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MINISTĒRE DE LA SANTÉ BURKINA FASO

*********** Unité-Progrès-Justice
SÉCRÉTARIAT GÉNÉRAL
***********
ÉCOLE NATIONALE DE SANTÉ PUBLIQUE
« Docteur COMLAN Alfred A. QUENUM »
***********
DIRECTION DE LA FORMATION SUPÉRIEURE EN
SCIENCES DE LA SANTÉ
***********
SERVICE DE FORMATION EN SANTÉ PUBLIQUE
***********
FILIĒRE : SECTION D’ÉTUDES SUPÉRIEURES EN
SOINS INFIRMIERS ET OBSTÉTRICAUX

FACTEURS EXPLIQUANT LE FAIBLE TAUX D’UTILISATION


DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES MODERNES DANS LE
DISTRICT SANITAIRE DE KOUDOUGOU

Présenté par
SAWADOGO Tegwandé Angèle
en vue de l’obtention du Diplôme d’Attaché de Santé en Soins Infirmiers et
Obstétricaux

DIRECTRICE DE MÉMOIRE CO-DIRECTRICE DE MÉMOIRE


Mme Mariam TRAORE/GALBANY Mme Elisabeth SEGUEDA/ANOUGA
Maitrise en santé Publique, Attachée de santé en Soins
Infirmiers et Obstétricaux
Agrégation en Pédagogie des
Sciences de la santé

Année Académique : 2018 - 2019


SOMMAIRE
SOMMAIRE ................................................................................................ i
IN MEMORIAM ......................................................................................... iii
DEDICACES ............................................................................................. iv
REMERCIEMENTS ................................................................................... v
LISTE DES TABLEAUX .......................................................................... vii
LISTE DES FIGURES/GRAPHIQUES ................................................... viii
LISTE DES ANNEXES ............................................................................. ix
LISTE DES SIGLES, ABREVIATIONS ET ACRONYMES ....................... x
DÉFINITION DES TERMES ET CONCEPTS ......................................... xii
RÉSUMÉ................................................................................................. xiii
INTRODUCTION ....................................................................................... 1
CHAPITRE I : PROBLÉMATIQUE ............................................................ 4
1.1. Énonce du problème. ....................................................................... 5
1.2. Justification de l’étude ..................................................................... 8
1.3. Question de recherche .................................................................... 9
1.4. Hypothèses de recherche ................................................................ 9
1.5. But de l’étude ................................................................................... 9
1.6. Objectif général ................................................................................ 9
1.7. Objectifs spécifiques ...................................................................... 10
CHAPITRE II : CONCEPTUALISATION DE L’ÉTUDE .......................... 11
2.1 Revue de la littérature ..................................................................... 12
2.2.Cadre de référence ......................................................................... 21
CHAPITRE III : PRÉSENTATION DU MILIEU DE L’ÉTUDE ................. 31
3.1. Brève description du Burkina Faso ................................................ 32
3.2. Cadre de l’étude ............................................................................ 32
3.3. Champ de l’étude ........................................................................... 33
CHAPITRE IV : MÉTHODOLOGIE ......................................................... 37
4.1. Type d’étude .................................................................................. 38
4.2. Population d’étude ......................................................................... 38

i
4.3 Méthode d’échantillonnage ............................................................. 38
4.4. Méthodes, techniques et instruments de collecte de données ...... 40
4.5. Démarches administratives ........................................................... 41
4.6. Considérations éthiques ................................................................ 41
4.7. Déroulement de l’étude .................................................................. 42
4.8. Difficultés rencontrées ................................................................... 42
4.9 Méthodes de traitement des données ............................................ 42
4.10 Limites de l’étude .......................................................................... 43
CHAPITRE V : PRÉSENTATION DES RÉSULTATS............................. 44
5.1. Taux de participation des cibles à l’étude ...................................... 45
5.2. Caractéristiques socioprofessionnelles des prestataires enquêtées
.............................................................................................................. 45
5.3. Résultats en rapport avec la compétence des prestataires ........... 46
5.4. Résultats en rapport avec la disponibilité des ressources pour les
services PF ........................................................................................... 53
5.5 Résultat en rapport avec les facteurs socio-culturels liés aux
femmes ................................................................................................. 55
5.6. Difficultés et suggestions des enquêtés ........................................ 63
CHAPITRE VI : DISCUSSION ET SYNTHЀSE DES RÉSULTATS ....... 66
6.1 Discussion par variable ................................................................... 67
6.2 Synthèse des résultats ................................................................... 77
6.3 Vérification des hypothèses ............................................................ 78
CHAPITRE VII : RÉCOMMANDATIONS/ SUGGESTIONS.................... 80
7.1. Aux prestataires des services de PF ............................................. 81
7.2.Au Médecin Chef du District Sanitaire de Koudougou ................... 81
7.3.Au Directeur Régional de la Santé du Centre Ouest ...................... 82
7.4.A la Directrice de la Santé de la Famille ......................................... 82
CONCLUSION ......................................................................................... 83
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ................................................... 85
ANNEXES................................................................................................... I

ii
IN MEMORIAM

A notre beau père Yembraogo BIRBA;


Après avoir consenti d’énormes efforts pour nous, vous êtes parti
prématurément ce Mercredi 9 Janvier 2019 au moment où nous entamions
la deuxième année de notre formation. Rien de ce que nous allons écrire
sur ces lignes ne pourra combler le vide que vous avez laissé autour de
nous. Papa, nous restons convaincue que de là où vous êtes, vous veillez
toujours sur nous. Ce travail est le fruit de vos conseils. Nous perpétuerons
votre combat pour l’amour du travail bien fait.
Reposez en paix, Père !

iii
DEDICACES

Nous dédions ce travail


 À nos chers parents Jean-Marie Siguimanegba SAWADOGO et
Hélène Sompagnimdi OUEDRAOGO, vous nous avez soutenue et
encouragée depuis notre tendre enfance, vous nous avez toujours
appris à compter sur DIEU et à travailler dur. Au moment difficile, vous
nous avez incité à persévérer en nous disant chaque fois que la
récompense se trouve au bout de l’effort. Merci beaucoup papa et
maman pour vos soutiens multiples et la qualité de l’éducation que vous
nous avez donnés. Que Dieu vous garde encore longtemps à nos côtés.
 À mon cher époux BIRBA Serge Salif Noaga, merci pour ta
compréhension et ton soutien multiforme. Reçoit ce travail en guise de
récompense et que le Seigneur bénisse notre foyer.
 nos chers enfants Timbnooma A. Ange et Somgalian R. Armel, vous
avez été souvent privés de l’affection de votre mère à cause de sa
formation. Que cette œuvre vous console et que vous profitiez des
fruits.
 À nos frères et sœurs Jonas, Chantal, Sévérin Delwendé et Marie-
Madeleine Wendlassida, vous avez toujours été à nos côtés. Merci
pour votre soutien inestimable et que le Seigneur soit le soutien de notre
famille.

iv
REMERCIEMENTS

Au terme de notre travail, nos remerciements vont particulièrement,


­ A monsieur le Directeur général de l’ENSP, Docteur Émile Pargui
PARE et son personnel pour leur appui dans les activités pédagogiques
­ A monsieur le Directeur de la DFSSS, Docteur Issaka COMPAORE,
nous vous sommes reconnaissantes pour tous les efforts fournis au
cours de notre formation. Merci pour votre disponibilité pour les
étudiants ;
­ A notre Directrice de mémoire, Madame Mariam TRAORE /
GALBANY, Conseiller de santé, DESS en Pédagogie des sciences de
la santé. Nous vous avons dérangé durant ce travail au moment où vous
devez vous reposer après tant d’années de dur labeur et de sacrifices
pour la DFSSS et l’ENSP. Vous avez accepté de nous accompagner
tout au long de notre travail. Vos qualités humaines et votre amour du
travail bien fait nous a marqués durant ce parcours. Puisse Dieu vous
récompenser de toutes les grâces, bénisse votre famille et vous donne
encore la force d’accompagner tous ces étudiants qui désirent profiter
de vos compétences.
­ A notre Co-directrice de mémoire, Madame Elisabeth
SEGDA/ANOUGA, Attaché de santé en SIO, vous avez toujours été
disponible et attentive à nos nombreuses sollicitations malgré votre
calendrier trop chargé. Votre rigueur méthodologique nous a guidé tout
au long de ce travail. Trouvez ici, l’expression de notre profonde
reconnaissance. Que Dieu le tout puissant vous bénisse
abondamment ainsi que votre famille.
­ Au chef de service pédagogique de la DFSSS monsieur Hamidou
DAO, trouvez à travers ces lignes, notre profonde gratitude ;

v
­ Au chef de service de formation en santé publique, monsieur
Pegdwendé Maurice SAWADOGO, merci pour vos multiples conseils
et orientations durant notre formation ;
­ A notre coordonnateur de filière, monsieur Omer KIEMTARBOUM,
merci pour les conseils et les efforts consentis pour la facilitation de
notre formation ;
­ A l’ensemble du corps professoral et le personnel administratif de
l’ENSP/DFSSS, merci pour votre encadrement et vos multiples conseils
durant notre formation ;
­ A la famille LESNE à OUAGADOUGOU : Olivier, Christelle, Laetitia ;
trouvez à travers cette œuvre, notre reconnaissance et notre affection
indéfectible ;
­ A la famille KONE et DIARRA à Koudougou. Ce travail est le témoin de
notre affection. Cette œuvre est l’expression de notre profonde
reconnaissance. Merci pour votre inestimable soutien et que le Tout
Puissant nous garde toujours ensemble ;
­ A monsieur Toussaint COMPAORE, Responsable CISSE du District
sanitaire de Boussé, merci pour vos conseils, apports et soutiens
multiformes ;
­ A monsieur Nestor BATIONO, enseignant permanent à l’ENSP, merci
pour vos conseils et vos apports multiples ;
­ A la promotion 2017-2019 de la filière SESSIO, pour le climat et
l’ambiance qui ont régné au cours de cette formation. Que cette
ambiance continue dans nos carrières respectives ;
­ Tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, nous ont soutenu et dont
les noms n’ont pas été cités ; trouvez ici notre profonde reconnaissance.

vi
LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Répartition de la population du district sanitaire par cible en


2018 ......................................................................................................... 33
Tableau II : Répartition du personnel du DSK en 2019........................... 36
Tableau III : fréquence des réponses sur la signification du sigle
BERCER .................................................................................................. 47
Tableau IV : Résultats de la conduite du counseling selon BERCER .... 47
Tableau V : Résultats de l’insertion du jadelle ........................................ 50
Tableau VI : Situation de la disponibilité des contraceptifs dans les FS . 53
Tableau VII : Situation du matériel médicotechnique dans les FS .......... 54
Tableau VIII : Répartition des FAP selon l’âge ....................................... 55
Tableau IX : Répartition des enquêtées en fonction du nombre d’enfants
................................................................................................................. 57
Tableau X : fréquence des raisons d’abandon des MCM évoquées par
les FAP .................................................................................................... 60
Tableau XI : Croisement du niveau d’instruction des FAP et l’utilisation
des MCM.................................................................................................. 61
Tableau XII : Croisement des utilisatrices des MCM avec leur statut
matrimonial .............................................................................................. 62
Tableau XIII: Croisement de la religion FAP avec l’utilisation des MCM 62
Tableau XIV : Fréquence des difficultés rencontrées par les utilisatrices
................................................................................................................. 63
Tableau XV : Fréquence des suggestions faites par les utilisatrices ..... 63

vii
LISTE DES FIGURES/GRAPHIQUES

Figure 1 : Schéma du cadre conceptuel ................................................. 30


Figure 2 : Répartition des prestataires de PF selon leur qualification
professionnelle. ........................................................................................ 46
Figure 3 : Temps d’attente donné par les FAP ayant utilisé une MCM . 55
Figure 4 : Répartition des FAP enquêtées selon leur niveau d’instruction
................................................................................................................. 56
Figure 5 : Répartition des FAP selon leur principale occupation ............ 56
Figure 6 : Distribution des FAP selon leur situation matrimoniale .......... 57
Figure 7 : Répartition des FAP selon la religion ..................................... 58
Figure 8 : Définition des MCM selon les femmes enquêtées ................. 58
Figure 9 : Fréquence des avantages des MCM cités par les FAP ......... 58
Figure 10 : Fréquence des effets secondaires des MCM cités par les
FAP .......................................................................................................... 59
Figure 11 : Raisons de non utilisation des MCM évoquées par les
femmes .................................................................................................... 60
Figure 12 : Difficultés éprouvées par les prestataires PF ....................... 64
Figure 13 : Fréquence des suggestions émises par les prestataires ..... 64

viii
LISTE DES ANNEXES

Annexe 1 : Situation des FS retenues pour l’enquête des FAP ................. I


Annexe 2 : Guide d’entretien adresse aux femmes en âge de procréer .. II
Annexe 3 : Questionnaire auto administré adressé aux prestataires .......V
Annexe 4 : Guide d’entretien adressé au membre ECD ........................VIII
Annexe 5 : Liste de vérification des intrants contraceptifs .......................IX
Annexe 6 : Liste de vérification des consommables. ................................X
Annexe 7 : Liste de vérification du matériel médicotechnique .................XI
Annexe 8 : Liste de vérification du counseling selon BERCER .............XII
Annexe 9 : Liste de vérification de l’insertion des implants .................. XIV
Annexe 10 : Liste de vérification de la pose du DIU ............................ XVII
Annexe 11 : Autorisation d’enquête ....................................................... XX
Annexe 12 : Carte sanitaire du district de Koudougou ........................ XXI

ix
LISTE DES SIGLES, ABREVIATIONS ET ACRONYMES

ABBEF : Association Burkinabè pour le Bien Être Familial


AA : Accoucheuse Auxiliaire
AB : Accoucheuse Brevetée
AISHC : Agent Itinérant de Santé et Hygiène Communautaire
ASBC : Agent de Sante à Base Communautaire
BERCER :Bienvenue, Entretien, Renseignement, Choix, Explication
et Rendez-Vous
CCV : Contraception Chirurgicale Volontaire
CHR : Centre Hospitalier Régional
CIPD : Conférence Internationale sur la Population et le
Développement
CM : Centre Médical
CMK : Centre Médical de Koudougou
CMA : Centre Médicale avec Antenne chirurgicale
CPN : Consultation Prénatale
CSPS : Centre de Santé et de Promotion Sociale
CNRTL : Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales
DBC : Distribution à Base Communautaire
DS : District Sanitaire
DSK : District Sanitaire de Koudougou
DIU : Dispositif Intra Utérin
DIUPP : Dispositif Intra Utérin du Post Partum
ECD : Équipe Cadre de District
EDS : Enquête Démographique et de Santé
FAP : Femme en Age de Procréer
FS : Formation Sanitaire
IB : Infirmier Breveté
ICP : Infirmier Chef de Poste

x
IDE : Infirmier Diplômé d’Etat
ISF : Indice Synthétique de Fécondité
IST : Infection Sexuellement Transmissible
IVG : Interruption Volontaire de la Grossesse
MACK : Maison d’Arrêt et de Correction de Koudougou
MCM : Méthode Contraceptive Moderne
ME : Maïeuticien d’État
MLDAR : Méthodes à Longue Durée d’Action Réversible
MJF : Méthodes des Jours Fixes
NAK : Nuits Atypiques de Koudougou
NAP : Niveau Acceptable de Performance
ODD : Objectif du Développement Durable
OST : Office de Santé des Travailleurs
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
ONG : Organisme Non Gouvernemental
PEV : Programme Élargi de Vaccination
PF : Planification Familiale
PNA-PF : Plan National d’Accélération de la Planification familiale
SR : Santé de la Reproduction
SAP : Seuil Acceptable de Performance
VIH : Virus de l’Immunodéficience Humaine

xi
DÉFINITION DES TERMES ET CONCEPTS

La planification familiale : signifie qu’il faut permettre aux femmes et à


leurs partenaires de choisir librement combien d’enfants avoir et à quel
moment [1].

Avortement provoqué : C’est l’interruption volontaire d’une grossesse


avant 28 semaines d’aménorrhées [2].
Le taux de mortalité maternel : C’est le nombre annuel de décès
maternels pour 1000 femmes en âge de procréer [1].

Les contraceptifs : Ce sont des produits qui figurent sur la liste des
modèles de médicaments essentiels de l’Organisation Mondiale de la
Santé (OMS) pour la santé de la procréation [1].

Femme en âge de procréer : Désigne toute personne de sexe féminin


ayant un âge compris entre 15 à 49 ans et représente la cible de la
planification familiale [3].
District sanitaire : C’est le premier niveau de structures sanitaires
publiques offrant les soins primaires, secondaires et tertiaires. Il est
composé de deux échelons. Un premier échelon correspondant au Centre
de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) et un deuxième échelon qui est
le Centre Médical avec Antenne Chirurgicale (CMA) qui est le centre de
référence des CSPS [3].
Taux d’utilisation des MCM : C’est l’adoption d’une méthode
contraceptive moderne par les femmes en âge de procréer et, est le rapport
du nombre d’utilisatrices des méthodes contraceptives par le nombre des
femmes en âge de procréer [3].
La compétence : Dans notre étude nous avons défini la compétence
comme l’ensemble des connaissances, attitudes et aptitudes d’un
prestataire pour offrir des prestations de qualités en planification familiale
aux femmes en âge de procréer.

xii
RÉSUMÉ

La plupart des pays en développement connait une faible utilisation des


Méthodes Contraceptives Modernes. Le Burkina Faso ne fait pas
exception. En effet, en 2017 il a enregistré un taux d’utilisation de 27,5%.
Cependant d’un district sanitaire à un autre, l’utilisation des méthodes
contraceptives est variable. Par exemple, le district sanitaire de
Koudougou connait un faible taux d’utilisation avec un taux de 18,76% la
même année. Ce taux comparé à celui du taux fixé au niveau national
(32%), traduit une faible utilisation des méthodes contraceptives dans le
district. Cette situation nous a amené à conduire la présente étude qui était
de type transversale à visée descriptive et qui avait pour objectif d’étudier
les facteurs expliquant le faible taux d’utilisation des méthodes
contraceptives modernes dans le district sanitaire de Koudougou. L’étude
s’est déroulée du 24 Avril au 08 Mai 2019 dans le district de Koudougou et
a touché 234 femmes en âge de procréer, 19 formations sanitaires et 38
agents de santé. L’enquête a été utilisée comme méthode. Les techniques
étaient l’administration du questionnaire, l’entretien et l’observation. Les
outils comme le questionnaire, le guide d’entretien individuel et la liste de
vérification ont été utilisés pour la collecte des données.
De l’analyse des données, il est ressorti une insuffisance de
connaissances du sigle BERCER par les prestataires, avec une faible
performance de 21%, et pour la conduite du counseling de 42,82%. Parmi
les femmes enquêtées, 30,77% ont pu donner trois avantages et 14,53%
trois effets secondaires liés à l’utilisation des méthodes contraceptives.
Au terme de l’étude, des suggestions ont été formulées dans le but
d’améliorer l’utilisation des méthodes contraceptives dans le district. Nous
avons préconisé, entre autre la formation des prestataires en planification
familiale clinique, la dotation des formations sanitaires en intrants, la
sensibilisation de la population.
Mots clés : Facteurs, taux d’utilisation, District Sanitaire de Koudougou
xiii
INTRODUCTION
En 2017, la population mondiale était estimée à 7,6 milliards et selon les
projections, elle sera de 8,6 milliards en 2030 avec tout son corolaire de
problèmes alimentaires, d’éducation, d’emplois et de santé surtout dans
les pays en développement [1]. Chaque année 225 millions de femmes ont
des besoins non satisfaits en planification familiale (PF) et 2,5 millions
d’adolescentes de moins de 16 ans donnent naissance à un enfant [2]. Par
ailleurs 190 millions de femmes tombent enceinte et 50 millions d’entre
elles vont se faire avorter pour mettre fin à des grossesses non désirées.
Ces avortements se déroulent dans des conditions septiques au cours
desquelles 13% des femmes meurent à cause des complications ou des
problèmes de santé liés à ces avortements [1].
Tout ce qui précède souligne la précarité de la santé de la femme durant
la période de procréation. C’est ainsi que la Conférence Internationale sur
la Population et le Développement (CIPD) qui s’est tenue en 1994 au Caire
en Egypte a rappelé l’importance d’investir dans la Santé de la
Reproduction (SR) pour amélioration de santé des femmes [1]. C’est fort
de ce constat que la stratégie mondiale pour la santé de la femme, de
l’enfant et de l’adolescent, Every Woman, Every Child (chaque femme,
chaque enfant), lancée par Ban-ki MOON s’attèle pour mettre un terme aux
décès évitables des femmes, des enfants et des adolescents partout et
instaurer un monde où chacun peut s’épanouir et réaliser tout son potentiel
[2]. Ainsi, les dirigeants s’accordent à reconnaitre sans doute que le bien-
être de la population et celle de la femme et de l’enfant passe
nécessairement par l’adoption d’une politique de PF raisonnée.
Le Burkina Faso à l’image des autres pays en développement a consenti
d’énormes efforts en matière de PF, mais figure parmi les pays à faible
utilisation des Méthodes Contraceptives Modernes (MCM). En 2017, il a
enregistré un taux d’utilisation des MCM de 27,5% [3]. Le district sanitaire
de Koudougou qui est l’une des entités opérationnelles de mise en œuvre
de la politique sanitaire connait à l’image du pays, un faible taux d’utilisation

2
des MCM. Il a réalisé 18,76% de taux d’utilisation des MCM en 2017 [4].
Ce taux dénote une faible utilisation des MCM dans le district sanitaire de
Koudougou. C’est au vu de cette situation que nous avons décidé d’étudier
les facteurs expliquant le faible taux d’utilisation des MCM dans ce district
afin de contribuer à l’amélioration du taux de prévalence contraceptive. Le
présent rapport réalisé, s’articule autour des points suivants :
 Problématique ;
 Conceptualisation de l’étude ;
 Présentation du milieu de l’étude ;
 Méthodologie ;
 Présentation des résultats obtenus ;
 Discussions des résultats ;
 Recommandations/Suggestions.

