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Master Finance Islamique

Techniques Bancaires

Calcul des fonds propres :


Risque Crédit selon la
Réglementation Bâloise.

Réalisé par : Encadré par :


Salma MOUSSI Mme SOLHI Sanae
Fatimaezzahra GAMAL
Ihssane NARHACH

Année universitaire : 2019/2020

1
Sommaire
Introduction

Généralité

Partie I : Technique de détermination des Fonds


Propres : Risque Crédit selon la réglementation
prudentielle.

Chapitre I : D'une approche Forfaitaire Bâle I à une


approche Quantitative Bale II
 Le premier accord de Bâle : Ratio Cooke
 Application
 Bâle II : Les piliers de la régulation bancaire
 Applications

Chapitre II : Renforcement des Exigences des Fonds


Propres vis-à-vis du Risque Crédit
 Bâle III : L'aboutissement d'un effort réglementaire sans
précédent
 Application
 Réforme de bale IV et le maintien de la sensibilité du risque crédit

Partie II : L'impact des accords de Bâle sur le risque


crédit au système bancaire islamique
• L'aspect du Risque crédit dans les banques islamiques
• Méthode de modération du Risque Crédit

Conclusion

2
Introduction

La refonte du secteur Bancaire a représenté la réponse du Comite de


Bale (Basel Committee on Banking Supervision) sur les mutations que
le système financier a connu.

Ce comité créé en 1974 par les gouverneurs des banques centrales du


G10, ce comité qui a vu le jour suite à un incident de liquidité d’une
banque allemande qui eut un effet domino sur d’autres banques.

La réglementation Baloise a évolué vers une approche prudentielle,


s’appuyant sur la supervision, la discipline du marché et les ratios
prudentiels, en particulier les ratios des Fonds Propres minimaux.

Plus de vingt ans se sont écoulées depuis que le Comite de Bale sur le contrôle
bancaire a instauré l’accord sur les Fonds Propres, elles s’articulent toutes autour
d’un outil principal : le ratio de solvabilité.

L’Apport novateur, Ratio des Fonds Propres, réalise pour la détermination du


processus de planification des fonds propres au sein des banques de taille, de
profil de risque et de modèle économique diffèrent.

Dans ce sens, notre travaille portera la lumière sur le risque le plus ancien dans
les métiers bancaires, qui est le risque crédit ou ratio de solvabilité, et plus
exactement on présentera l’architecture du Ratio de solvabilité du premier
accord Bâle I à Bâle IV.

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Généralité

Le risque de crédit est le risque de pertes consécutives au défaut d'un


emprunteur face à ses obligations, ou à la détérioration de sa solidité financière
ou de sa situation économique au point de dévaluer la créance que
l'établissement de crédit détient sur lui.

On comprend clairement qu'il existe donc quatre types de risque de crédit :

 Un risque de défaut : C'est le risque qu'un emprunteur ne soit pas en mesure


de faire face aux engagements de paiement (incapacité d'honorer ses
obligations de paiement des intérêts et/ou du principal d'une créance)
 Un risque de dépréciation de la qualité de crédit : Ce risque est dû à la
détérioration de la solidité financière de la contrepartie et par conséquent la
qualité de la signature.
 Un risque émetteur : Il s'agit d'un risque lié à un instrument "cash" :
(obligations, billets de trésorerie, prêts bancaires, certificats de dépôts...).
 Un risque de contrepartie : Ce risque est lié à un instrument "non cash" :
(produits dérivés, garantie Les émetteurs de dettes sont multiples, nous
pouvons énumérer à titre d'exemple : (les entreprises, établissements de
crédit, compagnies d'assurance, États souverains, établissements publics,
sociétés financières, véhicules de titrisation...).

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Partie I :
Technique de détermination des
Fonds Propres : Risque Crédit selon
la réglementation prudentielle.

