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Table des matières

1 Généralités sur les ressources énergétiques 4


1.1 Conjoncture énergétique dans le Monde et au Maroc . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Induction Mondiale d’énergie primaire . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Contrastes des consommations d’énergie dans les di¤érentes zones
économiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.3 Espérances à moyen et long terme : Evolution de la demande éner-
gétique mondiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.4 Croissance économique et évolution démographique . . . . . . . . 7
1.2 Métamorphose des prix du pétrole et du gaz . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.1 Evolution de la consommation mondiale : Le poids grandissant des
pays en développement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.2 Evolution par secteur : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 In‡uence des énergies fossiles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3.1 Pétrole sera toujours la principale énergie utilisée . . . . . . . . . 14
1.3.2 Vassalité accrue envers l’OPEP : . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4 Progrès du marché énergétique et les perspectives . . . . . . . . . . . . . 17
1.5 Gaz naturel non conventionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

2 Environnement énergétique et minière au Maroc 28


2.1 Circonstance énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2 Situation minière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.3 Poids du secteur et spéci…cités institutionnelles . . . . . . . . . . . . . . 31
2.3.1 Economie du secteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.3.2 Ressources nationales en énergie observées et potentielles . . . . . 33
2.4 Optiques géologiques et miniers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

1
TABLE DES MATIÈRES

2.4.1 Aspects géologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42


2.4.2 Aspects miniers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.5 Etudes géochimiques des schistes bitumineux . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.5.1 Généralité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.5.2 Dé…nition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.5.3 La diagenèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.5.4 La catagenèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.5.5 La métagenèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.5.6 Cycle géochimique du carbone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.5.7 Origine et évolution de la matière organique sédimendaire . . . . 52
2.5.8 Caractéristiques générales des schistes de Timahdit et de Tarfaya 52
2.5.9 Etude de la partie minérale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
2.5.10 Etude de la matière organique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.5.11 Traitement thermique des schistes bitumineux . . . . . . . . . . . 66
2.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69

3 Méthodes d’analyses utilisées 71


3.1 L’étude microscopique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3.2 L’analyse élémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3.3 Les méthodes spectroscopiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.4 La pyrolyse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.5 Techniques de Traitement et de valorisation des schistes bitumineux . . . 74
3.5.1 Fragmentation du solide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.5.2 La Flottation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
3.5.3 Le séchage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
3.5.4 Le pouvoir calori…que supérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80

4 Nouveaux procédés intégraux de valorisation des schistes bitumineux


Marocains. 81
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
4.2 Pyrolyse des schistes Marocains . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.2.1 Combustion des schistes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
4.3 Autres utilisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
4.3.1 Matériaux de construction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
4.3.2 Enrobé Bitumineux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85

2
TABLE DES MATIÈRES

4.3.3 Soufre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
4.3.4 Utilisation des schistes dans l’agriculture . . . . . . . . . . . . . . 85
4.4 Résultats et Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4.4.1 Nouveau procédé d’enrichissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
4.4.2 Production du ciment de Portland à partir des schistes bitumineux 96
4.4.3 Etude comparative entre les industries utilisant les cendres de
schistes et celles utilisant le clinker standard . . . . . . . . . . . . 106

3
Université MohammedV-Agdal
Faculté des Sciences
——–
Département de Chimie/Mines
Lab/UFR-Electrochimie et Chimie Analytique/Hydrometarllurgie et Environnement

Diplôme de Doctorat d’Etat

Thèse Présenté par

DOUMBOUYA MAMOUDOU

Sous le Thème :

Traitement et Valorisation des R.E.M

Encadré par : Prs.Kacem El Kacemi/ Said Kitane

Année Universitaire : 2008-2011


INTRODUCTION GENERALE

Aujourd’hui, l’énergie quelle que soit sa nature est le poumon de l’économie mon-
diale. Elle est l’emblème même du pouvoir, d’une domination des pays détenteurs de
cette ressource sur les pays qui en possède moins ou qui n’en non pas du tout, d’où «
l’esclavage énergétique » . Plus un pays se développe, plus sa soif en énergie augmente.
Ces ressources énergétiques se subdivise en deux grandes catégories, il y’a : les énergies
fossiles à savoir : Le pétrole, le charbon, le gaz, les schistes bitumineux . . . Et il y’a ceux
appelées les énergies renouvelables qui se subdivise en 6 familles : l’énergie du soleil (pho-
tovoltaïques), l’énergie du vent (éolienne), l’énergie des mers (marée motrice), la chaleur
de la terre (géothermie), la croissance des végétaux (biomasse) et l’énergie des chutes
d’eau (hydroélectricité) ; à ces deux grandes catégories s’ajoute l’énergie nucléaire.

Le Maroc est un pays non producteur de pétrole, à ce niveau, se pose la question


d’accès aux sources d’approvisionnement. Les ra¢ neurs ont développé pendant toute
une génération des relations commerciales et …nancières avec le Moyen-Orient. Elles sont
solides, car elles ont été toujours basées sur les pratiques usuelles dans le domaine pétro-
lier. Elles sont d’autant plus fortes que la qualité des relations politiques avec les pays du
Golfe est une constante de la géopolitique traditionnelle du Maroc. Ce n’est pas l’unique
source d’approvisionnement puisque les ra¢ neurs achètent sur le marché « spot » quand
il est favorable. L’accès au pétrole brut, tant en quantité qu’en qualité et le …nancement
des achats est réellement un point fort du ra¢ nage. A l’inverse, l’importation de produits
…nis, jusqu’à maintenant occasionnelle sauf pour les gaz de pétrole liqué…é pour lesquels
le ra¢ nage marocain est strictement dé…citaire, est ‡uctuante et incertaine, d’autant
plus que les sources traditionnelles d’approvisionnement (Nord-Europe) se tarirons dans
le futur.

Un autre facteur important de l’économie pétrolière internationale est le transport.


C’est un élément important puisque les investissements dans ce domaine représentent
60% de ceux réalisés dans le ra¢ nage. De ce fait, il détermine des zones économiques pé-
trolières bien distinctes : Nord-Europe, Sud-Europe, Golfe, Singapour, New York etc. [1].
Conscient de la lourde facture pétrolière et par conséquent de sa dépendance énergétique.
La volatilité des cours de pétrole suite à la grande dépression de 1973 et sous l’impulsion
du ministère de l’énergie et des mines, le BRPM et ensuite l’ONAREP actuelle OHNYM
depuis 1981 ont entrepris des études et des travaux en vue de la valorisation des schistes
TABLE DES MATIÈRES

bitumineux pour la production d’huile. Parallèlement, l’ONE s’est vu con…é le dévelop-


pement des schistes pour la production d’électricité. Durant les vingt dernières années,
d’importantes études géologiques, minières de pyrolyse et de combustion ont été réalisées
pour mieux connaitre les caractéristiques et les propriétés physico-chimiques des schistes
bitumineux marocains.

Le but de notre travail est d’enrichir les schistes bitumineux marocains par des pro-
cédés hydrométallurgiques et minéralurgiques a…n d’augmenter leur pouvoir calori…que,
mais aussi de valoriser le sous produit le cendre après combustion directe.Vu que la com-
bustion directe des schistes brutes est rendue di¢ cile à cause de la présence en teneur
élevées des carbonates avec 23:2% dans les schistes de Timahdit et 40:2% dans celui de
Tarfaya, et une teneur totale en matière organique respectivement de 17:7% et 16:25%
[2].
Ainsi, c’est en s’inspirant de nomnbreux travaux déjà réalisé par de nombreux cher-
cheurs Marocains et Etrangers sur les schistes Marocains que nous avons pu développer
des nouveaux procédés d’enrichissement des schistes en vue de leur utilisation comme
combustible avec un pouvoir calori…que 4500kcal=kg. Notre contribution dans ce tra-
vail a été d’optimiser la teneur de la matière organique de 17:7% initialement jusqu’à
l’ordre de 60 à 70% selon les réactifs utilisés : l’acide chlorhydrique, l’acide sulfurique ou
l’acide phosphorique, et ceci dans des proportions bien déterminée.
Ensuite nous avons aussi utilisé le sous produit après combustion dans la fabrication
du ciment de Portland, où les échantillons des cendres des schistes bitumineux ont été
traités à des températures inférieurs à celles utilisées dans les fours à ciment qui sont
aux alentours de 1300° C.
En…n nous avons e¤ectué une étude comparative entre les industries de fabrication
de ciment standard à celles des industries de production de ciment à base de schistes.
Ces résultats sont le fruits d’un travail en chaine que nous avons e¤ectué au niveau
de notre laboratoire de recherche. En un prémier temps nous avons procédé à l’échan-
tillonnage qui était nécessaire pour ce travail de thèse, ensuite nous avons e¤ectué des
opérations de décapage à l’aide d’un décapeur approprié selon les caractéristiques des
échantillons, puis nous avons procédé au broyage ainsi que le tamisage en fonction de la
granulométrie souhaitée a…n d’obtenir une maille de libération. Ces opérations ont été
répétés plusieurs fois dans le but d’obtenir plusieurs échantillons de di¤érentes granulo-
métries.

2
TABLE DES MATIÈRES

L’enrichissement s’est fait à l’aide des attaques acides (HCl, H2 SO4 , H2 P O4 ) dans
un becher sur un réacteur mécanique, et la séparation des phases s’est fait à l’aide
des techniques de ‡ottation et de la ‡ottation inverse. Une fois séparée, ces di¤érentes
phases ont été …ltrée à l’aide des papiers …ltres puis ont été séchés à l’étuve à une
température voisine de 100° C pendant deux à trois heures. Ces échantillons ont été
analysés à l’aide d’un spectroscope. Le pouvoir calori…que à été determiné à l’aide d’un
calorimètre abadiabatique sous une pression de 30bar dans une bombe calorimétrique,
en utilisant un échantillon de 0; 5g.

L’enrichissement par voie hydrométallurgique et minéralurgique a permis à la fois


de concentrer le kérogène pour une valorisation, mais également permis de préparer les
phosphates de calcium très pur ce qui peut contribuer e¢ cacement à réduire les frais de
traitement et rendre le procédé rentable et de diminuer les impacts sur l’environnement.
L’analyse chimique DRX : X-ray di¤ractograms des cendres ont montrés que les
concentrations des principaux composés sont voisines à celles du clinker. En e¤et, dans
le diagramme ternaire CaO, SiO2 , Al2 O3 , le point correspondant à la valeur moyenne
obtenue pour les cendres de schistes de Tarfaya sont au voisinage de celui du clinker de
Portland, ces échantillons ont été calcinés dans un four à une température de 850° C:

Ce mémoire se compose de quatre chapitres. Après une présentation générale et une


étude bibliographique dans le chapitre I, le chapitre II est consacré à la situation énergé-
tique actuelle dans le monde et au Maroc, les données géologiques et minières marocaines
ainsi que l’étude géochimique et des caractéristiques détaillées des deux échantillons de
schistes bitumineux marocains respectivement de Tarfaya et Timahdit utilisés dans ce
mémoire. Sont mises en évidences dans le chapitre III les di¤érentes méthodes d’ana-
lyses du kérogène. Le chapitre IV est consacré à notre contribution au développement
des schistes marocains ainsi qu’une discussion et une synthèse, basées à la fois sur les
résultats obtenus mais également sur les données bibliographiques.

3
Chapitre 1

Généralités sur les ressources


énergétiques

Face à une situation peu acceptable du point de vu énergétique, économique et sociale


dans le Monde mais également au Maroc où le problème énergétique n’est pas seulement
une condition nécessaire, mais plutôt une situation urgente auquelle il faudra y remédier
a…n qu’il puisse retrouver une certaine stabilité dans ce secteur. C’est pourquoi nous
avons jugé nécessaire d’e¤ectuer une recherche généralisée sur la nouvelle donne énergé-
tique sur la base d’un certain nombre de documents publiers par des groupes de recherche
mais aussi par des organismes spécialisés dans le domaine.

1.1 Conjoncture énergétique dans le Monde et au


Maroc

1.1.1 Induction Mondiale d’énergie primaire


Les di¤érentes sources d’informations statistiques présentent de légères di¤érences
dont certaines peuvent s’expliquer 1 et dont d’autres témoignent de la di¢ culté de l’exer-
cice. En recherchant les ordres de grandeur, plutôt que la précision arithmétique, la situa-
1
Les chi¤res peuvent être a¤ectés entre autres par la prise en compte :
- de corrections climatiques,
- de la consommation d’énergie liée à la production (production brute / production nette),
- par les emplois à des …ns non énergétiques (matières premières pour l’industrie chimique : vapocra-
cking, production de NH3 , de CH2 OH par exemple)

4
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

tion dans les premières années du 21eme siècle peut se résumer par le tableau ci-dessous,
extrait des statistiques de l’IEA pour l’année 2004 : [3]

Tablau 1.1 : Statistiques de l’IEA pour les énergies primaires l’année 2004.

Dans la production mondiale d’énergie primaire, 11; 2 milliards de tep/an, le pétrole


représente la source la plus importante avec 35; 2% du total. Le gaz et le charbon ont
des poids respectifs de 25% et 21%. Il en ressort que plus de 80% de la production mon-
diale d’énergie est aujourd’hui basé sur ces trois combustibles fossiles. Si l’on ajoute que
l’électricité nucléaire n’utilise actuellement que la …ssion de l’Uranium 235, on constate
que 87; 4% de cette production mondiale d’énergie primaire est basée sur des ressources
non renouvelables.

1.1.2 Contrastes des consommations d’énergie dans les di¤é-


rentes zones économiques
On constate des écarts énormes entre les di¤érentes zones économiques de la planète.
1; 6 milliards d’habitants n’ont aujourd’hui pratiquement pas accès à l’énergie. Le tableau

5
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

1.2 représente la consommation d’énergie primaire par habitant et par an (année 2001)

Tableau 1.2 : Consommation d’énergie dans les di¤érentes zones économiques


l’année 2001.

1.1.3 Espérances à moyen et long terme : Evolution de la de-


mande énergétique mondiale
Les experts tablent sur une croissance moyenne de l’ordre de 1; 7% par an pour les
prochaines décennies ce qui conduit à prévoir le doublement de la demande mondiale soit
une consommation de 20 milliards de tep dans les années 2040 2050 en tenant compte
de l’e¤et de :
~ l’accroissement de la population mondiale (9 à 10 milliards d’habitants à l’horizon
2050),
~ des e¤orts des pays en voie de développement pour combler leur décalage écono-
mique (croissance de 8 à 10% en Chine et en Inde),
~ du maintien d’une légère croissance de la demande énergétique dans les pays dé-
veloppés, la demande d’énergie primaire poursuit sa croissance mais sa répartition géo-
graphique se modi…e.
C’est ainsi que la zone Asie-Paci…que absorbe aujourd’hui plus de 30% de la consom-
mation mondiale contre moins de 20% au début des années soixante-dix. Corrélativement,
le poids relatif des régions développées diminue (USA de 28 à 20%, Union Européenne
de 19 à 15%). Dans cette augmentation de la demande d’énergie primaire, la part des
pays en voie de développement (Chine, Inde, Brésil,. . . ) représentera plus de 70%.

6
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

1.1.4 Croissance économique et évolution démographique


La croissance économique reste le principal déterminant de la consommation d’éner-
gie. Dans les trente dernières années, en dehors des variations climatiques, la demande
mondiale ne s’est réellement dissociée de la croissance économique que lors des deux chocs
pétroliers de 1973 et 1979. Partant de ce constat, les hypothèses de croissance économique
sont particulièrement importantes. Dans le WEO 2010 (Word Economic Outlook), les
hypothèses de croissance sont établies à partir de projections de l’OCDE (Organisation
de Coopération et de Développement Economique), complétées par des sources telles que
la Banque mondiale ou le FMI (Fond Monétaire International).
L’économie mondiale devrait croître de 3; 1% par an d’ici 2020 ( en parité de pouvoir
d’achat.). Ce taux agrégé masque en fait des disparités régionales. La plus forte croissance
économique se produirait en Chine avec 5; 2%, suivie par l’Inde et les pays en dévelop-
pement d’Asie. La croissance en Amérique latine, pays en transition, Moyen-Orient et
Afrique serait similaire à la moyenne mondiale.
En…n les pays de l’OCDE avoisineraient les 2%. Ils constitueraient néanmoins la
région la plus riche avec 42% de la richesse mondiale en 2020. Hypothèses de croissance
économique : taux de croissance annuel moyen du PIB en % par an [4] :

1971-1997 1997-2020
OCDE 2,7 2
Économies en transition – 5,3 (*) 3,1
Chine 8,3 5,2
Inde 4,8 4,9
Pays en développement 5,3 4,3
Monde 3,4 3,1

Tableau 1.3 : Taux de croissance annuel moyen du PIB.


Sources : OCDE, Banque mondiale et FMI.

Note : (*) 1992 1997.


Les hypothèses démographiques sont largement inspirées des Nations Unies (voir
tableau 1.3). Avec un peu plus de 1e% de croissance par an, la population mondiale
atteindrait 7; 4 milliards d’individus en 2020. Malgré une croissance plus faible d’ici
2020 que par le passé, la population des pays en développement devrait s’accroître plus
rapidement que celle de L’OCDE, ou celle des pays en transition, stable sur la période.
Hypothèses de croissance démographique : Taux de croissance annuel moyen de la

7
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

population en % par an

1971-1997 1997-2020
OCDE 0,7 0,3
Économies en transition 0,6 0
Chine 1,5 0,7
Inde 2,1 1,2
Pays en développement 2 1,3
Monde 1,7 1,1

Tableau 1.4 : Taux de croissance moyen de la


population. Sources : OCDE, Banque mondiale et
FMI.

Une personne sur quatre vit dans un pays de l’OCDE aujourd’hui, une sur cinq
en 2020. Ces di¤érences dans les taux de croissance des populations contrebalancent la
croissance de leur économie. Ainsi, en termes de revenu par habitant, les écarts resteront
forts, de l’ordre de un à dix, entre l’OCDE et l’Afrique en 2020 (en parité de pouvoir
d’achat) (voir …gure 1.5).

Figure 1.5 : Revenu par habitant l’année 1996.


Sources : Nations Unies et OCDE

Ces hypothèses macro-économiques et en particulier le poids croissant des pays en


développement se retrouvent dans les résultats en termes de consommation d’énergie
comme nous allons le voir par la suite.

8
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

1.2 Métamorphose des prix du pétrole et du gaz


Le prix international du pétrole est exogène dans le modèle. Les valeurs présentées
ici n’ont pas de valeur de prévisions. Cet objectif est de décrire les évolutions à long
terme du secteur énergétique. Il nous importe donc plus de donner la tendance globale
de l’évolution du prix du pétrole que de vouloir décrire les ‡uctuations à court terme.
Les deux dernières années écoulées, où le cours du pétrole a connu à la fois son plus bas
et son plus haut niveau depuis dix ans, illustre la volatilité de ce prix sur de courtes
périodes.