3
CHAPITRE I :
PROBLÉMATIQUE
1.1. Énonce du problème.
La mortalité maternelle est l’une des tragédies qui frappe les femmes en
pleine phase de procréation sans distinction d’âge ni de pays. Elle
constitue de ce fait un fléau mondial, un problème de santé publique qui
préoccupe la communauté internationale. C’est ainsi que lors d’une
conférence tenue en 2011 à Marseille, l’Organisation Mondiale de la Santé
(OMS) a déclaré que : « dans le monde il se produit à peu près 150 millions
de grossesses chaque année. La moitié de ces grossesses ne sont pas
désirées et 50% d’entre elles finiront par une interruption volontaire de
grossesse (IVG) [5]. La plupart de ces IVG ne sont pas médicalisées et
aboutissent à 68.000 morts, soit 10% de la mortalité maternelle, atteignant
parfois 20% dans certains pays » [5]. La planification familiale (PF) est
l’une des solutions pour remédier à cette tragédie. En effet, avec la PF, le
nombre de grossesses non désirées baisserait de 2/3, entrainant une
diminution de 21 millions de naissances non planifiées et de 26 millions
d’avortements [6]. Aussi, l’accès à la PF peut réduire la mortalité
maternelle de 40%, la mortalité des nourrissons de 10% et la mortalité
infantile de 21% [6]. C’est ainsi que la PF a été reconnue comme la
meilleure stratégie permettant aux couples d’espacer les naissances et de
décider du nombre d’enfants qu’ils désirent. Ainsi en 2015, le taux
d’utilisation des MCM sur le plan mondial par les femmes de 15 à 49 ans
mariées ou en union était de 64%. [7]. Malheureusement ce taux masque
d’énormes écarts entre les continents et les régions du monde. Dans les
pays développés, la prévalence contraceptive chez les Femmes en Age de
Procréer (FAP) était de l’ordre de 72% en 2015 [8]. En France par exemple
ce taux était de 72,2% au cours de la même année [7]. Si le taux
d’utilisation des MCM dans les pays développés est satisfaisant, il n’en est
pas de même dans ceux en développement. La prévalence contraceptive
en 2015 y était à 40% [8]. En Afrique au cours de la même période, elle
n’était que de 33% [7]. Cette prévalence est aussi variable d’une région à

5
une autre. En Afrique de l’ouest par exemple, ce taux est encore plus bas
avec une prévalence contraceptive de 15,4% en 2016 [8]. La répartition
par pays de cette région montre par exemple que le Benin et le Mali ont
enregistré respectivement 16,1% et 14,1% de prévalence au cours de la
même année [8].
Au Burkina Faso, l’utilisation des MCM est à l’image de celle des autres
pays subsahariens. Il se présente en dents de scie, variant d’une année à
une autre. En 2015 le taux national était de 31,1% [9], avec une légère
hausse à 31,7% en 2016 [10], pour chuter à 27,5% en 2017 [3].
La Direction régionale de la santé du centre-Ouest qui est l’une des treize
(13) directions régionales de la santé du pays, connait sensiblement le
même taux que celui du pays. Cette région a enregistré un taux de 26,6%
en 2015 [9], pour chuter ensuite à 25,5% en 2017 [3].
Le district sanitaire de Koudougou (DSK), qui compte parmi les districts de
la Direction Régionale de la Santé du Centre-Ouest n’est pas en reste par
rapport à la faible prévalence contraceptive. En effet, il a enregistré un taux
de 22,8% en 2015 [9], 27% en 2016 [10] et 18,76% en 2017[4].
Face à cette situation, d’énormes efforts ont été déployés par le district
sanitaire en collaboration avec certaines associations et ONG pour une
amélioration de l’utilisation des méthodes contraceptives par la majorité
des femmes. Il s’agit de l’Association Burkinabè pour le Bien Être Familial
(ABBEF), l’ONG Marie Stopes International, Agir-PF, et l’ONG Jhpiego.
Ces structures appuient le district dans :
­ L’offre des méthodes contraceptives modernes,
­ La mobilisation sociale en faveur de la PF,
­ Le plaidoyer et la communication pour le changement de
comportement,
­ L’équipement des formations sanitaires en matériel
médicotechnique et, le suivi des prestataires sur le terrain,
­ La formation des prestataires en PF clinique,
6
­ L’organisation des semaines spéciales de PF.
Pour les activités propres du district, les activités ci-dessous ont été
menées :
 La mise en œuvre de la mesure de politique de gratuité des
prestations de PF entrepris par le gouvernement ;
 La subvention et la distribution à Base Communautaire (DBC) des
produits contraceptifs ;
 L’organisation des stratégies avancées pour l’offre des MCM ;
 L’intégration de la stratégie avancée PF au Programme Élargi de
Vaccination (PEV) ;
Malgré toutes ces actions le taux de prévalence contraceptive du DSK
reste en deçà du taux régional, mais surtout il reste très bas par rapport à
l’objectif de 30% visé par le district en 2017 [4] et, loin de l’objectif national
de 32% [11].
Ce constat nécessite des mesures fortes sinon on assistera à la
persistance des conséquences néfastes comme les grossesses non
désirées, les avortements clandestins et à risque, les grossesses
rapprochées, les complications pendant la grossesse et/ou
l’accouchement, qui vont alourdir le sombre tableau des décès maternels
et infantiles.
Plusieurs facteurs pourraient expliquer la faible utilisation des MCM dans
le DSK dont entre autres, l’influence des facteurs socioculturels
défavorables sur les MCM, l’insuffisance dans l’organisation des services
de PF, l’insuffisance des ressources humaines et matérielles et,
l’insuffisance des compétences des prestataires dans l’offre des services
de PF. C’est pour comprendre cette situation que nous avons jugé
opportun d’investiguer sur les facteurs expliquant le faible taux d’utilisation
des MCM dans le DSK, dans le but d’améliorer leur utilisation.

7
1.2. Justification de l’étude
Plusieurs raisons nous ont conduit à investiguer sur les facteurs expliquant
le faible taux d’utilisation des MCM dans le DSK.
1.2.1. Pertinence et intérêt personnel
Durant notre séjour en 2015 au DSK, nous avons été responsable de
maternité d’un centre de santé. Nous avons constaté que beaucoup de
femmes en âge de procréer (FAP) désiraient utiliser une méthode
contraceptive, mais vu leur contexte socioculturel et économique, elles
éprouvaient d’énormes difficultés pour s’en procurer. Aussi, nous avons
été marquée par le décès d’un nourrisson de treize (13) mois suite à la
malnutrition parce que la mère a fait un sevrage brutal pour grossesse non
désirée. Si cette femme avait utilisé une méthode contraceptive, elle aurait
pu planifier la naissance d’un autre bébé en temps voulu et aurait évité
cette tragédie, traumatisante pour elle et sa famille. Cette situation nous a
interpellé. C’est pourquoi nous avons décidé de saisir l’opportunité que
nous offre notre formation pour étudier les facteurs expliquant le faible taux
d’utilisation des MCM dans le DSK.
1.2.2. Pertinence scientifique
Nombreuses études sur la PF ont été menées au Burkina Faso. Cependant
la production scientifique sur le sujet dans le DSK est pauvre. C’est
pourquoi notre étude serait judicieuse et guiderait les autorités sanitaires
et politiques de Koudougou à prendre des décisions diligentes pour
améliorer la prévalence contraceptive. Elle vise à donner aux différents
acteurs de la santé du DSK, des orientations sur les stratégies à
développer dans le but d’améliorer l’utilisation des MCM. Notre étude
constituera également une banque de données qui servira de références
aux autres chercheurs et étudiants qui voudront approfondir davantage
leurs connaissances sur ce sujet.

8
1.2.3. Pertinence sociale
Notre choix porté sur ce thème, s’explique par le fait que dans le DSK,
beaucoup de femmes sont réticentes à l’utilisation des MCM. Les
grossesses rapprochées augmentent le risque d’avortement et surtout le
décès des femmes. Ainsi, à l’issue de notre étude nous pensons proposer
un plan de communication, qui, mis en œuvre va amener les FAP à adhérer
à l’utilisation des MCM. La mise en œuvre de ce plan pour une mobilisation
sociale autour de la PF va booster l’utilisation des MCM et par ricochet
améliorer la qualité de vie des femmes, des enfants, des familles et de
toute la communauté.

1.3. Question de recherche


Quels sont les facteurs expliquant le faible taux d’utilisation des méthodes
contraceptives modernes dans le district sanitaire de Koudougou ?

1.4. Hypothèses de recherche


 L’insuffisance de compétences des prestataires dans l’offre des
services explique le faible taux d’utilisation des méthodes
contraceptives modernes dans le district sanitaire de Koudougou ;
 L’insuffisance des ressources explique le faible taux d’utilisation des
méthodes contraceptives modernes dans le district sanitaire de
Koudougou ;
 Les facteurs socioculturels défavorables liés aux femmes en âge de
procréer, expliquent le faible taux d’utilisation des méthodes
contraceptives modernes dans le district sanitaire de Koudougou ;

1.5. But de l’étude


Contribuer à l’amélioration du taux d’utilisation des méthodes
contraceptives modernes dans le district sanitaire de Koudougou.

1.6. Objectif général


Étudier les facteurs qui expliquent le faible taux d’utilisation des méthodes
contraceptives modernes dans le district sanitaire de Koudougou.
9
1.7. Objectifs spécifiques
 Apprécier les compétences des prestataires dans l’offre des
méthodes contraceptives modernes dans le district sanitaire de
Koudougou ;
 Apprécier la disponibilité des ressources pour l’offre des méthodes
contraceptives modernes dans le district sanitaire de Koudougou ;
 Identifier les facteurs socioculturels qui expliquent le faible taux
d’utilisation des méthodes contraceptives modernes dans le district
sanitaire de Koudougou ;
 Recueillir les difficultés et les suggestions des enquêtés sur
l’utilisation des méthodes contraceptives modernes dans le district
sanitaire de Koudougou.
 Formuler des recommandations/suggestions pour plus d’utilisation
des méthodes contraceptives par les femmes en âge de procréer
dans le district sanitaire de Koudougou.

10
CHAPITRE II :
CONCEPTUALISATION DE
L’ÉTUDE
2.1 Revue de la littérature
La question de la PF constitue un défi majeur pour les autorités nationales
et internationales. Ainsi nous avons eu recours à des documents pour
conforter nos connaissances sur la question. La présente revue de la
littérature est le compte rendu de la documentation explorée et elle est
présentée de la façon suivante :
 Définition opérationnelle des concepts à l’étude ;
 Généralités sur la planification familiale ;
 Résumé et analyse critique des études antérieures.
2.1.1 Définition des concepts
Dans cette section nous avons défini de façon opérationnelle les concepts
afin d’avoir une compréhension univoque de ces derniers.
 Facteurs expliquant
Selon OUÉDRAOGO F., les facteurs expliquant sont définis comme
l’ensemble des éléments qui permettent de comprendre, de justifier et de
donner les raisons scientifiques de la faible prévalence contraceptive [12].
Pour NABALOUM I., les facteurs expliquant constituent l’ensemble des
éléments qui permettent de comprendre, de justifier et d’établir un
raisonnement scientifique de la faible utilisation des MLDAR [13].
Ces deux définitions issues d’auteurs différents, exprimées en des termes
différents indiquent la même signification en ce sens que pour ces auteurs,
les facteurs expliquant consistent à justifier l’existence ou la survenue d’un
phénomène de santé.
Pour nous, les facteurs expliquant constituent l’ensemble des éléments qui
clarifient et justifient de façon rationnelle et scientifique la faible utilisation
des méthodes contraceptives modernes.
 Compétences des prestataires
Selon GUY LE BOTERF, « la compétence est de l’ordre du savoir
mobiliser » [14].

12
Pour l’Organisation de Coopération et de Développement
Economiques (OCDE), la compétence « c’est la capacité de faire quelque
chose » [15].
Ces deux définitions ont une appréhension différente de la compétence.
La première fait allusion à des ressources afin d’acquérir la compétence
alors que la seconde a une approche très vague de la compétence.
Pour nous, la compétence est l’ensemble des connaissances théoriques,
des attitudes et des aptitudes que possèdent les prestataires de santé afin
d’offrir des prestations de qualité en matière de PF à une cliente.
 Ressources
Pour le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales
(CNRTL), les ressources désignent un moyen qui permet de se tirer
d’embarras ou d’améliorer une situation difficile [16].
THIOMBIANO D.J., dans son étude sur la PCIME considère les
ressources comme l’ensemble des prestataires formés, la disponibilité du
matériel médicotechnique, les supports de prise en charge, les
médicaments et les vaccins, un local pour Traitement par la Réhydratation
Orale [17].
Ces deux définitions se rejoignent parce que mettent l’accent sur les
moyens c’est-à-dire les ressources matérielles ou humaines afin
d’entreprendre des activités pour résoudre des situations problématiques.
Pour la présente étude, les ressources constituent l’ensemble des moyens
humains, matériels et temporels nécessaires que dispose une structure
pour offrir des prestations de qualité aux utilisatrices des MCM.
 Facteurs socio-culturels
Selon DABIRE L., un facteur socio-culturel est toute caractéristique
culturelle et sociale qui définit la société dans ses interprétations et ses
représentations pouvant influencer l’utilisation des MLDAR [18].

13
Pour ZERBO H., les facteurs socioculturels sont des éléments en relation
avec la femme elle-même, son environnement social et culturel qui pourrait
déterminer la survenue de l’abandon des MLDAR [19].
Ces définitions sont identiques en ce sens qu’elles indexent le milieu
comme élément déterminant le mode de vie et de conceptions des
femmes, influençant ainsi leur choix d’adopter ou non une MCM.
Dans notre cas, les facteurs socio-culturels désignent l’ensemble des
conceptions, des représentations et des croyances des FAP ayant un
impact positif ou négatif sur l’usage des MCM.
2.1.2 Généralités sur la planification familiale
 Définition de la planification familiale
Selon l’OMS, la planification familiale permet aux populations de faire le
nombre souhaité d’enfants et de déterminer le temps nécessaire pour
l’espacement des naissances. Elle consiste à utiliser des méthodes
contraceptives [20].
Pour le Ministère de la Sante du Burkina Faso, la PF est définie comme
l’ensemble des mesures techniques, psychologiques, éducatives qui
permettent aux couples et aux individus d’atteindre certains buts en
fonction de leurs possibilités et de leurs désirs afin de favoriser les
naissances désirées ; d’espacer les naissances ; d’éviter les grossesses
non désirées ; de déterminer le nombre d’enfants qu’ils souhaitent. [21]
 Définition des méthodes contraceptives modernes
Selon l’OMS, c’est l’utilisation d’agents, de dispositifs, de méthodes ou de
procédures pour diminuer la probabilité de concevoir ou l’éviter [22].
 Types de méthodes contraceptives
Plusieurs méthodes contraceptives sont utilisées en fonction des besoins
exprimés. Il s’agit de :
 Les méthodes traditionnelles : il s’agit notamment de la séparation du
couple, l’abstinence totale, la cordelette magique.

14
 Les méthodes naturelles : Ce sont des méthodes qui se basent sur la
physiologie de l’appareil génital de la femme. Il s’agit des méthodes des
jours fixes (collier), la MAMA, le calendrier, la température, la glaire
cervicale.
 Les méthodes de barrières : Ce sont des méthodes qui empêchent le
contact du sperme avec les liquides biologiques de la femme.
 Les méthodes hormonales : Ce sont des méthodes qui font intervenir
des produits tels que les pilules, les injectables, les implants sous
cutanés, les anneaux vaginaux afin d’éviter la survenue d’une
grossesse.
 Le Dispositif Intra Utérin (DIU). C’est un petit appareil en plastique
flexible que l’on insère dans la cavité utérine de la femme.
 La Contraception Chirurgicale Volontaire (CCV) : C’est une méthode de
type irréversible et nécessite une intervention chirurgicale. Cette
méthode concerne la vasectomie chez l’homme, la ligature des trompes
chez la femme [21].
 Avantages de la planification familiale
Les avantages des MCM sont multiples :
 Avantages d’ordre sanitaires : contribution au moins 30% à la réduction
de la mortalité maternelle, la baisse des complications dues à la
grossesse et à l’accouchement, la diminution des avortements
provoqués, baisse de la mortalité et de la morbidité infantile, diminution
du taux de grossesse précoces, amélioration de l’état nutritionnel.
 Avantages d’ordre démographiques : Harmonisation du rythme de la
croissance démographique et des besoins de la population,
espacement des naissances.
 Avantage d’ordre socio- économiques et culturelles : amélioration de la
qualité de la vie, libération de la femme pour les tâches productives,
réduction de la pauvreté, accessibilité aux emplois [21].

