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MéssAR : éEéEPA Is éBénOA

MéètiRA :MéRPAi BA PéaéséOa és éBénOAs

Exposé sous le thème :


«Evolution des produits islamiques :
Mosharaka - Moudaraba -
Mourabaha (chiffres clés)»

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Année Universitaire : 2017/2018


«Evolution des produits islamiques : Mosharaka - Moudaraba - Mourabaha (chiffres clés)»

Sommaire
INTRODUCTION...................................................................3
Section 1 : Les fondements communs des produits Islamiques........6
1. L’interdiction de l’intérêt.................................................................................................................. 6
2. Le principe de Partage des Pertes et Profits (PPP/3P)...................................................................7
3. L’interdiction de l’incertitude et de la spéculation (Gharar et Maysir)..............................................7
4. La tangibilité de l’actif..................................................................................................................... 8
5. Les activités illicites........................................................................................................................ 8

Section 2 : Les tendances récentes : la finance islamique en chiffre 8


1- Opportunité économique et sociale............................................................................................ 9
2- Une population jeune et épargnante......................................................................................... 10
3- Mesures gouvernementales..................................................................................................... 11
4- Faciliter la circulation des capitaux entre les secteurs islamique et conventionnel...................13

Section 1: Mousharaka........................................................15
1- DÉFINITION............................................................................................................................. 15
a. La Moucharaka définitive.......................................................................................................... 16
b. La Moucharaka dégressive....................................................................................................... 16
2- UTILITÉ DE CE MODE DE FINANCEMENT......................................................................................16
3- CONDITIONS DE CONFORMITÉ A LA CHARI'A ( Moucharaka )....................................................18

Section 2 : Moudaraba.........................................................19
1- Définition de La Moudaraba.......................................................................................................... 20
2- Les composantes d’un contrat moudaraba...................................................................................20
a. Le capital.............................................................................................................................. 20
b. Le travail........................................................................................................................... 21
c. L’horizon de temps............................................................................................................... 21
d. La répartition des pertes et profits....................................................................................22
3- La moudaraba comme outil de financement.................................................................................22
a. Le montage théorique........................................................................................................... 22
b. L’expérience bancaire....................................................................................................... 24

Section 3 : Mourabaha............................................................32
1......................................................................DEFINITION
32
a. Les conditions de a idité ’a ne de a haria....................................................................35
b. L’ ti isation de a mo rabaha bancaire par es banq es is amiq es..............................36
a. Le process s d’ ti isation par es banq es is amiq es.....................................................37

Conclusion.......................................................................45
BIBLIOGRAPHIE..................................................................46

Page 2
TIRTNUDORTNI
Le développement de la finance islamique au cours des deux dernières
décennies est l'un des développements les plus intéressants de l'histoire récente du
secteur des services financiers mondiaux.

La finance islamique moderne remonte aux années 70. Elle reste actuellement
très concentrée dans la région du Golfe persique et en Asie du Sud, mais commence
néanmoins prendre de ’amp e r en E rope et a x Etats-Unis très probablement suite
à la forte hausse du prix des hydrocarbures.

La première expérience dans ce domaine date des années 60 avec la création


des caisses d’épargne r ra es Mit Gamr (Det a d Nil) 1 en Egypte et d « Pi igrim’ s
managment Fund » en Malaisie. Ces institutions avaient comme objectif de réduire
’exc sion bancaire et de promo oir e dé e oppement des co ches de pop ations
défavorisées. Leurs activités qui étaient principalement axées sur un objectif de
développement étaient limitées à un niveau local.

A cet effet, le consensus est de considérer la véritable naissance de la


finance is amiq e moderne après es années 70 s ite a création de ’Organisation de a
Conférence Islamique (OCI)2 regroupant un grand nombre de pays musulmans.

A ’époq e, e défi était de conce oir n système financier q i de ait respecter


es préceptes de ’Is am et être compatib e a ec e modè e économiq e moderne. Lors
de la troisième conférence islamique, tenue à Djeddah en 1972, un plan global de
réforme des systèmes monétaires et financiers en fonction de l'éthique islamique a été
présenté.

1 www.thrmagazine.info/attachment/335879/
2 OCI - Organisation de la Coopération Islamique. https://www.oic-oci.org/home/?lan=fr
En 1974, le sommet de l'OCI à Lahore a voté la création de la Banque Islamique
de Développement (BID) intergouvernementale qui allait devenir la pierre angulaire
du système bancaire islamique. Cette nouvelle institution avait comme objectif de
participer en injectant ou prêtant des capitaux pour des projets productifs d’entreprises
et de fo rnir de ’aide financière aux pays membres en vue de leur dé e oppement
économiq e et socia . ette banq e a éga ement po r mission d’étab ir et de gérer des
fonds spéciaux pour des objectifs spécifiques. Elle a été autorisée à accepter les dépôts
et à mobiliser les ressources financières selon des modalités conformes à la Charia.

En 1975, la Dubai Islamic Bank (DIB) a vu le jour. Elle est considérée


comme étant la première banque islamique universelle et non gouvernementale.
Durant la même période, le nombre de banques islamiques similaires a connu une
expansion rapide : La Kuwait Finance House en 1977, la Banque Fayçal en Egypte
dans la même année, la banque islamique de Jordanie (1978) ainsi que la banque
islamique du Bahreïn en 1980. De p s, n gro pe de banq es d’in estissement
spécialisées a été crée, notamment, a société d’in estissement de Nassa en
1977, a société d’in estissement d Go fe basée Sharja éga ement créée en 1977 et
a Sharia Investment Services basée à Genève en 1980.

Les années 90 ont conn ’expansion de la Banque de détail islamique et la


naissance de a désintermédiation financière is amiq e, soit e passage d’ ne économie
d’endettement ne économie de marchés financiers. Durant ces années, les IFI
deviennent de plus en plus structurées, et leurs règles de fonctionnement se sont
raffinées. Ainsi, en 1991, la principale organisation internationale de normalisation de
’ind strie de a finance is amiq e a été créée : ’Acco nting and A diting
Organisation for Islamic Finance Institutions (AAOIF) qui sera chargée d’é aborer es
standards comptables appropriés pour les IFI.

Selon les estimations du FMI, il existe actuellement plus de 300 institutions


is amiq es opérant dans p s de 75 pays. Se on es mêmes statistiq es, ’ind strie a
connu une croissance ann e e moyenne d’en iron 15% pendant les dix dernières
années.

Cette évolution a généré un grand intérêt de la part des acteurs mondiaux de la


finance con entionne e dans es économies dé e oppées q i ont essayé d’a gmenter
leurs participations dans les marchés financiers islamiques

La très forte demande des produits islamiques et leur popularité croissante


étaient principalement poussées par une masse considérable de liquidité en provenance
des pétrodollars dans la région du Golfe persique ainsi que par les nouvelles
configurations géopolitiques. Ce mode de financement est devenu une partie intégrante
du système financier mondial.

Dans le mode de financement islamique3, on distingue deux grandes familles


appartenant aux deux principaux modes de financement en finance conventionnelle : le
financement en fonds propres et la dette ou autrement dit des financements basés sur le
partage des risq e et e transfert d’actifs. Le poids re atif de ces de x c asses
d'instruments financiers est également proche de la répartition que l'on peut observer
dans un système financier classique.
1. Les instr ments de dette : e transfert d’actif : tels que Morabaha,
morabaha in ersé, L’Ijar, rédit bai anticipé o L’jara Maws fah Fi
Dimmah, Vente terme, L’Istitnaa, Qard al Hassan
2. Instruments apparentés à des actions : Les financements participatifs : tels
que La Mousharaka , La Mousharaka décroissante, La Moudaraba, Le
produit d’ass rance Takaf ,
3. Le S k k : ertificat d’in estissement,
4. Fonds d’in estissement Is amiques
5. Le financement de projets.

3 Introduction aux techniques islamiques de financement – BID, https://ribh.files.wordpress.com/.../introduction-aux-techniques-islamiques-


de-finance...
Notre exposé sera composé de deux chapitres, la première va traiter les
fondements communs et les tendances récentes des produits islamiques. Et le
deuxième chapitre va se concentrer sur ’exposition trois types de produits islamiques :
Moushraka, Moudaraba et Mourabaha.

Chapitre I : Les fondements communs


de la finance islamiques et les
tendances récentes.
Section 1 : Les fondements communs des produits
Islamiques

Les contrats de financement islamiques ne doivent pas aller ’encontre des


principes fondamentaux de la Charia. Les principes fondamentaux de ce modèle de
financements sont :

4
1. L’interdiction de l’intérêt

Les pratiq es de ’économie is amiq e interdisent to te sorte d’intérêt payé o


reçu quelle que soit la nature ou la grandeur de la transaction. Cette interdiction ne
se
imite pas n ta x s rier mais inc t to te sorte d’intérêt. To t re en fixe et
prédéterminé, connu ex-ante, indépendant de a rentabi ité de ’actif financé n’est
pas admis. Notons que cette règ e s’app iq e éga ement a x intérêts ariab es et conn
s seulement ex-post. Se on es principes de a haria, ’argent n’a a c ne a e r
intrinsèq e car i constit e simp ement n moyen d’échange et ne po rrait donc pas
être un moyen de réaliser un profit.

En effet, la finance islamique considère que le fondement de la rémunération de


’argent p acé est niq ement a rentabi ité de ’actif ainsi financé. E e exc t par

4
Hirigoyen, G. (1993). “Quelques réflexions sur le lien entre l’éthique et la finance’’, Droit et Gestion, pp 208-
217, Vuibert, Paris..
principe ’idée d’ ne rém nération fixe, déconnectée de a rentabi ité de ’actif
financé.

2. Le principe de Partage des Pertes et Profits


(PPP/3P5)

Le principe de Partage des Pertes et Profits (PPP/3P) a pour objectif la


réa isation des contrats a x termes desq e s ’ ne des parties n’exp oite pas d’ ne
manière injuste son cocontractant. La notion de partage des pertes et profits est un
des é éments c és dans e concept de finance is amiq e. ’est n procédé q i permet e
partage des risq es entre entreprene rs et in estisse rs. En effet, ’in estisse r doit
confier ses fonds à un entrepreneur avec qui il devra partager les profits en
fonction de
a performance de ’actif so s-jacent. Naturellement, toutes les pertes doivent
également être partagées si elles ne sont pas dues à une négligence ou faute de
’entreprene r. Le partage est déterminé contractuellement et peut ne pas être
égalitaire mais doit être tout le temps équitable.

3. L’interdiction de l’incertitude et de la
spéculation (Gharar et Maysir)6

Se on a haria, es acti ités contenant des é éments d’incertit de


excessives ou qui reposent sur la spéculation en vue de réaliser un profit sont interdits.
Un contrat conforme à la Charia est celui dont toutes les caractéristiques
fondamentales sont claires.