Dans le WEO, il est davantage le re‡et des conditions de long terme du marché
pétrolier. Aucun problème de ressource n’étant envisagé à l’horizon 2020, le marché
pourrait s’équilibrer à un prix stable, d’ici 2010, de 21 dollars en 2001 par baril (soit
le prix moyen sur la période 1987 1999) puis, par la suite, pour re‡éter le recours
à des ressources plus coûteuses, atteindre 28 dollars 2001 par baril, en …n de période.
Toutefois, cette évolution régulière du prix ne doit pas être interprétée comme la vision
d’un marché sans ‡uctuations, mais plutôt comme l’absence de variations importantes
et durables du prix.

La concentration de l’essentiel de la production sur un nombre limité de pays pourrait


même accentuer la volatilité du marché dans l’avenir. Le prix du gaz naturel se caractérise
par un aspect régional et une forte corrélation avec l’évolution du prix du pétrole. Dans
les hypothèses retenues pour le WEO, ces deux aspects sont supposés perdurer, même
s’ils sont atténués par :
~ l’extension des marchés qui devrait rendre les prix plus dépendants et conduire
ainsi, si ce n’est à un prix de convergence, tout au moins à une réduction des écarts entre
régions
~ un découplage partiel par rapport au prix du pétrole. Ainsi, le prix du gaz devrait
s’accroître plus rapidement, en particulier en Amérique du Nord, où le recours à des
ressources non conventionnelles et au gaz naturel liqué…é devrait s’intensi…er.
Le prix du charbon resterait constant sur la période de projection, en supposant une
neutralisation des gains attendus de productivité, d’une part, et de l’accroissement des
coûts (notamment de transport), d’autre part.

9
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

L’ensemble des hypothèses de prix est récapitulé dans le tableau 1.6 suivant :

1997 1998 1999 2010 2020


Pétrole ($/baril) 16 10.5 13.9 16.5 22.5
Charbon ($/tonne) 36.8 32.8 29.3 37.4 37.4
Gaz - Amérique du Nord
1.9 1.6 1.7 2.5 3.5
($/millier de BTU *)
Gaz - Europe ($/tonne
90.5 79.2 67.3 80.9 132.8
équivalent pétrole)
Gaz liquéfié - Pacifique
136.2 106.2 102.2 132 182.3
($/tonne équivalent pétrole)

Tableau 1.6 : Hypothèse des prix. Source : WEO 2000

Note : (*) British Thermal Unit

1.2.1 Evolution de la consommation mondiale : Le poids gran-


dissant des pays en développement
Les pays en développement contribueront à 68% de la croissance de la demande. Leur
consommation dépassera même celle des pays OCDE avant 2020.

Figure 1.7 : Consommation mondiale d’énergie


primaire

10
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

Figure 1.8 : Consommation mondiale d’énergie


primaire. Source : WEO, 2000

Parmi les facteurs expliquant la croissance des pays en développement, on retrouve


bien entendu les fondamentaux macroéconomiques : Forte croissance économique, en-
traînée par un développement industriel soutenu, et croissance démographique, couplée
à un plus large accès aux sources d’énergies. A cela s’ajoutent, dans nombre de pays en
développement, une politique de bas prix de l’énergie et l’existence fréquente de subven-
tions. Au sein des pays en développement, la demande d’énergie sera plus forte pour les
pays d’Asie, avec une croissance de 3; 7% par an sur la période de projection.

Les pays en transition verront quant à eux leur poids dans la demande mondiale
diminuer. Malgré une dynamique économique retrouvée de l’ordre de 3% par an d’ici
2020, la consommation d’énergie dans cette zone augmentera modérément (1; 6% par an).
Les gains d’e¢ cacité énergétique expliquent ce phénomène. La consommation d’énergie
ne devrait cependant pas retrouver son niveau de 1990 avant 2020. La consommation
d’énergie devrait augmenter de 1% par an dans la zone OCDE d’ici 2020.

L’évolution est, en dépit des di¤érences de croissance économique et démographique,


semblable sur chacune des trois régions, Amérique du Nord, Europe et Paci…que. Il est à
noter toutefois, dans ces trois régions et plus particulièrement en Europe, une croissance
plus faible après 2010. L’apparition de phénomène de saturation, dans le secteur des
transports notamment, en est en partie la cause. Les di¤érences entre régions resteront
cependant fortes. En 2020, l’Amérique du Nord, avec une population de 350 millions
d’habitants, consommera toujours plus d’énergie que la Chine et l’Inde réunies, avec 2; 7
milliard d’habitants.

11
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

1.2.2 Evolution par secteur :


La consommation …nale devrait croître au même rythme que la consommation pri-
maire, soit 2% par an, entre 1997 et 2020

taux de croissance
1971 1997 2010 2020 annuel moyen
1997/2020
Consommation finale 3 627 5 808 7 525 9 117 2%
Charbon 620 635 693 757 0.8%
Pétrole 1 888 2 823 3 708 4 493 2.0%
Gaz 608 1 044 1 338 1 606 1.9%
Electricité 377 987 1 423 1 846 2.8%
Chaleur 68 232 244 273 0.7%
Renouvelable 66 87 118 142 2.2%
Par secteur
Industrie 1 378 2 048 2 590 3 080 1.8%
Transport 846 1 646 2 291 2 870 2.4%
Autres 1 403 2 114 2 614 3 167 1.8%

Tableau 1.9 : Taux de croissance annuel moyen. Source : WEO 2000

Cette croissance sera plus forte dans le secteur des transports (2; 4%). La part des
transport passerait ainsi de 28% de la consommation …nale mondiale en 1997 à 31% en
2020. Ceci a pour conséquence une demande accrue du pétrole, qui reste le principal
combustible utilisé dans les transports, une concentration de la demande sur les produits
les plus légers (kérosène, essence et gazole) et, en corollaire, une spécialisation du pétrole
dans les usages transports. L’électricité connaîtrait la croissance la plus forte parmi les
énergies …nales.
Cette croissance proviendrait de la substitution au charbon et aussi du pétrole. Elle
serait également la conséquence du développement de technologies utilisant l’électricité
dans l’industrie en général et d’un nombre croissant d’applications électriques dans les
secteurs résidentiel et tertiaire.

1.3 In‡uence des énergies fossiles


La consommation primaire d’énergie devrait croître de 2% par an d’ici 2050 pour
atteindre 13700 millions de tonnes équivalent pétrole.

12
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

Cette croissance est légèrement inférieure aux 2; 2% observés entre 1971 et 1997. Mais,
compte tenu du di¤érentiel de croissance économique entre ces deux périodes, l’intensité
énergétique devrait s’améliorer au taux constant de 1; 1% par an.
Les énergies fossiles représenteront 90% de la consommation d’énergie primaire en
2020. Dans ce scénario de référence, le pétrole reste l’énergie la plus utilisée. Il maintient
sa part de marché actuelle de 40%. Ce maintien du pétrole provient du secteur transport
dans les pays de l’OCDE, auquel s’ajoute la consommation des autres secteurs dans les
pays non-OCDE.

Le gaz naturel devrait maintenir sa forte croissance et gagner une place encore plus
importante dans la consommation primaire totale, passant de 22% aujourd’hui à 26% en
2020. L’essentiel de l’accroissement de la consommation du gaz viendra du secteur élec-
trique, où les centrales à cycle combiné constitueront l’essentiel des nouvelles capacités
installées. La consommation de gaz devrait même dépasser celle de charbon peu après
2010.
Les contributions du nucléaire et de l’hydraulique au bilan énergétique mondial de-
vraient baisser légèrement d’ici 2020. La production hydraulique n’augmentant que fai-
blement, celle du nucléaire baissant même en …n de période.
En millions de tonnes d’équivalent pétrole

Figure 1.10 : Bilan énergétique en millions de tonnes d’équivalent pétrole.


Source : WEO 2000

13
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

1.3.1 Pétrole sera toujours la principale énergie utilisée


La consommation mondiale du pétrole devrait croître de l’ordre de 2% par an entre
1997 et 2020.Cette croissance serait toutefois trois fois plus forte dans les pays non-OCDE
que dans les pays OCDE.

La demande mondiale atteindra 115 millions de barils par jour en 2020 contre 75
millions de barils par jour aujourd’hui. L’essentiel de l’accroissement de la demande de
pétrole proviendra du secteur des transports. Dans les autres secteurs, la consommation
du pétrole devrait se stabiliser, ou même baisser pour les pays OCDE. Elle augmentera
dans tous les secteurs pour les pays en voie de développement mais plus modérément que
dans les transports. La croissance du nombre de véhicules dans les pays tels que l’Inde
ou la Chine explique en partie ce “ boom ”des transports.
La Chine compte 3; 2 véhicules pour 1000 habitants actuellement, l’Inde 4; 5, ce qui
place ces pays loin des taux de possession des pays industrialisés (près de 500 véhicules
pour 1000 habitants en Europe). Même si le modèle de développement de ces pays, en
termes de transport et d’urbanisme, pourrait être sensiblement di¤érent de celui des pays
industrialisés, la croissance des parcs de véhicules devrait s’intensi…er et contribuer à la
croissance des consommations d’énergie.

Figure 1.11 : Accroissement de la demande mondiale de pétrole, 1997 2020 :


En millions de barils par jours Source : WEO 2000

14
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

1.3.2 Vassalité accrue envers l’OPEP :


Pour satisfaire la demande croissante du pétrole, la production des pays OPEP devra
augmenter fortement d’ici 2020. En e¤et, compte tenu des ressources limitées des pays
non-OPEP et malgré les ré-estimations à la hausse des ressources disponibles dans ces
régions (estimation 2000 de l’United States Geological Survey – UGCS), la demande
du pétrole ne pourra être satisfaite sans un recours massif aux pays de l’OPEP et plus
particulièrement à ceux du Golfe.

Figure 1.12 : Accroissement de la production mondiale du pétrole : En millions


de barils par jour Source : WEO, 2000

La production hors OPEP devrait passer de 42M b=j (pétrole brut, gaz naturel liqué…é
et pétrole non conventionnel) en 1997 à près de 47M b=j en 2010 et se stabiliser ensuite. Le
déclin de la production dans l’OCDE, et plus particulièrement en Europe, sera compensé
par l’émergence de nouveaux producteurs majeurs tels que le Brésil ou l’Angola, la
reprise de la production dans les pays en transition comme la Russie, le Kazakhstan
et l’Azerbaïdjan et par un recours croissant aux ressources non conventionnelles. La
production de pétrole non conventionnel augmenterait de plus de 5% par an d’ici 2020. La
part croissante des pays OPEP se traduira par une augmentation du taux de dépendance,

15
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

dé…ni comme le rapport des importations nettes sur la consommation totale.

Tableau 1.13 : Taux de dépendance pétrolière : En %: Source : WEO 2000

Ce taux passerait ainsi de 54% aujourd’hui à 70% en 2020 pour l’OCDE. L’Asie
hors Chine, pour faire face à la croissance de la demande, verra sa dépendance pétro-
lière dépasser les 90%. La Chine, exportateur net jusqu’en 1992, dépendra à 77% des
approvisionnements extérieurs en 2020.

En 2010, le monde semble en…n sortir de l’impasse économique qu’il ait connu depuis
des décennies. De nombreux pays se sont engagés, dans le cadre de l’Accord de Copen-
hague, à réduire leurs émissions des gaz à e¤et de serre. Le G20 et l’APEC (Asia-Paci…c
Economic coopération) se sont également engagés à éliminer progressivement les sub-
ventions ine¢ caces aux combustibles fossiles. Le monde de l’énergie est confronté à une
incertitude sans précédent. La crise économique mondiale de 2008 2009 a plongé dans
la tourmente les marchés énergétiques partout dans le monde, et le rythme de la reprise
économique mondiale conditionnera les perspectives énergétiques pendant les années à
venir. Mais ce sont les gouvernements et leurs réponses au double dé… du changement
climatique et de la sécurité énergétique qui façonneront l’avenir de l’énergie à plus long
terme.

Un certain nombre d’hypothèses ont été adoptées pour les projections présentées dans
le monde. Il a été supposé que les taux réels e¤ectifs d’échanges sont restés constants à
leur niveaux moyens de 8 Février au 8-Mars 2011, sauf pour les monnaies participantes
au change européen du mécanisme II de taux Exchange-Rate-Mechanism (ERM II), qui
sont supposés être restés constants en termes nominaux par rapport à l’euro ; qui a
établi que les politiques des autorités nationales seront maintenues (pour les hypothèses

16
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

politiques …scales spéci…ques et la politique monétaires pour certaines économies, voir


l’encadré A1) ; que le prix moyen du pétrole sera 107; 16$ le baril en 2011 et 108; 00$ le
baril en 2012 et restera inchangé en termes réels sur le moyen terme, que les six mois
à Londres interbancaire des taux d’Ered (LIBOR) ((London InterBank O¤ered Rate)
sur les dépôts en dollars américains sera en moyenne de 0; 6 pour cent en 2011 et 0; 9
pour cent en 2012 ; que le taux à trois mois acompte euros sera en moyenne de 1; 7 pour
cent en 2011 et 2; 6 pour cent en 2012 ; que les six mois de Japon les taux de rendement
dépôt yen en moyenne de 0; 6 pour cent en 2011 et 0; 3 pour cent en 2012, sont, bien sûr,
des hypothèses de travail plutôt que des prévisions, et les incertitudes qui les entourent
ajouter à la marge d’erreur qui serait de toute façon être impliqué dans les projections.
Les estimations et projections sont basées sur les statistiques disponibles jusqu’à …n Mars
2011.

L’analyse et les projections contenues dans les perspectives de l’économie mondiale


font partie intégrante de la surveillance du FMI sur les développements économiques et
politiques dans ses pays membres, l’évolution des marchés …nanciers internationaux, et
du système économique mondial. L’enquête sur les perspectives et les politiques est le
produit d’une étude interdépartementale exhaustive évolution économique mondiale, qui
s’appuie principalement sur l’information du sta¤ du FMI recueillie par le biais de ses
consultations avec les pays membres. Ces consultations sont menées en particulier par
la super…cie du FMI départements, à savoir, le Département Afrique, le Département
d’Asie et du Paci…que, le Département Europe, Moyen-Orient et Asie centrale, et du
Département Hémisphère occidental-avec la stratégie, des politiques et de l’examen ; les
marchés monétaires et de capitaux et le Département des …nances publiques.

1.4 Progrès du marché énergétique et les perspec-


tives
Les prix du pétrole ont bondi à environ 110$ le baril, alors que la demande de pré-
caution et les primes de risque ont augmenté en réponse à l’o¤re de pétrole de choc
déclenchée par des événements dans la région MENA. Avant le début des troubles dans
la région, les prix du pétrole avait déjà pris des mesures décisives au-dessus des 70$ 80$
gammes qui ont ancré les ‡uctuations de prix pendant la majeure partie de 2010. À
court terme la volatilité des prix du pétrole (tel que mesuré par la volatilité implicite

17
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

sur les trois et à terme du pétrole de six mois d’options d’achat) est restée faible, malgré
des risques accrus d’approvisionnement en pétrole, proche de la moyenne des niveaux
enregistrés avant la crise. La ‡ambée …nancière mondiale des prix du pétrole qui pré-
cède l’apparition du choc d’approvisionnement en pétrole re‡ète un certain nombre de
facteurs.

La croissance annuelle de la demande pétrolière en 2010 a été de 3; 4 pour cent, taux


le plus élevé depuis 2004 et environ deux fois le taux prévu au début de l’année (Tableau
1.14, Figure 1.15, en haut à droite du panneau). Une partie de la croissance plus forte
que prévu du pétrole s’explique par la demande plus rapide, réelle croissance économique
1
mondiale en 2010, sur l’ordre de 1 à 2
pour cent par rapport aux prévisions à la …n 2009
et début 2010.
Une autre partie de la demande de pétrole surprenant re‡ète facteurs huiles spéci-
…ques, notamment les changements de la politique énergétique de la Chine qui a réduit
l’approvisionnement en électricité de certains secteurs et conduit à la demande du diesel
a augmenté. Surprises à la hausse de la demande du pétrole ont également été enregistrés
dans les principales économies avancées, notamment les États-Unis, où la demande du
carburant a été plus forte que prévu, et au Japon, où l’huile produite substitut les pertes
de puissance liées à la maintenance dans l’énergie nucléaire pour une partie de l’année
(…gure 1.15, en haut à gauche du panneau).

L’approvisionnement en pétrole a répondu à l’augmentation inattendue de la demande


du pétrole, mais pas dans toute la mesure possible. La production mondiale du pétrole
est estimée avoir augmenté de 3; 2 pour cent en 2010. Plus élevés que prévu la production
hors OPEP a contribué pour environ la moitié de la hausse surprise de l’o¤re (graphique
1.15, moyen-supérieur droit du panneau).
Tableau 1.14. Demande mondiale du pétrole et de production par région

18
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

(Millions de barils par jour) WEO 2011 [5]

Figure 1.14 : Demande mondiale de pétrole et de production par région en (Millions de


barils par jour). Source : WEO 2011

19
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

Figure 1.15 : Développements du marché mondial d’énergie. Source WEO 2011

20
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

Figur 1.16 : Développements du marché mondial d’énergie. Source WEO 2011

[6]
Prix de l’énergie et évolution des prix à long terme. Après une période d’abondance
croissante au cours des 15 années jusqu’en 2000, une reprise des prix à long terme est

21
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

évidente selon les produits énergétiques

Figure 1.17 : évolution des prix à long terme. Source :


Global Financial Data ; FMI système des prix des produits
primaires et les calculs du sta¤ de FMI

L’augmentation rapide de la consommation mondiale d’énergie primaire, en particulier

22
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

en Chine, a soulevé des préoccupations concernant la pénurie de pétrole.

Figure 1.18 : Source : International Energy Agency.

1.5 Gaz naturel non conventionnel


Le gaz de schiste est apparu comme une nouvelle source importante de gaz naturel
aux États-Unis et pourrait devenir une nouvelle source d’approvisionnement d’ailleurs,
avec des implications majeures pour les marchés du gaz à travers le globe. Cette nouvelle
source d’énergie représentent environ la moitié du total de la production de gaz des États-
Unis en 2010 (…gure 1.20) et pour trois quarts de la production mondiales de gaz non

23
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

conventionnels (Etats-Unis EIA, International Energy 2010). Ce paragraphe examine le


potentiel et les limites de la récente «révolution de gaz de schiste » .

