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Cours 3ème année Mme Berrebbah Alioua Amel

Chapitre 3: Paramètres influençant la toxicité 

1.1 La concentration C au niveau du site toxique :


L’effet toxique dépend de la dose (= la quantité initiale absorbée) mais aussi de
l’efficience de l’absorption – et donc de la voie d’absorption - de la distribution dans
l'organisme, de la métabolisation possible de la substance et de son élimination.
Cet effet toxique est donc surtout proportionnel à la concentration du toxique au
niveau du site de toxicité.
Cette concentration dépend de la quantité de substance et du volume dans lequel elle
est diluée.

1.2 Durée d’exposition (T) :


L’effet toxique est proportionnel à la durée de « contact » entre le toxique et le site de
toxicité.
Le temps qui s'écoule entre le moment où la concentration au niveau du site d'action atteint un
certain seuil d'efficacité et celui où sa concentration devient insuffisante pour avoir un effet
toxique, par le fait de l'élimination.
Exemples de toxicité cutanée :
- Exposition à la bougie ou au bec bunzen pendant 10 sec ou 10 minutes.
- HCL = acide chlorhydrique = ‘esprit de sel’ plus ou moins dilué dans de l’eau.

2.1  La toxicité
Les toxiques ne présentent pas tous le même degré de toxicité. Certains ont une faible
toxicité, même si on les absorbe en grande quantité, par exemple le sel de table, tandis que
d’autres ont une forte toxicité, même si on en absorbe de faibles quantités, notamment les
dioxines. On peut en partie expliquer de telles variations par les différences qui existent entre
la structure chimique des substances. Ces différences peuvent affecter la capacité des
substances à perturber le fonctionnement de l’organisme (figure 11).

Figure : Structure chimique et effet


De plus, les caractéristiques physico-chimiques, par exemple la grosseur des
poussières, la volatilité et la solubilité dans l’eau, interviennent également dans la réponse
toxique. Ainsi, la connaissance des caractéristiques physico-chimiques des toxiques
proprement dits se révèle importante pour en évaluer la toxicité.

2.2  L'individu
La population humaine est un groupe hétérogène au sein duquel il existe une grande
variabilité entre les individus. Ceux-ci peuvent être affectés différemment par une même dose
toxique, et une personne peut y réagir différemment selon le moment (relation dose-réponse).
Deux principales catégories de facteurs contribuent à expliquer la nature et l’intensité des
effets toxiques.
• Facteurs génétiques :
Des différences génétiques peuvent intervenir dans la capacité des individus à
transformer des toxiques.
 
• Facteurs physiopathologiques :
• L'âge
La sensibilité aux effets toxiques est habituellement plus grande chez les
enfants et les personnes âgées.
• Le sexe
Il existe des différences entre les hommes et les femmes, notamment en ce qui
concerne le métabolisme des toxiques.
• L'état nutritionnel
La toxicité peut être influencée par la masse de tissus adipeux, la
déshydratation, etc.
• L'état de santé
Les individus en bonne santé sont plus résistants, car ils métabolisent et
éliminent les toxiques plus facilement que ceux qui souffrent de maladies
hépatiques ou rénales.
• La grossesse
Il se produit des modifications de l’activité métabolique des toxiques au cours
de la grossesse.
Nos connaissances sur l’interaction de tous ces facteurs et de nombreux autres aspects
demeurent incomplètes. En effet, il est souvent difficile, sinon impossible, d’évaluer la
sensibilité d’un individu ou d’une population et de prédire quelle sera la réponse biologique
d’un organisme à une exposition à un toxique.

2.3  L'environnement
Certains facteurs environnementaux, c’est-à-dire les éléments extérieurs à l’individu,
peuvent influencer la toxicité. La lumière et la température peuvent notamment modifier les
effets d’un toxique. Mentionnons comme exemple la réaction photoallergique au cours de
laquelle la peau exposée à l’éthylène diamine peut devenir plus sensible à la lumière.
En milieu de travail, l’exposition à des mélanges de produits chimiques est une réalité
et figure parmi les problèmes les plus importants à prendre en considération. Les mélanges y
sont souvent complexes et peuvent être constitués de composés similaires, de produits de
transformation, de produits de réaction ou de résidus (déchets). L’exposition simultanée ou
séquentielle à plusieurs produits peut entraîner des conséquences imprévues qui peuvent
différer de la somme des réponses causées par chacun des composants du mélange. C’est ce
que l’on appelle une interaction toxicologique. Les interactions toxicologiques peuvent être
néfastes (augmentation de la toxicité d’un autre produit) mais aussi, dans certaines situations,
avantageuses (réduction des effets toxiques d’un autre produit). Par exemple, l’ingestion
d’alcool éthylique augmente les effets toxiques du trichloréthylène ; en revanche, administrer
de l’alcool éthylique en cas d’intoxication permet de diminuer la toxicité de l’alcool
méthylique.
Il existe différents termes pour décrire les interactions toxicologiques : addition, synergie,
potentialisation ou antagonisme.

 Addition (additivité) : la réponse est égale à la somme des réponses des substances
prises individuellement, il n’y a pas d’interaction.
 Synergie : la réponse est supérieure à la somme des réponses des substances prises
individuellement.
 Potentialisation : elle se produit lorsqu’une substance ayant peu ou pas de toxicité
augmente la réponse d’une autre substance.
 Antagonisme : la réponse est inférieure à la somme des réponses des substances prises
individuellement.

