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Université du Québec en Outaouais

Département des sciences de l’éducation

Réflexion argumentative analytique 3

Par 

Marianne Séguin

Présenté à 

Nathalie Gagnon

Dans le cadre du cours

EFI2263-Motivation et réussite scolaire

14 juin 2017

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Depuis le début des années 2000, nous faisons face à un grave problème de
décrochage scolaire qui touche toute la société québécoise. Investir dans l’aide apportée
aux élèves en difficultés semble coûter beaucoup trop chers au Gouvernement. Il préfère
s’arranger pour qu’il y ait un TNI dans chaque classe sans vraiment en expliquer la
raison. Par contre, malgré les nombreuses décisions consternantes du Gouvernement, que
l’on aborde dans l’article de Pion, il faut admettre, quand on y pense, que mettre un TNI
dans chaque classe n’est pas une idée si bête que cela, si l’on se fie à la recherche
d’Attenoukon, Karsenti et Gervais, à celle de Karsenti, Collin et Dumouchet. Par contre,
l’intégration des TIC ne pourra jamais motiver réellement les élèves si on ne se fie pas, à
la base, aux conditions de la motivation que l’on retrouve dans l’article de Viau.

L’article de Pion m’a, de toute évidence, grandement choquée, lorsque j’ai appris
que certaines écoles abandonnent des projets de persévérance scolaire à cause des
coupures du Gouvernement. Il y a là une question de survie. Que faut-il prioriser à l’école
pour assurer sa survie? Les directeurs d’écoles se défendent sûrement en disant qu’ils ne
savent plus dans quoi arrêter d’investir, puisque cet arrêt d’investissement leur est imposé
par le Gouvernement. Je leur répondrais que s’il n’y a plus d’élèves, il n’y a plus d’école.
Alors, ce qu’il faut prioriser, c’est l’élève! C’est ce que l’école n’a pas encore compris!
Prioriser l’élève, n’est pas seulement lui donner accès aux classes adaptées à ses
conditions, aux spécialistes qu’il a besoin de consulter… Il faut aussi tout faire pour lui
permettre d’avoir accès aux services qui l’encourageront à persévérer dans ses études.
Quelle est donc cette idée d’abandonner de tels projets comme ceux visant la prévention
du décrochage scolaire?! Le taux de décrochage au Québec n’est-il pas déjà assez élevé?!
Bien sûr, je ne sais pas ce que c’est que d’être à la place des directeurs d’école qui
doivent gérer leur budget serré, mais personnellement, j’aimerais parfois être à leur place
pour régler ce casse-tête en mettant les priorités de financement aux bonnes places.

Quoi qu’il en soit, j’ai compris, en lisant cet article, que je vais devoir me creuser
les méninges pour trouver un moyen de motiver le plus possible l’ensemble de mes

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élèves parce que maintenant, on peut compter de moins en moins sur l’aide de l’équipe-
école, à ce sujet. Pour y arriver, j’ai l’intention de suivre les conseils que l’on retrouve
dans les autres textes que j’ai lus...

