sédiments et du paysage sont
des conséquences visibles ; les impacts sur la biodiversité et les ressources halieutiques n’en
sont certainement pas moins importants.
Ces mêmes impacts sont notés au niveau de l’embouchure de la Moulouya, mais dans ce site
les perturbations hydrologiques en seraient les principales causes. Ce site a en effet subi de
grandes modifications qui ont affecté l’étendue relative des habitats, sachant que la
dynamique hydrosédimentaire s’est profondément modifiée et que les apports vers la nappe se
sont affaiblis. Une pollution d’origine agricole a été mise en évidence et l’on soupçonne une
pollution liée à l’aquaculture. La nouvelle route (rocade) a défiguré le paysage naturel dans la
mesure où elle passe à l’intérieur du site ; elle est également une source potentielle de
pollution (hydrocarbures et métaux lourds) et de dérangement de la grande faune.
La fréquentation quasi-permanente du site par les visiteurs apporte de grandes quantités de
déchets solides et élargit les sentiers et pistes aux dépends des habitats naturels.
Le long de l’oued Zegzel, les menaces ne sont pas moins importantes que dans les sites
côtiers. Les aménagements subis par les sources ont certainement détruit une faune
remarquable, sachant que ces habitats sont des réserves précieuses d’endémiques. La pollution
est localisée dans trois endroits : l’agglomération de Tafoghalt et le tronçon de cours d’eau
(égout) en aval, la Grotte du Pigeon et la Grotte du Chameau. Dans la première localité, la
pollution urbaine transforme le cours d’eau en égout, où l’autoépuration est incapable de
détruire la matière organique le long de tout le tronçon encore en eau. Dans les deux autres
localités, les déchets solides et liquides (organiques) atteignent en été des seuils élevés en
l’absence de ramassage d’ordures. Les dérangements de la faune sont certains, mais ils restent
à préciser.
L’hydrologie de ce cours d’eau a été affectée par la rétention de la source et par un ensemble
de séguia et de petites retenues temporairement fonctionnelles.

CONCLUSIONS
Cette brève présentation reflète dans l’ensemble de la zone d’étude une grande diversité
d'habitats, mais celle-ci reste faible au niveau chaque zone humide. Toutefois, il faut signaler
la rareté de chacun de ces habitats à l’échelle de la Méditerranée et qu’ils des représentants
uniques de leurs types de sites respectifs au niveau de la côte méditerranéenne marocaine. En
effet, le seul grand fleuve originaire des atlas que reçoit cette côte est celui de la Moulouya,
alors que parmi les deux lagunes méditerranéennes du Maroc, la lagune de Nador est très
différente, aussi bien par sa taille que par son fonctionnement et ses valeurs, de celle de Smir.
Les valeurs esthétiques du Cap des Trois Fourches se retrouvent dans d’autres zones côtières
méditerranéennes, mais leur originalité est d’ordre géologique (roches volcaniques) et
topographique (caps dominants dans le paysage).
Les agressions humaines ont été pour une grande part de la baisse de diversité d’habitats.
Malgré tout cela, tous les sites ont gardé de grandes potentialités paysagères, dont la mise en
valeur profitera certainement à la région, aussi bien au niveau touristique qu’au niveau
Zones Humides du Nord-Est Marocain : avancement des travaux du diagnostic écologique 20

éducatif. Cette mise en valeur ne manquera pas de sensibiliser un large public aux qualités et
valeurs des sites étudiés, notamment de leurs zones humides.

RÉFÉRENCES
Dans cette liste provisoire sont présentées les principales références citées dans le texte et les
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