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Windel Benjamin

Etienne

Vers une néonatologie


chrétienne efficace
Mieux comprendre la dynamique
de l'encadrement des  nouveaux
convertis
Vers une néonatologie chrétienne ef cace

Ta b l e d e s m a t i è r e s

     Introduction 2

Chapitre 1. Fondement conceptuel et théorique relatif au Grand


Mandat Missionnaire 3

     Chapitre 2. Fondement du travail de suivi 9

     Chapitre 3. Regards croisés: le néophyte spirituel 16

     Conclusion 20

Windel Benjamin Etienne


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Introduction
Comment le néophyte spirituel, dépendamment de son ancienne souche religieuse par
exemple, peut-il réussir à rejeter ses pratiques de pèlerinage, vaudouesques ou
superstitieuses, à remettre sérieusement en question ses connaissances mythologiques,

mystiques, certains contes et tabous dangereux? Comment peut-il gérer ses anciens groupes
et couper le pont avec son passé de pécheur? Comment ses expériences dans la foi peuvent-

elles être enrichissantes et positivement contagieuses? Comprend-il l'acte de conversion qu'il


a posé? Arrive-t-il à saisir les implications du salut, cette nouvelle vie reçue? Sur quoi sa foi en

réalité est-elle construite? Comment en réalité l’Evangile lui a été communiqué au départ ?

L’Eglise est appelée à faire des disciples. Tous les chrétiens doivent témoigner de leur foi. Mais
comment y parvenir s’ils ne sont pas formés et bien édi és? La croissance d’une église est le
signe qu’une Evangélisation a bien eu lieu, selon Engel. Cette approche, quoique un peu

radicale, mérite notre attention. Il est important de comprendre que les gens viennent à Christ
au travers d’un processus spirituel et que tous ceux qui sont évangélisés ne sont pas au même

niveau quant à la connaissance de l’Evangile. Accepter Christ comme Sauveur ne constitue


qu’une étape. Cette étape qu’est la conversion est importante dans la vie de l’individu.

Alors, comment une église peut-elle réussir à accompagner le néophyte spirituel a n de

l’aider à intégrer les nouvelles informations auxquelles il est confrontées? Une Evangélisation
inintelligente, mal présentée, dépourvue de tacts et au contenu vide peut-elle contribuer à

construire le caractère du chrétien? Que se passe-t-il dans la suite quand les néophytes
spirituels sont victimes d’un mauvais début?

Je crois, donc je parle


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Chapitre 1. Fondement conceptuel et théorique


relatif au Grand Mandat Missionnaire
L’Evangélisation, cette partie de la théologie pratique, a toujours été objet d’études de toutes
sortes. A bien des égards, elle a été abordée par de multiples écrivains, des missionnaires et
autres. Ils sont tous conscients que l’Eglise de Jésus-Christ a reçu un Grand Mandat. Certains

auteurs, comme T.L. Osborne, James Kennedy dans leurs ouvrages et autres travaux
accomplis, peuvent même arriver à provoquer une crise ou une prise de conscience chez les

croyants pour se mettre à l’œuvre et à aller… Mais ils ne s’entendent pas tous sur la nature du
mandat en question. Les avis se divergent, les uns plus convaincants et rigoureux que les
autres; ce qui m’exige à scruter la littérature de ce champ d’étude passionnant.

1.1. Dé nitions opérationnelles et quelques conceptions du Grand Mandat


Je tiens d’abord à analyser étymologiquement le concept Évangélisation, certaines
expressions qui s’y rattachent et ensuite présenter et confronter certaines conceptions du
Grand Mandat, c’est-à-dire certaines approches de certains spécialistes pour en tirer la

substanti que moelle.

D’entrée de jeu, certains théologiens parlent de trois Grands Mandats que Dieu a con és à
l’homme. Le Grand Mandat Culturel consistant à travailler, assujettir la terre; le Grand

Commandement, résumé dans l’amour pour Dieu et ses prochains et la Grande Mission, pour
désigner l’Évangélisation.[1] Mais, le concept Grand Mandat s’associe généralement à

l’Evangélisation. Dans ce cas, il s’agit du Grand Mandat Missionnaire.

1.1.1. Nature du Grand Mandat

Dans le livre des Actes, Luc nous donne quelques mots-clés décrivant la communication de
l’Evangile aux non-chrétiens. J’essaie de circonscrire le travail à partir d’un excellent

travail  qu’a  qu’a effectué Gene Getz[2] concernant la communication de l’Evangile dans le
livre des Actes des apôtres et dans les épîtres. Il fait une analyse très approfondie d’une série

d’expressions utilisées par ceux qui présentaient Christ au premier siècle. La profondeur et l’ori

Fondement conceptuel et théorique relatif au Grand Mandat Missionnaire


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ginalité de son travail résident dans un effort de montrer le lien intime qu’il y a entre

- « Evangélisation » et « Edi cation ». Il essaie de montrer qu’évangéliser ne signi e pas dire


n’importe quoi, mais faut-il qu’il y ait une pédagogie dans la transmission du message. Je
présente brièvement certaines de ces expressions-clés.

Les disciples évangélisaient. Le verbe grec est parfois traduit «  annoncer l’Evangile  », ou
«  annoncer la bonne nouvelle  ». Le terme «  evangelidzo  » dans un sens plus étendu met
l’accent sur à la fois le message qui est communiqué et la méthode de communication

utilisée.[3]
Les disciples enseignaient. Le verbe grec ici c’est « didasko » qui signi e « enseigner ». Il est
employé non seulement pour décrire le travail d’édi cation, mais aussi l’Evangélisation.[4]

Les disciples témoignaient solennellement. Le verbe  «témoigner» est habituellement la


traduction du terme grec «marturo», qui signi e  «rendre témoignage»,  «être le témoin de».