Les ressources de gaz naturel sont classées (conventionnelles ou non conventionnelles)


en fonction de la technologie nécessaire pour l’exploitation. Le gaz classique se trouve soit
dans des réservoirs du gaz facilement accessibles ou dans des puits de pétrole. Ressources
du gaz naturel comprennent les sables à gaz, le méthane de houille, et gaz de schiste, et
qu’ils exigent une technologie d’extraction les plus avancés. Le gaz de schiste est le gaz
naturel piégé dans les roches sédimentaires profondes et di¢ cile à utiliser sur une surface
relativement importante. L’existence de réservoirs de gaz non conventionnel est reconnue
depuis longtemps. Cependant, la technologie viable pour produire économiquement du
gaz non conventionnel à grande échelle a émergé seulement dans la dernière décennie.

La base des ressources mondiales pour le gaz non conventionnel, ce qui inclut les
réservoirs de gaz qui n’ont pas encore été développées ou découvert, et qui est plus
incertaine à l’égard de recouvrabilité, est considérablement plus grand et dépasse celle
du gaz naturel conventionnel (tableau 1.19). En termes de part de production, le gaz non
conventionnel s’élève à 12 pour cent en 2008 la production totale du gaz naturel mondial,
et l’Agence Internationale de l’Energie s’attend à ce qu’il passera à 15 pour cent d’ici
2030 (AIE, World Energy 2009). Pourtant, il ya su¢ samment de ressources pour une
expansion beaucoup plus large.

Au rythme actuel de production mondiale, le monde entier aujourd’hui réserves prou-


vées (conventionnelles et non conventionnelles) pourrait maintenir la production actuelle
de 58 ans (AIE, World Energy 2009), tandis que les ressources combinées égale 250 ans
de production actuelle. L’extraction du gaz de schiste a été jusqu’ici con…née aux États-
Unis, mais il ya un intérêt croissant dans l’exploitation de sources non conventionnelles
de gaz à travers le monde entier. En fait, un certain nombre de pays ont commencé
à explorer les ressources potentiellement importante de gaz de schiste, dont l’Austra-
lie, Autriche, Canada, Chine, Allemagne, Hongrie, Inde, Pologne, Arabie saoudite, et le

24
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

Royaume-Uni.

Tableau 1.19 : Ressources de gaz naturel, 2009 (Milliers de milliards de mètres cubes).
Source : International Energy Agency, World Energy, 2009.

25
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

Figure 1.20 : L’approvisionnement américain du gaz naturel,


1998 2009 (en milliards de mètres cubes). Sources : Agence
internationale de l’énergie ; Energy Information des Etats-Unis

1.6 Conclusion
Dans ce chapitre, nous somme parti des informations recueillies pour établir les statis-
tiques qui présentent de légères di¤érences dont certaines peuvent s’expliquer et d’autres
témoigne de la di¢ culté de l’exercice.
En premier lieu, nous avons mis l’accent sur l’induction Mondiale d’énergie primaire
en passant par les contrastes des consommations d’énergie dans les di¤érentes zones
économiques, sans oublier les espérances à moyen et long terme de l’évolution de la
demande énergétique mondiale, de la croissance économique et de l’évolution démogra-
phique, jusqu’aux changements des prix du pétrole et du gaz. Nous avons également
brossé l’in‡uence des énergies fossiles dans le monde et de ses estimations futures.
En…n, nous avons évoqué le cas Marocain en particulier avec des données, des dates

26
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES RESSOURCES
ÉNERGÉTIQUES

mais aussi de sa vision à long terme.

27
Chapitre 2

Environnement énergétique et
minière au Maroc

2.1 Circonstance énergétique


Au Maroc, à l’instar de tous les pays, l’énergie constitue le moteur principal du
développement économique et social. Pour satisfaire les besoins énergétiques grandissants
de son économie et de sa population croissantes, le Maroc importe actuellement plus
de 97% de ses approvisionnements en énergie en raison de la modicité de ses propres
ressources. Cette forte dépendance de l’extérieur combinée à la tendance haussière des
cours des produits énergétiques, notamment du pétrole qui représente près de 60% de sa
consommation énergétique totale, grève lourdement les …nances de ce pays.

La facture énergétique du Maroc s’est élevée à plus de 15,46 milliards de dirhams à


la …n février 2012 contre 12,55 milliards de dirhams (MMDH) durant la même période
de l’année écoulée, soit une hausse de 23,2%, selon le ministère de l’Energie, des mines,
de l’eau et de l’environnement.

La facture énergétique, qui constituait 25,6% du total des importations à …n février,


est dominée par le pétrole brut et le gasoil-fuel, avec respectivement 5,18 MMDH et 5,05
MMDH, suivis par les gaz de pétrole et autres hydrocarbures avec 3,16 MMDH et le
charbon avec environ 1,09 MMDH, selon les statistiques énergétiques publiées récem-
ment par la direction de l’Observation et de la programmation relevant du ministère de
l’Energie et des mines.

28
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Pour ce qui est des importations énergétiques, le montant global est de plus de 2,88
MMDH, en accroissement de 16,4% par rapport à …n février de l’année précédente où les
importations se sont arrêtées à environ 2,48 MMDH. Le pétrole brut y occupe, encore
une fois, la première place avec près de 765 MDH, en repli de 7,2% en glissement annuel,
suivi par le charbon (1,03 MMDH, +91,5%), le gasoil-fuel (674,3 MDH, +0,5%) et les
gaz de pétrole et autres hydrocarbures (357,3 MDH, -1%).

Par ailleurs, l’activité du ra¢ nage témoigne d’une légère baisse de 1,4% au niveau
des entrées en pétrole, passant de 909.043 tonnes à …n février 2011 à 896.660 tonnes à
…n février 2012.
Les dépenses en énergie électrique, quant à elles, se sont chi¤rées à 457,1 millions de
dirhams (MDH) à …n février 2012, en hausse de 31,8% par rapport à la même période
en 2011 où le montant a frôlé les 347 MDH, selon la même source.

A l’horizon 2030, la demande en énergie primaire se situerait entre 35 et 40 millions


TEP en l’absence de politique d’e¢ cacité énergétique rigoureuse. Elle tomberait dans
une fourchette de 27 32 millions TEP si toutes les mesures d’économie d’énergie sont
appliquées. Parallèlement, La consommation électrique qui est de 22 TWH en 2007 pas-
serait à 85 TWH dans le premier cas et à 65 TWH dans le second cas, exigeant pour la
satisfaire, 58% de l’énergie primaire au lieu de 41% aujourd’hui.

2.2 Situation minière


Le secteur minier a toujours constitué une composante essentielle dans l’économie
nationale, qui s’explique par l’existence d’un contexte géologique favorable, lequel a per-
mis depuis plusieurs siècles le développement d’une activité minière dans de nombreuses
régions du Royaume.
L’importance de ce secteur est perceptible à travers sa contribution dans le Produit
Intérieur Brut qui avoisine actuellement 6% (y inclus l’industrie de transformation des
produits miniers), sa part dans les exportations du pays (qui représente près de 75%
en volume et 22% en valeur des exportations totales) et ses retombées béné…ques sur le
développement régional et rural.

Le rôle que le secteur minier joue dans l’économie nationale s’explique aussi par la
politique minière suivie par le pays en matière du développement de la recherche minière,

29
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

de l’établissement de l’infrastructure géologique, de la promotion de projets miniers,


de la diversi…cation, de la production, de la modernisation des méthodes et moyens
d’extraction, de l’enrichissement et de la valorisation et de la formation professionnelle.
Cette politique a permis d’aboutir à des résultats satisfaisants et à conférer au Maroc
une place de choix parmi les pays à vocation minière.

Ce secteur est aujourd’hui confronté à plusieurs dé…s notamment la nécessité de dé-


couvrir de nouveaux gisements miniers, l’optimisation de la valeur ajoutée des substances
minérales exploitées et le développement durable. A ces dé…s endogènes viennent s’ajou-
ter ceux liés à la mondialisation de l’économie, à la globalisation de la concurrence et à
la compétitivité et l’instabilité du marché des matières premières.
Compte tenu de ces considérations, le Ministère de l’Energie, des Mines de l’Eau et de
l’Environnement a adopté une stratégie minière nationale englobant toutes les activités
situées aussi bien en amont qu’en aval de la mine. Cette stratégie place en priorité la
contribution active et responsable du secteur privé dans le processus de développement
minier tout en consolidant le rôle de l’Etat dans l’infrastructure de base, la réglementation
et la promotion.
Cette stratégie s’articule autour des axes suivants :
Développement des capacités de production et de valorisation par la réalisation
de projets d’investissement importants et le développement de partenariats ainsi que
l’accompagnement des investisseurs dans la réalisation des projets miniers ;
Dynamisation de la recherche minière et de l’exploration pétrolière par la poursuite
de la réalisation des cartes géologiques, géophysiques et géochimiques, l’instauration de
mesures juridiques et …scales incitatives et le renforcement des moyens de l’ONHYM ;
Développement de l’exploitation minière à petite échelle à travers la mise en œuvre
du Programme National du Développement de la Petite Mine qui a pour ambition de
mettre à niveau à moyen terme les petites exploitations existantes et de les convertir en
petites mines structurées ;
Renforcement de la promotion minière par la médiatisation des potentialités et
des opportunités d’investissement du secteur en vue de développer le partenariat ainsi
que par le développement des systèmes d’information dans le but d’attirer davantage les
investisseurs dans le domaine minier.

30
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

2.3 Poids du secteur et spéci…cités institutionnelles

2.3.1 Economie du secteur


Avec des budgets de fonctionnement et d’investissement allouées au Département de
l’Energie et des Mines (Sources DRHAG / DEM). le secteur qui emploie plus de 30000

31
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

personnes est fortement capitalistique.[7]

Tableau 2.1 : Sources DRHAG / DEM

32
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Tableau 2.2 : Sources DRHAG / DEM

Sur la période de 2008 à 2010, le Département de l’Energie et des Mines a disposé de


moins de 1 % du budget de Fonctionnement et d’investissement de l’Etat alors que les
secteurs de l’énergie et des mines ont contribué à hauteur de 13 % en 2007, 17,5 % en
2008 et 13 % en 2009 et 2010 dans le PIB national. Il est à noter que pour l’année 2011,
la part allouée au département est en deçà des montants retenus pour l’année 2010.

Tableau 2.3 : Sources DRHAG / DEM

2.3.2 Ressources nationales en énergie observées et potentielles


Le Maroc est un pays importateur net d’énergie sous forme de produits pétroliers,
de charbon et d’électricité. En terme de ressources propres, Il dispose d’un potentiel en
énergies renouvelables et e¢ cacité énergétique considérable et de gisements de schistes
bitumineux intéressants [7].

Schistes : Le Maroc dispose de grandes réserves de schistes bitumineux [8]. Le gise-


ment de Timahhdit au centre renferme des réserves de 20 milliards de tonnes de schistes
avec une teneur en huile de 7; 3%, soit plus de 1; 5 milliards de tonnes d’huile en place.
Le gisement de Tarfaya au sud a des réserves prouvées de 73 milliards de tonnes avec une
teneur moyenne de 5; 7%, soit plus de 4 milliards de tonnes d’huile en place. L’étude de

33
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

faisabilité d’un pilote de production d’électricité exploitant les schistes bitumineux est
en cours.

Produits pétroliers : Malgré une politique d’exploration [9] pétrolière beaucoup


plus volontariste ces dernières années, soutenue par la promulgation en 2000 d’un nou-
veau code des hydrocarbures plus incitatif et la présence de bassins sédimentaires très
prometteurs, les découvertes restent modestes et l’approvisionnement du pays est assuré
pratiquement en totalité par les importations [10].

Figure 2.4 : Développement énergétique au Maroc depuis 1955 ; perspectives 2025. Source
[10]

Charbon : A représenté 30:2% de la consommation énergétique totale en 2005, soit


en valeur absolue, dix fois plus qu’en 1980. Cette percée s’explique par le recours impor-
tant au charbon (80%) pour la production d’électricité(63%), le reste étant consommé
essentiellement par les cimenteries. Les faibles ressources en charbon dont disposait le

34
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

pays au niveau des mines de Jerrada, au Nord Est sont épuisées.

Figure 2.5 : Source [10]

35
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Tableau 2.6 : Données 2008 de la spéci…cité énergétique du Maroc. Source [7]

36
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Tableau 2.7 : Demande énergétique marocaine horizon 2030;Source [11]

Électricité : une croissance soutenue de 7% par an se tassant progressivement jus-


qu’en 2017, puis 6%. Cette croissance est di¤érenciée par région.

Tableau 2.8 : Source [11]

La courbe ci-dessous représente l’évolution de la consommation et de la puissance

37
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

appelée 2008 2030 [11] :

Figure 2.9 : l’évolution de la consommation et de la puissance appelée 2008 2030:


Source [11]

38
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Cette …gure 2.10 ci-dessous illustre l’évolution de la demande en énergie primaire :

Figure 2.10 : Evolution de la demande en énergie primaire. Source [11]

39
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Tableau 2.11 : Source [11]

40
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Tableau 2.12 : Source [11]

Figure 2.13 : Source [11]

Le développement du gaz naturel limiterait le recours au charbon :


Le charbon verrait alors sa part presque stagner aux alentours de 28 à 30 % jusqu’en
2030

41
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

La part gaz naturel augmenterait de 4; 9% en 2012 à 13; 5% en 2030:

Figure 2.14 : Source [11]

2.4 Optiques géologiques et miniers

2.4.1 Aspects géologiques


La …gure 2.15 illustre la formation des roches bitumineuses et des phosphates. Au ni-
veau du Crétacé et de l’Eocène, la partie occidentale du Maroc était fortement aplanie et
la plate-forme s’étalait largement vers l’intérieur avec parfois des seuils isolant des golfes.
Des courants chauds montent du fond de l’océan, véhiculant des éléments chimiques tels
le phosphore, le ‡uor, le vanadium etc. . . Arrivés en surface, ces éléments se déposent et
subissent pendant de long moment des activités biologiques pour en…n donnés des roches

42
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

sédimentaires.

Figure 2.15 : Génèse des roches sédimentaires. Source : Auteur

Nous présenterons dans ce chapitre les aspects géologiques des gisements de Tarfaya
et de Timahdit qui sont les plus connus au Maroc [12, 13].

Les réserves potentielles en huile contenue dans les schistes bitumineux du Maroc sont
estimées à 50 milliards de barils. Les travaux géologiques réalisés sur les deux importants
sites respectivement Tarfaya dans les provinces sahariennes et Timahdit dans le Moyen
Atlas, ont permis d’estimer les réserves de ces gisements qui s’élèvent à 122 milliards
de tonnes de schistes bitumineux renfermant 37:2 milliards de barils d’huile, soit près
de 6 milliards de tonnes d’huile. Les études de faisabilité minières ont montré que les
deux gisements pouvaient être exploités en carrière et ont permis de déterminer les
emplacements les plus favorables.

Il faut toutefois rappeler que les réserves mondiales en schistes bitumineux sont de
l’ordre de 2800 à 4000 Mbls potentiellement exploitable. Les schistes bitumineux forment
une roche-mère argileuse contenant de grandes quantités de kérogène, matière organique

43
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

susceptible de donner des hydrocarbures par distillation. Si l’on chau¤e ce kérogène à une
température de 500° C, on peut en tirer du pétrole. Les ressources mondiales de schistes
bitumineux sont énormes, pourtant nulle part elles ne sont encore exploitées à grande
échelle.

Les réserves non traditionnelles de pétrole présentent aussi un intérêt, du fait que de
grandes quantités se trouvent en dehors du Moyen-Orient. Le Canada détient les plus
grandes réserves de sables asphaltiques du monde, lesquels sont aujourd’hui déjà exploités
partiellement de manière rentable. D’énormes gisements de pétrole lourd se trouvent au
Venezuela, et la Russie aussi en détient d’imposantes réserves. Les Etats-Unis détiennent
les plus gros gisements de schistes bitumineux, suivis du Brésil. Tout compte fait, la
quantité des réserves non traditionnelles de pétrole est comparable à celle des réserves
traditionnelles.

Figure 2.16 : Source : auteur

Gisement de Tarfaya

Ce gisement s’étend sur environ 2500 km2 à l’Est de la ville de Tarfaya sur la côte
atlantique. La structure géologique de cette région consiste en un anticlinal tronqué par
érosion. La …gure 2.18 montre une coupe Nord-Sud du ‡anc Ouest de la Sebkha Tazgha.
Les formations du Moghrébien reposent en discordance sur les schistes bitumineux du

44
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Crétacé supérieur. Dans la région du ‡anc Ouest, la puissance du Moghrébien varie entre
8 et 12 mètres. La série de roches bitumineuses est faite d’une alternance de niveaux
sombres et clairs de calcaires crayeux. L’intervalle le plus riche en carbone organique, la
couche R, a un âge cénomanien supérieur et contient des niveaux de silex et des nodules
carbonatés. 137 sondages au total ont été exécutés sur le gisement de Tarfaya [2]. Les
réserves potentiels, estimées à 80 milliards de tonnes de schistes renferment 3.4 milliards
de m3 d’huile

Tableau 2.17 : Estimation des réserves Source : Thèse de Omar BEKRI

45
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Figure 2.18 : Histogrammes des séries bitumineuses et


alternatives minières. Source [14]

Gisement de Timahdit

Le gisement de Timahdit, se situe dans la chaine du Moyen Atlas, à 35km au Sud


d’Azrou à une altitude variant de 1700 à 2300m. Ce gisement est constitué de deux
synclinaux : El Koubbat et Angeur, séparés par l’anticlinal de Jebel Hayane a¤ecté par
un important accident tectonique. Les synclinaux se composent de dépôts du Crétacé
supérieur et sont surmontés de formations paléogènes. Le synclinal d’El Koubbat s’étend

46
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

sur 20km suivant la direction Sud-Ouest Nord-Est et se trouve prolongé sur plus de
20Km, en direction du Nord-Est par le plateau basaltique de Tassemakht et le secteur
de Timahdit-Village.

La distance entre les ‡ancs du synclinal d’El Koubbat atteint par endroit 8km. Les
formations du Crétacé supérieur du synclinal d’El Koubbat sont constituées d’alternance
de calcaires, de marnes, de marnes calcaires et plus rarement de grés. Les marnes, ren-
fermant le kérogène, ont une puissance moyenne de 150m, cette puissance augmente de
l’Ouest vers l’Est jusqu’à la proximité du village de Timahdit. La série bitumineuse a
été divisée en quatre couches lithologiques ( T, Y, X, et M) qui ont été corrélées sur
tout le gisement. Les 76 sondages [2] exécutés sur le gisement de Timahdit ont permis
notamment, de déterminer des réserves qui s’élèvent à 42 milliards de tonnes de schistes
ayant une teneur moyenne de 61l=t, soit 2; 4 milliards de tonnes d’huile en place.

2.4.2 Aspects miniers


La production d’un baril d’huile à partir des schistes bitumineux nécessite la mise
en œuvre de 2 à 3 tonnes de roches selon la teneur du minerai en huile. Les projets
de schistes bitumineux donneront donc le jour à des exploitations minières de grandes
envergures.

