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Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement

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« BACHELOR GESTION DES INFRASTRUCTURES ET SERVICES :

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ENVIRONNEMENT JURIDICO- LEGAL DES TRAVAUX PUBLICS


_____________________________________

Enseignant : Anatole KABORE


 

 
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION : LA NOTION DE TRAVAIL PUBLIC
I -Le travail
II -Le caractère immobilier du travail
III -Le compte d’une personne publique
IV -Un travail accompli dans un but d'intérêt général
TITRE 1 – LE REGIME JURIDIQUE GENERAL DE LA REALISATION DES TRAVAUX
PUBLICS
CHAPITRE 1 : LES INTERVENANTS
Section 1 Le maître de l'ouvrage et le maitre de l’ouvrage délégué
§1. Le maître de l’ouvrage
§2. Le maître d'ouvrage délégué
Section 2. Le maître d’œuvre
Section 3. Le constructeur
CHAPITRE 2. LES MODES D’EXECUTION DES TRAVAUX PUBLICS
Section 1. La décision du maître de l'ouvrage
Section 2. L'exécution par des non-professionnels
§1. La régie
§2. L'offre de concours
A -l’intervention de tiers bénévoles
B -l'intervention de permissionnaires de voirie
Section 3. L'exécution par des professionnels
TITRE 2 : LES MARCHES DE TRAVAUX
CHAPITRE 1 :LA PROCEDURE DE PASSATION DES MARCHES DE TRAVAUX PUBLICS
Section 1. Identification des personnes intéressées par une procédure de marché de travaux
publics
Section 2. Les modes de passation des marchés de travaux publics
§1. La demande de cotations et la demande de prix
§2. L’appel d’offre
§3. L’entente directe
Section 3. Le prix du marché
§1. L’établissement du prix
A -La détermination du prix
B -Les différents types de prix
1 )Le prix unitaire
2) Le prix forfaitaire


 
§2. L’actualisation et la révision du prix
A -Le prix ferme
B -Le prix révisable
§3. L’application et le règlement du prix
A –L’application du prix
B- Le règlement du prix : avances, acomptes et règlement définitif

Section 4. Les pièces du marché

§1. L'acte d'engagement

§2. Les cahiers des charges

A -Les documents généraux.

B -Les documents particuliers

§3. Le bordereau des prix

§4. Le détail (quantitatif) estimatif

CHAPITRE 2 : DROITS ET OBLIGATIONS DES PARTIES AU MARCHE DE TRAVAUX


PUBLICS

Section 1. Les droits et obligations de l’administration cocontractante


§1 Les prérogatives du maitre de l’ouvrage
§2. Obligations du maitre de l'ouvrage
1) L'obligation de payer le prix du marché
2) L'obligation de réceptionner les travaux finis
3) L'obligation de diriger, surveiller et contrôler l'exécution de travaux par l'entrepreneur.
4) L'obligation d'indemniser l'entrepreneur victime d'un préjudice

5) Autres obligations du maitre de l'ouvrage public


Section 2. Les droits et obligations de l'entrepreneur
§1. Les droits de l'entrepreneur
1) Droit au paiement du prix des travaux effectués dans les délais

2) Le droit à l'indemnisation pour faits ou actes préjudiciables de l'administration

3) Droit à la résiliation et à la réparation du préjudice subi

4) Le droit à la résolution du contrat

5) Droit à ce que les matériaux et travaux finis soient réceptionnés par le maître d'ouvrage

6) Autres droits de l’entrepreneur

§2. Les obligations de l'entrepreneur


 
1) Obligation d'exécuter les travaux prévus au cahier spécial des charges

2) Obligation de livrer les travaux terminés dans le délai prévu dans le cahier spécial des charges
3) Obligation de libérer le cautionnement

4) Obligation d'aviser les organismes (et les individus) exploitant le service public pouvant être
endommagés par les travaux.
5) Obligation d'assurer la police du chantier

6) Obligation de se conformer aux dispositions légales et réglementaires sur la bâtisse, la voirie,


l'hygiène et la protection du travail, etc.
7) Obligation de souscrire une police d'assurance de l'ouvrage, de responsabilité civile pendant la
construction et la période de garantie et de responsabilité décennale
TITRE 3 LE CONTENTIEUX DES TRAVAUX PUBLICS
CHAPITRE 1: LES DIFFERENDS NES DES TRAVAUX PUBLICS : REGIME DE
RESPONSABILITE ET DE REPARATION
Section 1. Les régimes de responsabilité applicables aux litiges entre le maître de l’ouvrage et les
constructeurs
§1. La responsabilité contractuelle
§2. La responsabilité décennale de l’entrepreneur
Section 2. La réparation des dommages de travaux publics
CHAPITRE 2. ASPECTS PROCEDURAUX DU CONTENTIEUX DES TRAVAUX PUBLICS
Section 1. Le préalable du règlement amiable : le cas des marchés publics
Section 2. Le recours contentieux
§1. Recours devant les juridictions administratives
§2. Recours devant les juridictions de l’ordre judiciaire
I -Les juridictions civiles ou commerciales
II- Les juridictions pénales
Bibliographie indicative


 
INTRODUCTION : LA NOTION DE TRAVAIL PUBLIC

L’expression travail public désigne l’opération matérielle de construction, d’entretien


ou d’aménagement d’un ouvrage, mais également le résultat de ce travail, à savoir
l’ouvrage lui-même.

En droit administratif :
™ un travail public est un travail immobilier, exécuté dans un but d’intérêt général,
soit pour le compte d’une personne publique, soit pour le compte d’une personne
privée pour la réalisation d’une mission de service public.

Les termes de la définition ci-dessus doivent être clarifiés;


™ un ouvrage est le résultat d’un ensemble de travaux de bâtiment ou de génie civil
destiné à remplir par lui-même une fonction économique ou technique. Il peut
comprendre notamment des opérations de construction, de reconstruction, de
démolition, de réparation ou de rénovation, tels que la préparation du chantier, les
travaux de terrassement, l’érection, la construction, l’installation d’équipement ou de
matériel, la décoration et la finition ainsi que les services accessoires aux travaux si la
valeur de ces services ne dépasse pas celle des travaux eux-mêmes.

I -Le travail
La notion de travail doit être comprise en un sens large. Elle concerne toute opération
purement matérielle (traduisant l'intervention de la main de l'homme), ainsi que le
résultat de cette opération (ouvrage).

II -Le caractère immobilier du travail


Il faut que le travail porte sur un immeuble. Un élément mobilier incorporé dans un
immeuble est un immeuble par destination (ex : ascenseur, lustre accroché au plafond
d’un ministère est aussi un immeuble par destination orgue conçu et réalisé pour un
studio d’enregistrement, etc.).


 
Toutefois, la fixation au sol n’est pas une condition suffisante pour considérer un bien
comme immobilier (ex : un banc dans une cour de récréation).
Le travail immobilier ne se limite pas aux opérations modifiant la structure de
l'immeuble (construction, réparation, transformation, destruction). Il englobe les
opérations d'entretien et même plus largement les diverses opérations matérielles qui
peuvent intéresser directement l'immeuble. Ainsi, le balayage et l’arrosage des voies
publiques constituent un travail public.

III -Le compte d’une personne publique


Il faut d'abord que les travaux soient effectués par la personne publique (elle-même en
régie) ou par un tiers spécialement investi de cette mission (entrepreneur moyennant
rémunération).
Il faut ensuite que les biens, objet des travaux, soient la propriété de la personne
publique, ce qui suppose qu'en cas de concession1, seuls les biens de retour peuvent
faire l'objet de travaux publics.

NB : *Lorsque les travaux ont été réalisés dans un but de service public par une
personne publique pour le compte d'une personne privée, il y a travail public.
*En revanche, lorsqu’une une personne privée exécute des travaux pour son
propre compte, ceux-ci ne peuvent pas être qualifiés de travaux publics même si la
personne publique va ensuite louer l’ouvrage.

IV -Un travail accompli dans un but d'intérêt général

Un travail ne saurait être qualifié de travail public que s'il poursuit un but d'intérêt
général (ou d'utilité publique). L’intérêt général désigne la finalité des actions ou des
institutions qui intéressent l'ensemble d'une population.

