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Réaliser une partie du commentaire oral (uniquement l'axe II et la conclusion) du poème sur

lequel vous n'aviez pas dernièrement travaillé, à l'écrit : votre oral portera donc sur "Barbara" de
Prévert ou sur "Le pain" de Ponge si vous n'aviez pas choisi l'un de ces poèmes à l'écrit.
Vous veillerez à bien respecter le temps imparti (5 minutes maximum) et à bien respecter les
attentes en matière de méthode.

Contrairement au premier, le deuxième mouvement présente une description plutôt négative


du pain. Continuant la tentative de démontrer que dans ce poème Ponge nous invite à changer
notre vision superficielle des objets du quotidien, je vais extraire premièrement les éléments de
description péjorative de l'intérieur du pain. Deuxièmement, je vais renforcer l'idée que Ponge
utilise le pain comme une représentation de la terre. Finalement, je présenterai les outils que
l’auteur utilise pour y parvenir une clôture de la réflexion et nous inviter à reconsidérer le pain
comme un simple objet de consommation.
À la ligne 8, deux adjectifs péjoratifs sont succédés: “lâche et froid”. Le mot "Lâché" a un
double sens et ça pourrait être interprété comme quelque chose de non compact, ou bien
comme une personnification du pain, pour parler d’un intérieur pas courageux. De plus, nous
observons qu'à la ligne 7, le premier mouvement se ferme avec une rupture de la description
positive, et la description péjorative est introduite “sans un regard pour”. À travers la
description et l'analyse, Ponge parvient à utiliser un objet aussi simple que le pain comme
représentation de plusieurs thèmes. Grâce à la description très négative de l'intérieur du pain,
on peut interpréter que l'un des thèmes que l'auteur représente est la posture matérialiste des
gens et le refus d’une réflexion métaphysique. C’est pourquoi le poème valorise strictement la
surface du pain dans le premier mouvement et dénigre la profondeur, présentant de manière
péjorative l'intérieur du pain dans le deuxième mouvement.
Dans l’axe I, on a analysé comment Ponge représente la croûte terrestre à travers la croûte
du pain. Mais l’auteur propose encore plus d'éléments pour compléter l’idée d’une terre en
miniature. À la ligne 8 “sous-sol” est une métaphore pour comparer l'intérieur du pain avec le
sous-sol. D’autre part, la mie du pain est comparée à la végétation à la ligne 9, “feuilles ou
fleurs”. Je pense que l'intérêt d'associer un objet du quotidien au monde est de faire
comprendre aux lecteurs que, même si les choses peuvent paraître simples, on a la capacité de
trouver un monde entier en elles.
La clôture du poème à la ligne 12 et 13 semble une interruption à la réflection avec le jeu de
mots “Mais brisons-là" se référant à, arrêtons là, comme si Ponge voulait mettre fin à cette
rêverie et termine le poème revenant à la vision limitée du pain comme un objet banal, qui est
simplement un objet de “consommation” pour nous nourrir. En fait, la phrase à la ligne 13: "le
pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation” le précise, car
avoir du pain dans la bouche peut signifier à la fois le manger et parler du pain, soulignant ainsi
l'idée que l'on recommence à le consommer au quotidien sans lui consacrer beaucoup de
réflexion.

Au cours de cette analyse, il a été possible de voir que Francis Ponge donne au pain, un
objet banal, un regard nouveau. L’auteur nous montre que cet objet banal renferme des
richesses que nous ignorons et que la langue poétique inspire. Il invite le lecteur à partager
cette réflexion imaginative. Ainsi, ce poème emploie d’abord une description de la surface de
pain qui est positive, comparant la croûte du pain avec la croûte terrestre et avec l’analyse de la
dimension chrétienne du pain. Mais ce poème emploie aussi un passage où la description de
l'intérieur du pain est négative, ce qui nous permet d'interpréter que le pain peut représenter
une dénonciation à la valorisation du matériel. D'autre part, d'autres éléments terrestres sont
présents, permettant compléter un monde en miniature. Et finalement, la clôture de l'œuvre
indique clairement que lorsque le poème se termine, il cesse de réaliser la fonction de changer
notre vision simple pour une vision complexe, et Ponge nous invite à revenir à notre
connaissance superficielle du pain. Il est possible de comparer cet extrait avec l'installation du
“Rubber Duck” en Quinta Normal le 2017 dans la capitale chilienne. Pour la cinquième édition
du festival Hecho en Casa Entel, un gigantesque canard en caoutchouc a été exposé sur le lac.
C'est l'œuvre du Néerlandais Florentijn Hofman. La raison pour laquelle je décide de comparer
ces deux œuvres est que les deux artistes, Hofman et Ponge, prennent un objet totalement
simple et quotidien, et le présentent d'une manière graphique totalement différente. Ils nous
invitent à voir cet objet d'une manière très imaginative, avec une vision amusante, presque
enfantine. En effet, on peut même faire le lien entre les œuvres qui à la fois choisissent des
objets plutôt petits et les magnifient en grands concepts, Ponge transforme le pain en la
planète terre et Hofman agrandit le canard en caoutchouc nous invitant à imaginer le lac
comme une grande baignoire, peut-être destinée pour un géant!