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Chapitre I : D'une approche Forfaitaire Bâle I à une
approche Quantitative Bale II

En 1988 , le Ratio de solvabilité dit Ratio Cooke a impose un rapport minimum entre les
fonds propres dont dispose une banque et les risques qu’elle porte sur les marches ou sous
forme crédit pour qu’elle passe d’une approche forfaitaire a une approche plus adéquat Bale
II en 2004 .

Pour être véritablement efficace ces normes doivent répondre a deux exigences :

Une bonne calibration des ratios pour ne pas entraver la capacité de prise de risque des
banques ce qui constitue leur rôle dans le circuit économique donc la croissance.

Une mise en œuvre homogène dans tous les pays, de façon a garantir un level playing field
et une concurrence loyale, mettant fin a la pratique des arbitrages règlementaires.

 Le premier accord de Bale I : Ratio Cooke

L’accord de Bale a place au cœur de son dispositif le Ratio Cooke , imposant que le ratio des
fonds propres règlementaires d’un établissement de crédit par rapport a l’ensemble des
engagement de crédit pondères de cet établissement ne puisse pas être inferieur a 8

Autrement dit, pour faire face à leur engagement, et que chaque risque doit comprendre un
certain montant de fonds propres pour assurer la sécurité globale du marché et minimiser les
risques de nature systémique en évitant « l'effet domino ».

Le ratio Cooke se présente comme suit :

Au numérateur du ratio : Fonds Propres règlementaires au sens large

Outre le capital et les réserves (fonds propres de base), peuvent être inclus dans les fonds
propres règlementaires les fonds propres complémentaires considères comme du quasi
capital comme les dettes subordonnées.

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Au dénominateur du ratio : Engagements de crédit

L’ensemble des engagements de crédit de la banque était vise avec toutefois certains
aménagements.

Certains crédits sont pondérés selon un tableau de quotité (tableau1)

Le ratio cooke se présente comme suit :

𝒇𝒐𝒏𝒅𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆𝒔 (𝒕𝒊𝒆𝒓𝟏+𝒕𝒊𝒆𝒓𝟐+𝒕𝒊𝒆𝒓𝟑)


Ratio Cooke = ≥8%
𝒓𝒊𝒔𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒑𝒐𝒏𝒅é𝒓é𝒔

𝒇𝒐𝒏𝒅𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆𝒔 𝒅𝒆 𝒃𝒂𝒔𝒆𝒔+𝒇𝒐𝒏𝒅𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒎𝒑𝒍é𝒎𝒆𝒏𝒕𝒂𝒊𝒓𝒆𝒔


Ratio Cooke = ≥8%
𝐫𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞𝐬

 Application 1 :

Le bilan d’une banque se présente comme suit : (tous les montants sont
présentés en MDH) :

Actif Passif

Compte centrale 200 Dépôt à vue


1000
Prêts interbancaires 400
Emprunt interbancaire
Prêts aux pouvoirs publics 300 300

Crédits accordés aux entreprises Certificats de dépôts 1 mois


1740 600

Obligations 5ans 400

Actions 90

Réserves 30

Fonds propres complémentaires


60

Total actif 2480 Total passif 2480

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Le ratio de solvabilité (ratio Cooke) est-il respecté ?

En prenant en considération que le Risque Crédit et les Fonds propres lie au Risque Crédit.

Solution :

Pour pouvoir calculer se ratio on doit avoir le pourcentage de pondération du


risque par rapport au classe actif, qui est résumer dans un tableau de quotité, qui
se présente comme suit :

On va calculer en premier lieu les fonds propres au sens large :

FP= 90 (actions) + 30 (réserves) + 60 (fonds propres complémentaires) =180 MDH

Ensuite, on va calculer les risques pondérés :

On sait comme déjà cités auparavant que : l’état est affecté à une pondération de
0%, les banques à 20%, les crédits immobiliers à 50%, et finalement les autres
crédits tels que les crédits accordés aux entreprises est affecté à une pondération
de 100%.

