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LA TRANSFUSION SANGUINE

M. CHEIKH Y. DIÉDHIOU
Enseignant ENDSS Tél: 775507294
OBJECTIFS
Expliquer les risques transfusionnels, les règles de
prévention et les principes de traçabilité;

Prescrire une transfusion des dérivés du sang

Appliquer les mesures immédiat en cas de transfusion


mal tolérée.
Sommaire des compétences attendues
1 - Connaître les produits sanguins labiles et médicaments dérivés du sang utilisés en thérapeutique;
2 - Indications des transfusions de produits sanguins labiles;
3 - Enoncer les gestes qui s’imposent avant la mise en œuvre de toute transfusion
4 - Connaître les aspects médicaux légaux du donneur au receveur;
5 - Les analyses en immunohématologie érythrocytaires en vue d’une transfusion de produits sanguins
labiles;
6 - Enoncer les gestes qui s’imposent devant une transfusion mal tolérée;
7 - Enoncer les principaux accidents immunologiques de la transfusion sanguine;
8 - Enoncer les principaux accidents non immunologiques de la transfusion sanguine;
9 - Enoncer les principales maladies transmissibles par la transfusion;
10 - Enoncer les conditions d’un don du sang standard et les motifs d’exclusion;
11 - Connaître les gestes qui s’imposent après toute transfusion;
12 - Connaître les groupes sanguins érythrocytaires utiles en transfusion sanguine et responsables d’allo-
immunisation foeto-maternelle.
INTRODUCTION

La transfusion sanguine est une discipline aux


confins de l’hématologie et de l’immunologie : elle
implique la médecine, la biologie, la bio-industrie
et la sociologie ; elle repose sur l’éthique.
La transfusion sanguine consiste à administrer le sang
ou l’un de ses composants (globules rouges, plaquettes,
granulocytes, plasma, protéines) provenant d’un ou
plusieurs sujets appelés « donneurs », à un ou plusieurs
sujets malades appelés « receveurs ».
L’élaboration de produits cellulaires dits labiles,
nécessaires au traitement des malades, n’est possible
que par la mise en oeuvre d’une chaîne de solidarité
dont le premier maillon est constitué par les donneurs
de sang bénévoles.
La mise à disposition des produits doit obligatoirement
répondre à des règles de bonnes pratiques
transfusionnelles : prélèvement, préparation, qualification
biologique, distribution et indications cliniques.

Le respect de ces règles est une nécessité absolue.


I. LES RÈGLES TRANSFUSIONNELLES

A. PRINCIPE
Apporter le produit qui manque, seulement celui-ci et seulement
si c’est nécessaire.
• La décision de transfuser est une décision médicale. Elle doit
prendre en compte les différents aspects
• cliniques, biologiques et éthiques hors d’un contexte d’urgence
vitale.
• Dans un contexte d’urgence vitale, la décision de transfuser doit
toujours être :
 circonstanciée,
 discutée,
 et motivée.
B. LE SYSTÈME ABO RHESUS

En 1900, Landsteiner observe que le plasma de différents


sujets agglutine les hématies de nombreux autres sujets et,
poursuivant ses études, il en déduisit l’existence des
groupes A, B, et O. Un an plus tard, De Castillo décrit un
quatrième groupe : AB.

Curieusement, l’importance de ces groupes sanguins pour


les transfusions n’a été perçue que dix ans plus tard
car ce n’est qu’en 1910 que les règles de la
transfusion sanguine ont été édictées par Schultz et
Ottenberg.

En 1924, Bernstein démontre la transmission


héréditaire selon les lois de Mendel des facteurs de
groupes sanguins.
SYSTÈME ABO

Ensemble d’antigènes génétiquement déterminés,


présents à la surface de la membrane des cellules
sanguines, regroupés en systèmes génétiquement
codés et indépendants les uns des autres
Chaque gène code soit pour A, soit pour B soit ni A,
ni B (« O »).

Les groupe sanguins possibles sont donc:


• A (Génotype AA ou AO)
• B (Génotype BB ou BO)
• AB (Génotype AB)
• O (Génotype OO)
Chaque personne possède des Anticorps naturels,
de type IgM dirigés contre les protéines qu’il ne
possède pas:

• Anti A si groupe B
• Anti B si Groupe A
• Anti A et Anti B si Groupe O
• Aucun si Groupe AB
Les Ac naturels du donneur ont peu d’importance car le
plasma est en grande partie retiré par conséquent le taux
d’Ac reste très faible.