Vu la géomorphologie avantageuse des gisements de Tarfaya et de Timahdit consti-


tués de couches sédimentaires de grande puissance, régulières et peu fracturées, les études
minières ont retenu la méthode d’exploitation minière à ciel ouvert sur des zones présen-
tant les meilleures conditions géologiques et minières pour l’alimentation des premiers
projets [14]. Il s’agit du plateau de Tassemacht à Timahdit et du ‡anc Ouest de Sebkha
Tazgha, pour lesquelles deux variantes ont été proposées : Teneur en huile moyenne et
teneur élevée. Ces variantes, dé…nies à partir de couches et de subdivisions de couches

47
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

de schistes bitumineux, sont présentées dans la …gure 2.18.

Tableau 2.19 : Source Thèse de Omar BEKRI

2.5 Etudes géochimiques des schistes bitumineux

2.5.1 Généralité
Les anciennes théories inorganiques sont en majorité à rattacher aux di¤érentes théo-
ries cosmogoniques qui prétendent que l’union directe de l’hydrogène et du carbone dans
l’atmosphère primitive aurait engendra des radicaux libres CH, CH2 , CH3 qui, par po-
lymérisation, condensation, hydrogénation, auraient donné naissance à toute une série
d’hydrocarbures.

Selon les théories volcaniques, par contre, ce serait dans les profondeurs de la terre,
par polymérisation de l’acétylène, résultant de l’action à très haute température du gaz
carbonique sur les composés alcalins, en présence de l’eau, ou par action de la vapeur
d’eau sur des carbures métalliques, que se seraient formées les di¤érentes séries d’hydro-
carbures. A la suite des discussions entre chercheurs-pétroliers on admet aujourd’hui que,
dans quelques cas vraiment exceptionnels, des hydrocarbures proviennent de météorites
ou de l’atmosphère de certaines planètes, du gaz carbonique ou des roches plutoniques.
Cependant, les spécialistes en la matière sont d’accord pour admettre que les gisements
d’huile et de gaz actuellement en exploitation ou épuisés sont d’origine organique. Ceci
s’appuie sur le fait que :
~ Les hydrocarbures contiennent des structures de substances organiques qui semblent
être d’origine animale ou végétale ;
~ Les porphyrines et certains hydrocarbures isoprénoides se caractérisent par des
structures semblables à celles des produits recueillis au cours de la transformation chlo-
rophyllienne

48
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

~ Les hydrocarbures liquides renferment très souvent des restes identi…ables de débris
animaux et végétaux ainsi que certains composés azotés caractéristiques des organismes
vivants
~ Les huiles brutes extraites des champs pétroliers ou provenant de la pyrolyse des
schistes bitumineux sont en principe optiquement actives, ce qui, dans la nature est une
propriété exclusive de la matière vivante ;
~ Près de 99% des hydrocarbures sont extraits de roches sédimentaires, provenant des
accumulations déposées dans les bassins ayant été le siège d’une forte activité organique.
L’origine organique des hydrocarbures est donc actuellement universellement admise.
Cependant, le processus de transformation de la matière organique n’est pas encore
maitrisé et élucidé.

2.5.2 Dé…nition
Les schistes bitumineux sont des roches sédimentaires riches en matières organique qui
dérive de la formation en milieu réducteur d’organismes terrestres (plantes vasculaires)
lacustres ou marins (algues, phytoplancton,...) [15].
La partie minérale est composée essentiellement d’argiles, de carbones (calcite, dolo-
mite), de quartz et de pyrite. Le taux et la nature de ces composés dépendent du mode
de formation et l’environnement géologique [16]
La constitution de ces roches peut être schématisée comme suit [17] :

49
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Figure 2.20 : Composition des schistes bitumineux [17]

2.5.3 La diagenèse
la phase de diagenese est quali…ée par une inertie totale du kérogène qui perd aussi sa
susceptibilité à l’hypothèse acide que son extractibilité par les solvants alcalins. cette évo-
lution du kérogène, qui est une défonctionnalisation et une condensation, s’accompagne
du rejet dans le milieu extérieur d’eau, de gaz carbonique et méthane.
La diagenèse est donc l’étape de la perte des fonctions oxygénées. On conçoit que
l’évolution diagénétique sera d’autant plus importante que le matériel de départ sera
plus oxygéné.

50
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

2.5.4 La catagenèse
Si la diagenèse précoce est l’époque de l’azote et la diagenèse celle de l’oxygène, la
catagenèse apparaît comme celle de l’hydrogène. L’évolution du kérogène va en e¤et
fournir pendant cette période essentiellement des hydrocarbures. La production de ces
derniers est due à la dégradation thermique du kérogène à partir d’un certain seuil
d’enfouissement et de température [17].
La catagenèse est l’étape la plus étudiée et la mieux connue de l’évolution géochimique
du fait que les pyrolyses de laboratoire deviennent des simulations convenables de cette
époque.

2.5.5 La métagenèse
Les mêmes raisons pratiques qui suscitent l’intérêt des pétroliers pour la catagenèse
motivent leur désintérêt pour la métagenèse. En e¤et, le stade de la formation principale
de l’huile est passé, il ne se forme plus que du gaz sec [17].
Le kérogène résiduel tend de plus en plus vers le carbone pur, la métagenèse est alors
l’étapde du carbone.

2.5.6 Cycle géochimique du carbone


Seuls les spécialistes du domaine, distinguent le carbone utile du carbone inutile
sans allez jusqu’au carbone pure le diamant [18]. Les valeurs numériques indiquent les
grandeurs des di¤érentes réserves estimées des ressources naturelles selon les conventions
géochimiques habituelles.

L’atmosphère constitue donc le lieu d’échange du carbone sous ses di¤érentes formes.
Or, le carbone total présent dans l’atmosphère et l’hydrosphère représente une faible
fraction, inférieure à 1% du carbone de la lithosphère. L’équilibre du système carbonique
est très sensible.
Dès lors, chaque variation zonale du système terrestre, comme le dégagement exagéré
du CO2 par les industries, les déboisements importants..., se traduit inéluctablement par
un déséquilibre in‡uant directement sur les êtres vivants. Toute variation climatique de
température in‡uence aussi fortement la répartition géographique des di¤érents produits
dérivés du carbone atmosphérique.

51
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

2.5.7 Origine et évolution de la matière organique sédimendaire


Les roches sédimentaires contiennent des quantités importantes de matière organique,
provenant de la sédimentation d’être vivants dans divers milieux de dépôts continentaux,
lacustres et marins. Tout être vivant peut, en principe participer à l’alimentation des
bassins sédimentaires en matières organiques. Les recherches ont montrées que dans
l’insuline de mammifères variés, l’ordre de disposition des acides aminés constituent
principalement la chaine protidique.

De même, les collagènes (protéines des os, tendons etc. . . ) de di¤érents poissons
et mammifères ont des traits communs, les distinguant des autres protéines. Chez les
organismes, les réactions fondamentales du métabolisme sont assurées par des systèmes
diastasiques qui présentent des similitudes évidentes au point au les biochimistes arrivent
à présenter des schémas communs de décomposition des hexeses en trioses et de synthèse
des acides gras ou des acides aminés. La majorité de ces schémas sont, aux détails près,
valables pour les vertébrés, les levures ou les champignons.

Par ailleurs, les acides aminés extraits jusqu’à ce jour contiennent des débris fossiles
comptent au nombre de ceux qu’on trouve dans les organismes vivants. Les paléonto-
logues ont estimé que l’ancêtre commun de ces organismes remonte à 300 millions [19].
La matière organique des sédiments continentaux, soumis sous l’action directe de l’oxy-
gène de l’air, est rapidement détruite, alors que celle déposée en milieu subaquatique est
susceptible de subir une évolution plus lente, car la solubilité de l’oxygène dans l’eau est
relativement faible (quelque cm3 =l dans un milieu marin ou lacustre). La quantité totale
de matière organique préservée par la nature est énorme. En 1963, elle a été estimée à
3:2 1015 tonnes [20] et selon une estimation en 1973, elle serait de 22 1016 tonnes [21].

2.5.8 Caractéristiques générales des schistes de Timahdit et de


Tarfaya
Les caractéristiques physico-chimiques moyennes de ces schistes sont regroupées dans
le tableau 2.21. Retenons que ces valeurs peuvent être utiles quel que soit le type de
projet de schistes bitumineux envisagé. Elles interviennent aussi bien dans les aspects
géologiques et miniers que dans l’étude du dimensionnement des équipements, des bilans

52
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

matières et énergétiques des procédés.

Tableau 2.21 : Caractéristiques générales des schistes de Timahdit et


Tarfaya. Source : Thèse de Mohammed NEJMA

Ces résultats nous amènes à faire les remarques suivantes :


~ Les schistes de Tarfaya, de par leur proximité de l’océan, contiennent en moyenne
beaucoup plus d’humidité que ceux de Timahdit.
~ Le soufre dans les deux cas est en moyenne à 70% d’origine organique. On le
retrouve en quantité notable dans l’huile, dans le gaz et également dans les résidus de
pyrolyse ou de combustion.

Les di¤érentes analyses ont permis d’établir des corrélations entre le rendement en
huile (RH exprimé en l=t), le carbone organique (Co en % pds) et la densité (d) d’une
part et entre le pouvoir calori…que supérieur (PCS en kcal=kg) et le carbone organique
d’autre part.
Les …gures ci-dessous montrent que ces corrélations sont des droites. Le tableau 2.22
regroupe les relations ainsi obtenues. De ces corrélations, on retient les points suivants :
~ Les rendements en huile des schistes de Timahdit sont légèrement plus élevés que
ceux de Tarfaya pour une même teneur en carbone organique.
~ A teneur en huile égale, les schistes de Tarfaya ont, de par leur composition miné-
rale, des densités plus faibles.
~ Les schistes de Tarfaya, dont la teneur en carbone minéral et donc en carbonates
est plus élevée que celle des schistes de Timahdit, ont un pouvoir calori…que plus faible.
La quantité de chaleur dégagée lors de la combustion est réduite par les réactions endo-
thermiques de décomposition des carbonates.

53
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Des corrélations équivalentes ont été établies pour les schistes du Colorado. La rela-
tion : P CS = 112:Co 21, déterminée par Muehlbauer M.J. et coll. [22], est proche de
celle correspondant aux schistes de Timahdit.

Tableau 2.22 : Corrélations entre les caractéristiques des Schistes


Bitumineux. Source [19]

Corrélation Rt. Huile-Carbone organique. Timahdit

Figure 2.23 : Source Thèse de Omar BEKRI

54
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Corrélation Rt. Huile-Carbone organique Tarfaya

Figure 2.24 : Source Thèse de Omar BEKRI

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CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Corrélation Rt. Huile-Densité Timahdit

Figure 2.25 : Source Thèse de Omar BEKRI

56
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Corrélation Huile-Densité Tarfaya

Figure 2.26 : Source Thèse de Omar BEKRI

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CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Corrélation PCS-Carbone organique Timahdit

Figure 2.27 : Source Thèse de Omar BEKRI

58
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Corrélation PCS-Carbone organique Tarfaya

Figure 2.28 : Source Thèse de Omar BEKRI

2.5.9 Etude de la partie minérale


Comme le montre le tableau ci-dessous, les schistes bitumineux de Timahdit et de
Tarfaya sont principalement constitués de carbonates, de Quartz et d’argiles associés à
de la matière organique. Ces constituants se trouvent dans des proportions comparables
dans les schistes bitumineux de Timahdit. Les argiles sont composées de Kaolinites et
d’Illite. Les schistes de Tarfaya renferment également de la montmorillonite.

59
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Tableau : composition Globale (%pds)

Tableau 2.29 : Composition Globale des schistes de Timahdit et Tarfaya

Les schistes de Tarfaya présente une teneur élevée en calcite. Une assez bonne corré-
lation a pu être établie entre la teneur en carbonates et la teneur en huile.

Eléments traces

Les résultats des analyses des éléments à l’état trace sont regroupés dans le tableau
2.30
L’analyse des éléments à l’état de trace dans les schistes bitumineux peut être d’un
apport précieux dans les études géochimiques, d’environnement et de valorisation des
résidus de pyrolyse ou de combustion.

Géochimie

Le suivi de l’évolution des éléments traces dans un minerai constitue une source
d’information importante pour la connaissance physique de l’environnement dans lequel
s’est déposée la matière organique. Khamlich N. a e¤ectué un travail de recherche à la
Faculté de Tunis sur l’apport des éléments traces des schistes Bitumineux de Tarfaya
dans l’étude géochimique de ces roches.

Environnement

L’examen des concentrations des éléments traces permet de repérer ceux qui poten-
tiellement pourraient constituer un danger pour l’environnement.
Le Cadmium, le Mercure, le Sélénium, l’Antimoine et l’Arsenic qui, après traitement
des schistes, restent en partie dans les résidus et peuvent alors être entrainés par lixivia-
tion dans la nappe phréatique sont présents à des concentrations relativement faibles.

60
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Valorisation des résidus

L’examen de la concentration en métaux qui pourraient être extraits après traitement


des schistes bitumineux montre que le Vanadium est présent dans les cendres des schistes
de Tarfaya à une concentration de 730ppm, soit 400ppm dans la roche.
Saoiabi A. et coll. [23] ont montré que la majeure partie du Vanadium contenu dans
les schistes de Timahdit est associée à la matière minérale et que le Vanadium lié à la
matière organique se trouve sous forme de complexe métallo-porphyrinique.
Tableau : Eléments traces (ppm)

Tableau 2.30 : Elements traces dans les schistes de Timahdit

2.5.10 Etude de la matière organique


Caractéristique géochimiques

Les connaissances fondamentales acquises sur di¤érents types de roches mères ont
permis de développer une méthode rapide pour caractériser la qualité de la matière
organique et d’estimer son degré d’évolution [24].

Cette méthode, élaborée à l’institut Français du pétrole, consiste à pyrolyser, à l’aide


d’un appareil dénommé « Rock Eval » , un échantillon de roche contenant de la matière
organique, soumis à une croissance linéaire de température.

Cette technique permet de faire une détection sélective et une analyse quantitative des
composés hydrocarbonés déjà libérés par la roche, des composés hydrocarbonés libérés
au cours de la pyrolyse de la matière organique et des composés oxygénés de l’analyse
e¤ectuée sur le Rock Eval. Elle conduit à un enregistrement de trois pics (…gure 2.31)
P1 , P2 , P3 correspondant à ces trois groupes de composés.

Les aires de ces pics (S1 , S2 , S3 ) permettent de calculer les index d’hydrogènes, d’oxy-
gène et de production qui sont dé…nis comme suit :

61
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

~ Index d’Hydrogène (IH) : Quantité de composés hydrocarbonés donnée par S2 par


rapport au carbone organique de la roche.
~ Index d’Oxygène (IO) : Quantité de CO2 donnée par S3 par rapport à ce même
carbone organique.
~ Index de production : rapport S1 /(S2 +S3 ).

Figure 2.31 : Enregistrement Rock Eval.


Source [2]

Le tableau 2.32 ci-dessous regroupe les di¤érents résultats déduits de l’analyse d’un
échantillon moyen M9 obtenu à partir d’un mélange de 9 échantillons de schistes bitu-

62
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

mineux provenant du sondage STT1 de Timahdit.

Tableau 2.32 : Résultats de l’analyse e¤ectuée sur le Rock Eval.Source [2]

Les index d’hydrogène et d’oxygène exprimés en mg=g de carbone organique per-


mettent de caractériser la qualité de la matière organique de la roche. En e¤et, il a été
montré que les I.H et I.O présentaient une bonne corrélation avec les rapports atomiques
H/C et O/C obtenus par analyse élémentaire du kérogène. Il a été possible de tracer
à l’instar du diagramme H/C – O/C établi pour les charbons, un diagramme IH – IO
permettant de localiser l’échantillon de roche étudié.

Ce diagramme montre que les échantillons correspondant à un même type de dépôt


organique se groupent sur une courbe appelée chemin d’évolution ou lignée d’apparte-
nance (I.II.III) (…gure.2.31). D’après les résultats de l’analyse regroupés dans le tableau
2.32, on peut déduire que l’échantillon étudié M9, qui présente un index d’hydrogène
élevé et un index d’Oxygène faible, correspond à une bonne roche mère du point de vue
de son potentiel pétrolier (113kg d’hydrocarbure/tonne de roche) et se situe sur la lignée
I du diagramme IH –IO.

63
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Figure 2.33 Diagramme de qualité des roches


schisteuses. Source : [2]

Très bonnes roches mères et schistes riches en huile (Green river shales)
+ Bonnes roches mères (Toarcien inférieur du bassin de Paris)
Roches mères médiocres (Bassin de Douala Cameroun)
* Point obtenu pour l’échantillon de Timahdit.

Il est vraisemblable toutefois qu’une étude e¤ectuée sur un plus grand nombre d’échan-
tillons donnerait une distribution moyenne des points se situant entre les lignées de ré-
férence I et II. En comparant ces résultats avec ceux obtenus par M. Halim dans son
étude de la matière organique des schistes bitumineux de Timahdit et de Tarfaya [25],
nous constatons que l’index d’hydrogène est plus élevé dans le cas de notre échantillon.
D’après certains auteurs [26, 27], la présence de minéraux (carbone, argile) et de bitume
peut a¤ecter le déroulement de la pyrolyse de la matière organique, en particulier la

64
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

production de CO2 et donc les index d’hydrogène et d’oxygène. Les valeurs faibles de la
température maximale de pyrolyse (Tm) et de l’index de production, qui sont également
des critères importants du degré d’évolution des roches [24], montrent qu’il s’agit d’une
matière organique faiblement évoluée.

Isolement et analyse du kérogène

L’étude de la matière organique est rendu di¢ cile de fait qu’elle est intimement liée
à une quantité importante de substance minérale. La matière organique est constituée
de bitume et de kérogène. Le bitume qui ne présente que 10% de la matière organique
est soluble dans les solvants organiques ordinaires, alors le kérogène ne peut être extrait
par un solvant à température ambiante.

Il est possible d’isoler la presque totalité du kérogène par attaque acide qui va solubi-
liser la partie minérale. Le choix des acides est important car le but de cette manipulation
est de conserver le kérogène sous une forme aussi proche que possible de sa nature ini-
tiale. Les acides oxydants (H2 SO4 , HNO3 ) pouvant dégradé la matière organique ont été
évités.

