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Electrotechnique. Chapitre 2 : Réseaux triphasés.

RESEAUX TRIPHASES.

1. GENERALITES : Grandeurs polyphasées.


a. Définition.
Un système est dit polyphasé s’il est formé d’un ensemble de grandeurs électriques de
même nature et de même fréquence.
Par exemple, soit une machine qui comporte q enroulements ouverts, identiques et
répartis le long de son circuit magnétique d’une manière régulière, tels que leur axes soient
2
espacés les uns des autres d’un angle constant et égal à   . Supposons maintenant, un
q
système inducteur (aimant permanent par exemple), animé d’un mouvement de rotation
uniforme, de vitesse angulaire ω. La figure qui suit illustre cette configuration.

Phase
1
Neutre

t

S Phase
1Neutre

Phase
1
Neutre

La variation de flux dans ces q enroulements y engendre q forces électromotrices (fem),


périodiques et sinusoïdales de pulsation ω. Ainsi, si l’origine des temps est choisi tel que :
d1
1  M cos(t ) et sachant que e1   il vient e1  M  sin(t )  EM sin(t ) .
dt

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Il faut noter qu’à l’origine des temps, t=0, lorsque l’axe Nord-Sud de l’inducteur et celui
de l’enroulement, numéro 1, sont confondus, la force électromotrice aux bornes de cette
enroulement est nulle et le flux magnétique qui le traverse est maximal. Après un angle de
2
rotation égal à   ces deux axes deviennent perpendiculaires et par la suite la force
q
électromotrice entre les bornes de l’enroulement numéro 2 atteint sa valeur maximale. Le
2  T
temps qu’il faut pour tourner de   est    . La fem e2 a comme expression :
q  q
T 2
e2 (t )  EM sin( (t  ))  EM sin(t  ) . De la même façon on démontre que la fem aux
q q
bornes de l’enroulement numéro q s’écrit comme suit :
2
eq (t )  EM sin(t  (q  1) ).
q

b. Représentation.
On peut représenter ces q grandeurs par q vecteurs qui ont le même module et déphasés les
2
uns des autres d’un angle   . La figure qui suit décrit la situation où q=6 : six phases. En
q
trait plein on représente la position de tous les vecteurs tout en leur donnant une origine
commune. En trait pointillé, on arrive à former avec ces vecteurs un polygone fermé et
régulier dont les côtés sont aux nombres de q (ici q=6).
E4

E6
E3 E5
E5

E1
2
E4 
q
E6
E2 E3 E2

E1

c. Conséquence.

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 La somme de ces vecteurs est nulle, soit E1  E2  .....  Eq  0 .

 La somme temporelle de ces fem est aussi nulle, e1 (t )  e2 (t )  .....  eq (t )  0

 La somme des grandeurs complexes associées à ces vecteurs est nulle,


E1  E3  .....  Eq  0 .

Conclusion :
Le système q-phasé est dit dans ce cas de figure système équilibré.

d. Différents systèmes.
 Le système triphasé : q=3. C’est le plus utilisé.
 Le système hexaphasé : q=6.
 Le système dodécaphasé : q=12.
Les deux derniers montages servent plus spécialement pour alimenter des montages
redresseurs.

e. Système direct, système inverse.


2
Jusqu’ici on considéré la phase numéro (n+1) est en retard de   sur la phase numéro n.
q
D’une manière générale, après avoir numéroter les différentes phases, le système est direct si
en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, on rencontre les phases dans l’ordre
numérique. Sinon il s’agit d’un système inverse. Par exemple la figure précédente (q=6) traite
le cas d’un système direct ; il s’agit d’un système q-phasé équilibré et direct. En revanche la
figure qui suit traite le cas d’un système inverse (toujours q=6); il s’agit d’un système q-phasé
équilibré et inverse.

E3 E2

2
E4  E1
q

E5
E6

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f. Ordre d’un système.