Les GR transfusés ne doivent pas être reconnus par les Ac


naturels du receveur.
D
O A B AB
R
O OUI

A OUI OUI

B OUI OUI

AB OUI OUI OUI OUI


Remarque

Certains donneurs O possèdent des


hémolysines Anti A et/ou Anti B ils ne
peuvent alors donner qu’aux patients O
C. LE SYSTÈME RHESUS

Il comprend de nombreux Ag codominants, présents


uniquement sur les GR, dont 5 sont essentiels en clinique:

• D : le plus immunogène( Rhésus +: 85%)


• Dd (absence de D= Rh -)
• C et c; E et e.

Il n’existe pas d’Ac naturels anti rhésus.


Toute transfusion de GR doit au moins être
compatible en rhésus D:

• Receveur dd : donneur dd(Rh-)


• Receveur D : donneur dd ou D.

Chez les femmes avant la ménopause et chez les


patients multi transfusés, la compatibilité doit être
élargie aux Cc et Ee.
N.B.

S’il existe des AC anti Rh, il s’agit d’AC :

 ACQUIS;
Allo immuns ou auto immuns
 Irréguliers( absent chez la majorité des personnes)
Ac immuns IgG
Ac immuns IgG
RÉSUMÉ
 Ne jamais apporter un antigène que le receveur n’a pas.

 Bien vérifier le phénotype du receveur et celui du


donneur avant de transfuser.

 Bien vérifier la RAI avant de transfuser.

RAI= c’est la Recherche d’Agglutinines Irrégulières.


Cette recherche (RAI) doit être demander au Laboratoire
dans la prévention

 des accidents Immuno-hémolytiques;


 à certains patients susceptibles à court terme d’être
transfusés;
Chez les polytransfusés;
 dans le suivi post transfusionnel;
 dans le cadre du dépistage et du suivi de l’Allo
immunisation fœto-maternelle.
Incompatibilités sanguine Foeto-maternelle

C’est le résultat d’une Iso immunisation, dans le


groupe Rh le plus souvent, avec production par la
mère Rh- d’Ac anti Rh+ après sensibilisation lors
d’une 1ère naissance ou d’un avortement d’un
enfant Rh+ dirigé contre son Rh+.
Figure illustrant le cas d’Iso immunisation
Ces Ac passent la barrière placentaire et vont détruire les
hématies foetales aboutissant ainsi à la libération dans la
circulation sanguine de l’enfant de bilirubine circulant ou
être épurée par le foie immature du N.Né sous forme libre;
elle risque de traverser la barrière méningée et de se fixer
sur les noyaux gris centraux conduisant alors à des lésions
cérébrales irréversibles.
Prise en charge Thérapeutique
Dans les forme légère la prescription du Phénobarbital
commercialisé sous le nom de Gardenal*, catalyse le métabolisme
hépatique de la bilirubine
• la photothérapie : les Rayons U.V augmentent la dégradation
cutanée de la bilirubine. Elle peut être un TTT suffisant.
Dans les formes graves,
Il faut déterminer le Taux de bilirubine dans le sang.

La transfusion trouve ici une INDICATION sous


forme d’épuration sanguine par exsanguino-
transfusion après cathétérisme de la veine
ombilicale.
Ah ! voici un patient
qui veut faire un
don, je le consulte
pour voir s’il est apte
à donner son sang…
II. PRODUITS SANGUINS LABILES (P.S.L.)
RÉALISÉS AU SÉNÉGAL PAR LE CNTS
1. LE DON
Limites légales:
• 18 à 65 ans
• Sang : Hommes 5 dons/ an max.
• Femmes 3 dons/ an
• 2 mois au moins entre 2 dons
• Plaquettes: 5 dons max /an.
• Le don dirigé pour un patient précis est interdit sauf dans l’allo-immunisation
foeto maternelle où la mère peut donner à son enfant( le sang sera alors
irradié).
• Apres interrogatoire et recherche de facteur de risque pouvant être C-I pour le
don, les examens suivants sont effectués chez le donneur: NFS,GSRH,Sérologies(
syphilis,HIV,Hépatites B,C,A…)
2. LE SANG TOTAL

a. obtention :
C’est le sang directement obtenu après prélèvement ;
c’est la matière de tous les autres produits sanguins
labiles.