Le mot Gharar peut désigner un aléa, une incertitude ou un hasard. Dans


es contrats is amiq es, i n’est pas admis q e ’objet d contrat soit conditionné par a
réa isation d’ n é énement q i pe t s r enir o pas. La raison de cette interdiction
réside dans le fait que cette incertitude peut générer un déséquilibre entre les
pertes et les profits des différentes parties du contrat.

5
Le principe du partage des profits et des pertes.
6
Hirigoyen, G. (1993). “Quelques réflexions sur le lien entre l’éthique et la finance’’, Droit et Gestion, pp 208-
217, Vuibert, Paris..
La notion de Maysir est liée à la notion de jeu qui peut générer un
enrichissement inj stifié a détriment des a tres. D’ ne manière généra e, dans a
religion musulmane, il est interdit de réaliser des transactions commerciales
comportant une incertitude excessive. Ainsi, toutes les pratiques telles que la vente
de produits inexistants, paris et loteries ne sont pas autorisées.

4. La tangibilité de l’actif

Toute transaction financière islamique doit être adossée à un actif tangible


réel et matériel. Ce principe permet de renforcer la stabilité économique et la
maitrise de risq e. La finance is amiq e po sse es in estisse rs s’engager dans
’économie réelle, empêchant la déconnexion obser ée a jo rd’h i entre es marchés
financiers et
’économie rée e. eci permet de promo oir a j stice socia e et ’éq ité ainsi q e a
iberté d’entreprendre.

5. Les activités illicites

Un financement islamique ne peut avoir pour objet un investissement dans


une activité interdite par la Charia. Aucun investissement ne peut ainsi être réalisé
par un financier is amiq e dès ors q ’i porte s r des prod its interdits par a haria o
des acti ités i icites te es q e ’a coo , a iande porcine, o es je x de hasard.
L’examen de la compatibilité des investissements et des financements avec la
Charia est une diligence supplémentaire qui doit être réalisée dans tout projet de
financement islamique.

Section 2 : Les tendances récentes : la finance islamique en


chiffre 7

La banque islamique est une réalité croissante qui se développe en dehors des
frontières traditionnelles des pays musulmans, dans les économies occidentales. Les
actifs financiers islamiques mondiaux ont atteint 1,8 billion de dollars en 2015 contre

7
Rachid SOULEIMANI, Mémoire sous le thème : La finance islamique: évolution et perspectives ,

Page 8
Université Hassan II Casablanca Maroc - Licence fondamentale en sciences économique et
gestion 2010

Page 8
150 milliards de dollars en 1990. Ils de raient dépasser 6,5 bi ions de do ars d’ici
2020.

L’Asie de rait être e principa mote r de croissance de ’ind strie de a finance


islamique. Selon le rapport de Islamic financial service board (IFSB), 2015, analysait
e 5 septembre de ’année 2014 Achraf Mahmo d Wathra, Directeur de la banque
d’Etat de Pakistan, a For m Mondia de a finance is amiste (WIFF). A ’éche e
mondiale, le marché de la finance islamique représente 1% de finance mondial.
Néanmoins, le potentiel de croissance est important et suscite de nombreux
opport nités a fois économiq e mais éga ement en terme d’inno ation socia e.

1- Opportunité économique et sociale8

« Toutefois, la prise de risque est autorisée lorsque tous les termes et


conditions sont clairement stipulés et connue de toutes les parties ». Le
financement de certains secteurs sont interdits (alcool, armement, jeux de
hasard...). Enfin, le quatrième principe exige ’ ti isation d’ n actif réel (immeubles,
véhicule, matière première...) pour toute opération de financement. Cinq Etats du
Golfe (Iran, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Koweït et Qatar), ainsi q e des
pays d’Asie d S d-Est (notamment a Ma aisie) composent majoritairement e
marché is amiq e se- lon
’étude de a B E. L’Afriq e est également ’ n des marchés en devenir. Le continent
compte 412 millions de musulmans et une croissance des revenus importante.
Selon Word islamic banking competi eness report 2016 d’Ernst et o ng, e marché
et es profits po rraient do b er d’ici 2020. A ’échelle Européenne, e marché est
embryonnaire. La BCE répertoriait en 2012, 4 632.2 mi ions d’e ros gérés par 154
fonds. L’Ir ande disposait de 1 887 mi ions d’e ros, e L xembo rg, 1353 millions
d’e ros, Jersey 1285 mi ions d’e ros, G ernesey 107,4 mi ions d’e ros et a France
147,2 mi ions d’e ros.

Les perspectives sont conséquentes. Plusieurs conditions sont réunies pour


favoriser la prospérité du secteur. La démographie progresse. Actuellement il y a 1,6
8
Idem

Page 9
milliard de musulmans dans le monde. Ce chiffre pourrait atteindre 2,76 milliards en
2050, selon les estimations de Pew Research center. L’E rope dispose de 20 mi ions
de musulmans et de 13 millions de migrants de cette confession. La France et
’A emagne pourraient atteindre plus de 7 millions de musulmans en 2050 contre
respectivement 4,7 millions et 4,8 millions en 2010. Outre, les besoins financiers «
sur p ace », ce sont des mi iards d’e ros de f x d’argent adressés de ’E rope ers es
pays d’origine et vice- ersa. A titre d’i stration, ’adoption massi e des smart-
phones et des solutions en ligne, les pays du Golfe persiques auraient permis en
2015 de réaliser p s de 100 mi iards de do ars de transferts d’argent.

9
2- Une population jeune et épargnante

Par ailleurs, les musulmans européens sont en moyenne plus jeunes (32 ans)
q e ’ensemb e des européens (40 ans). La jeunesse qui a davantage de besoins et de
potentialités représentent ainsi un gisement de consommation important dans les
prochaines années et n p b ic capter po r es banq es. Enfin, le rallongement de la
durée de vie pourrait également augmenter les potentialités pour offrir des services
tout au long des étapes de a ie et des financements dans ’accompagnement a
vieillissement des populations.

En outre, certaines études indiq ent q e es ta x d’épargne des musulmans


européens seraient plus élevés que les autres populations européennes. Ce qui
représente ne so rce importante po r es banq es po r rec ei ir e rs fonds
condition d’imaginer des prod its po r q e es intérêts des fonds placés soient par
exemple versés des associations.

Un autre facteur est le développement des relations commerciales avec les


pays dont la majorité de la population est de confession islamique. Accélérer les
échanges est une opport nité po r es banq es d’accompagner les clients sur les
différents continents et de capter quelques-uns de milliers de milliards de dollars. A
titre d’i stration, la seule épargne disponible dans les pays du Go fe persiq e et
d’Asie d
9
Idem

Page
10
Sud-Est atteindrait plus de 5 000 milliards de dollars. La zone du Moyen-
Orient connait un taux de croissance de plus de 4 %, des investissements
structurants et un développement important du e-commerce. La capacité
d’absorption financière de la zone du Moyen-Orient est par ailleurs réduite. En
France ’opport nité est également importante. Selon le dernier Mastercard-
CrescentRating Global Muslim Travel Index (GMTI), il y a eu en 2015, 117
millions arrivées de visiteurs musulmans dans e monde. Le chiffre de rait
atteindre 168 mi ions d’ici 2020. La France est a 6e destination préférée des m
s mans. Le marché d oyage is amiq e dans e monde est estimé 200 milliards de
do ars. ’est sans compter la nourriture Halal qui pèse
1.128 milliards de dollars en 2014 et connait une croissance de 4,3 % ou la mode qui a
représenté 230 milliards de dollars de dépenses en 2014 selon Global Islamic
Economy Summit. Selon le rapport de Paris Europlace réa isé par Jouini et Pastre,
lepotentiel financier qui pourrait être capté po r a France est estimé a x a ento rs de
100 mi iards d’e ros.

3- Mesures gouvernementales 10

En outre, des mesures gouvernementales sont mises en place pour fa oriser


a fois le développement sur le territoire européen et attirer les investisseurs
argentés pour que les Etats puissent réaliser e rs in estissements d’infrastr ct res.
Ainsi, dès 1982 le Luxembourg a vu un opérateur d’ass rance is amiq e opéré sur
son territoire. Le pays est devenu naturellement le deuxième plus grand centre
de fonds d’in estissement a monde après les Etats-Unis avec plus de 68 entités.
Pour communiquer largement s r e s jet, ’Etat xembourgeois en 2014 a mis en
place une obligation conforme aux principes de la finance is amiq e a ec ’aide de
BNP Paribas et HSBC.

Le Royaume-Uni dans les années 80 a torisait a Bo rse de métaux de


Londres des opérations compatibles avec la charia. Dans ce prolongement, le
Royaume-Uni a mis en place des mesures règlementaires propices a finance

10
Idem

Page
11
is amiq e. E e est ne p ace importante s r e marché. L’A emagne a ec e Land

11
Idem

Page
11
Saxe Anha t en 2004 a aient ancé des ob igations respectant a charia po r 100
mi ions d’e ros dont 60 % étaient réservées aux investisseurs des Emirats arabe unis
et 40 % aux investisseurs européens, démontrant ainsi la compatibi ité de la
règlementation avec la finance islamique tout en drainant les flux financiers.

La France a ét dié les opportunités et a mise en p ace d’ n cadre


règlementaire plus fa orab e en 2008. Le go ernement de ’époque a a ors
insta ré des aménagements fiscaux pour faciliter les montages de finance islamiq e
afin d’attirer les investisseurs du Proche-Orient et trouver des règles applicables
aux opérations financières notamment aux crédits sans intérêts. En 2011, il a été
introduit un système de dépôt islamique pour réaliser un produit de financement
immobilier islamique. Paris Europlace a également signé n accord de coopération
avec Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions
pour traduire les 20 principales normes de a haria. I ise promouvoir et
favoriser la finance islamique en France et dans les pays francophones. La Be giq
e, ’Espagne, le Danemark mais aussi la Suisse, le Japon... réfléchissent également
des adaptations.