Je n’ai pas été étonnée d’apprendre dans la recherche d’Attenoukon, Karsenti et


Gervais et dans celle de Karsenti, Collin et Dumouchet que l’intégration des TIC en salle
de classe apporte autant d’avantages au niveau de la motivation des élèves, mais que nous
ne sommes encore certain que cette intégration aide vraiment les élèves à mieux réussir
parce que j’ai déjà fait une recherche là-dessus dans mon cours d’Introduction à la
recherche en éducation. Après avoir fait tous les cours sur l’intégration des TIC, du BAC
en Enseignement préscolaire et primaire de l’UQO, je suis absolument convaincue que
l’obligation d’intégrer les TIC en classe, selon la compétence 8 visée par la profession
enseignante, est une bonne affaire parce que nous sommes dans une société de plus en
plus « branchée » et je crois que ce n’est pas uniquement à cause des médias, je crois que
c’est surtout parce que la technologie intéresse énormément les jeunes! On n’arrête pas
de dire d’arrêter de demander aux élèves de s’adapter à l’école et de s’arranger pour que
l’école s’adapte aux élèves… Alors, si les élèves ont une fascination pour la technologie,
pourquoi ne pas suivre leur intérêt et l’intégrer à l’enseignement? Il est vrai que cela
demande de l’investissement de temps de formation continue, de la part des enseignants,
mais cela en vaut la peine! Non seulement cela force les enseignants à suivre davantage
les besoins des élèves (comme celui d’avoir des cours diversifiés, adaptés à leurs
intérêts…), mais en plus cela force les enseignants à s’intéresser à ce qui intéresse les
élèves! Dans le temps que j’allais au primaire, voir une présentation Power Point en
apprenant tout ce que ce logiciel nous permet de faire était incroyable et intéressait tout le
monde. Aujourd’hui, nous sommes rendus tellement habitués d’utiliser ce logiciel que
j’ai de sérieux doutes sur le niveau d’intérêt que les élèves portent envers ce logiciel,
surtout avec l’arrivée des activités faites avec Notebook! Un jour, il n’y en aura plus de
rétroprojecteurs, de tableaux à crais... Ces outils deviendront des antiquités. Alors, même
les plus réticents à utiliser le TNI n’auront pas le choix de le faire un jour ou l’autre et ils
pourront en constater eux-mêmes les bienfaits, comme on l’exprime dans les recherches:

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« Les TIC facilitent la recherche scientifique et permettent l’amélioration positive du
niveau de connaissance de l’étudiant. Le niveau de connaissance ainsi plus élevé, il va
sans dire que ceci influence les résultats académiques de l’étudiant. » (Attenoukon,
Karsenti et Gervais, 2013) Après l’implantation du TNI dans toutes les salles de classe,
tout ce qu’il restera à faire, pour le Gouvernement, c’est d’instaurer un ordinateur
portable pour chaque élève dans toutes les écoles, puisque, comme l’explique la
recherche de Karsenti, Collin et Dumouchet faite auprès d’une commission scolaire qui a
déjà tenté l’expérience, avoir un ordinateur portable pour chaque élève en classe peut
avoir de nombreux avantages (douze): « facilitation du travail des enseignants et des
apprenants, accès accru à l’information actuelle et de qualité, motivation accrue des
élèves (…) ». Par contre, comme on le dit dans la même recherche, avoir autant
d’ordinateurs dans une école demande une somme d’argent importante et avec toutes les
coupures budgétaires du Gouvernement, nous sommes énormément loin de voir un tel
projet se dérouler dans toutes les écoles du Québec! La seule façon que cela pourrait
arriver est que le Gouvernement prenne un jour cette décision qui surprendrait tout le
monde, en imposant subitement l’utilisation des ordinateurs portables dans toutes les
classes, comme il l’a fait avec les TNI en 2008.

Ce que je retiendrai de la recherche d’Attenoukon, Karsenti et Gervais et dans


celle de Karsenti, Collin et Dumouchet, c’est que pendant ma carrière d’enseignante, je
devrai profiter de tout le matériel qui sera mis à ma disposition. Qu’il soit informatisé ou
plus traditionnel, je ne m’empêcherai jamais de l’utiliser, car même si tous ce qui relève
de la nouvelle technologie m’intéresse, les anciens outils pédagogiques peuvent être
encore efficaces et m’intéressent aussi. Par exemple, pour défendre l’utilisation des vieux
outils comme les acétates, je peux dire que s’intéresser à ce qui est ancien est aussi une
compétence qui est à faire développer chez les élèves. Le cours d’univers social n’existe
pas pour rien! Ancienneté rime avec antiquité et antiquité rime avec histoire du Québec et
du Canada, donc avec le PFEQ! Bref, on ne peut pas avoir toujours tout ce qu’on veut
dans notre salle de classe. Personnellement, j’adorerais avoir la chance d’enseigner dans
une école où il y aurait un ordinateur portable disponible pour chacun de mes élèves,

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mais sachant que je veux enseigner à Gatineau, cela ne risque pas d’arriver de sitôt.
L’argent ne pousse pas du ciel et en attendant que cela arrive, je crois qu’il est très
important de se remémorer les conditions de la motivation que l’on retrouve dans l’article
de Viau…