Dans le livre des Actes, on trouve certaines formes du verbe «diamarturomai» qui décrivent
l’Evangélisation. Ce mot signi e  «af rmer et attester avec force», et possède une très forte

connotation émotionnelle et intellectuelle.[5]

Les disciples discutaient. «Dilegomai» qui signi e «raisonner», «s’entretenir avec» ou


«discuter», est employé uniquement en rapport avec la communication de l’apôtre Paul aux

non-chrétiens. Il pouvait, suivant le contexte, leur enseigner les Ecritures en profondeur tout
en demeurant sur leurs longueurs d’onde mentale et émotionnelle.[6]

Cependant, dans les épîtres un accent important est mis sur un mode de vie chrétienne

authentique tant individuellement que collectivement dont les croyants doivent faire montre
comme servant d’appui à la communication verbale de l’Evangile. Mais en général nous
voyons que le partage de la Bonne Nouvelle ou l’Evangélisation en elle-même demande une

transmission correcte et exacte de la Parole, qu’il s’agisse d’un apôtre par exemple ou d’un
simple croyant dans la mesure où celui-ci est instruit, maîtrise un peu l’Evangile et ses

implications, sans ignorer l’œuvre puissamment transformatrice de l’Esprit-Saint. Tout chrétien


peut témoigner. Ce travail d’Évangélisation est perçu différemment.

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Tenant compte du volume d’auteurs ré échissant sur le sujet, j’ai fait un tri. Car si nous
n’arrivons pas à bien cerner l’Évangélisation ou le Grand Mandat, nous ne pourrons pas bien
comprendre l’injonction d’édi er les néophytes spirituels qui nous est faite.

1.1.2. Quelques conceptions du Grand Mandat


Premièrement, Marck A. Finley conçoit le Grand Mandat de la manière suivante :

LE GRAND MANDAT que Jésus nous a con é (Matthieu 28.19, 20) s’étend bien au-delà du
baptême des nouveaux convertis. Toute approche de l’évangélisation qui se focalise
principalement sur le nombre de personnes baptisées passe à côté de la cible. Jésus n’a pas
simplement demandé aux apôtres de baptiser des gens mais d’en faire des disciples, des
chrétiens pleins de foi, qui prient, croissent quotidiennement en grâce, étudient sa Parole,
adorent avec son peuple et témoignent à la gloire de son nom. Quand une église n’arrive pas
à subvenir aux besoins de ses nouveaux membres, elle ne s’acquitte pas de la mission que
Christ lui a con ée. L’évangélisation est incomplète en l’absence d’une stratégie d’ensemble
visant à nourrir et former spirituellement ceux qui se donnent à Jésus.[7]
Cette perception est tout à fait correcte. Elle touche effectivement du doigt une plaie  très

profonde: l’Évangélisation incomplète. Pour Finley, une Évangélisation complète commence à


partir du moment où l’on commence à évangéliser jusqu'à la maturité du croyant. Donc, il faut

procurer des soins nécessaires aux néophytes spirituels. Il s’agit d’un processus.

Deuxièmement, Russell Burril, rapporté par Finley, dans une rubrique titrée «LA TRIPLE
MISSION DU CHRIST», donne ainsi sa perception:

L’ordre donné par le Christ est enraciné et fondé dans cette fonction de base de la mission :
faire des disciples, les baptiser et les enseigner. C’est uniquement lorsque l’Eglise adopte cette
triple formule qu’elle pourra af rmer l’accomplissement de la mission évangélique. Le
processus  «  d’aller  » implique la mise en pratique de ces trois principes. Lorsque la présence
de l’Eglise se manifeste dans le monde, c’est justement parce qu’elle fait des disciples, les
baptise et les enseigne.[8]

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Cette perception insiste sur l’indissociabilité de la triple formule faisant partie intégrante du
Grand Mandat.

Troisièmement Charles Spurgeon, répondant à la question qu’il se pose lui-même: qu’est-ce


alors que gagner une âme ?, souligne : 

L’instruction au moyen de l’Evangile est le commencement de toute œuvre réelle sur son
esprit: «Allez, faites de toutes les nations des disciples…  » (Matthieu 28.19, 20). L’instruction
commence l’œuvre, et elle la couronne […] Non, la «Bonne Nouvelle» se compose
d’informations et d’instructions susceptibles de bénir celui qui y prête attention et la révélation
de faits et de vérités qui exigent une connaissance et demandent une réponse de foi. Il s’agit
d’un système logique qui s’adresse à la compréhension, s’offre à l’examen de la conscience et
exige une puissance de ré exion.[9]
L’expression-clé de cette conception c’est «l’instruction commence l’œuvre, et elle la

couronne». Effectivement, Spurgeon rejoint Gene Getz soutenant que l’Évangélisation doit être
bien faite et elle n’est pas dissociable à l’encadrement qu’il faut donner aux néophytes

spirituels. Il faut amener l’auditeur à comprendre les implications de l’Evangile. A la seule


différence, Getz essaie de montrer, tout en étant distinct, le rapprochement très intime

existant entre évangélisation et édi cation.

Quatrièmement, James Engel, en collaboration avec ViggSǿgaard présente une échelle pour
montrer comment fonctionne le processus de décision.