La demande et ’intérêt de la population sont également forts. La crise de


2008 a accé éré ne certaine prise de conscience en fa e r d’ ne finance p s
éthique et d’ n o ti en fa e r d’ n développement durable. La comm na té
musulmane est demande se de prod it financier conforme a charia. Une étude
menée auprès de 500 personnes en 2010 au Maroc réalisée par deux chercheurs
Abdelkahar Zahid et Aomar Ibourk de la fac té de ’Uni ersité adi Ayad montre q e
93,5 % sont fa orab es
’insta ation de a Banq e Is amiq e a Maroc. 78,5 % des c ients sont contre le taux
d’intérêt app iq é par e r banq e et 58 % d’entre e x considèrent celui-ci comme
illicite. 53,5 % de ceux qui ont recours au dépôt terme o d’épargne, sont contre le
principe de percevoir des intérêts sur les fonds déposés. En France, une étude
menée en 2008 par ’Ifop po r Is amic Finance Ad isory & Ass rance Ser ices
auprès de 530 personnes représentatives de la population de confession
musulmanes indiquait que 47% des personnes interrogées se déclaraient

Page 12
intéressées par des prod its d’épargne respectant ’éthique religieuse et 55 % par
un produit de financements. Parmi ces

Page 13
personnes interviewées intéressées par les emprunts, 76 % déclaraient être prêtes
changer de banq e si ce type de prod it n’était pas proposé. Ces quelques chiffres
illustrent les besoins et le potentiel.

Les banques répondent partie ement a de- mande. Elles ne sont pas
nécessairement islamiques. Près de 40 % des actifs islamiques sont portés par des
établissements financiers conventionne s. e sont donc des banq es c assiq es q i
n’ont pas ocation être tota ement is amiq e q i présentent des prod its en
conformité. Ainsi, ’image de BNP Paribas, rédit Agrico e, Société Générale,
BPCE, HSBC, ou encore Deutsche Bank, les enseignes mondialisées disposent de
départements dédiées po r proposer des prod its conformes a demande des c ients.

Dès les années 80 « BNP Paribas a été parmi es principa es banq es


reconnaitre ’importance des banq es is amiq es » pe t-on ire s r e site de ’enseigne
Afrique Moyen Orient. Elle a créé rapidement une gamme de produits financiers
compatible avec la charia. En 1985, e e a ancé e premier p acement M rabaha. En
1996, elle a conçu n fonds is amiq es d’actions ’échelle mondiale. Elle a
également créé des structures dédiées a finance is amiq e en s’imp antant a Moyen
Orient pour se rapprocher des clients et de la demande. En 2003, BNP Paribas
Najmah, global Division bancaire is amiq e d Gro pe, s’insta e dans e Roya me de
Bahreïn. En 2004, la banque accompagne Eitsalat Arabie Saoudite, pour lever des
financements islamiques. Elle lance deux ans plus tard un programme de certificat
islamique pour développer des produits structurés a ec ’in estissement islamique.
L’établissement s’est m ni d’ n comité spécial de charia pour garantir la compatibi
ité des produits. Elle a également n partenariat a ec a banq e d’Arabie Sao dite Sa
di Investment Bank. En France, dès 2007 BNP a commercia isé n F P compatib e
po r répondre aux attentes de la population.

4- Faciliter la circulation des capitaux entre les


secteurs islamique et conventionnel

Le Crédit Agricole Corporate and Investment Bank est également présent


sur e marché. Basée D baï a entre financier internationa , une équipe islamique
propose
son expertise pour fournir des conseils stratégiques, gérer les risques et capitaux
conformément a charia. La banque accompagne les grands projets au Moyen-
Orient. Elle est également dotée d’ n comité dédié . Elle facilite la circulation des
capitaux entre le secteur financier islamique et conventionnel. En partenariat avec la
Banque Saudi Fransi (BSF), le groupe a créé une joint-venture en asset
management : Caam Saudi Fransi en vue de développer des produits financiers
conformes. Avec Sofinco, le groupe offre des activités de crédits Barhein. En
2009, ’enseigne a ancé en France CAAM Islamic, SICAV 11 qui investit en
conformité a ec es principes de ’Islam. En 2010 avec le rapprochement des activités
de gestion a sein d’Am ndi entre e Crédit Agricole et Société Générale, Caam
Islamic est devenu Amundi Islamic. Certaines des actions dépassent 20 % de
performances depuis le début de ’année.

Société Générale a ancé en 2008 deux OPCVM 12 proposées ’ e de a


Réunion via sa filiale Banque Française Commerciale Océan Indien. Le SGAM AI
Shariah aurait e 15 mi ions d’e ros de so scriptions en quelques semaines. Il a été
suspendu quelques mois après son lancement. La banque est également présente
sur la zone Asie-Pacifique.

Q ant BP E, elle a émis des titres baptisés « Karama éthique » avec la Bred
Banque Populaire. Elle propose également avec Natixis ses services aux grandes
entreprises d’Asie o Moyen-Orient po r fina iser des financements compatib es a
ec
a oi re igie se. En 2010, BP E a signé n accord a ec a Banq e du Qatar (QIB) en
vue de promouvoir la coopération entre les deux banques pour le lancement de
produits conformes tels que Sukuk s r e marché français. Le groupe a également
une participation dans le capital de la Banque Centrale Populaire (BCP) qui
délivre des produits compatibles et détient la banque Chaabi qui propose une large
gamme de produits de finance éthique et islamique. Chaabi banque est présente en
France. La Banque Centrale Populaire a également ancé en 2016 au Maroc une
banque islamique.
11
Les sociétés d'investissement à capital variable
12
Un organisme de placements collectif en valeurs mobilières
En 2012, la Française AM détenu par Crédit Mut e Nord E rope a ancé n
OPCI en accord avec les règles de la charia, pour le compte notamment d’ ne grande
banque islamiq e de financement et d’in estissement. L’ass re r Axa inter ient
également au Moyen-Orient pour proposer des prestations complètes. Sur le territoire
français, Swiss ife propose n prod it d’épargne conforme. Vitis Life offre une
ass rance ie et ’a emand FWU AG propose n contrat d’ass rance ia Az rite
Courtage. Enfin, des centres de formation pour doter les établissements de
compétences spécialisées sont également mis en p ace. L’ ni ersité de Strasbourg
propose un master ainsi que Paris-Dauphine

Chapitre II : Produits islamiques


:Mousharaka, Moudaraba et Mourabaha13.
Section 1: Mousharaka14

1- DÉFINITION :

La Moucharaka est une association entre deux parties (ou plus) dans le capital
d'une entreprise, projet ou opération moyennant une répartition des résultats (pertes ou
profits) dans des proportions convenues. Elle est basée sur la moralité du client, la
relation de confiance et la rentabilité du projet ou de l'opération.

La Moucharaka, telle que pratiquée par les Banques Islamiques nouvelles telle
que la nôtre, se présente le plus souvent sous forme d'une contribution au financement
de projets ou d'opérations ponctuelles proposés par la clientèle. Comme dans la
Mourabaha, ce financement peut se faire avec ou sans décaissement.

Mais elle peut aussi revêtir des formes plus élaborées.

13
La loi n° 103.12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés
14
La Circulaire du Wali de Bank Al-Maghrib n°1/W/17 du 27 janvier 2017 relative aux spécificités
techniques des produits Ijara, Mourabaha, Moucharaka, Moudaraba.
En tout état de cause, cette contribution se réalise suivant l'une des deux
formules ci-après :

a. La Moucharaka définitive :

La Banque participe au financement du projet de façon durable et perçoit


régulièrement sa part des bénéfices en sa qualité d'associé copropriétaire. Il s'agit en
l'occurrence pour la Banque d'un emploi à long ou moyen terme de ces ressources
stables (fonds propres, dépôts participatifs affectés et non affectés...). L'apport de la
Banque peut revêtir la forme d'une prise de participation dans des sociétés déjà
existantes, d'un concours à l'augmentation de leur capital social ou la contribution dans
la formation du capital de sociétés nouvelles (achat ou souscription d'actions ou de
parts sociales). Ce type de Moucharaka correspond dans les pratiques bancaires
classiques aux placements stables que les banques effectuent soit pour aider à la
formation d'entreprises ou tout simplement pour s'assurer le contrôle d'entreprises
existantes.

b. La Moucharaka dégressive :

La Banque participe au financement d'un projet ou d'une opération avec


l'intention de se retirer progressivement du projet ou de l'opération après son
désintéressement total par le promoteur. Ce dernier versera, à intervalle régulier à la
Banque la partie de bénéfices lui revenant comme il peut réserver une partie ou la
totalité de sa propre part pour rembourser l'apport en capital de la Banque. Après la
récupération de la totalité de son capital et des bénéfices qui échoient, la Banque se
retire du projet ou de l'opération. Cette formule s'apparente aux participations
temporaires dans le banking classique.

2- UTILITÉ DE CE MODE DE FINANCEMENT :

Le financement par Moucharaka de par sa souplesse et sa vocation participative


présente plusieurs avantages et pour la Banque Islamique et pour les opérateurs
économiques. Pour la Banque Islamique, cette formule offre des opportunités de
placement à long et/ou moyen terme de ses ressources.
Il peut constituer de la sorte une source de revenus réguliers et consistants
susceptibles de lui permettre d'assurer à ses déposants et à ses actionnaires un taux de
rémunération assez intéressant.

Outre le financement à caractère ponctuel d'opérations commerciales à court


terme (notamment de revente en l'état ou d'import-export) et les prises de participation,
la Moucharaka se présente aussi comme une forme de crédit à long et moyen terme. A
ce titre, elle constitue le mode de financement le plus adapté au besoin des cycles de
création et de développement des entreprises aussi bien pour ce qui est de la
constitution et/ou augmentation du capital que l'acquisition et/ou la rénovation des
équipements. Aussi, la Moucharaka est-elle très sollicitée par les promoteurs pour la
création de petites et moyennes entreprises sous forme de sociétés de diverses formes
(SPA, SARL, SNC...).

Pour les opérateurs économiques (partenaires), le principe de partage du risque


fait de la Moucharaka une source de financement attrayante. La rémunération de la
Banque loin de constituer une charge financière fixe, est une contribution variable
directement liée au résultat d'exploitation. En cas de résultat déficitaire, non seulement
la Banque ne peut prétendre à une quelconque rémunération, mais elle est aussi tenue
d'assumer sa quote part dans la perte en sa qualité d'associé. C'est dire toute
l'importance de l'étude du risque et de rentabilité des projets et opérations proposés
pour ce type de financement.

La Moucharaka de type dégressif permet aux Banques Islamiques d'accorder


aux titulaires de marchés publics (ou autres), des avances sur marchés moyennant un
partage de la marge dégagée sur les coûts de réalisation. Les paiements se feront au vu
de situations de travaux appuyées de toutes les pièces justificatives probantes. Le
prélèvement se fera sur les versements effectués par le maître de l'ouvrage via le
comptable payeur, en vertu des clauses de l'acte de nantissement de marché à requérir
systématiquement dans ce genre d'opérations. Néanmoins, il y a lieu de tenir compte
des prescriptions de la Chari'a en la matière.
Les concours par Moucharaka répondent aussi aux besoins de financement des
petites entités du secteur de l'artisanat, de l'hôtellerie, de la restauration et autres types
d'activités qui, en dépit de leur faiblesse en matière de garanties et de ressources
financières, présentent en contrepartie un intérêt culturel certain. Ces secteurs
bénéficient le plus souvent d'avantages fiscaux et d'une demande stable et fidèle qui
compensent largement les inconvénients précités.