Un mélange d’acide (HCl + HF) a été utilisé dans ce type de protocole de prépara-
tion du kérogène. Compte tenu de la formation de complexes de ‡uorures, le kérogène
peut être aussi traité par l’acide borique et le carbonate d’ammonium [25]. Cette ma-
nipulation sur l’échantillon M9. Le kérogène obtenu par cette méthode se présente sous
forme d’une poudre de couleur marron foncé et contient encore 5% de cendres composées
essentiellement de Fe2 O3 . Les principaux éléments présents dans le kérogène sont le car-
bonate, l’hydrogène, l’oxygène, l’azote et le soufre. Le résultat de l’analyse élémentaire
du kérogène e¤ectuée au laboratoire du BRPM, est donné dans le tableau 2.34.

Tableau 2.34 : analyse du kérogène ( %pds). Source : laboratoire du BRPM

*obtenu par di¤érence.


Le tableau 2.31 montre que le kérogène des schistes de Timahdit contient beaucoup
plus de soufre et d’oxygène et moins d’hydrogène que ceux du Colorado.

65
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Les rapports atomiques H/C relativement élevés montrent que les deux types de
matière organique sont riches en composés aliphatiques. Le rapport O/C, plus élevé dans
le cas de Timahdit, indique que le kérogène contient plus de groupements fontionnels.
A partir des résultats de l’analyse élémentaire, la formule globale suivante peut être :

C21 H70 S3 O7 N (2.1)

Dans l’étude entreprise par M. Halim et Coll. [25], les kérogènes des schistes bitumi-
neux de timahdit et de Tarfaya ont été caractérisés par spectroscopie IR.TF, MN 1 H et
13
C du solide à l’angle magique. Le résultat majeur est la grande aromacité de ces deux
kérogènes pourtant de type II. L’étude par XPS semble aussi indiquer que la matière
organique englobe complètement les grains de pyrite.

L”étude structurale des kérogènes des schistes bitumineux de Timahdit et de Tarfaya


par oxydation permanganique qui a été réalisée par Ambles et Coll. [28] montre, d’après
l’analyse détaillée des produits d’oxydation par GC-MS, que les structures aliphatiques
sont majoritaires dans ces deux kérogènes (45%). La participation des structures aro-
matiques est de l’ordre de 35%. Les aromatiques sont plutôt des substitutions du réseau
aliphatique dans Timahdit, alors que leur intercalation dans le réseau est plus grande
dans Tarfaya. Les structures de type aliphatique hétérocyclique sont plus abondantes
dans Timahdit.

2.5.11 Traitement thermique des schistes bitumineux


Lorsqu’un échantillon de schiste bitumineux est chau¤é à 500° C en atmosphère non
oxydante, le kérogène, matière organique complexe, se décompose pour donner de l’huile,
des gaz et une matière organique résiduelle composée principalement de carbone et appe-
lée communément carbone résiduel. La pyrolyse correspond à l’ensemble des mécanismes
réactionnels complexes mis en jeu lors de cette décomposition.

Les transformations de la matière minérale ont lieu à partir de 500° C et concernent


principalement la décomposition des carbonates qui existent sous forme de dolomies et
de calcite dans les schistes bitumineux de Timahdit et Tarfaya. Les oxydes de calcium
et magnésium ainsi formés se combinent avec la silice et donnent lieu à la formation de
silicates [29].

66
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Analyse des résultats de l’essai Ficher

L’essai Ficher est essai conventionnel qui consiste à chau¤er, en atmosphère inerte, un
échantillon de schiste (100g) selon une montée en température programmée, et à évaluer
les quantités de produits de pyrolyse formés :
~ Le rendement en huile (l=t)
~ Les gaz de pyrolyse (% pds)
~ L’eau de pyrolyse (% pds)
~ Le résidu de pyrolyse (% pds)

Les résultats des essais Ficher, réalisés sur les schistes de Timahdit et de Trafaya dans
l’annexe1, ont permis d’exprimer, sous forme de pourcentage, l’huile, les gaz, l’eau et la
matière organique résiduelle produits à partir du kérogène.
Le taux de décomposition du kérogène des schistes bitumineux de Tarfaya en huile
est relativement moins élevé que celui des schistes de Timahdit. Cependant la somme
des taux de décomposition du kérogène des schistes de Tarfaya en huile et en gaz est
supérieure à celle correspondant aux schistes de Timahdit.
Pour les deux types de schistes, plus de 25% du kérogène restent dans la roche sous
forme de matière organique résiduelle. Ces résidus peuvent être éventuellement utilisés
comme combustible pour les besoins énergétiques de di¤érentes unités d’une installation
industrielle : Séchage des schistes, chau¤age des schistes dans le réacteur de pyrolyse,
réchau¤age des gaz de recyclage, production de vapeur d’eau, production d’électricité.

Etude cinétique de la décomposition de la matière organique

Pour pouvoir étudier la cinétique de pyrolyse, on a recours à des modèles qui re-
groupent l’ensemble des réactions qui ont eu lieu, soit à partir du kérogène, soit à partir
d’un produit intermédiaire entre le kérogène et les produits de pyrolyse auquel on donne
le nom de bitume pyrolytique pour le di¤érencier du bitume naturel existant dans la
roche. La décomposition du kérogène des schistes de Timahdit permet d’atteindre les
constantes de vitesse de ces réactions ainsi que les coe¢ cients stoechiométriques des pro-
duits de pyrolyse. Les résultats obtenus par d’autres auteurs sur les schistes de Tarfaya,
de Green River au Colorado et de l’Est des Etats Unis seront comparés à ceux obtenus
dans cette étude.

67
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Analyse thermogravimétrique Parmi les techniques utilisées la thermogravimétrie


est la plus e¢ cace et la plus simple à mettre en œuvre pour l’étude des paramètres qui
conditionnent la dégradation et dégagement d’une partie des matières organiques des
schistes bitumineux [30]. Elle permet simultanément la mesure de la perte en poids et de
la vitesse des processus correspondants. Ziyad M. et coll [31] ainsi que d’autres auteurs
[32, 33] ont quanti…é la formation de l’huile, et des gaz en mesurant directement, au
cours de la pyrolyse, les quantités des di¤érentes espèces produites.

Conditions opératoires Les analyses thermogravimétriques ont été e¤ectuées au


laboratoire de l’ONAREP à l’aide d’une thermobalance Dupont 951 couplée à un analy-
seur thermique Dupont 910, ont été accomplies sur trois échantillons : S9, S3 et Mfo.
Les échantillons S9 et S3 ont été prélevés dans la cheminée S et l’échantillon Mfo
dans la descenderie 2 de la mine souterraine expérimentale du gisement de Timahdit, au
niveau respectivement des couches T4, X+Y et M1.
Les échantillons ont été préparés à 150 , la prise d’échantillon a été en moyenne de
20mg.
Les expériences ont été e¤ectuées en régime dynamique (non isotherme), sous atmo-
sphère d’azote (Débit N2 = 50ml=min), suivant quatre vitesses de chau¤age di¤érentes :
5, 10, 20 et 50° C=min.

Tableau 2.35 : Caractéristiques des échantillons

Résultats expérimentaux Ces résultats montrent que :


~ Les di¤érentes phases de la décomposition thermique des schistes bitumineux qui

68
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

sont successivement : la perte en eau, la décomposition du kérogène, du bitume pyroly-


tique, de la dolomie et de la calcite.
~ La perte en poids diminue lorsque la vitesse de chau¤age augmente ; ceci est dû au
fait que les réactions se font plus complètement à de faibles vitesses de chau¤age.
~ Les vitesses de perte en poids par rapport à la température, on distingue plus
nettement les di¤érentes phases de la décomposition thermique grâce à l’apparition des
pics correspondant à celle du kérogène du bitume et des carbonates.
~ Les températures, qui correspondent aux taux de conversion maximums des di¤é-
rentes espèces (Tm), peuvent être déterminées aux sommets des pics. Ces températures
varient légèrement d’un échantillon à l’autre, mais augmentent par contre, sensiblement
avec la vitesse de chau¤age. Globalement, pour les trois échantillons et dans l’intervalle
de vitesse de chau¤ages …xés, ces températures qu’on appelle températures maximales
de pyrolyse varient dans les intervalles suivants :

Tableau 2.36 : Températures maximales de pyrolyse

2.6 Conclusion
Il était important d’attirer l’attention sur les enjeux, les perspectives énergétiques
et minières vu que 97% de l’énergie Marocaine est importé, mais également du secteur
industriel, qui est un facteur non négligeable pour un développement durable.
NTransformation des dé…s en opportunités en mobilisant les initiatives et en chan-
geant les comportements.
NFace à la montée des prix des énergies et aux tensions sur les ressources, réagissons
par :
L’E¢ cacité Énergétique dans tous les secteurs d’activités économique et social
La mise en valeur des ressources nationales en énergies renouvelables en hydrocar-
bures, en schistes bitumineux
La plani…cation maîtrisée des plans d’équipement énergétique

69
CHAPITRE 2. ENVIRONNEMENT ÉNERGÉTIQUE ET MINIÈRE AU
MAROC

Le renforcement de l’intégration régionale.

70
Chapitre 3

Méthodes d’analyses utilisées

Probablement du fait de la grande complexité du matériau étudié, la géochimie orga-


nique utilise une multitude de techniques pour caractériser les kérogènes. Grâce à l’amé-
lioration des techniques classiques analytiques (par exemples, IR, FT-IR, RMN1 H et 13 C
classiques, CP-MAS RMN) et l’apparution de nouvelles méthodes (XPS), la connaissance
de la structure globale du kérogène progresse régulièrement.
La Figure ci-dessous regroupe les di¤érentes méthodes physiques utlisées pour l’étude
des kérogènes.

3.1 L’étude microscopique


Elle décrit la morphologie des fossiles restants d’organismes biologiques en lumière
transmise et ré‡échie. Les informations chimiques peuvent être déduites indirectement à
partir des observations des espèces individuelles ou classées d’organismes vivants préser-

71
CHAPITRE 3. MÉTHODES D’ANALYSES UTILISÉES

vés dans les sédiments.

Figure 3.1 : Méthodes d’étude des kérogènes

3.2 L’analyse élémentaire


Elle fournit la composition de la majorité des éléments présents dans la matière
organique fossile [34, 35]. Le carbone et l’hydrogène sont des éléments dominants. L’azote,
ainsi que le soufre total peuvent aussi être déterminés. Cependant, la mesure directe de
l’oxygène est plus di¢ cile. Le résidu minéral contenu dans le concentré de kérogène limite
souvent l’exactitude de l’analyse élémentaire. Les rapports H/C et O/C généralement
utilisés pour classer les kérogènes [36], fournissent peu de renseignements quant à la
structure chimique. Par contre, l’analyse élémentaire avec d’autres données à pour objet
de faire un bilan massique dans le cas de la modélisation d’une structure de kérogène.

72
CHAPITRE 3. MÉTHODES D’ANALYSES UTILISÉES

3.3 Les méthodes spectroscopiques


L’utilisation de l’ensemble des méthodes, en particulier UV/VIS, IR, RMN et SM,
est la meilleur stratégie pour identi…er la structure chimique des composés organiques.
Parmi ces techniques, l’infrarouge et la resonance paramagnétique nucléaire ont été lar-
gement appliquées à l’analyse des kérogènes. La première permet de caractériser les
groupements fonctionnels majeurs ainsi que les modi…cations que peuvent subir les ké-
rogènes au cours de l’évolution. La RMN fournit des informations sur l’environnement
chimique. Les données obtenues par ces deux techniques sont généralement globales car
la résolution est insu¢ sante pour identi…er de façon sûre les fonctions pésentes. Il est
donc di¢ cile de quanti…er l’absorption ou la resonance du signal et les données restent
surtout qualitatives [37].
Le grand développement des méthodes et des instruments analytiques permet de pen-
ser que la structure des kérogènes pourrait être déterminée par des méthodes d’investiga-
tion globale (spectroscopique) sans dégradation chimique parfois fastidieuse.Actuellement
les deux approches sont encore nécessaires.

3.4 La pyrolyse
La pyrolyse analytique est une technique de dégradation thermique des molécules fos-
siles en petites unités. Leur analyse sée¤ectue par la chromatographie en phase gazeuse, la
spectrométrie de masse ou la combinaison des deux. En utilisant cette tecnique, Hors…eld
et coll. [38] ont décrit le kérogène à partir de la distribution quantitative des di¤érentes
unités moléculaires. Par contre, l’aspect qualitatif a été e¤ectué par Meuzlaar [39], Philip
[40], Later-Douglas [41], Hors…eld [42] et Later [43]. Parmi les composés majoritaires iden-
ti…és et obtenus par pyrolyse, on trouve les hydrocarbures saturés et insaturés (linéaires,
rami…és et cycliques) ayant plus de 35 atomes de carbone. Il y a aussi des hydrocarbures
aromatiques (naphténo-aromatiques et des alkylphénols). Des composés organo-soufrés
ont été retrouvés dans les produits de pyrolyse [44]. Le seul inconvénient de cette mé-
thode est que les produits au cours de la dégradation thermique subisent probablement
des réactions secondaires et ne sont pas toujours spéci…ques (rupture des liaisons les plus
substituées). Elles peuvent ainsi conduire à des unités structurales non représentatives
de la structure initiale. Cependant les fractions polaires de haut poids moléculaire que
l’on retrouve dans les produits de pyrolyse ne sont pas directement analysables.

73
CHAPITRE 3. MÉTHODES D’ANALYSES UTILISÉES

3.5 Techniques de Traitement et de valorisation des


schistes bitumineux
Dans cette section, nous avons détaillé les di¤érentes techniques de traitement et de
valorisation que nous avons utilisées dans notre étude, depuis le broyage jusqu’à la mise
en solution des échantillons.

3.5.1 Fragmentation du solide


Les opérations de fragmentation, qui conduisent à réduire les dimensions caractéris-
tiques d’un matériau solide, peuvent avoir divers objectifs parmi lesquels on peut citer
de faciliter le stockage, le transport, le triage, le mélange ou la dissolution, la réactivité
chimique (liste non limitative).
On distingue les termes suivants relatifs à cette réduction de taille :
débitage : réduction des gros blocs issus de mine ou de carrière en éléments de
dimensions supérieures à 100 mm
concassage : réduction à des dimensions allant de 25 à 100 mm
granulation : réduction à des dimensions allant de 6.3 à 25 mm
broyage : réduction à des dimensions comprises entre 0.4 et 6.3 mm
pulvérisation : production de particules inférieures à 0.4 mm
micronisation : réduction à des dimensions de l’ordre du micron
dé…brage : fragmentation des matières …breuses (bois, végétaux, ...)
déchiquetage : réduction par hachage des matières ‡exibles
découpage : sciage ou cisaillement pour obtenir des fragments réguliers.
Dans notre cas, nous avons utilisé le broyeur à cylindre a…n d’obtenir des particules
de dimensions inférieur ou égale à 2mm.

La conception

Un dispositif automatique de va-et-vient axial assurant une surface uniforme sur


toute la largeur des cylindres et evitant la formation de rayures et de sillons jusqu’au
remplacement des bandages.
Le système hydraulique pouvant être utilisé au lieu du dispositif de réglage mécanique
et de sécurité de surcharge. Ce système permet un controle précis de la pression de
broyage optimale. En fonction du débit et de la granulométrie à l’entrée, une pression

74
CHAPITRE 3. MÉTHODES D’ANALYSES UTILISÉES

déterminée garantie une granularité régulière du produit broyé. Au fur et à mesure que
l’usure des bandages progresse, les cylindres sont réajustés automatiquement.
Lorsque l’épaisseur des bandages atteint la limite inférieure admise, le broyeur est
arrété automatiquement, ce qui exclut tout endommagement du corps du cylindre.

Le principe de fonctionnement

Un alimentateur repartit la mati‚re régulièrement sur toute la largeur des cylindres.


La matière est prise entre les cylindres et broyée entre les deux cylindres à la surface
lisse ou, dans des cas exceptionnels, pro…lée. En règle générale, chacun des cylindres est
entrainé séparement par un moteur électrique et une commande à courroies. Le calibre
maximal à l’entrée détermine le diamètre des cylindres. La granulométrie …nale souhaitée
peut être obtenue par le réglage de l’écartement des cylindres. La production dépend,
entre autres, de la largeur, du réglage de l’écartement et de la vitesse péripherique des
cylindres.

Figure 3.2 : Broyeur à cylindre

3.5.2 La Flottation
C’est une technique de séparation des solides basée sur les di¤érences existant entre
leurs propriétés super…cielles dans une solution aqueuse et dans l’air. Pour ce faire, on

75
CHAPITRE 3. MÉTHODES D’ANALYSES UTILISÉES

disperse des bulles d’air dans une suspension aqueuse de particules solides (pulpe) pour
récupérer l’espèce minérale à séparer, rendue préalablement hydrophobe par un ajout de
collecteur (surfactant). L’ensemble eau-bulles-particules hydrophobes est rassemblé sous
forme d’une écume surnageante stabilisée par un moussant. La ‡ottation peut en outre
s’appliquer aux ions en solution et aux précipités organométalliques hydrophobes.

Préparation de la pulpe avant ‡ottation

À l’entrée d’un circuit de ‡ottation, on admet une pulpe minérale qui a subi des
opérations de préparation.
La première condition pour obtenir une bonne ‡ottation est d’atteindre, par broyage,
une libération convenable des particules à ‡otter, le degré de broyage étant toujours
un compromis entre les exigences métallurgiques et économiques. La pulpe de ‡ottation
présente des concentrations massiques en solides de 15 à 40 %, qui correspondent à
celles que les classi…cateurs couplés avec les broyeurs fournissent habituellement. Dans
certains cas, il est nécessaire de deschlammer la pulpe avant de la ‡otter, pour éviter
le recouvrement des surfaces minérales par les ultra…nes, phénomène appelé adagulation
(slime coating ).

Une deuxième condition consiste à travailler avec des particules solides de granulo-
métrie adéquate. En e¤et, pour que des bulles de diamètre compris généralement entre
0,1 et 1 mm puissent entraîner les solides, il faut que ceux-ci soient su¢ samment …ns,
généralement de dimension inférieure à 300 mm, sauf dans des cas particuliers de parti-
cules de faible masse volumique telles que celles des charbons. Cependant, les très …nes
particules de dimension inférieure à 10-15 mm, ont des di¢ cultés à ‡otter à cause de
leur faible énergie cinétique, insu¢ sante pour se placer à la surface des bulles, ou de leur
court-circuitage par entraînement direct dans les rejets. De plus, elles libèrent facilement
des ions, consomment en pure perte des réactifs, sont responsables du phénomène d’ada-
gulation, déjà cité, et augmentent la viscosité de la pulpe. On remarque aussi que plus
les solides sont divisés, plus la sélectivité de l’adsorption est faible et, lorsque leur surface
est amorphisée, l’adsorption devient très di¢ cile.