Cette échelle (tableau 1), quoiqu'elle ne doive pas être vue comme une vérité absolue, est

d’une grande importance. Elle nous enseigne d’abord à connaître les gens que nous voulons
atteindre par l’Evangile; ce qui peut débuter avec le pont qu’il convient de jeter, les situant

par rapport à leur connaissance de Dieu ou de Jésus-Christ. Ils ne sont pas tous au même
niveau.

Possiblement, sans ignorer la fenêtre 10/40, dans un pays donné ou une contrée quelconque,

on peut ne pas trouver des gens qui n’ont aucune information de l’Evangile. Mais l’idée est
noble. Il s’agit de faire en sorte que l’auditeur arrive à comprendre l’acte qu’il veut ou qu’il va
poser, c’est-à-dire les implications de l’Evangile. 

Fondement conceptuel et théorique relatif au Grand Mandat Missionnaire


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 RÉACTIONDE DE
L'HOMME

-8 Conscience d’un être suprême


-7 Certaine connaissance de l’Evangile
-6 Connaissance de principes de base de l’Evangile
-5 Compréhension de l’application personnelle de
-4 l’Evangile
-3 Réagit positivement à l’idée de devenir chrétien
-2 Reconnait ses problèmes et à l’intention d’agir
-1 Décision d’agir
Repentance et la foi en Christ

NOUVELLE CREATURE

+1 Evaluation après la décision


+2 Assimilation à l’Eglise
+3 Croissance conceptuelle et du comportement
  ommunion avec Dieu
C
 Intendance
 Reproduction intérieure
 Reproduction

Tableau 1. Modèle du processus complet dans la décision

L’échelle montre aussi qu’après le changement de camp, le nouveau converti doit intégrer un
corps pour se reproduire spirituellement. C’est là que commence la croissance spirituelle. Engel
se garde même d’employer le concept Évangélisation en montrant que la conversion est un

processus continu. Comme tel, nous devons être patients envers les gens. 

Nous ne pouvons que semer et arroser, mais Dieu seul peut faire croître, Lui seul peut faire
pleuvoir.[10] Par conséquent, quand quelqu’un vous dit qu’il n’est pas encore prêt pour

accepter Jésus après avoir entendu votre message, dans un certain sens, il a raison. Un travail
n’est pas encore effectué en lui. Il n’est pas encore prêt à con er toute sa vie à un inconnu.

Fondement conceptuel et théorique relatif au Grand Mandat Missionnaire


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Win et Arn quant à eux soutiennent  : «La grande commission que Jésus a ordonné à ses
disciples ne se termine pas avec le baptême, mais continue dans l’instruction et l’obéissance à
tout ce que Jésus a enseigné.»[11] Ces auteurs, pour qui l’évangélisation signi e faire des
disciples, pas plus pas moins, montrent que l’Eglise a comme responsabilité d’encadrer les
néophytes spirituels, les aidant à devenir de véritables disciples.

En gros, considérant les concepts étudiés et les perceptions passées en revue, l’évangélisation
est un processus. Elle doit s’adresser aux émotions comme à l’intelligence et inciter à décider.
Le genre d’Évangélisation sur lequel insistaient les églises du premier siècle ne se terminait

pas à la conversion. Cette dernière est une étape décisive qui se produit à partir d’un
cheminement; ce qui exige forcément des programmes bien construits avec des activités et

des méthodes aptes à aider les gens à mieux saisir le message évangélique.

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Chapitre 2. Fondement du travail de suivi


Fondamentalement, l’Eglise du Nouveau Testament a beaucoup de choses à apprendre aux
églises d’aujourd’hui. Voilà pourquoi, je vais étayer mon approche du travail de suivi sur un
ensemble d’éléments fondamentaux consignés dans les Evangiles, les Actes et les épîtres.

Ainsi, le travail de suivi a un fondement particulièrement néotestamentaire qu’il convient de


regarder sous plusieurs loupes.

Soulignons que selon Charles ‘’Chic’’ Shaver, dans les Actes il y a au moins 32 cas de suivi et

18 occasions où la notion relative à l'encouragement est af chée.[12] Tout cela montre


combien le travail de suivi a été pris très au sérieux. Déjà, dans Actes 2 au verset 42, nous
voyons que ceux qui s’ajoutaient à l’Eglise ont persévéré dans l’enseignement des apôtres.

L’enseignement jouait un rôle prépondérant dans leur vie et leur croissance spirituelle.

2.1. A la loupe christique

Jésus est Celui qui dé nit parfaitement à travers sa vie, ses enseignements et l’ordre
missionnaire qu’il a donné aux disciples la mission pédagogique de l’Eglise. Au cours de sa
courte mission sur terre, Il marchait dans l’amour et l’obéissance à son père. Sa vie en elle-

même est une pédagogie. Il pratiquait de manière parfaite ce qu’Il prêchait et enseignait. Les


valeurs comme l’amour, l’unité, l’humilité, la miséricorde, le pardon et l’esprit de service

étaient évidentes dans Sa vie. Il comprenait et incarnait le principe que l’enfant apprend par
l’exemple. Il a passé du temps avec ses disciples.

A travers sa parfaite pédagogie, Jésus a bien compris le besoin de l’humain. Il a inauguré son

royaume avec un enseignement axé sur le royaume de Dieu et l’amour.[13] Au cours de son
ministère parmi les hommes, Jésus n’a jamais perdu de vue la toile de fond de son
enseignement. Ses appels sont ainsi formulés: «Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et

chargés, je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car
je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.»[14] 

A bien regarder, ce texte montre que Jésus lance un appel formel aux pécheurs. Il ne se

contente pas de les appeler, mais Il leur promet du repos. Il n’a pas ni avec une âme par le -

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simple fait qu’elle vient, mais Il promet haut et fort de l’encadrer. Ce repos est à la fois
instantané et continuel.