Certains pays de vieille tradition bancaire ont favorisé le développement de


banques spécialisées dans le financement de ce type d'activités et fonctionnant de
façon participative (les banques populaires).

3- CONDITIONS DE CONFORMITÉ A LA CHARI'A


(
Moucharaka )

L'apport de chaque partie doit être disponible au moment de la réalisation de


l'opération objet du financement. Toutefois, la chari'a autorise la Moucharaka dans des
opérations bénéficiant de différés de paiement à condition que chacune des deux
parties assume une partie de l'engagement vis à vis du/des fournisseur (s) (charikat
woudjouh). L'apport de la Banque Islamique dans cette forme de Moucharaka, consiste
généralement en l'émission d'une garantie bancaire (aval, crédit documentaire, lettre de
garantie, caution sur marché etc...).

Chacune des deux parties doit accepter le principe de la participation aux pertes
et profits de l'entreprise financée. Toute convention visant à garantir à l'une des parties
la récupération de son concours indépendamment des résultats de l'opération est nulle
et non avenue. A cet égard, la Banque n'a le droit de réclamer le remboursement de son
apport que dans les cas de violation par son partenaire d'une clause quelconque du
contrat Moucharaka, de négligences graves dans la gestion de l'affaire (par référence
aux règles usitées en la matière), et des cas de mauvaise foi, dissimulation, abus de
confiance et autres actes similaires.

La Banque peut requérir de son partenaire la constitution de garanties mais elle


ne peut les faire jouer que dans l'un des cas de actes sus-mentionnées.
La clé de répartition des bénéfices entre les deux parties doit être explicitement
arrêtée lors de la conclusion du contrat afin d'éviter toute cause de litige. Si la part de
chaque partie dans les bénéfices est librement négociable, le partage des pertes
éventuelles doit se faire dans les mêmes proportions de partage des bénéfices
conformément aux principes, le gain en contrepartie de la perte (El Ghounmou bi el
Ghounmi).

Le partage des profits ne peut avoir lieu qu'après réalisation effective des
bénéfices (pas d'anticipation sur les résultats). Des avances peuvent être néanmoins
prélevées d'un commun accord entre les parties concernées, à charge de régularisation
à la clôture de la Moucharaka ou de l'exercice selon le cas).

Les biens et prestations, objet de la Moucharaka, doivent être conformes aux


prescriptions de l'Islam (licites).

Section 2 : Moudaraba15

La moudaraba est un type de financement dit participatif. Il s'agit d'un


partenariat entre un investisseur bailleur de fonds et un entrepreneur porteur d'un
projet ou d'entreprise en création. Dans ce contrat, l'entrepreneur apporte son
expertise, son travail et son savoir-faire. L'institution financière islamique (IFI)
apporte le financement nécessaire a réalisation de l'opération. e contrat s’app ie s
r e principe de partages des pertes et profits (3P), qui considère que les IFIs
devraient d’a antage partager e risq e des in estissements a ec es entreprises a ie de
e transférer. Plusieurs chercheurs (Hasan 1985, Bakhtiar et al. 2010)16 ont
démontré que ce système est p s j ste q ’ n système basé s r es ta x d’intérêt, et a
ssi p s rentab e po r es IFIs ong terme. I n’en deme re pas moins, q e es IFIs
sont été très réticentes proposer ce mode de financement e rs c ients. D’après (Dar
& Presley, 2000), moins de 20% des activités des IFIs sont dans le cadre de
contrats en moudaraba ou moucharaka, et La Banque Islamique de Développement
utilise très

15
Coran , sourate Al-bakara : verset 282-283
16 Les cahiers de la Finance Islamique - Hors série 2015
rarement ces mécanismes. Selon The International Association of Islamic Bankers,
Une grande majorité des banq es is amiq es s’app ient exc si ement s r es
mécanismes de dettes dans leurs produits de financement. .

1- Définition de La Moudaraba

La moudaraba est un partenariat limité dans e temps entre n entreprene r et


n in estisse r, dans eq e ’in estisse r (Rab e Ma ) s engage financer e projet de
’entreprene r (Mo darib). En contrepartie, entreprene r doit ass rer a gestion d
projet, et la rémunération des deux parties est fondée sur une c é de répartition fixée au
préalable sous forme de pourcentage des bénéfices du projet. Les pertes éventuelles
doivent être supportées par le seul bailleur de capitaux.

A jo rd h i, a mo daraba pe t s app iq er di erses activités économiques et


avec la moucharaka, elles représentent les techniques les plus fidèles 'esprit de
partenariat entre le capital et le travail tel que pr né par l'Islam. Elle est considérée
comme la technique essentielle du financement islamique pour le développement
de
’économie.

2- Les composantes d’un contrat moudaraba

La moudaraba est un partenariat entre le capital et le travail dans un horizon de


temps, avec une répartition des pertes et profits déterminée.

a. Le capital :

Le capital est apporté exc si ement par ’in estisse r. I pe t s’avérer que
’entreprene r e i e in estir dans e projet, dans ce cas i est considéré comme n
in estisse r ha te r de sa contrib tion, mais conserve pleinement son statut
d’entreprene r.
Le capital apporté par ’in estisse r deme re a propriété de ce dernier, il ne peut être
garanti par ’entreprene r, ni considéré comme une créance sur ce dernier. Il pourra
être ibéré progressi ement se on es besoins de ’entreprene r.
Le montant du capital investi doit être en numéraire, connu, déterminé et
disponible au début du contrat.

b. Le travail :

Ba (1993)17 a rés mé es conditions q e doit respecter ’acti ité financée par


moudaraba comme suit :

 L’in estissement est orienté ers a prod ction de biens et services qui
répondent des besoins sains.
 Le produit doit être licite.
 Toutes les phases de production de ce bien (financement, industrialisation,
achat, vente) doivent être licites.
 Tous les facteurs de production (salaires, système de travail, etc.) doivent être
conformes ce q i est icite.
 Les dépenses de ’entreprene r pe ent être prélevées sur le capital de
la moudaraba.

c. L’horizon de temps :

Le contrat de moudaraba doit être imité dans e temps po r es hanafites et es


hanbalites. ependant, po r es ma ikites et chafiites, a imitation dans e temps est
ne ca se d’ann ation d contrat de mo daraba. hac ne des de x parties pe t
disso dre e partenariat sa con enance.

Se on es standards de charia de ’Acco nting and A diting Organization for


Islamic Financial Institutions(AAOIFI)18, il est possible de mettre un terme au contrat
dans quatre cas, le premier consiste en le désistement d’ ne des parties en accord a ec
’a tre partie. Le deuxième cas est que le projet du contrat souffre de lourdes pertes, le
troisième cas est la fin de la période négociée, et le quatrième consiste en le décès de
’entreprene r.
17 Les cahiers de la Finance Islamique hors série 2015 - IFSO

18 AccountingandAuditingOrganizationforIslamicFinancialInstitutions, aaoifi.com.
d. La répartition des pertes et profits :

Les pertes en capita incombent a se bai e r de fonds, ’entreprene r n’est


ten responsab e des pertes q ’en cas de fa te a érée. Po r se prém nir contre ce
risq e, ’in estisse r pe t, a déb t d contrat, exiger des garanties de la part de
’entreprene r.
Les profits sont distrib és après rembo rsement d capita ’in estisse r,
se on ne c é de répartition déterminée a déb t de ’opération.

3- La moudaraba comme outil de financement

a. Le montage théorique

Le cas c assiq e de a rencontre d’ n entreprene r riche d’ n sa oir-faire mais


pa re en capita x et, ’in erse, d’ n in estisse r a recherche d’ n projet
entreprene ria dans eq e i ne so haite pas s’imp iq er a trement q e
financièrement, trouve son écho dans le montage de la moudaraba:

Soient :
K le capital investi dans le projet.
P le profit o perte d projet, R P sa a e r a iq idation

a part des profits d e ’in estisse r, 1- ce e de ’entreprene r en cas de profit


(P>0). La rémunération de ’in estisse r (F) s’écrit donc :

Sa richesse a fin d projet s’écrit :

La rémunération de ’entreprene r (E) est : Sa richesse a fin d projet s’écrit :

19

Prenons e cas d’ ne entreprise q i so haite financer n projet de 100 mi ions


d’e ros par ’intermédiaire d’ n contrat de mo daraba s r n horizon d’ ne année.
L’entreprise négocie avec un financier les conditions suivantes :

19
www.ifso-asso.com/wp-content/uploads/2013/06/Les-Cahiers-de-la-FI-HS-2015.pdf
Cas n° 1:

Financement tota d projet ha te r de 100 mi ions d’e ros Répartition des


profits : 70% po r e financier et 30% po r ’entreprise.

Cas n°2:

Apport de 10 millions d’e ros


Financement ha te r de 90 mi ions d’e ros
No s restons dans e cadre d’ ne Mo daraba entre ’ensemb e financier et
entreprene r d’ n coté , et ’entreprene r de ’a tre.
Répartition des profits : 70% po r e financier et 30% po r ’entreprise.

On envisage trois scenario économiques équiprobables (33%) :

1. Scenario favorable : 40% de rendement sur le projet


2. Scenario médian : 20% de rendement sur le projet
3. Scenario défavorable : -20% de rendement sur le projet

Cas n° 1: 20

Scenario Profits/Pertes Financier Entrepreneur


1 40% 28% 12%
2 20% 14% 6%
3 -20% -20% 0%
Moyenne 13.3% 7.33% 6%
-type 31% 25% 6%

L’entreprene r reçoit n rendement re atif son tra ai si e projet est


profitable, mais il ne subit aucune perte financière dans le scenario défavorable.

Casn 2:

La part d financier dans e capita est : 90%, ce e de ’entrepreneur est de


10%.
Profits/Pertes Financier Entrepreneur

20
www.ifso-asso.com/wp-content/uploads/2013/06/Les-Cahiers-de-la-FI-HS-2015.pdf
1 40% 25.2% 14.8%
2 20% 12.6% 7.4%
3 -20% -18% -2%
Moyenne 13.3% 6.6% 6.6%
-type 31% 22.2% 8.4%

L’entreprene r reçoit n rendement re atif son tra ai , ainsi q e


proportionne ement sa participation a capita , si le projet est profitable. Si le projet
est perdant, il en subit les conséquences ha te r de sa participation a capita .

