Vous êtes sur la page 1sur 3

Améliorer ses méthodes de travail1, oui, mais comment faire?

Un des moyens pour réussir réside dans le fait de bien s'organiser. Cela implique des choix,
car on ne peut tout faire en même temps. Savoir établir des priorités est une des clés passe-
partout puisque, à tout instant, chacun est appelé à le faire. Comme on est porté à se laisser
guider par ses penchants ou ses habitudes, bien se connaître peut aider à modifier certaines
tendances néfastes. Par exemple, savoir que l'on est porté à remettre au lendemain ses
obligations (procrastination) permet de se fixer des limites à ne pas dépasser.

Bien se connaître et être en mesure de déterminer ses priorités

Classer ses activités (exemple : manger, dormir, sortir, travailler pour gagner sa vie,
étudier, lire, regarder la TV, faire du sport, se livrer à des activités domestiques, familiales
ou créatives, magasiner, se déplacer), en plusieurs catégories :
♦ Celles que l'on accomplit dans un but précis pour en tirer plaisir et satisfaction;
♦ Celles que l'on accomplit pour parvenir aux premières;
♦ Celles que l'on accomplit par obligation;
♦ Toutes celles que l'on accomplit sans plaisir ni obligation.
La catégorie qui contient le plus de réponses donne une indication de ses priorités : rien
n'empêche toutefois de les réorienter en fonction de ses objectifs.

Connaître ses modèles d'identification : se donner un ou des modèles, réels ou non, et


pouvoir dire en quelques mots pourquoi on les trouve exemplaires.

Connaître ses capacités à réaliser ses rêves : se faire une liste de ses rêves d'enfant ou
d'adolescent (quels qu'ils soient : planter des tournesols, devenir pompier, jouer de la
clarinette, faire de la danse, etc.), faire en parallèle une liste de ceux qui ont été réalisés et
une liste de ceux que l'on souhaite réaliser d'ici cinq ans comme adulte.

Connaître son style en regard des apprentissages (avec qui est-on capable d'étudier? Est-
on visuel ou auditif, quel est le contexte qui convient le mieux? Pour étudier quoi?, Est-on
plus porté vers la théorie ou la pratique? Étudier comment? Est-on plutôt déductif ou
inductif?)

Connaître les types de mémorisation que l'on pratique et préciser dans quel cas
(donner un exemple) :
♦ En trouvant une application ou une utilisation à ce que l'on mémorise;
♦ En se posant des questions sur l'information à mémoriser;
♦ En mettant l'information en contexte par rapports à d'autres éléments;
♦ En trouvant des exemples concrets;
♦ En révisant et répétant systématiquement;
♦ En établissant des liens entre la nouvelle information et d'autres du même domaine ou
de domaines différents;
♦ En divisant la matière en petites bouchées;
♦ En établissant des enchaînements ou en organisant des séquences;

1
D'après Christian BÉGIN, 1995 : Devenir efficace dans ses études, cahier d'activités,
Montréal, Beauchemin.
♦ En procédant à la représentation de ce qui est indiqué;
♦ En procédant à une réorganisation personnelle de l'information présentée;
♦ En isolant les éléments essentiels des éléments secondaires et des détails, ou l'inverse;
♦ En procédant par questions/réponses;
♦ En récitant par cœur de haut en bas, sans regarder.

Connaître ses attentes en regard de la réussite dans le cadre de chaque cours (la
réussite peut revêtir différentes significations selon l'individu et le contexte : s'agit-il
d'atteindre le minimum requis, d'obtenir le maximum, d'obtenir le diplôme, d'acquérir des
connaissances, un savoir-faire? Les réponses peuvent varier d'un individu à l'autre selon
ses besoins et ses aspirations).

Analyser son degré d'attention (en fonction des cours, du moment, de la période, du
jour, des caractéristiques du prof : timbre de voix, intonation, débit, mouvements; des
méthodes pédagogiques : paroles, écrit au tableau, projection, moyens audiovisuels, etc.;
des caractéristiques du cours; de ses propres activités pendant le cours);

Savoir différencier attention et concentration (l'attention est polydirectionnelle : elle


sert à enregistrer, filtrer, analyser ; la concentration réduit le champ de l'attention par un
effort de volonté) et les utiliser à bon escient.