b. effet de la température :
Suivant la durée de la conservation, la température est
susceptible de modifier certains paramètres :
J0 J7 J14 J21

Viabilité des GR 100% 98% 85% 80%

pH plasmatique 7,2 7 6,89 6,64

2,3DPG 100% 40% 20% 15%

K plasmatique 3,9 11,9 17,2 21

Hb plasmatique 1,7g/dl 7,8 12,5 19,1

ATP 100% 60% 30% 25%

Dans les pays développés, le sang total n’est plus utilisé au-delà de trois jours.
c. effet de la température sur le 2,3DPG :
Son taux est entièrement maintenu pendant 12 à 14 jours
si le prélèvement est immédiatement réfrigéré ; en 20
heures à la température ambiante, il est totalement
détruit ; il peut être conservé pendant 6 à 24 heurs à 22°c
(température ambiante européenne).
d. Indications :
• Son indication absolue est l’exsanguino-transfusion au cours
des intoxications graves, dans l’ictère du nouveau-né lors de
la maladie hémolytique du nouveau-né.

• Le volume de sang total à transfuser est fonction du poids


du malade, des pertes évaluées, de l’hématocrite et du taux
d’hémoglobine. Pour augmenter l’hématocrite de 1%, il faut
transfuser 2ml/kg ; et pour augmenter le taux
d’hémoglobine de 1g/dl, on transfuse 6ml/kg

• On l’utilise également dans les hémorragies accidentelles


brutales ou les interventions chirurgicales hémorragiques.
3.LE CONCENTRE DE GR
a. obtention :
Centrifugation de la poche de sang total entre 60 et 80000g/min à 4°c.
b. caractéristique :
• volume : 200 à 250 ml
• taux d’hémoglobine : >22g/dl
• hématocrite : 50 à 70%
c. conservation
2 à 4°c pendant 35 jours
d. indication
Anémies aigues ou chroniques mal supportées ou survenant dans un terrain de
risque cardiovasculaire.
e. intérêt :
Utilisation d’un petit volume pour élever pour avoir l’effet voulu. La transfusion
d’un concentré globulaire élève en moyenne le taux d’hémoglobine de 1g/dl et
l’hématocrite de 2%.
4. LE PLASMA FRAIS CONGELÉ

a. obtention :
Centrifugation dure de 60 à 80000g/min du sang total dans les 6 heures qui suivent
le prélèvement ; au-delà de 6 heures, le plasma perdra beaucoup de ses
caractéristiques.

b. caractéristiques :
• Volume : 200ml
• Limpide et sans signe d’hémolyse
• pH : 7 à 7,4
• facteur VIII : > 0,7UI/ml soit 140UI par poche. Une ampoule commerciale
de facteur VIII contient 1200UI soit environ 9 poche de PFC.

c. Conservation :
• -30°c pendant un an.
d. Indications :
• déficit en facteurs de la coagulation
• dans les coagulopathies de consommation avec effondrement de tous
les facteurs
• hémorragie aiguë entrainant un déficit global de facteurs de la
coagulation.
• déficits congénitaux en facteurs de la coagulation
• hypoprotidémies.
• Respecter les groupes ABO dans la mesure du possible, ce qui éviterait
les risques d’incompatibilité au cas où le plasma contiendrait de GR
résiduels.