2
Par définition, on appelle intervalle angulaire, l’angle   entre deux phases qui se
q
suivent. Dans un système polyphasé les différentes phases peuvent ne pas se succéder dans
l’ordre numérique. Ainsi, si de la phase n à la phase n+1 on parcourt un intervalle angulaire,
le système est d’ordre un. Si, de la phase n à la phase n+1 on parcourt deux intervalles
angulaires, le système est d’ordre deux.

g. Grandeurs de phase et grandeurs de ligne.


Dans ce qui suit, on considère une distribution q-phasée équilibrée et direct qui alimente une
charge q-phasée également. Le schéma suivant représente le montage.

1 i1(t) 1

2 u12(t) i2(t) 2
v1(t)
u2q(t) Charge q-phasée
v2(t)
q iq(t) q quelconque.

e1(t) eq(t)
vq(t)

On adopte pour tout ce qui suit les appellations suivantes :


Pour les tensions électriques :
 On appelle une tension simple ou de phase notée V, la tension prise entre la borne de
sortie d’un générateur et le point en commun s’il existe. Par exemple v1(t), v2(t), …..
 On appelle tension composée ou entre phases, représentée par la lettre U, la tension
électrique prise entre deux fils d’alimentation de la charge, à l’exception du fil neutre. Par
exemple u12(t), u23(t), …..
Pour les courants électriques :
 On appelle un courant de ligne, noté I, le courant circulant dans chaque fils
d’alimentation de la charge.
 On appelle courant de phase ou courant de branche, représentée par la lettre J, le
courant qui circule dans chaque générateur de phase.

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h. Opérateur de rotation.
Soit a un nombre complexe racine qième de l’unité. Son expression mathématique est
2
j
q 1
donc : a  e . On vérifie facilement que 1  a  a  ....  a  0 avec a  1 . Il faut
q 2 q

noter que la multiplication d’un nombre complexe par ce coefficient ne modifie pas son
module seulement le vecteur qui lui est associe subi une rotation en arrière d’un angle égal à
2
 . Il vient par la suite, pour un système q-phasé, équilibré et direct, les relations
q
suivantes :
e1 (t )   E 1  Eeff
2
j
e2 (t )   E 2  Veff e 3
 a E1
4
j
e3 (t )   E 3  Veff e  a E1
3 2



2 ( q 1)
j q 1
eq (t )   E q  Veff e 3
a E1

On vérifie facilement que : E1  E2  .....  Eq  E1 1  a  a  ....  a  2 q 1


 0

2. SYSTEME TRIPHASE.
a. EQUILIBRE ET DIRECT.
Un système triphasé (q=3) est un système formé de trois grandeurs électriques de même
nature, de même amplitude, de même pulsation et déphasées les unes par rapport des autres
2
d’un angle égal à   . Le sens anti trigonométrique est considéré comme positif. Par
3
exemple soit la distribution de quatre fils qui suit :

A A’
B B’
Source Charge
triphasée. C C’ triphasée.

N N’
4

Il contient trois phases repérés par (1, 2, 3) ou (A, B, C) ou (R, S, T) ou (U, V, W) et


éventuellement un fil neutre. Le fil neutre est utilisé pour le retour du courant. Les phases sont

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toujours de couleurs bleu, rouge et marron. Quant au neutre, il est de couleur noir. Parfois on
trouve même un cinquième fil qui de couleur jaune et vert et qui directement li é à la terre.
Dans tout ce qui suit, les expressions des grandeurs électriques sont données par rapport à
une référence qui est la tension simple mesurée entre de la phase 1 et le neutre. Les différentes
formes des expressions des trois tensions électriques simples sont les suivantes :
 Expressions temporelles.

v A (t )  V 2 cos t 
 2 
v B (t )  V 2 cos t  
 3 
 4 
vC (t )  V 2 cos t  
 3 
On vérifie toujours que :
  2   4 
 v (t )  V
k 2 cost   cos t    cos t    0
  3   3 
La figure qui suit illustre l’évolution dans le temps de ces trois tensions électriques.

vA (t) vB(t) vC(t)

La séquence des phases est la suivante : A B C.