En parlant à ses disciples bien-aimés, Jésus, comme un homme responsable, un père

soucieux, a dit ceci: « [...] Je vous ai établis, a n que vous alliez, et que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure.»[15] Ce texte montre qu’il revient à l’Eglise d’aller évangéliser.
Dans cette quête d’âmes, Jésus Lui-même la permettra de gagner des âmes. Une condition

essentielle pour que ces fruits demeurent c’est qu’ils soient bien encadrés et bien soignés.

Jésus a non seulement appelé ses disciples, mais Il les a encadrés. Il ne se comportait pas en
juge ou correcteur, mais en connecteur. Il était plutôt présent avec eux dans des repas, des

festins, des voyages, sur la mer agitée, dans des moments d’angoisse et de deuil comme
c’était le cas avec Marie et Marthe après la mort de Lazare,[16] etc. C’est uniquement après

cet encadrement, des exercices sur le terrain que les disciples allaient incarner la vision de
leur Maître par la suite.

L’un des exemples les plus frappants donnés par Jésus du travail de suivi, c’est le fait qu’après

sa résurrection Il n’a pas laissé Pierre orphelin, celui qui l’a renié à trois reprises. Il savait que
Pierre était déboussolé et sans encadrement. Il s’est souvenu de la semence qu’Il a semée
dans le cœur de son disciple. Il allait le forti er.

En n, par le fait que cet ordre est complet. Jésus, étant toujours avec nous dans notre
encadrement, nous envoie dans le monde pour faire des disciples, pour aller faire connaître
son nom en enseignant. Il savait ce que cela signi e d’être un disciple, plus précisément être

Ses disciples. Ne laissez pas à la dérive la récolte, mais il faut en prendre soin.

Comme base de ce travail, Jésus demande aux disciples d’aimer et de vivre dans l’unité. Car
c’est à ceci que tous connaîtront qu’ils sont dignes d’être Ses disciples. Ils doivent re éter la

personne ou l’essence de Celui qui envoie.[17]

Par-dessus tout, regardez cet extrait de son rapport consigné dans la prière dite

sacerdotale: «Lorsque j’étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J’ai gardé

ceux que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le ls de perdition, a n que
l’Ecriture fut accomplie.»[18]

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Cher lecteur, puisque notre mission consiste à faire des disciples et à les encadrer, à la n de
la journée, pourrons-nous dresser un tel rapport? Quel sera notre bilan de ministère?

Paul, l’apôtre des nations, que ce soit en parole ou en acte, fait aussi le point sur ce ministère.

2.2. A la loupe paulinienne

En matière de travail de suivi, par rapport aux autres destinateurs du Nouveau Testament,
Paul est un champion. Selon Weldon Viertel, Paul passe plus de temps au perfectionnement

des nouveaux chrétiens qu’à la conversion des âmes perdues.[19] Par exemple, dans Actes 18
au verset 11, nous voyons que Paul est resté à Corinthe pendant un an et six mois a n
d’enseigner les nouveaux convertis. A Antioche et à Ephèse, il passa trois ans pour enseigner

et exhorter les croyants.


La plupart des lettres Néotestamentaires étaient écrites dans le dessein d’encadrer les âmes

des nouveau-nés jusqu'à l’atteinte de la maturité. Dans ses lettres, notamment dans celle
adressée aux Chrétiens de Philippe, Paul s’adresse à eux comme un père. Combien est
affectueuse et responsable cette expression adressée à ses bien-aimés: « Je vous porte dans

mon cœur […]» Aux chrétiens de Rome, Paul, paternellement dit: « Je désire vous voir, pour
vous communiquer quelques dons spirituels a n que vous soyez affermis.»[20] 

Qu’en est-il de son retour à Lystre, à Icone et à Antioche après avoir ni d’évangéliser la ville

de Derbe, en compagnie de Barnabas? Luc nous rapporte qu’ils retournèrent dans ces villes en
vue de forti er l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi […][21]

Dans des textes comme Colossiens 1.28-29  et   Ephésiens 4.11-16, Paul montre que son
ministère ne consiste pas seulement à prêcher, enseigner et gagner des âmes. Il était

persuadé qu’il avait une dette d’encadrement envers ces âmes gagnées. Il avait un objectif,
une cible : arriver à aider ses nouveaux croyants à ressembler en toutes choses à Christ, leur
Maître par excellence, sur qui leurs vies doivent être modelées en tout et partout.

En d’autres termes, Paul visait à amener les croyants à la maturité spirituelle.[22] Quand il ne
pouvait pas être présent avec et pour les croyants, il engageait d’autres croyants comme par

exemple Timothée dans cet important processus d’encadrement. Il avait vraiment l’âme d’un
père spirituel, un amour intime et incontestable pour ces néophytes spirituels. 

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Paul, comme grand prédicateur et pédagogue, nous montre la nécessité de bien encadrer le

néophyte spirituel qu’il considère lui-même comme un bébé spirituel ayant besoin de voir sa
foi grandir pour ne pas être ottant et emporté par les fausses doctrines. Il y en a tellement

en ce 21ème siècle.

Le néophyte, selon lui, doit croître à tous égards dans une spiritualité profondément
authentique. Alors, qu’en est-il de Jean?