Donc : (300*0%) + (400*20%) + (200*50%) + (1740*100%) = 1920 MDH

On peut déduire ainsi que le niveau des fonds propres minimal lie au Risque crédit
est de : 1920*8%= 153,6 MDH

 Bâle II : Les piliers de la régulation bancaire :

Il est rapidement apparu que Bale I n’était qu’une étape sur le chemin de la
régulation bancaire.
8
Tout d’abord, la pondération des engagements de crédit était insuffisamment
différenciée pour rendre compte des différents niveaux effectifs du risque de
crédit.

Ensuite l’émergence d’un phénomène nouveau à savoir l’explosion du marché


des produits dérives et donc des risques hors bilan, il devient rapidement
évident qu’une refonte de l’accord était nécessaire, ce que le comite a réalisé
débouchant sur un deuxième accord en 2004 : Bale II.

L’architecture du nouveau dispositif repose sur trois piliers complémentaires :

 L’exigence de fonds propres (Ratio Mc Donough)


 Améliorer la supervision bancaire
 Réduire l’asymétrie d’information

Alors qu’on est de la redéfinition du Ratio de Solvabilité ?

Quel impact sur les fonds propres lies au risque crédit ?

Quelles sont les méthodes d’évaluations du Risque crédit selon Bale II ?

Ratio Mc Donough :

Le ratio Mc Donough est similaire au ratio Cooke. Il propose un changement


concernant la méthode d’évaluation du risque de crédit afin de déterminer la
charge en capital. Ce changement implique seulement une modification du
dénominateur du ratio de solvabilité.

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A présent, le dénominateur inclut le risque opérationnel au risque pondéré
(RC+RM+RO).

𝒇𝒐𝒏𝒅𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆𝒔
Ratio Mc Donough = ≥8%
𝒓𝒊𝒔𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒑𝒐𝒏𝒅é𝒓é𝒔 ( 𝑹𝒄+𝑹𝒎+𝑹𝒐𝒑)

𝒇𝒐𝒏𝒅𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆𝒔
Tiers 1= ≥4%
𝒓𝒊𝒔𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒑𝒐𝒏𝒅é𝒓é𝒔 ( 𝑹𝒄+𝑹𝒎+𝑹𝒐𝒑)

Les méthodes d’évaluations :

Bâle II est venu remplir les insuffisances de Bâle I, à savoir aussi l’atténuation du
risque crédit selon les deux méthodes : Une approche standard et une approche
fondée sur les notations internes (Simple et avancée).

 Une approche standard

Selon la Convergence internationale de la mesure et des normes de fonds


propres, paru en juin 2006, L'approche standard donne la possibilité de
mesurer la fiabilité des contreparties par les notes allouées par les agences de
notation.
De ce fait, les catégories de facteur de pondération des risques s’appliquent
aux montants figurant au bilan et hors bilan à l’exception des éléments déduits
des fonds propres a titre de rajustements réglementaires.
La banque détermine la position représentant un risque en appliquant des
facteurs de pondération censés tenir compte du risque lie à cette position. Le
capital exigible devrait représenter ainsi 8% du total de cette position pondéré
en fonction du risque.
Pour la détermination des pondérations par catégories d'emprunteurs, les
banques doivent recourir à des "Agence de notation".
Six critères d'éligibilité sont recensés pour la reconnaissance de ces agences de
notation externes par le régulateur national : objectivité, indépendance, accès
international et transparence, publication, ressources et crédibilité.

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Le calcul du risque pondéré pour les engagements du bilan se fait en appliquant
la formule suivante :

Engagements du bilan x taux de pondération = Risque


pondéré

Un tableau de pondération proposées par le comite de bale par nature de


contrepartie et par note.

La lecture du tableau est la suivante : les risques des crédits a la catégorie de


souverain des pays les mieux notes de AAA a AA n’auraient pas a être provisionnes
tandis que ceux des pays les moins notes sous B devraient être provisionnes a
hauteur de 12 pour cent.

Tableau de notation externe :

Au total la banque devra additionner les éléments de l’actif, les éléments du hors
bilan, le tout pondère par les coefficients du risque.