Remarque :
Ne jamais utiliser le plasma comme liquide de remplissage, sauf pour une
auto-perfusion.
5. CONCENTRÉ DE PLAQUETTES

a. obtention :
• Il est obtenu par doubles centrifugations à partir du sang total prélevé sur une poche
triple et conservé entre 18 et 24°c :
• Première centrifugation : effectuée entre 10000et 12000G/min et donne du plasma et
un concentré globulaire ;
• Deuxième centrifugation du plasma: effectuée entre 20000 et 25000g/min et donne un
concentré plaquettaire et un plasma pauvre en plaquettes.

b. caractéristiques
• Volume : 60 à 40ml par unité, contenant chacun environ 0,375.1011plaquettes
• pH : entre 6 et 7,4
• sans signe d’hémolyse

c. conservation
• Entre 20 et 24°, pendant 4 à 5 jours, sous agitation continue ; cette agitation permet
d’éviter l’agrégation des des plaquettes. Les systèmes de transport et de conservation
doivent donc toujours être munis d’un mécanisme d’agitation.
d. indication
• dans les thrombopénies
• la prévention d’hémorragies liées à une thrombopénie
• dans les aplasies médullaires si le nombre de plaquettes < 20000/mm3
• dans les interventions chirurgicales si les plaquettes sont < 50000/mm3
• dans les transplantations hépatiques

e. posologie
• Une unité /10kg de poids ; il faut donc 6 à 8 unité pour
une transfusion efficace, ce qui augmente le risque
immunologique et infectieux.
• Le CP d’aphérèse, obtenu auprès d’un donneur par
cytaphérèse, permet de réduire ces risques ; respecter les
groupes ABO dans la mesure du possible.
• Une unité /10kg de poids ; il faut donc 6 à 8 unité pour une
transfusion efficace, ce qui augmente le risque immunologique et
infectieux.
• Le CP d’aphérèse, obtenu auprès d’un donneur par cytaphérèse,
permet de réduire ces risques ; respecter les groupes ABO dans la
mesure du possible.
II. INDICATIONS SPÉCIFIQUES DE LA TRANSFUSION
SUIVANT CERTAINES SITUATIONS CLINIQUES

Comme il a été déjà précisé, la transfusion est essentiellement un


traitement substitutif. Aussi, pour utiliser à bon escient la grande
variété de produits sanguins disponibles, il est nécessaire de
connaître la base physiologique des indications des transfusions,
comme il est important de considérer la transfusion en tant qu’acte
médical : le médecin doit se sentir impliqué aussi bien dans le choix
thérapeutique que dans sa pratique.
Dans tous les cas, l’indication doit être précise, la dose calculée, le
schéma thérapeutique. Cela nécessite de connaître des éléments
quantifiés, comme l’appréciation des volumes sanguins total,
plasmatique, globulaire, et la nature exacte du déficit qu’il faut
compenser. Ces éléments peuvent être évalués sur des bases
simples, s’appuyant sur des paramètres cliniques et biologiques
(poids, âge, masse corporelle, état cardique, taux d’hémoglobiline,
taux de plaquettes, etc.)
1. Les hémorragies aiguës
Les hémorragies aiguës avec hypovolémie nécessitent qu’un volume
circulant efficace soit rapidement établi, la capacité respiratoire doit
aussi être renforcée si bein, Que, L’hémostase devra aussi être
rétabli. La transfusion devra être d’antant plus immédiate que l’état
cardiovasculaire du sujet est précaire.

Une pratique communément admise consiste à transfuser du sang


total ou des unités de concentrés globulaires, simultanément avec
des substituts tels que des cristalloïdes, des colloïdes, des plaquettes
ou des facteurs de la coagulation. Les éléments qui permettront
d’apprécier le besoin quantitatif en produits sanguins découleront de
l’existence des signes de choc et de l’appréciation de l’importance
et/ou de la persistance des signes hémorragiques.
2. Transfusion en chirurgie générale

Avant l’intervention, la transfusion de concentrés


globulaires assure la correction d’une anémie, tandis que
l’utilisation éventuelle d’autres produits permet de
présenter le malade en salle d’opération avec une volémie
normale et une hémostase correcte.
Pendant l’intervention, le chirurgien et l’anesthésiste-
réanimateur auront la responsabilité de moduler l’apport
des produits sanguins adéquats pour maintenir la masse
sanguine et une capacité d’oxygénation tissulaire

Après l’intervention, il appartient au réanimateur d’utiliser


éventuellement les produits sanguins appropriés pour
obtenir une correction des anomalies pouvant exister en
post-opératoire immédiat.
3. Transfusion dans les anémies

L’hypoxie tissulaire due à une anémie peut être corrigé par


la transfusion exclusive de concentrés globulaires. Elle n’est
pas absolument justifiée dans les anémies pour lesquelles,
il existe une thérapeutique étiologique médicamenteuse :
vitamine B12, fer, acide folique, corticoïdes, etc.
Dans tous ces cas, la transfusion ne présenter qu’un
traitement symptomatique, d’urgence, visant à compenser
une anémie trop intense et mal supportée, ou faisant courir
un danger cardiovasculaire sur un terrain à risque.