2.3. A la loupe johannique

Jean écrivait pour forti er la foi des dèles, les mettre en garde contre de faux courants

doctrinaux comme le Cérinthianisme qui se propageait au premier siècle et d’autres


mauvaises attitudes comme le diotréphisme. En outre, il décrit de fort belle manière en 1 Jean

ce qu’est une chrétienté authentique. Une vie chrétienne normale doit s’asseoir sur l’amour,
l’obéissance à la parole et la foi.[23] Jean s’intéresse à l’encadrement des âmes. D’où le ton
très pastoral de 1 Jean.

Jean croyait que le croyant doit faire montre d’une conduite chrétienne normale, re étant la
vie du Christ. Même à travers l’Apocalypse, nous pouvons comprendre que Jean voulait
affermir la foi des dèles en plein cœur de grandes persécutions dont ils étaient objet. Donc,

Jean, exilé sur l’île de Patmos, n’a pas délaissé les croyants âmes découragées, même quand
tous n’étaient pas des néophytes spirituels. Pierre était aussi préoccupé par ce type

d’encadrement.

2.4. A la loupe pétrinienne

Après sa résurrection, à trois reprises, Jésus a dit à Pierre, son disciple: «Prends soins de mes
brebis», «Nourris mes brebis.»[24] Cette expression insiste sur la mission de berger,
d’encadreur d’âmes ou de pasteur que Pierre allait endosser. Déjà, après le grand miracle de
la pêche, Jésus lui disait: «Désormais tu seras pêcheur d’hommes.»[25]Après sa résurrection, la

mission de Pierre est renforcée. Il n’a pas à prêcher en laissant les poissons éparpillés, mais il
est appelé à les nourrir. Il est à la fois pêcheur et berger d’âmes, deux fonctions indissociables.

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Pierre a joué un rôle fondamental dans l’encadrement de beaucoup de néophytes spirituels


comme Corneille, Simon, le réputé magicien,[26] etc. Le cas de ce dernier mérite une

attention particulière.

Converti sous l’apostolat de Philippes dans la ville de Samarie, Simon, après avoir été baptisé,
restait attaché à Philippes. Témoin de nombreux miracles opérés par le Saint-Esprit à travers
son serviteur, Simon a fait rencontre de Pierre et de Jean qui lui ont imposé les mains en vue

de la réception du Saint-Esprit. Désireux d’avoir la même puissance, Simon a offert aux


apôtres de l’argent.

L’intention de Simon est étonnante. Elle nous enseigne que le Néophyte spirituel, dans son

immaturité spirituelle, n’est pas automatiquement et dé nitivement divorcé avec ses


anciennes pratiques, comme je l’ai souligné précédemment. Simon était une superstar à

l’époque. Il était un personnage important en raison de ses talents de magicien. Devenu


chrétien, il pense que le Saint-Esprit, qu’il a d’ailleurs reçu, peut lui redonner sa visibilité.

L’intention de Simon était pernicieuse. Mais heureusement Pierre était là pour le réprimander

sévèrement, lui montrant l’ultime nécessité d’implorer Dieu pour recevoir son pardon. Simon a
bien compris la leçon. Alors, pouvez-vous imaginer ce qui aurait pu arriver à ce néophyte

spirituel s’il n’y avait pas quelqu’un de mature comme Pierre pour le redresser sur le champ?
J’imagine que vous commencez maintenant à comprendre la raison pour laquelle il ne faut pas
laisser un néophyte spirituel à la merci des circonstances.

Je considère pour clore cette section une dernière loupe.

2.5. A la loupe de l’épître aux Hébreux

J’insiste sur Hébreux 5.11-14. Dans ce texte, l’auteur constate une grande faiblesse spirituelle
chez les croyants, un manque de croissance spirituelle, malheureuseusemnt indépendamment

du nombre de temps qui s’est écoulé après leur conversion. L’auteur dit expressément que ces
croyants sont lents à comprendre, alors qu’ils devraient être des maîtres, s’adressant

évidement à des judéo-chrétiens.

Fondement du travail de suivi


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Par rapport à ce texte, la remarque à faire est qu’un croyant peut vieillir dans l’Eglise sans
jamais être mature spirituellement. Les croyants sont au lait, sans expérience de la parole de

justice. Face à cet état de fait déplorable, l’auteur sent qu’il doit faire quelque chose. Ainsi au
chapitre 6, exhortant les croyants à renoncer aux œuvres mortes, il donne un projet

d’enseignement, une possibilité d’affermir leur vie a n de les amener à la croissance


spirituelle en y donnant un fondement solide et correcte si toutefois Dieu le permettrait.

Au travers de toutes les loupes que je viens de considérer, je suis emmené à comprendre que

l’encadrement des âmes a été très pris au sérieux au premier siècle. C’est une affaire à la fois
cruciale et délicate. Il doit être l’affaire de l’Eglise, ayant l’ultime obligation de penser à

l’encadrement systématique du néophyte spirituel le plus tôt possible. Car c’est l’un des
éléments qui constituent un socle incontournable de toutes églises qui voudraient jouir
constamment et sérieusement d’une bonne santé pluridimensionnelle.

Cependant, force est d’admettre que ce fondement peut bien contenir des limites et des
insuf sances. En fait, les loupes considérées nous donnent une idée du mode de traitement

que les néophytes spirituels ont reçu au premier siècle et comment Jésus lui-même, à partir
du Grand mandat légué, voyait la question de suivi. L’essence est noble.
Ainsi, dans le cadre de ce travail, j’essaie de passer en revue plusieurs théories. Par exemple,

des théories[27] ayant rapport à la pré-natologie, à la néonatologie,[28] à la psychopédagogie


dont celles de Piaget, d’Erickson et de Sigmund Freud m’intéressent dans le cadre de ce

travail.[29] Ces théories, avec des approches nuancées, montrent que l’éducation de l’enfant
commence dès le sein maternel et que les premières expériences au sein de la famille jouent
un rôle considérable dans la formation de la personnalité de l’individu. De ce point de vue, il

faut commencer de très tôt à encadrer le bébé ou l’enfant en y apportant des soins
appropriés.