L’exemple suivant va nous permettre de mieux comprendre l’opération de


pondération du risque d’un élément du bilan.

- Applications (Approche standard)

Une Banque ayant octroyé un prêt de 150 Millions d’EURO à une Entreprise.

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 Selon Bâle II, quel serait le montant de Fonds Propres minimum pour
couvrir le Risque Crédit ?

 Solution :

1. En cas Du rating A
 Pondération du risque : 50%
 Montant du prêt : 150 Millions d’euros
 Pondération au risque : 150 Millions d’euros x 50% = 75 Millions d’euros

Sachant que la banque est censée disposer d’un minimum de 8% des actifs
pondérés en fonds propres, le montant minimal de fonds propres pour couvrir
ce risque crédit est : 75 Millions d’euros x 8% = 6 Millions d’euros.

0. En cas du rating BB
 Pondération du risque : 50%
 Montant du prêt : 150 Millions d’euros
 Pondération au risque : 150 Millions d’euros x 50% = 150 Millions d’euros

Sachant que la banque est censée disposer d’un minimum de 8% des actifs
pondérés en fonds propres, le montant de fonds propres pour couvrir ce risque
est : 150 Millions d’euros x 8% = 12 Millions d’euros.

- L’atténuation du risque crédit selon l’approche standard :

Les techniques de réduction du risque de crédit sont prises en compte


conformément à la réglementation de Bâle II. En particulier, leur effet est évalué
dans les conditions d’un ralentissement économique.

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• Une approche fondée sur les notations internes

Les approches de notations interne, s’appuient sur la détermination du risque


crédit par l’établissement lui-même à travers la mise en place d’un système
de notation interne.

Le système de notation interne constitue l’ensemble des méthodes,


processus, contrôles et synthèses d’information qui permettent l’évaluation
du risque crédit, l’attribution des notations internes et la quantification de la
probabilité de défaut et des estimations de pertes pour un type d’exposition
donnée.

Paramètre de risques et pondérations :

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Une fois qu’une notation est attribuée, la banque l’utilisera à plusieurs étapes
du processus interne de crédit. Elle comprend la décision sur l’octroi du crédit,
la fixation du prix et le suivi permanant des emprunteurs.

Pour appliquer l’approche de notations internes, la banque doit calculer pour


chaque crédit les quatre paramètres suivants :

 EAD (l’exposition en cas de défaut) : montant dû par la contrepartie en


cas de défaut sur un engagement donné. Les variables clés influençant
l’estimation de l’EAD incluent les encours, les sommes engagées, la
structure de l’engagement et la notation attribuée à l’emprunteur.
 PD (la probabilité de défaut) : probabilité qu’une contrepartie fasse
défaut sur un engagement donné. L’estimation de la PD est fondée surtout
sur une approche statistique qui permet de prédire les contreparties
défaillantes.
 LGD (La perte en cas de défaut) : le rapport entre la perte subie une
exposition en cas de défaut d’une contrepartie et le montant de
l’exposition au moment du défaut. La perte est une perte économique,
prenant en compte les effets significatifs d’actualisation, ainsi que les
coûts directs ou indirects significatifs liés au recouvrement.
 M (maturité) : échéance effective de l’exposition, ou encore c’est la durée
restant à couvrir pour la facilité considérée.

Les trois indicateurs d’un crédit, EAD, PD et LGD, permettent de mesurer le


niveau de pertes attendues (EL) pour ce crédit.

En effet, la perte attendue est égale au produit de l’exposition de crédit lors du


défaut de l’emprunteur, de la probabilité de défaut de l’emprunteur et de la
perte en cas de défaut : EL= PD*LGD*EAD

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Le dispositif prévoit deux méthodologies pour les prêts aux entreprises, aux
emprunteurs souverains et aux banques :

 L’approche IRB fondation : Fondée sur les modèles internes de notation,


dans cette approche simplifiée, la banque n’évalue que la probabilité de
défaut associée à chaque emprunteur et se fonde sur des sources externes
pour l’estimation des autres éléments de risques.
 L’approche IRB avancée : Cette approche avancée complète la
précédente, les banques pourront utiliser leurs propres estimations pour
trois éléments additionnels de risque.