Lorsque l’indication est justifiée, le choix du nombre et du


rythme de transfusion devra tenir compte du degré
souhaitable de la réparation de l’anémie, de la masse
sanguine, de la capacité spontanée de régénération de
réparation médullaire, et de l’effet escompté du traitement
médical, tout en mesurant les risques de la transfusion,
notamment en matière d’allo-immunisation
 les anémies centrales non carentielles : hémopathies malignes,
aplasies rythroblastopénies, dysérythropoïéses acquises;

Thalassémies et drépanocytoses;

 Anémies hémolytiques auto-immunes;

Réanimation transfusionnelle;

transfusion dans les troubles de l’hémostase .

maladie hémolytique du nouveau-né;


La question essentielle est de savoir si le nouveau-né doit ou non
subir une exsanguino-transfusion qui substituera à ses hématies
des globules rouges sélectionnées, invulnérable à la fois à l’action
des Ac anti-D maternels et à celui des Ac ABO naturels.

Son indication dépend des critères suivants :


• élévation majeure du taux de bilirubine libre dans le sang de
cordon ;
• taux d’hémoglobine < 12 g/l quelque soit le taux de bilirubine.

Les indications sont encore plus larges chez les prématurés. Les
exanguino-transfusions ultérieures auront pour but d’épurer
l’organisme du nouveau-né en bilirubine.
L’exanguino-transfusion peut être substituée par la
perfusion d’albumine afin de limiter le risque de
déplacement de la bilirubine du plasma vers les
tissus ; on peut aussi utiliser la photothérapie
contrôlée, conventionnelle ou de haute énergie, qui
détoxique la bilirubine.

• transfusions in utero
REMARQUE

Du sang Rh – ou compatible peut être introduit dans la


cavité néonatale du fœtus, guidé par échographie. Ces
transfusions trouvent leur indication lorsque l’atteinte
fœtale est si grave qu’elle ne permet pas d’attendre un
accouchement prématuré.
4. LES CONTRÔLES
A l’occasion de chaque don, le donneur fait l’objet :
d’un contrôle clinique :
• entretien médical,
• examen général.
Il permet d’éliminer certaines contre-indications au don.
Cette étape est définie comme « l’ensemble des mesures
visant à réduire ou à éliminer les risques immunologiques ou
infectieux liés à la transfusion de produits sanguins »
(circulaire DH/DGS/3B/4 du 15 janvier 1992).
Contrôles biologiques obligatoires :
• NFS
• dépistage syphilis
• détection de l’Ag HBs, anticorps anti-HBc
• dépistage des anticorps anti VIH1/VIH2
• dépistage des anticorps anti VHC
• diagnostic génomique viral : VIH/VHC
• dépistage des anticorps anti-HTLV1/HTLV2
• groupe sanguin et phénotype rhésus Kell
• dépistage des hémolysines Anti-A et Anti-B
• recherche des anticorps anti-érythrocytaires (RAE)
• dépistage du CMV (cytomégalovirus) non obligatoire.
• Et en cas de voyage en zone d’endémie du Paludisme : sérologie
antipaludéenne.
5. L’ACTE TRANSFUSIONNEL
L’acte transfusionnel est réalisé :
• par les médecins

ou sur prescription médicale par :


• les sages -femmes
• le personnel infirmier.
IMPORTANT !
Chaque fois que cela est possible, le prescripteur
réalise l’information éclairée et tracée du patient
sur l’éventualité de la transfusion. Il recueille son
accord et lui recommande la réalisation des
examens sérologiques pré-transfusionnels.