Un TNI, un ordinateur ou quelconque outil technologique ne peut motiver les


élèves à lui seul parce que cela ne peut pas remplacer le travail de l’enseignant. Je crois
formellement que la condition pour que l’utilisation des TIC motive réellement les élèves
et les aide à mieux réussir est de ne pas oublier que toute leçon, qu’elle soit informatisée
ou non, doit suivre les conditions de base de la motivation: « être signifiante aux yeux des
élèves, être diversifiée et s’intégrer aux autres activités, représenter un défi pour l’élève,
être authentique, exiger un engagement cognitif de l’élève, responsabiliser l’élève en lui
permettant de faire des choix, permettre à l’élève d’interagir et de collaborer avec les
autres, avoir un caractère interdisciplinaire, comporter des consignes claires et se dérouler
sur une période de temps suffisante. » (Viau, 2000) Je crois aussi que demander aux
élèves de répondre à un questionnaire après avoir fait une activité que nous n’avions
jamais fait auparavant avec eux, pour évaluer le niveau de motivation qu’ils avaient lors
de cette activité, est une idée très intéressante que je vais probablement utiliser en stage
ou plus tard, lorsque j’aurai ma propre classe. Je pourrais, par exemple, l’utiliser lorsque
je ferai des activités intégrant les TIC! Cela ferait des sujets de discussion très
intéressants à partager avec mes collègues et me permettrait de développer mon opinion,
en lien avec l’intégration des TIC, au fur et à mesure que j’en ferai moi-même
l’expérience!

En conclusion, je considère que la compétence 8 de la profession enseignante est


très mal formulée. Dans cette compétence, plutôt que de dire que le but est d’intégrer les
TIC (juste comme ça), on devrait plutôt dire que le but est de motiver les élèves à l’aide
des TIC. Cela ferait réfléchir les enseignants beaucoup plus sur l’importance de cette
intégration en leur envoyant un message clair : il ne suffit pas d’utiliser les TIC en classe

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pour que tous les élèves soient motivés! Il faut aller beaucoup plus loin dans notre
réflexion, en cherchant comment les motiver et les aider à mieux apprendre à l’aide de
cette technologie. Selon Attenoukon, Karsenti et Gervais, la clé pour y arriver est de
développer notre habileté à utiliser les TIC, en classe, de manière intéressante et
instructive. C’est ce que je considère qui est le plus important à retenir de toutes les
lectures que j’ai faite et c’est ce que je m’efforcerai de garder en tête tout au long de ma
carrière : motiver les élèves et les aider à mieux apprendre à l’aide des TIC est possible,
mais il faut que je prenne les moyens pour le faire! Il est certain que lorsqu’on a une
perception négative de la technologie, en général, dans notre vie quotidienne, il est très
difficile de rendre son intégration motivante, pour les élèves et pour nous-même, pour la
simple raison que nous ne faisons pas confiance à l’utilisation des TIC avant même
d’avoir essayé de nous en servir et que dans ce cas, c’est perdu à l’avance. Par contre, si
nous nous montrons enthousiastes à essayer quelque chose de nouveau, dans notre
pratique, en gardant un état d’esprit optimiste, les élèves ressentiront notre motivation à
intégrer les TIC à notre enseignement et ils auront beaucoup plus de chance d’être
motivés, en classe, à leur tour. En réalité, c’est très simple : les élèves sont curieux par
rapport à ce qui intrigue les personnes qu’ils aiment. Alors, intéressons-nous à
l’intégration des TIC en classe et ils s’y intéresseront eux aussi!

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Bibliographie

Pion. I. (2015). Des projets de persévérance scolaire ont dû être abandonnés. Archives
La Tribune

Attenoukon. S. A., Karsenti. T et Gervais. C. (2013). Impact des TIC sur la motivation et
la réussite des étudiants. Enquête à l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin. Érudit

Karsenti. T., Collin. S. et Dumouchet. G. (sans date). L’usage intensif des technologies
en classe favorise-t-il la réussite scolaire? Sans maison d’édition

Viau. R. (2000). Des conditions à respecter pour susciter la motivation des élèves.
CCDMD