- Applications (Approche fondée sur les notations internes)

Le tableau ci-dessous mentionne la pondération des risques à appliquer pour


différentes catégories de débiteurs selon différentes probabilités de défauts et
des taux de pertes en cas de défaut de 10% à 50%.

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Pour pouvoir comparer entre les deux approches, on va reprendre l’exemple
déjà traiter dans l’approche standard, et on va se spécifier plus exactement dans
le cas du rating A.

A combien s’élève le montant des fonds propres minimums de cette banque


pour le risque crédit envers cette entreprise ?

Considérons deux cas : LGD de 10% et LGD de 50%.

Solution :

LGD de 10%

Les actifs pondérés par les risques s’élèvent 11,3% × 150 Millions, soit 16,95
Millions.

Etant donné que la banque doit détenir au moins 8% des actifs pondérés en
fonds propres, ces derniers devront s’élever au minimum à 8% × 16,95 Millions,
soit 1,356 Millions.

LGD de 50%

Les actifs pondérés par les risques s’élèvent à 56,3% × 150 Millions, 84,45
Millions.

Etant donné que la banque doit détenir au moins 8% des actifs pondérés en
fonds propres, ces derniers devront s’élever au minimum à 8% × 84,45 Millions,
soit 6,756 Millions.

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On remarquera par rapport à l’approche standard, que le cas présentant une
LGD de 10% mène à des besoins en fonds propres inférieurs, alors que le cas
présentant une LGD de 50% mène à des besoins en fonds propres supérieurs à
ceux calculés dans l’approche standard pour un rating A.

Chapitre II : Renforcement des Exigences des Fonds


Propres vis-à-vis du Risque Crédit
La crise financière a mis en exergue les carences et les insuffisances du dispositif
de Bâle II : problèmes de mauvais fonctionnement des marchés financiers, de
liquidité, des agences de notations, etc.

Lorsque la crise sonne le réveil, le système bancaire mondial ne disposait pas


d’un niveau suffisant de fonds propres de qualité. Les banques étaient
contraintes de reconstituer la composante dure (Core tiers 1) de leurs fonds
propres de base au beau milieu de la crise.

Les reformes de Bale III ont initialement été centrées sur le renforcement du
cadre règlementaire.

Pour autant, il est primordial que ces reformes s’accompagnent d’une


amélioration de la transparence et de la communication financière.

- Bâle III : l'aboutissement d'un effort réglementaire sans


précédent

Qualité et niveau de fonds propres :

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Le comité de Bale a adopté une nouvelle définition des fonds propres.

Améliorer la qualité des fonds propres revient a renforcer la capacité d’absorption des
pertes et partant la robustesse des banques et leur aptitude a gérer des périodes de
tensions.

La nouvelle définition met en particulier l’accent sur la composante dure, le comité a adopté
une définition plus stricte en exigeant que les déductions règlementaires soient effectuées
sur la composante dure plutôt que sur les fonds propres T1 ou T2.

Enrichissement de la réglementation par : Ratio de Liquidité

Jusque-là, la liquidité qui a été un facteur décisif dans la crise ne


faisait l’objet d’aucune réglementation harmonisée au niveau
international.

Le Comité de Bâle a proposé la mise en place dans Bâle III de deux ratios de
liquidité :

• Le « liquidity coverage ratio » (LCR) : ratio court terme, qui vise à obliger
les banques à maintenir en permanence un stock d’actifs liquides
permettant de supporter une crise aigüe pendant 30 jours.
• Le « net stable funding ratio » (NSFR) : ratio long terme, en complément
structurel de la norme court terme, met en regard le financement stable
disponible et le financement stable nécessaire sur 1 an.