Cependant, toutes ces théories ont des limites par rapport à notre champ d’étude. Elles ont

comme objet des bébés biologiques. Par analogie, elles m’aident à expliquer le phénomène et
comprendre la complexité de l’être humain. Toutefois, j’adopte la pré-natologie et la

néonatologie comme fondement théorique explicatif ou analogique, sans ignorer les autres. 

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La pré-natologie s’explique dans le contexte de l’évangélisation,  c’est-à-dire le mode

de présentation de l’Evangile en termes d’in uence qu’elle peut exercer sur l’évangélisé et la
néonatologie par rapport aux soins qu’il faut apporter aux néophytes spirituels et les dangers

qui peuvent s’ensuivre en cas de négligence.

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Chapitre 3. Regards croisés: le néophyte spirituel


Il convient d’une part de dé nir les concepts néophyte et néophyte spirituel, quoique la tâche

soit un peu dif cile, et d’autre part de voir comment le dernier concept peut être appréhendé.

3.1. Dé nitions opérationnelles du néophyte spirituel

Etymologiquement, le mot néophyte vient du grec  «neo» signi ant «nouveau» et «phutos»,

«plante». Dans l’ensemble, il désigne une nouvelle plante. Il a une connotation botanique.

Selon le Dictionnaire Littré[30], le mot néophyte est ainsi dé ni  : nom donné anciennement
dans l’Eglise aux nouveaux chrétiens, c’est-à-dire aux païens qui avaient embrassé depuis peu

le christianisme, et à ceux qui étaient entrés nouvellement dans les ordres ecclésiastiques.

D’après le dictionnaire de l’académie française (8èmeédition), un néophyte est une personne


nouvellement baptisée. Il se dit par extension, d’une personne nouvellement convertie. Dans

un sens guré, il se dit des nouveaux adeptes d’un système, d’une doctrine. Bref, un néophyte
est un adepte nouveau d’une religion, d’une doctrine, d’un parti, etc. Comment dé nir
opérationnellement un néophyte spirituel?

En termes d’appréhension, beaucoup d’auteurs qui traitent la question du travail de suivi qui
doit être assuré par l’église ne dé nissent pas vraiment ce qu’est un nouveau converti ou un
néophyte spirituel.[31] Par exemple, Walter Louise Jeter dit tout simplement: «Les nouveaux
convertis ressemblent à des nouveau-nés. Ils ont besoin de soins constants. Si nul ne s’en
occupe, ils risquent […] de mourir spirituellement.»[32]

Toutefois, à mon humble avis, un néophyte spirituel dans un sens chrétien ou évangélique, est

plus qu’un adepte du christianisme ou d’un groupement chrétien quelconque, mais c’est une
personne fraîchement née de nouveau, ayant accepté Jésus-Christ par la foi, après avoir été
d’une façon ou d’une autre évangélisée, étant appelée à mûrir dans cette foi jusqu'à la stature
parfaite de Christ à travers un processus d’encadrement dans un temps raisonnable.

Une grande question s’impose  : chronologiquement, quand quelqu’un cesse-t-il d’être un

néophyte spirituel ? En fait, un néophyte spirituel est un bébé spirituel, mais un bébé spirituel
n’est pas forcément un néophyte spirituel.  Par exemple, l’auteur de l’épître aux Hébreux a
qua-
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li é ses destinataires de bébés malgré le nombre de temps de conversion.[33] 

Par conséquent, ce n’est pas vraiment en fonction du nombre d’années de conversion qu’il
faut mesurer la maturité spirituelle. Mais plutôt en fonction d’un processus d’intégration et
d’encadrement que doit béné cier le néophyte spirituel. Voilà pourquoi dans ma tentative de

dé nition, j’évoque l’expression temps raisonnable. C’est très relatif. Certains plaident pour un
an, d’autres deux à trois ans. Je pense qu’un néophyte spirituel peut être considéré comme tel

pendant une période d’un à deux an(s).

3.2. Les grandes étapes de la vie humaine et caractéristiques des néophytes spirituels

La pédagogie moderne se veut être très réaliste et pragmatique tout en restant


scienti quement rigoureuse. Enseigner quelqu’un suggère une bonne connaissance de lui. Rick

Warren a dit: «Un des obstacles les plus importants à la croissance de l’église est la
‘’méconnaissance des gens.’’ »[34] On ne peut pas fournir un enseignement solide et sérieux à
quelqu’un sans le connaître dans ses idées comme dans ses agissements, quoique ce soit très
dif cile. Selon l’anthropologie biblique, l’homme a été créé à l’image de Dieu, laquelle image a

été souillée par le péché.

De ce fait, je trouve qu’il est de bon ton de toucher du doigt les différentes périodes de la vie
prises dans leurs caractéristiques propres. Cette capacité ou connaissance des caractéristiques

d’un ou des individu(s) faisant l’objet d’un enseignement biblique conduirait plus ou moins à
des réponses appropriées basées sur des besoins particuliers.