15
 Effets secondaires des méthodes contraceptives modernes
Les MCM présentent quelques effets secondaires mais qui sont
généralement résolus par une prise en charge efficace. De ces effets
secondaires nous pouvons évoquer les amaigrissements, la prise de poids,
l’aménorrhée non gravidique, le spotting et l’irrégularité des règles [21].
 Différents lieux d’offre des méthodes contraceptives modernes
Les MCM sont offertes dans plusieurs structures que sont :
 Les structures sanitaires périphériques (CSPS/CM) : Ces structures
offrent les pilules, les injectables, le DIU, les implants, les préservatifs.
 Les structures sanitaires secondaires, tertiaires et officines (CHU, CHR,
CMA, CLINIQUES) : Elles offrent la CCV, le DIU, les implants, les
pilules, les injectables etc.
 La communauté (la Distribution à Base Communautaire : DBC) : elle
offre les pilules et les préservatifs à la communauté.
 PNA PF 2017-2020 du Burkina-Faso
C’est un document conçu par le Ministère de la Santé à travers la Direction
de la Santé de la Famille. C’est un outil qui s’inscrit dans la vision
stratégique du Burkina Faso pour l’amélioration de la prévalence
contraceptive moderne et vise une prévalence contraceptive de 32% d’ici
à 2020 [11].
 Prestations ou activités en planification familiale
 Le conseil ou le counseling
C’est un entretien en tête à tête dans un endroit calme, entre un client ou
un couple demandeur et un conseiller au cours duquel ce dernier aide le
client ou le couple à comprendre, analyser son problème de santé
reproductive et choisir une solution libre et éclairée pour le résoudre. Il
permet d’établir et de maintenir un dialogue basé sur la confiance.
Avant l’offre des MCM, le counseling doit être réalisé car il accroît
l’acceptation, favorise l’utilisation efficace, améliore la continuation,
augmente la satisfaction du client et dissipe les rumeurs et les fausses

16
idées. L’approche BERCER ou le REDI est utilisée pour la conduite du
counseling. Dans notre étude, nous avons utilisé BERCER car il est le plus
connu des prestataires. Ses différentes étapes sont :
B = Bienvenue (bon accueil, mise à l’aise)
E = Entretien (écoute attentive et active)
R = Renseignements
C = Choix/décision claire
E = Explications /instructions sur la méthode choisie
R = Rendez-vous [23]
 Causerie de groupe
Elle est une technique d’animation de groupe qui consiste en un entretien
interactif entre un animateur et un groupe de personnes (15 à 20) visant à
sensibiliser ce groupe de personnes sur un problème qui le concerne pour
un changement ou un renforcement de comportement [23].
 Examen clinique /gynécologique ou bilan de la cliente
C’est un processus permettant au prestataire de savoir si la cliente ou le
couple est apte à recevoir une méthode contraceptive. Ses objectifs sont
entre autre de vérifier l’existence ou non d’une grossesse, vérifier
l’existence ou non de précautions particulières à prendre, vérifier
l’existence de problèmes spéciaux nécessitant un dépistage
supplémentaire ou un suivi régulier [23].
 Dépistage et prise en charge des Infections Sexuellement
Transmissibles (IST) et du VIH/SIDA
Les activités de la planification familiales ne se limitent pas seulement à
l’offre des méthodes contraceptives. Elle sert également à dépister les
Infections Sexuellement Transmissibles (IST). Les IST sont des infections
transmises par voie sexuelle. Cependant certaines d’entre elles peuvent
être contractées par d’autres voies (sanguine, ou materno-fœtale). Le
dépistage est fait lors de l’examen clinique de la cliente [23].

17
 L’offre des méthodes contraceptives
Il s’agit notamment de la prescription des méthodes contraceptives,
prescription des méthodes naturelles (MAMA, MJF), pose ou retrait DIU,
pose ou retrait implant, administration des injectables, prescription ou
réapprovisionnement des pilules, prescription des méthodes de barrières,
contraception chirurgicale volontaire, référence / contre référence, gestion
des produits contraceptifs [23].
 Suivi des clientes
Cette activité consiste à accueillir la cliente, vérifier l’utilisation de la
méthode, vérifier le niveau de satisfaction, s’informer sur les éventuels
problèmes et y apporter des solutions, expliquer à la cliente de revenir en
cas de besoin, négocier un rendez-vous précis pour le suivi [23].
 Distribution à Base Communautaire (DBC)
Depuis 2009, le Ministère de la Santé a entamé la contractualisation avec
les ONG pour mettre en place les services de distribution à base
communautaire (DBC) des contraceptifs et ainsi rendre les produits
contraceptifs et l’information sur la PF disponibles et accessibles partout
dans le pays, surtout dans les zones reculées où l’accès est difficile [11].
2.1.3 Résumé et analyse critique des études antérieures
Dans cette partie de notre travail, nous nous sommes intéressés à
quelques études ayant traité de l’utilisation des méthodes contraceptives
modernes et les résultats auxquels ces auteurs sont parvenus.
 La compétence des agents de santé
OUEDRAOGO F., a mené une étude transversale à visée descriptive en
2016 sur le thème « Étude des facteurs expliquant la faible prévalence
contraceptive dans le district sanitaire de Boussé ». L’étude a porté sur 287
FAP et 36 prestataires. Elle a utilisé comme méthode l’enquête. L’auto
administration du questionnaire, l’observation et l’entretien ont été utilisés
comme techniques pour la collecte des données. Il ressort de cette étude
que de l’appréciation générale de la conduite du counseling par les 36

18
prestataires, 6 agents soit 16,66 n’ont pas obtenu le Seuil Acceptable de
Performance (SAP) de 80%. Aussi, sur le plan cognitif, 35 agents soit
97,22% n’ont pas pu donner les critères d’éligibilité à la PF, 35 agents soit
91,66 n’ont pas pu donner les différentes composantes de la PF et 25
agents soit 69,44% n’ont pas pu citer les groupes cibles de la PF. L’auteur
conclut que l’insuffisance de compétence est un facteur défavorable à
l’utilisation des méthodes contraceptives [12]. Outre ces deux aspects
étayant l’insuffisance de compétence des prestataires nous avons exploré
les aptitudes des prestataires sur l’insertion des Méthodes à Longue Durée
d’Action Réversible (MLDAR).
OUEDRAOGO W. A., a mené en 2018 une étude transversale à visée
descriptive sur les « Déterminants de la faible utilisation du Dispositif Intra-
Utérin du Postpartum (DIUPP) au centre hospitalier Universitaire Régional
de Ouahigouya ». Cette étude a concerné 123 femmes en postpartum et
33 prestataires. Elle a utilisé l’enquête comme méthode. L’auteur a fait
recours au questionnaire, l’entretien, et l’observation comme techniques
de collecte de donnée. Selon l’auteur, sur les 123 accouchées 12 soit
9,75% ont inséré le DIUPP [24].
Dans notre étude, nous avons pris en compte l’offre de toutes les MCM
parce qu’il existe plusieurs types de méthodes et que la femme a le droit
de choisir la méthode qu’elle désire après un bon counseling selon
BERCER.
 Les ressources
YAMBRE W.D., a mené en 2018, une étude transversale à visée
descriptive sur les « Déterminants de la faible utilisation des méthodes
contraceptives modernes par les femmes en âge de procréer dans le
district sanitaire de Koupéla » L’étude a porté sur 221 FAP. La méthode
utilisée était l’enquête. Le guide d’entretien individuel, le questionnaire auto
administré, la liste de vérification, ont été les techniques de collecte de
données. Il ressort de cette étude que sur l’ensemble des 10 CSPS

19
enquêtés, 32,22% d’entre eux ne disposaient pas des intrants
contraceptifs. Ces CSPS ne disposaient pas de boites d’insertion et de
retrait jadelle, de tensiomètres et de pèse personnes. Les prestataires
ayant le profil requis pour l’offre des MLDAR (SFE/ME, IDE) représentaient
45%. Il conclut que l’insuffisance des ressources matérielles et humaines
impactent négativement sur l’offre des MCM [25].
Cependant, nous avons remarqué que l’auteur n’a pas abordé la ressource
temporelle, variable que nous avons prise en compte dans la nôtre.
ADA M. M., en 2015 a conduit une étude transversale à visée descriptive
portant sur les « Déterminants de la faible utilisation des services de
planning familial dans le district sanitaire de Dourbali » au Tchad.
L’enquête a été utilisée comme méthode et les techniques sont l’auto
administration du questionnaire, l’observation et l’entretien. Quant aux
instruments, il a utilisé un guide d’entretien, un questionnaire auto
administré et une liste de vérification. L’auteur affirme que les prestataires
habilités à offrir les MCM sont les médecins, les SFE, les IDE et les Agents
Techniques de Santé (ATS) [26]. La variable ressources humaine n’a pas
été investiguée totalement dans toutes ses composantes à cause des
contextes qui sont différents. Dans notre étude en plus de cette catégorie
de personnel nous avons considéré les Infirmiers Brevetés (IB), les
Accoucheuses Brevetés (AB), les Agents Itinérants de Santé (AIS) et les
Accoucheuses Auxiliaires (AA) qui offrent au Burkina Faso des prestations
en planification familiale.
 Les facteurs socio-culturels
GOMGNOUBOU Y., en 2010 a mené une étude transversale à visée
descriptive sur « Etude des facteurs expliquant la faible utilisation des
méthodes contraceptives modernes dans le district sanitaire de Kaya ». La
méthode utilisée était l’enquête. Les techniques étaient le questionnaire et
l’observation. Pour la collecte de ses données, il a eu recours au
questionnaire auto administré, une grille d’observation et une grille

20
d’appréciation. Les résultats ont révélé que sur 60 prestataires enquêtés,
56,67% n’ont pas pu définir la PF et, 76,66% ont affirmé qu’il existait des
attitudes et des pratiques traditionnelles qui entravaient l'utilisation des
MCM. Aussi, 23,34% des FS n’offraient pas tous les jours les services de
PF et 60% des prestataires n’ont pas tenu de réunion au cours du premier
semestre [27]. Il conclut que le manque de compétences des prestataires
et l’organisation du service ne favorisent pas l’utilisation des MCM par les
femmes. Cependant, il n’a pas apprécié les connaissances et la perception
de ces dernières sur les MCM. Nous avons tenu compte de ces aspects
dans notre étude.
SAWADOGO W., a mené en 2017 une étude sur les « facteurs limitant
l’utilisation des méthodes contraceptives modernes chez les femmes en
âge de procréer dans le district sanitaire de Kongoussi » [28]. Il s’est agi
d’une étude transversale à visée descriptive qui a concerné 349 FAP. Elle
a utilisé comme méthode l’enquête et, les techniques pour la collecte des
données sont l’auto administration du questionnaire, l’entretien et
l’observation. Les instruments utilisés sont constitués de questionnaire
auto administré, de guide d’entretien individuel et de liste de vérification.
Dans cette étude l’auteur a apprécié les caractéristiques
sociodémographiques comme l’âge, le statut matrimonial, le niveau
d’instruction, l’occupation des femmes enquêtées. Il conclut que certains
facteurs sociodémographiques affectent l’utilisation des MCM. Dans notre
étude en plus de ces éléments, nous avons abordé les aspects comme la
religion des femmes, le nombre d’enfants, le statut des femmes en âge de
procréer vis-à-vis des MCM.

2.2. Cadre de référence


Au regard des éléments explorés, nous pouvons dire que l’utilisation des
MCM qui est notre variable dépendante, résulte de l’interaction de trois (03)
variables indépendantes qui sont :
 Les compétences des prestataires de santé ;
21
 Les ressources ;
 Les facteurs socio-culturels.
2.2.1. Opérationnalisation des variables
Elle porte sur les variables indépendantes de notre étude.
 Compétences des prestataires
Pour explorer les compétences des prestataires, nous les avons
décomposées par les éléments suivants : la connaissance des
prestataires, les attitudes des prestataires dans la conduite du counseling
selon BERCER et, les aptitudes des prestataires dans l’offre des MLDAR.
 Connaissances des prestataires
 Acronyme BERCER
La connaissance de l’acronyme BERCER est indispensable pour une
bonne conduite du counseling. Ainsi, nous avons demandé aux
prestataires de donner la signification de l’acronyme BERCER. Un Niveau
Acceptable de Performance (NAP) est atteint si 80% des prestataires
arrivent à donner le sens du sigle BERCER.
 Objectifs du PNA PF 2017-2020 et du district
Le prestataire d’un service de PF doit connaitre l’objectif du PNA PF et
celui du district ou il officie. Nous avons demandé aux prestataires de
donner les objectifs du PNA PF 2017-2020 et celui du district. Le NAP est
atteint si 80% des prestataires arrivent à donner ces objectifs.
L’appréciation des attitudes et des aptitudes des prestataires est aussi
nécessaire et a porté sur la conduite du counseling selon BERCER et
l’observation de l’insertion des MLDAR.
 Attitude des prestataires dans la conduite de counseling
La maitrise du counseling est indispensable car permet aux femmes d’avoir
toutes les informations sur les MCM afin de faire un choix éclairé. Nous
avons vérifié le suivi des séquences du counseling selon BERCER par les
prestataires. Un Seuil Acceptable de Performance (SAP) est fixé à 80%.

22
 Aptitude des prestataires dans l’insertion des MLDAR
Nous avons observé la pratique des prestataires dans l’insertion des
MLDAR. Les éléments opérationnels sont le respect de la chronologie des
étapes de pose des MLDAR et le respect de la Prévention et du Contrôle
de l’Infection. Le SAP est atteint si 80% des prestataires arrivent à suivre
toutes les étapes de pose des MLDAR.
 Activités de soutien aux compétences
 Formation
Le secteur de la santé est dynamique. La formation permet de renforcer
les compétences des prestataires en PF en les amenant à adapter leurs
pratiques aux nouvelles approches et techniques en matière de santé.
Nous avons considéré que le prestataire est formé s’il a bénéficié d’une
formation en PF clinique durant les trois (03) dernières années.
 Supervision
Cette activité vise à améliorer la compétence des prestataires en matière
d’offre des MCM. Nous avons voulu connaitre le nombre de supervision
réalisées au cours de l’année 2018 sur la PF par l’Equipe Cadre du District
(ECD) du DSK ainsi que le profil des superviseurs. Nous avons vérifié aussi
l’existence de rapports qui documentent ces supervisions.

 Ressources et infrastructures pour l’offre de la PF


Nous avons apprécié les ressources à travers les dimensions suivantes :
les ressources humaines, les ressources matérielles, la ressource temps.
 Les ressources humaines
Les services de PF doivent disposer de personnels compétents pour l’offre
des MCM. Ainsi, nous avons vérifié les caractéristiques des prestataires
comme le sexe, la qualification des prestataires ainsi que leur ancienneté
dans le poste de travail.
 Ressources matérielles
L’offre des MCM exige la présence d’un certain nombre de ressources
matérielles dans les services PF. Nous avons exploré cette dimension à
23
travers : infrastructures pour la PF ; équipée de matériel médicotechnique,
des intrants contraceptifs et des consommables.
 Infrastructures pour la PF
Nous avons vérifié un certain nombre d’éléments qui sont nécessaires pour
assurer le confort des utilisatrices. Cette variable se décline en modalité
suivantes : une salle spécifique de PF comportant une table ou un bureau
de consultation et au moins 02 chaises, une table d’examen, un rideau, un
traverse ou para-avant, une fenêtre extérieure loin des écoutes, une
source de lumière. Le NAP est atteint si 80% des FS disposent de ces
éléments ci-dessus cités.
 Matériel médico technique
L’offre des services des MCM est réalisable dans la mesure où le matériel
médicotechnique est disponible en salle de PF : un Tensiomètre, une Pèse
personne, une boite d’insertion DIU, une boite d’insertion jadelle, une boite
retrait implant, une boite retrait DIU, une lampe baladeuse. Un NAP de
80% est attendu pour cette variable.
 Les intrants et consommables
Les intrants sont les produits nécessaires à l’administration des MCM.
Nous avons vérifié la disponibilité des intrants et les consommables. Le
NAP est atteint si 80% des FS disposent de tous les intrants et
consommables selon leur niveau d’offre de Paquet Minimum d’Activité.
 Fonctionnement des services de DBC
Le bon fonctionnement des services de DBC de contraceptifs permet
d’améliorer l’utilisation des MCM. Nous avons voulu savoir le degré de
satisfaction des responsables des maternités ou des ICP sur le
fonctionnement de ces services de DBS selon les modalités suivantes :
peu satisfaisant, satisfaisant, très satisfaisant. Le NAP est atteint si 80%
des responsables jugent les DBS satisfaisants.

24
 Ressource temps
Nous avons apprécié la ressource temps à travers la composante : temps
d’attente des clients mais aussi la continuité des services PF.
 Temps d’attente des bénéficiaires
Nous avons apprécié le temps d’attente des utilisatrices c'est-à-dire de leur
arrivée à leur sortie de la salle PF après l’offre de service. Il est jugé par
les FAP à travers les indicateurs suivants : court, moyen et long. Le NAP
est acceptable si 80% des FAP jugent court le temps d’attente.
 Continuité des services PF
Nous avons vérifié la disponibilité des prestations en PF à tous les
moments de la journée (permanences, gardes, même les jours non
ouvrables). Le NAP est atteint à 80% si les activités de PF sont continues
dans les FS.

 Facteurs socio-culturels
 Caractéristiques sociodémographiques
 Age
L’âge est une variable qui détermine l’utilisation des MCM. Nous avons
regroupé l’âge des femmes selon les modalités suivantes : [15-20[ans, [20-
25 [ ans, [25-30[ ans, [30-35[ ans, [35-40[ ans, [40-45[ ans, [45-49] ans.
 Niveau d’instruction
Le niveau d’instruction de la femme peut déterminer l’utilisation ou non des
MCM. L’alphabétisation ou la scolarisation permettrait aux femmes d’avoir
plus d’informations sur leurs droits, leur sexualité et sur les méthodes
contraceptives. Cette variable est classée en cinq modalités que sont : Non
alphabétisé, Alphabétisé, Primaire, Secondaire, Supérieur. Les FAP sont
suffisamment instruites si elles ont au moins le niveau primaire.
 Principale occupation
L’activité économique peut avoir un impact sur l’utilisation des MCM. Celles
qui exercent des activités génératrices de revenus ont plus de pouvoir
d’achat et sont mieux disposées à l’utilisation des MCM dans le but de
25
pérenniser leurs activités. Nous avons identifié l’occupation principale de
la femme, que nous avons classée selon les modalités ménagère,
commerçante, élève/étudiante, fonctionnaire, autres.
 Nombre d’enfants
Le recours d’une femme à la contraception peut varier en fonction du
nombre de ses enfants. Ainsi, nous avons voulu connaitre le nombre
d’enfants par femme, puis nous avons regroupé le nombre en : 0 enfant,
[1-3] enfants, [4-6] enfants, 7enfants et plus.
 Statut matrimonial
Nous avons identifié la situation matrimoniale de la femme en quatre
modalités que sont : femme mariée, célibataire, divorcé et veuve.
 Religion
La religion peut influencer considérablement l’utilisation des MCM. Nous
avons identifié l’appartenance religieuse de la femme suivant les aspects
suivants : animiste, chrétienne, musulmane.