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Dimension Macro - prudentielle :

Un élément essentiel du nouveau dispositif est la constitution d’un volant de fonds


propres pouvant être mobilise lorsque la situation se détériore

Les banques seront tenues de disposer d’un volant de conservation, constitué d’éléments
de la composante dure et fixé à 2,5 % des actifs pondérés des risques.

Ce volant, qui s’ajoutera au ratio minimal de fonds propres, pourra être mobilisé pour
absorber les pertes en période de tensions financières et économiques. À mesure que le
niveau des fonds propres d’une banque se rapprochera du ratio minimal (4,5 %).

L’instance de gouvernance du Comité a, en outre, décidé qu’un volant contra cyclique,

Pouvant varier de 0 à 2,5 % et constitué d’éléments de la composante dure ou d’autres

éléments de qualité équivalente, sera appliqué en fonction de la conjoncture nationale.

Mise en place d’un ratio d’effet de levier :

Un ratio de levier indépendant du risque sera défini pour compléter l’exigence de fonds
propres fondée sur le risque. Dans la période qui a précédé la crise, de nombreuses banques
faisait état de solides ratios de fonds propres de base (T1) fondés sur le risque tout en
parvenant à accumuler un fort effet de levier au bilan et au hors bilan.

L’utilisation de ce ratio de levier complémentaire permettra de freiner le recours excessif à


l’effet de levier dans le système bancaire. Elle constituera, en outre, un garde-fou
supplémentaire pour contrer les tentatives « d’arbitrage » des exigences fondées sur le
risque et contribuera à gérer le risque de modèle.

Un ratio de levier de 3 % pour T1 en regard des risques inhérents aux instruments du bilan et
du hors-bilan ainsi qu’aux produits dérivés.

- Application

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Selon Ce Bilan, Est ce que le Ratio de solvabilité au sens de Mc Donough et des
accords de Bâle III respecte t –il le minimum de fonds propres lie au risque
crédit , ainsi le CET1 ?

en prenant en compte que le risque crédit.

Actif Passif

Compte centrale 200 Dépôt à vue 1000

Prêts interbancaires 400 Emprunt interbancaire 300

Prêts aux pouvoirs publics 300 Certificats de dépôts 1 mois 600

Crédits accordés aux entreprises 1740 Obligations 5ans 400

Actions 90

Réserves 30

Fonds propres complémentaires 60

Total actif 2480 Total passif 2480

- Solutions :

𝒇𝒐𝒏𝒅𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆𝒔
Le Ratio Mc Donough = ≥ 10,5%
𝒓𝒊𝒔𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒑𝒐𝒏𝒅é𝒓é𝒔

On va calculer en premier lieu les fonds propres :

FP= 90 (actions) + 30 (réserves) + 60 (fonds propres complémentaires) =180


MDH

Ensuite, on va calculer les risques pondérés :

On sait comme déjà cités auparavant que : l’état est affecté à une pondération
de 0%, les banques à 20%, les crédits immobiliers à 50%, et finalement les autres
crédits tels que les crédits accordés aux entreprises est affecté à une pondération
de 100%.

Donc : (300*0%) + (400*20%) + (200*50%) + (1740*100%) = 1920 MDH

20
On peut déduire ainsi que le niveau des fonds propres minimal est de :
1920*10 ,5%= 201 ,6 MDH

En revanche, le noyau dur des fonds propres CET1 :

Le Ratio u noyau dur est calculé sur la base de la composante CET1


ramené aux actifs pondérés des risques qui égale 4,5 %.
90 (𝐴𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠)
Ratio CET1= = 4,68%
(300*0%) + (400*20%) + (200*50%) + (1740*100%) = 1920 MDH

Du point de vue de Bâle III, la part des fonds propres « durs » au sein
de la totalité des fonds propres est conforme aux nouveaux accords.

- Bale IV : Evolution ou Révolution ?

