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Université du Québec en Outaouais

Département des sciences de l’éducation

Réflexion argumentative analytique 2

Par 

Marianne Séguin

Présenté à 

Nathalie Gagnon

Dans le cadre du cours

EFI2263-Motivation et réussite scolaire

29 mai 2017

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Le phénomène du décrochage scolaire est un fait inquiétant, pour toute la société.
Personnellement, je me posais beaucoup de questions auparavant là-dessus puisque je
n’ai aucune expérience dans l’enseignement au secondaire. Heureusement, lire le texte

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d’A. Genoud, Rulz et Gurtner, celui du Gouvernement du Québec, celui de Govaerts et
Gregoire, de Bouffard et celui de Breton m’a aidé à mieux comprendre ce problème ainsi
que mon rôle en tant que future enseignante au préscolaire ou au primaire.

Le texte d’A. Genoud, Rulz et Gurtner constitue une recherche sur les différences
qui existe entre la motivation des filles et celle des garçons vis-à-vis l’école. On y
explique le cercle vicieux de l’amotivation, comment Viau perçoit la motivation, les
tendances que l’on retrouve dans l’évolution de la motivation chez les élèves, ainsi que
les différences entre les filles et les garçons au niveau de la motivation. Ce qui m’a
frappé, dans ce texte, c’est lorsqu’ils ont dit que la motivation des élèves peut baisser dès
le début du secondaire, par exemple à cause de la transition entre le primaire et le
secondaire ou à cause des changements hormonaux des adolescents. C’est exactement ce
qui est arrivé avec moi lorsque j’étais au début du secondaire!

Étant donné que j’ai fait ma sixième année dans une classe que je détestais, j’avais
complètement perdue la motivation d’apprendre, à cette époque. Je trouvais mon
enseignante de sixième année méchante (car je n’aimais pas l’approche qu’elle avait
envers les élèves) et l’intimidation que je vivais dans à l’école, en plus du fait que cette
enseignante perdait souvent le contrôle de sa classe en se mettant à crier, a fait en sorte
que je me suis complètement renfermée, que je ne posais aucune question, car j’avais trop
peur d’elle et que j’ai échoué mon année. Je suis allée refaire ma sixième année à l’école
secondaire, dans un programme spécial. À ce moment-là, l’intimidation n’a pas cessé et
j’ai vécu un début d’année où c’était l’enfer parce que je ne comprenais pas le
fonctionnement de l’école secondaire. Je me perdais, je n’arrivais pas à débarrer mon
casier, je ne trouvais pas les locaux de mes cours, ni les toilettes, je me suis trompée
d’autobus scolaire pour revenir à la maison… À l’époque, je revenais de la maison en
pleurant et je voulais lâcher l’école même si je n’avais que douze ans. Heureusement, ma
motivation scolaire est revenue quand je suis allée en secondaire 1, car j’aimais faire de
l’art plastique et les enseignants étaient très gentils avec moi. Pourtant, j’ai toujours cru

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que mon histoire faisait partie des exceptions dans la manière que les élèves vivent leur
transition du primaire au secondaire. Si je me fie au texte que j’ai lu, la façon dont je l’ai
vécu ne semble pas être si exceptionnelle que cela. Par contre, je crois que la raison pour
laquelle cela m’a pris autant de temps à m’adapter à l’école secondaire, quand j’y suis
allée, est que je n’y étais vraiment pas préparée!

Bref, si je me fie à mon vécu et au texte d’A. Genoud, Rulz et Gurtner, je crois
que mon rôle, en tant que future enseignante, sera de m’arranger pour préparer les élèves
à vivre la transition du primaire au secondaire, en leur faisant prendre conscience de la
réalité qui les attend à la grande école. Que ce soit en faisant des liens entre le primaire et
le secondaire lorsque j’enseigne ou en faisant des activités de conscientisation avec les
élèves, je penses que tout ce qui peut les aider à mieux se préparer à vivre cette transition
devrait être considéré et pas seulement ce qui relève de la didactique! C’est la première
conclusion que je peux tirer du texte d’A. Genoud, Rulz et Gurtner. La deuxième est que
mon rôle sera aussi de mettre la volonté d’apprendre des élèves, leur sentiment de
compétence, leur attrait des études et leur état d’anxiété au cœur de mes préoccupations
professionnelles. Selon les résultats de la recherche, il existe peu de différences, à ces
niveaux, entre les filles et les garçons, à part le fait que les filles sont plus anxieuses que
les gars. Je crois que ce niveau d’anxiété, plus élevé chez les filles, est aussi à considérer
lorsqu’on enseigne et qu’il ne faut pas oublier de prendre en considération les stéréotypes
entre les filles et les gars, provenant de la culture. (Les gens traitent les filles comme s’il
était beaucoup plus normal qu’elles soient stressées comparativement aux gars.) Pourtant
les gars peuvent aussi vivre de l’anxiété et ils ne le diront peut-être pas aussi ouvertement
que les filles!