                                                            
1
Voir infra pour la définition de la concession.


 
TITRE 1 – LE REGIME JURIDIQUE GENERAL DE LA REALISATION DES
TRAVAUX PUBLICS
***************
Nous traitons des intervenants (chapitre 1) et des modes d’exécution (chapitre 2).

CHAPITRE 1 : LES INTERVENANTS

Les intervenants sont le maître de l'ouvrage (Section 1), le maître d'œuvre (Section 2)
et le constructeur (Section 3).

Section 1 Le maître de l'ouvrage et le maitre de l’ouvrage délégué


§1. Le maître de l’ouvrage
Le maitre de l’ouvrage (ou maitre d’ouvrage) est la personne morale de droit public ou
de droit privé qui est le propriétaire final de l’ouvrage ou de l’équipement technique,
objet de marché public2.
Sont des personnes morales : l’Etat, les collectivités territoriales, les établissements
publics, les agences et organismes, personnes morales de droit public, les personnes de
droit privé, sociétés d’économie mixte bénéficiant du concours financier ou de la
garantie de l’Etat, les sociétés d’Etat, les sociétés à participation financière publique
majoritaire et les associations formées par une ou plusieurs de ces personnes morales
de droit public.
Ainsi, le maître de l'ouvrage est la personne morale pour laquelle l'ouvrage est
construit.
C'est le maître de l'ouvrage qui, après s'être assuré de la faisabilité et de l'opportunité
de l'opération envisagée, en détermine la localisation, en définit le programme, en
arrête l'enveloppe financière prévisionnelle, en assure le financement, choisit le
processus selon lequel l'ouvrage sera réalisé et conclut, avec les maîtres d'œuvre et
entrepreneurs qu'il choisit, les contrats ayant pour objet les études et l'exécution des
travaux.

                                                            
2
Voir infra pour la définition de marché public.


 
A côte de la notion du maitre d’ouvrage, il y a celle du maître d'ouvrage délégué.

§2. Le maître d'ouvrage délégué


Le maître de l'ouvrage délégué est la personne morale de droit public ou de droit privé
qui est le délégataire du maître d’ouvrage dans l’exécution de ses missions; c’est donc
le service, l'organisme ou l'agent public qui a été mandaté par le maître de l'ouvrage
pour conduire les opérations de travaux publics.

Section 2. Le maître d’œuvre


Le maître d'œuvre est la personne physique ou morale de droit public ou de droit privé
qui, pour sa compétence technique, est chargée par le maître d’ouvrage public ou le
maître d’ouvrage délégué, d’attributions attachées aux aspects architectural et
technique de la réalisation d’un ouvrage de bâtiment ou d’infrastructure aux termes
d’un contrat de maîtrise d’œuvre ; la maîtrise d’œuvre inclut des fonctions de
conception et d’assistance au maître d’ouvrage public et/ou au maître d’ouvrage
délégué dans la passation, la direction de l’exécution des contrats de travaux, dans
l’ordonnancement, le pilotage et la coordination du chantier, dans les opérations de
réception et pendant la période de garantie de parfait achèvement .

Le maître d'œuvre peut donc être un architecte mais également un ingénieur-conseil ou


une société gérant un bureau d'études ou de contrôle, choisie pour sa compétence
technique et/ou ses affinités politiques, à laquelle est confiée une mission générale de
conception et d'assistance pouvant comporter l'étude de projets, la direction de
l'exécution des travaux, la coordination des chantiers ainsi que la vérification du bon
achèvement des travaux.

La responsabilité principale de l'exécution des travaux est donc celle du maître de


l'ouvrage; mais celui-ci peut appeler en garantie le maître d'œuvre ainsi que les
personnes ou entreprises qui ont pris part à la réalisation des travaux.

Section 3. Le constructeur


 
Le constructeur est celui qui réalise les travaux publics.
Le constructeur peut être :
- l'administration elle-même, c’est-à-dire l’Etat;
- une personne privée physique ou morale concessionnaire ou non
concessionnaire;
-un entrepreneur. : l’entrepreneur est la personne physique ou morale,
attributaire dont le marché conclu avec l’autorité contractante a été dûment approuvé.
Il est chargé de l’exécution des travaux conformément aux documents contractuels et
réglementaires.
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CHAPITRE 2. LES MODES D’EXECUTION DES TRAVAUX PUBLICS

Les modes d'exécution des travaux publics sont variables. C'est le maître de l'ouvrage
qui prend la décision (section 1).
L'exécution est réalisée soit par des non-professionnels (section 2) soit par des
professionnels des travaux publics (section 3).

Section 1. La décision du maître de l'ouvrage


La décision de recourir à un marché public pour la réalisation d’un travail public
appartient au maître de l’ouvrage, dans le respect des lois et règlements.
Pour les collectivités territoriales la décision relève des exécutifs et des assemblées
délibérantes, selon la nature et l'importance des travaux.
Ainsi, le maire ne peut valablement souscrire un marché au nom de la commune sans
y avoir été préalablement autorisé par une délibération expresse du conseil-municipal.
Ce dernier ne peut davantage, sauf exception, déléguer au maire le pouvoir qui lui
appartient exclusivement de décider d'obliger la commune.
Pour l'Etat la décision relève de la compétence des ministres.

Section 2. L'exécution par des non-professionnels

10 
 
Il s'agit de l'exécution par l'administration elle-même selon la technique de la régie
(§1), de l'exécution par l'intervention de collaborateurs bénévoles (§2) ou de
l'exécution par l'intervention de permissionnaires de voirie (§3).
§1. La régie
L'administration peut, elle-même exécuter le travail avec ses propres agents publics et
son matériel. Cette régie est dite régie simple.
La régie est dite intéressée lorsque celui qui dirige les travaux perçoit une gratification
financière qui est fonction (pourcentage dégressif du montant des travaux) de
l'importance des travaux et/ou des économies réalisées.

La technique de la régie est utilisée soit pour des travaux urgents ou peu importants,
comme ceux qui concernent l'entretien et la petite réparation de la voirie communale,
soit pour des travaux spéciaux pour lesquels l'administration ne trouve pas
d'entrepreneur ou ne souhaite pas trouver d'entrepreneur.

§2. L'offre de concours


On peut distinguer deux hypothèses.
A -l’intervention de tiers bénévoles
Des personnes, physiques ou morales, peuvent intervenir occasionnellement,
bénévolement et gratuitement, pour effectuer des travaux, par exemple d'intérêt
communal.

B -l'intervention de permissionnaires de voirie


Ceux-ci peuvent exécuter des travaux publics, lorsque ces travaux peuvent être
distingués de ceux qui sont exécutés par le permissionnaire pour son compte et dans
son intérêt.
Les travaux sont des travaux publics parce qu'ils sont effectués par le permissionnaire
à la demande de l'administration, en contrepartie de l'autorisation accordée d'occuper
le domaine public, donc pour le compte de l'administration et dans son intérêt.

Section 3. L'exécution par des professionnels

11 
 
L’exécution des marchés publics par des professionnels peut se faire par l'utilisation de
la technique de la délégation de service public dont la forme la plus connue est celle de
la concession ou par le recours aux marchés publics de travaux.
Nous évoquerons le cas de la concession de service public, en réservant celui des
marchés de travaux publics pour le second titre du document. Ce choix est guidé par le
fait que les marchés de travaux publics méritent une attention particulière de la part
des apprenants, leur intérêt pour le droit des travaux publics trouvant tout son sens
dans celui des marchés publics y relatifs.

Une délégation de service public est un contrat par lequel une personne morale de
droit public confie la gestion d'un service public, dont elle a la responsabilité, à un
délégataire public ou privé, la rémunération étant substantiellement liée aux résultats
de l'exploitation du service.
Le délégataire (concessionnaire, fermier, régisseur) peut être chargé de construire des
ouvrages ou d'acquérir des biens nécessaires au service.
C'est la concession qui est le mode de délégation le plus utilisé.
Il s’agit du mode de gestion contractuelle d'un service public dans le cadre duquel un
opérateur privé ou public, le concessionnaire, est sélectionné dans les conditions
prévus par les textes. Elle se caractérise par le mode de rémunération du
concessionnaire qui est substantiellement assuré par les résultats de l’exploitation et la
prise en charge des investissements initiaux et des gros œuvres par le concessionnaire.
Il est reconnu au concessionnaire le droit d'exploiter l'ouvrage à titre onéreux pendant
une durée déterminée.

