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Université du Québec en Outaouais

Département des sciences de l’éducation

Un système de communication entre pairs (entrevue)

Par 

Marianne Séguin

Travail de session présenté à 

Marie-Claude Rodrigue

Dans le cadre du cours

PED 1071- Communication avec les intervenants en milieu scolaire

16 février 2017
Dans le cadre de ce travail, j’ai choisi d’interroger ma cousine qui est éducatrice
spécialisée dans une école de la commission scolaire des Draveurs. J’en ai profité pour
lui demander de m’expliquer en détails ce qui est arrivé lors de la situation particulière
qu’elle a vécu avec l’élève, puis de me donner son avis et ceux de ses collègues sur ce qui
est arrivé. Cela m’a permis de développer ma propre opinion par rapport à cette situation.

Tout d’abord, avant l’entrevue, j’avais laissé quelques jours à ma cousine pour
penser à la situation qu’elle choisirait de me parler. Le jour venu, elle m’a dit qu’elle
avait eu beaucoup de difficultés à en trouver une parce que selon elle, les cas où l’on a
besoin de trois intervenants pour régler une situation avec un élève sont très rares. C’est
même bien que ce soit rare parce qu’être trois pour intervenir auprès d’un élève peut être
extrêmement intimidant pour lui. Généralement, la troisième personne est là plutôt
comme intermédiaire. Par contre, elle m’a parlé d’une situation très intéressante qu’elle a
vécue il y a quelques années avec un élève qui était dans une classe de psychopathologie.

Cela s’est passé sur l’heure du dîner alors que ma cousine devait surveiller un
groupe de dîneurs dans la classe de psychopathologie avec une autre surveillante. Il y
avait sept élèves. Tout à coup, l’un d’entre eux qui savait qu’il n’avait pas le droit d’aller
sur l’ordinateur et qui le sait décide d’y aller quand même. Ma cousine va le voir et lui
donne deux avertissements, mais il ne l’écoute pas. Ma cousine essaie de lui expliquer
calmement qu’elle n’a pas le droit de le laisser aller sur l’ordinateur, mais il devient
impoli et rie d’elle. Ma cousine fait venir la directrice adjointe. La directrice lui demande
s’il veut aller au Centre d’aide (pour se calmer), mais il ne le veut pas. Alors, finalement
ma cousine et la directrice adjointe l’emmène au Centre d’aide de force en utilisant le
déplacement physique. Pour ce faire, la directrice s’arrange d’abord pour qu’il n’y ait
aucun élève dans le corridor qui verra la scène. Ensuite, elle emmène l’élève, avec l’aide
de ma cousine, en étant placées de chaque côté de son corps, en tenant chacune fortement
ses mains dans son dos, en ayant un bras autour de son torse pour l’empêcher de se
sauver et en lui tannant la tête pour l’obliger à la pencher en se courbant le dos et à
avancer par en avant. Pendant ce temps, l’autre surveillante s’occupe du reste du groupe
d’élèves. Rendu au Centre d’aide, elles l’ont enfermé dans une salle d’isolement jusqu’à
ce qu’il se calme.

Quand j’ai demandé à ma cousine ce qu’elle a pensé de cette situation, elle a dit
qu’elle considère la situation comme un cas extrême et rare. Elle n’était pas d’accord
avec l’opinion de la directrice adjointe quand celle-ci lui a dit qu’elle aurait dû attendre
qu’une autre éducatrice spécialisée arrive pour l’aider avant d’intervenir. Elle n’était pas
d’accord non plus avec celle de l’autre surveillante quand elle lui a dit qu’elle aurait dû
lui laisser cet élève et qu’elle s’en serait occupée. Ma cousine a justifié son intervention à
la directrice adjointe parce qu’elle considère qu’il ne faut pas toujours attendre l’aide des
autres dans son travail avant d’intervenir, que si elle aurait attendu, l’élève aurait pu
soupçonner un signe de faiblesse chez elle et s’en servir contre elle les prochaines fois.
Ma cousine m’a aussi dit de ne pas m’en faire avec ce genre de situations parce que cela
ne m’arrivera pas si souvent d’avoir des cas extrêmes à gérer de la sorte et que de toute
façon, ma plus grande responsabilité en tant qu’enseignante est d’enseigner. Elle dit
qu’évidemment, je ne dois pas complètement ignorer un élève qui a des problèmes de
comportements parce que je dois aussi apprendre aux enfants à bien se conduire et que
lorsque j’enseigne, je ne dois pas laisser un élève saboter ma leçon simplement parce
qu’il ne veut pas m’écouter. Je dois apprendre à faire de la prévention de crises, mais je
ne dois pas non plus hésiter à demander de l’aide de mes collègues en cas de besoin parce
que je dois toujours m’assurer que les enfants soient sécurité là où ils sont. Les
éducatrices spécialisées sont là pour nous aider!