Une troisième condition est d’assurer un bon conditionnement de la pulpe avec les
réactifs (déprimant, activant, collecteur, moussant...) dans des réacteurs agités méca-
niquement, appelés conditionneurs, pendant des durées de une à plusieurs dizaines de
minutes. Les théories classiques du génie des procédés sur les mélangeurs s’appliquent

76
CHAPITRE 3. MÉTHODES D’ANALYSES UTILISÉES

bien pour caractériser cette opération. Un cas particulier mérite d’être signalé, le condi-
tionnement en pulpe épaisse (60 à 70 % en masse) utilisé couramment dans la ‡ottation
des oxydes, silicates et minéraux de type sels. Ces minéraux utilisent généralement des
collecteurs tels que des amines et des acides gras, dont l’adsorption sur leur surface dé-
pend de la quantité résiduelle de ces surfactants dans les eaux de procédé recyclées. On
observe d’abord la création de ‡ocs mixtes, gênants pour la sélectivité, qui est suivie en-
suite d’une phase de dé‡oculation où les solides non collectés quittent le …lm surfactant,
et après laquelle on peut en…n ‡otter sélectivement. Ce mécanisme complexe montre qu’il
est nécessaire de conditionner ces minéraux pendant 15 à 30 min.
Une quatrième condition est la qualité de l’eau, sa quantité et la température de
la pulpe. Pour les sulfures, la qualité de l’eau a relativement peu d’importance, car ces
solides sont naturellement hydrophobes. Encore faut-il rappeler que les métaux lourds
dissous sont susceptibles d’entraver la sélectivité de la ‡ottation et de consommer des
réactifs. Pour la ‡ottation des oxydes, silicates et minéraux de type sels, les cations
dissous tels que Ca2+ , Mg2+ etles cations de métaux lourds doivent parfois être éliminés
avant le conditionnement. On fait alors appel aux techniques de traitement des eaux
industrielles.
La quantité d’eau nécessaire varie de 2 à 6 t par tonne de minerai au conditionnement.
Toutefois, lors des opérations de ‡ottation, et particulièrement pour assurer l’écoulement
des concentrés métalliques, il est nécessaire d’ajouter 1 à 2 t d’eau supplémentaire. L’eau
est évidemment recyclée à partir des épaississeurs et des bassins d’épandage. Le taux de
recyclage varie de 50 à 90 %, compte tenu des pertes par évaporation, de la rétention dans
les pores des solides ; aussi est-il plus réaliste de parler d’eau neuve pour compenser les
pertes, qui peuvent varier de 0,5 à 2,5 t selon la complexité des opérations de ‡ottation
et de l’évaporation. Toutefois, le recyclage de l’eau, même s’il entraîne une économie de
réactifs, peut s’avérer préjudiciable dans le cas d’une ‡ottation sélective et nécessiter un
traitement préalable. La température de la pulpe et/ou de l’eau est généralement celle
de l’ambiante. Un chau¤age s’avère parfois e¢ cace (45 à 60o C) lors du conditionnement
de minéraux de type sels.

Machines et circuits de ‡ottation

Il existe deux principaux types de machines de ‡ottation selon le mode de génération


des bulles et de mise en suspension de la
pulpe :

77
CHAPITRE 3. MÉTHODES D’ANALYSES UTILISÉES

les cellules à agitation mécanique, qui est assurée par un ensemble rotor-stator,
sont constituées d’une cuve parallélépipédique ou cylindrique. L’air est introduit dans
la cellule par l’axe creux du rotor ou par une tubulure extérieure à l’axe, ou par une
tuyauterie située sous le rotor. La pulpe est généralement introduite latéralement dans la
cellule, parfois directement au niveau de l’agitateur. Les mousses sortent par débordement
et le produit non ‡otté par passage direct dans la cellule suivante (Figure) ;
les cellules pneumatiques ne comportant généralement pas d’agitation mécanique,
l’air est introduit par un di¤useur ou générateur de bulles en fond de cellule. Les particules
cheminent de haut en bas, à contre-courant du ‡ux ascensionnel des bulles. Les colonnes
de ‡ottation sont rattachées à cette classe de machines.

Figure 3.3 : Cellule de ‡ottation de type Wemco SmartCell

78
CHAPITRE 3. MÉTHODES D’ANALYSES UTILISÉES

3.5.3 Le séchage
Le séchage a pour but d’éliminer par vaporisation le liquide qui imprègne un solide.
Il est largement utilisé dans l’industrie chimique où il vient souvent en
complément d’opérations comme la sédimentation, la …ltration ou l’essorage. Il se
pratique dans plusieurs cas :
le liquide résiduel est incompatible avec la suite du procédé
le produit humide se conserve mal (hydrolyse possible, modi…cation de l’aspect
physique par agglomération des grains)
le coût du transport est plus élevé en présence de liquide
le séchage permet outre l’élimination du liquide, la création de modi…cations de la
structure interne du solide soit par exemple l’apparition d’une structure poreuse.

A cause du coût énergétique de la vaporisation l’industriel cherche à avoir la plus basse


teneur possible en liquide à l’entrée du sécheur. La tendance est à n’utiliser le séchage
que lorsque les procédés de séparation mécanique restent impuissants pour atteindre la
teneur souhaitée en liquide.

Le champ d’application du séchage est particulièrement large : produits chimiques,


produits pharmaceutiques, produits agro-alimentaires, matières
plastiques, papiers, bois...

Il se distingue de l’évaporation par les quantités de liquide traité : le liquide d’im-


prégnation est à une teneur initiale beaucoup plus faible dans le cas du séchage. Les
appareils sont donc complètement di¤érents.

Le séchage est une opération unitaire mettant en jeu un transfert de matière (le liquide
imprégnant le solide passe à l’état de vapeur dans une phase gazeuse) et un transfert
thermique (une fourniture de chaleur permet le changement de phase du liquide). La
vaporisation pourra s’e¤ectuer par ébullition ou par évaporation.

Dans la suite, sauf précisions particulières, on s’intéressera au séchage dans de l’air


des solides imprégnés d’eau. C’est le cas le plus fréquent et il est pratiquement totalement
transposable à toutes les autres situations.

On peut signaler que le terme de déshydratation a un sens plus restrictif car il ne


s’applique qu’à l’élimination de l’eau. On l’applique également à l’élimination de l’eau

79
CHAPITRE 3. MÉTHODES D’ANALYSES UTILISÉES

de cristallisation des cristaux hydratés. Ce but n’est pas recherché dans une opération
de séchage.

3.5.4 Le pouvoir calori…que supérieur


Elle représente la quantité d’énergie contenue dans une unité de masse de combus-
tible. On distingue le PCS (Pouvoir calori…que supérieur) et le PCI (Pouvoir calori…que
Inférieur).

Pouvoir calori…que supérieur

Il s’agit de l’énergie dégagée par la combustion du bois en récupérant la chaleur


latente de la vapeur d’eau produite par la combustion. Toutes les mesures existantes
déterminent cette énergie. Elle reste néanmoins une valeur théorique pour le bois énergie
dans la mesure où il faudrait récupérer la chaleur latente de l’eau via la condensation de
la vapeur d’eau des fumées. Ce type de technologie étant très peu di¤usé en France, on
détermine le plus généralement le Pouvoir Calori…que Inférieur.

Pouvoir calori…que Inférieur

Il s’agit de l’énergie dégagée par la combustion du bois sans récupérer la chaleur


latente de la vapeur d’eau produite par la combustion. Les mesures existantes ne peuvent
déterminer directement cette énergie : il faut la calculer à partir du PCS. Cette énergie
est l’énergie théoriquement récupérable par l’utilisateur (dans le cas d’une combustion
parfaite). Il s’agit donc de la donnée la plus intéressante à utiliser dans le cas des schistes.

80
Chapitre 4

Nouveaux procédés intégraux de


valorisation des schistes bitumineux
Marocains.

4.1 Introduction
Suite à la grande dépression pétrolière de 1973, et sous l’impulsion du Ministère de
l’énergie et des mines, l’o¢ ce nationale d’électricité mais également l’o¢ ce nationale
d’hydrocarbure Marocaines ont entrepris des études et des travaux en vue de la valori-
sation des schistes bitumineux.
Dans cette étude, on intéresse à la valorisation et au traitement des schistes bitu-
mineux et ces produits dérivés, en particulier les cendres des schistes bitumineux. De
ce fait, il faut savoir que les réserves des deux gisements les plus importants au Maroc
( Timahdit et Tarfaya) sont estimés à 122 milliards de tonnes de schsites bitumineux

81
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

renfermant 37:2 milliards de barils d’huile, soit près de 6 milliards de tonnes d’huile [1].

Figure 4.1 : Source auteur

Durant les vingt dernières années, d’importantes études géologiques, minières, de


pyrolyse et de combustion ont été réalisées pour mieux connaitre les caractéristiques
et les propriétés physico-chimiques des schistes bitumineux Marocains. Des études de
faisabilité technico-économique incluant les aspects environnement ont été réalisés. «
Shell International » et la groupe « Siemens » ont respectivement investi 23 millions
de dollars dans le projet des schistes de Tarfaya et 2 millions de Deutsche mark dans
un projet de développement des schistes de Timahdit. Au terme des études réalisées, un
vaste ensemble de données a été constitué sur les gisements de Timahdit et Tarfaya sur
les plans de la géologie, de la mine, des caractéristiques des roches et de leur utilisation
pour la production d’huile (pyrolyse) ou pour la production d’énergie (combustion).

82
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

Il faut rappeler que les schistes bitumineux Marocains sont pauvres en matières or-
ganiques, donc le but de ce travail est d’apporter de nouvelles méthodes de traitement
et de valorisation en les enrichissant en vue de les utiliser pour la production d’éner-
gie, mais aussi de valoriser les sous-produits dérivés, en utilisant dans d’autres domaines
industriels.
Depuis plusieurs années, le Maroc cherche à proclamer son indépendance énergétique
en multipliant des actions dans le développement de ces ressources.

L’extrait du discours de sa Majesté le Roi lors de l’ouverture de la 8eme législature


le 12/10/2007 dont l’extrait « La problématique de l‘énergie se pose également comme
une question fondamentale qu‘il faut aborder dans le cadre d‘une vision prospective.
L‘objectif est de garantir la sécurité énergétique de notre pays, de diversi…er les sources
d‘énergie nationales, par le recours à des énergies alternatives, et d‘en assurer un usage
rationnel. » a ouvert la voie à de nombreux chercheurs dans le domaine de valorisation
énergétique, plus particulièrement le développement des schistes bitumineux Marocains
pour leur utilisation directe dans la production d’électricité où encore pour extraire de
l’huile de schiste par pyrolyse.

4.2 Pyrolyse des schistes Marocains


Rappelons que 1500 tonnes de schistes de Timahdit et 700 tonnes de schistes de Tar-
faya ont fait l’objet d’essais de pyrolyse aux Etats Unis, au canada, en Allemagne, en
Estonie et au Japon. Sur la base de ces essais, l’avantage est donné aux procédés qui
utilisent, après pyrolyse, l’énergie de la matière organique résiduelle d’huile qui repré-
sente, dans le cas des schistes bitumineux Marocains, une part importante de la matière
organique initiale présente dans la roche. 2500 tonnes de schistes de Timahdit ont été
testés dans ces fours de 3 tonnes, de 50 tonnes et dans l’unité pilote T3 [2] de Timahdit.

Cette unité pilote a été réalisée dans le cadre du projet d’ingénierie …nancé par la
banque Mondiale. Les 26 essais e¤ectués sur cette unité de 80 tonnes de capacité, ont
permis d’une part, d’étudier l’unité sous di¤érentes conditions opératoires, et d’autre
part, de mettre en évidence les problèmes de mise en œuvre du procédé à l’échelle pilote.
Les essais de pyrolyse, réalisés sur les schistes bitumineux de Timahdit et de Tarfaya selon
le procédé à lit ‡uides Kentort II, ont dégagé des rendements en huile supérieurs à 150%

83
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

de l’essai de laboratoire Fischer. Les huiles de schistes de Timahdit et de Tarfaya sont


très chargées en soufre (7 à 8%) et en azote (1:5%). Les essais pilotes d’hydrotraitement
de ces huiles ont permis d’obtenir des produits de bonne qualité. Mais ce traitement est
coûteux et il est tout indiqué d’étudier l’utilisation de l’huile de schiste en tant qu’ajout
au bitume routier comme cela est en train de développer aux Etats Unis ou comme
matière première pour la production de dérivés pétrochimiques à l’instar de ce qui est
pratiqué en Estonie.

4.2.1 Combustion des schistes


Les essais de combustion dans des chaudières classiques et en lit ‡uides ont montré que
les schistes de Timahdit et de Tarfaya sont auto-combustibles et qu’il est donc possible
d’utiliser ces schistes comme combustibles pour la production de l’énergie électrique. Il
est à noter que cette application est pratiquée en Allemagne, en Estonie et en Chine et
récemment en Israël (12 MWe) [1].

4.3 Autres utilisations


En dehors de l’utilisation classique des schistes bitumineux pour la production d’huile
ou d’électricité, d’autres alternatives sont envisageables et devraient être étudiées d’une
manière rigoureuse. Les projets des schistes comme des projets de valorisation d’un com-
posé ou d’un ensemble de composés d’origine minérale ou organique contenus dans les
schistes bitumineux. Vu sous cet angle chaque gisement de schistes bitumineux peut
donner naissance, selon ses caractéristiques physico-chimiques, à un ou plusieurs projets.

4.3.1 Matériaux de construction


Ciment

Nous avons repris l’étude laboratoire qui a été menée en collaboration avec la cimen-
terie de l’Oriental en 1992, qui a montré que les schistes de Tarfaya peuvent être utilisés
dans la production de ciment. En e¤et, les résistances à la compression mesurées sur
les échantillons constitués de 30% cendres de schistes de Tarfaya et 70% ciment restent
acceptables par la norme correspondante au ciment CPJ35. Ces résultats sont d’autant
plus encourageants que cette application est utilisée à l’échelle industrielle depuis plus de

84
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

trente ans en Allemagne où la cimenterie Rohrbach de Dotternhausen produit 420:000


tonnes de ciment à schiste. Une étude préliminaire d’un projet de production de 600:000
tonnes de ciment à schiste à Tarfaya, réalisée par Deutsche Babcock a montré que les
coûts d’investissement étaient équivalents à ceux d’une cimenterie classique et que les
coûts opératoires pouvaient être réduits de 27%. Ce que nous avons réalisé au sein de
notre laboratoire en minimisant le coût énergétique, un travail qui a d’ailleurs fait objet
d’un article de publication scienti…que (voir référence à l’annexe).

4.3.2 Enrobé Bitumineux


Une étude, réalisée en collaboration avec l’Ecole Mohammedia d’ingénieure et le
Centre National des Etudes Routières, a montré que l’apport des schistes bitumineux
de Tarfaya dans un enrobé bitumineux (10%), se traduit par une amélioration des ca-
ractéristiques mécaniques de l’enrobé et par un gain en bitume d’ajout (15%).

4.3.3 Soufre
Le soufre présent dans les gaz de pyrolyse, dans l’huile et également dans les gaz de
combustion en quantité notable, est un co-produit du traitement des schistes bitumineux.
Cet élément peut être considéré comme un critère de choix dans la sélection d’un procédé.

4.3.4 Utilisation des schistes dans l’agriculture


Bien que nous n’avons pas touché à cet aspect des schistes, mais il est important de
signaler qu’une étude préliminaire réalisée par l’institut National de Géologie de Hongrie
sur les schistes bitumineux de Timahdit a montré que ces schistes peuvent être utilisés
pour l’amélioration des sols et comme fertilisant.
La …gure 4.2 donne les possibilités d’utilisation des schistes bitumineux et montre

85
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

une synergie entre les di¤érentes applications.

Figure 4.2 : Possibilités d’utilisation des schistes bitumineux, Source auteur

4.4 Résultats et Discussion


De nombreux procédés ont été utilisés pour valoriser les schistes bitumineux Maro-
cains mais d’aucun n’avait utilisé nos procédés avec un rendement satisfaisant tant sur
la méthodologie de traitement que sur le plan économique. Toutefois, il faut signaler
que ces travaux nous ont permis de rassembler un panel d’information sur le potentiel
schisteux Marocain, ainsi que sur leurs caractéristiques physico-chimiques.
En s’inspirant de ces travaux, nous avons pu développer ces nouveaux procédés de
traitement des schistes Marocains en vue de leur utilisation comme combustibles, mais
aussi l’utisation du sous produit le cendre obtenu après combustion et pour diminuer
les frais de traitement et les impacts sur l’environnement par la récupération des sous
produits de valeur, notamment la possibilité d’isoler les phosphates de calcium pur.

86
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

4.4.1 Nouveau procédé d’enrichissement


Ces nouveaux procédés de traitement et de valorisation que nous avons mis au point
dans le but d’enrichir et de valoriser le sous produit de combustion dans les schistes
bitumineux Marocains en vu de les utiliser comme combustible avec un calori…que
4500kcal=kj. Ainsi, notre contribution dans ce travail a été d’optimiser la teneur de la
matière organique de 17:7% initialement jusqu’à l’ordre de 60 à 70% selon les réactifs
utilisés : l’acide chlorhydrique, l’acide sulfurique ou l’acide phosphorique, et ceux-ci dans
des proportions bien déterminées.
Nous avons aussi utilisé le sous produit dans la fabrication du ciment de Portland, où
les échantillons des cendres des schistes bitumineux ont été traités à des températures
inférieures à celles utilisées dans les fours à ciment qui sont aux alentours de 1300° C.
Nous avons également e¤ectué une étude comparative entre les industries de fabri-
cation de ciment standard à celles des industries de production de ciment à base de
schistes.

Actuellement, la dépendance mondiale sur l’énergie a atteint son appogée. Les ma-
tières premières pour la production d’énergie étant le centre nerveux d’une économie
mondiale croissante ont suscité une concurrence acharnée entre les pays développés mais
aussi entre les pays en développement pour diverses raisons.

Le Maroc possede une grande réserve de schistes bitumineux, dont 15% de la réserve
mondiale, étant donné que le Maroc importe plus de 97% de son énergie, l’exploitation
de cette ressource permettra au Maroc de produire du pétrole du gaz, par pyrolyse de
schiste, mais aussi produire de l’électricité par combustion directe.
Le cendre résultant de la combustion est un matériau potentiel pour le ciment et les
industries de construction routière. L’attention a été portée sur les dépôts marocains les
plus importants de Timahdit et Tarfaya de schistes bitumineux [45, 46].

Ia di¤érence entre les schistes bitumineux, le charbon est que les schistes ont une
teneur minérale de 33% ou plus, beaucoup plus élevée que pour le charbon et les goudrons
[45]. Des études approfondies ont été menées sur les propriétés physiques et chimiques
des schistes bitumineux de Timahdit et Tarfaya à exploiter commercialement dans ses
dépôts [47, 25].