Alors même que les régulateurs travaillent encore sur la finalisation des
règles de Bâle III, le chantier Bâle IV est déjà à l’ordre du jour avec de
nouvelles réformes susceptibles de secouer les institutions bancaires à
l’échelle internationale.

Les nouvelles réglementations sous l’égide de Bâle IV mettent l’accent


sur les différents types de risques (opérationnel, crédit, marché,
liquidité) et mettent particulièrement en exergue le risque de taux, qui
lui n’a pas été revu depuis une dizaine d’années.

La révision en profondeur de l’approche standard et encadrement


accru de l’approche de notation interne pour le risque crédit, ainsi la
refonte du dispositif existant envisagée pour le risque opérationnel.

L’introduction de nouvelles mesures de résolution bancaires qui amortiront le


choc.

21
- Réforme de bale IV et le maintien de la sensibilité du risque
crédit

Risque de crédit : révision de l’approche standard

Des propositions ont été réalisées afin de revoir le calcul du risque de crédit selon
l’approche standard, afin d’accroitre sa sensibilité au risque et sa robustesse dans le temps.

L’approche standard est la méthodologie de calcul des risques de crédit la plus utilisée par
les banques.

Le BCBS souhaite revoir sa méthodologie car elle est maintenant considérée comme trop «
simple » et pas assez granulaire. À titre d’exemple, la méthodologie actuelle propose une
même pondération de risque pour toutes les expositions de type immobilier résidentiel,
quelle que soit la qualité de crédit de la contrepartie ou la maturité.

Le BCBS propose, dans son approche révisée, de pondérer cette exposition en prenant en
compte le ratio « Loan-to-value » (« montant d’un emprunt sur la valeur du bien acquis
grâce à cet emprunt ») et donc la maturité résiduelle dans le calcul.

La révision de l’approche notation interne :

L’approche fondée sur les notations internes (IRB) pour le risque de


crédit permet aux banques, à certaines conditions, d’utiliser leurs
propres modèles pour estimer le risque de crédit et donc, les RWA. Les
réformes du BCBS introduisent certaines contraintes concernant
l’estimation par les banques de leurs paramètres de risque. Il existe

22
deux principales approches IRB : l’approche fondation, « Foundation
IRB » (F-IRB), et l’approche avancée, « Advanced IRB » (A-IRB).

Les principales modifications de l’approche IRB pour le risque de crédit


sont :

• La suppression de la possibilité d’utiliser l’approche A-IRB pour les


expositions aux établissements financiers et aux grandes entreprises.
Les expositions aux actions ne pourront faire l’objet d’aucune
approche IRB ;

• La mise en place de nouveaux pourcentages minimaux pour la


probabilité de défaut et la perte en cas de défaut.

• La mise en place d’un nouveau plancher de capital (floors) :

Les réformes de 2017 remplacent le plancher de fonds propres


existant par un plancher plus robuste et plus sensible au risque,
fondé sur les approches standard révisées. Les juridictions n’ont pas
appliqué le plancher existant de manière homogène, en partie du
fait d’interprétations divergentes des exigences mais aussi parce
que ce plancher s’appuie sur les normes de Bâle I, que de
nombreuses banques et juridictions n’appliquent plus.

Le plancher révisé limite la réduction des avantages en termes de


fonds propres qu’une banque peut tirer de l’utilisation de ses
modèles internes par rapport à l’utilisation des approches standard.
Les RWA calculés par les banques sur la base de leurs modèles
internes ne peuvent pas, au total, être inférieurs à 72,5 % des actifs
pondérés calculés à l’aide des approches standard.

23
Ils seront caractérisés par une montée en puissance décrite dans le
schéma ci-dessous :

24
Partie II :
L'impact des accords de Bâle sur le
risque crédit au système bancaire
islamique

25
L'aspect du Risque crédit dans les banques islamiques

En ce concerne les IFI, le risque de crédit est lié au défaut de paiement


se manifestant lorsqu’une partie du contrat avance des fonds (contrat
Salam ou Istisna) ou délivre une marchandise (Mourabaha) avant de
recevoir la contrepartie de son financement et s’expose, donc, à des
pertes potentielles.