Tableau1 :Interactions possibles entre certains produits chimiques


Interaction Modèle Effet
Additivité* Addition 1 + 2 = 3 Aucune interaction
Synergie 1+2=5
Supraadditivité Augmentation
Potentialisation 0+3=5
0+3=2
Infraadditivité Antagonisme Diminution
2+3=1
* L’additivité est souvent prise en considération « par défaut » lorsqu’il n’existe pas
d’information connue sur l’interaction.

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Chapitre 4 : Types de toxicité 

Selon les quantités de substances toxiques absorbées et la durée de l’exposition, les


êtres vivants peuvent présenter pour la même substance, des troubles physiologiques variés.
Le type de toxicité est fonction
– de la chronicité des prises ou expositions,
– du délai d’apparition des symptômes,
– de l’intensité de la réponse.
4.1 Toxicité aiguë (à court terme) :
Elle représente la manifestation la plus spectaculaire de la nocivité d’un poison. Cette
forme de toxicité peut se définir comme celle qui provoque la mort ou de très graves troubles
physiologiques après un court délai suivant l’absorption par voie transtégumentaire,
pulmonaire ou buccale, en une fois ou en plusieurs répétitions, d’une dose assez importante
d’un composé nocif.
Ex : l’inhalation d’oxyde de carbone, de parathion ou de cyanure à des doses faibles en valeur
absolue (une dizaine de ppm).
- en un ou plusieurs prises
- une forte dose en moins de 24 heures
- symptômes spectaculaires d’apparition rapide
ex : Soude caustique, CO, gaz sarin, OP, barbituriques, héroïne, cyanure, …
4.2 Toxicité subaiguë (à moyen terme) :
Cette forme de toxicité diffère de la précédente par le fait qu’une proportion
significative de la population peut survivre à l’intoxication, bien que tous les individus aient
présenté des signes cliniques découlant de l’absorption du toxique.
- en plusieurs prises
- en moins d’un mois < 1 mois
- quantité relativement importante
- symptômes visibles d’apparition assez rapide
ex : certains médicaments pris en cures plus ou moins longues.

4.3 Toxicité chronique (à long terme) :

Dans ce cas, les effets toxiques produits ont eu lieu non pas par l’absorption en une
brève période de doses assez fortes, mais au contraire, de l’exposition à de très faibles
concentrations, parfois même à des doses infimes, à des substances polluantes dont la
répétition d’effets cumulatifs finit par provoquer des troubles beaucoup plus insidieux.
- en plusieurs prises
- sur plus de trois mois > 3 mois
- quantité faible ou très faible
- symptômes visibles mais d’apparition tardive (parfois >20ans !)
ex : - contaminants dans l’eau ou l’air (Pb, Fluor, DTT,…)
- traitements des maladies incurables
Deux groupes de xénobiotiques entraînent cette toxicité chronique :
les toxiques à accumulation matérielle et les toxiques à accumulation fonctionnelle.

4.3.1.Toxiques à accumulation matérielle :


« La quantité éliminée entre deux expositions est inférieure à la quantité absorbée lors
d'une exposition » Cette accumulation au niveau du site de toxicité est due à :
- aux propriétés physico-chimiques de la substance (liposolubilité) ex : DDT, lindane
- à la faible métabolisation de la substance (v. exemple du F ci-après)
- à la capacité à former des composés stables ex : Pb et autres métaux lourds

4.3.2.Accumulation fonctionnelle
• Effet +/- indépendant du t1/2 d’élimination ( >>, = ou << t1/2 d’absorption)
• La [x] G a dose seuil ??
• Toxicité fonctionnelle k a † Souvent métabolisation nécessaire
- Benzène; Nitrosamines …
- CCl4; ….

ACCUMULATION
accumulation matérielle

Concentration dans l’organisme 
†  = dose mortelle

intensité de la
réponse

accumulation fonctionnelle
NOEL 

Concentration dans l’organisme
doses répétées durée d'exposition
Intensité de la

REPONSE
réponse

NOEL = dose sans effet observable


doses répétées durée d'exposition
NOE
L

 Dose NOEL ou NOAEL :


Longtemps, malgré l’exposition et l’accumulation, on n’observe aucun symptôme et on
parle alors de dose NO(A)EL = No Observed (Adverse) Effect Level.
 Temps de demi-vie T1/2 :
Temps nécessaire pour éliminer la moitié de la substance (selon le toxique, il varie de
dizaines de minutes à plusieurs mois).
Cette notion permet de calculer la durée d'une intoxication et le temps au bout duquel le
risque d'accumulation est minime ou nul lors de contacts répétés.

4.4. Toxicité variable pour une même substance :


- Une même substance peut donner naissance à des symptômes immédiats lors
de chaque administration d'une dose et à des symptômes chroniques après
plusieurs mois d'administration répétée.
- Les symptômes d'intoxication aiguë peuvent être très différents de ceux
observés à long terme.
Exemple du Benzène :
 À court terme : dépression du système nerveux central car très soluble
dans les lipides et donc dans les membranes des cellules nerveuses.
 A long terme : leucémie

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