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STEP CAMBERENE SCT

Usine de traitement des Eaux usées de Cambérène.


I- Synoptique Usine
L’usine de traitement comprend des équipements que l’on évoquera au fur et à mesure dans
les distinctes phases de traitement des eaux usées. Le fonctionnement et le contrôle de ces
équipements peuvent être directement régulés dans la salle de contrôle équipée d’un tableau
synoptique.

Figure 1: Tableau synoptique de la STEP de Cambérène.

II-Traitement des eaux usées à la station d’épuration de Cambérène.


Prévue pour recevoir et traiter une capacité d’eaux usées de 19200 m3/j ; aujourd’hui la
station est saturée car elle reçoit une capacité de 28471 m3 d’eaux usées en moyenne par jour
et 2200 m3 sont directement rejetés en mer (By-pass)1.
Les eaux qui arrivent à la STEP de Cambérène sont essentiellement des eaux usées
domestiques. Raison pour laquelle en amont de la station il y a un détecteur de composés en
hydrocarbures. Les eaux arrivent soit de manière gravitaire soit par pompage depuis les
stations de relèvement. Pour ce faire, de la réception des eaux usées en provenance des

1
Rapport Mensuel de Juillet 2012, Direction de l’Exploitation. Service Contrôle Traitement (p.2)[4].

Source : ONAS
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domiciles à l’obtention des eaux épurées, on distingue trois phases qui sont : la collecte, le
transport et le traitement.

II.1-Collecte (Réseau).
La collecte commence au niveau du branchement des ménages au réseau d’assainissement de
l’ONAS et parcourt les zones assainies de la ville. L’ONAS dispose de 630km d’égouts et
200km de canaux d’eaux pluviales. Le réseau nécessite un entretien permanent
(essentiellement le curage) lié à la présence de sable, de détritus et bien d’autres solides dans
les drains et dans les regards. Les eaux usées collectées sont transportées en gravitaire, c’est
au niveau des points bas que se trouvent les stations de relèvement (ou station de pompage).

II.2-Transport (station de relèvement).


A Dakar dans sa partie nord, on dénombre vingt-six (26) stations de pompagedont deux
stations de relèvement pour les eaux pluviales uniquement et un grand nombre de points de
collecte (unités). Les stations de relèvement transportent les eaux usées par refoulement
(pompage) d’un point bas vers un point haut. En effet lorsque les eaux du réseau arrivent à la
station de relèvement elles subissent un dégrillage grossier. Puis un dessablage par
décantation, les eaux dessablées obtenues sont recueillies dans des bâches de pompage qui à
l’aide de pompes de refoulement relèvent les eaux vers la STEP de Cambérène.
Les réseaux et les stations de relèvement les plus sollicités en matière de capacité d’eaux
usées domestiques qui arrivent à la STEP sont en particulier ceux des zones : Almadies,
Ngor, Yoff, Grand Yoff, Parcelles Assainies, Maristes, Hann et Pikine.
«L’évacuation des déchets ou d’eaux usées, qui provoque des pollutions d’ordre biologique,
chimique, organique, thermique, ou radioactif, ne doit pas mettre en danger la santé publique
et doit tenir compte de l’aptitude des eaux à assimiler (par dilution ou autoépuration) les
résidus déchargés. Les aspects sociaux et économiques des méthodes de traitement des eaux
revêtent une grande importance à cet égard. » [5].
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II.3Traitement.
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Source : Rike S.L. NDJOUNINGA L.
de
Figure 2: Procédure du traitement des eaux usées à la STEP de Cambérène.
 Choix du procédé de traitement.
Le choix d’un procédé de traitement fait toujours allusion aux types de traitements
secondaires. En effet, ils constituent le nœud même de l’épuration réelle des eaux usées. Ils
agissent sur la pollution organique soit par des procédés biologiques soit par des procédés
physico-chimiques soit les deux (2) à la fois. Concernant la station de Cambérène, le choix
s’est fait pour le système de traitement conçu selon le modèle des boues activées qui répond
mieux au contexte social de Dakar.
Les eaux usées arrivent à la STEP de Cambérène par une arrivée gravitaire et deux (2)
arrivées par refoulement (pompage). Le temps de séjour des eaux usées durant le traitement
est autour de 24 heures. Les eaux épurées sont rejetées en mer à environ 250m des côtes.
Pour épurer les eaux usées domestiques qui arrivent à la station, on procède aux traitements
suivants :