Savoir calculer son temps de concentration pour chaque type d'activité (rédaction,
lecture, étude, examen, résolution de problèmes);
Savoir reconnaître et classer les sources de distraction et y remédier (les pensées parasites,
les parasites sonores ou visuels);

Savoir calculer le rapport entre le temps passé à étudier et le résultat obtenu à


l'examen (nom du cours, note obtenue, temps passé en minutes, nombre de pages à lire et
à étudier: le temps consacré à la lecture des notes; à la lecture d'ouvrages, à l'assimilation,
à la récitation, à l'organisation, à la rédaction, etc., le temps total et le nombre de périodes
pour le résultat obtenu).

Savoir accroître son activité mentale en s'entraînant à divers exercices et jeux : il s'en
trouve maintenant beaucoup sur Internet et dans certaines revues spécialisées, en
particulier en mathématique.

S'organiser
Savoir organiser ses activités scolaires (cours, professeur, type d'activité, %, échéance,
sujet, type de travail, nombre de pages, étapes à suivre);
Savoir établir et utiliser grille horaire, agenda, calendrier;
Se faire une liste de ses difficultés à appliquer sa propre planification;
Savoir pondérer ou doser ses efforts en fonction de ses activités.

Savoir décoder, traiter, utiliser, intégrer l'information : cela se développe avec


l'expérience, à condition de trouver un intérêt ou de donner un sens à ce qu'on a à faire.
Pour cela, regarder rapidement de quoi il s'agit globalement. Rattacher à ce que l'on
connaît, puis "entrer" dans le sujet, chercher le sens des mots ou concepts nouveaux, se
demander ce que cela signifie concrètement (suivre, via les articulations du discours, le
cheminement de la pensée de l'auteur en vue de le reconstruire et de le traduire pour se
l'approprier), chercher à comprendre l'utilité des graphiques, se demander comment
transposer à d'autres cas et faire des exercices, comparer sa compréhension et ses résultats
avec ceux des collègues. Si on ne comprend pas tout immédiatement, ne pas se décourager
et revenir sur les notions antérieures et au besoin se faire expliquer. Ne pas laisser
s'accumuler les zones d'ombre.

Savoir prendre des notes : percevoir correctement les sons; reconnaître les mots (pour
les mots difficile, lire avant et après le cours sur le cours, se faire des listes de mots ou
concepts difficiles, aller chercher leur signification, leur définition théorique dans les
ouvrages spécialisés et les traduire en ses propres mots = en donner sa compréhension,
comme si on voulait en expliquer le sens à quelqu'un) ; reconnaître les idées; reformuler et
écrire.

S'entraîner à faire des structures arborescentes : annoter les idées principales, trouver
le titre qui permet de résumer le sens, les grandes sections, les éléments importants ou
secondaires pour chaque partie.

Se faire des grilles et des listes (par exemple pour les mots difficiles ou pour les notions
difficiles à retenir, tenir un petit répertoire individuel, si possible classé par ordre
alphabétique) :

Exemples :
♦ Grille d'analyse de contenu de cours (titre du cours, nom du professeur, nombre de
pages évaluées, note obtenue, date, semaine; s'établir un système pour sélectionner
l'information d'une part - idées principales/grands thèmes, définitions/explications,
exemples du professeur/exemples personnels, précisions/mots clés - et les mots utilisés
d'autre part.

♦ Liste de symboles et abréviations (titre du cours, sujet, etc., bref toute information
utile pour vous repérer) : ajouter une formulation verbale et sa signification pratique
(exemple : "x/barre = moyenne des valeurs").

♦ Listes de notions ou de mots nouveaux, avec des exemples personnels qui vous
permettront de mémoriser (comme pour l'apprentissage d'une langue étrangère).

Se questionner (sur la matière, sur le style d'apprentissage ou d'examen, sur les


conditions contextuelles ou environnementales, sur le fonctionnement interne : tout cela
permet d'atteindre la maîtrise) : noter le titre du cours/la matière, le nombre de pages de
notes, le type de questions (qui, quoi, quand, comment, où, pourquoi?) : cela accélère
l'apprentissage, facilite le transfert de l'information et active les connexions mentales.
(tout comme les associations libres).

Feuillet rédigé par Élisabeth Haghebaert, CAR, été 2004.

Référence :
BÉGIN, Christian, 1995 : Devenir efficace dans ses études, cahier d'activités, Montréal,
Beauchemin.