 Les connaissances des FAP sur les MCM


Les connaissances constituent la somme des informations que pourraient
avoir toutes les FAP sur les MCM. Nous avons apprécié les éléments
suivants :
 Définition des MCM par les FAP
La connaissance de la définition des MCM peut influencer leur utilisation.
Nous avons demandé aux FAP de nous définir les MCM. Le NAP est atteint
si 70% des femmes arrivent à définir la PF en faisant ressortir les termes
prise de produits pour : espacer les naissances, ne pas tomber enceinte,
éviter les grossesses non désirées, avoir le nombre d’enfants désiré.
 Avantages des MCM
La connaissance des avantages des différents MCM par les femmes peut
favoriser leur utilisation. Ainsi, nous avons demandé à la femme de citer
les avantages des MCM qu’elle connait. On retient que la femme connait
les avantages si elle parvient à en citer trois en faisant ressortir les
26
avantages en rapport avec la santé, la démographie et les avantages
socioéconomiques ce qui correspond à un NAP de 70%.
 Effets secondaires
Les MCM présentent des effets secondaires qui doivent être connus par
les utilisatrices afin de minimiser les rumeurs et les abandons. Nous avons
demandé à la FAP de citer les effets secondaires des MCM. La femme
connait les effets secondaires si elle arrive à citer les amaigrissements, la
prise de poids, l’irrégularité des règles, le spotting et autres. Le NAP est
atteint si 70% des femmes arrivent à citer au moins trois effets secondaires.

 Perception des FAP sur les MCM


La société a une représentation de la PF. La perception que les FAP ont
des MCM peut déterminer leur utilisation. Nous avons recueilli les
perceptions des FAP sur les MCM : Nous avons demandé aux femmes si
les MCM sont bonnes ou mauvaises.
 Statut vis-à-vis des MCM
Nous avons vérifié le statut des FAP vis-à-vis des MCM : utilisatrice
actuelle, abandon ou jamais utilisée. Les raisons des abandons et de celles
n’ayant jamais utilisé les MCM ont été recherchées.

 Relation entre les variables


 Relation entre les variables indépendantes et la variable
dépendante
L’utilisation des MCM est retenue comme la variable dépendante. Elle subit
l’influence des variables indépendantes que sont les compétences des
prestataires, les ressources et les facteurs socioculturels liés aux femmes
en âge de procréer.
 Relation entre les compétences des prestataires et l’utilisation
des MCM
La compétence des prestataires influence l’utilisation des MCM. Un
prestataire compétent offre des services de qualité aux femmes. La

27
compétence permet également d’attirer les clientes grâce aux prestations
de qualité offertes.
 Relation entre les ressources disponibles et l’utilisation des
MCM
Les ressources favorisent l’offre des MCM. Si les ressources sont
disponibles cela permet de satisfaire les besoins des FAP en matière de
PF et favorise une bonne utilisation des MCM. La ressource est un élément
indispensable pour offrir des prestations de qualités.
 Relation entre les facteurs socioculturels et l’utilisation des
MCM
Les facteurs socioculturels peuvent avoir un impact négatif sur l’utilisation
des MCM du fait que les femmes n’ont pas de pouvoir de décision et elles
ont des valeurs sociales dont elles ne peuvent se débarrasser. Un
environnement socio culturel favorable permet une bonne utilisation des
MCM tel qu’un bon niveau d’instruction de la femme, un pouvoir de
décision effectif.

 Relation entre les variables indépendantes


Outre la relation que les variables indépendantes entretiennent avec la
variable dépendante, il existe une interrelation entre elles.

Il existe une influence de la compétence des prestataires sur les facteurs


socioculturels. En effet, si les prestataires sont compétents dans l’offre des
MCM, ils pourront agir sur les facteurs socioculturels défavorables en
dissipant les rumeurs et les informations erronées. Ainsi, la compétence
des prestataires de PF peut améliorer par exemple le niveau de
connaissances des FAP et leur attitude sur les MCM.
Il y a une influence entre la compétence des prestataires et les ressources
et vice versa. La compétence permet d’améliorer la gestion et l’entretien
des ressources afin d’optimiser l’offre des MCM. La disponibilité des
ressources par ailleurs renforce la compétence des prestataires. En effet

28
sans les ressources, le prestataire ne pourra pas offrir des prestations de
qualités.
Il y a une influence des ressources sur les facteurs socioculturels. Une
bonne disponible des ressources favorise l’utilisation des MCM par les
femmes La disponibilité des ressources permet de satisfaire la demande
des femmes en les évitant de se déplacer vers d’autres structures.
De la relation d’interdépendance entre les variables, nous avons
synthétisé notre description à travers le graphique ci- dessous :

29
2.2.2. Schéma du cadre conceptuel

Compétence des Facteurs


prestataires socioculturels liés
 Connaissances aux FAP
sur :  Caractéristique
s socio
- Objectif du PNA-PF
démographies
2017-2020
- Age
- Objectif du district
- Niveau d’instruction
- Acronyme BERCER
- Principale occupation
 Attitude
- Nombre d’enfants
- Conduite du
- Statut matrimonial
counseling selon
Utilisation des - Religion
BERCER
Méthodes  Connaissances
 Aptitude
Contraceptives des femmes
- Maitrise de la
Modernes sur la PF
technique d’insertion
- Définition des MCM
des implants et du DIU
- Avantages des MCM
 Activités de
- Effets secondaires
soutien aux
des MCM
compétences
 Perception des
- Formation
femmes sur les
- Supervision
MCM
- Statut des femmes
vis-à-vis des MCM

Disponibilité des ressources


 Ressources  Ressources  Ressource
humaines matérielles temps
- Sexe - Infrastructure pour la PF - Temps d’attente
- Qualification - Intrants et consommables - Continuité du
professionnelle - matériel médicotechnique service
- Ancienneté dans le - Fonctionnalité des DBS
poste - Disponibilité des rapports
d’activité

Légende
Relation entre la variable dépendante et les variables indépendantes :
Relation entre les variables interdépendantes

Figure 1 : Schéma du cadre conceptuel 30


CHAPITRE III :
PRÉSENTATION DU MILIEU
DE L’ÉTUDE
3.1. Brève description du Burkina Faso
Situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso, pays continental,
s’étend sur une superficie de 274 000 km2. Il est limité au nord et à l’Ouest
par le Mali, à l’est par le Niger et au sud par le Bénin, le Togo, le Ghana et
la Cote d’Ivoire. Son climat est de type tropical avec une saison pluvieuse
d’environ cinq (5) mois (de mai en septembre) et une saison sèche
d’environ sept (7) mois (d’octobre à avril). Le Burkina Faso est subdivisé
en 13 régions, 45 provinces, 350 départements, 351 communes et 8228
villages. En 2010, la population était estimée à 15 730 977 habitants
(sources INSD, 2008). L’indice synthétique de fécondité (ISF) est de 6,2
pour l’ensemble du pays. Le revenu national brut par habitant est estimé
en 2008 à 1215§ US par an. Le Burkina Faso fait partie des pays les moins
avancés. Le taux d’alphabétisation est de 34,5% et celui de scolarisation
de 57,6% [29].
L’utilisation des méthodes contraceptives constitue un problème majeur
sur l’ensemble du territoire avec une prévalence contraceptive de 27,5%
en 2017 [3].

3.2. Cadre de l’étude


La région du Centre-Ouest constitue notre cadre d’étude. Elle fait partie
des 13 régions sanitaires que compte le Burkina Faso. Elle couvre une
superficie de 21 752 km2, avec une population estimée à 1 643 388
habitants en 2018. La région sanitaire est limitée au Sud par la république
du Ghana et la région du Centre -Sud ; au Nord par la région du Nord ; à
l’Est par les régions du Centre et du Plateau Central et à l’Ouest par les
régions de la Boucle du Mouhoun et du Sud-Ouest.
Sur le plan sanitaire la région compte sept (7) Districts Sanitaires (DS),
trois écoles de formations de santé. On dénombre 210 CSPS, deux (2)
CMA, trois (3) CM et un (1) CHR [30]

32
3.3. Champ de l’étude
Notre étude se déroule dans le district sanitaire de Koudougou.
3.3.1 Présentation géographique et administrative
Le DSK est situé dans la province du Boulkiemdé qui a pour chef-lieu
Koudougou. Il couvre sept (07) départements érigés en six (6) communes
rurales et une (1) commune urbaine avec 91 villages administratifs. Le
district sanitaire de Koudougou couvre une superficie de 1 949 km² et est
limité à l’est par le district sanitaire de Boulmiougou, à l’ouest par le district
sanitaire de Tenado ,à l’Ouest et au Nord par le district sanitaire de Réo,
au nord-est par le district sanitaire de Nanoro, au sud par le district sanitaire
de Sabou, sud-est par le district sanitaire de Saponé [31].
3.3.2 Données démographiques
En 2018, la population du DSK était estimée à 394582 habitants avec une
densité de 202 habitants au km² et un taux d’accroissement de 2,72% [31].
Le tableau ci-dessous donne la répartition de la population du DSK par
groupe cible en 2018.
Tableau I : Répartition de la population du district sanitaire par cible en
2018

Groupe cible Effectif


Population totale 405 085
Femmes en âge de procréer (FAP) 100 621
Grossesses attendues 23 050
Accouchements attendus 19 209
Enfants de 12-59 mois 55 694
Enfants de 0-11mois 15 676
Enfants de 0-59 mois 71 370
Enfants de 0-9mois 13 280
Population de 0-15ans 185 877

Source : Plan d’action 2019 du District Sanitaire de Koudougou

33
3.3.3 Données économiques
Les principales activités de la population de la province de Boulkiemdé sont
l’agriculture et l’élevage. Le commerce est développé surtout dans les
villes et les chefs-lieux de commune.
 Commerce, Industrie
Le commerce y est développé de façon informelle avec très peu de
femmes dont les activités principales sont surtout l’achat et la vente de mil,
de légumes et de fruits. Certaines par contre, s’adonnent à la vente de
poterie surtout dans les communes de Poa et de Kokologho. Au niveau de
la ville de Koudougou, le commerce est développé. Le secteur industriel
est très peu développé et compte quelques unités industrielles (la
SOFITEX, les unités de production de spiruline et de miel) [31].
 Agriculture et élevage
L’agriculture est la principale activité des populations de Koudougou. Elle
occupe 90% de la population totale. Elle est essentiellement de type
traditionnel et basée sur les cultures vivrières (mil, sorgho, maïs, riz). La
culture maraîchère est très développée. Quant à l’élevage, il constitue la
deuxième principale activité de la province [31].
3.3.4 Données socioculturelles
Sur le plan culturel, le Boulkiemdé possède un patrimoine très varié. Ce
qui le hisse parmi les provinces riches en activités culturelles : nuits
atypiques de Koudougou (NAK), Stars Révélation, Festi-Rire-Humour,
Journée des Communautés, Festival de Musique Traditionnelle [31].
 Ethnies
La population du district de Koudougou est essentiellement composée de
Mossi, de Gourounsi, de San, de Peulh, de Bissa, de Bobo et de Dagara.
On y trouve également d’autres communautés africaines. Les principales
langues parlées dans la province sont le mooré 91,9%, le lyélé 2,7%, le
nuni (nounouma) 0,1%, le fulfuldé (ou peulh) 0,8%, le dagara 0,1% et les
autres langues représentaient 4,5% [31].
34
 Rites, coutumes et interdits
Les rites et coutumes occupent une place importante dans la vie des
populations. Le district de Koudougou est une zone où les pratiques
néfastes à la santé de la femme et de l’enfant persistent : lévirat, excision,
sororat. Les interdits alimentaires comme la consommation d’œufs par les
enfants existent dans certains villages avec pour conséquences la
privation de certains aliments essentiels au développement des enfants et
aux femmes enceintes [31].
 Religion
Les religions rencontrées sont essentiellement le christianisme (45.30%),
l’islam (32.4%) et l’animisme (21.5%). Les autres religions comptent pour
0.5% et les sans religions 0.30% [31].
3.3.5 Données sanitaires
En 2019, le DSK compte 58 formations sanitaires (FS) publiques dont 03
CM, 55 CSPS. À côté de ces infrastructures publiques on note 12
infirmeries : 01 à la Maison d’Arrêt et de Correction de Koudougou (MACK),
02 infirmeries de garnison, 06 médico-scolaires, 02 de l’Office de Santé
des Travailleurs (OST) et 01 de l’université, 02 SMI dont 01 au niveau de
la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et 01 à l’ABBEF et, 15 structures
sanitaires confessionnelles et privées et 02 laboratoires d’examens
biomédicaux privés. Le district est « centré » sur un CHR qui est la
structure de référence [31].

3.3.6. Les ressources du district


 Ressources matérielles et équipements
De façon générale la logistique roulante est en mauvais état. La situation
de la chaîne de froid est globalement satisfaisante avec l’acquisition de
nouveaux réfrigérateurs et des Fridge-Tag en 2014. De ce fait tous les
centres de vaccination sont équipés de réfrigérateurs conformes de type
SIBIR. Grâce à l’État et à ses partenaires, les FS disposent d’un minimum
en matériel médico technique pour leur fonctionnement. Le réseau
35
téléphonique fixe couvre 09FS/58. La téléphonie mobile couvre l’ensemble
du DS, ce qui facilite la transmission de l’information [31].
 Ressources financières
Le DSK est financé essentiellement sous fonds propres, par le budget de
l’État et les fonds acquis avec les partenaires [31].
 Ressources humaines
En 2019 le DSK compte 546 agents de santé répartis comme suit :

Tableau II : Répartition du personnel du DSK en 2019

Emploi Effectif Normes


Médecins Généralistes 08 1/10000
Pharmaciens 02 -----
Administrateurs des hôpitaux 01 ------
Adjoints des Cadres Hospitaliers 04 ------
Attachés de Santé 04 -----
Préparateur d’État en pharmacie 01 -----
Infirmiers Diplômés D’Etat 89 1/5000
Sages-Femmes D’Etat 76 1/5000
Infirmiers Brevetés 47 -----
Accoucheuses Brevetées 10 1/5000
Agents Itinérants de Santé 127 1/1000
Accoucheuses Auxiliaires 151 1/3000
Garçons/Filles de salle 26 ------

Source : Fichiers du personnel du DSK 2019

36
CHAPITRE IV :
MÉTHODOLOGIE
4.1. Type d’étude
Notre étude est de type transversal à visée descriptive.

4.2. Population d’étude


La population d’étude est constituée :
 des formations sanitaires (FS) publiques du DSK ;
 des femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) du DSK ;
 des prestataires des services de PF du DSK ;
 des membres de l’équipe cadre du district (ECD).
Critères d’inclusion
Sont inclus dans cette étude :
 Formations sanitaires publiques assurant les prestations de PF
 Femmes en âge de procréer :
- N’êtant pas enceinte au moment de l’enquête ;
- Résidant dans le DSK depuis au moins trois (3) mois ;
 Prestataires des services de PF du DSK :
- Tout agent de santé offrant des prestations de PF.
- Exercant dans le district sanitaire depuis au moins trois (3) mois.

4.3 Méthode d’échantillonnage


4.3.1. Détermination de la taille de l’échantillon :
La population des FAP étant nettement supérieure à 10 000 habitants,
𝑍 2 𝑃𝑄
nous avons utilisé la formule de SCHWARTZ n = avec :
𝑑2

n= taille de l’échantillon,
z= écart réduit (1,96 pour α= 0,05),
P= taux d’utilisation des méthodes contraceptives en 2017= (0,1876)
q=1‐p = 1-0,1876=0,8124
d= marge d’erreur (0,05),
α=Seuil de signification de 5%

38
Application numérique :
n=(1.96)²*0,1876*0,8124/(0.05)²=234,19=234
Notre échantillon total est ainsi constitué de :
 234 FAP ;
 38 prestataires ;
 19 FS ;
 Un (1) membre de l’ECD.
Au total notre étude est constituée de 292 unités statistiques.
4.3.2. Echantillonnage
 Pour les formations sanitaires
Le DSK compte cinquante-huit (58) FS et toutes ces FS offrent les services
de PF. Compte tenu des contraintes de ressources, nous avons retenu
essentiellement le tiers des FS soit dix-neuf (19) FS pour notre étude. La
technique utilisée pour le tirage de l’échantillon des CSPS était le tirage
aléatoire simple sans remise jusqu’à l’obtention des 18 FS. Un choix
raisonné pour la maternité du Centre Médical de Koudougou parce que
c’est la FS de référence. Ce qui a donné un échantillon total de 19 FS. Un
village est choisi de façon aléatoire pour chaque FS pour l’enquête.
 Pour les femmes en âge de procréer
L’enquête s’est déroulée dans les villages où les FS ont été retenues pour
l’étude. Nous avons utilisé la technique du stylo. Une fois au village
concerné, nous avons identifié la concession de l’Agent de Santé à Base
Communautaire (ASBC) et nous avons jeté un stylo menu de capuchon.
En prenant le sens de la tête du stylo, nous avons commencé à enquêter
toutes les FAP présentes et répondant à nos critères d’inclusion de
concession en concession. Nous avons ainsi procédé jusqu’à l’obtention
de l’échantillon par village. Aucune femme n’a été recensée deux fois. Pour
le choix des femmes par village, nous avons fait une règle de trois afin
d’obtenir le nombre correspondant.

39
 Pour les prestataires
Deux méthodes ont été utilisées pour le choix des agents de santé. Il s’est
agi d’un échantillonnage raisonné du ou (de la) responsable de la SMI. À
défaut, c’est l’ICP qui a été retenu. Pour la conduite du counseling et de
l’insertion des implants et du DIU, c’est la méthode accidentelle qui a été
utilisée pour retenir le prestataire qui était de service.
Au niveau de l’ECD, le choix s’est porté de façon raisonnée sur la
Responsable de la Santé de la Reproduction (SR) au regard de son
implication dans les activités de PF du district.

4.4. Méthodes, techniques et instruments de collecte de données


4.4.1. Méthode de collecte
Pour la présente étude, nous avons utilisé l’enquête comme méthode.
4.4.2. Techniques de collecte
Ce sont, l’auto-administration du questionnaire, l’observation et l’entretien.
4.4.3. Instruments de collecte de données
- Un guide d’entretien individuel adressé aux FAP ;
- Un guide d’entretien individuel adressé au responsable Santé de la
Reproduction (SR) du district ;
- Un questionnaire adressé aux prestataires et les responsables de
maternité ;
- Une liste de vérification de la conduite du counseling selon BERCER.
- Une liste de vérification pour l’insertion des MLDAR ;
- Une liste de vérification de la disponibilité du matériel médicotechnique,
des intrants contraceptifs, des consommables et, du rapport de
supervision.
4.4.4. Validation des instruments
Nous avons effectué un pré test de nos instruments de collecte de données
du 16 au 18 Avril 2019 dans les FS de Goundi et de Dassa, du DS de Réo,

40
un district voisin de celui de Koudougou. Cela nous a permis de parfaire
les instruments utilisés en reformulant certaines questions telles que :
Guide d’entretien individuel adressé aux FAP.
Questions 9 : au lieu de « quels peuvent être les effets secondaires des
MCM », on a maintenant « quels sont les effets secondaires des MCM que
vous connaissez ».
Questionnaire adressé aux prestataires
Question 04 : au lieu de « quel est votre durée d’années dans le poste »,
on a maintenant « quel est votre nombre d’années de service
(ancienneté) ».