II.3.1-Prétraitement.
Le prétraitement est purement physique, il permet de supprimer de l’eau les éléments qui
gêneraient les phases suivantes du traitement. La quantité excédentaire d’effluents est
directement envoyée dans la bâche de rejet en mer par trop plein (1er by-pass). Le
prétraitement se base sur des étapes qui se succèdent de la façon suivante :
A- Dégrillage.
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Le dégrillage grossier (écartement de barreaux de 25cm) permet de retirer de l’eau les


déchets insolubles tels que les branches, les plastiques etc. En effet, ces déchets ne pouvant
pas être éliminés par un traitement physico-chimique ou biologique, il faut donc les éliminer
physiquement pour éviter les colmatages et d’éventuels dysfonctionnements des appareils en
aval.
Une fois après le dégrillage, les eaux usées sont relevées par trois (3) vis d’Archimède
(Figure 5) d’une capacité de 700 m3/h chacune, dont deux (2) fonctionnent simultanément et
la troisième en standby assure automatiquement le relais pour que le fonctionnement
journalier soit équilibré. Le relèvement des eaux permet un écoulement gravitaire de celles-
ci, au cours de leur traitement au sein de l’usine. En cas d’indisponibilité des vis, une bâche
de secours est conçue pour assurer le relèvement des eaux par deux (2) pompes de 700 m3/h
chacune.
Un deuxième dégrillage (plus fin que le précédent, écartement de barreaux de 2,5cm) a lieu
juste après le relèvement des eaux ayant pour objectif d’intercepter les particules plus petites
qui ont échappé au premier poste de dégrillage. Les déchets issus de cette phase sont
récupérés dans une benne pour être acheminés à la décharge publique.
B- Dessablage-dégraissage.
Le dessablage permet, par décantation, de retirer les sables mélangés aux eaux au cours du
transport des eaux usées dans les canalisations. Ce matériau, s’il n’était pas enlevé, se
déposerait plus loin, gênant le fonctionnement de l’usine et provoquant une usure plus rapide
des éléments mécaniques comme les pompes. Le dispositif est constitué d’une cuve en V,
surmontée de deux(2) couloirs dont un est dit tranquillisant et l’autre agité (par insufflation
d’air). Il y a un pont qui effectue des déplacements longitudinaux au-dessus des couloirs, il
est muni de deux(2) tubes suceurs qui longent toute la profondeur de la cuve et deux(2)
raclettes de surface situées juste au-dessus du couloir tranquillisant. Au niveau du couloir dit
agité, l’air est insufflé par trois(3) suppresseurs à air de 500 m3/h chacun. Ce qui permet de
casser la densité de l’eau et d’entraîner les particules plus lourdes que l’eau, essentiellement
les sables, à se déposer au fond de la cuve ; par la suite, les sables seront extraits par les tubes
suceurs.
C’est généralement le principe de flottation qui est utilisé pour l’élimination des huiles.
Selon le dispositif décrit ci-dessus (Cf. Dessablage) ; après avoir cassé la densité de l’eau, les
particules moins lourdes c’est-à-dire les graisses et d’autres vont être injectés sous forme de
fines bulles d’air vers le couloir tranquillisant. Cela permet de faire remonter rapidement les
graisses en surface (les graisses sont hydrophobes) et de les racler par les raclettes de surface
vers la fosse à graisse. Il est important de limiter au maximum la quantité de graisse dans les
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ouvrages en aval pour éviter par exemple un encrassement des ouvrages (notamment des
canalisations) et les difficultés de décantation ou les perturbations des échanges gazeux.
Le dessablage et le dégraissage sont réalisés dans le même ouvrage décrit dans la phase de
dessablage (Cf. Dessablage : le dispositif) : les sables décantent au fond de la cuve en V
tandis que les graisses remontent en surface.
A la fin du prétraitement, les eaux usées arrivent dans un bassin de répartition appelé
répartiteur qui permet d’envoyer environ 22000 m3 des eaux brutes dessablées (EBD) vers le
décanteur primaire, 3000 m3 de ces mêmes eaux vers le bassin d’aération de la file 2 et le
surplus de ces eaux brutes dessablées environ 5000 m3 est directement rejeté en mer (2ème by-
pass).