 Expression complexe.
A chaque grandeur électrique on associe un nombre complexe dont le module est souvent la
valeur efficace de la grandeur et l’argument est sa phase.
v A (t )   V A  Veff
2
j
vB (t )   V B  Veff e 3
 aV A
4
j
vC (t )   V C  Veff e a VA a VA
3 2 *


On vérifie aussi que : V A  V B  V C  VA 1  a  a  0
2

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 Expression vectorielle.
A chaque grandeur électrique on associe un vecteur de module égal à la valeur efficace de
cette grandeur.

v A (t ) V A , vB (t ) V B et vC (t ) V C


Le diagramme suivant représente ces vecteurs dans le plan complexe.

VC

2
3
VA
2
3

VB
Encore une fois on enregistre que la somme vectorielle des trois tensions est nulle.

b. EQUILIBRE ET INVERSE.
La différence avec le direct est le sens de rotation : Il correspond au sens trigonométrique.
Les différentes formes des expressions des trois tensions électriques simples sont les
suivantes :
 Expressions temporelles.

v A (t )  V 2 cos t 
 2 
v B (t )  V 2 cos t  
 3 
 4 
vC (t )  V 2 cos t  
 3 
On vérifie toujours que : v A (t )  vB (t )  vC (t )  0
 Expression complexe.
Les expressions complexes des trois grandeurs sont :
v A (t ) V A  Veff
2
j
v B (t ) V B  Veff e 3
 aV A
4
j
vC (t ) V C  Veff e a VA a VA
3 2 *

Le diagramme suivant représente ces vecteurs dans le plan complexe.

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VB

2
3
VA
2
3

VC

c. Système homopolaire.
Il est constitué de trois grandeurs sinusoïdales identiques, de même amplitude, de
même pulsation et de même déphasage.
Dans le domaine temporel, ces grandeurs sont données par :
v A (t )  V 2 cos t 
v B (t )  V 2 cos t 
vC (t )  V 2 cos t 
Dans le plan complexe, ces grandeurs sont décrites par :
v A (t ) V A  Veff , vB (t ) V B  Veff et vC (t ) V C  Veff

d. Couplage de la charge.
La charge et la source peuvent être couplées de deux façons différentes :
i. Couplage en étoile « Y ».
La source triphasée est supposée équilibrée et directe. LA charge triphasée est formée
de trois charges monophasées et identiques. Ces trois colonnes sont couplées de façons à leur
donner un point en commun, voir la figure décrite ci dessous. Avant de mettre en place le fil
neutre, on va comparer le potentiel, VO, au point O à celui du point N, VN. En appliquant le

 V Y  id i
théorème de Millman entre les points O et N on obtient : V ON  i
0, avec Yi
Y i
i

l’admittance de la charge. De ce fait les points O et N sont équipotentiels, VO=VN et par la


suite le courant dans le fil neutre sera nul : le neutre peut être supprimé. Ainsi, chaque
colonne est alimentée par une tension simple.

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Source triphasée. Charge triphasée.


1 i1(t) 1 Z=Zejφ

u12(t) v1(t)
2 i2(t) 2 Z
O
j1(t) u23(t) v2(t)
j2(t) v1(t)
v2(t) i3(t) 3 Z
3
j3(t)
v3(t)
v1d(t) v2d(t) v3d(t) v3(t)
N

1. Courants de phases.
Ils sont donnés par :

cos t   
V 2
j1 (t ) 
Z
V 2  2 
j2 (t )  cos t     . On constate que les courants de phases forment un système
Z  3 
V 2  2 
j3 (t )  cos t   
Z  3 
triphasé équilibré et direct : J 1  J 2  J 3  0
2. Relation entre les grandeurs électriques.
On constate que les courants de lignes, Ik, sont égaux aux courants de phases, Jk : ils forment
aussi un système triphasé équilibré et direct. Pour les tensions composées on écrit :
U 1  U 23  V 2  V 3 , U 2  U 31  V 3  V 1 et U 3  U 12  V 1  V 2 .
On exprime dans ce qui suit la tension composée U k en fonction de la tension simple V k ,
soient :
U 1  U 23  (a  a 2 )V 1  j 3V 1 , U 2  (a  a 2 )V 2  j 3V 2 et U 3  (a  a 2 )V 3  j 3V 3 .