4.5. Démarches administratives


Une demande d’autorisation d’enquête a été adressée à la DRS du Centre-
Ouest par la DFSSS. L’autorisation d’enquête nous a été remise et les
responsables des FS ont été informés par le MCD de notre passage pour
la réalisation de l’enquête.

4.6. Considérations éthiques


La planification familiale est un domaine très sensible dans nos sociétés.
Pour cela, nous négocions chaque fois avec la femme sa collaboration,
tout en lui expliquant le bien-fondé de l’étude. Au cours de l’étude, le
respect des personnes enquêtées et la confidentialité des réponses
fournies ont été garantis en affectant un numéro à chaque fiche d’enquête
et en les classant en un lieu sûr. Cela pour éviter que les données ne soient
accessibles à tout le monde. Toutes les personnes interrogées ont été
préalablement informées du but, des objectifs de l’étude et de la possibilité
de se retirer à tout moment de l’étude pour des raisons personnelles. Le
respect de leur anonymat a été également assuré par affectation de
numéro à chaque fiche de l’enquête.

41
4.7. Déroulement de l’étude
L’enquête proprement dite s’est déroulée du 24 Avril au 08 Mai 2019 dans
les villages prévus. Nous avons eu l’appui de deux prestataires (SFE)
comme enquêteurs. Elles ont reçu des informations sur le remplissage des
fiches de collecte de données. L’entretien avec les utilisatrices de MCM a
été fait de 8h à 17h durant 15 jours avec l’aide des deux SFE. Les
questions ont été traduites en langues locales pour celles qui ne
comprenaient pas le français.
Les questionnaires ont été remis aux prestataires de soins pour
remplissage. Un rendez-vous d’une semaine a été fixé pour le retrait de
ces outils complétés. Quant à la pratique des prestataires, nous avons
effectué une observation participante afin que notre présence n’influence
pas leur comportement.

4.8. Difficultés rencontrées


Un thème aussi sensible comme celui de la PF n’est pas exempt de
contraintes. En effet, les femmes étaient hésitantes à l’enquête. Cette
réticence s’explique par le caractère un peu tabou de la PF dans nos
sociétés d’une part et, l’emploi de temps parfois chargé des femmes
d’autre part. Aussi, la non disponibilité de certains agents de santé nous a
contraint à effectuer plusieurs déplacements dans les FS. L’interprétation
du guide d’entretien en langues locales a nécessité plusieurs heures. Le
temps limité pour mener notre étude ne nous a pas aussi facilité le travail.

4.9 Méthodes de traitement des données


Les données ont été traitées avec le logiciel Epi info version 7.2.1. Un
masque de saisie a été élaboré et les données ont été saisies et analysées.
Pour le traitement de texte, nous avons utilisé le logiciel Word 2013 ainsi
que pour la tabulation. Les figures (graphiques) ont été conçues sur Excel.
Pour la recherche d’une relation statistique entre quelques variables, nous
avons réalisé le test de chi-2 de Pearson.

42
4.10 Limites de l’étude
 Limites par rapport aux hypothèses
Les facteurs expliquant le faible taux d’utilisation des Méthodes
Contraceptives Modernes sont multiples et variés. Notre étude s’est
uniquement limitée autour de trois facteurs qui sont :
 Les compétences des prestataires dans l’offre des services de PF ;
 Les ressources nécessaires à l’offre de PF ;
 Les facteurs socioculturels liés aux femmes.
Par ailleurs nous nous sommes intéressés seulement aux FAP qui
constituent une couche de la population dont le pouvoir de décision est
limité mais qui est essentiellement concerné par la plupart des méthodes
contraceptives.
 Les limites méthodologiques
Les techniques et les outils que nous avons choisis pour la collecte des
données ne sont pas exemptes de biais. En effet, le questionnaire auto
administré offre la possibilité à l’enquêté de consulter des documents avant
de répondre aux questions. Ce qui pourrait influencer les réponses. Par
ailleurs, les guides d’entretien individuel adressés aux FAP ont été
interprétés dans le dialecte local. Ceci peut introduire quelques
déformations de l’information (biais d’information). La technique de
l’entretien individuel que nous avons utilisé limitait parfois les échanges
parce que la présence de l’enquêteur pourrait influencer les réponses des
enquêtés.

43
CHAPITRE V :
PRÉSENTATION DES
RÉSULTATS
La présentation des résultats de notre étude est faite sous forme de textes,
de tableaux et de graphiques. Faite par hypothèse elle est structurée
comme suit :
 Le niveau de participation à l’étude ;
 Les résultats relatifs aux compétences des prestataires de PF ;
 Les résultats relatifs aux ressources pour l’offre des services de PF ;
 Les résultats relatifs aux facteurs socioculturels liés aux FAP en
rapport avec la PF.
 Les difficultés et suggestions des enquêtés.

5.1. Taux de participation des cibles à l’étude


Après la collecte des données et le dépouillement des fiches de collecte,
le niveau de participation à l’étude était de 100% pour toutes les cibles
enquêtées (FAP, prestataires, ECD, FS).

5.2. Caractéristiques socioprofessionnelles des prestataires


enquêtées
 Sexe
Parmi les 38 prestataires enquêtés, on a dénombré 20 agents de sexe
féminin soit 52,63% et 18 de sexe masculin soit 47,36%.

45
 Qualification professionnelle n=38

qualification professionnelle AIS


13,15%
AA 23,68%

AB 15,78%

IB 10,52%

IDE 15,78%

SFE/ME 21,05%

0 5 10 15 20 25
proportion

Figure 2 : Répartition des prestataires de PF selon leur qualification


professionnelle.
Les AA représentaient 23,68% des prestataires enquêtés. Les prestataires
ayant le profil requis pour l’offre des MLDAR (SFE/ME et IDE)
correspondaient à 36,84%.
 Ancienneté dans le poste
L’enquête a montré que 29 agents soit 76,31% des prestataires avaient
une ancienneté comprise entre 1 et 4 ans et, 9 agents soit 23,68% avaient
5 ans d’ancienneté et plus.
 Membre de l’ECD
La responsable santé de la reproduction (SR) du DSK était une sage-
femme d’Etat ayant 35 ans d’ancienneté professionnelle. Son expérience
en tant que responsable SR au niveau du district date de 2004 soit 15 ans.

5.3. Résultats en rapport avec la compétence des prestataires


5.3.1. Connaissances des prestataires dans le domaine de la PF
 Objectifs du PNA PF et du district
Parmi les 38 prestataires enquêtés, 06 agents soit 15,78% ont donné
l’objectif du PNA-PF 2017-2020. Pour celui du district de l’année 2018, 04
agents soit 10,52% ont donné cet indicateur.

46
 Connaissance de l’acronyme BERCER
Tableau III : Fréquence des réponses sur la signification du sigle
BERCER
n = 38

Définition du sigle BERCER Fréquence Fréquence


absolue relative

B= Bienvenue, 14 36,84
E= Entretien, R= Renseignements, 6 15,79
C=Choix, E= Explication, R=Rendez-vous
Items non renseignés 4 10,53
Autres 6 15,79
Bienvenue, Entretien, Renseignements, 08 21,05
Choix, Explications, Rendez- vous

Sur 38 prestataires enquêtés, 8 soit 21,05% ont donné Bienvenue,


Entretien, Renseignements, Choix, Explications et Rendez-vous au sigle
BERCER.

5.3.2 Résultats relatifs aux attitudes des prestataires


 Observation de la conduite du counseling selon BERCER
Tableau IV : Résultats de la conduite du counseling selon BERCER

n=12

Eléments observés Critères Taux de


d’appréciation réalisation
(%)
Fait Non
Fait
BIENVENUE 32 16 66,66

1. Salue la cliente en souriant 10 2 83,33


2. L’invite à s’asseoir 8 4 66,66
3. Se présente 5 7 41,66
4. Met la cliente en confiance et à l’aise 9 3 75
ENTRETIEN 28 56 33,33

47
5. Montre sa disponibilité par une écoute 4 8 33,33
attentive et active
6. Rassure la cliente sur le caractère 7 5 58,33
confidentiel de l’entretien
7. Aide la cliente à exprimer ses besoins et 3 9 25
ses buts en matière de reproduction

8. Explique les prestations offertes par le 5 7 41,66


service
9. Explique ce qui se passe durant la visite 3 9 25
10. Recueille les informations utiles sur la 4 8 33,33
cliente.
11. Fait un résumé de l’ensemble des 2 10 16,66
informations reçues
RENSEIGNEMENTS : 32 40 44,44
12. Demande à la cliente son expérience en 3 9 25
PF
13. Evalue les connaissances du client en 5 7 41,66
matière de PF
14. Corrige les informations erronées 9 3 75
15. Fournit des informations sur tous les 4 8 33,33
produits contraceptifs disponibles
16. Présente chaque produit 5 7 41,66
17. S’assure de la compréhension du client 6 6 50
en lui posant des questions précises et
pertinentes
CHOIX/DECISION 11 25 30,55
18. Aide la cliente à choisir sa méthode 4 8 33,33
19. N’influence pas le choix de la cliente 5 7 41,66
20. Répète les informations sur la méthode 2 10 16,66
si nécessaire
EXPLICATIONS 24 48 33,33

48
21. Vérifie qu’il n’existe pas une contre- 4 8 33,33
indication médicale à la méthode choisie et
l’en informe
22. Renforce les informations sur la 5 7 41,66
méthode choisie (présentation du produit)
23. Demande au client de répéter les 3 9 25
instructions
24. Répond à toute question du client 4 8 33,33
25. Assure le client de la disponibilité des 3 9 25
prestataires en cas de besoin
26. Remplit le dossier du client 5 7 41,66
RENDEZ VOUS 22 14 61,11
27. Négocie le rendez-vous pour une visite 6 6 50
de contrôle
28. Marque le Rendez-vous dans le carnet 11 1 91,66
29. Dit au revoir à la cliente 5 7 41,66
Moyenne générale 42,82

Sur les 12 séances de counseling observées, le taux moyen de réalisation


des activités était de 42,82%.
5.3.3. Résultat relatif aux aptitudes des prestataires dans l’insertion
des MLDAR
Compte tenu de la rareté des clientes qui utilisent les MLDAR, nous
n’avons pu observer que quatre (04) cas d’insertions de jadelle et deux
(02) cas d’insertions de DIU.

49
 Observation de l’insertion des implants

Tableau V : Résultats de l’insertion du jadelle

n= 04

Eléments d’appréciation Critères Taux de


d’appréciation réalisation
Fait Non (%)
Fait

TÂCHES AVANT L'INSERTION 27 9 75


1. Accueille la cliente poliment 4 0 100
2. Demande à la cliente si elle désire 2 2 50
toujours que l’implant soit inséré
3. Lave le bras et la main avec du savon 4 0 100
et de l’eau
4. Explique à la cliente la procédure et 2 2 50
demander à la cliente si elle a des
questions.
5. Met un linge sec et propre sous le bras 3 1 75
de la femme
6. Marque le point de repère de l’insertion 2 2 50
7. Vérifie la présence des instruments 3 1 75
stériles et le ou les implant (s)
8. Indique à la cliente ce que l’on va faire 4 0 100
et l'encourage à poser des questions
9. Se lave les mains avec de l’eau et du 3 1 75
savon et les essuie avec un linge propre
TÂCHES PENDANT L'INSERTION 22 125 14,97
10. Porte les gants stériles 2 2 50
11. Prépare le site de l’insertion avec une 2 2 50
solution antiseptique
12. Injecte un anesthésique local sous la 3 1 75
peau à l’endroit de l’injection pour gonfler
légèrement la peau

50
13. Avance l’aiguille d’environ 4 cm et 2 2 50
injecter l’antiseptique local en
intradermique
14. Vérifie qu’il y a un effet anesthésique 3 1 75
avant de faire l’incision
15. Insère le trocart sous la peau tout en 2 2 50
soulevant la peau
16. Avance avec le trocart et le mandrin 2 2 50
jusqu’à la marque(1) près de la garde du
trocart
17. Retire le mandrin et charger la 2 2 50
capsule dans le trocart en utilisant soit le
pouce et le doigt ganté soit sur les pinces
18. Réinsère le mandrin et l’avance 2 2 50
jusqu’à ce qu’on sente une résistance
19. Tient le mandrin fermement en place 2 2 50
avec une main et retire le trocart de
l’incision jusqu’à ce que la garde arrive au
manche du mandrin
20. Retire le trocart et le mandrin 2 2 50
ensemble jusqu’à ce que la marque (2)
près du bout du trocart apparaisse dans
l’incision
21. Retire le trocart de l’incision après 4 0 100
l’insertion de la dernière capsule
22. Palpe les capsules pour vérifier 0 4 00
qu’elles sont toutes insérées en éventail
23. Palpe l’incision pour vérifier que les 1 3 25
capsules sont éloignées de l’incision
24. Resserre les lèvres de l’incision et la 2 2 50
refermer avec un sparadrap
25. Remplit l’aiguille et la seringue avec 1 3 25
une solution chlorée ensuite purge la
solution
26. Place tous les instruments dans une 2 2 50
solution de chlore pour la
décontamination
27. Evacue les déchets avec précautions 1 3 25
selon les directives
51
28. Se lave les mains soigneusement 2 2 50
avec de l'eau et du savon
29. Rempli le dossier de la cliente 2 2 50
TÂCHES POST-INSERTION 10 6 62,50
30. Discute avec la cliente de ce qu'il faut 2 2 50
faire si elle connaît des effets secondaires
ou des problèmes
31. Assure à la cliente qu'elle peut 3 1 75
demander qu'on lui retire les implants à
n'importe quel moment
32. Enseigne les signes de danger à la 2 2 50
cliente
33. Demande à la cliente si elle a des 3 1 75
questions
Moyenne générale 60,17

Le tableau montre un taux de réalisation moyen de 60,17% des activités.

Le tableau montre un taux de réalisation moyen de 60,17% des activités.


 Observation de l’insertion de DIU

Nous avons regroupé l’observation de l’insertion selon les tâches avant,


pendant et après insertion. Après observation de l’insertion des deux (2)
cas de DIU, le taux moyen de réalisation a été de 44,60%.

5.3.5 Les activités de soutien aux compétences


 Formation
Les résultats de l’enquête ont montré que sur les 38 prestataires enquêtés,
31,58% des agents ont été formés en PF clinique et que tous ont été
formés il y’a moins de trois ans. Les autres prestataires, 26/38 soit 68,42%
n’ont pas bénéficié d’une formation continue.

52
 Supervision
L’étude a montré que 18/38 soit 47,36% des prestataires enquêtés ont reçu
deux (2) supervisions. Les autres, soit 52,63 n’ont reçu qu’une seule
supervision au cours de l’année 2018. Les superviseurs étaient des
médecins et la responsable SR.

5.4. Résultats en rapport avec la disponibilité des ressources pour les


services PF
5.4.1 Ressources matérielles
 Infrastructures pour la PF
Parmi les 19 FS visitées, dans 8 soit 42,10% il y avait des salles
spécifiques dédiées aux activités de la PF. Les 11 autres soit 57,89%
utilisaient des salles non spécifiques.
 Intrants pour la PF
Tableau VI : Etat de la disponibilité des contraceptifs dans les FS
n=19
Type d’intrants/contraceptifs Disponible Pourcentage (%)
Oui Non
Jadelle 19 0 100
Implanon 11 8 57,89
DIU 10 9 52,63
Ovrette 7 12 36,84
Microgynon 17 2 89,47
Depo provera 16 3 84,21
Sayana Press 18 1 94,73
Collier 0 19 00
Préservatif masculin 16 3 84,21
Préservatif féminin 9 10 47,36
Moyenne 64,73

Sur l’ensemble des 19 FS visitées, aucune ne disposait du collier.

53
 Consommables pour l’offre des MCM
Toutes les FS visitées disposaient de la totalité des consommables
nécessaires pour l’offre des MCM.
 Matériel médicotechnique pour la PF
Tableau VII : Etat du matériel médicotechnique dans les FS
n=19

Type de matériel Disponible Pourcentage(%)


Oui Non
Tensiomètre 19 0 100
Lampe baladeuse 5 14 26,31
Table d’examen 19 0 100
Pèse-personne 19 0 100
Matériel de PI 19 0 100
Boite d’insertion DIU 8 11 42,10
Boite d’insertion jadelle 9 10 47,36
Moyenne 73,68

Le matériel médicotechnique était disponible dans 73,68% des FS.


 Fonctionnalité des DBC
Parmi les 19 FS enquêtées, huit (8) soit 42,10% disposaient de DBC. Les
différents responsables des FS disent ne pas être satisfaits du niveau de
fonctionnement de cette stratégie, car elle n’est pas effective.
 Existence des rapports pour la supervision
Les rapports de supervision étaient disponibles dans 6 FS (31,57%) sur les
19 enquêtés.
5.4.2. La ressource temps
 Continuité des services
Sur les 19 FS enquêtés, 9 soit 47,36% assuraient une continuité pour l’offre
de PF. Pour les 10 autres FS, les prestations sont assurées de 7h30 à
17h00 les jours ouvrables et de 8h00 à 12h les week-ends et les jours
fériés.

54
 Temps d’attente
n=113

43,82%
Frequence des FAP

26,96% 29,21%

Court Long Moyen


Temps d'attente

Figure 3 : Temps d’attente donné par les FAP ayant utilisé une MCM
Parmi les FAP interrogées, 43,82% ont trouvé que le temps d’attente était
long.

5.5 Résultat en rapport avec les facteurs socio-culturels liés aux


femmes
5.5.1. Caractéristiques sociodémographiques des FAP
 Age
Tableau VIII : Répartition des FAP selon l’âge
n=234

Tranche d’âge (année) Effectif Proportion(%)


[15-20[ 23 9,83
[20-25[ 63 26,92
[25-30[ 55 23,50
[30-35[ 44 18,80
[35-40[ 22 9,40
[40-45[ 20 8,55
[45-49] 7 2,99
Total 234 100,00

La classe modale était de [20-25[ avec un effectif des 63 FAP soit


26,92%. L’âge moyen était de 28,26 ans avec un écart type de 7,14. La 55

plus jeune des FAP enquêtées avait 16 ans et la plus âgée 46 ans.
 Niveau d’instruction
n=234

Niveau d'instruction des FAP


Supérieur; 11,97%

Secondaire; 20,51%
Non alphabétisée;
42,74%
Primaire;
13,68%

Alphabétisée;
11,11%

Figure 4 : Répartition des FAP enquêtées selon leur niveau d’instruction


Cette figure montre que les femmes non alphabétisées représentaient
42,74% des enquêtées.
 Principale occupation
n=234

Ménagère 44,44

Etudiantes/élèves 17,95

Commercantes 16,24

Fonctionnaires 8,97

Autres 12,39

0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50

Figure 5 : Répartition des FAP selon leur principale occupation


Les FAP ménagères représentaient 44,44% des enquêtées.