Les schistes bitumineux sont très hétérogènes dans leur composition chimique et dans
leurs propriétés physiques. Ainsi, lors de leur décomposition thermique, un ensemble com-

87
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

plexe de réactions séquentielles et parallèles se produisent, par exemple, des changements


dans la vapeur d’eau, la conversion du kérogène au bitume et sa dissociation en hydrocar-
bures de faible volatilité et de grande volatilité (gaz et pétrole), l’oxydation de carbone
résiduel, etc.

Dans le traitement de l’huile de schiste, les résultats de combustion des produits


indiquent qu’ils sont totalement oxydés, tandis que la pyrolyse conduit à des produits
condensables et un résidu solide ; Crawford et al. ont discuté des enthalpies de combustion
pour des échantillons des schistes [48]. Docter [49], ont montré que les schistes ayant
une teneur en huile de plus de 83dm3 =tonne produisent su¢ samment de coke, ainsi la
combustion complète peut produire su¢ samment l’énergie pour l’autocombustion.

Dans ce travail, nous avons développé de nouvelles méthodes pour concentrer la


matière organique des schistes Marocains, qui sont pauvres en kérogène, mais riches
en carbonates et des argiles, qui sont caractérisés par la liaison physico-chimique intime
entre la matière organique (kérogène) et la gangue minérale. Les objectifs de ces procédés
humides, en particulier, c’est de libérer le kérogène de la phase minérale, de faire la
‡ottaison, selon les réactifs chimiques utilisés (acide chlorhydrique, acide sulfurique ou
l’acide phosphorique) et de récupérer les sous produits de valeur, tels que les phosphates
de calcium.

Nous avons obtenu des schistes riches avec une teneur en matière organique supérieur
ou égal à 60% selon la nature de l’acide utilisé, qui peut être utilisé directement comme
combustible pour produire de l’énergie thermique et d’électricité en raison de leurs valeurs
calori…ques, ou ils peuvent subir une pyrolyse pour préparer l’huile de schiste bitumineux.
Ainsi, à partir d’un échantillon des schistes de Timahdit 17; 7% de matière organique et
23; 2% de carbonates, 45% de quartz, de pyrite, d’argile et autres minéraux, on obtient
des schistes enrichis en matière organique jusqu’à 60%, 0% de carbonates, et les restes
sont des argiles et du quartz qui sont restés liés à la structure du kérogène. Les sous
produits de ce processus sont CaCl2 , CaSO4 , Ca3 (P O4 )2 et des cendres extraites après
la combustion des schistes enrichis. Il faut aussi signaler que les schistes de Tarfaya
contiennent 40; 2% de carbonates et 16; 25% [2] de matière organique. Ce travail fait
partie d’un vaste programme d’étude de la combustion et de l’analyse thermique sur les
schistes bitumineux au Maroc.

Ainsi, nous avons pu augmenter la valeur du pouvoir calori…que des schistes bitumi-

88
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

neux Marocains, qui est l’élément principal de la combustion de combustibles fossiles. En


particulier, nous avons considéré ceux de Timahdit, en les enrichissant par des méthodes
de traitement hydrométallurgique et de minérallurgique a…n de les utiliser pour produire
de l’énergie thermique et électrique. Toutefois, di¤érentes études ont été menées pour le
développement des schistes bitumineux au Maroc, mais ils se sont pas porté sur l’axe
que nous avons développé. La combustion directe des schistes bruts est di¢ cile en raison
de la présence de forte teneur en carbonate.

Pendant la pyrolyse des matières premières, de schiste, les déchets organiques (car-
bone résiduel) obtenu dépendent de la vitesse de chau¤age (5 à 40° C/min) [50]. Il s’avère
qu’il ya trois phases dans l’ensemble du processus : d’abord, la concentration de résidus
de carbone diminue quand le taux de chau¤age augmente et il se stabilise autour de
12° C=min, il continue à décroître aux taux de chau¤age plus élevés. Les énergies d’acti-
vation sont déterminées en utilisant les manteaux-Redfern.

Nos résultats dans ce document montrent un changement dans le mécanisme de ré-


action à environ 350° C. En dessous de cette température, l’énergie d’activation est de
41:3kJ=mol pour la décomposition des schistes de Timahtid et 40:5kJ=mol pour les
schistes de Tarfaya. Sinon, les valeurs respectives sont 64; 3 et 61:3k=Jmol, initialement
les schistes de Timahdit ont un pouvoir calori…que de 1436kcal=kg, que nous avons
amélioré en e¤ectuant un traitement physico-chimique. Après enrichissement son taux
de matière organique s’est élèvé jusqu’à 60% avec une valeur calori…que 4500kcal=kg

89
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

qui dépendent de la nature de l’acide utilisé, illustré par le schéma 4.3 :

Schéma 4.3 : Diagramme d’enrichissement, Source auteur

90
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

Etude expérimentale

Dans ce paragraphe, nous présentons notre travail expérimental. En particulier, des


échantillons sur lesquels nous avons travaillé, à savoir le processus de séparation, la
determination de la valeur du pouvoir calori…que, ainsi que les dispositifs qui ont été
utilisés.
En premier lieu, nous avons e¤ectué le broyage jusqu’à la maille de libération (2mm),
suivi du tamisage et pour la séparation nous avons utilisé la méthode de ‡ottation et
l’enrichissement a été fait par attaque acide à l’aide d’un réacteur à brassage. Le pouvoir
calori…que a été déterminé en utilisant un calorimètre adiabatique avec une pression de
30bar dans une bombe calorimétrique, en utilisant un échantillon de 0; 5g.

Nous avons tenu compte de l’état des schistes bitumineux pour chaque vitesse de
chau¤age, les échantillons ont été traités par un ‡ux à atmosphère d’azote (35cm3 =min)
à 500° C et maintenus pendant 1h à cette température, l’air a ensuite été introduit pour
obtenir la quantité de carbone organique restant dans le schiste [51]. La …gure 4.4 montre
l’ampleur de la réaction où est une fonction de la température pour les schistes deTi-
mahdit et Tarfaya brutes à quatre vitesses de chau¤age allant de 5 à 40° C=min. Pour ces
deux schistes, la décomposition thermique commence à 200° C et atteint une vitesse maxi-
male d’environ 420° C pour le plus faible taux de chau¤age, de passer à des températures

91
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

plus élevées avec des taux de chau¤age élevé.

Figure 4.4 : Source : auteur

Pour avoir un échantillon de référence de kérogène isolé (standard), nous avons traité
à partir du même lot des schistes de Timahdit (broyé à une granulométrie inférieure à
2mm) par HCl=HF qui ont isolé presque la totalité du kérogène avec un taux en matière
organique de 96%. L’objectif de la lixiviation est de détruire la liaison existante entre
les carbonates, le kérogène et des argiles sans a¤ecter la matière organique. Ainsi, le rôle
de HCl est de dissoudre les carbonates, tandis que HF peut détruire l’argile et la silice
pour libérer le kérogène. Cette méthode d’isolement du kérogène est très coûteux, il a
seulement un intérêt analytique.

92
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

Techniques d’attaques acides

Après broyage des schistes bitumineux brutes à une granulométrie de particules d’en-
viron 2mm, le produit est placé dans un réacteur de ‡ottation. L’attaque se fait avec
la phase liquide (l’acide chlorhydrique, acide sulfurique ou l’acide phosphorique dilué 3
fois avec une agitation mécanique) qui est ajouté lentement pour éviter le moussage et
l’oxydation, et après la libération totale de dioxyde de carbone, la réaction de lixiviation
sélective dure 2 heures.

Après l’attaque totale des carbonates, le pH du mélange réactionnel doit être de 1; 5 à


2. Ensuite, la procédure de séparation des phases solide dépend de l’acide utilisé : Dans
le cas de l’utilisation de l’acide sulfurique on ajoute un moussant, tel que le méthyle
iso-butyl cétone (MIBC) on obtient ainsi le schisto-gypse (CaSO4 ) et une partie d’argile.
La partie non ‡ottée est essentiellement composée de schistes enrichis (SBES).

Dans le cas de l’utilisation de l’acide phosphorique, nous avons ajouté le réactif en


excès pour éviter la formation de solides Ca3 (P O4 )2 qui complique l’opération de sépa-
ration de phase dans la cellule de ‡ottation de schistes enrichis (SBEP) mélangé avec de
l’argile , la silice et Ca++ + H2 P O4 à un pH inférieur à 2.
La procédure de séparation de la phase aqueuse de la phase solide se fait par …ltration,
et ceux de l’argile et la silice est faite par la méthode de ‡ottation inverse. Ainsi, la partie
non ‡ottée est principalement composée de schistes bitumineux enrichi (SBEP) à 60%.

Dans le cas de l’utilisation de l’acide chlorhydrique, il y a une seule phase solide,


il su¢ t de le …ltrer et la laver pour isoler les schistes enrichis (SBECl). Ces méthodes
ont fait l’objet d’un brevets invention à l’O¢ ce Marocaine de Protection Industrielle
et Commerciale (OMPIC) déposé le 08/09/2009, sous le numéro 32207. En fonction de
l’acide utilisé, on obtient par les réactions de base des rejets liquides soit Ca++ + 2Cl
dans le cas de l’acide chlorhydrique suivant la réaction :

CaCO3 + 2HCl ! Ca++ + 2Cl + CO2 (4.1)

Un fort rejet de CaSO4 dans le cas de l’acide sulfurique :

CaCO3 + H2 SO4 ! CaSO4 + H2 O + CO2 (4.2)

Soit Ca3 (P O4 )2 solide après neutralisation à la chaux éteinte pour l’acide phospho-
rique :
Ca++ ; 2H2 P O4 + 2OH ! Ca3 (P O4 )2solide + 2H2 O (4.3)

93
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

Les photos 1, 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 sont successivement des échantillons isolés après


traitément et valorisation des schistes :

Figure 4.5 : Photos des di¤érents échantillons, Source auteur

1. SB Timahdit,
2. Kérogène SB Timahdit standard,
3. SBECl
4. SBES,
5. SBEP,
6. Résidu de CaCl2 obtenu après évaporation de l’eau et séchage
7. CaSO4 provenant de l’attaque par H2 SO4
8. Ca3 (P O4 )2 obtenues par des moyens d’attaque par H3 P O4

94
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

9. Les cendres de la combustion complète de schiste enrichi


10. La cellule de ‡ottation utilisé pour la séparation de phase
11. Le test de la combustion directe du kérogène obtenue.
abréviation
SB : schiste Brute
SBE : schiste enrichi
SBECl : schiste enrichie par HCl
SESF : schiste enrichi par H2 SO4
SBEP : schiste enrichi avec H3 P O4 .

Détermination du Pouvoir Calori…que

Utilisation des schistes bitumineux enrichis de pouvoir calori…que supérieur aug-


menté, implique tout d’abord une e¢ cacité technique mais aussi l’emploi des équipements
de pointes . Les dépenses énergétiques et de transport sont réduites, en outre, l’utilisa-
tion des schistes enrichis donne des résultats plus élevés de chaleur avec des quantités
réduites de cendres. Rappelons que la composante utile de ses schistes est le kérogène
(matière organique) et les principaux indicateurs de qualité sont la valeur calori…que (Q)
et le rendement en huile (T). La valeur calori…que et le rendement en huile des schistes
bitumineux sont proportionnelles à la teneur du kérogène. Si la valeur calori…que du
kérogène est "M J=kg, la formule de la valeur calori…que des schistes est donc [52] :

Q = K; M J=kg (4.4)

où K est la quantité du kérogène, et le rendement en matière organique est alors :

T = K = ( )Q% (4.5)

où est le coe¢ cient de proportionnalité entre T et K

Il ya deux sources de provenance du CO2 lors de la combustion des schistes bitu-


mineux : Le déchet des minéraux carbonatés et la combustion du kérogène. la valeur la
plus élevée du pouvoir calori…que des schistes dépend du faible taux des minéraux car-
bonatés, ce qui peut être amélioré en utilisant di¤érentes techniques de traitement dans
les mines. Le CO2 de la combustion du kérogène sera présenté comme CO2 carboneux,
mais le reduire n’est pas possible par l’exploitation minière.

95
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

La quantité de CO2 formée par des minéraux de carbonate de schistes bitumineux


dépend aussi de la teneur en matière organique dans le carburant et la teneur en cendres
dépend aussi de la qualité des schistes. Nos méthodes d’enrichissement des schistes, en
particulier celle de Timahdit nous a permis d’augmenter la teneur de matière organique,
mais aussi à tripler leur pouvoir calori…que allant de 1436kcal=kg à 4500kcal=kg selon
la nature de l’acide utilisé. Le tableau 4.6 présente les valeurs du pouvoir calorique par
di¤érents réactifs.

Tableau 4.6 : Pouvoirs calori…ques, Source auteur

Conclusion

Dans ce travail, nous avons développé de nouvelles méthodes pour augmenter la


teneur en matière organique des schistes bitumineux Marocains ; en particulier, nous
avons traité ceux de Timahdit qui ont été enrichis en utilisant des méthodes de traitement
hydrométallurgique et de minéralurgique. Entre autres, nous avons montré que la valeur
du pouvoir calori…que, étant l’élément principal de la combustion de combustibles fossiles,
a été aussi amélioré. Ce résultat est un moyen intéressant dans la combustion directe des
schistes bitumineux car elle in‡ue aussi positivement dans le processus de pyrolyse pour
l’extraction des huiles de schistes. L’enrichissement par hydrométallurgie nous a permis
d’augmenter la teneur en matière organique des schistes de Timahdit de 17; 7% à 60% et
la valeur calori…que de 1436 à plus 4500kcal=kg, ceci génère des sous-produits de grande
valeur qui ouvre une nouvelle perspective à développer la recherche aux applications
industrielles des schistes bitumineux, comme la préparation des phosphates purs.
Ce procédé à fait l’objet d’un article scienti…que et un Brevet national, (voir référence
à l’annexe I).

4.4.2 Production du ciment de Portland à partir des schistes


bitumineux
Les cendres de schistes bitumineux sont utilisées comme additifs dans la production
de ciment à l’échelle industrielle en Estonie, en Chine, Etats-Unis et en Allemagne. Les

96
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

schistes bitumineux peuvent être utilisées dans la fabrication du ciment. En plus de


l’utilisation de ce sous-produits après la combustion, il peut aussi réduire la température
requise pour les réactions de clinkérisation pendant la production de clinker de Portland.

D’après des analyses e¤ectuées par le LPEE sur les cendres des schistes Marocains,
nous avons constaté qu’elles peuvent être utlisées dans la fabrication de ciment de Port-
land. jusqu’à 30% avec 70% de clinker de Portland sans altérer ses principales propriétés.
La température correspondante nécessaire pour générer les liquidités nécessaires pour les
réactions de clinkérisation ainsi que les ingrédients essentiels pour le clinker est situé aux
environs de 850° C à 1000° C. Les températures de fonctionnement de ce taux de mélange
optimisé ont été trouvés à 1000° C.

Le clinker Portland résultant de ce rapport aura besoin d’autres tests en conformité


avec les normes internationales pour le ciment de Portland pour examiner les propriétés
comme la résistance, ou le réglage de temps de séjour.

Il n’est pas étonnant que les dépôts des schistes bitumineux au monde représentent
un magasin énorme d’énergie fossile. Il a été estimé que la matière organique dans les
roches sédimentaires contenant 1; 1 1016 metric tonnes de carbone organique de près de
1000 fois celle trouvée dans les charbons. Bien qu’une partie de ce carbone organique a
mûri pour produire du pétrole et du gaz, la plupart encore à l’état des schistes brutes.
Malheureusement, la plupart de cette formidable ressource n’est pas bien connue, les
gisements des schistes sont produits sur tous les continents dans les sédiments dont l’âge
varie du Cambrien au Tertiaire. Les estimations de la ressource totale de pétrole dans
les schiste de toutes les echelles ont atteint 1; 75 1015 barils. Seulement 1% de cette
ressource représente plus que le total de pétrole naturel que le monde est censé produire
soit (2 1012 barils.).

Les schistes bitumineux représentent un approvisionnement considérable de combus-


tibles liquides et solides. Bien que le potentiel pétrolier du schiste bitumineux au monde
est grand, la production commerciale de cette matière a été considérée comme non ren-
table lorsque le prix du pétrole était faible en comparaison avec le coût de production des
schistes. Sois disant que ce minerai est pauvre, et qui ne peut produire que des quantités
limitées de pétrole, qui a été historiquement faible dans les prix.

Au Maroc, 97% de l’énergie consommée est dépendante du pétrole importé. Ainsi, un

97
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

programme intensif a été entrepris pour la mobilisation des sources d’énergies autoch-
tones, en particulier les schistes bitumineux locals. Le Maroc est très riche en Crétacé
supérieur des dépôts de schistes bitumineux ; les principaux sites de schistes bitumineux
sont situés à Timahdit (Moyen Atlas) et Tarfaya (sud du Maroc).

Les gisements de schistes bitumineux au Maroc représentent environ 15% des res-
sources connues de schistes dans le monde [53]. Ces gisements de schistes sont considérés
comme intéressants en sources potentielles de carbone ou de molécules organiques qui
pourrait être exploité diversement à l’avenir [54, 55].
Bien que les cendres de schistes ont montré une certaine activité pouzzolanique, il
n’est pas aussi élevé que le ciment pouzzolanique commerciales à l’exception des schistes
Israélienne. Selon di¤érentes études des schistes israélienne [56, 57], il a été conclu que
la structure et les propriétés des cendres de schistes israélienne sont similaires à celle du
ciment Portland ordinaire.

Une étude thermodynamique complète pour comprendre les réactions et les phases
qui existent lors de l’utilisation des cendres de schistes dans la production de clinker
de Portland. Cette étude utilise l’équilibre thermodynamique théorique ainsi que des
véri…cations expérimentales.

Expérience et échantillons

Au Maroc, les dépôts de schistes bitumineux ont été identi…és dans 10 localités, dont
les plus importants sont la Haute Crétacé [58]. Les deux gisements qui ont été explorés
plus largement sont ceux de Timahdit et de Tarfaya. Le dépôt des schistes bitumineux
utilisés dans cette étude est celui de Tarfaya situé dans la partie sud-ouest du Maroc.

Ces schistes bitumineux ont en moyenne 22m d’épaisseur avec une teneur moyenne de
62l=t. Le total des ressources de schistes bitumineux est estimé à 86 milliards de tonnes
dans une zone de 2500km2 [53]. Ce dépôt est divisé en cinq zones lithologiques (P, Q, R,
S et T). La zone R est la plus riche en matière organique, d’une épaisseur variant entre
33 et 42m..Il est divisé en cinq sous-zones (R0 , R1 , R2 , R3 , et R4 ) [53].

Le kérogène de Type II couvre une gamme relativement large de maturité avec R0


= (0:320:04)% (ré‡ectance de la vitrinite). Vitrinite ré‡ectance (R0 ), cette valeur est
déterminée au microscope sur les dérivés du bois vitrinite macéraux. Les échantillons ont

98
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

été obtenus à partir de la région R caractérisée par sa haute teneur en matière organique
[53].