On conclut donc que la tension composée U k est en avance de 90° sur la tension simple V k

et que son module est 3 fois plus grand que celui de V k . De ce fait les tensions électriques
composées forment un système triphasé équilibré et direct. La figure décrite ci-dessus
regroupe les différentes grandeurs électriques du montage étoile dans le plan complexe.

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U1

V3

I1
φ
I3 φ
V1

U2 φ
U3
I2
V2

3. Circuit monophasé équivalent.


On cherche, pour faciliter l’étude plus loin, un circuit monophasé équivalent.

1 i1(t) 1’

Z’
v1(t)

N’ O

Quelle est la charge à utiliser pour avoir la même intensité du courant électrique sous une
V
tension prise entre une phase et le neutre. Puisse que I1  alors Z’=Z.
Z'
ii. Couplage en triangle « Δ ».
La source triphasée (couplée en triangle ou étoile sans fil neutre) est supposée
équilibrée et directe. Les trois colonnes monophasées constituant la charge triphasée, sont
couplées de façons à former un triangle, voir la figure décrite ci dessous. Ainsi, chaque
colonne est alimentée par une tension électrique composée.

Source triphasée : Charge triphasée.


1 i1(t) 1 j2(t)
Z=Zejφ
u12(t)

Couplée soit en Δ u13(t)


2 i2(t) 2 j1(t)
ou en Y sans
neutre. Z
u23(t)

3 i3(t) 3 j2(t)
Z

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1. Courants de phases.
Ils sont donnés par rapport à V1 par la relation qui suit:
 2  2 
U1 3V j ( 2  ) U 3V j (  3  2  ) U 3V j (   )
J1   e ,, J2  2  e et J 3  3  e 3 2
.
Z Z Z Z Z Z
Ces courants forment un système triphasé équilibré et direct : J 1  J 2  J 3  0
2. Relation entre les grandeurs électriques.
Pour les courants de lignes on a les relation suivantes :
I 1  J 2  J 3 , I 2  J 3  J 1 et I 3  J 1  J 2 .
On exprime dans ce qui suit le courant de ligne I k en fonction de la tension simple V k ,
soient :

3V j ( 2  )
I 1  (a  a 2 ) e  , U 2  (a  a 2 )V 2  j 3V 2 et U 3  (a  a 2 )V 3  j 3V 3 .
Z
On conclut donc que le courant de ligne I k est en avance de 90° sur le courant de phase J k

et que son module est 3 fois plus grand que celui de J k . De ce fait les courants de ligne
forment un système triphasé équilibré et direct. La figure décrite ci-dessus regroupe les
différentes grandeurs électriques du montage étoile dans le plan complexe.

U1

J1
φ
I3 J3
φ
φ
U2 U3
J2

3. Circuit monophasé équivalent.


On cherche, pour faciliter l’étude plus loin, un circuit monophasé équivalent.

1 i1(t) 1’

Z’
v1(t)

N’ O

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Quelle est la charge à utiliser pour avoir la même intensité du courant électrique sous une

U 3V I
tension prise entre une phase et le neutre. Puisse que J1    il vient que
Z' Z' 3
U Z
Z'  .
3I 3
e. Transformation de Kennelly.