56
 Nombre d’enfants
Tableau IX : Répartition des enquêtées en fonction du nombre d’enfants
n=234

Nombre d’enfants Fréquence Fréquence relative


0 47 20,09
[1-3] 123 52,56
[4-6] 54 23,08
[7 et plus 10 4,27

Les FAP enquêtées ayant au plus trois (3) enfants représentaient 52,56%.

 Statut matrimonial
n=234
Divorcée; 1,71 Veuve; 1,71

Célibataire; 20,94

Mariée;
75,64

Figure 6 : Distribution des FAP selon leur situation matrimoniale


IL ressort de cette figure, que les femmes mariées représentaient 75,64%

 Religion des FAP n=234

Animiste; 2,56%

Musulmane;
38,03%
Chretienne;
59,40%

57
Figure 7 : Répartition des FAP selon la religion
Parmi les 234 FAP enquêtées, celles de religion chrétienne représentaient
59,40%.

5.5.2. Connaissances des FAP sur la PF


 Définition des MCM
n=234

Autres 2,56%

Favorise les naissances désirées 20,08%

Détermine le nombre d'enfants souhaité 22,22%

Evite les grossesses non desirées 31,19%

Ne pas tomber enceinte 34,18%

Espacement des naissances 70,51%

Fréquence des FAP

Figure 8 : Définition des MCM selon les femmes enquêtées


L’espacement des naissances a été donné comme définition par 70,51%
des FAP enquêtées.

 Les avantages des MCM n=234

Avantages sanitaires
Avantages socio- 26%
économiques
44%

Avantages
démographiques
30%

Figure 9 : Fréquence des avantages des MCM cités par les FAP

58
La figure 9 montre que 44% des FAP ont cité des avantages socio-
économiques. Parmi les enquêtées, 72 femmes soit 30,77% ont cité au
moins trois avantages.

 Les effets secondaires des MCM


n=234

Pourcentage
44,01% 41,88%
33,33% 32,48%
Fréquence

27,35%
14,53%
7,26%

Effets secondaires

Figure 10 : Fréquence des effets secondaires des MCM cités par les
FAP

Cette figure indique que 44,01 % des femmes ont cité l’irrégularité des
règles comme effets secondaires. Parmi ces femmes 14,53% ont donné
au moins trois effets secondaires.

5.5.3. La perception des FAP sur les MCM


Parmi les enquêtées, 205 femmes soit 87,61% ont déclaré que les MCM
sont bonnes contre 29 soit 12,39% qui les ont déclarées mauvaises.
 Le statut des FAP vis-à-vis des MCM
Parmi les 234 enquêtées, les utilisatrices actuelles des MCM
correspondaient à 48,29%, celles qui ont abandonné 27,78% et, celles qui
n’ont jamais utilisé une MCM 23,93% des FAP.
59
 Les raisons de l’abandon des MCM
Tableau X : Fréquence des raisons d’abandon des MCM évoquées par
les FAP
n=65

Fréquence Fréquence
Raisons évoquées
absolue relative
Effets secondaires 21 32,31
Souhait du partenaire 12 18,46
Désir d’enfants 18 27,69
Religion 14 21,53

Parmi les raisons d’abandon des MCM, 32,31% des femmes ont évoqué
les effets secondaires.

 Les raisons de la non utilisation des MCM


n=56

Reticence de l'époux 32,14%

Convenance personnelle 8,93%


Les raisons

Religion 23,21%

Mari a l'aventure 14,29%

Pas de partenaire 21,43%

Proportion

Figure 11 : Raisons de non utilisation des MCM évoquées par les


femmes

60
Cette figure montre que 18 femmes soit 32,14% ont avancé comme raison
de non utilisation des MCM, la réticence de l’époux.
 Relations entre quelques variables
Pour vérifier l’existence de relation entre l’utilisation des MCM et certaines
variables, nous avons effectué des tests statistiques de comparaison.
 Relation entre le niveau d’instruction et l’utilisation des MCM
Nous avons cherché à vérifier s’il existe une relation statistiquement
significative entre le niveau d’instruction et l’utilisation des MCM. Pour cela,
nous avons recodé la variable niveau d’instruction en deux (2) modalités.
Femmes instruites (niveau primaire, secondaire et supérieur) au nombre
de 108 soit 46,15% et femmes non instruites (Non alphabétisées et
alphabétisées) au nombre de 126 soit 53,85%.
Tableau XI : Croisement du niveau d’instruction des FAP et l’utilisation
des MCM.
n=234

Utilisation des MCM Total


Niveau d’instruction Oui Non
Instruite 41 67 108
Non instruite 72 54 126
Total 113 121 234

χ²= 8,56 p valeur = 0,0034

Le tableau montre que parmi les 108 femmes instruites, 41 soit 37,96% ont
utilisé une MCM et parmi les 126 non instruites, 72 soit 57,14% ont utilisé
les MCM. Le test de Pearson donne un chi carré de 8,56 et une p-valeur
de 0,0034

 Relation entre situation matrimoniale et utilisation des MCM


Nous avons voulu vérifier s’il existe une relation statistiquement
significative entre le statut matrimonial et l’utilisation des MCM. Aussi, nous
avons recodé le statut en deux modalités : vie en couple, vie seule.

61
Tableau XII : Croisement des utilisatrices des MCM avec leur statut
matrimonial n=234

Utilisation des MCM Total


Statut matrimonial Oui Non
Vie en couple 94 83 177
Vie seule 19 38 57
Total 113 121 234
χ²= 6,73 p valeur = 0,0093
Le calcul du ch2 de Pearson a donné une p valeur = 0,0093
 Relation entre la religion et l’utilisation des MCM
Nous avons également vérifié s’il y’a une relation statistiquement
significative entre la religion et l’utilisation des MCM.

Tableau XIII: Croisement de la religion FAP avec l’utilisation des MCM


n=228

Utilisation des MCM Total


Religion des FAP Oui Non
Chrétienne 67 72 139
Musulmane 44 45 89
Total 111 117 228
χ² = 0,0332 p valeur = 0,8553
Ce tableau montre que sur un effectif de 139 femmes chrétiennes, 67 soit
48,20% ont utilisé les MCM et, sur 89 musulmanes, 44(49,44%) ont utilisé
les MCM. Le calcul du ch² de Pearson donne une p-valeur=0,8553.

62
5.6. Difficultés et suggestions des enquêtés
5.6.1 Difficultés rencontrées par les utilisatrices
Tableau XIV : Fréquence des difficultés rencontrées par les utilisatrices
n=234
Difficultés Effectif Fréquence relative (%)
Pas de difficultés 43 18,38
Effets secondaires des MCM 49 20,94
Interdiction religieuse 27 11,54
Cout élevé des prestations 18 7,69
Trop de rumeurs sur les
21 8,97
MCM
Mauvais accueil des agents 19 8,12
Réticence des époux 57 24,36

Le tableau indique que 57 femmes soit 24,36% ont évoqué comme


difficultés la réticence des époux.

5.6.2. Suggestions des utilisatrices


Tableau XV : Fréquence des suggestions faites par les utilisatrices
n=234
Effectif Fréquence
Suggestions
relative
Améliorer l’accueil au niveau des FS 25 10,68
Améliorer la prise en charge des effets
74 31,62
secondaires
Sensibiliser la population et surtout les hommes 81 34,62
Rendre gratuit la PF 32 13,68
Impliquer les leaders religieux dans la PF 10 4,27
Faire un examen complet des femmes 12 5,13

Parmi les femmes enquêtées, 81 femmes soit 34,62% ont suggéré de


sensibiliser la population et surtout les hommes.
63
5.6.3. Difficultés rencontrées par les prestataires n=38
Manque de
Manque de 7,89%
materiel;
personnel; 13,16%
Refus des
conjoints;
26,32%

Insuffisance de
rupture des intrants formation continue;
contraceptifs; 34,21%
18,42%

Figure 12 : Difficultés éprouvées par les prestataires PF


Il ressort de ce graphique que la difficulté majeure des prestataires a été
l’insuffisance de formation des prestataires avec 34,21%.

5.6.4. Les suggestions des prestataires n=38


40,00%
34,21%
35,00%
28,95%
30,00%

25,00%

20,00%
15,79%
15,00% 13,16%

10,00% 7,89%

5,00%

0,00%
Formation du Dotation en Sensibilisation des Implication des rendre gratuit la PF
personnel materiel hommes leaders

Figure 13 : Fréquence des suggestions émises par les prestataires


Un tiers des prestataires soit 34,21% affirme avoir besoin d’une formation
continue.

64
5.6.5. Difficultés émises par la responsable SR du district
 Absence de boites d’insertion des MLDAR dans certaines FS.
 Réticence des époux.
 Influence de la religion.
 Non effectivité de la continuité des services de PF.
 Insuffisances dans la prise en charge des effets secondaires des
produits contraceptifs.
 Coût relativement élevé des prestations de PF.
 L’insuffisance de recyclage du personnel de santé surtout sur la PF.
5.6.6. Suggestions faites par la responsable SR du district
 Mettre à niveau les prestataires sur la PF.
 Offrir de façon continue les prestations de PF.
 Doter les formations sanitaires en matériel d’insertion des MLDAR.
 Impliquer les leaders religieux dans la sensibilisation sur la PF.
 Sensibiliser la population sur les avantages de la PF.
 Mettre un accent particulier sur le counseling en PF.
 Sensibiliser les jeunes dans les lycées et écoles sur la PF.

65
CHAPITRE VI : DISCUSSION
ET SYNTHЀSE DES
RÉSULTATS
Au regard de nos résultats nous avons mené la discussion selon le plan
suivant :
­ Discussion par variable
­ Synthèse des résultats
­ Vérification des hypothèses

6.1 Discussion par variable


L’objectif général de notre étude était d’étudier les facteurs expliquant le
faible taux d’utilisation des MCM dans le DSK.

Hypothèse 1 : L’insuffisance de compétences des prestataires explique le


faible taux d’utilisation des MCM dans le DSK.

 Caractéristiques des prestataires


 Qualification professionnelle

Le personnel ayant le profil requis pour l’offre des MLDAR représentaient


36,84%. Nos résultats sont différents de ceux trouvés par NABALOUM I.
[13]. Dans son étude, les prestataires ayant le profil SFE/ME étaient de
87,50%. Cette différence pourrait s’expliquer par son milieu d’étude qui est
urbain et où le personnel qualifié offrant les MLDAR est fortement
concentré. L’insuffisance des SFE/ME et les IDE dans notre étude pourrait
donc limiter le choix des FAP en matière de contraception étant donné que
tout le personnel n’est pas habilité à offrir les MLDAR. La qualification
professionnelle est donc un élément majeur dans l’offre de MCM.
 Ancienneté dans le poste
Notre étude a révélé que sur les 38 prestataires interrogés, le personnel
ayant une ancienneté comprise entre 1 et 4 ans représentait 76,31% et
celui de 5 ans et plus, 22,50%. Ces résultats sont identiques à ceux de
DABIRE L. [18] qui a trouvé dans son étude que 77,50% des prestataires
avait une ancienneté de moins de 5 ans et 22,50% 5 ans et plus. A
l’opposé, NABALOUM I. [13] a trouvé que 34,40% des prestaires ont une

67
ancienneté inférieure à 5 ans et 65,60% ont 5 ans d’ancienneté et plus.
Cette situation pourrait s’expliquer par son milieu d’étude urbain où une
fois le personnel affecté ne veut plus repartir en milieu rural. La mobilité du
personnel ne favorise pas le cumul d’expériences et l’acquisition de
compétences pour l’offre des prestations en PF.
 Connaissances des prestataires
 Connaissances des objectifs du PNA PF 2017-2020 et du district
Les résultats de l’étude ont montré que sur les 38 enquêtés, 6 agents soit
15,78% ont une connaissance de l’objectif en matière de prévalence
contraceptive du PNA-PF 2017-2020. Aussi, 10,52% des enquêtés ont une
connaissance de l’objectif du district en matière de taux d’utilisation des
MCM pour l’année 2018. Ces résultats sont identiques à ceux de YAMBRE
W.D. [25] qui lors de son étude en 2018, a trouvé que 15% des prestataires
ont donné les objectifs du PNA-PF et 10% les objectifs du district. La
connaissance des objectifs est très importante pour une implication des
agents dans les activités de PF car comme le dit SÉNĒQUE dans : « Les
lettres à Lucilius » (lettre 71) : « qui ne sait vers quel port il doit tendre, n’a
pas de vent qui lui soit bon » [32]. Une insuffisance de connaissance des
objectifs pourrait limiter la création d’initiatives locales pour impulser une
meilleure utilisation des MCM.
 Connaissances de l’acronyme BERCER
Par rapport à l’acronyme BERCER, 21,05% des prestataires en ont donné
la signification. Ce résultat est différent de celui de NABALOUM I. [13] qui
dans son étude portant sur « Les facteurs expliquant la faible utilisation des
MLDAR dans le district sanitaire de Baskuy » a trouvé que 50% des
prestataires ont cité avec exactitude les étapes du counseling selon
l’approche REDI. Le REDI est un acronyme anglais qui signifie Rapport-
building, Exploration, Decision-making, Implementing the decision.
(Etablissement de rapports, Exploration, Prise de décision et Mise en
application de la décision). Il est également utilisé lors du counseling en PF

68
et prend en compte toutes les étapes de l’acronyme BERCER. Donc, ces
deux acronymes sont similaires dans leur application.
La différence observée dans les résultats de NABALOUM I. et des nôtres
pourrait s’expliquer par le fait que seulement 31,58% des prestataires dans
notre étude ont été formés en PF clinique contre 43,75% dans celle
NABALOUM I. [13].
L’insuffisance de connaissance des agents sur la signification du sigle
BERCER ne leur permet pas d’établir un plan de communication efficace
et cohérente avec les clientes au cours du counseling. Cela pourrait
influencer négativement l’utilisation des MCM.
 Les attitudes des prestataires au cours du counseling
La synthèse de l’observation des 12 séances de counseling conduites par
les prestataires a donné un taux de satisfaction de 42,82%. Nos résultats
sont similaires à ceux de OUEDRAOGO W A., [24], qui dans son étude a
trouvé 48,79% de taux de satisfaction du counseling. Notre SAP fixé à 80%
n’est pas atteint. La conduite du counseling suppose une bonne
connaissance de ses étapes. Toute insuffisance dans une des étapes
pourrait avoir une influence sur la qualité du counseling et, par conséquent
semer le doute par manque de conviction et, constituer un facteur
démotivant à l’utilisation des MCM.
 Les aptitudes des prestataires en insertion des MLDAR
L’observation des prestataires dans l’insertion des implants a indiqué un
taux de réalisation moyen de 60,17%. Nos résultats sont similaires à ceux
trouvés par YAMBRE W.D. [25] qui, dans son étude a trouvé 61,22% de
taux de réalisation. Notre taux n’a pas atteint le SAP qui était fixé à 80%.
Par rapport au DIU, nous avons trouvé un taux de réalisation de 44,59%.
Ces résultats sont aussi identiques à ceux de OUEDRAOGO W.A. [24] qui
dans son étude a trouvé 43,97% de taux moyen de réalisation de l’insertion
DIU. Notre SAP à 80% n’est également pas atteint. Nous pouvons conclure
que la non maitrise des séquences de l’insertion des MLDAR pourrait

69
entrainer une mauvaise insertion des produits qui soit peuvent s’expulser
ou s’enfoncer dans les muscles, ou entrainer des infections. Cela pourrait
décourager les femmes et favoriser un refus de l’utilisation des MLDAR.
 Les activités de soutien à la compétence
 Formation
Parmi les 38 prestataires enquêtés, 12 soit 31,58% ont été formés en PF
clinique il y’a moins de 3 ans. Nos résultats sont inférieurs à ceux de l’étude
de DABIRE L. [18] chez qui 62,50% des prestataires ont été formés en PF
clinique. Cette différence pourrait s’expliquer par le fait que l’ONG
PATHINDER soutient le DS de Houndé en PF alors que dans le DS de
Koudougou on observe le départ de l’ONG Agir-PF qui assurait la formation
continue des prestataires en PF. La science est dynamique et une absence
de formation n’est pas de nature à maintenir le processus de
réactualisation des compétences.
 Supervision
Parmi les 38 prestataires, 47,36% ont reçu une supervision en PF en 2018.
Nos résultats se diffèrent de ceux de OUÉDRAOGO F. [12] qui a trouvé
dans son étude que 100% des prestataires ont été supervisés. Cette
situation s’explique par le fait que nous avons considéré seulement la
supervision spécifique en PF. La supervision est une activité importante
qui permet de s’assurer du bon déroulement des activités de PF. Le
manque de supervision ne permet pas de faire un suivi des activités de PF
dans les FS enfin d’identifier les problèmes liés à l’offre des MCM.

70
Hypothèse 2 : l’insuffisance des ressources explique le faible taux
d’utilisation des MCM dans le DSK.

 Les ressources matérielles


 Infrastructures pour la PF
L’étude a montré que 42,10% des FS visitées disposaient de salles
spécifiques pour la PF. Nos résultats sont différents de ceux de
NABALOUM I. [13], chez qui 100% des FS disposait d’une salle dédiée à
la prestation de la PF. Cette différence pourrait s’expliquer par son milieu
d’étude (urbain) où les normes de construction ont prévu un local par
activité. Ce qui n’est pas le cas en milieu rural où les différentes activités
se déroulent dans la plupart des cas, dans la même salle. Notre NAP fixé
à 80% n’est pas atteint. L’utilisation des salles non spécifiques pour l’offre
des MCM pourrait avoir pour conséquence une insuffisance dans la
confidentialité, un manque de discrétion des activités de PF. Tout cela
pourrait démotiver les FAP à fréquenter les services de PF.
 Les intrants en salle de PF
Parmi les 19 FS visitées, les intrants étaient disponibles dans 64,73% des
FS. Ces résultats sont similaires à ceux trouvés par YAMBRE W.D. [25]
qui a révélé dans son étude que les intrants étaient disponibles dans
67,78% des CSPS visités. L’insuffisance des intrants dans les FS pose un
problème d’accessibilité des FAP aux MCM. Cette inaccessibilité des
intrants pourrait influencer négativement l’utilisation des MCM.
 Le matériel médicotechnique en salle de PF
En ce qui concerne le matériel, il était disponible dans 73,68% des FS et
chez YAMBRE W.D. dans 80% des CSPS. Nos résultats sont presque
similaires. Le NAP fixé à 80% n’est pas atteint. L’insuffisance de matériels
médicotechniques est un handicap pour la réalisation de prestations de PF.
La non disponibilité du matériel ne facilite pas l’offre des MCM et
occasionne le report des prestations de PF.