Sa composition chimique est donnée dans le tableau ci dessous. Les cendres de ces
schistes ont été préparés dans notre Laboratoire après un premier broyage à une dimen-
sion < 3; 3mm, suivi d’une calcination.

Le tableau 4.8 présente la méthode de préparation des échantillons. L’analyse de ces


cendres de schistes est présenté dans le tableau 4.9. Globalement, la di¤raction des rayons
X a également été déterminé comme on le voit sur la …gure 4.10. Les résultats DRX ont
montré une forte proportion de chaux libre (CaO).

Tableau 4.7 : Composition chimique,


Source auteur

Tableau 4.8 : Méthode de préparation des échantillons, Source auteur

Tableau 4.9 : Résultat de l’analyse des cendres, Source auteur

99
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

Figure 4.10 : Résultats DRX : X-ray


di¤ractograms of (a) oil shale, (b)
bitumen oil shale, (c) carbonate oil
shale, (d) silicate oil shale, and (e)
kerogen, Source auteur

Des échantillons de calcite naturelle et de la kaolinite ont été utilisées dans cette
étude. Le pourcentage de CaCO3 dans l’échantillon de calcite était d’environ 97%, avec
des impuretés des argiles et du quartz. Même degré de pureté de la kaolinite avec des im-
puretés principales de la calcite, et d’autres argiles. la …gure. 4.11 montre la distribution
granulométrique de la calcite et la kaolinite utilisée dans cette étude.

100
CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

Figure 4.11 : Distribution granulométrique, Source auteur

Ciment de Portland Arti…ciel

Un échantillon du ciment de portland (CPA) a été utilisée dans cette étude que nous
avons mélangé avec les cendres de schistes à di¤érentes températures. L’analyse chimique
de cet échantillon est présenté dans le Tableau 4.12.

Tableau 4.12 : Composantes de l’échantillon du ciment de portland


arti…ciel, Source auteur

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CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

Résultats Obtenus

La similitude entre les caractéristiques chimiques moyennes des cendre de schistes de


Tarfaya avec le clinker de Portland nous ont motivés à é¤ectuez cette étude expérimentale
sur l’utilisation des schistes bitumineux de Tarfaya dans la production du ciment. En
e¤et, dans le diagramme ternaire CaO, SiO2 , Al2 O3 , le point correspondant à la valeur
moyenne obtenue pour les cendres de schistes de Tarfaya sont au voisinage de celui du
clinker de Portland. Quant à ceux de Timahdit, ils contiennent moins d’oxyde de calcuim
et ils sont plus siliceux que ceux de Tarfaya [59].

Une première analyse menée au LPEE (laboratoire public d’essais et d’étude à Ca-
sablanca Maroc) a montré qu’un mélange de 30% des cendres de schistes de Tarfaya
et de clinker à 70% de CINOUCA (Lafarge l’Industrie du Ciment au Maroc), a eu une
activité pouzzolanique. Suite à ces résultats encourageants, nous avons mené des expé-
riences dans nos laboratoires (Hydrométallurgies et d’Environnement) sur la production
du ciment de portland à partir des cendres de schistes de Tarfaya à un coût moyen élévé.

Cette étude nous a permi de préparer les échantillons de cendres provenant de la


carrière d’expérimentation des puits T du dépôt de Tarfaya. Nous avons e¤ectué des
analyses chimiques et essais de résistance à la compression à des …ns de contrôle de
fabrication, les modules qui sont caractéristiques de la relation entre les niveaux de
F e2 O3 , CaO, SiO2 et Al2 O3 sont mesurés à di¤érents stades de la production du clinker.
Les dé…nitions de ces modules et les valeurs obtenues pour les échantillons de cendres et
de clinker sont donnés dans le tableau ci-dessous.

Les faibles concentrations de Al2 O3 et F e2 O3 déterminées pour les échantillons de


CS1 et CS2, des valeurs de module correspondant à ces échantillons au-dessus des limites
permises, cépendant les valeurs calculées pour l’échantillon CS1P sont acceptables. No-
tons également que ces modules sont directement calculés à partir de la composition des

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CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

cendres et seront bien sûr corrigés par l’ajout du clinker.

Tableau 4.13 : Source auteur

Le contrôle de la composition minéralogique du clinker est aussi un élément éssentiel


dans le processus de fabrication du ciment. Le clinker est principalement constitué des
phases suivantes :

Tableau 4.14 : composition minéralogique du clinker, source auteur

Les limites des variations de concentrations de ces composés ainsi que les valeurs du
clinker sont données dans le tableau 4.15 :

Tableau 4.15 : Variation des concentrations, source auteur

Test de compression

Les tests de résistance à la compression comprend les étapes suivantes [60] :


~ Préparation de mortier : mélange de sable, d’eau et de liant.
~ Moulage d’éprouvettes et de transition vers l’appareil de choc.

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CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

~ Les spécimens-cure dans l’eau.


~ Démoulage des échantillons après 2, 7 et 28 jours.
~ Mesure de la résistance à la compression.
Ces tests ont été e¤ectués sur des échantillons contenant 10%, 20% et 30% des cendres
de schistes et de 100%, 90%, 80%, 70% du ciment (APC). Le tableau 4.16 donne les
résistances en compression mesurée par jours 2, 7 et 28 pour les di¤érents échantillons.

Tableau 4.16 : Source auteur

Le tableau suivant présente les limites standards des ciments CPJ 35 et CPJ 45 :

Tableau 4.17 : Source auteur

Ces résultats, comparés à ceux du tableau 8, qui donne les limites de la norme sur le
ciment CPJ 35 et CPJ.45, nous amènent à formuler les remarques suivantes :
~ Jusqu ’à 20% de l’ajout de cendres aux ciments, la résistance des échantillons CS1
et CS2 + ciment + restent acceptables par les limites …xées pour la norme correspondante
du CPJ.35.
~ Pour l’échantillon CS3 + ciment des schistes ont été traités à 1000° C, et avec le
même taux de cendres, les valeurs obtenues sont conformes aux limites établies pour le
ciment CPJ.45.

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CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

~ A un taux de 30% de d’ajout de cendres, la résistance à la compression obtenus


pour les échantillons CS3 + ciment est resté au-dessus des limites …xées par le ciment
CPJ 35. Ceci est illustré sur la …gure 4.18 où les résistances sont tracées en fonction du
temps (jours).

Figure 4.18 : Source auteur

Conclusion

Dans ce travail, les échantillons des schistes bitumineux ont été traités à des tempé-
ratures inférieurs à celles utilisées dans les fours à ciment, la résistance à la compression
mesurée sur des échantillons constitués de 30% des schistes et de 70% de ciment restent
acceptable dans la norme correspondante du ciment CPJ 35. Ces résultats sont encoura-
geants et indiquent que l’utilisation des schistes de Tarfaya dans la production de ciment
est faisable. Les caractéristiques chimiques du clinker et des cendres de schistes bitumi-
neux de Tarfaya étant similaires, on pourrait penser qu’il serait possible de produire du
clinker d’une grande proportion des schistes à l’état brut. Cette option représente un gain
très signi…catif en matière d’énergie. Ainsi, ces éléments suggèrent d’examiner attentive-
ment cette option d’autant plus que cette application est utilisée à l’échelle industrielle

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CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

en Estonie, Chine, Allemagne et aux Etats-Unis.


Ce travail a fait l’objet d’un article scienti…que (voir référence à l’annexe II)

4.4.3 Etude comparative entre les industries utilisant les cendres


de schistes et celles utilisant le clinker standard
Comme l’utilisation des cendres de charbon provenant des centrales électriques comme
un ajout au ciment, les cendres des schistes sont utilisées pour la production de ciment
à l’échelle industrielle en Estonie, en Chine, aux Etats-Unis et en Allemagne.
Les schistes bitumineux peuvent être utilisés dans la fabrication du ciment après com-
bustion, il peut aussi réduire la température requise pour les réactions de clinkérisation
au cours de la production de clinker de Portland.
Dans cette partie nous avons e¤ectué une étude comparative entre les industries
utlisant les cendres des schistes comme ajout au clinker dans la production du ciment et
les industries standard de production de ciment de Portand.
Ces travaux ont également fait l’objet d’une publication scienti…que (voir référence à
l’annexe II).

CONCLUSION GENERALE

Le premier but de ce travail a été de faire une étude approfondie sur les schistes
bitumineux en particulier sur ceux du Royaume du Maroc, en mettant en évidence les
réserves estimées, leurs compositions et caractéristiques Physico-chimiques suivant les
principaux dépôts d’une part, et d’autre part, énumérer les di¤érentes possibilités de
leurs utilisations dans divers domaines.

Mais avant, nous avons tenu à e¤ectuer une étude détaillée sur la position du monde en
considérant le développement énergétique, illustré par une étude comparative de certaines
ressources énergétiques ; et ceci en se basant sur des données statistiques récentes et des
prévisions établies par des groupes de spécialistes et experts du domaine avec des moyens
et techniques très e¢ caces.

Du fait de la dimension de l’enjeu économique, on assiste alors dans les années


1974 1980 à un e¤ort de recherche colossal, auquel participent les grandes compagnies
pétrolières, les agences gouvernementales comme le DOE américain ou la DGRST fran-

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CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

çaise, ainsi que de nombreux groupes universitaires attirés par des crédits de recherche
alloués à l’étude des phénomènes fondamentaux.

La demande mondiale d’énergie primaire demeure en forte croissance et elle a peu


de chances de diminuer, à moyen terme, compte tenu du développement souhaitable et
nécessaire des pays les moins riches. Les deux demandes les plus sensibles concernent
l’électricité dans les mégapoles et les carburants pour les transports. Actuellement, les
combustibles fossiles (Pétrole, gaz naturel, charbon. . . ) fournissent 90% de l’énergie pri-
maire, tandis que les hydrocarbures (pétrole et gaz) sont considérés comme les énergies
de bouclage, permettant de répondre à tout niveau de demande. Or, le lien entre la
consommation d’énergies fossiles depuis un siècle et demi et le changement climatique
est maintenant tenu pour hautement probable. De plus, les réserves de pétrole et de gaz
sont importantes, mais limitées. La moitié des réserves prouvées de pétrole et le tiers
de celles de gaz seront déjà consommés en 2020. Les réserves de gaz permettront juste
d’atteindre 2050, celles de pétrole seront insu¢ santes. Seul, le charbon, qui est le plus
fort émetteur à la fois de CO2 et de polluants, o¤re des réserves pour plusieurs siècles. Un
e¤ort considérable de recherche scienti…que et technologique, dans ces domaines discutés
ici, associé à des économies d’énergie sévères, permettrait d’atteindre la …n du siècle,
mais sans résoudre pour autant le problème climatique.

La fourniture d’électricité est essentiellement assurée à partir de charbon et de gaz,


en particulier dans les mégapoles de quelques millions à quelques dizaines de millions
d’habitants, sauf pour quelques pays où l’énergie nucléaire constitue un apport important.
Les énergies renouvelables (en dehors de l’hydraulique) ne semblent pas être capables de
répondre, dans un avenir proche, à une telle demande, en raison de son ampleur et de sa
concentration.
Les gisements d’hydrocarbures en mer profonde ayant, de facto, rejoint le cas des gise-
ments classiques, il reste sous cette appellation trois ressources de natures très di¤érents
et dont la probabilité d’exploitation est également très di¤érentes :
~ les sables (ou calcaires) asphaltiques ou bitumineux contenant des huiles ultra-
lourdes, solides ou hautement visqueuses dans les conditions normales de température ;
~ les hydrates naturels de méthane ;
~ les "schistes bitumineux".

Les sables et calcaires "asphaltiques" ou "bitumineux" sont des réservoirs pétroliers


contenant un pétrole de densité voisine de 1 et de très haute viscosité. Lorsqu’ils sont

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CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

situés en surface ou à son voisinage immédiat, comme en Athabasca (Alberta, Canada,


ils constituent une roche solide, dont les grains, de sable par exemple, sont cimentés
par du bitume. Les recherches géochimiques ont montré que nous sommes en présence
d’un gisement d’hydrocarbures, générés normalement à partir de la matière organique
des roches mères et venus s’accumuler dans un réservoir sableux, qui était alors en pro-
fondeur. L’évolution structurale du bassin et l’érosion de plusieurs centaines de mètres
de sédiments ont ensuite ramené ces roches en surface ou à son voisinage, ce qui a permis
l’entrée des eaux douces super…cielles, l’évaporation ou le lessivage des composés les plus
légers et la dégradation du mélange restant par des bactéries pour ne laisser subsister que
les composés les plus lourds, particulièrement les asphaltènes, sorte de macromolécule de
poids moléculaire 5000 à 10000, comportant du soufre, de l’azote, de l’oxygène, et même
des métaux (vanadium, nickel).

Les ressources en place inventoriées au Canada (Athabasca) et au Vénézuela (Oré-


noque) sont d’environ 350 Gt pour le premier et 200 Gt pour le second, soit une ressource
potentielle de 550 Gt. Dans d’autres pays, la présence de ce type de dépôt a été rapportée,
mais il est peu probable qu’ils atteignent des quantités comparables. Le problème central
est de savoir quelle fraction de ces ressources, bien supérieures aux réserves de pétrole
prouvées ou restant à découvrir pourra être réellement mobilisée. L’obstacle principal est
la très haute viscosité du bitume, dont on sait depuis longtemps qu’elle décroît fortement
avec l’élévation de la température. Dans l’état actuel de la science et de la technique, on
exploite surtout les parties profondes (1000m), où une température supérieure de 25 à
30° C à celle de la surface diminue la viscosité et permet une exploitation par puits, et les
parties a- eurantes, où l’extraction de la roche en carrière et son traitement à la vapeur
dans des installations de surface diminuent la viscosité et permettent ainsi de séparer
le bitume. L’injection de vapeur d’eau par des forages permet également de diminuer la
viscosité, à condition d’opérer, soit par injection et pompage alternés utilisant les mêmes
puits, soit en établissant une circulation de vapeur entre des puits d’injection et des puits
de production, ce qui n’est pas toujours aisé.

Cette situation ne permet d’accéder qu’à une fraction mineure des ressources glo-
bales (environ 40 Gt pour chacun des deux sites, soit au total 80 Gt) et laisse un large
champ d’action à la recherche scienti…que (structure physique des agrégats d’asphaltènes
responsables de la viscosité élevée, action possible de tensioactifs spéci…ques) et technolo-
gique (traitement in situ par injection de vapeur ou de solvants). Un accroissement de la

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CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

fraction récupérée est ainsi jugé possible, mais à un coût élevé. Les hydrates de méthane
naturels ont été observés, surtout dans les sédiments situés au bas de la pente continen-
tale, sous une grande profondeur d’eau : Dans ces conditions, les températures basses
(quelques degrés Celsius) et la pression élevée autorisent l’existence de ces hydrates. Ils
ont été physiquement carottés en plusieurs sites du programme international de forage
en mer profonde. Ils ont également été observés sous les sols gelés en permanence. Sur ces
bases, certains auteurs postulent la généralité de cette situation et avancent des valeurs
considérables de ressources potentielles. En fait, il ne semble pas que nous disposions
de données d’inventaire …able, et l’écart entre évaluations pourrait atteindre plusieurs
ordres de grandeur. Il paraît donc di¢ cile de prendre en compte cette éventuelle ressource,
d’autant plus que nous ne savons rien du taux de récupération qui pourra correspondre
aux conditions d’exploitation encore indéterminées, ou des conséquences éventuelles sur
l’environnement, en particulier les sols gelés.

Les schistes bitumineux ont également un avenir plus ou moins incertain, mais sont,
en revanche, assez bien connus. Ils ont été exploités au XIX eme et au XX eme siècle jus-
qu’après la seconde guerre mondiale, pour se procurer des carburants, ou encore comme
combustibles dans les centrales électriques. Ils ont également fait l’objet d’un renouveau
d’intérêt pendant la période 1974 1980, qui a suivi le premier "choc pétrolier". En
fait, la similitude des termes "sables bitumineux" et "schistes bitumineux" cache une
profonde di¤érence de nature. Dans le premier cas, il s’agit d’un pétrole formé par le
processus classique à partir de la matière organique des sédiments et qui a migré vers
un réservoir où il a fait l’objet d’une dégradation de ses propriétés. Dans le second cas,
les "schistes bitumineux" sont, en fait, une roche mère argileuse ou marneuse, contenant
une forte teneur en matière organique, ou kérogène, mais où la nature n’a pas e¤ectué la
conversion en pétrole, via l’enfouissement des roches et l’élévation de température. C’est
donc l’homme qui doit réaliser cette transformation.

Dans ce travail, nous nous sommes intéressés à l’enrichissement des schistes bitu-
mineux Marocains en vue de leur utilisation comme combustibles dans les centrales
thermiques pour la production d’énergie électrique, mais aussi dans les industries de
cimenteries comme combustible pour diminuer le coût énergétique, mais également l’uti-
lisation du sous-produit le cendre des schistes issu de la combustion directe qui rentre
dans la fabrication du ciment de Portland. Ainsi les attaques par l’acide sulfurique et
l’acide phosphorique conduisent à l’obtention des rejets solides du sulfate de calium et

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CHAPITRE 4. NOUVEAUX PROCÉDÉS INTÉGRAUX DE
VALORISATION DES SCHISTES BITUMINEUX MAROCAINS.

de phosphate de calcium par contre l’attaque par l’acide chlorhydrique conduit à une so-
lution de chlorure de calcium di¢ cile à évaporer pour isoler le solide très hygroscopique.
Donc L’acide phosphorique est un produit national à valoriser pour traiter les schistes
bitumineux avec un coût accèptable.
Compte tenu de l’importance des réserves marocaines, chaque gisement pourrait don-
ner naissance, après caractérisation et dé…nition des propriétés physico-chimique, à un
ou plusieurs projets de valorisation.

Dans le contexte des énergies, un état de l’art énergétique dans le monde et au Ma-
roc a été présenté dans le premier chapitre. Notre étude s’est focalisée sur la conjoncture
énergétique dans le monde et au Maroc, secteur dans lequel nous avons parlé d’une ma-
nière détaillée de l’induction d’énergie primaire jusqu’au progrès du marché énergétique
et les perspectives.
Pour compléter nos investigations, nous avons parlé de l’environnement énergétique et
minier au Maroc dans le second chapitre, et dans un souci d’acquisition des connaissances
approfondies dans le domaine de valorisation des schistes, le chapitre trois a été consacré
à l’étude des di¤érentes méthodes d’analyses En…n dans le chapitre quatre, sont exposés
nos travaux de contribution sur la valorisation et le traitement des schistes bitumineux
Marocains.

110
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