Beaucoup de spécialistes en matière de psychologie du développement humain reconnaissent

que la vie est divisée en trois grandes étapes ou trois grands âges: l’enfance, l’adolescence et
l’âge adulte. Mais tous les auteurs ne s’entendent pas sur la subdivision de ces étapes. Selon
certains spécialistes,  il y a trois grandes étapes dans la vie: l’enfance (de la naissance à 11

ans), l’adolescence (11 à 17 ans) et l’âge adulte (18 ans et plus).[35]

Cependant, la question des caractéristiques présente certaine complexité. Même deux


personnes évoluant dans l’espace d’une même tranche d’âge présentent parfois des

caractéristiques différentes. Toutefois, il y a certaines caractéristiques qui sont communes aux


groupes d’âges. 

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Par conséquent, ils peuvent avoir des besoins communs et des caractéristiques
communes. Par exemple, selon des spécialistes, sur le plan mental et physique, la croissance
des enfants est rapide et leur curiosité est en éveil. Sur le plan social et spirituel, ils désirent

vivre une vie qui soit belle. Ils sont sensibles aux concepts du bien et du mal. Cela montre
d’une certaine manière l’importance d’enseigner dans de groupes d’âges identiques.

En fait, tout individu n’atteint pas sa maturité de la même manière, même quand les âges

peuvent être les mêmes. Tout cela est lié à la personne en question et à son aptitude
d’adaptation et autres.

Tous les groupes d’âges sont importants, même les enfants. Bien entendu, je pense qu’un
bébé ne peut pas croire. Mais certains théologiens croient qu’un enfant peut être converti. Par
exemple, Francis Schaeffer pense ainsi la question: 

Il y a un même évangile pour les enfants et pour les adultes. L’Evangile pour les enfants n’est
pas un autre Evangile, mais il y a seulement le problème de traduire les grandes vérités de la
foi chrétienne dans un langage simple. On dit que la période la plus décisive dans le
développement de l’intelligence d’un homme se situe entre deux et six ans […][36]

Une telle avancée fait miroiter deux idées essentielles. D’une part l’art de communiquer la

Parole à tout âge et d’autre part l’importance des premières années dans le processus
d’enseignement.

Voilà pourquoi, à la lumière du Nouveau Testament, j’essaye de présenter quelques

caractéristiques spirituelles fondamentales, sans ignorer qu’il peut y en avoir d’autres. Elles me
permettent de comprendre les points forts et les points faibles de l’âme qu’on veut encadrer.
J’insiste.

Dans Colossiens 2. 6,7, Paul adresse des avertissements aux chrétiens contre les fausses
doctrines et les discours séduisants. Il les persuade à marcher en Jésus-Christ conformément

aux instructions qu’ils ont reçues. Selon ce texte, le fait de garder la foi est un signe clair de
maturité chrétienne. Le néophyte quant à lui n’a pas encore cette maturité. Cet état de fait

intrigue l’apôtre. C’est presque le même cas pour les chrétiens de Corinthe, chez qui les dons
étaient manifestes. Mais ils étaient encore charnels, selon 1 Corinthiens 3.1-9.

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Deuxièmement, dans Galates, s’adressant à une communauté à la fois judéo-chrétienne et


pagano- chrétienne, Paul éprouve une grande douleur qui ne pouvait pas cesser que lorsque

Christ aurait été formé dans les croyants (Galates 4.20). En termes clairs, le problème qui s’est
soulevé par rapport à la loi, auquel Paul veut apporter une réponse solide, est un signe que

ces croyants étaient encore des bébés. Le néophyte est doctrinalement peu convaincu.

Troisièmement, dans l’épître aux Hébreux, l’auteur souligne à l’encre forte que les
destinataires étaient des bébés étant encore au lait, n’étant pas en mesure de prendre des

nourritures solides.  Car ils sont caractérisés par un jugement très faible et une incapacité de
discernement
(5.13-14; Jean 6.60).  Ils sont par conséquent incapables de bien raisonner, de faire une
distinction entre un faux et un bon enseignement, entre le bien et mal, entre le régime de la
loi et celui de la grâce, entre le système sacri ciel de l’ancienne alliance et celui du Christ qui

est meilleur. Cette caractéristique est très importante à comprendre dans le contexte du
néophyte spirituel.

Comme dernière caractéristique, le fait par Jésus de déclarer publiquement son engagement

de prier pour Pierre, lequel se croyait fort, a n que sa foi ne se défaille, nous enseigne
clairement que, par rapport au péché, aux persécutions, aux attaques et aux èches acérées

du diable, le néophyte est zélé, mais sans intelligence et prudence.[39] D’où l’expression «avoir
un zèle de néophyte». Comme les néophytes spirituels sont très zélés  ! Toutes ces

caractéristiques sont des évidences d’immaturité spirituelle.

Windel Benjamin Etienne                          Je crois, donc je parle


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Conclusion
Le mandat donné par Jésus à l’Eglise est de faire de toutes les nations des disciples, ni plus ni
moins. Ce processus de formation de disciples exige des efforts pédagogiques colossaux
capables d'assurer le cycle de reproduction spirituelle. 

L’Eglise doit pouvoir développer l’art de communiquer la Parole de Dieu à tout âge en mettant
en exergue l’importance des premiers pas des disciples dans la foi dans le processus

évangélisation-enseignement-apprentissage. Cette prise de conscience des réalités liées à


chaque tranche d'age la permettra d’avoir une approche plus adaptée et nuancée dans ses
efforts d’encadrement des néophytes spirituels.