71
 Fonctionnement des DBC
Les résultats de notre étude ont révélé que 8 FS sur 19 soit 42,12%
disposaient des DBC avec une fonctionnalité peu satisfaisante. Le NAP
fixé à 80% n’est pas atteint. La stratégie des DBS étant de rapprocher les
informations et les produits contraceptifs aux femmes surtout en milieu
rural, son absence contribuerait à diminuer l’offre des MCM et, par
conséquent s’exprimer par une faible utilisation des MCM.
 Ressources temps
 Temps d’attente
Parmi les FAP enquêtées, 43,82% des femmes ont trouvé que le temps
d’attente était long. Nos résultats sont similaires à ceux trouvés par
DABIRE L. [18] qui, dans son étude en 2018 à HOUNDE a souligné que
42% des femmes ont trouvé le temps d’attente long. Un long temps
d’attente n’est pas de nature à favoriser l’utilisation des MCM car les
femmes ont d’autres préoccupations et elles peuvent être démotivées par
une longue attente et abandonner la demande au profit d’autres activités.
Il en découlerait des rendez-vous manqués et une faible utilisation des
MCM.
 Continuité de l’offre des prestations de PF
Au regard de nos résultats, 9 FS soit 47,36% assuraient l’offre des MCM
24h/24h. Ces résultats sont différents de ceux de ZERBO H. [19] qui a
trouvé dans son étude une continuité de l’offre des services de PF à 100%
dans les FS. Son milieu d’étude qui était urbain pourrait expliquer cela. En
effet, en milieu urbain il n’y a pas trop de contraintes sociales qui
empêchent la femme à fréquenter les services de PF. Par contre, le poids
social en milieu rural fait que les femmes se cachent pour utiliser les MCM.
Pour cela, elles profitent des jours de marchés ou les jours de fêtes pour
fréquenter les services de PF. Il faut tenir compte de ces facteurs dans
l’offre des MCM en négociant les rendez-vous en fonction de ces périodes.

72
Hypothèse 3 : Les facteurs socio-culturels défavorables liés aux FAP
expliquent le faible taux d’utilisation des MCM dans le DSK.

 Caractéristiques sociodémographiques des FAP


 L’âge
La classe modale se situe dans l’intervalle d’âge de [20-25[ avec un âge
moyen de 28,26%. Ces résultats sont presque similaires aux résultats de
l’étude de YAMBRE W.D. [25]. Pour lui, la tranche la plus représentée était
celle de [20-24] ans avec un âge moyen de 27,59%. Cette tranche d’âge
est jeune. Cela pourrait constituer un obstacle à la bonne utilisation des
MCM du fait que cette période constitue la période de pleine reproduction
pour la femme qui désire faire des enfants et se reposer par la suite. Ainsi,
elle n’utilisera pas de façon optimale les services de PF.
 Le niveau d’instruction des FAP
Parmi les FAP enquêtées, celles qui ne sont pas alphabétisées étaient les
plus représentées avec 42,74% des cas. Dans une étude similaire,
DABIRE L. [18] a trouvé que 44,87% des FAP enquêtées n’avait aucun
niveau d’alphabétisation. Nos résultats sont similaires. L’instruction permet
aux femmes d’avoir plus d’informations sur la PF et favoriser l’utilisation
des MCM. Le test de chi2 de Pearson fait à cet effet a donné un p-
valeur=0,0034 0,05 ce qui signifie qu’il y’a un lien statistiquement
significatif entre l’instruction et utilisation des MCM.
 Occupation principale
Les FAP ménagères représentaient 44,44%. Ces résultats se diffèrent de
ceux trouvés par YAMBRE W.D. [25] chez qui, les ménagères
représentaient 66,06% des femmes enquêtées. L’occupation principale
« ménagère » fait que les femmes n’ont pas d’activité génératrices de
revenus et par conséquent dépendent financièrement de leurs maris qui,
parfois sont réticents à la PF et refusent de soutenir financièrement leurs
femmes dans l’acquisition des MCM. Le fait de ne pas réaliser des activités

73
génératrices de revenus, ne permet pas aux femmes d’avoir une
autonomie financière leur permettant d’avoir facilement accès aux
méthodes contraceptives. Ce qui peut constituer un frein à l’utilisation des
MCM.

 Nombre d’enfants
Dans notre étude, les femmes ayant un nombre d’enfant compris entre 1
et 3 correspondaient à 52,56% des enquêtées ZERBO H. [19] dans son
étude a trouvé que 58,40% des utilisatrices des MLDAR avaient trois (3)
enfants. Nos résultats sont presque identiques. Le nombre d’enfants
pourrait influencer l’utilisation des MCM. En effet les femmes ayant moins
d’enfants sont motivées par le désir de procréation et cela pourrait
influencer l’utilisation des MCM.
 Statut matrimonial
Les femmes en couple dans notre étude représentent 75,64% des
enquêtées. Dans une autre étude menée par SAWADOGO W. [29] en
2017 dans le district sanitaire de Kongoussi, il est ressorti que 81,38% des
femmes enquêtées étaient en relation maritale. Ces résultats sont presque
similaires. Il conclut que la procréation dans les couples est une norme
sociétale. Pour cela la venue d’un enfant dans le couple n’est pas proscrite
socialement. Cette conception amène les femmes à ne pas utiliser les
services de PF entrainant donc une sous-utilisation. Il y a aussi le fait que
l’utilisation des MCM requiert l’autorisation du conjoint, toute chose qui
influence l’utilisation des MCM. Nous avons obtenu un p-
valeur=0,00930,05. Il y’a donc une relation statistiquement significative
entre l’utilisation des MCM et la situation matrimoniale.
 La religion
Les résultats de notre enquête ont montré que les femmes chrétiennes
représentaient 59,40% et les musulmanes 38,03%. Ces résultats sont
différents de ceux trouvés par OUÉDRAOGO W.A [24] qui a trouvé dans

74
son étude au CHR de Ouahigouya, que les femmes musulmanes avaient
une représentation de 66,67% contre 29,27% de chrétiennes. Cette
différence pourrait s’expliquer par les zones d’étude. En effet la province
de Boulkiemdé est fortement christianisée (45,30% de chrétiens, 32,4% de
musulmans, 21,5% d’animistes et 0,3 autres religions), avec à son sein
plusieurs écoles pastorales pour la formation des leaders religieux. Les
femmes évoquent la religion comme un facteur d’abandon ou de non
utilisation des MCM. Cela suppose qu’aucune organisation au niveau des
leaders religieux n’est faite à l’intention des femmes. Le test chi-2 de
Pearson a donné une p-valeur =0,85530,05. Ce qui signifie qu’il n’y a pas
de lien statistiquement significatif entre l’utilisation des MCM et la religion.
 Connaissances des FAP sur les MCM
 Définition des MCM
Dans notre étude, sur l’ensemble des 234 enquêtées, 230 FAP soit 98,29%
ont entendu parler de la PF et 70,51% l’on définit avec exactitude. Nos
résultats sont similaires à ceux de YAMBRE W.D. [25] qui a trouvé que
73,30% des FAP ont pu définir la PF. La méconnaissance de la définition
des MCM pourrait augmenter les rumeurs et limiter l’utilisation des MCM.
Une bonne connaissance de la définition de la PF par les femmes devrait
permettre une bonne utilisation des MCM.
 Avantages des MCM
Dans notre étude, seulement 30,77% des FAP ont cité trois avantages de
la PF. Nos résultats sont inférieurs à notre NAP qui est fixé à 70 %. La
méconnaissance des avantages des MCM peut amener les femmes à ne
pas s’intéresser à la PF ; ce qui va limiter leur utilisation.
 Effets secondaires
Parmi les enquêtées, 14,53% ont cité trois effets secondaires. Nos
résultats sont inférieurs à ceux de ZERBO H. [19] qui a trouvé que 37,89%
des utilisatrices ont donné trois effets secondaires MCM. Cette différence
pourrait s’expliquer par son milieu d’étude qui était urbain où les femmes
75
ont plus d’informations sur la PF et se communiquent entre elles sur les
manifestations des MCM. L’insuffisance de connaissances des effets
secondaires pourrait donc engendrer la panique chez les femmes et
alimenter les rumeurs et par conséquent entrainer soit des abandons, soit
un refus d’utilisation des MCM. Aussi, la prise en charge des effets
secondaires liés aux MCM constitue un coût pour la femme et cela peut la
démotiver et entrainer un abandon chez la femme.
 Perception des FAP sur les MCM
Sur les 234 femmes enquêtées, 87,61% ont déclaré que les MCM sont
bonnes contre 12,39% qui ont déclaré qu’elles sont mauvaises. YAMBRE
W.D. [25] dans son étude est parvenu à des résultats identiques où
87,78% déclaraient bonnes les MCM contre 12,22% qui ont dit qu’elles
sont mauvaises. Nous pouvons conclure que les femmes ont une bonne
perception des MCM et cela est un atout en faveur de leur l’utilisation.
Cependant, des efforts restent à faire afin d’influencer les opinions en
faveur des MCM.
 Le statut des FAP vis-à-vis des MCM
Parmi les femmes enquêtées, celles qui n’ont jamais utilisé une méthode
contraceptive représentaient 23,93% contre 48,29% d’utilisatrices
actuelles. Les abandons étaient de 27,78%. Ces résultats sont similaires à
ceux de SAWADOGO W. [29] qui a trouvé que sur les 349 femmes
enquêtées, 22,35% des femmes n’avaient jamais utilisé une méthode
contre 50,14% d’utilisatrices actuelles. Quant aux abandons ils
correspondaient à 26,36% des femmes. Cependant, nos résultats sont
supérieurs à ceux de SANAMOU KANYILI M.E., qui dans son étude en
2001 à Réo, a trouvé que sur 124 FAP interrogées, les utilisatrices
représentaient 1,61%, les abandons 2,42% et les non utilisatrices 95,97%
[33]. Cette différence pourrait s’expliquer par l’effort de sensibilisation de
certains ONG (Marie Stoppes International, Agir PF), la subvention des
produits contraceptifs, la gratuité des prestations de PF et l’accessibilité

76
géographique des FS par la réduction du rayon moyen d’action qui ont
suscité une bonne connaissance et une meilleure utilisation des MCM.

6.2 Synthèse des résultats


A l’issu de l’analyse et de la discussion des résultats, nous avons retenu
les points suivants :
6.2.1. Points forts :
 Nombre important des FAP ayant déjà entendu parler des MCM
 Bonne information des FAP sur les MCM ;
 Niveau satisfaisant de connaissances des FAP sur la définition de la
PF ;
 Assez bonne disponibilité des produits contraceptifs et du matériel
médicotechnique dans la plupart des FS visitées ;
 Bonne disponibilité des consommables dans toutes les FS
 Bonne perception des MCM par les femmes enquêtées ;
6.2.2. Points à améliorer
 Faible connaissance du sigle BERCER par les prestataires de PF ;
 Faible performance de la maitrise du counseling selon BERCER par
les prestataires de PF ;
 Taux élevé d’abandons des MCM par les enquêtées ;
 Insuffisance quantitative et qualitative des prestataires pour l’offre
des services de PF ;
 Insuffisance dans la supervision des activités de PF ;
 Absence du collier dans toutes les FS ;
 Manque de matériel pour insertion des MLDAR
 Manque de salles spécifiques pour les services de PF ;
 Faible fonctionnalité des DBC ;
 Non continuité des services de PF
 Insuffisances de connaissances des avantages et des effets
secondaires des MCM par les FAP ;

77
 Réticence des époux à l’utilisation des MCM par leur femme ;
 Absence de stratégies d’implication des leaders religieux dans la
sensibilisation de leurs fidèles sur la PF.

6.3 Vérification des hypothèses


Hypothèse 1 : Insuffisance de compétence des prestataires explique
le faible taux d’utilisation des MCM
Pour ce qui concerne la compétence des prestataires, nos résultats ont
révélé que sur un effectif de 38 prestataires enquêtés seulement 15,78%
ont pu donner l’objectif du PNA-PF 2017-2020, 10,52% l’objectif du district.
Pour le sens de l’acronyme BERCER, 8 prestataires soit 21,05% ont cité
avec exactitude ces étapes. Les performances réalisées sont de 42,82%
pour le counseling, 60,17% pour l’insertion des implants et 44,59% pour le
DIU. A cela s’ajoute une faible proportion de formation des prestataires
(31,58%) en PF clinique et la supervision à 47,36%. Cette faible
performance est observée dans un contexte où il n’y a ni politique de
formation continue des prestataires ni activités de supervisions entreprises
à leur niveau. Les niveaux et les seuils de performance étant inférieurs à
ceux fixés à 80%, nous pouvons conclure que notre première hypothèse
est confirmée.
Hypothèse 2 : l’insuffisance des ressources explique le faible taux
d’utilisation des MCM dans le DSK.
Le niveau de satisfaction en termes de disponibilité de ressources
humaines, matérielles et temps est moyen dans les FS du district. En effet,
seulement 31,58% des prestataires a été formés en PF clinique et 36,84%
des prestataires étaient qualifiés pour offrir les MLDAR. Par rapport à la
supervision, seulement 18 prestataires sur 38 soit 47,36% ont reçu deux
supervisions en 2018. Les intrants contraceptifs sont disponibles dans
64,73% des FS et le matériel médicotechnique dans 73,68% des FS. Neuf
(9) FS soit 47,36% assurent la continuité des services. Notre NAP qui était

78
fixé à 80% pour chaque domaine n’est pas atteint et nous pouvons dire
que l’hypothèse 2 est confirmée.
Hypothèse 3 : Les facteurs socioculturels défavorables liés aux
femmes expliquent le faible taux d’utilisation des MCM
La classe modale la plus représentée dans notre étude est relativement
jeune et correspond à 26,92% des enquêtées. Cela constitue un obstacle
à l’utilisation des MCM du fait que les femmes sont motivées par l’esprit de
procréer. Parmi 234 enquêtées, 42,74% ne sont non alphabétisés et cela
ne leur permet pas d’avoir des informations nécessaires sur la PF. Cette
situation fait que les femmes ne connaissent pas suffisamment les
avantages et les effets secondaires des MCM. Les ménagères
représentaient 44,44% des enquêtées. L’occupation principale ménagère
fait que les femmes ne mènent pas des activités génératrices de revenu.
Cela les rend dépendantes sur plan financier car n’ayant aucune source
de revenu pour utiliser les services de PF. Le NAP fixé pour les variables
n’est pas atteint. Nous pouvons dire que les facteurs socioculturels
défavorables influencent donc l’utilisation des MCM, ce qui confirme notre
troisième hypothèse.

79
CHAPITRE VII :
RÉCOMMANDATIONS/
SUGGESTIONS
Au regard de la synthèse des résultats et en tenant compte des
suggestions des enquêtés, nous avons formulé des recommandations et
des suggestions suivantes :

7.1. Aux prestataires des services de PF


 A court terme
 Montrer les biens faits de la PF aux femmes afin qu’elles en discutent
avec leurs époux ;
 Offrir les prestations de PF par certaines FS à tout moment de la
journée (gardes et permanences).
 Améliorer la conduite du counseling ;
 A moyen terme
 Afficher les étapes du counseling selon BERCER ou du REDI dans
la salle PF ;
 Sensibiliser les hommes sur la PF.
 A long terme
 Aménager des salles spécifiques pour les activités de PF ;
 Intégrer les femmes qui ont fait l’expérience de la PF à la
sensibilisation des autres femmes qui sont réticentes.
7.2. Au Médecin Chef du District Sanitaire de Koudougou
 A court terme
 Former tous les prestataires en PF clinique ;
 Rendre disponibles toutes les MCM dans toutes les FS ;
 Doter les FS en matériel d’insertion des implants et du DIU
 A moyen terme
 Organiser des semaines locales (au niveau district) de PF afin
d’accroitre les connaissances de la population sur les MCM.
 Impliquer davantage les leaders religieux dans la sensibilisation de
la population sur la PF ;
 A long terme

81
 Rendre opérationnels les DBC des MCM ;
 Créer un cadre spécifique pour l’offre des services de contraception
aux élèves
 Organiser la supervision des activités de PF de façon trimestrielle

7.3. Au Directeur Régional de la Santé du Centre Ouest


 A court terme
 Faire un plaidoyer pour acquérir le matériel médicotechnique pour
l’insertion des MLDAR pour le district sanitaire de Koudougou ;
 Accompagner l’ECD dans les activités de sensibilisation sur la PF
 A moyen terme
 Faire un plaidoyer auprès du gouvernement via la DSF pour la
gratuité de la prise en charge des effets secondaires.
 A long terme
 Vulgariser la stratégie école des maris.
7.4. A la Directrice de la Santé de la Famille
 A court terme
 Doter les districts sanitaires en ressources financières pour le
renforcement des compétences du personnel dans le domaine de la
PF.
 A moyen terme
 Doter le district sanitaire de Koudougou de matériel d’insertion des
MLDAR.
 Intensifier la semaine PF à raison de deux semaines par an soit de
façon semestrielle.
 A long terme
 Vulgariser la stratégie école des maris dans tous les districts
sanitaires du pays.
 Intégrer la prise en charge des effets secondaires dans la gratuité
des prestations.

82
CONCLUSION
Les Méthodes Contraceptives Modernes (MCM) offrent d’énormes
avantages à la société en général et aux femmes en âge de procréer (FAP)
en particulier. Dans les pays développés, l’utilisation des MCM est
satisfaisante (72%). Cette forte utilisation permet de résoudre les
problèmes comme les grossesses non désirées et les avortements
clandestins. Malgré ces avantages, l’utilisation des MCM est faible dans
les pays en voie de développement. Le Burkina Faso, un pays de l’Afrique
de l’Ouest connait une sous-utilisation. C’est pourquoi nous avons voulu à
travers cette étude transversale à visée descriptive cerner les facteurs
expliquant le faible taux d’utilisation des MCM dans le district sanitaire de
Koudougou. L’enquête a été utilisée comme méthode. Nous avons utilisé
l’auto-administration du questionnaire, l’entretien et l’observation comme
technique. Au terme de l’étude, nous avons trouvé une insuffisance de
compétences des prestataires telle que la non maitrise de la conduite du
counseling (42,82% du taux de réalisation) et un manque de formation des
prestataires (31,58% de prestataires formés). Par rapport aux ressources,
nous avons trouvé une insuffisance de personnel qualifié (36,84%) pour
l’offre des MLDAR et une non continuité des services de PF. Les femmes
en âge de procréer avaient une insuffisance de connaissances sur les
avantages et les effets secondaires des MCM.
Vu ces insuffisances, nous avons formulé des suggestions à l’endroit des
acteurs de santé tels que de renforcer la compétence des prestataires par
la formation continue, d’offrir les prestations de PF à tous les moments de
la journée, de sensibiliser la population sur la PF et surtout les hommes et
de rendre gratuit la PF.
Toutefois, nous sommes consciente que notre travail comporte des limites.
L’exploration d’autres facteurs tels que l’influence des leaders religieux et
l’implication des époux pourrait constituer un complément à la présente
étude.

84
REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
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86
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87
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contraceptives modernes par les femmes en âge de procréer dans le
district sanitaire de Koupéla, mémoire de fin d’étude, ENSP Ouaga 2018,
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familial dans le district sanitaire de Dourbali au Tchad, mémoire de fin
d’étude ; ENSP Ouaga 2015, 129 pages.
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utilisation des méthodes contraceptives modernes dans le district sanitaire
de Kaya, mémoire de fin d’étude ENSP OUAGA, 2010, 123 pages.
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contraceptives modernes chez les femmes en âge de procréer : cas du
district sanitaire de Kongoussi, mémoire de fin d’étude, ENSP/Ouaga,
2017, 89 pages
29. Burkina Faso, Ministère de la Santé, PNDS 2011-2020, 2è édition 44
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30. Direction Régionale de la santé du Centre-Ouest, Plan d’action
2018,119 pages.
31. District sanitaire de Koudougou, Plan d’action 2018, 83 pages.
32. SÉNĒQUE. L. A.S., Les lettres à Lucilius, 65 an après J. C., 907 pages.
33. SANAMOU KANYILI M.E., Utilisation des méthodes contraceptives
modernes dans le département de Réo : ENSP Ouaga, 2001, 78 pages.