Remarques:

Il est intéressant de constater que dans le premier cas, ’entreprene r reçoit en


moyenne 6 mi ions d’e ros en contrepartie de son tra ai , n’ayant pas engagé de
capital : il a donc un ROE (rendement sur fonds propres) infini. Dans le deuxième
cas, son ROE est égal 66%, comparé ce i d financier qui est égal 7.3% dans les
deux cas. La moudaraba présente donc un effet de levier important pour
’entreprene r.

Le rapport entre le rendement moyen espèré et son écart-type du projet est de


0.43. Po r ’entreprene r, i est cependant égal 1 dans e premier cas, et 0.78 dans
le deuxième cas, en comparaison avec le financier pour lequel il est égal 0.29 dans
les deux cas. Ces chiffres indiquent que ma gré le fait que le rendement du financier
est supérieur ce i de ’entreprene r, ce rendement aj sté d risq e endossé n’en
demeure pas moins inferieur ce i de ’entreprene r. L’in estisse r prend p s de
risq e financier q e ’entreprene r, c’est po r ce a q e sa rémunération est supérieure,
conformément au principe de la rémunération du risque pr né par es concepts de a
finance is amiq e. I est noter q e a mes re de risq e considéré est
purement financière, e e ne tient pas compte d’ n a tre risq e q e s pporte
’entreprene r, savoir le risque de réputation.

b. L’expérience bancaire

Les banques, par leur intermédiation financière, permettent de financer une


large partie du développement économique. Par leur rôle, elles permettent de financer
’économie en utilisant les dépôts et ’épargne de leurs clients. Les banques
conventionnelles privilégient les crédits intérêt po r financer es projets, co rt,
moyen o ong terme. Des crédits capita et rendement garantis.

Les banq es is amiq es q ant e es, ne disposent pas de pareil outil, compte
ten de a prohibition de ’intérêt en Islam. Elles font donc appe d’a tres prod its
conformes a charia, te s q e a mo rabaha, ijara, mo daraba et mo charaka. Les
de x premiers ont n profi de risq e et de rendement simi aire po r e premier a
crédit intérêt, et po r e second a ocation ong e d rée, i s sont considérés comme
des instr ments de dette. Les de x derniers prod its q ant e x, rentrent dans la
famille des produits de partage des risques et profits, ou produits participatifs.

Les banques islamiques déploient le principe de la moudaraba dans différents


types de prod its d’épargne pour les clients, ainsi que dans les contrats de financement
de projets.

b.1. Les profit-sharing investment account : PSIA

es comptes d’in estissement sont destinés mobi iser ’épargne court et


moyen terme des c ients de a banq e, po r financer ’ensemb e des activités et des
investissements de cette dernière, on es appe e a ssi es comptes d’in estissement
non affectés. e x sont des comptes terme a ec comme ariab e a c é de répartition
des profits q i s’aj ste se on a mat rité du compte.

Le client est considèré comme Rab el Mal, et la banque le moudarib.

b.2. Les investment accounts

Dans ces comptes, la banque utilise les dépôts de ses clients pour financer les
projets des entrepreneurs. Ce sont des montages tripartites : les entrepreneurs, les
clients et la banque.
Les profits ou les pertes seront partagés selon le principe de la moudaraba avec une c é
de répartition déterminée. Les clients seront considérés comme les investisseurs. La
banque divisera ce schéma en deux étapes : (1) Clients-Banque et (2) Banque-
Entrepreneurs. Dans la première étape, la banque est le Moudarib, et dans la seconde
elle est Rab el Mal.

Dans ce type de compte, la banque se comporte comme n intermédiaire


financier.

b.3. Le financement de projet

La banque utilise le principe de moudaraba pour le financement de projets,


en actant comme n partenaire dormant, bai e r de fonds. L’entreprene r est
intégralement responsable du projet. De par e risq e porté par a banq e dans ce
type de financement, ni e capita ni e rendement n’étant garanti, les banques
islamiques se trouvent très réticentes offrir ce type de financement a x apporte rs
de projet, surtout sur trois segments :

Les projets ong terme : Les banques ne participent pas aux financements des
projets de long terme sur le principe de la moudaraba. La raison principale est que
cette approche, qui mobiliserait les fonds propres de la banque, représente des risques
financiers pour la banque. Cette dernière pourrait minimiser ces risques en
développant une expertise pour la sélection et le suivi des projets. Expertise considérée
trop coûteuse pour la banque. Les exigences règlementaires q i ob igeraient es
banq es immobi iser une partie des fonds propres pour couvrir les risques de ces
projets sont aussi un frein au développement de ce moyen de financement. L’a tre
raison un peu plus évidente est la mobilisation des fonds pour un horizon très long, et
que les rendements prennent a tant de temps se réaliser, rendant la rémunération de
clients de la banque investis dans les PSIA ainsi que celle des actionnaires très
difficile.

 Les micro-entreprises: Le coût de gestion des financements de ces


micro-entreprises est prohibitif comparé a rendement espéré .
 La trésorerie : e montage de mo daraba n’est pas adéquat au
financement court terme de la trésorerie d’ ne entreprise, e paiement
des salaires ou les besoins de dépenses courantes ne constituent
pas des projets rémunérateurs.

b.4. La moudaraba : un produit hybride21

La moudaraba, de par ses caractéristiques expliquées plus haut, ne relèverait


ni n’est considérée d’ n in estissement en actions part entière, ni d’ ne créance due,
mais plutôt a frontière des deux.

En effet, d’ ne part, po r e mo darib, e financement q ’i reçoit de rab el mal,


est considèré comme un investissement en capital dans le projet pour quatre raisons :

1. A c n rendement fixe garanti n’est associé cet in estissement


2. Le rendement est ne partie des profits d projet, to t comme n di
idende, i n’est ersé q e si e projet génère des profits.
3. Le financier ne peut exiger de recevoir un rendement ou son capital investi
en cas de perte.
4. omme po r ’a gmentation de capita , e financement par la moudaraba
n’a gmente pas e e ier financier de ’entreprise, a contraire des titres
de dettes.

D’a tre part, a mo daraba ressemb e n titre de dette s r de x points :

1. Le capita reste d a financier même si e montant rembo rser n’est pas


garanti.
2. Comme pour la dette, le contrat de moudaraba a une mat rité au terme de
aq e e ’arrangement est disso t.

Ainsi, contrairement 'investissement en capital qui représente une créance


illimitée et perpétuelle s r ’entreprise, a mo daraba, ma gré ses caractéristiques
simi aires n in estissement en capita , est un contrat avec une durée déterminée,
dont seul le capital et non la propriété de ’entreprise est d a financier a fin d

21
Heindrich, J.B.(1987). ’’Les principaux contrats de financement utilisées par les banques islamiques’’, in La
revue banque, n°478, Paris.
contrat, tout comme la dette. La moudaraba ne peut donc pas être une créance de dette
ni une participation au capital, mais reste donc un produit hybride

22
3- Les problématiques de la moudaraba

Le contrat de moudaraba, de par sa construction et ses caractéristiques,


présente de nombreux défis pour e financier. N’étant pas ne participation a capita
part entière, e financier ne jo it d’a c n po oir décisionnel dans la gestion des
projets, qui pourrait modifier sensiblement le revenu espèré des projets. Et d’a tre
part, e financier n’est pas n créancier de ’entrepreneur et ne pourra pas exiger un
remboursement des montants investis en cas de perte. Comme nous allons le voir
dans ce chapitre, la moudaraba présente donc plusieurs problématiques déj traitées
dans la littérature, sa oir a théorie d’agence dans a re ation entre ’actionnaire et e
gestionnaire, ainsi que le problème de la sélection ad erse ié a financement des
projets.

3.1 Le problème d’agence

Dans une structure de financement par participation au capital financement


par participation au capital d’ ne entreprise, e problème d’agence découle de
la di ergence entre es gestionnaires de ’entreprise et es in estisse rs détenteurs
de celle-ci. hac ne des de x parties prenantes a ne fonction d’ ti ité différente es
premiers cherchent maximiser leurs bénéfices au détriment de a a e r et d re en
de ’entreprise q e cherchent maximiser es seconds. Les bénéfices des
gestionnaires peuvent se traduire dans les salaires, les parachutes dorés, les
bonus, ou dans
’in estissement dans des projets fort rendement co rt terme mais préjudiciable a
a e r de ’entreprise ong terme.

Quant aux structures de financement par la dette, le problème d’agence émerge


en deux formes, la première consiste dans le fait que, dans une entreprise, la
rémunération des détenteurs de parts de capital est résiduelle ce e des créanciers,
détenteur d’ ne ob igation fixe s r es actifs de ’entreprise. Les actionnaires tendront

22
Imad Benlahmar , Mémoire sous le thème : La finance islamique face à la crise, INSEEC Master 2010
endetter sensib ement ’entreprise po r a gmenter e rendement de leur fonds
propres sur les projets. Si les projets sont profitables, les profits des actionnaires
seront plus importants que le rendement des créanciers, or si les projets sont
déficitaires, a perte des actionnaires se imite e rs fonds propres argement inferieurs
a perte des créanciers. D’o a seconde forme d problème d’agence po r e
financement par a dette, appelée ’a éa mora , q i po sse es actionnaires sélectionner
es projets ha t risq e et ha t rendement et de es financer en grande partie par la
dette.

De son coté , la moudaraba et les restrictions associées ’inter ention de rab e


maa dans a gestion d projet, pe ent cond ire ’émergence de la problématique
d’agence so s es formes précitées, ainsi q e so s d’a tres formes.

Dans ne mo daraba, rab e maa est, par exemp e, dans ’incapacité (du point
de vue de la charia) de procéder des contrôles internes ex-ante pour réduire e risq e
ié a x bénéfices des gestionnaires, pratique répandue au sein des sociétés en actions.

D’a tre part, a mo daraba présente n a tre risq e maje r, sa oir ’a ocation
des profits entre projets. Dans e cas d’ ne entreprise q i se finance par mo
daraba pour la réalisation d’ n projet spécifiques, il lui serait favorable, v q ’
ne part des bénéfices du projet seront accordés a financier, d’incomber ce
projet des coûts supplémentaires qui le rendraient déficitaire au bénéfice d’
ne a tre str ct re de
’entreprise. Le financier ne sera donc pas rém nèré et les bénéfices du projet
auront été détournés a sein de ’entreprise. Risq e q i ne se présente pas pour un
financement par participation a capita , p isq e ’actionnaire reçoit une rémunération
sur la tota ité des actifs de ’entreprise.

3.2 La sélection adverse 23

Dans une relation financier-entrepreneur, le risque de la sélection


adverse émerge q and ’entreprene r détient des informations privilégiées q ’i

23
Idem

Page
29
ne partage pas a ec e financier a moment de ’élaboration d contrat. On par e de
’asymétrie d’information privilégiant ’entreprene r is- -vis du financier. Ce
problème concerne

24
Idem

Page
29
le financement par participation au capital, par la dette ainsi que le financement
par la mo daraba. Le risq e enco r par e rab e maa en cas d’asymétrie
d’information est plus important que e risq e d’ n créancier o d’ n actionnaire.