Mon opinion personnelle par rapport à cette situation est que ma cousine l’a très
bien gérée. Son intervention peut être décortiquée en plusieurs étapes où l’on voit qu’elle
a bien communiqué avec l’élève pour lui faire passer le message, du début à la fin. La
première étape était d’avertir l’élève qu’il n’avait pas le droit d’aller sur l’ordinateur
pendant l’heure du midi et de voir s’il allait bien réagit à cet avertissement ou pas. La
deuxième étape était d’avertir à nouveau l’élève et de voir s’il allait comprendre ou pas.
La troisième étape était de lui expliquer calmement la raison pour laquelle il ne pouvait
pas aller sur l’ordinateur pour l’aider à mieux comprendre la raison de notre refus. La
quatrième étape était d’appeler de l’aide pour faire comprendre le message à l’élève (la
directrice adjointe). La cinquième étape était de demander à l’élève s’il voulait au Centre
d’aide et voir s’il allait bien réagir à cette question ou pas. La dernière étape était de
dégager le secteur et d’emmener l’élève au Centre d’aide de force en utilisant le
déplacement physique pour l’enfermer dans une salle où il sera seul pour réfléchir et se
calmer.

Je trouve que ma cousine a été très généreuse en donnant à l’élève autant


d’avertissements, mais que c’était correct de lui donner plusieurs. Je trouve aussi que
l’autre surveillante a été très gentille en disant à ma cousine qu’elle aurait dû lui laisser
l’élève parce que ma cousine travaille déjà assez fort comme cela lors d’une journée! Par
contre, je doute que cette surveillante aurait pu s’en sortir toute seule puisque ce n’était
pas une TES et que cet élève était un cas très particulier.

Par contre, il y a eu léger manque de communication entre ma cousine et ses


collègues puisqu’elles n’avaient pas la même vision de ce qui était le mieux de faire avec
cet élève, en cas de crise, si l’on se fie à ce que la directrice adjointe lui avait dit sur son
intervention. C’est le seul parasite à la communication que je constate dans cette
situation : le manque de communication. Si l’on observe la situation, on peut facilement
imaginer que c’était loin d’être la première fois que cet élève décidait de refuser
d’écouter les consignes, alors il y avait certainement une intervention prévue à l’avance si
jamais cela arrivait. La preuve est que le déplacement physique était autorisé dans le plan
d’intervention de cet élève, comme ma cousine me l’a expliqué. Ce qui reste un mystère
est la raison pour laquelle ma cousine et ses collègues ne s’étaient pas bien entendu, à
l’avance, sur le fait que ma cousine devait absolument appeler une autre TES pour lui
venir en aide si jamais il fallait emmener cet élève au Centre d’aide en faisant un
déplacement physique.

En conclusion, je ne sais pas comment s’est terminée leur conversation sur


l’intervention de ma cousine lorsque a rencontré la directrice adjointe pour en parler,
mais elle justifié son intervention. Je ne suis pas une TES, mais je crois que si on analyse
la situation, ma cousine est très bien intervenue parce qu’elle montre aux élèves qu’elle
ne se laisse pas faire, peu importe leur sexe, leur grandeur, leur force physique ou leur
état de santé mental. Personnellement, je trouve que cette intervention ressemble
beaucoup à celle qu’auraient faite des policiers et discuter de ce qui est arrivé à ma
cousine m’a permis de beaucoup apprendre. Je peux même dire que cela m’a rassuré
parce que je ne savais pas, auparavant, qu’avec l’accord des parents, nous pouvons avoir
le droit de déplacer physiquement un élève et de l’enfermer dans une salle lorsqu’il
adopte un comportement dangereux, comme les policiers le font avec les criminels. Je
trouve cela chouette! Cela m’a aidé à prendre conscience de mes droits en tant
qu’enseignante et de me sentir beaucoup moins impuissante vis-à-vis l’agressivité des
élèves!