Ceci est représenté dans les différents produits que présente les
banques islamiques, tel que :

A cet effet IFSB Islamic Financial Service Board, à imposer des


recommandations de bonnes pratiques afin de renforcer le capital
propre des banques islamiques. Le tableau suivant en reprend les
principales :

26
Méthode de modération du Risque Crédit :
En ce qui concerne les banques islamiques, elles cherchent aussi à se
prémunir et évaluer leurs risques. Certaines techniques de modération
du risque de crédit pratiquées par la finance conventionnelle sont
appliquées à la finance islamique. On peut citer quelques techniques
tels que : les réserves pour pertes de prêts, les techniques de
nantissement, les clauses contractuelles atténuant le risque et le rating
interne.

Les réserves pour pertes de prêts :

Pour faire face aux risques de crédit les banques islamiques sont
recommandées d’établir des réserves prudentielles. Deux types de
réserves sont retenus :

- Le premier est le Profit Equalization Reserve (PER) qui permet


de garder un certain niveau de profit pour les comptes
d’investissement.

27
- Le deuxième est l’Investment Risk Reserve (IRR), une réserve
pour risque d’investissement qui permet de protéger la banque
lors des pertes sur les comptes d’investissement.

Le nantissement :

Cette technique est une sorte de protection contre les pertes de


crédit, elle est utilisée par les banques islamiques afin de protéger leurs
liquidités. Comme l’exige les principes de la FI, les produits périssables
et instruments financiers à base d’intérêt ainsi que les créances ne sont
pas acceptés en tant que garanties. Ce qui fait que le niveau de
garanties offert aux banques islamiques est inférieur à celui des
banques conventionnelles.

Les clauses contractuelles atténuant le risque :

Les clauses contractuelles diminuent l'incertitude "gharar" qui est


prohibée par la charia, prenons comme exemple le contrat Salam dans
lequel le bien est vendu au comptant avant sa livraison. Ces clauses
permettent donc de diminuer le risque de défaut, ainsi que les
fluctuations des prix postérieurs, en introduisant une limite au contrat
qui exige la compensation en cas de perte.

Le rating interne :

Le système de rating mesure la qualité du risque de défaut sur une


créance et détermine les provisions pour pertes sur le crédit prêter.
L'évaluation du risque de crédit par le rating est dynamique, car elle

28
peut évoluer en fonction de la disponibilité de nouvelles informations.
Il se base sur 2 critères : l’échéance des crédits accordés et la solvabilité
du client.

29
WEBOGRAPHIE

- https://www.pwc.fr/fr/assets/files/pdf/2018/05/pwc-
bale-iv-lettre-actu-reglementaire-banque-n14.pdf
- https://www.bis.org/bcbs/publ/d307_fr.pdf
- https://acpr.banque-france.fr/
- https://www.osfi-bsif.gc.ca/fra/fi-if/rg-ro/gdn-ort/gl-
ld/Pages/car18_index.aspx
- https://fr.calameo.com/read/0033850688b57cfa00f77
- https://www.institut-numerique.org/iii2-le-risque-de-
credit-5266b926014f9
- https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/marche
s-financiers/acteurs-de-la-finance/comite-de-bale/rappel-
sur-la-reglementation-bale-ii/
- https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-
01499150v2/document
- https://acpr.banque-france.fr/sites/default/files/2013-modalites-
de-calcul-du-ratio-de-solvabilite-20130326.pdf

30
Conclusion :

Pour conclure la réglementation baloise considère que la


planification des fonds propres est un complément nécessaire
à un cadre réglementaire robuste. Une saine planification des
fonds propres est en effet indispensable pour déterminer avec
prudence les catégories et composantes des fonds propres
compatible à une bonne stratégie à long terme visant à
donner à une banque les moyens de poursuivre ses objectifs
opérationnels tout en résistant à un événement source de
tensions.

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