Le financier peut se prémunir contre ce risq e en s’app yant s r es moyens


utilisés notamment par es fonds d’in estissement de capita risq e, sa oir :
La sélection stricte des projets : un screening du projet, ’étude de faisabi ité et de
rentabi ité approfondie permettront de réduire ’asymétrie d’information.

L’étude de ’historiq e de ’entreprene r et de sa réputation permettra au


financier de mie x ana yser ’information liée au projet.

24
3.3 Le risque de perte

omme exp iq é p s ha t, dans un contrat de moudaraba, les pertes


financières incombent au seul financier du projet. Il ne peut se prémunir contre ces
pertes en exigeant des garanties sur le capital ou sur le rendement, contrairement
au cas de financement par la dette.

D’ ne a tre part, a co rs de a ie d projet, e financier dans ne mo daraba,


ne peut intervenir dans la gestion du projet, que ce soit dans la gestion quotidienne
ou les décisions stratégiques. Le moudarib est seul maître des décisions au cours
de la vie d projet. Le financier est sans a c n reco rs en cas de baisse de a a e r
de son in estissement, contrairement ’actionnaire q i pe t inter enir et changer e
gestionnaire en cas de désaccord ou de perte. Le contrat de moudaraba présente
donc plus de risq e de perte po r e financier q e ne pe t ’être un financement en
actions ou par la dette.

3.4 Perspectives pour la moudaraba

24
Idem

Page
30
Plusieurs chercheurs en finance islamique se sont penchés sur le sujet de la
moudaraba pour tenter de résoudre ou de diminuer ses problématiques re ati es a
théorie d’agence, a sélection ad erse et ’asymétrie d’information, q i rendent, comme
on ’a précédemment, sa pratique difficile dans le domaine bancaire.

Quelques chercheurs (Khan, 1985 ; Sarker, 1989) avancent comme argument


que le problème d’honnêteté de ’entreprene r dépend de la c é de répartition des
profits. Selon eux, il existe un ratio de répartition q i po sserait ’entreprene r agir
honnêtement. Sarker(1989) a proposé de rémunérer ’honnêteté de ’entreprene r par
le biais de plusieurs mécanismes :

 Le transfert de parts du projet


 Octroi de rémunération exceptionnelle sur la performance (bonus) en
part du projet
 Provisions sur les profits dépendant de la déclaration des profits
 P an po r inciter ’entreprene r détenir ses parts du projet

D’après Sarker, ces mes res incitati es contrib eront dimin er e risq e
d’agence. En effet, n entreprene r détenteur d’ ne part d projet, sera p s moti é et
sera moins enc in faire de fa sses déclarations des profits du projet.
Cependant, ces mesures plus incitatives que coécrives ou préventives. Le risque de
sélection adverse demeure donc présent.

De son coté , Bacha (1997) a proposé n montage financier a ternatif q i


s’app ierait s r a mo daraba, a ec des arrangements entre e financier et
’entreprene r. ette s ggestion imp iq erait q e ’entreprene r rembo rse e capita
a financier so s forme de parts de son entreprise en cas de perte s r e projet
concerné par a mo daraba. Cette solution réduit le risq e d’agence ainsi q e e
risq e de perte d financier, et po sserait ’entreprene r et e financier être plus
vigilant dans e rs in estissements. ependant, e e ne pe t s’app iq er q e si e mo
darib est une entreprise avec des actions. Ce montage n’évite pas le risque de
sélection adverse mais propose une solution ex-post. D’ n a tre coté , la
diminution du risque de perte

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n’est pas évidente, p isq e es parts de ’entreprise pe ent s bir ne grande
dévaluation en cas de perte sur le projet.

La contrib tion de ’entreprene r dans e capita d projet et ’exigence d’ ne


garantie, po rraient se on arim (2000) réso dre e prob ème de a sé ection ad erse.
ette so tion est inopérante dans e cas d’ ne mo daraba p isq e, aucune garantie
de rendement ne pe t être exigée dans ne mo daraba, et q e a garantie de capita
ne pe t agir q ’en cas de fa te a érée de ’entreprene r. Les ét des s r es banq es
con entionne es ne pro ent pas non p s, q e a garantie soit n mécanisme efficace
po r se co rir contre e risq e d’agence.

Shaikh (2011)25 considère q e e risq e de sé ection ad erse réside dans a


disparité des rendements entre e financier et ’entreprene r en cas de perte d
projet. Dans un contrat de moudaraba, pour inciter un financier prendre p s de
risq e, sa part des profits de ra être importante. Or, a ec n ratio p s fa orab e a
financier, a moti ation de ’entreprene r a ra tendance dimin er, en partic ier s’i
ne s bit pas de risq e financier, o si d’a tres projets i ass re ne rém nération.

De e r c té, (Jo aber, Mehri 2011) considèrent q e e ratio de répartition


des profits pe t être considéré comme ne mes re de screening des projets po r
baisser e risq e de sé ection ad erse, et q ’ n ratio é e é pe t a gmenter a
probabi ité de
’émergence de ce prob ème.

Section 3 : Mourabaha.

1. DEFINITION

La mourabaha fait partie des contrats de financement proposés par la finance


islamique. Pour comprendre cette opération particulière, il est indispensable de donner

25
Elmehdi MAJIDI, Thèse pour le Doctorat en Sciences Economiques sous le thème : La finance islamique et la croissance
économique : Quelles interactions dans les pays de MENA ?- Université de Pau et des Pays de l’Adour 2016
une définition simple et claire. La définition retenue est celle figurant dans les
standards de ’AAOIFI se on aq e e a mo rabaha est « [...] a ente d’ n bien po r
n prix éga a prix d’achat a ec ne marge définie et appro ée par les parties. Cette
marge de profit peut être un pourcentage du prix de vente ou un montant fixe »

L’origina ité de a mo rabaha réside dans a combinaison ob igatoire d prix


d’acq isition initia e et d’ ne marge bénéficiaire. es de x é éments intrinsèq es a
mo rabaha représentent « e prix de re ente q i pe t être acq itté a comptant o
éche onné. es de x é éments (connaissance par acq ére r d prix d acq isition
initia , et intégration d ne marge bénéficiaire) permettent de la disting er d a tres
contrats de ente ». ette opération est fondée s r e principe de a ente
tempérament, ti isé en finance is amiq e.

L’ét de de a mo rabaha est nécessaire dans a mes re o e e représente ’o ti


de financement islamiq e e p s ti isé ’he re act e e. ette s r ti isation par es
étab issements financiers is amiq es cond it iné itab ement accroitre a pop arité
de a mo rabaha. L’endettement massif des consommate rs par e reco rs a crédit
intérêt con entionne marq ait e besoin rgent d’offrir ne a ternati e p s éthiq e.
Po r certains, cette a ternati e tro e gr ce dans a mo rabaha, mais po r d’a tres
cette dernière n’est q ’ ne a tre forme de crédit intérêt dég isé.

To t ’intérêt de cet artic e réside dans ’ana yse pratiq e de ’ ti isation de a


mo rabaha par es étab issements financiers is amiq es. En effet, très so ent, a
pratiq e ne s it pas a théorie, ce qui permet de mettre en exergue des limites
inconn es q e ’aspect théoriq e n’é oq e pas. L’obser ation d marché bancaire en
matière d’opérations de mo rabaha met nécessairement en a ant des é éments
critiq ab es, q i amènent s’interroger s r es é ent e es contro erses engendrées
par ceux-ci. Ici, le b t est de disc ter a égitimité de a mo rabaha a regard des so
rces re igie ses de ’Is am, et d’apporter ne ision critiq e s r e terrain d droit et de
a finance.
To t d’abord, i est important de rappe er es principes s r esq e s repose a
mo rabaha en tant q ’instr ment de financement is amiq e (I). Ens ite, i est ti e de
oir comment es étab issements financiers is amiq es mettent en p ace ce type de
transaction (II). Enfin, i est indispensab e de finir notre ét de en approfondissant es
points es p s contro ersés (III).

2. La mourabaha : un instrument de financement


islamique

tant n o ti de financement is amiq e, i semb e pertinent po r commencer


d’én mérer es principa x fondements re igie x s r esq e s a mo rabaha repose .
E e pe t re êtir différentes formes, mais dans to s es cas e e deme re n contrat
basé s r ne ogiq e d’échange commercia .Par ai e rs, a mo rabaha doit remp ir n
certain nombre de conditions po r être a ide d’ n point de e de a Charia .

Pe importe e type de mo rabaha, ce i-ci entre p s généra ement dans a


catégorie des o qo d a -mo ’ awadat a trement dit es contrats fondés s r ne
ogiq e d’ échange commercia . La finance is amiq e reconna t de x a tres
grandes logiq es contract e es : es o q o d a -shirkat fondés s r ne ogiq e de
partage (mo daraba, mo sharaka) et es o q o d a -tabaro ’at fondés s r ne ogiq e
de bienfaisance (waqf, qard hassan, takaful, zakat).

Les o qo d a -mo ’awadat se di isent en de x grandes catégories : i y a


d’abord « es entes a ec négociation d prix, mo sawama, sans référence exp icite a
co t de re ient de ’é ément end » et es bai a -amana a x co rs desq e s e
ende r a ’ob igation de déc arer e co t de re ient de ce q ’i end. Les bai a
-amana se s bdi isent en trois so s-catégories : a ente taw iyah a prix d’achat
sans profit ni perte et a comptant a ente wadhi’a perte et a ente mo rabaha q i
no s intéresse p s partic ièrement.
Le contrat de mo rabaha représente donc i se ne so s-catégorie. Po r
être icite a regard d droit m s man des affaires, il doit remplir un ensemble de
conditions de fond et de forme.

a. Les conditions de a idit ’a ne de a haria

Po r q ’ n contrat de mo rabaha soit déc aré conforme a x prescriptions de a


haria, i doit nécessairement remp ir n certain nombre de conditions re ati es a
nat re et ’existence d bien objet d contrat, a prix d’acq isition et a marge, et
aux parties notamment.

Le bien objet d contrat, q ’i soit me b e o imme b e, doit être défini et


connu par les parties, avoir une valeur car les choses dites hors commerce du point
de
e d droit m s man, ne pe ent pas faire ’objet d’ n contrat de mo rabaha. I doit
éga ement respecter es préceptes, c’est- -dire es ob igations et interdictions,
imposés par a haria (inexistence de ien q e conq e a ec des acti ités j gées i icites
par a loi islamique: jeux de hasard, alcool, porc,...).