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12 
 
TITRE 2 : LES MARCHES DE TRAVAUX

***************

Le marché public est défini comme un contrat écrit conclu à titre onéreux par une
autorité contractante pour répondre à ses besoins en matière de travaux, de fournitures
ou de services.
Le marché de travaux publics, quant à lui, est le marché qui a pour objet soit,
l’exécution, soit, conjointement, la conception et l’exécution de travaux ou d’un
ouvrage.
Les marchés de travaux publics obéissent à un régime juridique dont on peut retenir les
éléments suivants : procédure de passation, exécution, et contentieux.

CHAPITRE 1 : LA PROCEDURE DE PASSATION DES MARCHES DE


TRAVAUX PUBLICS

Par procédure de passation de marché de travaux public, il faut entendre tout processus
réglementaire et formel permettant d’aboutir à la conclusion d’un contrat public de
travaux publics.

Section 1. Identification des personnes intéressées par une procédure de marché


de travaux publics
En plus du maître de l’ouvrage (éventuellement du maître de l’ouvrage délégué) et du
maître d’œuvre, les personnes impliquées dans une procédure de passation d’un
marché de travaux publics sont :
™ le candidat : c’est la personne physique ou morale qui manifeste un intérêt à
participer ou qui est retenue par une autorité contractante pour participer à une
procédure de passation de marchés.
™ le soumissionnaire : c’est la personne physique ou morale qui participe à un appel
d’offres en soumettant un acte d’engagement et les éléments constitutifs de son
offre.

13 
 
™ l’attributaire : c’est le soumissionnaire dont l’offre a été retenue avant
l’approbation du marché.
™ le titulaire : c’est la personne physique ou morale, attributaire, dont le marché
conclu avec l’autorité contractante, a été approuvé.

Section 2. Les modes de passation des marchés de travaux publics


Les procédures varient selon l’importance du coût financier du marché, de l’urgence,
etc.
§1. La demande de cotations et la demande de prix
™ La demande de cotation est une procédure de mise en concurrence simplifiée que
l’on peut utiliser pour les marchés publics d’un certain montant3. La forme écrite de la
procédure de demande de cotations n’est pas obligatoire.

™ Quant à la demande de prix, c’est une procédure de mise en concurrence accélérée


que l’on peut utiliser pour les marchés publics d’un montant inférieur à un certain
montant4. La procédure de demande de prix revêt la forme écrite et la publicité de
l’avis est limitée à une insertion dans la revue des marchés publics.

§2. L’appel d’offre


L'appel d'offres est la procédure par laquelle la personne publique choisit, sans
négociation, l’offre économiquement la plus avantageuse, en fonction de critères
objectifs préalablement définis et portés à la connaissance des candidats. On distingue
entre l’appel d’offre ouvert et l’appel d’offre restreint.
L’appel d’offres ouvert est celui auquel tout candidat peut soumissionner. Il est
restreint lorsque les candidats sont préalablement sélectionnés avant d’être admis à
déposer une offre. Il en est généralement le cas, lorsque les travaux à réaliser, les
équipements à livrer et les services à fournir revêtent un caractère complexe, et/ou
lorsque les travaux à réaliser, les équipements à livrer et les services à fournir exigent
une technicité particulière.

§3. L’entente directe


                                                            
3
Inférieur à un million (1.000.000) de FCFA au Burkina.
4
Inférieur à vingt millions (20 000 000) de FCFA au Burkina Faso.

14 
 
C’est la situation dans laquelle l’autorité contractante engage les discussions qui lui
paraissent utiles et propose a l’autorité compétente l’attribution du marché au
soumissionnaire qu’elle a retenu. L’administration recourt à cette procédure :
* en cas d’extrême urgence, pour les travaux que l’autorité contractante doit
faire exécuter en lieu et place de l’entrepreneur, du fournisseur ou du prestataire
défaillant ;
* lorsque les besoins ne peuvent être satisfaits que par une prestation nécessitant
l’emploi d’un brevet d’invention, d’une licence ou de droits exclusifs détenus par un
seul entrepreneur, un seul fournisseur ou un seul prestataire;
* lorsque les marchés ne peuvent être confiés qu’à un prestataire déterminé pour
des raisons techniques ou s’il y a une nécessité de continuer avec le même prestataire
ou pour des raisons artistiques;
* lorsque les prestations requièrent la sélection d'un consultant particulier en
raison de sa qualification unique ou de la nécessité de continuer avec le même
prestataire ;
* Lorsque la procédure de demande de cotation est infructueuse.

Section 3. Le prix du marché


Le prix du marché est la somme à payer par l’administration à l’entrepreneur, qui
s'exprime en termes monétaires, en contrepartie de l’ouvrage ou du travail public à
réaliser.

§1. L’établissement du prix


A -La détermination du prix
En principe, le marché est conclu à prix définitif. Toutefois, il peut arriver que, dans
certaines hypothèses, le prix soit fixé à titre provisoire. Il en est ainsi des :
-situations concernant des prestations complexes ou des techniques nouvelles et
présentant ,soit un caractère d’urgence impérieuse, soit des aléas techniques importants
(cas des catastrophes naturelles);
-marchés de maîtrise d’œuvre : lors de la conclusion d’un marché de maîtrise d’œuvre,
il est difficile de connaître avec précision le montant exact des travaux. Bien souvent,

15 
 
la rémunération du maître d’œuvre sera donc fixé provisoirement. Les premiers
acomptes seront calculés et versés sur la base du prix provisoire. Lorsque les études
seront suffisamment avancées, il sera alors possible de fixer la rémunération définitive
du maître d’œuvre.

B -Les différents types de prix


Les prix des prestations de travaux faisant l'objet d'un marché sont, soit des prix
unitaires appliqués aux quantités réellement livrées ou exécutées, soit des prix
forfaitaires appliqués à tout ou partie du marché, quelles que soient les quantités
livrées ou exécutées. Un marché peut contenir à la fois des prix forfaitaires et des prix
unitaires

1 )Le prix unitaire


Lorsque les prix unitaires sont retenus, la rémunération du prestataire est calculée en
multipliant le prix unitaire par les quantités livrées ou exécutées.

2) Le prix forfaitaire
Par opposition au prix unitaire, le prix forfaitaire est un prix qui rémunère le
prestataire ou l’entrepreneur quels que soient les quantités livrées. On rencontre
généralement ce type de prix dans les marchés de travaux ou les marchés de
prestations de services.

Dans un marché à prix forfaitaire, l’entreprise est responsable de ses estimations; elle
ne peut demander le paiement de prestations supplémentaires qui auraient été mal
évaluées. En revanche, pourront être indemnisés les travaux supplémentaires
demandés par le maître d’ouvrage ou les travaux supplémentaires qui sont
indispensables à la réalisation de l’ouvrage.

§2. L’actualisation et la révision du prix


Un prix définitif peut être ferme ou révisable.
A -Le prix ferme

16 
 
Un prix ferme est un prix invariable pendant la durée du marché. Ce type de prix est
tout particulièrement adapté pour des marchés dont l’exécution est limitée dans le
temps.
Un prix ferme peut être actualisé.
L’actualisation est possible lorsqu’un certain délai s’écoule entre le moment où le prix
est calculé et le moment où la prestation est réalisée ou commence à être exécutée. Le
marché comprend une clause d’actualisation faisant référence à un index en lien avec
l’objet de la prestation. Une fois actualisé, le prix reste définitif pendant toute la durée
du marché.

B -Le prix révisable


Un prix révisable est un prix qui peut être modifié pour tenir compte des variations
économiques.
Contrairement au prix ferme (actualisable ou non), le prix révisable va évoluer pendant
toute la durée du marché. Le marché devra alors préciser la date d'établissement du
prix initial, les modalités de calcul de la révision, ainsi que la périodicité de sa mise en
œuvre.
La pratique du prix révisable est courant dans les marchés de travaux d'une durée
d'exécution supérieure à trois mois qui nécessitent, pour leur réalisation, le recours à
une part importante de fournitures dont le prix est directement affecté par les
fluctuations de cours mondiaux.
§3. L’application et le règlement du prix
A –L’application du prix
L’application aux travaux effectués du prix stipulé au marché suppose, d’une part, la
constatation desdits travaux, d’autre part, le calcul de la somme due à l’entrepreneur.
™ Les constatations : ce sont des opérations matérielles contradictoires qui
aboutissent au constat, document écrit dressé par l’administration contractante ou
accepté par elle ;
™ Le décompte : c’est une procédure de détermination de la créance de l’entrepreneur
sur l’administration, par l’application des prix du marché aux prestations constatées

17 
 
et susceptibles de rémunération. Une fois, le décompte final fait, l’administration
doit régler le ou les prix du marché à l’entrepreneur.