II.3.2-Traitement primaire.
Le traitement primaire est une simple décantation qui permet de supprimer la majeure partie
des matières en suspension. Sous l’effet de la pesanteur, au fond du bassin en forme de V
nommé décanteur, la boue primaire se dépose. Ce sont ces particules à décanter qui sont à
l’origine du caractère trouble des eaux usées et représentent en général plus de 60% des
éléments solides. A la fin de ce processus, on obtient à la sortie du décanteur primaire des
Eaux Décantées (ED).

II.3.3-Traitement secondaire.
Le traitement secondaire correspond au traitement biologique d’une eau et fait appel à une
grande variété de micro-organismes, particulièrement des bactéries. Ces micro-organismes
convertissent la matière organique biodégradable contenue dans l’eau usée en produits
simples et en biomasse additionnelle.
Il se fait sur deux(2) files de traitement :
 La file 1 :
Commence par le bassin d’anoxie où les eaux sont transférées vers le bassin d’aération
auxquelles sont ajoutées environ 5500 m3 d’eaux provenant du décanteur primaire. Dans le
bassin d’aération sont positionnées six(6) turbines immergées qui fonctionnent un certain
temps pendant lequel les bactéries hétérotrophes en présence d’oxygène réduisent la
demande biologique en oxygène (DBO) et la demande chimique en oxygène (DCO) par
consommation de la matière carbonée : traitement de la pollution carbonée. Pendant cette
phase il y a formation de nitrates. Lorsque les turbines sont à l’arrêt, les bactéries autotrophes
réduisent les nitrates en azote gazeux amoindrissant ainsi la pollution azotée et permettant
part la même occasion l’économie d’énergie (réaction libérant du dioxygène dans le bassin).
L’équilibre nutritif des bactéries montre un besoin d’un cinquième de la DBO5 en
phosphates. Pour répondre à ce besoin les micro-organismes consomment les composés
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phosphatés traitant ainsi la pollution liée au phosphore. L’eau ainsi traitée est recueillie dans
un clarificateur. Les boues activées décantent. Une partie des boues est circulée à nouveau
vers le bassin d’aération pour y maintenir la concentration optimale de 4g par litre en micro-
organismes épuratoires. L’excédent de boues est évacué vers les digesteurs. Une partie des
eaux clarifiées obtenues est filtrée sur le filtre à sable ; l’autre partie rejoint les eaux
clarifiées de la file 2 dans la bâche de rejet pour être rejetées en mer. A la sortie du
clarificateur on recueille les Eaux Clarifiées 1 (EC1).
 La file 2 :
Débute par le bassin d’aération qui reçoit les 16 500 m3 d’eaux environ restant du décanteur,
puis s’ensuit une clarification des eaux. Le traitement est similaire à celui de la file 1. La
concentration des boues du bassin d’aération de la file 2 est de 2g/l. Les Eaux Clarifiées 2
(EC2) sont celles que l’on recueille à la sortie du clarificateur et elles sont éjectées vers la
bâche de rejet ; avant d’être rejetées directement en mer par des pompes de rejet.