Au moment de a conc sion d contrat, ’existence d bien objet de a


transaction doit être certaine. En effet, si son existence aissait p ace a do te, ce a
serait synonyme d’incertit de et d’a éa dans ’existence même d contrat et entrerait
donc dans le champ d gharar. Le gharar étant prohibé par a finance is amiq e, ce a
signifierait q e e contrat de mo rabaha serait a ors contraire a haria et donc i éga p
isq e es opérations iées n é ènement f t r et incertain ne sa raient être va
idées.

A ant a conc sion définiti e d contrat et e transfert de propriété d bien,


’achete r fina doit ob igatoirement a oir connaissance d prix d’acq isition
initia d bien mais éga ement d montant de a marge bénéficiaire. Cette marge
pe t prendre a forme d’ ne « [...] somme fixe o n po rcentage d prix d’acq
isition o ne form e indexée q i permet de ca c er a marge a moment de a conc
sion d contrat de Murabaha ; [...] ».
Le ca c de a marge bénéficiaire est différent se on e co rant j ridiq e. Po r
’éco e hanafite, e co t de re ient eng obe to s es frais s pp émentaires en p s d
co t initia . En re anche, po r ’éco e ma ikite, se s es co ts de transport et de
transformation sont pris en compte. En effet, es co ts insignifiants q e e c ient
po rrait prendre sa charge, ne sa raient être pris en compte dans e ca c d co t de
revient.

Le ende r et e c ient doi ent être de x personnes physiq es o mora es


distinctes. En effet, si le vendeur et e c ient sont ne se e et même personne o entité
j ridiq e, ’opération de mo rabaha sera a tomatiq ement contraire a x dispositions
de a haria p isq e cette dernière prohibe es sit ations imp iq ant de x entes en
ne, en ert d’ n hadith d Prophète.

Dans e cas de a mo rabaha bancaire, q i est ne opération tripartite, i fa t


nécessairement n do b e transfert s ccessif de propriété d bien end . Le premier
transfert de propriété se fait entre e ende r et e financier, alors q e e second est
e fr it de a re ation contract e e entre e financier et e c ient. Ainsi, e financier
doit être e propriétaire d bien objet de ’opération a ant de e céder définiti
ement a c ient. e a est d’ai e rs confirmé par n hadith q i énonce c airement e
principe s i ant : « ne endez pas ce q e o s ne possédez pas ».

La mo rabaha bancaire, a ssi appe ée mo rabaha a ec ordre d’achat, est


très pop aire a près des étab issements financiers is amiq es. En effet, reco rir a
mo rabaha constit e de manière é idente e principa fonds de commerce des
banq es is amiq es q i réa isent des profits é e és gr ce a marge bénéficiaire.

b. L’ ti isation de a mo rabaha bancaire par es banq es


islamiques

I est nécessaire de montrer e process s d’ ti isation de a mo rabaha bancaire


par es banq es is amiq es, a ec ’aide notamment d’ n schéma opérationne . E e
présente différents a antages a fois po r es banq es is amiq es et po r es c ients
souscripteurs,
malgré ne certaine inéga ité . L’a antage principa réside dans ’idée q e a
mo rabaha semb e être ne a ternati e s ffisante a crédit intérêt con entionne en
raison de ses nombre ses différences .

a. Le process s d’ ti isation par es banques islamiques

La mise en re concrète d’ n contrat de mo rabaha bancaire doit s i re des


étapes c aires. En effet, es banq es is amiq es s i ent e process s s i ant dans e b t
de respecter et d’exéc ter efficacement e contrat signé.

Dans un premier temps, e c ient « donne r d’ordre d’achat » choisit e bien, et


so met ne demande de financement ’instit tion financière is amiq e.

Dans n second temps, a demande est ét diée par ’instit tion financière
islamique, qui consiste principa ement ana yser a so abi ité d c ient et donner
ne tarification précise de a transaction.

La troisième étape exige q e es parties se soient définiti ement mises


d’accord s r ’ensemb e des termes de a con ention. Si te est e cas, ’instit tion
financière is amiq e se porte acq ére r d bien et e cède a c ient a prix d’acq isition
initia majoré d’ ne marge bénéficiaire.

Enfin, ’exéc tion d contrat doit être réa isée j sq ’ son terme. Autrement dit,
e c ient doit s’acq itter d prix tota con en a ec a banq e is amiq e se on es
moda ités et es échéances fixées. Le schéma ci-desso s synthétise e déro ement
d’ ne opération de mo rabaha bancaire, q i présente des a antages po r to tes es
parties. Cependant ces a antages ne sont pas de nat re éga e.

3. Des avantages inégaux pour les banques islamiques et


les clients

La mo rabaha a ec ordre d’achat est n prod it financier q i essaie de


répondre a x besoins de to s es acte rs potentie ement concernés même si dans es
faits e e offre p s d’a antages a x banq es is amiq es (1) q ’a x c
ients souscripteurs .

a. Les avantages pour les banques islamiques

To t d’abord, a mo rabaha a ec ordre d’achat est censée représenter ne


so tion a ternati e a crédit intérêt con entionne . E e permet a ors a x banq es de
iser ne c ientè e p s arge po ant être intéressée par des offres ne contenant pas
d’intérêt.

Ensuite, la mourabaha est un moyen pour les banques de limiter au


maximum les risques iés a bien end p isq e a conc sion fina e d contrat marq e
e moment o a propriété d bien est définiti ement transférée a c ient, ainsi q e es
risq es afférents. Le c ient est a ors responsab e par sa gestion des conséq ences
futures q i pe ent s r enir dans a mes re o ’étab issement financier, n’étant p s
propriétaire, se décharge de to te responsabi ité.

Enfin, e dernier a antage est e p s important étant donné q ’i est d’ordre


financier. La mo rabaha représente ne techniq e de financement efficace moindre
co t car e e permet de réa iser des profits considérab es to t en imitant es risq es.
De ce fait, e rendement est p s é e é q e dans n financement participatif o n
crédit c assiq e intérêt p isq e a marge bénéficiaire est mod ab e a ha sse
s rto t en ’absence de conc rrence.

b. Les avantages pour les clients souscripteurs

D point de e d’ n c ient potentie , e premier ato t de a mo rabaha est


q ’e e constit e n pa iatif a crédit c assiq e intérêt. A jo rd’h i, de nombre ses
personnes recherchent des financements répondant e rs croyances re igie ses, o
a ors des impératifs éthiq es. Dans cette optiq e, i s décident de s’orienter ers des
nouveaux produits financiers inno ants q i sont e fr it des no e es finances très en
og e basées s r a mora e, ’éthiq e, et/ou la religion notamment.
La mo rabaha est, en principe, n financement is amiq e permettant de
répondre n besoin socia primaire et ni erse : ’accès a propriété. et arg ment
pe t ser ir exp iq er a forte pop arité et ’ ti isation massi e de a mo rabaha dans
le milieu bancaire et financier islamique.

Lorsq ’on compare es a antages entre es banq es is amiq es et es c ients


so scripte rs, on obser e d’abord ne inéga ité en fa e r des acte rs financiers q i
semb ent être es grands gagnants. P is, on remarq e éga ement n point comm n : e
post at se on eq e a mo rabaha représente ne offre a ternati e crédib e a crédit
intérêt con entionne . En conséq ence, i para t nécessaire de comparer es
différences majeures entre ces deux financements.

c.

Ana yser es différences entre a mo rabaha a ec ordre d’achat et e crédit


intérêt con entionne est n moyen pertinent de sa oir si a mo rabaha te e q ’e e est
pratiq ée par es banq es is amiq es, pe t rée ement être ne a ternati e crédib e et
solide. Les divergences concernent principa ement a nat re de ’engagement, ’objet
de ’opération, a rém nération de ’étab issement financier, et es péna ités en cas de
retard ou de non-paiement.

La première différence est re ati e a nat re de ’engagement. Dans e crédit


c assiq e, i s’agit d’ ne ogiq e de financement a to r d’ ne re ation créancière
imp iq ant n débite r et n créancier ( a banq e octroie n financement a c ient). En
re anche, dans a mo rabaha a ec ordre d’achat, a transaction est basée s r ne
ogiq e de commerce et de financement (re ation commercia e et financière) et e e est
ancrée dans ’économie rée e.

L’objet de ’opération constit e a de xième différence maje re. Le crédit


intérêt est ne simp e mise disposition de fonds. I fait donc inter enir ne créance
dont a rém nération est préa ab ement con en e, d’o ’importance des garanties de
rembo rsement po r a banq e q i n’est pas d to t intéressée par a nat re d projet
mais simp ement par a so abi ité d c ient et sa capacité rembo rser a somme
prêtée majorée d’ n ta x d’intérêt. La mourabaha

pri i égie da antage ’objet de ’opération et son ti ité socio-économiq e, q i


pe ent être per s comme des é éments déterminants dans e process s de
financement. Po r certains, a mo rabaha ise enco rager et promo oir ’accession
a propriété.

Dans e cadre d crédit intérêt, a banq e est rém nérée en fonction d’ n ta x


d’intérêt fixé se on e montant prêté et ’échéancier mis en p ace, cette rém nération
dépend de ’éco ement d temps a trement dit i s’agit de riba prohibé par a finance
is amiq e. Dans e cadre de a mo rabaha, a rém nération de ’in estissement d
financier prend a forme d’ ne marge bénéficiaire préa ab ement comm niq ée dans
n so ci de transparence, et fixée comm nément par es parties s r a base d prix de
revient du bien vendu.

S r e p an financier et non-j ridiq e, a dernière distinction est primordia e car


elle est relati e a x péna ités o intérêts en cas de retard o de non-paiement terme.
La finance con entionne e est fa orab e a paiement d’intérêts de retard, q i s’ajo te
ogiq ement a dette en cas de retard o de non-paiement a ant ’échéance fina e. En
re anche, a finance is amiq e disting e de x sit ations. Dans a première sit ation, si
e non-paiement est a conséq ence directe d’ n cas manifeste de force maje re o
d’ ne diffic té fort ite (fai ite par exemp e), e débite r pe t obtenir n dé ai
gracie x comme e prescrit a haria. Dans a seconde sit ation, q i est e cas
contraire a première, e financier pe t intenter n reco rs j ridictionne et saisir a
j stice dans e b t de se oir restit er es fonds in estis en comp ément de a marge
bénéficiaire. La finance is amiq e interdit e ersement d’intérêts de retard déco ant
d non-paiement terme.

La mo rabaha a ec ordre d’achat et e crédit intérêt con entionne présentent


des différences notab es, comme ’i stre ci-desso s e tab ea récapit atif.
Néanmoins, ces différences ne permettent pas de dissiper oire n ancer es
nombre ses interrogations et contro erses dont a mo rabaha fait ’objet.