B- Le règlement du prix : avances, acomptes et règlement définitif


Les marchés de travaux publics donnent lieu à des versements soit à titre d’avances
ou d’acomptes, soit à titre de règlement partiel ou définitif.
¾ Les avances sont des paiements anticipés d’un pourcentage du prix du marché
avant le début d’exécution du marché ;
¾ Les acomptes sont des règlements partiels du prix du marché en rapport avec un
taux d’exécution des travaux;
¾ Le règlement définitif est le paiement correspondant à la réalisation complète
des prestations prévues.

Section 4. Les pièces du marché

Les pièces du marché sont des documents qui contiennent les stipulations que les
parties s’engagent à observer en passant le contrat.

Selon les législations, elles comprennent toutes ou certaines des pièces suivantes:

§1. L'acte d'engagement

L’acte d’engagement est la pièce signée par un candidat à un marché public dans
laquelle il présente son offre ou sa proposition et adhère aux clauses que la personne
publique a rédigées. Cet acte d’engagement est ensuite signé par la personne publique.

§2. Les cahiers des charges

Les cahiers des charges sont des documents contractuels qui déterminent les
conditions dans lesquelles les marchés sont exécutés.

Ils comprennent des documents généraux et des documents particuliers.

A -Les documents généraux.

Ce sont :

™ Les cahiers des clauses administratives générales qui fixent les dispositions

administratives applicables à une catégorie de marchés;

18 
 
™ Les cahiers des clauses techniques générales qui fixent les dispositions

techniques applicables à toutes les prestations d’une même nature.


La personne responsable du marché décide de faire ou non référence à ces documents.

B -Les documents particuliers


Ce sont :

™ Les cahiers des clauses administratives particulières qui fixent les dispositions
administratives propres à chaque marché;

™ Les cahiers des clauses techniques particulières qui fixent les dispositions
techniques nécessaires à l’exécution des prestations de chaque marché.

Si la personne responsable du marché décide de faire référence aux documents


généraux, les documents particuliers comportent, le cas échéant, l’indication des
articles des documents généraux auxquels ils dérogent.

§3. Les autres pièces du marché

A -L’avant-métré

C’est une pièce qui contient l’évaluation des quantités de chaque ouvrage à exécuter. Il
peut servir de base forfaitaire au calcul du prix.

B- Le bordereau des prix

Le bordereau des prix est la pièce contenant l’indication des prix applicables à
l’entreprise (prix d’application) ; c’est par conséquent, en ce qui concerne les clauses
relatives à la rémunération de l’entrepreneur, une pièce importante. Son contenu est
différent selon que le marché est conclu « à forfait », « sur série de prix » ou « à
l’unité de mesure ».

C- Le détail (quantitatif) estimatif

C’est un document, normalement non contractuel, utilisé dans les marchés à bons de
commande destiné à permettre la comparaison des prix. C’est par rapport au détail
estimatif que s’apprécient les changements dans l’importance des diverses natures
d’ouvrages qui ouvrent à l’entrepreneur droit à indemnité.

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19 
 
CHAPITRE 2 : DROITS ET OBLIGATIONS DES PARTIES AU MARCHE DE
TRAVAUX PUBLICS

Dans un marché de travaux publics, les obligations sont réciproques :


™ l'entrepreneur adjudicataire s'engage à exécuter un travail de nature publique par
essence ou par destination,
™ en en retour il attend de son cocontractant (l'administration) une prestation
corrélative à savoir le paiement d'un prix forfaitaire ou fait.
L'obligation de l'un est un droit pour l'autre.

Section 1. Les droits et obligations de l’administration cocontractante


§1 Les prérogatives du maitre de l’ouvrage
™ Droit à l’exécution du travail ou de l’ouvrage conformément aux prescriptions des
cahiers des charges et dans les délais requis;
™ Droit à la résolution du contrat, c'est-à-dire que de se délier de ses obligations
découlant du contrat, en raison d'un manquement de l’entrepreneur jugé
suffisamment grave;
™ Droit à l’assurance tout risque chantier c’est-à-dire pour couvrir sa responsabilité
civile en cas d'accident survenant à des tiers par le fait des travaux sans faire
allusion à l'assurance de l'ouvrage5, d’une part, et assurer sa responsabilité en cas
de perte de l'ouvrage car il a les risques sur lui, jusqu'à la réception définitive.
™ Pouvoir de contrôle et de direction
En matière d'exécution des marchés publics de travaux le pouvoir de contrôle est
symbolisé par la présente des ingénieurs de l'administration sur le chantier.
™ Pouvoir de sanction
Le maître d'ouvrage public dispose à l'égard de l'entrepreneur de la possibilité de la
sanctionner elle-même, sans avoir recours au juge.
+Sanctions pécuniaires
Il s'agit des pénalités, des retenues par retard et des retenues pour rémunérations,
charges sociales et impôts impayés
*Sanctions coercitives

                                                            
5
Donner les références juridiques…

20 
 
Il s’agit de
- mesures s'office (démolition et reconstruction, mise en régie, marché pour
compte (réadjudication à la folle enchère)) ;
-exclusion temporaire ou définitive des marchés, l'entrepreneur défaillant.
L'exclusion est le retrait de l'agréation avec comme conséquence l'impossibilité de se
soumissionner ou de gagner un marché public de travaux.
Toutes ces mesures coercitives doivent être prises dans le respect du droit de la
défense. Aussi, l'entrepreneur a le choisir d'attaquer en annulation ces mesures ou de
demander l'indemnisation. Ces mesures sont irrégulières dans la forme ou injustifiées
quant au fond.
™ Pouvoir de résiliation unilatérale du contrat
Ce pouvoir est le prolongement du pouvoir de modification unilatérale.
™ Pouvoir de modification unilatérale du contrat
Ce pouvoir se fait moyennant un supplément de prix pour les travaux supplémentaires.
Ce pouvoir cesse toute fois à la limite même de l'objet sur lequel l'entrepreneur s'est
engagé à supporter son concours.

§2. Obligations du maitre de l'ouvrage


Le maître de l'ouvrage public a, en contrepartie des prérogatives, des obligations
envers l'entrepreneur, c'est ce qui fait du marché de travaux publics un contrat
synallagmatique.
1) L'obligation de payer le prix du marché
™ La procédure de paiement du prix du marché
La procédure de paiement est la demande de paiement introduite par l'entrepreneur
auprès de l'administration qui l'approuve avant d'ordonner au comptable public de
payer la dette publique due à l'entrepreneur.
Les étapes de paiement d'une dépense publique prévue en finances publiques doivent
être respectées sous peine d'indiscipline budgétaire. Ces étapes sont l'engagement,
l'ordonnancement, la liquidation et le paiement.
La demande de paiement doit être appuyée par les factures reportant la situation
détaillée justificative.

21 
 
Le paiement se fait dans un délai à compter de la réception des travaux. Ce délai peut
être prorogé, à dater de la réception de la facture portant décompte, lorsque le prix des
travaux est payé en une fois en fin d'entreprise.

™ Les conséquences du paiement tardif ou du non-paiement du prix du marché


Le paiement tardif du prix des travaux donne droit à des intérêts moratoires, sans
préjudice du principal.
Le taux d'intérêt est fixé par la réglementation en vigueur et calculé au prorata du
nombre de jours du calendrier de retard.

Quant au non-paiement du prix de travaux, il peut fonder l'entrepreneur à interrompre


l'exécution et ce dernier. En outre il lui ouvre droit à une prolongation du délai des
travaux et à une indemnisation. Toutefois, la décision d'arrêter les travaux pour non-
paiement doit être notifiée par lettre recommandée à la poste adressée à
l'administration.
 

™ Les moyens de paiement du prix du marché


Les payements sont effectués au compte de chèques postaux ou au compte bancaire
indiqué dans la soumission. Lorsque la soumission ne comporte pas d'indication, à ce
sujet, les paiements sont effectués par accréditif ou par assignation postale, au nom et à
l'adresse de l'adjudicataire.