Charge triphasée couplée en Δ. Charge triphasée couplée en Y.


iA(t) A iA(t) A

ZAB ZA

iB(t) B iB(t) B

ZBC ZB

iC(t) C iC(t) C
ZCA ZC

Z AZB  ZC Z A  ZC ZB Z AB Z BC
Z AB  ZA 
ZC Z CB  Z AC  Z AB

Z AZB  ZC Z A  ZC ZB Z BC Z AC
Z AC  ZB 
ZB Z CB  Z AC  Z AB

Z AZB  ZC Z A  ZC ZB Z AC Z AB
Z CB  ZC 
ZA Z CB  Z AC  Z AB

f. Les pertes Joule.


Quelque soit le couplage utilisé, l’expression des pertes Joule est donnée par la même
expression : Pj  3R ph I 2 , avec Rph la résistance entre phases, vue de deux bornes de la charge
et I est l’intensité de courant de ligne.

3. SYSTEME TRIPHASE DESEQUILIBRE.


 Rappels :

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Les tensions électriques d’une distribution triphasée équilibrée s’écrivent comme suit :
v1 (t )  V 2 sin t  
  2
v2 (t )  V 2 sin t   2  avec  2  3  .
  3
v3 (t )  V 2 cos t   3 

Un tel système peut être direct ou inverse.

V3 V2

2 2
3 ω=2πf ω=2πf
3
V1 V1
2 2
3 3

V2 V3
Système triphasé équilibré et direct Système triphasé équilibré et inverse
v1 (t ) on
associe
  V 1  Eeff 
 2
 2 2
 j  j j
On écrivait aussi v2 (t )    V 2  Veff e
on associe 3
 a E 1  , avec a  e q  e 3 est la
 4 
v (t ) on
   V 3  Veff e
associe
j
3
 a E 1 
2
 3

 
racine cubique de l’unité : a 3  1 . Ainsi, V1  V2  Vq  V1 1  a  a  0 car 1  a  a  0 .
2
 2

 Exemple de déséquilibre.
Sont nombreux les cas où on rencontre le déséquilibre de la distribution triphasée. Par
exemple le cas d’un court circuit entre une ou deux phases et le neutre. Dans ce qui suit un
autre type provoquant le déséquilibre : à cause au déséquilibre de la charge.
L’expression de chacun des trois courants mentionnés sur le schéma décrite ci dessous :
Veff
 I1  e j1 , avec φ1=0. Il est en phase avec v1(t).
R1

Veff  L 
 I2  e j2 , avec  2  arctg   . Il est en retard sur v2(t).
R22  ( L ) 2  R2 

Veff  1 
 I3  e j3 , avec 3  arctg   . Il est en avance sur v3(t).
R  (C )
2
3
2
 3
R C 

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D’après ces écritures (sauf dans un cas particulier qu’on traitera en TD) on a I1  I 2  I 3 et les

2
trois courant ne sont pas séparés les uns des autres de . Ainsi I 1  I 2  I 3  0 et I N  0 .
3

1 i1(t) 1 Z1=R1

Z2=R2+jLω
2 i2(t) 2
O
1
Z 3  R3 
v1(t) jC
3 v2(t) i3(t) 3

v3(t)
N

Pour l’étude d’un tel système, déséquilibré, on fait appel ; par exemple ; aux méthodes
suivantes :

 Méthodes des composantes symétriques.


 Principe de la méthode : transformation de FORTESCUE.
Soit le système triphasé, en tension, et déséquilibré suivant :
a1 (t )  A1 2 sin t  
 
a2 (t )  A2 2 sin t   2  , avec au moins deux amplitudes sont différentes et au moins un
 
a3 (t )  A3 2 cos t   3 
2
déphasage est différent de . L’idée proposée par la méthode consiste à considérer que le
3
système déséquilibré comme la superposition de trois systèmes équilibrés :
 Un système triphasé équilibré et direct.
 Un système triphasé équilibré et inverse.
 Un système homopolaire.
On fait référence aux contributions des différents systèmes direct, inverse et homopolaire
respectivement par l’indice d, i et o. Ce qui nous permet d’écrire que :