En cas de refus de la transfusion et/ou des examens


sérologiques, celui-ci est enregistré dans le dossier
transfusionnel.
1. ÉTAPES DE L’ACTE TRANSFUSIONNEL

Il est considéré sept étapes importantes

• Etape 1 : la demande d’examens I-H (GS Phénotype RH Kell et RAI,)


• Etape 2 : la demande de P.S.L. (Produit sanguins Labile)
• Etape 3 : la réception des P.S.L
• Etape 4 : les modalités de conservation des PSL dans l’unité de soins et
quantité à transfuser
• Etape 5 : la réalisation de l’acte transfusionnel
• Etape 6 : la traçabilité et documentation
• Etape 7 : la C.A.T. devant un incident transfusionnel.
2. LES MODALITÉS DE CONSERVATIONDES PSL DANS
L’UNITÉ DE SOINS ET QUANTITÉ A TRANSFUSER

A. MODALITES DE CONSERVATION EN SALLE DE SOINS

• Les CGR : dans les six heures suivant leur réception dans
l’unité de soins.
• Le plasma frais congelé (PFC) : dans les six heures
suivant leur réception dans l’unité de soins.
• Les plaquettes : à transfuser immédiatement dès leur
réception.
B. LA PREPARATION DE L’ACTE TRANSFUSIONNEL

Nécessite :
De disposer de tous les documents :
• La prescription,
• La Fiche Distribution Nominatives( FDN),
• Les documents de groupage et du résultat de la RAI.

De prévoir le matériel à utiliser :


• PSL à transfuser,
• Dispositif de transfusion,
• Dispositif de contrôle ultime
• Et disponibilité d’un chariot d’urgence.
De préparer le patient :

• Eviter de transfuser la nuit;


• Vérifier que le patient est informé;
• Noter les constantes cliniques (température, TA, le pouls
et la conscience);
• Et surtout+++ de s’assurer de la présence du médecin à
proximité.
• Si le médecin doit s’absenter, il doit prévenir le médecin
de garde;
C. QUANTITÉ Á TRANSFUSER ET DÉBIT

Transfusion de C.G.R. :
• Adultes : 1 CGR augmente l’Hb de 1 g.
• Enfants : 3 à 4 ml/kg augmente l’Hb de 1 g.

Une Efficacité clinique.


• Transfusion de PFC : 10 à 15 ml/kg.

Efficacité : Arrêt des saignements, augmentation des facteurs de


coagulation.
Chez les enfants
La quantité en ml à transfuser est fonction

 du produit à utiliser( sang total ou culot globulaire)

 Du poids(P) en kg de l’enfant

 de l’Hématocrite(Ht) ou de l’hémoglobiline(Hb) du patient

 de l’Hématocrite fin(Htfin)ou Hbfin théorique final que l’on


désire obtenir après la transfusion
En général et à tous âges, confondus, le but de la
transfusion n’est pas de remonter totalement le taux d’Hb
à la normale mais d’obtenir un taux suffisant pour qu’il n’y
ait pas de répercussion de l’anémie à court , moyen et long
terme.

Pour augmenter l’Hb du patient de 1g, il faut transfuser


6ml/g de poids de sang total ou 3ml/kg de culot globulaire.
SANG TOTAL:

• Q(ml)=2xP(kg)x(Htfin-Ht)

• Ou Q(ml) =6xP(Kg)(Hbfin-Hb)

Culot Globulaire:

• Q(ml)=P(kg)x(Htfin-Ht);

• Ou Q(ml) =3xP(Kg)(Hbfin-Hb)
De plus, en absence d’Hémorragie aigue, il ne
faut pas transfuser en une seule fois plus de
20ml/Kg de sang Total ou plus de 10ml/kg de
culot globulaire (risque de surcharge cardiaque)
Ce chiffre étant ramener en cas d’anémie très
profonde(Hb inf. à3 g/dl)
LE DÉBIT

• Le débit de transfusion est de 4 à 8 l/Kg/Heure


soit 1 à 2 gouttes/Kg/mn( 1ml=15 gouttes).