2) L'obligation de réceptionner les travaux finis


Le maître de l'ouvrage a l'obligation de recevoir les travaux finis.

™ Notion de réception et d’agrégation


Réceptionner un travail c'est l’accepter, après avoir vérifié qu'il est conforme à la
demande. Cette acceptation a pour effet de faire du travail la propriété du maître de
l'ouvrage et le transfert des risques. Cette acceptation s'appelle agréation.
Les travaux publics font l'objet soit d'une réception unique soit d'une double réception.

22 
 
L'agréation, expresse ou tacite, d'une construction couvre tous les défauts apparents6
ou cachés non expressément réservés qui n'intéressent pas le gros œuvre ou n'affectent
pas la solidité de l'ouvrage.

Les réceptions des travaux est généralement faite par une commission de réception. La
commission de réception vérifie si les travaux sont conformes aux stipulations du
cahier spécial des charges et aux engagements pris.
Juridiquement la réception se traduit par la constatation sur procès-verbal de la
conformité de l'ouvrage au cahier spécial des charges, plans et métré récapitulatif et ce
contradictoirement.
Matériellement, la réception se traduit par soit la remise des clés, soit par l'entrée en
possession, soit la coupure du ruban symbolique lors de l'inauguration selon nature des
travaux.
Généralement, tout ouvrage, produit d'un marché de travaux public fait l'objet, outre la
réception technique, d'une double réception à savoir la réception provisoire et la
réception définitive.

™ La réception technique
En droit de marchés publics, il existe généralement une réception technique préalable
qui a lieu, soit avant la mise en œuvre des matériaux, soit avant la réception provisoire
des travaux. Dans le premier cas, il s'agit de l'agréation des matériaux avec vérification
et essais techniques. L'utilisation des matériaux refusés entraîne le refus de réception
provisoire et l'administration put aussi exiger la démolition et la reconstruction par
l'entrepreneur.

™ La réception provisoire
*Définition
La réception provisoire de l'ouvrage a pour objet, non seulement de constater
l'achèvement des travaux, mais encore de vérifier si tous les travaux prévus aux plans
et devis ont été exécutés, et ce en pleine conformité des clauses et conditions du cahier
                                                            
6
Ex : non-conformité aux plans de la hauteur des plafonds et des dimensions des fondations.

23 
 
des charges. Elle n'est pas une véritable réception et ne vaut pas agréation; elle permet
seulement au maître de l'ouvrage d'expérimenter l'ouvrage
*Effets
Outre la couverture des vices apparents, la réception provisoire a encore pour effet de :
-faire courir le délai de garantie et aussi le délai de la responsabilité décennale;
-mettre l'ouvrage aux risques de l'Administration;
-arrêter les pénalités pour retard;
-fonder l'entrepreneur à réclamer, sous certaines conditions, le paiement du
solde de son entreprise ainsi que la restitution de la moitié du cautionnement;
-opérer le transfert de propriété, de telle sorte qu'au regard de la loi fiscale c'est
seulement la réception provisoire qui confère aux créances de l'entrepreneur un
caractère liquide et certain et que les travaux reçus à la date du bilan doivent être
inventoriés pour leur valeur vénale, englobant le prix de revient et le bénéfice.
L'ouvrage n'est reçu qu'après avoir subi, aux frais de l'entrepreneur, les vérifications et
épreuves prescrites.

Une fois, la réception provisoire réalisée, n'est plus recevable une réclamation du
maître de l'ouvrage concernant les vices susceptibles d'être constatés parce
qu'apparents lors de la réception provisoire.

™ La réception définitive
La réception définitive est l'acte par lequel l'administration s'approprie définitivement
les ouvrages après avoir constaté que l'entrepreneur a satisfait aux obligations
d'entretien et de réparation lui incombant pendant le délai de garantie. Elle peut être
expresse on tacite.
Le maître de l'ouvrage doit, non seulement, réceptionner les travaux, mais aussi,
pendant l'exécution de ceux-ci, diriger, surveiller et contrôler les prestations de
l'entrepreneur. La réception définitive vaut agréation et produit les mêmes effets que
l'agréation.

™ Les réserves

24 
 
La réception provisoire ou définitive peut être refusée parce que l’administration a
émis des réserves sur l’ensemble de l’ouvrage ou sur des aspects particuliers. Ces
réserves doivent être levées par l’entrepreneur dans les délais prescrits par la
règlementation en vigueur.

3) L'obligation de diriger, surveiller et contrôler l'exécution de travaux par


l'entrepreneur
L'administration, maîtresse d'ouvrage, doit nommer un fonctionnaire dirigeant, créer
un service chargé de surveiller l'exécution du marché, ou désigner un architecte ou un
ingénieur privé à cette fin (maître d’œuvre).
L'entrepreneur assure au fonctionnaire dirigeant et aux agents désignés par
l'Administration, le libre accès, en tout temps au contrat d'entreprise, en ce qui
concerne l'origine et les qualités des matériaux, la fabrication de matières, la
confection des pièces, etc.
Le pouvoir de direction et de contrôle dont dispose le maître de l'ouvrage
(administration) ne lui permet pas de modifier les conditions d'exécution du marché,
telles qu'elles étaient prévues dans l'appel d'offre initial.

Le maître d'œuvre est choisi au regard de sa compétence technique, pour une mission
générale de conception et d'assistance pouvant comporter l'étude du projet, la direction
de l'exécution des travaux, la coordination des chantiers, ainsi que la vérification du
bon achèvement des travaux. En conséquence, le maître d’œuvre, qui faillit à
l'obligation de contrôle et de surveillance, commet une faute lourde et engage sa
responsabilité à l'égard de l'entrepreneur ou de son architecte et l'oblige à réparer le
préjudice au moyen de l'indemnisation.

4) L'obligation d'indemniser l'entrepreneur victime d'un préjudice.


L’obligation d'indemnisation de l'entrepreneur par le maître de l'ouvrage public peut
naître dans plusieurs hypothèses notamment, imputables à l’administration :
-refus d'ordonner le commencement des travaux ou l'ordre tardif de commencer
l'exécution des travaux ;

25 
 
-retard dans les paiements en matière de travaux dont l'administration est
responsable ou le non-paiement.
En cas de retard dans les paiements dont l'administration est responsable, des intérêts
de retard sont dus.
Quand l'administration ne paye pas les créances échues de l'entrepreneur, outre le droit
d'interrompre les travaux que dispose l'entrepreneur, ce dernier a également droit à
l'indemnisation dans les mêmes conditions que celles de l'indemnisation du fait de
l'interruption des travaux par l'administration;
-interruption des travaux par l'administration, sauf pour cause d'intempéries et
autres causes prévus dans le cahier spécial des charges ;
- tout fait imputable à l'administration ou à ses agents qui porte préjudice à
l'entrepreneur.
Parmi ces faits dommageables imputables à l'administration, il y a notamment l'ordre
tardif de commencer l'ouvrage, l'indisponibilité des emplacements nécessaires à une
exécution rationnelle, la remise ou l'approbation tardive des plans, les erreurs ou
lacunes de documents contractuels, la stipulation des clauses techniques inadéquates
ou inapplicables, l'exécution simultanée d'autres marchés confiés à des tiers, le retard
apporté à la prise des décisions indispensables, les modifications répétées ou
incohérentes de la conception initiale, l'interruption de l'exécution des travaux, etc.

L'entrepreneur ne peut réclamer que l'indemnisation du dommage réel et direct. Il doit,


en tant que demandeur, fournir toutes les preuves nécessaires à la fixation du
dédommagement.
Il n'existe pas de relation nécessaire entre le montant d'un marché et la hauteur du
dommage résultant pour l'entrepreneur de l'inexécution par l'autre partie de ses
obligations ou de la volonté unilatérale du maître de l'ouvrage d'arrêter les travaux
pendant un ensemble de jours anormalement important.
On prend en compte, notamment, la rémunération du personnel de cadre ; le
rémunération du personnel employé, l'amortissement réel des immeubles, du mobilier,
du matériel de bureau et du personnel, le transport de cadre et éventuellement
employé, les frais généraux proprement dits (eau, électricité, chauffage, téléphone...),

26 
 
les charges fiscales et sociales, etc., pour calculer l'indemnité correspondant au poste
en cause.
Il n'est pas exclu que les parties transigent sur le montant des dommages-intérêts.