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 A1  Ad  Ai  Ao (1)   A1  1 Ad 
    1 1
 A2    a 
1 Ai  .
 A 2  a A d  a Ai  A o
2 2
(2)  ou sous forme matricielle :
   2
a
   
 A3  a Ad  a Ai  Ao
2
(3)   A3   a a 1 Ao 
 
  

 A1   Ad 
  1 1 1  
   
Posons A  A 2 , F   a 1 et As   Ai  . La décomposition de la matrice des
2
a
   
 A3   a2 1  Ao 
 a
 
 
composantes symétriques, As, est unique, soit :
(1)  a 2 (2)  a(3)  Ad (1  2a 3 )  Ai (1  a 2  a 4 )  Ao(1  a  a 2 ) .

A  a A2  a A3 A  a A2  a A3 A  A2  A3
2 2
Il vient Ad  1 , Ai  1 et Ao  1 . Finalement les
3 3 3
composantes symétriques sont exprimées en fonction des grandeurs réelles.

Ad 3 Ai 2
Ao 3
ω ω
2 2 Ao 2
3 3 Ao1
2
Ad 1
+ 2
Ai1
+
3 3

Ad 2 Ai 3
Direct Inverse Homopolaire
Système déséquilibré = Système triphasé équilibré direct + Système triphasé équilibré inverse + Système homopolaire.

 Détermination des composantes directes (Ad) et inverses (Ai).

Soient par exemple deux triplets de vecteurs dont les origines sont différents : A1 , A2 , A3  
d’origine O et  A1 , A 2 , A 3  d’origine O’.
' ' '

 

 

Au triplets A1 , A2 , A3 et  A 1 , A 2 , A 3  correspondent respectivement le triplet Ad , Ai , Ao
' ' '


 
et  A d , A i , A o  . La figure suivante illustre ce cas. Remarquons que A k  Ak  OO' avec k=1,
' ' ' '

 
2 et 3.
De la même façon que précédemment on vérifie que :

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Ad 
'
A1'  a A2'  a A3'
2

 1 

A  a A2  a A3 1  a  a
2
OO' .
2

3 3 3
Finalement on le calcul nous conduit à :

A1  a A2  a A3 A  a A2  a 2 A3
2
Ad'   Ad et Ai'  1  Ai .
3 3

'
A3 A1 '
A3 A1

O O’
A2 '
A2

Conclusion : Les composantes directes et inverses sont identiques pour tous les systèmes
étoilés formés de trois vecteurs et ayant les mêmes extrémités. Ces composantes sont donc
indépendantes de l’origine O. Il faut choisir l’origine qui facilite le calcul.

Exemple : soit le cas de figure suivant :

C
A
A1
A3

O
A2
B


Les composantes directes et inverses du système OA, OB, OC sont les mêmes que celles du 
  CA  a CB CA  aCB
2
système CA, CB, 0 . On a donc Ad  et Ai  . Il faut construire les
3 3

vecteurs CD  a CB et CE  aCB . A la fin du calcul on obtient : 3 Ad  CA  CD et


2

2 2
j j
3 Ai  CA  CE . Ou encore 3 Ad  DA et 3 Ai  EA . Rappelons que a  e , a e
3 2 3
.

 Détermination de la composante homopolaire.

Version : 1. 16 Elm. KHEDDIOUI


Electrotechnique. Chapitre 2 : Réseaux triphasés.

 
Soient les trois vecteurs A1  OA, A2  OB, A3  OC . La composante homopolaire est

OA  OB  OC
donnée par Ao  . Le barycentre du triangle (A, B, C) est noté G :
3

GA  GB  GC  0 . Puisse que OA  OG  GA on arrive à écrire Ao  OG .

Cas particulier : Si Ao  0 c’est que le point O est déjà le barycentre.

4. IMPEDANCE CYCLIQUE.
Dire un mot, voir J. MADELINE.

5. PUISSANCE EN REGIME EQUILIBRE.


Soit le système triphasé équilibré et direct en tension électrique qui suit:

Source triphasée. Charge triphasée.