II.3.4-Traitement tertiaire.
L’objectif du traitement tertiaire est d’éliminer les éléments indésirables tels que les matières
en suspension, la demande chimique en oxygène, le phosphore, et les composés spécifiques
(pesticides, métaux, détergents…). Il vise à améliorer la qualité de l’eau épurée en vue de
leur rejet dans le milieu naturel ou de leur réutilisation. C’est une étape qui comporte la
filtration et la désinfection des eaux clarifiées avant d’être rejetées en mer.
A- Filtration.
La filtration est un procédé physique d’épuration destiné à traiter l’eau qui contient des
matières solides en suspension (biologique) en la faisant passer à travers un milieu poreux
filtrant. Le matériau filtrant à la STEP de Cambérène est le sable. Au cours de se passage la
qualité de l’eau s’améliore considérablement par la diminution du nombre de micro-
organismes (bactéries et virus), par l’élimination des matières en suspension etc.
Elle a pour inconvénient le développement des algues dans l’eau stagnante. Les algues sont
photosynthétiques et se développent en présence de lumière et de source de nutrition
contenue déjà dans le milieu. Ainsi une prolifération de certains types d’algues peut
provoquer un colmatage du lit filtrant et par conséquent engendrer des problèmes
d’exploitation. Pour parer à cet obstacle, le filtre est recouvert d’un toit protecteur contre les
rayons solaires.
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B - Chloration.
D’une manière générale la chloration a pour but :
 De détruire les micro-organismes végétaux et animaux.
 De maintenir l’eau résiduaire en état de fraîcheur.
 D’empêcher la formation des champignons et des émissaires.
 D’empêcher la formation des mousses.
En effet, la chloration constitue un passage souhaité pour l’effluent avant sa réutilisation, au
risque de contamination en cas d’absorption.
Cependant l’eau clarifiée 2 et une partie l’eau clarifiée 1 ne subissent pas la filtration et la
chloration. Une partie de l’eau clarifiée 1 est filtrée et retournée directement dans la bâche de
rejet en mer. Seule la partie destinée à l’alimentation de l’espace vert du technopôle, les
maraîchers est filtrée et chlorée puis vendue à 118F CFA TTC le m3. Au cas où toute l’eau
chlorée n’est pas vendue, elle est par la suite injectée dans la bâche de rejet.

II.3.5-Traitement des boues.


Au niveau du décanteur primaire, les boues (boues fraiches et boues aérobie en excès) sont
extraites par raclage du fond de l’ouvrage, et envoyées vers les fosses à boues : ce sont les
boues primaires. Ces boues sont transférées aux digesteurs primaires pour qu’elles subissent
une digestion anaérobie (absence d’oxygène). A ce niveau, il se passe un phénomène
microbiologique qui transforme la boue organique en méthane (CH4) et en dioxyde de
carbone (CO2).
A- Digestion.
Les digesteurs constituent un système de bio-digestion. Arrivées à ce niveau, les boues sont
chauffées à 37°C et digérées. C’est une digestion anaérobie ; où les bactéries anaérobies ont
un temps de génération plus grand que les bactéries aérobies. Ainsi, les bactéries se
décomposent et produisent du méthane (CH4). Les digesteurs doivent contenir en moyenne
une concentration d’environ 10g/l en bactéries. Le méthane produit est récupéré au niveau du
gazomètre. Ce gaz permet d’alimenter la chaudière qui assure le chauffage des boues au
niveau des digesteurs et d’alimenter aussi un groupe électrogène à biogaz (alimente une
partie de la STEP en électricité). Tandis que l’excès de méthane est brûlé par la torchère
(défectueuse). Après le digesteur secondaire reçoit les boues venant des digesteurs primaires,
pour être épaissies.
B- Epaississement.
Ce procédé vise à augmenter la siccité (teneur en matière sèche) des boues sans pour autant
modifier le caractère liquide de la boue ; en réduisant le plus possible le volume d’eau. Car
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les boues arrivant au niveau des digesteurs sont majoritairement constituées d’eau. La siccité
des boues épaissies se situe en moyenne entre 5 à 6%.
C- Lits de séchage.
Ils figurent comme des filtres produisant des boues de structure solide à forte siccité. Le
séchage de ces boues provenant des digesteurs se fait à l’air libre sous l’action des rayons
ultra-violets (UV), constituant des engrais biologiques qui sont vendus à 400 FCFA TTC le
m3. Les lits de séchage permettent alors de transformer les boues à l’état solide afin d’être
revalorisées.

II.4-Contrôle : Le laboratoire.
Le laboratoire de la STEP devient un service à part entière, à la fin de l’année 2009. Il est
sous la tutelle de la direction d’exploitation de l’ONAS (Erreur ! Source du renvoi
introuvable.). C’est au laboratoire que les analyses physico-chimiques et biologiques
relatives à la caractérisation des eaux usées, des eaux traitées et des boues sont effectuées
afin de suivre la qualité du traitement. C’est également de ce local que partent les consignes
et leur suivi relatifs au traitement à adopter dans l’usine de traitement des eaux usées. C’est
dans cette enceinte que toutes les analyses requises pour la réalisation de notre étude ont été
faites.
Les paramètres étudiés au laboratoire permettent d’analyser l’efficacité du traitement des
différents types de pollutions : La pollution physique, la pollution organique, la pollution
minérale et la pollution biologique.