L'obligation d'indemniser n’a pas à être prévue pour que l'indemnisation soit due.
Souvent l'administration insère dans ses cahiers spéciaux des charges des dispositions
tendant à exclure le droit à l'indemnité de l'entrepreneur ou à le limiter. Ces clauses
sont d'interprétation restrictive.
La renonciation expresse de l'entrepreneur à toute indemnité n'est pas prohibée.
L'action en demande d'indemnité se prescrit dans un délai parfois très court. L

Outre ces obligations ci-dessus, il existe d'autres obligations secondaires.

5) Autres obligations du maitre de l'ouvrage public


Il s’agit principalement de :
™ L'obligation de mettre à la disposition de l'entrepreneur un espace nécessaire à
l'exécution de travaux : l'administration doit, en dehors du terrain d'assiette des
ouvrages, prévoir un pourtours permettant à l'entrepreneur de bien exécuter les
travaux sans empiètement marginal des fonds voisins ou troubles de voisinage;

™ l’obligation de vérifier le tracé d'ouvrage à l'effet de s'approprier les opérations


et encourir la responsabilité de toute erreur qui aurait pu être commise. C’est la
conséquence logique de sa responsabilité du chef des vices de plan. En revanche,
l'obligation de l'entrepreneur est celle de veiller au maintien des repères dans leur
position et hauteur initiales ou rectifiées (poignets, jalons...).
Après avoir analysé les droits et obligations du maître de l'ouvrage découlant du
contrat de travaux publics, qu’en est-il des droits et obligations de l'entrepreneur ?

Section 2. Les droits et obligations de l'entrepreneur

27 
 
Dans le marché public de travaux, les prestations de l'entrepreneur ont pour
contrepartie celles de l'administration. Il en découle que les obligations de
l'administration sont des droits pour l'entrepreneur et vis-versa.
Analysons d'abord les droits d'entrepreneur, puis ses obligations contractuelles.

§1. Les droits de l'entrepreneur


1) Droit au paiement du prix des travaux effectués dans les délais, dès qu’il a exécuté
les travaux prévus dans le cahier spécial des charges sans malfaçons, fraude, ni défaut
d'exécution.
Les travaux supplémentaires imposés par l'administration, donnent lieu à un
supplément de prix.
Le droit au paiement peut être poursuivi en justice lorsque l'exécution volontaire n'est
plus possible. L'entrepreneur peut aussi renoncer au paiement du prix.
Le délai de prescription de l'action en réclamation du paiement du prix est
généralement courte (une année, par exemple). Le point de départ de cette prescription
est la date de la réception provisoire. La prescription a un effet libératoire dans le chef
du maître de l'ouvrage public.
L'administration peut aussi renoncer à son droit de se prévaloir de la forclusion.
Le paiement des intérêts moratoires ne vaut pas paiement du prix du marché.

2) Le droit à l'indemnisation pour faits ou actes préjudiciables de l'administration


(ordre d'interrompre les travaux, retard dans le paiement du prix du marché, ordre
tardif de commencer les travaux, indisponibilité des emplacements nécessaires à une
exécution rationnelle, etc.).

3) Droit à la résiliation et à la réparation du préjudice subi si le délai imparti en


exécution expire sans que l'administration ait fixé la date de commencement de
travaux ou si elle le fixe en dehors de ce délai.
4) Le droit à la résolution du contrat, pour les manquements de l'administration aux
obligations contractuelles.

28 
 
5) Droit à ce que les matériaux et travaux finis soient réceptionnés par le maître
d'ouvrage.
Lorsque l'entrepreneur demande à l'administration de procéder à la réception de
matériaux et que cette dernière néglige ou refuse de le faire, il y a un acte de nature à
préjudicier l'entrepreneur et qui peut donner lieu à une indemnisation.
Lorsqu'après vérification et essais technique, l'administration juge les matériaux non
recevables, l'entrepreneur a droit de demander un contre-essai.

6) Autres droits de l’entrepreneur


™ Le droit de sous-traiter le marché de travaux : dans ce cas l'administration n'est liée
par aucun lien juridique avec le sous-traitant de l'adjudicataire. Toutefois, un marché
ne peut faire l’objet d’une sous-traitance sans autorisation du maître de l'ouvrage.
C’est la conséquence du caractère « intuitu personae » du marché de travaux publics.
Les travailleurs du sous-traitant ont une action directe contre l'adjudicataire ou contre
le maître de l’ouvrage pour leurs rémunérations exigibles quand le sous-traitant est
insolvable;
™ Le droit de céder la créance par endossement de facture, lorsqu'un transfert de
créance est opéré par l'adjudicataire d'un marché, auprès d'une banque ou d'un
organisme de crédit agrée sur base d'un endossement de facture ou d'un document
équivalent;
™ Le droit à la remise d'amende;
™ Le droit au remboursement de caution, de moitié à la réception dite provisoire et en
totalité à la réception définitive.

§2. Les obligations de l'entrepreneur


1) Obligation d'exécuter les travaux prévus au cahier spécial des charges, donc de
bonne d'exécution c'est-à-dire sans fraude ni malfaçons.
Il y a malfaçons lorsque l'ouvrage est défectueux ou entaché de vives apparentes. Il y a
défaut d'exécution :
- lorsque les travaux ne sont pas complètement achevés dans le délai prévu au cahier
spécial des charges et aux époques fixées pour leur achèvement partiel;

29 
 
- à toute époque, lorsque les travaux ne sont pas, sous quelque rapport que ce soit,
poursuivis de telle manière qu'ils puissent être entièrement terminés aux époques
fixées;
- lorsqu'il enfreint les ordres écrits, légitimement donnés par l'administration.

2) Obligation de livrer les travaux terminés dans le délai prévu dans le cahier spécial
des charges
L'obligation de livrer les travaux s'explique par le fait que jusqu'à une minute avant la
réception provisoire les risques pèsent sur l'entrepreneur en vertu de l'adage « Res perit
debitori » sauf si l'administration avait déjà été mise en demeure des réceptionner les
travaux.
La tradition se fait par l'établissement du procès-verbal d'agréation des travaux et
matériellement par la remise des clés la comparent du ruban symbolique, etc. selon la
nature particulière du marché.
Cette livraison doit se faire dans le délai contractuel sous peine d'être constitutive de
défaut d'exécution.
La computation du délai se fait de date en date.
Lorsqu'il y a interruption des travaux sur ordre de l'administration ou pour non -
paiement du prix des travaux finis, ou encore lorsque l'ordre de commencer les travaux
est intervenu en retard, le délai peut être prorogé des nombre des jours de retard sans
qu'aucune indemnité ne soit lue à l'administration.

3) Obligation de libérer le cautionnement (consistant un pourcentage du montant du


marché), pour garantir la bonne exécution des travaux. La constitution du
cautionnement peut être en une fois, ou progressivement.
Le défaut de constitution du cautionnement peut entrainer la nullité de la soumission et
la réadjudication dans les mêmes formes. L'administration peut aussi décider la mise
en régie ou passer un marché de gré à gré aux frais, risques et périls du défaillant, sans
préjudice à l'exercice de tous les autres droits dérivants du contrat. L'entrepreneur peut
être exclu temporairement ou définitivement des marchés publics sur avis du conseil
supérieur des adjudications.

30 
 
Mais pour mettre ces mesures en œuvre, l’adjudicataire doit être mis en demeure
faites d’avoir à exécuter l’obligation en cause, avec éventuellement un dernier délai de
grâce.
L'administration conserve, sur le cautionnement, les droits de prélèvements d'office
des amendes pour retard et autres sommes qui lui reviennent.

En principe, le cautionnement est restitué à l'entrepreneur de moitié à la réception


provisoire et la seconde moitié après réception définitive. Le remboursement se fait
d'office dans un certain délai suivant la réception provisoire ou définitive, sous peine
pour l'adjudicataire de demander un intérêt simple calculé au prorata du nombre de
jours de retard.

4) Obligation d'aviser les organismes (et les individus) exploitant le service public
pouvant être endommagés par les travaux.
L’entrepreneur doit prendre toutes les précautions nécessaires pour que les travaux et
installations de son entreprise n'occasionnent au trafic sur tous aérodromes, voies
ferrées voies navigables etc., ni gêne, ni entraves autres que celles admises par le
cahier spécial des charges.
Ainsi tout travail, de nature causer un dommage ou un trouble à un service d'utilité
publique, doit faire l'objet de la part de l'entrepreneur d'un avis remis à l'organisme
exploitant avant le commencement des travaux.