Pour ce qui est du texte du Gouvernement du Québec, je n’ai pas été étonnée par
tout ce que l’auteur a dit parce que c’est ce que nous avons vu dans le cours de
Motivation scolaire (les composantes motivationnelles, le processus du déterminisme
réciproque, l’inutilité de la punition, l’importance du climat et de la relation enseignant-

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élève…) D’ailleurs, cette recherche avait comme but d’évaluer la différence entre la
motivation des filles et celle des garçons, comme la précédente et les résultats ont été très
similaires. Par contre, la recherche du Gouvernement du Québec a plus indiqué que les
garçons accordent nettement plus d’importance aux mathématiques qu’au français. Cela
ne m’étonne pas du tout parce que c’est ce qu’on n’arrête pas de dire dans les écoles.
C’est probablement à cause de notre culture et de la façon dont on élève les garçons : on
les conditionne, inconsciemment, à se diriger vers des métiers « d’hommes » exigeant
beaucoup plus de compréhension en mathématiques qu’en français, comme la mécanique,
la construction, etc. Ce phénomène est très loin d’être nouveau, mais cela me choque
beaucoup!

Je sais qu’il y a des limites à ce que je peux faire, en tant qu’enseignante, puisque
l’orientation professionnelle des élèves ne me regarde pas. Mais, je penses quand même
que mon rôle, en tant que future enseignante, sera de lutter contre les stéréotypes
différenciant les filles des garçons, de manière à faire réfléchir les élèves et leur faire
développer le sens du respect. Par exemple, si l’une de mes élèves s’intéresse davantage
aux jeux populaires chez les garçons plutôt que ceux habituellement utilisés par les filles,
je m’arrangerai pour tout le monde la respecte et vice versa. Si un jour je créé une activité
sur les métiers, je leur ferai comprendre qu’il n’y a absolument rien de mal à ce qu’un
garçon s’intéresse aux métiers où l’on retrouve plus de filles et qu’une fille s’intéresse
aux emplois où l’on retrouve plus de garçons. Évidemment, je ne chercherai pas à défaire
l’éducation de leurs parents, car tous les parents ont leurs préjugés et leurs attentes
personnelles par rapport à leurs enfants, mais je vais quand même faire réfléchir les
élèves, au sujet des stéréotypes sur les gars et les filles, pour les aider à développer le
sens du respect, en faisant des liens avec l’éthique.

Pour ce qui est de la recherche de Govaerts et Gregoire, j’ai été très étonnée
d’apprendre que certains élèves éprouvent du plaisir à se préparer pour les examens (que
ce soit en mathématiques ou en d’autres matières). La raison est que je suis

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personnellement contre les examens, car ce type d’évaluation m’a toujours fait vivre
énormément de stress. Il est vrai que mon trouble de l’anxiété généralisée (diagnostiqué)
fait en sorte que mon stress est plus difficile à gérer que les autres, mais s’il y a une chose
que je n’ai jamais aimé l’école, c’est vraiment les examens! J’aime mieux remettre des
projets, des travaux ou faire des présentations orales. Alors, ce texte m’a fait réfléchir. Il
est très difficile, pour moi, d’envisager que l’on puisse ressentir du plaisir lors d’une telle
préparation.

Maintenant que je sais que c’est possible, je vais réfléchir davantage là-dessus et
essayer de faire en sorte que ma propre anxiété ne soit pas absorbée par les élèves en
influençant leur perception des examens. Je l’admets, donner des examens aux élèves, en
tant qu’enseignante, me rend anxieuse parce que j’ai peur des résultats. Mais, je sais que
mon rôle en tant que future enseignante, sera justement de travailler sur cette compétence
professionnelle afin de réussir à faire en sorte que les périodes d’examens des élèves
soient supportables autant pour eux que pour moi et qu’on les vive bien.

Pour ce qui est de la recherche de Bouffard, qui tente d’expliquer le fait que la
motivation des élèves baisse au fil de leur parcours scolaire, je suis tout à fait d’accord
avec elle pour dire que la formation actuelle des enseignants n’aide pas suffisamment les
enseignants à développer leur compétence à motiver les élèves. (D’ailleurs, je me
demande toujours pourquoi le cours de Motivation scolaire n’est pas obligatoire, dans le
Bac en Enseignement préscolaire et primaire de l’UQO, comme c’est le cas dans celui du
la Psychoéducation!) Ce qui m’a fait sursauter, dans cette recherche, c’est qu’ils disent
que 50 % des garçons et 42 % des filles affirment ne pas aimer l’école à la fin de leur
primaire. Cela n’a aucun sens! Il y a de sérieuses questions à se poser sur ce qui se passe
dans les écoles primaires pour que les élèves en arrivent à une telle démotivation! J’avoue
que je ne comprends pas du tout cette statistique et que j’aimerais beaucoup en parler
avec des enseignants du troisième cycle pour leur demander ce qu’ils en pensent.