3. La mouraba a un instrument contro erse

En dépit de sa pop arité q i i donne de nombre x partisans, a mo rabaha ne


fait pas ’ nanimité p isq ’i fa t con aincre es p s sceptiq es de ses bienfaits. ette
t che semb e diffici e réa iser d fait des nombre ses zones d’ombre s scitant des
interrogations répétées. ’est d’abord e montant de a marge bénéficiaire, qui fait
’objet de critiques incessantes . La s r ti isation de a mo rabaha par es banq es
is amiq es dans n b t p rement capita iste no rrit a ssi e débat p isq e certains
é oquent un « syndrome de la mourabaha » . Po r finir, e caractère j ridiq ement
et/o mora ement contraignant de a promesse d’achat dans a mo rabaha bancaire est
éga ement prob ématiq e .

a.

La marge bénéficiaire ne aisse pas indifférente p isq e certains a considèrent


comme d riba. En effet, es détracte rs de a mo rabaha émettent ’arg ment se on
eq e a marge bénéficiaire ne serait en réa ité q e de ’intérêt dég isé, donc a fortiori
a mo rabaha serait ne opération de crédit con entionne a ec intérêts. De nombre x
points créent e do te et nécessitent des éc aircissements.

Le montant de a marge bénéficiaire pratiq é par es banq es is amiq es est a


plupart du temps s périe r n ta x d’intérêt con entionne . Parfois, cette marge
atteint des sommets q i pe ent choq er d’ n point de e éthiq e, mora et h main.
La finance is amiq e étant en principe ne finance éthiq e, ce genre de pratiq e,
q a ifiée d’ s raire par certains, pe t n ire son image et diss ader a c ientè e
potentie e d’y reco rir.

En o tre, a méthode de ca c de a marge bénéficiaire di ise p isq e es ta x


con entionne s, te s q e e Libor o encore ’E ribor, ser ent de référence po r fixer
e montant de a marge. ertains y oient n rapprochement dangere x, po ant pro
oq er des conf sions et cond ire des racco rcis faci es.

Même si es financements is amiq es deme rent p s chers q e es


financements conventionnels, cette différence de rait rester raisonnab e afin de ne
pas margina iser certaines catégories de personnes et en fa oriser d’a tres mais a ssi
garder n semb ant d’éthiq e et de mora e. M. Mahmo d A. E -Gama , considère q e
cette différence de prix représente e « co t d’être m s man » (« the cost of being
Muslim ». Mais cette expression est réd ctrice dans a mes re o a mo rabaha, et a
fortiori a finance is amiq e, a po r ocation de s’adresser to t e monde sans
distinction de religion.

Les interrogations a to r de a marge bénéficiaire ne sont pas es se es


ento rant a mo rabaha p isq e des ét des ont a ssi été réa isées s r e phénomène de
la surutilisation de la mourabaha par les banques islamiques et son impact sur la
finance islamiq e. e phénomène est appe é e « syndrome de a mo rabaha ».

b. Le « syndrome de la mourabaha

L’expression « syndrome de a mo rabaha » est mettre a crédit de M. Tarik


M. o sef, q i tente d’exp iq er ’ ti isation massi e (et ab si e ?) de a mo rabaha
par es banq es is amiq es. I essaye de démontrer n ien de corré ation entre ce «
syndrome » et n phénomène p s arge to chant a finance is amiq e e e-même.

Se on ’a te r, es inte ect e s m s mans ont remarq é ne é o tion de a


finance is amiq e q i se rapproche de p s en p s de a finance con entionne e dans
a pratiq e, a ors q ’e e doit norma ement être g idée par des principes re igie x.
ette é o tion se ressent dans es instr ments financiers, qui doivent en principe
reposer s r a règ e de 3P dans n so ci d’éq ité et de partage, et é iter es dettes.
L’a te r estime q e es pre es indiq ent e contraire: ’essentie des opérations
bancaires ne sont pas fondées s r ’éq ité mais s r ’ ti isation de a mo rabaha, d’o
’expression « syndrome de a mo rabaha ».
L’a te r a ance ’idée q e a mo rabaha est n contrat proche des contrats
standards enco rageant a dette dans e système bancaire con entionne car e e crée
ne dette ’encontre d c ient so scripte r. La s r ti isation de a mo rabaha par es
banq es is amiq es est ne remise en ca se même d post at q i isait donner ne
a ternati e is amiq e crédib e a x financements con entionne s basés s r es
intérêts.

Cette utilisation massi e par es banq es is amiq es d’ n instr ment proche


des crédits c assiq es intérêts pose a q estion p s arge d fonctionnement q asi-
identiq e entre es banq es is amiq es et es banq es con entionne es. Po r ’a te r,
e système financier is amiq e ne présente pas de différences a ec e système
bancaire con entionne , c’est po rq oi i est nécessaire de e repenser et e refa onner
par n examen systémiq e de a str ct re financière même. L’a te r commence son ét
de par le principe de go ernance d’entreprise et e r e déterminant de a oi, des
institutions et des politiques.

En p s des zones d’ombre re ati es a marge bénéficiaire et d « syndrome de


a mo rabaha », i y a éga ement des q estions concernant e caractère j ridiq ement
et/o mora ement contraignant de a promesse d’achat inhérente a contrat de
mourabaha.

c.

La promesse contraignante po r es de x parties a t contrat même si rien n’a


été signé entre e es, ce q i e t dire q e a banq e end ce q ’e e ne possède pas.
e a re ient donc endre ce q e ’on ne possède pas, ce q i est prohibé. To tefois,
es banq es is amiq es ne conc ent pas a ente a ant q ’e es n’achètent a
marchandise et même, dans certains cas comme es prod its a imentaires, a ant d’en
prendre possession.

La doctrine est di isée q ant a caractère j ridiq ement contraignant de a


promesse d’achat. ertains affirment q ’e e n’est pas ob igatoire. Mais es
dispositions coraniq es et prophétiq es posent n principe c air : a nécessité
d’honorer ses engagements. La promesse d’achat re êt de ce fait n caractère
moralement et religieusement contraignant.

D’ n point de e j ridiq e, ne promesse ni atéra e d’achat n’engage q e e


promettant. En re anche, a promesse syna agmatiq e a t ente orsq ’e e est
fondée s r n consentement réciproq e, en ert de ’artic e 1589 d ode ci i .

En généra , a banq e exige q e a promesse d’achat soit accompagnée d


versement d’ n acompte pro ant a bonne foi de ’engagement. et acompte pe t être
disc tab e d’ n point de e de a haria s rto t s’i compense ’intégra ité d risq e
q e a banq e prend en acq érant e bien.
OoCsulcnoC
La condamnation du riba par ’is am est abso e. ’est po rq oi est né e
mo ement de création des banq es is amiq es exer ant e rs acti ités en conformité
a ec a haria. De par e r conception phi osophiq e, es acti ités des banq es
is amiq es doi ent s’app yer s r es opérations de participation (mo sharaka,
mo daraba). Ma he re sement, a p part des banq es is amiq es sont principa ement
orientées ers es opérations de dette ( a mo rabaha en partic ier). ette orientation
est certainement d e a x diffic tés rencontrées par ces banq es. ertains prob èmes
sont des prob èmes de fond d’a tres d’ordre pratiq e.

La mo rabaha a probab ement de bea x jo rs de ant e e étant donné sa


rentabi ité é e ée, qui justifie sa surutilisation par les banques islamiques.
Néanmoins, ce a n’aidera pas dissiper es nombre x do tes ’ento rant : do tes q i to
chent a fois a égitimité re igie se de a mo rabaha mais éga ement certaines de ses
caractéristiq es propres ( a marge bénéficiaire notamment). A long terme, es
instit tions financières is amiq es doi ent s’efforcer de tro er des so tions
innovantes dans le but de rassurer et convaincre les plus sceptiques puisque les
contro erses a to r de a mo rabaha pe ent rejai ir s r ’ensemb e de a finance
is amiq e et n ire son image de finance éthiq e.
BIBLIOGRAPHIE
 MÉMOIRES :

Imad Benlahmar , Mémoire sous le thème : La finance islamique face à la crise,


INSEEC Master 2010

Elmehdi MAJIDI, Thèse pour le Doctorat en Sciences Economiques sous le thème :


La finance islamique et la croissance économique : Quelles interactions dans les pays
de MENA ?- Uni ersité de Pa et des Pays de ’Ado r 2016

Rachid SOULEIMANI, Mémoire sous le thème : La finance islamique: évolution et


perspectives , Université Hassan II Casablanca Maroc - Licence fondamentale en
sciences économique et gestion 2010

 OUVRAGES

Hirigoyen, G. (1993). “Q e q es réf exions s r e ien entre ’éthiq e et a finance’’,


Droit et Gestion, pp 208- 217, Vuibert, Paris..

Heindrich, J.B.(1987). ’’Les principa x contrats de financement ti isées par


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 ARTICLES

Les cahiers de la Finance Islamique hors série 2015 - IFSO


www.thrmagazine.info/attachment/335879/
Introduction aux techniques islamiques de financement – BID,
https://ribh.files.wordpress.com/.../introduction-aux-techniques-islamiques-de-
finance...

 WEBOGRAPHIE

http://www.fifrance.com/finance_islamique.php
http://www.controledegestion.org/e-books.html
http://www.financeislamiquefrance.fr/
http://www.islamic-finance.net
http://www.islamiQ.com
http://www.islamic-fbanking.com
http://www.dowjonesindex.com
http://www.investopedia.com/terms/
 Les lois :
 La loi n° 103.12 relative aux établissements de crédit et organismes
assimilés
 CIRCULAIRES BANK AL-MAGHRIB

 Circulaire n° 5/W/15 du Wali de Bank Al-Maghrib relative aux demandes


d’agrément pour les établissements de crédits et assimilés : banque, société
de financement, association de micro crédit, établissement de paiement, etc.
 Circulaire du Wali de Bank Al-Maghrib n°16/W/16 relative aux conditions et aux
modalités de fonctionnement de la fonction de conformité aux avis du Conseil
Supérieur des Oulémas.
 Circulaire du Wali de Bank Al-Maghrib n°1/W/17 relative aux spécificités
techniques des produits Ijara, Mourabaha, Moucharaka, Moudaraba, Salam,
ainsi que les modalités de leur présentation à la clientèle.
 Circulaire du Wali de Bank Al-Maghrib n°2/W/17 du 27 janvier 2017 relative aux
conditions et modalités de réception des dépôts d’investissement de la part
des banques participatives et des établissements de crédit et assimilés.
 Circulaire du Wali de Bank Al-Maghrib n°3/W/17 du 27 janvier 2017 fixant les
conditions et les modalités d’exercice par les banques des activités et
opérations de banque participative.

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