1 i1(t) 1 Z=Zejφ
v1(t)
2 i2(t) 2 Z
N O
v2(t)
i3(t) 3 Z
3

v3(t)

Les tensions et les courants électriques figurant sur le graphe sont donnés respectivement par :

v1 (t )  V 2 cos t  i1 (t )  V 2 cos t   


 2   2 
v2 (t )  V 2 cos t   et i2 (t )  V 2 cos  t    .
 3   3 
 4   4 
v3 (t )  V 2 cos t   i3 (t )  V 2 cos  t   
 3   3 

a. Puissance instantanée.
3
La puissance instantanée est constante et vaut p(t )   v1 (t )i1 (t )  3VI cos( )  3UI cos( ) .
k 1

Comme en monophasée, elle se mesure en Watt (W). A la différence de la puissance moyenne


en monophasé, aucun terme fluctuant n’apparaît dans l’expression de la puissance. Cette
dernière particularité est très appréciable dans les convertisseurs électromécaniques: le couple

Version : 1. 17 Elm. KHEDDIOUI


Electrotechnique. Chapitre 2 : Réseaux triphasés.

mécanique délivré sur l’arbre des machines tournantes se trouve débarrassé de la composante
vibratoire, nuisible à la longévité des paliers mécaniques.

b. Puissance complexe, active et réactive.


Elle correspond à la somme des puissances complexes des trois phases: En régime équilibré,
ces puissances sont égale: S A  S B  S C  VI cos( )  j sin( ) . On obtient alors la relation :

S  3VI cos( )  j3VI sin( )  3UI cos( )  j 3UI sin( )  P  jQ . Elle est donnée en (W)
avec :
 P  3UI cos( )  3VI cos( ) est la puissance active, qui se mesure en (W).

 Q  3UI sin( )  3VI sin( ) est la puissance réactive qui se mesure en VAR.

 S  S  P 2  Q 2 est la puissance apparente qui se mesure en (VA)

V, U et I sont respectivement la valeur efficace de la tension simple, composée et du courant


de ligne.

6. MESURE DE PUISSANCE EN TRIPHASE.

a. Méthode d’un wattmètre.


Cette méthode nécessite une distribution à quatre fils (3 phases + neutre). Il suffit de mesurer
la puissance P1 d’une phase et de déduire la puissance totale : P = 3 P1.

b. Méthode des deux wattmètres.


Dans le cas où la ligne ne possède que 3fils, on mesure les puissances entre phases P13 et P23.
La puissance totale est donnée par la relation :P = P13+ P23. Effectivement la puissance
complexe totale s’écrit : S  V 1 I 1  V 2 I 2  V 3 I 3 . La loi des nœuds donne : I 1  I 2  I 3  0 .
* * *

De ce fait, il vient I 3   I 1  I 2 .
* * *

Finalement on aboutit à : S  V 1  V 3 I 1  V 2  V 3 I 2  U 13 I 1  U 23 I 2  P  jQ avec


* * * *

 
P  Re ( S )  U13I1 cos(  )  U 23I 2 cos(  )  3UI cos( ) . Cette puissance est la somme
6 6
 
de deux puissances : W13  U13I1 cos(  ) et W23  U 23I 2 cos(  ) . On démontre aussi
6 6
que Q  I m (S )  3 (W13  W23 ) .
D’où le montage expérimental suivant :

Version : 1. 18 Elm. KHEDDIOUI


Electrotechnique. Chapitre 2 : Réseaux triphasés.

Charge triphasée.
1 i1(t) 1 Z=Zejφ
W13
Source
triphasée Z
2 i2(t) 2
équilibrée W23 O
ou non.
i3(t) 3 Z
3

c. Facteur de puissance.

d. Compensation du facteur de puissance.

Version : 1. 19 Elm. KHEDDIOUI