5) Obligation d'assurer la police du chantier


C'est l'entrepreneur qui répond, en principe, de l'organisation générale et de la sécurité
du chantier. Il en conserve donc la surveillance et la police pendant les travaux du
parachèvement, même si ses propres travaux sont terminés.
L'entrepreneur de travaux du chantier est tenu de ne pas gêner la circulation ou de la
rendre dangereux en jetant, déposant, abandonnant ou laissant tomber sur la voie
publique des objets ou matières quelconques, soit en répandant de la fumée ou de la
vapeur, soit en y établissant quelque obstacle. C'est de la police de roulage.

31 
 
De même, la garde du chantier incombe à l'entrepreneur pendant la durée de travaux
au regard de la situation sur terrain.

6) Obligation de se conformer aux dispositions légales et réglementaires sur la bâtisse,


la voirie, l'hygiène et la protection du travail, etc.
L'entrepreneur a l’obligation de se conformer aux dispositions impératives sur la
bâtisse, la voirie, l'hygiène et la protection du travail, etc.
Ainsi, l'entrepreneur doit, par exemple, entourer l'ouvrage d'une palissade et de ne pas
admettre sur les chantiers les tiers qui n'y sont pas invités. La palissade ne peut être
utilisée à des fins publicitaires ou de campagne électorale.
L'entrepreneur routier doit éviter la chute des matériaux sur la voirie, sa dégradation,
signaler des obstacles et le chantier par des signaux adéquats.
Des signaux de travaux doivent être obligatoirement éclairés entre la tombée et le lever
du jour. Il est interdit d'y apposer des réclames. Il est interdit également :
- de placer des signaux autres que ceux prévus,
- de placer des panneaux-réclamer ou d'apposer des inscriptions pouvant induire en
erreur les usagers de la route.

Le droit social protège les salariés. L'entrepreneur a donc l'obligation de payer


convenablement les salariés, les affiliés à l'institution nationale de sécurité sociale, de
mettre à leur disposition les matériels nécessaires à l'exercice de leur prestation, etc..

7) Obligation de souscrire une police d'assurance de l'ouvrage, de responsabilité civile


pendant la construction et la période de garantie et de responsabilité décennale
Les lois relatives aux assurances des constructeurs prévoient certains types
d'assurances obligatoires dont :
™ L'assurance de l'ouvrage,
™ L'assurance de la responsabilité civile du constructeur pendant la période de
construction ;
™ L'assurance de responsabilité décennale,
™ L'assurance de responsabilité civile pendant la période décennale.

32 
 
Ces assurances accompagnent le contrat de marché public.

L'administration devient propriétaire des matériaux approvisionnés à pied d'œuvre dès


que ceux-ci ont été admis en compte pour paiement. Mais, le transfert de propriété ne
dégage pas l'entrepreneur de sa responsabilité jusqu'à la livraison de la totalité des
ouvrages de l'entreprise.
L'assurance de la responsabilité décennale couvre
* la responsabilité contractuelle de l'entrepreneur pendant la décennie d'épreuve;
*les dommages graves que peut subir l'ouvrage après la réception définitive. Ces
risques sont : les dommages causés par les vices ou malfaçons graves compromettant
la solidité de l'ouvrage, les vices de défectuosité.
Il ne faut pas confondre le cautionnement de l'assurance. La caution garantit les
obligations de l'entrepreneur vis-à-vis du maitre de l'ouvrage public jusqu'à la
réception définitive de l'ouvrage ; les assurances du constructeur visent la couverture
des risques de responsabilité civile acquilienne ou contractuelle vis-à-vis du maitre de
l'ouvrage, du personnel du chantier et des tiers en garantissant l'indemnisation par
l'assureur. La garantie sinistre est dû à un cas de force majeure ou à un cas fortuit. En
d'autres termes, on peut dire que le cautionnement est une sûreté alors que l'assurance
est un système d'indemnisation.

33 
 
TITRE 3 LE CONTENTIEUX DES TRAVAUX PUBLICS

CHAPITRE 1: LES DIFFERENDS NES DES TRAVAUX PUBLICS : REGIME


DE RESPONSABILITE ET DE REPARATION

Section 1. Les régimes de responsabilité applicables aux litiges entre le maître de


l’ouvrage et les constructeurs

§1. La responsabilité contractuelle


™ -De l’entrepreneur : les manquements de l’entrepreneur à ses obligations
contractuelles engagent sa responsabilité vis-à-vis du maître d’ouvrage (par exemple
pour une mauvaise exécution des travaux, une conception défectueuse des ouvrages,
non-respect de délais); cette responsabilité contractuelle ne trouve à s’appliquer que
durant les relations contractuelles qui prennent fin avec la réception sans réserve des
travaux.
En ce qui concerne les malfaçons causées à l’ouvrage par le fait de l’entrepreneur, ce
dernier doit réparer, non seulement le dommage lui-même (prix des travaux de
réfection), mais également toutes ses conséquences directes (indemnités correspondant
aux troubles de jouissance, à la moins-value affectant l’ouvrage, etc.).

™ Du maître de l’ouvrage : lorsque le maître d’ouvrage impose à l’entrepreneur des


procédés inadéquats, suscite des travaux supplémentaires par son impéritie, ou
occasionne des retards par sa négligence, sa responsabilité est engagée dans la mesure
où l’entrepreneur prouve que son attitude a été fautive.
Dès lors que les conditions de mise en jeu de la responsabilité de l’une ou l’autre des
parties au marché sont réunies, la réparation doit couvrir l’intégralité du préjudice.

§2. La responsabilité décennale de l’entrepreneur


Le Code civil met à la charge des constructeurs une responsabilité décennale ainsi
qu’une garantie de deux ans, dite de bon fonctionnement, qui couvre les désordres

34 
 
affectant les éléments d’équipement d’un bâtiment qui ne font pas indissociablement
corps avec les ouvrages de viabilité, de fondation, d’ossature, de clos ou de couvert.
Ainsi, les constructeurs sont présumés responsables des désordres constatés dans
l’ouvrage durant le délai décennal.
La responsabilité légale qui pèse sur les constructeurs leur impose une garantie dont ils
ne peuvent s’exonérer qu’en prouvant la faute du maître de l’ouvrage ou la force
majeure.
Pour relever de la garantie, le vice doit :
- s’analyser en un vice caché ou non apparent, c’est-à-dire qu’il convient que
l’administration n’ait pas été en mesure de le déceler au moment de la réception, car en
ce cas, elle aurait dû faire des réserves.
- présenter un certain caractère de gravité, c’est-à-dire compromettre la solidité de
l’ouvrage ou le rendre impropre à sa destination.

En général, on rencontre, dans les relations entrepreneur-maitre de l’ouvrage, les types


de litiges suivant :
-litiges portant sur les décisions unilatérales de l'administration maîtresse de l'ouvrage
par lesquelles elle sanctionne son cocontractant ;
-litiges relatifs aux actes détachables tels l'acte d'adjudication ;
-litiges relatifs à la responsabilité contractuelle de l'administration ou de
l'adjudicataire.

Section 2. La réparation des dommages de travaux publics


L’exécution des travaux publics peut causer aux administrés divers types de
dommages ; par ailleurs, d’autres dommages résultent des ouvrages publics.
On retient donc que le dommage de travaux public est un dommage qui résulte d’un
travail public ou d’un ouvrage public.
Le dommage peut être causé à la propriété immobilière, aux personnes, animaux ou
aux choses immobilières.
Vis-à-vis du travail ou de l’ouvrage qui en est la cause, la victime sera considérée soit
comme un tiers, soit comme un usager.

35 
 
Le responsable est soit l’entrepreneur (constructeur, architecte), soit le maître de
l’ouvrage, selon que l’ouvrage ou les travaux ont fait l’objet d’une réception provisoire
ou non.
Quelle que soit la nature et quel que soit le régime de responsabilité applicable, une
réparation ne saurait intervenir que si est établie par la victime l’existence d’un lien de
causalité entre l’ouvrage, le travail, le dommage et le caractère anormal de ce
dommage. Le dommage anormal étant, d’une manière générale, celui qui excède par
son importance les simples gênes et inconvénients que chacun est tenu de supporter
sans indemnité.