• Il peut être accélérer en cas de Collapsus


hémorragique ou ralenti s’il existe un risque
de surcharge
LA RÉALISATION DE L’ACTE TRANSFUSIONNEL

L’acte transfusionnel requiert une attention particulière


sur :

1.Les principes de sécurité à respecter,


2. La préparation de l’acte transfusionnel,
3. Le contrôle ultime pré transfusionnel,
4. La surveillance de la transfusion
5. conservation du matériel utilisé
A. LES PRINCIPES DE SÉCURITÉ

Il convient de respecter :

• L’unité de temps : contrôle simultané de l’identification


du receveur et de la poche à transfuser;

• L’unité de lieu : contrôle ultime en présence du patient;

• L’unité de personne : réalisation de tous les contrôles par


la même personne
C. LE CONTRÔLE ULTIME PRÉTRANSFUSIONNEL

Le contrôle ultime pré transfusionnel se fait en deux


temps et au lit du malade :
 un contrôle de concordance,
 un contrôle de compatibilité.

Le contrôle ultime au lit du malade (CULM) est le


dernier verrou de sécurité.
1. Le contrôle de concordance

a. Vérification de l’identité du receveur :


- Le malade décline son identité
- Par procédure d’identification.

b. Concordance « identité receveur » sur :


- Prescription des PSL, documents de groupage, FICHE ,
étiquette ETC…
- de compatibilité (s’il y a lieu).
c. Concordance du groupe sanguin :

• Sur le document de groupage


• Sur la FDN
• Sur l’étiquette du PSL.

d. Concordance d’identification des P.S.L :


• Type de PSL
• N° à 11 chiffres
• Groupage
• Qualification (ou la transformation s’il y a lieu)
• Respect du protocole transfusionnel et la date de
péremption.
2. Le contrôle de compatibilité
a. A partir du sang du patient et des globules à transfuser.
b. A l’aide d’un dispositif de contrôle ultime vérifié.
c. Selon les dispositions du protocole prévu au sein de la
structure de santé;

Les résultats du contrôle doivent être notés sur le dispositif.

Si une anomalie ou un doute subsiste sur la concordance ou la


compatibilité,
Ne pas transfuser et joindre le médecin responsable !!! Ou
contacter le laboratoire ou Banque de sang.
3. les erreurs possibles
a. des erreurs de manipulations :
• trop de sang
• trop de sérum physiologique
• pas assez de sang
• pas de sérum physiologique
• sang déposé sur les sérums tests
• utilisation d’eau distillée
• confusion donneur/receveur
• o agitateur pas ou mal essuyé.
b. des erreurs d’interprétation
• présence de rouleaux d’hématies
• confusion agglutination/sédimentation
• confusion donneur/receveur
• confusion antigène/anticorps.
4. Quelques exemples de CULM

Agglutination patient et du culot

Pas d’agglutination patient et du culot


D. LA SURVEILLANCE DE LA TRANSFUSION ET
CONSERVATION DU MATERIEL UTILISE

1. La surveillance doit être :


 continue pendant les 15 premières minutes ; ensuite,
adaptée à l’état clinique du patient.

 prolongée pendant la transfusion.

 les constantes à surveiller : température, TA, pouls et la


conscience.
2. La durée de conservation du matériel :

 Il est nécessaire de conserver le matériel pour une durée


minimum de 2 heures.

 La poche avec le dispositif de perfusion clampé.

 Le support de contrôle de compatibilité.


(selon les procédures spécifiques à chaque établissement).
6. LA TRACABILITÉ ET LA DOCUMENTATION

La traçabilité doit être notée dès le début de la transfusion. Les


interruptions ou les non transfusions doivent être notées.

Pour documenter la transfusion, il convient de :


A. REMPLIR LA FICHE DE DISTRIBUTION NOMINATIVE (FDN)
• 1 exemplaire à classer dans le dossier du patient,
• 1 exemplaire à envoyer à l’ETS (ou au dépôt).

B. METTRE A JOUR LE DOSSIER TRANSFUSIONNEL


• L’ensemble du dossier transfusionnel doit figurer dans le dossier
médical du patient
1. Documents indispensables à l’acte transfusionnel
• Documents de groupage valides et documents de phénotypage,
• Résultats de la RAI avec historique chronologique des allo-anticorps,
• Protocoles transfusionnels précisant les qualificatifs souhaités des PSL.