88
ANNEXES
Annexe 1 : Situation des FS retenues pour l’enquête des FAP

FORMATION VILLAGE
N° FAP ECHANTILLON
SANITAIRE
1 CSPS BINGO Bingo centre 2443 13
2 CSPS Yargo-Yarce Sougpelcé 1159 7
3 CSPS Godin w Yandré 3090 17
4 CSPS Imasgo Imasgo centre 2948 16
5 CSPS Lattou Lattou 937 6
6 CSPS Doure Douré 1132 7
7 CSPS sect8 Burkina 1442 7
8 CSPS Gogo Nogsom 1781 11
9 CSPS Ramogo Ramogkoudgo 2961 16
10 CSPS Villy Godin Nayiri 970 6
11 CSPS Itaweoghin Dopala 744 4
12 CSPS Some Sigi 2313 14
13 CSPS Nayalgue Signonghin 2033 12
14 CSPS Peyiri Sigoghin 3747 20
15 CSPS Palogo Youlou 1172 7
16 CSPS Salbisgo Sigom 1989 12
17 CSPS Nomgto Bisghin 518 3
18 CMK. Dapoya 6104 36
19 CSPS Villy Sigvoussé 3430 20
Total 19 19 39689 234
.

I
Annexe 2 : Guide d’entretien adressé aux femmes en âge de procréer
I. RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
Date de l’enquête /…./…./…../ Fiche N°/…../
Formation sanitaire : …………………. Village : ………….
II. CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES
1. Quel est votre âge (en année) /…/
2. Quel est votre niveau d’instruction ?
Non alphabétisée/…../ Alphabétisée/…./ Primaire/…./ Secondaire/…./
Supérieur/…../
3. Quelle est votre profession ?
Ménagère/…./ Commerçante/…../ Étudiante/Élève/…./ Fonctionnaire/…./
Autres………………
4. Combien d’enfants avez-vous ?
0/…./ [1-3]/…../ [4-6]/…./ [7et plus/…../
5. Quel est votre situation matrimoniale ?
Célibataire/…./ Mariée/…./ Divorcée/…./ Veuve/…./
6. Quelle est la religion que vous pratiquez ?
Chrétien/…/ Musulmane/…./ Animiste/…/ Autres/…./
III. CONNAISSANCES DES FEMMES EN AGE DE PROCRÉER SUR
LES MCM
7. Avez-vous déjà entendu parler des MCM ?
Oui/……/ Non/……../
Si Oui qu’est-ce que sait ?
 Favorise les naissances désirées/……/
 Espace les naissances/……/
 Évite les grossesses non désirées/……../
 Détermine le nombre d’enfants souhaité/………/
 Ne pas tomber enceinte/……./
 Autres/……/

II
8. Quels sont les avantages des MCM que vous connaissez ?
 Sanitaires (espacement des naissances/……../, améliore l’état
nutritionnel /……../, baisse des complications dues à la
grossesse/……../, diminuent avortements provoqués/……../
 Démographiques (emploi, ressources...) /…../
 Sociaux (amélioration de la qualité de la vie/……/, libération de la
femme pour les tâches productives/……../, réduction de la
pauvreté/……./)
 Autres
………………………………………………………………………
 Ne sait pas /…../

9. Quels sont les effets secondaires des MCM que vous connaissez ?
Amaigrissement/…../ Prise de poids/…../ Spotting/…../ Aménorrhée non
gravidique/…../ Irrégularité des règles/…../

Autres
…………………………………………………………………………….
Ne sait pas /…../

IV.PESANTEURS SOCIALES

10. Quelle est votre perception/opinion des méthodes contraceptives


modernes ?
Bonne/…../ Mauvaise/…../
Autres (à préciser) ......................................................................................

11. Quel est votre statut vis à vis des méthodes contraceptives
modernes
Utilisatrice actuelle/…./ Abandon /…../ Jamais utilisé /…. /
Si abandon ou jamais utilisé, pourquoi ?
Effets secondaires/…../ Désir d’enfants/…./ Souhait du partenaire/…./
Autres (à préciser) ……………………………………………………………

III
12. Comment juger vous le temps d’attente :

Court/…../ Moyen/…../ Long/…./

13. Quelles difficultés rencontrez-vous pour l’utilisation des MCM ?

14. Quelles suggestions pouvez-vous faire pour améliorer l’utilisation


des méthodes contraceptives modernes ?
……………………………………………………………………………………

MERCI POUR VOTRE PARTICIPATION.

IV
Annexe 3 : Questionnaire auto administré adressé aux prestataires

Bonjour,
Dans le cadre de notre mémoire de fin d’études à la Direction de la Formation
Supérieure en Sciences de la Santé (filière SESSIO), nous SAWADOGO T.
Angèle avons entrepris une étude sur les « Facteurs expliquant le faible
taux d’utilisation des méthodes contraceptives modernes (MCM) dans le
district sanitaire de Koudougou ». Les résultats de l’étude permettront de
comprendre la problématique de l’utilisation des MCM en vue d’une meilleure
planification des interventions. Ainsi nous sollicitons votre participation qui
consiste à répondre aux questions de la fiche d’enquête. Votre participation
est libre et volontaire. Nous vous garantissons de l’anonymat et la
confidentialité de toutes les informations que vous apporterez à nos questions.
Vos réponses nous apporterons une aide précieuse dans l’atteinte des
objectifs de l’étude. Aussi, nous vous remercions pour votre collaboration par
le remplissage effectif de ce questionnaire.

I. RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
Date de l’enquête /…../…../…. / Fiche N° /…../
Enquêteur……………………………………………………….
Formation sanitaire de…………………………………………….
II. Identification du prestataire
1. Sexe F/……/ M/………../
2. Quelle est votre qualification professionnelle ?
SFE/ME/…. / IDE/…. / IB/…. / AB/…. / AA/…./ AIS/…./ Autres
3. Fonction
ICP /………. / Responsable maternité/………/ Agent/………/
Si responsable de maternité ou ICP, quelle jugement faites-vous du
fonctionnement des services de distribution à base communautaire(DBC)
dans votre centre de santé :

V
Très satisfaisant/……/ Satisfaisant/…./ Peu satisfaisant/…../
4. Quelle est votre nombre d’années de service(Ancienneté)?
/…./ ans et /…../ mois
III. CONNAISSANCES DES PRESTATAIRES
5. Pouvez-vous nous donner la signification de l’acronyme BERCER
dans le cadre du counseling en PF ?
B=…………………………………………………………………………………
E=…………………………………………………………………………………
R=…………………………………………………………………………………
C=…………………………………………………………………………………
E=…………………………………………………………………………………
R=…………………………………………………………………………………
5. Quelle est la prévalence contraceptive visée par le Plan National
d’Accélération de la Planification Familiale du BF (PNA PF BF2017-
2020) ?...………%
6. Quel a été le taux d’utilisation des MCM visé par le district
sanitaire de Koudougou au cours de l’année 2018 ?…………%
7. Avez-vous été formés en PF clinique
Oui/…/ Non /…../
Si Oui quelle est la date de votre dernière formation ?
8. Avez-vous été déjà supervisés sur l’offre des MCM ?
Oui/…/ Non/……/
Si Oui quelle est la date de la dernière supervision ?
Si oui lesquels et pendant combien de temps
9. Les prestations de PF sont-elles assurées à tout moment même
pendant les gardes et les permanences ? Oui/…../ Non/……../
Si non quels sont les horaires de prestations des MCM ?
-jours ouvrables…….
-week-end………….
-jours fériés

VI
10. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’offre des
MCM ?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
11. Quelles sont vos suggestions pour améliorer l’utilisation des
méthodes contraceptives dans votre structure ?

Merci pour votre participation

VII
Annexe 4 : Guide d’entretien adressé au membre ECD
Fiche N°/……. /
I. INFORMATIONS GENERALES
Date de l’enquête /____/____/___/
Qualification…………………….
Fonction………………………….
Ancienneté dans le poste /___/ ans
II. COUVERTURE GEOGRAPHIQUE
1. Nombre total de formations sanitaires du district /____/
2. Nombre total de formations sanitaires mettant en œuvre la
PF/____/
III. RESSOURCES
3. Dernière date de formation des agents du district en PF clinique
4. Nombre total de prestataires formés en PF clinique au cours des
dernières années
2016/___/2017 /___/ 2018/___/
5. Ya-t-il des FS où les prestataires ne sont pas formés ?
Oui /___/ non /___/ si oui combien de FS/___/
6. Quel est le rythme des supervisions sur la planification familiale
dans les formations sanitaires du district ?
Mensuel /___/ Trimestriel/___/Semestriel /___/ Annuel /___/
7. Le district a-t-il connu une rupture des produits contraceptifs ?
Oui/____/ non /___/
Si oui lesquels ?.......................
IV. Difficultés et suggestions
8. Quelles sont les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre
des activités de PF ?
9. Quelles sont vos suggestions pour améliorer l’utilisation des
MCM dans le DSK ?

VIII
Annexe 5 : Liste de vérification des intrants contraceptifs
Date/……/……/……/ Enquêteur……...…….Formation sanitaire N°/……/
DÉSIGNATION DISPONIBILITE OBSERVATIONS
OUI NON
DISPONIBILITÉ DES
INTRANTS
CONTRACEPTIFS
MODERNES
Implanon
Jadelle
DIU
Pilules :
Microgynon
Ovrettes
Préservatif masculin
Préservatif féminin
Depo provera injectable
Sayana press injectable
Collier
Autres

IX
Annexe 6 : Liste de vérification des consommables.
Date/……/……/……/ Enquêteur……...…….Formation sanitaire N°/……/
Consommables Disponible Observations
pour PF
Oui Non
Gants stériles
Gants en vrac
seringues
Bétadine
coton
sparadrap
Alcool
compresse
xylocaïne
Autres

X
Annexe 7 : Liste de vérification du matériel médicotechnique
Date/……/……/……/ Enquêteur……...…….Formation sanitaire N°/……/

DISPONIBILITÉ DU DISPONIBILITE Observations


MATÉRIEL Oui Non
MÉDICOTECHNIQUE
Boite d’insertion jadelle
Boite d’insertion DIU
Tensiomètre
Matériel de PI
Table d’examen
Pèse-personne
1lampe baladeuse
Infrastructure pour la PF

Existence d’une salle PF


1table d’examen
1 table ou un bureau
1 rideau
Des chaises
1traverse ou un para-
avant
1fenetre de dehors et
loin des écoutes
1salle bien aérée
1 source de lumière
Matériel PI

XI
Annexe 8 : Liste de vérification du counseling selon BERCER
Fiche n°/………. /
Date de l’enquête……………………………………………………………
Nom et prénom (s) de L’l’enquêteur :……………………………………..

INSTRUCTION
Noter la performance de chaque étape ou tache observée en
utilisant l’échelle suivante :
1. Fait
2. Non fait

ETAPES/TACHES CRITERES D’APPECIATION


CAS OBSERVATI
Fait Non fait ONS
I. BIENVENUE
L’agent :
1. Salue la cliente
2. L’invite à s’asseoir
3. Fait les présentations
4. Met la cliente en confiance et à
l’aise
II. ENTRETIEN
5. Montre sa disponibilité par une
écoute attentive et active
6. Rassure la cliente sur le caractère
confidentiel de l’entretien
7. Aider la cliente à exprimer ses
besoins et ses buts en matière de
reproduction
8. Explique les prestations offertes par
le service
9. Explique ce qui va se passer durant
cette visite
10. Recueille les informations utiles
sur le client
11. Fait un résumé de l’ensemble des
informations reçues
RENSEIGNEMENTS :

XII
12. Si le problème du client est bien défini
lui demander ce qu’il a déjà fait ou pense
faire pour résoudre le problème
13. Evalue les connaissances du client
en matière de planification familiale
14. Corrige les informations erronées si
nécessaire
15. Fournit des informations sur toute la
gamme des produits contraceptifs
disponible
16. Présente chaque produit : forme
galénique, mode d’action, Mode
d’utilisation, durée d‘action, avantages et
limites, taux d’efficacité, Effets
secondaires et signes avertisseurs
17. S’assure de la compréhension du
client en lui posant des questions
précises et pertinentes.
III. CHOIX/DECISION
18. Aide la cliente à choisir la méthode
qui lui plaît
19. N’influence pas le choix de la cliente
20. répète les informations sur la
méthode si nécessaire
IV. EXPLICATIONS
21. Vérifie qu’il n’existe pas une contre-
indication médicale à la méthode choisie
et l’en informe
22. Renforce les informations sur la
méthode choisie (présentation du produit)
23. Demande au client de répéter les
instructions
24. Répondre à toute question restante
du client
25. Assurer le client de la disponibilité
des prestataires en cas de besoin
26. Remplit le dossier du client
V. RENDEZ VOUS
27. Négocie le rendez-vous pour une
visite de contrôle
28. Marque le Rendez-vous dans le
carnet
29. Dit au revoir à la cliente

XIII
Annexe 9 : Liste de vérification de l’insertion des implants
Fiche n°/………. /
I. INFORMATION GENERALE
Formation sanitaire
de:………………………………………………………………
Date de l’enquête:/………/…………./………/
Nom et prénom(s) de
l’enquêteur ………………………………………………..

INSTRUCTION
Noter la performance de chaque étape ou tache observée en
utilisant l’échelle de notation suivante :
1. Fait
2. Non fait

ETAPES/TÂCHES CRITERES D’APPRECIATIONS


CAS
Fait Non OBSERVATIONS
fait
TÂCHES AVANT L'INSERTION
1 Accueillir la cliente poliment
2. Demander à la cliente si elle
désire toujours que l’implant soit
inséré
3. laver le bras et la main avec du
savon et de l’eau
4. Expliquer à la cliente la procédure
et demander à la cliente si elle a des
questions.
5. Mettre un linge sec et propre sous
le bras de la femme
6. Marquer le point de repère de
l’insertion
7. vérifier la présence des
instruments stériles et le ou les
implant(s)

XIV
8. Indiquer à la cliente ce que l’on va
faire
9. Se laver les mains avec de l’eau
et du savon et les essuyer avec un
linge propre
TȂCHES PENDANT L'INSERTION
10. Porter les gants stériles
11. Préparer le site de l’insertion
avec une solution antiseptique
12. Injecter un anesthésique local
sous la peau à l’endroit de l’injection
pour gonfler légèrement la peau
13. Avancer l’aiguille d’environ 4 cm
et injecter l’antiseptique local en
intradermique
14. Vérifier qu’il y a un effet
anesthésique avant de faire
l’incision
15. Insérer le trocart sous la peau
16. Tout en soulevant la peau,
avancer avec le trocart et le mandrin
jusqu’à la marque (1) près de la
garde du trocart
17. Retirer le mandrin et charger la
capsule dans le trocart en utilisant
soit le pouce et le doigt ganté soit
sur les pinces
18. Réinsérer le mandrin et
l’avancer jusqu’à ce qu’on sente une
résistance
19. Tenir le mandrin fermement en
place avec une main et retirer le
trocart de l’incision jusqu’à ce que la
garde arrive au manche du mandrin
20. Retirer le trocart et le mandrin
ensemble jusqu’à ce que la marque
(2) près du bout du trocart
apparaisse dans l’incision
21. Retirer le trocart de l’incision
après l’insertion de la dernière
capsule
22. Palper les capsules pour vérifier
qu’elles sont toutes insérées en
éventail

XV
23. Palper l’incision pour vérifier que
les capsules sont éloignées de
l’incision
24. Resserrer les lèvres de l’incision
et la refermer avec un sparadrap
25. Remplir l’aiguille et la seringue
avec une solution chlorée ensuite
purger la solution
26. Placer tous les instruments dans
une solution de chlore pour la
décontamination
27. Evacuer les déchets avec
précautions selon les directives
28. Se laver les mains
soigneusement avec de l'eau et du
savon
29. Remplir le dossier de la cliente
TÂCHES POST-INSERTION
30. Discuter avec la cliente de ce
qu'il faut faire si elle connaît des
effets secondaires ou des
problèmes
31. Assurer à la cliente qu'elle peut
demander qu'on lui retire les
implants à n'importe quel moment
32. Enseigner les signes de danger
à la cliente
32. Demande à la cliente si elle a
des questions

XVI
Annexe 10 : Liste de vérification de la pose du DIU
Fiche N°
I. Informations générales
Formation sanitaire de………….
Nom et prénoms de l’enquêteur……………
II. Élément d’observation
Taches Critères Appréciations Observations
Fait Non fait
Tâches avant l’insertion du
DIU
Le prestataire
1. le prestataire poliment, se
présente, l’invite à s’asseoir
et garantit son intimité
2. demande à la cliente si
elle désire toujours que le
DIU soit inséré
3. recherche les antécédents
en santé de la reproduction
4. explique à la cliente qu’on
procèdera à un examen
pelvien et lui demande si elle
a des questions
5. s’assure que l’équipement
et les fournitures
nécessaires sont disponibles
dans la salle d’examen
6. installe la cliente sur la
table d’examen
7. demande à la cliente de
vider sa vessie
8. indique à la cliente ce
qu'on va faire et l'encourage
à poser des questions
9. se lave les mains
soigneusement avec de l'eau
et du savon et les sèche
avec un linge propre
10. Palpe l'abdomen et
vérifie la sensibilité sous-

XVII
pubienne ou pelvienne ni
d'anomalies annexielles
11. porte des gants à usage
unique
12. dispose les instruments
et le matériel
13. fait un examen au
spéculum
14. retire les gants et les
jette dans une poubelle
étanche
15. effectue un examen bi
manuel
16. retire les gants et les
jette dans une poubelle
étanche
17. se lave les mains
soigneusement avec de l'eau
et du savon et les sèche
avec un linge propre
Tâches pendant l’insertion
du DIU
18. charge le DIU dans son
emballage stérile
19. porte des gants à usage
unique
20. insère le spéculum
vaginal et examine le col
21. Désinfecte le col et le
vagin avec un antiseptique
22. saisit doucement le col
avec une pince à col
23. Sonde l'utérus en
utilisant la technique "sans
toucher "
24. Ajuste le curseur pour
obtenir la même mesure sur
le tube inséreur
25. inséré le DIU en utilisant
la technique du retrait
26. coupe les fils à 3 cm du
col et retire doucement la
pince à col
XVIII
27. observe la femme au
moins 15 minutes sur la
table en attendant de remplir
le dossier
28. Place les instruments
utilisés dans une solution
chlorée pour les
décontaminer
29. traite les déchets avec
précaution selon les
directives
30. retire les gants et les
jeter à la poubelle
31. se lave les mains
soigneusement avec de l'eau
et du savon
32. remplit le dossier de la
cliente
Tâches après insertion DIU
33. discute de ce qu'il faut
faire si la cliente connaît des
effets secondaires ou des
problèmes
34. assure à la cliente qu'elle
peut demander qu'on lui
retire le DIU à n'importe quel
moment
35. enseigne les signes de
danger à la cliente
36. demande à la cliente si
elle a des questions
37. Planifie avec la cliente la
prochaine visite et nettoie le
plan de travail

XIX
Annexe 11 : Autorisation d’enquête

XX
Annexe 12 : Carte sanitaire du district de Koudougou

XXI

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