----------------------
CHAPITRE 2. ASPECTS PROCEDURAUX DU CONTENTIEUX DES TRAVAUX
PUBLICS

Section 1. Le préalable du règlement amiable : le cas des marchés publics


Les différends, litiges et réclamations élevés ou soulevés par une partie à l'encontre
d'une autre découlant de la passation, de l'exécution, du paiement, de l'interprétation ou
de la résiliation des marchés publics et des délégations de service public ou de
l’interprétation du présent décret sont réglés à l'amiable avant d’être réglés par voie
contentieuse.
La procédure amiable s’effectue par remise d’un mémoire à l’autorité de règlement des
marchés. Le mémoire expose les motifs de réclamation, accompagné des pièces du
marché et de la preuve de l’exécution. En cas de désaccord sur un aspect lié à
l’exécution des travaux ou du prix, la partie la plus diligente saisit l’instance habilitée
pour la conciliation en matière de marchés publics. L’échec partiel ou total de la
conciliation ouvre la voie à la procédure contentieuse.

Section 2. Le recours contentieux

§1. Recours devant les juridictions administratives


Les juridictions administratives sont compétentes pour connaître :

36 
 
- des contestations nées des contrats passés sous les formes du code des marchés
publics qui sont des contrats administratifs ;
-des dommages causés par les travaux ou ouvrages publics.

Peuvent saisir les juridictions administratives, les personnes ayant un intérêt à agir
c’est-à-dire principalement les candidats illégalement évincés d’un marché (ayant au
moins clairement manifesté leur intention de remettre une offre.

En ce qui concerne les contestations nées des contrats (conclusion, exécution,


résolution, responsabilité, paiement, etc.), il existe différentes sortes de recours.
D’abord, la loi peut prévoir un recours en référé. Ainsi, en est-il du référé
précontractuel, suspension, provision, instruction ou du référé conservatoire.
Il y a ensuite, le recours en annulation (ou recours pour excès de pouvoir) et celui en
indemnisation (ou recours de plein contentieux).

§2. Recours devant les juridictions de l’ordre judiciaire


I -Les juridictions civiles ou commerciales
Les litiges entre les entrepreneurs et les fournisseurs, entre un entrepreneur et ses
sous-traitants ou encore entre deux entrepreneurs peuvent être portés devant les
tribunaux compétents en matière commerciale ou en matière civile, selon la nature
commerciale ou civile de la cause.

II- Les juridictions pénales


Le rôle du juge pénal se situe essentiellement dans la poursuite des irrégularités de
l’achat public de nature à caractériser une infraction pénale (favoritisme, faux et usage,
abus de biens sociaux, prise illégale d’intérêt, entente illicite, corruption et trafic
d’influence).

FIN DU MODULE

37 
 
BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

Textes communautaires

UEMOA

Directive n°04/2005/CM/UEMOA portant procédures de passation, d’exécution et de règlement


des marches publics et des délégations de service public dans l’Union Economique et Monétaire Ouest
Africaine;

Directive n°05/2005/CM/UEMOA portant contrôle et régulation des marches publics et des


délégations de service public dans l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine;

CEMAC

Règlement n°06/09-UEAC-201-CM-20 portant procédures de passation, d'exécution et règlement des


marchés publics de la Communauté;

Textes nationaux (indicatifs)

Algérie, Décret présidentiel n° 10-236 du 28 Chaoual 1431 correspondant au 7 octobre 2010 portant
réglementation des marchés publics, modifié et complété;

Belgique, - loi du 15 juin 2006 relative aux marchés publics et à certains marchés de travaux, de
fournitures et de services;

-loi du 17 juin 2013 relative à la motivation, à l'information et aux voies de recours en matière
de marchés publics et de certains marchés de travaux, de fournitures et de services;

Burkina

Décret N°2008-0173/PRES/PM/MEF DU 16 AVRIL 2008 portant réglementation générale


des marches publics et des délégations de service public;

Décret N°2012-123/PRES/PM/MEF du 02 mars 2012 modifiant le décret n°2008-


173/PRES/PM/MEF du 16 avril 2008 portant règlementation générale des marchés publics et
des délégations de services publics;

Décret n°2013-1148/PRES/PM/MEF du 12 décembre 2013 modifiant le décret 2008-173 du


16 avril 2008 portant règlementation générale des marchés publics et des délégations de
services publics et son modificatif;

Décret N°2008- 374 /PRES/PM/MEF du 2 JUILLET 2008 portant réglementation générale de


la maitrise d’ouvrage publique déléguée;

Arrêté n° 2008-153/MEF/CAB 13 juin 2008 portant fixation des conditions de mise à


disposition des dossiers d’appel à la concurrence et des cahiers de charge des contrats par la
procédure de gré à gré;

38 
 
Arrêté n° 2008-236/MEF/CAB du 07 août 2008 portant composition, attributions et
fonctionnement du comité chargé de l’examen des requêtes de remise de pénalités et de
paiement d’intérêts moratoires;

Arrêté n°2010-454/MEF/CAB du 31 décembre 2010 portant adoption du référentiel des délais


de passation des marchés publics et des délégations de service public;

Arrêté conjoint: n°2010-33/MEF/MAHRH du 15 juin 2010 portant conditions d’octroi et de


retrait des agréments en matière de maîtrise d’ouvrage publique déléguée relative aux travaux
d’hydrauliques et travaux d’aménagement hydro-agricoles;

Arrêté conjoint n°2010-214/MEF/MHU du 9 juin 2010 portant conditions d’octroi et de


retrait des agréments en matière de maîtrise d’ouvrage publique déléguée relative aux travaux
de bâtiments;

Arrêté conjoint n°2010-231/MEF/MID du 24 juin 2010 portant conditions d’octroi et de


retrait des agréments en matière de maîtrise d’ouvrage publique déléguée relative aux travaux
de de routes et d’ouvrages d’art ;

Agrément technique des travaux de bâtiments;

Agrément technique des travaux hydrauliques;

Agrément pour l’exercice de la maîtrise d’ouvrage publique déléguée;

Agrément technique de construction électrique;

Burundi, – LOI n° 1/01 du 4 février 2008 portant Code des marchés publics du Burundi;

Cameroun- Décret n°2004/275 du 24 septembre 2004 portant Code des marchés publics;

Centrafrique (RCA) -Loi n°08-017 du 6 juin 2008 portant Code de marchés publics et délégations de
service public en République Centrafricaine;

Congo (RDC)- Loi n° 10/010 du 27 avril 2010 relative aux marchés publics

Congo (Brazzaville)- Décret n° 2009-156 du 20 mai 2009 portant code des marchés publics;

Côte d’Ivoire- Décret n°2009-259 du 6 aout 2009 portant Code des marchés publics;

France-Décret n° 2006-975 du 1er août 2006 portant code des marchés publics;

Gabon- Décret n°0001140/PR/MEFBP du 18 décembre 2002 portant Code des marchés publics;

Mali - Décret n°08-485 / P-RM du 11 aout 2008 portant Procédures de Passation, d'Exécution et de
Règlement des Marchés Publics et des Délégations de Service Public;

Mauritanie-Loi n° 2010-044 du 22/07/2010 portant Code des marchés publics

Niger- Ordonnance n°2002-007 du 18 Septembre 2002 portant Code des Marchés Publics au Niger
(modifiée par l’Ordonnance n°2008-06 du 21 février 2008);

Tchad- Décret n°503/PM/SGG/2003 du 5 décembre 2003 portant Code des marchés publics;

39 
 
Togo- Décret n° 2009-277 /PR portant Code des marches publics et délégations de service public;

Tunisie- Décret n° 2002-3158 du 17 décembre 2002, portant réglementation des marchés publics;

Ouvrages (doctrine)

D. CHABANOL, J-P. JOUGUELET et F. BOURRACHOT, Le régime juridique des marchés


publics, Imprimerie nationale, 2007.

J-F.BRISSON, Les fondements juridiques du droit des marchés publics, Imprimerie nationale, 2005.

I. GAUDEMET, Droit administratif des biens, Tome 2, LGDJ 12 è éd. 2002 ;

X. BEZANCON, Essai sur les contrats de travaux et de services publics- Contribution à l’histoire
administrative de la délégation de service public, LGDJ, 1999.

X. BEZANCON, P. COSSALTER et C. CUCCHIARINI, Le guide de la commande publique, Le


Moniteur, 2007

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