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1. Genèse 1.26; Deutéronome 6.4; Marc 12.30, 31; Matthieu 28.19, 20 ↑

2. J’ai pu faire un résumé analytique du chapitre quatre intitulé: «La formation de disciple» du livre
Redécouvrons l’Église locale, p. 62-74. Les références sont de l’auteur. Mais j’ai comparé sa
dé nition des expressions pour véri er leur exactitude. ↑

3. Les textes suivants peuvent être considérés: Actes 14.7 ; 8.35 ; 5.42 ↑

4. Voir les textes suivants: Actes 4. 2; 5. 21 ↑

5. Actes 2.40; 28.23 ↑

6. Actes 17.2, 3 ↑

7. Marck A. Finley.  Du baptême à la formation de disciples: Une vision élargie de l’Evangélisation, p.2

8. Ibid., p. 3 ↑

9. Charles Spurgeon. Gagner des âmes : oui, mais comment ?, Euro press, U.E, 2008, p.14 ↑

10. Voir 1 Corinthiens 3.6 ↑

11. Arn Charles et Win Charles. Le plan du Maître pour faire des disciples, Ed. Foi et Sainteté, USA,
1988, p. 82 ↑

12. Charles’ Chic’’ Shaver’’. Conserve the converts, Kansas, Missouri, 1976, pp. 11 et 12 

Les données sont traduites de l’anglais. En voici le texte: in Acts, there are at least 32 follow-up
instances and 18 occasions where the related concept of encouragement is displayed. L’auteur
donne d’autres références comme : Actes 14.21-22; 9.26-27; Philippiens 1. 6.7. ↑

13. Matthieu 5, 6,7 ↑

14. Matthieu 11. 28-29  ↑

15. Jean 15.16 ↑

16. Luc 10.38-42; Jean 11 ↑

17. Jean 13.34-35 ; 17. 21-23 ↑

18. Jean 17.12 ↑

19. Weldon Viertel E., p. 120 ↑

20. Romains 1.11.Cf. 1 et 2 Thessaloniciens. ↑

21. Actes 14.21, 22 ↑

Windel Benjamin Etienne                      Je crois,donc je parle


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22. La maturité dont il est question surtout dans les épîtres pauliniennes, selon Gene Getz, est
caractérisée par l’amour, la foi et l’espérance. Pour s’argumenter, il fait une étude approfondie d’un
ensemble de textes tirés des épîtres aux Hébreux, aux Colossiens, aux Thessaloniciens, aux
Ephésiens, aux Philippiens et de la première épître à Timothée (p. 80). Toutefois, force est
d’admettre que ce ne sont pas ces seuls critères de mesure qui existent. ↑

23. 1 Jean 2.3-6 ; 5.1-13 ↑

24. Jean 21.15 et 16 ↑

25. Luc. 5.10 ↑

26. Actes 10 ; 8. 1-25 ↑

27. Karen Huffman, et al, dans «Psychologie en directe », concluent avec modération qu’aujourd’hui,
vue la complexité des comportements humains, les psychologues modernes optent généralement
pour une « approche éclectique » leur permettant de glaner dans chacune des théories et dans
chacune des méthodes proposées les éléments qui leur paraissent adaptés à chaque cas particulier
(p. 53). ↑

28. La néonatologie ou la médecine néonatale est une branche du domaine de la science médicale,
notamment de la pédiatrie. Elle s’occupe des soins apportés aux nouveau-nés (varié entre la
naissance au douzième mois). Cf. http://www.babyfrance.com/maman/la-neonatologie.html;

http://www.universalis.fr/encyclopedie/naissance-neonatologie/; consulté le 05 Janvier 2013. ↑

29. Freud privilégie une approche psychosexuelle et Erikson une approche psychosociale sur la notion
de stades. ↑

30. Cette dé nition est tirée du site: www.mediatico.com/dictionnaire/de nition/neophyte, consulté le


24 Décembre 2012. ↑

31. Je considère pour synonyme le mot «bébé spirituel» quand il est question du temps et d’immaturité
spirituelle, mais non dans le sens strictement biologique du terme. Cependant des images et des
analogies ayant rapport au terme bébé sont très utilisées dans ce travail. ↑

32. Walter L. Jeter. Evangéliser aujourd’hui, ICI University Presse, USA, 1996, p.372 ↑

33. L’expression utilisée par l’auteur au chapitre 5 le verset 12, selon la version Louis Segond : « Vous,
en effet, qui depuis longtemps devriez être des maitres» donne implicitement un temps ou une
période non déterminé, e. ↑

34. Rick Warren. L’Eglise une passion, une vision, p. 140 ↑

35. Manuel de formation pour l’Institut de l’Évangélisation des enfants, préfacé par Violet M. Lopes,
p.27  ↑

36. Manuel de formation pour l’Institut de l’Évangélisation des enfants, p.54, 55 ↑

37. L’immaturité spirituelle résulte non seulement d’un manque de connaissance de la parole de Dieu,
mais aussi dans la reconduction d’un certains traits de comportement non chrétien. La
connaissance de la parole est une étape importante, le socle sur lequel la maturité et la
perspective chrétienne se construisent. ↑

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Le mandat donné par Jésus à l’Eglise est de faire de toutes les nations
des disciples, ni plus ni moins. Ce processus de formation de disciples
exige des e orts pédagogiques colossaux pouvant assurer le cycle de
reproduction spirituelle. 
L’Eglise doit pouvoir développer l’art de communiquer la Parole de Dieu
à tout âge en mettant en exergue l’importance des premiers pas des
disciples dans la foi dans le processus évangélisation-enseignement-
apprentissage. Ainsi sera-t-elle en mesure de développer une
néonatologie adaptée, nuancée et ef icace.

Windel Benjamin Etienne


B.Th, M.Ed, Juriste
Promoteur du site Jecroisdoncjeparle.org
Missionnaire en Afrique de l'Ouest