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Quoi qu’il en soit, je comprends que mon rôle, à ce niveau, est de faire tout ce que
je peux pour préserver la motivation scolaire des élèves, peu importe le niveau auquel je
vais enseigner. Je crois fermement que tous les enseignants que les élèves vont côtoyer
dans leur vie laisseront une trace importance dans leur mémoire, non seulement au niveau
de leurs apprentissages, mais aussi au niveau de leur façon de penser et de voir la vie.
Puisque les enfants absorbent absolument tous des personnes qui s’occupe d’eux, je sais
qu’en valorisant le plus possible l’école, je pourrai faire une différence dans leur façon de
la percevoir. J’avoue que moi non plus, je ne me sens pas encore tout à fait apte à motiver
les élèves démotivés (comme les résultats de la recherche faite par Bouffard démontrent
que les enseignants ne le sont généralement pas), mais je penses qu’en favorisant le plus
possible l’optimisme, vis-à-vis l’école, auprès des élèves et de leur parents, ainsi qu’en
faisant de mon mieux pour les rassurer lorsqu’ils sont anxieux, ils finiront pas se rendre
compte qu’aller à l’école, ce n’est pas si pire que cela, même au XXIe siècle!

Enfin, pour ce qui est du texte de Breton, qui présentait les résultats statistiques de
recherches sur la motivation des élèves au secondaire, les résultats m’ont évidemment
choqués, mais je n’ai pas été étonnée de ces chiffres parce que lorsque j’étais moi-même
au secondaire, j’ai vu tellement d’élèves démotivés et désirant abandonner l’école! Ils en
parlaient souvent en classe et parfois, lorsqu’ils dérangeaient ceux qui essayaient de
travailler en discutant entre eux, ils se disaient à quel point ils trouvaient que l’école était
merdique et que la réforme n’avait aucun sens. Personnellement, mes valeurs familiales
m’ont permis de rester motiver malgré tout, mais en tant qu’élève timide, silencieuse, qui
observait et qui écoutait tout, je n’avais pas de difficulté à voir que les enseignants eux-
mêmes trouvaient que le système n’avait pas de sens et qu’ils n’arrivaient pas à motiver
les élèves parce qu’ils étaient eux-mêmes découragés du système!

Tout cela me donne un sentiment d’impuissance parce que je n’aime pas du tout
savoir que mes collègues au secondaire aient autant de difficultés. Mais, je me dis que les
enseignants du primaire ont aussi un grand rôle à jouer là-dedans parce que l’enfance

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d’une personne est toujours marquée de souvenirs. Si les élèves gardent de mauvais
souvenirs de leur primaire, ils risquent de développer une vision négative de l’école et
c’est ce qu’il faut éviter à tout prix! Ce sera mon rôle : donner le goût d’aller à l’école
aux élèves pour prévenir le décrochage scolaire au secondaire. Je me dis que même si je
ne serai que de passage dans la vie de ces élèves, le fait qu’un jeune se rappelle d’une
enseignante dont il a été tellement heureux en sa compagnie peut marquer sa vie pour
toujours! C’est ce qui est arrivé avec moi et ce n’est pas pour rien que j’ai décidé de
devenir enseignante. Quand j’étais petite, je suis tombée en amour avec certaines de mes
enseignantes du primaire et j’admirais ce qu’elles faisaient. Cela m’a donné envie de
devenir comme elles. Je me dis que même si un élève du secondaire n’est pas motivé à
l’école, le fait qu’il se souvienne d’une enseignante qui l’a marqué au primaire peut
sûrement influencer son choix dans la poursuite de ses études. Il dira probablement qu’il
y a certains enseignants qu’il n’aime pas, mais qu’il y en a tout de même qui sont
corrects… comme ceux qu’il aura aimés au primaire!

En conclusion, les textes de tous ces auteurs m’ont permis de pousser ma


réflexion davantage, sur la motivation scolaire, en me faisant prendre conscience que ce
concept va beaucoup plus loin que je ne le croyais. Si je peux résumer ce que j’ai compris
qu’était mon rôle, en tant que future enseignante, dans tout cela, c’est que je ne dois
jamais oublier à quel point l’influence que je peux avoir sur la motivation scolaire des
élèves est énorme! Parfois, j’ai un peu de mal à réaliser à quel point j’ai du pouvoir là-
dessus. Les enseignants qui disent ne pas se sentir capables de motiver leurs élèves n’ont
pas réalisés à quel point ils peuvent les influencer dans leur pratique. De mon côté, je fais
la promesse que lorsque j’aurai une classe, je vais toujours penser à mes collègues qui
s’occuperont de mes élèves dans les années futures, en me disant que ce que j’aurai fait
pour garder ces jeunes motiver se reflètera lorsqu’ils seront plus vieux, et ce, même
lorsqu’ils seront au secondaire!

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Bibliographie

Genoud P. A., Ruiz G. et Gurter J.-L. (2009). Évolution de la motivation scolaire des
adolescents : différences selon la filière et le genre. Academic Press Fribourg

Gouvernement du Québec. (2007). Les clés de la réussite des élèves. Bibliothèque et


Archives nationales du Québec

Govaerts S. et Gregoire J. (sans date). Quelle place les émotions positives et négatives
occupent-elles dans l’apprentissage scolaire et dans le profil motivationnel des élèves?
UCL

Bouffard T. (sans date). La motivation des élèves au primaire : un élément essentiel de la


réussite scolaire. UQAM

Breton P. (2013). Le blues du secondaire : la motivation au plus bas. La Presse