2. Documents relatifs aux transfusions antérieures :


 Récapitulatif des épisodes transfusionnels avec :
 Identification des PSL,
 Prescriptions,
 FDN,
 Enregistrement du dispositif du CULM sur le dossier transfusionnel,
 Les fiches d’incidents éventuels.
3. Documents annexes :

• Information concernant les examens sérologiques (pré et post-


transfusionnels)
• Antécédents de transfusion,
• Antécédents immunologiques (grossesses, greffes…),
• Eléments relatifs à l’information du patient,
• La ou les fiches de surveillance de la transfusion.
7. COMPLICATIONS TRANSFUSIONNELLES
A. COMPLICATIONS IMMUNOLOGIQUES
• Incompatibilité ABO
 Hémolyse aigue intra vasculaire

CLINIQUE:
• Brutal,
• Douleur Lombaire
• Malaise, frisson, fièvre
• Choc, Anurie
BIOLOGIE:
• CIVD, Anémie,
• Plasma Rose
• Signe d’Hémolyse retardés
C.A.T
 Arrêt immédiat de la transfusion+++
 TTT du choc et de l’anurie s’il existe
 Vérification des identités du malade et de la poche
 Bilan biologique: Hémostase( CIVD), rein, RAI, COOMBS DIRECT,
Hémoculture)
 Le lendemain de nouveau : bilan rénal, LDH, Bilirubine libre,
Nouveau COOMBS et RAI
B. SYNDROME FRISSON & HYPERTHERMIE
 Fièvre, frisson, réactions allergique( prurit, éruption) pendant
ou juste après la transfusion.

 Le plus souvent par anticorps anti HLA.(Human Leucocyte


Antigène)

C.A.T
• Anti Histaminiques
• Anticorps anti HLA
• Transfusion ultérieure
C. RÉACTIONS ALLERGIQUES
 Aux protéines du plasma

C.A.T
 Anti Histaminiques
 Recherche d’un déficit en IgA
 Prochaine transfusion anti- Histam systèmatique
D. INFECTIEUSES
 Choc endotoxinique: choc septique
 Réanimation
 Arrêt de la transfusion

BACTERIENNE:
 Fièvre persistante + choc septique Hémoculture

VIRALE
 HIV, Syphilis, Hépatites
Surcharge
 OAP (Œdème Aigu Pulm)
 HYPOCalcémie : par chélation due aux citrates, transfusion
massive,

CAT:
• Injection de 20ml Gluconate de Ca à 10% ou de préférence
de Chlorure de Calcium: 10ml=9,1mEq de ca.
• Il faut se méfier d’un surdosage en ca responsable d’arrêt
cardiaque surtout si le malade est sous Digitaline.
• Une surveillance stricte des électrolytes doit être de régle
pendant et après une transfusion massive
HÉMOCHROMATOSE

 En cas de perfusion répétées ( Hémoglobinopathies,


aplasie médullaire, myélodysplasies)

 1 L de C.G= 750mg de fer

 Prévention par Desféral*


8.CONDUITE Á TENIR DEVANT UN INCIDENT
TRANSFUSIONNEL

Vous constatez un incident : fièvre, frissons, malaise, douleurs lombaires,


éruption, gêne respiratoire, etc.
A. ARRETER LA TRANSFUSION
B. CONSERVER LA VOIE VEINEUSE
Avec une nouvelle tubulure, brancher un soluté (sérum salé à 9 ‰)
C. MESURER LES CONSTANTES :
• Pouls,
• Tension artérielle,
• Température,
• Etat général du patient
• Etc.
PRINCIPAUX SYNDROMES
HEMORRAGIQUES OBSTETRICAUX
• 1 . AU COURS du 1ère trimestre de la Grossesse

• H. Intrapéritonéale
• ---GEU : c’est la 1ère cause de mortalité Maternelle au 1èr
trimestre de la Grossesse.
• Elle peut être : Brutale, réalisant un TB de choc à TTT comme
tel. Par un remplissage volémique et qui ne nécessite que très
rarement une transfusion.
• Progressivement, entrainant un TB anémie, qui généralement
là aussi ne nécessite pas une transfusion une fois la cause
diagnostiquée, mais un TTT martial
• --- Rupture hémorragique du corps jaune gravidique: TB
clinique d’hypovolémie, à TTT comme tel.
• Perforation Utérine: survenue au cours d’un curetage ou
d’une aspiration pour IVG, elle entraine rarement une
hémorragie cataclysmique, sauf lésion des vaisseaux
pelviens

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